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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les clich&#233;s ont la peau dure</title>
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		<dc:date>2022-10-07T10:54:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Serge D'Ignazio</dc:subject>
		<dc:subject>Pablo Chignard</dc:subject>
		<dc:subject>Tomagnetik</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vous avez pu les croiser de-ci de-l&#224; dans les colonnes de CQFD, tant ces chasseurs d'images sont des habitu&#233;s des luttes sociales, qu'ils photographient avec une approche militante revendiqu&#233;e. Et c'est donc avec grand plaisir que l'on parle ici du travail de Serge d'Ignazio, Tomagnetik et Pabloc. D'autant que l'occasion est excellente, puisqu'on peut d&#233;couvrir leur sensibilit&#233; via trois livres bien p&#234;chus tout juste sortis chez Niet ! &#233;ditions : Gilets jaunes &#224; Paris, La Bataille de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no189-juillet-aout-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;189 (juillet-ao&#251;t 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Serge-D-Ignazio" rel="tag"&gt;Serge D'Ignazio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pablo-Chignard-313" rel="tag"&gt;Pablo Chignard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tomagnetik" rel="tag"&gt;Tomagnetik&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vous avez pu les croiser de-ci de-l&#224; dans les colonnes de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, tant ces chasseurs d'images sont des habitu&#233;s des luttes sociales, qu'ils photographient avec une approche militante revendiqu&#233;e. Et c'est donc avec grand plaisir que l'on parle ici du travail de Serge d'Ignazio, Tomagnetik et Pabloc. D'autant que l'occasion est excellente, puisqu'on peut d&#233;couvrir leur sensibilit&#233; via trois livres bien p&#234;chus tout juste sortis chez Niet ! &#233;ditions : &lt;i&gt;Gilets jaunes &#224; Paris&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Bataille de la Plaine&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Col&#232;re jaune (ronds-points en Is&#232;re)&lt;/i&gt;. Pr&#233;sentation et discussion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;I&lt;/span&gt;l y a dans les trois livres de photographies &#224; prix cass&#233;s (6 euros ma bonne dame&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dont un euro revers&#233; aux caisses anti-rep, la classe.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;) sortis par les copains des &#233;ditions Niet ! comme un c&#244;t&#233; inventaire &#224; la Pr&#233;vert versant contestation &#8211; murs qui tombent ; feux de palettes ; voitures renvers&#233;es ; foules en branle ; slogans qui claquent ; majeurs qui se dressent ; assembl&#233;es sauvages, etc. Et cela a un effet tout &#224; fait revigorant. Bien s&#251;r, le pr&#233;sent n'invite pas exactement au grand sourire ravi, moi-m&#234;me je sais, mais ces trois &#233;chantillons visuels de luttes r&#233;centes rappellent cette &#233;vidence : la semi-apathie actuelle ne durera pas, tant les deux ou trois ann&#233;es qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e ont &#233;t&#233; riches en &#233;ruptions et en cr&#233;ativit&#233; rebelles. Toute cette &#233;nergie cr&#233;pitante n'a pas pu dispara&#238;tre, virus ou pas virus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re impression : chacun de ces ouvrages d&#233;roule au fil des pages une ambiance fort diff&#233;rente, tant les contextes de ces luttes et la sensibilit&#233; des photographes diff&#232;rent. &lt;i&gt;Gilets jaunes &#224; Paris&lt;/i&gt;, de Serge d'Ignazio, est une plong&#233;e dans divers &#171; actes &#187; parisiens &#233;chelonn&#233;s de novembre 2018 &#224; mars 2019 &#8211; clich&#233;s en noir et blanc montrant les affrontements, les vitrines fracass&#233;es, l'urgence du moment, mais aussi les moments de fraternit&#233; et d'intense communion dans la reprise de la rue. Dans &lt;i&gt;La Bataille de la Plaine&lt;/i&gt; du fringant Tomagnetik, on est transport&#233;s &#224; Marseille, &#224; deux pas du local de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, en 2018 et 2019, quand la population de ce quartier encore un chou&#239;a populaire s'est joyeusement soulev&#233;e contre un projet de requalification et de gentrification attentatoire &#224; l'esprit du lieu &#8211; l&#224;-aussi le noir et blanc domine, mais les modes d'actions sont plus vari&#233;s, avec des tirs &#224; la corde, la mont&#233;e d'un chapiteau, des cercueils s'invitant en manif ou la r&#233;appropriation d'un chantier devenu terre d'ap&#233;ro. Quant &#224; &lt;i&gt;Col&#232;re jaune&lt;/i&gt;, de Pabloc&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui participe activement au Postillon, super canard rebelle bas&#233; &#224; Grenoble (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, il se d&#233;roule en couleurs chaudes (de novembre 2018 &#224; mai 2019), avec une dominante jaune fortement marqu&#233;e &#8211; celle des gilets des occupants d'obscurs ronds-points is&#233;rois, mais aussi des braseros et des feux de palettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois livres, trois ambiances, donc. Il ne s'agit pourtant pas de les opposer, loin de l&#224;. Car chacun des trois photographes le dit &#224; sa mani&#232;re : en appuyant sur le d&#233;clencheur, ils ne veulent pas figer l'instant, mais bien le prolonger, le r&#233;percuter. Comme si l'appareil pouvait accompagner le mouvement fugace d'une lutte &#8211; que celle-ci s'incarne dans un projectile balanc&#233;, un slogan peinturlur&#233; ou un rond-point occup&#233; jour et nuit. Il y a donc la violence &#8211; et d'abord celle de la r&#233;pression &#8211; mais aussi la joie, l'&#233;nergie, l'enthousiasme, la cr&#233;ativit&#233;, les sourires et les coudes serr&#233;s. C'est pas rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;voquer plus pr&#233;cis&#233;ment leurs approches respectives, nous avons propos&#233; aux trois braconniers visuels de commenter une photo de leur choix, tir&#233;e de chaque livret, avec leurs mots, leur sensibilit&#233;. Verbatim.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tomagn&#233;tik : &#171; Les animaux de la Plaine qui s'&#233;chappent de leur cage &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/toman-reduit.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH340/toman-reduit-0484d.jpg?1779902464' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Tomagn&#233;tik
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai pris cette photo en 2018, &#224; l'&#233;poque o&#249; la place Jean-Jaur&#232;s&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nom officiel de cette place que les Marseillais appellent la Plaine, terme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#233;tait int&#233;gralement entour&#233;e d'un grand mur de deux m&#232;tres cinquante de haut, construit pour que les opposants au projet de requalification ne puissent plus mettre de b&#226;tons dans les roues du chantier. Un symbole tr&#232;s violent, hideux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir-l&#224;, c'&#233;tait la premi&#232;re fois que les opposants au projet parvenaient &#224; faire tomber des pans du mur et se retrouvaient de l'autre c&#244;t&#233;. C'&#233;tait &#224; l'occasion d'un concert sauvage. Des gens avaient profit&#233; de l'&#233;v&#233;nement pour amener des sangles. Les pr&#233;sents ont tir&#233;, tir&#233;, et deux pans du mur ont fini par tomber. Il y avait une vraie joie dans l'air. Et c'est l&#224; que j'ai vu quelqu'un &#233;crire &#8220;&lt;i&gt;Coucou on est l&#224;&lt;/i&gt;&#8221;, puis une autre personne adopter cette posture un peu &#233;trange, comme un singe, un animal perch&#233; sur son rocher, qui s'invite l&#224; o&#249; il n'est pas le bienvenu, &lt;i&gt;boing boing&lt;/i&gt;. Il y a presque un c&#244;t&#233; zoo en n&#233;gatif, photo animali&#232;re. Ce sont les animaux de la Plaine qui s'&#233;chappent de leur cage, tout un mouvement saisi &#224; la vol&#233;e, l'inverse du confinement. Une forme de r&#233;appropriation bien r&#233;sum&#233;e par un autre tag inscrit ce jour-l&#224; : &#8220;&lt;i&gt;Et la Plaine elle est &#224; qui&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Elle est &#224; nous&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#8220;&lt;i&gt;Coucou on est l&#224;&lt;/i&gt;&#8221; n'est pas anodin. C'est un message &#224; la fois l&#233;ger et puissant : on frappe &#224; la porte et elle ne veut pas s'ouvrir ? Eh bien, faites place, on est l&#224;. J'y vois un c&#244;t&#233; annonciateur des Gilets jaunes : vous ne voulez pas nous voir mais nous on s'en fout, on s'invite, on fait tomber vos murs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un clich&#233; &#224; la fois marrant et grave, qui symbolise bien l'esprit frondeur de la Plaine. Il y a le c&#244;t&#233; humoristique et l&#233;ger, mais aussi la rudesse de l'environnement, ce mur qui enferme. C'est quelque chose que j'essaie de d&#233;fendre dans mon travail : la&lt;i&gt; lucidit&#233;&lt;/i&gt; ludique. Ou la ludicit&#233; lucide&lt;i&gt; [rires]&lt;/i&gt;. Et ici ce n'est ni le cadrage qui compte, ni la technique, mais simplement le fait d'avoir &#233;t&#233; l&#224; au bon moment, engag&#233; dans la lutte et la f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une autre photo dans le livre que je trouve tr&#232;s parlante et qui fait &#233;cho &#224; celle-ci, c'est celle du vigile retenant son chien, lequel a l'air &#233;minemment f&#233;roce avec ses yeux fous. La sc&#232;ne faisait suite &#224; une action o&#249; l'on avait fait tomber la grille prot&#233;geant le chantier. Et l&#224; il y avait eu tout de suite une violence r&#233;pressive en r&#233;action &#224; ce mouvement de lib&#233;ration, qui s'exprimait via un animal qui cette fois-l&#224; appartenait au camp d'en face &#8211; contrairement au &lt;i&gt;singe&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, je ne vis plus &#224; la Plaine. Mais je reste marqu&#233; par cette p&#233;riode de lutte. Et je trouve que c'est important de t&#233;moigner de ce qui s'est pass&#233; &#8211; cette belle r&#233;sistance urbaine. Au fond, on n'a ni gagn&#233; ni perdu, mais v&#233;cu un sacr&#233; truc. On sait bien que les am&#233;nageurs veulent faire de ce lieu de vie un truc d'abrutis, de marchands, et que les travaux toujours en cours ont pour objectif de vider la place de son &#226;me. Mais pour l'instant rien n'est fait, parce qu'il y a toujours des gens qui refusent de plier et continuent &#224; porter ce message : &#8220;&lt;i&gt;Coucou on est l&#224;&lt;/i&gt;&#8221;. Et d'ailleurs le livre se finit par une photographie d'une autre inscription forte parlante, sur une banderole : &#8220;&lt;i&gt;On ne partira pas&lt;/i&gt;&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Serge d'Ignazio : &#171; J'ai choisi mon camp &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4753 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/serg-reduit.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/serg-reduit-21202.jpg?1779902464' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Serge d'Ignazio
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Choisir une photographie, c'est forc&#233;ment en mettre de c&#244;t&#233; plein d'autres, sur lesquelles sont pr&#233;sents des milliers de femmes et d'hommes de toutes conditions et origines. L'exercice est donc difficile, frustrant. Apr&#232;s avoir h&#233;sit&#233;, j'ai finalement choisi celle qui est plac&#233;e en 4e de couverture, une photographie de l'avenue des Champs-&#201;lys&#233;es, lors de l'acte IV des Gilets jaunes, le 8 d&#233;cembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce clich&#233; ayant &#233;galement servi &#224; illustrer la couverture du livre de Ludivine Bantigny, &lt;i&gt;La plus belle avenue du monde &#8211; une histoire sociale et politique des Champs-&#201;lys&#233;es&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions La D&#233;couverte.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, j'en profite pour le citer : &lt;i&gt;&#8220;Les Champs sont un concentr&#233; de richesses, de d&#233;mesure et d'in&#233;galit&#233;. Mais un lieu intens&#233;ment politique, comme une m&#233;taphore du monde tel qu'il est disput&#233;, attaqu&#233;, refus&#233;. &#8220;La plus belle avenue du monde&#034; serait-elle aussi la plus rebelle&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette courte description r&#233;sume tr&#232;s bien ce qui se joue &#224; ce moment-l&#224; et continue de se jouer : &lt;i&gt;la lutte de classe&lt;/i&gt;. On voudrait la faire oublier, la ringardiser, mais cet antagonisme existe bel et bien. C'est un incessant combat, qu'il faut toujours mener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce clich&#233; symbolise cette lutte de classe : face &#224; des femmes et des hommes r&#233;clamant simplement plus de justice sociale et de dignit&#233;, sont entass&#233;es des forces de l'ordre, arm&#233;es, casqu&#233;es, sur&#233;quip&#233;es. &#192; travers cette photographie, je suis partie prenante de cette situation. Moi-m&#234;me ouvrier, fils d'ouvrier, j'ai choisi mon camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi photographi&#233; &lt;i&gt;la violence&lt;/i&gt;, cette fameuse violence, film&#233;e, montr&#233;e en boucle sur tous les grands m&#233;dias (vitrines cass&#233;es, voitures retourn&#233;es, etc.). Rien de plus facile &#224; mettre en images : c'est spectaculaire et permet de faire intervenir sur tous les plateaux TV les experts en poubelles en flammes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est une violence bien plus insoutenable, qu'il est difficile de capter, c'est la violence sociale, la violence des fins de mois, la violence d'un licenciement, la violence de ne pas pouvoir se nourrir ou se soigner correctement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vitrine, une voiture se remplace ais&#233;ment, un emploi perdu ou jamais obtenu plus difficilement. Dans le livret de Niet !&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que Serge tient &#224; remercier &#8211; chose faite. Il tient par ailleurs &#224; ajouter (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, les photographies se concentrent sur Paris, mais il y a eu dans la France enti&#232;re &#8211; et m&#234;me au-del&#224; des fronti&#232;res &#8211; des prises de conscience. Des solidarit&#233;s se sont forg&#233;es ; elles survivront de longues ann&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pabloc : &#171; Un feu de palette cr&#233;pite &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4755 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/pabloc-reduit.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH326/pabloc-reduit-29d76.jpg?1779902465' width='500' height='326' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Pabloc
