<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=2241&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La Macronie confine le droit du travail</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-Macronie-confine-le-droit-du</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-Macronie-confine-le-droit-du</guid>
		<dc:date>2020-04-10T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>salari&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>droit</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Borda&#231;ahar</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>cong&#233;s pay&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>cong&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Borda&#231;ahar</dc:subject>
		<dc:subject>secteurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de guerre &#233;conomique en temps d'&#233;pid&#233;mie, le gouvernement a port&#233; un coup violent au droit du travail pour le grand bonheur du patronat. Au programme ? Une semaine de travail qui pourra &#234;tre relev&#233;e &#224; 60 heures, des journ&#233;es de 12 heures, moins de temps de repos et la possibilit&#233; pour l'employeur d'imposer les dates de cong&#233;s. Ces mesures exposent encore plus les salari&#233;s au virus et menacent d'entrer un jour dans le droit commun. Du jamais vu depuis 1958. Lors du conseil des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salaries" rel="tag"&gt;salari&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droit" rel="tag"&gt;droit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/heures" rel="tag"&gt;heures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-Bordacahar" rel="tag"&gt;Nicolas Borda&#231;ahar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conges-payes" rel="tag"&gt;cong&#233;s pay&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conges" rel="tag"&gt;cong&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bordacahar" rel="tag"&gt;Borda&#231;ahar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/secteurs" rel="tag"&gt;secteurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de guerre &#233;conomique en temps d'&#233;pid&#233;mie, le gouvernement a port&#233; un coup violent au droit du travail pour le grand bonheur du patronat. Au programme ? Une semaine de travail qui pourra &#234;tre relev&#233;e &#224; 60 heures, des journ&#233;es de 12 heures, moins de temps de repos et la possibilit&#233; pour l'employeur d'imposer les dates de cong&#233;s. Ces mesures exposent encore plus les salari&#233;s au virus et menacent d'entrer un jour dans le droit commun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3317 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH283/-1512-d90a7.jpg?1782640554' width='400' height='283' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du jamais vu depuis 1958. Lors du conseil des ministres du 25 mars dernier, le gouvernement a d&#233;gain&#233; un arsenal de vingt-cinq ordonnances. Trois d'entre elles ciblent le droit du travail et ont &#233;t&#233; adopt&#233;es sans aucune consultation des syndicats. De quoi pr&#233;parer &#171; &lt;i&gt;le nouveau nouveau monde&lt;/i&gt; &#187; comme jubilait le jour m&#234;me l'endive &#224; &#233;charpe rouge Christophe Barbier sur BFM TV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de la loi d'&#233;tat d'urgence sanitaire approuv&#233;e quelques jours plus t&#244;t par le Parlement, cette rafale d'ordonnances permet aux &#171; &lt;i&gt;secteurs d'activit&#233;s particuli&#232;rement n&#233;cessaires &#224; la s&#233;curit&#233; de la Nation ou &#224; la continuit&#233; de la vie &#233;conomique et sociale&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ordonnance n&#176; 2020-323 du 25 mars 2020 &#187;, consultable sur le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de s'affranchir de la l&#233;gislation en termes de temps de travail jusqu'au 31 d&#233;cembre 2020. D'apr&#232;s le minist&#232;re du Travail, seront concern&#233;s les transports, la logistique, l'agroalimentaire, l'agriculture, l'&#233;nergie et les t&#233;l&#233;communications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces secteurs, la dur&#233;e quotidienne maximale de travail est port&#233;e &#224; 12 heures au lieu de 10 actuellement &#8211; celle du travail de nuit passe de 8 &#224; 12 heures. Les salari&#233;s pourront accomplir jusqu'&#224; 48 heures de labeur hebdomadaire en moyenne contre les 44 maximum en vigueur&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur une p&#233;riode de douze semaines cons&#233;cutives. Pour les travailleurs de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pire : au cours d'une m&#234;me semaine, il sera possible de faire trimer un salari&#233; pendant 60 heures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re mesure &#233;tait depuis quelques jours une revendication-phare du syndicat agricole majoritaire, la FNSEA. Les fronti&#232;res &#233;tant ferm&#233;es et les r&#233;coltes approchant, l'agriculture productiviste n'est plus en mesure de faire appel &#224; ses saisonniers en provenance du Maghreb&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La veille du conseil des ministres, la FNSEA lan&#231;ait une campagne &#171; Des bras (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, bon march&#233; et exploitables &#224; souhait.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Razzia sur les cong&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le respect de futurs accords de branche ou d'entreprise, les patrons des secteurs concern&#233;s par les ordonnances seront aussi autoris&#233;s &#224; diff&#233;rer ou &#224; imposer &#224; leurs employ&#233;s jusqu'&#224; six jours de cong&#233;s pay&#233;s &#8211; et ils pourront les pr&#233;venir un seul jour &#224; l'avance, contre quatre semaines &#224; l'origine. Par ailleurs, les employeurs pourront modifier &#171; &lt;i&gt;unilat&#233;ralement&lt;/i&gt; &#187; les jours de repos et exiger la prise de dix jours de RTT ou de compte &#233;pargne-temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le repos minimum entre deux journ&#233;es de travail est quant &#224; lui r&#233;duit de 11 &#224; 9 heures. Enfin, derni&#232;re mesure de ce carnage social, les ordonnances introduisent des d&#233;rogations au repos dominical pour que les bo&#238;tes puissent turbiner sept jours sur sept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Nicolas Borda&#231;ahar, avocat sp&#233;cialis&#233; en droit du travail intervenant aupr&#232;s des permanences syndicales sur Paris, ces d&#233;cisions l&#233;galisent a posteriori des pratiques patronales : &#171; &lt;i&gt;Depuis le d&#233;but du confinement, des employeurs ont forc&#233; leurs salari&#233;s &#224; se mettre en cong&#233;s pay&#233;s, en profitant du flou de la situation, du discours sur l'h&#233;ro&#239;sme des soignants et du fait que beaucoup de travailleurs pensaient encore qu'ils n'avaient pas le droit au ch&#244;mage partiel tant qu'ils n'avaient pas apur&#233; leurs cong&#233;s pay&#233;s &#8211; ce qui &#233;tait vrai il y a encore quelques ann&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; gouvernement, ces d&#233;rogations sur les cong&#233;s permettront surtout d'&#233;conomiser sur les d&#233;penses li&#233;es au ch&#244;mage partiel. Deux jours avant le conseil des ministres, celui des Comptes publics, G&#233;rald Darmanin, incitait &#224; la t&#233;l&#233;vision les salari&#233;s &#224; prendre des cong&#233;s pay&#233;s pendant le confinement afin de pouvoir travailler plus une fois l'&#233;pid&#233;mie termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Attention danger travail&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ces ordonnances sont compl&#232;tement contradictoires avec la volont&#233; de r&#233;soudre la crise sanitaire, car on prend des mesures &#224; la fois tr&#232;s dangereuses pour la sant&#233; des salari&#233;s et potentiellement accidentog&#232;nes&lt;/i&gt; &#187;, critique Nicolas Borda&#231;ahar. En effet, la l&#233;galisation des 60 heures hebdomadaires va &#224; contresens des 48 heures maximum pr&#233;conis&#233;es par l'Union europ&#233;enne. Un plafond &#233;tabli &#224; partir d'&#233;tudes d&#233;montrant qu'au-del&#224;, le salari&#233; est en &#233;tat d'&#233;puisement et se met gravement en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, ces d&#233;rogations exposent encore plus les travailleurs au virus. Entre le 22 et le 26 mars, un agent de s&#233;curit&#233; d'un centre commercial d'Aulnay-sous-Bois, un int&#233;rimaire &#224; Roissy et une caissi&#232;re d'un Carrefour de Saint-Denis d&#233;c&#233;daient des suites du coronavirus. En cette fin mars, la CGT a d&#233;j&#224; recens&#233; pr&#232;s de 200 travailleurs infect&#233;s, notamment au sein de l'usine de Renault Cl&#233;on (Seine-Maritime), chez Amazon ou parmi les livreurs. &#171; &lt;i&gt;On a des personnes qui, depuis l'urgence sanitaire, travaillent d&#233;j&#224; en risquant d'&#234;tre contamin&#233;es, mais au lieu de les m&#233;nager, on leur impose des cadences de travail encore plus infernales. Le tout avec moins de repos et jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e !&lt;/i&gt; &#187; s'indigne l'avocat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la CGT ou Solidaires pointent &#233;galement la d&#233;finition tr&#232;s large des secteurs dits &#171; vitaux &#187;, les syndicats redoutent surtout que ces mesures s'appliquent bien au-del&#224; du 31 d&#233;cembre prochain. Il y a effectivement peu de chances que la crise &#233;conomique due au coronavirus soit r&#233;solue d'ici la fin de l'ann&#233;e. Et &#224; l'instar des derni&#232;res mesures d'urgence en mati&#232;re d'antiterrorisme, la tentation sera tr&#232;s grande pour le gouvernement de prolonger ces d&#233;rogations, voire de les int&#233;grer dans le droit commun &lt;i&gt;(lire aussi en p. 7 l'interview de l'avocat Rapha&#235;l Kempf, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-principes-protecteurs-des' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Les principes protecteurs des personnes inculp&#233;es sont violent&#233;s &#187;&lt;/a&gt;)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est un effort long auquel nous allons tous ensemble faire face&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;chait le Premier ministre &#201;douard Philippe &#224; la sortie de cet affligeant conseil des ministres. Une d&#233;claration au faux go&#251;t d'union sacr&#233;e que fustige Nicolas Borda&#231;ahar : &#171; &lt;i&gt;Le gouvernement vient de cr&#233;er deux mondes du travail totalement diff&#233;rents, avec deux droits parall&#232;les : d'une part, celui des t&#233;l&#233;travailleurs et de ceux qui pourront se mettre en ch&#244;mage partiel, et d'autre part, celui des gal&#233;riens qui bosseront 60 heures par semaine en mettant gravement en p&#233;ril leur sant&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l Correia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041755940&amp;categorieLien=id&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ordonnance n&#176; 2020-323 du 25 mars 2020&lt;/a&gt; &#187;, consultable sur le site &lt;i&gt;Legifrance.gouv.fr&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur une p&#233;riode de douze semaines cons&#233;cutives. Pour les travailleurs de nuit, la dur&#233;e hebdomadaire de travail peut d&#233;sormais &#234;tre port&#233;e jusqu'&#224; 44 heures contre 40 heures maximum actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La veille du conseil des ministres, la FNSEA lan&#231;ait une campagne &#171; Des bras pour ton assiette &#187; incitant les Fran&#231;ais &#224; aller travailler dans les champs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face au Covid-19 en prison : amnistie g&#233;n&#233;rale !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Face-au-Covid-19-en-prison</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Face-au-Covid-19-en-prison</guid>
		<dc:date>2020-04-05T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'Envol&#233;e</dc:creator>


		<dc:subject>Gwen Tomahawk</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>prison</dc:subject>
		<dc:subject>prisons</dc:subject>
		<dc:subject>mars</dc:subject>
		<dc:subject>peine</dc:subject>
		<dc:subject>CRA</dc:subject>
		<dc:subject>prisonniers</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>peines</dc:subject>
		<dc:subject>CRA c'est</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Puisqu'on sait bien que les prisons sont un miroir de nos soci&#233;t&#233;s et qu'elles endurent actuellement une terrible crise sanitaire et sociale, CQFD a d&#233;cid&#233; de laisser carte blanche &#224; L'Envol&#233;e, journal anti-carc&#233;ral et abolitionniste, pour cette double page d'analyses et de t&#233;moignages. &#171; Avec le confinement, vous touchez du doigt &#8211; en plus roudoudou &#8211; ce que nous vivons au quotidien, nous les prisonniers : impossibilit&#233; d'aller et venir, privation de voir ses proches et soumission &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gwen-Tomahawk" rel="tag"&gt;Gwen Tomahawk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prison" rel="tag"&gt;prison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prisons" rel="tag"&gt;prisons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mars" rel="tag"&gt;mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peine" rel="tag"&gt;peine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRA" rel="tag"&gt;CRA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prisonniers" rel="tag"&gt;prisonniers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peines" rel="tag"&gt;peines&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRA-c-est" rel="tag"&gt;CRA c'est&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Puisqu'on sait bien que les prisons sont un miroir de nos soci&#233;t&#233;s et qu'elles endurent actuellement une terrible crise sanitaire et sociale, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a d&#233;cid&#233; de laisser carte blanche &#224; &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;, journal anti-carc&#233;ral et abolitionniste, pour cette double page d'analyses et de t&#233;moignages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH564/-1506-11b66.jpg?1782652958' width='400' height='564' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Gwen Tomahawk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Avec le confinement, vous touchez du doigt &#8211; en plus roudoudou &#8211; ce que nous vivons au quotidien, nous les prisonniers : impossibilit&#233; d'aller et venir, privation de voir ses proches et soumission &#224; l'arbitraire pour tout &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit un prisonnier &#224; &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;, &#224; l'heure o&#249; le pays est confin&#233; et les prisonniers et prisonni&#232;res plus coup&#233;s du monde que jamais. Ajout&#233;e &#224; l'absence de soins, la surpopulation carc&#233;rale &#8211; ou plut&#244;t, le surenfermement de la population &#8211; fait des prisons des lieux hautement pathog&#232;nes. Tous les ans, des &#233;pid&#233;mies s'abattent sur les personnes incarc&#233;r&#233;es : tuberculose, gale&#8230; Le Covid-19, qui ne fera pas exception, r&#233;v&#232;le la criante indignit&#233; de la prison.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Suspendre les parloirs ne prot&#233;gera pas les prisonniers&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette &#233;pid&#233;mie, Nicole Belloubet, la ministre des tribunaux et des prisons, a opt&#233; pour une mesure tr&#232;s brutale : la suppression des parloirs et de toutes les activit&#233;s. Faute de pouvoir isoler les prisonniers en attribuant une cellule &#224; chacun (70 651 prisonniers et prisonni&#232;res au 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; janvier pour 61 080 places dans des cellules le plus souvent collectives) ; faute de distribuer &#224; toutes et tous des masques de protection, des tests et des solutions hydroalcooliques ; faute de confiner les matons qui continuent de rejoindre leurs familles chaque soir&#8230; l'&#201;tat consid&#232;re d'office que les prisonniers, les prisonni&#232;res et leurs proches ne seraient pas capables d'appliquer les fameux &#171; gestes barri&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de shit, des possibilit&#233;s de cantines (achats de produits de la vie courante) restreintes, plus d'activit&#233;s, plus de parloirs, 22 heures sur 24 en cellule et d&#233;j&#224; des promenades r&#233;duites dans certaines prisons. Celles et ceux qui sont enferm&#233;s sont &#224; la fois en col&#232;re et inquiets : les rares mouvements et contacts qui rendent la d&#233;tention supportable disparaissent du jour au lendemain sans qu'ils et elles se sentent prot&#233;g&#233;&#8226;es pour autant. Ces mesures sont ressenties comme absurdes et m&#233;prisantes parce que le pr&#233;tendu &#171; confinement &#187; est totalement inapplicable &#224; l'int&#233;rieur des prisons. Et ce n'est pas la g&#233;n&#233;rosit&#233; de la ministre (t&#233;l&#233;vision gratuite, un maigre cr&#233;dit t&#233;l&#233;phonique et une aum&#244;ne de 40 &#8364; pour les indigents) qui va &#233;touffer les craintes &#8211; et le feu.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des r&#233;voltes contre ces mesures&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures n'emp&#234;cheront pas l'&#233;pid&#233;mie de se r&#233;pandre. Elles ne servent qu'&#224; donner des gages aux personnels de l'Administration p&#233;nitentiaire (AP), et notamment aux matons, en diminuant les mouvements &#224; l'int&#233;rieur et le nombre de fouilles &#224; effectuer ; et donc les contacts. Ils ont aussi peur du coronavirus que des mutineries : ils savent tr&#232;s bien que les prisons vont se transformer &#224; la fois en cluster (foyer d'infection) et en cocotte-minute pr&#234;te &#224; exploser. Leur syndicat majoritaire (Force ouvri&#232;re) a d&#233;j&#224; menac&#233; d'user du droit de retrait, agitant l'exemple de l'Italie o&#249;, depuis le 8 mars, des &#233;meutes ont &#233;clat&#233; dans des dizaines de prisons, causant la mort d'au moins 14 prisonniers et plusieurs &#233;vasions collectives. Sur les toits, les prisonniers crient &#171; &lt;i&gt;Libert&#224; ! &#187;&lt;/i&gt; et exigent l'&lt;i&gt;indulto &lt;/i&gt;&#8211; l'amnistie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinze jours apr&#232;s, la r&#233;volte gronde dans toutes les prisons fran&#231;aises avec chaque jour des dizaines de mouvements collectifs : refus de remonter de promenade, mont&#233;es sur les toits, mutineries ; et d&#233;j&#224; des matons qui tirent, comme &#224; la maison d'arr&#234;t de Grasse (Alpes- Maritimes) et au centre de d&#233;tention d'Uzerche (Corr&#232;ze).