<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=2239&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Travailleurs migrants en Italie : &#171; L'impression d'&#234;tre de la marchandise &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Travailleurs-migrants-en-Italie-L</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Travailleurs-migrants-en-Italie-L</guid>
		<dc:date>2022-02-04T10:56:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aboubakar Soumahoro</dc:creator>


		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>jour</dc:subject>
		<dc:subject>Marche</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>rond-point</dc:subject>
		<dc:subject>Naples</dc:subject>
		<dc:subject>journ&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Villa Literno</dc:subject>
		<dc:subject>Melito</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ivoirien arriv&#233; en Italie &#224; l'&#226;ge de 19 ans pour travailler comme bracciante, ces travailleurs agricoles journaliers du sud du pays, Aboubakar Soumahoro est aujourd'hui devenu un syndicaliste de premier plan et une voix qui compte en Italie. En 2019, il y publiait Umanit&#224; in rivolta, r&#233;cit de son parcours individuel et r&#233;flexion sur le sort des travailleurs migrants et leurs aspirations &#224; l'&#233;mancipation. Un livre traduit en fran&#231;ais par Marie Causse et publi&#233; le 28 janvier aux &#233;ditions Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no206-fevrier-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;206 (f&#233;vrier 2022)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jour" rel="tag"&gt;jour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marche" rel="tag"&gt;Marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/heures" rel="tag"&gt;heures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rond-point" rel="tag"&gt;rond-point&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Naples" rel="tag"&gt;Naples&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/journee" rel="tag"&gt;journ&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Villa-Literno" rel="tag"&gt;Villa Literno&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Melito" rel="tag"&gt;Melito&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ivoirien arriv&#233; en Italie &#224; l'&#226;ge de 19 ans pour travailler comme &lt;i&gt;bracciante&lt;/i&gt;, ces travailleurs agricoles journaliers du sud du pays, Aboubakar Soumahoro est aujourd'hui devenu un syndicaliste de premier plan et une voix qui compte en Italie. En 2019, il y publiait &lt;i&gt;Umanit&#224; in rivolta&lt;/i&gt;, r&#233;cit de son parcours individuel et r&#233;flexion sur le sort des travailleurs migrants et leurs aspirations &#224; l'&#233;mancipation. Un livre traduit en fran&#231;ais par Marie Causse et publi&#233; le 28 janvier aux &#233;ditions Les &#201;taques sous le titre &lt;i&gt;L'Humanit&#233; en r&#233;volte &#8211; Notre lutte pour le travail et le droit au bonheur&lt;/i&gt;. Extrait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4335 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200bonnesfeuilles_resultat-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH670/1200bonnesfeuilles_resultat-2-a52ae.jpg?1782924314' width='500' height='670' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration d'Albert Foolmoon (d&#233;tail de la couverture)
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;J'&lt;/span&gt;ai d'abord fait &#233;tape &#224; Aversa, une petite ville &#224; mi-chemin entre Naples et Caserte, &#224; quelques kilom&#232;tres de Villa Literno. C'est une ville dens&#233;ment peupl&#233;e en grande banlieue de Naples. C'est
l&#224; que, dans un premier temps, je devais &#234;tre h&#233;berg&#233; par un lointain parent. Mais en arrivant dans l'appartement, j'ai d&#233;couvert que nous &#233;tions quinze. Je suis entr&#233;, j'ai essay&#233; d'allumer, mais il n'y avait
pas d'&#233;lectricit&#233;. Pas mal, comme entr&#233;e en mati&#232;re ! Jamais je n'aurais imagin&#233; trouver une habitation sans
&#233;lectricit&#233; dans un des pays les plus riches du monde. Le lendemain, quand j'ai d&#233;cid&#233; d'aller chercher du travail, j'ai fait de nouvelles d&#233;couvertes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le march&#233; aux bras&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les intertitres sont de CQFD&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai su par ceux avec qui je partageais mon logement qu'il fallait se lever &#224; cinq heures chaque matin pour se rendre sur le rond-point de Melito, dans l'arri&#232;re-pays de Naples. On y arrive &#224; pied ou &#224; v&#233;lo et on attend que quelqu'un passe &#224; la recherche de bras, pour travailler comme d&#233;m&#233;nageur, ma&#231;on ou ouvrier agricole. Voil&#224; comment &#231;a fonctionne : celui qui a du boulot &#224; proposer s'arr&#234;te, il jette un &#339;il aux hommes pr&#233;sents et fait son choix, sans d&#233;finir ni horaires, ni paye, ni lieu de travail. On a la sensation d'&#234;tre de la marchandise expos&#233;e au march&#233; aux bras, d&#233;pouill&#233;e de toute humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois que je suis arriv&#233; au rond-point, il y avait des Asiatiques et des migrants de toute l'Afrique en train d'attendre. La sc&#232;ne &#233;tait irr&#233;elle : des centaines de personnes &#233;taient l&#224;, pr&#234;tes &#224; accepter n'importe quel job, &#224; n'importe quelles conditions. Quand on ne trouvait pas de travail, il n'y avait d'autre choix que de rester debout pendant des heures &#224; attendre, apr&#232;s s'&#234;tre lev&#233; &#224; l'aube, avant de finalement rentrer chez soi le ventre vide et sans un sou en poche.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Patrons racistes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand on subit la pr&#233;carit&#233; de petits boulots occasionnels, on vit au jour le jour, impossible de faire le moindre projet. Quand j'entends des discours sur la paresse des migrants, qui voudraient vivre aux crochets des Italiens sans rien faire, je pense &#224; tous ces gens qui chaque matin se l&#232;vent &#224; cinq heures pour se rendre au rond-point de Melito, dans l'espoir de d&#233;crocher pour une journ&#233;e au moins un travail harassant pour un salaire de mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Quand j'entends des discours sur la paresse des migrants, qui voudraient vivre aux crochets des Italiens sans rien faire, je pense &#224; tous ces gens qui chaque matin se l&#232;vent &#224; cinq heures pour se rendre au rond-point de Melito, dans l'espoir de d&#233;crocher pour une journ&#233;e au moins un travail harassant pour un salaire de mis&#232;re.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Bien vite, j'ai moi aussi commenc&#233; &#224; travailler sans rel&#226;che. Je passais d'un travail &#224; un autre : la pr&#233;carit&#233; m'interdisait de refuser la moindre proposition. Je pla&#231;ais tous mes espoirs dans l'employeur du moment, ou peut-&#234;tre serait-il plus juste de l'appeler &#171; patron &#187;, bien que le mot aujourd'hui ne semble plus &#224; la mode&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En italien, le mot &#171; padrone &#187; pr&#233;sente un sens plus fort qu'en fran&#231;ais, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pour beaucoup, parler d'exploitation signifie glisser vers un discours id&#233;ologique. Au contraire, je crains qu'il ne soit &#171; id&#233;ologique &#187; de refuser de voir les formes d'organisations sociales et du march&#233; qui permettent &#224; une poign&#233;e de gens de disposer de la vie des autres. Souvent, je me demande combien d'hommes qui exploitent en priv&#233; les personnes migrantes affirment en public que &#171; &lt;i&gt;les Noirs doivent partir d'ici&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Horreur ordinaire...&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; mes conditions de vie difficiles, j'avais l'espoir que quelque chose changerait, et que t&#244;t ou tard je parviendrais &#224; revenir au centre du ring. Je me souviens de ce jour o&#249; un vieil homme s'est arr&#234;t&#233; au feu rouge et m'a &#171; choisi &#187;. C'&#233;tait un mardi, jour de march&#233; &#224; Palma Campania, une petite ville &#224; une trentaine de kilom&#232;tres d'Aversa. Les journ&#233;es de travail y &#233;taient &#233;reintantes, &#224; charger et d&#233;charger la marchandise d'un fourgon. Je ne sais pour quelle raison il avait d&#233;cid&#233; de m'appeler Davide, peut-&#234;tre qu'Aboubakar c'&#233;tait trop compliqu&#233;. &#192; la fin de la journ&#233;e, le &#171; patron &#187; &#233;tait content de moi et de mon travail, alors sur le chemin du retour, je lui ai demand&#233; de me payer. Il m'a r&#233;pondu qu'il &#233;tait tr&#232;s satisfait et que d&#232;s le lendemain je travaillerais pour lui, pour toujours. Puis il a ajout&#233; en dialecte napolitain que je ne devais pas m'inqui&#233;ter pour le salaire du jour, qu'il r&#233;glerait tout en m&#234;me temps. Cette journ&#233;e avait &#233;t&#233; une sorte d'essai, pour tout le reste, m'a-t-il assur&#233;, toujours en dialecte, &#171; &lt;i&gt;m' 'o vvech' je&lt;/i&gt; &#187; : je m'occupe de tout. Puis il a conclu par ces mots : &#171; &lt;i&gt;Ne t'inqui&#232;te pas, on se retrouve ici demain &#224; la m&#234;me heure.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'en revenais pas, j'&#233;tais fou de joie. De retour chez moi, j'ai dit &#224; mes amis qu'on venait de m'embaucher et j'ai offert une tourn&#233;e de pizza. Le lendemain, je me suis r&#233;veill&#233; &#224; l'aube, je ne voulais pas arriver en retard &#224; mon rendez-vous. J'ai enfourch&#233; mon v&#233;lo et j'ai p&#233;dal&#233; de bon c&#339;ur. Je suis arriv&#233; sur place avant six heures, j'&#233;tais parmi les premiers. J'ai attendu jusqu'&#224; sept heures, rien. Huit heures, neuf heures, dix heures, toujours rien. Je refusais de croire que &#171; le patron &#187; s'&#233;tait moqu&#233; de moi, sans me payer ma journ&#233;e et en me faisant miroiter un travail. Pour quelle raison aurait-il fait cela ? &#201;conomiser si peu d'argent ne risquait pas de le rendre plus riche. Et pourtant il n'est plus jamais revenu, ni ce jour-l&#224;, ni un autre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;... Et absurde normalit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses ann&#233;es ont pass&#233; depuis cet &#233;pisode, mais le rond-point de Melito est aujourd'hui encore un
endroit o&#249; on attend une chance de d&#233;crocher un travail, ou plut&#244;t, &#171; &lt;i&gt;a fatica&lt;/i&gt; &#187;, comme on dit en napolitain. Tous ces hommes qui attendent, tous ces bras pleins d'espoir, sont devenus une pr&#233;sence &#224; laquelle tout le monde est habitu&#233;, une partie int&#233;grante du paysage. Tout comme, &#224; quelques kilom&#232;tres de l&#224;, le long des routes qui m&#232;nent d'Aversa &#224; Caserte ou &#224; Lago Patria, des dizaines de femmes migrantes attendent des hommes qui les paieront pour se servir de leur corps. Je me suis toujours demand&#233; quel &#233;tait le prix de cette absurde normalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence de rapport de travail formel et de protection syndicale est une pratique tr&#232;s r&#233;pandue, surtout dans les secteurs du b&#226;timent, de l'agriculture, de la logistique et du travail domestique. L'exp&#233;rience syndicale m'a fait conna&#238;tre des contextes de production vari&#233;s et des dynamiques plus complexes par rapport au mod&#232;le d'exploitation qui se perp&#233;tue dans certaines zones. Ce mod&#232;le semble d&#233;couler d'un principe qui est devenu la norme : les immigr&#233;s ne sont que des bras, le moindre de leurs droits est subordonn&#233; &#224; leur capacit&#233; de travail et &#224; la loi du march&#233;. Voil&#224; l'engrenage qui broie les vies des personnes. Un travailleur, du simple fait qu'il est migrant, per&#231;oit g&#233;n&#233;ralement pour la m&#234;me t&#226;che un salaire inf&#233;rieur &#224; son coll&#232;gue italien. En plus de cette in&#233;galit&#233; salariale, le travailleur &#233;tranger est plus expos&#233; aux licenciements et soumis &#224; un ensemble de pressions. Si cette diff&#233;rence de traitement &#233;chappe &#224; notre attention, tout discours sur les droits des migrants devient un solidarisme st&#233;rile n'ayant d'autre but que le tourisme politique.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Par Aboubakar Soumahoro (extrait de &lt;i&gt;L'Humanit&#233; en r&#233;volte&lt;/i&gt;)&lt;br class='manualbr' /&gt;Traduit de l'italien par Marie Causse&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4336 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L333xH500/9782490205127-475x500-1-b6231.jpg?1782727127' width='333' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les intertitres sont de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En italien, le mot &#171; padrone &#187; pr&#233;sente un sens plus fort qu'en fran&#231;ais, car c'est le m&#234;me mot que l'on utilise pour le propri&#233;taire d'un animal. Dans le langage courant, on lui pr&#233;f&#232;re donc souvent celui d'&#171; employeur &#187;. [&lt;i&gt;Ndlt.&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Contraception thermique : &#231;a chauffe dans le slip !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Contraception-thermique-ca-chauffe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Contraception-thermique-ca-chauffe</guid>
		<dc:date>2022-01-28T10:13:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>jour</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>contraception</dc:subject>
		<dc:subject>slip</dc:subject>
		<dc:subject>spermatozo&#239;des</dc:subject>
		<dc:subject>spermogramme</dc:subject>
		<dc:subject>porter</dc:subject>
		<dc:subject>testicules</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que la contraception est longtemps rest&#233;e &#224; la charge exclusive des femmes, de plus en plus d'hommes s'emparent aujourd'hui du sujet, d&#233;termin&#233;s &#224; en faire aussi leur affaire. Cas pratique avec le slip chauffant. Toulouse, d&#233;but des ann&#233;es 1980. Plusieurs hommes sensibles aux id&#233;es f&#233;ministes se r&#233;unissent au sein d'un groupe de parole pour questionner leur r&#244;le &#171; de mecs &#187; dans une soci&#233;t&#233; patriarcale. Par souci d'&#233;quit&#233;, de partage de la charge mentale, physique et financi&#232;re que (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no205-janvier-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;205 (janvier 2022)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jour" rel="tag"&gt;jour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/heures" rel="tag"&gt;heures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/contraception" rel="tag"&gt;contraception&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/slip" rel="tag"&gt;slip&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/spermatozoides" rel="tag"&gt;spermatozo&#239;des&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/spermogramme" rel="tag"&gt;spermogramme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/porter" rel="tag"&gt;porter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/testicules" rel="tag"&gt;testicules&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que la contraception est longtemps rest&#233;e &#224; la charge exclusive des femmes, de plus en plus d'hommes s'emparent aujourd'hui du sujet, d&#233;termin&#233;s &#224; en faire aussi leur affaire. Cas pratique avec le slip chauffant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;T&lt;/span&gt;oulouse, d&#233;but des ann&#233;es 1980. Plusieurs hommes sensibles aux id&#233;es f&#233;ministes se r&#233;unissent au sein d'un groupe de parole pour questionner leur r&#244;le &#171; de mecs &#187; dans une soci&#233;t&#233; patriarcale. Par souci d'&#233;quit&#233;, de partage de la charge mentale, physique et financi&#232;re que repr&#233;sente pour les femmes la contraception, ou tout simplement parce qu'ils ne d&#233;sirent pas d'enfant, ils planchent sur une technique de contraception dont ils pourraient &#234;tre les acteurs. Ils inventent alors le remonte-couilles toulousain (RCT), un sous-v&#234;tement qui permet de remonter les testicules au chaud et ainsi, d'&#234;tre contracept&#233;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Technique qui sera ensuite perfectionn&#233;e par le Dr Mieusset (andrologue qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quarante ans plus tard, l'id&#233;e a fait des petits : de nombreux groupes participent aujourd'hui &#224; faire conna&#238;tre la technique de la contraception testiculaire thermique. C'est le cas du collectif breton Thomas Boulo&#249; qui a organis&#233; plusieurs Contracep'Tour, mais aussi des permanences et des ateliers de couture pour fabriquer soi-m&#234;me son &#171; slip chauffant &#187;. Proposer ce type de contraception, c'est partager la contrainte et les responsabilit&#233;s li&#233;es &#224; une sexualit&#233; h&#233;t&#233;rosexuelle, mais cela ne veut pas dire qu'elle porte en elle-m&#234;me des principes &#233;galitaires, ni qu'elle &#233;vacue les rapports de domination. D'ailleurs, si la m&#233;thode est simple, la rigueur est de mise : on le sait, en cas d'&#233;chec de la contraception, les cons&#233;quences sont d'abord lourdes pour les femmes. En parler, c'est donc avant tout &#233;largir le choix, alterner la charge, augmenter l'efficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fra&#238;chement sortie, la brochure &lt;i&gt;S'occuper de son sperme et &#234;tre contracept&#233;&#183;e&lt;/i&gt; (voir la partie &lt;i&gt;Contacts&lt;/i&gt;) du collectif Leslie Bhar, propose un manuel explicatif sur la contraception thermique&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression &#171; contraception thermique &#187; est ici pr&#233;f&#233;r&#233;e &#224; celle de &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, agr&#233;ment&#233; de t&#233;moignages, de conseils et d'un beau guide de couture pour fabriquer son slip chauffant. On y apprend notamment qu'il suffit de trois &#233;lastiques, d'un anneau et d'un peu de volont&#233; pour &#234;tre contracept&#233;. Alors feu ! Nom d'un slip ! Extraits adapt&#233;s. &#9632;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;1. Le principe du slip&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour que la production de spermatozo&#239;des soit possible, il faut que les testicules se retrouvent &#224; une temp&#233;rature plus basse que celle du reste du corps. Leur localisation dans les bourses, un peu &#224; l'ext&#233;rieur, leur permet de ne pas d&#233;passer 34 &#176;C environ, contre une moyenne de 36,5 &#176;C pour le reste du corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En remontant les testicules dans la partie basse de l'abdomen (&#224; l'entr&#233;e du canal inguinal) &lt;i&gt;(voir les deux dessins ci-dessous)&lt;/i&gt;, on parvient ainsi &#224; augmenter la temp&#233;rature des testicules d'&#224; peu pr&#232;s 2 &#176;C, ce qui emp&#234;che la spermatogen&#232;se &lt;i&gt;(encadr&#233; A)&lt;/i&gt;. C'est pour &#231;a que le remonte-couilles toulousain (RCT) a &#233;t&#233; invent&#233; : les maintenir au chaud et obtenir un effet contraceptif.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4305 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;91&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200slip1_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/1200slip1_resultat-0c37b.jpg?1782764469' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Dessins issus de la brochure &lt;i&gt;Les contraceptions testiculaires&lt;/i&gt;, du collectif Thomas Boulo&#249;