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; 10 d&#233;cembre 2018, 20 heures et des poussi&#232;res. Une dizaine de Gilets jaunes &#233;coutent le discours de Macron apr&#232;s trois semaines de r&#233;voltes dans tout le pays. On est au rond-point du Minotaure &#224; Voreppe, en Is&#232;re, devant la cabane &#8220;Paradise II&#8221; d&#233;truite par les bleus et reconstruite dans la foul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au centre, Morgan, la vingtaine, travaillait dans la restauration. Combien de temps est-il rest&#233; la clope au bec sans l'allumer, le regard d&#233;termin&#233;, concentr&#233; et en col&#232;re contre l'homme, si petit, qui lui faisait face ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&lt;i&gt;Quand la violence se d&#233;cha&#238;ne, la libert&#233; cesse. C'est donc d&#233;sormais le calme et l'ordre r&#233;publicain qui doivent r&#233;gner. Nous y mettrons tous les moyens car rien ne se construira de durable tant qu'on aura des craintes pour la paix civile.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les smartphonespectateurs le conspuent et ce pendant treize minutes, le temps de son verbiage pr&#233;enregistr&#233;. Macron annonce l'annulation de la hausse de la CSG&lt;i&gt; [contribution sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e]&lt;/i&gt; pour les retrait&#233;s qui touchent moins de 2 000 euros, des heures sup' sans imp&#244;ts ni charges, 100 balles sans le Mars pour les smicards, une prime de fin d'ann&#233;e vers&#233;e au bon vouloir des employeurs et un &#8220;grand d&#233;bat national&#8221; en perspective. Rien n'y fait, les Gilets jaunes le traitent de tous les noms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&lt;i&gt;Je sais que certains voudraient dans ce contexte que je revienne sur la r&#233;forme de l'imp&#244;t sur la fortune, mais pendant pr&#232;s de quarante ans, il a exist&#233; ; vivions-nous mieux durant cette p&#233;riode ? Les plus riches partaient et notre pays s'affaiblissait.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des semaines, le rond-point a vu d&#233;filer des centaines de chasubles jaunes. Elles &#233;rigeaient des cabanes, tractaient les automobilistes en faveur du RIC &lt;i&gt;[r&#233;f&#233;rendum d'initiative citoyenne]&lt;/i&gt;, discutaient, s'engueulaient, envahissaient l'autoroute &#224; proximit&#233;, organisaient des p&#233;ages gratuits et bloquaient la d&#233;partementale &#224; l'aide de barricades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait l&#224;, entre autres : Ren&#233;, 57 ans, retrait&#233; pour invalidit&#233; de la fonction publique territoriale et ses 800 euros par mois. Laetitia, 40 ans, qui bossait comme factrice et dans un Ehpad. Denis, 66 ans, ancien ouvrier qui en &#171; [avait] &lt;i&gt;bouff&#233; de l'amiante sur les chantiers&lt;/i&gt; &#187;, et se retrouvait avec 1 000 euros de retraite. &#201;lodie, la trentaine, dans l'immobilier pour 1 300 euros, pr&#233;sente tous les midis et qui ne ratait aucune manif hebdomadaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&lt;i&gt;J'entends que le gouvernement poursuive l'ambition des transformations de notre pays que le peuple a choisie il y a maintenant dix-huit mois ; nous avons devant nous &#224; conduire une r&#233;forme profonde de l'&#201;tat, de l'indemnisation du ch&#244;mage et des retraites.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Elles sont indispensables.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Nous voulons des r&#232;gles plus justes, plus simples, plus claires et qui r&#233;compensent ceux qui travaillent.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non loin du smartphone, un feu de palette cr&#233;pite. Il est d&#233;sert&#233; pour ce quart d'heure de t&#233;l&#233;vision dans la boue. &#192; l'int&#233;rieur de la cabane, Jacky, retrait&#233;, grignote seul un bout de pizza. Lui s'en fout du discours, il ne veut pas l'&#233;couter. Il n'attend rien du pr&#233;sident honni. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dont un euro revers&#233; aux caisses anti-rep, la classe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui participe activement au &lt;i&gt;Postillon&lt;/i&gt;, super canard rebelle bas&#233; &#224; Grenoble o&#249; il ne cesse de ruer dans les portillons (d&#233;so pas d&#233;so).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nom officiel de cette place que les Marseillais appellent la Plaine, terme qui d&#233;signe aussi le quartier alentour.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ditions La D&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Que Serge tient &#224; remercier &#8211; chose faite. Il tient par ailleurs &#224; ajouter ceci : &#171; &lt;i&gt;Je me permets de signaler que, le 22 septembre 2020, sortira aux &#233;ditions Adespote un livre ayant pour titre : On est l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Cet ouvrage rassemblera 150 photos en noir et blanc. Elles seront accompagn&#233;es d'une dizaine de textes &#8211; r&#233;cits ou commentaires &#8211; d'acteurs et d'actrices de ce mouvement historique. L'int&#233;gralit&#233; des droits d'auteur du livre sera vers&#233;e &#224; la Ligue des droits de l'Homme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Sur la Plaine, des vigiles et des coups</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Pour s&#233;curiser le chantier contest&#233; de r&#233;novation de la Plaine, l'entreprise publique charg&#233;e des travaux a fait appel &#224; une soci&#233;t&#233; de s&#233;curit&#233; abonn&#233;e aux exc&#232;s de z&#232;le. Sur fond de sexisme et d'homophobie, les r&#233;cits d'agression se multiplient. Un chantier, des gravats, des vigiles. Bienvenue sur la Plaine (place Jean-Jaur&#232;s), lieu embl&#233;matique d'un Marseille populaire, festif et militant que la mairie se pla&#238;t &#224; imaginer six pieds sous terre. Depuis l'automne dernier, la place se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tomagnetik" rel="tag"&gt;Tomagnetik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marie" rel="tag"&gt;Marie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lisa" rel="tag"&gt;Lisa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour s&#233;curiser le chantier contest&#233; de r&#233;novation de la Plaine, l'entreprise publique charg&#233;e des travaux a fait appel &#224; une soci&#233;t&#233; de s&#233;curit&#233; abonn&#233;e aux exc&#232;s de z&#232;le. Sur fond de sexisme et d'homophobie, les r&#233;cits d'agression se multiplient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH321/-1392-82316.jpg?1779622897' width='500' height='321' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Tomagn&#233;tik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;n chantier, des gravats, des vigiles. Bienvenue sur la Plaine (place Jean-Jaur&#232;s), lieu embl&#233;matique d'un Marseille populaire, festif et militant que la mairie se pla&#238;t &#224; imaginer six pieds sous terre. Depuis l'automne dernier, la place se refait une &#171; beaut&#233; &#187;. Une r&#233;novation que beaucoup auraient pu accepter, &#224; condition qu'elle ne se fasse pas au prix de l'identit&#233; du quartier. Rat&#233;. Apr&#232;s une &#171; &lt;i&gt;concertation&lt;/i&gt; &#187; bidonn&#233;e et une s&#233;rie de mensonges &#233;hont&#233;s&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entre autres, de vaines promesses de transplantations d'arbres, de pistes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la municipalit&#233; a mis le paquet pour mener &#224; bien son projet de requalification impos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le top d&#233;part des travaux est donn&#233; le 15 octobre 2018, entra&#238;nant une vive contestation suivie d'une r&#233;pression muscl&#233;e. Un mur est m&#234;me &#233;rig&#233; autour des 2,5 hectares de chantier. Un an plus tard, les travaux de la Plaine sont loin d'&#234;tre termin&#233;s, mais une bonne partie dudit mur a &#233;t&#233; retir&#233;. Une partie de la place a &#233;t&#233; restitu&#233;e aux Marseillais et l'on peut aujourd'hui marcher sur une all&#233;e min&#233;ralis&#233;e et aseptis&#233;e pompeusement appel&#233;e &lt;i&gt;rambla&lt;/i&gt;. Marie&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; l'emprunte souvent. Comme ce mercredi soir de septembre.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Sales lesbiennes ! Salopes ! Connasses ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Il est environ minuit quand, rentrant d'une soir&#233;e avec une amie, Marie est prise d'une soudaine envie d'uriner. Faute de toilettes publiques, les deux jeunes femmes d&#233;cident de s'&#233;loigner de l'all&#233;e &#233;clair&#233;e et de p&#233;n&#233;trer dans le chantier. &#201;cartant la grille &#224; demi ouverte, elles tombent nez &#224; nez avec cinq vigiles salari&#233;s de la soci&#233;t&#233; de s&#233;curit&#233; AMGS, un sous-traitant embauch&#233; par la Soleam&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La soci&#233;t&#233; d'&#233;conomie mixte en charge de la &#171; requalification &#187; du quartier.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Marie s'excuse et s'appr&#234;te &#224; faire demi-tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que, raconte Marie, elle et son amie se font violemment agripper par les vigiles. Torrent d'insultes : &#171; &lt;i&gt;Sales lesbiennes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Salopes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Connasses&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Choqu&#233;e, l'amie de Marie sort son portable et s'appr&#234;te &#224; filmer. Pas de quoi d&#233;stabiliser les agents qui, toujours d'apr&#232;s Marie, s'emparent de l'objet et poussent les deux jeunes femmes &#224; l'ext&#233;rieur du chantier en les narguant, portable &#224; la main et sourire aux l&#232;vres. Le ton monte.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Et je suis rest&#233;e avec mon sang sur les cuisses &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me soir, Alice rentrait chez elle avec des amies quand elle a entendu hurler : &#171; &lt;i&gt;Les vigiles &#233;taient dans le chantier, les deux filles de l'autre c&#244;t&#233;. On a essay&#233; de n&#233;gocier le t&#233;l&#233;phone.&lt;/i&gt; &#187; En retour, Alice affirme s'&#234;tre fait copieusement insulter : &#171; &lt;i&gt;Petite conne&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Petite pute&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Elle explique aussi s'&#234;tre fait menacer de viol, l'un des vigiles lui signifiant qu'elle n'avait pas int&#233;r&#234;t &#224; le croiser en dehors du chantier. &#171; &lt;i&gt;Ils ont ensuite commenc&#233; &#224; d&#233;truire une barri&#232;re&lt;/i&gt; [d&#233;limitant le chantier] &lt;i&gt;puis l'un d'eux s'est ru&#233; sur moi, m'a gaz&#233;e &#224; bout portant et m'a jet&#233;e &#224; terre. Je me suis relev&#233;e, il m'a rejet&#233;e au sol.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;e sur les lieux, la police embarque Alice, Marie, son amie et une quatri&#232;me personne. Direction le commissariat o&#249; elles passeront plus de quinze heures en garde &#224; vue : autres agents, m&#234;me ambiance. Alice a ses r&#232;gles, mais pas de protections : &#171; &lt;i&gt;Impossible de r&#233;cup&#233;rer un tampon ou une serviette, ils ont refus&#233; de m'en donner. Les flics rigolaient et moi, je suis rest&#233;e avec mon sang sur les cuisses.&lt;/i&gt; &#187; Quant &#224; la quatri&#232;me personne interpell&#233;e, elle effectuera sa garde &#224; vue dans la cellule des hommes alors que, transsexuelle, elle avait demand&#233; &#224; rester avec les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Des bleus sur le cou &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis un an, au comptoir des troquets ou dans les r&#233;unions de l'assembl&#233;e du quartier, les r&#233;cits de ce genre affluent. Parmi eux, celui de Lisa. Le 28 novembre 2018, il est 22 h quand elle p&#233;n&#232;tre dans le chantier qui, &#224; ce moment-l&#224;, est encore int&#233;gralement mur&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je voulais faire quelques photos de la place en l'&#233;tat, la nuit, &lt;/i&gt;explique-t-elle.&lt;i&gt; C'&#233;tait un peu os&#233; c'est s&#251;r, mais je me disais : au pire ils me virent.&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt; C'&#233;tait qu'un jeu.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T&#233;moignage recueilli par le site Mars infos autonomes : &#171; Menaces de viol, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187; un jeu que les vigiles prennent tr&#232;s au s&#233;rieux. Lisa s'en rend compte et tente de reculer vers la sortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de passer le portail, l'un d'eux, dit-elle, l'attrape par le sac &#224; dos et la propulse en arri&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Ils m'empoignent par les &#233;paules et commencent &#224; m'insulter : &#8220;Esp&#232;ce de pute, esp&#232;ce de salope, d&#233;gage de l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&#8221;&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Les deux me tiennent, l'un par l'&#233;paule l'autre par le cou. Je commence vraiment &#224; flipper.&lt;/i&gt; &#187; Lisa explique que, malgr&#233; ses efforts pour rester calme, les agents la pousseront &#224; bout jusqu'&#224; ce qu'elle craque et crache &#224; la figure de l'un d'eux. Le surlendemain, elle consulte un m&#233;decin : &#171; &lt;i&gt;Il a constat&#233; des bleus sur le cou, le dos et les deux jambes, avec traces de doigts. Ainsi qu'une grosse bosse sur le sacrum.