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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Deux menaces p&#232;sent sur les quartiers : le coronavirus et la police &#187;</title>
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		<dc:date>2020-04-04T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le 10 mars dernier, le collectif Urgence notre police assassine lan&#231;ait une application permettant de filmer les interventions des forces de l'ordre sans que celles-ci puissent effacer les images. Le but ? Disposer de preuves opposables &#224; la justice en cas de violences polici&#232;res. Un outil d'autant plus pr&#233;cieux que depuis le d&#233;but du confinement, les exactions se multiplient dans les quartiers populaires. &#171; L'id&#233;e a germ&#233; en mai 2019, apr&#232;s la mort d'un homme de 36 ans interpell&#233; par la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 10 mars dernier, le collectif Urgence notre police assassine lan&#231;ait une application permettant de filmer les interventions des forces de l'ordre sans que celles-ci puissent effacer les images. Le but ? Disposer de preuves opposables &#224; la justice en cas de violences polici&#232;res. Un outil d'autant plus pr&#233;cieux que depuis le d&#233;but du confinement, les exactions se multiplient dans les quartiers populaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'id&#233;e a germ&#233; en mai 2019, apr&#232;s la mort d'un homme de 36 ans interpell&#233; par la police &#224; Drancy, &lt;/i&gt;se souvient Amal Bentounsi. &lt;i&gt;Un jeune homme m'a dit : &#8220;J'ai tout film&#233; mais un policier a pris mon portable et a effac&#233; la vid&#233;o.&#8221; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 mars dernier, devant des jeunes de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), la fondatrice du collectif Urgence notre police assassine pr&#233;sentait en avant-premi&#232;re une application sp&#233;cialement con&#231;ue pour filmer les interpellations des forces de l'ordre. Un outil &#233;labor&#233; par ledit collectif, qui regroupe des proches de victimes de crimes policiers, &#224; l'instar d'Amal Bentounsi, dont le fr&#232;re a &#233;t&#233; tu&#233; en 2012 d'une balle dans le dos &#224; Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) alors qu'il tentait de fuir la police&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi les autres membres du collectif, citons Jessica Koum&#233; (compagne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Produire des preuves&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;T&#233;l&#233;chargeable gratuitement et baptis&#233;e UVP (Urgence violences polici&#232;res), l'application permet de filmer chaque jour cinq vid&#233;os. D'une dur&#233;e de dix minutes maximum, elles sont g&#233;olocalis&#233;es et envoy&#233;es en temps r&#233;el sur les serveurs du collectif afin d'emp&#234;cher la police de les supprimer. &#171; &lt;i&gt;Les images sont ensuite visualis&#233;es, tri&#233;es, analys&#233;es et nous sommes en lien avec trois avocats pr&#234;ts &#224; accompagner juridiquement les victimes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous l'&#233;gide de l'Observatoire national des pratiques et des violences (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, explique Amal Bentounsi. &lt;i&gt;Pour utiliser l'appli UVP, il faut d'abord s'inscrire par mail ou via Facebook. C'est la seule fois o&#249; nous demandons une donn&#233;e personnelle, dans le but de recontacter l'auteur des vid&#233;os pour pouvoir entamer une action judiciaire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appli d&#233;taille aussi comment filmer correctement afin de produire des &#233;l&#233;ments de preuve convaincants pour traduire un policier en justice : ne pas commenter la vid&#233;o pendant l'interpellation, tenter de filmer le visage de l'agent ou son RIO&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le R&#233;f&#233;rentiel des identit&#233;s et de l'organisation (RIO) est un nombre &#224; sept (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; pour l'identifier, essayer d'avoir la plaque d'immatriculation de la voiture, etc. &#171; &lt;i&gt;Avec la g&#233;olocalisation tr&#232;s pr&#233;cise du lieu de l'intervention polici&#232;re ainsi que la date, l'heure et les images, on force l'institution judiciaire &#224; r&#233;agir, &lt;/i&gt;pr&#233;cise Amal Bentounsi. &lt;i&gt;L'objectif est de contrer l'habituel discours &#8220;On ne conna&#238;t pas le contexte de la vid&#233;o.