<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=2154&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1779602680</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Auvergne : le &#171; maire &#224; migrants &#187; qui h&#233;risse les fachos</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Auvergne-le-maire-a-migrants-qui</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Auvergne-le-maire-a-migrants-qui</guid>
		<dc:date>2020-04-27T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Juliette Iturralde</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>qu'ils</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;rard</dc:subject>
		<dc:subject>maire</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;rard Dubois</dc:subject>
		<dc:subject>Dubois</dc:subject>
		<dc:subject>habitants</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pessat-Villeneuve, c'est un tout petit bled &#224; c&#244;t&#233; de Clermont-Ferrand. 600 p&#233;kins et des brouettes. Pour ligne d'horizon, z&#233;ro commerce et une torpeur r&#233;sidentielle marqu&#233;e. Mais ce relatif d&#233;sert rec&#232;le une surprise : dans le parc du ch&#226;teau qui abrite la mairie, une soixantaine de demandeurs d'asile sont log&#233;s dans des pavillons par volont&#233; du maire, G&#233;rard Dubois. Lequel ne se fait pas que des amis... Reportage d'avant confinement. Accoud&#233; au comptoir de la petite cuisine attenante &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Juliette-Iturralde" rel="tag"&gt;Juliette Iturralde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-ils" rel="tag"&gt;qu'ils&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gerard" rel="tag"&gt;G&#233;rard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/maire" rel="tag"&gt;maire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gerard-Dubois" rel="tag"&gt;G&#233;rard Dubois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dubois" rel="tag"&gt;Dubois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/habitants" rel="tag"&gt;habitants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pessat-Villeneuve, c'est un tout petit bled &#224; c&#244;t&#233; de Clermont-Ferrand. 600 p&#233;kins et des brouettes. Pour ligne d'horizon, z&#233;ro commerce et une torpeur r&#233;sidentielle marqu&#233;e. Mais ce relatif d&#233;sert rec&#232;le une surprise : dans le parc du ch&#226;teau qui abrite la mairie, une soixantaine de demandeurs d'asile sont log&#233;s dans des pavillons par volont&#233; du maire, G&#233;rard Dubois. Lequel ne se fait pas que des amis... Reportage d'avant confinement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3325 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L307xH400/-1519-9a47a.jpg?1779602769' width='307' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Juliette Iturralde
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Accoud&#233; au comptoir de la petite cuisine attenante &#224; son bureau de maire, G&#233;rard Dubois encha&#238;ne les anecdotes, l'air guilleret, s&#251;r de lui. Petite barbe blanche, &#233;nergie &#224; revendre, tutoiement facile, il revient notamment sur cette p&#233;riode qui a fa&#231;onn&#233; son engagement : l'accueil, il y a bient&#244;t cinq ans, d'un premier groupe de personnes migrantes, qui avait tant fait jaser dans le village et au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je me souviens de cette conseill&#232;re municipale qui &#233;tait venue me demander, un peu penaude : &#8220;G&#233;rard, tu penses que je dois rentrer ma b&#233;tonni&#232;re pour pas qu'ils me la volent&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&#8221; Je lui avais r&#233;pondu que ces jeunes gens avaient endur&#233; mille &#233;preuves, surv&#233;cu &#224; la travers&#233;e de la M&#233;diterran&#233;e, &#224; la Libye, aux centres de d&#233;tention, &#224; Calais, et qu'il y avait a priori peu de chances qu'ils s'int&#233;ressent &#224; sa b&#233;tonni&#232;re...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le maire du petit bourg r&#233;sidentiel de Pessat-Villeneuve (Puy-de-D&#244;me) raconte cette histoire, c'est pour montrer que les mentalit&#233;s ont largement &#233;volu&#233; depuis cet &#233;pisode de novembre 2015. &#192; l'&#233;poque, le village s'appr&#234;te &#224; accueillir un premier groupe de migrants arriv&#233;s en car, une cinquantaine de jeunes hommes en provenance de Calais. Et l'ambiance est on ne peut plus crisp&#233;e. Lettres anonymes virulentes, menaces de mort sur les sites d'extr&#234;me droite, r&#233;union publique houleuse avec les habitants : la tension r&#232;gne. G&#233;rard Dubois reste impressionn&#233; par le souvenir de la d&#233;ferlante : &#171; &lt;i&gt;En quarante-huit heures, on a re&#231;u plus de deux cents appels t&#233;l&#233;phoniques malveillants, &#224; tel point qu'on a d&#251; fermer notre ligne &#8211; les secr&#233;taires &#233;taient traumatis&#233;es &#224; force d'entendre des horreurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point d'orgue de cette campagne de haine attis&#233;e de l'ext&#233;rieur, la journ&#233;e du 13 novembre 2015, quand sont d&#233;couverts des tags appelant au meurtre des migrants sur le ch&#226;teau, ainsi que des inscriptions traitant G&#233;rard Dubois de collabo sur un pont autoroutier des environs. Dans la soir&#233;e, la pr&#233;fecture appelle le maire pour le pr&#233;venir : alerte maximum, il y a une attaque terroriste au Bataclan et &#231;a pourrait titiller les fachos qui le ha&#239;ssent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation s'est depuis largement apais&#233;e, les habitants d&#233;couvrant rapidement que les migrants sont des gens comme les autres. Mais il subsiste une certaine crispation. Il faut dire que le combat du maire de Pessat a fait de lui une cible prioritaire pour les tenants de la France aux Fran&#231;ais. Il en a bien conscience, s'en amuse presque : &#171; &lt;i&gt;J'ai encore re&#231;u une lettre anonyme il y a trois jours, selon laquelle j'&#233;tais l'ennemi du peuple fran&#231;ais et de la race blanche. Cela ne s'est jamais vraiment arr&#234;t&#233;. Je sais bien quelles sont les id&#233;es de ces gens. Mais la plupart du temps je parviens &#224; en rigoler, &#224; ne pas rester bloqu&#233; sur leur violence. Et je sais bien que c'est aussi li&#233; &#224; ma personnalit&#233; : j'ai tendance &#224; aimer provoquer, &#224; r&#233;pondre du tac au tac. Et j'assume mes positions, je ne les cache pas. C'est &#231;a qui les fait enrager.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site &lt;i&gt;Riposte la&#239;que&lt;/i&gt;, nid &#224; racistes d&#233;complex&#233;s, a ainsi consacr&#233; une longue diatribe &#224; ce maire droit dans ses bottes juste avant le premier tour des municipales. Son titre : &#171; Pessat-Villeneuve : &#233;lecteurs, virez votre maire &#224; migrants, G&#233;rard Dubois &#187;. En une prose toute raffin&#233;e, l'auteur, un certain Brenton Anders, qui se d&#233;finit comme &#171; &lt;i&gt;Fran&#231;ais de France en France&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;(uhuh)&lt;/i&gt;, s'offusque que soient accueillis des &#171; occupants &#187; et &#171; &lt;i&gt;des d&#233;serteurs de leur pays venus se la couler douce en France&lt;/i&gt; &#187;. Pour en finir avec ce scandale, il appelait &#224; jouer sur le &#171; &lt;i&gt;panachage&lt;/i&gt; &#187; des voix, possibilit&#233; de rayer le nom d'un candidat d'une liste offerte aux &#233;lecteurs des communes de moins de 1 000 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#226;p&#233; : seule &#224; se pr&#233;senter car les branquignols d'extr&#234;me droite n'ont pas r&#233;ussi &#224; s'organiser, la liste du maire est facilement pass&#233;e au premier tour&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur sa liste, G&#233;rard Dubois est tout de m&#234;me celui qui a obtenu le moins de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Cheh&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le bulletin municipal 2019&lt;/strong&gt;, G&#233;rard Dubois, plume all&#232;gre et bavarde, s'enflamme : &#171; &lt;i&gt;Le record de 2018 vient d'exploser puisque nous passons de 618 &#224; 656 habitants, et ce record n'a pas fini de tomber car les projets que je vais d&#233;velopper vont vous montrer que vous avez fait le bon choix.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bond est m&#233;ritoire, c'est vrai. Mais il n'en reste pas moins que 650 et des poussi&#232;res, c'est pas b&#233;zef. Et que Pessat-Villeneuve, bourgade r&#233;sidentielle paum&#233;e dans les champs surtout peupl&#233;e de cadres de Michelin (la grosse industrie du coin) et de CSP +, ne d&#233;gage pas une &#233;nergie folle. Il y a un ch&#226;teau, un menhir et une &#233;cole au nom fort symbolique : &#171; Arc-en-ciel &#187;. Pour le reste : rien. Pas m&#234;me un troquet, bordel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute l'une des raisons qui ont pouss&#233; le maire, un tantinet m&#233;galo, &#224; ruer dans les brancards. Non content de faire accueillir des centaines de personnes migrantes depuis 2015, il a inaugur&#233; dans l'entr&#233;e du ch&#226;teau &#8211; o&#249; est install&#233;e la mairie depuis 2018 &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le b&#226;timent appartenait auparavant au comit&#233; d'entreprise d'Air France.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; un Parvis des droits de l'homme... et des r&#233;fugi&#233;s, comportant quelques plaques et pancartes rappelant les principes &#233;dict&#233;s dans la Convention de Gen&#232;ve du 28 juillet 1951.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif : faire de Pessat le symbole d'une cohabitation r&#233;ussie entre populations locales et nouveaux arrivants. Ce n'&#233;tait pas gagn&#233;. Lors de la premi&#232;re r&#233;union publique consacr&#233;e &#224; l'arriv&#233;e des nouveaux venus, organis&#233;e sous protection polici&#232;re, une habitante a ainsi exprim&#233; sa peur qu'ils ne violent ses enfants. L'assembl&#233;e n'a pas tard&#233; &#224; se d&#233;chirer. Jusqu'&#224; ce qu'une personne pose la question : &#171; &lt;i&gt;Mais au fait, eux, comment ils vont&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Dans la foul&#233;e, raconte G&#233;rard Dubois, le regard collectif s'est d&#233;centr&#233; et les bonnes volont&#233;s se sont manifest&#233;es : une instit' a propos&#233; de donner des cours de fran&#231;ais, d'autres ont sugg&#233;r&#233; diverses activit&#233;s. Quelques jours apr&#232;s, il y avait plus de cinquante b&#233;n&#233;voles investis dans l'accueil des nouveaux venus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re la mairie, il y a un grand parc agr&#233;able, avec des aires de jeu, des arbres, de l'espace. C'est l&#224; qu'ont &#233;t&#233; construits il y a un bail cinq grands pavillons, qui peuvent accueillir chacun vingt-cinq personnes, en semi-collectivit&#233; (cuisine et salle de bain partag&#233;es). L'association qui g&#232;re les lieux dans des bureaux mitoyens s'appelle la Cecler. Elle a pris la suite de Forum r&#233;fugi&#233;s, mandat&#233;e pour les premi&#232;res arriv&#233;es. Le boulot est &#224; la fois simple et compliqu&#233;, explique Alexandre, qui est employ&#233; sur place et se montre d'un enthousiasme notable, parfois teint&#233; d'un certain paternalisme : &#171; &lt;i&gt;Nous, on veut d&#233;velopper l'autonomie des gens qui transitent par ici. L'id&#233;al, c'est qu'ils se passent de nous. Ils restent une dizaine de mois puis on les aide &#224; se loger dans la r&#233;gion et &#224; chercher du boulot. On trouve des solutions, pas toujours l'id&#233;al mais au moins on avance.&lt;/i&gt; &#187; Et de citer l'exemple d'un des jeunes hommes log&#233;s ici, qui se forme &#224; la boulangerie dans le commerce du village voisin, qu'il rejoint tous les jours en v&#233;lo : &#171; &lt;i&gt;Le patron est &#233;pat&#233; par son &#233;nergie, &#231;a se passe super bien.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, environ soixante-dix personnes s&#233;journent dans les pavillons. Contrairement aux premiers arriv&#233;s de 2015, la plupart ont obtenu le statut de r&#233;fugi&#233; ; ils viennent d'&#201;rythr&#233;e ou du Soudan, pays qu'ils ont fuis essentiellement pour &#233;viter la guerre ou le service militaire. Beaucoup ont transit&#233; par des camps au Niger ou au Tchad apr&#232;s avoir connu les emb&#251;ches de l'&#201;thiopie et de la Libye, y poireautant de longs mois dans une mis&#232;re extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apr&#232;s-midi, cinq jeunes profitent du soleil sur la pelouse. Tous viennent d'&#201;rythr&#233;e. Le dialogue lanc&#233;, ils se d&#233;clarent ravis d'&#234;tre ici, d'entrevoir une normalisation de leur situation. Ils veulent bosser, dans le b&#226;timent ou l'agriculture, peu importe, mais c'est la premi&#232;re des choses qu'ils disent : du taf, voil&#224; le r&#234;ve. L'un d'eux propose de visiter leur pavillon. Dans le salon, la t&#233;l&#233;vision diffuse une &#233;mission de t&#233;l&#233;-r&#233;alit&#233; qu'ils ne regardent pas, trop affair&#233;s &#224; discuter de gastronomie &#233;rythr&#233;enne en servant aux invit&#233;s un verre de th&#233; au citron et une assiette de cacahu&#232;tes. Il para&#238;t que les cr&#234;pes l&#224;-bas sont de premi&#232;re. Et pour l'avenir, ils semblent confiants, m&#234;me s'ils s'emmerdent un peu dans le coin, forc&#233;ment &#8211; les ateliers, cours et parties de foot ne suffisent pas toujours &#224; remplir les journ&#233;es. Comme les employ&#233;s de la Cecler, ils ont une philosophie bien pos&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Step by step&lt;/i&gt; &#187; (&#171; pas &#224; pas &#187;), r&#233;sume l'un d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la sortie du centre, une employ&#233;e discute avec une femme soudanaise de la meilleure mani&#232;re de confectionner des masques d'argile et des cr&#232;mes de beaut&#233; en n'utilisant que des produits naturels. Un b&#233;n&#233;vole passe pour presser le mouvement : si elle veut aller faire les courses au supermarch&#233; aujourd'hui, c'est maintenant ou jamais. D&#233;cision est alors prise qu'un atelier sera consacr&#233; &#224; ces questions &#233;colo-cosm&#233;tiques dans la semaine. Charg&#233; d'une poign&#233;e de r&#233;sidents, le minibus s'envole vers le magasin et la civilisation marchande.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour &#224; la mairie.&lt;/strong&gt; Il est touchant, G&#233;rard Dubois. &#201;voquant le d&#233;part des premiers accueillis de 2015, il raconte avoir pleur&#233; &#224; chaudes larmes, tout comme nombre de ses ex-h&#244;tes. M&#234;me r&#233;action lacrymale lors du premier mariage entre deux r&#233;fugi&#233;s qu'il a c&#233;l&#233;br&#233; lui-m&#234;me, en 2019. Au fond, il s'en fout un peu de ce qu'on pense de lui, s'en revendique m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;Je suis un tar&#233;, pas un maire normal.&lt;/i&gt; &#187; Sa derni&#232;re id&#233;e : monter un caf&#233;-&#233;picerie qui serait tenu par des r&#233;fugi&#233;s, jouer sur cette dynamique qui pourrait donner vie &#224; Pessat et encourager dans la r&#233;gion cet objectif formul&#233; par Alexandre : &#171; &lt;i&gt;On cherche &#224; lever les repr&#233;sentations erron&#233;es sur les r&#233;fugi&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, G&#233;rard Dubois se f&#233;licite chaque jour d'avoir initi&#233; ce mouvement collectif et impos&#233; l'id&#233;e &#224; son conseil municipal et aux habitants de la bourgade : &#171; &lt;i&gt;On m'avait promis que le ch&#226;teau serait br&#251;l&#233;, qu'il y aurait des d&#233;tritus partout, des violences, des viols, mais on n'a jamais eu le moindre pwrobl&#232;me de ce genre.&lt;/i&gt; &#187; Si les habitants sont d&#233;sormais convaincus ? Pas tous, r&#233;pond-t-il : il reste des irr&#233;ductibles, mais la plupart auraient r&#233;vis&#233; leur jugement et s'accommoderaient fort bien de la situation. Seuls les fachos continuent &#224; diagnostiquer une invasion aux cons&#233;quences catastrophiques. Le fin mot de l'histoire : &#171; &lt;i&gt;Les extr&#233;mistes font du bruit, pas les gens solidaires.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Emilien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur sa liste, G&#233;rard Dubois est tout de m&#234;me celui qui a obtenu le moins de votes, seulement 177 suffrages sur 260 votants. Il n'emp&#234;che : ce sera bien lui le maire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le b&#226;timent appartenait auparavant au comit&#233; d'entreprise d'Air France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;fugi&#233;s syriens : non, il n'est pas encore temps de rentrer</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Refugies-syriens-non-il-n-est-pas</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Refugies-syriens-non-il-n-est-pas</guid>