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il y a plus d'impact quand c'est une femme qui vient se plaindre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Porter plainte ? Lisa s'y est coll&#233;e, Alice et Marie s'y refusent : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que tu veux faire, c'est David contre Goliath&lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;sesp&#232;re cette derni&#232;re. Mais sans plaintes, difficile de chiffrer le nombre de personnes concern&#233;es. Ce qui semble d'ailleurs arranger AMGS. Contact&#233;e, la soci&#233;t&#233; conc&#232;de qu'il y a pu y avoir &#171; &lt;i&gt;des interventions muscl&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, mais qui seraient justifi&#233;es par des agressions : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui j'ai plus de bless&#233;s de mon c&#244;t&#233; que ce qu'il y a pu avoir chez eux. Sinon ils se seraient manifest&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Je veux bien qu'il y ait des t&#233;moignages, mais est-ce qu'il y a des vid&#233;os&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Si l'on se r&#233;f&#232;re &#224; l'histoire de Marie concernant le t&#233;l&#233;phone confisqu&#233; par les vigiles, on comprend que ce genre de preuves puisse &#234;tre difficile &#224; apporter. Qu'importe, pour l'entreprise, ces histoires d'insultes sexistes et de menaces de viols sont de l'ordre de l' &#187; &lt;i&gt;affabulation&lt;/i&gt; &#187;, voire de la manipulation : les opposants au projet auraient &#171; &lt;i&gt;trouv&#233; judicieux de faire intervenir la gent f&#233;minine parce que, dans la soci&#233;t&#233; actuelle, il y a plus d'impact quand c'est une femme qui vient se plaindre en disant &#8220;On a essay&#233; de me violer&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&#8221; que quand c'est un homme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons au passage que des hommes ont aussi fait les frais de l'agressivit&#233; des vigiles. Et s'il est vrai que les agents ont &#233;t&#233; parfois vis&#233;s par des jets de pierres, ils ont eux aussi d&#233;velopp&#233; une certaine app&#233;tence pour l'art du caillassage.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Allez vous bouffer la chatte ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Habitu&#233;e du quartier, Lucia n'a aucun doute sur l'existence des agressions sexistes. Elle a d'ailleurs d&#233;cid&#233; de recueillir des t&#233;moignages pour porter l'affaire en justice, tout en estimant qu' &#187; &lt;i&gt;il y a d'autres modes d'action possibles&lt;/i&gt; &#187;. R&#233;f&#233;rence faite &#224; la marche en mixit&#233; choisie&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans hommes cisgenres, c'est-&#224;-dire dont le genre ressenti correspond au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; organis&#233;e le jeudi 10 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, une bonne centaine de personnes s'&#233;taient donn&#233; rendez-vous sur la place avant de d&#233;ambuler, &#224; la tomb&#233;e de la nuit, dans les rues du quartier. Le cort&#232;ge avait fini par converger de nouveau vers la Plaine, mass&#233; derri&#232;re une banderole sur laquelle on pouvait lire : &#171; &lt;i&gt;Plaines de rage&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Face aux agressions transphobes, lesbophobes et sexistes, on s'organise.&lt;/i&gt; &#187; une sono avait &#233;t&#233; install&#233;e et une boum improvis&#233;e avait rassembl&#233; une trentaine de personnes. Jusqu'&#224; ce que les bleus sifflent la fin de la r&#233;cr&#233;&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur aurait &#233;t&#233; une barri&#232;re de chantier renvers&#233;e. Deux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#224; grand renfort de gaz lacrymog&#232;ne et de phrases assassines : &#171; &lt;i&gt;Allez vous bouffer la chatte&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Va te laver, crasseuse, t'es d&#233;gueulasse&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Des propos rapport&#233;s par Zo&#233;, qui passait par l&#224; : &#171; &lt;i&gt;Elles sont venues d&#233;noncer le sexisme des vigiles, mais ont re&#231;u le m&#234;me traitement de la part des repr&#233;sentants de l'&#201;tat.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la police, on rejette les accusations de violence : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait l'une des brigades les plus calmes, experte du maintien de l'ordre dans un secteur o&#249; on n'est pas des plus populaires.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Dispers&#233;e par la police, une manifestation f&#233;ministe tourne mal sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &#187; Allez savoir pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Entre autres, de vaines promesses de transplantations d'arbres, de pistes cyclables et de navettes de nuit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La soci&#233;t&#233; d'&#233;conomie mixte en charge de la &#171; requalification &#187; du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;T&#233;moignage recueilli par le site &lt;i&gt;Mars infos autonomes&lt;/i&gt; : &#171; &lt;a href=&#034;https://mars-infos.org/menaces-de-viol-tabassages-3685&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Menaces de viol, tabassages, agressions : les vigiles du chantier de la Plaine en roue libre&lt;/a&gt; &#187; (22/12/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sans hommes cisgenres, c'est-&#224;-dire dont le genre ressenti correspond au sexe biologique assign&#233; &#224; la naissance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur aurait &#233;t&#233; une barri&#232;re de chantier renvers&#233;e. Deux personnes ont &#233;cop&#233; de 42 heures de garde &#224; vue et d'un proc&#232;s pour outrage et r&#233;bellion qui se tiendra en mars.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://marsactu.fr/dispersee-par-la-police-une-manifestation-feministe-tourne-mal-sur-la-plaine/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dispers&#233;e par la police, une manifestation f&#233;ministe tourne mal sur la Plaine&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Marsactu &lt;/i&gt;(16/10/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Hors de Calais mais pas tout seuls</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maryse Chebbi</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Entre le 24 octobre et le 4 novembre, l'&#201;tat fran&#231;ais a vid&#233; la jungle de Calais &#224; coups de bulldozers, de CRS et&#8230; de bus. Les quelque 8 000 personnes venues l&#224; dans l'espoir de rejoindre le Royaume-Uni ont tout &#224; coup disparu des &#233;crans. L'op&#233;ration est un succ&#232;s : la crise des migrants, c'est fini, Calais est vid&#233;. En r&#233;alit&#233;, on a juste cach&#233; la mis&#232;re sous le tapis, aux quatre coins de la France. Environ 300 Centres d'accueil et d'orientation (CAO) ont &#233;t&#233; ouverts pour accueillir plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tomagnetik" rel="tag"&gt;Tomagnetik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3088 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1322.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-1322-16714.jpg?1779902467' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Tomagnetik / Bon Pied Bon &#338;il
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;ntre le 24 octobre et le 4 novembre, l'&#201;tat fran&#231;ais a vid&#233; la jungle de Calais &#224; coups de bulldozers, de CRS et&#8230; de bus. Les quelque 8 000 personnes venues l&#224; dans l'espoir de rejoindre le Royaume-Uni ont tout &#224; coup disparu des &#233;crans. L'op&#233;ration est un succ&#232;s : la crise des migrants, c'est fini, Calais est vid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, on a juste cach&#233; la mis&#232;re sous le tapis, aux quatre coins de la France. Environ 300 Centres d'accueil et d'orientation (CAO) ont &#233;t&#233; ouverts pour accueillir plus de 7 000 personnes. Tant&#244;t en pleine for&#234;t, tant&#244;t dans des campagnes profondes, des centres de vacances de la Poste ou de la SNCF sont mis &#224; disposition jusqu'en mars (a priori) pour reloger les migrants. Mais cette tentative de les &#233;loigner du Royaume-Uni et de tout lien social a &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout en France, des comit&#233;s ou des individus sont all&#233;s &#224; la rencontre de ces &#233;trangers parachut&#233;s pr&#232;s de chez eux. Lors d'une r&#233;union de l'un de ces collectifs, Bienvenue Sud Luberon, &#224; la Tour d'Aigues &#8211; cinquante-et-un mineurs &#233;rythr&#233;ens ont &#233;t&#233; relog&#233;s dans un centre de vacances de la Poste &#224; Grambois, &#224; quelques kilom&#232;tres &#8211;, la voix douce mais d&#233;cid&#233;e d'une jeune militante de El Manba (Collectif de soutien aux &#233;trangers &#224; Marseille) a r&#233;sonn&#233; : &#171; &lt;i&gt;L'&#201;tat a voulu les diviser, diviser les assos qui les aidaient &#224; Calais. Mais nous pouvons aussi saisir cette opportunit&#233; pour nous r&#233;unir, cr&#233;er de la solidarit&#233; et de l'humanit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien ce qui est en train de se passer un peu partout. L'association Utopia 56, bas&#233;e &#224; Calais, est en contact avec de nombreux salari&#233;s de CAO et t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;Il y a environ 5 000 personnes impliqu&#233;es aupr&#232;s des h&#233;berg&#233;s en CAO partout en France. Et ce ne sont que ceux qu'on conna&#238;t&#8230; Il y en a certainement dont on ignore l'existence.&lt;/i&gt; &#187; Ces collectifs sont compos&#233;s de militants de la premi&#232;re heure, mais pas seulement. &#192; la Tour d'Aigues, &#231;a va de la directrice d'&#233;cole &#224; l'&#233;ducateur jeunesse et aux retrait&#233;s. Au d&#233;but, la mobilisation a commenc&#233; gentiment. Contact avec les jeunes h&#233;berg&#233;s, pique-nique g&#233;ant dans un parc, l'&#233;quipe de foot des jeunes du village qui les invite aux entra&#238;nements... Puis un loto r&#233;colte plusieurs milliers d'euro et finance l'achat de bons sacs &#224; dos et de portables pour ces gamins qui n'aspirent qu'&#224; une chose : repartir de ce village perdu du Vaucluse, sans desserte de bus ni de train.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand un jeune quitte le centre, c'est le d&#233;chirement, surtout lorsqu'on sait que les promesses de regroupement familial au Royaume-Uni ont &#233;t&#233; vaines pour quarante d'entre eux. Certains jeunes bient&#244;t majeurs risquent une expulsion vers le premier pays d'entr&#233;e dans l'Union europ&#233;enne, l'Italie, la Gr&#232;ce ou la Hongrie et des cas de maltraitance ont &#233;t&#233; document&#233;s par Amnesty International dans ces trois pays. Alors les gens se f&#226;chent. &#192; Marseille, Toulouse, la Tour d'Aigues et ailleurs, on interpelle le pr&#233;fet, la presse, sur la situation de ces gamins &#224; l'abandon. On fait du bruit avec des p&#233;titions, des manifestations devant les pr&#233;fectures pour les faire r&#233;gulariser. La proximit&#233; a chang&#233; la donne. L'injustice vue de pr&#232;s est encore plus insupportable. Alors, en ville comme &#224; la campagne, ils sont des milliers &#224; se politiser et parfois m&#234;me &#224; se mettre hors la loi pour un peu d'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Maryse Chebbi&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus d'infos sur l'actu des collectifs et des CAO sur le blog &#171; &lt;a href=&#034;https://passeursdhospitalites.wordpress.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Passeurs d'hospitalit&#233;s&lt;/a&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gros comme une maison du peuple</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Gros-comme-une-maison-du-peuple</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Montpellier, Saint-Nazaire ou Caen avaient d&#233;j&#224; la leur . Alors quelques Marseillais ont d&#233;cid&#233; de faire pareil : ouvrir une Maison du Peuple dans un b&#226;timent d&#233;saffect&#233;, pour soutenir les luttes sociales du coin. C'&#233;tait tout d&#233;but juin. Et &#231;a tient m&#233;chamment la route. &#171; Nous sommes ici par la volont&#233; de la Maison du Peuple et nous n'en sortirons que par la force des ba&#239;onnettes. &#187; (Mirabeau) *** Samedi 1er juin, fin de manifestation Gilets jaunes &#224; Marseille, le mot tourne : un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tomagnetik" rel="tag"&gt;Tomagnetik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lieu" rel="tag"&gt;lieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maison" rel="tag"&gt;Maison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pole-emploi-3341" rel="tag"&gt;P&#244;le emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pole" rel="tag"&gt;P&#244;le&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sommes-ici" rel="tag"&gt;sommes ici&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-en-sortirons" rel="tag"&gt;n'en sortirons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Peuple" rel="tag"&gt;Peuple&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mirabeau" rel="tag"&gt;Mirabeau&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Montpellier, Saint-Nazaire ou Caen avaient d&#233;j&#224; la leur&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment &#171; Saint-Nazaire, l'assembl&#233;e en herbe &#187;, CQFD n&#176;176 (mai 2019).&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Alors quelques Marseillais ont d&#233;cid&#233; de faire pareil : ouvrir une Maison du Peuple dans un b&#226;timent d&#233;saffect&#233;, pour soutenir les luttes sociales du coin. C'&#233;tait tout d&#233;but juin. Et &#231;a tient m&#233;chamment la route.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3053 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH324/-1287-e73cf.jpg?1779670160' width='500' height='324' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Tomagnetik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous sommes ici par la volont&#233; de la Maison du Peuple et nous n'en sortirons que par la force des ba&#239;onnettes.