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Efficacit&#233; du slip&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que cette m&#233;thode soit efficace, il faut porter le slip 15 heures &#233;veill&#233; par jour, et c'est au bout de 3 mois que l'on sait si on est pass&#233; sous le seuil de fertilit&#233; gr&#226;ce &#224; un spermogramme &lt;i&gt;(encadr&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;B)&lt;/i&gt;. S'il y a moins d'un million de spermatozo&#239;des mobiles par millilitre (ml) dans l'&#233;jaculat &lt;i&gt;(encadr&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;C)&lt;/i&gt;, la personne peut s'estimer st&#233;rile tant qu'elle porte le slip de mani&#232;re r&#233;guli&#232;re et selon le protocole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre-indications&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas recommand&#233; d'utiliser cette m&#233;thode chez les hommes qui ont des ant&#233;c&#233;dents d'anomalies de la descente des testicules (cryptorchidie, ectopie) trait&#233;es ou non, de hernie inguinale trait&#233;e ou non, de cancer du testicule ou d'une varicoc&#232;le de grade 3. Par ailleurs, il est recommand&#233; d'attendre que l'organe sexuel ait atteint son d&#233;veloppement optimal avant de mettre en place une contraception thermique. Par pr&#233;caution, l'&#226;ge a &#233;t&#233; fix&#233; &#224; 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Effets secondaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode thermique ne perturbe pas le syst&#232;me hormonal. Ni la libido ni les &#233;rections ne sont alt&#233;r&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. La spermatogen&#232;se&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le processus de fabrication, maturation et transport des spermatozo&#239;des dans les organes sexuels correspondants. Elle appara&#238;t la plupart du temps &#224; la pubert&#233; et dure couramment toute la vie. Environ 300 millions de spermatozo&#239;des sont produits chaque jour. Il faut environ 3 mois pour que le spermatozo&#239;de arrive &#224; maturation puis soit &#233;vacu&#233; par le corps, d'o&#249; le temps recommand&#233; de 3 mois de port du slip avant d'esp&#233;rer &#234;tre contracept&#233;. La dur&#233;e de vie d'un spermatozo&#239;de est d'environ 24 h dans le liquide s&#233;minal, mais peut atteindre 6 jours &#224; l'int&#233;rieur de l'appareil g&#233;nital f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B. Le spermogramme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il consiste &#224; &#233;jaculer dans une fiole pour calculer, dans le sperme, le nombre de spermatozo&#239;des par millilitre ainsi que leur mobilit&#233; et leurs formes. En France et en Belgique, cet examen n&#233;cessite une prescription d'un.e m&#233;decin. Il est en partie rembours&#233; par la S&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C. Le sperme en quelques chiffres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En moyenne, un &#233;jaculat contient de 1,5 &#224; 6 ml de sperme et chaque millilitre comporte de 20 &#224; 200 millions de spermatozo&#239;des (environ 1 &#224; 2 % du sperme). Selon l'OMS (Organisation mondiale de la sant&#233;), en dessous de 15 millions/ml, il devient difficile de procr&#233;er, mais cela reste possible. Le seuil contraceptif est lui situ&#233; &#224; 1 million de spermatozo&#239;des mobiles/ml.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;104&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200slip3_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH189/1200slip3_resultat-f87e8.jpg?1782764469' width='500' height='189' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;On passe la verge puis le scrotum dans l'anneau et les testicules remontent dans les canaux inguinaux.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;2. La m&#233;thode pas &#224; pas&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8226; R&#233;aliser un premier spermogramme avant de porter le remonte-couilles toulousain afin de savoir si tu es fertile (et donc &#233;viter son port si tu es st&#233;rile). Ce premier r&#233;sultat servira de r&#233;f&#233;rent pour jauger l'&#233;volution de la contraception dans le futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Il est recommand&#233; de porter le slip 15 heures &#233;veill&#233; par jour. Pour t'habituer, tu peux commencer &#224; le porter quelques heures par jour pour arriver au seuil des 15 heures. Il faut v&#233;rifier que les testicules se trouvent au-dessus de l'anneau, &#224; la racine de la verge &lt;i&gt;(voir dessins ci-dessus)&lt;/i&gt;. Il est important de ne jamais passer en dessous des 14 heures/jour et de rester au plus proche des 15 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; R&#233;aliser un deuxi&#232;me spermogramme au bout de 3 mois afin de v&#233;rifier si tu es contracept&#233;. Si tu es pass&#233; sous la barre du million de spermatozo&#239;des mobiles/ml de sperme, c'est tr&#232;s bon signe &lt;i&gt;(voir encadr&#233; C, &#171; Le sperme en quelques chiffres &#187;)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Refaire un spermogramme trois semaines apr&#232;s pour confirmer les r&#233;sultats. Si rien n'a chang&#233;, tu es contracept&#233; ! Par la suite, il faut continuer &#224; porter le slip 15 heures par jour, et il est conseill&#233; de faire un spermogramme tous les 3 mois pendant un an, histoire qu'il n'y ait pas de mauvaise surprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Attention&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le port du slip pendant 3 mois ne suffit pas &#224; se consid&#233;rer comme contracept&#233;. Seuls les r&#233;sultats du spermogramme valent ! Pour bien les interpr&#233;ter, se rapprocher d'un.e m&#233;decin ou d'un groupe r&#233;f&#233;renc&#233; &lt;i&gt;(voir Contacts)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si &#231;a foire...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tu n'as pas port&#233; le slip pendant un jour ou plus, il faut alors te consid&#233;rer comme non contracept&#233; pendant les deux mois qui suivent et il est imp&#233;ratif de refaire un spermogramme &#224; la fin de la p&#233;riode pour v&#233;rifier la st&#233;rilit&#233;. En attendant, utilise un autre contraceptif !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si tu n'as pas atteint les 15 h / jour ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu peux rattraper les heures manquantes en gardant le RCT au moment de t'endormir. Tu pourras ensuite le retirer pendant la nuit ou le garder jusqu'au r&#233;veil. Par contre, &#231;a ne marche pas de le porter un jour pendant 10 heures puis de &#171; rattraper &#187; en le portant 20 heures le jour d'apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;versibilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour retrouver une fertilit&#233;, il suffit d'arr&#234;ter de porter le slip et d'attendre que la spermatogen&#232;se se remette en route. Il faut entre 3 et 9 mois pour revenir &#224; une qualit&#233; de spermatozo&#239;des f&#233;condants sans risque de malformation, et cela se v&#233;rifie par un spermogramme. Pour le moment, la r&#233;versibilit&#233; a &#233;t&#233; prouv&#233;e sur une p&#233;riode de port allant jusqu'&#224; 4 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, porter le slip 24 h / 24 tous les jours pourrait avoir un impact n&#233;gatif sur la r&#233;versibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;3. Contacts&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les groupes qui peuvent accompagner dans la d&#233;marche contraceptive et assurent des ateliers de couture :&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Ardecom (Paris) : &lt;i&gt;ardecom[at]bbox.fr&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Garcon (Toulouse) : &lt;i&gt;contact[at]garcon.link&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Thomas Boulo&#249; (Quimper) : &lt;i&gt;thomasboulouetcie[at]riseup.net&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Pour se procurer la brochure S&lt;i&gt;'occuper de son sperme&lt;/i&gt; et avoir des conseils ou &#234;tre redirig&#233; vers d'autres personnes contracept&#233;es habitant pr&#232;s de chez toi, &#233;crire &#224; : &lt;i&gt;leslie-bhar[at]riseup.net&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8226; Il existe aussi une version commercialis&#233;e de la m&#233;thode thermique, sous forme d'anneau en silicone (Andro-switch) : &lt;i&gt;contact[at]thoreme.fr&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;thoreme.com&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4307 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200slip2_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH172/1200slip2_resultat-a7d03.jpg?1782764469' width='500' height='172' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Technique qui sera ensuite perfectionn&#233;e par le D&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; Mieusset (andrologue qui faisait partie de ce groupe) au CHU de Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'expression &#171; contraception thermique &#187; est ici pr&#233;f&#233;r&#233;e &#224; celle de &#171; contraception masculine &#187; d'une part parce qu'il y a &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Contraception-au-masculin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;plusieurs m&#233;thodes&lt;/a&gt; de contraception masculine, d'autre part parce que sexe et genre ne sont pas synonymes. On peut avoir des testicules et se sentir femme, et se sentir homme sans en avoir &#8211; d'o&#249; &#233;galement l'usage de l'&#233;criture inclusive dans le titre de la brochure.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;duire le temps de travail : l'&#233;vidence abandonn&#233;e</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Reduire-le-temps-de-travail-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Reduire-le-temps-de-travail-l</guid>
		<dc:date>2021-12-29T23:51:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Rolland</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Pirikk</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>temps</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>libre</dc:subject>
		<dc:subject>Bertrand Russell</dc:subject>
		<dc:subject>temps libre</dc:subject>
		<dc:subject>Convention</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;duction</dc:subject>
		<dc:subject>fortune sociale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est une bataille que la gauche semble avoir d&#233;laiss&#233;e. Comme s'il &#233;tait d&#233;sormais vain, voire honteux, de r&#233;clamer moins de labeur pour plus de bonheur. Et pourtant, la r&#233;duction du temps de travail, au c&#339;ur des luttes sociales des si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents, est une solution de bon sens. Retour sur l'histoire d'une id&#233;e. &#171; Et les &#233;conomistes s'en vont r&#233;p&#233;tant aux ouvriers : travaillez, travaillez pour augmenter la fortune sociale ! &#187; Paul Lafargue, Le droit &#224; la paresse (1883) *** Passer (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no190-septembre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;190 (septembre 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pirikk" rel="tag"&gt;Pirikk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/temps" rel="tag"&gt;temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/heures" rel="tag"&gt;heures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/libre" rel="tag"&gt;libre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bertrand-Russell" rel="tag"&gt;Bertrand Russell&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/temps-libre" rel="tag"&gt;temps libre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Convention" rel="tag"&gt;Convention&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reduction" rel="tag"&gt;r&#233;duction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fortune-sociale" rel="tag"&gt;fortune sociale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est une bataille que la gauche semble avoir d&#233;laiss&#233;e. Comme s'il &#233;tait d&#233;sormais vain, voire honteux, de r&#233;clamer moins de labeur pour plus de bonheur. Et pourtant, la r&#233;duction du temps de travail, au c&#339;ur des luttes sociales des si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents, est une solution de bon sens. Retour sur l'histoire d'une id&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4204 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/zzzzhjhoih.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH342/zzzzhjhoih-6f1e7.jpg?1782641433' width='500' height='342' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Pirikk
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Et les &#233;conomistes s'en vont r&#233;p&#233;tant aux ouvriers : travaillez, travaillez pour augmenter la fortune sociale ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;Paul Lafargue, &lt;i&gt;Le droit &#224; la paresse&lt;/i&gt; (1883)&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;asser aux 28 heures hebdomadaires ? Ils et elles ont dit non. Mi-juin 2020, la Convention citoyenne pour le climat &#233;tait appel&#233;e &#224; se prononcer sur la proposition suivante : &#171; &lt;i&gt;R&#233;duire le temps de travail sans perte de salaire dans un objectif de sobri&#233;t&#233; et de r&#233;duction des gaz &#224; effet de serre&lt;/i&gt; &#187;. Sur les 150 citoyen&#183;nes tir&#233;.&#8202;es au sort pour d&#233;finir une s&#233;rie de mesures contre le r&#233;chauffement climatique, 65 % ont vot&#233; contre. Comment expliquer ce rejet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (20/06/2020) nous livre une cl&#233; : &#171; &lt;i&gt;Beaucoup d'intervenants se sont notamment inqui&#233;t&#233;s de ses cons&#233;quences &#233;conomiques et de l'image que son adoption donnerait de leurs travaux.&lt;/i&gt; &#187; Ainsi d'une certaine M&#233;lanie : &#171; &lt;i&gt;C'est totalement d&#233;connect&#233; de la r&#233;alit&#233; et c'est ind&#233;fendable dans le contexte actuel. Et cette mesure discr&#233;dite totalement la convention, c'est donner le b&#226;ton pour se faire battre. Si c'est propos&#233;, &#231;a sera rejet&#233; et &#231;a aura juste discr&#233;dit&#233; notre travail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que les 28 heures hebdomadaires auraient suscit&#233;, chez les gens s&#233;rieux, sourires condescendants, doctes rappels &#224; la &#171; r&#233;alit&#233; &#187; et aux sacrifices exig&#233;s par &#171; l'&#233;conomie &#187;. Et si l'autocensure des membres de la Convention n'avait pas suffi, les ministres et parlementaires &#224; qui seront soumises leurs propositions auraient sans doute &#233;cart&#233; celle-ci d'un revers de main, comme le fit Emmanuel Macron avec celle de taxer les dividendes : la &#171; d&#233;mocratie participative &#187; n'a jamais eu vocation &#224; trop bousculer les certitudes au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pourtant pu imaginer la question, tr&#232;s s&#233;rieuse, soulev&#233;e comme telle dans &lt;i&gt;le monde d'apr&#232;s&lt;/i&gt;. &#171; L'opinion publique &#187; du confinement semblait pr&#234;te &#224; lever le pied : d&#233;but avril 2020, un sondage indiquait par exemple que 68 % des quidams interrog&#233;s &#233;taient &#171; &lt;i&gt;contents de pouvoir consacrer plus de temps &#224; eux ainsi qu'&#224; leurs proches&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enqu&#234;te sur les impacts du confinement sur la mobilit&#233; et les modes de vie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ; les t&#233;l&#233;travailleurs se prenaient &#224; penser au sens de la vie en dehors du bureau ; on f&#234;tait le travail chez soi, en r&#234;vassant peut-&#234;tre &#224; la poursuite du combat des martyrs de Haymarket &#224; Chicago, pendus en 1886 pour avoir voulu limiter &#224; 8 heures son emprise sur la journ&#233;e &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces leaders anarchistes &#233;taient accus&#233;s d'avoir jet&#233; une bombe sur la police (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et puis le Medef a clos le d&#233;bat avant qu'il ne soit ouvert : &#171; l'&#233;conomie &#187; exige qu'on charbonne davantage pour compenser les pertes du confinement. En face, trop occup&#233;e sans doute &#224; emp&#234;cher son allongement sous forme de retraite &#224; points, la gauche ne porte pas avec beau&#8202;coup d'ardeur la r&#233;duction du temps de travail &lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La CGT et le NPA demandent tout de m&#234;me les 32 heures hebdomadaires, tandis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le temps libre, c'est la gauche&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, la r&#233;duction du temps de travail est un vieil espoir r&#233;volutionnaire et un acquis tangible arrach&#233; &#224; la social-d&#233;mocratie. Avant d'&#234;tre une politique &#233;conomique &#8211; efficace &#8211; de technocrates sociaux-tra&#238;tres &lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La r&#233;forme des 35 heures a permis de &#171; flexibiliser &#187; les emplois du temps. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#171; pour l'emploi &#187;, c'est un projet radical d'&#233;mancipation : celui de soustraire nos existences &#224; l'extorsion de plus-value par la torture du travail.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Goulags sovi&#233;tiques et autres &#171; camps de redressement par le travail &#187; l'ont fait oublier, mais le socialisme est le projet de moins travailler.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pendant la &#171; r&#233;volution industrielle &#187;, le capital s'est accumul&#233; en vampirisant le temps des paysans d&#233;racin&#233;s, celui des femmes, des enfants, parfois &#224; raison de 16 heures par jour. Il a supprim&#233; les jours ch&#244;m&#233;s de l'Ancien R&#233;gime (pr&#232;s d'un sur trois) et &#8211; d&#233;j&#224; ! &#8211; le dimanche, qui ne fut regagn&#233; qu'en 1906 en France. Il r&#233;&#233;duquait aussi les &#171; indigents valides &#187; par le travail forc&#233; dans les &lt;i&gt;workhouses&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1834 en Angleterre, une &#171; loi sur les pauvres &#187; instaure l'enfermement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Le mouvement social lui a toujours oppos&#233; la conqu&#234;te du temps libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grand Bond en avant chinois, goulags sovi&#233;tiques et autres &#171; camps de redressement par le travail &#187; l'ont fait oublier, mais le socialisme est le projet de moins travailler, depuis les &#171; utopistes &#187; Charles Fourier et Robert Owen &lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Owen pr&#233;conisait les 8 heures de travail quotidien et fit beaucoup pour que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; , inspir&#233;s par l'&lt;i&gt;Utopia&lt;/i&gt; de Thomas More o&#249; l'on travaillait 6 heures par jour (en 1516 !), jusqu'au &#171; socialisme scientifique &#187; de Karl Marx : &#171; &lt;i&gt;C'est au-del&#224;&lt;/i&gt; [de la sph&#232;re de la production mat&#233;rielle] &lt;i&gt;que commence l'&#233;panouissement de la puissance humaine qui est sa propre fin, le v&#233;ritable r&#232;gne de la libert&#233;.