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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Confin&#233; dehors</title>
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		<dc:creator>Pablo Chignard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Ce 24 mars &#224; Grenoble, Waku Mo&#239;se est assis seul le long d'un petit parking &#224; c&#244;t&#233; du parc Paul-Mistral. Sur le muret, il fait s&#233;cher une poign&#233;e de v&#234;tements au soleil. &#171; Mets ton v&#233;lo l&#224;, c'est plus discret, les flics passent souvent sur le boulevard l&#224;-bas. &#187; Accroupi, on &#233;coute la voix suave de ce S&#233;n&#233;galais de 43 ans raconter son quotidien. Lui qui passe ses journ&#233;es dehors et ses nuits au c&#339;ur du parc, ou dans un centre d'h&#233;bergement. Au S&#233;n&#233;gal, Waku Mo&#239;se tenait un restaurant &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pablo-Chignard-313" rel="tag"&gt;Pablo Chignard&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Moise" rel="tag"&gt;Mo&#239;se&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rencontre-africaine" rel="tag"&gt;Rencontre africaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Moise-tombe" rel="tag"&gt;Mo&#239;se tombe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce 24 mars &#224; Grenoble, Waku Mo&#239;se est assis seul le long d'un petit parking &#224; c&#244;t&#233; du parc Paul-Mistral. Sur le muret, il fait s&#233;cher une poign&#233;e de v&#234;tements au soleil. &#171; &lt;i&gt;Mets ton v&#233;lo l&#224;, c'est plus discret, les flics passent souvent sur le boulevard l&#224;-bas.&lt;/i&gt; &#187; Accroupi, on &#233;coute la voix suave de ce S&#233;n&#233;galais de 43 ans raconter son quotidien. Lui qui passe ses journ&#233;es dehors et ses nuits au c&#339;ur du parc, ou dans un centre d'h&#233;bergement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3321 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-1516-a4b78.jpg?1782666426' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Pablo Chignard
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au S&#233;n&#233;gal, Waku Mo&#239;se tenait un restaurant &#224; Oussouye, dans le sud du pays : &#171; &lt;i&gt;Il figurait dans le&lt;/i&gt; Guide du routard &#187;, raconte-t-il fi&#232;rement. &#171; &lt;i&gt;J'ai un dipl&#244;me h&#244;telier, je peux te faire un b&#339;uf bourguignon si tu veux&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; En 2014, le cuisinier quitte son pays natal et rejoint sa famille &#224; Corbeil-Essonnes o&#249; son p&#232;re, militant au Raddho (Rencontre africaine pour la d&#233;fense des droits de l'Homme), a obtenu le statut de r&#233;fugi&#233; politique. Plus tard, Waku Mo&#239;se tombe amoureux, se marie et s'installe en Is&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Je travaillais comme auxiliaire de vie &#224; Saint-Marcellin dans un foyer pour handicap&#233;s, puis &#224; Roybon. On s'est s&#233;par&#233;s avec ma femme, alors je suis venu &#224; Grenoble en esp&#233;rant trouver le m&#234;me travail. Mais &#231;a n'a pas march&#233; et &#231;a fait dix mois que je vis &#224; la rue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Waku Mo&#239;se fait le tour des agences d'int&#233;rim et d&#233;croche quelques journ&#233;es de boulot, au centre de tri des d&#233;chets de l'agglom&#233;ration. &#171; &lt;i&gt;Je serais encore en train de travailler s'il n'y avait pas eu le coronavirus. Le centre de tri s'est s&#233;par&#233; des int&#233;rimaires, dont moi, et d'une partie des salari&#233;s, deux jours avant le confinement. Je n'ai plus de travail depuis. Je n'ai pas le droit au ch&#244;mage. Je vais &#234;tre pay&#233; le 12 avril, j'ai fait quatre jours d'int&#233;rim, alors vu que les Restaurants du c&#339;ur sont ferm&#233;s, je bricole comme je peux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses affaires sont &#233;parpill&#233;es chez des amis &#224; droite &#224; gauche. De temps en temps, il va y faire sa lessive. Ces