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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>En pleine crise sanitaire, ne pas oublier les migrant&#183;es</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Une &#233;pid&#233;mie de x&#233;nophobie et d'indiff&#233;rence frappe les exil&#233;&#183;es depuis longtemps. Et voici maintenant le Covid-19&#8230; Entre accueil et rejet, voyage entre Syrie, Turquie, Gr&#232;ce, Alsace et Auvergne. Pour les migrants, les d&#233;plac&#233;s et les r&#233;fugi&#233;s, le confinement face au Covid-19 est impossible. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment, il est impos&#233; la plupart du temps dans des conditions indignes, voire effroyables. De v&#233;ritables bombes sanitaires &#224; retardement, propices &#224; une contamination massive : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une &#233;pid&#233;mie de x&#233;nophobie et d'indiff&#233;rence frappe les exil&#233;&#183;es depuis longtemps. Et voici maintenant le Covid-19&#8230; Entre accueil et rejet, voyage entre Syrie, Turquie, Gr&#232;ce, Alsace et Auvergne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;our les migrants, les d&#233;plac&#233;s et les r&#233;fugi&#233;s, le confinement face au Covid-19 est impossible. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment, il est impos&#233; la plupart du temps dans des conditions indignes, voire effroyables. De v&#233;ritables bombes sanitaires &#224; retardement, propices &#224; une contamination massive : concentration des campements de fortune sans hygi&#232;ne aux fronti&#232;res syriennes et gr&#233;co-turques, surpopulation du camp de M&#243;ria sur l'&#238;le de Lesbos (&lt;i&gt;lire p. IV, &#171; Lesbos : une tra&#238;n&#233;e de poudre qui n'en finit pas &#187;&lt;/i&gt;), promiscuit&#233; dans les centres de r&#233;tention administrative et les squats de l'Hexagone (&lt;i&gt;p. VI, &#171; Squat Bugatti : chronique d'un d&#233;sastre sanitaire annonc&#233; &#187;&lt;/i&gt;), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233;s &#224; notre propre impuissance, au cynisme et &#224; l'abandon des &#201;tats, nous ne devons pas nous r&#233;signer &#224; abandonner les exil&#233;s. Car d'autres virus les menacent depuis un moment d&#233;j&#224; : ceux de l'indiff&#233;rence et de la x&#233;nophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, l'urgence sanitaire est aux portes de la Gr&#232;ce. Le 24 mars, une kyrielle d'organisations humanitaires, emp&#234;ch&#233;es de venir en aide aux migrants par le verrouillage du pays, pressait le gouvernement hell&#233;nique de &#171; &lt;i&gt;r&#233;duire l'encombrement des centres d'accueil des &#238;les pour les demandeurs d'asile et les migrants afin d'&#233;viter une crise de sant&#233; publique &#187;&lt;/i&gt;. Autre exigence : l'adoption de dispositions sp&#233;ciales &#171; &lt;i&gt;pour garantir un acc&#232;s universel et gratuit aux soins de sant&#233; dans le syst&#232;me public pour les demandeurs d'asile, les r&#233;fugi&#233;s et les migrants sans discrimination &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, rares encore sont les pays &#224; avoir r&#233;agi &#224; l'urgence et r&#233;alis&#233; que le coronavirus n'a pas besoin de passeport. &#201;claircie par temps couvert : le Portugal a annonc&#233; le 28 mars la &#171; &lt;i&gt;r&#233;gularisation temporaire des immigr&#233;s &#187;&lt;/i&gt; en attente de titre de s&#233;jour afin de leur permettre de b&#233;n&#233;ficier des mesures prises pour l'ensemble des citoyens. [Mais cette mesure exceptionnelle ne durera que jusqu'&#224; juillet et ne sont concern&#233;es que les personnes ayant fait une demande de r&#233;gularisation avant le 18 mars - &lt;i&gt;ajout de la r&#233;daction du 7 avril&lt;/i&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fin f&#233;vrier, un nouvel &#233;pisode de &#171; crise migratoire &#187; s'&#233;tait d&#233;clench&#233; par la d&#233;cision du pr&#233;sident turc d'ouvrir sa fronti&#232;re avec la Gr&#232;ce. &#192; l'&#233;chelle mondiale, la Turquie a eu la politique d'accueil la plus massive depuis 2011, malgr&#233; la duplicit&#233; de la politique d'Erdogan, qui s'est toujours servi de l'arme migratoire comme d'un moyen de pression diplomatique. Or, confront&#233; aux critiques des &#201;tats europ&#233;ens contre son offensive militaire dans la province d'Idlib (Syrie) et &#224; un climat int&#233;rieur de forte pression anti-migrants, Erdogan a menac&#233; d'ouvrir le &#171; robinet migratoire &#187;. Le but ? Ren&#233;gocier ses engagements de 2016 avec l'Union europ&#233;enne et la presser de verser la totalit&#233; des 6 milliards d'euros promis &#224; la Turquie pour qu'elle contienne les migrants sur son sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s, achemin&#233;s &#224; la fronti&#232;re terrestre gr&#233;co-turque dans des cars affr&#233;t&#233;s par l'&#201;tat, se sont retrouv&#233;s pris en &#233;tau, confront&#233;s &#224; la brutalit&#233; des garde-fronti&#232;res grecs et d'hommes non identifi&#233;s au visage couvert, qui leur refusaient l'acc&#232;s &#224; coups de gaz lacrymog&#232;ne et d'humiliations, voire de tirs &#224; balles r&#233;elles. M&#234;me inhumanit&#233; en mer &#201;g&#233;e, o&#249; les gardes-c&#244;tes hell&#233;niques ont repouss&#233; des bateaux d'exil&#233;s par des m&#233;thodes des plus abjectes (&lt;i&gt;p. III, &#171; Le bateau a un trou mais les gardes-c&#244;tes ne nous aident pas &#187;)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Gr&#232;ce agit ainsi, c'est parce que tout le continent a opt&#233; pour des logiques de tri, d'enfermement et d'expulsion. Peu &#224; peu, le syst&#232;me d'asile europ&#233;en vole en &#233;clat : Ath&#232;nes a compl&#232;tement suspendu le sien le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars ; en France, la fermeture de nombreux guichets administratifs &#8211; pour cause d'&#233;pid&#233;mie &#8211; est en train d'aboutir &#224; un r&#233;sultat &#233;quivalent.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les motivations qui ont pouss&#233; tant de personnes sur les routes de l'exil n'en restent pas moins l&#233;gitimes : contrairement &#224; ce que l'extr&#234;me droite pr&#233;tend parfois, les r&#233;fugi&#233;s syriens risquent toujours leur vie s'ils tentent de rentrer au pays &lt;i&gt;(lire pp. I&amp;II, &#171; R&#233;fugi&#233;s syriens : non, il n'est pas encore temps de rentrer &#187;)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, aux quatre coins de l'Europe et du monde, du petit village auvergnat de Pessat-Villeneuve &lt;i&gt;(p. V, &#171; Le &#8220;maire &#224; migrants&#8221; qui h&#233;risse les fachos &#187;)&lt;/i&gt; &#224; l'&#238;le de Lesbos, des mains continuent de se tendre au-dessus des barbel&#233;s. Leurs initiatives sont souvent isol&#233;es, parfois d&#233;risoires au regard de la dramatique situation. Mais elles ont leurs effets concrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles permettent aussi de se dire, faute de mieux, que l'humanit&#233; n'a pas encore totalement d&#233;sert&#233; nos soci&#233;t&#233;s repli&#233;es sur leur nombril. &#9632;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Anarchistes et r&#233;fugi&#233;s dans le chaudron ath&#233;nien</title>
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		<dc:creator>Serge(&#239;) Bonicci</dc:creator>


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&lt;p&gt;Premi&#232;re partie d'une double carte postale consacr&#233;e &#224; la situation migratoire en Gr&#232;ce. Coinc&#233;s entre un &#201;tat d&#233;faillant et des n&#233;onazis en verve, r&#233;fugi&#233;s, anarchistes et solidaires y bricolent au mieux. *** On les avait laiss&#233;s sur une victoire antifasciste contre Aube dor&#233;e . On les retrouve &#224; la fin du printemps, pas si fringants. &#171; La bascule est repartie dans le mauvais sens &#187;, balance Vag, en partance pour la Cr&#232;te, o&#249; le dernier local d'Aube dor&#233;e a &#233;t&#233; d&#233;gag&#233; il y a peu. &#171; Il y (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Camp" rel="tag"&gt;Camp&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Athenes" rel="tag"&gt;d'Ath&#232;nes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Premi&#232;re partie d'une double carte postale consacr&#233;e &#224; la situation migratoire en Gr&#232;ce. Coinc&#233;s entre un &#201;tat d&#233;faillant et des n&#233;onazis en verve, r&#233;fugi&#233;s, anarchistes et solidaires y bricolent au mieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2697 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/-957-80452.jpg?1779606895' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Serge&#239; Bonicci
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On les avait laiss&#233;s sur une victoire antifasciste contre Aube dor&#233;e&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Le Cr&#233;puscule des brutes : Gr&#232;ce, pas de quartier pour Aube dor&#233;e &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. On les retrouve &#224; la fin du printemps, pas si fringants. &#171; &lt;i&gt;La bascule est repartie dans le mauvais sens&lt;/i&gt; &#187;, balance Vag, en partance pour la Cr&#232;te, o&#249; le dernier local d'Aube dor&#233;e a &#233;t&#233; d&#233;gag&#233; il y a peu. &#171; &lt;i&gt;Il y a de nouvelles accointances entre l'extr&#234;me droite et l'&#201;tat &lt;/i&gt; &#187;, encha&#238;ne L., qui a vu son squat partiellement br&#251;ler peu apr&#232;s la deuxi&#232;me grande manif' nationaliste anti-Mac&#233;doine&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les nationalistes grecs refusent que le pays voisin s'appelle officiellement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, en mars, &#224; Ath&#232;nes. &#171; &lt;i&gt; Ils sont m&#234;me venus mettre le feu au Steki Metanaston&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Place des migrants, en grec. C'est un bar avec jardin o&#249; des cours gratuits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, au c&#339;ur d'Exarchia.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tendu donc. C&#244;t&#233; r&#233;fugi&#233;s, le son de cloche diff&#232;re. &#171; &lt;i&gt; Pour nous les &#233;trangers, l'arriv&#233;e de Syriza au pouvoir a chang&#233; la situation&lt;/i&gt; &#187;, temp&#232;re l'un d'eux, qui encha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt; Il est faux de dire que les r&#233;fugi&#233;s sont bloqu&#233;s en Gr&#232;ce. Le gouvernement a donn&#233; des papiers, verse une allocation de 200 &#8364; et beaucoup arrivent encore &#224; passer.&lt;/i&gt; &#187; Exag&#233;r&#233; ? Patriarche de Kaniggos 22, b&#226;timent de deux &#233;tages ouvert au c&#339;ur de la crise des r&#233;fugi&#233;s en avril 2016, Moh a pourtant des arguments : six mois ont suffi pour renouveler la majeure partie de la cinquantaine de r&#233;sidents. Des destins divers : relocalisations &#224; l'&#233;tranger ou &#224; Ath&#232;nes, passages ill&#233;gaux ou simples d&#233;parts vers d'autres squats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Fuir Ath&#232;nes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le flot sans pr&#233;c&#233;dent d'arriv&#233;es en Gr&#232;ce (850 000 en 2015) s'est tari avec l'intensification des contr&#244;les aux fronti&#232;res, l'accord cynique entre l'Union europ&#233;enne (UE) et la Turquie en mars 2016 et la multiplication des formes d'enfermement&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire De Lesbos &#224; Calais : comment l'Europe fabrique des camps, Le Passager (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Mais les relocalisations promises par l'UE, en 2015, se font attendre : d&#233;but 2017, en Gr&#232;ce, seules 10 000 d'entre elles &#233;taient effectives. Quant aux passages, ils s'av&#232;rent plus difficiles depuis la fermeture de la fronti&#232;re mac&#233;donienne. Cons&#233;quence : le royaume des passeurs et des fausses identit&#233;s s'agrandit. Et les anecdotes qui vont avec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple &#224; Prosfigikas, plus grand squat d'Ath&#232;nes, ouvert en 2010. 500 habitants dans un d&#233;cor surr&#233;aliste : huit barres d&#233;cr&#233;pites, des fils &#233;lectriques qui pendouillent, le tout coinc&#233; entre le palais de justice et le commissariat central. Un deux-pi&#232;ces &lt;i&gt;old school &lt;/i&gt;abrite de jeunes Kurdes qui s'enflamment &#224; propos des passages &#224; l'Ouest. &#171; &lt;i&gt;Un gars de 35 ans s'est pr&#233;sent&#233; avec la carte d'un Fran&#231;ais de 52 ans, la nana de l'a&#233;roport l'a regard&#233;, avant de sourire et de le laisser passer&lt;/i&gt; &#187;, affirme l'un d'eux, d&#233;cid&#233; &#224; tenter sa chance vers l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque tous ont trouv&#233; refuge ici, gr&#226;ce au r&#233;seau communautaire kurde (m&#234;me si des Syriens et Irakiens peuplent aussi les lieux). Parmi eux, seul le &#171; professeur &#187;, la trentaine, condamn&#233; &#224; 27 ans de prison en Turquie, veut s'installer &#224; Ath&#232;nes et cherche un squat dans le centre. Pour bosser, mais surtout pour &#233;chapper au camp de Lavrio.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Erdogan et la Croix-Rouge&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce camp, Pisikares le conna&#238;t bien : elle h&#233;berge un cousin qui en est sorti &#233;puis&#233;. &#192; une heure d'Ath&#232;nes, 400 personnes y vivent dans un b&#226;timent v&#233;tuste, construit dans les ann&#233;es 1950 et peupl&#233; depuis 35 ans par des militants kurdes et turcs, en autogestion. Plein &#224; craquer (cinq &#224; six par chambre), agrandi avec des bungalows depuis la crise migratoire, Lavrio est &#224; bout de souffle. &#171; &lt;i&gt; Depuis un an, le camp manque de tout, &lt;/i&gt;d&#233;plore Pisikares. &lt;i&gt;La Croix-Rouge a stopp&#233; toute aide apr&#232;s les protestations de l'AKP et d'Erdogan contre ce &lt;/i&gt;&#8220; camp d'entra&#238;nement du PKK&#8221;. &lt;i&gt;Tout est dans un &#233;tat d&#233;plorable, hormis les bungalows abritant les familles et les Kurdes syriens. La cohabitation devient difficile.