&#8221; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La police vent debout&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors que Christophe Castaner vient de lancer une &#233;tude juridique pour contr&#244;ler la diffusion de vid&#233;os de violences polici&#232;res en rendant obligatoire le floutage des agents&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Castaner veut contr&#244;ler les vid&#233;os de violences polici&#232;res &#187;, Mediapart (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, les flics sont rapidement mont&#233;s au cr&#233;neau. Le syndicat Alliance Police nationale voit dans l'appli &#171; &lt;i&gt;une nouvelle tentative pour stigmatiser l'action de la police &#187;&lt;/i&gt; et vient d'effectuer une saisine aupr&#232;s du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur. Quant au secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicat Synergie- Officiers, il estime que la g&#233;olocalisation pourrait &#171; &lt;i&gt;ramener des &#233;meutiers sur le terrain lors d'intervention dans des halls d'immeubles en banlieue &#187;&lt;/i&gt;.&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Une application pour filmer les violences polici&#232;res et r&#233;colter des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'application a &#233;t&#233; popularis&#233;e d&#232;s la mi-mars &#224; travers une tourn&#233;e en banlieue parisienne, notamment &#224; Mantes-la-Jolie (Yvelines) et Grigny (Essonne). &#171; &lt;i&gt;Les jeunes nous ont remerci&#233;s et nous ont dit : &#8220;C'est la premi&#232;re fois qu'on pense &#224; nous&#8221;, &lt;/i&gt;relate Amal Bentounsi. &lt;i&gt;Nous leur martelons que ces violences ne doivent plus &#234;tre banalis&#233;es. L'appli peut par exemple aider &#224; documenter le fait que dans les quartiers, un jeune peut se faire contr&#244;ler au faci&#232;s plusieurs fois par jour. &#187;&lt;/i&gt; Disponible sur Android et bient&#244;t sur iOS, l'outil a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; t&#233;l&#233;charg&#233; plus de 2 000 fois&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mise &#224; jour du 4 avril : 3 200 fois.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tabassage viral&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour Urgence notre police assassine, l'application UVP, utilis&#233;e &#224; grande &#233;chelle, pourrait surtout permettre d'att&#233;nuer la tension lors des interventions polici&#232;res, l'agent se sachant film&#233; et dans l'incapacit&#233; de supprimer la vid&#233;o. Pas inutile, alors que ces tensions semblent s'&#234;tre consid&#233;rablement accrues dans les quartiers populaires depuis le d&#233;but du confinement obligatoire de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le deuxi&#232;me jour de ce confinement, le 18 mars, une adolescente noire de 17 ans a &#233;t&#233; violemment interpell&#233;e par plusieurs policiers dans un march&#233; populaire du quartier parisien de la Goutte d'Or. Le lendemain &#224; Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), une autre femme noire, Ramatoulaye B., a re&#231;u un coup de Taser &#224; la poitrine alors m&#234;me qu'elle disposait d'une attestation de sortie manuscrite. Seule face &#224; huit agents, elle a &#233;t&#233; plaqu&#233;e au sol avant d'&#234;tre embarqu&#233;e au commissariat. Ces violences lui ont valu cinq jours d'interruption totale du travail (ITT). &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais juste sortie faire des courses pour nourrir mon b&#233;b&#233; &#187;&lt;/i&gt;, expliquera plus tard la jeune femme de 19 ans&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Actu.fr (24/03/2020).