		<dc:date>2020-04-24T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Leila al-Shami</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ma&#239;da Chavak</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>pays</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s syriens</dc:subject>
		<dc:subject>Syriens</dc:subject>
		<dc:subject>retour</dc:subject>
		<dc:subject>syrien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les r&#233;cents combats dans la province d'Idlib ont remis un coup de projecteur sur le calvaire des civils syriens. Neuf ans apr&#232;s le d&#233;but de la guerre, on estime &#224; plus de 6,6 millions le nombre de personnes d&#233;plac&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de la Syrie et &#224; 5,6 millions celui des r&#233;fugi&#233;s syriens dans le monde. Autant d'exil&#233;s que d'aucuns aimeraient voir retourner dans leur foyer&#8230; L'activiste syro-britannique Leila al-Shami alerte ici sur le danger de la politique du retour dans un pays o&#249; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maida-Chavak" rel="tag"&gt;Ma&#239;da Chavak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Syrie" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regime" rel="tag"&gt;r&#233;gime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies-syriens" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s syriens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Syriens" rel="tag"&gt;Syriens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/retour" rel="tag"&gt;retour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/syrien" rel="tag"&gt;syrien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;cents combats dans la province d'Idlib ont remis un coup de projecteur sur le calvaire des civils syriens. Neuf ans apr&#232;s le d&#233;but de la guerre, on estime &#224; plus de 6,6 millions le nombre de personnes d&#233;plac&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de la Syrie et &#224; 5,6 millions celui des r&#233;fugi&#233;s syriens dans le monde. Autant d'exil&#233;s que d'aucuns aimeraient voir retourner dans leur foyer&#8230; L'activiste syro-britannique Leila al-Shami alerte ici sur le danger de la politique du retour dans un pays o&#249; la r&#233;pression et la brutalit&#233; du r&#233;gime n'ont jamais cess&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3322 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L262xH400/-1508-9133a.jpg?1779605605' width='262' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ma&#239;da Chavak
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;i&gt;Cet article est une version actualis&#233;e d'un texte initialement publi&#233; en octobre et en anglais sur le site Crisis Magazine&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Syria, refugees, and solidarity &#187;, Crisismag.net (01/10/2019).&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Personne ne quitte son domicile volontairement, &#224; moins que sa maison soit la bouche d'un requin. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;(Warsan Shire, po&#233;tesse britannico-somalienne)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a travers&#233;e de M&#233;diterran&#233;e est p&#233;rilleuse. Rien qu'en 2018, 2 277 personnes sont ainsi mortes en tentant de rejoindre l'Europe&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette estimation, tous pays d'origine confondus, est tir&#233;e du rapport 101 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ont surv&#233;cu au voyage ont d&#251; faire face &#224; un accueil mitig&#233;. D'une part, l'afflux de r&#233;fugi&#233;s et de migrants en Europe (ainsi que dans d'autres pays du monde) offre des boucs &#233;missaires parfaits aux classes dirigeantes incapables de r&#233;gler leurs probl&#232;mes internes, tout en alimentant un climat de x&#233;nophobie et des sentiments nationalistes croissants. D'autre part, il existe des &#233;lans de solidarit&#233;, qui vont de l'organisation d'un accueil effectif aux manifestations scandant &#171; &lt;i&gt;Refugees welcome&lt;/i&gt; &#187;. Ces efforts vitaux m&#233;ritent d'&#234;tre poursuivis. Mais la solidarit&#233; qui ne commence qu'aux fronti&#232;res de l'Europe a ceci de probl&#233;matique qu'elle ne se penche pas sur les raisons principales qui poussent les demandeurs d'asile &#224; fuir leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La moiti&#233; de la population syrienne chass&#233;e de chez elle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2011, date &#224; laquelle l'&#201;tat syrien a commenc&#233; sa guerre contre un soul&#232;vement pro-d&#233;mocratique, plus de la moiti&#233; de la population a &#233;t&#233; chass&#233;e de chez elle. M&#234;me si d'autres acteurs du conflit, parasites djihadistes ou forces d'opposition, ont eux aussi provoqu&#233; des d&#233;placements, la responsabilit&#233; principale revient &#224; la violence de l'&#201;tat et de ses bailleurs de fonds &#233;trangers [&lt;i&gt;Russie, Iran, Hezbollah libanais&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Note de traduction.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;
]. Le r&#233;gime a eu recours &#224; d'incessants bombardements a&#233;riens des villes et &#224; des arrestations massives d'opposants. De nombreux observateurs &#233;voquent le chiffre d'un demi-million de morts&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Concernant les seuls civils, le R&#233;seau syrien des droits de l'homme (SNHR) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; (selon un bilan qui date de plus de deux ans). Avec 27 % des logements et deux tiers des &#233;tablissements scolaires et m&#233;dicaux endommag&#233;s ou d&#233;truits, le pays est un champ de ruines. L'effondrement des services publics et de l'&#233;conomie, qui ont plong&#233; pr&#232;s de 80 % de la population dans la pauvret&#233;, sont d'autres causes &#233;videntes de d&#233;placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit d'un consensus mondial croissant sur le fait que la guerre semble toucher &#224; sa fin, les Syriens continuent de s'exiler pour sauver leur vie. Depuis d&#233;cembre 2019, pr&#232;s d'un million de personnes &lt;i&gt;[80 &lt;/i&gt;%&lt;i&gt; sont des femmes et des enfants]&lt;/i&gt; ont fui la province d'Idlib face aux assauts incessants du r&#233;gime et de la Russie pour reprendre l'enclave rebelle. Peu de possibilit&#233;s de secours leur &#233;taient offertes, car la fronti&#232;re syro-turque est ferm&#233;e. Ces r&#233;fugi&#233;s s'entassent donc dans des camps insalubres ou dorment en plein air. Avec l'inexistence des soins, une &#233;ventuelle propagation du coronavirus parmi les populations d&#233;plac&#233;es pourrait avoir des cons&#233;quences d&#233;vastatrices.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Entre &#171; crise &#187; et arme migratoire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'en Europe, on &#233;voque sans cesse la &#171; &lt;i&gt;crise migratoire&lt;/i&gt; &#187;, seuls 11,6 % des d&#233;plac&#233;s syriens se sont r&#233;fugi&#233;s sur le Vieux Continent. La plupart demeurent dans la r&#233;gion, accueillis en premier lieu dans les pays limitrophes, o&#249; ils sont de plus en plus consid&#233;r&#233;s comme un probl&#232;me. En Turquie, qui accueille plus de 3,6 millions de Syriens sur son sol (plus que tout autre pays), l'incitation au renvoi des immigr&#233;s a constitu&#233; un argument-cl&#233; lors des &#233;lections municipales de 2019. Sur les m&#233;dias sociaux, des campagnes de d&#233;sinformation ont r&#233;pandu la haine et la division, provoquant rassemblements anti-syriens et attaques contre leurs commerces. En juillet dernier, des milliers de r&#233;fugi&#233;s syriens, l&#233;gaux ou ill&#233;gaux, dont des enfants, ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s dans tout le pays &#8211; &#224; Istanbul en particulier, la rafle a &#233;t&#233; massive. Ces exil&#233;s ont &#233;t&#233; contraints de signer des formulaires de rapatriement &#171; volontaire &#187; puis ont &#233;t&#233; expuls&#233;s vers le nord de la Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers mois, la Turquie a utilis&#233; les r&#233;fugi&#233;s comme une arme, arguant du fait que l'Union europ&#233;enne (UE) n'avait pas vers&#233; l'int&#233;gralit&#233; des paiements convenus pour les maintenir sur son territoire. Les autorit&#233;s ont incit&#233; des milliers de personnes &lt;i&gt;[majoritairement des Afghans, mais aussi des Irakiens, des Syriens, des Somaliens, etc.]&lt;/i&gt; &#224; traverser sa fronti&#232;re avec la Gr&#232;ce, les pla&#231;ant dans une situation d'extr&#234;me pr&#233;carit&#233; puisque la fronti&#232;re &#233;tait boucl&#233;e du c&#244;t&#233; grec. Amass&#233;s le long des barbel&#233;s, des r&#233;fugi&#233;s ont &#233;t&#233; maltrait&#233;s par les gardes-fronti&#232;res grecs, asperg&#233;s par des canons &#224; eau et des gaz lacrymog&#232;nes&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 17 mars, Human Rights Watch a m&#234;me d&#233;nonc&#233; des d&#233;nudements, des violences (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. L'UE a multipli&#233; les r&#233;unions d'urgence pour faire face &#224; cette &#171; crise &#187; et envisager de r&#233;pondre aux demandes de la Turquie. C'est la menace de voir s'&#233;chouer sur les c&#244;tes europ&#233;ennes des milliers de cadavres basan&#233;s qui l'a pouss&#233;e &#224; &#171; agir &#187; &#8211; ce que les images quotidiennes d'enfants syriens pris au pi&#232;ge sous les d&#233;combres de leurs maisons d&#233;truites et les cris angoiss&#233;s de leurs parents n'ont jamais r&#233;ussi &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'hostilit&#233; grandit envers les r&#233;fugi&#233;s au Liban, o&#249; ils constituent aujourd'hui un tiers de la population, la plupart d'entre eux se trouvant dans une situation pr&#233;caire sans r&#233;sidence l&#233;gale. Un d&#233;cret gouvernemental a donn&#233; la priorit&#233; &#224; l'emploi aux travailleurs libanais, ce qui a conduit au licenciement de nombreux Syriens. Les incitations au racisme se sont multipli&#233;es de la part de politiciens de premier plan qui d&#233;crivent les r&#233;fugi&#233;s comme une menace existentielle pour la stabilit&#233; et la prosp&#233;rit&#233; du Liban et appellent &#224; leur retour en Syrie, arguant que le pays est d&#233;sormais &#171; s&#251;r &#187;. Les camps de r&#233;fugi&#233;s ont fait l'objet de rafles. Mani&#232;re de pousser les Syriens &#224; rentrer chez eux&#8230; Selon Human Rights Watch, au Liban aussi des formulaires de rapatriement &#171; volontaire &#187; ont &#233;t&#233; utilis&#233;s pour mener des expulsions exp&#233;ditives.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le mensonge d'un pays s&#251;r et stable&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que la guerre touche &#224; sa fin et que la Syrie est d&#233;sormais un endroit &#171; s&#251;r &#187; est une petite musique qui monte en puissance &#224; mesure que l'empathie pour les souffrances des Syriens s'amenuise. L'un des principaux promoteurs de ce r&#233;cit est le r&#233;gime lui-m&#234;me. En septembre 2018, le vice-premier ministre Walid Al-Mouallem a d&#233;clar&#233; devant l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations unies que la &#171; &lt;i&gt;guerre contre le terrorisme&lt;/i&gt; &#187; &#233;tait &#171; &lt;i&gt;presque termin&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, que la Syrie &#233;tait &#171; &lt;i&gt;devenue plus s&#251;re et plus stable&lt;/i&gt; &#187; et que &#171; &lt;i&gt;les portes &#233;taient ouvertes &#224; tous les r&#233;fugi&#233;s syriens pour qu'ils rentrent volontairement et en toute s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime utilise la question du retour comme un levier par lequel il esp&#232;re obtenir des fonds pour la reconstruction du pays. Mais cet argent sera d&#233;tourn&#233; par le r&#233;gime pour &#171; &lt;i&gt;financer ses atrocit&#233;s, &#339;uvrer pour son propre int&#233;r&#234;t, r&#233;primer ceux qui sont per&#231;us comme des opposants et profiter &#224; ceux qui lui sont fid&#232;les&lt;/i&gt; &#187;, s'alarme Human Rights Watch. En Europe, des groupes d'extr&#234;me droite ont &#233;galement relay&#233; le r&#233;cit du retour post-guerre en toute s&#233;curit&#233;. Apr&#232;s leurs visites &#224; Damas, des politiciens allemands de l'AfD et des militants de la mouvance identitaire ont appel&#233; au rapatriement des r&#233;fugi&#233;s syriens.