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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Dans le train pour Oran</title>
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		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel... Le train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis la voiture de premi&#232;re classe&lt;/strong&gt;, une voix s'&#233;levait, plus forte que celle des autres passagers. C'&#233;tait celle d'un retrait&#233; au front d&#233;garni, aux longues jambes et &#224; l'&#233;l&#233;gance d&#233;su&#232;te dans son costume gris. Dans un fran&#231;ais ch&#226;ti&#233;, il prit &#224; t&#233;moin l'assistance pour d&#233;plorer le manque de confort du Coradia (fabriqu&#233; par Alstom) pourtant mis en service l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Selon lui, il &#233;tait impossible que l'on r&#233;serve un tel sort aux voyageurs de France. Ce qui t&#233;moignait de l'incurie des pouvoirs publics alg&#233;riens, de leur m&#233;pris pour les simples citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un homme d'une quarantaine d'ann&#233;es&lt;/strong&gt;, &#224; la calvitie pr&#233;coce et v&#234;tu d'un polo de couleur vive se sentit oblig&#233; de contredire son a&#238;n&#233; dans un fran&#231;ais tout aussi correct, en roulant les &lt;i&gt;r&lt;/i&gt; de fa&#231;on plus perceptible. Habitu&#233; des d&#233;placements en Suisse, il tint &#224; souligner que les rames en circulation en Alg&#233;rie &#233;taient d'une qualit&#233; bien sup&#233;rieure. Or, le vieux ne connaissait pas la Conf&#233;d&#233;ration helv&#233;tique et dut m&#234;me conc&#233;der n'avoir jamais pris le train dans l'ancienne m&#233;tropole. Ce qui ne l'emp&#234;chait pas d'avoir des id&#233;es bien arr&#234;t&#233;es sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;bat n'en restait pas moins cordial&lt;/strong&gt; et d&#233;borda sur le terrain politique. L'ancien prit l'initiative d'&#233;voquer le &lt;i&gt;hirak&lt;/i&gt; (mouvement de contestation actuel) en faisant part de sa compr&#233;hension pour les protestataires, tant qu'ils ne d&#233;passent pas les limites du raisonnable. Pour lui, il ne fallait surtout pas que le bon peuple alg&#233;rien &#233;coute les mots d'ordre de l'extr&#234;me gauche ou suive l'exemple des Gilets jaunes. Recyclant les &#233;l&#233;ments de langage des tenants du pouvoir, il affirma doctement qu'ils ne devaient pas tous d&#233;gager, par opposition aux slogans lanc&#233;s chaque vendredi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exc&#233;d&#233;&lt;/strong&gt;, pr&#234;t &#224; bondir de son si&#232;ge, le benjamin se lan&#231;a dans un vibrant plaidoyer en faveur des revendications du mouvement populaire. Oui, il fallait qu'ils d&#233;gagent tous et ensuite les Alg&#233;riens participeraient &#224; des &#233;lections transparentes, &#233;difieraient un &#201;tat de droit, consacreraient la citoyennet&#233;, etc. L'ancien ne parut pas insensible &#224; ces arguments mais il insista toutefois sur la n&#233;cessit&#233; d'un retour rapide &#224; l'ordre pour sortir du chaos. Avec l'aide de Dieu, l'arm&#233;e veillerait &#224; sauvegarder les int&#233;r&#234;ts supr&#234;mes de la patrie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Continuant sur sa lanc&#233;e&lt;/strong&gt;, le sexag&#233;naire estimait d'ailleurs que les r&#233;els ennemis de l'Alg&#233;rie &#233;taient les Juifs et les francs-ma&#231;ons qui cherchaient &#224; la d&#233;stabiliser, de jour comme de nuit. L'homme au polo crut bon de pr&#233;ciser qu'il ne fallait pas mettre tous les Juifs dans le m&#234;me sac. C'&#233;taient d'abord les sionistes qui posaient probl&#232;me &#224; ses yeux. Avec cette pirouette de bon aloi, il se r&#233;concilia avec le vieux singe, tout sourire, comme satisfait d'avoir amus&#233; la galerie avec ses man&#339;uvres de propagandiste sur le retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;trangement&lt;/strong&gt;, aucun des autres passagers ne chercha &#224; s'immiscer dans cette conversation men&#233;e &#224; voix haute. Fallait-il attribuer cette r&#233;serve &#224; la m&#233;fiance d&#233;sabus&#233;e dont faisaient preuve les Alg&#233;riens jadis prompts &#224; donner leur avis au premier venu ? &#192; moins que les voyageurs ne pr&#233;f&#233;rassent admirer la beaut&#233; des h&#244;tes ou h&#244;tesses de la Soci&#233;t&#233; nationale des transports ferroviaires qui, par&#233;s de leurs uniformes impeccables, t&#234;tes nues, distribuaient un journal islamo-conservateur en arabe et un quotidien sportif en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s plus de quatre heures&lt;/strong&gt;, une voix f&#233;minine annon&#231;ait dans les deux langues l'arriv&#233;e &#224; Oran, mettant fin aux r&#234;veries des passagers solitaires et aux messes basses des couples l&#233;gitimes. Chacun avait alors une bonne raison de fl&#226;ner sur le front de mer, de s'enrhumer sur les hauteurs de Santa Cruz, d'engloutir une pizza au march&#233; de la Bastille, d'&#233;changer avec une psychologue au restaurant ou de vilipender le pouvoir sur la rue Ben M'Hidi.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Gaudin, Bouteflika, d&#233;gagez ! &#187;</title>
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		<dc:date>2019-05-25T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby, Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Morvandiau</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
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		<dc:subject>Alger</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Face &#224; Alger, un homme tape sur son tambour et les plus jeunes exultent. Dimanche 17 mars, vent et soleil, c'est le rassemblement anti-Bouteflika sur le Vieux-Port. Marseille, &#171; la 49e wilaya &#187;, comme se plaisent &#224; dire les Alg&#233;riens de la ville. Marseille o&#249; ils sont depuis si longtemps. Face &#224; Alger, un homme tape sur son tambour et les plus jeunes exultent. Dimanche 17 mars, vent et soleil, c'est le rassemblement anti-Bouteflika sur le Vieux-Port. Marseille, &#171; la 49e wilaya &#187;, comme se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Allah-Akbar" rel="tag"&gt;Allah Akbar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alger" rel="tag"&gt;Alger&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; Alger, un homme tape sur son tambour et les plus jeunes exultent. Dimanche 17 mars, vent et soleil, c'est le rassemblement anti-Bouteflika sur le Vieux-Port. Marseille, &#171; &lt;i&gt;la 49&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; wilaya&lt;/i&gt; &#187;, comme se plaisent &#224; dire les Alg&#233;riens de la ville. Marseille o&#249; ils sont depuis si longtemps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2936 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH350/-1179-06c1f.jpg?1779732772' width='500' height='350' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Morvandiau
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;F&lt;/span&gt;ace &#224; Alger, un homme tape sur son tambour et les plus jeunes exultent. Dimanche 17 mars, vent et soleil, c'est le rassemblement anti-Bouteflika sur le Vieux-Port. Marseille, &#171; &lt;i&gt;la 49&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; wilaya&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Division administrative en Alg&#233;rie, quelque part entre la r&#233;gion et le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;, comme se plaisent &#224; dire les Alg&#233;riens de la ville. Marseille o&#249; ils sont depuis si longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chants racontent qu'il n'y aura pas de cinqui&#232;me mandat pour Bouteflika. Certains lancent &#171; &lt;i&gt;Allah Akbar !&lt;/i&gt; &#187;, sans grand succ&#232;s. On entend : &#171; &lt;i&gt;Viva l'Alg&#233;rie ! &lt;/i&gt; &#187; Des drapeaux du pays sont brandis. &#171; &lt;i&gt;One two tree ; ni Bouteflika ni Sa&#239;d !&lt;/i&gt; &#187; Son fr&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Dans ce mouvement, d&#232;s que quelqu'un devient un porte-parole, il est d&#233;gag&#233; ; c'est un peu comme les Gilets jaunes. Pourtant il faudra trouver une porte de sortie, un gouvernement&lt;/i&gt; &#187;, estime un manifestant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samia, venue avec ses trois enfants, explique qu'il y a des rassemblements dans toutes les villes o&#249; la diaspora alg&#233;rienne est pr&#233;sente. C'est sa seconde. Elle cite le bell&#226;tre homme d'affaires Rachid Nekkaz. Pas tr&#232;s convaincant : le gars a &#233;t&#233; condamn&#233; pour avoir touch&#233; des loyers de ses logements indignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On ne veut pas de violence contre l'arm&#233;e et la police, mais contre la mafia au pouvoir,&lt;/i&gt; reprend Samia. &lt;i&gt;Quand je vois un Alg&#233;rien qui meurt en mer en quittant son pays sur une barque, &#231;a fait mal au c&#339;ur. Le gaz et le p&#233;trole sont export&#233;s vers la France. On pourrait vivre mieux qu'&#224; Duba&#239;. On a l'uranium, l'or&#8230; Si l'argent &#233;tait mieux distribu&#233;, les Alg&#233;riens pourraient vivre dans leur pays sans &#233;migrer.&lt;/i&gt; &#187; un argument qui n'est pas repris par les anti-immigration, &#233;tonnant non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 14 h 30, les chants ne cessent plus. Ils sont d'une ferveur incroyable. Sur un promontoire, des hommes prennent la parole. Des femmes sans voile protestent contre certains qui parlent fort et les ont d&#233;gag&#233;es de la tribune improvis&#233;e. Elles expliquent que l'un &#233;tait du FLN, tandis que les autres scandaient &#171; &lt;i&gt;gloire &#224; Dieu &lt;/i&gt; &#187;. Elles ne veulent plus les voir. S'il doit y avoir r&#233;volution, ces femmes-l&#224; veulent leur part. Mais sans le FIS et sans le FLN.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Ga&#239;d &#224; la poubelle, Alg&#233;rie plus belle &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche pr&#233;c&#233;dent, le carnaval de la Plaine avait fini dans le quartier tr&#232;s cosmopolite de la Porte d'Aix. Opposants au maire de Marseille et au pr&#233;sident alg&#233;rien avaient bri&#232;vement converg&#233;. Le lendemain, sur l'arc de triomphe, on pouvait lire ce graffiti : &#171; &lt;i&gt;Gaudin, Bouteflika, d&#233;gagez !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois semaines plus tard, dimanche 31 mars, c'est au pied de ce monument que quelques centaines d'Alg&#233;riens se rassemblent de nouveau. Entre-temps, le chef d'&#233;tat-major Ahmed Ga&#239;d Salah a laiss&#233; tomber Bouteflika : il a propos&#233; qu'en vertu de l'article 102 de la Constitution, le Pr&#233;sident soit d&#233;mis de ses fonctions pour raisons de sant&#233;. Le r&#233;gime s'occuperait lui-m&#234;me d'organiser les prochaines &#233;lections, un nouveau pantin pourrait prendre la suite de Boutef et le syst&#232;me pourrait se perp&#233;tuer. &#192; Marseille pas plus qu'&#224; Alger, la foule ne s'y laisse prendre : &#171; &lt;i&gt;Le num&#233;ro 102 que vous avez demand&#233; n'est plus attribu&#233;&lt;/i&gt; &#187;, avertit une pancarte. &#171; &lt;i&gt;Ga&#239;d &#224; la poubelle, Alg&#233;rie plus belle&lt;/i&gt; &#187;, professe une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au t&#233;l&#233;phone, une copine alg&#233;rienne nous dit qu'elle voit dans les &#233;v&#233;nements actuels une &#171; r&#233;cr&#233;ation &#187; dont le pouvoir finira t&#244;t ou tard par siffler la fin. Peut-&#234;tre. Mais m&#234;me s'il ne veut rien entendre, &#231;a reste beau de le lui dire : &#171; &lt;i&gt; R&#233;gime d&#233;gage !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Christophe Goby &amp; Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Division administrative en Alg&#233;rie, quelque part entre la r&#233;gion et le d&#233;partement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Alg&#233;rie, le manifeste du rire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/En-Algerie-le-manifeste-du-rire</link>
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		<dc:date>2019-05-12T22:02:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Malik Cheklalia</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Nadjib Bouznad</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>n'est</dc:subject>
		<dc:subject>center</dc:subject>
		<dc:subject>syst&#232;me</dc:subject>
		<dc:subject>alg&#233;riens</dc:subject>
		<dc:subject>m'a tuer</dc:subject>
		<dc:subject>syst&#232;me m'a</dc:subject>
		<dc:subject>slogans</dc:subject>
		<dc:subject>prolongations</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand la politique est une blague, la blague devient politique. Ces derni&#232;res semaines en Alg&#233;rie, l'humour, &#171; brandi &#187; dans les manifestations ou v&#233;hicul&#233; sur les r&#233;seaux sociaux, est une forme d'expression privil&#233;gi&#233;e du ras-le-bol et de l'exigence d'un changement politique effectif. &#171; Un mandat ce n'est un pas un match de foot avec des prolongations &#187; ; &#171; Le syst&#232;me m'a tuer &#187; ; &#171; Nous voulons un formatage, pas une mise &#224; jour du syst&#232;me &#187;. Dans les cort&#232;ges alg&#233;riens, l'humour se veut (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no175-avril-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;175 (avril 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand la politique est une blague, la blague devient politique. Ces derni&#232;res semaines en Alg&#233;rie, l'humour, &#171; brandi &#187; dans les manifestations ou v&#233;hicul&#233; sur les r&#233;seaux sociaux, est une forme d'expression privil&#233;gi&#233;e du ras-le-bol et de l'exigence d'un changement politique effectif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2925 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH339/-1169-0e704.jpg?1779790056' width='500' height='339' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Nadjib Bouznad
