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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Contre l'inflation technologique : &#171; Arr&#234;ter de nourrir la b&#234;te qui nous d&#233;vore &#187;</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Avec son Histoire politique de la roue, le journaliste Rapha&#235;l Metz &#233;branle joliment le dogme du progr&#232;s &#224; tout prix. Entretien. Depuis le d&#233;but du confinement de masse, il y a de toute &#233;vidence quelque chose d'inattendu qui flotte dans l'air. Pas simplement un virus et une propension &#224; se moucher du coude, mais &#233;galement une petite musique de remise en cause de l'existant. Comme si soudain quelques-un(e)s ouvraient les yeux. Avec cette question en bandouli&#232;re, corollaire de la grave crise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/roue-parce" rel="tag"&gt;roue parce&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec son &lt;i&gt;Histoire politique de la roue&lt;/i&gt;, le journaliste Rapha&#235;l Metz &#233;branle joliment le dogme du progr&#232;s &#224; tout prix. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3323 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH329/-1517-50e92.jpg?1768658247' width='400' height='329' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du confinement de masse, il y a de toute &#233;vidence quelque chose d'inattendu qui flotte dans l'air. Pas simplement un virus et une propension &#224; se moucher du coude, mais &#233;galement une petite musique de remise en cause de l'existant. Comme si soudain quelques-un(e)s ouvraient les yeux. Avec cette question en bandouli&#232;re, corollaire de la grave crise sanitaire dans laquelle on clapote et du ralentissement &#224; tous crins : le &#171; progr&#232;s &#187; technologique et son cort&#232;ge d'acc&#233;l&#233;rations et d'ali&#233;nations sont-ils souhaitables ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, le dernier ouvrage en date de Rapha&#235;l Meltz, en son temps fondateur de feu le journal &lt;i&gt;Le Tigre&lt;/i&gt; et auteur de quelques romans fort conseill&#233;s, apporte son lot de pistes de r&#233;flexion. Intitul&#233; &lt;i&gt;Histoire politique de la roue&lt;/i&gt; (&#233;d. Librairie Vuibert), cet essai interroge avec brio les pr&#233;suppos&#233;s de notre civilisation occidentale, notamment en mati&#232;re de progr&#232;s technique. Focalis&#233; sur la question de la roue, objet &#224; la fois omnipr&#233;sent et totalement impens&#233;, il permet de d&#233;centrer l'analyse et d'envisager un rapport au monde compl&#232;tement renouvel&#233;. Entretien sans masque.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi s'&#234;tre lanc&#233; dans ce projet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y avait d'abord cette interrogation basique : d'o&#249; vient la roue ? C'est un objet &#224; la fois extr&#234;mement banal et tr&#232;s peu interrog&#233;. Je le dis en introduction : dans le catalogue de la Biblioth&#232;que nationale de France, on voit que dans les derni&#232;res ann&#233;es 374 ouvrages sur Nicolas Sarkozy ont &#233;t&#233; publi&#233;s, alors qu'il n'y en a pas eu un seul sp&#233;cifiquement consacr&#233; &#224; la roue &#8211; constat troublant... Quand j'ai commenc&#233; les recherches, j'ai d'abord &#233;t&#233; confront&#233; &#224; des consid&#233;rations tr&#232;s techniques, pr&#233;sentes dans le livre, mais je me suis rendu compte que ce qui est v&#233;ritablement fascinant, en fait, c'est ce que la roue raconte de l'histoire de l'humanit&#233;. Par son interm&#233;diaire, on peut interroger la question du mouvement, du progr&#232;s &#224; tout prix. Une probl&#233;matique d'autant plus parlante pour moi que je connais bien le Mexique, pays de plusieurs des grandes civilisations pr&#233;colombiennes. Or il faut savoir que ces civilisations ont dans un certain sens &lt;i&gt;refus&#233;&lt;/i&gt; d'inventer la roue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu abordes cette histoire sous un biais farouchement politique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si la premi&#232;re partie du livre n'est pas d&#233;nu&#233;e d'interrogations politiques, notamment en ce qui concerne la mani&#232;re dont l'histoire occidentale veut toujours sacrer un inventeur pr&#233;cis sur lequel broder un r&#233;cit, ce qui est impossible dans le cas de la roue (on sait juste qu'entre 4 000 et 3 000 avant notre &#232;re on trouve des roues dans plusieurs civilisations, notamment la puissante Sumer, en M&#233;sopotamie), cette dimension est en effet au c&#339;ur de la deuxi&#232;me partie, &#8220;Un monde sans roue&#8221;. J'y interroge notamment l'absence de v&#233;hicules &#224; roues dans l'Am&#233;rique pr&#233;colombienne. Il se trouve que dans des zones correspondant au Mexique et &#224; l'Am&#233;rique centrale actuels, le principe en &#233;tait connu. D&#232;s 1880, un explorateur, D&#233;sir&#233; Charnay, d&#233;couvre dans un cimeti&#232;re des jouets pour enfants dot&#233;s de roues. Et depuis on a trouv&#233; des dizaines d'exemples, dans des lieux diff&#233;rents, de ce genre de petits v&#233;hicules &#224; roulettes. Sauf que ladite roue n'&#233;tait pas utilis&#233;e dans la vie quotidienne, le commerce ou la guerre. Cette &#233;nigme incroyable a suscit&#233; de nombreuses r&#233;flexions : la plupart du temps les historiens cherchent une r&#233;ponse technique, d&#233;terministe, pour justifier ce qui appara&#238;t comme un manque. L'explication la plus connue, notamment parce que c'est celle qu'a propos&#233;e le scientifique am&#233;ricain Jared Diamond, est que les peuples am&#233;ricains n'utilisaient pas la roue parce qu'ils n'avaient pas d'animaux de trait &#8211; ni chevaux ni b&#339;ufs. Un raisonnement idiot, puisqu'on peut tr&#232;s bien utiliser la roue sans animaux, via une brouette ou un chariot &#224; bras. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle explication proposes-tu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour comprendre ce qui se joue, il faut se d&#233;centrer de la vision occidentale, qui s'est impos&#233;e d&#232;s le XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et la conqu&#234;te du Mexique par Hern&#225;n Cort&#233;s. On voit alors les Azt&#232;ques comme un peuple attard&#233; parce qu'il ne poss&#232;de ni la roue ni le fer. Le r&#233;cit occidental a longtemps &#233;t&#233; celui des conquistadors, vus comme des aventuriers malins et courageux. Or ce qui est le plus notable chez Cort&#233;s et ses hommes, c'est surtout leur veulerie et leur avidit&#233;. Les Azt&#232;ques, qui n'&#233;taient &#233;videmment pas exempts de d&#233;fauts (notamment cette d&#233;sagr&#233;able habitude consistant &#224; se faire des soupes avec les restes de leurs ennemis vaincus...), n'avaient par contre pas le culte de la richesse. Quand l'empereur Moctezuma re&#231;oit Cort&#233;s dans son palais, il lui explique qu'il n'a pas beaucoup d'or mais qu'il veut bien le partager : &#8220;&lt;i&gt;Tout ce que j'ai est &#224; vous, si vous le souhaitez.&lt;/i&gt;&#8221; Et c'est pour cette raison que les Azt&#232;ques finissent par &#234;tre &#233;cras&#233;s : ils ont du mal &#224; comprendre que les autres sont des ennemis. Alors que les Espagnols sont obs&#233;d&#233;s par l'or, leur qu&#234;te absolue, au point de fantasmer un immense tr&#233;sor qui ne sera jamais trouv&#233;, et de torturer le dernier empereur azt&#232;que, Cuauht&#233;moc, pour lui faire avouer o&#249; il a cach&#233; l'or qu'en r&#233;alit&#233; il n'a pas. Car l'or, pour les Azt&#232;ques, ce n'est pas tant la richesse que la beaut&#233;. J'avais d&#233;j&#224; &#233;crit sur cette th&#233;matique dans mon dernier roman, &lt;i&gt;Jeu nouveau&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Tripode, 2018.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment cette histoire a-t-elle ensuite &#233;t&#233; racont&#233;e par les Mexicains eux-m&#234;mes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est toute l'ambigu&#239;t&#233; de la nation mexicaine. Elle a du mal &#224; se d&#233;faire de cette vision des Azt&#232;ques comme civilisation ayant p&#226;ti de ses manques technologiques. En 1968, au moment des Jeux olympiques de Mexico, le gouvernement mexicain publie une brochure pour faire conna&#238;tre l'histoire de son pays aux visiteurs. Il y est &#233;crit : &#8220;&lt;i&gt;En d&#233;pit de leurs splendides &#233;difices, de leurs math&#233;matiques complexes et de leur pass&#233; mill&#233;naire, les peuples pr&#233;colombiens ne parvinrent pas &#224; surmonter les obstacles cr&#233;&#233;s par leur retard technologique : ignorance de la roue, manque de b&#234;tes de somme et insuffisance des techniques m&#233;tallurgiques.&lt;/i&gt;&#8221; C'est ce qui m'int&#233;resse : pourquoi ce &#8220;en d&#233;pit&#8221; ? Pourquoi lire les choses dans ce sens-l&#224; ? La v&#233;rit&#233;, c'est que la roue ne manque pas aux Azt&#232;ques. Qu'ils s'en passent tr&#232;s bien. Je raconte dans le livre que si la conqu&#234;te s'&#233;tait jou&#233;e par le biais d'un concours agricole, les Azt&#232;ques l'auraient largement emport&#233;, gr&#226;ce &#224; leurs c&#233;l&#232;bres jardins flottants, les &lt;i&gt;chinampas&lt;/i&gt;, aussi productifs que notre agriculture intensive contemporaine, bourr&#233;e d'engrais et de pesticides. &#192; l'&#233;poque, en 1519, l'agriculture europ&#233;enne est totalement sous-d&#233;velopp&#233;e, notamment &#224; cause de charrues mal adapt&#233;es. Dans ce domaine, les Mexicains d'alors dominent compl&#232;tement une Europe archa&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs ce que montre la fa&#231;on dont Tenochtitlan, devenue Mexico apr&#232;s la prise du pouvoir par les Espagnols, a &#233;volu&#233; : les nouveaux ma&#238;tres de la ville, qui &#233;tait une splendide cit&#233; lacustre, d&#233;cident de d&#233;molir tous les b&#226;timents et d'ass&#233;cher les lacs. Notamment pour construire des routes, sur lesquelles faire rouler les chariots &#224; roues... Une d&#233;cision stupide, car la ville est une cuvette, arros&#233;e par les montagnes environnantes et les pluies tropicales une partie de l'ann&#233;e. Cons&#233;quence : la cit&#233; est tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement inond&#233;e, parfois m&#234;me pendant plusieurs ann&#233;es. Et c'est un probl&#232;me qui n'a toujours pas &#233;t&#233; r&#233;solu &#224; ce jour, malgr&#233; la construction d'un grand canal d'&#233;vacuation au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, qui est d&#233;j&#224; obsol&#232;te, la ville s'affaissant un peu plus chaque ann&#233;e. Au fond, les Mexicains sont encore en train d'&#233;ponger les conneries des Espagnols. C'est une tr&#232;s bonne illustration d'un progr&#232;s qu'on te donne comme fabuleux alors qu'il est d&#233;faillant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu expliques que les Azt&#232;ques auraient refus&#233; la roue pour ne pas changer leur rapport &#224; l'espace...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sur ce point, je fais appel au travail de l'anthropologue Pierre Clastres, que j'utilise en le d&#233;calant d'un cran, parce que lui a travaill&#233; sur les &#8220;soci&#233;t&#233;s sans &#201;tat&#8221;, ce qui n'est pas le cas des Azt&#232;ques o&#249; il y a une puissante institution centrale. Je reprends ses interrogations sur la question du manque suppos&#233; de d&#233;veloppement des peuples &#8220;&lt;i&gt;sans foi, sans loi, sans roi&lt;/i&gt;&#8221;, qu'on a toujours d&#233;finis par ce &#8220;&lt;i&gt;sans&lt;/i&gt;&#8221;. Or le fait est que ces attributs ne leur manquaient pas. Et c'est pareil avec la roue : j'&#233;mets l'hypoth&#232;se que les peuples pr&#233;colombiens d&#233;cident de se passer de la roue parce qu'ils ne s'int&#233;ressent pas &#224; ce qu'elle pourrait leur apporter. Parce qu'elle change l'appr&#233;hension de l'espace et du temps, qu'elle fait passer &#224; une autre &#233;chelle. Or la conception azt&#232;que du monde n'est pas fond&#233;e sur une recherche d'expansion &#224; tout prix. D'ailleurs, leurs guerres sanglantes relevaient davantage du rituel que de la volont&#233; de conqu&#234;te : il s'agissait la plupart du temps de capturer des prisonniers pour pouvoir les sacrifier afin de plaire aux dieux. Et non pas d'agrandir leur territoire, comme dans les guerres europ&#233;ennes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette id&#233;e de refuser une technologie semble peu dans l'air du temps&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est pourtant un principe fondamental, qui s'apparente pour moi &#224; la magnifique phrase du &lt;i&gt;Bartleby&lt;/i&gt; de Herman Melville : &#8220;&lt;i&gt;Je pr&#233;f&#233;rerais ne pas.&lt;/i&gt;&#8221; S'abstenir, simplement. On a le droit de refuser une technologie, on n'est pas oblig&#233; de s'en saisir parce qu'elle est l&#224;, devant nous. Et j'ai l'impression que c'est une mani&#232;re de penser qui revient tr&#232;s timidement au go&#251;t du jour face &#224; l'inflation des technologies contemporaines. Alors que c'&#233;tait difficile au d&#233;but des Trente Glorieuses : tout progr&#232;s technologique &#233;tait bon &#224; prendre dans les ann&#233;es 1950 ou 1960. Il y a eu un sursaut dans les ann&#233;es 1970, avec des journaux tr&#232;s engag&#233;s en mati&#232;re de remise en cause de l'&#232;re industrielle comme &lt;i&gt;La Gueule ouverte&lt;/i&gt;, mais aussi &lt;i&gt;Hara-Kiri&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Charlie&lt;/i&gt;, et puis avec la candidature &#224; la pr&#233;sidentielle de l'&#233;cologiste Ren&#233; Dumont en 1974. Mais la parenth&#232;se s'est violemment referm&#233;e dans les ann&#233;es 1980. Et depuis on a du mal &#224; retrouver en la mati&#232;re une v&#233;ritable pens&#233;e radicale, structur&#233;e et agissante. C'est un peu d&#233;primant : d'un c&#244;t&#233; on te dit que tout est foutu, notamment en mati&#232;re de r&#233;chauffement climatique, et de l'autre tu as des responsables politiques, de tous bords, qui proposent des mesurettes &#233;cologistes grotesques. La question de la remise en question profonde du progr&#232;s technologique &#224; tout prix n'est plus vraiment pos&#233;e, hormis &#224; la marge. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur cette question, la roue fait office de symbole tr&#232;s efficace. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, je trouve que la roue est un des premiers marqueurs du fantasme de la technologie triomphante : c'est un objet &#233;labor&#233;, qu'on ne retrouve pas dans la nature. Seul l'homme pouvait concevoir la roue, laquelle a marqu&#233; une bascule qui n'a jamais &#233;t&#233; clairement interrog&#233;e, ni en - 3 500, ni apr&#232;s. Et pourtant elle symbolise &#224; la perfection ce fantasme de la sup&#233;riorit&#233; technologique occidentale, qu'on retrouve aussi dans la m&#233;decine, avec ce postulat posant qu'on va pouvoir tout soigner par la chimie. Et c'est la m&#234;me chose pour les nouvelles technologies li&#233;es au num&#233;rique : on te dit que l'homme ne pourrait pas se passer de toutes ces innovations, qui soi-disant lui font du bien et lui permettent de gagner du temps, mais ce qu'on observe c'est que l'humanit&#233; est de plus en plus d&#233;pressive, stress&#233;e et a l'impression de manquer de temps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a &#233;galement cette ambivalence : la roue n'est pas porteuse que de l'enfer automobile. Cette m&#234;me roue, c'est le v&#233;lo, que tu d&#233;fends vigoureusement. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce que je trouve int&#233;ressant, c'est d'interroger l'inscription de l'homme dans l'espace. L&#224; je reprends les travaux du pr&#233;curseur de l'&#233;cologie politique Ivan Illich, qui montre non seulement que la voiture va moins vite que le v&#233;lo si tu prends en compte le co&#251;t r&#233;el&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En incluant notamment le temps pass&#233; &#224; travailler pour pouvoir se payer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, mais aussi que le v&#233;lo peut &#234;tre facteur d'&#233;mancipation. Par exemple au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la bicyclette a permis aux femmes de s'&#233;chapper un peu de leur espace quotidien, le foyer. C'est pour cela que j'ai du mal avec cette condescendance envers ce moyen de transport, qui serait r&#233;serv&#233; aux dits &#8220;bobos&#8221;. Une posture qui s'est illustr&#233;e avec la vision dominante du mouvement des Gilets jaunes : les pauvres seraient en bagnole en p&#233;riph&#233;rie et les bobos en centre-ville en v&#233;lo. C'est compl&#232;tement artificiel : il y a des gros bourgeois dans les villes avec des SUV, et des prolos en v&#233;lo &#224; la campagne, heureusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faut vraiment interroger est ailleurs : comment on en est arriv&#233; &#224; une soci&#233;t&#233; construite totalement autour de la bagnole, et du culte de la vitesse, de l'efficacit&#233; ? Je cite dans le livre un texte publi&#233; en 2017, &#224; l'occasion de l'inauguration du dernier tron&#231;on de la ligne &#224; grande vitesse Paris-Bordeaux : &lt;i&gt;Gagner son temps et perdre sa vie&lt;/i&gt;. Lequel cite une autre brochure, publi&#233;e en 1991 : &lt;i&gt;Relev&#233; provisoire de nos griefs contre le despotisme de la vitesse &#224; l'occasion de l'extension des lignes du TGV&lt;/i&gt;. Comparer les deux textes est assez d&#233;primant, parce que celui de 2017 est beaucoup moins ambitieux dans le fond. Beaucoup plus rationnel dans son calcul &#233;conom&#233;trique du co&#251;t du kilom&#232;tre suppl&#233;mentaire de TGV. Alors que le dilemme est plus profond. De la m&#234;me mani&#232;re, on ne retient la plupart du temps d'Illich que ses consid&#233;rations &#233;conomiques (la vitesse r&#233;elle d'une voiture, en fonction du temps total mis &#224; l'acheter et &#224; la conduire) et non plus philosophiques, sur la question de la place de l'individu dans son espace. Je trouve que c'est assez symptomatique de l'&#233;poque, de renoncer aux grands enjeux de fond. C'est pour &#231;a que j'aime tant G&#233;b&#233;, l'auteur de &lt;i&gt;L'An 01&lt;/i&gt;, cette exceptionnelle bande dessin&#233;e qui d&#233;cr&#232;te : &#8220;&lt;i&gt;On arr&#234;te tout, on r&#233;fl&#233;chit et c'est pas triste&lt;/i&gt;&#8221; &#8211; rares sont ceux qui arrivent &#224; poser les enjeux politiques en passant par le biais de l'imaginaire, en sortant du rationalisme pur. Ce qui est important dans cette question de la vitesse, c'est de ne pas s'interroger sur une &#233;quation chiffr&#233;e, mais sur la place de l'homme dans sa vie. Et je trouve que c'est de plus en plus difficile &#224; faire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Niveau imaginaire, il semble difficile de rivaliser avec la Silicon Valley triomphante, et le storytelling d&#233;ploy&#233; autour de figures comme Elon Musk. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui mais il faut aussi se garder des ennemis-&#233;pouvantails, qui masquent parfois les vrais enjeux. L'Hyperloop de Musk &lt;i&gt;[une sorte de train futuriste]&lt;/i&gt;, c'est assez simple de voir que c'est d&#233;lirant comme volont&#233; d'aller encore plus vite que le TGV, lequel va d&#233;j&#224; &lt;i&gt;trop&lt;/i&gt; vite, comme le disaient bien en 1991 les auteurs de la brochure &#8220;contre le despotisme de la vitesse&#8221;. Mais attention : ce n'est pas le co&#251;t du TGV ou de l'Hyperloop le probl&#232;me, c'est bien la notion de vitesse par principe. Attention &#224; ne pas penser avec les armes de l'ennemi. Comme quand les Mexicains d'aujourd'hui disent &#8220;&lt;i&gt;la roue manquait aux Azt&#232;ques&lt;/i&gt;&#8221; alors qu'il y avait surtout une chose qui manquait : la sagesse aux Espagnols. Il faut faire attention &#224; l'imp&#233;ratif d'efficacit&#233;, y compris chez ceux qui cherchent &#224; penser autrement la soci&#233;t&#233;. Et c'est une question qui me semble cruciale : jusqu'o&#249; se faire conna&#238;tre parce qu'on pense avoir les bonnes id&#233;es ? Jusqu'o&#249; utiliser Twitter ou Facebook pour faire passer des messages qu'on pense justes ? Jusqu'o&#249; utiliser Google pour faire des recherches visant &#224; dire du mal de Google ? Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en revient &#224; la roue : qu'est-ce qui &lt;i&gt;manque&lt;/i&gt; ? &#192; qui ? Pourquoi ? Fallait-il inventer YouTube ? Les smartphones ? Les GPS ? Tous ces gadgets qui peuplent notre quotidien ? Faut-il s'en servir ? Ces questions me semblent beaucoup plus importantes que, par exemple, le rejet d'un homme politique du moment (&#8220;Macron, t'es trop con !&#8221; &#8212; bon, et nous on est quoi alors ?). En ce sens, je crois moins &#224; l'insurrection qu'au l&#226;cher-prise g&#233;n&#233;ral. Si tu refuses de nourrir la machine, alors quelque chose peut arriver. Je crois vraiment &#224; l'arr&#234;t. Arr&#234;ter de nourrir la b&#234;te qui nous d&#233;vore. Ce qui m'int&#233;resse avec cette histoire de roue, c'est que &#231;a permet de d&#233;caler les cases, de pousser &#224; r&#233;fl&#233;chir en dehors des sch&#233;mas attendus. Et j'y ai trouv&#233; de plus en plus de sens &#224; mesure que j'&#233;crivais le livre, notamment par rapport &#224; la notion de progr&#232;s. Internet a &#233;t&#233; un parfait exemple en ce sens : on disait, on esp&#233;rait, que &#231;a allait tout changer, en bien. Au milieu des ann&#233;es 1990, j'&#233;tais &#233;norm&#233;ment excit&#233; par les possibilit&#233;s qui s'ouvraient : le nouveau livre, la connaissance universelle, le dialogue sans fronti&#232;res. Sauf que non : on s'est fait pi&#233;ger par cette Gorgone au regard gla&#231;ant qui s'appelle progr&#232;s. C'est all&#233; vers le pire, comme d'habitude. Et il faut &#234;tre vigilant, tout le temps : c'est pour &#231;a que j'aime tant les livres des &#233;ditions de L'&#233;chapp&#233;e qui sont tr&#232;s utiles, notamment ceux contre la &#8220;tyrannie&#8221; num&#233;rique ou culturelle&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi les ouvrages r&#233;cents, L'intelligence artificielle ou l'enjeu du si&#232;cle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; : ce sont des textes qui remobilisent, donnent des arguments pour refuser la tyrannie des objets num&#233;riques. Ils te montrent le pi&#232;ge, ce c&#244;t&#233; lumineux du progr&#232;s qui occulte le reste. &#192; ma mesure, c'est ce que j'ai essay&#233; de faire avec la roue. Parce que c'est ce dont je me sens capable : un travail de d&#233;construction des &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, des certitudes, du savoir institu&#233;. Libre ensuite &#224; chaque lecteur d'en tirer des le&#231;ons pour lui-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Tripode, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En incluant notamment le temps pass&#233; &#224; travailler pour pouvoir se payer ledit v&#233;hicule.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Parmi les ouvrages r&#233;cents, &lt;i&gt;L'intelligence artificielle ou l'enjeu du si&#232;cle&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Silicolonisation du monde&lt;/i&gt; (&#201;ric Sadin), &lt;i&gt;Divertir pour dominer 2 &lt;/i&gt;(Collectif) ou &lt;i&gt;Remplacer l'humain &#8211; Critique de l'automatisation de la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; (Nicholas Carr).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Voyage au bout de l'ind&#233;pendance</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Voyage-au-bout-de-l-independance</link>
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		<dc:date>2020-03-28T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Beno&#238;t Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Beno&#238;t Carbonnel</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Bien que situ&#233;e aux antipodes de l'Hexagone, la Nouvelle-Cal&#233;donie demeure une &#171; possession &#187; fran&#231;aise, pour reprendre le terme officiel de 1853. Mais pour combien de temps encore ? Fin 2018, un premier r&#233;f&#233;rendum a montr&#233; que la revendication ind&#233;pendantiste &#233;tait toujours bien vivante, port&#233;e par l'immense majorit&#233; des Kanak, peuple premier de l'archipel, mais aussi par une part grandissante des autres communaut&#233;s. En France m&#233;tropolitaine, leur combat peine &#224; retrouver visibilit&#233; et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Benoit-Carbonnel" rel="tag"&gt;Beno&#238;t Carbonnel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/kanak" rel="tag"&gt;kanak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nouvelle-Caledonie" rel="tag"&gt;Nouvelle-Cal&#233;donie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/question" rel="tag"&gt;question&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jone-Passa" rel="tag"&gt;Jone Passa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Passa" rel="tag"&gt;Passa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/referendum" rel="tag"&gt;r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-independance" rel="tag"&gt;l'ind&#233;pendance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bien que situ&#233;e aux antipodes de l'Hexagone, la Nouvelle-Cal&#233;donie demeure une &#171; possession &#187; fran&#231;aise, pour reprendre le terme officiel de 1853. Mais pour combien de temps encore ? Fin 2018, un premier r&#233;f&#233;rendum a montr&#233; que la revendication ind&#233;pendantiste &#233;tait toujours bien vivante, port&#233;e par l'immense majorit&#233; des Kanak, peuple premier de l'archipel, mais aussi par une part grandissante des autres communaut&#233;s. En France m&#233;tropolitaine, leur combat peine &#224; retrouver visibilit&#233; et soutien, alors m&#234;me qu'un second vote se tiendra en septembre. Et que l'ind&#233;pendance para&#238;t plus accessible que jamais. Analyse (anticoloniale) de situation, nourrie d'&#233;changes avec le sociologue kanak Jone Passa.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3276 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L403xH400/-1482-7674d.jpg?1768650416' width='403' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Gautier Ducatez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;R&lt;/span&gt;embobinons : au r&#233;f&#233;rendum du 4 novembre 2018, le oui &#224; l'ind&#233;pendance de la Nouvelle-Cal&#233;donie obtenait plus de 43 % des voix &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; En Kanaky, fini le temps des colonies ? &#187;, CQFD n&#176; 171 (d&#233;cembre 2018).&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Le score peut para&#238;tre faiblard, mais les treize points d'&#233;cart face au non ne correspondaient qu'&#224; 18 000 voix &#8211; une diff&#233;rence qui, en d&#233;finitive, pla&#231;ait l'ind&#233;pendance &#224; seulement 9 000 voix de la majorit&#233; absolue &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Olivier Houdan, &#171; Retour sur le r&#233;f&#233;rendum de Nouvelle-Cal&#233;donie : la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Ce r&#233;sultat a ainsi &#233;t&#233; v&#233;cu comme une quasi-victoire par les ind&#233;pendantistes... et comme une vraie claque par leurs opposants, dits &#171; loyalistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claque d'autant plus retentissante que nombre de ces derniers, mystifi&#233;s par les sondages et par leur m&#233;connaissance de la soci&#233;t&#233; cal&#233;donienne (ou kanak tout du moins), estimaient que cette consultation allait d&#233;finitivement balayer la revendication d'&#233;mancipation. Il n'en est clairement rien et il se trouve qu'une, voire deux autres consultations se profilent, les accords de Noum&#233;a &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les accords de Noum&#233;a ont &#233;t&#233; sign&#233;s en 1998 par les diff&#233;rents camps (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; pr&#233;voyant en effet jusqu'&#224; trois r&#233;f&#233;rendums d'autod&#233;termination. Le prochain arrive &#224; toute allure : il se tiendra le 6 septembre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Entre deux votes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En Nouvelle-Cal&#233;donie, l'ann&#233;e politique 2019 a &#233;t&#233; enti&#232;rement absorb&#233;e par cet apr&#232;s/avant r&#233;f&#233;rendum, entre regain de confiance d'un c&#244;t&#233; et pouss&#233;e de panique de l'autre. En mai, les &#233;lections provinciales ont abouti &#224; la r&#233;surgence d'une droite anti-ind&#233;pendantiste pure et dure (voire raciste), autour de la section locale des R&#233;publicains, qui a pris la t&#234;te du gouvernement &lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le gouvernement de la Nouvelle-Cal&#233;donie est coll&#233;gial : toutes les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; au d&#233;triment d'une droite r&#233;put&#233;e plus conciliante. Dans le m&#234;me temps, les partis ind&#233;pendantistes ont progress&#233; et, surtout, ont pris la pr&#233;sidence du Congr&#232;s (l'assembl&#233;e d&#233;lib&#233;rante du territoire) gr&#226;ce au soutien surprise d'un petit parti wallis-et-futunien &lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Wallis-et-Futuniens repr&#233;sentent environ 8 % de la population de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, une communaut&#233; historiquement rang&#233;e derri&#232;re les loyalistes. Ses &#233;lus r&#233;futent tout changement de camp, plaidant la &#171; &lt;i&gt;majorit&#233; oc&#233;anienne&lt;/i&gt; &#187;, mais il est difficile de ne pas voir que les lignes sont en train de bouger face &#224; une ind&#233;pendance qui se concr&#233;tise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les mobilisations sur le terrain ont laiss&#233; place &#8211; pour l'instant &#8211; au respect d'un processus institutionnel sur le long terme, les Kanak ont rappel&#233; au monde leur soif de reconnaissance et de libert&#233;. Ceux qui pensaient, &#224; Noum&#233;a comme &#224; Paris, que les politiques de r&#233;&#233;quilibrage &#233;conomique et social auraient chang&#233; la donne n'ont pas su (ou voulu) voir que m&#234;me si la situation s'est am&#233;lior&#233;e, les in&#233;galit&#233;s demeurent abyssales dans ce qui reste largement une &#233;conomie de comptoir profitant toujours aux m&#234;mes &#8211; colons anciens et nouveaux. Et l&#233;sant les m&#234;mes, comme le confirme Jone Passa, sociologue kanak engag&#233; pour la cause de son peuple : &#171; &lt;i&gt;On a des usines, une &#233;volution &#233;conomique, mais dans les faits, ceux qui sont toujours derri&#232;re, victimes de cette colonisation dure &#8211; qu'elle soit de peuplement ou &#233;conomique &#8211; restent les Kanak. Ils ont &#233;t&#233; spoli&#233;s des dispositifs permettant un &#8220;r&#233;&#233;quilibrage&#8221; &#8211; m&#234;me si je n'aime pas beaucoup ce mot. Et ce, pour &#233;viter la &#8220;discrimination&#8221;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Quand on a des Kanak dipl&#244;m&#233;s, avec des parcours brillants, on les &#233;rige en mod&#232;le, mais c'est l'arbre qui cache la for&#234;t : dessous c'est la d&#233;solation. Ces politiques n'ont boulevers&#233; ni les rapports de force, ni les rapports entre les soci&#233;t&#233;s en Nouvelle-Cal&#233;donie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question sociale, aussi vitale soit-elle, n'explique pas tout. Dans leur immense majorit&#233;, les Kanak continuent d'estimer que l'ind&#233;pendance du territoire est la seule r&#233;ponse acceptable &#224; l'humiliation de la colonisation. Jone Passa : &#171; &lt;i&gt;C'est plus qu'une question de justice sociale, c'est redonner de la dignit&#233; aux gens. Par exemple, les langues kanak ne sont toujours pas enseign&#233;es &#224; l'&#233;cole, ou de mani&#232;re marginale. Il y a encore une esp&#232;ce de non-reconnaissance, au nom du vivre ensemble, pour que les m&#234;mes continuent &#224; se partager les richesses. Le vote du oui, c'est pour que le syst&#232;me colonial qui continue &#224; perdurer s'arr&#234;te&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Les Kanak le pensent majoritairement, mais une petite partie de la population non kanak aussi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;f&#233;rendum de 2018 a en effet montr&#233; que les M&#233;lan&#233;siens ne sont plus seuls &#224; porter l'exigence d'ind&#233;pendance dans cette Nouvelle-Cal&#233;donie fortement multiculturelle. Au-del&#224; des communaut&#233;s oc&#233;aniennes, les Cal&#233;doniens d'origine europ&#233;enne, les &#171; caldoches &#187; comme on les appelle l&#224;-bas, ne constituent plus non plus un front pro-fran&#231;ais aussi uni qu'auparavant. R&#233;sultat notamment d'une politique d'ouverture constante de la part des Kanak qui leur ont reconnu, d&#232;s 1983, un statut de &#171; victimes de l'Histoire &#187; &lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour rappel, la Nouvelle-Cal&#233;donie &#233;tait une colonie p&#233;nitentiaire. Une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, leur offrant ainsi une place incontournable dans la construction du pays de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci laisse penser qu'aujourd'hui, la question est moins de savoir si l'ind&#233;pendance adviendra, que quand et comment. Le processus en cours suffira-t-il &#224; surmonter les obstacles pos&#233;s par un si&#232;cle et demi de brutale colonisation ? Ou faudra-t-il repasser par des affrontements, des &#171; &#233;v&#233;nements &#187; bis en quelque sorte ? Jone Passa : &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si les trois r&#233;f&#233;rendums se soldent par un &#8220;non&#8221;, la question de l'ind&#233;pendance ne dispara&#238;tra pas. De toute fa&#231;on on ira&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Si en face ils ne veulent pas l'accepter, &#231;a changera d'une autre mani&#232;re. Rien n'a jamais &#233;t&#233; facilit&#233;, ni donn&#233; aux Kanak au nom de bons sentiments. Ce sont les Kanak qui sont all&#233;s chercher les accords, qui sont &#224; l'origine des bouleversements de la Nouvelle-Cal&#233;donie. C'est dommage d'&#234;tre oblig&#233; de passer par des r&#233;voltes, des violences pour faire admettre qu'il y a une r&#233;alit&#233; et qu'il faut l'int&#233;grer : nous devons r&#233;occuper la place qui nous revient chez nous. Cela devra passer par des discussions, mais nous ne sommes pas dans un pays o&#249; le d&#233;bat est apais&#233;...