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;La r&#233;duction de la journ&#233;e de travail est la condition fondamentale de cette lib&#233;ration&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit-il dans &lt;i&gt;Le Capital&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1866, lors du congr&#232;s de Gen&#232;ve, l'Association internationale des travailleurs (Premi&#232;re Internationale) inscrit dans ses statuts : &#171; &lt;i&gt;Nous d&#233;clarons que la limitation l&#233;gale de la journ&#233;e de travail repr&#233;sente la condition pr&#233;alable sans laquelle toutes les tentatives ult&#233;rieures d'am&#233;lioration et d'&#233;mancipation avorteront.&lt;/i&gt; &#187; Loin du travail exalt&#233; par la statuaire sovi&#233;tique, Marx imagine un monde o&#249; l'on travaillera &#171; &lt;i&gt; en d&#233;pensant le moins d'&#233;nergie possible, dans les conditions les plus dignes, les plus conformes &#224; leur nature humaine&lt;/i&gt; &#187;. Le communisme &#233;tait une promesse d'abondance mat&#233;rielle et de temps retrouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les nations heureuses qui l&#233;zardent au soleil &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fid&#232;le &#224; la pens&#233;e de Marx, son gendre Paul Lafargue ne s'y trompe pas dans &lt;i&gt;Le Droit &#224; la paresse&lt;/i&gt; (1883) qui conspue la &#171; &lt;i&gt;passion moribonde du travail&lt;/i&gt; &#187; de la classe ouvri&#232;re, ainsi rendue &#8211; ironiquement &#8211; responsable de ses malheurs : &#171; &lt;i&gt;Honte au prol&#233;tariat fran&#231;ais !&lt;/i&gt; &#187; qui, en 1848, s'est soule&#8202;v&#233; pour le &#171; &lt;i&gt;droit au travail&lt;/i&gt; &#187; au lieu d'exiger qu'il soit, ainsi que les richesses, &#233;quitablement r&#233;parti. Alors que le progr&#232;s technique devrait &#234;tre le moyen de s'en lib&#233;rer, ce &#171; &lt;i&gt;dogme d&#233;sastreux&lt;/i&gt; &#187; est cause d'une surproduction qui provoque ch&#244;mage et baisses de salaires, encourage les gouvernements &#171; &lt;i&gt;&#224; s'annexer des Congo, &#224; s'emparer des Tonkin, &#224; d&#233;molir &#224; coups de canon les murailles de la Chine&lt;/i&gt; &#187; pour &#233;couler les marchandises. Et ces crises am&#232;nent les financiers &#171; &lt;i&gt;chez les nations heureuses qui l&#233;zardent au soleil en fumant des cigarettes, pour y poser des chemins de fer, &#233;riger des fabriques et importer la mal&#233;diction du travail&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; Lafargue montre l'absurde du &#171; &lt;i&gt;grand gaspillage&lt;/i&gt; &#187;, de l'obsolescence programm&#233;e, des &#171; &lt;i&gt;besoins factices&lt;/i&gt; &#187; qu'engendre cette &#171; &lt;i&gt;folie qu'est l'amour du travail&lt;/i&gt; &#187;. Il faut donc contraindre le prol&#233;tariat &#171; &lt;i&gt;&#224; ne travailler que trois heures par jour, &#224; fain&#233;anter et bombancer le reste de la journ&#233;e et de la nuit&lt;/i&gt; &#187;. Il participe &#224; l'organisation &#224; Fourmies, dans le Nord de l'industrie textile, de la premi&#232;re f&#234;te du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai en 1891, o&#249; l'on scande pacifiquement : &#171; &lt;i&gt;C'est les 8 heures qu'il nous faut !&lt;/i&gt; &#187; L'arm&#233;e fait dix morts, dont deux enfants, et 35 bless&#233;s. Lafargue est condamn&#233; &#224; un an de prison, et le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai prend d&#233;finitivement place dans notre calendrier.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Travailler &#224; tout prix&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien plus tard, John-Maynard Keynes, un &#233;conomiste lib&#233;ral confortablement install&#233; dans l'establishment britannique, &#233;crit une &lt;i&gt;Lettre &#224; nos petits-enfants&lt;/i&gt; (1930) dans laquelle la r&#233;duction du travail passe d'utopie &#224; fatalit&#233; : du fait de l'accumulation du capital et du progr&#232;s technique, il pr&#233;voit pour 2030 un niveau de vie quatre &#224; huit fois plus &#233;lev&#233;. L'humanit&#233; lib&#233;r&#233;e du &#171; &lt;i&gt;probl&#232;me &#233;conomique&lt;/i&gt; &#187; vivra dans l'abondance en ne travaillant plus que 3 heures par jour. Alors, &#233;crit-il, &#171; &lt;i&gt;il nous sera possible de nous d&#233;barrasser de nombreux principes pseudo-moraux qui nous ont tourment&#233;s pendant deux si&#232;cles et qui nous ont fait &#233;riger en vertus sublimes certaines des caract&#233;ristiques les plus d&#233;plaisantes de la nature humaine&lt;/i&gt; &#187;. L'amour de l'argent, par exemple, &#171; &lt;i&gt;sera reconnu pour ce qu'il est : un &#233;tat morbide plut&#244;t r&#233;pugnant, l'une de ces inclinations &#224; demi criminelles et &#224; demi pathologiques dont on confie le soin en frissonnant aux sp&#233;cialistes des maladies mentales&lt;/i&gt; &#187;. Peu de chances, h&#233;las, que la d&#233;cennie &#224; venir lui donne raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que le g&#233;nie des soci&#233;t&#233;s de consommation s'est employ&#233; &#224; cr&#233;er des &#171; besoins &#187; inutiles. Il y a aussi eu mille trouvailles pour &#171; cr&#233;er des emplois &#187; et les &#171; sauver &#187;. D'un c&#244;t&#233;, l'invention d'une &#171; &lt;i&gt;soci&#233;t&#233; de valets&lt;/i&gt; &#187;, comme l'appelle Andr&#233; Gorz &lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pourquoi la soci&#233;t&#233; salariale a besoin de nouveaux valets &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, permise par la &#171; &lt;i&gt;croissance riche en emploi&lt;/i&gt; &#187; de la &#171; &lt;i&gt;soci&#233;t&#233; de services&lt;/i&gt; &#187;, avec ses livreurs et livreuses &#224; v&#233;lo priv&#233;.es de droit du travail, ses damn&#233;.es des services &#224; la personne et de la soci&#233;t&#233; du care, ses pr&#233;caires occup&#233;&#183;es &#224; faire ce que les salari&#233;&#183;es &lt;i&gt;overbook&#233;&#183;es&lt;/i&gt; n'ont plus le temps de faire, tous ces gens pour qui &#171; &lt;i&gt;l'id&#233;ologie du travail est devenue une mauvaise farce&lt;/i&gt; &#187;. De l'autre c&#244;t&#233;, les &lt;i&gt;bullshit jobs&lt;/i&gt; &#233;tudi&#233;s par l'anthropologue David Graeber, reconnaissables &#224; leurs intitul&#233;s ronflants, &#224; leurs salaires parfois grandiloquents, et qui sont parfaitement inutiles quand ils ne sont pas socialement nuisibles : la finance, le marketing, les cabinets de conseil, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En toile de fond depuis un bail, le ch&#244;mage de masse et le sous-emploi, gardiens de la mod&#233;ration salariale &lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La pens&#233;e &#233;conomique dominante a donn&#233; le petit nom de NAIRU (&#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;, de l'acc&#233;l&#233;ration des cadences et de l'amour du travail.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Concr&#232;te utopie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qui pensait, comme Keynes, le temps vou&#233; &#224; &#234;tre progressivement lib&#233;r&#233; des cha&#238;nes du travail, a sous-estim&#233; l'efficacit&#233; de la discipline n&#233;olib&#233;rale, capable de stopper la baisse multis&#233;culaire des heures qui y sont consacr&#233;es &lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis la r&#233;volution conservatrice aux &#201;tats-Unis et au Royaume-Uni, depuis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Le surmenage pour les uns et la mis&#232;re pour les autres&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sumait d&#233;j&#224; en 1932 le philosophe Bertrand Russell, en conclusion de son bref et limpide &lt;i&gt;&#201;loge de l'oisivet&#233;&lt;/i&gt;, avant d'ajouter qu'&#171; &lt;i&gt;en cela, nous nous sommes montr&#233;s bien b&#234;tes, mais il n'y a pas de raison pour pers&#233;v&#233;rer dans notre b&#234;tise ind&#233;finiment&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste, ce ne sont pas les arguments raisonnables qui manquent pour arr&#234;ter cette b&#234;tise, dont beaucoup sont d'ailleurs en phase avec la rationalit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;De nombreuses propositions de mise en &#339;uvre tout &#224; fait &#171; cr&#233;dibles &#187; et &#171; connect&#233;es &#224; la r&#233;alit&#233; &#187; sont pr&#234;tes &#224;... l'emploi.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction du temps de travail rend plus productif. Elle r&#233;duit le ch&#244;mage et son cort&#232;ge de malheurs, ses 10 000 morts par an au bas mot &lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le ch&#244;mage tuerait jusqu'&#224; 20 000 personnes par an chaque ann&#233;e &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;. C'est une politique qui peut &#234;tre indolore pour les finances publiques &lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Moins de ch&#244;mage, c'est moins de d&#233;penses sociales et plus de recettes fiscales.&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;. Sans compter que la diminution du nombre d'accidents, de l'usure physique et de la &#171; souffrance au travail &#187; repr&#233;senterait des &#233;conomies substantielles pour le syst&#232;me de sant&#233;. En travaillant moins, les gens sont moins stress&#233;s et rattrapent le sommeil perdu &#8211; on dort aujourd'hui en moyenne une heure et demie de moins qu'en 1970 &lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le temps de sommeil moyen des Fran&#231;ais passe en dessous de 7 heures par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt; ! Les relations de genre deviennent plus &#233;galitaires &lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple le livre de Dominique M&#233;da, Le Temps des femmes &#8211; Pour un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt; et, puisque c'&#233;tait le th&#232;me de la Convention citoyenne, la r&#233;duction du temps de travail r&#233;duit effectivement la pollution &lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un survol des &#233;tudes men&#233;es sur le sujet : &#171; R&#233;duire le temps de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses propositions de mise en &#339;uvre tout &#224; fait &#171; cr&#233;dibles &#187; et &#171; connect&#233;es &#224; la r&#233;alit&#233; &#187; sont pr&#234;tes &#224;... l'emploi, m&#234;me s'il est vrai qu'elles supposent souvent un autre partage des fruits du labeur. Une utopie concr&#232;te &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; populaire pour &#171; changer la vie &#187; donc, r&#233;unir ch&#244;meur&#183;ses, auto-entrepreneur&#183;ses et salari&#233;&#183;es de tous les pays, r&#233;concilier la gauche avec son projet d'&#233;mancipation : &#171; &lt;i&gt;C'est moins d'heures qu'il nous faut ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Qui craint le temps libre ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la morale pro-travail semble-t-elle se faire plus pesante &#224; mesure que celui-ci devient superflu ? L'humanit&#233; (des pays riches) sombre-t-elle dans la &#171; &lt;i&gt;&#8220;d&#233;pression nerveuse&#8221; universelle&lt;/i&gt; &#187; que craignait Keynes pour 2030 ? Priv&#233;e par le progr&#232;s technique de sa &#171; &lt;i&gt;finalit&#233; traditionnelle&lt;/i&gt; &#187; qu'avait &#233;t&#233; depuis son origine la recherche de la subsistance, mais devenue incapable de &#171; &lt;i&gt;pr&#233;server l'art de vivre et de le cultiver de mani&#232;re plus intense&lt;/i&gt; &#187; et trop habitu&#233;e au turbin pour &#171; &lt;i&gt;occuper les loisirs de mani&#232;re agr&#233;able, sage et bonne&lt;/i&gt; &#187;, cette humanit&#233; pr&#233;f&#232;re encore le travail &#224; tout prix et le ch&#244;mage qui va avec. &#171; &lt;i&gt;C'est une soci&#233;t&#233; de travailleurs que l'on va d&#233;livrer des cha&#238;nes du travail, et cette soci&#233;t&#233; ne sait plus rien des activit&#233;s plus hautes et plus enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de gagner cette libert&#233;.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;On ne peut rien imaginer de pire&lt;/i&gt; &#187;, s'inqui&#233;tait aussi Hannah Arendt dans &lt;i&gt;La Condition de l'homme moderne&lt;/i&gt; (1958).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc en partie la difficult&#233; &#224; affronter ce probl&#232;me existentiel qui fait obstacle &#224; la sortie de la &#171; soci&#233;t&#233; du travail &#187;. Mais qui craint le temps libre ? &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e que les pauvres puissent avoir des loisirs a toujours choqu&#233; les riches &lt;/i&gt; &#187;, rappelait Bertrand Russell. Il y a les potentialit&#233;s subversives de &#171; l'oisivet&#233; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Plus mes peuples travailleront, moins il y aura de vices&lt;/i&gt; &#187;, disait Napol&#233;on, &#171; &lt;i&gt;le travail est la meilleure des polices&lt;/i&gt; &#187;, disait Nietzsche, &#171; &lt;i&gt;le monde appartient &#224; ceux qui ont des ouvriers qui se l&#232;vent t&#244;t&lt;/i&gt; &#187;, disait Coluche. Pour les patrons philanthropes et autres hygi&#233;nistes du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le travail a cette vertu d'&#233;viter au peuple l'ivrognerie, la luxure, la d&#233;linquance et le socialisme. Seuls les riches savent s'occuper, et c'est en le faisant savoir que la &lt;i&gt;classe de loisir&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Th&#233;orie de la classe de loisir, Thorstein Veblen, 1899.&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt; affirme sa sup&#233;riorit&#233;, tout en louant pour les autres la &#171; dignit&#233; du travail &#187; et la simplicit&#233;. Comment diable les gueux occuperaient-ils leur temps autrement ? Et ne risquent-ils pas d'occuper les ronds-points et les Champs-&#201;lys&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le temps libre des masses inqui&#232;te la bourgeoisie s'entend, elle qui n'a jamais cess&#233; de traquer les &#171; temps morts &#187; au travail, mais que faire des angoisses que cette perspective fait na&#238;tre chez d'autres ? Ceux qui se demandent que faire avant et apr&#232;s le taf, pendant ce(s) jour(s) de la semaine lib&#233;r&#233;(s), ces ann&#233;es sabbatiques, ces vacances rallong&#233;es, cette retraite anticip&#233;e ? Et que r&#233;pondre lorsqu'on nous demande &#171; ce qu'on fait dans la vie &#187;, quand notre place dans la division du travail ne suffit plus &#224; le r&#233;sumer ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le temps libre rend libre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par &#171; r&#233;duire le temps de travail &#187;, il faut entendre &lt;i&gt;r&#233;duire&lt;/i&gt; le travail ali&#233;nant, abstrait, en miettes, sans qualit&#233;s. Avoir en t&#234;te, par exemple, une image du travail dans les abattoirs &lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple le documentaire Entr&#233;e du personnel de Manuela Fr&#233;sil (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt; , se rappeler qu'il y a toujours des ouvri&#232;res et des ouvriers qui triment dur, beaucoup trop dur. Il ne s'agit donc pas de s'en prendre au travail par lequel &#171; je r&#233;aliserais mon individualit&#233; &#187;, celui qui apporte, comme disait Marx, la &#171; &lt;i&gt;joie spirituelle de satisfaire un besoin humain&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;et d'apporter &#224; un autre ce qui lui est n&#233;cessaire&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Manuscrits, 1844.&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;. Bien au contraire, cette forme de travail que, dans le contexte actuel, les &#233;conomistes placent dans la cat&#233;gorie &#171; loisirs &#187; parce qu'elle ne cr&#233;e pas officiellement de &#171; richesses &#187; (l'autoproduction, le travail domestique et le b&#233;n&#233;volat), toutes ces activit&#233;s &#171; autod&#233;termin&#233;es &#187; dont on n'a pas &#224; chercher bien loin le sens, on aura tout le loisir de s'y livrer.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Plus de temps pour &#171; cueillir des ch&#226;taignes ou des orties &#187;.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au grand dam de l'emploi et de la richesse nationale sans doute, on pourra m&#234;me songer &#224; s'occuper davantage, par nous-m&#234;mes, de nos enfants et de nos vieux, ainsi que le r&#233;clamaient par la gr&#232;ve les m&#233;tallurgistes allemands du syndicat IG Metall en 2018. Apr&#232;s avoir gagn&#233; le droit aux 28 heures pendant deux ans, ils demandent aujourd'hui qu'elles deviennent la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul besoin d'un &#171; minist&#232;re du temps libre &#187; en tout cas pour &#171; &lt;i&gt;go&#251;ter les joies de la terre, pour faire l'amour et rigoler ; pour banqueter joyeusement en l'honneur du r&#233;jouissant dieu de la Fain&#233;antise&lt;/i&gt; &#187;, comme pr&#233;conisait Lafargue. S'il faut des id&#233;es, on peut puiser parmi les plus belles des partisan&#183;es de la lib&#233;ration du temps, celles de Bertrand Russell par exemple : s'approprier les occupations autrefois r&#233;serv&#233;es &#224; la &#171; classe oisive &#187; comme les &#233;tudes, la pratique des arts et de l'&#233;criture, sans plus penser &#224; se vendre. Quand Russell dit qu'il faudra s'&#233;duquer &#224; vivre en travaillant moins, il ne pense &#171; &lt;i&gt;pas principalement aux choses dites &#8220;pour intellos&#8221;&lt;/i&gt; &#187; mais, par exemple, &#224; la red&#233;couverte des &#171; &lt;i&gt; impulsions qui ont command&#233; au d&#233;veloppement des danses paysannes et qui doivent toujours exister dans la nature humaine&lt;/i&gt; &#187;. Les occupations seront naturellement moins passives qu'&#224; pr&#233;sent o&#249; &#171; &lt;i&gt; les &#233;nergies actives sont compl&#232;tement accapar&#233;es par le travail&lt;/i&gt; &#187;. Yolande, par exemple, d&#233;fendait les 28 heures &#224; la Convention citoyenne car &#231;a lui aurait permis d'avoir plus de temps pour &#171; &lt;i&gt;cueillir des ch&#226;taignes ou des orties&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les citoyens de la Convention climat mettent Macron au pied du mur &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;. Osera-t-on l'en priver plus longtemps ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Manuel Rolland&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://lobsoco.com/enquete-sur-les-impacts-du-confinement-sur-la-mobilite-et-les-modes-de-vie-des-francais/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Enqu&#234;te sur les impacts du confinement sur la mobilit&#233; et les modes de vie des Fran&#231;ais&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Obsoco (avril 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ces leaders anarchistes &#233;taient accus&#233;s d'avoir jet&#233; une bombe sur la police dans un contexte de manifestations mortellement r&#233;prim&#233;es. Au terme d'un proc&#232;s tr&#232;s critiqu&#233;, quatre furent ex&#233;cut&#233;s. Un autre se suicida en prison.