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; U&lt;/span&gt;&lt;i&gt;n mandat ce n'est un pas un match de foot avec des prolongations &lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Le syst&#232;me m'a tuer&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Nous voulons un formatage, pas une mise &#224; jour du syst&#232;me&lt;/i&gt; &#187;. Dans les cort&#232;ges alg&#233;riens, l'humour se veut d&#233;capant. Comme pour bien indiquer aux dirigeants que c'est un changement radical que la rue attend. Une verve grin&#231;ante qui s'empare aussi des r&#233;seaux sociaux par le biais de photomontages ou de publications du type &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s le d&#233;part de Boutef, qu'allons-nous faire le vendredi ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart de ces slogans sont &#233;crits en arabe dialectal. Comme si les Alg&#233;riens voulaient se r&#233;approprier leur langue maternelle. Une mani&#232;re de se d&#233;marquer du pouvoir qui a impos&#233; l'arabe acad&#233;mique en ignorant pendant des d&#233;cennies les idiomes s&#233;culaires, y compris le tamazight (berb&#232;re).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'imagination a peu d'&#233;gard pour la biens&#233;ance, certaines pancartes sont habill&#233;es de phrases aussi jubilatoires que provocantes. C'est le cas du frontal &#171; &lt;i&gt; kawdou gaa &lt;/i&gt; &#187;, qui signifie &#171; allez vous faire&#8230; &#187;, ou de cette envol&#233;e narcotique : &#171; &lt;i&gt; Depuis que le prix du kif a augment&#233;, nous sommes redevenus conscients&lt;/i&gt; &#187;. Souvent accompagn&#233;s de dessins ou de photos satiriques, les slogans font souvent mouche : &#171; &lt;i&gt;Non &#224; l'autisme politique&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas avec ceux qui ont cr&#233;&#233; des probl&#232;mes qu'il faut esp&#233;rer les r&#233;soudre&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Laisser le peuple construire le pays que vous avez d&#233;truit&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt; Pas de recyclage, il faut faire le m&#233;nage&lt;/i&gt; &#187; ; ou encore &#171; &lt;i&gt; Bad-Oui, non c'est non&lt;/i&gt; &#187; (allusion &#224; Noureddine Bedoui, le nouveau Premier ministre cens&#233; former un genre de gouvernement d'union nationale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vendredi &#224; Oran, des jeunes ont eu l'ing&#233;nieuse id&#233;e de parcourir les rues &#224; bord d'un v&#233;hicule auquel ils avaient harnach&#233; une barque. Elle symbolisait les embarcations de fortune que les &lt;i&gt;harragas&lt;/i&gt;, les &#233;migr&#233;s clandestins qui prennent la mer, appellent &lt;i&gt;boti&lt;/i&gt;. On pouvait y voir des clich&#233;s g&#233;ants du chef de l'&#201;tat et d'autres dirigeants, accompagn&#233;s de cette phrase : &#171; &lt;i&gt;C'est votre derni&#232;re chance&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; C'est quand m&#234;me fou ce qui se passe au Venezuela ! &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit pendant les marches du vendredi ou dans les cort&#232;ges universitaires, ce sont surtout le jeunes qui redoublent de cr&#233;ativit&#233; &#224; grands renfort de slogans, de pancartes et de chants. Et si nous sommes loin de l'&#226;ge d'or de la chanson engag&#233;e, les artistes alg&#233;riens ont eux aussi opt&#233; pour la satire et la d&#233;rision. &#192; l'instar de Sadek Democratoz ou Amazigh Kateb, ils sont nombreux &#224; avoir choisi l'humour pour fustiger le syst&#232;me autocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dessin de presse n'est pas en reste. Dans le quotidien &lt;i&gt;Libert&#233; Alg&#233;rie&lt;/i&gt;, le dessinateur Ali Dilem tacle all&#232;grement le pouvoir avec ses caricatures incisives. Le 16 mars, il a publi&#233; un dessin raillant un Bouteflika compl&#232;tement &#224; c&#244;t&#233; de la plaque en train de commenter les images d'un rassemblement retransmises &#224; la t&#233;l&#233;vision. On pouvait lire dans la bulle partant du Pr&#233;sident : &#171; &lt;i&gt;C'est quand m&#234;me fou ce qui se passe au Venezuela ! &lt;/i&gt; &#187; Preuve que si le pouvoir est &#224; bout de souffle, le peuple, lui, est plein de ressources.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Malik Cheklalia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>FLN d&#233;gage !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/FLN-degage</link>
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		<dc:date>2019-04-24T02:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Saphia Arezki</dc:subject>
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		<dc:subject>FLN</dc:subject>
		<dc:subject>FLN d&#233;gage</dc:subject>
		<dc:subject>lib&#233;ration</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le surgissement du 22 f&#233;vrier, le slogan &#171; FLN d&#233;gage ! &#187; a &#233;t&#233; largement repris par les manifestants, au point d'&#234;tre aussi populaire que &#171; Klitou lebled ya serrakine ! &#187; (&#171; Vous avez mang&#233; le pays, bande de voleurs ! &#187;) ou &#171; Echa&#226;b yourid isqat ennidham ! &#187; (&#171; Le peuple veut la chute du r&#233;gime ! &#187;), mettant ainsi la contestation alg&#233;rienne au diapason des &#171; printemps arabes &#187; tant d&#233;cri&#233;s par le r&#233;gime depuis 2011. Dans ce texte, l'historien Nedjib Sidi Moussa revient sur la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no175-avril-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;175 (avril 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Front" rel="tag"&gt;Front&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/algeriens" rel="tag"&gt;alg&#233;riens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nationale" rel="tag"&gt;nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liberation-nationale" rel="tag"&gt;lib&#233;ration nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Algerien" rel="tag"&gt;Alg&#233;rien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/FLN" rel="tag"&gt;FLN&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/FLN-degage-4655" rel="tag"&gt;FLN d&#233;gage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liberation" rel="tag"&gt;lib&#233;ration&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le surgissement du 22 f&#233;vrier, le slogan &#171; &lt;i&gt;FLN d&#233;gage !&lt;/i&gt; &#187; a &#233;t&#233; largement repris par les manifestants, au point d'&#234;tre aussi populaire que &#171; &lt;i&gt;Klitou lebled ya serrakine !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Vous avez mang&#233; le pays, bande de voleurs ! &#187;) ou &#171; &lt;i&gt;Echa&#226;b yourid isqat ennidham !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Le peuple veut la chute du r&#233;gime ! &#187;), mettant ainsi la contestation alg&#233;rienne au diapason des &#171; printemps arabes &#187; tant d&#233;cri&#233;s par le r&#233;gime depuis 2011. Dans ce texte, l'historien Nedjib Sidi Moussa&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il vient de publier Alg&#233;rie, une autre histoire de l'ind&#233;pendance &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; revient sur la confiscation du pouvoir par ce parti, ant&#233;rieure m&#234;me &#224; l'ind&#233;pendance du pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2893 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1137-2225a.jpg?1779605059' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Saphia Arezki
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;artout, la foule compacte reprend le slogan &#171; &lt;i&gt; FLN d&#233;gage !&lt;/i&gt; &#187;, pouvait-on constater en d&#233;ambulant dans le centre d'Alger, sous la pluie du 22 mars ou le soleil du 29 mars, o&#249; convergeaient dans la liesse ou la col&#232;re des Alg&#233;rois d&#233;termin&#233;s &#224; en finir avec un &#171; &lt;i&gt;pouvoir assassin&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En &#233;cho au chant embl&#233;matique du &#171; Printemps noir &#187; de Kabylie en 2001.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, tandis que flottaient les drapeaux alg&#233;rien, amazigh et palestinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux c&#244;t&#233;s de mots d'ordre plus anciens comme &#171; &lt;i&gt;Djaza&#239;r horra dimokratia !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Alg&#233;rie libre et d&#233;mocratique ! &#187;) ou plus confus tels que &#171; &lt;i&gt;Dje&#239;ch cha&#226;b khawa khawa !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Arm&#233;e, peuple, fr&#232;res, fr&#232;res ! &#187;), le slogan &#171; &lt;i&gt;FLN d&#233;gage !&lt;/i&gt; &#187; concentre, en deux mots et en fran&#231;ais, le rejet d'un &#171; syst&#232;me &#187; souvent d&#233;sincarn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'accorde pleinement &#224; l'exigence formul&#233;e d&#232;s le 15 mars &#224; travers l'expression &#171; &lt;i&gt;Trouhou gaae ! &lt;/i&gt; &#187; (&#171; Partez tous ! &#187;), d&#233;passant ainsi la volont&#233; de se d&#233;barrasser du simple Pr&#233;sident sortant. Deux semaines plus tard, une banderole tendue dans l'hypercentre de la capitale insistera sur ce point : &#171; &lt;i&gt;Goulna ga3 c'est ga3&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Nous avons dit tous, c'est tous &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;H&#233;g&#233;monie par la violence&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais comment comprendre ce paradoxe apparent qui consiste, pour des millions de manifestants, &#224; r&#233;clamer haut et fort la disparition du Front de lib&#233;ration nationale tout en brandissant, dans les rues, des portraits ou symboles de la lutte anticoloniale ? Pour la grande majorit&#233; de la population, c&#233;dant &#224; une certaine id&#233;alisation de l'histoire, il existerait une diff&#233;rence fondamentale entre le premier FLN, celui de la s&#233;quence 1954-1962, et le second FLN, celui de l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante et n&#233;anmoins autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le premier aspect, il convient de rappeler que cette opinion ne se d&#233;marque aucunement de la propagande du r&#233;gime ainsi qu'on peut le lire dans le pr&#233;ambule de l'actuelle Constitution alg&#233;rienne qui c&#233;l&#232;bre la date du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 1954, &#224; savoir celle du d&#233;clenchement de la lutte arm&#233;e contre le colonialisme fran&#231;ais par le FLN : &#171; &lt;i&gt;R&#233;uni dans le mouvement national puis au sein du Front de Lib&#233;ration Nationale, le peuple a vers&#233; son sang pour assumer son destin collectif dans la libert&#233; et l'identit&#233; culturelle nationale retrouv&#233;es et se doter d'institutions authentiquement populaires. Couronnant la guerre populaire par une ind&#233;pendance pay&#233;e du sacrifice des meilleurs de ses enfants, sous la conduite du Front de Lib&#233;ration Nationale et de l'Arm&#233;e de Lib&#233;ration Nationale, le peuple alg&#233;rien a restaur&#233; dans toute sa pl&#233;nitude, un &#201;tat moderne et souverain.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le FLN a pr&#233;tendu monopoliser la cause ind&#233;pendantiste, il n'a pu conqu&#233;rir son h&#233;g&#233;monie qu'en supplantant, dans la violence, son rival nationaliste, le Mouvement national alg&#233;rien dirig&#233; par le pionnier Messali Hadj, et en int&#233;grant, par la conviction ou la contrainte, des &#233;l&#233;ments issus du Mouvement pour le triomphe des libert&#233;s d&#233;mocratiques, de l'Union d&#233;mocratique du Manifeste alg&#233;rien, pr&#233;sid&#233;e par Ferhat Abbas, de l'Association des oul&#233;mas ou du Parti communiste alg&#233;rien (PCA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sauvage r&#233;pression anti-ind&#233;pendantiste par les autorit&#233;s coloniales, la comp&#233;tition violente entre nationalistes alg&#233;riens pour la direction de la r&#233;volution ainsi que l'emploi du terrorisme contre les civils tant par les ultra-colonialistes que par le FLN conduisirent &#224; la militarisation du conflit et &#224; la constitution d'une bureaucratie totalitaire, pr&#233;lude &#224; l'instauration d'un r&#233;gime de parti unique. Le temps du pluralisme partisan &#8211; truqu&#233; et in&#233;gal en raison des r&#232;gles du jeu colonial &#8211; &#233;tait termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Symbole de l'oppression&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'interdiction par les autorit&#233;s alg&#233;riennes du PCA en novembre 1962, du Parti de la r&#233;volution socialiste de Mohammed Boudiaf en ao&#251;t 1963 et du Front des forces socialistes (FFS) de Hocine A&#239;t Ahmed, tr&#232;s implant&#233; en Kabylie, en septembre de la m&#234;me ann&#233;e, le FLN devint le seul parti autoris&#233; jusqu'en 1989. Durant ces deux d&#233;cennies, les autorit&#233;s firent toutefois preuve d'une certaine mansu&#233;tude, selon le contexte, &#224; l'&#233;gard du Parti de l'avant-garde socialiste, h&#233;ritier du PCA, engag&#233; dans une d&#233;marche de &#171; soutien critique &#187; au r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#233;meutes d'octobre 1988, des sections locales du FLN &#8211; tout comme des commissariats ou des b&#226;timents officiels &#8211; furent saccag&#233;es ou incendi&#233;es par de jeunes Alg&#233;riens. Le FLN n'&#233;tait plus qu'un symbole de l'oppression et de l'injustice. Le pluralisme conc&#233;d&#233; par les autorit&#233;s apr&#232;s ce soul&#232;vement populaire mit temporairement un terme au r&#232;gne du FLN, d&#233;pass&#233; par le Fis (Front islamique du salut) et le FFS lors du premier tour des &#233;lections l&#233;gislatives de d&#233;cembre 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le second tour n'eut jamais lieu en raison de l'interruption du processus &#233;lectoral par l'arm&#233;e, en janvier 1992. Cette intervention militaire fut suivie d'une guerre civile opposant les forces de l'ordre aux groupes islamistes. Les l&#233;gislatives de juin 1997 virent le triomphe du Rassemblement national d&#233;mocratique (RND), cr&#233;&#233; par l'administration &#224; la veille des &#233;lections. Le FLN, travers&#233; par une crise, fut alors rel&#233;gu&#233; &#224; la troisi&#232;me position, derri&#232;re les islamistes du Mouvement de la soci&#233;t&#233; pour la paix (MSP), de tendance &#171; fr&#233;riste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les &#233;lections de mai 2002, le FLN redevint le premier parti politique repr&#233;sent&#233; &#224; l'Assembl&#233;e populaire nationale et reprit son r&#244;le d'instrument docile d'un r&#233;gime corrompu et corrupteur, ouvrant ses portes aux affairistes de tout poil. Il maintint sa place au sein du gouvernement, aux c&#244;t&#233;s du RND et des islamistes issus de la matrice MSP comme Amar Ghoul, qui fonda en 2012 le parti TAJ (Rassemblement de l'espoir de l'Alg&#233;rie).