&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Il faut vider les prisons&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette ambiance que la Contr&#244;leuse g&#233;n&#233;rale des lieux de privation de libert&#233; (CGLPL), Adeline Hazan, se fonde sur la protection que l'&#201;tat doit aux gens qui sont sous sa garde pour demander, le 17 mars, de &#171; &lt;i&gt;r&#233;duire la population p&#233;nale &#224; un niveau qui ne soit pas sup&#233;rieur &#224; la capacit&#233; d'accueil des &#233;tablissements &#187;&lt;/i&gt;, de &#171; &lt;i&gt;favoriser les sorties de prison et limiter les entr&#233;es &#187;&lt;/i&gt; et de &#171; &lt;i&gt;proc&#233;der sans d&#233;lai &#224; la fermeture temporaire des centres et locaux de r&#233;tention administrative &#187;&lt;/i&gt;. Du jamais vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, un texte sign&#233; par des organisations qui vont de l'Observatoire international des prisons &#224; l'Association nationale des juges de l'application des peines en passant par le Syndicat des avocats de France demande de &#171; &lt;i&gt;r&#233;duire drastiquement le nombre de personnes d&#233;tenues &#187;&lt;/i&gt;. Il &#233;num&#232;re diff&#233;rentes mani&#232;res de limiter les entr&#233;es : pr&#233;f&#233;rence aux peines alternatives, placement sous contr&#244;le judiciaire plut&#244;t qu'en d&#233;tention provisoire, report de la mise &#224; ex&#233;cution des peines de prison et limitation des comparutions imm&#233;diates, &#171; &lt;i&gt;particuli&#232;rement pourvoyeuses d'incarc&#233;rations &#187;&lt;/i&gt;. Le texte demande &#233;galement de faire sortir un maximum de personnes (en lib&#233;rant les pr&#233;venus sous contr&#244;le judiciaire, en multipliant les am&#233;nagements de peine, en anticipant les lib&#233;rations en fin de peine et en suspendant des peines pour raison m&#233;dicale). Les signataires sugg&#232;rent aussi d'augmenter les r&#233;ductions de peine, voire de voter une loi d'amnistie. De m&#233;moire de &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;, on n'avait jamais vu &#231;a non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus fort reste &#224; venir. Le 20 mars, la CGT p&#233;nitentiaire demande &#171; &lt;i&gt;un recours massif &#224; la gr&#226;ce individuelle pour le maximum de personnes incarc&#233;r&#233;es, en fonction du reliquat de peine restant et de la nature des infractions concern&#233;es &#187;&lt;/i&gt;. M&#234;me s'ils ne peuvent pas tout &#224; fait s'emp&#234;cher de jouer aux petits juges, ces surveillants envisagent la lib&#233;ration de presque 20 000 prisonniers condamn&#233;s &#224; des peines de moins d'un an !&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tout le monde dehors !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bon, on se calme, on reprend. Pour ce qui est des centres de r&#233;tention, le CGLPL le dit : tout le monde dehors. Pour ce qui est des prisons, on prend la calculette : 18 000 courtes peines + 20 000 pr&#233;venus en attente de jugement + 1 404 personnes en semi-libert&#233; + 611 personnes en centre de peine am&#233;nag&#233;e + 20 000 prisonniers en centre de d&#233;tention (r&#233;gime soi-disant orient&#233; vers la r&#233;insertion, donc la sortie) + les malades (chiffres non fournis)&#8230; on arrive d&#233;j&#224; &#224; plus de 60 000 personnes &#224; rel&#226;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons simplement : les mineur&#183;es (804) + les plus de 60 ans et toutes les personnes qui ont d&#233;j&#224; effectu&#233; des longues peines en d&#233;passant les quinze ans d'enfermement&#8230; Bon an mal an, on y est : autant arrondir &#224; 70 000 ! Soit l'amnistie g&#233;n&#233;rale ! Les prisonniers et les prisonni&#232;res l'exigent depuis vingt ans dans les colonnes de &lt;i&gt;L'Envol&#233;e &lt;/i&gt;&#8211; avec un autre argumentaire, certes ; mais si l&#224;, tout le monde est d'accord, on ne va pas chipoter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Et ne plus remplir les prisons !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Que tous ces gens s'entendent pour d&#233;finir l'enfermement comme un risque sanitaire et fassent pression sur la ministre pour vider les prisons, m&#234;me provisoirement, c'est historique. Malheureusement, on sait que &#231;a ne suffira pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me face au p&#233;ril sanitaire, l'imp&#233;ratif s&#233;curitaire reste le ma&#238;tre mot : la machine p&#233;nale est pens&#233;e pour remplir les prisons, pas pour les vider. Nicole Belloubet le confirme d&#232;s le 20 mars en s'engageant &#224; peine &#224; &#171; &lt;i&gt;travailler sur &lt;/i&gt;(sic) &lt;i&gt;les d&#233;tenus malades et sur les personnes &#224; qui il reste un mois de d&#233;tention &#187;&lt;/i&gt;. Elle finit par promettre 5 000 lib&#233;rations &#8211; tr&#232;s loin du compte &#8211; en pr&#233;cisant qu' &#187; &lt;i&gt;il n'y aura pas d'amnistie, car il faut pr&#233;server la s&#233;curit&#233; de la soci&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Ben tiens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux quelques &#171; &lt;i&gt;mesures qui veillent &#224; ne pas faire entrer de personnes suppl&#233;mentaires en prison &#187;&lt;/i&gt;, elles sont contredites par un amendement &#8211; adopt&#233; par l'Assembl&#233;e nationale d&#232;s le 21 mars &#8211; qui fait du non-respect &#224; quatre reprises des r&#232;gles de confinement un d&#233;lit puni de six mois d'emprisonnement. Cherchez l'erreur ! Le m&#234;me jour, quatre hommes arr&#234;t&#233;s pour ce motif ont &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233;s &#224; la prison de Villepinte (Seine-Saint- Denis) en attente de jugement pour &#171; outrage et r&#233;bellion &#187; et &#171; mise en danger de la vie d'autrui &#187;&#8230; Qui met la vie de qui en danger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit d&#233;j&#224; dans toute la soci&#233;t&#233; : la coercition de la politique s&#233;curitaire du gouvernement sera inversement proportionnelle &#224; sa scandaleuse gestion sanitaire. &#199;a se fera aussi sur le dos des prisonniers et prisonni&#232;res, &#224; moins qu'ils et elles trouvent des moyens d'imposer leur lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Force, courage et d&#233;contamination,
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Envol&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;PS : le vendredi 27 mars, 21 prisonniers et 50 personnels p&#233;nitentiaires avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; test&#233;&#183;es positifs au coronavirus. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Messages et lettres de prison&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; &#192; tous les fr&#233;rots en prison : &#224; partir du 19 mars, il faut qu'on bloque en promenade tous les jours jusqu'&#224; que l'&#201;tat accepte au minimum un parloir par semaine. Faut qu'on se fasse entendre bien plus haut que l'administration p&#233;nitentiaire : c'est l'&#201;tat qui dirige. Il faut faire du bruit. Ils nous disent que c'est pour quinze jours alors qu'ils savent tr&#232;s bien que c'est parti pour plusieurs mois. Ils nous privent de la seule libert&#233; qui nous reste : la visite de notre famille. Merci, et oubliez pas : l'union fait la force, ensemble on y arrivera. &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;
&lt;i&gt;Lenvolee.net&lt;/i&gt;, 18 mars.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Lib&#233;rez un peu les prisons de la surpopulation carc&#233;rale ! On veut que les surveillants soient contr&#244;l&#233;s &#224; chaque entr&#233;e, parce que &#231;a nous fait peur ; au moins leur fi&#232;vre parce que c'est eux qui vont nous le refiler. Tous les gens qui rentrent en prison aussi, qu'ils soient contr&#244;l&#233;s &#224; l'entr&#233;e, avec un registre. &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;
&lt;i&gt;Lenvolee.net&lt;/i&gt;, 19 mars.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Un message qui s'adresse &#224; l'&#201;tat et &#224; tous ceux qui r&#233;gulent les p&#233;nitenciers de France : nous voulons un d&#233;pistage au cas par cas pour chaque d&#233;tenu et membre de l'&#233;tablissement p&#233;nitentiaire. Nous voulons que les agents soient &#233;quip&#233;s de masques car c'est eux qui entrent et sortent de la prison donc c'est bien eux qui nous ram&#232;nent le coronavirus puisque nous n'avons plus de parloir. Nous voulons plus d'informations sur cette situation : cantines, parloirs, sacs de linge, activit&#233;s, car les seules informations qu'on a c'est &#224; la t&#233;l&#233;. Nous voulons du gel hydroalcoolique, des masques, du savon pour chaque d&#233;tenu. Tout ce qu'on a c'est du gel douche Tahiti. On nous offre la t&#233;l&#233; et 40 &#8364; pour les indigents, &lt;i&gt;waouh&lt;/i&gt;, quelles belles mesures par l'&#201;tat ! S'il peut faire mieux ce serait pas mal, sinon &#231;a va chauffer. &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Centre p&#233;nitentiaire de B&#233;ziers (H&#233;rault), 23 mars.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Nous voulons un D&#201;PISTAGE pour chaque d&#233;tenu ainsi que pour chaque membre de l'administration p&#233;nitentiaire. &#8211; Nous souhaitons que tous les agents p&#233;nitentiaires sans exception soient &#233;quip&#233;s de gants et de masques (ce sont eux les plus expos&#233;s au virus car ce sont eux qui rentrent et sortent de l'&#233;tablissement). &#8211; Nous voulons &#234;tre inform&#233;s de l'&#233;volution de cette situation : quand les parloirs seront-ils r&#233;tablis ? Qu'en est-il des cantines ? Qu'en est-il des sacs de linge ? Qu'en est-il des soins m&#233;dicaux en cas de coronavirus ? &#8211; Et enfin, pour nous prot&#233;ger, nous aimerions que chaque d&#233;tenu ait du gel d&#233;sinfectant et un masque &#224; sa disposition (le minimum en mesures d'hygi&#232;ne actuellement). &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Revendications des prisonniers du centre de d&#233;tention d'Uzerche (Corr&#232;ze) lors de la mutinerie du 22 mars.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Nos cantines n'arrivent pas, nos parloirs ont &#233;t&#233; suspendus. Personne ne se pr&#233;occupe de notre &#233;tat de sant&#233;. On avait un co-cellulaire qui est parti, avec le masque, on l'a sorti &#224; 8 heures du soir de la cellule. On ne sait pas pourquoi. &lt;i&gt;[&#8230;] &lt;/i&gt;Aujourd'hui nous sommes deux personnes encore dans la cellule. Nous pr&#233;sentons des sympt&#244;mes de fi&#232;vre, le nez qui coule et la gorge qui pique. L'administration trouve une seule solution : &#8220;Vous vous &#233;touffez pas ? Y a pas de souci &#224; se faire !&#8221; &lt;i&gt;[&#8230;] &lt;/i&gt;J'appelle tous les d&#233;tenus de la maison d'arr&#234;t de Seysses &#224; faire une r&#233;volution g&#233;n&#233;rale. &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Maison d'arr&#234;t de Seysses (Haute-Garonne), &lt;i&gt;Iaata.info&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; On est 3 dans une cellule de 9 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;. &#199;a fait une semaine qu'on a plus de parloir, qu'ils nous autorisent plus les promenades, plus rien. On a peur qu'un jour la porte s'ouvre plus, qu'on nous laisse mourir dans la cellule&#8230; Y a beaucoup de psychose qui commence &#224; s'installer dans la prison. &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Maison d'arr&#234;t de Seysses, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Non, les prisons pour &#233;trangers (et &#233;trang&#232;res) n'ont pas &#233;t&#233; vid&#233;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les centres de r&#233;tention administrative (CRA) sont des prisons o&#249; les personnes &#171; en situation irr&#233;guli&#232;re &#187; peuvent &#234;tre enferm&#233;es jusqu'&#224; 90 jours dans l'attente de leur expulsion. Le manque de soins y est structurel. Autant dire qu'avec l'arriv&#233;e du Covid-19 et la promiscuit&#233;, les occupant&#183;es des CRA se sont retrouv&#233;&#183;es en grand danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, depuis que la propagation du virus a &#233;t&#233; reconnue comme une pand&#233;mie, les fronti&#232;res se sont ferm&#233;es entre pas mal de pays, de sorte qu'il n'y a plus d'avions. S'il ne peut plus y avoir d'expulsion, il n'y a plus de raison &#224; la r&#233;tention, qui devient donc ill&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes enferm&#233;es dans les CRA de Lille-Lesquin, Lyon, Metz, du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) et de Vincennes se sont donc r&#233;volt&#233;es d&#232;s le 15 mars. Leurs communiqu&#233;s (consultables sur &lt;i&gt;abaslescra.noblogs.org&lt;/i&gt;) exigent entre autres la lib&#233;ration de tou&#183;tes les prisonni&#232;res et prisonniers, la prise en charge de leurs soins et le r&#233;tablissement des parloirs. Le 16 mars, des prisonniers du CRA de Vincennes 1 se sont mis en gr&#232;ve de la faim. Si plusieurs dizaines de personnes ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;es, il restait, &#224; l'heure o&#249; ces lignes &#233;taient &#233;crites, une cinquantaine de personnes enferm&#233;es. Lesquelles ont commenc&#233; une nouvelle gr&#232;ve de la faim dimanche 22 mars, rejointes le lendemain par une trentaine de prisonniers de l'autre b&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rel&#226;cher la pression, il y a finalement eu pas mal de lib&#233;rations, pr&#233;fectorales ou judiciaires. Mais le 27 mars, le Conseil d'&#201;tat a rejet&#233; une demande de fermeture totale des CRA, en assurant notamment que le risque de contamination &#233;tait d&#233;sormais moins &#233;lev&#233; du fait du nombre r&#233;duit de personnes enferm&#233;es : &#171; &lt;i&gt;152 personnes &#224; la date du 26 mars &#187;&lt;/i&gt; pour un total de 1 800 places.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, si quelques CRA semblent avoir ferm&#233;, l'&#201;tat continue d'y enfermer, principalement des &#233;trangers sortant de taule. La police a par exemple annonc&#233; la fermeture du CRA de Bordeaux le 17 mars avant de le rouvrir discr&#232;tement pour y enfermer des prisonniers venus de la maison d'arr&#234;t de Mont-de-Marsan et du CRA d'Hendaye. Idem &#224; Marseille : la police a annonc&#233; la fermeture du CRA avant de r&#233;v&#233;ler son intention d'y enfermer des personnes sortant de prisons.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Paroles des CRA&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; C'est simple, on demande la libert&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&#171; Du c&#244;t&#233; de l'hygi&#232;ne il y a plus rien, plus de nettoyage, rien. Les pigeons sont morts dans la cour, c'est flippant. Les draps sont d&#233;gueulasses et pas chang&#233;s, les toilettes collectives, beaucoup sont ferm&#233;es, il en reste que 3 ou 4 et on est encore une vingtaine... Parfois pendant plusieurs jours il y a plus l'OFII donc on peut rien acheter. Aussi la machine &#224; clopes elle accepte que les pi&#232;ces. &lt;i&gt;[...] &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis depuis pas mal de jours d&#233;j&#224; plus de visite, &#231;a c'est pas normal non ? C'est la d&#233;prime un peu quand m&#234;me... La bouffe c'est de la merde, le m&#234;me repas chaque jour... On a aussi un petit morceau de pain de genre 5 cm, c'est pas assez... Et il y en a qui mangent pas de porc, mais la police, ils veulent rien changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; il y a encore cinq &#224; six jours, il y en a qui ont &#233;t&#233; emmen&#233;s &#224; l'a&#233;roport. De retour au CRA, ils ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s. C'est arriv&#233; &#224; une dizaine de personnes &#224; peu pr&#232;s. Mais depuis plusieurs jours, il n'y a plus de lib&#233;rations, on sait pas pourquoi. Par contre ils nous ont donn&#233; des dates de jugement &lt;i&gt;[pour d&#233;cider la prolongation de la r&#233;tention ou de la lib&#233;ration] &lt;/i&gt; : 28 mars, 30 mars&#8230; jusqu'au 7 avril pour certains, c'est pas possible ! &#192; part deux ou trois, on est toujours tous en gr&#232;ve de la faim ; c'est simple, on demande la libert&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;i&gt;CRA de Vincennes (Val-de-Marne), 23 mars.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; Ils ont endormi tout le monde en disant que le CRA &#233;tait ferm&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le CRA c'est le d&#233;sert, en ce moment : la Cimade &lt;i&gt;[association de soutien aux exil&#233;&#8226;es] &lt;/i&gt;est pas l&#224;, l'OFII &lt;i&gt;[Office fran&#231;ais de l'immigration et de l'int&#233;gration] &lt;/i&gt;non plus et l'&#233;quipe de nettoyage non plus. [...] Les chambres sont sales, les toilettes et les douches c'est pire. Ils ont endormi tout le monde en disant que le CRA &#233;tait ferm&#233;, et par derri&#232;re ils ont rempli ; c'est du foutage de gueule ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;i&gt;CRA d'Hendaye (Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques), 20 mars.