m&#234;mes amis lui apportent &#224; manger et lui t&#233;l&#233;phonent mais, explique-t-il, &#171; &lt;i&gt;je ne dors plus chez eux, je n'ai pas envie d'&#234;tre une personne &#224; charge avec ce virus, je pr&#233;f&#232;re avoir mon autonomie&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je sens la froideur des gens, il y a de la m&#233;fiance &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Waku Mo&#239;se passe son temps dehors, le plus souvent dans le parc Paul-Mistral ou &#224; proximit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Les flics mettent quand m&#234;me la pression, je ne me sens pas tranquille en &#233;tant dehors. Ils viennent trois ou quatre fois par jour mais Dieu merci, ils ne m'ont mis aucune amende, ils semblent comprendre ma situation.&lt;/i&gt; &#187; Certaines nuits, il arrive &#224; se loger dans un centre d'h&#233;bergement : &#171; &lt;i&gt;Aux alg&#233;cos, &#224; c&#244;t&#233; de l'h&#244;tel de police. L&#224;-bas, il y a des toilettes communes et on se lave dehors. Faut partir entre 8 h et 8 h&lt;/i&gt; &lt;i&gt;30. On est trois ou quatre par chambre&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : mais qu'est-ce qu'on combat exactement&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Peut-&#234;tre que je suis un danger et porteur, peut-&#234;tre que ce sont les autres. Il faut des mesures idoines, chacun dans sa chambre ; mais ils ne veulent pas mettre les moyens pour nous qui sommes &#224; la rue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux hommes au loin s'approchent puis bifurquent. &#171; &lt;i&gt;H&#233;, venez me dire bonjour&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! C'est pas un flic. H&#233; les compatriotes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Ok vous voulez pas, vive la Guin&#233;e-Conakry&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; s'exclame Waku Mo&#239;se. Les compatriotes, ce sont tous les Africains subsahariens, surtout des Guin&#233;ens en demande d'asile avec qui il tra&#238;ne dans le parc, les rares personnes qui lui parlent encore. &#171; &lt;i&gt;Je sens la froideur des gens, ils sont de plus en plus &#233;loign&#233;s les uns des autres, ils se demandent qui est porteur et qui ne l'est pas, il y a de la m&#233;fiance. Les humains s'&#233;loignent de plus en plus depuis que le confinement a &#233;t&#233; mis en place. Plus personne ne me parle... Ah si, sauf cette dame l'autre jour qui est venue nous demander si on avait besoin de quelque chose, elle nous a donn&#233; cinq euros.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le parking, des joggeurs joggent, des trottinettes trottent, des vieux marchent, en silence. Waku Mo&#239;se tire sur son cigare et avale quelques gorg&#233;es de bi&#232;re. Les sir&#232;nes des flics retentissent. &#171; &lt;i&gt;Grenoble est une ville pleine d'activit&#233;, l&#224; c'est devenu une ville fant&#244;me, on dirait qu'il y a eu une guerre m&#234;me s'il n'y a pas de ruines, c'est triste. &#199;a craint, les lois et les d&#233;cisions qui sont prises se corsent, on est dans une guerre froide.&lt;/i&gt; &#187; Na&#239;vement, on lui demande comment il s'informe : &#171; &lt;i&gt;Avec les journaux que je ramasse, la t&#233;l&#233; quand je passe chez des amis, par le bouche-&#224;-oreille et en consultant Internet quand j'ai un peu de cr&#233;dit.&lt;/i&gt; &#187; Coup&#233; des gens mais pas du monde.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; J'ai une recette &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Waku Mo&#239;se s'y conna&#238;t en maladie infectieuse, lui qui dit avoir attrap&#233; dix fois le paludisme au pays. &#171; &lt;i&gt;En Afrique, cette maladie a rapport&#233; beaucoup d'argent aux industries pharmaceutiques, qui sont des entreprises occidentales &#233;videmment...