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'&#201;tat n'est pas un arbitre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En m&#233;tropole, le d&#233;bat n'est pas apais&#233; mais quasi inexistant, tant les m&#233;dias de masse fran&#231;ais ont trait&#233; &lt;i&gt;a minima&lt;/i&gt; l'actualit&#233; n&#233;o-cal&#233;donienne r&#233;cente. Lointaine, peu spectaculaire, assez complexe&#8230; &#201;voquer la situation n&#233;o-cal&#233;donienne a aussi &#8211; et surtout &#8211; l'inconv&#233;nient de rappeler &#224; la population fran&#231;aise que son pays poursuit, encore, une affligeante aventure coloniale. Peu ou pas parler de la Nouvelle-Cal&#233;donie, c'est occulter la parole ind&#233;pendantiste et emp&#234;cher que ne s'ouvre ici, comme dans les ann&#233;es 1980, un front anticolonial en soutien &#224; la cause kanak. Un front &#224; m&#234;me de remettre la pression sur un autre acteur de la question cal&#233;donienne, qui essaie de se la jouer au-dessus de la m&#234;l&#233;e : l'&#201;tat fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci se pose en juge de paix entre les partis locaux, mais s'associe &#224; la moindre occasion avec les non-ind&#233;pendantistes pour freiner l'autonomisation du territoire &#8211; bloquant encore certains transferts de comp&#233;tences, fermant les yeux sur les bidouillages du corps &#233;lectoral &lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mis en minorit&#233; sur leur propre terre, les Kanak ont accept&#233; d'ouvrir leur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;... Un jeu ambivalent, &#224; l'image d'un Macron, en visite sur place en mai 2018, assurant qu'il ne prenait pas parti mais que &#171; &lt;i&gt;la France serait moins belle sans la Nouvelle-Cal&#233;donie&lt;/i&gt; &#187;. Moins belle en effet, sans les ressources de nickel, de terres rares, d'hydrocarbure, de biodiversit&#233; qu'offrent ce riche territoire et son immense domaine maritime. Sans oublier quelques importants avantages g&#233;ostrat&#233;giques. &#171; &lt;i&gt;Quand l'&#201;tat dit &#8220;Il faut discuter entre vous localement&#8221;, il se donne le beau r&#244;le, &lt;/i&gt;souligne Jone Passa. &lt;i&gt;L'&#201;tat n'est pas un arbitre, mais un acteur. Frantz Fanon disait qu'un &#201;tat colonial n'a pas vocation &#224; d&#233;coloniser : &#231;a se saurait si la France avait su d&#233;coloniser&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! La France veut conserver des entit&#233;s outre-mer. Elle est comme les non-ind&#233;pendantistes, d&#233;&#231;ue de ne pas avoir eu plus de &#8220;non&#8221; au r&#233;f&#233;rendum.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association Survie, habituellement engag&#233;e contre la Fran&#231;afrique, ne s'y est pas tromp&#233;e : juste apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum, elle annon&#231;ait son soutien actif &#224; la lutte ind&#233;pendantiste kanak, rappelant que &#171; &lt;i&gt;la Nouvelle-Cal&#233;donie conserve toutes les caract&#233;ristiques d'une colonie&lt;/i&gt; &#187; et soulignant les similitudes entre les d&#233;colonisations africaines et kanak/cal&#233;donienne, notamment le r&#244;le trouble de l'&#201;tat. Et de lancer un important appel au &#171; &lt;i&gt;renforcement d'un mouvement de soutien&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;en France, qui soit &#224; la hauteur de l'enjeu historique de d&#233;colonisation totale de la Kanaky/Nouvelle Cal&#233;donie&lt;/i&gt;. &lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour suivre l'activit&#233; de Survie sur le sujet : Survie.org&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Beno&#238;t Godin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/En-Kanaky-fini-le-temps-des' class=&#034;spip_in&#034;&gt;En Kanaky, fini le temps des colonies ?&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 171 (d&#233;cembre 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Olivier Houdan, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.opinion-internationale.com/2018/11/08/retour-sur-le-referendum-de-nouvelle-caledonie-la-defaite-victorieuse-des-independantistes_56105.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Retour sur le r&#233;f&#233;rendum de Nouvelle-Cal&#233;donie : la d&#233;faite victorieuse des ind&#233;pendantistes&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Opinion internationale&lt;/i&gt; (08/11/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les accords de Noum&#233;a ont &#233;t&#233; sign&#233;s en 1998 par les diff&#233;rents camps politiques cal&#233;doniens et r&#233;gissent depuis la vie institutionnelle de l'archipel. Ils succ&#233;daient aux accords de Matignon-Oudinot, qui avaient mis fin dix ans plus t&#244;t &#224; une p&#233;riode de quasi-guerre civile, les &#171; &#233;v&#232;nements &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le gouvernement de la Nouvelle-Cal&#233;donie est coll&#233;gial : toutes les composantes &#233;lues au Congr&#232;s y sont repr&#233;sent&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les Wallis-et-Futuniens repr&#233;sentent environ 8 % de la population de l'archipel, soit plus de 20 000 personnes. Ils sont quasiment deux fois plus nombreux en Nouvelle-Cal&#233;donie qu'&#224; Wallis-et-Futuna. Avec les Kanak, les Tahitiens, les Ni-Vanuatu et d'autres, la Nouvelle-Cal&#233;donie est une terre majoritairement oc&#233;anienne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour rappel, la Nouvelle-Cal&#233;donie &#233;tait une colonie p&#233;nitentiaire. Une grande part des caldoches sont les descendants de bagnards et d&#233;port&#233;s contraints de rester sur place, m&#234;me &#224; l'issue de leur peine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mis en minorit&#233; sur leur propre terre, les Kanak ont accept&#233; d'ouvrir leur droit exclusif &#224; l'autod&#233;termination aux autres communaut&#233;s, mais ont aussi lutt&#233; pour un gel du corps &#233;lectoral, excluant du vote les Fran&#231;ais install&#233;s trop r&#233;cemment. En 2014, pr&#232;s de 20 % de la population du territoire &#233;tait n&#233;e ailleurs en France &#8211; preuve que la colonisation de peuplement n'est pas termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour suivre l'activit&#233; de Survie sur le sujet : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://survie.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Survie.org&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face &#224; l'&#171; &#233;lectorat populaire &#187;, Macron n'a que le racisme &#224; brandir</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Face-a-l-electorat-populaire</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rafik Chekkat</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>pr&#233;sident</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un contexte de mobilisations sociales ininterrompues depuis un an et avec le scrutin de 2022 en ligne de mire, le pr&#233;sident multiplie les effets d'annonce sur l'immigration et la s&#233;curit&#233;. Un coup tactique destin&#233; &#224; masquer la r&#233;alit&#233; sociale, &#224; r&#233;orienter la col&#232;re populaire et &#224; draguer l'&#233;lectorat frontiste ? Disons-le d'embl&#233;e, les arguments qui font du racisme une simple man&#339;uvre de diversion ne sont pas totalement satisfaisants. Pas plus que l'id&#233;e d'un racisme qui viendrait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no182-decembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;182 (d&#233;cembre 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kalem" rel="tag"&gt;Kalem&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Macron" rel="tag"&gt;Macron&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classes" rel="tag"&gt;classes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classes-populaires" rel="tag"&gt;classes populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mesures" rel="tag"&gt;mesures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/racisme" rel="tag"&gt;racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/populaires" rel="tag"&gt;populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/question" rel="tag"&gt;question&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/president" rel="tag"&gt;pr&#233;sident&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un contexte de mobilisations sociales ininterrompues depuis un an et avec le scrutin de 2022 en ligne de mire, le pr&#233;sident multiplie les effets d'annonce sur l'immigration&lt;i&gt; et&lt;/i&gt; la s&#233;curit&#233;. Un coup tactique destin&#233; &#224; masquer la r&#233;alit&#233; sociale, &#224; r&#233;orienter la col&#232;re populaire et &#224; draguer l'&#233;lectorat frontiste ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3254 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH486/-1464-09e5a.jpg?1768651268' width='400' height='486' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;isons-le d'embl&#233;e, les arguments qui font du racisme une simple man&#339;uvre de diversion ne sont pas totalement satisfaisants. Pas plus que l'id&#233;e d'un racisme qui viendrait toujours &#171; d'en haut &#187;, th&#233;orie qui &#244;te toute autonomie d'action aux classes populaires, victimes permanentes et historiques de la duperie des classes poss&#233;dantes. Si les gouvernements successifs ont pu aussi ais&#233;ment jouer la carte du racisme, c'est bien parce que les th&#233;matiques du &lt;i&gt;communautarisme&lt;/i&gt;, de l'&lt;i&gt;islamisme &lt;/i&gt;ou de la&lt;i&gt; vague migratoire&lt;/i&gt; sont durablement install&#233;es dans le d&#233;bat public. Mais c'est aussi parce que les &#171; classes populaires blanches &#187; sont r&#233;ceptives et trouvent une r&#233;tribution &#8211; au moins symbolique &#8211; dans ces discours et mesures racistes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le pr&#233;sident des ultra-riches&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ch&#244;meurs, retrait&#233;s, fonctionnaires, cheminots, &#233;tudiants, &#233;trangers, b&#233;n&#233;ficiaires des aides au logement&#8230; Rares sont aujourd'hui les populations qui n'ont pas vu leurs ressources diminu&#233;es ou leur situation d&#233;t&#233;rior&#233;e par les mesures lib&#233;rales adopt&#233;es tambour battant depuis 2017, auxquelles il faut ajouter l'incroyable r&#233;pression men&#233;e contre les Gilets jaunes et la traque incessante des personnes exil&#233;es (renforc&#233;e par la loi &#171; Asile et immigration &#187; de septembre 2018). Une politique aussi violemment antipopulaire a d&#232;s le d&#233;but du quinquennat pos&#233; la question de la base sociale de la majorit&#233; actuelle. La suppression de l'ISF et de l'&lt;i&gt;exit tax&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;flat tax&lt;/i&gt; sur les revenus du capital, les privatisations (A&#233;roports de Paris, Fran&#231;aise des jeux, etc.) et les retomb&#233;es &#233;conomiques des mesures prises depuis plus de deux ans profitent &#224; la fraction la plus riche de la population. Les milliardaires fran&#231;ais sont ceux qui s'enrichissent le plus vite : le &#171; pr&#233;sident des ultra-riches &#187; n'a pas usurp&#233; son surnom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures in&#233;galitaires cr&#233;ent toutefois sans cesse des foyers de contestation sociale et compromettent &#224; terme la possibilit&#233; pour le pr&#233;sident d'&#234;tre reconduit pour un second mandat. Conscient de cela, Macron a d&#233;cid&#233; d'investir pleinement la question raciale.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Appara&#238;tre comme &#187; le pr&#233;sident des Blancs &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le pensionnaire de l'&#201;lys&#233;e a fait part aux &#233;lu&#183;es de sa majorit&#233; r&#233;uni&#183;es en septembre dernier de sa volont&#233; de durcir le ton en mati&#232;re d'immigration&lt;i&gt; et &lt;/i&gt;de s&#233;curit&#233;, th&#232;mes jug&#233;s &#171; r&#233;galiens &#187; qu'il faudrait &#171; &lt;i&gt;affronter en face&lt;/i&gt; &#187; et ne pas abandonner &#224; l'extr&#234;me droite : &#171; &lt;i&gt;La question est de savoir si nous voulons &#234;tre un parti bourgeois ou pas,&lt;/i&gt; d&#233;clare Emmanuel Macron. &lt;i&gt;Les bourgeois n'ont pas de probl&#232;mes avec cela&lt;/i&gt; [l'immigration] &lt;i&gt; : ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec. &#187;&lt;/i&gt; M&#234;me si la traque faite aux personnes exil&#233;es n'avait jamais cess&#233; et que les interventions de ministres pour amplifier quantit&#233; de pol&#233;miques racistes &#233;taient d&#233;j&#224; r&#233;guli&#232;res, le changement d'orientation pr&#233;sidentielle est notable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sireux d'appara&#238;tre comme un candidat consensuel, Macron s'est fait &#233;lire sur la base d'un programme lib&#233;ral, mais non ouvertement raciste. Alors qu'il s'&#233;tait prononc&#233; pour une &#171; la&#239;cit&#233; apais&#233;e &#187;, son silence sur le sujet une fois &#224; l'&#201;lys&#233;e a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; comme une &lt;i&gt;ambigu&#239;t&#233;&lt;/i&gt; sur laquelle il devait s'expliquer. Ce qu'il fit en avril 2018, jugeant que le foulard islamique n'&#233;tait &#171; &lt;i&gt;pas conforme &#224; la civilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; fran&#231;aise. Lors d'une allocution t&#233;l&#233;vis&#233;e cons&#233;cutive au d&#233;clenchement du mouvement des Gilets jaunes, le pr&#233;sident a &#233;voqu&#233; l'id&#233;e de la tenue d'un d&#233;bat o&#249; il serait question notamment d'identit&#233; nationale, id&#233;e qu'il a pr&#233;cis&#233;e dans sa lettre aux Fran&#231;ais en janvier dernier. Le discours sans &#233;quivoque sur l' &#187; &lt;i&gt;hydre islamiste &#187;&lt;/i&gt; apr&#232;s l'attaque perp&#233;tr&#233;e &#224; la pr&#233;fecture de police de Paris ne laisse gu&#232;re de doute sur le positionnement que souhaite adopter Macron dans la perspective de la pr&#233;sidentielle de 2022.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le racisme comme in&#233;puisable ressource politique&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Savoir si la violente campagne sur le voile et l'islam que nous venons de vivre &#233;tait destin&#233;e &#224; masquer les probl&#232;mes sociaux cache en r&#233;alit&#233; une autre question, toute simple : pourquoi &#231;a marche ? Pourquoi c'est justement le racisme &#8211; et notamment l'islamophobie &#8211; qui permet d'occuper l'espace politique et m&#233;diatique et pas une autre question ? La facilit&#233; avec laquelle les majorit&#233;s successives peuvent utiliser la carte raciale nous montre que mobiliser l'identit&#233; blanche permet d'unifier des strates tr&#232;s diff&#233;rentes de la population. En agitant les chiffons rouges de l'immigration et de l'islam, le gouvernement entend ainsi rassurer &#171; les Blancs &#187; qui craignent sans cesse le d&#233;classement social. Le message qu'il leur adresse est celui-ci : quoi qu'il puisse vous arriver, aussi brutales que puissent &#234;tre les mesures que nous prenons, vous ne perdrez jamais votre blanchit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que les oppressions de classe et de race se renforcent mutuellement, la lutte contre les politiques lib&#233;rales ne peut se faire sans une lutte concomitante contre les politiques racistes qui les accompagnent.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rafik Chekkat&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mixit&#233; choisie : une histoire de chiottes</title>