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; Soit on nous renvoie, soit ils nous lib&#232;rent &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&#171; On n'est plus que 8, 10 dans tous les b&#226;timents. &lt;i&gt;[...] &lt;/i&gt;Apparemment ils veulent me renvoyer au pays ; mais avec la maladie, y a plus de vols vers chez moi. Je sors de quatre ans pleins de prison, et au lieu de respirer, de souffler un peu, ils m'ont p&#233;t&#233; direct et ils m'ont ramen&#233; l&#224;. Les personnes qui restent, on demande tous la m&#234;me chose : soit on nous renvoie dans un pays, soit ils nous lib&#232;rent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;i&gt;CRA de Marseille, 21 mars&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Olivier s'est envol&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En plein bouclage, on a re&#231;u la mauvaise nouvelle. Le crabe avait emport&#233; Olivier, membre du collectif &lt;i&gt;L'Envol&#233;e &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;&#199;a n'a rien &#224; voir avec le coronavirus, mais ce monde mortif&#232;re y est pour beaucoup : samedi 28 mars, vers 21 heures, Olivier s'est envol&#233;, il a quitt&#233; la soci&#233;t&#233; anonyme pour se natchave vers un autre monde, rejoignant ses vieux amis Daniel (le colonel), Hafed, Yann, Taleb, Somp, Cakes et tant d'autres. &#187;&lt;/i&gt; Chiennerie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout connu comme &#171; Olivier de &lt;i&gt;L'Envol&#233;e &#187;&lt;/i&gt; (mais aussi Z&#233; Migro), Olive s'&#233;tait consacr&#233; sans compter au journal et &#224; l'&#233;mission de radio qui sert de portevoix des taulard.es depuis sa cr&#233;ation en 2001. &#192; la fin des ann&#233;es 1970, au lyc&#233;e de Fontenay-sous-Bois, il s'&#233;tait li&#233; &#224; son prof d'histoire, l'ex-situationniste Daniel Joubert, qui apprenait &#224; ses &#233;l&#232;ves les rudiments du foutage de bordel. Avec lui et quelques autres, ils fonderont la revue &lt;i&gt;L'Exag&#233;r&#233; &lt;/i&gt;(1987-1988) et participeront au d&#233;but de &lt;i&gt;Mordicus &lt;/i&gt;(1990). Olivier fut aussi l'un des initiateurs de la revue itin&#233;rante &lt;i&gt;TicTac &lt;/i&gt;(1994-1996). Plut&#244;t que suivre une voie de r&#233;ussite qui aurait pu s'offrir &#224; lui (il a &#233;t&#233; plus jeune normalien de France), il a pr&#233;f&#233;r&#233; entretenir des situations riches en potentiel rock'n'roll et subversif : comme organiser une f&#234;te de la musique sauvage &#224; deux pas de la prison de la Sant&#233;, ou des &#171; balades &#187; parisiennes durant le mouvement des ch&#244;meurs de 1997-1998, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut aussi un des moteurs dans la publication des &#233;crits in&#233;dits d'Alexandre Marius Jacob, le fameux cambrioleur anarchiste marseillais, aux &#233;ditions L'Insomniaque en 1996. Ainsi que de l'anthologie de textes anti-carc&#233;raux &lt;i&gt;Au pied du mur. 765 raisons d'en finir avec les prisons &lt;/i&gt;(L'Insomniaque, 2000), et le recueil des lettres de prison du regrett&#233; Hafed Benotman (&lt;i&gt;&#199;a valait pas la peine mais &#231;a valait le coup&lt;/i&gt;, &#233;ditions du bout de la ville, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce bon camarade, l'esprit de bande comptait avant tout... et &#224; toutes ces bandes-l&#224;, dissoutes ou reconstitu&#233;es, il va terriblement manquer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Envol&#233;e ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2001, &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;, c'est une &#233;mission et un journal faits par d'anciens prisonniers, d'anciennes prisonni&#232;res et des proches. L'&#233;mission est diffus&#233;e le vendredi de 19 h &#224; 20 h 30 sur FPP (106.3 MHz en &#206;le-de-France), sur Lenvolee. net et les plateformes de podcast. Face &#224; la situation actuelle, nous produisons un bulletin d'information tous les jours &#224; 19 h. Analyses, infos, messages vocaux de prisonniers, prisonni&#232;res et proches re&#231;us au 07 52 40 22 48 ; &#224; Radio FPP &#8211; L'Envol&#233;e, 1 rue de la Solidarit&#233;, 75019 Paris ; sur Instagram, Twitter, Facebook et Snapchat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dans l'&#233;ducation nationale, silence on meurt</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dans-l-education-nationale-silence</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Dans-l-education-nationale-silence</guid>
		<dc:date>2019-11-30T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Loez</dc:creator>


		<dc:subject>Gautier Ducatez</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>Blanquer</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>Christine Renon</dc:subject>
		<dc:subject>Christine</dc:subject>
		<dc:subject>Renon</dc:subject>
		<dc:subject>enseignant</dc:subject>
		<dc:subject>Pantin</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole M&#233;hul</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le suicide de la directrice d'&#233;cole Christine Renon a &#233;t&#233; un triste r&#233;v&#233;lateur des conditions de travail difficiles des enseignants. Mais leur hi&#233;rarchie botte en touche. Le week-end des 21 et 22 septembre, Christine Renon, 58 ans, enseignante chevronn&#233;e et directrice de l'&#233;cole maternelle M&#233;hul &#224; Pantin (Seine-Saint-Denis) depuis plusieurs ann&#233;es, d&#233;cide de mettre fin &#224; ses jours au sein de l'&#233;cole. Comme pour marquer les lieux de son sacrifice. Car son geste n'est pas qu'un acte de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gautier-Ducatez" rel="tag"&gt;Gautier Ducatez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Blanquer" rel="tag"&gt;Blanquer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole" rel="tag"&gt;l'&#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Christine-Renon" rel="tag"&gt;Christine Renon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Christine" rel="tag"&gt;Christine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Renon" rel="tag"&gt;Renon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enseignant" rel="tag"&gt;enseignant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pantin" rel="tag"&gt;Pantin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole-Mehul" rel="tag"&gt;l'&#233;cole M&#233;hul&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le suicide de la directrice d'&#233;cole Christine Renon a &#233;t&#233; un triste r&#233;v&#233;lateur des conditions de travail difficiles des enseignants. Mais leur hi&#233;rarchie botte en touche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH524/-1361-4a6f1.jpg?1782645543' width='400' height='524' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Gautier Ducatez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e week-end des 21 et 22 septembre, Christine Renon, 58 ans, enseignante chevronn&#233;e et directrice de l'&#233;cole maternelle M&#233;hul &#224; Pantin (Seine-Saint-Denis) depuis plusieurs ann&#233;es, d&#233;cide de mettre fin &#224; ses jours au sein de l'&#233;cole. Comme pour marquer les lieux de son sacrifice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car son geste n'est pas qu'un acte de d&#233;sespoir, c'est surtout un geste politique. Avant de se jeter dans le vide, celle qui est d&#233;crite par toutes et tous comme une figure du quartier, une femme de conviction &#171; &lt;i&gt;solide comme un roc&lt;/i&gt; &#187;, a pris le soin d'adresser un courrier&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette lettre est consultable &#224; l'adresse suivante : www.cafepedagogique.net/lexp&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#224; son inspecteur et aux autres directrices et directeurs de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, je me suis r&#233;veill&#233;e &#233;pouvantablement fatigu&#233;e, &#233;puis&#233;e apr&#232;s seulement trois semaines de rentr&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, commence-t-elle, avant de d&#233;noncer sa charge de travail grandissante, le manque de moyens, les rythmes scolaires qui ne respectent pas le rythme des enfants et qui surchargent les enseignant&#8226;es, les pressions et l'absence de soutien de la hi&#233;rarchie. Face &#224; tout cela, dit-elle, &#171; &lt;i&gt;les directeurs sont seuls&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je remercie l'institution de ne pas salir mon nom&lt;/i&gt; &#187;, conclut-elle en une ultime demande, pr&#233;monitoire. Car &#224; peine l'administration apprend-elle le suicide et l'existence des lettres, qu'elle fait tout pour emp&#234;cher la diffusion de celles-ci en enjoignant aux destinataires de les remettre &#224; la police, tentant de les museler en faisant appel &#224; l'article 1 de la r&#233;cente loi Blanquer qui permet de punir les personnels qui l'ouvriraient trop. Par contre, rien n'est fait pour prendre en charge les coll&#232;gues de Christine, durement &#233;branl&#233;s par la nouvelle, les parents choqu&#233;s et les &#233;l&#232;ves d&#233;sempar&#233;s. Elles et ils sont laiss&#233;&#8226;es seul&#8226;es face &#224; leur deuil, &#224; se demander comment annoncer la nouvelle aux enfants. La hi&#233;rarchie acad&#233;mique pousse tout le monde &#224; reprendre un fonctionnement &#171; normal &#187; au plus vite &#8211; circulez, y a rien &#224; voir. Il faut attendre plusieurs jours pour que le ministre Jean-Michel Blanquer se fende d'un tweet dans lequel il ne cite m&#234;me pas le nom de Christine Renon. Il ira ensuite accuser les journalistes du malaise des enseignant&#8226;es&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Blanquer aimerait que les journalistes arr&#234;tent d'amplifier le malaise des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi suivant la mort de l'enseignante, pr&#232;s de 500 personnes, &#233;motion &#224; fleur de peau, se rassemblent devant l'&#233;cole M&#233;hul pour rendre hommage &#224; Christine, mais aussi dire leur col&#232;re et leurs interrogations face &#224; la situation. Le 3 octobre, jour o&#249; l'intersyndicale au grand complet a obtenu la tenue d'un CHSCT-D (Comit&#233; d'hygi&#232;ne, de s&#233;curit&#233; et des conditions de travail d&#233;partemental) extraordinaire, plus de 200 &#233;coles sont ferm&#233;es dans le d&#233;partement, avec 65 % de gr&#233;vistes selon les syndicats. &#192; Bobigny, pr&#232;s de 3 000 enseignant&#8226;es se rassemblent sous les fen&#234;tres de la Direction des services d&#233;partementaux de l'&#201;ducation nationale (DSDEN) pour dire leur d&#233;sarroi, leur col&#232;re, attendant une r&#233;ponse de l'institution aux questions soulev&#233;es par Christine Renon dans sa lettre. Un slogan prend de l'ampleur et s'&#233;l&#232;ve jusqu'au sixi&#232;me &#233;tage : &#171; &lt;i&gt;Blanquer d&#233;mission&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le &#187; new management &#187; tue&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le CHSCT dure plusieurs heures. &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas sourd ni aveugle&lt;/i&gt; &#187;, y aurait dit le Directeur acad&#233;mique de Seine-Saint-Denis, Antoine Chaleix. Mais s' ils promettent la stabilisation du poste d'inspecteur sur Pantin, les chefaillons de l'institution rejettent en bloc toute responsabilit&#233; de celle-ci dans la d&#233;gradation des conditions de travail qui ont pouss&#233; Christine Renon au suicide, se d&#233;faussant sur le minist&#232;re, sur la ville de Pantin... &#171; &lt;i&gt;2 h&lt;/i&gt; &lt;i&gt;30 de CHSCT-D pour rien&lt;/i&gt; &#187; d&#233;noncent les syndicats dans leur compte-rendu. Par contre, les pontes de l'&#233;ducation nationale en profitent pour ressortir un vieux projet de refonte des &#233;coles primaires, abandonn&#233; quelques mois plus t&#244;t devant la lev&#233;e de boucliers des enseignant&#8226;es du premier degr&#233;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agirait de regrouper plusieurs &#233;coles et de doter le directeur de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un acte de m&#233;pris de plus de la part de ceux qui mettent en &#339;uvre depuis des ann&#233;es la casse du service public d'&#233;ducation, qui nient la souffrance des personnels et dont les m&#233;thodes de &lt;i&gt;new management&lt;/i&gt; tuent : r&#233;formes qui s'encha&#238;nent, multiplication des injonctions et des t&#226;ches administratives chronophages, pressions hi&#233;rarchiques, absence d'&#233;coute, d&#233;cisions unilat&#233;rales, d&#233;shumanisation des proc&#233;dures avec un usage accru du num&#233;rique dans des &#233;coles sous-&#233;quip&#233;es, recours massif &#224; des contractuels pr&#233;caires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour que Christine Renon, un enseignant de SVT de Nice, Fr&#233;d&#233;ric Boul&#233;, &#226;g&#233; &#233;galement de 58 ans, mettait lui aussi fin &#224; ses jours, une semaine apr&#232;s avoir consult&#233; la m&#233;decine du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que r&#233;pondre aux interrogations des personnels de l'&#201;ducation sur leur souffrance et la d&#233;gradation de leurs conditions de travail, Blanquer a d&#233;ploy&#233; ses &#233;crans de fum&#233;e &#224; tour de m&#233;dias, usant et abusant d'une rh&#233;torique sexiste et islamophobe, appelant &#224; d&#233;noncer les enfants qui pr&#233;senteraient des signes de &#171; &lt;i&gt;radicalisation&lt;/i&gt; &#187; et s'en prenant aux m&#232;res qui portent le foulard &#8211; &#171; &lt;i&gt;Le voile n'est pas souhaitable dans notre soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Sacr&#233;e diversion ; l'extr&#234;me droite elle-m&#234;me n'en demandait pas tant...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Loez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette lettre est consultable &#224; l'adresse suivante : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/docsjoints/renon.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/docsjoints/renon.pdf&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/direct/element/blanquer-aimerait-que-les-journalistes-arretent-damplifier-le-malaise-des-services-publics_103445/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Blanquer aimerait que les journalistes arr&#234;tent d'amplifier le malaise des services publics&lt;/a&gt; &#187;, site de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (03/10/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il s'agirait de regrouper plusieurs &#233;coles et de doter le directeur de l'ensemble d'un statut de sup&#233;rieur hi&#233;rarchique des enseignants. C'est une l&#233;g&#232;re variation d'un projet port&#233; un temps par la loi Blanquer promulgu&#233;e cet &#233;t&#233;, mais finalement abandonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paris dans sa bulle</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Paris-dans-sa-bulle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Paris-dans-sa-bulle</guid>
		<dc:date>2019-11-13T12:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margo Chou</dc:creator>


		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>hommes</dc:subject>
		<dc:subject>migrants</dc:subject>
		<dc:subject>centre</dc:subject>
		<dc:subject>puis</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>Chapelle</dc:subject>
		<dc:subject>matin</dc:subject>
		<dc:subject>porte</dc:subject>
		<dc:subject>dorment</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'&#233;tait en novembre 2016, porte de La Chapelle : la municipalit&#233; parisienne ouvrait un Centre d'accueil pour migrants de 400 lits. Las, cette vaste structure gonflable jaune et blanche est bien trop petite. Et les migrants n'ont d'autre choix que d'attendre encore et encore une &#233;ventuelle place. Partout, des hommes qui dorment au sol. Depuis que les tentes Quechua ont &#233;t&#233; interdites, il n'y a plus d'intimit&#233; possible. Les gestes du quotidien sont expos&#233;s &#224; tous, au soleil. Sur deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Benoit-Guillaume" rel="tag"&gt;Benoit Guillaume&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/hommes" rel="tag"&gt;hommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre" rel="tag"&gt;centre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chapelle" rel="tag"&gt;Chapelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/matin" rel="tag"&gt;matin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/porte" rel="tag"&gt;porte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dorment" rel="tag"&gt;dorment&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait en novembre 2016, porte de La Chapelle : la municipalit&#233; parisienne ouvrait un Centre d'accueil pour migrants de 400 lits. Las, cette vaste structure gonflable jaune et blanche est bien trop petite. Et les migrants n'ont d'autre choix que d'attendre encore et encore une &#233;ventuelle place.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3101 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH613/-1332-15b3d.jpg?1782641584' width='400' height='613' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Beno&#238;t Guillaume
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;artout, des hommes qui dorment au sol. Depuis que les tentes Quechua ont &#233;t&#233; interdites, il n'y a plus d'intimit&#233; possible. Les gestes du quotidien sont expos&#233;s &#224; tous, au soleil. Sur deux kilom&#232;tres carr&#233;s, tout autour de la porte de La Chapelle, des corps humains sont &#233;grain&#233;s &#224; m&#234;me le sol, l&#224; o&#249; l'ombre subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'attente p&#232;se&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; chacun son histoire. Ahmed et Humaira sont assis au pied des premi&#232;res barri&#232;res m&#233;talliques, adoss&#233;s &#224; leurs deux valises neuves bomb&#233;es. Ils ont quitt&#233; le Kurdistan iranien il y a cinq mois. La famille kurde de la demoiselle voulait tuer l'amoureux afghan. Ils sont l&#224; depuis sept jours et dorment sur des cartons, emmitoufl&#233;s l'un contre l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Mohammed a dormi deux mois dehors, puis cinq jours dans le centre. Mais depuis une semaine, il est h&#233;berg&#233; dans une auberge de Jeunesse &#224; Villiers-le-Bel. Il esp&#232;re ne pas &#234;tre dublin&#233;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression renvoie &#224; l'accord de Dublin, accord europ&#233;en qui pr&#233;voit que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, comme la plupart de ceux qui ont entam&#233; une proc&#233;dure dans un autre pays avant d'arriver en France. Pris en &#233;tau entre son Pakistan natal et sa famille &#8211; son cousin dans le collimateur du gouvernement essayait de l'embrigader dans des &#171; actes terroristes &#187; &#8211;, il a d&#251; se r&#233;soudre &#224; partir. Lui voulait seulement continuer ses &#233;tudes de m&#233;decine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis voil&#224; Sa&#239;d, arriv&#233; porte de La Chapelle il y a dix jours. Il dort avec d'autres hommes sous le pont, &#224; c&#244;t&#233; de l'arr&#234;t de tramway. C'est la police qui le r&#233;veille le matin : il est install&#233; sur la piste cyclable et d&#233;range ceux qui vont bosser en v&#233;lo. Si bien qu'il se l&#232;ve et fait comme les autres. Se rapproche de l'entr&#233;e &#8211; ce n'est pas mieux. Puis part en qu&#234;te d'un endroit o&#249; se laver. L'attente lui p&#232;se et tout le questionne. Il ne se sent pas d'attendre ici, sans rien faire. Il a besoin de bouger. Il veut aller &#224; Amiens, pensant que ce sera moins difficile d'y trouver un h&#233;bergement. Il s'est rencard&#233; avec un gars pour s'y rendre demain. Il a 24 ans et &#233;tudiait l'&#233;lectronique en Guin&#233;e, mais a &#233;t&#233; oblig&#233; de fuir, pour raisons politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non loin, Bouba attend aussi. Il a les yeux tout rouges. Et r&#233;p&#232;te, sur un ton d&#233;sesp&#233;r&#233; : &#171; &lt;i&gt;C'est le seul pays europ&#233;en o&#249; on dort dehors.