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;p&gt;(Mirabeau)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;amedi 1&lt;sup&gt;er &lt;/sup&gt; juin, fin de manifestation Gilets jaunes &#224; Marseille, le mot tourne : un lieu a &#233;t&#233; ouvert par quelques personnes la veille, il s'agit maintenant de l'investir. Le rendez-vous est donn&#233; &#224; 18 h devant l'&#233;glise de Notre-Dame-du-Mont, o&#249; deux-trois camarades nous orientent : &#171; &lt;i&gt;Par l&#224;-bas, rue Brochier, jouez-la discret&lt;/i&gt; &#187;. Des petites grappes de personnes se dirigent mine de rien vers le lieu indiqu&#233;, surjouant les badauds. Arriv&#233;s &#224; l'adresse indiqu&#233;e, un ancien b&#226;timent de P&#244;le emploi (vengeance !), on se faufile par un grillage tordu, on se glisse derri&#232;re des rang&#233;es d'arbustes, on passe sous le porche et on entre, sourires aux l&#232;vres. Maison du Peuple, nous voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur, c'est l'effervescence. Une cinquantaine de personnes s'occupent &#224; diff&#233;rentes t&#226;ches : bricoler, tirer des plans sur les com&#232;tes, barricader l'endroit en pr&#233;vision d'une attaque des bleus, jauger le risque d'expulsion... Derri&#232;re, des flux d'arrivants rejouent la com&#233;die joyeuse de la d&#233;couverte des lieux, s'extasiant du nombre de pi&#232;ces et de l'espace disponible (600 m&lt;sup&gt;&#178;&lt;/sup&gt;). Oui, l'ambiance est au beau fixe. Il faut dire que cela fait belle lurette que les tentatives d'ouverture de squat &#224; Marseille tournent au vinaigre, alors personne ne crache sur une bouff&#233;e d'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure plus tard d&#233;bute la premi&#232;re AG, dans une salle l&#233;preuse aux rideaux tir&#233;s. Une petite centaine de personnes diss&#233;min&#233;es au sol, discutant &#224; la fois des aspects concrets et politiques. Quelles techniques pour faire barrage &#224; une possible expulsion ? Faut-il loger des gens entre ces murs ? Comment faire du lieu un espace agr&#233;able de discussion, de construction, de propulsion du mouvement social, de convergence des luttes ? De quoi causer, &lt;i&gt;yep&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion est un peu brouillonne, forc&#233;ment, parfois dispers&#233;e tant les &#233;nergies bouillonnent. Mais tr&#232;s vite des axes se dessinent, alliant ouverture sur l'ext&#233;rieur et ambition militante. Diffus&#233; au petit matin, le premier communiqu&#233; de presse donne le &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On le trouve facilement sur Squat.net.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;Nul besoin d'expulser la mairie. Nous avons d&#233;cid&#233; d'ouvrir la n&#244;tre. Notre Maison du Peuple&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Home sweet home&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En arrivant, forc&#233;ment, c'&#233;tait un sacr&#233; bordel. Inoccup&#233; depuis un bail, le b&#226;timent &#233;tait certes vaste, mais aussi vide et d&#233;primant. De grandes pi&#232;ces carrel&#233;es, moches, encombr&#233;es de tuyaux ou de n&#233;ons morts. P&#244;le emploi, quoi, mais apr&#232;s le passage d'un typhon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelques semaines plus tard, m&#234;me s'il y a encore du taf, c'est le jour et la nuit. Dans le &#171; salon R&#233;mi Fraisse &#187;, une petite biblioth&#232;que faite maison, plut&#244;t bien fournie, c&#244;toie un coin d&#233;tente avec canap&#233;. La &#171; salle de cours Ibrahim Ali&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jeune Marseillais assassin&#233; par des nervis du FN en f&#233;vrier 1995.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;, repeinte et rafra&#238;chie, donne clairement envie de reprendre l'&#233;cole. Un petit cagibi d&#233;borde de fruits et l&#233;gumes r&#233;cup&#233;r&#233;s et de sandwichs. Plus loin, le coin &lt;i&gt;chill&lt;/i&gt;, o&#249; quelques canicul&#233;s descendent des bi&#232;res achet&#233;es au &#171; bar de la Convergence &#187;, tenu avec rigueur par deux volontaires, pench&#233;s sur le livre de comptes. Juste &#224; c&#244;t&#233;, un gamin prend en main la destin&#233;e de l'&#233;quipe de football de Chelsea, sur Playstation. Bref, il y a de la vie. Et les activit&#233;s se multiplient : &#171; coiffeur du peuple &#187;, &#171; boxe populaire &#187;, &#171; atelier boycott &#187;, &#171; atelier cr&#233;ation de sites Internet &#187;... Squatteurs, certes, mais pas l&#224; pour se tourner les pouces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques personnes vivent sur place, assurant la maintenance et la surveillance des flics. Tout n'est pas facile, comme toujours dans les lieux de ce genre, mais la cohabitation fonctionne. Quelque chose d&#233;conne ? On en parle en AG. &#199;a peut aller des questions de m&#233;nage (&#233;ternelle vaisselle non faite) &#224; celle des m&#233;thodes de prise de d&#233;cision. Au menu r&#233;cemment : la question de la r&#233;novation de la &#171; salle Zineb Redouane &#187;, recouverte de tags certes pertinents &#8211; &#171; &lt;i&gt;Jaune&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/Noir, jamais l'un sans l'autre&lt;/i&gt; &#187; &#8211; mais pas tr&#232;s esth&#233;tiques. Faut-il faire appel &#224; des graffeurs de l'ext&#233;rieur ? Tout repeindre en blanc ? Organiser un atelier peinture murale pour que chacun puisse apporter sa touche ? Pas si anodin.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tenir les murs &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du quotidien et de cette vie collective qui s'invente, la survie de la Maison du Peuple est essentielle dans la torpeur marseillaise, o&#249; tout s'&#233;croule et se fissure, de La Plaine &#224; Noailles. Il s'y tient de nombreuses r&#233;unions en lien avec les luttes du moment &#8211; Gilets jaunes, &#233;videmment, mais pas que &#8211;, des d&#233;bats, des ateliers, des bouffes collectives... De quoi op&#233;rer des convergences, souder les troupes, relancer les collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 juin, le lieu &#233;tait convoqu&#233; au tribunal pour un proc&#232;s en r&#233;f&#233;r&#233;, suite &#224; la plainte de la propri&#233;taire (priv&#233;e). Au rassemblement de soutien, sous la canicule, les brumisateurs manuels bruissaient au rythme des conversations sur l'avenir du lieu. M&#234;me pour les plus pessimistes, l'expulsion ne saurait se faire avant septembre, vu la lenteur des proc&#233;dures. Pour les plus optimistes, on est l&#224; pour toujours et pis c'est tout, merde alors. L'argument &#224; opposer aux pisse-froids tourne partout : le lieu allait &#234;tre vendu au D&#233;partement pour qu'il en fasse un P&#244;le d'insertion ; or, quel plus beau &#171; p&#244;le d'insertion &#187; que la Maison du Peuple, qui voit cohabiter des gens de tous les horizons, gal&#233;riens, militants, ch&#244;meurs, bosseurs, tous unis contre ce monde clos et glacial que mijote la Macronie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Verdict : le proc&#232;s a &#233;t&#233; repouss&#233; au 4 juillet, juste apr&#232;s l'impression de ce num&#233;ro. &#199;a ne fait pas l'affaire du pr&#233;sent r&#233;dacteur, r&#233;duit aux conjectures. Mais &#231;a laisse &#224; penser que le lieu passera l'&#233;t&#233;, et sans doute plus. Comme le clame le slogan de l'&#233;glise protestante install&#233;e juste &#224; c&#244;t&#233; de la Maison du Peuple : &#171; &lt;i&gt;Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir&lt;/i&gt; &#187;. Si m&#234;me le voisinage religieux le dit&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;P.S. du webmaster &#224; la mi-septembre : le r&#233;dacteur de cet article ne s'y trompait pas ; eh oui, le lieu est toujours l&#224;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir notamment &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Saint-Nazaire-l-assemblee-en-herbe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Saint-Nazaire, l'assembl&#233;e en herbe&lt;/a&gt; &#187;,&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt; n&#176;176 (mai 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On le trouve facilement sur &lt;a href=&#034;https://fr.squat.net/2019/06/02/marseille-communique-de-presse-de-la-nouvelle-maison-du-peuple/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Squat.net&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jeune Marseillais assassin&#233; par des nervis du FN en f&#233;vrier 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; Marseille, un automne sous les gaz</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-Marseille-un-automne-sous-les</link>
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		<dc:date>2019-03-02T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud Kaba</dc:creator>


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&lt;p&gt;Avec les travaux de la Plaine, les effondrements de Noailles et les Gilets jaunes, la fin de l'ann&#233;e 2018 a &#233;t&#233; marqu&#233;e &#224; Marseille par les manifestations&#8230; et la r&#233;pression. Entre analyse des comportements policiers et t&#233;moignage de manifestant, ce texte, &#233;crit par un habitant du centre-ville, revient sur ces semaines de luttes et d'injustice. Zineb Redouane, 80 ans, est morte le dimanche 2 d&#233;cembre 2018, pendant son op&#233;ration du visage. La veille, pendant la manifestation contre les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Patxi-Beltzaiz-118" rel="tag"&gt;Patxi Beltzaiz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tomagnetik" rel="tag"&gt;Tomagnetik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plaine" rel="tag"&gt;Plaine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/colere" rel="tag"&gt;col&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec les travaux de la Plaine, les effondrements de Noailles et les Gilets jaunes, la fin de l'ann&#233;e 2018 a &#233;t&#233; marqu&#233;e &#224; Marseille par les manifestations&#8230; et la r&#233;pression. Entre analyse des comportements policiers et t&#233;moignage de manifestant, ce texte, &#233;crit par un habitant du centre-ville, revient sur ces semaines de luttes et d'injustice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-943-bd922.jpg?1779902470' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Patxi Beltzaiz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Z&lt;/span&gt;ineb Redouane, 80 ans, est morte le dimanche 2 d&#233;cembre 2018, pendant son op&#233;ration du visage. La veille, pendant la manifestation contre les logements indignes, elle s'&#233;tait pris une grenade lacrymog&#232;ne (ou l'un de ses plots) en pleine poire, alors qu'elle fermait les volets de son quatri&#232;me &#233;tage. Ce drame fut en un sens le paroxysme d'une mont&#233;e de violence qui s'est maintenue tout l'automne &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La col&#232;re qui monte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re a commenc&#233; avec les travaux de requalification de la place de la Plaine&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Officiellement d&#233;nomm&#233;e &#171; place Jean-Jaur&#232;s &#187;.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, d&#233;but&#233;s le 11 octobre sous bonne garde polici&#232;re, malgr&#233; pr&#232;s de trois ans de luttes contre ce projet municipal loin de faire l'unanimit&#233;. Dans les jours qui suivent, des habitants du quartier s'encha&#238;nent aux arbres, mais ils sont ma&#238;tris&#233;s, gaz&#233;s, re-gaz&#233;s et frapp&#233;s par les &#171; forces de l'ordre &#187;. Apr&#232;s une semaine de mobilisation, une manifestation rassemble le samedi 20 octobre plusieurs milliers de personnes. La marche finit en mode festif sur la Plaine. On chante, on danse, des &#233;l&#233;ments de bois sont amen&#233;s puis mont&#233;s : c'est une cabane, magnifique, d&#233;plac&#233;e depuis Notre-Dame-des-Landes. Le &lt;i&gt;Gourbi 8&lt;/i&gt;, c'est son nom, reste l&#224; le temps d'un week-end, comme un petit monument sous lequel on se retrouve, comme la premi&#232;re pierre d'un espoir, d'une autre Plaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, on s'est bien dit que &#231;a n'allait pas durer&#8230; Dans la nuit du lundi au mardi, &lt;i&gt;bingo&lt;/i&gt; ! Op&#233;ration de police entre 3 h et 4 h du mat'. &#192; la tron&#231;onneuse, la cabane est d&#233;fonc&#233;e en moins de vingt minutes. Ils envoient un militant &#224; l'h&#244;pital en le blessant &#224; la hanche en le descendant d'un hamac. Et puis une semaine plus tard, c'est l'hallucination collective. Un mur&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce mur compos&#233; de panneaux en b&#233;ton mesure 2,5 m&#232;tres de hauteur. Lire aussi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, comme &#224; Berlin ou &#224; Alep, enfin, toutes proportions gard&#233;es&#8230; mais quand m&#234;me ! Personne ne veut y croire au d&#233;but, qu'ils aient os&#233; faire &#231;a pour &#171; prot&#233;ger &#187; leurs travaux. Suivent la marche fun&#232;bre pour la Plaine, les sabotages, les moments d'excitation o&#249; tombent des bouts de mur, qui se reconstituent le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis c'est l'effondrement rue d'Aubagne, le 5 novembre, de deux immeubles. &#192; Noailles, le quartier voisin de la Plaine. Drame, horreur, incompr&#233;hension... 8 morts. Le Collectif du 5 novembre se monte, tout le quartier et les environs y vont de leur solidarit&#233;. Le lien est recr&#233;&#233; sur la col&#232;re partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une col&#232;re, noire, face aux d&#233;clarations d'un maire qui a le culot d'invoquer la pluie quand on lui parle de ses responsabilit&#233;s. Un maire, Jean-Claude Gaudin (LR), qui ne s'excuse pas, qui a tellement l'air de s'en cogner que c'en est surr&#233;aliste. G&#233;rard Chenoz, son adjoint, pr&#233;sident de la Soleam (la soci&#233;t&#233; publique d'urbanisme de la m&#233;tropole marseillaise) aura le culot de condamner sur Twitter l'attaque de la vitrine de l'organisme le 8 d&#233;cembre. &#171; &lt;i&gt;Tol&#233;rance z&#233;ro pour les casseurs&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit celui qui vient d'investir pr&#232;s de 400 000 balles dans un mur en b&#233;ton pour emp&#234;cher les &lt;i&gt;g&#244;chistes&lt;/i&gt; de s'en prendre &#224; sa belle gentrification de la Plaine alors qu'il &#233;tait de son devoir de pallier &#224; l'urgence pos&#233;e par ces immeubles de la rue d'Aubagne qu'on savait dangereux&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; &#192; Marseille, la mairie s'effondre et la ville se soul&#232;ve &#187;, CQFD (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la marche blanche (10 novembre), la marche de la Col&#232;re (14 novembre) finira vite par un gazage en r&#232;gle, apr&#232;s qu'une barri&#232;re prot&#233;geant la mairie a &#233;t&#233; &#224; peine secou&#233;e par des personnes du cort&#232;ge de t&#234;te. C'est &#224; partir de l&#224; que la col&#232;re a pu &#234;tre distill&#233;e en tension, au point que flics et pouvoirs publics mouill&#233;s jusqu'&#224; l'os arrivent &#224; renverser la situation en pr&#233;sentant les militant.es comme sources de la violence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Strat&#233;gie(s) de la tension&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je n'ai jamais vu un tel niveau de violence &lt;/i&gt;[en France]&lt;i&gt;, &#231;a me rappelle d'ailleurs beaucoup mes reportages sur l'&#201;gypte, sauf qu'on y tirait sur les manifestants avec de vraies balles. C'est le degr&#233; d'intensit&#233; de la violence qui varie, mais l'objectif est le m&#234;me. &#187; &lt;/i&gt;Rabha Attaf, grand reporter, sp&#233;cialiste du Moyen-Orient et par ailleurs pr&#233;sidente de l'association de d&#233;fense des droits humains Confluences, a constat&#233;, &#224; la manif du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, l'utilisation de certaines tactiques pour provoquer la col&#232;re des manifestants et ainsi, justifier leur r&#233;pression :&lt;i&gt; &#171; Ce type de dispositif a &#233;t&#233; test&#233; dans les banlieues lors des &#233;meutes de 2005 : on utilise des grenades dispersantes, qui gazent tous le monde. Il y avait peu de CRS, dont c'est pourtant la charge de g&#233;rer les foules. Les forces de l'ordre &#233;taient surtout compos&#233;es de policiers et de la Bac&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brigade anti-criminalit&#233;.