&lt;/i&gt; &#187; La preuve : quelques jours plus tard, deux occupants rejoignent le cousin dans l'appartement du centre d'Ath&#232;nes devenu refuge communautaire, &#224; deux pas d'Exarchia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi, le quartier bouge, du moins sa partie haute. Baraques marocaines sur les collines de Strefi, langue arabe h&#233;g&#233;monique sur les escaliers surplombant le quartier, nouveaux squats, revendeurs de cigarettes omni pr&#233;sents sur la place, &#233;tals de moules farcies tenus par des Turcs&#8230; Quant aux pr&#233;curseurs iraniens, ils font d&#233;j&#224; figure d'anc&#234;tres avec leur table de falafels install&#233;e depuis deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boulevers&#233;e, la capitale, o&#249; la moiti&#233; du pays demeure. Boulevers&#233;e, cette Gr&#232;ce, o&#249; les camps de r&#233;fugi&#233;s fleurissent depuis 2016. Celui, informel, d'Idomeni, &#224; la fronti&#232;re mac&#233;donienne, a fini par &#234;tre &#233;vacu&#233;. Tout comme l'occupation de la place Victoria &#224; Ath&#232;nes. Et ils ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par de petits camps, lointains et invisibles. Qu'ils soient de transit ou d'enfermement, ouverts ou ferm&#233;s, sur des terrains abandonn&#233;s, impropres &#224; l'habitation ou r&#233;nov&#233;s &#224; l'arrache, l'&#233;volution est aussi massive que difficile &#224; observer. &lt;i&gt;A fortiori&lt;/i&gt; &#224; contrer.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'archipel des camps&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Urgence, injonctions europ&#233;ennes, arriv&#233;e d'ONG tous azimuts, &#201;tat en faillite : ce cocktail d&#233;tonnant croise un amateurisme qui rime parfois avec horreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'incertitude permanente cr&#233;e de graves troubles psychologiques&lt;/i&gt; &#187;, expose ainsi Iana, &#233;tudiante en stage au Shelterpetite, structure tenue par des j&#233;suites. Elle y d&#233;couvre les joies du bricolage en mati&#232;re de droit des &#233;trangers&#8230; et la puissance des grandes ONG qui r&#232;gnent sur la rue Acharnon, &#224; quelques pas d'un squat sans eau ni &#233;lectricit&#233; et du City Plaza, h&#244;tel de luxe reconverti dans l'h&#233;bergement. Elle &#233;voque alors l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), grosse agence li&#233;e &#224; l'Onu : &#171; &lt;i&gt; L'OIM g&#233;rait le grand &#8216;&#8216; H&#244;tel '', 400 personnes avec cuisines et chambres, plut&#244;t bien. Un jour, elle les a tous fait sortir et monter dans des camions, avant de les d&#233;poser &#224; plus d'une heure d'Ath&#232;nes dans un camp abandonn&#233;, sans eau ni &#233;lectricit&#233;. Il y avait une m&#232;re enceinte et un b&#233;b&#233; avec de graves probl&#232;mes de sant&#233;, un gars qui avait fait la travers&#233;e par l'Iran et perdu ses pieds&#8230; L'horreur.&lt;/i&gt; &#187; La situation d&#233;g&#233;n&#232;re vite : apr&#232;s une &#233;meute, les r&#233;fugi&#233;s sont relog&#233;s. Et illico remplac&#233;s par d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;En mati&#232;re humanitaire, il y a une r&#232;gle arithm&#233;tique, ici comme &#224; Lesbos,&lt;/i&gt; enfonce Kini, partie un temps voir les &#238;les. &lt;i&gt;Plus l'ONG est grande, plus la d&#233;gueulasserie qui l'accompagne aussi. Plus elle est petite, plus elle est fr&#233;quentable.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La mafia s'en m&#234;le&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui se passe dans les camps interagit en permanence avec le reste. C'est toute la complexit&#233; du chaudron ath&#233;nien. Car &#224; c&#244;t&#233; du centre de r&#233;tention, camp-pouvoir &#224; l'exercice violent sur les corps, et du bidonville, camp auto-construit aux mains des habitants, Ath&#232;nes est elle-m&#234;me un camp-h&#233;bergement g&#233;ant, avec sa constellation de b&#226;timents r&#233;quisitionn&#233;s et de lieux informels, qui bouleversent le paysage militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autoris&#233; par la crise, les logements vides, la vitalit&#233; du milieu anar et une certaine vacance du pouvoir, en particulier &#224; Exarchia, le &lt;i&gt;turn over&lt;/i&gt; dans cet archipel des r&#233;fugi&#233;s est incessant et les conditions d'occupation tr&#232;s vari&#233;es : d'immeubles tr&#232;s d&#233;labr&#233;s aux luxueux h&#244;tel, chapeaut&#233;s par des organisations grecques ou en autonomie politique, mixant familles et c&#233;libataires ou exclusivement compos&#233;s d'hommes...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;74&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH495/-880-816a6.jpg?1779602857' width='400' height='495' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;168 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par Vincent Croguennec.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans cet autre monde, jamais totalement &#233;tanche aux ONG, l'activit&#233; d&#233;bordante n'a d'&#233;gale que le nombre d'embrouilles. Kaniggos 22 est d&#233;sormais &#171; &lt;i&gt;le seul squat ind&#233;pendant de r&#233;fugi&#233;s totalement affranchi des organisations grecques&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Vlad. Apr&#232;s trois ans d'enchantement, de bordel, d'exasp&#233;ration et de clashes &#224; r&#233;p&#233;tition, un parfum de retour &#224; l'ordre souffle sur Exarchia et l'archipel des r&#233;fugi&#233;s : &#233;quipes de s&#233;curit&#233;, voisins exc&#233;d&#233;s, campagne de presse contre le quartier &#171; &lt;i&gt;criminel &lt;/i&gt; &#187;. Bref, la tension monte&#8230; D&#233;but mai, raconte L., &#171; &lt;i&gt; 60 gars cagoul&#233;s ont chass&#233; les vendeurs &#224; la sauvette, br&#251;l&#233; des stands, tabass&#233; des revendeurs &lt;/i&gt; &#187;. Des attaques qui se multiplient, explique Pisikares. Cons&#233;quence : &#171; &lt;i&gt;Les revendeurs ont &#233;t&#233; forc&#233;s de payer leur &#8216;&#8216; protection '' &#224; la mafia. Et leurs stands se font d&#233;sormais attaquer par les groupes anti-mafia&lt;/i&gt; &#187;. Toujours pris entre le marteau et l'enclume, les r&#233;fugi&#233;s. Toujours prise aux quatre vents, la place d'Exarchia et son univers militant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte et photo de Serge&#239; Bonicci&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-Crepuscule-des-brutes-Grece-pas' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le Cr&#233;puscule des brutes : Gr&#232;ce, pas de quartier pour Aube dor&#233;e&lt;/a&gt; &#187;,&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 164 (mars 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les nationalistes grecs refusent que le pays voisin s'appelle officiellement &#171; Mac&#233;doine &#187;, arguant que la Mac&#233;doine historique est une r&#233;gion du nord de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Place des migrants, en grec. C'est un bar avec jardin o&#249; des cours gratuits sont dispens&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;i&gt;De Lesbos &#224; Calais : comment l'Europe fabrique des camps&lt;/i&gt;, Le Passager clandestin, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Les br&#232;ves du n&#176;141</title>
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		<dc:date>2018-03-16T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Chien m&#233;chant</dc:subject>
		<dc:subject>En bref</dc:subject>
		<dc:subject>Lasserpe</dc:subject>
		<dc:subject>Charmag</dc:subject>
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		<dc:subject>devient Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;g&#233;e n'engloutissent</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Sefertzis</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Broussaille</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Com&#233;MORTations La guerre, c'est de la dette Les zones grises de la mer &#201;g&#233;e n'engloutissent pas que des migrants. Leur appartenance territoriale est disput&#233;e par la Gr&#232;ce et la Turquie et ce sont des millions d'euros qui partent dans les flots. Dans Lib&#233;ration du 14 f&#233;vrier, l'analyste politique Georges Sefertzis signale qu'en un an, il y a eu plus de 2 000 violations de l'espace a&#233;rien au-dessus de la zone en 2015, &#171; toujours &#224; l'initiative des Turcs, dans une guerre des nerfs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no141-mars-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;141 (mars 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chien-mechant-7" rel="tag"&gt;Chien m&#233;chant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/En-bref" rel="tag"&gt;En bref&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lasserpe" rel="tag"&gt;Lasserpe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Charmag" rel="tag"&gt;Charmag&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pirikk" rel="tag"&gt;Pirikk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-de-la-Casiniere-95" rel="tag"&gt;Nicolas de la Casini&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Francois" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mer-Egee" rel="tag"&gt;mer &#201;g&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Grece" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/millions-d-euros" rel="tag"&gt;millions d'euros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-euros" rel="tag"&gt;d'euros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/devient-Francois" rel="tag"&gt;devient Fran&#231;ois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Egee-n-engloutissent" rel="tag"&gt;&#201;g&#233;e n'engloutissent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Georges-Sefertzis" rel="tag"&gt;Georges Sefertzis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Georges-Broussaille-7533" rel="tag"&gt;Georges Broussaille&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Com&#233;MORTations&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2256 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH405/-529-1b5e0.jpg?1779603449' width='400' height='405' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas de la Casini&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre, c'est de la dette &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les zones grises de la mer &#201;g&#233;e n'engloutissent pas que des migrants. Leur appartenance territoriale est disput&#233;e par la Gr&#232;ce et la Turquie et ce sont des millions d'euros qui partent dans les flots. Dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du 14 f&#233;vrier, l'analyste politique Georges Sefertzis signale qu'en un an, il y a eu plus de 2 000 violations de l'espace a&#233;rien au-dessus de la zone en 2015, &#171; &lt;i&gt;toujours &#224; l'initiative des Turcs, dans une guerre des nerfs permanente qui p&#232;se sur la Gr&#232;ce, contrainte de r&#233;pliquer en d&#233;ployant ses propres avions. Or chaque d&#233;collage lui co&#251;te un million d'euros &lt;/i&gt; &#187;. Soit quelques centaines de millions d'euros d&#233;pens&#233;s juste pour maintenir la pression dans ce jeu de cons, alors que l'urgence est ailleurs. D'apr&#232;s Georges Broussaille, sp&#233;cialiste des questions militaires &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;le budget de la D&#233;fense de la Gr&#232;ce est le seul qui ne diminue pas et pour cause, le pays ach&#232;te des moulons d'armement &#224; ses cr&#233;anciers, les &#201;tats-Unis, l'Allemagne et la France. T'as compris l'engatse ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Que devient Fran&#231;ois Rebsamen ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On s'en fout.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Que devient Fran&#231;ois Hollande ?&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2254 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH500/-527-c3f42.jpg?1779603449' width='400' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le camarade Bourdin&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'il invite le taulier du journal &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt; Fran&#231;ois Ruffin pour son film &lt;i&gt;Merci patron !&lt;/i&gt;, le mardi 23 f&#233;vrier sur RMC, Jean-Jacques Bourdin, 66 ans, d&#233;couvre la r&#233;alit&#233; de la plus-value et des d&#233;localisations avec effarement : &#171; &lt;i&gt;&#201;coutez-moi bien, costume Kenzo, fabriqu&#233; &#224; 70 euros et vendu 1 000 euros ! Vous voyez un peu ce que gagne le groupe LVMH ! &lt;/i&gt; &#187; C'est touchant de spontan&#233;it&#233;. Puis il ajoute : &#171; &lt;i&gt;Bernard Arnault&lt;/i&gt; [premi&#232;re fortune de France], &lt;i&gt;&#231;a ne me fait pas peur !&lt;/i&gt; &#187; Le Arnault, il doit flipper s&#233;v&#232;re, l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Analyse politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te Ifop r&#233;v&#232;le que 61 % des sond&#233;s jugent Nicolas Sarkozy inqui&#233;tant. Pourquoi cette d&#233;fiance ? &#171; &lt;i&gt;Parce que c'est un sale c&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, sugg&#233;rait l'autre soir un camarade politologue de comptoir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Inqui&#233;tude politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Toi qui es dans le journalisme, tu crois qu'elle boit, Martine Aubry ?&lt;/i&gt; &#187;, demandait r&#233;cemment la tante d'un membre de la r&#233;daction de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;Aubry ? Comme pour Sarko !&lt;/i&gt; &#187;, sugg&#233;rait l'autre soir le m&#234;me politologue de comptoir, une tourn&#233;e plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Op&#233;ration &#034;Barbu cochon&#034;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2253 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH545/-526-e3125.jpg?1779603449' width='400' height='545' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le socialisme de &#171; race blanche &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et soudain, les m&#233;dias fran&#231;ais s'&#233;tonnent d'apprendre sur Mediapart (25 f&#233;vrier 2016) que l'&#201;tat fran&#231;ais justifie les contr&#244;les au faci&#232;s. En effet, dans un m&#233;mo pr&#233;sent&#233; &#224; la Cour de cassation, un &#171; &lt;i&gt;agent judiciaire de l'&#201;tat&lt;/i&gt; &#187; assumait en substance que les Noirs et les Arabes ont quand m&#234;me plus de chance d'&#234;tre des &#233;trangers que les autres. Rien d'&#233;tonnant &#224; cela, car, comme le relevait aussi Mediapart, le sous-ministre socialiste des Transports, Alain Vidalies, avait d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;On discrimine effectivement pour &#234;tre efficaces, plut&#244;t que de rester spectateurs.&lt;/i&gt; &#187; Nadine Morano aurait demand&#233; la nationalit&#233; socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite, c'est pas du billard !&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2255 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH515/-528-08805.jpg?1779602849' width='400' height='515' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Gr&#232;ce : Voies barr&#233;es</title>