&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Ulis (Essonne), des habitants d&#233;noncent un harc&#232;lement policier quotidien. Le 23 mars, alors qu'il sortait de chez lui pour acheter du pain, Yassin, 30 ans, est pass&#233; &#224; tabac par les forces de l'ordre. Le lendemain, c'est au tour de Sofiane, livreur de 21 ans, de se faire brutalement interpeller par la BAC (brigade anti-criminalit&#233;). Les coups entra&#238;neront pour ces deux jeunes des Ulis plusieurs jours d'ITT. De m&#234;mes sc&#232;nes de violences ont &#233;t&#233; observ&#233;es &#224; Grigny, &#224; Torcy (Seine-et- Marne), &#224; Ivry et Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) ou encore &#224; Asni&#232;res-sur- Seine (Hauts-de-Seine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dor&#233;navant deux menaces p&#232;sent sur les quartiers populaires : le coronavirus et la police &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plore le collectif Urgence notre police assassine. &#171; &lt;i&gt;Face &#224; l'impunit&#233; polici&#232;re, les pouvoirs publics demeurent absents : les RIO ne sont pas affich&#233;s, l'IGPN &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Inspection g&#233;n&#233;rale de la police nationale.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;i&gt;ne fait rien, les cam&#233;ras-pi&#233;tons sur les agents sont inutiles et les images de vid&#233;osurveillance sont tronqu&#233;es ou disparaissent. Avec l'application&lt;/i&gt;, esp&#232;re Amal Bentounsi, &lt;i&gt;nous avons la possibilit&#233; de prendre nous-m&#234;mes les choses en main. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l Correia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Parmi les autres membres du collectif, citons Jessica Koum&#233; (compagne d'Amadou Koum&#233;), Hamid A&#239;t Omghar (fr&#232;re de Lahoucine) et Abdourahmane Camara et (fr&#232;re d'Abdoulaye Camara.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sous l'&#233;gide de l'Observatoire national des pratiques et des violences polici&#232;res, association fond&#233;e en 2016 par le collectif afin de se constituer partie civile lors de proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le R&#233;f&#233;rentiel des identit&#233;s et de l'organisation (RIO) est un nombre &#224; sept chiffres qui identifie individuellement chaque agent des forces de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/160220/castaner-veut-reguler-les-videos-de-violences-policieres?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Castaner veut contr&#244;ler les vid&#233;os de violences polici&#232;res&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mediapart &lt;/i&gt;(16/02/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/une-application-pour-filmer-les-violences-policieres-et-recolter-des-preuves-7800236378&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une application pour filmer les violences polici&#232;res et r&#233;colter des preuves&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;RTL.fr &lt;/i&gt;(11/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mise &#224; jour du 4 avril : 3 200 fois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Actu.fr &lt;/i&gt;(24/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Inspection g&#233;n&#233;rale de la police nationale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Homicide volontaire avec sursis</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Homicide-volontaire-avec-sursis</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Homicide-volontaire-avec-sursis</guid>
		<dc:date>2018-06-23T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fatima Zahra</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Aurel</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>l&#233;gitime d&#233;fense</dc:subject>
		<dc:subject>police</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>Bentounsi</dc:subject>
		<dc:subject>mort</dc:subject>
		<dc:subject>Saboundjian</dc:subject>
		<dc:subject>Amine Bentounsi</dc:subject>