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La CGT et le NPA demandent tout de m&#234;me les 32 heures hebdomadaires, tandis que la France insoumise veut &#171; &lt;i&gt;ouvrir la discussion&lt;/i&gt; &#187; sur le sujet. La CGT, la FSU, Solidaires, le Fidl, le MNL, l'Unef et l'UNL ont lanc&#233; un appel &#224; la gr&#232;ve pour le 17 septembre qui revendique notamment la r&#233;duction du temps de travail sans perte de salaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La r&#233;forme des 35 heures a permis de &#171; flexibiliser &#187; les emplois du temps. Elle s'est accompagn&#233;e d'une baisse de cotisations sociales patronales, faisant porter sur les contribuables des sacrifices que le Parti socialiste n'osait pas demander au patronat. Leur mise en place s'est souvent accompagn&#233;e d'une augmentation du rythme de travail non contr&#244;l&#233;e, laissant ici et l&#224; le go&#251;t amer des pauses disparues aux travailleurs et travailleuses &#8211; tout de m&#234;me tr&#232;s majoritairement favorables au syst&#232;me des RTT (r&#233;duction du temps de travail).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 1834 en Angleterre, une &#171; loi sur les pauvres &#187; instaure l'enfermement des indigents en capacit&#233; de travailler dans ces &#171; maisons de terreur &#187;, o&#249; l'on besogne jusqu'&#224; 18 heures par jour dans les pires conditions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Owen pr&#233;conisait les 8 heures de travail quotidien et fit beaucoup pour que soit vot&#233; le &lt;i&gt;Factory Act&lt;/i&gt; de 1819. Loin de ses ambitions, cette premi&#232;re loi r&#233;glementant le travail interdit th&#233;oriquement celui des enfants de moins de 9 ans, limita &#224; 12 heures par jour celui des 9-16 ans et &#224; 15 heures celui des adultes : semaine de 90 heures !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/1990/06/GORZ/42679&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi la soci&#233;t&#233; salariale a besoin de nouveaux valets &lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt; (juin 1990).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La pens&#233;e &#233;conomique dominante a donn&#233; le petit nom de NAIRU (&#171; &lt;i&gt;non-accelerating inflation rate of unemployment&lt;/i&gt; &#187;) &#224; cette th&#233;orie du bon sens patronal : il faut un taux de ch&#244;mage suffisant pour menacer de mettre &#224; la porte les trublions qui r&#233;clament des hausses de salaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis la r&#233;volution conservatrice aux &#201;tats-Unis et au Royaume-Uni, depuis les 35 heures en France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/societe/2015/03/25/le-chomage-tuerait-jusqu-a-20-000-personnes-en-france-chaque-annee_1228132/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le ch&#244;mage tuerait jusqu'&#224; 20 000 personnes par an chaque ann&#233;e&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (25/03/2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Moins de ch&#244;mage, c'est moins de d&#233;penses sociales et plus de recettes fiscales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/03/12/le-temps-de-sommeil-moyen-des-francais-passe-en-dessous-de-7-heures-par-nuit_5434599_3244.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le temps de sommeil moyen des Fran&#231;ais passe en dessous de 7 heures par nuit&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (12/03/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir par exemple le livre de Dominique M&#233;da, &lt;i&gt;Le Temps des femmes &#8211; Pour un nouveau partage des r&#244;les&lt;/i&gt;, Flammarion, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour un survol des &#233;tudes men&#233;es sur le sujet : &#171; &lt;a href=&#034;https://www.alternatives-economiques.fr/aurore-lalucq/reduire-temps-de-travail-sauver-lenvironnement/00086907&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;duire le temps de travail pour sauver l'environnement&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Alternatives &#233;conomiques&lt;/i&gt; (09/11/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Th&#233;orie de la classe de loisir&lt;/i&gt;, Thorstein Veblen, 1899.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir par exemple le documentaire &lt;i&gt;Entr&#233;e du personnel&lt;/i&gt; de Manuela Fr&#233;sil (2011) ou lire &lt;i&gt;Steak machine&lt;/i&gt; de Geoffrey Le Guilcher (Goutte d'or, 2017). Lire aussi pp. IV &amp; V du pr&#233;sent dossier notre entretien avec l'&#233;crivain Joseph Ponthus : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Joseph-Ponthus-L-usine-te-bouffe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'usine te bouffe le temps, le corps et l'esprit&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Manuscrits&lt;/i&gt;, 1844.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Les-citoyens-de-la-Convention-climat-mettent-Macron-au-pied-du-mur&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les citoyens de la Convention climat mettent Macron au pied du mur&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Reporterre&lt;/i&gt; (22/06/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Macronie confine le droit du travail</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-Macronie-confine-le-droit-du</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-Macronie-confine-le-droit-du</guid>
		<dc:date>2020-04-10T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>salari&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>droit</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Borda&#231;ahar</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>cong&#233;s pay&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>cong&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Borda&#231;ahar</dc:subject>
		<dc:subject>secteurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de guerre &#233;conomique en temps d'&#233;pid&#233;mie, le gouvernement a port&#233; un coup violent au droit du travail pour le grand bonheur du patronat. Au programme ? Une semaine de travail qui pourra &#234;tre relev&#233;e &#224; 60 heures, des journ&#233;es de 12 heures, moins de temps de repos et la possibilit&#233; pour l'employeur d'imposer les dates de cong&#233;s. Ces mesures exposent encore plus les salari&#233;s au virus et menacent d'entrer un jour dans le droit commun. Du jamais vu depuis 1958. Lors du conseil des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salaries" rel="tag"&gt;salari&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droit" rel="tag"&gt;droit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/heures" rel="tag"&gt;heures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-Bordacahar" rel="tag"&gt;Nicolas Borda&#231;ahar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conges-payes" rel="tag"&gt;cong&#233;s pay&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conges" rel="tag"&gt;cong&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bordacahar" rel="tag"&gt;Borda&#231;ahar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/secteurs" rel="tag"&gt;secteurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de guerre &#233;conomique en temps d'&#233;pid&#233;mie, le gouvernement a port&#233; un coup violent au droit du travail pour le grand bonheur du patronat. Au programme ? Une semaine de travail qui pourra &#234;tre relev&#233;e &#224; 60 heures, des journ&#233;es de 12 heures, moins de temps de repos et la possibilit&#233; pour l'employeur d'imposer les dates de cong&#233;s. Ces mesures exposent encore plus les salari&#233;s au virus et menacent d'entrer un jour dans le droit commun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3317 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH283/-1512-d90a7.jpg?1782640554' width='400' height='283' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du jamais vu depuis 1958. Lors du conseil des ministres du 25 mars dernier, le gouvernement a d&#233;gain&#233; un arsenal de vingt-cinq ordonnances. Trois d'entre elles ciblent le droit du travail et ont &#233;t&#233; adopt&#233;es sans aucune consultation des syndicats. De quoi pr&#233;parer &#171; &lt;i&gt;le nouveau nouveau monde&lt;/i&gt; &#187; comme jubilait le jour m&#234;me l'endive &#224; &#233;charpe rouge Christophe Barbier sur BFM TV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de la loi d'&#233;tat d'urgence sanitaire approuv&#233;e quelques jours plus t&#244;t par le Parlement, cette rafale d'ordonnances permet aux &#171; &lt;i&gt;secteurs d'activit&#233;s particuli&#232;rement n&#233;cessaires &#224; la s&#233;curit&#233; de la Nation ou &#224; la continuit&#233; de la vie &#233;conomique et sociale&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ordonnance n&#176; 2020-323 du 25 mars 2020 &#187;, consultable sur le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de s'affranchir de la l&#233;gislation en termes de temps de travail jusqu'au 31 d&#233;cembre 2020. D'apr&#232;s le minist&#232;re du Travail, seront concern&#233;s les transports, la logistique, l'agroalimentaire, l'agriculture, l'&#233;nergie et les t&#233;l&#233;communications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces secteurs, la dur&#233;e quotidienne maximale de travail est port&#233;e &#224; 12 heures au lieu de 10 actuellement &#8211; celle du travail de nuit passe de 8 &#224; 12 heures. Les salari&#233;s pourront accomplir jusqu'&#224; 48 heures de labeur hebdomadaire en moyenne contre les 44 maximum en vigueur&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur une p&#233;riode de douze semaines cons&#233;cutives. Pour les travailleurs de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pire : au cours d'une m&#234;me semaine, il sera possible de faire trimer un salari&#233; pendant 60 heures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re mesure &#233;tait depuis quelques jours une revendication-phare du syndicat agricole majoritaire, la FNSEA. Les fronti&#232;res &#233;tant ferm&#233;es et les r&#233;coltes approchant, l'agriculture productiviste n'est plus en mesure de faire appel &#224; ses saisonniers en provenance du Maghreb&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La veille du conseil des ministres, la FNSEA lan&#231;ait une campagne &#171; Des bras (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, bon march&#233; et exploitables &#224; souhait.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Razzia sur les cong&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le respect de futurs accords de branche ou d'entreprise, les patrons des secteurs concern&#233;s par les ordonnances seront aussi autoris&#233;s &#224; diff&#233;rer ou &#224; imposer &#224; leurs employ&#233;s jusqu'&#224; six jours de cong&#233;s pay&#233;s &#8211; et ils pourront les pr&#233;venir un seul jour &#224; l'avance, contre quatre semaines &#224; l'origine. Par ailleurs, les employeurs pourront modifier &#171; &lt;i&gt;unilat&#233;ralement&lt;/i&gt; &#187; les jours de repos et exiger la prise de dix jours de RTT ou de compte &#233;pargne-temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le repos minimum entre deux journ&#233;es de travail est quant &#224; lui r&#233;duit de 11 &#224; 9 heures. Enfin, derni&#232;re mesure de ce carnage social, les ordonnances introduisent des d&#233;rogations au repos dominical pour que les bo&#238;tes puissent turbiner sept jours sur sept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Nicolas Borda&#231;ahar, avocat sp&#233;cialis&#233; en droit du travail intervenant aupr&#232;s des permanences syndicales sur Paris, ces d&#233;cisions l&#233;galisent a posteriori des pratiques patronales : &#171; &lt;i&gt;Depuis le d&#233;but du confinement, des employeurs ont forc&#233; leurs salari&#233;s &#224; se mettre en cong&#233;s pay&#233;s, en profitant du flou de la situation, du discours sur l'h&#233;ro&#239;sme des soignants et du fait que beaucoup de travailleurs pensaient encore qu'ils n'avaient pas le droit au ch&#244;mage partiel tant qu'ils n'avaient pas apur&#233; leurs cong&#233;s pay&#233;s &#8211; ce qui &#233;tait vrai il y a encore quelques ann&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; gouvernement, ces d&#233;rogations sur les cong&#233;s permettront surtout d'&#233;conomiser sur les d&#233;penses li&#233;es au ch&#244;mage partiel. Deux jours avant le conseil des ministres, celui des Comptes publics, G&#233;rald Darmanin, incitait &#224; la t&#233;l&#233;vision les salari&#233;s &#224; prendre des cong&#233;s pay&#233;s pendant le confinement afin de pouvoir travailler plus une fois l'&#233;pid&#233;mie termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Attention danger travail&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ces ordonnances sont compl&#232;tement contradictoires avec la volont&#233; de r&#233;soudre la crise sanitaire, car on prend des mesures &#224; la fois tr&#232;s dangereuses pour la sant&#233; des salari&#233;s et potentiellement accidentog&#232;nes&lt;/i&gt; &#187;, critique Nicolas Borda&#231;ahar. En effet, la l&#233;galisation des 60 heures hebdomadaires va &#224; contresens des 48 heures maximum pr&#233;conis&#233;es par l'Union europ&#233;enne. Un plafond &#233;tabli &#224; partir d'&#233;tudes d&#233;montrant qu'au-del&#224;, le salari&#233; est en &#233;tat d'&#233;puisement et se met gravement en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, ces d&#233;rogations exposent encore plus les travailleurs au virus. Entre le 22 et le 26 mars, un agent de s&#233;curit&#233; d'un centre commercial d'Aulnay-sous-Bois, un int&#233;rimaire &#224; Roissy et une caissi&#232;re d'un Carrefour de Saint-Denis d&#233;c&#233;daient des suites du coronavirus. En cette fin mars, la CGT a d&#233;j&#224; recens&#233; pr&#232;s de 200 travailleurs infect&#233;s, notamment au sein de l'usine de Renault Cl&#233;on (Seine-Maritime), chez Amazon ou parmi les livreurs. &#171; &lt;i&gt;On a des personnes qui, depuis l'urgence sanitaire, travaillent d&#233;j&#224; en risquant d'&#234;tre contamin&#233;es, mais au lieu de les m&#233;nager, on leur impose des cadences de travail encore plus infernales. Le tout avec moins de repos et jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e !&lt;/i&gt; &#187; s'indigne l'avocat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la CGT ou Solidaires pointent &#233;galement la d&#233;finition tr&#232;s large des secteurs dits &#171; vitaux &#187;, les syndicats redoutent surtout que ces mesures s'appliquent bien au-del&#224; du 31 d&#233;cembre prochain. Il y a effectivement peu de chances que la crise &#233;conomique due au coronavirus soit r&#233;solue d'ici la fin de l'ann&#233;e. Et &#224; l'instar des derni&#232;res mesures d'urgence en mati&#232;re d'antiterrorisme, la tentation sera tr&#232;s grande pour le gouvernement de prolonger ces d&#233;rogations, voire de les int&#233;grer dans le droit commun &lt;i&gt;(lire aussi en p. 7 l'interview de l'avocat Rapha&#235;l Kempf, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-principes-protecteurs-des' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Les principes protecteurs des personnes inculp&#233;es sont violent&#233;s &#187;&lt;/a&gt;)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est un effort long auquel nous allons tous ensemble faire face&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;chait le Premier ministre &#201;douard Philippe &#224; la sortie de cet affligeant conseil des ministres. Une d&#233;claration au faux go&#251;t d'union sacr&#233;e que fustige Nicolas Borda&#231;ahar : &#171; &lt;i&gt;Le gouvernement vient de cr&#233;er deux mondes du travail totalement diff&#233;rents, avec deux droits parall&#232;les : d'une part, celui des t&#233;l&#233;travailleurs et de ceux qui pourront se mettre en ch&#244;mage partiel, et d'autre part, celui des gal&#233;riens qui bosseront 60 heures par semaine en mettant gravement en p&#233;ril leur sant&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l Correia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041755940&amp;categorieLien=id&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ordonnance n&#176; 2020-323 du 25 mars 2020&lt;/a&gt; &#187;, consultable sur le site &lt;i&gt;Legifrance.gouv.fr&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur une p&#233;riode de douze semaines cons&#233;cutives. Pour les travailleurs de nuit, la dur&#233;e hebdomadaire de travail peut d&#233;sormais &#234;tre port&#233;e jusqu'&#224; 44 heures contre 40 heures maximum actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La veille du conseil des ministres, la FNSEA lan&#231;ait une campagne &#171; Des bras pour ton assiette &#187; incitant les Fran&#231;ais &#224; aller travailler dans les champs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des exploit&#233;es pas si &#171; d&#233;tach&#233;es &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-exploitees-pas-si-detachees</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Des-exploitees-pas-si-detachees</guid>
		<dc:date>2019-07-04T02:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>salle d'audience</dc:subject>
		<dc:subject>Laboral Terra</dc:subject>
		<dc:subject>Terra</dc:subject>
		<dc:subject>syndicalistes CGT</dc:subject>
		<dc:subject>restent ouvertes</dc:subject>
		<dc:subject>d'audience restent</dc:subject>
		<dc:subject>contrat</dc:subject>