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le Covid-19, qu'est-ce qu'on pourrait faire pour s'en soigner ? Lui a le rem&#232;de : &#171; &lt;i&gt;&#201;tant un petit peu traditionaliste, je crois pouvoir soigner les gens de ce virus. C'est une petite grippe compar&#233;e au paludisme&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon l'Organisation mondiale de la sant&#233;, plus de 400 000 personnes sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. J'ai une recette, j'en ai pr&#233;par&#233; et j'en ai pris. Dedans il y a de la myrrhe. C'est un arbre qui pousse en Afrique, avec ses graines on fait des huiles et &#231;a sert aussi contre la toux et la fi&#232;vre.&lt;/i&gt; &#187; D'un air malicieux, Waku Mo&#239;se conclut : &#171; &lt;i&gt;Tu rajoutes du citron et un autre ingr&#233;dient... que je ne vais pas te r&#233;v&#233;ler !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte et photo Pablo Chignard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon l'Organisation mondiale de la sant&#233;, plus de 400 000 personnes sont mortes du paludisme en 2018, pour la plupart en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au travail, &#171; le sabotage est une mani&#232;re de r&#233;sister mais aussi d'exister &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Au-travail-le-sabotage-est-une</link>
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		<dc:date>2019-09-30T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Victor</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Yeah ! G&#233;nial ! Encore un contrat pr&#233;caire. &#187; Un camion, une demi-journ&#233;e et dix-sept poubelles broy&#233;es plus tard : vir&#233;. Dans Le Travailleur de l'extr&#234;me, publi&#233; en 2018 aux &#233;ditions CMDE, &#196;ke Anst&#228;llning raconte ses aventures et d&#233;boires d'int&#233;rimaire. Des rayons de supermarch&#233; (&#171; Il me faut un vin pour accompagner une viande rouge. &#8211; Prenez de la bi&#232;re. &#187;) &#224; l'entretien des routes, de livreur &#224; &#233;boueur, celui qui est aussi musicien dans des groupes de punk retrace avec ironie et d&#233;go&#251;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no179-septembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;179 (septembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parce" rel="tag"&gt;Parce&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-ai" rel="tag"&gt;n'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Iggy-Pop" rel="tag"&gt;Iggy Pop&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-en-sortir" rel="tag"&gt;s'en sortir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parce-qu-on" rel="tag"&gt;parce qu'on&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Yeah ! G&#233;nial ! Encore un contrat pr&#233;caire.&lt;/i&gt; &#187; Un camion, une demi-journ&#233;e et dix-sept poubelles broy&#233;es plus tard : vir&#233;. Dans &lt;i&gt;Le Travailleur de l'extr&#234;me&lt;/i&gt;, publi&#233; en 2018 aux &#233;ditions CMDE, &#196;ke Anst&#228;llning raconte ses aventures et d&#233;boires d'int&#233;rimaire. Des rayons de supermarch&#233; (&#171; &lt;i&gt;Il me faut un vin pour accompagner une viande rouge. &#8211; Prenez de la bi&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;) &#224; l'entretien des routes, de livreur &#224; &#233;boueur, celui qui est aussi musicien dans des groupes de punk retrace avec ironie et d&#233;go&#251;t son quotidien dans le monde merveilleux des &#171; boulots de merde &#187; et ses tentatives, constantes et hilarantes, d'y &#233;chapper. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3036 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH401/-1271-651a3.jpg?1782641988' width='400' height='401' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Victor