		<dc:subject>police Saboundjian</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mars 2017. Le policier Saboundjian compara&#238;t devant la Cour d'assises de Paris pour la mort d'Amine Bentounsi, tu&#233; d'une balle dans le dos. Il &#233;cope de cinq ans de prison avec sursis. Chronique d'un proc&#232;s paradoxal qui aura rendu une justice digne d'un conseil de discipline. 21avril 2012. Dans une rue de Noisy-le-Sec. Amine Bentounsi court. Il court pour &#233;chapper &#224; la police, pour &#233;chapper &#224; l'enfer carc&#233;ral o&#249; il a pass&#233; tant d'ann&#233;es de sa courte vie. Quand il tr&#233;buche, il se redresse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aurel" rel="tag"&gt;Aurel&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/legitime-defense" rel="tag"&gt;l&#233;gitime d&#233;fense&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mars 2017. Le policier Saboundjian compara&#238;t devant la Cour d'assises de Paris pour la mort d'Amine Bentounsi, tu&#233; d'une balle dans le dos. Il &#233;cope de cinq ans de prison avec sursis. Chronique d'un proc&#232;s paradoxal qui aura rendu une justice digne d'un conseil de discipline.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;21avril 2012. Dans une rue de Noisy-le-Sec. Amine Bentounsi court. Il court pour &#233;chapper &#224; la police, pour &#233;chapper &#224; l'enfer carc&#233;ral o&#249; il a pass&#233; tant d'ann&#233;es de sa courte vie. Quand il tr&#233;buche, il se redresse et reprend sa course folle. &#192; bout de souffle. Au bout de sa vie. Il tombe. Damien Saboundjian, gardien de la paix, vient de lui tirer une balle dans le dos. Amine, 29 ans, est mort &#224; l'h&#244;pital Pompidou, le 22 avril 2012 &#224; 5h10 du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 janvier 2016. Cour d'assises de Bobigny. Dans le box des accus&#233;s, l'agent de police Saboundjian est accus&#233; de &#171; violences volontaires ayant entra&#238;n&#233; la mort sans intention de la donner &#187;. Il risque vingt ans de r&#233;clusion. Mais le procureur demande aux jur&#233;s de prononcer une simple r&#233;vocation, ainsi qu'une interdiction de port d'armes, et de le condamner &#224; cinq ans de prison avec sursis. Il est acquitt&#233;, les jur&#233;s consid&#233;rant qu'il &#233;tait en &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense. Peu importe que Bentounsi soit mort d'une balle dans le dos. Les jur&#233;s n'ont pas eu &#224; expliquer cette incongruit&#233;. L'intime conviction suffit. Mais, fait rarissime, le parquet fait appel. Pourquoi ? Celui-ci consid&#232;re-t-il qu'il est trop dangereux de laisser un individu tel que Saboundjian exercer la profession de policier ? Ou que pour continuer &#224; prononcer des non-lieux en faveur de la police, il faut en condamner quelques-uns ? Ou, allez, prenons-nous &#224; r&#234;ver, commence-t-on &#224; se dire Place Beauvau, qu'il faut cesser de tirer les jeunes des quartiers populaires comme des lapins ? Bref, le parquet remet &#231;a. Le proc&#232;s en appel se tient un an plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2459 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH354/-725-64397.jpg?1782647632' width='500' height='354' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Aurel.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;6 mars 2017. Cour d'assises de Paris. Dans le box des accus&#233;s, toujours Saboundjian. Toujours inculp&#233; de &#171; violences volontaires ayant entra&#238;n&#233; la mort sans intention de la donner &#187;. Il risque toujours vingt ans de r&#233;clusion. En face, Amal Bentounsi, la s&#339;ur de la victime. Depuis cinq ans, elle se bat pour conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; : si l'agent de police Saboundjian &#233;tait en &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense, comme il l'affirme, pourquoi son fr&#232;re est-il mort d'une balle dans le dos ? C'est ce que les jur&#233;.e.s, le parquet, le juge et la partie civile tenteront de comprendre tout au long de ces cinq jours de proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le policier ne convainc personne, malgr&#233; le soutien de ses coll&#232;gues qui le couvrent, &#224; coups de mensonges &#233;hont&#233;s, tordus, mal ficel&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Pourquoi avez-vous menti ?