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ritable loterie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques mois, la parisienne porte de La Chapelle est devenue un carrefour o&#249; s'entrecroisent les contradictions de la politique municipale. Elle s'est affirm&#233;e point de rendez-vous en novembre 2016, quand la maire Anne Hidalgo a fait b&#226;tir en urgence un centre d'h&#233;bergement. Soit une &#233;trange masse gonfl&#233;e g&#233;ante, dessinant une coquille d'escargot blanche et jaune, gard&#233;e en permanence et g&#233;r&#233;e par Emma&#252;s Solidarit&#233;. Sa construction faisait suite au d&#233;mant&#232;lement de la &#171; jungle &#187; de Calais et &#224; l'installation de nombreux squats dans la capitale. Le lieu est d&#233;limit&#233; par une grille et une rang&#233;e de plots en b&#233;ton, marquant aussi les limites d'un &#233;norme chantier qui fait face au centre d'h&#233;bergement. Ici sera bient&#244;t construit un h&#244;tel de luxe. &#171; Un nouveau quartier urbain et logistique pour un 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; plus durable &#187;, vante un panneau, renommant le quartier &#171; La Chapelle internationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les rails de la petite ceinture, en contrebas, un bidonville rom s'&#233;tend sur une bande de cinq m&#232;tres de large et des centaines en longueur. Pour y rentrer, un unique passage : un trou dans le grillage, sous un pont de l'autoroute. Les Roms sont les seuls &#224; l'emprunter : ils ont fait savoir qu'ils ne voulaient pas accueillir de migrants dans le bidonville. Porte close, la mis&#232;re ne se partage pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route non loin, des bagnoles en continu, qui vont et viennent, klaxonnent, partent pour le nord et le terminus de la ligne 3 du tramway. Aux alentours, &#233;parpill&#233;s sur toute cette zone, des hommes allong&#233;s, assis, couch&#233;s, debout, plant&#233;s sur toutes les langues de terre possibles. Ils attendent de pouvoir entrer dans la structure d'h&#233;bergement. Mais il n'y a que quatre cents places. Chaque matin d&#233;marre donc une v&#233;ritable loterie, avec son lot de bousculades, attente, esp&#233;rances et violences polici&#232;res. Mohammed, par un coup de pot et gr&#226;ce &#224; une rencontre, a r&#233;ussi &#224; rentrer. Mais pas Sa&#239;d, qui n'y croit plus.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Moments de tension&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'endroit ouvre &#224; huit heures pile. Il y a des rang&#233;es de barri&#232;res m&#233;talliques et des flics en permanence. Mais c'est bien avant, vers quatre heures du matin, qu'arrivent les premiers migrants, d&#233;termin&#233;s &#224; acc&#233;der au mirage de l'&#201;tat. Rentrer permet de rester cinq &#224; dix nuits &#224; l'int&#233;rieur, avant d'&#234;tre pris en charge ailleurs. Ces moments d'attente sont donc charg&#233;s de tension et de fatigue. Au moindre remous, les flics gazent &#8211; cela arrive quasiment tous les jours. En pr&#233;vention, chacun a du s&#233;rum physiologique dans la poche, pour se nettoyer les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, le centre n'a pas ouvert. Certains sont d&#233;j&#224; au courant. Eux savent que si aucune annonce n'a &#233;t&#233; faite &#224; 8h15, cela signifie que le centre restera clos. Depuis quelques jours, Emma&#252;s ne fait plus rentrer que par maraude. Des salari&#233;s de l'association partent r&#233;cup&#233;rer des migrants qui dorment dans Paris, en dehors du p&#233;rim&#232;tre de La Chapelle. Les deux cents qui attendent ce matin en sont pour leurs frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qu'un homme pr&#233;vient que personne ne pourra passer. Du silence, on passe aux cris sourds. Puis, rapidement, la masse d'hommes se d&#233;lite. Trois jeunes Afghans s'en vont au parc avec leur poign&#233;e d'affaires. Certains commencent &#224; balayer le sol &#224; l'endroit o&#249; ils dorment, d'autres retournent s'allonger &#224; l'ombre du pont, se coupent les cheveux, discutent. Petit &#224; petit, le quotidien se met en place, dans des gestes infimes et une attente poignante.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Distribution de nourriture&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur, l'association Utopia 56 est l'unique interm&#233;diaire entre l'&#201;tat et les &#171; migrants &#187;. En d&#233;saccord avec les violences du matin, certains des b&#233;n&#233;voles ont d&#233;cid&#233; de ne plus participer &#224; la gestion des files. Leurs missions : informer &#224; l'ext&#233;rieur, accompagner &#224; l'h&#244;pital, distribuer des couvertures et des produits d'hygi&#232;ne, r&#233;pondre aux questions juridiques, donner des adresses, enseigner le fran&#231;ais, nettoyer la zone laiss&#233;e &#224; l'abandon par la municipalit&#233; apr&#232;s une intox des m&#233;dias sur une &#233;pid&#233;mie de gale. &#171; &lt;i&gt;Chaque matin, nous gardions entre deux et cinq places pour des personnes tr&#232;s vuln&#233;rables : d&#233;pression, scoliose, coup de couteau, br&#251;lure, membre cass&#233;,&lt;/i&gt; explique Julie&lt;i&gt;, un cahier &#224; la main. Nous notions leurs noms, num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone, types de probl&#232;mes, avant de revenir vers eux au plus vite. Mais depuis plusieurs jours, ce n'est plus possible : Emma&#252;s ne nous laisse plus aucune place &#224; distribuer. Je me sens inutile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des associations de quartiers viennent &#233;galement donner de quoi manger et se r&#233;chauffer &#8211; c'est le cas du collectif Solidarit&#233; migrants Wilson, dont les distributions de nourriture ont un temps &#233;t&#233; interdites. Et puis, il y a aussi des habitants qui apportent leur aide spontan&#233;ment. Pendant toute la dur&#233;e du ramadan, Nora et quatre autres femmes du Pr&#233;-Saint-Gervais sont ainsi venues &#224; la tomb&#233;e de la nuit, avec leurs enfants, pour donner &#224; manger.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;*&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des hommes avaient repris le droit de vivre dans des interstices urbains. Sans demander la permission. Mais voil&#224; qu'ils en ont &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;s. On leur a construit une bulle, mais ils ne peuvent pas tous y entrer. Ils n'ont d&#233;sormais d'autre choix que d'attendre pr&#232;s de cette bulle, doublement rejet&#233;s par un nid faussement attrayant. &#192; la porte de la porte, l'espace agenc&#233; ne permet pas de recr&#233;er des lieux de vie, seulement les sas d'attente ali&#233;nants. De menues entraides &#233;ph&#233;m&#232;res se glissent entre les corps, qui deviennent paysage sur un bitume fixe.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margo Chou&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'expression renvoie &#224; l'accord de Dublin, accord europ&#233;en qui pr&#233;voit que les demandeurs d'asile doivent finaliser toutes leurs d&#233;marches dans le premier pays europ&#233;en o&#249; leur passage a &#233;t&#233; enregistr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#199;a craint dans les CRA</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ca-craint-dans-les-CRA</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Ca-craint-dans-les-CRA</guid>
		<dc:date>2019-10-17T03:14:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abbas El Kra, Dominique Lapaffe</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>policiers</dc:subject>
		<dc:subject>Mais</dc:subject>
		<dc:subject>centre</dc:subject>
		<dc:subject>CRA</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>Rennes</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;tention</dc:subject>
		<dc:subject>retenus</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moignages</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est la derni&#232;re prison avant l'expulsion. Chaque ann&#233;e, des dizaines de milliers d'&#233;trangers en situation irr&#233;guli&#232;re sont embastill&#233;s dans un centre de r&#233;tention (CRA). Un univers anxiog&#232;ne et violent, o&#249; tentatives de suicide et gr&#232;ves de la faim sont devenues courantes. Ne cherchez pas le centre de r&#233;tention administrative (CRA) de Lyon en plein centre-ville. Pour s'y rendre, il faut conduire 30 minutes en voiture ou acheter un ticket de tramway &#224; 16,30 &#8364;. Dans un renfoncement, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no177-juin-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;177 (juin 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policiers" rel="tag"&gt;policiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mais" rel="tag"&gt;Mais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre" rel="tag"&gt;centre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRA" rel="tag"&gt;CRA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rennes" rel="tag"&gt;Rennes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/retention" rel="tag"&gt;r&#233;tention&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/retenus" rel="tag"&gt;retenus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/temoignages" rel="tag"&gt;t&#233;moignages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est la derni&#232;re prison avant l'expulsion. Chaque ann&#233;e, des dizaines de milliers d'&#233;trangers en situation irr&#233;guli&#232;re sont embastill&#233;s dans un centre de r&#233;tention (CRA). Un univers anxiog&#232;ne et violent, o&#249; tentatives de suicide et gr&#232;ves de la faim sont devenues courantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3039 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH414/-1274-04bbd.jpg?1782655446' width='400' height='414' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;N&lt;/span&gt;e cherchez pas le centre de r&#233;tention administrative (CRA) de Lyon en plein centre-ville. Pour s'y rendre, il faut conduire 30 minutes en voiture ou acheter un ticket de tramway &#224; 16,30 &#8364;. Dans un renfoncement, entour&#233;e par deux h&#244;tels, la taule est constamment hant&#233;e par le vacarme du trafic a&#233;rien de l'a&#233;roport Saint-Exup&#233;ry, situ&#233; &#224; quelques pas. Pour les &#233;trangers enferm&#233;s, chaque avion qui atterrit est une &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s : red&#233;collera-t-il avec moi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'ext&#233;rieur de l'enceinte, on ne voit personne, sauf les policiers qui entrent et qui sortent. Les barbel&#233;s qui surmontent la haute grille, eux, semblent plastronner. Le 15 avril dernier, c'est en s'y accrochant qu'un d&#233;tenu a tent&#233; de se suicider. D'apr&#232;s un t&#233;moignage publi&#233; par plusieurs sites militants, ce sont ses camarades qui l'ont d&#233;croch&#233;. La pr&#233;fecture du Rh&#244;ne, elle, a pr&#233;f&#233;r&#233; parler d'une tentative d'&#233;vasion &lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; En attente d'expulsion &#224; Lyon Saint-Exup&#233;ry :&#8239;&#8220;On nous traite comme des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Avec une lame de rasoir, tu comprends ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 2017, au centre de r&#233;tention de Marseille, un jeune Albanais s'est pendu. En septembre 2018, au sein du CRA de Cornebarrieu, pr&#232;s de Toulouse, c'est un trentenaire alg&#233;rien qui a mis fin &#224; ses jours. Dans les faits-divers des journaux, au fil des rapports administratifs, dans les t&#233;moignages des associatifs et des &#171; retenus &#187; eux-m&#234;mes, les r&#233;cits de tentatives de suicide abondent. Les cas d'automutilation aussi : &#171; &lt;i&gt;Il y en a qui se frappent &#224; la main avec le Gillette, avec une lame de rasoir, tu comprends&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Ils veulent mourir&lt;/i&gt; &#187;, nous confirme Hakim &lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, depuis la ge&#244;le lyonnaise o&#249; il est enferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de la faim ne sont pas rares non plus. &#192; l'automne dernier, dans &lt;a href=&#034;https://www.lacimade.org/situation-explosive-dans-les-centres-de-retention/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un communiqu&#233;&lt;/a&gt; alertant sur la &#171; &lt;i&gt;situation explosive dans les centres de r&#233;tention&lt;/i&gt; &#187;, la Cimade &lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association de soutien aux &#233;trangers.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; relatait l'histoire d'un Tunisien breton &#171; &lt;i&gt;dont la fille handicap&#233;e r&#233;side en France&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;qui a cess&#233; de s'alimenter pendant 45 jours pour protester contre son expulsion&lt;/i&gt; &#187;. En janvier, une gr&#232;ve de la faim collective s'est d&#233;roul&#233;e dans quatre CRA diff&#233;rents : Vincennes (Val-de-Marne), Oissel (Seine-Maritime), S&#232;te (H&#233;rault) et Le Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne). C'est de ce dernier centre qu'Abdallah a t&#233;l&#233;phon&#233; &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Les b&#226;timents sont mal nettoy&#233;s, &#231;a pue, les toilettes sont bouch&#233;es tout le temps. Si tu r&#233;clames de la nourriture, tu es envoy&#233; &#224; l'isolement. On ne fait rien de nos journ&#233;es, il n'y a aucune activit&#233;. Ils nous disent : &#8220;Si vous n'&#234;tes pas contents, vous n'aviez qu'&#224; rester chez vous.&#8221; Ils nous traitent comme des animaux&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; R&#233;tention : des gr&#232;ves de la faim qui vont &#8220;participer &#224; une prise de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;
D&#233;but mai, &#224; Rennes, une mutinerie a &#233;clat&#233; lorsque la police est venue chercher en pleine nuit un jeune Marocain pour l'expulser par surprise, apr&#232;s 59 jours de r&#233;tention. Plusieurs de ses co-retenus ont mis le feu &#224; des matelas. Jug&#233;s en comparution imm&#233;diate, quatre d'entre eux ont &#233;cop&#233; d'un &#224; deux ans de prison ferme.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Trois mois &#224; l'ombre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces quatre malheureux seraient-ils d'accord avec lui ? Un &#171; retenu &#187; lyonnais nous a soutenu que &#171; &lt;i&gt;le CRA, c'est pire que la prison&lt;/i&gt; &#187;. Comment &#231;a, pire ? Peut-&#234;tre &#224; cause de l'incertitude : en r&#233;tention, on se sait jamais quand, comment et vers o&#249; l'on sortira. En 1981, un s&#233;jour en CRA durait une semaine au plus. Avec les ann&#233;es, cette limite n'a cess&#233; d'&#234;tre repouss&#233;e. Au 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; janvier, elle a encore doubl&#233;, atteignant d&#233;sormais les 90 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois mois potentiels d'angoisse et d'enfermement, donc, pendant lesquels la pr&#233;fecture tente d'obtenir un laissez-passer consulaire du pays d'origine, indispensable pour renvoyer l'&#233;tranger d&#233;muni de passeport. Petit grain de sable dans la grande machine &#224; expulser, il arrive fr&#233;quemment qu'elle n'y parvienne pas : &lt;i&gt;primo&lt;/i&gt; parce que certains &#171; retenus &#187; r&#233;ussissent &#224; dissimuler leur v&#233;ritable identit&#233; ; &lt;i&gt;secundo&lt;/i&gt; parce que de nombreux pays rechignent &#224; d&#233;livrer ces laissez-passer &lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un &#233;tat de fait si intol&#233;rable aux yeux de certains qu'en 2018, pendant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Dans les CRA circulent cependant des histoires de personnes renvoy&#233;es vers des pays ne correspondant pas &#224; leur nationalit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;guli&#232;rement, le temps-limite de r&#233;tention est atteint sans que la pr&#233;fecture ait obtenu de laissez-passer. Dans d'autres cas, c'est le juge des libert&#233;s et de la d&#233;tention qui, auparavant, ordonne de rel&#226;cher le retenu. Mais la sortie du CRA ne signifie pas le retour &#224; une libert&#233; absolue, puisque les contr&#244;les au faci&#232;s permanents font peser une menace constante de nouvel enfermement. Plusieurs personnes nous ont confi&#233; avoir fait plusieurs passages en r&#233;tention, jusqu'&#224; six pour certaines. Autant de s&#233;jours dont elles gardent un souvenir cruel, mais aucune vid&#233;o : en r&#233;tention, tous les t&#233;l&#233;phones dot&#233;s d'appareils photos sont confisqu&#233;s. Compliqu&#233;, d&#232;s lors, de prouver les insultes, humiliations et violences exerc&#233;es, selon de multiples t&#233;moignages &lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Concernant le seul cas lyonnais, on peut en consulter de nombreux sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, par les policiers de surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hakim ne dira pas le contraire : au CRA de Rennes, raconte-t-il, des policiers l'ont frapp&#233;, si bien qu'il a port&#233; plainte. Lib&#233;r&#233;, il s'est vite retrouv&#233; enferm&#233; de nouveau, &#224; Lyon-Saint-Exup&#233;ry. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me &#224; Rennes, c'est un peu mieux. Ici, il y a des grillages partout&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce-t-il. Avant de conclure : &#171; &lt;i&gt;Quand quelqu'un vient chez nous, qu'il soit fran&#231;ais, allemand ou anglais, on l'invite chez notre m&#232;re, il mange le couscous. Mais nous quand on vient ici, ils nous mettent dans une cage&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Il faut fermer ce centre. Cette terre est pour tout le monde ; il n'y a pas d'&#233;trangers sur cette terre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dominique Lapaffe &amp; Abbas El Kra&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et surtout, la sant&#233; !