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		<dc:creator>Aude Vidal</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Derri&#232;re leurs portes recouvertes de graffitis ou leurs rideaux de fortune, les toilettes publiques posent la question d'une non-mixit&#233; parfois n&#233;cessaire. C'est l'analyse d'Aude Vidal, auteur de La Conjuration des ego (&#233;ditions Syllepse.). Un livre dans lequel elle critique certains f&#233;minismes travers&#233;s d'id&#233;es individualistes et lib&#233;rales. Parmi les armes de d&#233;fense du f&#233;minisme, avec la d&#233;rision et la sororit&#233;, figure la non-mixit&#233;. Se priver des m&#226;les lumi&#232;res de nos camarades ou de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/non-mixite" rel="tag"&gt;non-mixit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Derri&#232;re leurs portes recouvertes de graffitis ou leurs rideaux de fortune, les toilettes publiques posent la question d'une non-mixit&#233; parfois n&#233;cessaire. C'est l'analyse d'Aude Vidal, auteur de &lt;i&gt;La Conjuration des ego&lt;/i&gt; (&#233;ditions Syllepse.). Un livre dans lequel elle critique certains f&#233;minismes travers&#233;s d'id&#233;es individualistes et lib&#233;rales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH357/-1371-a77f6.jpg?1768849281' width='500' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Liza Kaka
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;armi les armes de d&#233;fense du f&#233;minisme, avec la d&#233;rision et la sororit&#233;, figure la non-mixit&#233;. Se priver des m&#226;les lumi&#232;res de nos camarades ou de leurs bras muscl&#233;s a bien des avantages : entre femmes, notre parole prend enfin la place qu'elle m&#233;rite et nous nous r&#233;v&#233;lons puissantes, bien plus que ce que les r&#244;les sociaux qui nous sont d&#233;volus nous laissaient imaginer. Pour certaines, la non-mixit&#233; est un moment de prise de conscience, de ressourcement, de questionnement libre, sans pression externe, des agendas f&#233;ministes. Pour d'autres, il s'agit de mener des vies s&#233;par&#233;es, autant que possible, de la classe des hommes, per&#231;us comme agresseurs et exploiteurs. L'id&#233;e est alors d'assurer le respect de son autonomie ou de son int&#233;grit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enseignant.es aussi s'interrogent sur les bienfaits de la non-mixit&#233; pour prot&#233;ger les filles de l'ambiance masculine que les gar&#231;ons imposent si vite, de m&#234;me qu'ils monopolisent l'attention de leurs profs. Est-ce le signe d'une r&#233;gression, d'un retour au temps des tabliers et des &#233;coles de filles, avec des enseignements diff&#233;renci&#233;s accompagnant des r&#244;les de genre rigides et hi&#233;rarchis&#233;s ? La non-mixit&#233; fait enrager quelques universalistes persuad&#233;.es que des valeurs communes de justice sociale suffisent &#224; assurer l'&#233;galit&#233; entre nous. Ainsi que certains prof&#233;ministes convaincus d'avoir assez &#171; d&#233;construit &#187; leur masculinit&#233; ou trahi la classe des hommes&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rupture anarchiste et trahison prof&#233;ministe, L&#233;o Thiers-Vidal, Bambule, 2013.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; pour m&#233;riter que leur place soit partout, y compris dans des groupes de femmes qui souhaitent un moment de r&#233;pit.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Toilettes pour licornes&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La non-mixit&#233; fait causer et depuis quelques ann&#233;es celle des toilettes est en d&#233;bat. &#171; &lt;i&gt;Whatever, just wash your hands !&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Peu importe, tant que vous vous lavez les mains. &#187;&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; : c'est le mot d'ordre de la lib&#233;ration des st&#233;r&#233;otypes de genre dans les toilettes. Les pictogrammes stupides, figure neutre pour les hommes et en robe pour les femmes, sont remplac&#233;s par des licornes ou des dragons de Komodo&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le dragon de Komodo est un gros reptile end&#233;mique de l'&#238;le de Komodo, en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Au-del&#224; des cercles militants &lt;i&gt;queer&lt;/i&gt;, l'id&#233;e fait son chemin chez les d&#233;cideurs, pr&#233;sident.&#8202;es d'universit&#233; ou des &#201;tats-Unis&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En mai 2016, l'administration Obama recommandait qu'en milieu scolaire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, qui rendent les toilettes neutres ou autorisent l'acc&#232;s aux toilettes du sexe de son choix sur les bases de l'auto-d&#233;claration. Voil&#224; qui a de quoi s&#233;duire : cela r&#233;glerait ainsi des conflits qui surgissent autour de cette question moins anecdotique qu'elle n'en a l'air. Dans quelles toilettes peut-on aller tranquillement faire ses besoins quand on est une personne trans ? Si on &#171; passe &#187; facilement, aller aux chiottes sans se faire remarquer devient un jeu gratifiant. Si ce n'est pas le cas, on risque des agressions verbales ou physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;rer les toilettes aurait de plus le m&#233;rite de r&#233;soudre une question trop souvent n&#233;glig&#233;e : quand des architectes (tr&#232;s majoritairement masculins pour les grosses commandes de b&#226;timents destin&#233;s &#224; recevoir du public) dessinent les sanitaires, ils attribuent la m&#234;me place aux femmes et aux hommes. Parfaite &#233;galit&#233;, parfait exemple d'iniquit&#233;. Dans le m&#234;me espace, pour peu qu'on installe des urinoirs chez les hommes, il y a plus d'endroits pour se soulager que chez les femmes. Or, celles-ci devraient avoir plus de toilettes &#224; leur disposition parce qu'elles ont besoin de plus de temps que les hommes : elles emm&#232;nent plus souvent des enfants faire pipi, elles ont r&#233;guli&#232;rement leurs r&#232;gles et ont donc besoin de plus de temps pour changer une serviette ou vider une coupe menstruelle, plus de temps aussi parce qu'elles doivent se d&#233;nuder en partie, quand beaucoup d'hommes qui n'imaginent pas pisser assis n'ont qu'&#224; ouvrir leur braguette. C'est ainsi que la moiti&#233; des toilettes publiques est plus souvent satur&#233;e que l'autre et que les femmes peuvent y attendent jusqu'&#224; un quart d'heure. Que de temps perdu dans une vie...&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des toilettes non mixtes : une question de survie&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ration des toilettes serait-elle un pas en avant pour plus d'&#233;galit&#233; et de libert&#233; ? Allons plus loin : la lib&#233;ration des personnes des injonctions genr&#233;es qui les contraignent ne r&#233;glerait-elle pas le probl&#232;me ? Revenons aux toilettes, sans trop th&#233;oriser. L'ONU consacre une journ&#233;e aux toilettes chaque ann&#233;e parce que trop de personnes dans le monde sont priv&#233;es de sanitaires et de syst&#232;mes d'&#233;vacuation et de traitement de leurs excr&#233;ments. Elles vivent dans des conditions d'hygi&#232;ne qui font de la diarrh&#233;e la deuxi&#232;me cause de mortalit&#233; dans les pays pauvres&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;OMS, donn&#233;es 2016.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. En outre, pour certaines d'entre elles, qui se trouvent &#234;tre des femmes, qui se per&#231;oivent et sont per&#231;ues comme telles, aller uriner ou d&#233;f&#233;quer est chaque jour une &#233;preuve. Elles doivent trouver le parfait endroit, assez isol&#233; pour que personne ne les voie, assez pr&#232;s pour qu'on puisse les entendre si elles sont agress&#233;es sexuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violences sexuelles ne disparaissent pas pour autant quand les WC sont en dur. Les toilettes, subtile mosa&#239;que de lieux publics et d'autres plus intimes, cach&#233;es du regard des autres, sont ainsi des lieux propices aux agressions&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De m&#234;me, on a pu remarquer que dans les transports c'&#233;tait la nuit qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. D'autres in&#233;galit&#233;s peuvent sembler plus anecdotiques que la vuln&#233;rabilit&#233; au viol, par exemple le fait que beaucoup de femmes ne s'hydratent pas correctement tout aux long de la journ&#233;e car hors de chez elles, elles n'ont pas de sanitaires suffisamment propres &#224; leur disposition. Elles souffrent alors de migraines ou d'infections urinaires, des probl&#232;mes de sant&#233; que m'a d&#233;crits un m&#233;decin qui a pris le temps de comprendre le comportement de ses patientes. Faire cohabiter dans de m&#234;mes espaces des personnes qui sont structurellement plus attentives &#224; la propret&#233; de l'assise et d'autres qui peuvent rechigner &#224; relever l'abattant avant de pisser debout, voil&#224; autre chose qui porte tort aux premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le genre sera aboli quand le viol aura disparu&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Abolir le genre, c'est une id&#233;e r&#233;volutionnaire et &#224; laquelle je souscris. Mais cette abolition ne se d&#233;cr&#232;te pas parce que les meilleur.es d'entre nous ont choisi de devenir des dragons de Komodo. Elle sera effective quand les hommes devront user des m&#234;mes stratag&#232;mes que les femmes face aux cuvettes de propret&#233; douteuse, quand femmes et hommes auront le m&#234;me acc&#232;s &#224; la parole en public et les m&#234;mes opportunit&#233;s, quand elles et ils passeront autant de temps &#224; laver leurs chaussettes et quand &#224; travail &#233;gal elles et ils seront r&#233;mun&#233;r&#233;.es de m&#234;me. Et enfin : le genre sera aboli quand le viol aussi aura disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant cette abolition, &#234;tre une femme, ce n'est pas se sentir &#171; f&#233;minine &#187;, c'est ne pas se sentir tout &#224; fait &#224; l'abri de ces in&#233;galit&#233;s et de ces violences. Et il n'est ni ill&#233;gitime ni ringard qu'un groupe de personnes concern&#233;es par la pr&#233;valence des agressions sexuelles et des viols dans leurs vies exige le droit d'uriner dans des lieux s&#251;rs. &#192; Stockholm, o&#249; les toilettes de la gare centrale sont mixtes (et payantes), le personnel est tr&#232;s pr&#233;sent dans les lieux et peut-&#234;tre que les hommes su&#233;dois ont appris &#224; mettre leur fiert&#233; ailleurs que dans le fait d'uriner debout. La question de toilettes dans lesquelles les femmes trans seraient les bienvenues est alors r&#233;gl&#233;e mais la mixit&#233; ne se d&#233;cide pas d'un coup de baguette magique, sans se soucier de ce que vivent les autres femmes et &#224; leurs d&#233;pens.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Aude Vidal&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Rupture anarchiste et trahison prof&#233;ministe&lt;/i&gt;, L&#233;o Thiers-Vidal, Bambule, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Peu importe, tant que vous vous lavez les mains. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le dragon de Komodo est un gros reptile end&#233;mique de l'&#238;le de Komodo, en Indon&#233;sie. C'est un animal beaucoup plus laid qu'une licorne et qui n'est le symbole de rien, mais dont le nom excite les imaginations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En mai 2016, l'administration Obama recommandait qu'en milieu scolaire, l'acc&#232;s aux toilettes se fasse selon le sexe auquel l'&#233;l&#232;ve s'identifie, et non selon son sexe de naissance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;OMS, donn&#233;es 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;De m&#234;me, on a pu remarquer que dans les transports c'&#233;tait la nuit qui donnait une certaine intimit&#233; &#224; un lieu public, m&#234;me dens&#233;ment occup&#233; comme un avion de ligne, et que cette contigu&#239;t&#233; entre public et intime &#233;tait propice aux agressions sexuelles. Nora Caplan-Bricker, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.slate.fr/story/126980/viol-de-nuit-avion&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En avion, le douloureux tabou des viols de nuit&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Slate.fr&lt;/i&gt;, 26 octobre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les oubli&#233;s du fleuve</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;L'enclavement du sud de la Guyane (quinze jours sans Internet) a emp&#234;ch&#233; CQFD d'inclure &#224; son dossier Dom-Tom du mois de juin le point de vue de Thibaut Lemi&#232;re. Cet instituteur syndiqu&#233; &#224; Sud-&#201;ducation a particip&#233; &#224; la grande gr&#232;ve du printemps, ainsi qu'aux n&#233;gociations de Cayenne. Voici son t&#233;moignage en diff&#233;r&#233;. &#171; Le mouvement social du printemps est arriv&#233; chez nous avec un certain retard, vu notre isolement. Il n'y a pas de route, on ne peut venir &#224; Maripasoula qu'en avion ou en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'enclavement du sud de la Guyane (quinze jours sans Internet) a emp&#234;ch&#233; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d'inclure &#224; son dossier Dom-Tom du mois de juin le point de vue de Thibaut Lemi&#232;re. Cet instituteur syndiqu&#233; &#224; Sud-&#201;ducation a particip&#233; &#224; la grande gr&#232;ve du printemps, ainsi qu'aux n&#233;gociations de Cayenne. Voici son t&#233;moignage en diff&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3102 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH352/-1333-9075d.jpg?1768673541' width='500' height='352' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Globe Trottoir