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En plus de d&#233;crire des conditions de travail difficiles et absurdes, tu montres comment on peut s'en sortir en en foutant le moins possible, voire en emmerdant le monde. R&#233;sister et saboter, c'est la solution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne pense pas montrer comment s'en sortir puisque je finis toujours par me faire virer. Depuis que j'ai 19 balais, j'encha&#238;ne des boulots de merde plus ali&#233;nants les uns que les autres. Le sabotage est une mani&#232;re pour moi de r&#233;sister, mais aussi d'exister. Je n'ai pas le choix, soit je r&#233;siste soit je deviens tar&#233;. J'ai beaucoup de respect pour toutes ces ouvri&#232;res et ouvriers qui bossent toute leur vie dans des conditions atroces. Je ne suis pas n&#233;cessairement de mauvaise volont&#233;, mais il y a une ligne &#224; ne pas franchir &#8211; et qui est franchie au bout de quelques heures, voire minutes ! Si on me prend pour une merde et qu'on me crie dessus pour rien, tu peux &#234;tre s&#251;r que dans l'heure qui suit j'aurai balanc&#233; un bout de palette dans une machine pour la bloquer ou que je ne vais plus rien foutre. J'aimerais bien que tout cela me passe au-dessus de la t&#234;te, mais je ne peux pas. Ces conditions de travail m'affectent &#233;norm&#233;ment et le sabotage est une fa&#231;on pour moi de ne pas trop subir. Je suis comme tout le monde, j'ai besoin d'un peu de thune et donc de travailler. C'est un cercle merdique o&#249; je finis toujours par perdre. Je perds avec classe en ne me laissant pas faire, mais je perds quand m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont tes techniques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je n'ai aucune technique. Par contre j'aime bien rigoler, alors j'essaye toujours de faire en sorte d'emmerder les chefs en y mettant une bonne dose d'humour. Souvent je fais des conneries parce que je n'ai pas &#233;cout&#233; les consignes ou parce que la moustache du gars qui me parle me fait grave halluciner. &#192; partir du moment o&#249; humainement &#231;a devient insupportable, je passe en mode r&#233;sistance. Je ne suis pas dou&#233; pour survivre dans le monde du travail, mais pour les conneries je me d&#233;merde plut&#244;t pas mal&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est ta plus belle performance, ta plus grande r&#233;ussite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sans h&#233;sitation, ma plus grande perf' est de m'&#234;tre fait appeler Iggy Pop pendant plusieurs semaines par une personne de la s&#233;curit&#233; d'un magasin. Tous les matins, je signais &#8220;&lt;i&gt;Iggy Pop&lt;/i&gt;&#8221; sur la feuille de pr&#233;sence et tous les matins, j'avais le droit &#224; mon petit &#8220;&lt;i&gt;Bonjour Monsieur Iggy Pop.&lt;/i&gt;&#8221; Je me sentais un tr&#232;s bref instant comme une rock star&#8230; Je revenais rapidos &#224; la r&#233;alit&#233; quand je constatais que je portais un pauvre tablier pourri de marchand de fruits et l&#233;gumes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma plus belle r&#233;ussite est d'avoir sabot&#233; trois jours de transports pour une bo&#238;te d'agroalimentaire. Chaque palette correspondait &#224; un transporteur et j'avais tout m&#233;lang&#233; pour les faire chier : au bout de deux jours le t&#233;l&#233;phone n'arr&#234;tait pas de sonner, les clients &#233;taient furax. J'avais foutu un bordel pas possible. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le militant anarchiste &#201;mile Pouget (1860-1931) &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il a entre autres &#233;crit Le Sabotage (r&#233;&#233;dit&#233; notamment en 2005 aux Presses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; a dit : &#171; &lt;i&gt;&#192; mauvaise paye, mauvais travail.&lt;/i&gt; &#187; &#199;a te parle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui et non. Au prix o&#249; on est pay&#233;, &#233;videmment qu'il faut essayer d'en foutre le moins possible. Mais ce n'est pas parce qu'on me paiera 3 000 balles par mois que je suis pr&#234;t &#224; accepter l'inhumanit&#233; du monde du travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu d&#233;cris les relations entre coll&#232;gues, parfois d&#233;primantes (les d&#233;lations par exemple), parfois tr&#232;s joyeuses. &#192; plusieurs reprises, on pourrait parler d'un mode de (non)-action collective ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il m'est arriv&#233; de bien rigoler avec des coll&#232;gues qui comme moi avaient des contrats courts. Je me souviens d'une course de transpalette sur un parking de supermarch&#233; ou de mes trois semaines compl&#232;tement dingues et &#233;thyliques en tant que ripeur&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;boueur qui travaille &#224; l'arri&#232;re du camion-poubelle.