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;D&lt;/petitelettrine&gt;ans &lt;a href=&#034;http://www.cglpl.fr/2019/avis-relatif-a-la-prise-en-charge-sanitaire-des-personnes-etrangeres-au-sein-des-centres-de-retention-administrative/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un avis&lt;/a&gt; publi&#233; fin f&#233;vrier, la Contr&#244;leuse g&#233;n&#233;rale des lieux de privation de libert&#233;, Adeline Hazan, le rappelait clairement : &#171; &lt;i&gt;Au regard de leur pr&#233;carit&#233; administrative, sociale et m&#233;dicale &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;et des troubles psychiques qui peuvent r&#233;sulter de l'enfermement et de l'imminence d'un &#233;loignement&lt;/i&gt; &#187;, les personnes enferm&#233;es en CRA &#171; n&#233;cessitent une prise en charge particuli&#232;re &#187;. C'est loin d'&#234;tre le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un des centres visit&#233;s par les &#233;quipes de la contr&#244;leuse, ce sont les policiers qui s&#233;lectionnaient les demandes de consultations m&#233;dicales. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, &#171; &lt;i&gt;les effectifs et le temps de pr&#233;sence r&#233;elle des m&#233;decins&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;ne respectent pas toujours&lt;/i&gt; &#187; la r&#233;glementation. Et &#224; l'exception du Mesnil-Amelot, pas de psychiatre ou de psychologue. Il arrive par contre r&#233;guli&#232;rement que des personnes soient plac&#233;es &#224; l'isolement &#171; &lt;i&gt;au motif qu'elles souffrent de troubles psychologiques ou psychiatriques&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, m&#234;me si beaucoup de soignants et de policiers d&#233;c&#232;lent bien la d&#233;pression, l'angoisse, le stress et l'insomnie chez les retenus, &#171; &lt;i&gt;il est fr&#233;quent&lt;/i&gt; &#187; qu'ils les minimisent, y voyant un &#171; &lt;i&gt;moyen de faire &#233;chec&lt;/i&gt; &#187; &#224; l'expulsion (&#171; &lt;i&gt;Ils font cela pour ne pas prendre l'avion&lt;/i&gt; &#187;) : &#171; &lt;i&gt;Dans la mesure o&#249; elle peut conduire &#224; la lev&#233;e de la r&#233;tention pour raison de sant&#233;, la demande de soins psychiatriques se heurte &#224; un soup&#231;on d'instrumentalisation&lt;/i&gt; &#187;, explique le rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Lyon-Saint-Exup&#233;ry, plusieurs t&#233;moins nous ont assur&#233; que les hospitalisations se font rares, alors que les blessures (violences polici&#232;res, entre d&#233;tenus, automutilations) sont tr&#232;s fr&#233;quentes. Un certain nombre de retenus seraient &#171; drogu&#233;s &#187; de fa&#231;on quasi permanente : alors que leur suivi m&#233;dical est presque inexistant, il leur est administr&#233; des pilules de pr&#233;gabaline (Lyrica), un m&#233;dicament indiqu&#233; contre les douleurs neuropathiques, l'&#233;pilepsie et le trouble anxieux g&#233;n&#233;ralis&#233;, dont les principaux effets secondaires sont la somnolence et les &#233;tourdissements. &#192; en croire plusieurs t&#233;moignages de retenus, ce produit leur est d&#233;livr&#233; &#224; posologie maximale, pour les maux les plus divers (douleur au ventre, &#224; la t&#234;te, stress ou blessure).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2019/05/01/en-attente-dexpulsion-a-lyon-saint-exupery%E2%80%AF%E2%80%AF%E2%80%AFon-nous-traite-comme-des-criminels%E2%80%AF%E2%80%AF/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En attente d'expulsion &#224; Lyon Saint-Exup&#233;ry :&#8239;&#8220;On nous traite comme des criminels !&#8221;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mediacit&#233;s&lt;/i&gt; (01/05/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association de soutien aux &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/france/2019/01/17/retention-des-greves-de-la-faim-qui-vont-participer-a-une-prise-de-conscience_1703662&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;tention : des gr&#232;ves de la faim qui vont &#8220;participer &#224; une prise de conscience&#8221; &lt;/a&gt; &#187; (17/01/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un &#233;tat de fait si intol&#233;rable aux yeux de certains qu'en 2018, pendant l'examen de la loi Collomb, une vingtaine de d&#233;put&#233;s LR ont tent&#233; de faire passer un amendement conditionnant l'aide publique au d&#233;veloppement &#224; la pleine coop&#233;ration des pays d'origine en mati&#232;re de laissez-passer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Concernant le seul cas lyonnais, on peut en consulter de nombreux sur le site &lt;a href=&#034;https://crametoncralyon.noblogs.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Crametoncralyon.noblogs.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;couvrir la France derri&#232;re des barbel&#233;s</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Decouvrir-la-France-derriere-des</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Decouvrir-la-France-derriere-des</guid>
		<dc:date>2019-06-24T02:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Bougeard, Charl&#232;ne Cuartero</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Jeremy Boulard Le Fur</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>demande d'asile</dc:subject>
		<dc:subject>zone</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>zone d'attente</dc:subject>
		<dc:subject>d'attente</dc:subject>
		<dc:subject>territoire</dc:subject>
		<dc:subject>territoire fran&#231;ais</dc:subject>
		<dc:subject>Roissy</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, &#224; leur descente de l'avion, du train ou du bateau qui les a men&#233;s en France, des milliers d'&#233;trangers sont victimes de l'arbitraire de la fronti&#232;re et ne sont pas autoris&#233;s &#224; p&#233;n&#233;trer sur le territoire. Quand ils ne sont pas renvoy&#233;s illico, on les enferme en &#171; zone d'attente &#187;. Tout commence lors des contr&#244;les des passagers. Certaines personnes sont admises sur le territoire Schengen sur simple pr&#233;sentation de leurs documents de voyage. D'autres, en raison de leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no177-juin-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;177 (juin 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jeremy-Boulard-Le-Fur" rel="tag"&gt;Jeremy Boulard Le Fur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/frontieres" rel="tag"&gt;fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/demande-d-asile" rel="tag"&gt;demande d'asile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/zone" rel="tag"&gt;zone&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/zone-d-attente" rel="tag"&gt;zone d'attente&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-attente" rel="tag"&gt;d'attente&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/territoire" rel="tag"&gt;territoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/territoire-francais" rel="tag"&gt;territoire fran&#231;ais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Roissy" rel="tag"&gt;Roissy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, &#224; leur descente de l'avion, du train ou du bateau qui les a men&#233;s en France, des milliers d'&#233;trangers sont victimes de l'arbitraire de la fronti&#232;re et ne sont pas autoris&#233;s &#224; p&#233;n&#233;trer sur le territoire. Quand ils ne sont pas renvoy&#233;s illico, on les enferme en &#171; zone d'attente &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2965 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH476/-1205-9b4a6.jpg?1782649724' width='400' height='476' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par J&#233;r&#233;my Boulard Le Fur
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;T&lt;/span&gt;out commence lors des contr&#244;les des passagers. Certaines personnes sont admises sur le territoire Schengen sur simple pr&#233;sentation de leurs documents de voyage. D'autres, en raison de leur provenance, de leur nationalit&#233; ou de leur comportement, subissent un contr&#244;le plus pouss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Claudia, Lola et Sarah&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s. Toutes les descriptions de lieux et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, trois amies de nationalit&#233; dominicaine, r&#233;sident &#224; Naples depuis huit ans. Elles d&#233;cident de venir en France, sans avoir r&#233;serv&#233; leur billet retour, une condition n&#233;cessaire &#224; leur entr&#233;e sur le territoire &#8211;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;ce qu'elles ignorent. Lorsque Claudia passe les contr&#244;les frontaliers, aucune question ne lui est pos&#233;e&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : elle est admise sur le territoire fran&#231;ais. Ses deux amies n'ont pas la m&#234;me chance et subissent un contr&#244;le plus approfondi. Elles ont beau pr&#233;senter imm&#233;diatement leurs cartes de r&#233;sidence italienne, comme pour rassurer la police fran&#231;aise : elles ne veulent pas rester, elles ont leur vie en Italie... rien n'y fait. L'entr&#233;e leur est refus&#233;e et elles sont enferm&#233;es jusqu'&#224; leur refoulement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bienvenue en &#171; zone d'attente &#187;&lt;/strong&gt;. Des lieux de privation de libert&#233; &lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institu&#233;s par les articles L. 221-1 et suivants du Code de l'entr&#233;e et du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qui se trouvent dans les a&#233;roports, les ports et les gares desservant l'international. En France, il en existe cent une, toutes diff&#233;rentes. Il peut s'agir d'une salle dans l'a&#233;roport de Toulouse, de cellules dans le sous-sol de l'a&#233;roport de Marseille ou encore d'une chambre d'h&#244;tel en face de l'a&#233;roport de Nantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; Roissy, la Zapi 3 (Zone d'attente pour personnes en instance) s'&#233;tend sur deux niveaux et peut recevoir jusqu'&#224; 120 personnes. Plac&#233; au bord des pistes, le b&#226;timent est entour&#233; de grillages surplomb&#233;s de barbel&#233;s. L'int&#233;rieur n'est pas moins oppressant : pr&#233;sence polici&#232;re constante, cam&#233;ras de surveillance, fen&#234;tres condamn&#233;es, lumi&#232;re de n&#233;ons blafarde et bruit incessant des haut-parleurs appelant des personnes pour un &#233;ventuel renvoi. Surnomm&#233;e &#171; l'h&#244;tel &#187; par la police aux fronti&#232;res, la Zapi 3 est la vitrine des zones d'attente fran&#231;aises.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lorsqu'elles ne sont pas imm&#233;diatement renvoy&#233;es&lt;/strong&gt; vers leur pays de provenance, les personnes non-admises sur le territoire sont donc enferm&#233;es en zone d'attente, pour une dur&#233;e initiale de quatre jours et une dur&#233;e maximum de vingt jours, le temps pour les autorit&#233;s d'organiser leur renvoi. Durant leur maintien, elles sont d&#233;pendantes de la police aux fronti&#232;res (PAF) pour l'exercice de leurs droits : enregistrement d'une demande d'asile, repas, acc&#232;s aux soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dina et Ehsan, un couple afghan, sont arriv&#233;s de Gr&#232;ce &#224; l'a&#233;roport de Beauvais. Plac&#233;s en zone d'attente, ils ont v&#233;cu un calvaire durant cinq jours avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233;s au titre de l'asile. Dina, alors enceinte de cinq mois, souffrait de maux de ventre et de saignements abondants ; Ehsan, lui, avait une plaie au bras n&#233;cros&#233;e et inqui&#233;tante, due &#224; une blessure par balle. Seule une lotion vitamin&#233;e leur a &#233;t&#233; d&#233;livr&#233;e lors de leur bref passage &#224; l'h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions d'enfermement &#233;taient &#233;galement inhumaines : un espace extr&#234;mement sale, des poubelles d&#233;bordantes, une chaleur suffocante, l'impossibilit&#233; de se laver, pas d'acc&#232;s &#224; un espace ext&#233;rieur et une nourriture en quantit&#233; et qualit&#233; insuffisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; leur arriv&#233;e, la police a refus&#233; d'enregistrer leurs demandes d'asile, et tent&#233; de les renvoyer &#224; deux reprises vers la Gr&#232;ce. Pendant quatre jours, le couple n'a re&#231;u aucune explication sur ses droits, la PAF n'ayant pas fait appel &#224; un interpr&#232;te. Les agents ont refus&#233; de leur remettre les documents administratifs relatifs au refus d'entr&#233;e et au maintien en zone d'attente.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La proc&#233;dure de demande d'asile &#224; la fronti&#232;re&lt;/strong&gt; est un filtre qui sert avant tout au contr&#244;le des flux migratoires, au d&#233;triment de la protection des personnes. Elle ne tend pas &#224; reconna&#238;tre le statut de r&#233;fugi&#233;, mais seulement &#224; donner l'autorisation d'entrer sur le territoire fran&#231;ais afin d'y d&#233;poser une demande d'asile. Cette premi&#232;re d&#233;cision revient au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur. Pour cela, le demandeur est entendu par l'Ofpra (Office fran&#231;ais de protection des r&#233;fugi&#233;s et des apatrides) qui examinera de fa&#231;on superficielle le &#171; &lt;i&gt;caract&#232;re manifestement infond&#233;&lt;/i&gt; &#187; de sa demande &lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article L.221-1 du Ceseda.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lydia est nicaraguayenne. Elle a demand&#233; l'asile &#224; la fronti&#232;re depuis la zone d'attente de Roissy. Sur la base d'un entretien de 25 minutes avec interpr&#232;te, l'Ofpra et le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur ont consid&#233;r&#233; que sa demande &#233;tait manifestement infond&#233;e, d&#233;cision confirm&#233;e par le tribunal administratif qui a rejet&#233; son recours contre la d&#233;cision minist&#233;rielle. Lydia a alors subi plusieurs tentatives d'embarquement. Apr&#232;s vingt jours d'enfermement, elle est plac&#233;e en garde &#224; vue pour avoir refus&#233; d'embarquer, puis directement au Centre de r&#233;tention administrative (CRA) sur la base d'une obligation de quitter le territoire fran&#231;ais &#233;mise &#224; l'issue de la garde &#224; vue. L'Ofpra lui accordera finalement le statut de r&#233;fugi&#233;e depuis le CRA.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La situation de Lydia n'est malheureusement pas isol&#233;e&lt;/strong&gt;. Si certaines personnes finissent par &#234;tre lib&#233;r&#233;es de la zone d'attente, les autres sont majoritairement refoul&#233;es ou plac&#233;es en garde &#224; vue pour leur refus d'embarquer, ce qui constitue souvent le point d'entr&#233;e d'une spirale d'enfermements successifs. Les possibilit&#233;s sont nombreuses : prison, local ou centre de r&#233;tention administrative. Si le juge prononce une interdiction du territoire fran&#231;ais, la personne est plac&#233;e en r&#233;tention juste apr&#232;s l'audience. Si, en plus, le juge condamne la personne (le refus d'embarquer est un d&#233;lit passible de trois ans de prison ferme), elle sera plac&#233;e en r&#233;tention &#224; sa sortie de prison. La police tentera de nouveau de l'&#233;loigner et si elle persiste &#224; refuser d'embarquer, elle pourra une nouvelle fois &#234;tre plac&#233;e en garde &#224; vue et condamn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour se prot&#233;ger d'un pr&#233;tendu &#171; risque migratoire &#187;&lt;/strong&gt; ou d'un &#171; afflux massif &#187;, l'enfermement est un instrument central et banalis&#233; de gestion des populations migrantes en Europe et au-del&#224;. Les logiques frontali&#232;res sont g&#233;n&#233;ralement les m&#234;mes : rejet, invisibilisation, opacit&#233; des pratiques, fichage, violations des droits fondamentaux. L'enfermement se double d'une dimension de &#171; tri &#224; l'entr&#233;e &#187;, qui renverrait &#224; l'id&#233;e de pr&#233;vention associ&#233;e &#224; l'image de &#171; criminels &#187; plac&#233;s derri&#232;re des barreaux. Cet enfermement cr&#233;e surtout des traumatismes profonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;anafe&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Charl&#232;ne Cuartero &amp; Antoine Bougeard (membres de l'Anaf&#233;)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Association nationale d'assistance aux fronti&#232;res pour les &#233;trangers (&lt;a href=&#034;http://www.anafe.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anaf&#233;&lt;/a&gt;) agit depuis trente ans aupr&#232;s de personnes en difficult&#233; aux fronti&#232;res. Elle y m&#232;ne notamment des permanences juridiques et des visites de zones d'attente. Depuis sa cr&#233;ation, l'association d&#233;montre et d&#233;nonce qu'il est impossible de priver de libert&#233; et d'enfermer des personnes dans le respect de leur dignit&#233; et de leurs droits, et refuse l'id&#233;e que les lieux d'enfermement seraient un mal n&#233;cessaire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;16 879 refus d'entr&#233;e en 2017&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;E&lt;/petitelettrine&gt;n 2017, aux fronti&#232;res fran&#231;aises externes &#224; l'Union europ&#233;enne, 7 207 personnes (parmi lesquelles de potentiels demandeurs d'asile) ont &#233;t&#233; r&#233;achemin&#233;es imm&#233;diatement. 9 672 autres ont &#233;t&#233; plac&#233;es en zone d'attente, dont 7 930 &#224; Roissy. La dur&#233;e moyenne de maintien &#233;tait cette ann&#233;e-l&#224; de 4,21 jours &#224; Roissy, 72 heures &#224; Orly et moins de 24 heures dans les autres zones d'attente. Ainsi, la majeure partie des personnes maintenues en zone d'attente ne sont pas pr&#233;sent&#233;es &#224; un juge, celui-ci n'intervenant qu'au bout de 96 heures.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les mineurs isol&#233;s n'y &#233;chappent pas&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;E&lt;/petitelettrine&gt;n raison du droit d&#233;rogatoire mis en place aux fronti&#232;res, enfermer et renvoyer des mineurs isol&#233;s y est possible. M&#234;me monnaie courante. Bien que quelques sp&#233;cificit&#233;s soient pr&#233;vues (d&#233;signation d'un administrateur &lt;i&gt;ad hoc&lt;/i&gt;, renvoi vers le pays d'origine par exemple), rien n'est mis en place pour prot&#233;ger les enfants des d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par l'enfermement. Plus encore, leur minorit&#233; est souvent contest&#233;e, sur la base de tests osseux ou du faux document utilis&#233; pour voyager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Moussa, jeune Guin&#233;en de 17 ans, est arriv&#233; &#224; l'a&#233;roport de Marseille apr&#232;s un long p&#233;riple. Il y a demand&#233; l'asile &#224; son arriv&#233;e. Durant les seize jours qu'il passe enferm&#233;, Moussa est balad&#233; de tribunal en tribunal, subit un test osseux sans consentement, s'entretient seul avec l'Ofpra. Rien n'y fait, pas m&#234;me les documents attestant sa minorit&#233;. Il est renvoy&#233; &#224; Tunis.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s. Toutes les descriptions de lieux et de situations sont issues des visites et permanences organis&#233;es par l'Anaf&#233; (lire &lt;a href=&#034;#anafe&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;ci-dessus&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Institu&#233;s par les articles L. 221-1 et suivants du Code de l'entr&#233;e et du s&#233;jour des &#233;trangers et du droit d'asile (Ceseda).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Article L.221-1 du Ceseda.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le voyage inattendu d'un anarchiste syrien</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-voyage-inattendu-d-un</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-voyage-inattendu-d-un</guid>
