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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Personne n'est dupe de l'h&#233;ro&#239;sation de la profession &#187;</title>
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		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Centre hospitalier de la Timone &#224; Marseille. Quatre b&#226;timents, plus de 5 000 agents tous m&#233;tiers et statuts confondus, un millier de lits. Un colosse r&#233;gional, national et europ&#233;en aux pieds d'argile en ces temps de crise sanitaire. Greg y exerce la profession d'infirmier et le mandat de syndicaliste CGT. Il ne d&#233;col&#232;re plus. &#171; Aujourd'hui, m&#234;me les plus ti&#232;des, qui disaient comprendre les arguments du gouvernement et de la direction de l'Assistance publique-H&#244;pitaux de Marseille (AP-HM) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Centre hospitalier de la Timone &#224; Marseille. Quatre b&#226;timents, plus de 5 000 agents tous m&#233;tiers et statuts confondus, un millier de lits. Un colosse r&#233;gional, national et europ&#233;en aux pieds d'argile en ces temps de crise sanitaire. Greg y exerce la profession d'infirmier et le mandat de syndicaliste CGT. Il ne d&#233;col&#232;re plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui, m&#234;me les plus ti&#232;des, qui disaient comprendre les arguments du gouvernement et de la direction de l'Assistance publique-H&#244;pitaux de Marseille (AP-HM) sur la n&#233;cessit&#233; des &#233;conomies budg&#233;taires ne veulent plus repartir comme avant. Sur le plan sanitaire, tout &#233;volue trop vite et aucun d&#233;compte pr&#233;cis n'est disponible. Seuls quelques m&#233;decins qui assurent un suivi au plus pr&#232;s en savent peut-&#234;tre davantage, mais il n'y a aucune remont&#233;e en temps r&#233;el. Je peux quand m&#234;me dire qu'&#224; Marseille, on a la chance d'&#234;tre en d&#233;cal&#233; par rapport &#224; l'&#339;il du cyclone qui est en train de frapper Paris et l'&#206;le-de-France. On s'attend n&#233;anmoins &#224; une grosse pression dans le courant de la semaine prochaine avec aucune id&#233;e de l'ampleur que &#231;a prendra. Tout le monde esp&#232;re que Marseille sera relativement pr&#233;serv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1503.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1503-9d001.jpg?1782688527' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et contrairement &#224; ce qui s'est produit &#224; Mulhouse et dans le Grand Est, on a pu anticiper, s'organiser, se pr&#233;parer. Deux b&#226;timents ont &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;s aux patients touch&#233;s par le Covid-19 : 300 lits en plus des places en r&#233;animation sont pr&#233;vus pour les cas les plus graves. Les services y sont correctement &#233;quip&#233;s et le personnel d&#233;pist&#233;, dot&#233; de masques et de gants en nombre suffisant. Tout a &#233;t&#233; fait pour que ces b&#226;timents soient plac&#233;s en proc&#233;dure &#233;tanche par rapport aux autres parties o&#249; ont &#233;t&#233; regroup&#233;s les malades non atteints par le Covid-19, mais pour certains dans un &#233;tat d&#233;j&#224; tr&#232;s fragile.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Panique &#224; bord !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rien &#224; voir avec ce qu'on a pu observer du c&#244;t&#233; de l'administration. L&#224; c'est l'impr&#233;paration la plus scandaleuse qui r&#232;gne depuis deux semaines. En complet d&#233;calage avec leur discours de communication externe, c'est la panique &#224; bord ! Elle nous a abreuv&#233;s au quotidien d'un d&#233;luge d'informations, de notes, de mails tous plus contradictoires les uns que les autres. Comme s'ils avaient voulu ajouter encore plus de stress alors que les soignants vivent d&#233;j&#224; dans la crainte de contracter le virus et de le transmettre aux coll&#232;gues ou aux patients ! Il y a aussi beaucoup de col&#232;re face au manque de mat&#233;riel comme partout en France. Par exemple, les masques ont une date de p&#233;remption variable en fonction de l'&#233;tat des stocks. Un matin, ils doivent durer huit ou dix heures. Le lendemain, apr&#232;s une providentielle livraison, il ne faut plus les utiliser que pendant deux ou trois heures maxi. Le d&#233;pistage est pratiqu&#233; avec parcimonie et le risque est grand d'une contamination transmise par les soignants aux patients des unit&#233;s conventionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comp&#233;tence et motivation ne sont pas en cause, mais les soignants ressentent une intense frustration face au manque de moyens. Face au choix &#224; faire entre ceux qu'on pourra sauver et ceux qu'on devra laisser mourir seulement parce qu'il n'y pas assez de place ou d'&#233;quipements. On n'en veut plus de cette transformation de l'h&#244;pital en usine rentable et tout le monde s'est retrouv&#233; dans la tribune &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/debats/2020/03/24/j-ai-la-rage_1782912&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#8220;J'ai la rage&#8221;&lt;/a&gt;. Il y a trois mois de cela, lors d'une r&#233;union entre les gestionnaires de l'AP-HM et les technocrates de l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; autour de la d&#233;finition de nouveaux objectifs d'&#233;conomies budg&#233;taires, une phrase m'a particuli&#232;rement frapp&#233; : &#8220;On n'a plus forc&#233;ment besoin de lits pour bien soigner &#224; l'h&#244;pital.