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Mais c'est surtout d&#233;primant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but j'&#233;tais tr&#232;s surpris de la soumission des gens. J'&#233;changeais avec eux et elles sur les injustices, la charge de travail ing&#233;rable, la cruaut&#233; des chefs, mais rien n'y faisait : ils et elles haussaient les &#233;paules en me balan&#231;ant le fameux &#8220;&lt;i&gt;C'est comme &#231;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt;&#8221; Beaucoup justifient et/ou l&#233;gitiment cela parce qu'ils ou elles n'ont pas fait d'&#233;tudes. T'as pas fait d'&#233;tudes alors t'es qu'une merde et tu fermes ta gueule. D'autres sont us&#233;&#8226;es par des ann&#233;es de labeur. Je ne les comprends pas mais je les respecte, parce qu'on fait partie de la m&#234;me classe, celle des exploit&#233;&#8226;es. M&#234;me si je dois avouer que &#231;a m'&#233;nerve. Nous n'avons aucune conscience de classe et &#231;a me fout les boules. Nous n'avons pas &#224; subir cette exploitation. Rien ne justifie et encore moins ne l&#233;gitime de tels traitements. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as vu une &#233;volution, du c&#244;t&#233; de P&#244;le emploi ou des chefs ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les lois r&#233;centes durcissent encore plus le droit &#224; l'allocation ch&#244;mage. P&#244;le Emploi n'est ni plus ni moins qu'une police administrative. Je r&#234;verais d'offrir un k&#233;pi &#224; ma conseill&#232;re. Tu dois prouver que tu cherches du travail alors que personne ne r&#233;pond &#224; tes candidatures. Ils te demandent d'envoyer des lettres recommand&#233;es avec accus&#233; de r&#233;ception pour prouver tes recherches, mais &#224; six euros le courrier, quand t'as d&#233;j&#224; pas une thune&#8230; Les conseillers t'envoient &#224; droite &#224; gauche pour participer &#224; des conneries du genre &#8220;&lt;i&gt;Apprendre la r&#233;daction d'un CV&lt;/i&gt;&#8221; ou un &#233;ni&#232;me bilan de comp&#233;tences de merde. C'est une machine &#224; radier et &#224; broyer les gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les chefs ? Toujours aussi cons : un petit pouvoir ridicule suffit largement &#224; rendre les gens encore plus b&#234;tes qu'ils ne le sont&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel regard tu portes sur le mouvement des Gilets jaunes ? Tu as vu un changement dans le milieu du travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je n'ai pas assez de recul pour avoir un avis objectif. Dans cette soci&#233;t&#233; hyper individualiste, voir des gens se retrouver, s'organiser et &#233;changer sur un rond-point m'a touch&#233;. J'ai trouv&#233; &#231;a super cool tout le bordel qu'ils et elles ont foutu. La r&#233;cup&#233;ration politique qu'il y a eu derri&#232;re est pitoyable. Et que dire de la r&#233;pression ultra violente de la police ?&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regrette que les revendications se soient concentr&#233;es sur la r&#233;mun&#233;ration du travail et les taxes trop &#233;lev&#233;es. Les pr&#233;caires (ch&#244;meurs, allocataires du RSA, etc.) ont massivement rejoint le mouvement mais leurs revendications sont pass&#233;es totalement &#224; la trappe. Imagine si ce mouvement n'avait &#233;t&#233; qu'un mouvement de pr&#233;caires. Aurait-il eu le m&#234;me soutien populaire ? Je suis certain que non, on aurait insult&#233; les manifestant&#8226;es, on les aurait trait&#233;&#8226;es de fain&#233;ant&#8226;es, on leur aurait dit qu'ils et elles n'avaient qu'&#224; trouver du travail et de ne pas emp&#234;cher les autres de travailler&#8230; Il existe une v&#233;ritable d&#233;testation des pr&#233;caires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as une tr&#232;s forte r&#233;sistance, mais est-ce que tu ne risques pas l'&#233;puisement ? D'ailleurs, le travail t'a rendu litt&#233;ralement malade : tu t'es cass&#233; le dos. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est dr&#244;le que tu me dises &#231;a parce que je ne pense pas avoir une forte r&#233;sistance. En sabotant le travail, je sais que je vais me faire virer&#8230; Ce sont toutes ces femmes et tous ces hommes qui tous les jours vont &#224; l'usine qui ont une tr&#232;s forte r&#233;sistance. Moi je d&#233;cide de saboter parce que je ne peux plus, parce que c'est trop dur physiquement et surtout humainement. Je ne te dis pas le nombre de fois o&#249; je me suis retrouv&#233; &#224; 4 heures du mat' devant mon caf&#233; les larmes aux yeux parce que je n'en pouvais plus&#8230; C'est ma fragilit&#233; face aux relations humaines compliqu&#233;es bas&#233;es sur des rapports de domination qui me pousse &#224; agir de cette mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ouais, le travail m'a d&#233;fonc&#233; le dos et bien comme il faut. Deux hernies discales dont une paralysante. Les bo&#238;tes proposent souvent une matin&#233;e d'information sur les bonnes postures &#224; prendre afin de pr&#233;server sa sant&#233; et notamment son dos. &#192; la minute o&#249; on quitte la salle, les responsables n'en ont plus rien &#224; foutre &lt;i&gt;[voir p. VIII]&lt;/i&gt;, Si on devait appliquer toutes les bonnes postures, la productivit&#233; baisserait un chouia et &#231;a, c'est inimaginable. Alors les gens continuent &#224; s'ab&#238;mer la sant&#233; &#224; vitesse grand V... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il a entre autres &#233;crit &lt;i&gt;Le Sabotage&lt;/i&gt; (r&#233;&#233;dit&#233; notamment en 2005 aux Presses du r&#233;el). Syndicaliste &#224; la CGT, il y a fait adopter en 1897 ce principe comme un outil de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;boueur qui travaille &#224; l'arri&#232;re du camion-poubelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le film d'une garde &#224; vue de masse</title>
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&lt;p&gt;Dans 317, un documentaire collectif, des victimes d'humiliations polici&#232;res t&#233;moignent. Leur point commun ? Avoir particip&#233; &#224; la manifestation interdite du 29 novembre 2015 &#224; Paris, la veille de l'ouverture de la COP21. Cette manifestation pour le climat &#233;tait pr&#233;vue de longue date. Mais les attentats du 13 novembre sont pass&#233;s par l&#224; : deux semaines apr&#232;s le carnage du Bataclan, la France a bascul&#233; dans l'&#233;tat d'urgence. Ce 29 novembre 2015, le rassemblement est interdit. Quelques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no161-janvier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;161 (janvier 2018)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;317&lt;/i&gt;, un documentaire collectif, des victimes d'humiliations polici&#232;res t&#233;moignent. Leur point commun ? Avoir particip&#233; &#224; la manifestation interdite du 29 novembre 2015 &#224; Paris, la veille de l'ouverture de la COP21.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2073 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH589/-352-17cb6.jpg?1782647403' width='400' height='589' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par JMB (Bertoyas).