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sister aux appels au retour&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il faut r&#233;sister &#224; ces appels au retour. D'ores et d&#233;j&#224;, des exil&#233;s sont contraints de rentrer en raison de la pr&#233;carit&#233; et de l'hostilit&#233; qu'ils rencontrent dans les pays d'accueil ; d&#232;s leur arriv&#233;e en Syrie, certains sont enlev&#233;s de force par les services de s&#233;curit&#233;. Le R&#233;seau syrien des droits de l'homme (SNHR) rapporte qu'entre d&#233;but 2014 et ao&#251;t 2019, 1 916 r&#233;fugi&#233;s, dont 219 enfants, ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s &#224; leur retour au pays. Parmi eux, on compte 638 disparus et 15 morts sous la torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la guerre fait toujours rage dans certaines parties du pays et m&#234;me celles qui ne subissent plus de bombardements quotidiens sont loin d'&#234;tre &#171; s&#251;res et stables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre ONG, la Syrian Association for Citizens Dignity, a examin&#233; la situation dans les zones anciennement tenues par l'opposition, mais repass&#233;es sous le contr&#244;le du r&#233;gime apr&#232;s des bombardements aveugles et une guerre de si&#232;ge. Des &#171; accords de r&#233;conciliation &#187; avaient &#233;t&#233; conclus dans la plupart des cas sous les auspices de la Russie : les personnes affili&#233;es &#224; l'opposition se voyaient garantir la protection de leurs droits, pendant au moins six mois, y compris contre la pers&#233;cution, et &#233;taient exempt&#233;es d'enr&#244;lement au sein des forces du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces garanties n'ont pas &#233;t&#233; respect&#233;es. De nombreux jeunes ont &#233;t&#233; incorpor&#233;s de force dans les milices pro-Bachar et envoy&#233;s comme chair &#224; canon sur les lignes de front, o&#249; ils ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; se battre contre d'anciens camarades. Les r&#233;fractaires ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, ont disparu ou ont &#233;t&#233; tu&#233;s par les services de s&#233;curit&#233;. Dans le viseur du r&#233;gime : les membres de l'opposition arm&#233;e et politique et leurs familles, les &lt;i&gt;media activists&lt;/i&gt; et les travailleurs humanitaires&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Syrie : arrestations et harc&#232;lement dans les zones reconquises &#187;, Human (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;S'attaquer aux causes profondes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si l'UE consid&#232;re toujours officiellement que la Syrie reste un pays peu s&#251;r pour le retour des r&#233;fugi&#233;s, le climat europ&#233;en se fait de plus en plus d&#233;l&#233;t&#232;re pour ces derniers, comme pour les autres migrants. Les pays de l'Union ont mis en place des contr&#244;les frontaliers plus stricts et des syst&#232;mes de quotas. Ils ont mis fin &#224; leurs op&#233;rations de sauvetage en mer et tendent &#224; criminaliser la solidarit&#233;. Les groupes d'extr&#234;me droite gagnent en puissance, cherchant &#224; diaboliser les migrants comme une menace existentielle pour les Europ&#233;ens (blancs). Il est vital de continuer &#224; r&#233;sister &#224; ces ph&#233;nom&#232;nes afin que ceux qui fuient la guerre, la pers&#233;cution et la pauvret&#233; b&#233;n&#233;ficient d'un refuge et d'un soutien pour reconstruire leur vie d&#232;s leur arriv&#233;e en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que leur nombre reste relativement faible aujourd'hui, les r&#233;fugi&#233;s servent d&#233;j&#224; de pr&#233;texte pour restreindre la libert&#233; d'aller et venir, construire des murs et des fronti&#232;res imp&#233;n&#233;trables, accro&#238;tre les dispositifs s&#233;curitaires de l'&#201;tat et exploiter des divisions fond&#233;es sur la race, la religion ou l'origine nationale. Que se passera-t-il demain lorsque les effets du changement climatique et de l'effondrement &#233;cologique provoqueront de vastes mouvements de population &#224; travers le monde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; doit aussi s'attaquer aux causes profondes. Une pression accrue doit &#234;tre exerc&#233;e sur le r&#233;gime syrien pour qu'il mette fin aux violations syst&#233;matiques des droits humains, notamment les d&#233;tentions arbitraires et le bombardement permanent des populations et des infrastructures civiles. Tous ceux qui ont commis des crimes de guerre doivent &#234;tre mis face &#224; leurs responsabilit&#233;s. Il faut s'opposer aux appels au rapatriement des r&#233;fugi&#233;s, &#224; moins qu'ils ne soient &lt;i&gt;vraiment &lt;/i&gt;volontaires, s&#251;rs et dignes &#8211; et contr&#244;l&#233;s par des acteurs ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un moyen concret de solidarit&#233; est de soutenir les organisations de la soci&#233;t&#233; civile syrienne, qui tentent collectivement de mettre en lumi&#232;re les souffrances de ceux qui ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s de force de leurs maisons. C'est l'objectif de la campagne intitul&#233;e #HalfofSyria&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Page Facebook : @WeAreHalfOfSyria.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, qui documente l'exp&#233;rience du d&#233;placement et les raisons pour lesquelles les Syriens craignent toujours de rentrer chez eux. Car au bout du compte, l'&#233;quation est simple : tant que les gens ne seront pas prot&#233;g&#233;s des massacres dans leur propre pays, ils continueront &#224; chercher la s&#233;curit&#233; &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Leila Al-Shami (co-auteure, avec Robin Yassin-Kassab, du livre &lt;i&gt;Burning country &#8211; Au c&#339;ur de la r&#233;volution syrienne&lt;/i&gt;, L'&#233;chapp&#233;e, 2019). &lt;br class='manualbr' /&gt;Traduction M. L.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://crisismag.net/2019/10/01/syria-refugees-solidarity/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syria, refugees, and solidarity&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Crisismag.net &lt;/i&gt;(01/10/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette estimation, tous pays d'origine confondus, est tir&#233;e du rapport &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://data2.unhcr.org/en/documents/download/70360&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;101 Facts &amp; Figures on the Syrian Refugee Crisis, volume II&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, American University of Beirut (juillet 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Note de traduction.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Concernant les seuls civils, le R&#233;seau syrien des droits de l'homme (SNHR) attribue au r&#233;gime d'Assad 199 455 morts dont 22 737 enfants, soit plus de 90 % des victimes entre mars 2011 et octobre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 17 mars, Human Rights Watch a m&#234;me d&#233;nonc&#233; des d&#233;nudements, des violences sexuelles et des s&#233;questrations arbitraires commis fin f&#233;vrier et d&#233;but mars par les forces de s&#233;curit&#233; grecques et des &#171; &lt;i&gt;hommes arm&#233;s non identifi&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Des t&#233;moignages &#233;voquent aussi des tirs &#224; balle r&#233;elle, voire des morts (&#171; &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/news/2020/03/17/greece-violence-against-asylum-seekers-border&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Greece : Violence Against Asylum Seekers at Border&lt;/a&gt; &#187;,&lt;i&gt; Hrw.org&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/fr/news/2019/05/21/syrie-arrestations-et-harcelement-dans-les-zones-reconquises&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syrie : arrestations et harc&#232;lement dans les zones reconquises&lt;/a&gt; &#187;, Human Rights Watch (21/05/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Page Facebook : &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/wearehalfofsyria&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;@WeAreHalfOfSyria&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En pleine crise sanitaire, ne pas oublier les migrant&#183;es</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/En-pleine-crise-sanitaire-ne-pas</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/En-pleine-crise-sanitaire-ne-pas</guid>
		<dc:date>2020-04-07T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>migrants</dc:subject>
		<dc:subject>mars</dc:subject>
		<dc:subject>demandeurs d'asile</dc:subject>
		<dc:subject>d'asile</dc:subject>
		<dc:subject>squat Bugatti</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s syriens</dc:subject>
		<dc:subject>Lesbos</dc:subject>
		<dc:subject>confinement face</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une &#233;pid&#233;mie de x&#233;nophobie et d'indiff&#233;rence frappe les exil&#233;&#183;es depuis longtemps. Et voici maintenant le Covid-19&#8230; Entre accueil et rejet, voyage entre Syrie, Turquie, Gr&#232;ce, Alsace et Auvergne. Pour les migrants, les d&#233;plac&#233;s et les r&#233;fugi&#233;s, le confinement face au Covid-19 est impossible. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment, il est impos&#233; la plupart du temps dans des conditions indignes, voire effroyables. De v&#233;ritables bombes sanitaires &#224; retardement, propices &#224; une contamination massive : (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mars" rel="tag"&gt;mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/demandeurs-d-asile" rel="tag"&gt;demandeurs d'asile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-asile" rel="tag"&gt;d'asile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squat-Bugatti" rel="tag"&gt;squat Bugatti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies-syriens" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s syriens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lesbos" rel="tag"&gt;Lesbos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/confinement-face" rel="tag"&gt;confinement face&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Grece" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une &#233;pid&#233;mie de x&#233;nophobie et d'indiff&#233;rence frappe les exil&#233;&#183;es depuis longtemps. Et voici maintenant le Covid-19&#8230; Entre accueil et rejet, voyage entre Syrie, Turquie, Gr&#232;ce, Alsace et Auvergne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;our les migrants, les d&#233;plac&#233;s et les r&#233;fugi&#233;s, le confinement face au Covid-19 est impossible. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment, il est impos&#233; la plupart du temps dans des conditions indignes, voire effroyables. De v&#233;ritables bombes sanitaires &#224; retardement, propices &#224; une contamination massive : concentration des campements de fortune sans hygi&#232;ne aux fronti&#232;res syriennes et gr&#233;co-turques, surpopulation du camp de M&#243;ria sur l'&#238;le de Lesbos (&lt;i&gt;lire p. IV, &#171; Lesbos : une tra&#238;n&#233;e de poudre qui n'en finit pas &#187;&lt;/i&gt;), promiscuit&#233; dans les centres de r&#233;tention administrative et les squats de l'Hexagone (&lt;i&gt;p. VI, &#171; Squat Bugatti : chronique d'un d&#233;sastre sanitaire annonc&#233; &#187;&lt;/i&gt;), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233;s &#224; notre propre impuissance, au cynisme et &#224; l'abandon des &#201;tats, nous ne devons pas nous r&#233;signer &#224; abandonner les exil&#233;s. Car d'autres virus les menacent depuis un moment d&#233;j&#224; : ceux de l'indiff&#233;rence et de la x&#233;nophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, l'urgence sanitaire est aux portes de la Gr&#232;ce. Le 24 mars, une kyrielle d'organisations humanitaires, emp&#234;ch&#233;es de venir en aide aux migrants par le verrouillage du pays, pressait le gouvernement hell&#233;nique de &#171; &lt;i&gt;r&#233;duire l'encombrement des centres d'accueil des &#238;les pour les demandeurs d'asile et les migrants afin d'&#233;viter une crise de sant&#233; publique &#187;&lt;/i&gt;. Autre exigence : l'adoption de dispositions sp&#233;ciales &#171; &lt;i&gt;pour garantir un acc&#232;s universel et gratuit aux soins de sant&#233; dans le syst&#232;me public pour les demandeurs d'asile, les r&#233;fugi&#233;s et les migrants sans discrimination &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, rares encore sont les pays &#224; avoir r&#233;agi &#224; l'urgence et r&#233;alis&#233; que le coronavirus n'a pas besoin de passeport. &#201;claircie par temps couvert : le Portugal a annonc&#233; le 28 mars la &#171; &lt;i&gt;r&#233;gularisation temporaire des immigr&#233;s &#187;&lt;/i&gt; en attente de titre de s&#233;jour afin de leur permettre de b&#233;n&#233;ficier des mesures prises pour l'ensemble des citoyens. [Mais cette mesure exceptionnelle ne durera que jusqu'&#224; juillet et ne sont concern&#233;es que les personnes ayant fait une demande de r&#233;gularisation avant le 18 mars - &lt;i&gt;ajout de la r&#233;daction du 7 avril&lt;/i&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fin f&#233;vrier, un nouvel &#233;pisode de &#171; crise migratoire &#187; s'&#233;tait d&#233;clench&#233; par la d&#233;cision du pr&#233;sident turc d'ouvrir sa fronti&#232;re avec la Gr&#232;ce. &#192; l'&#233;chelle mondiale, la Turquie a eu la politique d'accueil la plus massive depuis 2011, malgr&#233; la duplicit&#233; de la politique d'Erdogan, qui s'est toujours servi de l'arme migratoire comme d'un moyen de pression diplomatique. Or, confront&#233; aux critiques des &#201;tats europ&#233;ens contre son offensive militaire dans la province d'Idlib (Syrie) et &#224; un climat int&#233;rieur de forte pression anti-migrants, Erdogan a menac&#233; d'ouvrir le &#171; robinet migratoire &#187;. Le but ? Ren&#233;gocier ses engagements de 2016 avec l'Union europ&#233;enne et la presser de verser la totalit&#233; des 6 milliards d'euros promis &#224; la Turquie pour qu'elle contienne les migrants sur son sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s, achemin&#233;s &#224; la fronti&#232;re terrestre gr&#233;co-turque dans des cars affr&#233;t&#233;s par l'&#201;tat, se sont retrouv&#233;s pris en &#233;tau, confront&#233;s &#224; la brutalit&#233; des garde-fronti&#232;res grecs et d'hommes non identifi&#233;s au visage couvert, qui leur refusaient l'acc&#232;s &#224; coups de gaz lacrymog&#232;ne et d'humiliations, voire de tirs &#224; balles r&#233;elles. M&#234;me inhumanit&#233; en mer &#201;g&#233;e, o&#249; les gardes-c&#244;tes hell&#233;niques ont repouss&#233; des bateaux d'exil&#233;s par des m&#233;thodes des plus abjectes (&lt;i&gt;p. III, &#171; Le bateau a un trou mais les gardes-c&#244;tes ne nous aident pas &#187;)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Gr&#232;ce agit ainsi, c'est parce que tout le continent a opt&#233; pour des logiques de tri, d'enfermement et d'expulsion. Peu &#224; peu, le syst&#232;me d'asile europ&#233;en vole en &#233;clat : Ath&#232;nes a compl&#232;tement suspendu le sien le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars ; en France, la fermeture de nombreux guichets administratifs &#8211; pour cause d'&#233;pid&#233;mie &#8211; est en train d'aboutir &#224; un r&#233;sultat &#233;quivalent.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les motivations qui ont pouss&#233; tant de personnes sur les routes de l'exil n'en restent pas moins l&#233;gitimes : contrairement &#224; ce que l'extr&#234;me droite pr&#233;tend parfois, les r&#233;fugi&#233;s syriens risquent toujours leur vie s'ils tentent de rentrer au pays &lt;i&gt;(lire pp. I&amp;II, &#171; R&#233;fugi&#233;s syriens : non, il n'est pas encore temps de rentrer &#187;)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, aux quatre coins de l'Europe et du monde, du petit village auvergnat de Pessat-Villeneuve &lt;i&gt;(p. V, &#171; Le &#8220;maire &#224; migrants&#8221; qui h&#233;risse les fachos &#187;)&lt;/i&gt; &#224; l'&#238;le de Lesbos, des mains continuent de se tendre au-dessus des barbel&#233;s. Leurs initiatives sont souvent isol&#233;es, parfois d&#233;risoires au regard de la dramatique situation. Mais elles ont leurs effets concrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles permettent aussi de se dire, faute de mieux, que l'humanit&#233; n'a pas encore totalement d&#233;sert&#233; nos soci&#233;t&#233;s repli&#233;es sur leur nombril. &#9632;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; Rouen, vie et mort d'un havre de migrants</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-Rouen-vie-et-mort-d-un-havre-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/A-Rouen-vie-et-mort-d-un-havre-de</guid>
		<dc:date>2018-12-28T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>center</dc:subject>
		<dc:subject>Rouen</dc:subject>
		<dc:subject>rue</dc:subject>
		<dc:subject>jeunes</dc:subject>
		<dc:subject>squat</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Garenne</dc:subject>
		<dc:subject>lieux</dc:subject>
		<dc:subject>Yvon Robert</dc:subject>