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; L&lt;/span&gt;&lt;i&gt;e mouvement social du printemps est arriv&#233; chez nous avec un certain retard, vu notre isolement. Il n'y a pas de route, on ne peut venir &#224; Maripasoula qu'en avion ou en pirogue. Et les t&#233;l&#233;coms, comme tout le service public, laissent grandement &#224; d&#233;sirer, encore plus que sur la c&#244;te.&lt;/i&gt; &#187; Thibaut Lemi&#232;re est professeur des &#233;coles dans &#171; &lt;i&gt;la commune fran&#231;aise la plus &#233;tendue, mais aussi la moins peupl&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, situ&#233;e au sud-ouest de la Guyane. Originaire de m&#233;tropole, il a pr&#233;c&#233;demment enseign&#233; &#224; Mayotte. Et a fait partie de la d&#233;l&#233;gation envoy&#233;e fin mars &#224; Cayenne par le Collectif Lawa, regroupant les habitants du fleuve Maroni, pour n&#233;gocier avec la ministre des Outre-Mer. &#171; &lt;i&gt;Nous avons rejoint la gr&#232;ve sur le tard, mais notre mouvement a &#233;t&#233; plus populaire et uni, plus homog&#232;ne que sur le littoral, o&#249; le patronat local (TPE et PME) tenait assez fermement les r&#234;nes du m&#233;contentement. Sans oublier les revendications s&#233;curitaires des 500 fr&#232;res, &#224; Cayenne, et de Trop de violence, &#224; Kourou. Leur mouvement &#233;tait plus corporatiste, sectoriel, structurel.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Strat&#233;gie du blocage&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'autre composante importante du mouvement de ce printemps, c'&#233;tait le r&#244;le moteur d'un syndicat du secteur de l'&#233;nergie, tr&#232;s pr&#233;sent &#224; Kourou. Et surtout, celui de l'Union des travailleurs guyanais (UTG), &#233;quivalent de la CGT en m&#233;tropole, mais avec une claire sensibilit&#233; ind&#233;pendantiste : le drapeau de l'UTG est le m&#234;me que le drapeau nationaliste, devenu c&#233;l&#232;bre lors du mouvement social de 1997-98. &#171; &lt;i&gt;Contrairement aux autres leaders du mouvement r&#233;cent, l'UTG a de longue date une forte assise populaire. Ce qui lui a permis de lancer, le 27 mars, un premier appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale intercat&#233;gorielle, relay&#233; ensuite par Solidaires. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des particularit&#233;s de ce mouvement tenait &#224; la strat&#233;gie choisie, celle du blocage. &#171; &lt;i&gt;D&#233;j&#224; en 2009, des blocages avaient dur&#233; 15 jours, quelques semaines avant la grande gr&#232;ve du LKP de Guadeloupe.&lt;/i&gt; &#187; Bloquer les administrations et les carrefours, &#171; &lt;i&gt;&#231;a permet au personnel de participer au mouvement sans se d&#233;clarer gr&#233;viste, sans perdre son salaire&lt;/i&gt; &#187;. Strat&#233;gie qui a aussi le m&#233;rite de mettre &#224; nu les contradictions de classes existant au sein du mouvement. &#192; terme, la paralysie engendr&#233;e ne peut qu'entrer en opposition avec les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie locale&#8230; &#171; &lt;i&gt;Mais comme le mouvement a r&#233;ussi assez vite &#224; asseoir la ministre et le pr&#233;fet &#224; la table des n&#233;gociations, ces tensions n'&#233;taient pas encore trop vives. Mieux encore, Les &#8220;500 Fr&#232;res&#8221; et Trop de violence se sont align&#233;s sur les demandes sociales en mati&#232;re de sant&#233;, d'&#233;ducation&#8230; Au fil des jours, leur discours s&#233;curitaire et x&#233;nophobe a fini par passer au second plan.&lt;/i&gt; &#187; Le rapport de force est ainsi devenu plus favorable au mouvement populaire.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une question qui divise&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la sensibilit&#233; ind&#233;pendantiste de l'UTG, &#171; &lt;i&gt;elle trouve un &#233;cho paradoxal chez certains patrons, qui r&#234;vent d'une logique de zone franche pour la Guyane&#8230; Je pense pour ma part que ce d&#233;voiement de la question sociale a contribu&#233; &#224; l'essoufflement du mouvement&lt;/i&gt;, soutient Thibaut&lt;i&gt;. La question de la subordination coloniale est complexe, et il faut faire la diff&#233;rence entre d&#233;colonisation et ind&#233;pendance. Car pour la majorit&#233; des Noirs-marrons et des Am&#233;rindiens, il est clair que la Guyane est un territoire administr&#233; de mani&#232;re coloniale ; c'est sur l'apr&#232;s-d&#233;colonisation que les points de vue divergent. Pour beaucoup, d&#233;colonisation signifierait &#233;galit&#233; r&#233;elle entre ultramarins et m&#233;tropolitains, et non pas un statut autonome voulu par le patronat ou une ind&#233;pendance d&#233;fendue par une partie de la communaut&#233; cr&#233;ole. Le discours nationaliste a atteint ses limites et la fracture s'est faite, comme &#224; Mayotte, sur l'apr&#232;s-d&#233;colonisation. Il est en tout cas ind&#233;niable que la question du changement de statut de la Guyane a divis&#233; profond&#233;ment le front social.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question, qui ne figurait pas dans les revendications de d&#233;part, a sembl&#233; surgir par calcul politique. Pourtant, lors des l&#233;gislatives de juin 2017, aucun candidat nationaliste n'a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; &#8211; contrairement &#224; la Nouvelle-Cal&#233;donie, o&#249; des ind&#233;pendantistes ont remport&#233; plusieurs si&#232;ges. Seul un candidat se r&#233;clamant du mouvement social, syndicaliste de l'UTG, a eu leur soutien, plut&#244;t ti&#232;de. &#171; &lt;i&gt;Ceci n'est pas une opinion &#8220;d'expat&#8221;,&lt;/i&gt; se d&#233;fend Thibaut.&lt;i&gt; J'exprime l&#224; ce que j'ai pu recueillir des faits et des points de vue qui se sont exprim&#233;s au c&#339;ur du mouvement. Il faut voir les fissures provoqu&#233;es par les questions de changement de statut de la Guyane, dont le corollaire a &#233;t&#233; la d&#233;fection d'un certain nombre de leaders du Kollectif pou La Gwyane d&#233;kol&#233;.&lt;/i&gt; &#187; La question de l'autod&#233;termination des peuples n'en demeure pas moins pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clivages et pr&#233;jug&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Revenons aux sp&#233;cificit&#233;s du Sud. &#171; &lt;i&gt;Chez nous, les Am&#233;rindiens ont particip&#233; au collectif des habitants du Maroni, sur la base de revendications communes, en d&#233;passant les strat&#233;gies d'enfermement des logiques communautaires et identitaires. Notre collectif &#233;tait intercat&#233;goriel, intercommunautaire, avec des repr&#233;sentants de tous les habitants du fleuve. Au final, on avait un coup d'avance par rapport au littoral, plus sectoris&#233; et divis&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; les pr&#233;jug&#233;s de jouer contre eux. &#171; &lt;i&gt;&#192; notre arriv&#233;e &#224; Cayenne, on n'a pas &#233;t&#233; pris au s&#233;rieux, ni par le pr&#233;fet, ni par le Collectif du littoral. On repr&#233;sentait la Guyane oubli&#233;e (soit pr&#232;s de la moiti&#233; du territoire), mais nous avons &#233;t&#233; amalgam&#233;s au &#8220;p&#244;le autochtone&#8221;, cat&#233;goris&#233;s et minoris&#233;s, comme les Am&#233;rindiens et les Bushinengu&#233;s &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Bushinengu&#233;s (&#171; gens des for&#234;ts &#187;) sont des descendants d'esclaves (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;&#8230; Alors que chez nous, on avait d&#233;pass&#233; ces clivages !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce propos, Thibaut mentionne un exemple parlant : une vague de suicide touche la jeunesse du fleuve, mais seuls les suicides d'Am&#233;rindiens ont &#233;t&#233; m&#233;diatis&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Le pr&#233;fet est venu en h&#233;licopt&#232;re, avec une cellule psychologique. Par contre, il y a quelques ann&#233;es, quand deux &#233;l&#232;ves du coll&#232;ge se sont donn&#233; la mort &#224; quelques jours d'intervalle, silence !&lt;/i&gt; &#187; Le fait que les raisons de ces suicides plongent sans aucun doute leurs racines dans l'injustice sociale et l'abandon de la r&#233;gion est plus difficilement r&#233;ductible par le paternalisme des autorit&#233;s, plus &#224; l'aise avec ces &#171; &lt;i&gt;pauvres indiens&lt;/i&gt; &#187; inadapt&#233;s &#224; la modernit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Esprit de r&#233;sistance&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Sud guyanais est &#224; la marge d'un territoire lui-m&#234;me marginalis&#233; par la m&#233;tropole. &#171; &lt;i&gt;Le premier lyc&#233;e est &#224; Cayenne, &#224; 300 kilom&#232;tres de Maripasoula ! La ville compte 8 000 habitants, avec un bassin de population d'au moins 25 000 personnes, mais il n'y a pas d'h&#244;pital. Seulement un dispensaire, et une poign&#233;e de postes de sant&#233; implant&#233;s le long du fleuve, o&#249; le personnel tente de faire des miracles avec des bouts de ficelle. On n'a pas un seul ophtalmologiste, pas de dentiste, pas de maternit&#233;, juste quelques sages-femmes. Quand &#231;a se complique, il faut &#233;vacuer par h&#233;licopt&#232;re jusqu'&#224; Cayenne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des n&#233;gociations du 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; avril, la Guyane a obtenu une rallonge budg&#233;taire de deux milliards d'euros. &#171; &lt;i&gt;Mais l'ensemble des fonds et des projets structurels (routes, h&#244;pitaux&#8230;) sont destin&#233;s au littoral. Aucun axe terrestre de d&#233;senclavement du Sud n'est &#224; l'ordre du jour.&lt;/i&gt; &#187; Malgr&#233; leur mobilisation, tr&#232;s peu d'avanc&#233;es ont &#233;t&#233; obtenues par les gens du fleuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reste-t-il aujourd'hui de ce printemps ? &#171; &lt;i&gt;&#192; Cayenne, le CHU Andr&#233;e-Rosemon &#233;tait encore en gr&#232;ve il y a quelques jours. Ils ont tenu 70 jours &#8211; plus de deux mois de blocage !&lt;/i&gt; &#187; Et puis, l'esprit de r&#233;sistance collective s'est renforc&#233;. &#171; &lt;i&gt;&#192; notre retour, les habitants de Maripasoula se sont sentis frustr&#233;s, mais pas d&#233;mobilis&#233;s. Le Collectif est maintenu, des liens forts ont &#233;t&#233; tiss&#233;s entre les gens, entre les communaut&#233;s, les villages, sur la base d'une conscience commune de l'injustice qui nous est faite.&lt;/i&gt; &#187; L'exp&#233;rience v&#233;cue a laiss&#233; des traces dans le paysage. &#171; &lt;i&gt;La voix du fleuve a &#233;t&#233; port&#233;e par les habitants du fleuve. Le littoral a appris &#224; ne plus parler &#224; notre place.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les Bushinengu&#233;s (&#171; gens des for&#234;ts &#187;) sont des descendants d'esclaves marrons, enfuis des plantations du Suriname, qui fond&#232;rent des r&#233;publiques d'hommes et de femmes libres dans les profondeurs amazoniennes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>F&#233;minisme alg&#233;rien : &#171; Il faut s'organiser tout de suite &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Feminisme-algerien-Il-faut-s</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>Wissem Zizi</dc:subject>
		<dc:subject>Wissem</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;volution d'abord, l'&#233;mancipation f&#233;minine ensuite ? Dans les cort&#232;ges qui continuent de secouer l'Alg&#233;rie, bien des femmes refusent cet ordre de priorit&#233;. Entretien avec Wissem Zizi, jeune militante en Kabylie. Le 8 mars dernier, au troisi&#232;me acte du soul&#232;vement alg&#233;rien, Wissem et ses camarades avaient d&#233;ploy&#233; une grande banderole : &#171; Abrogation du code de la famille &#187;. Un message applaudi par certain&#183;es, mais pas forc&#233;ment compris par tout le monde. &#171; On a encore du travail &#187;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/famille" rel="tag"&gt;famille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/collectifs" rel="tag"&gt;collectifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/question" rel="tag"&gt;question&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/code" rel="tag"&gt;code&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Wissem-Zizi" rel="tag"&gt;Wissem Zizi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Wissem" rel="tag"&gt;Wissem&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;volution d'abord, l'&#233;mancipation f&#233;minine ensuite ? Dans les cort&#232;ges qui continuent de secouer l'Alg&#233;rie, bien des femmes refusent cet ordre de priorit&#233;. Entretien avec Wissem Zizi, jeune militante en Kabylie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3013 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1249-dee34.jpg?1768731554' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Margaux Wartelle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 8 mars dernier, au troisi&#232;me acte du soul&#232;vement alg&#233;rien, Wissem et ses camarades avaient d&#233;ploy&#233; une grande banderole : &#171; &lt;i&gt;Abrogation du code de la famille&lt;/i&gt; &#187;. Un message applaudi par certain&#183;es, mais pas forc&#233;ment compris par tout le monde. &#171; &lt;i&gt;On a encore du travail&lt;/i&gt; &#187;, soupirait la fondatrice du Collectif libre et ind&#233;pendant des femmes de B&#233;ja&#239;a, en petite Kabylie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 25 ans, Wissem Zizi milite au PST (Parti socialiste des travailleurs, organisation trotskyste) tout en participant au collectif des Femmes d'Aokas, le village de ses parents situ&#233; &#224; 30 km. Trois mois apr&#232;s notre premi&#232;re rencontre&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notre dossier &#171; Printemps alg&#233;rien &#187;, CQFD n&#176; 175 (avril 2019).&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, elle nous a donn&#233;, par t&#233;l&#233;phone, des nouvelles du mouvement f&#233;ministe alg&#233;rien. Interview.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu viens de prendre part &#224; deux journ&#233;es de rencontres nationales organis&#233;es par des collectifs de femmes. Qu'en ressort-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le rassemblement s'est tenu &#224; la fronti&#232;re de la wilaya de B&#233;ja&#239;a. Il y avait dix-sept collectifs venus de tout le pays, dont une majorit&#233; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e apr&#232;s le 8 mars 2019. Il y avait bien s&#251;r des femmes d'Alger, d'Oran et de Constantine. De nouveaux collectifs du Sud (Ouargla, Gharda&#239;a, Tamanrasset) devaient venir, mais &#231;a n'a pas &#233;t&#233; possible pour des questions logistiques. C'est dommage car les femmes du Sud sont longtemps rest&#233;es invisibles et ces collectifs incarnent un vrai changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e &#233;tait surtout de se rencontrer, tisser des liens. On a essay&#233; d'identifier nos points d'accords. C'&#233;tait compliqu&#233; car c'est un peu une grande ratatouille : il y a des femmes de droite, de gauche, diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations, des femmes qui militent en France, des collectifs LGBT qui travaillent dans la clandestinit&#233;... Quand on dit qu'on veut une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire, il faut se mettre d'accord. Certaines ne dissocient pas la religion de l'&#201;tat par exemple, et toutes n'&#233;voquent pas la pr&#233;carit&#233; des femmes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; quoi avez-vous abouti ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette fois-ci, les militantes de gauche ont un peu gagn&#233; ! &lt;i&gt;(Rires)&lt;/i&gt; Nous sommes parvenues &#224; &#233;crire une d&#233;claration commune qui servira de base &#224; un futur manifeste. Les dix-sept collectifs ont sign&#233;, et trois vont nous rejoindre. La lutte contre le travail pr&#233;caire et l'abrogation du code de la famille sont inscrits dans cette d&#233;claration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment per&#231;ois-tu l'&#233;volution du mouvement de contestation alg&#233;rien sur la question du droit des femmes ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#232;s le 22 f&#233;vrier, des femmes sont sorties dans la rue. Depuis le 8 mars, il y a des revendications plus sp&#233;cifiquement f&#233;ministes. Chaque vendredi &#224; Alger, des femmes organisent leur propre carr&#233; au sein de la manifestation, avec leurs propres mots d'ordre. Elles ont d'ailleurs &#233;t&#233; agress&#233;es&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Vague d'indignation apr&#232;s l'agression du &#8220;carr&#233; f&#233;ministe&#8221; ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#192; la t&#233;l&#233;vision, certains disent que le f&#233;minisme n'a jamais exist&#233; en Alg&#233;rie, que ces femmes sont manipul&#233;es de l'ext&#233;rieur, qu'elles veulent rompre avec les traditions. Comme si les f&#233;ministes n'&#233;taient pas vraiment des Alg&#233;riennes ! Il y a m&#234;me eu des appels au viol. Heureusement, &#231;a s'est calm&#233;. Notamment parce que tous les collectifs se sont unis contre ces violences. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les partis politiques s'emparent-ils de ces questions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Certains se les approprient, mais pas forc&#233;ment de la bonne mani&#232;re. Par exemple, un nouveau collectif s'est cr&#233;&#233; : &#8220;La soci&#233;t&#233; civile&#8221;. S'y retrouvent notamment quelques personnes du FFS (Front des forces socialistes), l'association RAJ (Rassemblement actions jeunesse), mais aussi des islamistes. Des gens tr&#232;s diff&#233;rents, qui peuvent commencer une r&#233;union par une pri&#232;re, puis refuser de faire une minute de silence pour Kamel Eddine Fekhar, militant mort d'une gr&#232;ve de la faim&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Militant des droits humains et d&#233;fenseur de la cause mozabite (minorit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, alors m&#234;me que le RAJ avait fait un rassemblement pour lui rendre hommage. Sur la question des femmes, ils disent oui &#224; l'&#233;galit&#233; mais avec toutes leurs contradictions internes, je ne vois pas bien de quoi il est question. Il n'y a rien de concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, parmi les partis qui se disent d&#233;mocrates, tous appellent &#224; une r&#233;volution dans un premier temps, en consid&#233;rant que c'est seulement apr&#232;s que se posera la question de l'&#233;galit&#233; hommes-femmes. Nous on dit : &#8220;&lt;i&gt;Il faut s'organiser tout de suite !