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#233;quip&#233;s de protections et plus nerveux. Je ne suis pas une complotiste, mais je sais par exp&#233;rience que les manifestations sont infiltr&#233;es. Le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, j'ai vu un agent de la Bac provoquer un jeune manifestant avec un Taser, en face de la mairie, peu avant le lancer des gaz.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le t&#233;moignage de F. D., pr&#233;sent lors de la marche de la Col&#232;re, va dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2682 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-942-88d52.jpg?1779902470' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Patxi Beltzaiz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, j'&#233;tais aussi dans la manifestation, comme beaucoup d'amis, et nous avons tous vu la m&#234;me chose : deux ou trois fumig&#232;nes, trois p&#233;tards lanc&#233;s vers les flics, rien de plus. Ni cocktails Molotov, ni bouteilles, ni m&#234;me la moindre canette. Les flics se mettent imm&#233;diatement en tortue, et gazent, devant, mais aussi derri&#232;re, en lan&#231;ant des grenades dispersantes qui gravitent en cloche, puis se s&#233;parent en une multitude de disques, comme une bombe &#224; fragmentation. Rien de mieux pour faire d&#233;g&#233;n&#233;rer la situation : contrairement &#224; un gazage &#171; classique &#187; par l'avant qui cr&#233;e un mouvement de foule vers l'arri&#232;re, l&#224; les nuages sortant de partout, on ne sait pas o&#249; aller. Sans exactement savoir pourquoi, je me retrouve sur les rues adjacentes, puis vers le bas du Vieux-Port, en face de l'&#233;glise Saint-Ferr&#233;ol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois des flics qui tiennent la foule en joue au flash-ball, un flic communicant qui essaye de discuter, c'est le bordel. Des sapins de No&#235;l commencent &#224; br&#251;ler. Une femme en gilet jaune crie : &#171; &lt;i&gt;Mais je leur dis depuis tout &#224; l'heure d'arr&#234;ter les mecs qui mettent le feu au sapin, ils ne font rien.&lt;/i&gt; &#187; Effectivement, alors qu'&#224; ma droite un mec essaie p&#233;niblement d'allumer un sapin au briquet, les flics, distants de moins de dix m&#232;tres, se tournent beno&#238;tement de l'autre c&#244;t&#233;. Le feu, qui a eu d&#233;cid&#233;ment du mal &#224; prendre, sera ensuite &#233;teint par les pompiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis les charges polici&#232;res s'encha&#238;nent, semant le trouble absolu dans la manif. Un homme d'une quarantaine d'ann&#233;es rencontr&#233; furtivement dans les mouvements de foule affirme qu'il a d&#251; vider son stock de s&#233;rum physiologique pour aider une gamine de 6 ans. Comme l'observe Rabha Attaf : &#171; &lt;i&gt;&#192; ce moment-l&#224;, heureusement que les manifestants ne sont pas si mal intentionn&#233;s, car les flics sont entour&#233;s de chaque c&#244;t&#233; par des groupes de manifestants ; s'ils avaient voulu encercler et lyncher les flics, &#231;a aurait &#233;t&#233; facile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 20 heures, une pluie incroyable de lacrymos s'abat sur tout le monde. Elles sont lanc&#233;es en cloche, dans toutes les directions. &#192; cet instant, je suis de l'autre c&#244;t&#233; de l'ombri&#232;re du Vieux-Port, c&#244;t&#233; place D'Estienne d'Orves. Je vois distinctement les grenades parcourir pr&#232;s ou plus de 200 m&#232;tres, en passant au-dessus de l'ombri&#232;re pour se s&#233;parer en disques multiples qui tombent en &#233;toile, au-dessus de nous. Le gaz s'&#233;chappe de tous les c&#244;t&#233;s. Une femme panique, elle a perdu sa petite fille dans la cohue. On la lui ram&#232;ne, parcourue de quintes de toux. C'est vers ce moment que Zineb Redouane est touch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, la version des flics est que les tirs de grenade ne se font qu'en cloche. Pourtant, le 8 d&#233;cembre, &#224; une autre manif rassemblant la Marche pour le climat, la marche contre l'habitat pr&#233;caire et les Gilets jaunes, dans laquelle je d&#233;couvre les blind&#233;s pour la premi&#232;re fois, je suis t&#233;moin direct de ce qu'ils disent impossible : alors que des jeunes commencent &#224; piller la boutique de l'OM sur la Canebi&#232;re, une bombe lacrymog&#232;ne en tir tendu rebondit sur la fen&#234;tre du premier &#233;tage, et les disques tombent directement sur les jeunes en train de d&#233;foncer la vitrine. L'effet est plut&#244;t radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de la tension semble m&#233;thodique et ob&#233;it &#224; un protocole bien en place : un premier gazage en r&#232;gle et aveugle, puis on laisse br&#251;ler quelques poubelles, d&#233;truire un peu de mobilier urbain, probablement pour avoir de belles images, et on en finit avec les manifestants. C'est aussi ce qui s'est pass&#233; &#224; Toulouse &#224; la manif du 15 d&#233;cembre : du canon &#224; eau, des lacrymog&#232;nes et les grenades assourdissantes utilis&#233;es contre des Gilets jaunes qui attendaient simplement assis, nass&#233;s, de trouver une issue. Une demi-heure plus tard, quand tout le monde aura &#233;t&#233; rabattu vers les all&#233;es Jean-Jaur&#232;s, des dizaines de CRS assisteront tranquillement au d&#233;zinguage d'un chantier, &#224; la construction de barricades et &#224; leur mise en flammes avant de lancer la derni&#232;re charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoute l'acharnement syst&#233;matique envers ceux qui filment les violences. G&#233;rard, vid&#233;aste bas&#233; &#224; Marseille, est pr&#233;sent &#224; la manif du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre et filme les violences. Ce sexag&#233;naire est un vieux routard des affaires marseillaises et un fin connaisseur des techniques de flics : &#171; &lt;i&gt;Tu sais, mon p&#232;re &#233;tait au Sac&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Service d'action civique, &#171; service d'ordre &#187; mais surtout groupe de nervis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. C'&#233;tait un militaire &#224; la retraite, il y &#233;tait rentr&#233; pour &#233;ponger ses dettes de jeu, j'ai pass&#233; mon enfance &#224; entendre des r&#233;unions parlant de ratonnades dans la cuisine.&lt;/i&gt; &#187; Il t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;Le jour de la manif, j'&#233;tais sous un porche, il n'y avait que mon bras, avec la cam&#233;ra, qui d&#233;passait. Je voyais les flics en &#233;quipe de deux, avec un qui pointait du doigt, l'autre qui tirait au flash-ball &#224; hauteur de torse. Alors que je me tourne vers le c&#244;t&#233; oppos&#233; aux flics, je prends un tir de flash-ball, qui ne me cause pas beaucoup de d&#233;g&#226;ts car mon manteau est solide. Quand je viens leur demander pourquoi ils ont fait &#231;a, en les insultant un peu, je crois, un flic dont je me rappelle, avec son regard plein de haine sous ses lunettes, me vide int&#233;gralement une bombe lacrymog&#232;ne sur le visage, et son coll&#232;gue m'en vide une seconde. Apr&#232;s &#231;a, un autre flic me dit de d&#233;gager. Je lui dis que je ne peux pas, vu que je n'arrive m&#234;me pas ouvrir les yeux. Il revient &#224; moi avec du s&#233;rum phy' et me dit&lt;/i&gt; &#034;Ah, vous voyez, les flics ne sont pas si m&#233;chants !&#034; &lt;i&gt;Je lui ai r&#233;pondu que &#231;a n'allait pas vraiment rattraper les deux bombes que je venais de me faire vider dans la figure. Ensuite, j'ai eu du mal &#224; dormir pendant quinze jours, d'abord parce que mes yeux restaient br&#251;lants, ensuite parce que j'ai une fibromyalgie&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Syndrome essentiellement caract&#233;ris&#233; par des douleurs diffuses et une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; et que l'apr&#232;s-midi de violences a d&#233;clench&#233; une nouvelle pouss&#233;e. La lacrymo' a tellement d&#233;cap&#233; mes lunettes qu'elles sont pass&#233;es du bleu turquoise au bleu marine.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2685 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-945-0246d.jpg?1779902470' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Tomagn&#233;tik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La technique du point&#233;-chop&#233;, quoiqu'on puisse dire de son efficacit&#233;, est aussi l'opportunit&#233;, pour les flics, de se l&#226;cher sur des personnes d&#233;sign&#233;es en toute tranquillit&#233;. Par exemple, Pascal, vid&#233;aste install&#233; de G&#234;nes, a &#233;t&#233; choqu&#233; par la g&#233;n&#233;ralisation de cette m&#233;thode dans la manif marseillaise du 15 d&#233;cembre : &#171; &lt;i&gt;La Bac se concentrait sur les jeunes, j'ai bien vu faire l'un des groupes en particulier. La cheffe du groupe pointait des petits groupes de jeunes et ses coll&#232;gues les chopaient. Ce qui m'a vraiment choqu&#233;, c'est quand je l'ai vue pointer un groupe de deux jeunes &#8211; je ne suis pas s&#251;r qu'ils n'avaient pas pr&#233;par&#233; des cailloux mais en tous cas je suis s&#251;r qu'ils n'&#233;taient pas en train de les lancer. Ses deux coll&#232;gues en ont plaqu&#233; un &#224; terre avec la chaussure dans le dos et elle lui a align&#233; quatre ou cinq coups de poings &#224; terre, de mani&#232;re compl&#232;tement gratuite.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Punir les militants et leurs quartiers&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette logique r&#233;pressive s'est instaur&#233;e dans un contexte local marseillais qui s'est combin&#233; avec la lutte nationale des Gilets jaunes. Elle ne peut pas ne pas avoir &#233;t&#233; organis&#233;e au plus haut niveau de l'&#201;tat. Il y a un objectif &#233;vident de manipulation m&#233;diatique : il faut bien qu'il y ait de la violence pour pouvoir r&#233;primer aux blind&#233;s l&#233;gers et en m&#234;me temps, il faut la garder sous contr&#244;le. Mais au-del&#224; de &#231;a, il y a &#233;galement un objectif punitif pur, de d&#233;moralisation des militants, de d&#233;foulement pour les flics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire du gazage de quartiers entiers ? Violaine a vu le bar dans lequel elle travaille se faire enti&#232;rement gazer. &#171; &lt;i&gt;Le soir de la marche de la Col&#232;re, je suis rentr&#233;e vers 18 heures pour ouvrir le bar. Il y avait de nombreuses &#233;chauffour&#233;es du c&#244;t&#233; de la Plaine et &#224; partir de 20 heures, des personnes sont arriv&#233;es au bar avec les yeux en pleurs, en toussant. Nous leur avons offert du soutien, des solidarit&#233;s se sont cr&#233;&#233;es entre employ&#233;s, clients et manifestants tout au long de la soir&#233;e. Autour de 23 heures 30, j'ai remarqu&#233; que le bar d'en face &#233;tait ferm&#233; et j'ai commenc&#233; &#224; vouloir fermer les volets mais &#224; ce moment les CRS chargeaient en pleine rue. Puis ils ont lanc&#233; des lacrymos en direction du bar. Tout l'int&#233;rieur du bistrot s'est trouv&#233; surcharg&#233; de gaz, les clients ont d'abord cherch&#233; refuge au fond du bar, sans succ&#232;s, puis j'ai r&#233;ussi &#224; les &#233;vacuer par la sortie de secours. Ensuite, quand ils sont sortis, une seconde charge a eu lieu et nous avons &#233;t&#233; re-gaz&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces charges en pleine rue passante et ne visant visiblement pas que les manifestants n'ont pas &#233;t&#233; faites au hasard. Elles visent &#224; punir l'ensemble d'un quartier pour sa solidarit&#233; envers le mouvement s'opposant au projet de la Plaine et &#224; celui r&#233;clamant la justice pour les victimes de Noailles. Certes, tout le monde &#224; la Plaine n'est pas contre le projet de requalification, mais la solidarit&#233; avec les sinistr&#233;s de Noailles fait quasiment l'unanimit&#233; et dans le quartier, plusieurs bars sont connus pour leur client&#232;le plut&#244;t militante. Par ailleurs, face &#224; la police, les habitants de la place Jean-Jaur&#232;s font souvent bloc tout en subissant eux aussi et de mani&#232;re indiscrimin&#233;e la r&#233;pression. Qa&#239;s, qui habite juste sur la place, d&#233;clare : &#171; &lt;i&gt;D&#232;s le d&#233;but et pendant une dizaine de jours, le gaz rentrait au minimum dans toute la cage d'escalier et se r&#233;pandait souvent jusque chez nous bien qu'on soit au quatri&#232;me &#233;tage. &#199;a passait par les fen&#234;tres. Les grenades balanc&#233;es en l'air atterrissent sur les toits, sur les balcons. Nos voisins ont eu les m&#234;mes probl&#232;mes. Qu'on soit pour ou contre le projet, tout le monde &#233;tait sur les balcons, la plupart du temps pour interpeller les policiers, et leur dire que ce n'&#233;tait pas normal ce qui se passait. Je n'ai vu qu'une personne qui &#233;tait contre les manifestants et qui avait balanc&#233; un seau d'eau sur eux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette extension de la r&#233;pression au quartier entier, combin&#233;e avec l'ensemble de la mont&#233;e en tension calcul&#233;e sur des fronts multiples, montre qu'on a l&#226;ch&#233; la bride. On l'a l&#226;ch&#233;e au plus haut niveau de l'&#201;tat, et pas seulement en ce qui concerne la r&#233;pression polici&#232;re, mais aussi et surtout dans le discours id&#233;ologique.