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comme en Tunisie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le RND et TAJ font partie d'ailleurs des organisations conspu&#233;es par les manifestants depuis le 22 f&#233;vrier. Mais en raison de son histoire aussi longue qu'ambivalente, le FLN demeure le parti qui cimente la col&#232;re des Alg&#233;riens. Ce rejet n'est cependant pas si unanime. La presse dat&#233;e du 31 mars offrait d'ailleurs deux contributions permettant de saisir les opinions contrast&#233;es &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi,&lt;i&gt; El Watan&lt;/i&gt; &#8211; proche des oppositions &#8211; publiait un texte de l'ancien d&#233;put&#233; du Rassemblement pour la culture et la d&#233;mocratie Ali Brahimi qui, reprenant sa proposition de loi dat&#233;e de juillet 2011, exigeait des autorit&#233;s &#171; &lt;i&gt; l'interdiction imm&#233;diate, inconditionnelle et d&#233;finitive de l'usage partisan des d&#233;nominations et sigles du FLN et de l'&lt;/i&gt;[Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs alg&#233;riens]. &#187; Ceci afin de &#171; &lt;i&gt;restituer tous les symboles de la R&#233;volution alg&#233;rienne &#224; la m&#233;moire nationale qui en est le seul propri&#233;taire l&#233;gitime &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, &lt;i&gt;L'Expression&lt;/i&gt; &#8211; pro-r&#233;gime &#8211; publiait un article du professeur Abdelmadjid Merdaci qui accusait ceux qui souhaitaient renvoyer le FLN au mus&#233;e de r&#233;aliser le r&#234;ve des &#171; &lt;i&gt;nostalgiques de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise et de l'&lt;/i&gt;[Organisation de l'arm&#233;e secr&#232;te] &#187;... Il ajoutait que &#171; ceux qui jettent all&#232;grement le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain se trompent et bien plus commettent la faute terrible d'atteinte, au travers du sigle du FLN, &#224; la m&#233;moire de tous ceux qui, sous son embl&#232;me, ont combattu, sont morts pour l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; un amalgame douteux commis par un chercheur qu'on a pourtant connu mieux inspir&#233;, d'autant que le &#171; d&#233;gagisme &#187; actuel concerne aussi d'autres partis, y compris ceux associ&#233;s &#224; l'opposition comme le FFS ou le Parti des travailleurs. Ces injonctions anti-partis s'expriment aussi avec le souci de d&#233;fendre la souverainet&#233; nationale de l'Alg&#233;rie, y compris sous les formes les plus nationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir si le FLN conna&#238;tra le m&#234;me sort que celui du Rassemblement constitutionnel d&#233;mocratique, l'ancien parti h&#233;g&#233;monique dans la Tunisie voisine, dissout en mars 2011, au risque de voir les tenants de l'ancien r&#233;gime se red&#233;ployer sous d'autres &#233;tiquettes. L'enjeu n'est plus seulement de s'attaquer aux symboles du syst&#232;me actuel mais, sans doute, pour les r&#233;volutionnaires les plus d&#233;termin&#233;s, d'en finir avec tous les pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il vient de publier &lt;i&gt;Alg&#233;rie, une autre histoire de l'ind&#233;pendance &#8211; Trajectoires r&#233;volutionnaires des partisans de Messali Hadj&lt;/i&gt; aux &lt;a href=&#034;https://www.puf.com/content/Alg%C3%A9rie_une_autre_histoire_de_lind%C3%A9pendance&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions PUF&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En &#233;cho au chant embl&#233;matique du &#171; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_noir_(Kabylie)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Printemps noir&lt;/a&gt; &#187; de Kabylie en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La jeunesse alg&#233;rienne a transform&#233; notre cynisme en espoir &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-jeunesse-algerienne-a</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-jeunesse-algerienne-a</guid>
		<dc:date>2019-04-14T12:41:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle, Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Nadjib Bouznad</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>ann&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>alg&#233;riens</dc:subject>
		<dc:subject>Bouteflika</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rien</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;cennie noire</dc:subject>
		<dc:subject>Printemps alg&#233;rien</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;cennie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec 1994 (Rivages, 2018), Adl&#232;ne Meddi exhumait le souvenir de la d&#233;cennie noire dans un thriller sentant le v&#233;cu. C'est dire si le journaliste et romancier alg&#233;rien a saisi combien le spectre des violences des ann&#233;es 1990 hante encore la m&#233;moire collective du pays. Un traumatisme qui explique la nature in&#233;dite du mouvement en cours contre le r&#233;gime. Entretien &#224; Alger, au lendemain de la manifestation du vendredi 15 mars. Quel est ton regard sur les manifestations actuelles ? &#171; Pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no175-avril-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;175 (avril 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nadjib-Bouznad" rel="tag"&gt;Nadjib Bouznad&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-etat" rel="tag"&gt;l'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/decennie-noire" rel="tag"&gt;d&#233;cennie noire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Printemps-algerien" rel="tag"&gt;Printemps alg&#233;rien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/decennie" rel="tag"&gt;d&#233;cennie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;1994&lt;/i&gt; (Rivages, 2018), Adl&#232;ne Meddi exhumait le souvenir de la d&#233;cennie noire dans un thriller sentant le v&#233;cu. C'est dire si le journaliste et romancier alg&#233;rien a saisi combien le spectre des violences des ann&#233;es 1990 hante encore la m&#233;moire collective du pays. Un traumatisme qui explique la nature in&#233;dite du mouvement en cours contre le r&#233;gime. Entretien &#224; Alger, au lendemain de la manifestation du vendredi 15 mars.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2874 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1118-9567a.jpg?1779790058' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nadjib Bouznad
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est ton regard sur les manifestations actuelles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour tout avouer, je pensais qu'&#224; la premi&#232;re marche du 22 f&#233;vrier il n'y aurait pas beaucoup de monde. Les Alg&#233;riens n'&#233;taient pas sortis en 2014 apr&#232;s la quatri&#232;me &#233;lection de Bouteflika. La r&#233;pression et l'achat de la paix sociale avaient compl&#232;tement neutralis&#233; la soci&#233;t&#233;. Aussi, le gouvernement jouait sur la peur en agitant le trauma de la d&#233;cennie noire et, pour celles et ceux qui n'ont pas connu ces ann&#233;es-l&#224;, les syndromes libyen et syrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais sous-estim&#233; toute une nouvelle dynamique d'autonomie et de d&#233;sob&#233;issance civile, qui s'est exprim&#233;e avec le mouvement des ch&#244;meurs dans le Sud en 2013 ou encore lors les manifestations contre les gaz de schiste &#224; Ouargla en 2015. Une sorte d'archipel ext&#233;rieur aux structures de l'opposition classique &#8211; c'est-&#224;-dire la presse priv&#233;e, les partis et les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette autonomisation vis-&#224;-vis de l'&#201;tat se traduit par des faits : des parents se saignent pour mettre leurs enfants dans le priv&#233;, des mosqu&#233;es refusent les pr&#234;ches officiels du gouvernement, des maisons d'&#233;dition osent sortir des livres qui peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme &#8220;dangereux&#8221;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi &#233;voquer les anciens militants communistes et trotskystes qui continuent &#224; former des jeunes et &#224; faire un travail de base. Sans parler des mouvements des femmes et des militants LGBT. M&#234;me dans la sph&#232;re islamiste, il existe des mouvements int&#233;ressants. Il y avait ainsi dans le pays un ensemble de flamm&#232;ches allum&#233;es depuis vingt ans et qui ont converg&#233; apr&#232;s ce choc de l'humiliation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'entends-tu par &#171; choc de l'humiliation &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 2014, les Alg&#233;riens pensaient que Bouteflika allait mourir. Ils se disaient : &#8220;&lt;i&gt;Il a bien servi le pays et ramen&#233; la s&#233;curit&#233;. S'il veut mourir pr&#233;sident, donnons-lui ce cadeau.&lt;/i&gt;&#8221; Il existait un large sentiment populaire d'indulgence. Mais l'annonce du cinqui&#232;me mandat a &#233;t&#233; per&#231;ue comme une humiliation insupportable. M&#234;me les pro-Bouteflika, ceux qui font partie de sa client&#232;le sociale, ou les plus &#226;g&#233;s qui ont toujours vot&#233; FLN pour &#8220;la stabilit&#233;&#8221;, se sont rebell&#233;s. En effet, les Alg&#233;riens, qui sont tr&#232;s fiers de leur image et attach&#233;s &#224; l'incarnation d'un pr&#233;sident fort, ont vu que les m&#233;dias &#233;trangers pr&#233;sentaient leur pr&#233;sident comme un vieil incontinent, faisant de Bouteflika une marque d'indignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, les cadres du FLN ou des partis proches des cercles du pouvoir ont eu des discours honteux, affirmant qu'en termes d'&#201;tat social, l'Alg&#233;rie &#233;tait plus avanc&#233;e que la Su&#232;de ou encore que Bouteflika &#233;tait en pleine possession de ses moyens...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les oligarques sont devenus trop puissants : ils ont gangren&#233; tous les appareils de l'&#201;tat, les appareils s&#233;curitaires, les appareils juridiques, la primature. Les Alg&#233;riens tiennent beaucoup &#224; &#8220;l'&#201;tat papa&#8221; qui assure la redistribution de la rente. Sauf que ces oligarques corrompus ont capt&#233; tout l'argent public et fait s'effriter le mod&#232;le social alg&#233;rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;cennie noire est r&#233;guli&#232;rement brandie par le r&#233;gime pour op&#233;rer un chantage &#224; la peur et un possible retour du chaos. Pourquoi cet &#233;pouvantail n'a-t-il pas fonctionn&#233; cette fois-ci ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour la jeunesse d'aujourd'hui, l'&#201;tat n'a aucune l&#233;gitimit&#233; &#224; parler des ann&#233;es 1990 : ce ne sont pas les gouvernants et leurs enfants, alors exil&#233;s &#224; l'&#233;tranger, qui ont subi cette sale guerre, mais bien le peuple qui a pay&#233; le prix fort. Cette g&#233;n&#233;ration a par ailleurs v&#233;cu la d&#233;cennie noire par procuration. La mienne, celle des quadrag&#233;naires, est dans le m&#234;me cas vis-&#224;-vis de la guerre de lib&#233;ration. Nous n'avons pas connu les douleurs et les haines de l'&#233;poque. Mais nous avons h&#233;rit&#233; de l'id&#233;al d'&#233;mancipation et de libert&#233; de cette p&#233;riode. Les jeunes Alg&#233;riens ont la m&#234;me distance avec les ann&#233;es 1990. Ils n'ont pas connu le trauma, mais portent les le&#231;ons tir&#233;es de cette d&#233;cennie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont justement ces le&#231;ons ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'abord de toujours faire attention aux &#8220;barbus&#8221;. S'il y a eu des marches parall&#232;les, des pri&#232;res dans la rue, &#231;a ne prend pas pour le moment. Les Alg&#233;riens s'en m&#233;fient &#233;norm&#233;ment. D'autant que l'une des grandes le&#231;ons tir&#233;es des ann&#233;es 1990, c'est l'enjeu de la violence. C'est pour cela que le slogan &#8220;&lt;i&gt;Silmiya !&lt;/i&gt;&#8221; (pacifique) scand&#233; par les manifestants est tr&#232;s important. Les jeunes disent aux autres g&#233;n&#233;rations : &#8220;&lt;i&gt;N'ayez pas peur, soyez avec nous dans la rue, nous n'allons pas basculer dans la violence.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces immenses marches civiques et pacifiques sont l&#224; pour effacer le traumatisme des g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes et neutraliser la tentation de r&#233;pression de la part du pouvoir. Aujourd'hui encore, j'ai peur d'une instrumentalisation ou d'une provocation qui fasse d&#233;vier le mouvement. Surtout connaissant ce r&#233;gime, car il en est capable. Au tournant des ann&#233;es 1990, des &#8220;individus anonymes&#8221; &#8211; en fait des barbouzes de l'&#201;tat &#8211; fon&#231;aient dans les manifestations en voiture et tiraient dans la foule... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se transmet la m&#233;moire autour de la d&#233;cennie noire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Selon la version officielle de l'&#201;tat, les ann&#233;es 1990 ont &#233;t&#233; une &#8220;&lt;i&gt;trag&#233;die nationale&lt;/i&gt;&#8221;, une p&#233;riode de l'histoire alg&#233;rienne durant laquelle un groupe a utilis&#233; la religion &#224; des fins politiques, ce qui a men&#233; &#224; des assassinats et &#224; des attaques terroristes. L'article 46 de la &lt;i&gt;Charte pour la paix et la r&#233;conciliation nationale&lt;/i&gt; emp&#234;che toute remise en question de cette version &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il punit de trois &#224; cinq ans de prison quiconque, par &#171; ses d&#233;clarations, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Vot&#233;e en 2006, elle promeut l'amnistie pour les agents de l'&#201;tat et pour les terroristes ainsi que des indemnisations pour les familles de disparus. C'est une loi qui essaie de r&#233;parer ce qui s'est pass&#233; durant ces ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a cependant pas d'&#233;v&#233;nements officiels organis&#233;s et il existe juste un monument &#224; Alger, qui recense les journalistes assassin&#233;s. Parce que ce sont des Alg&#233;riens qui ont massacr&#233; d'autres Alg&#233;riens, la position de l'&#201;tat est de dire qu'il faut oublier assez vite cet &#233;pisode honteux de notre histoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment peut-on se r&#233;approprier cette histoire, en dehors du r&#233;cit officiel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout ce qui reste de ces ann&#233;es, ce sont les r&#233;cits familiaux. Pas une famille alg&#233;rienne n'a &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;e. Ma propre tante, que j'ai crois&#233;e r&#233;cemment lors des manifestations du vendredi, est une victime du terrorisme. Une bombe lui a explos&#233; en plein visage lors de fun&#233;railles. Mais &#231;a reste encore assez tabou et beaucoup de jeunes disent que leurs parents ne leur parlent jamais de cette p&#233;riode. Elle est pourtant profond&#233;ment grav&#233;e dans notre inconscient collectif. Les attaques terroristes &#224; Paris ont &#233;t&#233; un vrai choc en Alg&#233;rie : elles ont r&#233;activ&#233; ce que nous avions v&#233;cu durant ces ann&#233;es de plomb. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sc&gt;&#171; Avec la d&#233;cennie noire, c'est comme si le peuple avait l'exemple absolu de ce qu'il ne faut pas faire &#187;&lt;/sc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; partir des ann&#233;es 2000, en Alg&#233;rie, il y a eu une explosion &#233;ditoriale des livres sur l'histoire de la guerre d'ind&#233;pendance. Les Alg&#233;riens ont &#233;t&#233; tellement surpris par la violence des ann&#233;es 1990 qu'ils se sont dit qu'il y avait s&#251;rement un &#233;l&#233;ment qui leur avait &#233;chapp&#233; dans leur histoire officielle, qu'ils ne se connaissaient pas assez bien. Ils sont rest&#233;s sur une grande interrogation : pourquoi tant de violence ? D'o&#249; &#231;a vient ? Il ne s'agit pas de savoir si elle est atavique. &#199;a, c'est le discours raciste et colonialiste. Mais de dire qu'il y a peut-&#234;tre des choses que nous n'avons pas r&#233;gl&#233;es entre nous et qui sont toujours l&#224;. Pour &#234;tre pr&#233;cis, c'est l'histoire des premi&#232;res ann&#233;es d'ind&#233;pendance. &#192; quel moment a d&#233;raill&#233; le beau projet qu'on avait construit collectivement, un projet &#233;mancipateur, d&#233;mocratique et progressiste, qui reconnaissait tous les enfants de l'Alg&#233;rie, musulmans, juifs, chr&#233;tiens et ath&#233;es ? Comme aurait dit l'&#233;crivain Rachid Mimouni, auteur du &lt;i&gt;Fleuve d&#233;tourn&#233;&lt;/i&gt; (1982), grand roman sur les d&#233;buts de l'ind&#233;pendance, il y a eu une puissance d&#233;tourn&#233;e par le parti unique et la dictature militaire, qui ont impos&#233; que tous les Alg&#233;riens soient bruns, musulmans et moustachus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 1988, apr&#232;s le Printemps alg&#233;rien, tous les espoirs &#233;taient &#224; nouveau permis. Une loi sur le multipartisme a mis fin &#224; l'h&#233;g&#233;monie du FLN. Les communistes et les trotskystes sont sortis de la clandestinit&#233;, les islamistes sont apparus sur la sc&#232;ne politique et la t&#233;l&#233;vision publique n'&#233;tait plus sous le joug des militaires. Une p&#233;riode de libert&#233; incroyable. Mais lors de la d&#233;cennie 1990, toute diff&#233;rence est devenue un probl&#232;me. Cela a &#233;t&#233; le fondement de l'int&#233;grisme islamique : d&#233;truire tout ce qui est &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment ne pas retomber dans ce pi&#232;ge ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui se passe en ce moment dans les marches contre le r&#233;gime, ce c&#244;t&#233; non violent et joyeux tr&#232;s spectaculaire &#8211; nettoyage collectif des rues apr&#232;s les manifestations, pas de jets de pierre &#224; l'encontre des forces de l'ordre, voire sc&#232;nes de fraternisation avec les flics &#8211; affirme que contrairement aux ann&#233;es 1990, il est possible de faire de la politique proprement et pacifiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat a toujours dit aux Alg&#233;riens qu'ils &#233;taient des sauvages, des incultes. Et que, quand ils essayaient de se pencher sur la politique, ils cr&#233;aient du terrorisme et votaient pour des islamistes. L&#224;, au contraire, le peuple est en train de r&#233;pondre au r&#233;gime. Son propos : &#8220;&lt;i&gt;Vous, vous n'&#234;tes pas aptes &#224; faire de la politique. Or, nous savons fabriquer du politique autrement : sans violence, avec les familles qui sortent dans la rue et sans laisser les barbus faire ce qu'ils veulent.&lt;/i&gt;&#8221; Elle se situe l&#224; aussi, la le&#231;on de la d&#233;cennie noire. Comme si le peuple avait l'exemple absolu de ce qu'il ne faut pas faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma g&#233;n&#233;ration porte en elle les traces d'un monde englouti et terrible, qui nous avait pouss&#233;s au cynisme. Et la puissance de la jeunesse d'aujourd'hui, c'est qu'elle a transform&#233; notre cynisme en espoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela fait penser &#224; cette phrase tagu&#233;e sur un mur d'Alger : &#171; &lt;i&gt; Pour la premi&#232;re fois de ma vie, je n'ai pas envie de te quitter, mon Alg&#233;rie &lt;/i&gt; &#187;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un vrai changement d'imaginaire ! Un dessin r&#233;cent du caricaturiste alg&#233;rien L'Andalou montre des requins en mer M&#233;diterran&#233;e r&#226;lant de ne plus avoir de &lt;i&gt;harragas&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jeunes &#233;migrants ill&#233;gaux.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#224; se mettre sous la dent. Autre ph&#233;nom&#232;ne incroyable, des jeunes franco-alg&#233;riens viennent faire la marche le vendredi, et envisagent de rester d&#233;finitivement ici. &#192; leurs yeux, l'Alg&#233;rie devient un pays o&#249; l'avenir est possible et non plus le bled, cette terre des parents, chiante, o&#249; rien ne fonctionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, c'est le pouvoir qui a provoqu&#233; cela. Ce n'est pas une balle mais un obus que ce r&#233;gime s'est tir&#233; dans le pied. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que peut-il se passer dans les semaines &#224; venir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#201;tat en est r&#233;duit &#224; attendre chaque semaine la mobilisation du vendredi pour r&#233;agir ensuite... Quant &#224; l'arm&#233;e, elle est coinc&#233;e. Le chef d'&#233;tat-major est li&#233; par un serment de fid&#233;lit&#233; au Pr&#233;sident [&lt;i&gt;quelques jours apr&#232;s cet entretien, le g&#233;n&#233;ral Ahmed Ga&#239;d Salah a tout de m&#234;me fini par l&#226;cher Bouteflika,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;NDLR&lt;/i&gt;]. Mais les militaires sont aussi les garants de l'int&#233;r&#234;t public, de l'int&#233;grit&#233; et de la s&#233;curit&#233; du pays. L'arm&#233;e demande aux d&#233;cideurs de ne pas trop tirer sur la corde, pour ne pas faire basculer le mouvement dans une ligne plus conflictuelle et v&#233;h&#233;mente. Dans un de ses derniers discours, le chef de l'arm&#233;e parle de la relation exceptionnelle entre l'arm&#233;e et son peuple, du fait que les deux partagent une m&#234;me vision de l'avenir. C'est un dilemme terrible pour quelqu'un &#224; ce poste. Jamais il ne donnera l'ordre de tirer sur les manifestants, &#231;a rel&#232;ve de l'impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est int&#233;ressant, c'est que le rapport de force s'est invers&#233;. Il existe une multitude de revendications issues de divers groupes sociaux ou professionnels tels que les avocats, les enseignants, les femmes, les imams, les journalistes, qui tentent de grignoter des droits, des avanc&#233;es sociales et des mesures anti-corruption avant que le pouvoir ne reprenne la main d'une mani&#232;re ou d'une autre. Et pour s&#251;r, si chacun grignote de son c&#244;t&#233;, les attributs du syst&#232;me autoritaire d'aujourd'hui vont tomber demain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Micka&#235;l Correia &amp; Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;cennie noire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Fin 1988, apr&#232;s les &#233;meutes du Printemps alg&#233;rien, le multipartisme est autoris&#233;. Les islamistes s'engouffrent dans la br&#232;che. Au premier tour des l&#233;gislatives de 1991, le Front islamique du salut (Fis) arrive en t&#234;te. L'arm&#233;e interrompt le processus &#233;lectoral. S'ensuivent plusieurs ann&#233;es de guerre civile entre le gouvernement et divers groupes islamistes arm&#233;s. Chaque camp se rend responsable d'immenses massacres et de milliers de disparitions forc&#233;es. La guerre s'ach&#232;ve au d&#233;but des ann&#233;es 2000, peu apr&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir d'Abdelaziz Bouteflika, qui fait voter plusieurs lois d'amnistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat alg&#233;rien reconna&#238;t officiellement 60 000 victimes et pr&#232;s de 9 000 disparus, quand des estimations d'ONG &#233;voquent quelque 18 000 disparus et jusqu'&#224; 200 000 morts.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet entretien a &#233;t&#233; publi&#233; sur papier dans le n&#176;175 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, paru le 5 avril 2019, avec un dossier central consacr&#233; au Printemps alg&#233;rien. Voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no175' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire d&#233;taill&#233;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; du num&#233;ro complet.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
&lt;i&gt;Dans le dossier &#171; Alg&#233;rie &#187;&lt;/i&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; P. I : &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Vous-ne-pouvez-pas-nous-tuer-vous' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Vous ne pouvez pas nous tuer, vous &#234;tes d&#233;j&#224; morts ! &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Introduction &amp; analyse&lt;/li&gt;&lt;li&gt; P. II &amp; III : &lt;strong&gt;Un mois dans l'Alg&#233;rie des marches &gt;&lt;/strong&gt; Reportage au long cours entre Alger et B&#233;ja&#239;a&lt;/li&gt;&lt;li&gt; P. III : &lt;strong&gt;Le manifeste du rire &gt;&lt;/strong&gt; L'humour comme arme politique&lt;/li&gt;&lt;li&gt; P. IV : &lt;strong&gt;FLN d&#233;gage ! &gt; &lt;/strong&gt;Retour les origines historiques de l'h&#233;g&#233;monie du parti au pouvoir&lt;/li&gt;&lt;li&gt; P. V : &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/En-Algerie-on-assiste-a-une' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; On assiste &#224; une reconqu&#234;te po&#233;tique de la rue &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Entretien avec la jeune &#233;crivaine libertaire et f&#233;ministe Sarah Haidar&lt;/li&gt;&lt;li&gt; P. VI &amp; VII : &lt;strong&gt;Alger United &gt;&lt;/strong&gt; Reportage aupr&#232;s des supporteurs de foot alg&#233;rois, &#224; la pointe de la contestation&lt;/li&gt;&lt;li&gt; P. VII &amp; IX : &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-jeunesse-algerienne-a' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; La jeunesse alg&#233;rienne a transform&#233; notre cynisme en espoir &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Entretien sur la m&#233;moire de la d&#233;cennie noire avec le journaliste Adl&#232;ne Meddi, auteur du roman &lt;i&gt;1994&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; P. IX : &lt;strong&gt;&#171; Gaudin, Bouteflika, d&#233;gagez ! &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Instantan&#233;s de Marseille, &#171; la 49&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; wilaya &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il punit de trois &#224; cinq ans de prison quiconque, par &#171; &lt;i&gt;ses d&#233;clarations, &#233;crits ou tout autre acte, utilise ou instrumentalise les blessures de la trag&#233;die nationale &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jeunes &#233;migrants ill&#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Violences polici&#232;res : les racines du mal (et des r&#233;sistances)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge(&#239;) Bonicci</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Du 14 juillet 1953 aux ann&#233;es 1980, une chronologie parcellaire de la violence &#233;tatique (parfois mortelle) &#8211; subie essentiellement par les immigr&#233;s maghr&#233;bins et leurs descendants. *** 14 juillet 1953 Les travailleurs alg&#233;riens et coloniaux manifestent depuis 1936 avec la CGT et le PCF pour &#171; la d&#233;fense des libert&#233;s &#187;. Cette ann&#233;e-l&#224;, aussi pour les prisonniers politiques et l'ind&#233;pendance. Place de la Nation, &#224; Paris, les cort&#232;ges se dispersent, les Alg&#233;riens restent. La police tente (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/violences" rel="tag"&gt;violences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/justice" rel="tag"&gt;justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/violences-policieres-1346" rel="tag"&gt;violences polici&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policieres" rel="tag"&gt;polici&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/algeriens" rel="tag"&gt;alg&#233;riens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Brigade" rel="tag"&gt;Brigade&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police-tue" rel="tag"&gt;police tue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 14 juillet 1953 aux ann&#233;es 1980, une chronologie parcellaire de la violence &#233;tatique (parfois mortelle) &#8211; subie essentiellement par les immigr&#233;s maghr&#233;bins et leurs descendants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2701 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L350xH497/-961-4bcc7.jpg?1779602754' width='350' height='497' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;153 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par &#201;tienne Savoye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;14 juillet 1953&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs alg&#233;riens et coloniaux manifestent depuis 1936 avec la CGT et le PCF pour &#171; &lt;i&gt;la d&#233;fense des libert&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Cette ann&#233;e-l&#224;, aussi pour les prisonniers politiques et l'ind&#233;pendance. Place de la Nation, &#224; Paris, les cort&#232;ges se dispersent, les Alg&#233;riens restent. La police tente d'arracher les drapeaux et tire : six Alg&#233;riens et un Fran&#231;ais sont tu&#233;s. Un mois plus tard, est cr&#233;&#233;e la Brigade des agressions et violences (BAV), h&#233;riti&#232;re de la Brigade nord-africaine (BNA) dissoute en 1945. Les d&#233;fil&#233;s communs s'arr&#234;tent &lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Regarder le documentaire de Daniel Kupferstein, Les balles du 14 juillet, 2014.