&lt;/i&gt;&#8221; Maintenant que les &#233;lections sont annul&#233;es, s'il y a une Conf&#233;rence nationale ou une Assembl&#233;e constituante&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;but juin, faute de candidats, le Conseil constitutionnel a annul&#233; les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, on veut que les femmes affirment leurs probl&#233;matiques, et surtout qu'elles soient repr&#233;sent&#233;es. Et pas par des hommes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel sens donnes-tu &#224; ton combat f&#233;ministe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand on parle de soci&#233;t&#233; &#233;galitaire, il faut savoir de quoi on parle. Dans la loi, on a l'&#233;galit&#233; des salaires, mais les postes principaux sont occup&#233;s par des hommes. Ici, le droit &#224; l'avortement n'existe pas, et le simple fait d'en parler nous expose &#224; la prison. Apr&#232;s, bien s&#251;r, il y a la question de la position de la femme dans un syst&#232;me capitaliste : elle subit la pr&#233;carit&#233;, la discrimination dans le travail domestique, qui est non r&#233;mun&#233;r&#233;. J'ai un point de vue marxiste, bien loin de positions plus bourgeoises qui existent ici aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, le d&#233;bat sur l'h&#233;ritage : je suis &#233;videmment pour une plus grande &#233;galit&#233; entre hommes et femmes, mais ce n'est pas une fin en soi &#8211; l'h&#233;ritage concerne assez peu de personnes en Alg&#233;rie. Pour la question du code de la famille ou des violences, il faut changer les lois, mais aussi les mentalit&#233;s. Certains collectifs ne font aucun travail avec les femmes des milieux populaires. Ici, on fait des ateliers dans des villages, on parle du travail domestique, on &#233;voque la question des cr&#232;ches dans les usines ou dans les entreprises &#233;tatiques &#8211; pour l'instant, la seule qui a une cr&#232;che, c'est Sonatrach, les hydrocarbures. Et les cr&#232;ches priv&#233;es sont tr&#232;s ch&#232;res : 70 % du salaire de la femme peut y passer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au sein des collectifs dont tu fais partie, les diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations trouvent-elles un terrain d'entente ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce n'est pas un conflit entre g&#233;n&#233;rations mais il est vrai que la nouvelle accuse l'ancienne de ne pas vouloir passer le flambeau. Ce qui n'est pas compl&#232;tement faux. Cela dit, il est important de regarder le chemin parcouru : le mouvement des ann&#233;es 1970, o&#249; des femmes ont cr&#233;&#233; un cin&#233;-club clandestin &#224; Alger, puis celui des ann&#233;es 1980, qui a remis en question le code de la famille, ont &#233;t&#233; tr&#232;s importants. Dans les ann&#233;es 1990, pendant la d&#233;cennie noire, beaucoup de militantes ont &#233;t&#233; assassin&#233;es ou ont d&#251; fuir. Puis, en 2001, il y a eu aussi le mouvement berb&#232;re. Sans oublier, bien s&#251;r, l'engagement pendant la r&#233;volution pour l'ind&#233;pendance. Il y a eu des acquis. Une militante plus &#226;g&#233;e m'a un jour dit que le fait qu'on ose parler aujourd'hui des violences, du harc&#232;lement, c'&#233;tait d&#233;j&#224; quelque chose d'&#233;norme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le code de la famille&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;I&lt;/petitelettrine&gt;nstaur&#233; en 1984, le code de la famille est intens&#233;ment critiqu&#233; par de nombreuses associations f&#233;ministes alg&#233;riennes. Surnomm&#233; &#171; code de l'infamie &#187;, il maintient la femme dans une position de mineure &#224; vie, passant de la tutelle du p&#232;re &#224; celle du mari. En 2005, une r&#233;forme a permis quelques am&#233;nagements : la polygamie est soumise au &#171; consentement pr&#233;alable &#187; de la premi&#232;re &#233;pouse, le mariage par procuration (qui permettait des mariages forc&#233;s) a &#233;t&#233; aboli et la femme peut d&#233;sormais rester dans le logement familial avec les enfants en cas de s&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire notre dossier &#171; Printemps alg&#233;rien &#187;, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no175' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 175&lt;/a&gt; (avril 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;https://www.elwatan.com/edition/actualite/vague-dindignation-apres-lagression-du-carre-feministe-ce-vendredi-la-democratie-se-fera-avec-les-femmes-ou-ne-se-fera-pas-31-03-2019&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vague d'indignation apr&#232;s l'agression du &#8220;carr&#233; f&#233;ministe&#8221; ce vendredi : &#8220;La d&#233;mocratie se fera avec les femmes ou ne se fera pas !&lt;/a&gt;&#8221; &#187;, &lt;i&gt;El Watan &lt;/i&gt;(31/03/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Militant des droits humains et d&#233;fenseur de la cause mozabite (minorit&#233; berb&#233;rophone), il avait d&#233;j&#224; purg&#233;, de 2015 &#224; 2017, une peine de deux ans de prison, notamment pour &#187; &lt;i&gt;atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat &#187;&lt;/i&gt; et &#187; &lt;i&gt;trouble &#224; l'ordre public&lt;/i&gt; &#187;. Le 31 mars dernier, il &#233;tait incarc&#233;r&#233; pour &#171; &lt;i&gt;atteinte aux institutions&lt;/i&gt; &#187;. Amnesty International avait jug&#233; son emprisonnement &#171; &lt;i&gt;arbitraire et ill&#233;gal &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;but juin, faute de candidats, le Conseil constitutionnel a annul&#233; les &#233;lections pr&#233;sidentielles, pr&#233;vues le 4 juillet suite &#224; la d&#233;mission de Bouteflika. Le mandat du pr&#233;sident par int&#233;rim a &#233;t&#233; prolong&#233; pour une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Une conf&#233;rence nationale pour une sortie de crise &#187;&lt;/i&gt; a eu lieu en juin, organis&#233;e par associations et syndicats. Ils pr&#233;conisent, entre autres, une p&#233;riode de transition, une commission ind&#233;pendante pour diriger les &#233;lections et un &#171; dialogue national &#187; avec les acteurs politiques, qui devrait se finir par une &#171; conf&#233;rence nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lorsqu'il est trop tard pour avorter : &#171; Je ne viens vous voir que maintenant parce que &#231;a y est, j'ai la S&#233;curit&#233; sociale &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Lorsqu-il-est-trop-tard-pour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Lorsqu-il-est-trop-tard-pour</guid>
		<dc:date>2019-07-07T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
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		<dc:subject>d&#233;lai l&#233;gal</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En France, les femmes n'ont le droit d'avorter qu'au cours des douze premi&#232;res semaines de leur grossesse. Ce d&#233;lai insuffisant pousse des milliers d'entre elles &#224; aller l'interrompre &#224; l'&#233;tranger... quand elles en ont les moyens et la possibilit&#233;. Entretien avec Rapha&#235;lle Morel, conseill&#232;re au Planning familial de Marseille. Dix semaines au Portugal, vingt-quatre au Royaume-Uni. En Europe, les &#201;tats qui autorisent l'interruption volontaire de grossesse (IVG) peinent &#224; accorder leurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/IVG" rel="tag"&gt;IVG&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-IVG" rel="tag"&gt;l'IVG&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/delai-legal" rel="tag"&gt;d&#233;lai l&#233;gal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En France, les femmes n'ont le droit d'avorter qu'au cours des douze premi&#232;res semaines de leur grossesse. Ce d&#233;lai insuffisant pousse des milliers d'entre elles &#224; aller l'interrompre &#224; l'&#233;tranger... quand elles en ont les moyens et la possibilit&#233;. Entretien avec Rapha&#235;lle Morel, conseill&#232;re au Planning familial de Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ix semaines au Portugal, vingt-quatre au Royaume-Uni. En Europe, les &#201;tats qui autorisent l'interruption volontaire de grossesse (IVG) peinent &#224; accorder leurs violons quand il s'agit de fixer une limite au-del&#224; de laquelle il n'est plus possible d'avorter. Dans l'Hexagone, des voix s'&#233;l&#232;vent pour demander l'extension de ce d&#233;lai l&#233;gal. Parmi elles, celle de Rapha&#235;lle Morel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que dit la loi au sujet du d&#233;lai d'acc&#232;s &#224; l'IVG ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On peut avorter en France jusqu'&#224; trois mois, ce qui &#233;quivaut &#224; douze semaines de grossesse&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 7 juin, le S&#233;nat avait vot&#233; un amendement allongeant ce d&#233;lai de douze &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Au-del&#224; de ce d&#233;lai, il est interdit pour un m&#233;decin de proposer une IVG : cela s'apparente &#224; de l'exercice ill&#233;gal de la m&#233;decine. En revanche il existe l'IMG, l'interruption m&#233;dicale de grossesse, qui peut se faire jusqu'&#224; terme pour des raisons m&#233;dicales. C'est-&#224;-dire quand la &lt;i&gt;sant&#233; &lt;/i&gt;du f&#339;tus ou celle de la femme est en danger. Le probl&#232;me c'est que la notion de sant&#233;, telle qu'elle est comprise par les &#233;quipes m&#233;dicales qui pratiquent ces IMG, est pens&#233;e de fa&#231;on assez limit&#233;e. C'est g&#233;n&#233;ralement une approche biom&#233;dicale qui ne prend pas en compte la sant&#233; psychologique. Cela va &#224; l'encontre des pr&#233;conisations de l'OMS&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Organisation mondiale de la sant&#233;.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui appr&#233;hende la sant&#233; de fa&#231;on plus globale. Il y a cependant quelques h&#244;pitaux dans lesquels le terme est reconnu au sens large et qui, au cas par cas, acceptent de pratiquer des IMG dans des cas de viol ou pour des personnes qui sont psychiatris&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En France, l'allongement des d&#233;lais fait quasiment figure d'impens&#233;. Pourquoi cette revendication est-elle si peu port&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La question des d&#233;lais est souvent oubli&#233;e car on n'a pas conscience du nombre de personnes concern&#233;es. Et aussi parce qu'il existe encore une repr&#233;sentation selon laquelle les femmes qui d&#233;passent ce d&#233;lai sont des irresponsables et que &#8220;&lt;i&gt;c'est bien fait pour leur gueule&lt;/i&gt;&#8221;. Alors que lorsqu'on &#233;coute leurs histoires, on saisit l'importance d'augmenter cette marge de man&#339;uvre. Derni&#232;rement par exemple, j'ai re&#231;u une femme qui souhaitait avorter. La premi&#232;re chose qu'elle a dit en entrant a &#233;t&#233; : &#8220;&lt;i&gt;Je ne viens vous voir que maintenant parce que &#231;a y est, j'ai la S&#233;curit&#233; sociale.&lt;/i&gt;&#8221; Elle venait de l'&#233;tranger, &#233;tait &#233;tudiante en France et attendait la finalisation des d&#233;marches pour l'obtention de sa carte Vitale. Elle ne savait pas qu'on aurait pu trouver des solutions avant. Elle est arriv&#233;e deux jours trop tard. J'ai &#233;galement en t&#234;te l'histoire d'une femme, m&#232;re de trois enfants, enceinte d'un 4e et dont la grossesse &#233;tait d&#233;sir&#233;e. Elle et son mari tenaient un commerce et vivaient dans une habitation situ&#233;e au-dessus. Il y a eu un incendie, tout a br&#251;l&#233;. Ils ont perdu leur appartement, leur commerce, leur travail. Face &#224; la situation, elle a d&#233;cid&#233; &#8211; tardivement &#8211; de mettre fin &#224; sa grossesse. Il y a aussi des victimes de viols qui n'ont pas conscientis&#233; leur grossesse &#224; cause du traumatisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles solutions s'offrent aux femmes qui ont d&#233;pass&#233; le d&#233;lai l&#233;gal ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chaque ann&#233;e, on estime qu'entre 3 000 et 5 000 femmes fran&#231;aises ou r&#233;sidentes en France&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces donn&#233;es parcellaires, recueillies aupr&#232;s des cliniques des diff&#233;rents (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; vont avorter &#224; l'&#233;tranger dans des cliniques priv&#233;es, principalement en Espagne, en Angleterre ou aux Pays-Bas o&#249; les d&#233;lais sont plus &#233;tendus. Mais &#231;a ne concerne que les femmes qui en ont les moyens car dans ces cliniques, une IVG co&#251;te en g&#233;n&#233;ral entre 600 et 2 400 euros &#8211; sans compter le co&#251;t du trajet et de l'h&#233;bergement sur place. Cela rel&#232;ve clairement de l'injustice sociale. &#192; Marseille, le Planning familial et le collectif Les Avorteuses&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe politique f&#233;ministe centr&#233; sur les questions li&#233;es &#224; l'avortement.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; ont mis en place des caisses de soutien&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est possible de faire un don en ligne sur le site internet du Planning (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, &#224; destination des femmes qui souhaitent avorter dans un autre pays mais qui ne peuvent pas faute de moyens. Ce qui est d'ailleurs &#224; double tranchant car les h&#244;pitaux finissent par se d&#233;charger sur nous et ne se posent plus la question de ce qu'ils font et de ce qu'ils emp&#234;chent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la question financi&#232;re, il existe aussi des enjeux de confidentialit&#233;. Face &#224; un conjoint violent, partir discr&#232;tement &#224; l'&#233;tranger quand on a des enfants &#224; charge, c'est compliqu&#233;. Je n'ai jamais entendu parler d'avortements clandestins, mais c'est peut-&#234;tre li&#233; au fait que ces actes sont lourdement r&#233;pr&#233;hensibles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pays europ&#233;ens qui autorisent l'IVG l&#233;gif&#232;rent de fa&#231;on tr&#232;s diff&#233;rente sur la question des d&#233;lais d'acc&#232;s. Quel que soit le nombre de semaines accord&#233;es, la date butoir semble fix&#233;e de fa&#231;on arbitraire...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En fait, ce sont des questions &#233;thiques. La loi statue sur le moment o&#249; l'on consid&#232;re qu'il s'agit d'une vie. M&#233;dicalement parlant, une IVG est possible tout au long de la grossesse. Les gestes m&#233;dicaux diff&#232;rent selon le stade, mais restent techniquement simples. Au-del&#224; de &#231;a, on nous pose souvent la question du d&#233;veloppement du syst&#232;me nerveux, qui pose la question de la souffrance f&#339;tale. Je ne suis pas s&#251;re que les sciences soient r&#233;ellement capables de d&#233;terminer ce que ressent le f&#339;tus ; toujours est-il que les derni&#232;res recherches indiquent que jusqu'au sixi&#232;me mois, le f&#339;tus ne ressent pas la douleur. De toute fa&#231;on, si l'IVG se fait sous anesth&#233;sie g&#233;n&#233;rale, c'est l'ensemble du corps, et donc aussi le f&#339;tus qui est endormi. Il n'y a aucune raison scientifique au fait de limiter le d&#233;lai fran&#231;ais &#224; douze semaines. &#199;a freine pour des raisons morales ou religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que le rapport &#224; la vie est tr&#232;s diff&#233;rent d'une culture &#224; l'autre. Pour certains, il faut avoir v&#233;cu un certain temps apr&#232;s l'accouchement pour &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un &#234;tre humain. Pour d'autres, d&#232;s qu'il y a conception il y a une &#226;me &#8211; donc une vie. Pour les femmes qui avortent, la question de savoir s'il y a une vie ou pas ne se pose pas forc&#233;ment. Si elle se pose, elle peut certes jouer sur la culpabilit&#233; ressentie (ou non), mais elle n'aura pas forc&#233;ment d'incidence sur le choix d'avorter (ou non). Selon moi, ce n'est donc pas un crit&#232;re pour l&#233;gif&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Planning, pour une &#233;quit&#233; de droits avec les pays europ&#233;ens les plus progressistes, nous d&#233;fendons dans un premier temps l'&#233;largissement du d&#233;lai &#224; cinq mois et demi de grossesse. Ce d&#233;lai avait probablement &#233;t&#233; choisi par les Pays-Bas parce qu'il correspond au moment &#224; partir duquel un f&#339;tus est viable en cas d'accouchement pr&#233;matur&#233;. Mais dans la mesure o&#249; nous revendiquons la d&#233;p&#233;nalisation totale de l'avortement, l'essentiel reste pour nous d'&#233;couter la parole des femmes : tant que c'est leur corps qui est impliqu&#233;, c'est &#224; elles de d&#233;cider. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce qu'&#233;largir ce d&#233;lai, ce n'est pas finalement permettre &#224; l'&#201;tat de se d&#233;sengager de ses responsabilit&#233;s ? Il pourrait en effet consid&#233;rer qu'il n'est pas n&#233;cessaire de simplifier l'acc&#232;s &#224; l'IVG en y consacrant des moyens suffisants si les femmes ont un laps de temps plus long pour engager cette d&#233;marche...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Peut-&#234;tre, si on est dans l'id&#233;e que les avortements pratiqu&#233;s au-del&#224; des douze semaines de grossesse sont li&#233;s &#224; des probl&#232;mes d'acc&#232;s. Mais en r&#233;alit&#233;, ces situations sont souvent dues &#224; des accidents de la vie. Cela dit, bien s&#251;r, des efforts doivent &#234;tre faits. Normalement, le premier rendez-vous pour une IVG doit &#234;tre donn&#233; dans les cinq jours apr&#232;s le premier contact avec la structure choisie. &#192; l'heure actuelle, il est tr&#232;s rare que cette prescription soit respect&#233;e. Les h&#244;pitaux sont satur&#233;s ou peu accessibles en zone rurale : on a des zones de vide absolu o&#249; on est oblig&#233;es de faire des kilom&#232;tres et des kilom&#232;tres pour avorter. Ce qui peut vite nous faire d&#233;passer les d&#233;lais alors qu'on &#233;tait dans les clous. Heureusement il y a aussi des endroits o&#249; quand on est proche du d&#233;lai, les &#233;quipes soignantes se d&#233;brouillent pour que cela se fasse dans les temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi la question de la clause de conscience qui se mat&#233;rialise par le fait que, sur certains territoires, presque aucun m&#233;decin n'accepte de pratiquer une IVG. L'autre gros souci concerne les personnes dont les droits &#224; la S&#233;curit&#233; sociale ne sont pas ouvrables. Par exemple, des femmes qui ont un visa touristique ou des ressortissantes de l'Union europ&#233;enne qui ont une S&#233;curit&#233; sociale dans leur pays d'origine. Normalement, l'IVG &#233;tant reconnue l&#233;galement comme un soin urgent, les h&#244;pitaux sont tenus de pratiquer l'acte m&#234;me sans paiement ou sans pr&#233;sentation de la carte Vitale, mais dans les faits ils refusent souvent. On serait en droit de le leur reprocher, mais en m&#234;me temps, leurs probl&#232;mes financiers sont tels qu'il faut aussi se poser la question de l'&#233;tat de nos h&#244;pitaux publics, quand ces difficult&#233;s financi&#232;res impactent &#224; ce point les usag&#232;res. Il y a aussi la question de l'information. S'il y a des baisses de subventions, est-ce que le chemin d'acc&#232;s &#224; l'IVG restera toujours aussi bien balis&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 7 juin, le S&#233;nat avait vot&#233; un amendement allongeant ce d&#233;lai de douze &#224; quatorze semaines. Las : &#224; l'occasion d'un second vote le 11 juin, cette extension a &#233;t&#233; annul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Organisation mondiale de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ces donn&#233;es parcellaires, recueillies aupr&#232;s des cliniques des diff&#233;rents pays, ne permettent pas de savoir avec pr&#233;cision si c'est la nationalit&#233; ou le lieu de r&#233;sidence qui est pris en compte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Groupe politique f&#233;ministe centr&#233; sur les questions li&#233;es &#224; l'avortement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il est possible de faire un don en ligne sur le site internet du Planning familial 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les mots jaunes</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#192; Marseille comme ailleurs, le &#171; grand d&#233;bat &#187; tricot&#233; par la Macronie aux abois a pris de fortes allures de mascarade. Les cahiers de dol&#233;ances distribu&#233;s dans les mairies sont toutefois apparus comme des espaces d'expression privil&#233;gi&#233;s, anim&#233;s d'une parole libre et non encadr&#233;e. Passage en revue. &#192; Marseille comme ailleurs, le &#171; grand d&#233;bat &#187; tricot&#233; par la Macronie aux abois a de fortes allures de mascarade. Les principales r&#233;unions organis&#233;es dans la ville sont chapeaut&#233;es par des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no174-mars-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;174 (mars 2019)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille comme ailleurs, le &#171; grand d&#233;bat &#187; tricot&#233; par la Macronie aux abois a pris de fortes allures de mascarade. Les cahiers de dol&#233;ances distribu&#233;s dans les mairies sont toutefois apparus comme des espaces d'expression privil&#233;gi&#233;s, anim&#233;s d'une parole libre et non encadr&#233;e. Passage en revue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2878 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH383/-1122-b27ff.jpg?1768732059' width='500' height='383' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#192;&lt;/span&gt; Marseille comme ailleurs, le &#171; grand d&#233;bat &#187; tricot&#233; par la Macronie aux abois a de fortes allures de mascarade. Les principales r&#233;unions organis&#233;es dans la ville sont chapeaut&#233;es par des &#233;lus LREM ou des opposants avide s de projecteurs (coucou Samia Ghali&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;natrice (PS), ex-maire des 15e et 16e arrondissements.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;), tandis que la mairie du n&#233;cros&#233; Jean-Claude Gaudin (LR agonisant), fid&#232;le &#224; sa r&#233;putation de giga-honte locale, a purement et simplement d&#233;cid&#233; de s'abstenir de participer (par peur de voir surgir des dossiers br&#251;lants tel que celui des morts de la rue d'Aubagne et du logement indigne&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une p&#233;tochardise rapport&#233;e par le Canard encha&#238;n&#233; (06/02/2019).&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre ces r&#233;unions publiques sous contr&#244;le et les questionnaires en ligne plus qu'orient&#233;s (&lt;i&gt;Pr&#233;f&#233;rez-vous une nouvelle dose de n&#233;o-lib&#233;ralisme d&#233;complex&#233; ou bien une nouvelle dose de n&#233;o-lib&#233;ralisme effr&#233;n&#233; ?&lt;/i&gt;), les cahiers de dol&#233;ances distribu&#233;s dans les mairies apparaissent comme des espaces d'expression privil&#233;gi&#233;s, anim&#233;s d'une parole libre et non encadr&#233;e. Passage en revue marseillais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;G&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;audin a les p&#233;toches&lt;/strong&gt;, un truc de fou. On s'en rend compte en arrivant devant l'h&#244;tel de ville, retranch&#233; derri&#232;re d'innombrables barri&#232;res de m&#233;tal, amalgam&#233;es &#224; la va-comme-je-t'embo&#238;te. Ambiance Fort Knox. Une fois l'obstacle pass&#233;, le citoyen d&#233;sireux de livrer ses dol&#233;ances doit affronter deux vigiles. Sollicit&#233;s, ils annoncent la couleur, finauds en chef :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &#171; &lt;i&gt;On les a pas encore re&#231;us, les cahiers &#187;&lt;/i&gt;, ass&#232;ne le premier, en ce 19 f&#233;vrier.&lt;br&gt;
&#8211; &#171; &lt;i&gt;Ah, je croyais pourtant les avoir vus &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;tonne son coll&#232;gue. Lequel se voit gratifi&#233; d'un regard noir de son sup&#233;rieur.&lt;br&gt;
&#8211; &#171; &lt;i&gt;Non, on les a PAS re&#231;us. Revenez plus tard. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Des champions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres personnes sollicit&#233;es confirment le choix du maire autruche : pas question de laisser des paroles critiques s'exprimer dans le Saint des Saints municipal. &#171; &lt;i&gt;Il est possible qu'il ne souhaite pas que certaines questions soient abord&#233;es &#187;&lt;/i&gt;, confie une secr&#233;taire. Sans d&#233;c' ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La t&#234;te sous l'eau &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour lire les contributions &#233;crites des Marseillais, il faut donc se tourner vers les huit mairies de secteur. Chacune d'elles englobe deux arrondissements et des mondes divers. On saute donc du cossu secteur 6/8, dont la mairie est install&#233;e dans la bourgeoise Villa Bagatelle, au tr&#232;s sinistr&#233; secteur 15/16, avant de rebondir souplement vers les contreforts de la Canebi&#232;re et de la mairie 1/7, toujours fortifi&#233;e de panneaux protecteurs suite &#224; une manif un chou&#239;a vandalisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur des quatre cahiers aux intitul&#233;s officiels soporifiques&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Allant de &#171; D&#233;mocratie et citoyennet&#233; &#187; &#224; &#171; Imp&#244;ts, d&#233;penses et action (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, c'est la grande chasse au Macron. Si les dol&#233;ances varient grandement, entre &#233;talage de confidences personnelles et passage en revue de TOUS les maux de la d&#233;mocratie fran&#231;aise, certains th&#232;mes sont r&#233;currents. Au top du top, la suppression de l'ISF, vilipend&#233;e en long en large et au stylo vert. Suivent en peloton serr&#233; la d&#233;nonciation de la CSG, la reconnaissance du vote blanc et le sacro-saint RIC. Autres chevaux de bataille : la moralisation de la vie politique, la taxation des plus riches et quelques saillies anti-flics bien senties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire ces envol&#233;es, l'&#233;vidence saute au pif : ceux et celles qui les ont r&#233;dig&#233;es sont tr&#232;s loin d'&#234;tre des analphab&#232;tes. Les caciques du r&#233;gime et ses chiens de garde m&#233;diatiques nous ont pourtant serin&#233; l'inverse, &#224; l'image du tr&#232;s m&#233;prisant Thomas Legrand : &#171; &lt;i&gt;Il y a dans le mouvement des Gilets jaunes une incapacit&#233; &#224; s'exprimer, une incapacit&#233; &#224; hi&#233;rarchiser ses revendications, une incapacit&#233; &#224; dire ce qu'ils veulent. &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 11 f&#233;vrier dans l'&#233;mission &#171; 24 h Pujadas, l'info en questions &#187; sur LCI.&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187; Sauf que l&#224; c'est tout le contraire : de longs pav&#233;s bien torch&#233;s, argument&#233;s, souvent rigoureusement hi&#233;rarchis&#233;s. Et parfois m&#234;me fichtrement maniaques en mati&#232;re de comptabilit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s avoir pay&#233; la CSG sur ma retraite de base il me reste 815,08 &#8364; par mois (ma CSG &#233;tant de 81,59 &#8364; par mois, ce qui fait 979,08 &#8364; par an) &#187;&lt;/i&gt;, peut-on lire en mairie du 1/7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cahiers consult&#233;s, il est d'abord question de pouvoir d'achat et de lutte quotidienne contre la d&#233;bine. &#171; &lt;i&gt;Comment voulez-vous qu'on survive dans ces conditions ? &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;tonne l'une. &#171; &lt;i&gt;On a la t&#234;te sous l'eau &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit un autre, qui avance une belle proposition : &#171; &lt;i&gt;Chaque &#233;lu devrait vivre six mois comme un citoyen ordinaire, prendre les transports en commun, vivre dans un HLM situ&#233; dans les quartiers populaires, etc. &#187;&lt;/i&gt; Chiche ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La sensation d'&#234;tre invisible et marginalis&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parfois r&#233;p&#233;titifs, &#224; juste titre, ces t&#233;moignages &#233;crits ne sont &#233;videmment pas tous plaisants &#224; lire. Quelques-uns vrillent en bordure de racisme, obsessionnels de la question migratoire. D'autres shootent les assist&#233;s, les marginaux, les gens qui ont des chiens qui font caca sur les trottoirs ou &#8211; et comme on les comprend ! &#8211;, l'invasion des trottinettes &#233;lectriques. D'autres encore font preuve d'une po&#233;sie absurde tout &#224; fait touchante : &#171; &lt;i&gt;Trop de trait&#233;s de libre-&#233;change avec le Canada &#187;&lt;/i&gt; s'enflamme un certain Jacques. &#171; &lt;i&gt;Est-ce qu'en France on cultive les caf&#233;iers ou les cacaotiers ? Non ! Et c'est dommage &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;veloppe N. de l'Estaque. &#171; &lt;i&gt;Peut-on avoir des toilettes dans cette mairie hors la loi ? &#187;&lt;/i&gt;, gueule d'un stylo rouge criard un type qui en a visiblement gros sur la patate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques incursions absurdes ne sont pourtant pas la r&#232;gle. La plupart des participants ont en effet pris les choses tr&#232;s au s&#233;rieux, certains se donnant m&#234;me la peine de recopier leur longue intervention dans les quatre cahiers, et tant pis pour la crampe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la plupart plut&#244;t &#226;g&#233;s (logique : les &lt;i&gt;ieuv &lt;/i&gt;sont moins f&#233;rus des consultations par Internet), les dol&#233;anciers prennent le taureau par le stylo, crient qu'ils ont droit &#224; parole. &#171; &lt;i&gt;La sensation d'&#234;tre invisible et marginalis&#233; est grande &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit une habitante du quartier populaire de la Belle-de-Mai, qui synth&#233;tise parfaitement le sentiment g&#233;n&#233;ral : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas au pr&#233;sident de choisir ce qu'on doit dire dans ce Grand D&#233;bat. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas s&#251;r que ces voix seront &#233;cout&#233;es, voire m&#234;me relay&#233;es. Dans certaines mairies, on ignorait le 21 f&#233;vrier que les dol&#233;ances devaient &#234;tre envoy&#233;es en pr&#233;fecture le 20 f&#233;vrier. Quant aux quatre cahiers du secteur 15/16, fief de Samia Ghali, ils pr&#233;sentent l'&#233;tonnante particularit&#233; d'avoir les premi&#232;res pages arrach&#233;es, comme si certaines paroles n'avaient pas plu. Selon la secr&#233;taire interrog&#233;e, une dame peu satisfaite de ses propres interventions les aurait rageusement d&#233;chir&#233;es. Selon nos sources, la fourbasse en question aurait ensuite pris la fuite en soucoupe volante, &lt;i&gt;woush&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;PS : l'auteur tient &#224; remercier la dame de la mairie du 1/7 qui lui a offert une d&#233;licieuse brioche Pitch fourr&#233;e au chocolat. Il reste donc un peu d'humanit&#233; en ce bas monde.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;S&#233;natrice (PS), ex-maire des 15&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et 16&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissements.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une p&#233;tochardise rapport&#233;e par &lt;i&gt;le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; (06/02/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Allant de &#171; D&#233;mocratie et citoyennet&#233; &#187; &#224; &#171; Imp&#244;ts, d&#233;penses et action publique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 11 f&#233;vrier dans l'&#233;mission &#171; 24 h Pujadas, l'info en questions &#187; sur LCI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marx squatte la Trump Tower</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Marx-squatte-la-Trump-Tower</link>