Car en apparence, quel rapport entre Macron, les Gilets jaunes et les luttes locales marseillaise ? C'est l'expression lib&#233;r&#233;e du m&#233;pris des pauvres. Ce qui permet &#224; Gaudin et &#224; Chenoz d'afficher un tel cynisme tout en r&#233;primant &#224; toute berzingue, c'est un &#171; racisme de classe &#187; d&#233;complex&#233;, qui n'a plus &#224; se cacher le moins du monde, d&#233;j&#224; qu'il le faisait bien peu &#224; Marseille. C'est ce qui rend possible de r&#233;pondre &#171; &lt;i&gt;Tiens, prends ces lacrymos dans ta gueule&lt;/i&gt; &#187; quand les habitants de quartiers populaires demandent&#8230; &#224; ne pas craindre que leurs domiciles s'effondrent sur eux, ou d'&#234;tre relog&#233;s s'ils sont &#233;vacu&#233;s ! De tuer une innocente au passage. Et de s'en tirer tranquille. Cr&#232;me. Circulez, y a rien &#224; voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On gaze les quartiers populaires, &#171; &lt;i&gt;mais ce n'est pas l&#233;tal, hein, faut pas exag&#233;rer&lt;/i&gt; &#187;, comme disait le m&#233;decin l&#233;giste &#224; G&#233;rard, le vid&#233;aste, alors qu'il faisait constater son &#233;tat pour appuyer sa plainte. Pas l&#233;tal, en g&#233;n&#233;ral. Sauf pour Zineb.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Arnaud Kaba, anthropologue, habitu&#233; de la Plaine&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Officiellement d&#233;nomm&#233;e &#171; place Jean-Jaur&#232;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce mur compos&#233; de panneaux en b&#233;ton mesure 2,5 m&#232;tres de hauteur. Lire aussi &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-Plaine-emmuree' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La Plaine emmur&#233;e&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;170, novembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/A-Marseille-la-mairie-s-effondre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#192; Marseille, la mairie s'effondre et la ville se soul&#232;ve&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;171, d&#233;cembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Brigade anti-criminalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le t&#233;moignage de F. D., pr&#233;sent lors de la marche de la Col&#232;re, va dans le m&#234;me sens : &#171; &lt;i&gt;Au fur et &#224; mesure, les gens s'en vont. La Bac provoque sous les arcades, puis fait des raids pour extraire des manifestants, &#224; grand renfort de gazeuses et de matraques t&#233;lescopiques. Ils sortent de partout, et en particulier des rangs des manifestants. Sans brassard, les capuches rabattues sur des foulards qui cachent leur visage. On comprend alors que plusieurs d'entre eux se sont gliss&#233;s dans le cort&#232;ge...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Service d'action civique, &#171; service d'ordre &#187; mais surtout groupe de nervis proches du pouvoir gaulliste, actif dans les ann&#233;es 1960 et 1970, finalement dissous en 1982 apr&#232;s la &#171; tuerie d'Auriol &#187; (six morts).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Syndrome essentiellement caract&#233;ris&#233; par des douleurs diffuses et une fatigue chronique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand l'h&#244;pital se moque de la charit&#233;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Quand-l-hopital-se-moque-de-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Quand-l-hopital-se-moque-de-la</guid>
		<dc:date>2018-12-28T10:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-S&#233;bastien Mora</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Tomagnetik</dc:subject>
		<dc:subject>center</dc:subject>
		<dc:subject>L'h&#244;pital</dc:subject>
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		<dc:subject>Direction</dc:subject>
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		<dc:subject>CHU</dc:subject>
		<dc:subject>pavillon Armengaud</dc:subject>
		<dc:subject>l'h&#244;pital Purpan</dc:subject>
		<dc:subject>pavillon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis deux ans &#224; Toulouse, les membres du collectif Lascrosses occupent avec pr&#232;s de 80 personnes un pavillon d&#233;saffect&#233; de l'h&#244;pital Purpan. Pour les faire expulser, la direction de l'&#233;tablissement en a appel&#233; &#224; la justice. En vain pour l'instant. Il est 19 h, l'h&#244;pital Purpan se vide. Visites et consultations sont termin&#233;es. Mais au c&#339;ur du CHU (Centre hospitalier universaire), une poign&#233;e de gamins se vautrent en skate ou tapent dans un ballon de foot. Depuis septembre 2016, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no170-novembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;170 (novembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tomagnetik" rel="tag"&gt;Tomagnetik&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/div-align" rel="tag"&gt;div align&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/div" rel="tag"&gt;div&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction" rel="tag"&gt;Direction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/align" rel="tag"&gt;align&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pavillon-Armengaud" rel="tag"&gt;pavillon Armengaud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-hopital-Purpan" rel="tag"&gt;l'h&#244;pital Purpan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pavillon" rel="tag"&gt;pavillon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis deux ans &#224; Toulouse, les membres du collectif Lascrosses occupent avec pr&#232;s de 80 personnes un pavillon d&#233;saffect&#233; de l'h&#244;pital Purpan. Pour les faire expulser, la direction de l'&#233;tablissement en a appel&#233; &#224; la justice. En vain pour l'instant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est 19 h, l'h&#244;pital Purpan se vide&lt;/strong&gt;. Visites et consultations sont termin&#233;es. Mais au c&#339;ur du CHU (Centre hospitalier universaire), une poign&#233;e de gamins se vautrent en skate ou tapent dans un ballon de foot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis septembre 2016&lt;/strong&gt;, le collectif Lascrosses&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce collectif est membre de la Crea (Campagne de r&#233;quisition pour l'entraide (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; y occupe le pavillon Armengaud. Linge pendu aux fen&#234;tres, rires qui s'&#233;chappent des cuisines communes. Environ 80 pr&#233;caires &#8211; dont 25 enfants scolaris&#233;s alentour &#8211; originaires d'Albanie, de Bulgarie, de Syrie et du Maghreb ont redonn&#233; vie &#224; ce b&#226;timent d&#233;saffect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tri s&#233;lectif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tous t&#233;moignent d'humiliations&lt;/strong&gt;, de souffrances mais aussi de leur d&#233;termination. &#171; &lt;i&gt;Auparavant, nous avons occup&#233; puis &#233;t&#233; expuls&#233;s de logements boulevard Lascrosses &#8211; d'o&#249; le nom du collectif &#8211; puis d'un b&#226;timent de l'Office public de l'habitat de Toulouse&lt;/i&gt; &#187; raconte Bachir, 45 ans. &#192; cause de la r&#233;cession &#233;conomique, ce Marocain a quitt&#233; l'Espagne pour la Ville rose. &#171; &lt;i&gt;Ici, j'arrive &#224; aligner des petits contrats mais le parc social et les centres d'h&#233;bergement d'urgence sont compl&#232;tement satur&#233;s &lt;/i&gt; &#187;, souligne-t-il. C'est que la m&#233;tropole toulousaine est en proie &#224; une croissance urbaine incontr&#244;l&#233;e, qui produit une violente exclusion sociale&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Rouleau compresseur gentrificateur &#8211; Main basse sur la ville (rose) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De surcro&#238;t, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; r&#233;v&#233;lait&lt;/strong&gt; en mars dernier les pratiques discriminatoires de l'Office public de l'habitat : &#171; &lt;i&gt; Attention, monsieur est ivoirien&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Refuser les Tsiganes&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;famille religieusement tr&#232;s marqu&#233;e &lt;/i&gt; &#187;, pouvait-on lire dans des &#233;changes de mails ou des demandes de logement retoqu&#233;es&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Des documents prouvent la discrimination ethnique dans des HLM toulousains (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pavillon Armengaud&lt;/strong&gt; &#233;tait consid&#233;r&#233; par le CHU comme &#171; &lt;i&gt;inadaptable aux nouvelles normes d'accessibilit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Mais &#171; &lt;i&gt;les installations d'&#233;lectricit&#233; et d'eau &#233;taient quasi neuves &lt;/i&gt; &#187; raconte Mirentxu, du collectif Lascrosses. H&#233;las, au bout d'&#224; peine un mois d'occupation, la direction de l'h&#244;pital lan&#231;ait une proc&#233;dure d'&#233;vacuation d'urgence devant le tribunal. &#171; &lt;i&gt;Dans la foul&#233;e, une dizaine de b&#226;timents d&#233;saffect&#233;s au sein du CHU ont &#233;t&#233; mur&#233;s afin d'emp&#234;cher toute autre occupation &lt;/i&gt; &#187;, s'indigne Divyanka, une m&#232;re de famille bulgare.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Direction accul&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'heure des injonctions n&#233;olib&#233;rales&lt;/strong&gt;, les dirigeants hospitaliers, qui rechignent d&#233;j&#224; &#224; prendre en compte la d&#233;gradation des conditions de travail des soignants, per&#231;oivent l'occupation d'un de leur pavillon comme une intrusion insoutenable. &#171; &lt;i&gt;&#192; Purpan, la direction a d'ailleurs toujours refus&#233; de nous recevoir &lt;/i&gt; &#187; pr&#233;cise Mirentxu, am&#232;re. La juge du tribunal administratif, elle, a estim&#233; que l'occupation d'Armengaud ne g&#233;n&#233;rait &#171; &lt;i&gt;aucun trouble au fonctionnement de l'h&#244;pital en g&#233;n&#233;ral&lt;/i&gt; &#187; &#8211; comme l'avait mentionn&#233; en soutien les syndicats CGT et Solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tenace&lt;/strong&gt;, la direction du CHU en a appel&#233; au Conseil d'&#201;tat. Mais l&#224; encore, en juillet 2017, la plus haute des juridictions administratives a d&#233;bout&#233; l'h&#244;pital Purpan, arguant que le caract&#232;re d'urgence de l'&#233;vacuation n'&#233;tait pas justifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle menace plane&lt;/strong&gt; cependant sur le squat. &#171; &lt;i&gt;Le CHU est en train de privatiser ses biens, &lt;/i&gt;s'alarme Martine, une militante de la CGT. &lt;i&gt;Il vient de confier &#224; la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH Group) l'am&#233;nagement de six autres b&#226;timents d&#233;saffect&#233;s sous la forme d'un contrat de concession pendant une dur&#233;e de cinquante ans.&lt;/i&gt; &#187; Si le pavillon d'Armengaud n'est pas concern&#233; par ce douteux partenariat public-priv&#233;, ce projet de r&#233;habilitation pourrait bien relancer les proc&#233;dures d'&#233;vacuation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce collectif est membre de la Crea (Campagne de r&#233;quisition pour l'entraide et l'autogestion), un r&#233;seau de squats &#224; Toulouse qui existe depuis sept ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Rouleau compresseur gentrificateur &#8211; Main basse sur la ville (rose) &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;170, novembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/190318/des-documents-prouvent-la-discrimination-ethnique-dans-des-hlm-toulousains?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des documents prouvent la discrimination ethnique dans des HLM toulousains&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, 19 mars 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Loi &#201;lan : droit dans le mur...</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Loi-Elan-droit-dans-le-mur</link>
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		<dc:date>2018-12-27T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Tomagnetik</dc:subject>
		<dc:subject>Lise Lacombe</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
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		<dc:subject>Mohamed Ragoubi</dc:subject>
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		<dc:subject>fin juillet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Adopt&#233;e d&#233;finitivement le 18 octobre, la loi sur l'&#233;volution du logement, de l'am&#233;nagement et du num&#233;rique &#233;tait d&#233;j&#224; bien connue pour ses atteintes &#224; la protection du littoral et au logement des personnes handicap&#233;es. Il nous restait &#224; appr&#233;cier ses mesures anti-squatteurs et hostiles aux &#171; derniers de cord&#233;e &#187; en g&#233;n&#233;ral... *** Les s&#233;nateurs (LR) n'y &#233;taient pas all&#233;s de main morte en premi&#232;re lecture du projet de loi &#201;lan, fin juillet. Mohamed Ragoubi, vice-pr&#233;sident de l'association (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no170-novembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;170 (novembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi" rel="tag"&gt;loi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mohamed" rel="tag"&gt;Mohamed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mohamed-Ragoubi" rel="tag"&gt;Mohamed Ragoubi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ragoubi" rel="tag"&gt;Ragoubi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi-Elan" rel="tag"&gt;loi &#201;lan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squats" rel="tag"&gt;squats&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fin-juillet" rel="tag"&gt;fin juillet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Adopt&#233;e d&#233;finitivement le 18 octobre, la loi sur l'&#233;volution du logement, de l'am&#233;nagement et du num&#233;rique &#233;tait d&#233;j&#224; bien connue pour ses atteintes &#224; la protection du littoral et au logement des personnes handicap&#233;es. Il nous restait &#224; appr&#233;cier ses mesures anti-squatteurs et hostiles aux &#171; derniers de cord&#233;e &#187; en g&#233;n&#233;ral...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2708 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-968-17932.jpg?1779602757' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les s&#233;nateurs&lt;/strong&gt; (LR) n'y &#233;taient pas all&#233;s de main morte en premi&#232;re lecture du projet de loi &#201;lan, fin juillet. Mohamed Ragoubi, vice-pr&#233;sident de l'association Appuii&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Appuii comme &#171; Alternatives pour des projets urbains ici et &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et responsable du Dal-HLM (Droit au logement), se souvient surtout de la fa&#231;on dont ils avaient amend&#233; l'article 58 ter. &#171; &lt;i&gt;Ils voulaient criminaliser tous les occupants sans titre, du squatteur au sous-locataire h&#233;berg&#233; dans l'urgence et non d&#233;clar&#233; : un an de prison et 15 000&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#8364;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;d'amende apr&#232;s une expulsion express.&lt;/i&gt; &#187; Voulaient ? On touche ici &#224; une autre joyeuset&#233; du texte. Fin septembre, les arrangements de derni&#232;re minute ont &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;s dans le secret d'une commission mixte paritaire pour &#233;viter une deuxi&#232;me lecture (publique) du projet l&#233;gislatif devant l'Assembl&#233;e nationale. &#171; &lt;i&gt;On a fait un travail de suivi autour de la loi pendant sept mois et on a beaucoup mobilis&#233; dans toutes les villes, y compris en allant interpeller directement les &#233;lus&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Mohamed Ragoubi.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jeter plus facilement les gens &#224; la rue&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : dans un communiqu&#233;, les s&#233;nateurs admettent qu'ils ont d&#251; en rabattre tout en plastronnant sans vergogne. Nous avons &#171; &lt;i&gt;favoris&#233; la lutte contre les squats en supprimant la possibilit&#233; pour les squatteurs d'un domicile de b&#233;n&#233;ficier d'une part, du d&#233;lai de deux mois entre le commandement de quitter les lieux et la mise en &#339;uvre effective de l'expulsion et d'autre part, de la tr&#234;ve hivernale&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiqu&#233; du 20 septembre 2018.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. S&#233;rieusement, ces bourgeois cacochymes se r&#233;jouissent de pouvoir jeter plus facilement des gens &#224; la rue ? &#171; &lt;i&gt; Et ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'oc&#233;an glac&#233; de leur &#233;go&#239;sme,&lt;/i&gt; poursuit Mohamed Ragoubi. &lt;i&gt;Bail ultra-pr&#233;caire d'une dur&#233;e d'un &#224; dix mois rebaptis&#233; &#8220; mobilit&#233; &#8221; dans la novlangue macronienne, r&#233;siliation du bail de plein droit quand l'un des habitants d'un logement a &#233;t&#233; condamn&#233; pour usage ou trafic de stup&#233;fiant, r&#233;tablissement de p&#233;nalit&#233;s arbitraires en cas de retard de loyer.