		<dc:subject>Estimez-vous heureuse</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 16 mai, les prud'hommes d'Arles jugeaient &#8211; avec d&#233;tachement ? &#8211; les abus de l'agence d'int&#233;rim espagnole Laboral Terra et de huit employeurs du sud-est de la France. Sur d&#233;nonciation de cinq ouvriers agricoles marocains, dont trois femmes. Compte-rendu. Les portes de la salle d'audience restent ouvertes. S'y engouffrent, face aux juges, des militants du comit&#233; de soutien, des syndicalistes CGT, des journalistes, des avocats &#224; foison et cinq plaignants qu'on a press&#233;s comme des citrons (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no177-juin-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;177 (juin 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/heures" rel="tag"&gt;heures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salle-d-audience" rel="tag"&gt;salle d'audience&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Laboral-Terra" rel="tag"&gt;Laboral Terra&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Terra" rel="tag"&gt;Terra&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/syndicalistes-CGT" rel="tag"&gt;syndicalistes CGT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/restent-ouvertes" rel="tag"&gt;restent ouvertes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-audience-restent" rel="tag"&gt;d'audience restent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/contrat" rel="tag"&gt;contrat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Estimez-vous-heureuse" rel="tag"&gt;Estimez-vous heureuse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 16 mai, les prud'hommes d'Arles jugeaient &#8211; avec d&#233;tachement ? &#8211; les abus de l'agence d'int&#233;rim espagnole Laboral Terra et de huit employeurs du sud-est de la France. Sur d&#233;nonciation de cinq ouvriers agricoles marocains, dont trois femmes. Compte-rendu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;es portes de la salle d'audience restent ouvertes. S'y engouffrent, face aux juges, des militants du comit&#233; de soutien, des syndicalistes CGT, des journalistes, des avocats &#224; foison et cinq plaignants qu'on a press&#233;s comme des citrons sous les serres et sur les cha&#238;nes d'emballage de la r&#233;gion. Et qui un jour ont dit basta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yasmine et ses coll&#232;gues demandent la requalification de leur contrat en CDI, des rappels sur salaire, des indemnit&#233;s (notamment pour &#171; licenciement sans causes r&#233;elles et s&#233;rieuses &#187;), ainsi que 6 500 &#8364; de dommages et int&#233;r&#234;ts pour &#171; marchandage &#187;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fourniture de main-d'&#339;uvre &#224; but lucratif causant un pr&#233;judice au salari&#233; en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et &#171; pr&#234;t illicite de main-d'&#339;uvre &#187;. Fraudes qu'une directive europ&#233;enne semble encourager. Le nombre de &#171; travailleurs d&#233;tach&#233;s &#187; a augment&#233; de 45 % entre 2010 et 2014 dans l'Union, pour atteindre bient&#244;t 2 millions. En France, un demi-million d'entre eux sont employ&#233;s par le BTP, l'agriculture ou l'h&#244;tellerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karima t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;Ils nous traitaient moins bien que des animaux.&lt;/i&gt; &#187; Elle d&#233;nonce des journ&#233;es de travail de &#171; &lt;i&gt;neuf heures sans pause, &#224; se cacher dans les toilettes pour manger du sucr&#233; et tenir&lt;/i&gt; &#187;. Les mois d'&#233;t&#233;, ces r&#233;sidentes espagnoles ayant fui la crise de 2008 auraient accumul&#233; 260 heures de travail, soit pas loin du double des 35 heures hebdomadaires. Sans qu'aucune ne soit pay&#233;e en heures suppl&#233;mentaires. P&#233;riodes suivies de mois ch&#244;m&#233;s, avec interruption de contrat sans pr&#233;avis. Le tout pour un salaire allant de 300 &#224; 1 500 &#8364;, souvent pay&#233; tr&#232;s en retard. Sans oublier les retenues pour le logement, le transport, les soins m&#233;dicaux. &#192; noter, enfin, qu'une enqu&#234;te p&#233;nale est en cours pour divers types de harc&#232;lements subis.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Estimez-vous heureuse !&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;S'il ricane (&#171; &lt;i&gt;Cosette&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;) en pianotant sur son smartphone pendant que Karima, en pleurs, raconte les conditions de vie qu'elle a subies de 2012 &#224; 2017, le d&#233;fenseur d'une des entreprises s'empresse de pointer la politisation de l'affaire. &#171; &lt;i&gt;Vous ne devez juger que le droit applicable. Et, quoi qu'on en pense, le droit europ&#233;en permet cela. Si on est m&#233;content, on n'a qu'&#224; voter aux prochaines &#233;lections.&lt;/i&gt; &#187; La petite dizaine d'avocats de la d&#233;fense &#233;change rictus et regards torves &#8211; une brochette digne d'Honor&#233; Daumier &lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dessinateur et caricaturiste du XIXe si&#232;cle.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Celui de Laboral Terra met en doute la parole des plaignantes : selon lui, rien ne prouve qu'elles vivaient vraiment en France. Au lieu de cong&#233;s pay&#233;s, il parle de &#171; &lt;i&gt;vacaciones&lt;/i&gt; &#187; comme d'une coutume exotique. Et estime que c'est en Espagne que l'affaire devrait &#234;tre jug&#233;e.{{}}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On nous faisait signer une minute avant de pointer, sur un capot de voiture, un contrat espagnol dat&#233; du jour m&#234;me. En une minute, je suis en France&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Je suis Superwoman, ou quoi&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, ironise Yasmine. Accus&#233;e de favoriser le dumping social, la directive de 1996 a &#233;t&#233; amend&#233;e en 2018, pr&#233;conisant l'&#233;galit&#233; de r&#233;mun&#233;ration. Mais les cotisations sociales restent dues dans le pays d'origine. Voil&#224; pourquoi le charg&#233; de mission de Laboral Terra &#224; Avignon s'est permis de proposer &#224; la troisi&#232;me plaignante, enceinte, de la ramener en Espagne, bien que son compagnon soit r&#233;sident fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yasmine ne se fait pas d'illusion : &#171; &lt;i&gt;Terra Fecundis, une autre bo&#238;te condamn&#233;e, a d&#233;j&#224; chang&#233; de nom. Laboral Terra fera pareil.&lt;/i&gt; &#187; Sentiment partag&#233; par Na&#239;ma, venue en soutien. En 2003, elle a d&#233;nonc&#233; un patron qui la faisait venir du Maroc en contrat saisonnier, puis l'utilisait comme bonne &#224; tout faire chez lui. Au bout de seize ans de proc&#233;dures, elle a obtenu qu'il soit condamn&#233; pour, entre autres, faux en &#233;criture et travail dissimul&#233;. Avec, pour elle, 27 000 &#8364; d'indemnisations. Quand elle a l&#226;ch&#233; : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas de justice&lt;/i&gt; &#187;, sa juge lui a r&#233;torqu&#233; : &#171; &lt;i&gt;Estimez-vous heureuse, Madame, gr&#226;ce &#224; &#231;a vous avez eu vos papiers.&lt;/i&gt; &#187; Na&#239;ma a raison : pas de justice, juste des marchands de tapis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision sera rendue le 4 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;cision finalement report&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce jeudi 4 juillet, le conseil de prud'hommes d'Arles a finalement annonc&#233; le report &lt;i&gt;sine die&lt;/i&gt; de sa d&#233;cision. Les quatre juges n'ayant pas r&#233;ussi &#224; se d&#233;partager, le dossier sera replaid&#233; devant un cinqui&#232;me juge d'instance, a pr&#233;cis&#233; &#224; l'AFP M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Bernard Petit, avocat d'une des plaignantes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C. R.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fourniture de main-d'&#339;uvre &#224; but lucratif causant un pr&#233;judice au salari&#233; en &#233;ludant ses droits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dessinateur et caricaturiste du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des peines de prison requises contre les &#034;7 de Brian&#231;on&#034;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-peines-de-prison-requises</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Des-peines-de-prison-requises</guid>
		<dc:date>2018-11-10T02:05:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>sursis</dc:subject>
		<dc:subject>mis</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>Brian&#231;on</dc:subject>
		<dc:subject>audience fleuve</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;n&#233;ration Identitaire</dc:subject>
		<dc:subject>bande organis&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>dur&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>sursis simple</dc:subject>
		<dc:subject>circonstance aggravante</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors du proc&#232;s ce jeudi 8 novembre &#224; Gap, le procureur a requis six mois de prison avec sursis contre cinq pr&#233;venus. A l'encontre des deux autres, il a demand&#233; douze mois de prison, dont huit avec sursis. La d&#233;fense a demand&#233; la relaxe. Jugement le 13 d&#233;cembre. Une audience fleuve qui a dur&#233; 17 heures. A l'ext&#233;rieur du tribunal, plusieurs centaines de personnes venues soutenir les &#034;7 de Brian&#231;on&#034;, ces militants solidaires des migrants mis en cause pour avoir particip&#233; &#224; une manifestation (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sursis" rel="tag"&gt;sursis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mis" rel="tag"&gt;mis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/heures" rel="tag"&gt;heures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Briancon" rel="tag"&gt;Brian&#231;on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/audience-fleuve" rel="tag"&gt;audience fleuve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Generation-Identitaire" rel="tag"&gt;G&#233;n&#233;ration Identitaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bande-organisee" rel="tag"&gt;bande organis&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dure" rel="tag"&gt;dur&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sursis-simple" rel="tag"&gt;sursis simple&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/circonstance-aggravante" rel="tag"&gt;circonstance aggravante&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors du proc&#232;s ce jeudi 8 novembre &#224; Gap, le procureur a requis six mois de prison avec sursis contre cinq pr&#233;venus. A l'encontre des deux autres, il a demand&#233; douze mois de prison, dont huit avec sursis. La d&#233;fense a demand&#233; la relaxe. Jugement le 13 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une audience fleuve&lt;/strong&gt; qui a dur&#233; 17 heures. A l'ext&#233;rieur du tribunal, plusieurs centaines de personnes venues soutenir les &#034;7 de Brian&#231;on&#034;, ces militants solidaires des migrants mis en cause pour avoir particip&#233; &#224; une manifestation transfrontali&#232;re le 22 avril. Cette marche, partie d'Italie et arriv&#233;e &#224; Brian&#231;on (Hautes-Alpes), r&#233;pondait &#224; l'arriv&#233;e dans la r&#233;gion la veille du groupuscule d'extr&#234;me droite G&#233;n&#233;ration Identitaire. Des migrants s'&#233;taient joints &#224; la manifestation, traversant la fronti&#232;re avec le cort&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parquet avait vite engag&#233; des poursuites pour &#034;aide &#224; l'entr&#233;e irr&#233;guli&#232;re en France&#034;, avec cette circonstance aggravante que les faits auraient &#233;t&#233; commis en bande organis&#233;e. Trois militants passeront neuf jours en d&#233;tention provisoire avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233;s. Puis, mi-juillet, quatre nouvelles personnes seront mis en cause dans cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 8 novembre, &#224; Gap, alors que les pr&#233;venus risquaient dix ans d'emprisonnement et 750 000 euros d'amende, le procureur a finalement abandonn&#233; la circonstance aggravante de &#034;bande organis&#233;e&#034;. Il a tout de m&#234;me requis six mois de prison avec sursis simple contre les cinq pr&#233;venus dont le casier judiciaire &#233;tait vierge. Pour un autre, qui devait &#233;galement r&#233;pondre de faits pr&#233;sum&#233;s d'attroupement, le parquet a demand&#233; douze mois de prison, dont huit avec sursis simple. Pour le dernier, &#224; qui &#233;taient &#233;galement reproch&#233; des faits pr&#233;sum&#233;s de r&#233;bellion, ont &#233;t&#233; r&#233;clam&#233;s douze mois de prison, dont huit avec sursis et mise &#224; l'&#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense, elle, a plaid&#233; la relaxe, en pointant notamment les faiblesses du dossier d'accusation et le contexte de violations &lt;i&gt;&#034;syst&#233;matiques&#034;&lt;/i&gt; des droits des exil&#233;s &#224; la fronti&#232;re franco-italienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis en d&#233;lib&#233;r&#233;, le jugement sera prononc&#233; le 13 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les br&#232;ves du n&#176;138</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-breves-du-no138</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Les-breves-du-no138</guid>
		<dc:date>2018-03-16T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby, L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Chien m&#233;chant</dc:subject>
		<dc:subject>En bref</dc:subject>
		<dc:subject>Lasserpe</dc:subject>
		<dc:subject>Soulci&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Pirikk</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas de la Casini&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Tawfiq Omrane</dc:subject>
		<dc:subject>Mickomix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat</dc:subject>
		<dc:subject>faut</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>dernier</dc:subject>
		<dc:subject>novembre</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat d'urgence</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;tat d'urgence</dc:subject>
		<dc:subject>novembre dernier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;tat d'urgence dans la sous-traitance 20 novembre 2015, neuf heures du matin, h&#244;tel Adagio &#224; Marseille. Une dizaine de femmes de chambre et leurs soutiens tapent sur des casseroles, chantent des slogans &#171; Il faut payer, frottez, frottez ! &#187; et tiennent le si&#232;ge pour obtenir qu'on requalifie leurs emplois en CDI. Les bougresses ne s'en tiennent pas l&#224;, elles veulent qu'on leur paye leurs heures travaill&#233;es. Une chorale militante chante en mouvement comme l'adagio, mais ce n'est pas du go&#251;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no138-decembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;138 (d&#233;cembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chien-mechant-7" rel="tag"&gt;Chien m&#233;chant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/En-bref" rel="tag"&gt;En bref&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lasserpe" rel="tag"&gt;Lasserpe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Soulcie-34" rel="tag"&gt;Soulci&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pirikk" rel="tag"&gt;Pirikk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-de-la-Casiniere-95" rel="tag"&gt;Nicolas de la Casini&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tawfiq-Omrane" rel="tag"&gt;Tawfiq Omrane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mickomix" rel="tag"&gt;Mickomix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-etat" rel="tag"&gt;l'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faut" rel="tag"&gt;faut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dernier" rel="tag"&gt;dernier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/novembre" rel="tag"&gt;novembre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/heures" rel="tag"&gt;heures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-etat-d-urgence" rel="tag"&gt;l'&#233;tat d'urgence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etat-d-urgence" rel="tag"&gt;&#233;tat d'urgence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/novembre-dernier" rel="tag"&gt;novembre dernier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;tat d'urgence dans la sous-traitance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;20 novembre 2015, neuf heures du matin, h&#244;tel Adagio &#224; Marseille. Une dizaine de femmes de chambre et leurs soutiens tapent sur des casseroles, chantent des slogans &#171; &lt;i&gt;Il faut payer, frottez, frottez !&lt;/i&gt; &#187; et tiennent le si&#232;ge pour obtenir qu'on requalifie leurs emplois en CDI. Les bougresses ne s'en tiennent pas l&#224;, elles veulent qu'on leur paye leurs heures travaill&#233;es. Une chorale militante chante en mouvement comme l'adagio, mais ce n'est pas du go&#251;t de l'h&#244;tel. Le raffut, &#231;a fait fuir les clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patricia Gomes, Portugaise employ&#233;e au Massilia, un h&#244;tel du 8e arrondissement, et syndiqu&#233;e CNT SO, raconte son combat de l'ann&#233;e pass&#233;e (voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, n&#176; 123 juin 2014). &#171; &lt;i&gt;Je ne suis plus harcel&#233;e. Je l'&#233;tais physiquement et moralement&lt;/i&gt;. &#187; Ses heures de travail ont &#233;t&#233; augment&#233;es &#224; sa demande et &#171; &lt;i&gt;ils ont commenc&#233; &#224; payer des heures effectu&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. Les managers maltraitants, v&#233;ritables chiens de garde, ont &#233;t&#233; mut&#233;s dans un autre chenil. &#171; &lt;i&gt;Il faut quand m&#234;me surveiller le patron.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille, la juriste du syndicat, avant de se f&#226;cher avec le directeur d'Onet, soci&#233;t&#233; de nettoyage bien connue, raconte que les femmes de chambre sont en fait employ&#233;es par la bo&#238;te d'int&#233;rim Axxis qui est sous traitante d'Onet, lui m&#234;me sous-traitant d'Adagio. Cocasse et pratique : Onet s'est d&#233;charg&#233;e de la gestion de ses salari&#233;s en int&#233;rim par le biais d'une d&#233;l&#233;gation des ressources humaines au b&#233;n&#233;fice d'Axxis. Une parfaite organisation de la pr&#233;carit&#233; qui plairait aux Macrons et aux autres farcis. Axxis fait aussi dans le nucl&#233;aire, m&#233;tier &#224; forte tension. Fran&#231;oise, CNT, lit au m&#233;gaphone le r&#233;cit de cette pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Onet malhonn&#234;te, Adagio c'est chaud&lt;/i&gt; &#187;, a r&#233;sonn&#233; durant deux bonnes heures aux oreilles des clients. Les femmes promettent de revenir car la lutte a pay&#233; dans les autres h&#244;tels de Marseille. Leur gr&#232;ve est suspendue le soir m&#234;me, apr&#232;s que la direction a accept&#233; de n&#233;gocier. Chantez, les patrons n'aiment que le silence des coffres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christophe Goby&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bobo de comptoir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 13 novembre au soir, enferm&#233;s dans un bar de M&#233;nilmontant, rideaux baiss&#233;s, des photographes g&#232;rent leur angoisse en continuant &#224; boire des coups, et les discussions vont bon train. Une jeune femme r&#233;alise soudain la gravit&#233; de la situation : &#171; &lt;i&gt;Putain, mon appartement va plus rien valoir du tout.&lt;/i&gt; &#187; Paris outrag&#233; ! Paris bris&#233; ! La bulle immobili&#232;re assassin&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Otan pour moi&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH502/-456-17054.jpg?1782671639' width='400' height='502' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une dr&#244;le de blague&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Zemmour a visiblement un s&#233;rieux go&#251;t pour la d&#233;conne. Il d&#233;clarait sur RTL le mardi 17 novembre qu'&#171; &lt;i&gt;au lieu de bombarder Raqqa, la France devrait bombarder Molenbeek&lt;/i&gt; &#187;, quartier de Bruxelles d'o&#249; sont originaires certains des terroristes du 13 novembre. La station a tenu &#224; indiquer que c'&#233;tait du &#171; &lt;i&gt;second degr&#233;&lt;/i&gt; &#187;, et a pr&#233;cis&#233; que &#171; &lt;i&gt;l'objet de la chronique d'&#201;ric Zemmour &#233;tait de montrer que les bombardements fran&#231;ais en Syrie ne servaient &#224; rien tant que les fronti&#232;res intra-europ&#233;ennes ne seraient pas r&#233;tablies&lt;/i&gt; &#187;. Merci pour la traduction, m&#234;me &#224; force, on ne parle pas encore le Zemmour couramment.