		<dc:subject>Garenne d&#233;m&#233;nagent</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant cinq mois, plus de 150 personnes ont v&#233;cu collectivement &#224; Rouen, dans une maison de retraite &#224; l'abandon. Mais c'&#233;tait sans compter sur les vell&#233;it&#233;s anti-squat des autorit&#233;s locales. *** Ce 19 octobre &#224; Rouen (Seine-Maritime), rue du Hameau des Brouettes, il y a de l'animation. Une partie des occupants du squat de la Garenne d&#233;m&#233;nagent. Ce sont pour la plupart des r&#233;fugi&#233;s du Soudan, de Syrie, du Niger, d'Afghanistan ou d'ailleurs. L'huissier et les flics sont annonc&#233;s le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no170-novembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;170 (novembre 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rouen" rel="tag"&gt;Rouen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rue" rel="tag"&gt;rue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeunes" rel="tag"&gt;jeunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squat" rel="tag"&gt;squat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Garenne" rel="tag"&gt;Garenne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lieux" rel="tag"&gt;lieux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yvon-Robert" rel="tag"&gt;Yvon Robert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Garenne-demenagent" rel="tag"&gt;Garenne d&#233;m&#233;nagent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant cinq mois, plus de 150 personnes ont v&#233;cu collectivement &#224; Rouen, dans une maison de retraite &#224; l'abandon. Mais c'&#233;tait sans compter sur les vell&#233;it&#233;s anti-squat des autorit&#233;s locales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2712 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH361/-971-9f2ba.jpg?1779740721' width='500' height='361' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L. L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce 19 octobre&lt;/strong&gt; &#224; Rouen (Seine-Maritime), rue du Hameau des Brouettes, il y a de l'animation. Une partie des occupants du squat de la Garenne d&#233;m&#233;nagent. Ce sont pour la plupart des r&#233;fugi&#233;s du Soudan, de Syrie, du Niger, d'Afghanistan ou d'ailleurs. L'huissier et les flics sont annonc&#233;s le lendemain pour constater que les lieux sont toujours occup&#233;s. Ceux et celles qui partent risquent une expulsion dans le cadre des accords de Dublin&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#232;glement europ&#233;en obligeant tout r&#233;fugi&#233; &#224; formuler sa demande d'asile dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui&lt;/strong&gt;, pas de reggae ni de hip-hop sur la sono ext&#233;rieure ; les jeunes ne jouent plus au foot dans la cour. Le d&#233;m&#233;nagement se fait de mani&#232;re efficace, sans cri &#8211; comme une fatalit&#233; ou une habitude. Des militants viennent pr&#234;ter main forte aux r&#233;fugi&#233;s pour les h&#233;berger dans des lieux plus s&#251;rs de l'agglom&#233;ration rouennaise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Mieux que la rue &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le squat de la Garenne&lt;/strong&gt; a ouvert le 19 mai dernier. &#192; la suite d'une manifestation demandant des papiers pour tous, cette ancienne maison de retraite, abandonn&#233;e par la mairie depuis cinq ans, a &#233;t&#233; r&#233;quisitionn&#233;e et occup&#233;e. Une quarantaine d'appartements de 30 &#224; 45 m&#178;, avec salle de bains et plaques chauffantes, pour loger pr&#232;s de 170 r&#233;fugi&#233;s, pr&#233;caires et SDF. Seul hic : le lieu avait &#233;t&#233; abandonn&#233; par la mairie parce qu'il est truff&#233; d'amiante... &#171; &lt;i&gt;Mais c'est mieux que la rue &lt;/i&gt; &#187;, observe un jeune Ivoirien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#232;s le d&#233;but de l'occupation&lt;/strong&gt;, le b&#226;timent est d&#233;sign&#233; comme lieu de vie autog&#233;r&#233;. &#171; &lt;i&gt; Notre fonctionnement repose sur la solidarit&#233; et l'entraide&lt;/i&gt; &#187;, souligne l'un des occupants. Deux fois par semaine ont lieu des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales o&#249; sont g&#233;r&#233;s nourriture, nettoyage et relations avec l'administration. Ainsi que tous les probl&#232;mes inh&#233;rents &#224; une vie collective o&#249; se c&#244;toient enfants, adolescents, femmes et hommes de diverses origines. F&#234;tes, pique-niques, concerts et manifs viennent r&#233;guli&#232;rement &#233;gayer les semaines.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Appel d'air &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;videmment&lt;/strong&gt;, cette occupation passe mal du c&#244;t&#233; de la pr&#233;fecture, qui refuse de rouvrir un centre d'h&#233;bergement (une ancienne &#233;cole avait par le pass&#233; abrit&#233; des r&#233;fugi&#233;s) : de tels lieux auraient un effet &#171; &lt;i&gt;d'appel air&lt;/i&gt; &#187; attirant &#171; &lt;i&gt; d'autres migrants&lt;/i&gt; &#187; &#8211; ce qui serait &#171; &lt;i&gt; intol&#233;rable&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quant au maire socialiste&lt;/strong&gt; Yvon Robert, il a toujours ardemment combattu les squats. Au point que c'en est devenu un jeu de chats et de souris entre les squatteurs locaux et la police. Que ce soit la Bammeville, Casa Nostra ou les autres, les squats sont rapidement &#233;vacu&#233;s, puis rouvrent un peu plus loin : ce ne sont pas les lieux inoccup&#233;s qui manquent &#224; Rouen. Pour justifier les expulsions, l'&#233;dile a trouv&#233; un argument : d&#232;s qu'un b&#226;timent est occup&#233;, il affirme que celui-ci vient d'&#234;tre vendu et que le nouveau propri&#233;taire doit pouvoir jouir de l'endroit&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Discrimination &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; force de rencontres&lt;/strong&gt;, manifestations et interventions d'&#233;lus, Yvon Robert a d&#233;clar&#233; du bout des l&#232;vres qu'il logerait celles et ceux qui ont des enfants scolaris&#233;s sur sa commune. La mairie de Rouen a ainsi offert un toit &#224; cinq familles, soit &#224; peine dix-huit personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 8 ao&#251;t dernier&lt;/strong&gt;, d&#233;pass&#233; par le nombre de jeunes enfants non relog&#233;s et pr&#233;sents dans le squat, le tribunal a donn&#233; jusqu'au 13 octobre aux occupants de la Garenne pour quitter les lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 22&lt;/strong&gt;, une quarantaine de personnes y vivaient encore, profitant de ce toit jusqu'au dernier moment. Il s'agissait de jeunes Africains mineurs isol&#233;s, de pr&#233;caires et de quelques militants. &#171; De NDDL &#224; Bure jusqu'&#224; la Garenne, ni expulsion ni perquiz &#187;, proclamait une banderole en haut du b&#226;timent. &#192; c&#244;t&#233; flottait fi&#232;rement un drapeau violet disant : &#171; &lt;i&gt;Refugees welcome&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le lendemain&lt;/strong&gt;, &#224; 6h30 du matin, les flics ont expuls&#233; tout le monde. Et deux personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sp&#233;ciale d&#233;dicace &#224; la jolie Namibas, n&#233;e au squat d&#233;but octobre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#232;glement europ&#233;en obligeant tout r&#233;fugi&#233; &#224; formuler sa demande d'asile dans le premier pays par lequel il est entr&#233; en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Exarchia sous pression </title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Exarchia-sous-pression</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Exarchia-sous-pression</guid>
		<dc:date>2018-12-18T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge(&#239;) Bonicci</dc:creator>


		<dc:subject>Daphn&#233; Lorin</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Mais</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>quartier</dc:subject>
		<dc:subject>militants</dc:subject>
		<dc:subject>squats</dc:subject>
		<dc:subject>Platia</dc:subject>
		<dc:subject>mais c'est</dc:subject>
		<dc:subject>Kharis</dc:subject>
		<dc:subject>nettoyer</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Second volet de notre diptyque consacr&#233; &#224; la situation migratoire en Gr&#232;ce , o&#249; l'arriv&#233;e des r&#233;fugi&#233;s et la &#171; mafia &#187; ont boulevers&#233; le quartier militant d'Ath&#232;nes. *** Mai 2018. Exarchia se tend. Pas une premi&#232;re, mais cette fois ce n'est pas contre la police. &#192; la nuit tomb&#233;e, une quarantaine de cagoul&#233;s costauds chassent les vendeurs &#224; la sauvette qui se sont multipli&#233;s sur la place centrale, Platia. &#171; On assiste &#224; des pogroms. C'est la quatri&#232;me fois en dix jours qu'ils se font (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no170-novembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;170 (novembre 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Daphne-Lorin" rel="tag"&gt;Daphn&#233; Lorin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mais" rel="tag"&gt;Mais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/militants" rel="tag"&gt;militants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squats" rel="tag"&gt;squats&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Platia" rel="tag"&gt;Platia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mais-c-est" rel="tag"&gt;mais c'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kharis" rel="tag"&gt;Kharis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nettoyer" rel="tag"&gt;nettoyer&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Second volet de notre diptyque consacr&#233; &#224; la situation migratoire en Gr&#232;ce&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Anarchistes et r&#233;fugi&#233;s au c&#339;ur du chaudron ath&#233;nien &#187;, CQFD n&#176; 168, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, o&#249; l'arriv&#233;e des r&#233;fugi&#233;s et la &#171; mafia &#187; ont boulevers&#233; le quartier militant d'Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2698 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/-958-81057.jpg?1779732085' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Daphn&#233; Lorin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mai 2018. Exarchia se tend.&lt;/strong&gt; Pas une premi&#232;re, mais cette fois ce n'est pas contre la police. &#192; la nuit tomb&#233;e, une quarantaine de cagoul&#233;s costauds chassent les vendeurs &#224; la sauvette qui se sont multipli&#233;s sur la place centrale, Platia. &#171; &lt;i&gt; On assiste &#224; des pogroms. C'est la quatri&#232;me fois en dix jours qu'ils se font br&#251;ler leur stand et tabasser&lt;/i&gt; &#187;, tance Lily.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revendeurs de clopes, &#233;tals &#224; l'arrache, deals en tous genres : selon certains, les r&#233;fugi&#233;s seraient le pont avanc&#233; de la &#171; mafia &#187;. Les premiers &#233;limin&#233;s aussi. &#171; &lt;i&gt;Les gens se focalisent sur les r&#233;fugi&#233;s parce que Platia est bord&#233;lique. Ils oublient vite le business tenu juste avant par les Albanais. La mafia a juste chang&#233; de main-d'&#339;uvre. Et baiss&#233; le co&#251;t du travail&lt;/i&gt; &#187;, ajuste Vlad', un brin cynique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois l'ancienne clique de revendeurs &#233;vinc&#233;e, les d&#233;barqu&#233;s syriens, maghr&#233;bins et kurdes ont donc repris la place. Peu &#224; perdre &#224; d&#233;faut d'avoir beaucoup &#224; gagner, ils s'&#233;charpent parfois pour un bout de territoire, un stand. Cette situation chaotique atteint les squats alentour qui les h&#233;bergent, et parfois les organisations politiques qui les (sou-)tiennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il y a eu trop de bordel ces derniers mois. On essaie de nettoyer &#231;a &lt;/i&gt; &#187;, lance, lapidaire, Yanis, vieux militant de Nosotros (un centre social autog&#233;r&#233;), &#224; la man&#339;uvre dans les ouvertures de lieux pour r&#233;fugi&#233;s en 2016, d&#233;sormais attel&#233; &#224; la r&#233;fection d'une pizzeria. &#171; &lt;i&gt;Nettoyer &lt;/i&gt; &#187;&#8230; Le terme fait un peu froid dans le dos, mais c'est une vieille antienne dans le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Nettoyer &#187;, c'est autog&#233;rer ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'histoire remonte &#224; quelques ann&#233;es, &#224; l'&#233;poque o&#249; l'h&#233;ro&#239;ne d&#233;barque dans le secteur. Une peur panique, devenue trauma de quartier, s'ancre alors : la fin du quartier militant serait pour bient&#244;t, sous les coups coordonn&#233;s de l'&#201;tat et des mafieux, avec la drogue comme fusil d'assaut. En r&#233;action, les premiers groupes anti-mafia, quelques antifas et hooligans &#233;nerv&#233;s, jouent des muscles, parfois plus, contre un ou deux dealers et, au passage, des junkies, pour &#171; nettoyer &#187; le quartier, d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;ro s'efface, mais en mars 2016, un militant d'un bar autog&#233;r&#233; est poignard&#233; (et gravement bless&#233;) par un dealer. Quelques jours plus tard, 1 500 personnes d&#233;filent de nuit, avec un service d'ordre ultracarr&#233;, des flingues brandis en t&#234;te de manif. Un quadrillage fa&#231;on IRA avec des groupes en faction devant des lieux r&#233;put&#233;s &#171; tenus par la mafia &#187; et interdits le temps d'un soir. Vestige de ce tournant, le slogan d'une banderole tr&#244;ne toujours sur Platia : &#171; &lt;i&gt; Mafia, dealers, capitalistes ! Tous dans une m&#234;me main.&lt;/i&gt; &#187; Le dealer est lui-m&#234;me tu&#233; quelques semaines apr&#232;s la manif. La lutte anti-mafia se durcit, durablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Escalade de la violence, baisse d'affluence aux manif suivantes, les plaies seront profondes. D'autres militants tenteront bien d'occuper le terrain par d'autres actions, mais ils butent sur cette fuite militante et l'occupation 24 heures sur 24 de Platia par l'&#233;conomie de la d&#233;brouille.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Haro sur le quartier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Depuis des mois, Exarchia fait la Une des journaux. Lieu de tous les vices, de la criminalit&#233;... Des reportages en cam&#233;ra cach&#233; scrutent les vendeurs de cigarettes et le bordel sur Platia. On pr&#233;pare la population &#224; en finir &lt;/i&gt; &#187;, &#233;num&#232;re Eleni, de Nosotros, investie &#224; Notara, le plus vieux squat de r&#233;fugi&#233;s du coin. Derri&#232;re elle, la rue Th&#233;mistokleous et ses hommes &#224; l'ombre des arcades, souvent venus d'Arachovis, un squat de c&#233;libataires au centre des conversations et rumeurs sur les violences des derniers mois. Arachovis, surtout, serait devenu la proie des trafiquants, voire des djihadistes. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me moi, je ne me sens plus toujours sereine ici, &lt;/i&gt;conc&#232;de Kini, proche du groupe anar Rouvikonas. &lt;i&gt;Syriza utilise soigneusement la situation et les divisions du milieu, en multipliant les poursuites en parall&#232;le contre nos militants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas &#233;tonnant pour Kharis, m&#234;me si, d'apr&#232;s lui, le discours a chang&#233; depuis peu. &#171; &lt;i&gt;Il y a un an et demi, la propagande se focalisait sur le &#8220; bahala &#8221;, figure du d&#233;linquant-&#233;meutier. C'&#233;tait une propagande fine, de Syriza, pour cr&#233;er une scission en opposant les bons &#8211; Rouvikonas, Alpha Kappa... &#8211; et les mauvais anarchistes &#8211; insurrectionnalistes, hooligans... Et &#231;a marchait. L&#224;, c'est le retour d'une propagande assez stupide des m&#233;dias conservateurs, avec une d&#233;nonciation hyper caricaturale d'Exarchia, repaire &#224; d&#233;linquants. &#231;a pourrait ressouder des parties pourtant tr&#232;s divis&#233;es du mouvement.&lt;/i&gt; &#187; Optimiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'Eleni, qui nous parle d'un article paru tout r&#233;cemment dans la presse : &#171; &lt;i&gt;Il reproduit une adresse au procureur faite apr&#232;s une p&#233;tition sign&#233;e par 400 habitants pour exiger l'intervention de la police. Si le procureur n'intervient pas cette fois, il se d&#233;cr&#233;dibilise.