&lt;/i&gt; &#187; Seule cette derni&#232;re disposition n'a pas &#233;t&#233; reprise dans la version finale d'un texte qui ressemble fort &#224; une d&#233;claration de guerre &#224; l'encontre des locataires les plus pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, participant &#224; un collectif d'info sur la loi &#201;lan et les squats &#224; Marseille, envisage les d&#233;g&#226;ts &#224; venir. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me sans criminalisation des pratiques, la loi va rendre plus vuln&#233;rables toutes les tentatives d'occupation ; une vuln&#233;rabilit&#233; qui p&#232;sera encore plus fort sur les plus fragiles d'entre elles, notamment celles avec les sans-papiers.&lt;/i&gt; &#187; Son constat sur la situation &#224; Marseille ne r&#233;chauffe gu&#232;re l'ambiance : &#171; &lt;i&gt;Plus aucun squat politique sur la ville et des squats d'habitation de plus en plus rares. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rare concession dans cette litanie d'avanies : l'aggravation des peines encourues par les marchands de sommeil. &#171; &lt;i&gt;C'est bien s&#251;r une bonne chose mais, avec la possibilit&#233; accord&#233;e aux bailleurs sociaux de vendre un tiers de leur patrimoine, ils peuvent m&#234;me conna&#238;tre une nouvelle prosp&#233;rit&#233;, &lt;/i&gt;commence &#224; expliquer Mohamed Ragoubi.&lt;i&gt; L'exp&#233;rience, comme dans le quartier du Petit Bard &#224; Montpellier, nous a appris que les organismes HLM se s&#233;parent en priorit&#233; des logements les plus v&#233;tustes ; promptement rachet&#233;s par des &lt;/i&gt;&#8220;&lt;i&gt; investisseurs&lt;/i&gt;&#8221;&lt;i&gt; peu scrupuleux, ces appartements repartent dans un circuit locatif souterrain.&lt;/i&gt; &#187; Et de conclure : &#171; &lt;i&gt;Pour v&#233;ritablement en finir avec l'habitat indigne, il manque un million de logements sociaux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Appuii comme &#171; Alternatives pour des projets urbains ici et &#224; l'international &#187;. Voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/En-Appuii-aux-habitants' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'article&lt;/a&gt; qui lui est consacr&#233; dans le dossier &#171; Logement &#187; dans notre &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no162-fevrier-2018'&gt;n&#176; 162&lt;/a&gt; de f&#233;vrier 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Communiqu&#233; du 20 septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Offensive anti-squats en Guyane</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Offensive-anti-squats-en-Guyane</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Offensive-anti-squats-en-Guyane</guid>
		<dc:date>2018-12-26T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Tomagnetik</dc:subject>
		<dc:subject>faut</dc:subject>
		<dc:subject>squat</dc:subject>
		<dc:subject>Guyane</dc:subject>
		<dc:subject>Cayenne</dc:subject>
		<dc:subject>squats</dc:subject>
		<dc:subject>Grands Fr&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>occupants</dc:subject>
		<dc:subject>faut s'en</dc:subject>
		<dc:subject>squats &#233;vacu&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Fr&#232;res</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; la pointe du mouvement social du printemps 2017, le collectif des 500 Fr&#232;res donne d&#233;sormais dans l'expulsion &#171; citoyenne &#187; d'occupants ill&#233;gaux. En plein centre-ville de Cayenne, une foule &#233;ructe sa haine des squatteurs. Nous sommes le 24 septembre et l'appel lanc&#233; deux jours plus t&#244;t par la galaxie des 500 Fr&#232;res contre la d&#233;linquance a &#233;t&#233; entendu. Devant le num&#233;ro 53 de la rue Madame-Pay&#233;, quelque 200 personnes sont venues d&#233;loger les occupants &#8211; essentiellement &#233;trangers &#8211; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no170-novembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;170 (novembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tomagnetik" rel="tag"&gt;Tomagnetik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faut" rel="tag"&gt;faut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squat" rel="tag"&gt;squat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Guyane" rel="tag"&gt;Guyane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cayenne" rel="tag"&gt;Cayenne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squats" rel="tag"&gt;squats&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Grands-Freres" rel="tag"&gt;Grands Fr&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/occupants" rel="tag"&gt;occupants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faut-s-en" rel="tag"&gt;faut s'en&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squats-evacues" rel="tag"&gt;squats &#233;vacu&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Freres" rel="tag"&gt;Fr&#232;res&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la pointe du mouvement social du printemps 2017, le collectif des 500 Fr&#232;res donne d&#233;sormais dans l'expulsion &#171; citoyenne &#187; d'occupants ill&#233;gaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En plein centre-ville&lt;/strong&gt; de Cayenne, une foule &#233;ructe sa haine des squatteurs. Nous sommes le 24 septembre et l'appel lanc&#233; deux jours plus t&#244;t par la galaxie des 500 Fr&#232;res contre la d&#233;linquance&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les 500 Fr&#232;res (collectif cr&#233;&#233; d&#233;but 2017 apr&#232;s un &#233;ni&#232;me assassinat, pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le num&#233;ro 53 de la rue Madame-Pay&#233;, quelque 200 personnes sont venues d&#233;loger les occupants &#8211; essentiellement &#233;trangers &#8211; de cette maison insalubre. Une habitante argue que le &#171; propri&#233;taire &#187; des b&#226;timents squatt&#233;s lui fait payer un loyer au noir, mais son intervention &#171; &lt;i&gt;est vite annihil&#233;e par des personnes hostiles vitup&#233;rant &#224; son encontre&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le squat de la rue Madame Pay&#233; &#233;vacu&#233; sous la pression populaire &#224; Cayenne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. La police s'interpose entre la foule et le squat, o&#249; la maire de Cayenne vient n&#233;gocier le d&#233;part des occupants &#8211; en l'absence de toute d&#233;cision de justice. Un peu plus tard, un fourgon emm&#232;ne les objets personnels des occupants...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines plus t&#244;t, le squat avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; attaqu&#233; par des membres des Grands Fr&#232;res. Ce &#171; &lt;i&gt;saccage &lt;/i&gt; &#187;, commis par des hommes &#171; &lt;i&gt;encagoul&#233;s et d&#233;tenteurs d'armes blanches&lt;/i&gt; &#187;, selon les mots du procureur, aurait fait trois bless&#233;s, dont une femme enceinte. Une exp&#233;dition effectu&#233;e vraisemblablement &#224; la demande de riverains se plaignant d'incivilit&#233;s multiples, menaces, tapage, prostitution et trafic de stup&#233;fiants. &#171; &lt;i&gt;Arr&#234;tez de prendre en compte la mis&#232;re des squatteurs, vous rejetez la mis&#232;re des riverains&lt;/i&gt; &#187;, dira &#224; une autre occasion Zadkiel Saint-Orice, porte-parole des Grands Fr&#232;res&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Rassemblement au 18 rue Barrat &#224; la m&#233;moire de Raymond Gaye [...] &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les forums des sites d'actualit&#233;s guyanais, on trouve bien des internautes critiquant le co&#251;t des proc&#233;dures d'expulsion pour les propri&#233;taires d&#233;sargent&#233;s. Certains n'h&#233;sitent aucunement &#224; &#233;tablir un lien entre squats, ins&#233;curit&#233; et&#8230;immigration.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; 350 squats &#233;vacu&#233;s et il faut s'en satisfaire ?! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 17 octobre, dans cette ambiance d&#233;l&#233;t&#232;re et farouchement anti-squat, la t&#233;l&#233;vision publique Guyane La Premi&#232;re consacre une &#233;mission sp&#233;ciale &#224; la probl&#233;matique. &#171; &lt;i&gt;Le pr&#233;fet a mis en place une cellule de suivi qui a permis d'&#233;vacuer en un an plus de 350 occupations ill&#233;gales&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt;, ce qui correspond &#224; 1 200 personnes &lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;fend le repr&#233;sentant de la pr&#233;fecture. &#171; &lt;i&gt;&#199;a para&#238;t, pour certains, pas assez, pas assez vite&#8230; &lt;/i&gt; &#187;, fait observer la journaliste. &#171; &lt;i&gt; J'aimerais quand m&#234;me rappeler qu'un squat, c'est une occupation sans titre et sans droit, &lt;/i&gt;encha&#238;ne Yvane Goua, de l'association Tr&#242;p Violans.&lt;i&gt; On s'est appropri&#233; le lieu d'une personne. Donc c'est ill&#233;gal et il y a un probl&#232;me &#224; r&#233;gler. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;350 squats &#233;vacu&#233;s en un an et il faut s'en satisfaire ?! En 2014, il y en avait 31 000 en Guyane !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ici pr&#233;ciser qu'en Guyane, le terme &#171; squat &#187; renvoie &#224; deux r&#233;alit&#233;s : les occupations urbaines de b&#226;timents, mais surtout les nombreux bidonvilles. Ces derniers, la loi &#201;lan&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Loi anti-pauvres &#8211; &#201;lan : droit dans le mur &#187;, CQFD n&#176;170, novembre 2018.&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; ne les a pas oubli&#233;s : un article pr&#233;voit qu'&#224; Mayotte comme en Guyane, le pr&#233;fet pourra d&#233;sormais les faire d&#233;truire sans d&#233;cision de justice&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plateau de Guyane La Premi&#232;re, on s'en f&#233;licite. Et il faut se fader 34 minutes de surench&#232;re avant d'entendre une voix dissonante. Celle de Marius Florella, de l'antenne guyanaise du Dal (Droit au logement) : &#171; &lt;i&gt;Je suis d'accord, on peut d&#233;molir toute la Guyane, les maisons construites sans permis. Seulement, il faut me donner une solution de relogement. L'&#201;tat et les communes fuient leur responsabilit&#233; : le manque de logement. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;On ne peut pas d&#233;loger les gens puis les l&#226;cher dans la nature.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les 500 Fr&#232;res (collectif cr&#233;&#233; d&#233;but 2017 apr&#232;s un &#233;ni&#232;me assassinat, pour protester contre les violences et l'ins&#233;curit&#233;, notamment par des op&#233;rations &#171; coup de poing &#187; effectu&#233;es encagoul&#233;s), l'association Tr&#242;p Violans et les Grands Fr&#232;res (scission des 500 Fr&#232;res).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Le squat de la rue Madame Pay&#233; &#233;vacu&#233; sous la pression populaire &#224; Cayenne &#187;, Guyaweb.com, 25 septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Rassemblement au 18 rue Barrat &#224; la m&#233;moire de Raymond Gaye &lt;i&gt;[...]&lt;/i&gt; &#187;, Guyaweb.com, 29 septembre. Selon le quotidien &lt;i&gt;France Guyane&lt;/i&gt;, Raymond Gaye a &#233;t&#233; mortellement poignard&#233; le 26 septembre dans sa maison familiale, qu'il avait l'habitude de visiter &#171; &lt;i&gt;pour &#233;viter qu'elle ne soit squatt&#233;e ou pour faire sortir les squatteurs &lt;/i&gt; &#187;. Certains soup&#231;onnent donc un crime commis par un occupant ill&#233;gal &#8211; ce que rien ne prouve.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Loi anti-pauvres &#8211; &#201;lan : droit dans le mur &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;170, novembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; Lille, gu&#233;rilla judiciaire contre projet nuisible</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-Lille-guerilla-judiciaire-contre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/A-Lille-guerilla-judiciaire-contre</guid>
		<dc:date>2018-12-23T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ettore Fontana</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Tomagnetik</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>projet</dc:subject>
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		<dc:subject>Aubry</dc:subject>
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		<dc:subject>ridicules</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Contre les &#171; r&#233;novations &#187; forc&#233;es de quartiers ou les &#171; grands projets &#187;, les luttes sont rarement victorieuses. Dans le Nord, un r&#233;cent succ&#232;s montre l'int&#233;r&#234;t de jouer sur plusieurs tableaux : sur le terrain bien s&#251;r, mais aussi dans les tribunaux. &#171; Derri&#232;re leur morgue et leur suffisance, les &#233;lus sont des gens incomp&#233;tents et ridicules. On est dix personnes et on a fait exploser le plus gros projet de Lille des trente derni&#232;res ann&#233;es. &#187; Le 5 octobre dernier, le p&#244;le juridique des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martine-Aubry" rel="tag"&gt;Martine Aubry&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dernieres-annees" rel="tag"&gt;derni&#232;res ann&#233;es&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/suffisance" rel="tag"&gt;suffisance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ridicules" rel="tag"&gt;ridicules&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Contre les &#171; r&#233;novations &#187; forc&#233;es de quartiers ou les &#171; grands projets &#187;, les luttes sont rarement victorieuses. Dans le Nord, un r&#233;cent succ&#232;s montre l'int&#233;r&#234;t de jouer sur plusieurs tableaux : sur le terrain bien s&#251;r, mais aussi dans les tribunaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Derri&#232;re leur morgue&lt;/strong&gt; et leur suffisance, les &#233;lus sont des gens incomp&#233;tents et ridicules. On est dix personnes et on a fait exploser le plus gros projet de Lille des trente derni&#232;res ann&#233;es. &lt;/i&gt; &#187; Le 5 octobre dernier, le p&#244;le juridique des opposants au projet d'urbanisation de la friche Saint-Sauveur savourait. Le tribunal administratif venait de suspendre la d&#233;claration d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral pour la requalification de cette ancienne gare de marchandises en bordure du centre-ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#234;ve de Martine Aubry, la maire socialiste, pour ces 23 hectares ? Y b&#226;tir un nouveau quartier : 2 700 logements, 40 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; de bureaux, 25 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; de commerce, des &#233;quipements, des lieux culturels... Depuis 2016, quatre ans apr&#232;s la naissance du projet, le programme int&#232;gre m&#234;me une imposante piscine &#224; 50 millions d'euros, avec la candidature de Paris aux Jeux olympiques (JO) en ligne de mire. Il fallait voir la flamme olympique qui brillait dans les yeux des d&#233;cideurs lorsqu'ils ont appris que la piscine accueillerait&#8230; les entra&#238;nements de quelques nageurs.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Anti-pauvres et anti-&#233;colo&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais fin 2017, quelques voix dissonantes se font entendre. Car cette d&#233;bauche de b&#233;ton et d'acier r&#233;duit les espaces verts &#224; 5 pauvres hectares quand, aujourd'hui, le site est envahi d'une v&#233;g&#233;tation dense et bigarr&#233;e, dans une ville qui en manque cruellement. Stanislas Dendievel, l'adjoint &#224; l'urbanisme, contre-attaque illico. La contestation ? Une &#171; &lt;i&gt;radicalisation orchestr&#233;e par une minorit&#233;&lt;/i&gt; &#187; qui se foutrait des 15 000 demandes de logements sociaux en attente dans la ville. &#171; &lt;i&gt;Nous avons des gens &#224; loger,&lt;/i&gt; dira plus tard Martine Aubry. &lt;i&gt;Et si certains ne le comprennent pas, qu'ils aillent habiter ailleurs.&lt;/i&gt; &#187; Sauf que nombreux sont ceux qui ont en t&#234;te les expulsions de jeunes migrants et des campements roms qui s'&#233;taient install&#233;s sur le site ces derni&#232;res ann&#233;es. Ainsi que les propos de la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, lors de sa venue en mars 2017 : &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e est de permettre aux classes moyennes de se loger dans du neuf au centre-ville.&lt;/i&gt; &#187; En somme, un programme anti-&#233;cologique, mais aussi anti-pauvres. Sourds aux contestations, les &#233;lus passent en force et votent le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mobilisations ponctuelles ont lieu sur le site et dans les r&#233;unions de concertation, mais sur le terrain, le rapport de force n'est pas en faveur des opposants. La mobilisation change donc de ring : c'est le d&#233;but d'une bataille juridique. Objectif : faire tomber la d&#233;claration d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. &#171; &lt;i&gt; Il s'agit d'un boulot assez rebutant,&lt;/i&gt; explique Thomas, de l'Association pour la suppression des pollutions industrielles (Aspi). &lt;i&gt;Se fader la litt&#233;rature grise des &#233;tudes d'impact, en trouver les failles et les incoh&#233;rences&#8230; C'est du travail, mais &#231;a paye.&lt;/i&gt; &#187; Les requ&#233;rants mettent en avant les cons&#233;quences &#233;cologiques du projet (pollution des nappes phr&#233;atiques et de l'air) et le manque d'information du public. Press&#233;s par les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales, les techniciens avaient b&#226;cl&#233; le boulot : les recours font mouche. Pour l'avocate Muriel Ruef, on a tendance &#224; surestimer la force des adversaires : &#171; &lt;i&gt;Je crois que beaucoup de projets sont mal construits juridiquement. &#199;a vaut vraiment le coup d'aller y voir de plus pr&#232;s. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;tourner le droit&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Saint-Sauveur, le combat n'est pas termin&#233; mais le pouvoir local a tout de m&#234;me pris un sacr&#233; coup : pour l'heure, pas de JO 2024 &#224; Lille et pas de permis de construire pour les promoteurs. Du c&#244;t&#233; des socialistes, c'est une d&#233;b&#226;cle qui pue la fin de r&#232;gne. Pour l'autre camp, l'initiative incite &#224; int&#233;grer les strat&#233;gies juridiques au sein de la lutte (m&#234;me si &#231;a ne marche pas &#224; tous les coups) et &#224; jouer sur plusieurs tableaux sans pour autant les cloisonner. D'un c&#244;t&#233;, les militants s'invitent dans la proc&#233;dure : &#171; &lt;i&gt;Sur des dossiers comme &#231;a, je suis plus coordinatrice,&lt;/i&gt; explique M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Ruef. &lt;i&gt;C'est vraiment un travail collectif r&#233;alis&#233; en lien avec les associations. Quand on conteste un projet, on a une connaissance et une motivation parfois beaucoup plus importantes que ceux qui sont cens&#233;s le mettre en place. &lt;/i&gt; &#187; De l'autre c&#244;t&#233;, le succ&#232;s en justice devient un levier de mobilisation : &#171; &lt;i&gt;Notre victoire au tribunal a cr&#233;&#233; un engouement, une certaine joie, qui nous permet d'intensifier la mobilisation habitante&lt;/i&gt; &#187;, reprend Thomas, de l'Aspi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re &#233;tape a &#233;t&#233; gagn&#233;e qui donne envie d'avancer. Il s'agit maintenant de changer de terrain et de regagner la friche pied &#224; pied.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Gaudin, assassin ! &#187;</title>