&lt;/i&gt; &#187;, demande R&#233;gis de Jorna, le pr&#233;sident du tribunal, &#224; Ghislain Boursier, le co&#233;quipier, qui s'est r&#233;tract&#233; apr&#232;s avoir dit qu'il avait vu Amine Bentounsi se retourner. &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond-il d'une voix &#224; peine audible. Indignation des magistrats. Mais pas de sanction. Les rapports et contre-rapports des experts en balistique, qui s'apparentent &#224; des m&#233;moires en d&#233;fense, ne convaincront pas davantage. Le Pr&#233;sident lancera m&#234;me &#224; l'un d'eux : &#171; &lt;i&gt;Je n'ose pas demander combien vous avez &#233;t&#233; pay&#233; pour cette expertise.&lt;/i&gt; &#187; L'exact contraire du rapport de l'IGPN (Inspection g&#233;n&#233;rale de la police nationale, l'IGS autrefois), conduit par le commandant Nieto. Accablant pour le policier. Une fois n'est pas coutume. Pourquoi, dans cette affaire, c'est si rare, l'IGPN a fait son travail ? Nous sommes nombreux &#224; nous le demander. Saboundjian, lui, ne l'accepte pas. Extrait d'&#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques. Saboundjian &#224; un syndicaliste de la police : &#171; &lt;i&gt;Il faut faire gicler l'inspecteur de l'IGS.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Non seulement ils ont os&#233; toucher &#224; un flic, mais en plus &#224; un syndicaliste.&lt;/i&gt; &#187; Mais Nieto n'a pas &#171; &lt;i&gt;gicl&#233;&lt;/i&gt; &#187;, il a m&#234;me r&#233;sist&#233; aux pressions et persist&#233; jusqu'&#224; livrer sa conclusion : la sc&#232;ne de tir a &#233;t&#233; modifi&#233;e avant l'arriv&#233;e de l'identit&#233; judiciaire, les douilles ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es. Difficile pour Nieto de conclure &#224; un cas de l&#233;gitime d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi les t&#233;moins que la police tente d'&#233;carter. Comme Saliha, qui a vu Bentounsi courir sans jamais se retourner et tomber face contre terre. Lorsqu'elle appelle le commissariat de Noisy-le-Sec pour en t&#233;moigner, on lui r&#233;pond que &#171; &lt;i&gt;&#199;a ne sert &#224; rien de raconter &#231;a, &#231;a n'a aucune utilit&#233;. Je vous conseille de raccrocher&lt;/i&gt; &#187;. Elle contacte alors un autre commissariat qui la renvoie vers l'IGPN, qui va l'auditionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y a les &#233;coutes. Saboundjian est son pire ennemi. &#171; &lt;i&gt;On pourrait passer des heures sur vos conversations&lt;/i&gt;, commente le Pr&#233;sident, &lt;i&gt;il y a des parties qui sont de v&#233;ritables anthologies.&lt;/i&gt; &#187; Extrait. Saboundjian &#224; l'un de ses coll&#232;gues : &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; re&#231;u par le pr&#233;fet de Seine-Saint-Denis. Il m'a dit &#8220;L'administration est avec vous. On va vous payer vos frais de justice et on va vous muter o&#249; vous voulez.&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Son coll&#232;gue : &#171; &lt;i&gt;Tu as l'administration avec toi. C'est bien. Quand t'as l'administration avec toi, t'as le gouvernement avec toi, le pouvoir&#8230; C'est bien. Ils nous prot&#232;gent de la justice.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Peut-&#234;tre que cette affaire va me faire avoir de l'&#233;chelon&lt;/i&gt; &#187;, poursuit le flic inculp&#233;. &#171; &lt;i&gt;Monsieur Saboundjian&lt;/i&gt;, demande le pr&#233;sident interloqu&#233;, &lt;i&gt;quand on tue, on monte en grade, alors ? Une arme n'est pas un permis de tuer. Il y a comme un fonctionnement &#224; l'envers. J'esp&#232;re que ce n'est pas l'esprit qui pr&#233;vaut dans la police.&lt;/i&gt; &#187; Saboundjian essaye d'att&#233;nuer son propos et explique qu'il voulait dire que ses coll&#232;gues obtiennent des promotions quand ils ont &#233;t&#233; bless&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Mais vous n'avez pas &#233;t&#233; bless&#233;.&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;J'ai failli mourir ! &lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;Vous n'&#234;tes pas mort. Mais monsieur Bentounsi est mort, lui.&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;J'ai v&#233;cu des choses tr&#232;s dures et on en rajoute avec des questions.