&lt;/i&gt; &#187; Banco. D&#233;but juin, la police d&#233;boule en masse sur Platia, arr&#234;te nombre de r&#233;fugi&#233;s. Sans r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Culture humanitaire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;12 juin. Dans la nuit, Arachovis, le squat de c&#233;libataires qui fait (mal) parler de lui, est vid&#233; sans m&#233;nagement par un groupe arm&#233;. Coups de crosse, papiers et affaires en prise de guerre. Une tentative avort&#233;e de placer des familles kurdes en lieu et place des &#233;vacu&#233;s syriens et maghr&#233;bins est m&#234;me lanc&#233;e. Ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une assembl&#233;e &#224; l'&#233;cole polytechnique conduit les r&#233;fugi&#233;s et une majorit&#233; de groupes autonomes &#224; r&#233;occuper le b&#226;timent. Deux jours de conflits et de nombreux textes suivent. Certains d&#233;taillent les turpitudes de la lutte &#171; r&#233;fugi&#233;s &#187; &#8211; notamment la professionnalisation rampante du gardiennage de certains squats li&#233;s &#224; Alpha Kappa, au fur et &#224; mesure des d&#233;parts des militants solidaires. Des abandons qui ont creus&#233; &#171; &lt;i&gt;le foss&#233; avec les r&#233;sidents, seuls ou presque du jour au lendemain&lt;/i&gt; &#187;. Dans les squats, la lente d&#233;gradation de la situation tiendrait notamment &#224; une &#171; &lt;i&gt; culture humanitaire et de b&#233;n&#233;volat, facilit&#233;e par le d&#233;racinement des migrants, qui a cr&#233;&#233; une forte d&#233;pendance &lt;/i&gt; &#187; envers certains leaders militants et nourri la division entre (mauvais) c&#233;libataires et (bonnes) familles de r&#233;fugi&#233;s, quand le contr&#244;le sur les squats est devenu plus difficile &#8211; les familles &#233;tant &#171; &lt;i&gt;plus calmes, mall&#233;ables, et fa&#231;onnant une image socialement plus acceptable&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation de d&#233;pendance et la faible int&#233;gration des r&#233;fugi&#233;s au mouvement serait aussi li&#233;e &#224; la &#171; &lt;i&gt;position de groupes ayant volontairement bloqu&#233; toute politisation des lieux-r&#233;fugi&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Le va-et-vient n'a rien arrang&#233; : en moins de trois ans, pas moins de 6 000 r&#233;fugi&#233;s seraient pass&#233;s &#224; Notara. Autant dire que les militants d'Alpha Kappa et les anciens y sont forc&#233;ment devenus incontournables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; tenir ouvertement &#171; les lieux &#187;, ils g&#233;n&#232;rent aussi des conflits, quand ceux qui y vivent mettent finalement en question leur patronage.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rendez-vous &#224; Kukaki&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur toutes ces embrouilles, Kharis en conna&#238;t un rayon. Mais depuis un moment, il est sorti d'Exarchia. On le retrouve sur les collines de Kukaki, derri&#232;re l'Acropole. Soleil br&#251;lant, pelouses &#224; moiti&#233; calcin&#233;es, devant nous le plus bariol&#233; de trois squats ouverts depuis un an. Le &#171; &lt;i&gt; nouveau phare de la lutte&lt;/i&gt; &#187; sourit Kharis, l'air bravache. Sortie elle aussi du chaudron pour ce quartier cosy, baraques proprettes et tissu militant &#224; pleurer, Lily a eu plus de mal : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait bizarre de se retrouver l&#224;. C'est pas mon monde, &#231;a a pris du temps. &lt;/i&gt; &#187; Comme d'ouvrir la &#171; Maison bleue &#187;, sa laverie gratuite et sa biblioth&#232;que, troc de fringues et jardin partag&#233;. Ce que le quartier comportait de pauvres, de jardiniers, de femmes de m&#233;nages et d'&#233;trangers a rappliqu&#233;. Les discussions ont fus&#233;, les besoins, les envies. Plusieurs r&#233;fugi&#233;s vivent dans les lieux et &#224; l'&#233;t&#233;, des d&#233;tenus poursuivis apr&#232;s une &#233;meute au centre de r&#233;tention de Petrou Ralli les ont rejoints. La cohabitation reste complexe mais l'implantation s'ancre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; &lt;i&gt;mouvement est plus d&#233;suni&lt;/i&gt; &#187;, avance Kharis. Et beaucoup consid&#232;rent, &#224; l'image de Vlad, avoir &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;les bouffons de Syriza, qui nous a laiss&#233; r&#233;gler le probl&#232;me des r&#233;fugi&#233;s, tout en tablant sur le bordel &#224; Exarchia pour en r&#233;colter les fruits&lt;/i&gt; &#187;. Mais il y a une autre face, plus positive, aux embrouilles &#224; r&#233;p&#233;tition : &#171; &lt;i&gt; Chacun s'est red&#233;ploy&#233; sur ses trucs ou dans d'autres quartiers. On ne se parle plus mais c'est redevenu plus constructif&lt;/i&gt; &#187;, estime Eleni. Et si Exarchia a perdu en centralit&#233; dans l'affaire, le mouvement anarchiste, comme le soutien aux r&#233;fugi&#233;s, l&#224; comme ailleurs, sont loin, tr&#232;s loin, d'&#234;tre morts pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte de Serge&#239; Bonicci - Photo de Daphn&#233; Lorin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Anarchistes-et-refugies-dans-le' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Anarchistes et r&#233;fugi&#233;s au c&#339;ur du chaudron ath&#233;nien&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 168, septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Anarchistes et r&#233;fugi&#233;s dans le chaudron ath&#233;nien</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Anarchistes-et-refugies-dans-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Anarchistes-et-refugies-dans-le</guid>
		<dc:date>2018-12-17T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge(&#239;) Bonicci</dc:creator>


		<dc:subject>Serge&#239; Bonicci</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>Camp</dc:subject>
		<dc:subject>squat</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>camps</dc:subject>
		<dc:subject>Kurdes</dc:subject>
		<dc:subject>Ath&#232;nes</dc:subject>
		<dc:subject>Pisikares</dc:subject>
		<dc:subject>d'Ath&#232;nes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Premi&#232;re partie d'une double carte postale consacr&#233;e &#224; la situation migratoire en Gr&#232;ce. Coinc&#233;s entre un &#201;tat d&#233;faillant et des n&#233;onazis en verve, r&#233;fugi&#233;s, anarchistes et solidaires y bricolent au mieux. *** On les avait laiss&#233;s sur une victoire antifasciste contre Aube dor&#233;e . On les retrouve &#224; la fin du printemps, pas si fringants. &#171; La bascule est repartie dans le mauvais sens &#187;, balance Vag, en partance pour la Cr&#232;te, o&#249; le dernier local d'Aube dor&#233;e a &#233;t&#233; d&#233;gag&#233; il y a peu. &#171; Il y (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no168-septembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;168 (septembre 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sergei-Bonicci" rel="tag"&gt;Serge&#239; Bonicci&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Camp" rel="tag"&gt;Camp&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squat" rel="tag"&gt;squat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Grece" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/camps" rel="tag"&gt;camps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kurdes" rel="tag"&gt;Kurdes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Athenes" rel="tag"&gt;Ath&#232;nes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pisikares" rel="tag"&gt;Pisikares&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Athenes" rel="tag"&gt;d'Ath&#232;nes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Premi&#232;re partie d'une double carte postale consacr&#233;e &#224; la situation migratoire en Gr&#232;ce. Coinc&#233;s entre un &#201;tat d&#233;faillant et des n&#233;onazis en verve, r&#233;fugi&#233;s, anarchistes et solidaires y bricolent au mieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2697 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/-957-80452.jpg?1779606895' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Serge&#239; Bonicci
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On les avait laiss&#233;s sur une victoire antifasciste contre Aube dor&#233;e&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Le Cr&#233;puscule des brutes : Gr&#232;ce, pas de quartier pour Aube dor&#233;e &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. On les retrouve &#224; la fin du printemps, pas si fringants. &#171; &lt;i&gt;La bascule est repartie dans le mauvais sens&lt;/i&gt; &#187;, balance Vag, en partance pour la Cr&#232;te, o&#249; le dernier local d'Aube dor&#233;e a &#233;t&#233; d&#233;gag&#233; il y a peu. &#171; &lt;i&gt;Il y a de nouvelles accointances entre l'extr&#234;me droite et l'&#201;tat &lt;/i&gt; &#187;, encha&#238;ne L., qui a vu son squat partiellement br&#251;ler peu apr&#232;s la deuxi&#232;me grande manif' nationaliste anti-Mac&#233;doine&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les nationalistes grecs refusent que le pays voisin s'appelle officiellement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, en mars, &#224; Ath&#232;nes. &#171; &lt;i&gt; Ils sont m&#234;me venus mettre le feu au Steki Metanaston&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Place des migrants, en grec. C'est un bar avec jardin o&#249; des cours gratuits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, au c&#339;ur d'Exarchia.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tendu donc. C&#244;t&#233; r&#233;fugi&#233;s, le son de cloche diff&#232;re. &#171; &lt;i&gt; Pour nous les &#233;trangers, l'arriv&#233;e de Syriza au pouvoir a chang&#233; la situation&lt;/i&gt; &#187;, temp&#232;re l'un d'eux, qui encha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt; Il est faux de dire que les r&#233;fugi&#233;s sont bloqu&#233;s en Gr&#232;ce. Le gouvernement a donn&#233; des papiers, verse une allocation de 200 &#8364; et beaucoup arrivent encore &#224; passer.&lt;/i&gt; &#187; Exag&#233;r&#233; ? Patriarche de Kaniggos 22, b&#226;timent de deux &#233;tages ouvert au c&#339;ur de la crise des r&#233;fugi&#233;s en avril 2016, Moh a pourtant des arguments : six mois ont suffi pour renouveler la majeure partie de la cinquantaine de r&#233;sidents. Des destins divers : relocalisations &#224; l'&#233;tranger ou &#224; Ath&#232;nes, passages ill&#233;gaux ou simples d&#233;parts vers d'autres squats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Fuir Ath&#232;nes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le flot sans pr&#233;c&#233;dent d'arriv&#233;es en Gr&#232;ce (850 000 en 2015) s'est tari avec l'intensification des contr&#244;les aux fronti&#232;res, l'accord cynique entre l'Union europ&#233;enne (UE) et la Turquie en mars 2016 et la multiplication des formes d'enfermement&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire De Lesbos &#224; Calais : comment l'Europe fabrique des camps, Le Passager (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Mais les relocalisations promises par l'UE, en 2015, se font attendre : d&#233;but 2017, en Gr&#232;ce, seules 10 000 d'entre elles &#233;taient effectives. Quant aux passages, ils s'av&#232;rent plus difficiles depuis la fermeture de la fronti&#232;re mac&#233;donienne. Cons&#233;quence : le royaume des passeurs et des fausses identit&#233;s s'agrandit. Et les anecdotes qui vont avec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple &#224; Prosfigikas, plus grand squat d'Ath&#232;nes, ouvert en 2010. 500 habitants dans un d&#233;cor surr&#233;aliste : huit barres d&#233;cr&#233;pites, des fils &#233;lectriques qui pendouillent, le tout coinc&#233; entre le palais de justice et le commissariat central. Un deux-pi&#232;ces &lt;i&gt;old school &lt;/i&gt;abrite de jeunes Kurdes qui s'enflamment &#224; propos des passages &#224; l'Ouest. &#171; &lt;i&gt;Un gars de 35 ans s'est pr&#233;sent&#233; avec la carte d'un Fran&#231;ais de 52 ans, la nana de l'a&#233;roport l'a regard&#233;, avant de sourire et de le laisser passer&lt;/i&gt; &#187;, affirme l'un d'eux, d&#233;cid&#233; &#224; tenter sa chance vers l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque tous ont trouv&#233; refuge ici, gr&#226;ce au r&#233;seau communautaire kurde (m&#234;me si des Syriens et Irakiens peuplent aussi les lieux). Parmi eux, seul le &#171; professeur &#187;, la trentaine, condamn&#233; &#224; 27 ans de prison en Turquie, veut s'installer &#224; Ath&#232;nes et cherche un squat dans le centre. Pour bosser, mais surtout pour &#233;chapper au camp de Lavrio.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Erdogan et la Croix-Rouge&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce camp, Pisikares le conna&#238;t bien : elle h&#233;berge un cousin qui en est sorti &#233;puis&#233;. &#192; une heure d'Ath&#232;nes, 400 personnes y vivent dans un b&#226;timent v&#233;tuste, construit dans les ann&#233;es 1950 et peupl&#233; depuis 35 ans par des militants kurdes et turcs, en autogestion. Plein &#224; craquer (cinq &#224; six par chambre), agrandi avec des bungalows depuis la crise migratoire, Lavrio est &#224; bout de souffle. &#171; &lt;i&gt; Depuis un an, le camp manque de tout, &lt;/i&gt;d&#233;plore Pisikares. &lt;i&gt;La Croix-Rouge a stopp&#233; toute aide apr&#232;s les protestations de l'AKP et d'Erdogan contre ce &lt;/i&gt;&#8220; camp d'entra&#238;nement du PKK&#8221;. &lt;i&gt;Tout est dans un &#233;tat d&#233;plorable, hormis les bungalows abritant les familles et les Kurdes syriens. La cohabitation devient difficile.&lt;/i&gt; &#187; La preuve : quelques jours plus tard, deux occupants rejoignent le cousin dans l'appartement du centre d'Ath&#232;nes devenu refuge communautaire, &#224; deux pas d'Exarchia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi, le quartier bouge, du moins sa partie haute. Baraques marocaines sur les collines de Strefi, langue arabe h&#233;g&#233;monique sur les escaliers surplombant le quartier, nouveaux squats, revendeurs de cigarettes omni pr&#233;sents sur la place, &#233;tals de moules farcies tenus par des Turcs&#8230; Quant aux pr&#233;curseurs iraniens, ils font d&#233;j&#224; figure d'anc&#234;tres avec leur table de falafels install&#233;e depuis deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boulevers&#233;e, la capitale, o&#249; la moiti&#233; du pays demeure. Boulevers&#233;e, cette Gr&#232;ce, o&#249; les camps de r&#233;fugi&#233;s fleurissent depuis 2016. Celui, informel, d'Idomeni, &#224; la fronti&#232;re mac&#233;donienne, a fini par &#234;tre &#233;vacu&#233;. Tout comme l'occupation de la place Victoria &#224; Ath&#232;nes. Et ils ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par de petits camps, lointains et invisibles. Qu'ils soient de transit ou d'enfermement, ouverts ou ferm&#233;s, sur des terrains abandonn&#233;s, impropres &#224; l'habitation ou r&#233;nov&#233;s &#224; l'arrache, l'&#233;volution est aussi massive que difficile &#224; observer. &lt;i&gt;A fortiori&lt;/i&gt; &#224; contrer.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'archipel des camps&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Urgence, injonctions europ&#233;ennes, arriv&#233;e d'ONG tous azimuts, &#201;tat en faillite : ce cocktail d&#233;tonnant croise un amateurisme qui rime parfois avec horreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'incertitude permanente cr&#233;e de graves troubles psychologiques&lt;/i&gt; &#187;, expose ainsi Iana, &#233;tudiante en stage au Shelterpetite, structure tenue par des j&#233;suites. Elle y d&#233;couvre les joies du bricolage en mati&#232;re de droit des &#233;trangers&#8230; et la puissance des grandes ONG qui r&#232;gnent sur la rue Acharnon, &#224; quelques pas d'un squat sans eau ni &#233;lectricit&#233; et du City Plaza, h&#244;tel de luxe reconverti dans l'h&#233;bergement. Elle &#233;voque alors l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), grosse agence li&#233;e &#224; l'Onu : &#171; &lt;i&gt; L'OIM g&#233;rait le grand &#8216;&#8216; H&#244;tel '', 400 personnes avec cuisines et chambres, plut&#244;t bien. Un jour, elle les a tous fait sortir et monter dans des camions, avant de les d&#233;poser &#224; plus d'une heure d'Ath&#232;nes dans un camp abandonn&#233;, sans eau ni &#233;lectricit&#233;. Il y avait une m&#232;re enceinte et un b&#233;b&#233; avec de graves probl&#232;mes de sant&#233;, un gars qui avait fait la travers&#233;e par l'Iran et perdu ses pieds&#8230; L'horreur.