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		<dc:date>2016-04-18T06:51:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simon Rico</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
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&lt;p&gt;Plus de 20 000 hommes, femmes et enfants sont bloqu&#233;s dans le nord de la Gr&#232;ce. La moiti&#233; survit dans la d&#233;tresse la plus totale au camp d'Idomeni, &#224; la fronti&#232;re avec la Mac&#233;doine. Pour &#171; d&#233;saturer &#187; la zone et pr&#233;parer l'accueil &#224; long terme, le gouvernement d'Alexis Tsipras a ouvert plusieurs camps de &#171; relocalisation &#187; en dur. &#171; Mon grand-p&#232;re a pass&#233; quatre ans dans un camp comme celui-ci au d&#233;but des ann&#233;es 1920. Il avait d&#251; quitter son village d'Anatolie &#224; cause de la guerre entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plus de 20 000 hommes, femmes et enfants sont bloqu&#233;s dans le nord de la Gr&#232;ce. La moiti&#233; survit dans la d&#233;tresse la plus totale au camp d'Idomeni, &#224; la fronti&#232;re avec la Mac&#233;doine. Pour &#171; d&#233;saturer &#187; la zone et pr&#233;parer l'accueil &#224; long terme, le gouvernement d'Alexis Tsipras a ouvert plusieurs camps de &#171; relocalisation &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le plan de relocalisation adopt&#233; par l'Union europ&#233;enne pr&#233;voit une nouvelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en dur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mon grand-p&#232;re a pass&#233; quatre ans dans un camp comme celui-ci au d&#233;but des ann&#233;es 1920. Il avait d&#251; quitter son village d'Anatolie &#224; cause de la guerre entre la Gr&#232;ce et la Turquie. &#192; l'&#233;poque, il y a eu un &#233;change de population forc&#233; entre les deux pays : plus d'un million de chr&#233;tiens sont arriv&#233;s de Turquie pendant que 500 000 musulmans quittaient la Gr&#232;ce. Ici, on appelle &#231;a la Grande Catastrophe.&lt;/i&gt; &#187; Odysseas Chiliditis est l'un des responsables de Symbiosis, une ONG &#233;cologiste bas&#233;e &#224; Thessalonique, le grand port du nord-est de la p&#233;ninsule hell&#233;nique. Quand la crise migratoire a commenc&#233; en 2015, il a imm&#233;diatement d&#233;cid&#233; de lancer un programme d'aide aux r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin du mois de f&#233;vrier, il se rend presque tous les jours au camp de Diavata, &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres de Thessalonique sur la route de Kilkis, pour distribuer de la nourriture, des v&#234;tements et des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. Plus de 2 500 personnes sont accueillies dans cette ancienne caserne militaire am&#233;nag&#233;e &#224; la h&#226;te en camp de r&#233;fugi&#233;s. Les soldats grecs ont mont&#233; de grandes tentes chauff&#233;es et recouvert le sol de graviers pour &#233;viter que la terre ne se transforme en boue ou en poussi&#232;re. Les r&#233;fugi&#233;s sont, en th&#233;orie, libres de leurs mouvements, mais la police et l'arm&#233;e contr&#244;lent rigoureusement la barri&#232;re qui ferme l'entr&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Moi, je ne sors presque jamais d'ici, parce que de toute fa&#231;on, il n'y a rien &#224; faire autour. Et puis, je pr&#233;f&#232;re &#233;conomiser mon argent pour continuer la route&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che Amir, jeune Afghan de 15 ans, les cheveux roux et le visage couvert de petites taches de rousseur. Avec ses parents, il a fui la r&#233;gion de Kaboul. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas la guerre comme en Syrie, c'est vrai, mais dans mon village, la vie est devenue insoutenable avec la pression des Talibans&lt;/i&gt; &#187;, poursuit le lyc&#233;en dans un anglais parfait. Son r&#234;ve : rejoindre l'Allemagne ou la Su&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre Diavata, les autorit&#233;s grecques ont ouvert trois autres camps de &#171; relocalisation &#187; dans le nord de la Gr&#232;ce &#8211; &#224; Nea Kavala, Herso-Kilkis et dans le port de Thessalonique. L'objectif est clair : d&#233;saturer la zone d'Idomeni, &#224; la fronti&#232;re avec la Mac&#233;doine, o&#249; se pressent plus de 10 000 personnes dont 4 000 enfants, dans des conditions sanitaires ind&#233;centes. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas un v&#233;ritable camp de r&#233;fugi&#233;s, il s'agit avant tout d'une zone de fronti&#232;re. Plus de 80% des gens vivent dans de minuscules tentes igloo, alors que les conditions climatiques sont mauvaises, avec la pluie et le vent qui ne cessent de balayer la zone&lt;/i&gt; &#187;, soupire Babar Baloch, le porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies aux R&#233;fugi&#233;s pour l'Europe. &#171; &lt;i&gt;Les r&#233;fugi&#233;s doivent supporter une situation inacceptable et tout bonnement invivable. Il est absolument n&#233;cessaire de les reloger dans un vrai camp en dur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Idomeni, tout le monde conna&#238;t le quinquag&#233;naire originaire du Bangladesh, avec ses petites lunettes, sa moustache et sa calvitie. Son nom a m&#234;me &#233;t&#233; tagu&#233; en rouge sur des pr&#233;fabriqu&#233;s des ONG. Chaque jour, il arpente les all&#233;es du camp du matin au soir, r&#233;pondant aux questions incessantes des journalistes et des r&#233;fugi&#233;s. Deux phrases reviennent sans cesse : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi ont-ils ferm&#233; la fronti&#232;re ?&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;Que va-t-on devenir ?&lt;/i&gt; &#187; La signature le 18 mars de l'accord entre l'Union europ&#233;enne et la Turquie visant &#224; endiguer le flux des arriv&#233;es sur les &#238;les de la mer &#201;g&#233;e inqui&#232;te beaucoup les habitants du camp. Pour eux, il est hors de question de retourner en arri&#232;re comme le pr&#233;voit le texte, au m&#233;pris des conventions internationales sur le droit d'asile. L'espoir s'amenuisant, ils sont de plus en plus nombreux &#224; se laisser tenter par la &#171; relocalisation &#187; propos&#233;e par l'Union europ&#233;enne. Le probl&#232;me, c'est qu'il n'y a d&#233;j&#224; plus de places pour ce programme, dont la mise en &#339;uvre divise les 28. &#192; peine 2 000 ont &#233;t&#233; propos&#233;es en Gr&#232;ce alors que plus de 50 000 candidats &#224; l'exil sont bloqu&#233;s, sans aucune perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'incertitude qui ronge les r&#233;fugi&#233;s, pour le moment, l'ambiance est relativement calme &#224; Idomeni et dans les autres camps du nord de la Gr&#232;ce. Pour combien de temps encore ? Le 23 mars, deux Syriens se sont immol&#233;s par le feu pour d&#233;noncer la fermeture des fronti&#232;res des Balkans. La veille, des manifestants avaient bloqu&#233; la voie ferr&#233;e menant en Mac&#233;doine aux cris de : &#171; &lt;i&gt;Merkel, tu nous as trahis !&lt;/i&gt; &#187; Quelques jours plus t&#244;t, plusieurs centaines de r&#233;fugi&#233;s venus de Diavata d&#233;filaient dans les rues de Thessalonique avec des pancartes &#171; Open the borders &#187;. Coinc&#233;s dans la sourici&#232;re grecque, les candidats &#224; l'exil cherchent par tous les moyens &#224; poursuivre leur route. &#192; la mi-mars, plus de mille personnes, dont des vieillards et des enfants en bas &#226;ge, n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; traverser une rivi&#232;re en crue &#224; quelques kilom&#232;tres d'Idomeni pour entrer en Mac&#233;doine. De l'autre c&#244;t&#233;, l'arm&#233;e les attendait. Tous ont &#233;t&#233; imm&#233;diatement renvoy&#233;s en Gr&#232;ce, non sans avoir &#233;t&#233; brutalis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, c'est la Gr&#232;ce elle-m&#234;me qui souffle une porte de sortie. Juste avant le sommet crucial du 18 mars entre Bruxelles et Ankara, le gouvernement Tsipras a achemin&#233; quelque 160 Syriens &#224; l'extr&#234;me ouest du pays, dans un centre d'accueil du minist&#232;re des Affaires sociales de la petite ville de Konitsa, &#224; une dizaine de kilom&#232;tres de la fronti&#232;re albanaise. Imm&#233;diatement, l'Italie s'est inqui&#233;t&#233;e de l'ouverture d'une nouvelle route menant &#224; sa c&#244;te orientale et a d&#233;p&#234;ch&#233; une &#233;quipe de policiers en Albanie. Mais pour l'instant, il n'y a personne. &#171; &lt;i&gt; C'est m&#234;me plus calme qu'avant 2015&lt;/i&gt; &#187;, rassure le chef de la police frontali&#232;re de Kapshtic&#235;. &#171; &lt;i&gt;Pourquoi les migrants passeraient-ils par ici ? Il n'y a pas de bateaux en Albanie, et c'est plus simple de s'&#233;chapper par Corfou...&lt;/i&gt; &#187; L'accord UE-Turquie &#224; peine sign&#233;, Ath&#232;nes a install&#233; 1 200 personnes dans un centre de Ioannina, &#224; 50 km au sud de Konitsa. Pour mettre la pression sur l'Europe ? Les r&#233;fugi&#233;s d'Idomeni, eux, ont entendu le message : aujourd'hui, le mot &#171; Albanie &#187; revient souvent quand il est question de fuite. &#171; &lt;i&gt;Pour le moment, je pr&#233;f&#232;re attendre ici. En Turquie, je me suis fait arr&#234;ter alors que je tentais de passer ill&#233;galement. Les policiers m'ont frapp&#233; avec leurs matraques et m'ont laiss&#233; pour mort. Je ne veux pas revivre &#231;a&lt;/i&gt; &#187;, raconte Yazad, un jeune Syrien de Konitsa qui tente de rejoindre sa m&#232;re d&#233;j&#224; en Allemagne. &#171; &lt;i&gt; Je n'ai pas pu partir avec elle, nous n'avions pas assez d'argent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion sinistr&#233;e de Konitsa, certains habitants regardent avec m&#233;fiance l'arriv&#233;e de ces nouveaux venus. Depuis que la crise a commenc&#233;, la bourgade se vide de ses habitants, qui partent dans les grandes villes chercher du travail. &#171; &lt;i&gt;Regardez la place du village : il y a trois ans encore, elle &#233;tait pleine tous les matins, maintenant il n'y a plus personne&lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;sole Trifon, qui tient un caf&#233;-p&#226;tisserie joliment d&#233;cor&#233;. Pourtant, ici comme dans le reste de la Gr&#232;ce, les habitants font preuve d'une &#233;tonnante solidarit&#233;, apportant sans compter des vivres ou des v&#234;tements. &#192; Kozani, la pr&#233;fecture de la Mac&#233;doine occidentale, la municipalit&#233; &#233;cologiste accueille m&#234;me 500 personnes dans le gymnase municipal, sans aucune aide du gouvernement, du HCR ou des ONG. Des dizaines de volontaires locaux se mobilisent jour et nuit pour accueillir au mieux les Syriens et les Irakiens. &#171; &lt;i&gt;Le nord de la Gr&#232;ce a beaucoup souffert des guerres mondiales et de la guerre civile&lt;/i&gt; &#187;, explique Giannis Kostarelas, le responsable de la communication de la mairie. &#171; &lt;i&gt;Les gens d'ici savent bien ce qu'&#234;tre r&#233;fugi&#233; veut dire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le plan de relocalisation adopt&#233; par l'Union europ&#233;enne pr&#233;voit une nouvelle r&#233;partition des r&#233;fugi&#233;s entre les 28 &#201;tats membres. Pour l'instant, 160 000 personnes devraient &#234;tre concern&#233;es, mais plusieurs pays ralentissent sa mise en &#339;uvre, dont la France. En 2015, plus d'un million de candidats &#224; l'exil sont pass&#233;s par la route des Balkans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Nouvelle Droite dans la face</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