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1961&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les trente Glorieuses entassent des milliers d'Alg&#233;riens, Marocains, Tunisiens, Italiens et Portugais en bidonville &lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Monique Hervo, Chroniques du bidonville - Nanterre en guerre d'Alg&#233;rie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. La guerre d'Alg&#233;rie culmine avec son &#233;pisode le plus sanglant en m&#233;tropole : le 17 octobre, 30 000 Alg&#233;rien.ne.s d&#233;filent pacifiquement &#224; l'appel du FLN contre le couvre-feu racial d'un pr&#233;fet de police revenu d'Alg&#233;rie, Maurice Papon. L'existence politique du colonis&#233; au c&#339;ur de Paris provoque un d&#233;cha&#238;nement policier, couvert par le bilan officiel de deux Alg&#233;riens et un Fran&#231;ais tu&#233;s, puis par l'amnistie. En fait, plus de 200 morts mitraill&#233;s, noy&#233;s, &#233;touff&#233;s, pendus au bois de Vincennes, battus &#224; mort dans le hall de la pr&#233;fecture de police, pourchass&#233;s dans les bidonvilles&#8230; Et 11 000 arr&#234;t&#233;s, 9 000 intern&#233;s, 500 d&#233;port&#233;s en Alg&#233;rie &lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fabrice Riceputi, La bataille d'Einaudi, Paris, Passager clandestin, 2015&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s 1962&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du bidonville aux cit&#233;s, la violence coloniale se mue en discrimination quotidienne. Les brigades sp&#233;ciales (brigade &#171; Z &#187; &#224; Nanterre) survivent aux Accords d'&#201;vian. Les traitements discriminatoires aussi : expulsions violentes des baraques, Services d'assistance technique (SAT) m&#234;lant surveillance, aide sociale et d&#233;livrance des titres de s&#233;jour&#8230; Les familles nord-africaines sont mises &#224; l'&#233;cart des relogements en HLM et parqu&#233;es dans des cit&#233;s d'urgence et de transit.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1971&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La loi anti-casseurs est vot&#233;e, il faut en finir avec 68. &#192; Saint-Denis, le pr&#233;fet Pierre Bolotte, celui de la bataille d'Alger et du M&#233; 67 en Guadeloupe &lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors de ce mois de mai 1967, il y eut 80 morts pass&#233;es sous silence (Cases (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, cr&#233;e la premi&#232;re Brigade anti-criminalit&#233; (BAC), inspir&#233;e de la BAV, dissoute en 1962. Apr&#232;s les expulsions politiques de 1968, vient le temps de la chasse &#224; l'oisif et au d&#233;linquant. On criminalise, on d&#233;politise.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1973 et &#171; l'&#233;t&#233; alg&#233;rien &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La restriction au s&#233;jour transforme les &#233;trangers en &#171; sans-papiers &#187;. Il y a comme un r&#233;veil de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise, avec l'attentat au consulat alg&#233;rien de Marseille et pr&#232;s de 50 meurtres racistes, surtout &#224; Grasse et &#224; Marseille. Le 28 ao&#251;t, l'assassinat du jeune Loun&#232;s Ladj par un policier &#224; la terrasse d'un bar marseillais d&#233;clenche la premi&#232;re gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale antiraciste &#224; l'appel du Mouvement des travailleurs arabes. Fond&#233; en juin, le MTA s'autonomise d'une extr&#234;me gauche en pleine d&#233;convenue.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1974&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les quartiers, le harc&#232;lement se poursuit. &#192; Nanterre, les militants d&#233;noncent expulsions et violences polici&#232;res. Comme &#224; la cit&#233; des Marguerites, o&#249; la tension monte... Le 23 avril 1975, six gamins sont embarqu&#233;s violemment. Le 24, un jeune ouvrier, Alain Khetib, vient chercher son p&#232;re au commissariat, reconna&#238;t les petits du quartier, pose des questions... et fini &#224; Fleury-M&#233;rogis. Le 28 avril, il est retrouv&#233; &#171; &lt;i&gt;pendu dans sa cellule&lt;/i&gt; &#187;, mais rendu &#224; la famille couvert d'ecchymoses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ann&#233;es 1980&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Samir et Mogniss Abdallah sont menac&#233;s d'expulsion pour leur activisme au journal &lt;i&gt;Sans fronti&#232;re&lt;/i&gt; et &#224; Radio Soleil. Avec les jeunes des cit&#233;s de transit, ils organiseront les concerts &lt;i&gt;Rock against Police&lt;/i&gt; en 1980. Ins&#233;curit&#233; et immigration envahissent la politique, et des &#233;meutes &#233;clatent dans le quartier des Minguettes &#224; V&#233;nissieux (Rh&#244;ne). Une nouvelle vague de meurtres racistes d&#233;bouche sur la Marche pour l'&#233;galit&#233; de 1983, dont l'esprit sera ensuite d&#233;natur&#233; par SOS-Racisme. Apr&#232;s la d&#233;sillusion, deux coordinations sont mises en place : contre les violences polici&#232;res (avec les rondes des &#171; folles de la place Vend&#244;me &#187;) et entre cit&#233;s de transit. Suivies par le Collectif national contre la double peine (1990) et le Mouvement de l'immigration et des banlieues (1995), qui privil&#233;gient la contre-enqu&#234;te, le terrain et l'autonomie politique, sans leader, ni pr&#233;tendant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sergue&#239; Bonicci&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : &#171; La police tue &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Publi&#233; en avril 2017 dans &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt; n&#176;153)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-police-tue-les-quartiers' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Introduction : la police tue, les quartiers r&#233;sistent&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; La d&#233;rive de ce pays sur la pente du tout-s&#233;curitaire, l'&#233;tat d'urgence permanent, la r&#233;pression du mouvement social, l'autonomisation quasi s&#233;ditieuse d'une frange de la police, la multiplication des &#171; bavures &#187; &#224; connotation raciste&#8230; L'actualit&#233; de ce printemps 2017 a port&#233; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; vers Paris et sa banlieue. Ce qui ne veut pas dire qu'&#224; Marseille, Clermont-Ferrand ou Colmar il ne se passe rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Voix-rebelles-de-Saint-Denis' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voix rebelles de Saint-Denis&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; 16 mars 2017. Sous le d&#244;me de la Maison des &#233;tudiants de Paris 8 (Saint-Denis), le collectif Paroles non-blanches organise une journ&#233;e contre les violences polici&#232;res. Sur le parvis, une responsable engueule les jeunes femmes qui ont investi la salle sans permission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Homicide-volontaire-avec-sursis' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Homicide volontaire avec sursis&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Mars 2017. Le policier Saboundjian comparai&#770;t devant la Cour d'assises de Paris pour la mort d'Amine Bentounsi, tue&#769; d'une balle dans le dos. Il e&#769;cope de cinq ans de prison avec sursis. Chronique d'un proce&#768;s paradoxal qui aura rendu une justice digne d'un conseil de discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Je-suis-nee-le-jour-de-la-mort-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Je suis n&#233;e le jour de la mort de mon fr&#232;re &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Il y a biento&#770;t dix ans, Lamine Dieng mourait dans un fourgon de police. Depuis, sa s&#339;ur Ramata est sur le pont. Elle a compris que justice ne serait jamais rendue, mais qu'il faut quand me&#770;me se battre &#8211; question de dignite&#769;. Cette double certitude s'est enfin impose&#769;e, plac&#807;ant la mobilisation des quartiers contre les violences policie&#768;res au c&#339;ur du mouvement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bobigny ne se rend pas &gt;&lt;/strong&gt; On l'a crois&#233; le samedi 11 f&#233;vrier 2017 &#224; Bobigny, &#224; proximit&#233; d'un car r&#233;gie de RTL transform&#233; en bras&#233;ro. Samy, 27 ans, du &#171; d&#233;partement 99 &#187;, est venu participer au rassemblement contre les violences polici&#232;res organis&#233; &#224; la suite du calvaire de Th&#233;o &#224; Aulnay-sous-Bois. Souriant, prodiguant conseils de prudence et &#233;l&#233;ments d'analyse strat&#233;gique, Samy distribuait &#224; pleines mains des doses de s&#233;rum physiologique. Et impressionnait par son calme face aux tirs de FlashBall qui cr&#233;pitaient. Il nous a envoy&#233; ce t&#233;moignage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Pas-de-lycee-sans-feu' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Pas de lyc&#233;e sans feu&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Ce qu'il s'est passe&#769; au lyce&#769;e Suger le 6 mars 2017, on peut le voir dans l'excellent documentaire des Docs du Re&#769;el &lt;i&gt;Sur Suger&lt;/i&gt;, disponible en ligne. Des gamins jete&#769;s en pa&#770;ture a&#768; la police pour subir humiliations, violences et racisme d'E&#769;tat, suite a&#768; un chahut teinte&#769; de protestations contre les crimes policiers. Ce qu'il ne s'est pas passe&#769; ce jour-la&#768;, c'est toute l'histoire d'une e&#769;cole de banlieue...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/On-va-continuer-a-ecrire-des' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; On va continuer &#224; &#233;crire des histoires ensemble &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Dans la cafe&#769;te&#769;ria qui fait face a&#768; la gare d'Argenteuil (Val-d'Oise), &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a bavarde&#769; avec Omar Slaouti, membre du Collectif Ve&#769;rite&#769; et Justice pour Ali Ziri et l'un des organisateurs de la Marche pour la Justice et la Dignite&#769; du 19 mars 2017 a&#768; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roses d'acier contre main de fer &gt;&lt;/strong&gt; Arrestations arbitraires, harce&#768;lement verbal et physique, voire viols... A&#768; Belleville, quartier de l'Est parisien, les travailleuses du sexe chinoises subissent d'incessantes violences polici&#232;res. Conditions de femmes migrantes et criminalisation de la prostitution s'entrecroisent ici sur un terrain propice &#224; l'impunit&#233; polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Proces-d-intentions' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proc&#232;s d'intentions&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; On l'oublie parfois, mais le marteau du juge est du me&#770;me me&#769;tal que la matraque du policier. Les inconscients qui manifestent contre l'impunite&#769; des forces de l'ordre ont tout a&#768; craindre de la justice, surtout quand celle-ci a le pouvoir de voyager dans le temps et de vous condamner pour des faits que vous n'avez pas encore commis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand les k&#233;pis font la loi &gt;&lt;/strong&gt; Et si la police n'e&#769;tait plus seulement le bras arme&#769; de l'E&#769;tat, mais une force d'occupation autonome, capable de dicter sa loi aux politiques ? &#201;l&#233;ments d'analyse avec Mohamed, membre du collectif Quartier 21 et militant aguerri contre les violences polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et aussi...&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&gt; &lt;strong&gt;Ali Ziri, mort d'un chibani&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Violences-policieres-les-racines' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les racines du mal (et des r&#233;sistances)&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Regarder le documentaire de Daniel Kupferstein, &lt;i&gt;Les balles du 14 juillet&lt;/i&gt;, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Monique Hervo, &lt;i&gt;Chroniques du bidonville - Nanterre en guerre d'Alg&#233;rie&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fabrice Riceputi, &lt;i&gt;La bataille d'Einaudi&lt;/i&gt;, Paris, Passager clandestin, 2015&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lors de ce mois de mai 1967, il y eut 80 morts pass&#233;es sous silence (Cases Rebelles, &lt;i&gt;100 portraits contre l'&#201;tat policier&lt;/i&gt;, Syllepse, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mascarades &#233;lectorales en Alg&#233;rie</title>