&lt;/i&gt; &#187; La situation d&#233;g&#233;n&#232;re vite : apr&#232;s une &#233;meute, les r&#233;fugi&#233;s sont relog&#233;s. Et illico remplac&#233;s par d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;En mati&#232;re humanitaire, il y a une r&#232;gle arithm&#233;tique, ici comme &#224; Lesbos,&lt;/i&gt; enfonce Kini, partie un temps voir les &#238;les. &lt;i&gt;Plus l'ONG est grande, plus la d&#233;gueulasserie qui l'accompagne aussi. Plus elle est petite, plus elle est fr&#233;quentable.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La mafia s'en m&#234;le&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui se passe dans les camps interagit en permanence avec le reste. C'est toute la complexit&#233; du chaudron ath&#233;nien. Car &#224; c&#244;t&#233; du centre de r&#233;tention, camp-pouvoir &#224; l'exercice violent sur les corps, et du bidonville, camp auto-construit aux mains des habitants, Ath&#232;nes est elle-m&#234;me un camp-h&#233;bergement g&#233;ant, avec sa constellation de b&#226;timents r&#233;quisitionn&#233;s et de lieux informels, qui bouleversent le paysage militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autoris&#233; par la crise, les logements vides, la vitalit&#233; du milieu anar et une certaine vacance du pouvoir, en particulier &#224; Exarchia, le &lt;i&gt;turn over&lt;/i&gt; dans cet archipel des r&#233;fugi&#233;s est incessant et les conditions d'occupation tr&#232;s vari&#233;es : d'immeubles tr&#232;s d&#233;labr&#233;s aux luxueux h&#244;tel, chapeaut&#233;s par des organisations grecques ou en autonomie politique, mixant familles et c&#233;libataires ou exclusivement compos&#233;s d'hommes...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;74&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH495/-880-816a6.jpg?1779602857' width='400' height='495' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;168 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par Vincent Croguennec.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans cet autre monde, jamais totalement &#233;tanche aux ONG, l'activit&#233; d&#233;bordante n'a d'&#233;gale que le nombre d'embrouilles. Kaniggos 22 est d&#233;sormais &#171; &lt;i&gt;le seul squat ind&#233;pendant de r&#233;fugi&#233;s totalement affranchi des organisations grecques&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Vlad. Apr&#232;s trois ans d'enchantement, de bordel, d'exasp&#233;ration et de clashes &#224; r&#233;p&#233;tition, un parfum de retour &#224; l'ordre souffle sur Exarchia et l'archipel des r&#233;fugi&#233;s : &#233;quipes de s&#233;curit&#233;, voisins exc&#233;d&#233;s, campagne de presse contre le quartier &#171; &lt;i&gt;criminel &lt;/i&gt; &#187;. Bref, la tension monte&#8230; D&#233;but mai, raconte L., &#171; &lt;i&gt; 60 gars cagoul&#233;s ont chass&#233; les vendeurs &#224; la sauvette, br&#251;l&#233; des stands, tabass&#233; des revendeurs &lt;/i&gt; &#187;. Des attaques qui se multiplient, explique Pisikares. Cons&#233;quence : &#171; &lt;i&gt;Les revendeurs ont &#233;t&#233; forc&#233;s de payer leur &#8216;&#8216; protection '' &#224; la mafia. Et leurs stands se font d&#233;sormais attaquer par les groupes anti-mafia&lt;/i&gt; &#187;. Toujours pris entre le marteau et l'enclume, les r&#233;fugi&#233;s. Toujours prise aux quatre vents, la place d'Exarchia et son univers militant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte et photo de Serge&#239; Bonicci&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-Crepuscule-des-brutes-Grece-pas' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le Cr&#233;puscule des brutes : Gr&#232;ce, pas de quartier pour Aube dor&#233;e&lt;/a&gt; &#187;,&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 164 (mars 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les nationalistes grecs refusent que le pays voisin s'appelle officiellement &#171; Mac&#233;doine &#187;, arguant que la Mac&#233;doine historique est une r&#233;gion du nord de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Place des migrants, en grec. C'est un bar avec jardin o&#249; des cours gratuits sont dispens&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;i&gt;De Lesbos &#224; Calais : comment l'Europe fabrique des camps&lt;/i&gt;, Le Passager clandestin, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Immigration : Dieppe, l'autre Calais</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Immigration-Dieppe-l-autre-Calais</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Immigration-Dieppe-l-autre-Calais</guid>
		<dc:date>2018-04-25T14:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>migrants</dc:subject>
		<dc:subject>Calais</dc:subject>
		<dc:subject>conditions</dc:subject>
		<dc:subject>avril</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>flics</dc:subject>
		<dc:subject>ferry transmanche</dc:subject>
		<dc:subject>Dieppe</dc:subject>
		<dc:subject>Albanais</dc:subject>
		<dc:subject>Itin&#233;rance Dieppe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand on ne peut passer par ici, il faut passer par l&#224;. La cit&#233; normande accueille elle aussi des candidats au d&#233;part pour la Grande-Bretagne. Au grand dam du maire, tout communiste qu'il soit. Dieppe, sa plage, ses galets, son ch&#226;teau, son port et son ferry transmanche. Une porte pour l'Angleterre avec des travers&#233;es vers Newhaven deux fois par jour. Depuis quelques mois, pour sortir du bourbier de Calais, des r&#233;fugi&#233;s descendent le long des c&#244;tes normandes. Dieppe, comme Ouistreham, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Calais" rel="tag"&gt;Calais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conditions" rel="tag"&gt;conditions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/avril" rel="tag"&gt;avril&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/flics" rel="tag"&gt;flics&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ferry-transmanche" rel="tag"&gt;ferry transmanche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dieppe" rel="tag"&gt;Dieppe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Albanais" rel="tag"&gt;Albanais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Itinerance-Dieppe" rel="tag"&gt;Itin&#233;rance Dieppe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand on ne peut passer par ici, il faut passer par l&#224;. La cit&#233; normande accueille elle aussi des candidats au d&#233;part pour la Grande-Bretagne. Au grand dam du maire, tout communiste qu'il soit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dieppe, sa plage, ses galets, son ch&#226;teau, son port et son ferry transmanche. Une porte pour l'Angleterre avec des travers&#233;es vers Newhaven deux fois par jour. Depuis quelques mois, pour sortir du bourbier de Calais, des r&#233;fugi&#233;s descendent le long des c&#244;tes normandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieppe, comme Ouistreham, Cherbourg et depuis peu Le Havre&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis peu... en mai 2016. (Note du webmaster.)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, est devenu un lieu de passage. Mais la cit&#233; normande n'a rien &#224; voir avec Calais en termes d'affluence, les migrants n'&#233;tant qu'entre quatre-vingts et cent quarante suivant les jours. Par contre, question conditions de vie, c'est kif-kif. &#171; &lt;i&gt;Les migrants vivent dans des conditions difficiles : pas de toilettes, pas de douches, pas de points d'eau, pas de poubelles... La situation est comparable &#224; celle de Calais : rien n'est fait pour accueillir les personnes dans des conditions dignes&lt;/i&gt; &#187;, souligne Christian, de M&#233;decins du monde. La mairie ? Elle ne fait rien. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a aucun point de distribution de nourriture de la part de la municipalit&#233;. Les gens peuvent crever !&lt;/i&gt; &#187;, s'insurge Sophie, ancienne travailleuse sociale devenue b&#233;n&#233;vole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la plupart des r&#233;fugi&#233;s campent face aux vents et &#224; la mer, certains ont investi les &#171; gobes &#187;, grottes aux pieds des falaises &#224; deux pas de l'embarquement des ferries. Ces cavit&#233;s, ouvertes au XVIIe si&#232;cle pour extraire des pierres et de l'argile destin&#233;s &#224; la construction de la ville, ont ensuite servi d'habitation &#224; une population pauvre jusqu'au d&#233;but du XXe si&#232;cle. Aujourd'hui, elles sont occup&#233;es par des Albanais, ainsi que des &#201;rythr&#233;ens, des Irakiens et des Soudanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce camp est devenu un sujet de crispation, m&#234;me si les migrants viennent peu en centre-ville. Fin mars, Herv&#233; Morin, nouveau pr&#233;sident de la r&#233;gion normande (UDI) et S&#233;bastien Jumel, maire de Dieppe (PCF), ont demand&#233; l'expulsion de ce campement. Le discours du maire est digne de Tartuffe, puisqu'il assure qu'il faut aider les Syriens, Irakiens et autres victimes de guerre, mais veut se d&#233;barrasser des Albanais, migrants &#233;conomiques, dont certains se seraient montr&#233;s agressifs. Jumel parle m&#234;me de &#171; &lt;i&gt;mafia albanaise&lt;/i&gt; &#187;, sauf que la vie des &#171; mafieux &#187; albanais, dans leurs tentes Quechua et leurs fringues de r&#233;cup, n'a rien &#224; voir avec Les Soprano. Le tribunal administratif a suivi les d&#233;sirs des &#233;diles ainsi que du syndicat mixte du port, et a ordonn&#233; l'expulsion du camp le 1er avril. Quand flics, pelleteuses et bulldozers sont arriv&#233;s, les migrants avaient quitt&#233; les lieux, dispers&#233;s un peu plus loin, dans des endroits plus dangereux, sous des falaises risquant de s'&#233;bouler. L'&#201;tat, face &#224; l'accroissement de la pression migratoire, au lieu de proposer des b&#226;timents en dur pour loger les personnes ou pour stocker v&#234;tements et nourriture, a diligent&#233; plus de flics encore. Le 21 avril, les migrants ont re&#231;u une nouvelle notification d'huissier pour un avis d'audience au tribunal administratif se tenant... d&#232;s le lendemain matin (!), vendredi 22 avril &#224; 9h &#224; Rouen ! Aucune possibilit&#233; pour eux d'organiser une d&#233;fense dans ces conditions, ni de prendre le temps de trouver une solution de repli ! L'ordonnance d'expulsion a &#233;t&#233; prise le 22 avril... 80 personnes vont donc se retrouver une nouvelle fois expuls&#233;es de nulle part...vers nulle part, dont des mineurs isol&#233;s, et sans qu'aucune solution leur soit propos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien ? Il existe &#224; travers le Centre d'accueil des demandeurs d'asile et M&#233;decins du monde. Par ailleurs, chaque soir, une association issue de la communaut&#233; turque locale, Point Humanitaire 76, distribue 90 &#224; 100 repas aux migrants quai de la Marne. Des collectes de v&#234;tements et de repas secs sont organis&#233;es &#224; F&#233;camp, Yvetot et m&#234;me &#224; Rouen. Un agriculteur de F&#233;camp a donn&#233; 250 kilogrammes de pommes de terre. Un concert de soutien a rapport&#233; 1 000 euros&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre association s'est cr&#233;&#233;e, Itin&#233;rance Dieppe, qui aborde les aspects juridiques, les probl&#232;mes d'h&#233;bergement, la sant&#233; et l'hygi&#232;ne, l'alphab&#233;tisation et surtout, assure collectes et redistributions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces assos sont appr&#233;ci&#233;es par les migrants, il n'en va pas de m&#234;me des pouvoirs publics locaux. Il est plus que compliqu&#233; d'obtenir des locaux pour stocker le mat&#233;riel et recevoir les r&#233;fugi&#233;s. La mairie accuse m&#234;me ces associations de favoriser la mont&#233;e du Front national !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir d'un autre chemin vers l'Angleterre s'&#233;tant d&#233;velopp&#233;, on peut penser que, malgr&#233; les hautes cl&#244;tures install&#233;es ces jours derniers et les flics de plus en plus nombreux, la pr&#233;sence de migrants est partie pour durer. &#171; &lt;i&gt;Nous avons toujours peur que, sous pr&#233;texte d'&#233;tat d'urgence, la distribution de repas au quai de la Marne soit remise en cause et que les flics viennent faire des rafles&lt;/i&gt; &#187;, souligne Nicolas Legrand, d'Itin&#233;rance Dieppe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis peu... en mai 2016. (Note du webmaster.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rohingya : L'autre crise des r&#233;fugi&#233;s</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Rohingya-L-autre-crise-des</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Rohingya-L-autre-crise-des</guid>
		<dc:date>2018-03-26T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sila B&#233;ratour</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>centre</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Rohingya</dc:subject>
		<dc:subject>Rohingya constituent</dc:subject>
		<dc:subject>Haut Commissariat</dc:subject>
		<dc:subject>officiellement pris</dc:subject>
		<dc:subject>Peace Learning</dc:subject>
		<dc:subject>Berani Project</dc:subject>
		<dc:subject>Learning Centre</dc:subject>