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		<dc:date>2019-03-24T05:30:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Beau livre de 150 pages, The Housing Monster est une petite encyclop&#233;die pratiquo-marxiste d&#233;di&#233;e &#224; la question du logement. Des cadences de travail dans le BTP &#224; la gentrification en passant par le contr&#244;le des loyers... rien n'y manque. Au d&#233;but, faut s'accrocher. Un peu. C'est que le premier chapitre de The Housing Monster &#8211; Travail et logement dans la soci&#233;t&#233; capitaliste attaque direct sur la distinction entre &#171; travail vivant et travail mort &#187;, ch&#232;re aux th&#233;oriciens de la valeur. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Prole-info" rel="tag"&gt;Prole.info&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Beau livre de 150 pages, &lt;i&gt;The Housing Monster&lt;/i&gt; est une petite encyclop&#233;die pratiquo-marxiste d&#233;di&#233;e &#224; la question du logement. Des cadences de travail dans le BTP &#224; la gentrification en passant par le contr&#244;le des loyers... rien n'y manque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2845 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH541/-1097-93e56.jpg?1768655312' width='400' height='541' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Prole.info
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;u d&#233;but, faut s'accrocher. Un peu. C'est que le premier chapitre de &lt;i&gt;The Housing Monster &#8211; Travail et logement dans la soci&#233;t&#233; capitaliste&lt;/i&gt; attaque direct sur la distinction entre &#171; travail vivant et travail mort &#187;, ch&#232;re aux th&#233;oriciens de la valeur. Comme &#231;a, boum. Alors certes, le style est fluide, les phrases sont construites de fa&#231;on simple, et les r&#233;f&#233;rences th&#233;oriques volontairement laiss&#233;es de c&#244;t&#233; au profit d'exemples pratiques. Mais quand m&#234;me, l'entr&#233;e en mati&#232;re est un poil aust&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne pas en rester l&#224;&lt;/strong&gt;, surtout. Parce que la suite, apr&#232;s quelques pages, est largement plus accessible. Et parce qu'au fil d'une vingtaine de chapitres (la plupart vivants et simples, quelques-uns plus th&#233;oriques) se d&#233;gage la classieuse ambition de ce livre &#224; part : &#171; &lt;i&gt;Constituer une sorte de petit &lt;/i&gt;Capital &lt;i&gt;illustr&#233; et appliqu&#233; &#224; la question du logement&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume en avant-propos le collectif qui anime Niet &#201;ditions, &#224; l'origine de la traduction et de la publication en France de ce livre paru aux &#201;tats-Unis en 2012 &lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et sign&#233; Prole.info, collectif qui a aussi r&#233;dig&#233; le tr&#232;s chouette &#192; bas les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et de poursuivre : &#171; &lt;i&gt; Le grand m&#233;rite de &lt;/i&gt;The Housing Monster &lt;i&gt;est d'aborder la m&#233;canique des rapports sociaux capitalistes en partant de l'exp&#233;rience concr&#232;te et quotidienne des prol&#233;taires &#8211; d'abord celle des travailleurs du b&#226;timent, puis de celle de tous ceux amen&#233;s &#224; devoir payer pour se loger.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce souci de coller au v&#233;cu&lt;/strong&gt; traverse les 150 pages de ce beau bouquin, vaste tour d'horizon de la question du logement. Rien n'y manque. Des cadences de travail dans le BTP au probl&#232;me du machisme sur les chantiers. Des difficult&#233;s d'acc&#232;s au foncier aux logiques de gentrification. Ou encore, de la question du contr&#244;le des loyers &#224; celle des syndicats. Une petite encyclop&#233;die pratiquo-marxiste qui finit par dessiner de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale &#171; &lt;i&gt;une critique limpide et r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; &#187; des ressorts du capitalisme et de la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;L'ouvrage est marqu&#233; du souhait de rendre simples et accessibles&lt;/strong&gt; la th&#233;orie marxiste et celle de la valeur &#8211; des analyses qui semblent un peu vieillottes mais qui n'ont, en r&#233;alit&#233;, pas pris une ride. Notre objectif est de contribuer &#224; les faire conna&#238;tre. Et &#224; fournir des billes th&#233;oriques aux gens qui s'investissent aujourd'hui dans les luttes urbaines&lt;/i&gt; &#187;, explique au t&#233;l&#233;phone l'un des membres de Niet. Une vulgarisation qui passe aussi par deux points essentiels, que la petite maison d'&#233;dition respecte depuis sa cr&#233;ation en 2016. De un, proposer les tarifs les plus bas possibles &lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les (tr&#232;s bons) livres de poche de Niet ne co&#251;tent que 7 &#8364; ; les autres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; &#171; &lt;i&gt;Tous les participants sont b&#233;n&#233;voles, nous ne d&#233;pensons d'argent que pour imprimer les livres&lt;/i&gt; &#187;, poursuit le membre du collectif. De deux, r&#233;aliser de beaux ouvrages, parfaitement &#233;dit&#233;s et joliment con&#231;us &#8211; &lt;i&gt;The Housing Monster&lt;/i&gt; n'y fait pas exception, qui compte pl&#233;thore de belles illustrations et affiche une &#233;l&#233;gante mise en page. Tout &#231;a pour 10 &#8364;. Que demande le peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et sign&#233; Prole.info, collectif qui a aussi r&#233;dig&#233; le tr&#232;s chouette &lt;i&gt;&#192; bas les restaurants&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les (tr&#232;s bons) livres de poche de Niet ne co&#251;tent que 7 &#8364; ; les autres formats sont un tout petit peu plus chers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; On va continuer &#224; &#233;crire des histoires ensemble &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/On-va-continuer-a-ecrire-des</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Dans la caf&#233;t&#233;ria qui fait face &#224; la gare d'Argenteuil (Val-d'Oise), CQFD a bavard&#233; avec Omar Slaouti, membre du Collectif V&#233;rit&#233; et Justice pour Ali Ziri et l'un des organisateurs de la Marche pour la Justice et la Dignit&#233; du 19 mars 2017 &#224; Paris. CQFD : Quel bilan tires-tu de cette marche ? Qu'on est capables de taper sur le m&#234;me clou, de temps en temps ! De s'&#234;tre frott&#233;s avec des mouvements sociaux, je trouve &#231;a extraordinaire. Les Zadistes sont venus de Notre-Dames-des-Landes avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la caf&#233;t&#233;ria qui fait face &#224; la gare d'Argenteuil (Val-d'Oise), &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a bavard&#233; avec Omar Slaouti, membre du Collectif V&#233;rit&#233; et Justice pour Ali Ziri et l'un des organisateurs de la Marche pour la Justice et la Dignit&#233; du 19 mars 2017 &#224; Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2558 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH492/-823-64567.jpg?1768649693' width='400' height='492' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ruoyi Jin.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quel bilan tires-tu de cette marche ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on est capables de taper sur le m&#234;me clou, de temps en temps ! De s'&#234;tre frott&#233;s avec des mouvements sociaux, je trouve &#231;a extraordinaire. Les Zadistes sont venus de Notre-Dames-des-Landes avec une cantine, et l'argent va &#234;tre revers&#233; au collectif 19 mars, car &#231;a nous a co&#251;t&#233; une blinde, cette affaire. Une convergence est possible face &#224; d'un c&#244;t&#233;, la r&#233;pression brutale du mouvement social qu'on a vu &#224; Sivens ou pendant les manifs anti-loi Travail et, de l'autre, les humiliations et violences quotidiennes dans les quartiers populaires. Notre marche s'inscrivait dans cette dynamique. Derri&#232;re les familles, il y avait des syndicalistes CGT, Solidaires, FSU&#8230; Ils n'ont pas tous le m&#234;me discours sur la police, mais face &#224; la r&#233;pression et &#224; l'&#233;tat d'urgence, ils ont march&#233; ensemble. Pour moi, cette marche est d&#233;j&#224; porteuse d'un mouvement, le mouvement du 19 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon toi, quelle place doit tenir l'antiracisme dans cette convergence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du racisme est cruciale, d'autant plus que le PS a recul&#233; sur les contr&#244;les au faci&#232;s, le vote des &#233;trangers... Il y a un vieux slogan gauchiste qui me faisait mal &#224; la t&#234;te, c'&#233;tait &#171; M&#234;me patron, m&#234;me combat &#187;. En soi, je comprends le trip, mais mon p&#232;re est rest&#233; dans son boulot de merde jusqu'&#224; se casser le dos et il n'a jamais mont&#233; les &#233;chelons parce qu'il est arabe. Avec le m&#234;me patron, on n'est pas tous log&#233;s &#224; la m&#234;me enseigne. Et ce combat-l&#224; doit &#234;tre men&#233; par les premiers concern&#233;s. Invisibiliser la question du racisme &#8211; et c'est vrai aussi concernant les femmes, les homos... &#8211;, c'est d&#233;gueulasse. Mais la lutte antiraciste n'est pas l'alpha et l'om&#233;ga. Il y a diverses luttes sociales qui s'y articulent. Les chibanis de la SNCF se sont battus pendant dix ans contre une discrimination interne qui les a conduits &#224; toucher des retraites de mis&#232;re. En revanche, il y a une question que je ne veux pas squeezer, c'est celle de l'identit&#233;. C'est un &#233;cueil. On est quelques-uns &#224; batailler pour ne pas tomber dans le d&#233;lire essentialiste. Le Noir, l'Arabe, c'est une construction sociale, comme le Blanc ! Ce lyc&#233;en noir de Bergson, le flic le frappe d'autant plus fort qu'il est noir dans un mouvement social auquel le gosse participe car il sait qu'en tant que Noir, il va en bouffer, de la pr&#233;carit&#233; ! Attention de ne pas r&#233;duire les Noirs et les Arabes &#224; ce qu'ils sont. Ils sont et ils font. Le fait d'&#234;tre pauvre, d'&#234;tre pr&#233;caire, c'est aussi faire. On fait ce qu'on est et on est ce qu'on fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui explique cette convergence hier encore improbable ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une crise dans l'h&#233;g&#233;monie du discours dominant en France : les institutions sont discr&#233;dit&#233;es. On va atteindre un taux d'abstention record aux &#233;lections. Les gens disent que voter, &#231;a ne change rien. Et pour le pouvoir, cette d&#233;fiance, c'est pire que tout, parce que &#231;a peut partir en vrille. &#199;a peut donner un mouvement mille fois plus large demain, comme ce qui s'est pass&#233; en Espagne ou aux &#201;tats-Unis. Et face &#224; cette crise &#224; venir, la r&#233;pression polici&#232;re prend les devants. Cette marche &#233;tait importante, parce qu'elle a r&#233;ussi, m&#234;me si la presse n'a parl&#233; que des embrouilles, &#224; mettre dans la rue des personnes qui ne se croisaient jamais. C'&#233;tait pas gagn&#233; d'avance, mais des responsables syndicaux prennent conscience qu'il y a du racisme y compris chez eux, que cette question est transversale, et de l'autre c&#244;t&#233;, dans le mouvement antiraciste, on comprend qu'on ne va pas s'en sortir si on n'aborde pas la question sociale. Parce qu'il n'y a pas que les flics qui nous font la mis&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos de l'intervention polici&#232;re au lyc&#233;e Suger de Saint-Denis d&#233;but mars&#8230; N'est-ce pas pour casser une continuit&#233; avec le blocage des lyc&#233;es parisiens pour Th&#233;o ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette r&#233;pression a eu lieu &#224; Saint-Denis, ce n'est pas pour rien. Il y a une volont&#233; de fabriquer une image de barbares. Et les flics ont embarqu&#233; des &#233;l&#232;ves, des mineurs !, au hasard, en les insultant&#8230; Il y a l'id&#233;e de refouler et d&#233;signer les barbares de l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph', et la volont&#233; de montrer des &#238;lots de barbarie dans certains quartiers parisiens, l&#224; o&#249; il y encore des Arabes et des Noirs, comme &#224; Barb&#232;s. Mais nous, on dit que les barbares, ce sont ceux qui violent. Mais oui, je suis d'accord, ils cherchent &#224; casser une dynamique qui saute par-dessus le p&#233;riph'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La convergence peut charrier avec elle son lot de r&#233;cup&#233;rations politiques. Le Collectif justice pour Adama n'est pas venu &#224; la marche &#224; cause de &#231;a, visiblement&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a m'a attrist&#233; que le collectif Adama Traor&#233; soit absent, mais je comprends qu'ils prot&#232;gent leur autonomie. C'est m&#234;me un passage oblig&#233;. Dans le collectif Ali Ziri, certains membres de la famille &#233;taient contre le fait de participer &#224; de telles mobilisations. On respecte ce choix. Dans la prise de parole finale, je voulais citer toutes les victimes de la r&#233;pression. J'ai demand&#233; &#224; Assa Traor&#233; si je pouvais parler de celle qui s'abat sur eux depuis la mort d'Adama. Elle a accept&#233;. Je pense qu'on va se retrouver. On est sur d'autres strat&#233;gies, avec des collectifs comme Vies vol&#233;es, &#224; l'initiative de Ramata Dieng, Urgence notre police assassine, d'Amal Bentounsi. L'id&#233;e serait de rassembler l'ensemble des familles en mettant en place un p&#244;le juridique, un p&#244;le psychologique, social&#8230; Amal Bentounsi a lanc&#233; l'Observatoire national des violences polici&#232;res, qui va dans ce sens. On n'a pas besoin d'une seule organisation, ou encore moins d'un parti antiraciste, mais de coordination et de respect mutuel. Tout le monde va faire ses exp&#233;riences et on va se retrouver par la force des choses, car les flics vont poursuivre leur sale boulot. Nous, on va continuer &#224; &#233;crire des histoires ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Le N&#232;gre vous emmerde ! &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;dreads &lt;/i&gt; blonds de R&#233;mi Fraisse figuraient sur la banderole des familles, en t&#234;te du cort&#232;ge du 19 mars. Le portrait du jeune &#233;colo de Sivens &#233;tait l&#224; parmi ceux de ses compagnons d'infortune Ali Ziri, Lamine Dieng, Wissam El-Yamni, Hocine Bouras, Morad Touat, Amadou Koum&#233;, Amine Bentounsi, Abdoulaye Camara et Lahoucine A&#239;t Omghar. Les parents de R&#233;mi, mais &#233;galement ceux d'Antonin, victime d'une vengeance judiciaire apr&#232;s les gr&#232;ves anti-loi Travail, ont march&#233; avec les m&#232;res, les fr&#232;res et les s&#339;urs des victimes de crimes policiers &#224; caract&#232;re raciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fraternisation a &#233;t&#233; un symbole fort lanc&#233; &#224; la face d'une soci&#233;t&#233; prompte &#224; placer les luttes antiracistes sous la suspiscion du &#171; racisme anti-blanc &#187;, du &#171; communautarisme &#187;, de l'&#171; islamo-gauchisme &#187; ou de l'antis&#233;mitisme&#8230; Le portrait du graffeur Micha&#235;l Cohen, mort noy&#233; dans la Marne alors qu'il &#233;tait cours&#233; par des flics, aurait pu &#234;tre l&#224; aussi. Celui de Liu Shaoyo, p&#232;re de famille abattu par la BAC devant ses enfants, le sera bient&#244;t. N'en d&#233;plaise &#224; la malveillance m&#233;diatique qui, comme &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, a pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;taler en Une les divisions du mouvement le jour m&#234;me de la marche. Ou &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, qui met &#171; &lt;i&gt;violences polici&#232;res&lt;/i&gt; &#187; entre guillemets et ne montre que des jeunes gens v&#234;tus de noir au milieu d'un nuage de gaz lacrymo. Ou &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, qui illustre son insipide compte-rendu du lendemain avec une photo tr&#232;s anecdotique d'un petit contingent de mao&#239;stes philippins masqu&#233;s et en treillis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme disait Franz Fanon : &#171; &lt;i&gt;Le N&#232;gre vous emmerde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;B. L. D.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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