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		<dc:date>2017-05-10T01:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;my Cattelain</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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&lt;p&gt;Alors que les &#233;lections se suivent et se ressemblent en Alg&#233;rie, des voix de plus en plus nombreuses se font entendre, notamment dans des documentaires et des films de fiction, pour d&#233;noncer un syst&#232;me &#224; l'agonie toujours prolong&#233;e. Plong&#233;e dans la r&#233;alit&#233; v&#233;cue par le peuple alg&#233;rien, entre r&#233;signation et col&#232;re. Le 4 mai 2017, les Alg&#233;riens ont &#233;t&#233; appel&#233;s &#224; voter afin de renouveler une Assembl&#233;e populaire nationale (APN) majoritairement aux mains des partis de l'administration que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no154-mai-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;154 (mai 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/algeriens" rel="tag"&gt;alg&#233;riens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rassemblement-national" rel="tag"&gt;Rassemblement national&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vote" rel="tag"&gt;vote&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vote-Off" rel="tag"&gt;Vote Off&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Off" rel="tag"&gt;Off&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/portant-atteinte" rel="tag"&gt;portant atteinte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/atteinte" rel="tag"&gt;atteinte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que les &#233;lections se suivent et se ressemblent en Alg&#233;rie, des voix de plus en plus nombreuses se font entendre, notamment dans des documentaires et des films de fiction, pour d&#233;noncer un syst&#232;me &#224; l'agonie toujours prolong&#233;e. Plong&#233;e dans la r&#233;alit&#233; v&#233;cue par le peuple alg&#233;rien, entre r&#233;signation et col&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1856 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-157-577d6.jpg?1779603198' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;R&#233;my Cattelain
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 4 mai 2017, les Alg&#233;riens ont &#233;t&#233; appel&#233;s &#224; voter afin de renouveler une Assembl&#233;e populaire nationale (APN) majoritairement aux mains des partis de l'administration que sont le Front de lib&#233;ration nationale (FLN) &#8211; parti unique de 1963 &#224; 1989, ann&#233;e de l'instauration du pluralisme &#8211; et le Rassemblement national d&#233;mocratique (RND) &#8211; cr&#233;&#233; en 1997 et qui b&#233;n&#233;ficia d'une fraude massive lors des premi&#232;res l&#233;gislatives cons&#233;cutives &#224; l'arr&#234;t du processus &#233;lectoral en 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'y aura gu&#232;re de surprise concernant le r&#233;sultat de cette nouvelle consultation &#8211; sauf, peut-&#234;tre, dans la r&#233;partition des si&#232;ges entre les sensibilit&#233;s nationalistes, islamistes, socialistes ou lib&#233;rales &#8211;, le gouvernement a, pour sa part, men&#233; la bataille contre l'abstention &lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adl&#232;ne Meddi, &#171; L&#233;gislatives en Alg&#233;rie : l'obsession de la participation &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Les imams-fonctionnaires &#8211; d'apr&#232;s la Constitution, l'islam est la religion d'&#201;tat &#8211; ont m&#234;me re&#231;u pour instruction d'appeler les fid&#232;les &#224; voter dans leurs pr&#234;ches &lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sonya Lies, &#171; Spectre de l'abstention aux l&#233;gislatives : le gouvernement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Car il s'agit pour les tenants du r&#233;gime de montrer aux observateurs qu'ils peuvent mobiliser la population et se pr&#233;valoir, en apparence, d'une l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique qui leur fait toutefois d&#233;faut depuis des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les Alg&#233;riens &#8211; en particulier les jeunes urbains &#8211; sont extr&#234;mement lucides quant aux r&#232;gles du jeu et la nature des institutions. Ils le d&#233;montrent en s'abstenant massivement &#224; chaque scrutin et en le faisant savoir dans les stades de football ou sur les r&#233;seaux sociaux. En r&#233;action, les autorit&#233;s ont cherch&#233; &#224; faire taire les voix qui appelaient au boycott ou qui tournaient en d&#233;rision la farce &#233;lectorale &lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Alg&#233;rie : interdit de se moquer des &#233;lections l&#233;gislatives ! Et pourtant&#8230; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Le ministre de l'Int&#233;rieur a par exemple annonc&#233; l'arrestation d'un individu accus&#233; de &#171; porter atteinte au processus l&#233;gislatif et &#224; la constitution &#187; pour avoir d&#233;tourn&#233; sur Facebook l'affiche officielle de la campagne &lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Belkacem Houam/Rachel Hamdi, &#171; B&#233;doui : la personne ayant port&#233; atteinte &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces atteintes &#224; la libert&#233; d'expression qui n'ont rien de nouveau en Alg&#233;rie s'ajoutent des signes inqui&#233;tants qui attestent de la progression de l'obscurantisme dans le champ politique. En effet, si les vagues d'attentats et de massacres commis par les groupes islamiques arm&#233;s n'ont plus la m&#234;me intensit&#233; que durant les ann&#233;es 1990, la soci&#233;t&#233; semble avoir gagn&#233; la paix civile en &#233;change de l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique des islamistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple le plus significatif s'est mat&#233;rialis&#233; cette ann&#233;e avec l'apparition de &#171; candidates sans visage &#187; ou &#171; femmes fant&#244;mes &#187; non seulement sur les affiches &#233;lectorales des partis islamistes, mais aussi chez certaines formations nationalistes ou &#171; d&#233;mocrates &#187; &lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Madjid Makedhi, &#171; &#201;lections l&#233;gislatives du 4 mai : les islamistes en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Ainsi, la liste de Bordj-Bou-Arreridj du Front des forces socialistes (FFS) &#8211; surtout implant&#233; en Kabylie et souvent pr&#233;sent&#233; comme le plus vieux parti d'opposition &#8211; a &#233;t&#233; critiqu&#233;e pour cette pratique discriminatoire &lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L&#233;gislatives en Alg&#233;rie : pol&#233;mique autour des &#8220;candidates sans visage&#8221; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en ayant en t&#234;te tous ces &#233;l&#233;ments que le film &lt;i&gt;Vote Off&lt;/i&gt; &#8211; r&#233;alis&#233; par Fay&#231;al Hammoum et produit par Yacine Bouaziz (Thala films) &#8211; r&#233;v&#232;le son int&#233;r&#234;t pour comprendre le rapport &#224; la politique des jeunes Alg&#233;riens. Le documentaire a d'ailleurs &#233;t&#233; tourn&#233; lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles d'avril 2014 auxquelles s'est pr&#233;sent&#233; Abdelaziz Bouteflika, pourtant trop faible pour faire campagne &#8211; ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de rempiler pour un quatri&#232;me mandat au grand dam d'une opposition atomis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vote Off&lt;/i&gt; a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une bien involontaire notori&#233;t&#233; m&#233;diatique, en septembre 2016, en raison de la censure des autorit&#233;s alg&#233;riennes qui ont refus&#233; de lui d&#233;livrer une autorisation de projection. En effet, le film comporterait &#171; &lt;i&gt;des contenus portant atteinte au symbole de l'&#201;tat et &#224; sa souverainet&#233;&lt;/i&gt; &#187;, selon le minist&#232;re de la Culture &lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nadia Lamlili, &#171; Alg&#233;rie : &#8220;Vote off&#8221;, un documentaire sur la pr&#233;sidentielle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;. Pourtant, loin d'&#234;tre un br&#251;lot contestataire, le documentaire se contente de donner la parole &#224; des individus qui refusent le pluralisme encadr&#233; et tentent, malgr&#233; les contraintes, de s'exprimer, de cr&#233;er, de vivre tout simplement, apr&#232;s avoir grandi dans la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans &lt;i&gt;Vote Off&lt;/i&gt; les cons&#233;quences des &#171; printemps arabes &#187; qui se sont concr&#233;tis&#233;es en Alg&#233;rie &#224; travers l'apparition de nouveaux m&#233;dias comme la radio Jil FM &#8211; &#224; destination des jeunes auditeurs &#8211; ou de t&#233;l&#233;visions priv&#233;es comme Echorouk TV &#8211; venant concurrencer le monopole &#233;tatique. Certains d&#233;bats sur les &#171; lignes rouges &#187; &#224; ne pas d&#233;passer, la d&#233;ontologie et l'ind&#233;pendance ont fort heureusement &#233;t&#233; gard&#233;s au montage. La br&#232;ve existence du mouvement Barakat &#8211; oppos&#233; au quatri&#232;me mandat de Bouteflika &#8211; est aussi rappel&#233;e par l'interm&#233;diaire de quelques plans film&#233;s dans la r&#233;daction d'&lt;i&gt;El Watan/Weekend&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;alisateur a pos&#233; sa cam&#233;ra dans les meetings des partis de l'administration mais aussi chez ceux de l'opposition &#8211; comme Ali Benflis &#8211; et des partisans du boycott, &#224; Alger ou Blida. C'est dans cette derni&#232;re ville que le chef du gouvernement, Abdelmalek Sellal, se lance, devant un portrait g&#233;ant de Bouteflika, dans une diatribe nationaliste en brandissant le spectre d'une intervention &#233;trang&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Si la discorde s'installe entre nous, et si l'&#201;tat alg&#233;rien est affaibli, on cr&#233;era une br&#232;che &#224; l'ing&#233;rence &#233;trang&#232;re. Il n'existe aucune autre analyse. Si on cr&#233;e des probl&#232;mes portant atteinte &#224; la dignit&#233; des citoyens, portant atteinte &#224; la force, &#224; la foi des Alg&#233;riens, dans leur pays avec leurs dirigeants, avec leur peuple, cette fragilit&#233; conduira &#224; l'intervention &#233;trang&#232;re dans nos affaires. Et &#231;a, on ne l'accepte pas !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#224; c&#244;t&#233; de s&#233;quences retranscrivant la langue de bois des grands commis de l'&#201;tat, la force de &lt;i&gt;Vote Off&lt;/i&gt; r&#233;side surtout dans ces s&#233;quences o&#249; s'expriment avec sinc&#233;rit&#233; le rappeur de Bab-el-Oued ou le petit commer&#231;ant de la Mitidja, rappelant ainsi que l'Alg&#233;rie ne se limite pas &#224; sa capitale, o&#249; se manifeste toutefois avec plus de clart&#233; le rejet des scrutins fauss&#233;s. Ainsi, &lt;i&gt;Vote Off&lt;/i&gt; propose une s&#233;quence au cours de laquelle &#233;change un groupe de trentenaires alg&#233;rois autour d'un caf&#233;-clope. L'un d'eux, contrastant avec la d&#233;tente ambiante, finit par lancer : &#171; &lt;i&gt;J'ai vot&#233; une seule fois dans ma vie pour faire plaisir &#224; ma s&#339;ur&#8230; C'est le 17 avril, le vote, c'est &#231;a ? Pourquoi je voterais ? Le match est truqu&#233;. Tu vois le d&#233;lire ? Le match est truqu&#233;, Bon Dieu. On ne va pas se voiler la face&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre passage, quelque part dans la verdure de la Mitidja, un quadrag&#233;naire &#8211; qu'on imagine p&#232;re de famille &#8211; s'adresse &#224; la cam&#233;ra avec une franchise que trahit son agacement : &#171; &lt;i&gt;C'est ton droit de le faire. Donc je vote&#8230; Mais je n'attends rien de la politique, il n'y a rien &#224; attendre d'elle. Les politiciens eux-m&#234;mes n'y arrivent pas. Regarde ce qui se passe entre eux. Nous on s'en fout&#8230; On veut juste vivre notre vie. Laissez-nous vivre et puis c'est tout... On veut juste avoir les choses dont on a besoin&#8230; Ce que l'&#201;tat m'a donn&#233; je le rends&lt;/i&gt;. &#187; L'acte de vote, loin d'exprimer une quelconque l&#233;gitimation du personnel politique, doit davantage &#234;tre compris, dans ce cas, comme le souci chez certains Alg&#233;riens de pr&#233;server la paix civile et de conserver les quelques acquis arrach&#233;s par les luttes populaires ou conc&#233;d&#233;s par un gouvernement soucieux de garantir la paix sociale en &#233;change du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut n&#233;anmoins regretter, en d&#233;pit de la pluralit&#233; des points de vue offerts par le documentaire, la tr&#232;s faible pr&#233;sence des femmes &#224; l'&#233;cran &#8211; ce qui ne traduit pas la volont&#233; de l'&#233;quipe du film mais plut&#244;t les r&#233;ticences des femmes sollicit&#233;es ou les pressions de leur entourage. En revanche, &lt;i&gt;Vote Off&lt;/i&gt; constitue ind&#233;niablement un excellent support pour saisir les dynamiques &#224; l'&#339;uvre dans l'Alg&#233;rie contemporaine en donnant &#224; voir ces &#171; simples citoyens &#187;, arabophones ou francophones, qui font soci&#233;t&#233;. Ce documentaire doit &#234;tre compl&#233;t&#233; par le visionnage d'autres excellents films comme &lt;i&gt;Dans ma t&#234;te un rond-point&lt;/i&gt; de Hassen Ferhani sur la jeunesse laborieuse, &lt;i&gt;Contre-pouvoirs&lt;/i&gt; de Malek Bensma&#239;l sur les m&#233;dias priv&#233;s ou encore &lt;i&gt;&#192; mon &#226;ge, je me cache encore pour fumer&lt;/i&gt; de Rayhanna sur la condition des Alg&#233;riennes dans les ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Adl&#232;ne Meddi, &#171; L&#233;gislatives en Alg&#233;rie : l'obsession de la participation &#187;, &lt;i&gt;Middle East Eye&lt;/i&gt;, 12 avril 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sonya Lies, &#171; Spectre de l'abstention aux l&#233;gislatives : le gouvernement mobilise les imams &#187;, &lt;i&gt;Tout sur l'Alg&#233;rie&lt;/i&gt;, 20 avril 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Alg&#233;rie : interdit de se moquer des &#233;lections l&#233;gislatives ! Et pourtant&#8230; &#187;, &lt;i&gt;Middle East Eye&lt;/i&gt;, 16 avril 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Belkacem Houam/Rachel Hamdi, &#171; B&#233;doui : la personne ayant port&#233; atteinte &#224; la campagne &#233;lectorale a &#233;t&#233; intercept&#233;e &#187;, &lt;i&gt;Echorouk&lt;/i&gt;, 15 avril 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Madjid Makedhi, &#171; &#201;lections l&#233;gislatives du 4 mai : les islamistes en embuscade &#187;, &lt;i&gt;El Watan&lt;/i&gt;, 18 avril 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; L&#233;gislatives en Alg&#233;rie : pol&#233;mique autour des &#8220;candidates sans visage&#8221; sur les affiches &#187;, &lt;i&gt;Les observateurs/France 24&lt;/i&gt;, 20 avril 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nadia Lamlili, &#171; Alg&#233;rie : &#8220;Vote off&#8221;, un documentaire sur la pr&#233;sidentielle de 2014 censur&#233; &#187;, &lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt;, 6 septembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le changement&#8230; c'est jamais !