		<dc:subject>Chia Wei</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;2015 a marqu&#233; le d&#233;but officiel d'une &#171; crise des r&#233;fugi&#233;s &#187; en Europe. En Asie du Sud-Est, des bateaux continuent &#224; traverser le golfe du Bengale, bond&#233;s de r&#233;fugi&#233;s Rohingya. Cette minorit&#233; musulmane de Birmanie fuit les violentes pers&#233;cutions dont elle est victime dans son pays. Reportage en Malaisie o&#249; les Rohingya sont tant bien que mal accueillis malgr&#233; l'hostilit&#233; farouche des autorit&#233;s locales. D'apr&#232;s le Haut Commissariat aux r&#233;fugi&#233;s des Nations-unies (UNHCR), les Rohingya (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no146-septembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;146 (septembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre" rel="tag"&gt;centre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rohingya" rel="tag"&gt;Rohingya&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rohingya-constituent" rel="tag"&gt;Rohingya constituent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Haut-Commissariat" rel="tag"&gt;Haut Commissariat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/officiellement-pris" rel="tag"&gt;officiellement pris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Peace-Learning" rel="tag"&gt;Peace Learning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Berani-Project" rel="tag"&gt;Berani Project&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Learning-Centre" rel="tag"&gt;Learning Centre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chia-Wei" rel="tag"&gt;Chia Wei&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;2015 a marqu&#233; le d&#233;but officiel d'une &#171; crise des r&#233;fugi&#233;s &#187; en Europe. En Asie du Sud-Est, des bateaux continuent &#224; traverser le golfe du Bengale, bond&#233;s de r&#233;fugi&#233;s Rohingya. Cette minorit&#233; musulmane de Birmanie fuit les violentes pers&#233;cutions dont elle est victime dans son pays. Reportage en Malaisie o&#249; les Rohingya sont tant bien que mal accueillis malgr&#233; l'hostilit&#233; farouche des autorit&#233;s locales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'apr&#232;s le Haut Commissariat aux r&#233;fugi&#233;s des Nations-unies (UNHCR), les Rohingya	constituent 90 % des r&#233;fugi&#233;s officiellement pris en charge par l'agence en Malaisie. De majorit&#233; musulmane et plus prosp&#232;re que l'Indon&#233;sie voisine, ce pays refuse pourtant de les accueillir. La Malaisie n'est signataire d'aucun protocole international sur les r&#233;fugi&#233;s et les apatrides et ne reconna&#238;t m&#234;me pas les enfants &#233;trangers n&#233;s sur son sol. Pourtant une myriade d'acteurs sociaux tentent cahin-caha de compenser l'incurie de leur gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2266 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH600/-539-9d81e.jpg?1779603178' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Penang, grande ville du Nord-Ouest, le Peace Building Club de l'Universit&#233; Sains Malaysia, anim&#233; par le politiste malais Kamarulzaman Askandar, a vu l'un de ses projets &#233;tudiants donner lieu &#224; l'ouverture d'un petit &#233;tablissement scolaire. De quelques cours du week-end assur&#233;s par des &#233;tudiants b&#233;n&#233;voles, leur Peace Learning Centre est devenu un an plus tard une &#233;cole qui propose &#224; une quarantaine d'enfants des enseignements de malais, d'anglais, de maths ainsi qu'une sensibilisation &#224; la non-violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants ont pour la plupart laiss&#233; la place &#224; des enseignants plus exp&#233;riment&#233;s, b&#233;n&#233;voles ou r&#233;mun&#233;r&#233;s. Arriv&#233;s pour les plus anciens avant 2012, date du d&#233;but de l'actuelle vague de r&#233;pression contre les Rohingya, la plupart des &#233;l&#232;ves ont subi de graves violences, comme l'&#233;pisode que relate Kohinor, une fille d'une dizaine d'ann&#233;es : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait pendant la pri&#232;re du vendredi, les bouddhistes &#233;taient arm&#233;s de couteaux et de fusils et ils nous encerclaient.&lt;/i&gt; &#187; Aucun &#233;l&#232;ve ici n'&#233;crit ni ne lit sa langue maternelle. Le centre n'offre pas de cours en langue rohingya et ses rapports avec la communaut&#233; locale, peu organis&#233;e, sont assez l&#226;ches. Financ&#233; par des dons priv&#233;s, le Peace Learning Centre demande aux parents une petite contribution. Une exigence parfois difficile &#224; tenir quand il s'agit dans le m&#234;me temps de les dissuader de retirer leur fille de l'&#233;cole pour la marier ou la faire travailler &#224; la maison. Et les perspectives d'avenir sont rares puisque presque aucune porte ne s'ouvrira ensuite &#224; l'universit&#233;. En attendant qu'une adulte la ram&#232;ne chez elle apr&#232;s une journ&#233;e d'&#233;cole qui s'ach&#232;ve a 13 h, une &#233;l&#232;ve s'exerce &#224; la machine &#224; coudre. Une comp&#233;tence qui pourrait lui servir plus tard &#224; gagner sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sambal social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nord de la capitale Kuala Lumpur, les grottes de Batu abritent un sanctuaire hindou creus&#233; dans la roche. C'est dans ce quartier que travaillent et vivent des Rohingya, organis&#233;s par les efforts d'Ustaz Rafik. Le centre communautaire qu'il a cr&#233;&#233; en 2014 s'appelle MyWelfare. Alors que beaucoup de &#171; &lt;i&gt;leaders&lt;/i&gt; &#187; auto-proclam&#233;s monnayent leur entregent pour aider leurs compatriotes &#224; surmonter les &#233;cueils de la bureaucratie onusienne, Rafik est largement estim&#233;. Entre le loyer de la maison, le salaire des enseignants et les repas distribu&#233;s aux 70 &#233;l&#232;ves, il faut lever chaque mois 10 000	ringgits (environ 2 200 euros)	pour faire tourner le centre. Outre les enseignements, MyWelfare est aussi un lieu de pri&#232;re, un atelier de cuisine et un lieu d'accueil pour quelques familles ou m&#232;res isol&#233;es. Les dons viennent de l'ext&#233;rieur mais &#233;galement des Rohingya eux-m&#234;mes et du produit des ventes du Mama Gulza crispy sambal. Le sambal, c'est cette p&#226;te piment&#233;e pr&#233;sente sur toutes les tables malaises. Celui de Mama Gulza (la m&#232;re de Rafik) est cuit &#224; l'huile d'olive, pour s&#233;duire un public moins rustique, et commercialis&#233; par le Berani Project.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tan Chia Wei, l'animatrice du Berani Project, est une Sino-Malaisienne de la classe moyenne ais&#233;e qui s'est engag&#233;e dans un projet hybride, &#171; &lt;i&gt; socialement utile et &#233;conomiquement rentable&lt;/i&gt; &#187;. Et pour cela, &#171; &lt;i&gt;tous les acteurs doivent trouver leur compte&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-elle. &#171; &lt;i&gt;Je dois pouvoir vendre les produits ou les services offerts par les Rohingya et les salari&#233;s recevoir une r&#233;mun&#233;ration juste, des conditions de travail correctes et des perspectives de mont&#233;e en qualification.&lt;/i&gt; &#187; Un obstacle de taille &#224; cette affaire : les r&#233;fugi&#233;s sont consid&#233;r&#233;s comme des immigrants ill&#233;gaux et &#224; ce titre n'ont pas le droit de travailler. Pour leur &#233;viter la prison et les amendes aux employeurs, les travailleurs ont le statut de b&#233;n&#233;voles auxquels MyWelfare offre une indemnit&#233; en &#233;change de leur labeur. Les produits sont ensuite commercialis&#233;s par le Berani Project, avec les efforts en marketing de Chia Wei qui d&#233;roule un &lt;i&gt;storytelling&lt;/i&gt; au service de la bonne cause. Les activit&#233;s en question sont la cuisine, la couture et le bricolage de r&#233;cup'. D'ici quelques ann&#233;es, l'&#171; entrepreneuse sociale &#187; esp&#232;re pouvoir cr&#233;er une activit&#233; de micro-cr&#233;dit. Le tour de force juridique reste encore &#224; trouver puisque les r&#233;fugi&#233;s n'ont pas le droit de poss&#233;der quoi que ce soit en Malaisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ostracisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chia Wei se souvient de ses premiers pas dans le cadre d'une structure d'appels &#224; dons pour des urgences m&#233;dicales &#224; destination des r&#233;fugi&#233;s. Les soins hospitaliers ne sont pas refus&#233;s aux &#233;trangers, mais ils sont en revanche factur&#233;s le double de ce que paient les Malaisiens. Pour une famille rohingya, le prix d'un simple accouchement (que la loi interdit de mener &#224; domicile) est impossible &#224; assumer. Tant que la facture n'est pas pay&#233;e, la m&#232;re et l'enfant restent &#224; l'h&#244;pital et la communaut&#233; s'affaire &#224; trouver de quoi r&#233;unir, en son sein et aupr&#232;s de sympathisants de la classe moyenne, les	5 000 ringgits	(1 200 euros) n&#233;cessaires. Alors qu'il est question en Malaisie d'&#233;tablir un salaire minimum entre 1 000 et 1 500 ringgits mensuels, la r&#233;mun&#233;ration mis&#233;rable des Rohingya, autour de 30 ringgits par jour, les oblige &#224; travailler trente jours par mois dans des emplois que personne ne souhaite assurer. Et sur ce maigre salaire, il faut soustraire un tiers environ de pots-de-vin destin&#233;s aux policiers qui les menacent de prison. Les m&#234;mes municipalit&#233;s qui emploient des Rohingya au noir pour vider les drains &#8211; sortes d'&#233;gouts &#224; ciel ouvert aliment&#233;s par les pluies tropicales &#8211; et leur font payer des loyers pour des taudis les menacent sans cesse d'expulsion ou de poursuites. Pour Hussein, jeune homme victime d'un accident du travail en juillet dernier, avoir &#233;t&#233; emmen&#233; par son employeur jusqu'&#224; l'h&#244;pital plut&#244;t qu'au commissariat est plut&#244;t une bonne fortune. Son poignet est rest&#233; d&#233;form&#233;, il ne peut plus travailler de ses mains et ne peut pr&#233;tendre &#224; aucune indemnit&#233;. La prison, un centre de d&#233;tention o&#249; le HCR ne peut pas p&#233;n&#233;trer, est ainsi brandie comme menace permanente. Autour d'un th&#233;, Rafik s'engage dans une grande discussion sur le sort des Rohingya, ce peuple qui parle une langue indo-europ&#233;enne et pratique la religion musulmane : &#171; &lt;i&gt;Les plus anciens textes &#233;tablissent notre pr&#233;sence dans l'&#201;tat d'Arakan&lt;/i&gt; [en Birmanie]. &#187; Consid&#233;r&#233;s comme des immigr&#233;s bengalis de l'&#233;poque coloniale, ils ne font plus partie des 135 groupes ethniques reconnus dans le pays. Des premiers dommages de la birmanisation en 1962 jusqu'&#224; leur d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; en 1982, les Rohingya seraient la minorit&#233; la plus pers&#233;cut&#233;e au monde d'apr&#232;s les Nations-unies. Le HCR avance le chiffre d'un demi-million de r&#233;fugi&#233;s, soit un peu moins de la moiti&#233; de la population &#171; officielle &#187; des Rohingya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re, les r&#233;centes violences tiennent de la purification ethnique. Depuis la g&#233;n&#233;ralisation des smartphones, les Rohingya font tourner des vid&#233;os des incendies de maisons et des pogroms qu'ils subissent au pays. Selon Rafik, la haine aurait pour cause historique leur loyaut&#233; envers les colons britanniques puis leur r&#244;le dans l'insurrection d&#233;mocratique birmane de 1988 et leur soutien envers Aung San Suu Kyi. Depuis la lib&#233;ralisation du r&#233;gime et l'entr&#233;e en fonction de l'opposante, leur sort ne fait pourtant que se d&#233;grader. Celle qui est en train de faire revenir au pays la minorit&#233; chr&#233;tienne Chin a-t-elle un agenda cach&#233; qui suppose &#224; plus long terme la r&#233;int&#233;gration des Rohingya ? L'hypoth&#232;se est encore plausible m&#234;me si elle ne fait que s'&#233;loigner. D'autant que l'&#201;tat d'Arakan est riche en m&#233;taux et hydrocarbures. La peur d'une &#233;ventuelle s&#233;cession de cette province n'est peut-&#234;tre pas &#233;trang&#232;re &#224; la pers&#233;cution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hypocrisie internationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays d'Asie du Sud-Est tentent sans succ&#232;s la m&#233;diation et, &#233;trangement, l'appel solennel en juillet du Parlement europ&#233;en &#224; cesser les violences contre les Rohingya n'a pas &#233;t&#233; plus fructueux. L'administration &#233;tasunienne r&#233;siste aux exigences du pouvoir birman qui pr&#233;f&#232;re le terme &#171; Bengali &#187; au mot Rohingya. En visite officielle en juin dernier, le ministre fran&#231;ais des Affaires &#233;trang&#232;res, Jean-Marc Ayrault, s'est quant &#224; lui diplomatiquement couch&#233; : &#171; &lt;i&gt;Devant&lt;/i&gt; [Aung San Suu Kyi], &lt;i&gt;j'ai utilis&#233; le terme de Rohingya car c'est comme cela que l'on dit en France mais je n'emploierai pas ce mot en public : je sais &#224; quel point c'est un sujet sensible et je ne suis pas l&#224; pour donner des le&#231;ons et compliquer les choses&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 18 juin 2016.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;. D'autant que le march&#233; birman s'ouvre &#224; la mondialisation... En attendant, la file d'attente au si&#232;ge du HCR est toujours aussi longue, les r&#233;fugi&#233;s ont autant de mal &#224; se faire enregistrer et les budgets d&#233;di&#233;s aux actions en Asie du Sud-Est sont en baisse. C'est que l'aide internationale s'est en partie report&#233;e vers l'Europe pour l'aider &#224; surmonter sa &#171; crise des r&#233;fugi&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Sila B&#233;ratour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collectif D'autres voix : autresvoix@riseup.net.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 18 juin 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;fugi&#233;s : au Vigan, on attend&#8230;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Refugies-au-Vigan-on-attend</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Refugies-au-Vigan-on-attend</guid>
		<dc:date>2018-02-27T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Isnard-Dupuy</dc:creator>


		<dc:subject>Billets</dc:subject>
		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>pr&#233;fecture</dc:subject>
		<dc:subject>maire</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>C&#233;vennes</dc:subject>
		<dc:subject>Vigan</dc:subject>
		<dc:subject>Francine Arbus</dc:subject>
		<dc:subject>Sud C&#233;vennes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 25 juin, la municipalit&#233; du Vigan d&#233;cide d'accueillir des familles syriennes. Fin octobre, malgr&#233; les belles paroles du gouvernement, elles ne sont toujours pas install&#233;es. Attendrait-on que soient pass&#233;es les &#233;lections r&#233;gionales ? &#171; La France va accueillir 24 000 r&#233;fugi&#233;s &#187; syriens et irakiens sur deux ans. Il y a les d&#233;clarations teint&#233;es d'humanisme et de compassion. Et puis, il y a les fronti&#232;res ferm&#233;es et les traitements indignes envers les exil&#233;s. Enfin, il y a la r&#233;alit&#233; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Billets" rel="tag"&gt;Billets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-etat" rel="tag"&gt;l'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prefecture" rel="tag"&gt;pr&#233;fecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/maire" rel="tag"&gt;maire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cevennes" rel="tag"&gt;C&#233;vennes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vigan" rel="tag"&gt;Vigan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Francine-Arbus" rel="tag"&gt;Francine Arbus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sud-Cevennes" rel="tag"&gt;Sud C&#233;vennes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 25 juin, la municipalit&#233; du Vigan d&#233;cide d'accueillir des familles syriennes. Fin octobre, malgr&#233; les belles paroles du gouvernement, elles ne sont toujours pas install&#233;es. Attendrait-on que soient pass&#233;es les &#233;lections r&#233;gionales ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La France va accueillir 24 000 r&#233;fugi&#233;s&lt;/i&gt; &#187; syriens et irakiens sur deux ans. Il y a les d&#233;clarations teint&#233;es d'humanisme et de compassion. Et puis, il y a les fronti&#232;res ferm&#233;es et les traitements indignes envers les exil&#233;s. Enfin, il y a la r&#233;alit&#233; de l'action de l'&#233;tat derri&#232;re les belles phrases de son chef. Dans les C&#233;vennes gardoises, plusieurs communes font v&#339;u d'hospitalit&#233;. Un engagement que ne soutient pas la pr&#233;fecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conseil municipal du Vigan, sous-pr&#233;fecture de 4 000 habitants, n'a pas attendu l'&#233;motion plan&#233;taire de la photo du petit Aylan pour prendre position. &#192; l'unanimit&#233;, le 25 juin, il met &#224; disposition trois logements. &#171; &lt;i&gt;Il s'agit d'une d&#233;cision ordinaire, normale, &#233;vidente, qui s'inscrit dans la longue tradition c&#233;venole de l'accueil&lt;/i&gt; &#187;, commente d'une voix calme le maire, &#201;ric Doulcier. Le groupe local d'Amnesty international est &#224; l'origine de l'action. Au printemps, r&#233;pondant &#224; une mobilisation nationale de leur organisation, ses militantes contactent les municipalit&#233;s de leur secteur &#171; Sud C&#233;vennes &#187; pour proposer l'accueil de personnes cibl&#233;es par le Haut Commissariat aux R&#233;fugi&#233;s (HCR). Les r&#233;fugi&#233;s viendront de camps des pays limitrophes de la Syrie : &#171; &lt;i&gt;Les plus vuln&#233;rables parmi les vuln&#233;rables : dans des situations m&#233;dicales s&#233;rieuses, des familles avec enfant handicap&#233; ou encore des personnes seules avec enfants&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille Michelle Marmain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 septembre, &#224; la r&#233;union des maires organis&#233;e au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, Bernard Cazeneuve l'affirme haut et fort : l'&#233;tat sera au c&#244;t&#233; des collectivit&#233;s dans la solidarit&#233; ! Mais les actes suivent trop timidement. Au Vigan fin octobre, ni Amnesty, ni la mairie ne savent quand et comment viendront les r&#233;fugi&#233;s. &#171; &lt;i&gt;On transmet au service concern&#233; qui vous contactera&lt;/i&gt; &#187; est pour l'instant la seule r&#233;ponse de la pr&#233;fecture du Gard aux sollicitations de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Pr&#233;fecture qui fanfaronnait le 23 septembre en conf&#233;rence de presse pour pr&#233;senter Xavier Hancquart, son directeur d&#233;partemental adjoint de la coh&#233;sion sociale, comme coordonnateur d&#233;partemental &#171; &lt;i&gt; charg&#233; de rassembler l'ensemble des offres d'h&#233;bergements&lt;/i&gt; &#187; pour les r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voisin du Vigan, Mandagout s'appr&#234;te aussi &#224; accueillir, dans un appartement mis-&#224;-disposition par la municipalit&#233; d&#232;s le premier septembre. &#171; &lt;i&gt;Vu l'urgence, on attendait l'arriv&#233;e de r&#233;fugi&#233;s courant octobre au maximum&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Francine Arbus, maire de cette commune de 400&#8200;&#226;mes. Toutes les semaines l'&#233;lue t&#233;l&#233;phone &#224; M.