		<dc:date>2019-01-30T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>quartiers</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>Lesbos</dc:subject>
		<dc:subject>quartier</dc:subject>
		<dc:subject>Edd Thawra</dc:subject>
		<dc:subject>distribuent Bulletin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir connu la r&#233;volution &#224; Alep, la guerre civile, l'exil en Turquie puis la travers&#233;e vers la Gr&#232;ce sur un bateau de fortune, Edd Thawra a pu se forger, &#224; 22 ans, quelques convictions bien affirm&#233;es. Nous l'avons rencontr&#233; &#224; Thessalonique, carrefour antique entre Orient et Occident, o&#249; il milite dans un groupe anarchiste et suit des &#233;tudes d'informatique. En cette fin d'octobre 2018, devant la gare de Thessalonique, une petite dizaine d'activistes collent des affiches et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no171-decembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;171 (d&#233;cembre 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin-Barzilai-105" rel="tag"&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Syrie" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers" rel="tag"&gt;quartiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regime" rel="tag"&gt;r&#233;gime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lesbos" rel="tag"&gt;Lesbos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Edd-Thawra" rel="tag"&gt;Edd Thawra&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/distribuent-Bulletin" rel="tag"&gt;distribuent Bulletin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir connu la r&#233;volution &#224; Alep, la guerre civile, l'exil en Turquie puis la travers&#233;e vers la Gr&#232;ce sur un bateau de fortune, Edd Thawra&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a pu se forger, &#224; 22 ans, quelques convictions bien affirm&#233;es. Nous l'avons rencontr&#233; &#224; Thessalonique, carrefour antique entre Orient et Occident, o&#249; il milite dans un groupe anarchiste et suit des &#233;tudes d'informatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2763 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1019-4132f.jpg?1783174908' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Martin Barzilai
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n cette fin d'octobre 2018, devant la gare de Thessalonique, une petite dizaine d'activistes collent des affiches et distribuent &lt;i&gt;Bulletin&lt;/i&gt;, une revue en quatre langues (grec, fran&#231;ais, anglais, arabe), aupr&#232;s des sans-papiers du quartier. Edd Thawra participe au collectif Clandestina-Network. Il a m&#234;me contribu&#233; &#224; r&#233;diger la d&#233;claration de principes : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes un groupe de militants locaux et migrants &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;anti-discriminations&lt;/i&gt; &#187;, qui &#171; &lt;i&gt;vise &#224; aider &#224; briser les barri&#232;res de la communication et &#224; unir nos luttes dans la ville avec celles dans les camps de migrants. &lt;/i&gt; &#187; Quelques jours plus tard, Edd nous raconte sa trajectoire autour d'un caf&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;R&#233;volution &#224; Alep&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je suis originaire de Sukkari, un quartier pauvre d'Alep.&lt;/strong&gt; Ma famille est sunnite. Au moment du soul&#232;vement, j'avais 15 ans. En 2011, l'arm&#233;e de Bachar contr&#244;lait encore la ville, mais en 2012, des milliers de personnes sont descendues dans la rue tous les jours. Notre quartier &#233;tait tr&#232;s conservateur, pourtant des femmes non voil&#233;es pouvaient venir manifester. Et inversement, dans les quartiers de la classe moyenne, les gens des quartiers populaires soutenaient les protestations. Tous les gens d'Alep &#233;taient m&#233;lang&#233;s et unis &#224; cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la r&#233;volution, la culture politique &#233;tait tr&#232;s pauvre, le nationalisme arabe du parti Baas monopolisait toute la presse et la production &#233;ditoriale. Facebook &#233;tait bloqu&#233;, on devait utiliser des serveurs proxy pour avoir acc&#232;s aux r&#233;seaux sociaux. Nous n'avions aucune base th&#233;orique, aucune id&#233;e pr&#233;&#233;tablie, alors nous avons appris par notre propre pratique, influenc&#233;s aussi par Omar Aziz ou Razan Zaitouneh&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Omar Aziz &#233;tait un des th&#233;oriciens des comit&#233;s locaux de coordination, bases (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pauvres &#233;taient apolitiques, ils avaient avant tout une fa&#231;on &#233;motionnelle de r&#233;agir aux injustices et &#224; la dictature. Le soul&#232;vement a eu un grand impact sur les mentalit&#233;s en Syrie, certains sont devenus plus religieux, d'autres ath&#233;es. Depuis la r&#233;volution, je ne crois plus en Dieu. Les bombardements incessants sur les quartiers rebelles ont &#233;galement conduit &#224; la confessionnalisation de la population qui se trouvait coinc&#233;e sans aucun soutien ext&#233;rieur. Face &#224; la mort, c'&#233;tait cela ou la fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais cru &#224; la solution militaire, j'&#233;tais contre les armes. Au d&#233;part, l'Arm&#233;e syrienne libre (ASL), constitu&#233;e de d&#233;serteurs, &#339;uvrait pour la protection de la r&#233;volution, mais avec le temps, elle s'est comport&#233;e comme un gang et des &#233;l&#233;ments islamistes s'y sont joints. Le r&#233;gime arr&#234;tait tous ceux qui cherchaient &#224; s'organiser autrement et les torturait. Dans mon quartier, j'ai assist&#233; &#224; l'arrestation de deux fr&#232;res communistes qui &#233;taient revenus de Grande-Bretagne pour participer &#224; la r&#233;volution. On ne les a jamais revus. &#192; la m&#234;me &#233;poque, le r&#233;gime a lib&#233;r&#233; pr&#232;s de 300 islamistes qui sont devenus les leaders de la r&#233;bellion. Il a man&#339;uvr&#233; pour favoriser l'islamisation de la r&#233;volution afin de justifier ses tueries au yeux du monde. Puisque l'islamisme constituait la principale menace depuis le 11-Septembre, le r&#233;gime pr&#233;tendait agir dans une lutte antiterroriste globale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un radeau pour Lesbos&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Quand l'arm&#233;e de Bachar a repris le contr&#244;le de mon quartier&lt;/strong&gt;, j'ai v&#233;cu un an de terreur, car il devenait de plus en plus difficile d'&#233;chapper &#224; la conscription. Puis, j'ai pass&#233; six mois dans les quartiers rebelles, mais c'&#233;tait intenable : il y avait des explosions de bombes-barils tous les jours. J'ai quitt&#233; la Syrie fin 2014, seul. Je suis pass&#233; en Turquie par le canton d'Idleb. &#192; cette &#233;poque, l'arm&#233;e turque ne tirait pas &#224; vue sur les clandestins. &#192; Gaziantep, j'ai pu trouver un boulot gr&#226;ce &#224; une connaissance. Puis, j'ai d&#233;cid&#233; de partir de Turquie en 2016 parce que le climat social et religieux devenait de plus en plus pesant. Avec Erdo&#287;an, j'ai l'impression que ce pays s'enfonce dans l'obscurantisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'aller en Gr&#232;ce, j'ai d&#251; payer un passeur pour prendre un rafiot pourri qui m'a conduit &#224; Lesbos. Contrairement &#224; l'image v&#233;hicul&#233;e par les m&#233;dias, mon bateau n'&#233;tait pas rempli de jeunes migrants c&#233;libataires, mais en majorit&#233; de familles avec enfants. Bien s&#251;r, j'avais peur pour moi-m&#234;me, mais quand je suis mont&#233; dedans, j'eus d'abord cette pens&#233;e terrible : &#8220; &lt;i&gt;Et si tous ces enfants mouraient noy&#233;s cette nuit ?&lt;/i&gt; &#8221; Prendre un canot de fortune, c'est prendre un billet pour l'inconnu, parfois pour la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'arriv&#233;e &#224; Lesbos, Frontex nous a pris en charge et conduit au camp de Moria, qui &#233;tait un camp ouvert &#224; l'&#233;poque. Aujourd'hui, c'est une prison. Apr&#232;s deux jours, j'ai pu aller &#224; Ath&#232;nes. Puis &#224; Thessalonique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e en Europe a &#233;t&#233; un choc et un &#233;blouissement. Ici, on peut lire et dire ce qu'on veut sans ressentir le sentiment de peur. Cette terreur suscit&#233;e par le parti Baas en Syrie demeure pourtant. Chez les g&#233;n&#233;rations plus &#226;g&#233;es, c'est encore plus marqu&#233;. Un ami m'a racont&#233; que ses parents, pourtant r&#233;fugi&#233;s au Canada, restent t&#233;tanis&#233;s d&#232;s qu'on &#233;voque le r&#233;gime. Ils se murent dans le silence. La peur des &lt;i&gt;moukhabarat&lt;/i&gt; [services de s&#233;curit&#233;] est omnipr&#233;sente. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cette gauche pro-Assad&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je continue &#224; partager des points de vue&lt;/strong&gt; avec des camarades syriens &#224; Ath&#232;nes ou sur la page Facebook Syrian anarchists. Durant une manif de gauche &#224; Ath&#232;nes il y a quelque temps, certains militants grecs brandissaient le drapeau du r&#233;gime, un camarade syrien les a interpell&#233;s violemment, mais visiblement aucun des manifestants n'a su quoi lui r&#233;pondre. Eux-m&#234;mes ne savent pas pourquoi ils se font les complices de cette dictature. La r&#233;volution syrienne a &#233;t&#233; un test d'internationalisme pour la gauche occidentale, qui l'a manqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'anti-imp&#233;rialistes soutiennent &#233;galement l'Iran, qui est un &#201;tat islamique, alors qu'ils n'accepteraient jamais chez eux un tel r&#233;gime d'oppression. Tol&#233;reraient-ils le voile obligatoire ? De m&#234;me &#224; propos de la cause palestinienne, la plupart s'en foutent des Palestiniens, c'est juste un pr&#233;texte pour tenir un discours anti-am&#233;ricain et antisioniste. Le mensonge de l'&#201;tat syrien repose en partie sur son faux antagonisme avec Isra&#235;l. En r&#233;alit&#233;, si Isra&#235;l n'existait pas, le r&#233;gime n'existerait pas non plus. Toute sa propagande tend &#224; confondre juifs et sionistes dans l'esprit des Syriens ordinaires. Elle a contribu&#233; &#224; d&#233;politiser la question palestinienne et sert &#224; masquer ses propres crimes. Je supporte la lutte des Palestiniens contre l'&#201;tat raciste d'Isra&#235;l mais je ne soutiens pas le nationalisme, ni les politiques autoritaires du Hamas ou du Fatah. J'ai grandi avec des Palestiniens en Syrie, le r&#233;gime avait cr&#233;&#233; un d&#233;partement de s&#233;curit&#233; juste pour les contr&#244;ler...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnellement, je refuse de travailler avec la gauche autoritaire qui aurait une position pro-Assad, quand bien m&#234;me elle participerait &#224; la solidarit&#233; avec les migrants. &#192; l'heure actuelle, je ne soutiens aucun des acteurs en Syrie : ni l'ASL, ni le YPG [milice kurde], ni &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; les djihadistes ou Assad. Tous se sont fourvoy&#233;s. Je peux &#233;ventuellement discuter avec des gens qui supportent les deux premiers groupes, pas avec les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'aime pas quand on me demande si je souhaite retourner un jour dans mon pays. D'abord, parce que je ne crois pas aux fronti&#232;res. Je pense que la Terre est un endroit pour tout le monde. Toutefois, si un miracle se produisait et que la dictature tombait, j'aimerais contribuer &#224; construire une soci&#233;t&#233; meilleure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Omar Aziz &#233;tait un des th&#233;oriciens des comit&#233;s locaux de coordination, bases d'auto-organisation de la r&#233;volution syrienne. Il est d&#233;c&#233;d&#233; dans les ge&#244;les du r&#233;gime en 2013. Razan Zaitouneh est une avocate et militante des droits de l'homme, disparue depuis le 9 d&#233;cembre 2013 &#224; Douma, probablement enlev&#233;e par les djihadistes de Jaych al-Islam.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La loi des march&#233;s m&#233;di&#233;vaux</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-loi-des-marches-medievaux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-loi-des-marches-medievaux</guid>
		<dc:date>2019-01-17T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
		<dc:subject>Mickomix</dc:subject>
		<dc:subject>Marche</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>capitalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen &#194;ge</dc:subject>
		<dc:subject>march&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Lou Mirabeou</dc:subject>
		<dc:subject>foires</dc:subject>
		<dc:subject>f&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>grand march&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>f&#234;tes m&#233;di&#233;vales</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;*** Entre autres joyeuset&#233;s, on trouve sur le Web plusieurs calendriers recensant de mani&#232;re exhaustive les centaines de f&#234;tes m&#233;di&#233;vales programm&#233;es de nos jours sur tout le territoire hexagonal, du nord au sud et de l'est &#224; l'ouest. De &#171; la Journ&#233;e des gueux &#187; d'Almen&#234;ches (Orne) &#224; &#171; Lou Mirabeou &#187; aux&#8200;Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rh&#244;ne). Joute chevaleresque et march&#233; haut en couleur se partagent les faveurs du public. Loin du tr&#232;s institutionnel et droitier Puy-du-Fou, ces sympathiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no169-octobre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;169 (octobre 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-vieux-dossiers" rel="tag"&gt;Les vieux dossiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mickomix" rel="tag"&gt;Mickomix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marche" rel="tag"&gt;Marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/capitalisme" rel="tag"&gt;capitalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Moyen-Age" rel="tag"&gt;Moyen &#194;ge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/marches" rel="tag"&gt;march&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lou-Mirabeou" rel="tag"&gt;Lou Mirabeou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/foires" rel="tag"&gt;foires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fetes" rel="tag"&gt;f&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grand-marche" rel="tag"&gt;grand march&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fetes-medievales" rel="tag"&gt;f&#234;tes m&#233;di&#233;vales&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2733 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-991-9698a.jpg?1782642491' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mickomix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre autres joyeuset&#233;s, on trouve sur le Web plusieurs calendriers recensant de mani&#232;re exhaustive les centaines de f&#234;tes m&#233;di&#233;vales&lt;/strong&gt; programm&#233;es de nos jours sur tout le territoire hexagonal, du nord au sud et de l'est &#224; l'ouest. De &#171; la Journ&#233;e des gueux &#187; d'Almen&#234;ches (Orne) &#224; &#171; Lou Mirabeou &#187; aux&#8200;Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rh&#244;ne). Joute chevaleresque et march&#233; haut en couleur se partagent les faveurs du public. Loin du tr&#232;s institutionnel et droitier Puy-du-Fou, ces sympathiques f&#234;tes de village permettent tous les d&#233;guisements &#8211; seigneur ou vilain, jongleur ou bateleur, pr&#234;cheur ou berg&#232;re &#8211; et toutes les fac&#233;ties dans une ambiance parfois des plus carnavalesques. Le terme de foire, issu du latin &lt;i&gt;feria&lt;/i&gt;, &#233;voque encore pour nous la f&#234;te et ses d&#233;bordements alors qu'au Moyen &#194;ge, les grands rassemblements de marchands, d'artisans, de paysans et de financiers venus des quatre coins de la Chr&#233;tient&#233; &#233;taient tr&#232;s strictement encadr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le renouveau et le d&#233;veloppement des foires et march&#233;s furent &#233;troitement li&#233;s &#224; l'essor &#233;conomique que connut le continent europ&#233;en &#224; partir du XII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/strong&gt;. Si le march&#233; restait une r&#233;union hebdomadaire d'importance locale, les foires, souvent associ&#233;es &#224; une f&#234;te religieuse, pouvaient se prolonger plusieurs jours &#8211; jusqu'&#224; cinquante d'affil&#233;e pour celles de Champagne, les plus importantes &#8211; et jouissaient d'un rayonnement tr&#232;s &#233;tendu en lien avec le commerce au long cours. Il faudrait n&#233;anmoins distinguer les v&#233;ritables foires commerciales &#8211; enjeu &#233;conomique, financier, social et politique &#8211; et les simples f&#234;tes &#224; la gloire d'un saint patron comme celle de Saint-Gilles-du-Gard, qui attiraient une foule de p&#232;lerins et, dans leur sillage, de tr&#232;s nombreux marchands. Et se rappeler que le temps m&#233;di&#233;val, peu concern&#233; par les oukases de la productivit&#233; &#233;conomique, &#233;tait &#224; mille lieues du &lt;i&gt;time is money&lt;/i&gt; du capitalisme triomphant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marque de prestige et sources de revenus, foires et march&#233;s &#233;taient l'objet d'une attention tatillonne de la part des autorit&#233;s seigneuriales et royales&lt;/strong&gt;. Ainsi, &#224; Paris, Philippe Auguste (1165-1223) r&#233;glementa lui-m&#234;me le commerce des denr&#233;es essentielles &#8211; viande, pain et vin &#8211; sur le grand march&#233; central qui est &#224; l'origine du quartier des Halles. Et c'est l&#224; aussi