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&lt;p&gt;Depuis pr&#232;s de quarante ans la &#8211; plus tellement &#8211; Nouvelle Droite voudrait brouiller les sch&#233;mas classiques de l'extr&#234;me droite &#224; force de puiser des arguments dans la critique socialiste, anti-industrielle et &#233;cologique. Elle va jusqu'&#224; titrer un num&#233;ro de sa revue &#201;l&#233;ments : &#171; La Nouvelle Droite est-elle de gauche ? &#187;, profitant des faiblesses de la gauche l&#226;che et moribonde pour pr&#233;tendre la doubler&#8230; sur sa gauche. Mais en grattant le vernis de la complexit&#233; intellectuelle r&#233;apparaissent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis pr&#232;s de quarante ans la &#8211; plus tellement &#8211; Nouvelle Droite voudrait brouiller les sch&#233;mas classiques de l'extr&#234;me droite &#224; force de puiser des arguments dans la critique socialiste, anti-industrielle et &#233;cologique. Elle va jusqu'&#224; titrer un num&#233;ro de sa revue &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments&lt;/i&gt; : &#171; La Nouvelle Droite est-elle de gauche ? &#187;, profitant des faiblesses de la gauche l&#226;che et moribonde pour pr&#233;tendre la doubler&#8230; sur sa gauche. Mais en grattant le vernis de la complexit&#233; intellectuelle r&#233;apparaissent vite les vieilles lunes anti-&#233;galitaires et identitaires. St&#233;phane Fran&#231;ois qui a publi&#233; &lt;i&gt;Au-del&#224; des vents du Nord : L'extr&#234;me droite fran&#231;aise, le p&#244;le Nord et les Indo-Europ&#233;ens&lt;/i&gt; (PUL, 2014) revient sur l'influence r&#233;elle de ce courant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quelles sont les motivations qui vous poussent &#224; enqu&#234;ter sur l'extr&#234;me droite radicale, la Nouvelle Droite plus particuli&#232;rement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;St&#233;phane Fran&#231;ois :&lt;/strong&gt; D'o&#249; je parle ? Vaste question. Premi&#232;rement, je viens d'une famille de r&#233;sistants, avec un grand-p&#232;re que j'adorais et qui &#233;tait un militant anarchiste. Je pense qu'inconsciemment, il m'a beaucoup influenc&#233;&#8230; Ensuite, la mode en musique &#224; la fin de mon adolescence &#233;tait le Dark Folk. J'ai donc &#233;t&#233; berc&#233; par Death In June, Non, Sol Invictus, Current 93, etc. J'ai tra&#238;n&#233; mes gu&#234;tres dans le milieu indus lillois pendant mes &#233;tudes, d&#233;vorant les fanzines sur le sujet, dont certains &#233;taient t&#233;l&#233;guid&#233;s par des nationalistes-r&#233;volutionnaires, qui faisaient beaucoup de publicit&#233; &#224; la Nouvelle Droite et &#224; ses tendances. Enfin, je d&#233;vore depuis mon adolescence tous les livres sur les marges (contre-cultures, &#233;sot&#233;risme, etc.). Lorsque j'ai eu assez de recul, je me suis rendu compte qu'il y avait un sujet d'&#233;tude. Cela fait vingt ans que j'y suis plong&#233; et je ne pense pas encore avoir fait le tour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH529/p12-nouvelle-droite-9bc4d.jpg?1779603319' width='400' height='529' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En lisant votre ouvrage, on comprend bien les origines id&#233;ologiques &lt;i&gt;V&#246;lkisch&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le courant V&#246;lkisch marque l'identit&#233; du nationalisme allemand d&#232;s le XIXe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de la Nouvelle Droite, ce qu'elle doit aux &#171; r&#233;volutionnaires conservateurs &#187;, &#224; Dominique Venner et &#224; son groupe Europe-Action, mais surtout &#224; Alain de Benoist. Pourriez-vous revenir, &#224; grands traits, sur l'histoire et la signification de ce courant politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les &lt;i&gt;V&#246;lkschen&lt;/i&gt; sont l'une des influences de la Nouvelle Droite. Historiquement, la Nouvelle Droite est apparue en 1968, avec la cr&#233;ation du GRECE, lui-m&#234;me compos&#233; d'anciens de la FEN (F&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants nationalistes) et d'Europe-Action. Sa principale caract&#233;ristique &#224; l'&#233;poque &#233;tait, d&#233;j&#224;, son rejet du nationalisme et sa d&#233;fense d'un europ&#233;isme. Un certain nombre de personnes en son sein ont fait ensuite carri&#232;re dans la haute administration, dans l'universit&#233;, ou encore dans le journalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression &#171; Nouvelle Droite &#187;, est le nom donn&#233; par les adversaires du GRECE, lors de la campagne m&#233;diatique, extr&#234;mement violente, de l'&#233;t&#233; 1979. Les n&#233;o-droitiers ont d'abord refus&#233; la filiation droiti&#232;re avant de finir par l'accepter. Jusqu'en 1979, la Nouvelle Droite renvoyait au couple GRECE/Club de l'Horloge. Mais vers 1985, &#224; la suite des d&#233;parts et des scissions de membres ne se reconnaissant plus dans le GRECE, la Nouvelle Droite devient un entrelacs de personnalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier corps de doctrine du GRECE &#8211; qui va grosso modo de 1968 &#224; 1979 &#8211; d&#233;veloppe les th&#232;mes suivants : un national-europ&#233;isme ; une critique de l'&#233;galitarisme &#224; travers la critique du christianisme ; une conception non lin&#233;aire du temps (sph&#233;rique et/ou cyclique) sous l'influence de Nietzsche ; un &#233;loge du paganisme (qu&#234;tes des origines indo-europ&#233;ennes) ; un anti-universalisme ; un antilib&#233;ralisme ; un tiers-mondisme &#171; de droite &#187; pour &#233;viter le d&#233;racinement et l'immigration ; et enfin un enracinement r&#233;gionaliste. Cette doctrine pr&#233;tend appuyer ses analyses et ses conclusions sur les derniers travaux historiques, philosophiques, ethnologiques, ainsi que sur ceux de la biologie et de l'anthropologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la toute premi&#232;re doctrine de la Nouvelle Droite jusqu'en 1972 se caract&#233;risait plut&#244;t par un racialisme pro-occidental, un positivisme (qui tournera en scientisme), un anti-&#233;galitarisme, un antimarxisme virulent, un antitechnocratisme et une vision romantique et virile de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les ann&#233;es 1980, la Nouvelle Droite &#233;volue : elle devient holiste et anti-occidentale &#8211; l'Occident incarnant l'acculturation et l'am&#233;ricanisation des m&#339;urs &#8211;, elle d&#233;fend une d&#233;mocratie organique et pr&#244;ne le diff&#233;rentialisme. Hostile au mat&#233;rialisme, au capitalisme et &#224; la mondialisation, le GRECE a alors pour ennemis la soci&#233;t&#233; de consommation et les &#201;tats-Unis, des points de vue qu'il d&#233;fend toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;chec du gramscisme de droite et du projet &#233;litaire, la Nouvelle Droite se mit &#224; pr&#244;ner un discours europ&#233;iste et antitotalitaire marqu&#233;. Mais, surtout cette p&#233;riode voit l'essor chez de Benoist d'un discours pr&#244;nant l'&#233;loge de la diff&#233;rence et qui d&#233;fend le droit des peuples, ce qui va provoquer le d&#233;part d'un certain nombre de cadres, comme Pierre Vial, au milieu des ann&#233;es 1980. Le GRECE ne se remettra jamais de cette h&#233;morragie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de la d&#233;cennie suivante, sa derni&#232;re &#233;volution doctrinale poursuit la seconde, mais en y int&#233;grant les th&#232;mes &#233;cologistes et d&#233;croissants. De Benoist se r&#233;approprie aussi les th&#233;oriciens du syndicalisme-r&#233;volutionnaire, comme Sorel, et certains auteurs marxistes. En fait, le GRECE a tant &#233;volu&#233; qu'il se met &#224; d&#233;fendre ce qu'il avait condamn&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1970&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous rappelez l'islamophilie et le tiers-mondisme d'Alain de Benoist. Pourriez-vous revenir sur ces deux points ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Benoist a toujours d&#233;fendu l'islam. Il rejette l'immigration, mais a beaucoup d'int&#233;r&#234;t pour l'islam. Il se rend d'ailleurs r&#233;guli&#232;rement en Iran et discute avec des intellectuels musulmans. En fait, la Nouvelle Droite a toujours eu une position favorable &#224; cette religion. Cela fait partie d'une tradition d'une certaine extr&#234;me droite d'&#234;tre islamophile, pour diff&#233;rentes raisons : ethnodiff&#233;rentialisme, d&#233;fense d'une forme de tradition, etc. Je me suis int&#233;ress&#233; &#224; cette question dans mon livre &lt;i&gt;La Nouvelle Droite et la tradition&lt;/i&gt; (Arche Milano, 2011), ainsi que dans un chapitre, co&#233;crit avec Nicolas Lebourg, &#224; para&#238;tre dans un ouvrage collectif &#224; la fin de cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; son tiers-mondisme, il est aff&#233;rent &#224; sa relecture de L&#233;vi-Strauss et de Robert Jaulin. Il est aussi la cons&#233;quence de sa d&#233;fense du droit des peuples, notamment vis-&#224;-vis de l'imp&#233;rialisme occidental. Il l'a d&#233;j&#224; dit ou &#233;crit plusieurs fois : il est contre toute forme de colonialisme, au nom du droit &#224; rester soi-m&#234;me, notamment dans un ouvrage publi&#233; en 1986, &lt;i&gt;Europe, Tiers-Monde, m&#234;me combat&lt;/i&gt;. Il est loin le temps, o&#249; dans Europe-Action et au d&#233;but de l'aventure de la Nouvelle Droite, il d&#233;fendait les r&#233;gimes racistes de Rhod&#233;sie et de la R&#233;publique sud-africaine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis les ann&#233;es 1980, en quoi a-t-elle impr&#233;gn&#233; la droite &#171; de gouvernement &#187; ? Quels sont les liens avec le Front national ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, la Nouvelle Droite a impr&#233;gn&#233; les id&#233;es de certains militants de l'UDF et du RPR (provoquant en retour de vifs rejets de la part d'autres militants de ces partis), qui &#233;taient membres de l'un et de l'autre, notamment via le Club de l'Horloge. Nous pouvons donc penser que certains de ces militants ont gard&#233; ces id&#233;es, qui se sont retrouv&#233;es ensuite &#224; l'UMP&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Alain de Benoist trouve un int&#233;r&#234;t &#224; Marine Le Pen, il y a plut&#244;t des divergences importantes, sur le rejet de l'islam et des musulmans, sur le jacobinisme. S'il y a des liens, ils se font surtout par le passage de membres du GRECE vers ce parti. Par exemple, l'attach&#233; parlementaire de Marion Mar&#233;chal Le Pen est un ancien gr&#233;ciste. En d&#233;finitive, son influence est faible, l'entrisme ayant &#233;t&#233; un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un chapitre qualifi&#233; d'&lt;i&gt;excursus&lt;/i&gt;, vous abordez la question du Black Metal et du n&#233;o-nazisme. Quel est le poids de cette sc&#232;ne musicale et ses liens avec les th&#233;oriciens du GRECE ? On a du mal &#224; imaginer Alain de Benoist &#224; un concert de Death in June&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une bonne raison : il n'aime pas &#231;a&#8230; De Benoist est plut&#244;t un amateur de musique traditionnelle issue des diff&#233;rentes civilisations de notre plan&#232;te. Il est aussi un amateur de musique classique et de jazz. En fait, les sc&#232;nes indus, n&#233;ofolk, black metal, etc. attirent plut&#244;t les jeunes militants, voire les militants d'autres familles politiques, comme les nationalistes-r&#233;volutionnaires ou l'&#233;quipe de R&#233;fl&#233;chir &amp; Agir. De ce fait, &#224; l'exception de quelques cas personnels, il n'y a pas de liens entre ces sc&#232;nes et ces milieux. Concernant le poids de cette sc&#232;ne en France ? Entre quelques centaines et quelques milliers pour les groupes les plus connus/cot&#233;s, mais gu&#232;re plus. Il y a eu quelques publicit&#233;s pour un magasin &lt;i&gt;online&lt;/i&gt; vendant de la musique indus/n&#233;ofolk, dans &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments&lt;/i&gt;, mais c'est tout&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le courant &lt;i&gt;V&#246;lkisch&lt;/i&gt; marque l'identit&#233; du nationalisme allemand d&#232;s le XIXe si&#232;cle, avec une nette inspiration pa&#239;enne et racialiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Inflation s&#233;ditieuse au pays de la crise</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Inflation-seditieuse-au-pays-de-la</link>
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		<dc:date>2013-12-15T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas, Vassilis Papageorgiou, Vladimir Moustaki&#231;</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Cinq apr&#232;s le d&#233;but de cet effondrement que subissent les Grecs, les &#171; fabricants de l'opinion &#187; ne cessent de livrer des informations terribles et anxiog&#232;nes sur l'&#233;tat de ce pays. Loin de la fausse compassion et des coups de flash, d'importantes questions concernant l'organisation de la soci&#233;t&#233; y agitent pourtant les esprits et les bras. Assur&#233;ment, les avalanches de mesures qui continuent d'aggraver les conditions de vie en Gr&#232;ce semblent sans fin. Des dizaines de milliers de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no116-novembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;116 (novembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/continuent" rel="tag"&gt;continuent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cinq apr&#232;s le d&#233;but de cet effondrement que subissent les Grecs, les &#171; fabricants de l'opinion &#187; ne cessent de livrer des informations terribles et anxiog&#232;nes sur l'&#233;tat de ce pays. Loin de la fausse compassion et des coups de flash, d'importantes questions concernant l'organisation de la soci&#233;t&#233; y agitent pourtant les esprits et les bras.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Assur&#233;ment, les avalanches de mesures qui continuent d'aggraver les conditions de vie en Gr&#232;ce semblent sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de personnes vivent dans la rue. Les licenciements &#8211; &#171; &lt;i&gt;mises en disponibilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; dans la novlangue des m&#233;morandums pondus par la Tro&#239;ka &#8211; continuent &#224; faire accepter des salaires tournant fr&#233;quemment autour d'un ou deux euros l'heure. Des centaines d'usines et d'ateliers ferment. Les revenus ont chut&#233; de plus de 40 %. Les suicides sont l&#233;gion. Plus de trois millions de personnes ont perdu toute protection sociale. Cette Tro&#239;ka, rassemblant le Fonds mon&#233;taire international, la Commission et la Banque centrale europ&#233;ennes promet au pays, par l'interm&#233;diaire du ministre des Finances grec, de vivre &#171; &lt;i&gt;l'enfer jusqu'en juin 2014&lt;/i&gt; &#187;, jouant ainsi au chaud et froid avec les financiers internationaux qui, eux, para&#238;t-il, recommenceraient &#224; tourner leurs crocs vers ce pays &#171; &lt;i&gt;plein de promesses&lt;/i&gt; &#187; &#8211; et de parier sur sa docilit&#233;, &#224; l'instar de John Paulson, ce bankster am&#233;ricain qui a engrang&#233; une fortune ph&#233;nom&#233;nale gr&#226;ce &#224; la crise des subprimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kostas n'est pas un bon client pour illustrer la diffusion en flux tendu d'angoisses faussement compassionnelles. Tenancier d'une taverne &#224; Ath&#232;nes depuis plus d'une dizaine d'ann&#233;es, il a d&#251; l&#226;cher son appartement, retourner vivre chez ses parents et, confront&#233; aux difficult&#233;s grandissantes pour payer les trois employ&#233;s qui continuent &#224; travailler avec lui, il envisage de vendre son &#233;tablissement. &#171; &lt;i&gt;Si nous utilisons toute notre &#233;nergie pour conserver le peu que nous avons ou bien continuons &#224; esp&#233;rer que les choses vont revenir comme avant, on s'enferme, on manque de forces pour se battre contre ce qui se passe et participer aux divers mouvements. Ce qui est important, c'est que m&#234;me si, tous, nous devons survivre &#8211; et souvent m&#234;me moins que survivre &#8211; l'essentiel est qu'on ne change pas nos id&#233;es, nos comportements et nos pratiques &#224; cause de ce basculement, de ce bousculement : c'est-&#224;-dire changer, non pas &#224; cause de leur principe, mais gr&#226;ce &#224; nos principes.