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Wauquiez rouvre les camps&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je propose qu'on r&#233;tablisse &#224; Cayenne un centre de d&#233;tention qui permette d'isoler ces fous furieux&lt;/i&gt; &#187;, s'excite le tr&#232;s droitier Nicolas Dupont-Aignan apr&#232;s les attentats du 13 novembre. Placer les individus fich&#233;s S &#8211; c'est-&#224;-dire ceux qui repr&#233;senteraient un danger pour la s&#251;ret&#233; de l'&#233;tat &#8211; dans &#171; &lt;i&gt;des centres d'internement anti-terroristes sp&#233;cifiquement d&#233;di&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;conise Laurent Wauquiez, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de Les R&#233;publicains, avant d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Ce ne sera pas Guantanamo, car on ne torturera pas&lt;/i&gt; &#187;. Ou peu. Ou pas expr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH540/-457-53602.jpg?1782640592' width='400' height='540' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Soulci&#233;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;P&#232;re Beno&#238;t, gros ben&#234;t&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le p&#232;re Herv&#233; Beno&#238;t, un cur&#233; de la basilique de Fourvi&#232;re, &#224; Lyon, a &#233;t&#233; d&#233;mis de ses fonctions pour avoir mis dans le m&#234;me sac bourreaux et victimes quelques jours apr&#232;s les attentats de Paris : &#171; &lt;i&gt;Regardez les photos des spectateurs quelques instants avant le drame. Ces pauvres enfants de la g&#233;n&#233;ration bobo en transe extatique&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;ce sont des morts vivants. Leurs assassins, ces zombis-haschischins sont leurs fr&#232;res siamois.&lt;/i&gt; &#187; L'enfer, ce n'est pas les autres. L'enfer, c'est lui.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Clin d'&#339;il de Tunisie&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH715/-458-10650.jpg?1782671639' width='400' height='715' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Tawfik Omrane.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Guillotine format 4x3&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le message, inscrit en lettres blanches sur fond noir sur un panneau de 4x3&#8200;m&#232;tres situ&#233; entre La Seyne-sur-Mer et Six-Fours-les-Plages (Var), est des plus clairs : &#171; &lt;i&gt;Monsieur le Pr&#233;sident, changeons la loi, la mort pour les terroristes et leurs complices.&lt;/i&gt; &#187; Cette revendication d'un autre temps &#8211;&#8200;pourtant affich&#233;e le 19&#8200;novembre dernier &#8211;, on la doit au taulier de la soci&#233;t&#233; Maci Publicit&#233;, propri&#233;taire du panneau. Mais nous ne tomberons pas dedans, et contiendrons cette furieuse envie de pendre les publicitaires avec leurs cravates.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sweat terroriste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;lio, 21 ans, portait le 14 novembre dernier (2015) un sweat &#224; &#233;toile rouge o&#249; &#233;tait &#233;crit &#171; Contre le capitalisme et le racisme &#187;. Ce qui n'eut pas l'heur de plaire aux flics qui l'ont contr&#244;l&#233; &#224; la station de m&#233;tro Gallieni, &#224; Bagnolet (Seine-Saint-Denis), d'apr&#232;s &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; du 23 novembre. &#171; &lt;i&gt;Il ne faut pas porter &#231;a en ce moment.&lt;/i&gt; [&#8230;] L&lt;i&gt;'&#233;tat, c'est le capitalisme, donc c'est un message contre l'&#233;tat&lt;/i&gt; &#187;, aurait d&#233;clar&#233; un g&#233;nie &#224; k&#233;pi. Se frottant &#224; la verve polici&#232;re, D&#233;lio aurait recueilli ceci : &#171; &lt;i&gt;Les petites faces de merde comme toi, on a h&#226;te de pouvoir les arr&#234;ter sans raison, les petites faces de pine, les petites faces de shiteux comme toi.&lt;/i&gt; &#187; Et qu'est-ce qui est sorti de la lampe ? L'&#233;tat d'urgence, bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#231;a s'en va et &#231;a...&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2186 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH329/-459-2fa2b.jpg?1782671639' width='400' height='329' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas de la Casini&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pelloux, docteur &#232;s s&#233;curit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand on voit des pays qui vivent avec le terrorisme larv&#233;, les &#201;tats-Unis ou Isra&#235;l, ces pays ont chang&#233; leur fa&#231;on d'&#234;tre&lt;/i&gt;, d&#233;clarait Patrick Pelloux, m&#233;decin urgentiste et ex-collaborateur de &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; sur RMC le 15 novembre dernier. &lt;i&gt;&#192; New York, il y a des num&#233;ros d'urgence partout dans le m&#233;tro. Il faut avoir les m&#234;mes pratiques en France. Nous avons trop laiss&#233; faire. Il faut changer beaucoup d'habitudes. Nous avons une certaine lassitude de la s&#233;curit&#233; mais il va falloir faire passer &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Devinette : si, pour la s&#233;curit&#233;, on applique les techniques isra&#233;liennes, qui fera les Palestiniens ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Application de la charia&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans un souci de perfectionner l'application de l'&#233;tat d'urgence, la pr&#233;fecture du Nord a interdit la vente d'alcool &#224; emporter apr&#232;s 20 heures dans toute la r&#233;gion et sa consommation sur la voie publique la nuit sous peine d'une amende d'un montant de 150 euros. Heu biloute, c'est p&#244; comme &#231;a qu'on va d&#233;fendre notre art de vivre et nos valeurs civilisationnelles, hiin !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour la tourn&#233;e ! hips... France g&#233;n&#233;ral ! hips !&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2187 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH545/-460-b3fa8.jpg?1782671639' width='400' height='545' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mickomix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Je suis juste barbu &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ainsi s'exprimait, dans &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt; du 27&#8200;novembre dernier, un libraire musulman d'Argenteuil ayant subi une perquisition muscl&#233;e. Apr&#232;s &#171; Je suis Charlie &#187; et &#171; Je suis Paris &#187;, cette parole forte et universel est appel&#233;e &#224; devenir le nouveau slogan en vogue sur les r&#233;seaux sociaux contre la multiplication des actes islamophobes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sortez avec vos flingues !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lundi 30 novembre dernier, Bernard Cazeneuve, lors d'un comit&#233; technique exceptionnel rassemblant les syndicats, a ent&#233;rin&#233; l'autorisation de port d'arme par les flics en dehors de leurs heures de service, en allant chercher les gosses &#224; l'&#233;cole comme sur la plage en vacances. Ils devront quand m&#234;me porter un brassard les identifiant, &#234;tre &#224; jour de leurs s&#233;ances obligatoires d'entra&#238;nement au tir et se d&#233;clarer &#224; leur hi&#233;rarchie. On imagine d&#233;j&#224; les affres de certains grad&#233;s dans les comicos : comment subtilement &#233;carter de la liste les cow-boys notoires, les d&#233;fenseurs av&#233;r&#233;s de la race blanche ou les d&#233;pressifs chroniques ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2182 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH542/-455-604b6.jpg?1782671639' width='400' height='542' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Royaume-Uni : God save the taxi drivers</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Royaume-Uni-God-save-the-taxi-2022</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Royaume-Uni-God-save-the-taxi-2022</guid>
		<dc:date>2018-02-19T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emmanuel Sans&#233;au</dc:creator>


		<dc:subject>Kalem</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Uber</dc:subject>
		<dc:subject>livres</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>chauffeur</dc:subject>
		<dc:subject>chauffeurs</dc:subject>
		<dc:subject>n'avait clairement</dc:subject>
		<dc:subject>Mark</dc:subject>
		<dc:subject>chauffeur flexible</dc:subject>
		<dc:subject>Manchester City</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quoi de plus naturel pour Uber que de s'installer au Royaume-Uni, pays du travail sans droit ? Apr&#232;s avoir cannibalis&#233; les fameux black cabs et impos&#233; son mod&#232;le de travailleur &#171; liquide &#187;, la firme californienne a recrut&#233; environ 25 000 chauffeurs de taxi en quatre ans. Condamn&#233;s au statut de travailleurs ind&#233;pendants, une poign&#233;e de mutins r&#233;clament des droits salariaux. Mark, chauffeur flexible, n'avait clairement pas conscience de ses privil&#232;ges. Pire, le nanti s'en plaignait ! Au (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no144-juin-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;144 (juin 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kalem" rel="tag"&gt;Kalem&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Uber" rel="tag"&gt;Uber&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/livres" rel="tag"&gt;livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/heures" rel="tag"&gt;heures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chauffeur" rel="tag"&gt;chauffeur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chauffeurs" rel="tag"&gt;chauffeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-avait-clairement" rel="tag"&gt;n'avait clairement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mark" rel="tag"&gt;Mark&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chauffeur-flexible" rel="tag"&gt;chauffeur flexible&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Manchester-City" rel="tag"&gt;Manchester City&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quoi de plus naturel pour Uber que de s'installer au Royaume-Uni, pays du travail sans droit ? Apr&#232;s avoir cannibalis&#233; les fameux &lt;i&gt;black cabs&lt;/i&gt; et impos&#233; son mod&#232;le de travailleur &#171; liquide &#187;, la firme californienne a recrut&#233; environ 25 000 chauffeurs de taxi en quatre ans. Condamn&#233;s au statut de travailleurs ind&#233;pendants, une poign&#233;e de mutins r&#233;clament des droits salariaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mark, chauffeur flexible, n'avait clairement pas conscience de ses privil&#232;ges. Pire, le nanti s'en plaignait ! Au volant de sa Skoda grise, deux gros autocollants Uber plaqu&#233;s sur les flancs, il enquillait les boulevards pollu&#233;s de Manchester en ronchonnant. Ce n'&#233;taient pas tellement les bouchons, ni la qualit&#233; discutable des routes, ni ses concurrents des compagnies de bus hors de prix qui l'aga&#231;aient. Non, Mark allait peut-&#234;tre manquer le match Manchester City - PSG, pr&#233;vu ce jour-l&#224; &#224; 19h45. &#171; &lt;i&gt;Si je fais une bonne journ&#233;e, je pourrai le voir. Sinon, il faudra travailler plus longtemps et je finirai trop tard. L&#224;, c'est mal parti.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH208/-396-435cc.jpg?1782644738' width='400' height='208' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est que la frustration footballistique du Mancunien - ici, un mal inconsolable - avait r&#233;veill&#233; une nature grincheuse. &#171; &lt;i&gt;On est tous &#224; notre compte, mon pote. Mais je me suis habitu&#233; &#224; &#231;a, j'ai &#233;t&#233; taxi pendant 9 ans. J'ai pas de cong&#233;s pay&#233;s. Si t'es malade, t'as le droit &#224; rien. Faut juste aller bosser. Je pars bient&#244;t. Je pars trois semaines. Alors quand tu reviens de vacances, t'es compl&#232;tement &#224; sec !&lt;/i&gt; &#187; Mark avait beau rester calfeutr&#233; dans l'habitacle confortable de sa voiture environ 12&#8239;heures par jour (y compris le week-end), il soutenait mordicus que &#171; &lt;i&gt;c'est vraiment difficile, mon pote, surtout depuis qu'ils ont baiss&#233; leurs tarifs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel un &lt;i&gt;black pudding&lt;/i&gt; g&#226;t&#233;, sa mauvaise foi manifeste vous aurait presque retourn&#233; l'estomac. D'apr&#232;s son site, Uber n'&#233;tait-il pas plut&#244;t du genre &#224; bichonner ses chauffeurs ? &#171; &lt;i&gt;Transformez votre voiture en machine &#224; sous. Certains de nos chauffeurs-partenaires re&#231;oivent en moyenne 2 250 livres&lt;/i&gt; [2 870 euros] &lt;i&gt;par mois.&lt;/i&gt; &#187; Et puis la rutilante entreprise californienne mettait le paquet sur la &#171; &lt;i&gt;flexibilit&#233; ultime&lt;/i&gt; &#187; qui permet de &#171; &lt;i&gt;choisir&lt;/i&gt; [ses] &lt;i&gt;propres heures, bien gagner&lt;/i&gt; [sa] &lt;i&gt;vie et consacrer davantage de temps aux choses qui comptent le plus.&lt;/i&gt; &#187; Sauf que Mark n'y voyait l&#224; qu'un &#233;ni&#232;me attrape-couillon dans cette formidable terre d'opportunit&#233;s qu'est le Royaume-Uni. &#171; &lt;i&gt;Bah, c'est bien la flexibilit&#233;. Mais si &#231;a veut dire travailler 12&#8239;heures par jour pour gagner assez alors &#231;a veut pas dire grand chose.&lt;/i&gt; &#187; Pour une course de 2,57&#8239;km, vous aviez cr&#233;dit&#233; le compte de Mark de 3,59&#8239;livres (4,5&#8239;euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis son lancement en 2012 au Royaume-Uni, la flottille Uber a recrut&#233; environ 25 000 chauffeurs. Voil&#224; que &#171; l'innovation disruptive &#187; allait enfin bousculer soixante-dix ann&#233;es de domination des &lt;i&gt;black cabs&lt;/i&gt;, remis&#233;s au placard comme on d&#233;localiserait Big Ben. Il a fallu jouer des coudes pour se faire une place sur un march&#233; estim&#233; &#224; 5&#8239;milliards de livres et o&#249; les chauffeurs &#171; traditionnels &#187;, cens&#233;s coiffer sur le poteau n'importe quel GPS, &#233;tudient au moins 2 ans les subtilit&#233;s routi&#232;res de la capitale britannique. Assis sur une lev&#233;e de fond colossale, Uber a inaugur&#233; l'offensive de march&#233; selon les modalit&#233;s fleuries de &#171; l'&#233;conomie du partage &#187;. Il a br&#251;l&#233; des centaines de milliers de livres pour d&#233;baucher ses chauffeurs, puis a &#233;cras&#233; ses prix pour cannibaliser la concurrence. Aujourd'hui, Uber ne paie aucun salaire ni mat&#233;riel de travail &#224; ses chauffeurs, r&#233;mun&#233;r&#233;s directement par leurs passagers &#224; chaque course. Toutes les semaines, pr&#232;s de 30 000 habitants de Londres t&#233;l&#233;chargent l'application.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des courses jusqu'&#224; deux fois moins ch&#232;res que les &lt;i&gt;black cabs&lt;/i&gt;, Uber a beau r&#233;p&#233;ter &#224; ses chauffeurs qu'ils sont &#171; &lt;i&gt;leurs propres patrons&lt;/i&gt; &#187;, le taulier ne s'est pas fait que des amis. &#171; &lt;i&gt;Les journ&#233;es sont trop courtes pour gagner assez d'argent&lt;/i&gt; &#187;, explique James Farrar, chez Uber depuis deux ans et co-fondateur du syndicat United Private Hire Drivers. &#171; &lt;i&gt;En moyenne, si j'enl&#232;ve les co&#251;ts, je gagne 5 livres de l'heure&lt;/i&gt; [6,50&#8239;euros, moins que le salaire minimum, Ndlr]. &lt;i&gt;Je vous laisse calculer comment on nourrit une famille &#224; Londres avec &#231;a. La seule flexibilit&#233; qu'on a avec un revenu aussi faible, c'est de travailler toujours plus. Maintenant, je travaille entre 14 et 16&#8239;heures par jour, sept jours sur sept. Uber dit que le chauffeur moyen travaille environ 43&#8239;heures par semaine et gagne 19&#8239;livres de l'heure. Prends &#231;a, retire les 25&#8239;% de commission pr&#233;lev&#233;s par Uber, retire 270&#8239;livres par semaine pour louer une Prius, 100&#8239;livres pour l'essence, 15&#8239;livres pour la nettoyer et le prix de l'assurance. Au bout du compte, il ne te reste pas grand chose. Le probl&#232;me, c'est qu'Uber est devenu une ic&#244;ne pour d'autres entreprises. S'ils s'en sortent en d&#233;truisant nos droits, ce n'est qu'une question de temps avant que les autres ne se mettent &#224; faire exactement la m&#234;me chose.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une poign&#233;e de mutins, James a lanc&#233; une plainte contre Uber pour requalifier leur statut d'ind&#233;pendants en celui de salari&#233;s et r&#233;clamer leurs droits : salaire minimum, cong&#233;s pay&#233;s, cong&#233;s maladie, etc. Comme en France, o&#249; l'Urssaf francilienne a r&#233;clam&#233; le paiement de millions d'euros de cotisations &#224; la bo&#238;te, et m&#234;me dans quelques &#201;tats am&#233;ricains o&#249; des &lt;i&gt;class actions&lt;/i&gt; [recours collectifs] ont &#233;t&#233; lanc&#233;es. La plainte vise Uber au c&#339;ur m&#234;me de son mod&#232;le &#233;conomique : si le travail doit &#234;tre aussi liquide qu'une action en bourse, il n'est pas question de reconna&#238;tre quelque lien de subordination que ce soit avec ses &#171; partenaires &#187;. En avril dernier, la firme a consenti &#224; verser pr&#232;s de 100&#8239;millions de dollars &#224; ses chauffeurs am&#233;ricains pour &#233;viter un tel renversement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le chauffeur est bais&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Steve Garelick, chauffeur et repr&#233;sentant du syndicat GMB coordonnant la plainte contre Uber, &#233;tait au volant &#171; e&lt;i&gt;ntre l'autoroute M3 et la M25, et ensuite la M40 et ensuite chez Renault pour r&#233;parer&lt;/i&gt; [sa] &lt;i&gt;caisse&lt;/i&gt; &#187;. Surtout, il &#233;tait hyper remont&#233;. &#171; &lt;i&gt;L'aspect pratique, c'est qu'en tant que chauffeur, ils attendent de toi que tu fasses le travail d'une certaine mani&#232;re. Sinon ils te d&#233;connectent&lt;/i&gt; [un chauffeur n'est pas licenci&#233;, mais &#8220;d&#233;sactiv&#233; de la plateforme&#8221;, NDLR]. &lt;i&gt;Leurs contrats sont &#224; sens unique. Sur cette base, parce que les chauffeurs n'ont pas la libert&#233; que pr&#233;tend Uber, ils devraient &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des salari&#233;s. Une fois que vous avez prouv&#233; vos droits aux cong&#233;s pay&#233;s, tous les autres peuvent tomber comme des dominos. Ce que le juge va d&#233;cider en juillet, c'est dans quelle mesure Uber contr&#244;le ses chauffeurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers mois, Steve a organis&#233; ce qui &#233;tait &#171; &lt;i&gt;probablement les premi&#232;res manifestations de chauffeurs priv&#233;s dans l'histoire du pays, et c'est important parce qu'en Angleterre, l'apathie est notre plus grande religion&lt;/i&gt; &#187;. Pendant ce temps-l&#224;, Uber d&#233;voilait le nouveau chapitre de &#171; l'&#233;conomie du partage &#187; : des taxis sans pilotes, exp&#233;riment&#233;s en ce moment-m&#234;me &#224; Pittsburgh, aux &#201;tats-Unis. Travis Kalanick, PDG d'Uber, adressait alors au monde un curieux dilemme : &#171; &lt;i&gt;Certaines villes vont l'autoriser, elles seront le bastion du futur. Les autres auront l'air d'appartenir au Moyen-&#226;ge.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vive ! Vive le Moyen-&#226;ge ! (Note du webmaster.)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Vive ! Vive le Moyen-&#226;ge ! (Note du webmaster.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les vagues comme des barbel&#233;s</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-vagues-comme-des-barbeles</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Les-vagues-comme-des-barbeles</guid>
		<dc:date>2017-07-10T16:04:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Nenn&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Suzanne Friedel / SOS M&#233;diterrann&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>qu'ils</dc:subject>
		<dc:subject>sauvetage</dc:subject>
		<dc:subject>puis</dc:subject>
		<dc:subject>bateau</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>libyen</dc:subject>