une sp&#233;cificit&#233; du Moyen &#194;ge qui se prolongera au-del&#224; de la Renaissance : l'exercice de la concurrence &#233;tait assujetti &#224; une kyrielle de r&#232;glements administratifs et corporatifs pesant fortement sur les profits et l'accumulation. Les lois du march&#233; n'avaient que peu &#224; voir avec les pratiques des march&#233;s. Il s'agissait pour le pouvoir de garantir l'&#233;galit&#233; des vendeurs, de prot&#233;ger les chalands et de limiter la fraude dans un monde o&#249; monnaies, poids et mesures n'&#233;taient point encore unifi&#233;s. L'ensemble des transactions devaient se d&#233;rouler en public, dans des lieux et des temps d&#233;finis, notamment pour permettre aux acheteurs de m&#251;rir leurs choix. Pendant les &#171; jours de montre &#187;, on exposait et on n&#233;gociait et, pendant les &#171; jours d'issue &#187;, on concluait les ventes. Par ailleurs, dans certains &#201;tats ou principaut&#233;s, le souci du bien public pouvait conduire les autorit&#233;s &#224; imposer des prix r&#233;glement&#233;s pour les produits locaux d'usage courant. Ainsi &#233;taient appliqu&#233;s des prix minimaux en p&#233;riode de surabondance afin d'&#233;viter la ruine aux producteurs et des prix maximaux en p&#233;riode de p&#233;nurie pour tuer dans l'&#339;uf toute tentation de man&#339;uvre sp&#233;culative. Quant aux activit&#233;s financi&#232;res, elles devaient emprunter des voies souterraines du fait de la condamnation de l'usure par l'&#201;glise, relay&#233;e par des interdictions administratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; tous ces obstacles, les grands marchands ont quand m&#234;me r&#233;ussi &#224; maximiser leurs profits et &#224; accumuler du capital&lt;/strong&gt;, notamment en confiant la gestion de l'argent &#224; des communaut&#233;s non soumises aux tabous chr&#233;tiens sur le pr&#234;t &#224; int&#233;r&#234;t. Ils se rapproch&#232;rent aussi des cercles du pouvoir f&#233;odal afin d'obtenir la protection l&#233;gale des monopoles qu'ils &#233;taient parvenus &#224; b&#226;tir &#224; l'instar des G&#233;nois sur la soie sicilienne ou des marranes portugais sur les pierres pr&#233;cieuses. Un jeu d'enfant tant les princes de l'&#233;poque &#233;taient continuellement d&#233;sargent&#233;s. Plus tard, &#224; la Renaissance, le d&#233;veloppement des &#233;changes li&#233; &#224; la constitution des empires coloniaux sonnera la naissance d'un capitalisme commercial d&#233;barrass&#233; du carcan m&#233;di&#233;val. Mais, pendant encore longtemps, les lois des march&#233;s, solidement enracin&#233;s dans les villes et les villages, &#233;chapperont &#224; la loi du march&#233;. L'assimilation du capitalisme au march&#233; est d'ailleurs une entreprise id&#233;ologique fort r&#233;cente : &#171; &lt;i&gt;La n&#233;gation de l'histoire que les promoteurs actuels du capitalisme propagent avec ferveur en confondant capitalisme et march&#233; a clairement comme objectif op&#233;rationnel de perturber et d'entraver toute tentative de penser une alternative au capitalisme contemporain tel qu'il est, et &#224; celui qu'ils r&#234;vent pour demain, en tendant &#224; cantonner ceux qui s'y consacrent &#224; la recherche, historiquement irr&#233;aliste, d'une alternative au march&#233;.&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Capitalisme et march&#233; &#224; la Renaissance &#187;, Serge Walery, Alternatives (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Capitalisme et march&#233; &#224; la Renaissance &#187;, Serge Walery, &lt;i&gt;Alternatives &#233;conomiques&lt;/i&gt;, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Plaine emmur&#233;e</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-Plaine-emmuree</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-Plaine-emmuree</guid>
		<dc:date>2018-11-04T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>une3_cabrule</dc:subject>
		<dc:subject>Patxi Beltzaiz</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Tomagnetik</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
		<dc:subject>Plaine</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;rard Chenoz</dc:subject>
		<dc:subject>octobre</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>Marche</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>mairie</dc:subject>
		<dc:subject>quartier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La mairie y croyait dur, &#224; son op&#233;ration table rase sur La Plaine. Et, la mort dans l'&#226;me, le quartier s'y pr&#233;parait. Une fois chass&#233;s les gens du march&#233;, la r&#233;sistance allait faiblir. G&#233;rard Chenoz, adjoint (LR) aux Grands projets d'attractivit&#233; et ma&#238;tre d'&#339;uvre des travaux de requalification de la place Jean-Jaur&#232;s, s'en &#233;tait vant&#233; aupr&#232;s du site Marsactu : &#171; Une Zad sur La Plaine ? Dans dix jours c'est fini. &#187; Il aura finalement fallu un mois riche en surprises, et un mur de b&#233;ton de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no170-novembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;170 (novembre 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une3_cabrule" rel="tag"&gt;une3_cabrule&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Patxi-Beltzaiz-118" rel="tag"&gt;Patxi Beltzaiz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tomagnetik" rel="tag"&gt;Tomagnetik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plaine" rel="tag"&gt;Plaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gerard-Chenoz" rel="tag"&gt;G&#233;rard Chenoz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/octobre" rel="tag"&gt;octobre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marche" rel="tag"&gt;Marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mairie" rel="tag"&gt;mairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La mairie y croyait dur, &#224; son op&#233;ration table rase sur La Plaine. Et, la mort dans l'&#226;me, le quartier s'y pr&#233;parait. Une fois chass&#233;s les gens du march&#233;, la r&#233;sistance allait faiblir. G&#233;rard Chenoz, adjoint (LR) aux Grands projets d'attractivit&#233; et ma&#238;tre d'&#339;uvre des travaux de requalification de la place Jean-Jaur&#232;s, s'en &#233;tait vant&#233; aupr&#232;s du site Marsactu : &#171; &lt;i&gt;Une Zad sur La Plaine ? Dans dix jours c'est fini.&lt;/i&gt; &#187; Il aura finalement fallu un mois riche en surprises, et un mur de b&#233;ton de 2,5 m&#232;tres de haut ceinturant l'esplanade, pour que le chantier puisse d&#233;marrer vraiment. Le Marseille populaire n'a pas dit son dernier mot.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2629 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-890-ebc94.jpg?1783332070' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Tomagn&#233;tik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Neuf jours apr&#232;s la fin du march&#233;, samedi 20 octobre, plusieurs milliers de manifestants convergent en fanfare du Vieux-Port jusqu'&#224; la place Jean-Jaur&#232;s&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nom officiel de la place centrale du quartier de La Plaine.&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; bless&#233;e &#8211; 46 de ses arbres viennent d'&#234;tre abattus. L&#224;, dans un joyeux mouvement de foule, des planches et des poutres passent de main en main, d'&#233;paule en &#233;paule, jusqu'&#224; l'esplanade centrale. Et une haute cabane symbolique y sera &#233;rig&#233;e, le &#171; Gourbi n&#176; 8 &#187;, cadeau fraternel de ceux et celles de Notre-Dame-des-Landes. &#171; &lt;i&gt; Beaucoup de monde est venu nous soutenir dans les moments difficiles, aujourd'hui nous rendons la pareille&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare une jeune fille juch&#233;e sur une agora mobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre de symboles : la mairie d&#233;truit, &#233;radique, arrache. Le quartier prend soin de l'existant, construit et se r&#233;invente. L'image qu'il restera de ce d&#233;but de chantier lanc&#233; comme une exp&#233;dition punitive, ce sont ces six grands tilleuls en pleine sant&#233; coup&#233;s comme par erreur. Sur une place quadrill&#233;e par deux compagnies de CRS qui n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; bousculer des mamies ni &#224; gazer le jardin d'enfants.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Strat&#233;gie du choc&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mardi 16 octobre, en massacrant ces arbres, ceux de la mairie esp&#233;raient atteindre un point de non-retour : sid&#233;rer l'ennemi par la strat&#233;gie du choc, imposer l'&#233;vidence de la d&#233;faite. C'est le contraire qui s'est pass&#233;. R&#233;volt&#233;, le quartier s'est soulev&#233;. On a vu accourir des dames bien mises, qui ne fr&#233;quentaient sans doute ni le march&#233;, ni la vie nocturne. Les larmes aux yeux, scandalis&#233;es par l'abattage : &#171; &lt;i&gt; Ils avaient dit qu'ils les transplanteraient ! Ils faut arr&#234;ter &#231;a. Si vous avez besoin d'argent pour payer un huissier, on est l&#224;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 20 octobre, la place r&#233;colte les fruits d'une col&#232;re contagieuse. Il fallait voir, et vivre, l'intensit&#233; de cet instant-l&#224;. Au milieu de la foule, la surprenante armature du Gourbi n&#176; 8 est assembl&#233;e, puis dress&#233;e dans le square, &#224; dix m&#232;tres des magnolias embl&#233;matiques. La s&#233;natrice (PS) des quartiers Nord Samia Ghali passe par l&#224;, en talons aiguilles dans la poussi&#232;re du terrain de boules, sans que personne ne la remarque&#8230; Moins visible, en tout cas, que Khalifa : &#171; &lt;i&gt; On est l&#224;&#224;&#224; ! Ce quartier a une &#226;&#226;&#226;me et il vous emmerde ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2632 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-893-8971b.jpg?1783332070' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Patxi Beltzaiz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La magie op&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une fois la structure lev&#233;e, la magie op&#232;re. Tout le monde se masse sous la protection de sa charpente ouverte &#224; tous les vents, &#224; la belle &#233;toile, &#224; tous les possibles. Un bistrot du quartier apporte deux caisses de bon vin, &#224; la r&#233;galade. Guitza, de la fanfare Vagabuntu, fait miauler sa trompette : &lt;i&gt;La Vie en rose&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Bella Ciao&lt;/i&gt;&#8230; Une poign&#233;e de jeunes grimpe sur les poutres ma&#238;tresses pour y entonner des chants du stade V&#233;lodrome adapt&#233;s &#224; la situation : &#171; &lt;i&gt; Aux aaarbres ! Aux aaarbres ! C'est nous les Marseillais ! Et nous allons gagner ! Alleez La Plaine ! &lt;/i&gt; &#187; L'&#233;motion est pleine, oui, et on a envie d'embrasser le voisin, la voisine. Un quartier se r&#233;veille, prend conscience de sa singularit&#233;, de sa force. La quinzaine de flics align&#233;s comme un app&#226;t le long d'un immeuble n'en croient pas leurs yeux. La pr&#233;fecture n'a pas os&#233; interdire l'acc&#232;s &#224; la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jeune abonn&#233; du club de supporters Marseille Trop Puissant jubile : &#171; &lt;i&gt;C'est ma premi&#232;re manif ! D'habitude, on descend dans la rue pour les victoires de l'OM. &lt;/i&gt; &#187; Il sera pr&#233;sent tous les jours suivants, organisant sardinade et repas partag&#233;s. Plus loin, deux parents &#233;mus observent leur fils s'enthousiasmer pour la lutte : &#171; &lt;i&gt;Il vient de nous dire que la premi&#232;re fois qu'il a fait l'amour, c'&#233;tait sur la butte aux magnolias&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Touchez pas &#224; ma Plaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille, G&#233;rard Chenoz a tent&#233; de r&#233;duire la contestation &#224; &#171; 5&lt;i&gt;0 meneurs et 200 manipul&#233;s&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Marseillaise, 18 octobre 2018.&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; ou une bande de &#171; &lt;i&gt;punks &#224; chien&lt;/i&gt; &#187;. L'ampleur et l'ambiance de la manif, la pr&#233;sence d'&#233;lus d'opposition et de gens venus de toute la ville, ont d&#233;montr&#233; le contraire. L'appel de l'association Un Centre-ville pour Tous, sign&#233; par une centaine de personnalit&#233;s (dont des architectes et urbanistes de renom et le prix Goncourt Patrick Chamoiseau), ou les plus de 4 000 signataires de la p&#233;tition &#171; Sauvons la Plaine &#187;, prouvent que la majorit&#233; silencieuse derri&#232;re laquelle se cache G&#233;rard Chenoz n'existe pas. Ce qu'on a voulu r&#233;duire &#224; une opposition &#171; id&#233;ologique &#187; est devenu un mouvement social qui rejette ce projet pour ce qu'il est : un d&#233;sastre pour le quartier et pour la ville toute enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, malgr&#233; ce camouflet, Chenoz s'enferre dans le d&#233;ni de r&#233;alit&#233; et la surench&#232;re s&#233;curitaire. Il d&#233;clare le soir m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;On va pas rentrer dans cette spirale de violence. Il y a la police, la justice qui sont l&#224; pour &#231;a.&lt;/i&gt;[sic] &#187;&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;France 3 R&#233;gion Paca, le 21 octobre 2018.&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; Mais de quelle violence parle-t-il ? Violence de la police (plusieurs bless&#233;s par fracture parmi ceux et celles qui se sont oppos&#233;s &#224; mains nues aux engins), violence de l'abattage d'arbres conduit comme une op&#233;ration coup de poing, violence des propos d'&#233;lus contre les forains et leur client&#232;le, violence du m&#233;pris pour les activit&#233;s et les usages cohabitant sur cette place&#8230; Histoire d'en remettre une couche, Chenoz persifle et signe une intox pleine de menaces : &#171; &lt;i&gt;Que les Marseillais ne se fassent pas manipuler par quelques extr&#233;mistes identifi&#233;s par les services de police. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;trange entre-deux&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N'en d&#233;plaise &#224; la mairie, ce ne sont pas que les opposants qui ont r&#233;investi la place mutil&#233;e. &#201;trange entre-deux : elle n'est plus tout &#224; fait un lieu public, mais pas encore un chantier. Dr&#244;le de travaux non s&#233;curis&#233;s qui b&#233;gayent et &#233;ructent violemment tous les trois jours avec des apparitions &#233;clair d'ouvriers sous escorte polici&#232;re&#8230; Comme ceux venus couper &#224; la disqueuse les grilles du square, &#224; la va-vite. Ils sont repartis sans m&#234;me &#233;barber les moignons m&#233;talliques qui affleurent dangereusement &#224; proximit&#233; des jeux d'enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, la mairie a laiss&#233; la place &#224; l'abandon. Une fois de plus, l'inventivit&#233; et la bienveillance des habitants viennent y suppl&#233;er. Des anonymes ont lim&#233; les moignons de grilles et leur ont enfil&#233; des sortes de capuchons en feutrine, pour &#233;viter les accidents. Patrons de bar ou m&#234;me clients se chargent de vider et remplacer les sacs poubelle que les services municipaux &#171; oublient &#187; depuis deux semaines&#8230; La fontaine Wallace, elle, a &#233;t&#233; restaur&#233;e depuis longtemps d&#233;j&#224;, par &#171; les gens &#187;&#8230; Des chiottes s&#232;ches sont pos&#233;es sur un talus promis au bulldozer, avec sur la porte un charmant &#171; &lt;i&gt;En attendant Gaudin&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Claude Gaudin, maire (LR) de Marseille depuis 1995.&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;&#8230; On a &#233;galement vu un officier des CRS pisser dans une vespasienne bricol&#233;e au-dessus d'une bouche d'&#233;go&#251;t par la m&#234;me &#233;quipe qui a construit des gu&#233;ridons et des bancs en bois autour des arbres menac&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2631 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-892-f15b2.jpg?1783332070' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Patxi Beltzaiz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Plainification du chantier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les graffs et les mots d'esprit fleurissent sur les blocs de b&#233;ton : &#171; &lt;i&gt;Pour une plainification du chantier &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Requalifions la Soleam&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soci&#233;t&#233; publique en charge de la &#171; requalification &#187; de La Plaine.&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Plus d'arbres, moins de connards&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Plaine perdue ? Mon cul !