&lt;/i&gt; &#187; Ces propos-l&#224; ne sont pas exceptionnels dans ce pays o&#249;, partout, les discussions s'agitent autour de la question sociale, mettant souvent au rancart celles ne concernant que la vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_853 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH530/p03-116_grecs-2d4b1.jpg?1779603000' width='400' height='530' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors que les m&#233;dias se repaissent du feuilleton de &#171; l'Ange blond &#187;, cette fillette remarqu&#233;e pour la blondeur de sa chevelure d&#233;notant d'avec celle brune de ses suppos&#233;s parents vivant dans un camp de Roms au centre de la Gr&#232;ce, ou bien encore se r&#233;pandent sur les d&#233;boires judiciaires et surtout tardifs des n&#233;o-nazis d'Aube dor&#233;e, c'est un silence b&#233;tonn&#233; qui couvre la multitude de tentatives de transformations des rapports sociaux qui s'activent dans le pays&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Impossible d'ignorer dans les m&#233;dias les distributions de nourritures (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Comme par exemple, &#224; propos de l'existence d'une quarantaine de centres sociaux autog&#233;r&#233;s qui &#224; travers le pays apportent soins et m&#233;dicaments &#224; des dizaines de milliers de personnes sans couverture sociale. Joint par mail, Christos, participant aux activit&#233;s de la clinique sociale d'Elleniko, install&#233;e dans le sud de la capitale, raconte : &#171; &lt;i&gt; Nous accueillons des gens du quartier et d'autres venus de plus loin. Nous sommes plus de deux cent trente personnes, toutes b&#233;n&#233;voles. Il y a des m&#233;decins, des dentistes, des kin&#233;sith&#233;rapeutes, des psychoth&#233;rapeutes et beaucoup d'autres gens qui offrent leurs services. Les m&#233;dicaments proviennent de dons. Quand quelqu'un a besoin d'aller &#224; l'h&#244;pital, nous faisons pression sur la direction pour qu'il soit soign&#233; sans avoir rien &#224; d&#233;bourser. La gratuit&#233; est absolue.&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt; Il n'y a ni leader ni pr&#233;sident. Nous d&#233;cidons tous ensemble des activit&#233;s de ce centre, hormis &#233;videmment pour les questions m&#233;dicales.&lt;/i&gt; &#187; La descente de police, accompagn&#233;e d'un magistrat pr&#233;tendument &#224; la recherche d'un trafic de drogues, qui a eu lieu le 24 octobre, n'a pas retard&#233; la livraison pr&#233;vue pour le 27 octobre : elle a permis au camp de r&#233;fugi&#233;s de Lavrio &#8211; dans l'est de l'Attique &#8211; de recevoir trois tonnes de m&#233;dicaments, d'aliments pour b&#233;b&#233; et de nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giorgos, journaliste dans le &lt;i&gt;Journal des r&#233;dacteurs&lt;/i&gt;, cr&#233;&#233; en novembre 2012 &#224; Ath&#232;nes par une centaine d'ex-salari&#233;s licenci&#233;s du quotidien &lt;i&gt;Eleftheriotypia&lt;/i&gt;, se r&#233;jouit : &#171; &lt;i&gt;Nous allons f&#234;ter notre premier anniversaire.&lt;/i&gt; &#187; Il explique : &#171; &lt;i&gt;Nous avions alors tous mis mille euros sur la table. Aujourd'hui, nous sommes le quatri&#232;me quotidien en Gr&#232;ce avec plus de dix mille exemplaires vendus chaque jour et vingt mille pour l'&#233;dition du samedi.&lt;/i&gt; &#187; Soit un dixi&#232;me de la masse des quotidiens grecs.
Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, nous sommes bien plus libres que nous ne l'&#233;tions &#224; l'&#233;poque d'&lt;/i&gt;Eleftheriotypia. &lt;i&gt;Notre ligne &#233;ditoriale est anti-m&#233;morandum, critique du gouvernement, antiraciste et contre l'aust&#233;rit&#233;. On peut dire que nous sommes d'une certaine mani&#232;re la voix des gr&#233;vistes, des manifestants et des opposants, comme ceux qui se battent contre le projet de mine d'or de Skouri&#232;s, dans le nord du pays.&lt;/i&gt; &#187; C&#244;t&#233; organisation ? &#171; &lt;i&gt;Toutes les d&#233;cisions sont prises en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; laquelle participent les cent vingt personnes qui travaillent pour le journal, depuis les femmes de m&#233;nage jusqu'aux r&#233;dacteurs. Nous sommes tous &#233;gaux y compris au niveau du salaire. C'est l'AG qui &#233;lit chaque personne &#224; un poste. Et nous sommes tous &#233;videmment r&#233;vocables. Pour qu'une AG soit constitu&#233;e, il faut qu'au moins douze personnes en fassent la demande.&lt;/i&gt; &#187; Et financi&#232;rement parlant ? &#171; &lt;i&gt;Nous avons fait le choix de prendre de la publicit&#233; dans les cinquante-six pages de l'&#233;dition quotidienne. Cette d&#233;cision est sujette &#224; d'importantes controverses. On essaie d'&#234;tre tr&#232;s s&#233;lectifs et cela aussi est du ressort de l'AG&#8230; Il est hors de question que nos annonceurs influencent notre ligne &#233;ditoriale&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nord du pays, &#224; Thessalonique, plus de la moiti&#233; des ouvriers de l'entreprise Vio-Me&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. plus g&#233;n&#233;ralement l'excellent num&#233;ro 7 de la revue Z, mars 2013.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; a, depuis f&#233;vrier 2013, pris le contr&#244;le de la production. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, cela fait sept mois que nous avons repris l'usine, apr&#232;s de longues proc&#233;dures juridiques. Tous les matins, on se r&#233;unit tous en AG pour convenir des diverses t&#226;ches de la journ&#233;e et r&#233;soudre les probl&#232;mes quotidiens. Pour les d&#233;cisions plus g&#233;n&#233;rales, on se r&#233;unit &#224; peu pr&#232;s une fois par mois,&lt;/i&gt; explique Alekos, au t&#233;l&#233;phone, un des ouvriers. &lt;i&gt;Autrefois, on faisait ici des mat&#233;riaux de construction. Mais nous n'avions pas l'argent n&#233;cessaire pour poursuivre cette production : les mati&#232;res premi&#232;res sont tr&#232;s ch&#232;res. Dans l'urgence, on fabrique maintenant des d&#233;tergents qui sont distribu&#233;s dans les multiples r&#233;seaux du mouvement social. Actuellement, on discute avec les minist&#232;res pour pouvoir exporter l&#233;galement nos produits.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 2 novembre, les ouvriers de Vio-Me ont gagn&#233; le proc&#232;s qu'ils avaient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; Ici aussi, chaque personne re&#231;oit le m&#234;me salaire : &#171; &lt;i&gt;Dix euros par jour,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Alekos. &lt;i&gt;C'est tr&#232;s peu mais il ne faut pas oublier que nous partions du z&#233;ro absolu &#8230;&lt;/i&gt; &#187; Ils sont donc trente-huit ouvriers &#224; travailler l&#224; et &#224; souhaiter que, en plus des questions de survie qu'ils cherchent &#224; r&#233;soudre, leur initiative se r&#233;pande &#224; travers le pays, en s'adaptant &#224; chaque situation. &#171; &lt;i&gt;&#199;a serait g&#233;nial. Cela permettrait d'&#233;changer des exp&#233;riences. Si nous arrivons &#224; tenir, &#231;a serait alors une immense victoire qui cr&#233;erait des liens puissants entre tous. Mais pour l'instant, l'important est de rester dans le concret et d'avancer petit &#224; petit.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autogestion dans le capitalisme ou pas ? Philanthropie ? Horizontalit&#233; ? D&#233;l&#233;gation r&#233;vocable ? Assembl&#233;e de quartiers ? R&#233;seau de distribution de nourriture ? Troc et &#233;changes ? Coordination des pratiques ? &#171; &lt;i&gt;Les questions se posent d'une mani&#232;re neuve. Devant un d&#233;sastre, il faut se r&#233;orienter. Ce sont des discussions qui ne sont pas seulement philosophiques ou intellectuelles. Elles se posent dans le cours br&#251;lant des choses&lt;/i&gt; &#187;, affirme Kostas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce, &#171; Un pays &#224; genoux &#187;, ainsi que l'affirmait encore une fois dans son titre un reportage de France 24 le 26 octobre ? Les organes de propagande ne parlent que de la souffrance et du d&#233;sespoir, occultant les d&#233;bats et les exp&#233;rimentations en cours dans ce pays. Il est vrai que le fatalisme dominant y aurait s&#251;rement beaucoup &#224; perdre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Impossible d'ignorer dans les m&#233;dias les distributions de nourritures organis&#233;es par les n&#233;o-nazis &#224; l'intention exclusive de citoyens grecs. En revanche, les cantines collectives et autres march&#233;s de troc mis en place dans tout le pays par une multitude d'assembl&#233;es de quartiers sont manifestement beaucoup moins photog&#233;niques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. plus g&#233;n&#233;ralement l'excellent num&#233;ro 7 de la &lt;a href=&#034;http://www.zite.fr/Sommaire-Z-no7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue &lt;i&gt;Z&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, mars 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 2 novembre, les ouvriers de Vio-Me ont gagn&#233; le proc&#232;s qu'ils avaient engag&#233; contre les patrons de l'usine &#224; propos de leurs salaires impay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sophocle fait des saltos dans sa tombe</title>
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&lt;p&gt;Parmi les groupuscules, tous plus croquignolets les uns que les autres, n&#233;s des mouvements d'opposition au &#171; mariage pour tous &#187;, il en est un qui a r&#233;ussi le pari improbable de m&#234;ler surr&#233;alisme, th&#233;&#226;tre de l'absurde et Gr&#232;ce antique : les Antigones. Ces dames-l&#224; ne m&#232;nent pas un combat f&#233;ministe, mais &#171; f&#233;minin &#187;. Pour &#233;viter d'&#234;tre confondues avec des &#233;mules d'Olympe de Gouges, elles pr&#233;f&#232;rent au pantalon de d&#233;licates robes blanches &#224; dentelles, conspuent la myst&#233;rieuse et toujours (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvements-d-opposition" rel="tag"&gt;mouvements d'opposition&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Antigones" rel="tag"&gt;Antigones&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nes" rel="tag"&gt;n&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi les groupuscules, tous plus croquignolets les uns que les autres, n&#233;s des mouvements d'opposition au &#171; mariage pour tous &#187;, il en est un qui a r&#233;ussi le pari improbable de m&#234;ler surr&#233;alisme, th&#233;&#226;tre de l'absurde et Gr&#232;ce antique : les Antigones.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_774 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH384/p10-antigone2-dba77.jpg?1779603076' width='400' height='384' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces dames-l&#224; ne m&#232;nent pas un combat f&#233;ministe, mais &#171; &lt;i&gt;f&#233;minin&lt;/i&gt; &#187;. Pour &#233;viter d'&#234;tre confondues avec des &#233;mules d'Olympe de Gouges, elles pr&#233;f&#232;rent au pantalon de d&#233;licates robes blanches &#224; dentelles, conspuent la myst&#233;rieuse et toujours introuvable &#171; &lt;i&gt;th&#233;orie du gender&lt;/i&gt; &#187; et s'assument essentialistes. Elles ne sont ni hyst&#233;riques, ni vulgaires, ni &#233;chevel&#233;es, mais souriantes et polies, avec des tresses. Et loin d'articuler une pens&#233;e ou de porter un discours, elles affichent une difficult&#233; ostentatoire &#224; prononcer des mots de plus de trois syllabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, elles ne se refusent pas deux ou trois clich&#233;s (appartenance &#224; diverses formations identitaires&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi les Antigones &#8211; qui s'affirment apolitiques &#8211; ont &#233;t&#233; identifi&#233;es des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, attachement au mariage et &#224; la famille, citations ronflantes sur l'amour plus fort que la haine). Mais elles sont aussi capables de surprendre ! Ainsi se sont-elles rendues, en juillet dernier, &#224; l'ambassade de Tunisie &#224; Paris afin d'y mener une &#171; &lt;i&gt;action r&#233;paratrice&lt;/i&gt; &#187;. Rappelons qu'Amina Sboui, militante f&#233;ministe tunisienne, a &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233;e d&#233;but juin dernier pour avoir peint le mot &#171; &lt;i&gt;Femen&lt;/i&gt; &#187; sur le mur d'un cimeti&#232;re [et qui depuis a pris ses distances vis-&#224;-vis des Femen &#8211; Ndlr]. Ladite organisation est cornaqu&#233;e par Inna Shevchenko, qui a re&#231;u le soutien du gouvernement fran&#231;ais dans cette affaire ainsi qu'un asile politique m&#233;diatis&#233; et une s&#233;rie de timbres Marianne &#224; son effigie. Protestant contre cette collusion et clamant leur refus de l'imp&#233;rialisme culturel fran&#231;ais, les Antigones sont donc all&#233;es offrir du pain et du sel &#224; l'ambassadeur tunisien, &#224; Paris, avant qu'une s&#233;ance photo n'immortalise leurs sourires b&#233;ats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il peut para&#238;tre surprenant que l'on investisse du temps et de l'&#233;nergie dans la perp&#233;tuation de sa propre domination, l'existence de femmes skins, lep&#233;nistes, voire fans d'&#201;ric Zemmour est d'ores et d&#233;j&#224; &#233;tablie. Mais une extr&#234;me droite pr&#233;occup&#233;e de rompre avec les traditions coloniales fran&#231;aises en apportant son soutien &#224; un pays du Maghreb, voil&#224; qui est tout &#224; fait in&#233;dit ! Et aussi surprenant que la clairvoyance des Antigones sur un point &#8211; la France n'a aucune le&#231;on &#224; donner en mati&#232;re de f&#233;minisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez leurs ennemies jur&#233;es d'en face, les Femen, qui semblent exister avant tout pour faire de belles photos et crier des slogans simplistes, l'on continue de s'&#233;battre dans une virulence sans bornes contre l'islam&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tweet utile et fort &#224; propos diffus&#233; par Inna Shevchenko le 15 juillet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Celle-ci n'a pas franchement l'air de choquer leur cort&#232;ge de soutiens de gauche (malgr&#233; les timides b&#233;mols de quelques-uns au PS et de Caroline Fourest), toujours plus enclins &#224; faire passer leur aversion envers les mahom&#233;tans pour du f&#233;minisme. Mona Chollet avance d'ailleurs que si la gauche d&#233;teste autant les musulmans, c'est peut-&#234;tre parce qu'elle se d&#233;teste elle-m&#234;me de ne plus croire en rien&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P&#233;riph&#233;ries, ao&#251;t 2013.