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette manifestation pour le climat &#233;tait pr&#233;vue de longue date. Mais les attentats du 13 novembre sont pass&#233;s par l&#224; : deux semaines apr&#232;s le carnage du Bataclan, la France a bascul&#233; dans l'&#233;tat d'urgence. Ce 29 novembre 2015, le rassemblement est interdit. Quelques milliers de personnes se retrouvent quand m&#234;me &#224; Paris, place de la R&#233;publique, pour rappeler notamment que &#171; &lt;i&gt; le v&#233;ritable &#233;tat d'urgence est climatique&lt;/i&gt; &#187;. Mais elles sont nass&#233;es par les CRS. Grenades lacrymog&#232;nes : &#171; &lt;i&gt;D'un coup, &#231;a br&#251;le tr&#232;s fort les yeux, la gorge, &#231;a arrache&lt;/i&gt; &#187;, se rappelle une militante. &#171; &lt;i&gt; Je n'ai rien vu venir ; je n'ai pas compris que m&#234;me dans l'immobilit&#233; cela pouvait surgir&lt;/i&gt; &#187;, confesse un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce sont de petits groupes violents qui s'en sont pris aux forces de l'ordre avec des projectiles&lt;/i&gt; &#187;, dira le pr&#233;fet de police de Paris, photos &#224; l'appui. Chez les manifestants qui t&#233;moignent dans le film, soit directement, soit par le truchement de com&#233;diens, on se souvient surtout de violences polici&#232;res gratuites. Une f&#233;rocit&#233; dans les gestes &#8211; &#171; &lt;i&gt;Un vieux bonhomme de plus de 70 ans, maigre, les cheveux blancs, se fait tabasser par les CRS parce qu'il ne reculait pas assez vite ; plus tard, il se retrouvera dans ma cellule, incapable de marcher.&lt;/i&gt; &#187; Un d&#233;cha&#238;nement dans les mots &#8211; &#171; &lt;i&gt; Il n'y a plus de cam&#233;ras, ferme ta gueule parce que sinon je vais te saigner comme un cochon&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Mongols&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Connards de gauchistes&lt;/i&gt; &#187;... &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;317 personnes se retrouvent en garde &#224; vue. L'exp&#233;rience, in&#233;dite pour beaucoup, est brutale. Une personne est menott&#233;e, rapporte une manifestante, et les policiers &#171; &lt;i&gt;s'amusent&lt;/i&gt; &#187; &#224; lui tordre les poignets. Dans un panier &#224; salade, se rappelle un autre protestataire, &#171; &lt;i&gt; un camarade&lt;/i&gt; &#187; se retrouve braqu&#233; avec un fusil mitrailleur &#224; dix centim&#232;tres de sa bouche : &#171; &lt;i&gt;Alors, t'as peur ?&lt;/i&gt; &#187;, rigole le policier. &#171; &lt;i&gt;C'est quoi, ton probl&#232;me avec la COP21 ? Je suis s&#251;r que tu ne sais m&#234;me pas pourquoi t'es l&#224;...&lt;/i&gt; &#187;, balance un autre agent. Au bout de quelques heures de garde &#224; vue, une militante veut contacter un proche et un avocat : trop tard, lui r&#233;pond-on. &#171; &lt;i&gt;&#199;a a &#233;t&#233; d'une violence que je n'avais jamais vue et que je n'ai pas envie de revoir&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;&#199;a a &#233;t&#233; tellement fort qu'on a franchement cette peur de se dire qu'ils peuvent nous arr&#234;ter &#224; tout moment&#8230; Que tout est autoris&#233;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2074 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L461xH614/-353-c8937.jpg?1782647403' width='461' height='614' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;alis&#233; par un collectif issu de la manifestation, le film, d'une dur&#233;e d'une heure, ne s'arr&#234;te pas &#224; ces r&#233;cits poignants. Il propose aussi une analyse de la r&#233;pression en p&#233;riode d'&#233;tat d'urgence et de grands raouts diplomatiques, ces &#171; &lt;i&gt; moments de pouvoir tr&#232;s importants&lt;/i&gt; &#187; o&#249; &#171; &lt;i&gt;on applique &#224; des militants l'arsenal antiterroriste&lt;/i&gt; &#187;, comme l'explique la politologue Vanessa Codaccioni. Et puis, il y a Samir Baaloudj, militant des quartiers populaires, pour rappeler salutairement que dans les coins o&#249; il a grandi, la brutalit&#233; polici&#232;re s'applique depuis longtemps : &#171; &lt;i&gt;Moi, je vis l'&#233;tat d'urgence depuis l'&#226;ge de treize ans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&#034;https://les317.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;film 317&lt;/a&gt; est disponible en ligne gratuitement !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
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