&#8221; Traduction : il faut encore davantage tailler dans les effectifs et les capacit&#233;s d'accueil pour d&#233;velopper les soins en ambulatoire, hors de l'h&#244;pital, renvoyer les patients au plus vite chez eux m&#234;me au prix de la maltraitance, de l'animosit&#233; grandissante entre les soignants et les malades ainsi que leurs familles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; On demandera des comptes &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et personne n'est dupe de la soudaine sollicitude de l'administration apr&#232;s des ann&#233;es de m&#233;pris. Le soutien actuel ne peut pas nous faire oublier l'&#233;poque o&#249; la moindre critique &#233;tait suivie d'une sanction. Les discours vantant une unit&#233; de fa&#231;ade &#8211; tous unis contre la maladie &#8211; ne peuvent dissimuler qu'en premi&#232;re ligne on trouve les soignants tandis que les cadres gestionnaires continuent leur sale besogne en t&#233;l&#233;travail. Personne n'est dupe de l'h&#233;ro&#239;sation de la profession : ils peuvent se les garder leurs m&#233;dailles ! Nous voulons des moyens pour travailler et des salaires d&#233;cents pour tous et toutes ! M&#234;me sentiment m&#233;lang&#233; par rapport aux applaudissements tous les soirs &#224; 20 heures. C'est un soutien appr&#233;ci&#233;, mais on ne s'en contentera pas. On demandera des comptes au gouvernement, massivement, pas seulement les syndicats car pour beaucoup le temps de la r&#233;signation est r&#233;volu. Cela nous fait chaud au c&#339;ur, mais c'est tellement d&#233;risoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la d&#233;bauche de moyens technologiques &#8211; TGV, avions, h&#233;licopt&#232;res m&#233;dicalis&#233;s parcourant la France pour &#233;vacuer les malades - mise en sc&#232;ne par le gouvernement avec la complicit&#233; des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision, elle n'est qu'un &#233;cran de fum&#233;e suppl&#233;mentaire pour minimiser la gravit&#233; de la situation et contre-attaquer face aux critiques de plus en plus fortes sur la gestion calamiteuse de la crise. Ce barnum va concerner une partie infime de malades, vingt personnes par-ci, trente par-l&#224;, alors qu'&#224; Mulhouse il y a d&#233;j&#224; bien longtemps que les &#233;quipes m&#233;dicales sont oblig&#233;s de faire le tri parmi ceux qu'ils pourront sauver. De plus, les &#233;tablissements dans les r&#233;gions moins touch&#233;es par l'&#233;pid&#233;mie doivent aussi se pr&#233;parer au pic. C'est la m&#234;me chose avec le path&#233;tique appel au secours lanc&#233; dans les m&#233;dias par Martin Hirsch. Le m&#234;me patron de l'Assistance publique-H&#244;pitaux de Paris qui appliquait hier consciencieusement les directives gouvernementales de d&#233;mant&#232;lement de l'h&#244;pital public. Pire encore, le recours &#224; la charit&#233;, cagnottes, Fondation de France, etc., est la preuve ultime de l'abandon de la sant&#233; publique en France. Qui peut croire que cela suffira &#224; combler l'&#233;norme manque de moyens ? C'est se donner bonne conscience &#224; peu de frais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ni Dieu, ni sauveur, ni Raoult ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et notre sauveur supr&#234;me, le professeur Didier Raoult ? La communaut&#233; des soignants &#224; Marseille a pu ressentir un profond respect voire une certaine fiert&#233; par rapport &#224; une personne et ses &#233;quipes &#224; la pointe des recherches mondiales en infectiologie. On lui doit cet Institut hospitalo-universitaire (IHU) qui est un outil de premi&#232;re classe. On ne peut qu'approuver ce qu'il a dit sur l'organisation d'une prise en charge efficace notamment en pratiquant un d&#233;pistage massif. Concernant son traitement, il est difficile pour nous, humbles soldats du soin, de juger sur le fond. C'est plut&#244;t un d&#233;bat entre experts de la question. En revanche, sur la forme, on n'a pas compris son message convoquant &#224; l'IHU la population pour test coronavirus et administration de chloroquine. R&#233;sultat : rassemblement d'une foule de personnes devant le b&#226;timent au risque d'une contamination g&#233;n&#233;rale. Quand on est soignant, on ne peut se passer d'une r&#233;flexion sur les cons&#233;quences de nos actes. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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