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Par le biais des Antigones et de leur &#171; anti-imp&#233;rialisme &#187; affich&#233;, l'extr&#234;me droite &#8211; sans doute plus &#224; l'aise avec la notion de foi &#8211; vient donc d'attaquer la &#171; gauche &#187; sur sa gauche. Tout va bien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Parmi les Antigones &#8211; qui s'affirment apolitiques &#8211; ont &#233;t&#233; identifi&#233;es des membres du Renouveau fran&#231;ais, des Identitaires cannois et de G&#233;n&#233;ration identitaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tweet utile et fort &#224; propos diffus&#233; par Inna Shevchenko le 15 juillet dernier : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce qui peut &#234;tre plus stupide que le Ramadan ? Qu'est-ce qui est plus moche que cette religion ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;P&#233;riph&#233;ries&lt;/i&gt;, ao&#251;t 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La BD aussi fait voir du pays</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-BD-aussi-fait-voir-du-pays</link>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
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		<dc:subject>&#238;les r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>David Prudhomme</dc:subject>
		<dc:subject>&#238;les</dc:subject>
		<dc:subject>blues grec</dc:subject>
		<dc:subject>zonent</dc:subject>
		<dc:subject>haschich</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#8226; Ils sont Turcs en Gr&#232;ce ou Grecs des &#238;les r&#233;fugi&#233;s &#224; Ath&#232;nes. Ils sont pauvres et musiciens. La journ&#233;e, ils dorment, zonent et fument du haschich. La nuit, ils boivent, zonent et fument du haschich. Et jouent du R&#233;b&#233;tiko &#8211; &#171; On le nomme parfois le blues grec &#187; &#8211; dans des rades de quartiers mal fam&#233;s. &#192; partir de 1936, sous la dictature de M&#233;taxas, ces marginaux &#224; bouzouki &#171; devaient &#234;tre mat&#233;s &#187;. C'est leur histoire que nous raconte superbement David Prudhomme dans un album sorti en 2010, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no105-novembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;105 (novembre 2012)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8226; Ils sont Turcs en Gr&#232;ce ou Grecs des &#238;les r&#233;fugi&#233;s &#224; Ath&#232;nes. Ils sont pauvres et musiciens. La journ&#233;e, ils dorment, zonent et fument du haschich. La nuit, ils boivent, zonent et fument du haschich. Et jouent du R&#233;b&#233;tiko &#8211; &lt;i&gt;&#171; On le nomme parfois le blues grec &#187;&lt;/i&gt; &#8211; dans des rades de quartiers mal fam&#233;s. &#192; partir de 1936, sous la dictature de M&#233;taxas, ces marginaux &#224; bouzouki &lt;i&gt;&#171; devaient &#234;tre mat&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. C'est leur histoire que nous raconte superbement &lt;a href=&#034;http://bderebetiko.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;David Prudhomme&lt;/a&gt; dans un album sorti en 2010, mais ligot&#233; par mes soins que r&#233;cemment. Revoil&#224; le clich&#233; du musicien sans le sou ni ma&#238;tre, dites-vous ? Peut-&#234;tre, et alors ? Laissez-vous faire, que diable ! Qu'elle est bonne, leur libert&#233; toute crue, dure, dr&#244;le parfois, pleine de vie, de gal&#232;res, d'amiti&#233;s et de coups partag&#233;s. On fini l'album comme si l'on avait pass&#233; toute une nuit &#224; errer et danser &#224; leurs c&#244;t&#233;s. Tout bourr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le conflit isra&#233;lo-palestinien ? Il y a belle lurette que vous avez abandonn&#233;. Et peut-&#234;tre m&#234;me n'avez-vous jamais tent&#233; d'y piger quoi que ce soit&#8230; Rassurez-vous, vous n'&#234;tes pas les seuls. Guy Delisle en fait l'aveu d&#232;s les premi&#232;res pages de ses &lt;a href=&#034;http://www.guydelisle.com/jerusalem/jeru-index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Chroniques de J&#233;rusalem&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; J'ai rien compris mais je me dis qu'avec une ann&#233;e enti&#232;re devant moi, je devrais arriver &#224; y comprendre quelque chose&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Un bon gars, ce Delisle : de son s&#233;jour en Isra&#235;l &#8211; o&#249; il a suivi sa compagne membre de M&#233;decins sans fronti&#232;res &#8211;, il nous a ramen&#233; un reportage de plus de trois cents pages sur la politique men&#233;e par l'&#201;tat h&#233;breu &#224; l'encontre des Palestiniens. Et, effectivement, il en pige des choses, &#224; travers son quotidien de p&#232;re de famille et d'auteur de bande dessin&#233;e. L'ouvrage est des plus didactique tout en r&#233;ussissant, une gageure &#233;tant donn&#233; le sujet, &#224; nous faire marrer au d&#233;tour de chaque page. Cependant, la posture de candide revendiqu&#233;e par l'auteur, qui ne d&#233;couvre la r&#233;alit&#233; du conflit qu'&#224; travers ses p&#233;r&#233;grinations, devient assez vite quelque peu artificielle. Comme si rien n'avait jamais &#233;t&#233; &#233;crit sur le sujet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Mana Neyestani, dessinateur iranien, a eu l'id&#233;e somme toute saugrenue de repr&#233;senter un cafard dans l'un de ses dessins de presse. Une b&#233;vue animali&#232;re lourde de cons&#233;quence puisque cela lui a valu de longs interrogatoires men&#233;s par de charmants agents du minist&#232;re des Renseignements et de la S&#233;curit&#233; nationale ainsi que deux mois de placard dans une prison non officielle &#8211; vous d&#233;couvrirez vous-m&#234;me pourquoi. &lt;i&gt;&#171; Bouleversant&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.caetla.fr/spip.php?article74&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une M&#233;tamorphose iranienne&lt;/a&gt; &lt;i&gt;est une plong&#233;e en apn&#233;e dans le syst&#232;me totalitaire kafka&#239;en mis en place par le r&#233;gime iranien &#187;&lt;/i&gt;, indiquent les &#233;diteurs. En effet. Mais nous retiendrons aussi comment l'ambassade de France, qui s'&#233;tait engag&#233;e &#224; lui &lt;i&gt;&#171; fournir un visa de toute urgence &#187;&lt;/i&gt;, l'a oubli&#233; aussi facilement que l'on oublie son premier cafard &#233;cras&#233; d'un coup de talon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Nous sommes la crise du capitalisme et nous devrions en &#234;tre fiers &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Nous-sommes-la-crise-du</link>
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		<dc:date>2012-10-10T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Bordier</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
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		<dc:subject>capitalisme</dc:subject>
		<dc:subject>devons</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il avait mis &#224; mal les dogmes de gauche dans son livre Changer le monde sans prendre le pouvoir, le sens de la r&#233;volution aujourd'hui (Syllepse-Lux, 2008) et ne s'&#233;tait pas fait que des amis parmi les repr&#233;sentants des partis d'extr&#234;me gauche et les militants professionnels. Aujourd'hui, John Holloway revient avec Crack Capitalism, 33 th&#232;ses contre le capital (Libertalia, 2012). On y gamberge dur, on y lit qu'il n'y a pas de petite r&#233;volte, que le capitalisme n'est pas qu'une forme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/devons" rel="tag"&gt;devons&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il avait mis &#224; mal les dogmes de gauche dans son livre &lt;i&gt;Changer le monde sans prendre le pouvoir, le sens de la r&#233;volution aujourd'hui&lt;/i&gt; (Syllepse-Lux, 2008) et ne s'&#233;tait pas fait que des amis parmi les repr&#233;sentants des partis d'extr&#234;me gauche et les militants professionnels. Aujourd'hui, John Holloway revient avec &lt;a href=&#034;http://editionslibertalia.com/Crack-Capitalism.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Crack Capitalism, 33 th&#232;ses contre le capital&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (Libertalia, 2012). On y gamberge dur, on y lit qu'il n'y a pas de petite r&#233;volte, que le capitalisme n'est pas qu'une forme d'organisation &#233;conomique, que le temps de l'horloge ou l'identification de genre sont des formes propres &#224; la dynamique capitaliste, que la fin de ce syst&#232;me c'est ici et maintenant. Discussion avec un Irlandais install&#233; au Mexique, chercheur erroriste sans chapelle qui, en pensant le monde &#224; l'envers, remet les id&#233;es &#224; l'endroit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_438 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH374/97remiholloway-66d08.png?1779603795' width='400' height='374' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Vous avez &#233;crit et soutenu qu'il est n&#233;cessaire de &lt;i&gt;&#171; changer le monde sans prendre le pouvoir &#187;&lt;/i&gt;. Quel regard portez-vous sur les diff&#233;rentes &#233;lections qui se d&#233;roulent ou se sont d&#233;roul&#233;es en Europe ces derniers temps ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;John Holloway :&lt;/strong&gt; Je ne voudrais pas &#234;tre brusque, encore moins dans la premi&#232;re r&#233;ponse, mais je pense qu'il faut s'interroger sur la situation grecque. En France, c'est tr&#232;s bien que Nicolas Sarkozy soit parti, mais la victoire de Fran&#231;ois Hollande ne me fait pas sauter de joie. La Gr&#232;ce en revanche, soul&#232;ve des questions cruciales, autant dans la perspective &#233;tatiste qu'anti&#233;tatiste, puisque c'est une situation de craquement intense, une situation qui va droit dans le mur. Le capital nous force &#8211; nous, en Gr&#232;ce &#8211; &#224; nous mettre &#224; genoux, il nous dit : &lt;i&gt;&#171; Incline-toi, soumets-toi &#187;&lt;/i&gt;. Et courageusement nous lui r&#233;pondons : &lt;i&gt;&#171; Non, nous ne nous soumettons pas &#187;&lt;/i&gt;. C'est une parole courageuse, mais nous ne savons pas vraiment comment &#233;viter d'&#234;tre vaincus dans une telle situation. Si le parti Syriza avait gagn&#233; et form&#233; un gouvernement, ou s'il y arrive un jour, que pourrait-il faire ? Pourrait-il faire autre chose que ren&#233;gocier une restructuration du capital, comme l'ont fait les gouvernements de Cristina et Nestor Kirchner en Argentine, ou le gouvernement d'Evo Morales en Bolivie ? Ce serait certainement mieux que les vieux partis, tout comme les Kirchner ont &#233;t&#233; moins pire que Carlos Menem, et Evo meilleur que ses pr&#233;d&#233;cesseurs. Mais cela signifierait toujours se soumettre au capital. Notre seul chemin pour sortir de la crise capitaliste est de construire des modes de vie diff&#233;rents. C'est ce que de nombreux groupes et individus tentent de faire, par choix ou par n&#233;cessit&#233;, et c'est le chemin que nous devons emprunter, m&#234;me s'il est difficile d'en faire une vraie alternative. Si Syriza gouvernait la Gr&#232;ce, pourrait-il de quelque mani&#232;re que ce soit cr&#233;er une rupture avec le capitalisme, en s'alliant avec d'autres groupes radicaux ? Il est difficile de voir comment cela pourrait avoir lieu, m&#234;me si le bon c&#244;t&#233; de l'histoire est de nous forcer &#224; toujours tout repenser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans &lt;i&gt;Changer le monde sans prendre le pouvoir&lt;/i&gt;, vous d&#233;truisez une vieille hypoth&#232;se : il faudrait construire des organisations fortes et s'emparer du pouvoir pour changer radicalement la soci&#233;t&#233;. Que retenez-vous des discussions qu'il a soulev&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose plus que toute autre : pour ceux et celles qui ne sont pas int&#233;ress&#233;s par la prise du pouvoir d'&#201;tat, reste l'interrogation : comment d&#233;truire le capitalisme ? C'est ce &#224; quoi j'essaie de r&#233;pondre dans ce nouveau livre. Et je ne peux bien s&#251;r pas&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_439 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH756/97remiholloway2-db8bc.png?1779603795' width='400' height='756' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;r&#233;pondre ! Mais j'esp&#232;re r&#233;ussir &#224; porter cette id&#233;e et ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;crivez que &lt;i&gt;Crack Capitalism&lt;/i&gt; est la fille de ce premier livre ? Faut-il conna&#238;tre la m&#232;re pour mieux rencontrer sa fille ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, je ne pense pas. Sans aucun doute, je l'ai &#233;crit comme un livre ind&#233;pendant. Mais je le vois tout de m&#234;me comme la fille de Changer le monde dans