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; Zone &#224; p&#233;tanque&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Mais en face, on n'a pas d'humour. L'agora en gradin, o&#249; les gens s'asseyaient pour discuter, a &#233;t&#233; d&#233;truite le 23 octobre &#224; l'aube, avec le Gourbi n&#176; 8, lors d'une violente intervention polici&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, les gens du quartier se sont r&#233;appropri&#233;s la place : jeux d'enfants plus fr&#233;quent&#233;s que jamais, terrain de foot trac&#233; sur l'asphalte avec des cages en bois bricol&#233;es ; skate-park utilisant les glissi&#232;res de b&#233;ton du pseudo-chantier comme rampes de lancement ; blocs de b&#233;ton &#233;cart&#233;s pour laisser passer les poussettes et les caddies des grands-m&#232;res ; jardini&#232;res construites avec des pav&#233;s, de la terre rapport&#233;e et des plantes qu'on am&#232;ne de chez soi ; kiosque &#224; sandwiches promis &#224; la d&#233;molition r&#233;ouvert&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela fait &#233;cho &#224; une autre r&#233;invention de cet espace. Quand, apr&#232;s le d&#233;m&#233;nagement en 1972 du march&#233; de gros au March&#233; d'int&#233;r&#234;t national des Arnavaux, le vide cr&#233;&#233; dans le quartier avait d'abord &#233;t&#233; combl&#233; par les dealers, l'h&#233;ro&#239;ne et le sida. En une admirable r&#233;action vitale, les gens, parfois eux-m&#234;mes touch&#233;s par l'&#233;pid&#233;mie, r&#233;investirent les espaces laiss&#233;s vacants. M&#251;rissoirs &#224; bananes et entrep&#244;ts &#224; fruits et l&#233;gumes furent transform&#233;s en salles de concert, restos, caf&#233;s, locaux associatifs&#8230; Le regain des ann&#233;es 1990, avec sa sc&#232;ne musicale, sa litt&#233;rature, le Tipi (sorte d'Act-Up local), Marseille Trop Puissant (club de motards multiethnique, puis de supporters antiracistes), le carnaval ind&#233;pendant, le Chourmo et sa sardinade des feignants pour c&#233;l&#233;brer le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; Mai&#8230; font d&#233;sormais partie de l'histoire de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Fructueuses frictions&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Retour au Marseille d'aujourd'hui. Pendant deux semaines, &#224; son habitude, la mairie a jou&#233; le pourrissement. Pendant ce temps, les tractations, les cellules de crise, les remontages de bretelles ont d&#251; aller bon train c&#244;t&#233; pr&#233;fecture et h&#244;tel de ville. Macronie et droite dure ont longuement marchand&#233; les conditions d'un retour &#224; l'ordre. En attendant, on brandissait l'&#233;pouvantail de la Zad urbaine. Jusqu'&#224; ce que G&#233;rard Chenoz, accompagn&#233; du pr&#233;fet de police, annonce ce lundi 29 octobre la pose d'un mur de b&#233;ton de 2,5 m&#232;tres de haut tout autour de la place. D&#233;but de l'op&#233;ration : le jour m&#234;me, sous protection de contingents policiers encore plus massifs. Dur&#233;e estim&#233;e : trois jours. Co&#251;t : 390 000 euros. Mesures d'accompagnement de cette lugubre mise sous cloche : un collectif de graffeurs est pressenti pour d&#233;corer l'enceinte et des indemnisations seront n&#233;goci&#233;es avec les commer&#231;ants. Car l'asphyxie a commenc&#233; d&#232;s le d&#233;part du march&#233; et la suppression sans alternative des 400 places de parking &#8211; certains commerces ont d&#233;j&#224; constat&#233; une chute de 50 % de leurs ventes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bagarre va &#234;tre longue et puisera ses forces dans le besoin pressant d'espace commun. Elle sera culturelle dans le sens le plus puissant du terme : le quartier prend date et fait corps contre un chantier Attila de deux ou trois ans. Culturelle, pas cultureuse : on parle l&#224; de rapports sociaux et d'une identit&#233; enracin&#233;s dans un territoire. Pour la mairie, un centre-ville populaire, c'est un probl&#232;me. Pour ceux et celles qui aiment Marseille, c'est une solution &#224; toutes les erreurs de l'urbanisme qui a d&#233;pec&#233; les villes par zones (r&#233;sidentielles, industrielles, commerciales, d'activit&#233;s, de loisirs&#8230;), provoquant l'apog&#233;e du tout-bagnole et blessant le c&#339;ur m&#234;me de la cit&#233;, le lien social, le foisonnement du bazar, la confrontation des cultures urbaines&#8230; Des quartiers comme Noailles, Belsunce, La Plaine sont bien plus que la survivance paup&#233;ris&#233;e d'&#233;poques r&#233;volues. Ils sont la persistance de fructueuses frictions, de surprenantes rencontres, de d&#233;brouille et de connections populaires, de la pr&#233;sence t&#234;tue de populations jug&#233;es ill&#233;gitimes qui, en se fabriquant une vie, habitent et font vivre la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des questions se posent. O&#249; et comment se d&#233;roulera le carnaval ind&#233;pendant ? Comment faire vivre l'id&#233;e que le march&#233; populaire de La Plaine existe encore, qu'il est en exil et qu'il reviendra ? Comment d&#233;fendre le jardin des chats et le boulodrome Carli voisins ? Les gestes d'hostilit&#233; face &#224; un chantier qui veut effacer l'histoire du quartier ne vont-ils pas se multiplier &#8211; et du m&#234;me coup d&#233;go&#251;ter les investisseurs de venir mettre leurs sales pattes dans ce p&#233;trin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est &#224; une r&#233;sistance de longue haleine qu'on va assister&#8230; Ce quartier n'est pas une zone r&#233;sidentielle valorisable, mais un lieu o&#249; cohabitent de multiples activit&#233;s et usages qui se nourrissent les uns des autres. Avec un cri de ralliement : &#171; &lt;i&gt;On est l&#224; ! On ne partira pas !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Pas seulement les arbres, mais aussi le march&#233; &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2630 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-891-8131a.jpg?1783332070' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Tomagn&#233;tik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 11 octobre&lt;/strong&gt;, apr&#232;s une dizaine de jours suspendus aux tergiversations de la mairie &#8211; la fin du plus c&#233;l&#232;bre des march&#233;s marseillais &#233;tait initialement annonc&#233;e pour le 29 septembre &#8211;, les forains ont remball&#233; pour de bon. Sans trop savoir de quoi demain allait &#234;tre fait. Gr&#226;ce au blocage de la foire et des acc&#232;s autoroutiers&lt;a href=&#034;#nb8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Sur la Plaine, le march&#233; des derniers jours &#187;, CQFD n&#176; 169, octobre 2018.&#034; id=&#034;nh8-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, ils avaient obtenu de ne pas &#234;tre dispers&#233;s aux quatre vents. Mais les deux sites de repli obtenus (place de la Joliette et avenue du Prado) n'&#233;taient pas pr&#234;ts. Les services imposaient donc quinze jours de ch&#244;mage forc&#233; &#224; ceux et celles qui avaient os&#233; d&#233;fier le caciquisme municipal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce mardi-l&#224;, donc, &#224; peine les &#233;tals remball&#233;s&lt;/strong&gt;, un camion-grue appara&#238;t, dans l'intention de boucher les entr&#233;es de l'esplanade avec de lourdes glissi&#232;res de b&#233;ton. Afin d'emp&#234;cher l'acc&#232;s des voitures &#8211; ou des fourgons de forains &#8211; et de pr&#233;parer les 2,5 hectares de place au chantier &#224; venir. Imm&#233;diatement, l'animation de fin de march&#233; se transforme en protestation de rue. &#192; mains nues, les clients des caf&#233;s, les passants, des forains, des mamies et des jeunes avec ou sans capuche tentent de ralentir la progression de l'engin. L'un d'entre eux escalade la grue. Les CRS, en nombre, gazent la foule. De petites barricades sont mont&#233;es avec quelques pav&#233;s, des barri&#232;res, des poubelles&#8230; Le man&#232;ge dure toute l'apr&#232;s-midi, avec cinq arrestations &#224; la cl&#233;. Mais d&#232;s le d&#233;part des flics, la foule, arm&#233;e d'une longue corde, d&#233;place les blocs de b&#233;ton, ouvrant &#224; nouveau l'esplanade aux voitures. On remet m&#234;me les pav&#233;s en place pour ne pas g&#234;ner le transit. Le lendemain, le ballet de la fourri&#232;re nettoiera la place et le camion-grue empilera des blocs les uns par dessus les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De son c&#244;t&#233;, le service des emplacements&lt;/strong&gt; fait poireauter les forains ind&#233;sirables. Sur le Prado, les places ne sont pas encore marqu&#233;es au sol. Pas avant le 26 octobre... Mais, le 19 octobre, hop !, les placiers annoncent que le march&#233; suspendu peut s'installer sur l'avenue du Prado d&#232;s le lendemain. De crainte que les forains m&#233;contents ne viennent grossir les rangs de la belle manif. Sur place, rien n'est pr&#234;t, les placiers sont absents. Des disputes &#233;clatent, mais gr&#226;ce &#224; l'union exp&#233;riment&#233;e pendant la lutte, on arrive &#224; se mettre d'accord. Quand le mardi suivant les placiers font leur apparition, les forains les re&#231;oivent en riant : &#171; &lt;i&gt;On n'a plus besoin de vous, on est un march&#233; autog&#233;r&#233; !&lt;/i&gt; &#187; Et l'id&#233;e m&#251;rit de se proclamer &#171; march&#233; de La Plaine en exil &#187;&#8230; On prend date, on reviendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 16 octobre, alors que les arbres tombent&lt;/strong&gt;, France 3 filme un habitant qui rappelle que la mairie avait promis qu'on n'entendrait pas &#171; &lt;i&gt;le son des tron&#231;onneuses sur La Plaine&lt;/i&gt; &#187;. Un chibani s'approche et prot&#232;ge l'interview&#233; avec son parapluie. Quand l'autre a fini, le vieux ajoute d'une voix douce : &#171; &lt;i&gt;C'est pas que les arbres qu'on arrache, il y a aussi le march&#233; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi dans nos archives&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; Marseille &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Marseille-La-Plaine-quartier-libre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La Plaine, quartier libre&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;138 (d&#233;cembre 2015).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; La Plaine souveraine &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Marseille-Quartier-Debout' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Marseille, quartier debout !&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;144 (juin 2016).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; Plaine, &#244; ma Plaine &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Un-quartier-a-cran' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un quartier &#224; cran&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;168 (septembre 2018).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; &lt;strong&gt;Marseille : guerre aux ind&#233;sirables &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Sur-La-Plaine-le-marche-des' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sur La Plaine, le march&#233; des derniers jours&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;169 (octobre 2018).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nom officiel de la place centrale du quartier de La Plaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, 18 octobre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;France 3 R&#233;gion Paca, le 21 octobre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jean-Claude Gaudin, maire (LR) de Marseille depuis 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Soci&#233;t&#233; publique en charge de la &#171; requalification &#187; de La Plaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Sur-La-Plaine-le-marche-des' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Sur la Plaine, le march&#233; des derniers jours &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176; 169, octobre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;forme de la SNCF : Ce sentiment de la gr&#232;ve bien faite</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Reforme-de-la-SNCF-Ce-sentiment-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Reforme-de-la-SNCF-Ce-sentiment-de</guid>
		<dc:date>2018-04-10T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Legars</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas de la Casini&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>
		<dc:subject>gr&#232;ve</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF</dc:subject>
		<dc:subject>cheminots</dc:subject>
		<dc:subject>trains</dc:subject>
		<dc:subject>train</dc:subject>
		<dc:subject>Sud-Rail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors, gr&#232;ve perl&#233;e ou reconductible ? CQFD a cherch&#233; &#224; savoir ce qu'en pensaient les gars du rail. Le r&#233;sultat ? Terrible. O&#249; l'on d&#233;couvre que la guerre de plus ou moins basse intensit&#233; men&#233;e par les gouvernements successifs &#8211; et les m&#233;dias &#8211; a fini par d&#233;go&#251;ter les cheminots de leur boulot. Pas de panique, un accord a &#233;t&#233; trouv&#233;. Point &#8211; du tout &#8211; avec le gouvernement, lequel souhaite toujours ardemment r&#233;former la SNCF &#224; grands coups d'ordonnances. Et, entre autres, faire dispara&#238;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no164-avril-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;164 (avril 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-de-la-Casiniere-95" rel="tag"&gt;Nicolas de la Casini&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CGT" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/SNCF" rel="tag"&gt;SNCF&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cheminots" rel="tag"&gt;cheminots&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/trains" rel="tag"&gt;trains&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/train" rel="tag"&gt;train&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sud-Rail-7262" rel="tag"&gt;Sud-Rail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2154-ce294.jpg?1783040771' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors, gr&#232;ve perl&#233;e ou reconductible ? &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a cherch&#233; &#224; savoir ce qu'en pensaient les gars du rail. Le r&#233;sultat ? Terrible. O&#249; l'on d&#233;couvre que la guerre de plus ou moins basse intensit&#233; men&#233;e par les gouvernements successifs &#8211; et les m&#233;dias &#8211; a fini par d&#233;go&#251;ter les cheminots de leur boulot.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pas de panique, un accord a &#233;t&#233; trouv&#233;. Point &#8211; du tout &#8211; avec le gouvernement, lequel souhaite toujours ardemment r&#233;former la SNCF &#224; grands coups d'ordonnances. Et, entre autres, faire dispara&#238;tre le statut de cheminot pour les nouveaux entrants. Non. Si accord il y a, c'est entre, d'une part la CGT, l'Unsa et la CFDT, et d'autre part Sud-Rail. Les trois premiers syndicats de l'entreprise publique se sont entendus pour appeler les cheminots &#224; faire gr&#232;ve deux jours sur cinq du 3 avril &#224; la fin juin, pendant trois mois. Pas convaincu par cette strat&#233;gie tr&#232;s particuli&#232;re, Sud-Rail a pr&#233;f&#233;r&#233; d&#233;poser un pr&#233;avis de gr&#232;ve reconductible &#224; partir du 3 avril. Les quatre structures sont donc partantes pour mener les deux tactiques de front, quitte &#224; en abandonner une en fonction des r&#233;actions de la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement, la base&#8230; &#192; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, nous avons cherch&#233; &#224; savoir ce qu'en pensaient les militants syndicaux de terrain. &#171; &lt;i&gt;&#199;a me rappelle la gr&#232;ve &#8220; saute-mouton &#8221; de 2003&lt;/i&gt;, avance Charles, retrait&#233; toujours actif au sein de Sud, qui manifeste ce 22 mars &#224; Marseille pour d&#233;fendre la SNCF et la fonction publique. &lt;i&gt;On avait l'impression que &#231;a n'allait jamais d&#233;marrer. Cette fois aussi, les m&#233;dias risquent de se d&#233;cha&#238;ner au bout de quelques jours. Et nous ne gagnerons pas la bataille contre le gouvernement si nous ne remportons pas celle de l'opinion publique. Une gr&#232;ve, &#231;a d&#233;pend du timing. Et un timing long n'est pas le plus opportun.&lt;/i&gt; &#187; Fred Michel, de Sud-Rail, abonde en son sens : &#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me avec une gr&#232;ve de deux jours sur cinq, c'est que &#231;a nous d&#233;poss&#232;de. Il n'y a pas d'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, par exemple. Pour gagner, il faut que les syndicats soient d&#233;pass&#233;s par les cheminots, avec un rapport de force qui se reconduit de jour en jour.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile, en ce 22 mars, de recueillir le son de cloche des militants CGT, puisque ces derniers ne participent pas au cort&#232;ge marseillais &#8211; ils ont d&#233;cid&#233; de d&#233;filer &#224; Paris. C'est donc quelques jours plus tard que l'on rencontre trois syndicalistes du centre de maintenance SNCF de la Blancarde (12e arrondissement). &#171; &lt;i&gt;C'est un peu nouveau pour nous, ce type de gr&#232;ve. Mais au moins, il y a une strat&#233;gie, et elle peut nous permettre de tenir plus longtemps&lt;/i&gt;, avance Lionel. &lt;i&gt;D'exp&#233;rience, on sait que les probl&#232;mes se multiplient au bout de quatre ou cinq jours de gr&#232;ve. Nous, ce qu'on veut, c'est d&#233;sorganiser la production sans faire trop chier les usagers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, tr&#232;s vite, la discussion abandonne les consid&#233;rations strat&#233;giques pour glisser vers le ressenti. Les ressentiments, m&#234;me. &#171; &lt;i&gt;On sent bien que la col&#232;re augmente au fur et &#224; mesure que le moral baisse&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Lionel. &lt;i&gt;Ce qu'on ne supporte plus, c'est d'entendre dire que nous sommes des privil&#233;gi&#233;s. &#199;a met la rage. Moi, je suis technicien, j'ai vingt ans de bo&#238;te, je ne bosse pas la nuit ni le week-end, et je gagne 1 675 &#8364; net par mois, primes comprises.&lt;/i&gt; &#187; L'augmentation de la charge de travail et la baisse des effectifs dans leur service, r&#233;currentes depuis des ann&#233;es, ne sont pas l&#224; pour les rendre optimistes. &#171; &lt;i&gt;Ici, nous &#233;tions 1 200 en 2008. Nous ne sommes plus que 740. Par contre, le nombre de trains &#224; entretenir a tripl&#233;&lt;/i&gt; &#187;, soutient Renaud, d&#233;l&#233;gu&#233; du personnel CGT. Et d'un coup, la loco charg&#233;e &#224; la col&#232;re s'emballe : &#171; &lt;i&gt;En fait, les cheminots ne sont pas heureux. Chez les roulants, il y a 70 % de divorces, souvent &#224; cause des horaires d&#233;cal&#233;s. Et &#224; la maintenance, on ne ram&#232;ne pas de beurre&#8230; Quand j'ai d&#233;but&#233; &#224; la SNCF il y a seize ans, j'&#233;tais fier de dire que je r&#233;parais des trains, j'avais l'impression d'annoncer que je jouais &#224; l'OM ! &#199;a int&#233;ressait les gens &#8211; les trains fascinent toujours un peu. Et &#231;a donnait envie aux minots de devenir chef de gare ou &#8220; conducteur de train &#8221;. Tandis que maintenant, j'ai le sentiment d'&#234;tre atteint du syndrome de la caissi&#232;re de supermarch&#233; &#8211; avec tout mon respect, personne n'a envie de faire son travail&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Le gars est lanc&#233;, plus rien ne l'arr&#234;te : &#171; &lt;i&gt;Avant, je ne gagnais pas beaucoup, mais je retirais une certaine satisfaction de ce qu'on accomplissait avec les copains. Quand un train sortait de chez nous, il pouvait rouler. Mais c'est fini, nous n'avons plus les moyens de faire correctement le boulot. Ils ont r&#233;ussi &#224; nous voler le sentiment du travail bien fait.&lt;/i&gt; &#187; Rien que pour ce manque de consid&#233;ration, il serait bienvenu que ce gouvernement et ses ordonnances passent sous les roues du train de la gr&#232;ve. Qu'elle soit perl&#233;e ou reconductible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2298 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH267/-570-325a0.jpg?1782665310' width='500' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas de la Casini&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