		<dc:subject>MSF</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis f&#233;vrier 2016, l'Aquarius sillonne les eaux internationales au large de la Libye pour porter secours aux migrants qui tentent la travers&#233;e vers l'Europe. L'une des routes les plus meurtri&#232;res au monde : plus de deux mille personnes s'y sont d&#233;j&#224; noy&#233;es en 2017. Affr&#233;t&#233; par SOS-M&#233;diterran&#233;e, L'Aquarius est l'un des huit bateaux de secours pr&#233;sents sur la zone &#8211; le seul &#224; y patrouiller toute l'ann&#233;e. CQFD a pu embarquer &#224; son bord pendant une dizaine de jours. Al'Est, les premi&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Suzanne-Friedel-SOS-Mediterrannee" rel="tag"&gt;Suzanne Friedel / SOS M&#233;diterrann&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-ils" rel="tag"&gt;qu'ils&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sauvetage" rel="tag"&gt;sauvetage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bateau" rel="tag"&gt;bateau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/heures" rel="tag"&gt;heures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/libyen" rel="tag"&gt;libyen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/MSF" rel="tag"&gt;MSF&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis f&#233;vrier 2016, l'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; sillonne les eaux internationales au large de la Libye pour porter
secours aux migrants qui tentent la travers&#233;e vers l'Europe. L'une des routes les plus meurtri&#232;res
au monde : plus de deux mille personnes s'y sont d&#233;j&#224; noy&#233;es en 2017. Affr&#233;t&#233; par SOS-M&#233;diterran&#233;e, L'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; est l'un des huit bateaux de secours pr&#233;sents sur la zone &#8211; le seul &#224; y patrouiller toute
l'ann&#233;e. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a pu embarquer &#224; son bord pendant une dizaine de jours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Al'Est, les premi&#232;res lueurs se font plus pr&#233;cises. Il est 5h30. Depuis la passerelle, Basile scrute l'horizon aux jumelles depuis une bonne heure d&#233;j&#224;. En vain. L'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; est de retour dans la SAR zone&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Search and Rescue Zone commence &#224; 12 miles des c&#244;tes libyennes, &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; apr&#232;s douze jours de cale s&#232;che. Tout le monde est tendu. Pour un peu, on se sentirait coupables d'avoir &#233;t&#233; absents. Quelque part devant, un point noir dans la nuit noire attend peut-&#234;tre d&#233;sesp&#233;r&#233;ment du secours. Un canot pneumatique gris, sans lumi&#232;re, invisible pour les radars &#224; moins de cinq miles, avec &#224; son bord des centaines de personnes, sans eau, et de plus en plus souvent sans moteur. La mer est mauvaise, le vent souffle du nord. &#171; &lt;i&gt;Il ne se passera rien aujourd'hui&lt;/i&gt;, estime Andreas, le second. &lt;i&gt;Les canots ne peuvent pas quitter la c&#244;te par ce temps, ils n'arrivent pas &#224; franchir les premi&#232;res vagues.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1881 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-177-8a69a.jpg?1782653569' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Suzanne Friedel / SOS M&#233;diterrann&#233;e
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pas rester les bras crois&#233;s &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;n&#233;vole de SOS-M&#233;diterran&#233;e, Basile poursuit tout de m&#234;me sa veille, bient&#244;t relay&#233; par James, puis Svenja. Et ainsi de suite, toutes les deux heures, jusqu'&#224; la nuit. &#171; &lt;i&gt;Ce qui &#233;tait encore vrai l'ann&#233;e derni&#232;re l'est de moins en moins&lt;/i&gt;, explique Alain, solide Martiniquais ayant d&#233;j&#224; une dizaine de rotations derri&#232;re lui. &lt;i&gt;Avant, les trafiquants attendaient que la mer soit belle pour lancer les bateaux. Et certains passagers &#233;taient &#233;quip&#233;s de gilets de sauvetage. Aujourd'hui, des pneumatiques achet&#233;s 130 &#8364; sur Alibaba&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Concurrent chinois d'Amazon.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;i&gt;ont remplac&#233; les barques de p&#234;che. Et ils prennent la mer m&#234;me par mauvais temps. Ceux qui ne veulent pas monter sont flingu&#233;s dans les broussailles sur la plage. Les passeurs disent aux autres : &#8220;L'Italie, c'est tout droit, vous y serez dans trois heures !&#8221; Les moteurs pourris calent souvent au bout de quelques heures, faute de carburant. Ou alors, d'autres truands viennent voler le moteur et laissent les migrants &#224; la d&#233;rive.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la dizaine de b&#233;n&#233;voles de SOS-M&#233;diterran&#233;e, la journ&#233;e se passe en exercices de sauvetage : il faut roder les nouveaux&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les b&#233;n&#233;voles de SOS-M&#233;diterran&#233;e s'engagent pour trois rotations de trois (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, leur faire acqu&#233;rir des automatismes. Ce ne sont pas des novices, la plupart ont d&#233;j&#224; une exp&#233;rience de marin, mais ce travail est particulier. Face &#224; des gens paniqu&#233;s et &#224; leurs propres &#233;motions, ils doivent savoir r&#233;agir, calmer, rassurer. &#171; &lt;i&gt;Je me souviendrai toujours de mon premier sauvetage&lt;/i&gt;, raconte St&#233;phane Broc'h. &lt;i&gt;J'ai pris une grosse claque.&lt;/i&gt; &#187; Ce Breton un brin taciturne coordonne les secours sur l'eau. Il est la premi&#232;re main que saisit le naufrag&#233;. Il y a plusieurs mois d&#233;j&#224; qu'il a quitt&#233; son boulot de m&#233;canicien de marine dans le Pacifique pour s'engager avec SOS. &#171; &lt;i&gt; Je ne pouvais pas rester les bras crois&#233;s, j'avais besoin d'agir, pour dormir en paix, pouvoir me regarder dans une glace. J'avais les comp&#233;tences, donc je suis venu.&lt;/i&gt; &#187; Plus tard dans l'apr&#232;s-midi, c'est l'&#233;quipe de M&#233;decins sans fronti&#232;res (MSF) qui assurera la formation aux premiers secours, expliquant comment prendre en charge &#224; bord les r&#233;fugi&#233;s et &#224; quels sympt&#244;mes porter attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui les hante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Midi, le lendemain. Depuis la passerelle, Alexander Moroz, le capitaine bi&#233;lorusse, pr&#233;vient : il vient de recevoir un appel du MRCC&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Maritime Rescue Coordination Center est l'organisme italien qui coordonne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Un canot est en perdition &#224; cinq heures de navigation &#224; l'est. L'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; est le bateau de sauvetage le plus proche, il faut y aller. La tension monte &#8211; arriverons-nous &#224; temps ? Puis elle retombe un peu : un cargo turc est &#224; proximit&#233;, il va recueillir les naufrag&#233;s, qui seront ensuite transf&#233;r&#233;s sur notre navire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait nuit quand le transbordement commence. Pendant deux heures, le zodiac de sauvetage multiplie les allers-retours d'un bateau &#224; l'autre, transportant quinze personnes &#224; chaque fois. Hagards, les premiers rescap&#233;s posent un pied h&#233;sitant sur le pont, hiss&#233;s par les bras et les sourires de Charly et Christina : &#171; &lt;i&gt;Bienvenue, mon fr&#232;re, Welcome, Salam aleikoum.&lt;/i&gt; &#187; Une seule femme, enceinte, au milieu de 117 hommes. Maliens pour la plupart, mais aussi Ghan&#233;ens, Gambiens, S&#233;n&#233;galais : presque toute l'Afrique de l'Ouest est repr&#233;sent&#233;e. Tous sont pieds nus, certains m&#234;me torse nu. Leurs habits empestent le gasoil, la merde, la sueur et la peur. On les fait se d&#233;shabiller, se laver, se changer. Tous re&#231;oivent le m&#234;me kit : des habits propres, une couverture, de l'eau et des biscuits hypercaloriques. Le m&#233;decin rep&#232;re les bless&#233;s, organise les premiers soins. Certains s'effondrent de fatigue, d'autres tremblent sur leurs deux jambes. Peu &#224; peu, les visages se d&#233;tendent. Ce n'est qu'au bout de quelques heures qu'ils commencent &#224; raconter. La peur lors de la travers&#233;e, celle de se noyer sur cet esquif surcharg&#233;. Mais ce n'est pas elle qui tire les visages, creuse les orbites. Non, ce qui les hante, c'est la Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Vendu comme une ch&#232;vre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouba, un Gambien costaud d'une trentaine d'ann&#233;es, bonnet en laine viss&#233; sur la t&#234;te et sourire inoxydable, se lance : &#171; &lt;i&gt;Je suis venu en Libye pour travailler. Je pensais pouvoir y trouver un futur, mais c'&#233;tait une mauvaise id&#233;e. J'y suis rest&#233; un an. C'est court, un an, mais l&#224;-bas &#231;a m'a sembl&#233; tr&#232;s long : la vie &#233;tait tr&#232;s difficile.&lt;/i&gt; &#187; Le sourire s'efface. &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; kidnapp&#233; d&#232;s mon arriv&#233;e &#224; Sabha&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oasis situ&#233;e &#224; 600 kilom&#232;tres au sud de Tripoli, porte d'entr&#233;e pour ceux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Le passeur libyen rencontr&#233; &#224; Agad&#232;s m'avait vendu &#224; une bande de Beni Wali&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tribu libyenne.&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Ils m'ont enferm&#233; avec plusieurs centaines de personnes, hommes et femmes, jeunes et vieux. Je ne sais pas si c'&#233;tait une prison officielle, il y avait des prisonniers avec des papiers en r&#232;gle, permis de travail et tout. On ne m'a donn&#233; aucune explication.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit se fait difficile, Bouba a du mal &#224; d&#233;glutir : &#171; &lt;i&gt;Leur seule motivation, c'est l'argent. Ils te prennent tout ce que tu as, ils te mettent m&#234;me &#224; poil pour v&#233;rifier que tu ne caches rien. Ensuite, ils te demandent d'appeler ta famille pour qu'elle envoie de l'argent. Si tu n'en as pas, ils te frappent. Si tu en as, ils te frappent aussi, pour que les tiens entendent tes cris au t&#233;l&#233;phone. Moi, je suis seul, je n'ai personne, alors j'ai d&#251; travailler en esclave. Ils voulaient 3 500 dollars pour ma libert&#233; ! Et puis, un jour, ils m'ont laiss&#233; partir, sans que je sache pourquoi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omar, jeune S&#233;n&#233;galais de 19 ans, raconte une histoire semblable : &#171; &lt;i&gt;Je voulais aller en Europe, mais ils m'ont vendu. Comme une ch&#232;vre ! J'ai retrouv&#233; la libert&#233; contre de l'argent, mais j'ai &#233;t&#233; de nouveau captur&#233; quelques jours plus tard. Ils me frappaient tous les jours, ne me donnaient pas &#224; manger et m'ont oblig&#233; &#224; appeler ma famille. Et m&#234;me apr&#232;s le versement d'une ran&#231;on, ils ne m'ont pas lib&#233;r&#233;. Une nuit, j'ai g&#226;t&#233; la porte et j'ai fui.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;tention effroyable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les histoires se suivent et se ressemblent, avec plus ou moins de violence, plus ou moins de chance. Beaucoup arborent de vilaines cicatrices, caus&#233;es par des menottes trop serr&#233;es aux poignets et aux chevilles. Certains souffrent de plaies infect&#233;es et de br&#251;lures, d'autres de maladies de peau contract&#233;es dans la promiscuit&#233; des centres de d&#233;tention. Pr&#232;s de la moiti&#233; d'entre eux n'avait aucune intention de passer en Europe au d&#233;part, mais ils n'ont eu d'autre choix que d'embarquer pour fuir le chaos libyen et sauver leur peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s MSF, il existe 42 centres de d&#233;tention officiels en Libye, o&#249; sont enferm&#233;s les immigr&#233;s clandestins. L'ONG n'a acc&#232;s qu'&#224; huit d'entre eux. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas de registres d'entr&#233;e ni de sortie&lt;/i&gt;, raconte une charg&#233;e de mission de MSF en Libye&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour des raisons de s&#233;curit&#233;, nous ne mentionnons pas son nom.&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, en visite sur le bateau. &lt;i&gt;On ne peut pas effectuer de v&#233;ritable suivi. Un matin, tu te pointes, et il manque 300 personnes par rapport &#224; la veille... Impossible de savoir ce qu'elles sont devenues, si elles ont &#233;t&#233; tu&#233;es, lib&#233;r&#233;es, transf&#233;r&#233;es dans un autre centre ou mises dans des bateaux. Les prisonniers ne se plaignent pas, pour ne pas &#234;tre battus, mais les conditions de d&#233;tention sont effroyables.&lt;/i&gt; &#187; Elle explique aussi que personne ne sait combien de prisons clandestines viennent s'ajouter aux 42 officielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enroul&#233;s dans leurs couvertures, les r&#233;fugi&#233;s dorment en s&#233;curit&#233; pour la premi&#232;re fois depuis longtemps. Toute la nuit, des b&#233;n&#233;voles veillent, discutent avec ceux qui n'ont pas trouv&#233; le sommeil, posent une main bienveillante sur une &#233;paule, offrent un sourire. Demain matin, les r&#233;fugi&#233;s seront transf&#233;r&#233;s sur le bateau d'une autre ONG qui rentre en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ibrahim, 40 kilos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; a repris sa veille &#224; l'ouest de Tripoli, dans les eaux internationales. La majorit&#233; des d&#233;parts se fait depuis cette portion de c&#244;te, au large de Sabratha. Cette fois, la radio crachote un appel, mentionnant trois embarcations. Un autre navire est d&#233;j&#224; sur place, mais il a besoin de renforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur place, une embarcation manque &#224; l'appel. Les passagers des autres bateaux expliquent que son moteur est tomb&#233; en panne et qu'ils l'ont perdue de vue. Ont-ils fait demi-tour, se sont-ils noy&#233;s, d&#233;rivent-ils encore ? Comment savoir ? Il faut se concentrer sur ceux qui sont l&#224;, entass&#233;s dans un bateau en bois et un canot pneumatique &#224; moiti&#233; d&#233;gonfl&#233;. La ronde des canots de sauvetage reprend. Cette fois, il y a des femmes, des enfants, un b&#233;b&#233; d'un mois. Pakistanais, Bengalis, &#201;thiopiens, Soudanais, Marocains... Beaucoup de mineurs non accompagn&#233;s. En tout, 266 personnes. Et Ibrahim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il monte &#224; bord, le silence se fait. Il est grand, pas loin de deux m&#232;tres. Et d'une maigreur irr&#233;elle, &#224; peine 40 kilos. On dirait qu'il sort d'un camp de concentration. Il a de la fi&#232;vre, peut &#224; peine marcher, parle dans un souffle. Le m&#233;decin Craig Spencer l'emm&#232;ne dans la clinique. Il nous apprendra plus tard que le jeune homme est gambien, qu'il a seize ans, et souffre d'une septic&#233;mie. Il est en train de mourir de faim. D&#233;tenu pendant sept mois dans une prison clandestine de Sabratha, il est tomb&#233; malade apr&#232;s avoir d&#251; cohabiter une semaine avec le cadavre en d&#233;composition d'un compagnon d'infortune. &#192; deux reprises, il a pay&#233; pour monter dans un canot. Deux &#233;checs. La troisi&#232;me, c'est le trafiquant lui-m&#234;me, voyant qu'il allait mourir, qui l'a jet&#233; dans la barque que l'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; vient de secourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; J'ai gagn&#233; une femme &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; bord, les femmes sont regroup&#233;es dans le Shelter&lt;a href=&#034;#nb7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Abri r&#233;serv&#233; aux femmes.&#034; id=&#034;nh7-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;. Elles peuvent sortir sur le pont, mais aucun homme n'a le droit d'entrer dans leur refuge. C'est le royaume d'Alice, la sage-femme. Comme souvent, la majeure partie de ces femmes sont nig&#233;rianes, destin&#233;es aux r&#233;seaux de prostitution europ&#233;ens. Parfois, la &#171; &lt;i&gt;madame&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#232;re maquerelle.&#034; id=&#034;nh7-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt; voyage avec elles. Certaines savent ce qui les attend, d'autres croyaient qu'elles seraient coiffeuses ou stylistes en Italie. Aucune n'a plus de vingt-cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui arrive aux femmes africaines en Libye, c'est Koubra, une Togolaise voyageant avec son mari, qui le raconte : &#171; &lt;i&gt;Il suffit qu'un Libyen te rep&#232;re dans la rue, qu'il t'attrape, te mette dans sa voiture, puis te ram&#232;ne chez lui et t'enferme. Il appelle alors ses copains et leur dit : &#8220;J'ai gagn&#233; une femme.&#8221; Que tu sois enceinte ou non, seule ou avec ton enfant dans le dos, ils s'en moquent. Ils viennent &#224; cinq ou six, te menacent avec un fusil, puis te violent un &#224; un. Quand ils ont fini, ils te demandent d'appeler ton mari pour qu'il paye la ran&#231;on. S'il manque quelques dinars ou que le mari n'est pas &#224; l'heure, ils te gardent encore. &lt;/i&gt; &#187; Elle d&#233;crit un enfer sur terre. &#171; &lt;i&gt;Tu ne peux te fier &#224; personne. Certains chauffeurs de taxi t'obligent &#224; les sucer, puis t'abandonnent dans la rue. Et les Libyennes ne se comportent pas mieux. J'ai travaill&#233; pour une m&#232;re de famille qui, apr&#232;s m'avoir pay&#233; ce qu'elle me devait, a envoy&#233; son fils me couper la route. Il m'a tout repris.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s ce qu'elle a v&#233;cu, comment demander &#224; Koubra de faire dans la nuance ? &#171; &lt;i&gt;Un bon Libyen, &#231;a n'existe pas. Un bon Libyen, c'est celui qui te laisse la vie sauve, qui se contente de te torturer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Souffler, enfin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; a re&#231;u l'ordre de d&#233;poser ses naufrag&#233;s &#224; Pozzalo, en Sicile. Deux jours de navigation, avec seulement 267 r&#233;fugi&#233;s &#224; bord &#8211; aberrant en termes de co&#251;t, mais c'est le MRCC qui d&#233;cide. L'Italie veut garder la main sur la gestion de cette vague ininterrompue de r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le pont arri&#232;re, Alice a mis de la musique. Une &lt;i&gt;battle&lt;/i&gt; de danse s'improvise entre un jeune Bengali et un Marocain, tout &#224; leur joie d'&#234;tre en s&#233;curit&#233;. Nombreux sont ceux qui rient, tapent dans leurs mains, esquissent quelques pas. Mais beaucoup d'autres ont le regard perdu et se taisent, le visage ferm&#233;. Dans quelques heures, ils seront en Europe. Comment vont-ils &#234;tre accueillis ? &#171; &lt;i&gt;On les pr&#233;vient que &#231;a ne va pas &#234;tre facile, mais on ne brise pas tous leurs espoirs. Les trois jours qu'ils passent sur le bateau doivent constituer un r&#233;pit : ils peuvent souffler, reprendre des forces. On ne peut pas leur dire cr&#251;ment ce qui les attend&lt;/i&gt; &#187;, explique Marcella Kraay, chef de mission pour MSF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un trafic trop rentable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous sur le bateau, b&#233;n&#233;voles de MSF et de SOS-M&#233;diterrann&#233;e, ont bien conscience qu'ils combattent les sympt&#244;mes, et non les causes. Que la solution est entre les mains des politiques, qui d&#233;tournent la t&#234;te. Combien de noy&#233;s faudra-t-il encore ? &#171; &lt;i&gt;Je ne comprends pas que les &#201;tats europ&#233;ens ne prennent pas la mesure de ce qui se passe en M&#233;diterran&#233;e et qu'ils s'obstinent &#224; financer un soi-disant &#201;tat libyen&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Trois gouvernements se disputent le pouvoir en Libye. S'y ajoutent un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;, s'&#233;nerve St&#233;phane.