la mesure o&#249; il est le r&#233;sultat direct des discussions provoqu&#233;es par ce pr&#233;c&#233;dent livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous nous pr&#233;sentez le capitalisme comme une forme de coh&#233;sion sociale sans cesse contrari&#233;e par nos inadaptations et nos insoumissions : les br&#232;ches et les failles&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme est un syst&#232;me de domination. Il est fond&#233; sur notre subordination &#224; une dynamique que nous ne contr&#244;lons pas : la logique de l'argent, la logique du profit. Une br&#232;che est un espace ou un moment o&#249; nous n'ob&#233;issons pas, o&#249; nous refusons de nous soumettre &#224; cette dynamique et o&#249; nous agissons en fonction de ce que nous consid&#233;rons comme d&#233;sirable ou n&#233;cessaire. C'est un refus-et-cr&#233;ation, une dignit&#233;. Les br&#232;ches peuvent &#234;tre petites ou grandes, mais elles existent partout. Le soul&#232;vement zapatiste est une br&#232;che, belle et dramatique, un refus-et-cr&#233;ation immense. Mais je pense qu'un journal comme &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; peut aussi &#234;tre vu comme une br&#232;che, une marche dans la &#171; mauvaise &#187; direction. Et probablement, pour ceux et celles qui nous lisent en ce moment, l'effort de refus-et-cr&#233;ation est une part importante de la vie, une tentative toujours contradictoire. Et &#224; moins que ces lecteurs soient une sorte d'&#233;lite, nous devons nous demander comment le mouvement de refus-et-cr&#233;ation fait partie d'une exp&#233;rience commune de la vie dans la soci&#233;t&#233; capitaliste. En d'autres mots, la notion de br&#232;che bouge comme une question, c'est une invitation pour chacun &#224; observer et essayer de comprendre en quoi le monde est rempli de rebellions anticapitalistes. Si nous ne voyons pas que l'anticapitalisme est la chose la plus commune au monde, rien ne sert de r&#234;ver &#224; une r&#233;volution anticapitaliste. Elle ne serait qu'un autre tournant &#233;litiste dans les sch&#233;mas de la domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi dites-vous que nous sommes responsables de la crise du capitalisme et qu'il faut s'en r&#233;jouir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le capitalisme n'est pas qu'un syst&#232;me de domination, c'est une dynamique de la domination qui s'intensifie toujours. Son fonctionnement demande une subordination toujours plus grande de nos vies &#224; sa logique. Si tu veux, cela peut &#234;tre exprim&#233; th&#233;oriquement comme la baisse tendancielle du taux de profit, ou, la d&#233;termination de la valeur par le temps de travail socialement n&#233;cessaire : la r&#232;gle du capital repose sur l'id&#233;e du &#171; plus-vite-plus-vite-plus-vite &#187;. Si le capital est en crise, cela ne peut &#234;tre que le r&#233;sultat du fait que nous n'intensifions pas notre subordination &#224; sa r&#232;gle &#224; un degr&#233; suffisant pour qu'il fonctionne correctement. Nous sommes la crise du capitalisme, nous sommes la crise du syst&#232;me qui nous m&#232;ne &#224; notre destruction. Nous sommes la crise du capitalisme et nous devrions en &#234;tre fiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment cette approche peut-elle nous servir &#224; changer le monde en ces temps de &#171; crise globale &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a que deux voies de sortie &#224; la crise. L'une est d'accepter les exigences du capital et s'incliner devant sa r&#232;gle, sachant qu'il en demandera encore plus, que la prochaine crise arrivera bient&#244;t et que la voie capitaliste est celle de l'autodestruction humaine. L'autre chemin est celui du refus de la dynamique capitaliste, de la construction de mani&#232;res de faire diff&#233;rentes, de diff&#233;rentes fa&#231;ons de se relier les uns aux autres. Nous faisons &#231;a tout le temps, les br&#232;ches, mais la question vraiment difficile est de savoir comment nos mani&#232;res de faire diff&#233;rentes ont la force de percer le capital. C'est ce qui se joue maintenant en Gr&#232;ce, et partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les textes th&#233;oriques trouvent peu de lecteurs. Selon vous, penser contre le capital, c'est d&#233;j&#224; une des br&#232;ches dont vous parlez ? Cela suffit-il &#224; envisager un changement radical ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Penser fait partie du mouvement contre le capital. Pour r&#233;sister et se rebeller, nous avons besoin de nous interroger sur nos pratiques et sur ce que nous faisons, et pour pouvoir penser nous avons besoin de r&#233;sister et de nous rebeller. Si l'on s&#233;pare&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_440 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH457/97remiholloway3-bae4a.png?1779603795' width='400' height='457' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;la th&#233;orie et la pratique, nous ne pensons ni n'agissons pas bien. Penser contre le capital peut &#234;tre une br&#232;che, et c'est &#233;videmment une part n&#233;cessaire de chaque br&#232;che. Mais non, je ne pense pas que cela soit suffisant. Le probl&#232;me r&#233;el est de savoir comment nous disons &#171; Non &#187; et cr&#233;ons les bases pour une forme diff&#233;rente d'organisation sociale. Il ne suffit pas de penser contre le capital car on ne peut vivre de la seule pens&#233;e. Il n'est pas non plus suffisant de faire tomber le gouvernement, nous devons en fait casser la dynamique du capital. Et nous devons partir du fait que nous ne savons pas comment le faire &#8211; c'est pourquoi penser est important. Si, au contraire, nous voulons simplement appliquer des mod&#232;les pr&#233;existants de r&#233;volution, alors nous n'avons probablement pas besoin de beaucoup penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Crack Capitalism&lt;/i&gt; bouleverse les concepts sur son passage : le genre, les classes sociales, l'&#201;tat, la marchandise, l'argent&#8230; Il est aussi beaucoup question du temps. Proposez-vous de vivre hors du temps ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, au contraire, nous devons vivre &#224; temps, dans notre temps. Nous devons transformer le temps de l'horloge du capitalisme qui s'impose &#224; nous et nous domine en notre temps v&#233;cu, dans les rythmes de notre faire, en un pr&#233;sent qui r&#233;sonne avec les m&#233;moires et les d&#233;sirs du pass&#233; et qui s'&#233;tire dans le &#171; pas-encore &#187; d'un futur possible. La pens&#233;e r&#233;volutionnaire traditionnelle, ce qui est en soit d&#233;j&#224; un paradoxe, acceptait une s&#233;paration franche entre le pass&#233;, le pr&#233;sent et le futur : une s&#233;paration propre &#224; la pens&#233;e bourgeoise. Par cons&#233;quent, le mot &#171; r&#233;volution &#187; est presque ins&#233;parable du mot &#171; futur &#187; : nous r&#234;vons tous d'une r&#233;volution future. Que l'on se revendique anarchiste ou communiste, ou plus raisonnablement les deux &#224; la fois, nous imaginons &#224; quoi le monde ressemblerait apr&#232;s la r&#233;volution. Mais c'est un non-sens total. Si nous pensons la r&#233;volution comme un &#233;v&#233;nement futur, alors nous sommes oblig&#233;s de reproduire le capitalisme en l'attendant et, de la m&#234;me mani&#232;re, en reproduisant le capitalisme nous repoussons encore la r&#233;volution dans le futur. Une autre mani&#232;re de l'exprimer est en termes de verbes et de noms. La s&#233;paration nette entre le pass&#233;, le pr&#233;sent et le futur cr&#233;e une domination des noms, un monde domin&#233; &#224; chaque instant par un ordre des choses identifi&#233;es : le f&#233;odalisme, le capitalisme, le communisme, et ainsi de suite. Essayons de dissoudre la distinction entre pass&#233;, pr&#233;sent et futur, qui nous fige dans une place, en transformant les noms en verbes. On voit alors que le capitalisme est un processus constant qui capitalise la vie, qui mon&#233;tarise l'ensemble de nos interactions sociales. Or ce processus est une lutte contre son mouvement contraire, celui qui communise. L'id&#233;e d'un communisme futur est une absurdit&#233; qui nous emp&#234;che de percevoir que notre existence m&#234;me consiste &#224; communiser ici et maintenant. Nos vies sont d&#233;chir&#233;es, individuellement et collectivement, par l'affrontement antagoniste et in&#233;vitable entre le capitalisant/mon&#233;tarisant et le communisant, ou mieux les communisants, parce que communiser ne peut &#234;tre qu'exp&#233;rimental. Le mouvement qui communise se d&#233;place contre celui qui capitalise, le long des interstices que sont les br&#232;ches et les failles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pouvez-vous revenir sur le refus du travail, qui anime votre critique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que le rejet du travail, en tant qu'activit&#233; qui nous est impos&#233;e de l'ext&#233;rieur, fait partie de nos exp&#233;riences quotidiennes. C'est s&#251;rement pourquoi les mouvements anticapitalistes disent de plus en plus ouvertement que la lutte contre le capital est une lutte contre le travail. Le communisme (quel que soit le nom qu'on veuille lui donner) ne serait pas fond&#233; sur l'&#233;mancipation du travail (comme les horribles exemples de la Russie ou de la Chine l'&#233;taient sans aucun doute) mais comme une &#233;mancipation contre le travail. Mais on ne peut pas aller bien loin en rejetant le travail sans d&#233;fendre une forme alternative d'activit&#233; &#224; sa place. Une activit&#233; que j'appelle le &#171; faire &#187;. Notre probl&#232;me est alors de trouver comment articuler la force du faire de telle sorte qu'elle d&#233;passe et brise la r&#232;gle du travail. Le futur du monde d&#233;pend de &#231;a. Je pense &#224; Fotis, un ami en Gr&#232;ce qui pendant des ann&#233;es a altern&#233; p&#233;riodes de ch&#244;mage et boulots pr&#233;caires, ce qui est une exp&#233;rience partag&#233;e par des millions de personnes en Europe et ailleurs dans le monde. C'est une forme de libert&#233; dans un sens, mais ce sont aussi de grandes frustrations et une vie de pauvret&#233; prolong&#233;e &#224; une &#233;poque o&#249; il n'y a rien d'attrayant dans la pauvret&#233;. Pense maintenant &#224; Franklin Roosevelt et son New Deal. Les gens admirent Roosevelt pour avoir adopt&#233; les politiques keyn&#233;siennes de d&#233;penses publiques et sauv&#233; les gens de la pauvret&#233; en les mettant au travail, &#224; construire des routes et autres travaux publics. Alors que la crise s'approfondit et continue, les gens attendront de plus en plus ce genre de solutions. &#201;videmment, ce n'est pas la voie &#224; suivre. D'abord parce que ce n'est probablement plus possible dans un monde o&#249; le capital est extr&#234;mement mobile, et que la base r&#233;elle de &#171; l'&#226;ge d'or &#187; keyn&#233;sien du capitalisme d'apr&#232;s-guerre &#233;tait le massacre de 50 millions de personnes pendant la&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_441 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH443/97remiholloway4-bfdab.png?1779603795' width='400' height='443' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Seconde Guerre mondiale. Deuxi&#232;mement, parce que mettre les gens au travail signifiait les int&#233;grer dans le travail capitaliste, pour reconstruire le capitalisme. Il ne suffit pas de dire que ce n'est pas la solution, et nous devons admettre qu'une r&#233;ponse comme celle de Roosevelt est attirante. En d'autres mots, quand nous critiquons le travail, nous devons reconna&#238;tre dans le m&#234;me temps les grandes frustrations v&#233;cues quand on en est exclu. Comment pouvons-nous &#234;tre anti-Roosevelt ou alter-Roosevelt ? Comment pouvons-nous partir de la frustration explosive du ch&#244;mage-pr&#233;carit&#233; qui se g&#233;n&#233;ralise et, par en bas, canaliser cette immense force explosive-cr&#233;ative en des mani&#232;res de faire diff&#233;rentes, en un faire qui casse la frustration-pauvret&#233;-isolement-d&#233;pression du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233; ? Bien s&#251;r, cela signifie saisir des moyens de production ici et maintenant, autant que possible, mais peut-&#234;tre aussi r&#233;inventer des moyens de production qui soient vraiment les n&#244;tres. C'est ce que nous faisons d&#233;j&#224;. Mais nous devons nous concentrer clairement sur la lutte pour un monde de faire-contre-le-travail, maintenant, comme la seule mat&#233;rialisation r&#233;elle d'un espoir pour les millions et les millions de gens vivant la m&#234;me vie que Fotis. C'est la cl&#233; du d&#233;passement en Gr&#232;ce, mais aussi partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donc, plut&#244;t que de d&#233;truire le capitalisme, il ne faut pas le reproduire. Mais vous ne donnez pas de r&#233;ponses&#8230; C'est stimulant, mais aussi angoissant. Quelque chose &#224; ajouter, pour nous rassurer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, bien s&#251;r que non ! Il n'y a aucun moyen de se rassurer. Mais je pense que transformer la question r&#233;volutionnaire de &lt;i&gt;&#171; comment d&#233;truirons-nous le capitalisme ? &#187;&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;&#171; comment pouvons-nous arr&#234;ter de fabriquer le capitalisme ? &#187;&lt;/i&gt; place le pouvoir de notre faire au centre. C'est bien nous qui cr&#233;ons ce syst&#232;me affreux, ici et maintenant. Que pouvons-nous faire pour cesser de le recr&#233;er demain et, &#224; la place, faire de nos vies quelque chose d'appr&#233;ciable ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis et traduits par Julien Bordier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du 99</title>