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le 17 avril dernier, les Alg&#233;riens &#233;taient invit&#233;s &#224; &#171; &#233;lire &#187; leur pr&#233;sident dans un exercice de d&#233;mocratie orient&#233;e &#224; la Poutine. Comme pr&#233;vu, le gagnant fut le vieillard malade Bouteflika. Pour un &#233;clairage plein c&#339;ur, CQFD a discut&#233; &#224; b&#226;tons rompus avec Kamar Idir, photographe alg&#233;rien et animateur de l'&#233;mission Harragas sur Radio Gal&#232;re, qui vit depuis une quinzaine d'ann&#233;es dans la cit&#233; phoc&#233;enne. A la terrasse d'un bistro, Kamar, Alg&#233;rien de Kabylie, se marre en parlant de son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no121-avril-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;121 (avril 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Charmag" rel="tag"&gt;Charmag&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Algerien" rel="tag"&gt;Alg&#233;rien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kamar" rel="tag"&gt;Kamar&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kabylie" rel="tag"&gt;Kabylie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-bistro" rel="tag"&gt;d'un bistro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 17 avril dernier, les Alg&#233;riens &#233;taient invit&#233;s &#224; &#171; &#233;lire &#187; leur pr&#233;sident dans un exercice de d&#233;mocratie orient&#233;e &#224; la Poutine. Comme pr&#233;vu, le gagnant fut le vieillard malade Bouteflika. Pour un &#233;clairage plein c&#339;ur, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a discut&#233; &#224; b&#226;tons rompus avec Kamar Idir, photographe alg&#233;rien et animateur de l'&#233;mission Harragas&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les jeudis de 16 &#224; 18 heures.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sur &lt;a href=&#034;http://www.radiogalere.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Gal&#232;re&lt;/a&gt;, qui vit depuis une quinzaine d'ann&#233;es dans la cit&#233; phoc&#233;enne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la terrasse d'un bistro, Kamar, Alg&#233;rien de Kabylie, se marre en parlant de son pays, l'Alg&#233;rie. Mais dans son &#339;il, il y a une pointe de tristesse. Avec une verve toute m&#233;diterran&#233;enne, les phrases s'encha&#238;nent &#224; toute vitesse, sautant du coq &#224; l'&#226;ne &#224; chaque ponctuation. Les &#233;lections d'avril ? &#171; &lt;i&gt;Ce qui int&#233;resse les Alg&#233;riens, c'est comment sortir de l&#224;.&lt;/i&gt; &#187; L&#224;, c'est quoi, l&#224; ? &#171; &lt;i&gt; L&#224;, c'est un groupe de gens, les &#8220;Casquettes&#8221;, qui s'accaparent l'&#233;conomie et la politique depuis l'Ind&#233;pendance.&lt;/i&gt; &#187; Les Casquettes, ce sont les militaires qui tirent les ficelles en coulisse depuis l'Ind&#233;pendance. &#171; &lt;i&gt;Les politiques, le pr&#233;sident, les policiers, les affaires&#8230; tout &#231;a, c'est sous le contr&#244;le des Casquettes. Et ils font en sorte que rien ne change vraiment.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1046 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH480/p13-boutef2-7bc15.jpg?1779608454' width='400' height='480' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et il pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Depuis 62, en Alg&#233;rie, c'est un certain nationalisme qui est &#224; l'&#339;uvre. Les militaires visent &#224; formater une mentalit&#233;. Pour eux, c'est comme si la finalit&#233; &#233;tait de sortir de la colonisation. Mais, avoir l'ind&#233;pendance, ce n'est que le d&#233;but d'un processus.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Pour aller vers une Alg&#233;rie r&#233;publicaine, la&#239;que, diverse... Avec la libert&#233; de culte, de conscience... Mais ce n'est pas du tout ce qu'il s'est pass&#233;. En fait, pour les militaires, l'Ind&#233;pendance c'est la fin de tout le processus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on lui demande de d&#233;crire la situation de l'Alg&#233;rie aujourd'hui, Kamar s'&#233;nerve presque. &#171; &lt;i&gt;Un pays o&#249; tout est triste : femmes voil&#233;es partout,&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;impossible de se promener avec une nana ou siroter une bi&#232;re tranquille. Avant tu pouvais faire tout &#231;a, enfin, un peu plus. Jusque dans les ann&#233;es 1980. Tout ne va pas si mal, hein ! Je veux dire, les gens ont des logements, &#224; manger&#8230; Et des voitures ! On voit partout des concessionnaires ! Mais la culture ? Les th&#233;&#226;tres ? En ruines, pas entretenus. Le th&#233;&#226;tre de Kateb Yacine ? Disparu ! Les lieux de formation ? Ils sont ferm&#233;s. En fait, on ne produit plus rien sur place, on importe presque tout. Et c'est pay&#233; par le p&#233;trole, le gaz, les mati&#232;res premi&#232;res&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, 97 % du volume des exportations concernent gaz et p&#233;trole. L'envol&#233;e des cours depuis 1973 et le premier choc p&#233;trolier (dont la nationalisation du p&#233;trole alg&#233;rien marqua le d&#233;but) repr&#233;sente une v&#233;ritable manne financi&#232;re&#8230; Manne que se partagent all&#232;grement les Casquettes et qui sert &#224; irriguer tous les r&#233;seaux client&#233;listes. &#171; &lt;i&gt;Tout le monde, finalement, est corrompu. Depuis tout en haut jusque tout en bas. Alors, comme tout le monde bouffe, on ne se r&#233;volte pas. &#199;a fait que le peuple s'en fout de la politique.&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; Sauf dans les stades ! Faut regarder le championnat de foot alg&#233;rien ! On voit, on entend des choses, des slogans. C'est tr&#232;s dr&#244;le, tr&#232;s fort, tr&#232;s impertinent ! Rien &#224; voir avec les &#233;lections.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Les &#233;lections du 17 avril, c'est un bal masqu&#233;&lt;/i&gt;, balance Kamar en rigolant apr&#232;s une pause. &lt;i&gt;C'est du virtuel, voil&#224;. Quoi qu'il en soit, &#231;a restera dans le s&#233;rail. Quand tu regardes les d&#233;bats, les discours, c'est comme un th&#233;&#226;tre. &#199;a pourrait &#234;tre dr&#244;le ! Les candidats disent tous les m&#234;mes choses : &#8220;Au nom de Dieu mis&#233;ricordieux&#8230;&#8221; puis &#8220;si je suis &#233;lu vous aurez tout... blablabla&#8230;&#8221; C'est comme des marabouts... Comme si par des formules magiques ils allaient tout arranger.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1047 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH374/actu-boute_flika-2-e9b1a.jpg?1779625142' width='400' height='374' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Cattelain.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Puis le rire se fait grin&#231;ant quand soudain Kamar se met &#224; parler des h&#244;pitaux. &#171; &lt;i&gt; Les h&#244;pitaux, ce sont de vrai abattoirs, sales, mal g&#233;r&#233;s. Certains parlent de moderniser, de faire des ponts, des tours, des grands travaux&#8230; Au lieu de construire des h&#244;pitaux, des &#233;coles, de faire venir des profs pour remplacer ceux qui ont &#233;t&#233; assassin&#233;s pendant la guerre civile par les islamistes&#8230; Ce n'est pas avec les ponts et les tours qu'on va sauver l'Alg&#233;rie ! Mais avec l'&#233;ducation, la sant&#233;, la libert&#233;. Maintenant dans les &#233;coles on pr&#234;che la religion, on parle de l'enfer, de comment laver les corps avant l'enterrement. C'est n'importe quoi ! A mon &#233;poque on lisait des versets du Coran &#224; l'&#233;cole, d'accord, mais c'est tout. Tout le probl&#232;me est l&#224; : ils ont compris qu'il ne fallait pas instruire le peuple. C'est bien qu'ils ont peur de nous. Alors chaque g&#233;n&#233;ration est sacrifi&#233;e. D&#233;truire l'&#233;cole, les vestiges anciens, les traces du pass&#233;, la culture du peuple&#8230; Tout remplacer par la religion et le nationalisme alg&#233;rien. Tiens, par exemple, en ce moment y a un conflit &#224; Gharda&#239;a entre les populations mozabites et arabes. Les m&#233;dias, le gouvernement n'ont pas cess&#233; de jeter de l'huile sur le feu en disant que les Mozabites n'&#233;taient pas de vrais Alg&#233;riens. R&#233;sultat, il y a eu des affrontements, des morts. Apr&#232;s, &#233;videmment, il y a toujours un ministre qui va faire le beau, l&#224;-bas, pour rassurer et promettre la s&#233;curit&#233;, comme un sauveur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233; de la M&#233;diterran&#233;e aussi, la s&#233;curit&#233; est visiblement l'un des th&#232;mes phares de la campagne. Et avec une certaine vision des printemps arabes. &#171; &lt;i&gt;Les politiciens alg&#233;riens montrent les voisins : la Tunisie, la Lybie et disent : &#8220;Vous voyez le bordel ? Vous voyez la crise chez eux ? Le ch&#244;mage, le manque de pain ? Alors surtout restez bien tranquilles, sinon &#231;a va vous arriver &#224; vous aussi.&#8221; Ils disent &#231;a au lieu de les aider ! La Tunisie, c'est un &#8220;pays fr&#232;re&#8221; qui nous a beaucoup aid&#233;s pendant la guerre d'Ind&#233;pendance. Aujourd'hui, les Tunisiens ont de gros soucis &#233;conomiques et pourtant ils viennent de voter la libert&#233; de culte et d'expression dans leur Constitution. &#199;a pourrait &#234;tre un mod&#232;le pour notre pays. En Alg&#233;rie, on a l'argent mais pas de libert&#233;. C'est aussi pour &#231;a que les jeunes ne pensent qu'&#224; partir. &lt;/i&gt; Harraga ! &lt;i&gt;C'est le nom du jeune qui quitte son pays et c'est aussi le nom de notre &#233;mission.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Kamar d'embrayer sur cette &#233;mission qu'il anime depuis 15 ans : &#171; &lt;i&gt;A la radio, on fait parler les gens, sans censure. Et puis on picole pas mal aussi ! On veut que ce soit tr&#232;s d&#233;mocratique. Parfois, ce sont des intellectuels et on &#233;coute &#231;a comme des enfants. Parfois, ce sont des gens qui ont tellement besoin de parler ! Comme cette femme qui travaillait &#224; l'ambassade d'Alg&#233;rie &#224; Rome et qui a vid&#233; son sac, en pleurant. La parole est libre. Parfois, on se fait insulter, mais la plupart du temps les gens sont vraiment contents de pouvoir dire tout ce qu'ils pensent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On demande &#224; Kamar s'il r&#234;ve qu'un jour l'Alg&#233;rie soit aussi libre que sur son antenne. Avec la m&#234;me pointe de tristesse, il r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Les Alg&#233;riens r&#234;vent. Il ne leur reste que &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les jeudis de 16 &#224; 18 heures.