&lt;i&gt; Comme cet &#201;tat libyen n'existe pas, ils financent en r&#233;alit&#233; peut-&#234;tre les passeurs, peut-&#234;tre les milices qui organisent ce trafic humain. Pourquoi &#231;a s'arr&#234;terait ? C'est trop rentable. Les gens payent entre 500 et 2 500 &#8364; leur passage sur des bateaux de la mort&lt;/i&gt;. &#187; Le b&#233;n&#233;vole ne d&#233;col&#232;re pas : &#171; &lt;i&gt; Nous, ONG, sommes financ&#233; &#224; 99% par la soci&#233;t&#233; civile. Nous faisons le boulot des gouvernements et ils nous crachent &#224; la gueule en nous accusant d'&#234;tre de m&#232;che avec les passeurs. Les pays europ&#233;ens pr&#233;tendent se soucier des droits de l'homme, porter des valeurs humanistes, mais ils les pi&#233;tinent all&#232;grement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin les c&#244;tes siciliennes. Presque plus personne ne parle. Les formalit&#233;s de d&#233;barquement prendront plusieurs heures, sous un soleil de plomb. Accueillis sur le quai par des silhouettes en combinaisons blanches, masqu&#233;es, les r&#233;fugi&#233;s seront tri&#233;s, num&#233;rot&#233;s, pass&#233;s au d&#233;tecteur de m&#233;taux, puis convoy&#233;s en bus vers des centres de r&#233;tention. Sur le bateau, tout le monde leur serrera une derni&#232;re fois la main. Alice se cachera pour pleurer. Les jointures de James blanchiront sur le bastingage. Les dents d'Anton grinceront d'impuissance. Puis ils se remettront au travail, nettoieront le bateau, prendront une cuite et repartiront le lendemain matin. Avec en t&#234;te cette phrase d'Albert Einstein : &#171; &lt;i&gt;Le monde ne sera pas d&#233;truit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Search and Rescue Zone commence &#224; 12 miles des c&#244;tes libyennes, &#224; la limite des eaux internationales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Concurrent chinois d'Amazon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les b&#233;n&#233;voles de SOS-M&#233;diterran&#233;e s'engagent pour trois rotations de trois semaines chacune. Apr&#232;s quoi, ils doivent faire une pause. Certains rempilent, d'autres non.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Maritime Rescue Coordination Center est l'organisme italien qui coordonne les actions des navires de secours pr&#233;sents sur zone. Rien ne se fait sans son accord pr&#233;alable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Oasis situ&#233;e &#224; 600 kilom&#232;tres au sud de Tripoli, porte d'entr&#233;e pour ceux qui arrivent par le d&#233;sert et plaque tournante du trafic humain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tribu libyenne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour des raisons de s&#233;curit&#233;, nous ne mentionnons pas son nom.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Abri r&#233;serv&#233; aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#232;re maquerelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Trois gouvernements se disputent le pouvoir en Libye. S'y ajoutent un certain nombre de milices plus ou moins ind&#233;pendantes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Archipel d'attente</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Archipel-d-attente</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Archipel-d-attente</guid>
		<dc:date>2017-04-25T12:49:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;na Coulon</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Juliette Barban&#232;gre</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>policiers</dc:subject>
		<dc:subject>ici</dc:subject>
		<dc:subject>Camp</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>Samos</dc:subject>
		<dc:subject>Abdullah</dc:subject>
		<dc:subject>voire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e, en 2015, de pr&#232;s de 850 000 personnes sur les &#238;les grecques a permis &#224; l'Union europ&#233;enne de justifier la &#171; solution hotspot &#187; : une flop&#233;e de camps insalubres o&#249; parquer des r&#233;fugi&#233;s jug&#233;s ind&#233;sirables. Bloqu&#233;s pendant des mois dans celui de Samos, plus d'un millier d'entre eux attendent, ind&#233;finiment, de pouvoir en sortir. Au large des c&#244;tes turques, un drapeau grec d&#233;tremp&#233; surplombe l'amas de blocs en pr&#233;fabriqu&#233;s et de tentes battues par la pluie enserr&#233;s dans le hotspot de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Juliette-Barbanegre" rel="tag"&gt;Juliette Barban&#232;gre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policiers" rel="tag"&gt;policiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ici" rel="tag"&gt;ici&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Camp" rel="tag"&gt;Camp&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/heures" rel="tag"&gt;heures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Turquie" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Samos" rel="tag"&gt;Samos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Abdullah" rel="tag"&gt;Abdullah&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voire" rel="tag"&gt;voire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'arriv&#233;e, en 2015, de pr&#232;s de 850 000 personnes sur les &#238;les grecques a permis &#224; l'Union europ&#233;enne de justifier la &#171; solution &lt;i&gt;hotspot&lt;/i&gt; &#187; : une flop&#233;e de camps insalubres o&#249; parquer des r&#233;fugi&#233;s jug&#233;s ind&#233;sirables. Bloqu&#233;s pendant des mois dans celui de Samos, plus d'un millier d'entre eux attendent, ind&#233;finiment, de pouvoir en sortir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1848 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH286/-150-308e4.jpg?1782960132' width='500' height='286' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Juliette Barban&#232;gre
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au large des c&#244;tes turques, un drapeau grec d&#233;tremp&#233; surplombe l'amas de blocs en pr&#233;fabriqu&#233;s et de tentes battues par la pluie enserr&#233;s dans le &lt;i&gt;hotspot&lt;/i&gt; de Samos, l'un de ces centres de tri de migrants &#224; ciel ouvert construits &#224; la h&#226;te sur les &#238;les &#233;g&#233;ennes. Il est, avec ceux de Lesbos et de Chios, le symbole implacable des politiques migratoires de l'Union europ&#233;enne (UE), soucieuse de contenir, ficher et enfermer celles et ceux ayant eu l'audace de franchir la mer meurtri&#232;re pour rejoindre ses terres d&#233;fendues. Toutes et tous y sont convoy&#233;s d&#232;s leur r&#233;ception, apr&#232;s une travers&#233;e incertaine et gla&#231;ante sur une embarcation constamment pr&#234;te &#224; chavirer : &#171; &lt;i&gt;Dans le bateau, il faut garder la m&#234;me position, sans bouger, pendant des heures&lt;/i&gt;, se souvient Jonathan, exil&#233; burundais maintenu sur l'&#238;le pendant plus de dix mois. &lt;i&gt;Au moindre mouvement, on sent le bateau sur le point de se renverser. Pour nous, &#231;a allait encore &#8211; &#231;a n'a pris que cinq heures. Mais pour d'autres, &#231;a a dur&#233; toute la nuit...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accueil qui leur est fait &#224; l'arriv&#233;e annonce la mani&#232;re dont ils seront trait&#233;s pour les semaines, voire les mois, &#224; venir : femmes, hommes, enfants et b&#233;b&#233;s sont imm&#233;diatement enferm&#233;s dans l'&#171; espace d'identification &#187;, zone de confinement &#224; l'int&#233;rieur du camp. Ils doivent y prendre leur mal en patience, souvent plus de 10 heures, le temps que policiers, agents du gouvernement grec et de l'UE proc&#232;dent &#224; un interrogatoire et &#224; un fichage en r&#232;gle &lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'UE y tient par-dessus tout : le large fichier Eurodac (o&#249; sont consign&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Les flics les bousculent, les poussent comme des chiens, voire les frappent s'ils insistent trop pour recevoir &#224; manger ou &#224; boire&lt;/i&gt;, raconte Ion, b&#233;n&#233;vole depuis pr&#232;s de cinq mois &#224; Samos. &lt;i&gt;Il faut toujours n&#233;gocier pour pouvoir leur fournir quelques v&#234;tements secs et de l'eau&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un camp &#171; fait pour les animaux &#187; &lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Une fois en poche le morceau de papier leur assignant une identit&#233; provisoire, r&#233;tr&#233;cie, les nouveaux arriv&#233;s rejoignent le quotidien &#233;touffant du camp, dont la surpopulation end&#233;mique accentue la pr&#233;carit&#233; : en d&#233;cembre dernier, pr&#232;s de 1 900 r&#233;fugi&#233;s, dont 450 enfants, y vivaient, pour une capacit&#233; d'accueil de 850 personnes. Si la plupart d'entre eux sont originaires de Syrie, d'Afghanistan et d'Irak, plus d'une trentaine de nationalit&#233;s sont repr&#233;sent&#233;es. Les appels du Haut Commissariat des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s (HCR) &#224; acc&#233;l&#233;rer les transferts vers les terres continentales, o&#249; les conditions de vie sont un peu moins dures, sont rest&#233;s lettre morte tout l'hiver, l'entassement de tentes fines et fragiles, parfois juxtapos&#233;es aux sanitaires, &#233;tant consid&#233;r&#233; comme une solution acceptable &lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Environ un millier de personnes vivent aujourd'hui dans le camp de Samos, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdullah, venu d'Alep, a d&#251; vivre dans l'une d'elles pendant quatre mois. Il en garde un souvenir amer : &#171; &lt;i&gt;Ceux qui g&#232;rent le camp savent qu'il est fait pour des animaux, pas pour des &#234;tres humains&lt;/i&gt;. &#187; Eau chaude souvent inaccessible, toilettes insalubres, acc&#232;s difficile aux soins m&#233;dicaux et psychologiques (d'ailleurs presque enti&#232;rement pris en charge par des b&#233;n&#233;voles), nourriture insipide voire impropre &#224; la consommation &lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La d&#233;couverte de vers dans la nourriture distribu&#233;e par l'arm&#233;e, relay&#233;e, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, &#233;puisement r&#233;gulier de produits d'hygi&#232;ne : une situation catastrophique que certains r&#233;fugi&#233;s, en janvier, ont tent&#233; de mettre en lumi&#232;re en entamant une gr&#232;ve de la faim. Mais celle-ci fut interrompue d&#232;s le deuxi&#232;me jour, explique Hessam, t&#233;moignant de cette conscience partag&#233;e, ici, de l'indiff&#233;rence que l'Europe porte aux exil&#233;s pris dans les barbel&#233;s de ses fronti&#232;res : &#171; &lt;i&gt;&#199;a ne valait pas le coup. Les policiers n'essayaient pas de nous en emp&#234;cher, ils nous ont simplement dit que &#231;a ne servait &#224; rien. C'&#233;tait vrai&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'engorgement du camp, la recrudescence des tensions et des violences qui en a d&#233;coul&#233;, et l'incapacit&#233; des autorit&#233;s &#224; satisfaire les besoins vitaux des d&#233;tenus a transform&#233; le &lt;i&gt;hotspot&lt;/i&gt; de Samos : d'un centre de r&#233;tention, il est devenu un camp mixte, o&#249; se croisent b&#233;n&#233;voles, fonctionnaires grecs, agents de Frontex, salari&#233;s de compagnies priv&#233;es de s&#233;curit&#233;, policiers et militaires. Une &#233;volution qui a permis aux r&#233;fugi&#233;s de franchir les grilles et de se rendre dans la ville de Vathi, capitale de l'&#238;le, situ&#233;e non loin en contrebas. Seulement, ici comme ailleurs, les contr&#244;les au faci&#232;s syst&#233;matiques et les arrestations arbitraires servent &#224; marquer le territoire en les confinant hors de l'espace public. Essentialis&#233;s comme de potentiels fauteurs de troubles, ils subissent un flicage accru lorsque la nuit tombe : &#171; &lt;i&gt;Les m&#232;res ne laissent plus leurs fils sortir le soir&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Muneeb, jeune Afghan arriv&#233; il y a presque un an. &lt;i&gt;Tout le monde est au courant que des gars ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, tabass&#233;s et mis en prison sans raison&lt;/i&gt;. &#187; Abdullah confirme : &#171; &lt;i&gt;Les policiers du camp nous mettent la pression lorsqu'on rentre trop tard. Ils nous interrogent, insistent pour savoir si l'on est saoul, avec qui on &#233;tait et ce qu'on faisait. Ils nous disent : &#8220;Pour cette fois, &#231;a va, on laisse couler. Mais la prochaine fois, &#231;a ne se passera pas comme &#231;a&#8230;&lt;/i&gt;'' &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une machine &#224; broyer l'espoir&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;L'oppression polici&#232;re et les conditions d'existence dans le camp rendent plus insupportable encore l'attente sans bornes et absurde dans laquelle toutes et tous sont ici plong&#233;s. Les entretiens avec les agents charg&#233;s de faire le tri entre r&#233;fugi&#233;s tol&#233;rables et migrants expulsables, passage oblig&#233; pour esp&#233;rer quitter Samos, sont toujours renvoy&#233;s &#224; une date future et inconnue. Une existence suspendue, que Jonathan peint, malgr&#233; tout, en riant : &#171; &lt;i&gt;Dormir, manger, dormir, manger : c'est &#231;a, la vie, ici !&lt;/i&gt; &#187; Mais le sourire s'estompe vite quand il pense &#224; tous ces mois perdus &#224; attendre des rendez-vous, une r&#233;ponse, un mouvement : &#171; &lt;i&gt;On n'a pas travers&#233; tout &#231;a pour en arriver l&#224;. Tous les jours, tu te dis que demain &#231;a ira mieux, mais c'est toujours demain, demain&#8230;&lt;/i&gt; &#187; L'inertie bureaucratique ne peut expliquer &#224; elle seule le maintien de milliers de femmes, d'hommes et d'enfants, dans des conditions pr&#233;caires et humiliantes pendant des mois. Tout, ici, forme une machine &#224; broyer l'espoir, afin de d&#233;courager les migrants d&#233;sirant rejoindre l'Europe, tout en poussant celles et ceux d&#233;j&#224; pr&#233;sents &#224; partir &#171; volontairement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le pire, c'est de ne pas savoir&lt;/i&gt;, ajoute Abdullah. &lt;i&gt;J'ai d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter de penser au futur, de cesser d'avoir des projets ou des attentes. Je ne peux plus. Qu'ils me renvoient en Turquie ou m'autorisent &#224; rester, je veux juste savoir&lt;/i&gt;. &#187; C'est que tout a chang&#233; depuis l'accord du 18 mars 2016 conclu entre l'UE et la Turquie, lequel a ent&#233;rin&#233; le renforcement des contr&#244;les aux fronti&#232;res de cette derni&#232;re tout en facilitant les expulsions vers son territoire &lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'accord stipule que tous les migrants d&#233;bout&#233;s de l'asile arriv&#233;s par la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Le temps pass&#233; par les exil&#233;s &#224; Samos, Chios ou Lesbos s'est consid&#233;rablement allong&#233;, et la menace d'un renvoi vers le royaume d'Erdogan p&#232;se au-dessus de toutes les t&#234;tes. Abdullah rapporte que, lors de l'unique entrevue qui lui a &#233;t&#233; accord&#233;e, ses interlocuteurs &#171; &lt;i&gt;n'ont pos&#233; que des questions sur la Turquie, sur&lt;/i&gt; [son] &lt;i&gt;s&#233;jour l&#224;-bas&lt;/i&gt; &#187;. Rien sur la Syrie, sur Alep, sur les terres ployant sous la mitraille qu'il a d&#251; fuir. C'est pourtant sur cette base que sa demande d'asile a &#233;t&#233; refus&#233;e. Contraint de patienter &#224; nouveau plusieurs mois pour recevoir une r&#233;ponse &#224; l'appel qu'il a d&#233;pos&#233;, Abdullah explique cette obsession des services grecs et europ&#233;ens : &#171; &lt;i&gt;Ils cherchent &#224; prouver que la Turquie est un pays s&#251;r, pour pouvoir y renvoyer les gens&lt;/i&gt;. &#187; Plus de 900 renvois vers le territoire turc ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; recens&#233;s. Et ceux-ci sont destin&#233;s &#224; se multiplier, Ath&#232;nes ayant annonc&#233; fin f&#233;vrier l'ouverture prochaine de six nouveaux &#171; centres de d&#233;tention pr&#233;-expulsion &#187; sur les &#238;les &#233;g&#233;ennes, destin&#233;s &#224; enfermer les d&#233;bout&#233;s de l'asile. Qu'importe les alertes concernant l'exploitation au travail, la pr&#233;carit&#233;, l'absence de protection et d'information juridique, voire l'incarc&#233;ration arbitraire auxquels sont confront&#233;s pr&#232;s de 3 millions de r&#233;fugi&#233;s en Turquie : l'Europe poursuit ses politiques r&#233;pressives, &#224; ses fronti&#232;res et au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Aller plus loin...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le site tenu par L&#233;na Coulon : &lt;span class='ressource'&gt;&lt;[eclats-d-exils.blogspot.com-&gt;&lt;/span&gt;
&lt;a href=&#034;https://eclats-d-exils.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://eclats-d-exils.blogspot.fr/&lt;/a&gt;]&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'UE y tient par-dessus tout : le large fichier Eurodac (o&#249; sont consign&#233;es informations personnelles, empreintes digitales et photographies) permet l'application du r&#232;glement Dublin II, qui pr&#233;voit l'expulsion syst&#233;matique des demandeurs d'asile vers le premier pays par lequel ils sont entr&#233;s sur le territoire europ&#233;en. L'annonce d'une reprise, ce mois-ci, des expulsions vers la Gr&#232;ce (un temps exempt&#233;e du r&#232;glement) est inqui&#233;tante, plus de 60 000 r&#233;fugi&#233;s y vivant d&#233;j&#224; dans des conditions de vie pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Environ un millier de personnes vivent aujourd'hui dans le camp de Samos, les transferts ayant &#233;t&#233; acc&#233;l&#233;r&#233;s &#224; partir du mois de f&#233;vrier, c'est-&#224;-dire apr&#232;s quatre mois d'hiver.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La d&#233;couverte de vers dans la nourriture distribu&#233;e par l'arm&#233;e, relay&#233;e, photos &#224; l'appui, par des r&#233;fugi&#233;s sur les r&#233;seaux sociaux, n'y a rien chang&#233;. Les uniformes ont ni&#233; farouchement, affirmant qu'&#171; &lt;i&gt;aucune preuve&lt;/i&gt; &#187; n'avait &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e, tout en s'empressant d'appeler les ONG pr&#233;sentes &#224; ne pas en faire &#233;tat, sous peine de se voir interdire l'acc&#232;s au camp.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'accord stipule que tous les migrants d&#233;bout&#233;s de l'asile arriv&#233;s par la Turquie y seront renvoy&#233;s, et que pour chaque r&#233;fugi&#233; syrien renvoy&#233;, un autre Syrien doit &#234;tre relocalis&#233; en Europe. En contrepartie, l'UE s'est engag&#233;e &#224; verser 3 milliards d'euros &#224; la Turquie et &#224; supprimer l'exigence de visas pour ses citoyens se rendant en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