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&lt;p&gt;Les articles sont mis en ligne au fil de l'eau apr&#232;s la parution du CQFD d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... &#171; Le sport est un urbanisme de combat &#187; &gt;Dossier. Tony Blair l'avait promis, les conservateurs l'ont fait. L'organisation des Jeux olympiques de Londres a acc&#233;l&#233;r&#233; le nettoyage des quartiers populaires de l'East End et l'&#233;closion, autour des stades et autres installations sportives, de zones urbaines vou&#233;es &#224; la consommation et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les articles sont mis en ligne &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no99-avril-2012'&gt;au fil de l'eau&lt;/a&gt; apr&#232;s la parution du &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_354 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH511/UneCQFD99small-4c744.png?1779602799' width='400' height='511' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le sport est un urbanisme de combat &#187; &gt;&lt;/strong&gt;Dossier. Tony Blair l'avait promis, les conservateurs l'ont fait. L'organisation des Jeux olympiques de Londres a acc&#233;l&#233;r&#233; le nettoyage des quartiers populaires de l'East End et l'&#233;closion, autour des stades et autres installations sportives, de zones urbaines vou&#233;es &#224; la consommation et aux classes sociales &#224; gros pouvoir d'achat. Dans les quartiers, beaucoup voient d'un mauvais &#339;il l'effacement de leur convivialit&#233; et de leur m&#233;moire historique. Reportage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Gr&#232;ce : Les JO creusent la dette &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Les propos de Jacques Rogge, pr&#233;sident du Comit&#233; international olympique, seront bien insuffisants pour &#233;roder l'enthousiasme sportif. &lt;i&gt;&#171; On peut franchement dire que les Jeux de 2004 [&#224; Ath&#232;nes] ont jou&#233; un r&#244;le. Si vous regardez la dette ext&#233;rieure de la Gr&#232;ce, deux &#224; trois pour cent peuvent &#234;tre attribu&#233;s aux Jeux &#187;&lt;/i&gt;, a-t-il d&#233;clar&#233; dans la capitale hell&#233;nique le 27 d&#233;cembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Gaffe &#224; la charge de l'&#201;l&#233;phant &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Ne comptez pas sur une multinationale pour vous encourager &#224; monter une coop&#233;rative ouvri&#232;re. Surtout si elle a en projet de d&#233;localiser votre usine vers des contr&#233;es au dumping social plus sexy. Mais faut-il vraiment demander la permission ? Chez Fralib, on se demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Dieu est un pilote de Rafale &#187; &gt;&lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#171; Nous ne sommes pas Dieu, nous ne sommes pas tout-puissants &#187;&lt;/i&gt;, s'emportait Rony Brauman en mars 2011 apr&#232;s que les premiers missiles occidentaux furent canard&#233;s sur la Libye pour, selon la r&#233;solution 1976 de l'ONU, &lt;i&gt;&#171; prot&#233;ger les populations civiles &#187;&lt;/i&gt;. L'ex-taulier de M&#233;decins sans fronti&#232;res se trompait. Tel un Dieu odieux, nous avons engendr&#233; tout un monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mal vivre tue &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Fin mars, en Italie, deux ma&#231;ons cribl&#233;s de dettes se sont immol&#233;s par le feu, l'un &#224; Bologne, l'autre &#224; V&#233;rone. En Gr&#232;ce, dans ce pays qui en deux ans a vu doubler le nombre de suicides alors que le taux y &#233;tait jusqu'alors le plus bas d'Europe, une pratique se r&#233;pand : celle de s'enfermer dans sa voiture et de se pr&#233;cipiter dans un bassin portuaire. Le 5 avril au matin, sur la place Syngtama d'Ath&#232;nes, un homme s'est tir&#233; une balle dans la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Des villes en jeu &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Courir, sauter, franchir des murs, utiliser les reliefs, les immeubles, les obstacles, le mobilier urbain, &#224; l'instar des h&#233;ros du film &lt;i&gt;Yamakasi&lt;/i&gt;, cela s'appelle faire du parkour. Ceux qui pratiquent ce genre d'activit&#233; s'autod&#233;finissent comme des traceurs. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a donn&#233; la parole &#224; l'un d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Non l&#233;tale, mon &#339;il ! &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Le 27 d&#233;cembre 2007, quelques centaines d'&#233;tudiants manifestent contre la loi LRU dans les rues de Nantes. Arriv&#233;s devant le rectorat, apr&#232;s que certains d'entre eux ont r&#233;ussi &#224; &#233;carter le grillage d'enceinte, ils p&#233;n&#232;trent dans le parc qui entoure le b&#226;timent administratif. Le commissaire Monard, directeur d&#233;partemental de la s&#233;curit&#233; publique, envoie ses troupes compos&#233;es de gendarmes mobiles, de flics cagoul&#233;s des Compagnies d&#233;partementales d'intervention et de cow-boys de la Bac. Ils encerclent les manifestants et les repoussent &#224; l'ext&#233;rieur par un portail. Deux ou trois projectiles seraient alors partis depuis les rangs &#233;tudiants. Aussit&#244;t, des policiers tirent des balles en caoutchouc &#224; travers les grilles. Deux jeunes sont touch&#233;s en pleine t&#234;te. Un troisi&#232;me perdra un &#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; La t&#234;te dans le micro-ondes &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Le populo est peut-&#234;tre accro &#224; son portable, mais qu'on lui plante une antenne relais au fond de son jardin, et le v'l&#224; qu'il s'inqui&#232;te et voit rouge. Quasi pr&#234;t &#224; mener la fronde pour &#233;viter de se manger un trop plein d'ondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mais qu'est-ce qu'on va faire de... Lor&#224;nt Deutsch &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Lunettes sur le nez, sweet &#224; capuche, sourire sympathique, le p'tit gars Lor&#224;nt Deutsch affiche le style cool du type sorti du ruisseau, fl&#226;neur amoureux de Paris, ville &#224; laquelle il d&#233;dicace son &lt;i&gt;M&#233;tronome &#8211; L'Histoire de France au rythme du m&#233;tro parisien&lt;/i&gt; (&#201;ditions Michel Lafon, 2009). Encens&#233; par les m&#233;dias, ce bouquin s'est &#233;coul&#233; &#224; un million cinq cent mille exemplaires, et va &#234;tre adapt&#233; en documentaire pour France 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un petit Fukushima-sur-Manche ? &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Le 6 avril 2012, l'Autorit&#233; de s&#251;ret&#233; nucl&#233;aire (ASN) a publi&#233; un communiqu&#233; de presse tout &#224; fait rassurant &#224; propos de la situation concernant la centrale nucl&#233;aire de Penly, en Seine-Maritime. &lt;i&gt;&#171; [Ce matin] vers 7 heures, l'ASN a eu confirmation par EDF qu'il n'y avait plus de fuite dans la pompe primaire num&#233;ro un du r&#233;acteur num&#233;ro deux. Cet incident survenu sur la pompe n'a pas eu de cons&#233;quence sur l'environnement. L'ASN a provisoirement class&#233; cet &#233;v&#233;nement au niveau un sur l'&#233;chelle INES. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pied-rouge, &#8220;idiot utile&#8221; ? &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Jeunes fran&#231;ais militants, engag&#233;s &#224; gauche, ils ont rejoint l'Alg&#233;rie &#224; partir de 1962 pour aider le nouveau pays &#224; se construire. Avant de plier bagage quelques ann&#233;es plus tard, d&#233;senchant&#233;s. On les appelle les pieds-rouges, et &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a rencontr&#233; l'un d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'ennemi est &#224; l'int&#233;rieur &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Vaste programme ! Le 4 avril, le juge Thierry Fragnoli a &#233;t&#233;, &#224; sa demande, dessaisi de &lt;i&gt;&#171; l'affaire Tarnac &#187;&lt;/i&gt;, au pr&#233;texte de &lt;i&gt;&#171; ramener de la s&#233;r&#233;nit&#233; dans ce dossier &#187;&lt;/i&gt;. Non pas parce que, visiblement, l'instruction c&#232;de le d&#233;lire tragique au ridicule : bidouillages des enqu&#234;teurs, exag&#233;ration des faits, absence de preuves, manipulations malodorantes entre services de police, surench&#232;res narcissiques d'hommes d'&#201;tat et de fonctionnaires d&#233;sireux de gagner des points de carri&#232;re&#8230; Mais parce que le juge anti-terroriste n'en pouvait plus, selon ses dires, de ces &lt;i&gt;&#171; campagnes de presse relayant des attaques personnelles &#187;&lt;/i&gt;. Le p&#244;vre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#8220;Tenon&#8221; bon &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Chronique Les entrailles de Mademoiselle. Samedi 31 mars dernier, devant l'h&#244;pital Tenon &#224; Paris, des anti-IVG rev&#234;tus de robes rouges psalmodient des pri&#232;res en latin et brandissent des crucifix ou des images de f&#339;tus. Sur le trottoir d'en face, des passants attroup&#233;s regardent le groupe d'illumin&#233;s se livrer &#224; leurs &#233;tranges rituels. Une habitante du quartier se plaint : &lt;i&gt;&#171; Ils sont l&#224; tout le temps, on n'en peut plus ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#192; Barb&#232;s, un r&#234;ve part en fum&#233;e &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Ahmed et Medhi, clandestins tunisiens, racontent leur histoire de vendeurs de clopes &#224; la sauvette. Entre envie de &lt;i&gt;&#171; faire son trou &#224; Paris &#187;&lt;/i&gt; et r&#234;ves br&#251;l&#233;s se dessine l'impasse d'une vie faite de gal&#232;res quotidiennes, sur fond de chasse aux pauvres&#8230; Bienvenue &#224; Barb&#232;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Laurent Joffrin se foutrait-il ? &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Chronique Rage dedans. Dans &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur &lt;/i&gt; (rires), cette semaine, le taulier, Laurent Joffrin, pique une monstrueuse col&#232;re contre &lt;i&gt;&#171; l'hebdomadaire mondialement connu&lt;/i&gt; The Economist&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, qui a eu, quelques jours plus t&#244;t, l'&#224; peine croyable effronterie de narrer que &lt;i&gt;&#171; la France &#187;&lt;/i&gt; est &#224; son avis &lt;i&gt;&#171; dans le d&#233;ni des r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques les plus &#233;l&#233;mentaires &#187;&lt;/i&gt;, et de lui dispenser une s&#233;v&#232;re le&#231;on de capitalisme, du style, maintenant, les mangeurs de grenouilles, faut vous r&#233;duire la d&#233;pense publique, ou sinon vous allez finir comme des putains de Grec(que)s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un infini chagrin &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Chronique Je vous &#233;cris de l'usine. Contrairement &#224; la plupart des anciens de l'usine qui n'aspirent qu'&#224; partir en retraite, il y a quelques &#233;nergum&#232;nes qui s'y refusent obstin&#233;ment. C'est comme s'ils voulaient mourir sur sc&#232;ne, du moins dans l'atelier ou le bureau. Il y a toujours eu quelques cadres dirigeants qui se sentaient tellement indispensables qu'ils ne voulaient pas partir. Parce qu'ils avaient une pseudo-mission &#224; terminer, pour ne pas laisser la place &#224; un jeune loup aux dents longues, ou pour qu'on ne d&#233;couvre pas des secrets qui auraient fait tache sur leur CV, m&#234;me de retrait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mitterrand et l'Alg&#233;rie &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Les vieux dossiers. En ce temps-l&#224;, la prison situ&#233;e dans la partie haute de la casbah d'Alger s'appelait Barberousse, souvenir du c&#233;l&#232;bre corsaire &#224; la botte de l'empire ottoman. On imagine l'effroi qu'un tel nom pouvait provoquer chez les prisonniers... En cette nuit du 19 juin 1956, Abdelkader Ferradj et Mohamed Ben Zabana marinent eux aussi s&#251;rement dans l'effroi : au premi&#232;res lueurs de l'aube, ce seront les deux premiers militants du Front de lib&#233;ration nationale (FLN) &#224; &#234;tre guillotin&#233;s. Leur ex&#233;cution a &#233;t&#233; act&#233;e deux semaines auparavant par la chancellerie fran&#231;aise. Le ministre de la Justice, un certain Fran&#231;ois Mitterrand, a refus&#233; le recours en gr&#226;ce des deux condamn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Enhardir les esprits ! &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Chronique Cap sur l'utopie ! J'ai devant moi deux livres se flattant d'appeler au d&#233;passement du capitalisme et de la logique productiviste. Survolons-les cauteleusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Dans ta face &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Sardon, d'abord, c'est Vincent : rien &#224; voir avec l'Internationale sardonique qui regroupait les bouffeurs de journalistes aux ordres et qui animait feus &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Plan B&lt;/i&gt;. Vincent Sardon, donc, petit-fils d'anarchiste espagnol et co-inventeur du fanzine &lt;i&gt;Ego comme X&lt;/i&gt;. Rien &#224; voir ? Quoique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'action sociale, c'est nous ! &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Ils sont une petite dizaine &#224; occuper deux mille m&#232;tres carr&#233;s habitables, avec un grand jardin, &#224; quelques encablures du centre-ville de Marseille. Que demande le peuple ! De ne pas se faire expulser par le centre communal d'action sociale. Car, justement, ils en font, du social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le Fric trop puissant &#187; &gt;&lt;/strong&gt; &#192; Marseille, les autorit&#233;s sont sur les dents. Un myst&#233;rieux groupuscule d'encagoul&#233;s est sur le point de frapper un grand coup. Certains experts ont cru d&#233;celer la marque d'Al-Qa&#239;da, d'autres la main de mafias corse ou serbo-croate&#8230; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est entr&#233; en contact avec la cellule de propagande du &lt;a href=&#034;http://www.marseille-en-guerre.org/spip.php?rubrique8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Front des r&#233;fractaires &#224; l'intoxication par la culture (Fric)&lt;/a&gt;. Romanqu&#234;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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