&lt;/i&gt; &#187; Et de finir : &#171; &lt;i&gt;C'est une avant-premi&#232;re en France qu'un policier se retrouve dans une Cour d'assises. C'est tr&#232;s dur. Est-ce qu'un bon policier c'est un policier mort ?&lt;/i&gt; &#187; S'il ne risquait une lourde peine de prison, il fait peu de doute qu'il aurait assum&#233; volontiers d'avoir tu&#233; Amine Bentounsi et n'aurait m&#234;me pas invoqu&#233; la l&#233;gitime d&#233;fense pour se d&#233;douaner. En effet, que vaut la vie d'un homme qui a pass&#233; une partie de son existence entre trafic, braquages et prison ? Bentounsi &#233;tait en cavale depuis deux ans. Sorti de prison par la gr&#226;ce d'une permission, il avait d&#233;cid&#233; qu'il n'y retournerait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pr&#233;sident refuse le raccourci. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas de bonnes et de mauvaises victimes&lt;/i&gt; &#187;, tente-t-il d'expliquer &#224; l'accus&#233;. C'est dit : Amine est une victime. Enfin. Il n'est plus le &#171; &lt;i&gt;fuyard&lt;/i&gt; &#187;, le &#171; &lt;i&gt;braqueur&lt;/i&gt; &#187;, le &#171; &lt;i&gt;multir&#233;cidiviste&lt;/i&gt; &#187;. Saboundjian ne comprend pas. Il est policier, syndicaliste, prot&#233;g&#233; par l'administration. Il a le droit de tout. De fait, il n'a pas une parole de regret, pas un pardon, pas un mot qui prenne en compte la douleur de la famille, d&#233;sormais viss&#233;e au corps. Alors, quand Saboundjian pleure &#8211; il &#233;clatera plusieurs fois en sanglots &#8211;, on a le sentiment d&#233;sagr&#233;able qu'il pleure sur son sort. Il s'en faudrait de peu qu'il nous dise que tout &#231;a c'est la faute &#224; Bentounsi. Arabe et voyou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La teneur des d&#233;bats, l'indignation des magistrats face &#224; ce policier convaincu de sa toute-puissance, face aux mensonges et aux dissimulations de la police, nous avaient presque convaincus que Saboundjian serait r&#233;voqu&#233; de la police. Mais non. Il a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; cinq ans de prison avec sursis et cinq ans d'interdiction de port d'armes. Sentiment de col&#232;re pour certain.e.s, d'amertume pour d'autres, m&#234;me si nous partageons le soulagement de la famille, car la l&#233;gitime d&#233;fense a &#233;t&#233; &#233;cart&#233;e et Saboundjian condamn&#233;, m&#234;me &lt;i&gt;a minima&lt;/i&gt;. On est loin en effet de l'acquittement de Bobigny. M&#234;me si la petite lueur de joie qui a remplac&#233; les rictus de douleur qui traversaient jusque-l&#224; le visage rid&#233; et las de M. Bentounsi nous r&#233;chauffe le c&#339;ur. M&#234;me si nous &#233;prouvons une satisfaction &#233;vidente devant la col&#232;re des policiers d'avoir &#233;t&#233; tra&#238;n&#233;s devant une cour d'assises, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; &#224; cause d'un &#171; &lt;i&gt;Bencouscous&lt;/i&gt; &#187;. Ils savent d&#233;sormais que &#231;a peut arriver, m&#234;me s'ils s'en tirent &#224; bon compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che qu'&#224; moins d'une proc&#233;dure disciplinaire en raison du sursis, Saboundjian va continuer &#224; exercer son m&#233;tier de flic, et une fois qu'il aura retrouv&#233; son port d'armes, il pourra retourner sur le terrain et d&#233;gainer. Ce verdict, ahurissant et incompr&#233;hensible au regard des d&#233;bats, montre bien que nous n'&#233;tions pas dans un proc&#232;s de la police, cens&#233; juger ses m&#233;thodes violentes et racistes. Au contraire, chaque fois qu'ils l'ont pu, procureur et juges ont rappel&#233; le respect qu'ils portent &#224; cette institution. Ren&#233; Crosson du Cormier, le procureur, l'a dit sans d&#233;tour : &#171; &lt;i&gt;La police nationale, c'est la gloire de la France.&lt;/i&gt; &#187; C'est aussi celle qui prot&#232;ge les privil&#232;ges de ces magistrats &#224; particules. Cette justice-l&#224; n'a que faire de nos morts. Elle n'est pas pour nous. La bagarre continue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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