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>1973 : un &#233;t&#233; raciste</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, apr&#232;s une vague massive d'immigration &#233;conomique suscit&#233;e par les besoins de main-d'&#339;uvre des secteurs industriels (b&#226;timent, automobile), le gouvernement d&#233;cide de fermer la porte&#8230; brutalement et rapidement. En 1972, alors que la crise &#233;conomique se profile &#224; l'horizon, la circulaire Fontanet restreint la circulation des travailleurs maghr&#233;bins en liant l'attribution de la carte de s&#233;jour &#224; un titre de travail. Les Alg&#233;riens, principaux vis&#233;s, subissent aussi les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, apr&#232;s une vague massive d'immigration &#233;conomique suscit&#233;e par les besoins de main-d'&#339;uvre des secteurs industriels (b&#226;timent, automobile), le gouvernement d&#233;cide de fermer la porte&#8230; brutalement et rapidement. En 1972, alors que la crise &#233;conomique se profile &#224; l'horizon, la circulaire Fontanet restreint la circulation des travailleurs maghr&#233;bins en liant l'attribution de la carte de s&#233;jour &#224; un titre de travail. Les Alg&#233;riens, principaux vis&#233;s, subissent aussi les cons&#233;quences des rapports houleux entre la France et son ancienne colonie. De fait, cette circulaire place d'un coup dans la clandestinit&#233; 83 % des travailleurs migrants. Les premiers mouvements de gr&#232;ve de la faim voient le jour chez les sans-papiers sur tout le territoire. C'est l'&#233;poque o&#249; l'intelligentsia gauchiste, les chr&#233;tiens de gauche et la Gauche prol&#233;tarienne manifestent avec 2 000 travailleurs immigr&#233;s en soutien &#224; Said Bouziri, &#233;tudiant gr&#233;viste de la faim, le jour de son expulsion programm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e suivante, tandis que le taux des travailleurs immigr&#233;s dans la population active atteint 9,5 %, le Mouvement des travailleurs arabes (MTA), d'&#233;tudiants et d'ouvriers immigr&#233;s, proches des mao&#239;stes, se constitue. L'&#233;t&#233; 1973 va rester comme l'une des p&#233;riodes les plus sanglantes pour l'immigration maghr&#233;bine dans le sud de la France, au point qu'on a pu parler de &#171; &lt;i&gt;flamb&#233;e de racisme&lt;/i&gt; &#187; ou d'&#171; &lt;i&gt; &#233;t&#233; meurtrier&lt;/i&gt; &#187;. Le 12 juin, la ville de Grasse ouvre le bal de la campagne anti-arabe. Suite &#224; une manifestation de travailleurs agricoles pour l'obtention de la carte de s&#233;jour, un Comit&#233; de vigilance des commer&#231;ants et artisans grassois, soutenu par l'&#233;dile local et relay&#233; par les revanchards de l'OAS, d&#233;noncent le &#171; &lt;i&gt;scandale&lt;/i&gt; &#187; des manifestations d'immigr&#233;s et se livrent &#224; une ratonnade qui fera 5 bless&#233;s. Surfant sur la vague x&#233;nophobe, le 21 juin, c'est un meeting contre &#171; &lt;i&gt;l'immigration sauvage&lt;/i&gt; &#187; &#224; la Mutualit&#233; &#224; Paris qui donne lieu &#224; des affrontements entre la police et gauchistes contre-manifestants, puis &#224; l'interdiction de la Ligue communiste et d'Ordre nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_845 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH323/dossier-marche-mirval-a_-paris-2cc2b.jpg?1779604882' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Amadou Gaye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est &#224; Marseille, suite &#224; l'&#233;gorgement d'un chauffeur de bus par un d&#233;s&#233;quilibr&#233; alg&#233;rien le 25 ao&#251;t, que l'&#233;motion va laisser la place &#224; un climat de lynchage contre les Maghr&#233;bins. Le 26 ao&#251;t, l'&#233;ditorialiste Gabriel Domenech, futur s&#233;nateur FN, souffle sur les braises dans &lt;i&gt;Le M&#233;ridional&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt; Nous en avons assez. Assez des voleurs alg&#233;riens. Assez des vandales alg&#233;riens. Assez des fanfarons alg&#233;riens. Assez des syphilitiques alg&#233;riens. Assez des violeurs alg&#233;riens. Assez des maquereaux alg&#233;riens. Assez des fous alg&#233;riens. Assez des tueurs alg&#233;riens.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s ce v&#233;ritable appel au sang, dans les jours qui suivent, six Maghr&#233;bins seront victimes d'assassinats&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;j&#224;, le 14 ao&#251;t, Ahc&#232;ne, un Alg&#233;rien de 18 ans, avait &#233;t&#233; abattu &#224; coups de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat de Loun&#232;s Ladj, abattu &#224; la sortie d'un caf&#233;, le 28 ao&#251;t, pousse l'exasp&#233;ration &#224; son comble et la communaut&#233; alg&#233;rienne se lance dans un soul&#232;vement collectif. Ainsi, le 31 ao&#251;t, les ouvriers immigr&#233;s de la Ciotat m&#232;nent une gr&#232;ve spontan&#233;e contre les attentats racistes. Le mot d'ordre s'&#233;tend et ce sont bient&#244;t 30 000 ouvriers qui se mettent en gr&#232;ve dans les Bouches-du-Rh&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MTA d&#233;cide d'un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le 14 septembre qui fait descendre dans la rue les ouvriers des grands chantiers, tel celui de Roissy-en-France (1 700 gr&#233;vistes sur 2 000 ouvriers), comme les commer&#231;ants arabes de Belleville. 3 000 personnes se r&#233;unissent devant la grande mosqu&#233;e de Paris. Malgr&#233; une mobilisation assez r&#233;ussie, certains se sentent exclus du mouvement, comme les immigr&#233;s d'Afrique noire ou les travailleurs antillais qui se plaignent du caract&#232;re trop &#171; restrictif &#187; de l'appel &#224; la gr&#232;ve. L&#224; encore, les composantes du mouvement ouvrier fran&#231;ais soutiennent l'action du bout des l&#232;vres quand il ne critique pas une tentative de &#171; division du prol&#233;tariat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse &#8211; tout en posant cette question essentielle : La France est-elle raciste ? &#8211; y r&#233;pond en relayant une parole raciste lib&#233;r&#233;e au sujet des Arabes jug&#233;s, pour certains, &#171; &lt;i&gt;effrayants&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;envahissants&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;bruyants&lt;/i&gt; &#187;, voire, pour d'autres, &#171; &lt;i&gt;d&#233;linquants&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; prox&#233;n&#232;tes&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;violeurs&lt;/i&gt; &#187;. L'ann&#233;e se termine par l'explosion d'une bombe contre le consulat d'Alg&#233;rie &#224; Marseille le 14 d&#233;cembre, qui fait quatre morts et 22 bless&#233;s. Revendiqu&#233;s par le Groupe Charles-Martel qui fustige la &#171; &lt;i&gt; France alg&#233;rienne&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt; l'occupation de notre sol par des ethnies totalement inassimilables et d'un apport qualitatif nul &lt;/i&gt; &#187;, une vingtaine d'attentats auront lieu dans la d&#233;cennie qui feront au moins six morts sans que leurs auteurs ne soient jamais retrouv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'ann&#233;e 1973, les autorit&#233;s alg&#233;riennes livrent un bilan de 50 assassinats et 300 bless&#233;s parmi les ressortissants alg&#233;riens en France. Comme le fait remarquer la sociologue Rachida Brahim &#171; &lt;i&gt;sur les quatorze morts r&#233;pertori&#233;s entre le 25 ao&#251;t et le 30 d&#233;cembre 1973, seules deux enqu&#234;tes ont abouti &#224; des inculpations mais les pr&#233;sum&#233;s coupables ont rapidement &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les &#8220;crimes racistes&#8221; de 1973, le complexe de l'&#233;v&#233;nement-anodin &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; Une tendance &#224; la cl&#233;mence judiciaire en ce qui concerne les crimes racistes qui se poursuivra durant une vingtaine d'ann&#233;es, malgr&#233; la loi Pleven de 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1975, sort le film &lt;i&gt;Dupont Lajoie&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233; par Yves Boisset et &#233;crit par Jean-Pierre Bastid, inspir&#233; de l'&#233;t&#233; meurtrier de 1973. Une partie de la critique r&#233;prouvera la caricature du Fran&#231;ais plus que moyen qui y est faite. Pourtant la r&#233;alit&#233; avait d&#233;j&#224; largement pr&#233;c&#233;d&#233; la fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite du dossier &#034;1983 : la Marche pour l'&#233;galit&#233;&#034;, c'est &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Echec-a-l-auto-organisation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Nous-etions-modestes-et-determines&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par l&#224;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;j&#224;, le 14 ao&#251;t, Ahc&#232;ne, un Alg&#233;rien de 18 ans, avait &#233;t&#233; abattu &#224; coups de revolver par un inconnu lors d'une ratonnade.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Les &#8220;crimes racistes&#8221; de 1973, le complexe de l'&#233;v&#233;nement-anodin &#187;, Telemme-migrations, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>El Djaza&#239;r</title>
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		<dc:date>2013-02-10T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;En 1978, les Espagnols Luis Garcia (dessinateur), Felipe Hernandez Cava (dessinateur) et Adolfo Usero (sc&#233;nariste) r&#233;pondent &#224; une commande de l'&#201;tat alg&#233;rien pour r&#233;aliser une bande dessin&#233;e &#233;voquant l'histoire des r&#233;sistances alg&#233;riennes depuis la conqu&#234;te jusqu'au matin de la Toussaint rouge. Omar, myst&#233;rieux &#233;missaire du gouvernement d'Alger, fournit la documentation et l'encadrement politique. Cette chronique au crayon-mine, intitul&#233;e El Djaza&#239;r, se voulait un compl&#233;ment graphique au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no106-decembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;106 (d&#233;cembre 2012)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1978, les Espagnols Luis Garcia (dessinateur), Felipe Hernandez Cava (dessinateur) et Adolfo Usero (sc&#233;nariste) r&#233;pondent &#224; une commande de l'&#201;tat alg&#233;rien pour r&#233;aliser une bande dessin&#233;e &#233;voquant l'histoire des r&#233;sistances alg&#233;riennes depuis la conqu&#234;te jusqu'au matin de la Toussaint rouge&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 1 er novembre 1954 voit na&#238;tre le d&#233;but de l'insurrection organis&#233;e par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_510 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH551/106-serigrafia-garcia-11a2f.png?1779602791' width='400' height='551' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;s&#233;rigraphie de Luis Garcia
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Omar, myst&#233;rieux &#233;missaire du gouvernement d'Alger, fournit la documentation et l'encadrement politique. Cette chronique au crayon-mine, intitul&#233;e El Djaza&#239;r, se voulait un compl&#233;ment graphique au fameux film de Gillo Pontecorvo de 1965, La Bataille d'Alger. Apr&#232;s la mort de Boum&#233;di&#232;ne, les Alg&#233;riens se d&#233;sint&#233;ressent du projet et l'album est finalement publi&#233; en 1981 chez Ikusager, un petit &#233;diteur basque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#338;uvre de propagande ? Oui mais n&#233;anmoins, en faisant le choix de traiter d'une p&#233;riode ant&#233;rieure &#224; l'h&#233;g&#233;monie du FLN, le r&#233;cit restitue avant tout le quotidien de la violence coloniale : humiliation de l'envahisseur fran&#231;ais vis-&#224;-vis des populations, statut d'indig&#233;nat, recrutement obligatoire durant les deux guerres mondiales, r&#233;pressions impitoyables, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; les discours nostalgico-revanchards autour de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise continuent &#224; fleurir sous couvert du mot d'ordre &#171; la repentance, &#231;a suffit ! &#187;, ce sont les sources de la r&#233;volte des colonis&#233;s qu'ont voulu comm&#233;morer les prometteuses &#233;ditions Ici m&#234;me, en collaboration avec la librairie d'Ivry Envie de lire, &#224; travers cet album jusqu'alors in&#233;dit en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le note l'&#233;crivain Abdel Hafed Benotman dans la postface : &lt;i&gt;&#171; Contrairement &#224; ce que d'autres Arabes, souvent des artistes francophones, ont mis en avant comme pour le film Indig&#232;nes, qui est un film de mendicit&#233; : &#8220;On a souffert, on s'est battus et on est morts pour la France par trois fois &#8211; 1914-18 et 1939-40 puis apr&#232;s pour la lib&#233;ration en 1945 jusqu'en Indochine alors aimez-nous !&#8221; Non, la bande dessin&#233;e n'a rien d'une histoire de soumission ou d'ingratitude. [&#8230;] Bien s&#251;r les torts sont partag&#233;s des deux cot&#233;s, la cruaut&#233; fran&#231;aise et la violence alg&#233;rienne, les rafles d'un c&#244;t&#233; et le terrorisme de r&#233;sistance de l'autre&#8230; Mais voil&#224;, encore et toujours des clich&#233;s, comment peut-on partager les torts l&#224; o&#249; il y a une occupation contre une r&#233;sistance ? L'&#233;tranget&#233; de ce passif est l'amour que les Alg&#233;riens ont &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_509 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH524/106_couv-el_djazair-09960.png?1779602791' width='400' height='524' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;couverture d'El Djaza&#239;r
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;quand m&#234;me pour la France, cet amour que l'islamisation radicale tue dans l'&#339;uf&#8230; peut-&#234;tre, et je veux le croire, est-il n&#233; dans le bagne de Nouvelle-Cal&#233;donie lorsque les Alg&#233;riens et les Communards parisiens purent fraternise&lt;/i&gt;r&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Suite &#224; la r&#233;pression de la grande r&#233;volte de Kabylie de mars 1871, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El Djaza&#239;r se termine sur un extrait de la plate-forme de la Soummam&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors du congr&#232;s de la Soummam, le 20 ao&#251;t 1956, en petite Kabylie, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; qui, cinquante ans apr&#232;s les lendemains d&#233;senchant&#233;s de l'ind&#233;pendance, ne manquera de laisser un sentiment d'amertume et de rendez-vous manqu&#233;s : &lt;i&gt;&#171; La ligne de d&#233;marcation de la r&#233;volution ne passe pas entre les communaut&#233;s religieuses qui peuplent l'Alg&#233;rie mais entre, d'une part, les partisans de la libert&#233;, de la justice et de la dignit&#233; humaine, et d'autre part, les colonialistes et leurs soutiens, quelles que soient leur religion ou condition sociale. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 1 er novembre 1954 voit na&#238;tre le d&#233;but de l'insurrection organis&#233;e par le F. L. N. contre la puissance coloniale fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Suite &#224; la r&#233;pression de la grande r&#233;volte de Kabylie de mars 1871, concomitante &#224; la Commune de Paris, plus d'une centaine d'insurg&#233;s alg&#233;riens furent d&#233;port&#233;s en Nouvelle-Cal&#233;donie o&#249; ils partag&#232;rent la peine des communards. Lire : &lt;i&gt;Kabyles du Pacifique&lt;/i&gt; de Mehdi Lallaoui (&#201;d. Au nom de la m&#233;moire, 1994).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lors du congr&#232;s de la Soummam, le 20 ao&#251;t 1956, en petite Kabylie, les dirigeants du F. L. N. adoptent une plate-forme, consid&#233;r&#233;e depuis comme l'acte fondateur de l'&#201;tat alg&#233;rien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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