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		<dc:date>2018-12-06T19:59:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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&lt;p&gt;Apr&#232;s les effondrements d'immeubles, la rue marseillaise a march&#233; trois fois pour rendre hommage aux morts et demander la d&#233;mission du maire. En face, ce ne fut que sadisme, matraques et grenades lacrymog&#232;nes. Samedi 10 novembre, cinq jours apr&#232;s les effondrements de la rue d'Aubagne, 10 000 personnes ont march&#233; en silence jusqu'&#224; la mairie centrale. Sans slogans, ni drapeaux. Juste une sobre banderole brandie en marge par deux voisines : &#171; Non, ce n'est pas la pluie &#187;. Signe des temps, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no171-decembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;171 (d&#233;cembre 2018)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s les effondrements d'immeubles, la rue marseillaise a march&#233; trois fois pour rendre hommage aux morts et demander la d&#233;mission du maire. En face, ce ne fut que sadisme, matraques et grenades lacrymog&#232;nes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2685 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-945-0246d.jpg?1779902470' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Tomagn&#233;tik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Samedi 10 novembre, cinq jours apr&#232;s les effondrements de la rue d'Aubagne, 10 000 personnes ont march&#233; en silence jusqu'&#224; la mairie centrale. Sans slogans, ni drapeaux. Juste une sobre banderole brandie en marge par deux voisines : &#171; &lt;i&gt;Non, ce n'est pas la pluie&lt;/i&gt; &#187;. Signe des temps, cours Garibaldi, la corniche d'un balcon s'est bris&#233;e sous le poids d'une grand-m&#232;re et son petit-fils qui regardaient passer le cort&#232;ge, occasionnant trois bless&#233;s l&#233;gers. Depuis, les blocs de pierre sont toujours sur le trottoir et les barri&#232;res de s&#233;curisation entrouvertes pour laisser passer les clientes du salon de coiffure install&#233; au rez-de-chauss&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Je ne peux pas me permettre d'arr&#234;ter de travailler,&lt;/i&gt; explique la patronne. &lt;i&gt;L'assurance ne me couvre pas, vu qu'il n'y a pas d'arr&#234;t&#233; de p&#233;ril.&lt;/i&gt; &#187; Arriv&#233;e sous le balcon du maire, une dame ouvre son parapluie. &#171; &lt;i&gt; Gaudin, cr&#232;ve &lt;/i&gt; &#187;, a-t-elle griffonn&#233; dessus. Des cris fusent : &#171; &lt;i&gt;Gaudin assassin ! &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Gaudin d&#233;mission !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#192; qui profite le crime ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quatre jours plus tard, mercredi 14 novembre, c'est la marche de la Col&#232;re. Les portraits des huit morts se fraient un passage pour prendre la t&#234;te du cort&#232;ge. Mass&#233;e rue d'Aubagne, la foule s'&#233;carte et applaudit. Puis on se dirige en rangs compacts vers la mairie. Il y a encore plus de monde que samedi, pas loin de 15 000 personnes. Les quartiers Nord sont pr&#233;sents. L'habitat d&#233;grad&#233; y cause parfois des morts, mais &#231;a n'attire que rarement l'attention. Beaucoup parmi la population des cit&#233;s ont habit&#233; dans les logements insalubres du centre avant d'obtenir un HLM. Et le lien est encore fort, maintenu vivace par la fr&#233;quentation des march&#233;s de Noailles et de La Plaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers jours, une affiche siamoise a &#233;t&#233; placard&#233;e : &#171; &lt;i&gt;La mairie renvers&#233;e &#8211; Renversez la mairie&lt;/i&gt; &#187;, avec deux photos de l'&#233;difice &#224; l'endroit, puis &#224; l'envers. Le cort&#232;ge est plus nerveux. Une immense banderole noire clame une v&#233;rit&#233; qui fait scandale : &#171; &lt;i&gt; 20 millions pour d&#233;truire La Plaine, pas une thune pour sauver Noailles. &#192; qui profite le crime ? &lt;/i&gt; &#187; Une femme propose de peindre le nom des victimes en rouge sur la mairie.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Exp&#233;dition punitive&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais l'esplanade est barricad&#233;e derri&#232;re un entrelacs de barri&#232;res Vauban. Rapidement, des jeunes bousculent ce cordon de s&#233;curit&#233;. Des fumig&#232;nes, comme au stade. Deux ou trois fus&#233;es sont tir&#233;es contre la fa&#231;ade. Il n'en faut pas plus pour que les CRS inondent le quai de lacrymo. Dans les rues adjacentes, la Bac (brigade anti-criminalit&#233;) matraque tout ce qui bouge, de l'adolescent &#224; la dame charg&#233;e de courses. Malgr&#233; ce d&#233;cha&#238;nement aveugle, la foule reste soud&#233;e. Hors de question de c&#233;der le terrain aussi vite. On se prot&#232;ge le nez et on tient le pav&#233;, on lance des impr&#233;cations contre Gaudin et sa clique. Alors quand, deux heures plus tard, la manif reflue et se disperse, c'est l'exp&#233;dition punitive. Des hordes de baqueux ratissent les ruelles et s'en prennent aux passants autant qu'&#224; ceux qui fuient. Ils tabassent au hasard et gazent jusque dans la rue d'Aubagne, &#224; deux pas des maisons effondr&#233;es. Leurs chefs les ont l&#226;ch&#233;s en meute au c&#339;ur d'un territoire ennemi, ill&#233;gitime, &#224; conqu&#233;rir. Le Collectif du 5 novembre &#8211; Noailles en col&#232;re recueillera plus de 60 t&#233;moignages, dont 29 de personnes agress&#233;es. On d&#233;plore au moins huit fractures cr&#226;niennes, dont une op&#233;ration en urgence pour une fracture maxillo-cr&#226;nienne provoqu&#233;e par un &#233;clat de grenade de d&#233;sencerclement. Lors d'un rendez-vous avec le collectif, un commissaire aurait d&#233;clar&#233; qu'il est &#171; &lt;i&gt;quasiment impossible&lt;/i&gt; &#187; de &#171; &lt;i&gt;tenir&lt;/i&gt; &#187; la Bac, corps de police d'inspiration coloniale&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Les racines du mal &#187;, dans le dossier &#171; La police tue &#187;, CQFD n&#176; 153, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui n'a pas vocation &#224; maintenir l'ordre dans une manif, ni m&#234;me dans les quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On y arrivera tous ensemble &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Samedi 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, ce sont quelque 20 000 manifestants pour le droit &#224; un logement digne qui descendent le boulevard Salvator vers la pr&#233;fecture. L&#224;, des parents des victimes prennent la parole. &#171; &lt;i&gt;On est la famille de Ch&#233;rif, on revient de son enterrement en Alg&#233;rie. &#199;a fait chaud au c&#339;ur de voir autant de Marseillais r&#233;unis pour cette cause. Pour nous, c'est trop tard, il est parti, mais on vous accompagnera jusqu'au bout. Il a fallu malheureusement du temps &#224; Marseille pour se r&#233;veiller. Ne l&#226;chez rien, huit familles sont en deuil et ne s'en remettront jamais, mais il faut se battre. En 2018, c'est pas normal qu'on en arrive l&#224;. Soyez solidaires, on gagnera tous ensemble. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;bouch&#233; de la rue Saint-Ferr&#233;ol, un cort&#232;ge de la CGT et des gilets jaunes embo&#238;tent le pas &#224; cette troisi&#232;me marche de Noailles jusqu'&#224; la mairie. Mais l&#224;-bas, &#224; peine la dispersion annonc&#233;e, la foule est gaz&#233;e, provoquant encore une fois une bouff&#233;e de rage. M&#234;me si beaucoup manifestent pour la premi&#232;re fois, on ne c&#232;de pas &#224; la panique. Personne ne veut partir, ni les gens des quartiers Nord venus en nombre, ni les McDo en lutte, ni les chasubles rouges ou jaunes, ni les supporters et leur tambour, ni les profs et les parents d'&#233;l&#232;ves des &#233;coles d&#233;labr&#233;es, ni les lyc&#233;ens&#8230; Plusieurs sapins de la foire aux santons s'enflamment, tandis que des barri&#232;res de chantier sont jet&#233;es sur la chauss&#233;e pour entraver la charge des CRS. Comme le 14, des grenades de d&#233;sencerclement sont tir&#233;es dans la foule.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;meute en centre-ville&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une boutique Orange est pill&#233;e sur la Canebi&#232;re. Une premi&#232;re barricade se dresse, faite de poutres, d'un transformateur &#233;lectrique et d'&#233;chafaudages sortis du chantier des Feuillants &#8211; l&#224; o&#249; le promoteur Fondeville construit un h&#244;tel 4 &#233;toiles aux portes de Noailles, non sans avoir d&#233;clar&#233; que &#171; &lt;i&gt;le haut de gamme cohabite difficilement avec le bon march&#233;&lt;/i&gt; &#187;&#8230; De nombreux foyers de tension obligent les flics &#224; courir comme des poulets sans t&#234;te. Les jeunes &#233;meutiers essaiment de Noailles &#224; Belsunce, de La Plaine aux R&#233;form&#233;s, et jusqu'&#224; la gare Saint-Charles, o&#249; la Fnac est d&#233;valis&#233;e. Mais le point d'orgue des &#233;chauffour&#233;es, c'est la construction d'une imposante barricade de trente m&#232;tres de large coupant le haut de la Canebi&#232;re. Si on y ajoute celle dress&#233;e entre le chantier des Feuillants et le si&#232;ge de la Soleam &lt;i&gt;[lire la note au bas de la double page pr&#233;d&#233;dente]&lt;/i&gt;, plus les conteneurs en flamme sur les boulevards Dugommier et Garibaldi, le commissariat de Noailles se trouve virtuellement encercl&#233;. Atteint par une fus&#233;e &#233;clairante, un v&#233;hicule-patrouille est d'ailleurs incendi&#233; devant sa porte. Des feux de poubelle &#233;clairent la nuit pendant plusieurs heures. La nervosit&#233; de la police&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : C'est cette m&#234;me &#171; nervosit&#233; &#187; qui est sans doute responsable de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui semble en sous-effectif, a clairement attis&#233; ce coup de nerf collectif, qu'on n'avait sans doute pas vu ici depuis les gr&#232;ves de 1947.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 1947 : la droite municipale, qui a chass&#233; le communiste Jean Cristofol de la mairie avec l'aide de la SFIO de Gaston Defferre, impose une hausse des tarifs de transport. La population, asphyxi&#233;e par les privations de l'apr&#232;s-guerre, proteste. Des jeunes renversent un tram. Arr&#234;t&#233;s, ils sont pr&#233;sent&#233;s aux juges. Mais la foule envahit le tribunal et les lib&#232;re. Puis, en masse, on se rend &#224; la mairie, o&#249; le bureau du maire est saccag&#233;. Est-ce ce souvenir qui hante le vieux Gaudin et son alli&#233; le pr&#233;fet ? En tout cas, la d&#233;fense hi&#233;ratique de la &#171; maison commune &#187; contre une population qui fait corps contre l'injustice, ce n'&#233;tait pas une bonne id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mur de la Plaine, lui, tombera sous les vivats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt; Une poign&#233;e d'agitateurs souvent avin&#233;s et vivant aux crochets de la soci&#233;t&#233; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;. Voil&#224; comment G&#233;rard Chenoz, adjoint au maire de Marseille et pr&#233;sident de la Soleam, a d&#233;fini les opposants au projet de requalification de La Plaine&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration, 16 novembre 2018.&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Le bougre ne l'emportera pas au paradis : quand on s'enferre dans le d&#233;ni et le d&#233;nigrement, on finit mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sinistre mat&#233;rialisation de la psychose s&#233;curitaire&lt;/strong&gt; sauce Chenoz, un mur de mille tonnes de b&#233;ton &#233;touffe La Plaine depuis le 28 octobre. Mais le quartier ne baisse pas les bras. 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; novembre : grandioses fun&#233;railles de la pseudo-concertation, avec cercueil incin&#233;r&#233; devant le si&#232;ge de la Soleam. Puis, &#224; deux reprises, de joyeux lutins feront basculer plusieurs pans de la vilaine enceinte. Souvent, &#224; l'aube, de pr&#233;venantes &#233;quipes offrent le d&#233;jeuner aux ouvriers tout en les informant sur leur droit de retrait &#8211; ce qui a plusieurs fois port&#233; ses fruits. Samedi 24 novembre, un &lt;i&gt;Appel aux masses &lt;/i&gt;est lanc&#233;, rassemblant une mascarade de plus de 1 000 drilles totalement marteaux. Un mur de parpaings est &#233;rig&#233; devant le si&#232;ge de la Soleam. Et, depuis le 5 novembre, les liens entre La Plaine et Noailles se sont renforc&#233;s : quand on a un carnaval ind&#233;pendant en commun, on sait se serrer les coudes dans les moments difficiles. Est n&#233;e, avec la col&#232;re, une conscience partag&#233;e : c'est tout le Marseille populaire qui est entr&#233; en r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire sur le m&#234;me sujet&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Urbanisme et catastrophe &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/A-Marseille-la-mairie-s-effondre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#192; Marseille, la mairie s'effondre et la ville se soul&#232;ve&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Huit morts sous les d&#233;combres. Pourtant, pas de bombardier am&#233;ricain &#224; l'horizon, ni de dynamiteur allemand&#8230; Juste des sp&#233;culateurs, publics et priv&#233;s. Mais qu'on &#233;rige un mur de b&#233;ton autour de la Plaine pour imposer un chantier hostile ou qu'on laisse pourrir un quartier jusqu'&#224; l'effondrement de deux immeubles sur ses habitants, c'est d'une m&#234;me guerre qu'il s'agit. Celle que m&#232;ne la mairie au Marseille populaire. &#192; Noailles, huit personnes en sont mortes, &#233;cras&#233;es sous les gravats et le m&#233;pris. &#192; l'effroi a succ&#233;d&#233; la col&#232;re. Et un constat qui se propage : l'injustice n'a que trop dur&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Vent-de-panique-effet-d-aubaine' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Vent de panique, effet d'aubaine&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Et si la catastrophe de Noailles permettait &#224; la mairie de Marseille de r&#233;aliser enfin la gentrification massive dont elle r&#234;ve ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Les racines du mal &#187;, dans le dossier &#171; La police tue &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 153, avril 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;NDLR : C'est cette m&#234;me &#171; nervosit&#233; &#187; qui est sans doute responsable de la mort d'une octog&#233;naire, d&#233;c&#233;d&#233;e &#224; l'h&#244;pital apr&#232;s avoir re&#231;u une grenade lacrymog&#232;ne &#224; la fen&#234;tre de son appartement du 4e &#233;tage lors de la manif du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 16 novembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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