&#8200;Hancquart qui lui demande d'attendre et r&#233;torque sans rire : &#171; &lt;i&gt;Il faut voir le projet des familles&lt;/i&gt;. &#187; Une r&#233;ponse que Madame le maire juge &#171; &lt;i&gt;d&#233;connect&#233;e de la r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Si quelques r&#233;fugi&#233;s ce sont install&#233;s en 2015 par voie l&#233;gale dans d'autres d&#233;partements&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;1 100 Syriens et pr&#232;s de 1 500 Irakiens selon le pr&#233;fet Jean-Jacques Brot (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, pour Francine Arbus, &#171; &lt;i&gt;la France ne remplit pas son devoir d'accueil. Le gouvernement laisse passer les r&#233;gionales par peur du FN. Je ne vois que cette explication &#224; l'attente&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le conflit syrien et le drame de l'exode s'enlisent, les services de l'&#233;tat font fi de la gravit&#233; de la situation. Le maire du Vigan se souvient des pr&#233;c&#233;dents historiques : &#171; &lt;i&gt; En 1939, quand on a re&#231;u les exil&#233;s espagnols dans des conditions &#233;pouvantables sur les plages du Roussillon, il y a eut des morts de faim et de froid. C'est la France des droits de l'homme qui accueille comme cela.&lt;/i&gt; &#187; En mati&#232;re d'accueil, l'&#233;tat respecte sa propre tradition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;1 100 Syriens et pr&#232;s de 1 500 Irakiens selon le pr&#233;fet Jean-Jacques Brot charg&#233; de la mission de coordination pour l'accueil de r&#233;fugi&#233;s syriens et irakiens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Istanbul : l'exil syrien</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Istanbul-l-exil-syrien</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Istanbul-l-exil-syrien</guid>
		<dc:date>2018-02-25T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Guillaume Cortade</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s syriens</dc:subject>
		<dc:subject>Syriens</dc:subject>
		<dc:subject>quartier</dc:subject>
		<dc:subject>Guillaume Cortade</dc:subject>
		<dc:subject>Hani</dc:subject>
		<dc:subject>Istanbul</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La m&#233;galopole d'Istanbul est devenue une destination majeure pour les plus de deux millions de Syriens r&#233;fugi&#233;s en Turquie. 300 &#224; 500 000 Syriens vivent d&#233;sormais dans cette m&#233;gapole aux portes de l'Europe, et tentent depuis peu de reconstruire une communaut&#233; &#224; part enti&#232;re, malgr&#233; les affres de la guerre civile. Reportage au fil des diff&#233;rents quartiers stambouliotes &#224; la rencontre de la diaspora syrienne, entre attente, survie et aspirations culturelles. C'est un quartier de banlieue en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no136-octobre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;136 (octobre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Guillaume-Cortade" rel="tag"&gt;Guillaume Cortade&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Syrie" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regime" rel="tag"&gt;r&#233;gime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies-syriens" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s syriens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Syriens" rel="tag"&gt;Syriens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Guillaume-Cortade-7740" rel="tag"&gt;Guillaume Cortade&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hani" rel="tag"&gt;Hani&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Istanbul" rel="tag"&gt;Istanbul&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La m&#233;galopole d'Istanbul est devenue une destination majeure pour les plus de deux millions de Syriens r&#233;fugi&#233;s en Turquie. 300 &#224; 500 000 Syriens vivent d&#233;sormais dans cette m&#233;gapole aux portes de l'Europe, et tentent depuis peu de reconstruire une communaut&#233; &#224; part enti&#232;re, malgr&#233; les affres de la guerre civile. Reportage au fil des diff&#233;rents quartiers stambouliotes &#224; la rencontre de la diaspora syrienne, entre attente, survie et aspirations culturelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2136 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH406/-410-f9d6f.jpg?1779603268' width='400' height='406' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Esenyurt, par Guillaume Cortade.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est un quartier de banlieue en chantier permanent o&#249; s'alignent barres d'immeubles bon march&#233;, mosqu&#233;es flambant neuves et centres commerciaux. Urbanisation h&#226;tive &#224; coup de b&#233;tonneuse, conservatisme religieux et &#233;conomie lib&#233;rale : tout ici rappelle l'essence m&#234;me de la politique du pr&#233;sident Recep Tayyip Erdogan et de son parti islamo-conservateur, l'AKP, au pouvoir en Turquie depuis 2002. Situ&#233; &#224; plus de 30&#8200;km du centre-ville d'Istanbul, Esenyurt a vu sa population doubler en 5&#8200;ans. Ses 700 000 habitants accueillent aujourd'hui un nombre croissant de r&#233;fugi&#233;s syriens, venus majoritairement d'Alep et pour la plupart d'origine kurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hani el-Rached, 32 ans et cr&#226;ne impeccablement ras&#233;, vit l&#224; depuis 2013 apr&#232;s un bref passage &#224; Gaziantep, une ville situ&#233;e &#224; une cinquantaine de kilom&#232;tres de la fronti&#232;re syrienne : &#171; &lt;i&gt;J'ai fait un master de Fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re &#224; Toulouse de 2007 &#224; 2010. En rentrant en Syrie, alors que je candidatais &#224; un poste de professeur de fran&#231;ais, j'ai &#233;t&#233; appel&#233; quelques semaines plus tard pour le service militaire. Cela ne devait durer qu'un an, mais trois mois apr&#232;s mon incorporation d&#233;but 2011, la r&#233;volution a &#233;clat&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Durant plus de deux ans, Hani travaille au minist&#232;re de la D&#233;fense &#224; Damas comme traducteur pour l'arm&#233;e syrienne. Il assiste ainsi de l'int&#233;rieur aux atrocit&#233;s de l'appareil r&#233;pressif du r&#233;gime. &#171; &lt;i&gt;&#192; mon arriv&#233;e, il y avait dans les bureaux des Syriens issus de diff&#233;rents groupes confessionnels, mais la guerre a chass&#233; tous les sunnites du minist&#232;re. J'ai vu passer des rapports sur la prise en charge par l'arm&#233;e syrienne d'experts militaires russes, chinois ou du Hezbollah. J'ai lu &#233;galement des demandes d'autorisation par des officiers de caserne pour utiliser des gaz chimiques contre ce qu'ils appelaient syst&#233;matiquement &#8220;des terroristes&#8221;.&lt;/i&gt; &#187; Hani d&#233;cide alors de d&#233;serter, mais avec des papiers militaires en poche, sa carte d'identit&#233; civile ayant &#233;t&#233; gard&#233;e par l'administration. &#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me, c'est que si l'on me trouvait dans le pays avec ces papiers, cela voulait dire que j'&#233;tais soit un fugitif, soit &#224; la solde du r&#233;gime d'Assad&lt;/i&gt;, explique-t-il. &lt;i&gt;Un pr&#233;texte suffisant pour me tuer&lt;/i&gt;. &#187; Sa carte d'identit&#233; civile ayant &#233;t&#233; ensuite r&#233;cup&#233;r&#233;e via des proches de sa famille, Hani invoque une visite &#224; sa m&#232;re gravement malade pour demander une permission afin de se rendre &#224; Lattaqui&#233;, au nord du pays. &#171; &lt;i&gt;J'ai alors mis douze heures au lieu de trois pour rejoindre Alep&lt;/i&gt;, raconte Hani. &lt;i&gt;Arriv&#233; l&#224; bas, en retrouvant ma femme, nous avons d&#233;cid&#233; de partir, apr&#232;s une heure de discussion. Elle venait de perdre neuf membres de sa famille suite &#224; un bombardement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2137 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-411-074a8.jpg?1779618766' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Hani, par Guillaume Cortade.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre attente et exploitation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; son arriv&#233;e &#224; Esenyurt, Hani travaille pendant sept mois comme professeur dans une &#233;cole pour les enfants r&#233;fugi&#233;s syriens. Son passeport n'&#233;tant plus valide, il est embauch&#233; au noir durant quatre mois dans une usine textile pour l'&#233;quivalent de 300&#8200;euros mensuels, &#224; raison de 12&#8200;heures par jour. &#171; &lt;i&gt;La police venait parfois v&#233;rifier si des Syriens &#233;taient employ&#233;s ill&#233;galement, comme personne d'entre nous n'avait de titre de s&#233;jour, on se cachait alors pendant une heure ou deux&lt;/i&gt;, raconte Hani. &lt;i&gt;Le patron de cette usine, en &#233;conomisant le salaire et les charges d'un ouvrier turc, peut embaucher trois r&#233;fugi&#233;s. Il y a une v&#233;ritable exploitation &#233;conomique des Syriens, car les Turcs savent bien qu'on est dans une situation de survie, pr&#234;ts &#224; accepter n'importe quel boulot.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hani est aujourd'hui traducteur pour une usine de fabrication d'ustensiles de cuisine, mais gagne deux fois moins qu'un confr&#232;re turc. Malgr&#233; un passeport renouvel&#233; ill&#233;galement pour 300&#8200;dollars, il ne peut se d&#233;placer pour son travail ni en &#201;gypte ni au Maghreb, qui lui refusent tous le visa de par sa nationalit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Je suis &#224; la merci de mon employeur qui peut me virer quand bon lui semble. Et concernant ma carte de s&#233;jour en Turquie, j'ai attendu deux mois avant qu'on me dise qu'ils n'en d&#233;livraient plus !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps, la femme d'Hani a accouch&#233; et le couple a d&#251; accueillir dans son appartement sa belle-s&#339;ur et ses trois enfants, abandonn&#233;s par le mari. Avec un salaire de 600&#8200;euros par mois, il doit aujourd'hui faire vivre sept personnes en tout. Quant &#224; sa m&#232;re et quatre de ses fr&#232;res, ils sont depuis peu r&#233;fugi&#233;s &#224; Izmir, &#224; l'ouest de la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hani continue d'avoir sporadiquement des nouvelles d'Alep : &#171; &lt;i&gt; C'&#233;tait un grand centre de production textile, toutes les machines des usines, tomb&#233;es aux mains du r&#233;gime ou d'autres groupes de combattants, ont &#233;t&#233; vendues aux Turcs. &#192; Alep, il y a six factions diff&#233;rentes qui se combattent : les pro-r&#233;gimes, Daech et les diff&#233;rents groupes kurdes. La situation est absurde, car l'arm&#233;e et Daech bombardent la ville, pendant que, sur le terrain, l'Otan attaque uniquement Daech. En m&#234;me temps, le r&#233;gime m&#232;ne une politique de s&#233;gr&#233;gation ethnique en cloisonnant les communaut&#233;s dans diff&#233;rents territoires.&lt;/i&gt; &#187; Un de ses fr&#232;res, cordonnier, est emprisonn&#233; depuis huit mois par l'Arm&#233;e syrienne libre. Il est soup&#231;onn&#233; de complicit&#233; avec Daech pour &#234;tre parti vendre ses chaussures &#224; Raqqa, ville occup&#233;e par le groupe islamiste.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH398/-412-2e568.jpg?1779618766' width='400' height='398' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Guillaume Cortade.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il n'y pas d'espoir, les Syriens ont l'impression d'&#234;tre pris en &#233;tau entre le r&#233;gime et les groupes rebelles, et j'ai du mal &#224; me projeter dans l'avenir&lt;/i&gt;, avoue Hani. &lt;i&gt;Beaucoup de Syriens veulent partir en Europe, ils voient &#231;a comme le paradis avec un accueil, un logement et de l'argent qui les attendent. Mais pour arriver jusqu'en Allemagne, il faut d&#233;bourser 4 &#224; 5 000 dollars.&lt;/i&gt; &#187; Il existe d&#233;sormais des r&#233;seaux qui conduisent directement des Syriens depuis Antakya (ville turque situ&#233;e &#224; 100&#8200;km d'Alep) jusqu'&#224; Istanbul, leur proposant de passer la fronti&#232;re grecque ou bulgare moyennant 1 500&#8200;dollars, payables &#224; l'arriv&#233;e. En attendant, les Syriens d'Esenyurt peuvent se faire facilement embaucher comme ouvriers journaliers, le quartier &#233;tant situ&#233; &#224; proximit&#233; des zones industrielles.&#171; &lt;i&gt;Nous n'avons pas d'autre choix que de vivre ici et d'attendre. Cela fait d&#233;j&#224; deux ans pour moi&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Hani.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus d'un an, Esenyurt a vu na&#238;tre nombre de caf&#233;s, restaurants, boutiques de v&#234;tements ou de t&#233;l&#233;phones portables ouverts par des Syriens. Les devantures aux &#233;critures arabes sont l&#233;gion, comme celle d'Ibrahim, qui tient une &#233;picerie o&#249; il vend du caf&#233; et diverses sp&#233;cialit&#233;s culinaires typiques d'Alep. De fragiles fragments d'un quotidien syrien arrach&#233; &#224; la guerre gr&#226;ce &#224; la contrebande pour tenter de reconstruire &#224; la marge un semblant de vie normale. Toutefois, les Turcs du quartier appr&#233;cient de moins en moins la cohabitation avec les Syriens, de m&#234;me que les autorit&#233;s locales. &#171; &lt;i&gt;Nous vivons chacun dans notre coin, sans vraiment nous parler&lt;/i&gt;, confirme Hani. &lt;i&gt;&#192; notre arriv&#233;e, il y avait de l'entraide de la part des Turcs, mais ils nous accusent aujourd'hui de voler leur travail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole dans laquelle travaillait Hani a d&#233;sormais ferm&#233;, et cette ann&#233;e, 2 000&#8200;&#233;l&#232;ves n'ont pas pu &#234;tre scolaris&#233;s dans le quartier. Quant &#224; la police, elle est derni&#232;rement intervenue brutalement dans le quartier, suite &#224; une manifestation pro-kurde. &#171; &lt;i&gt;Les manifestants ont commenc&#233; &#224; mettre le feu &#224; des supermarch&#233;s low-cost pour protester. Les forces de l'ordre ont r&#233;pliqu&#233; violemment et nombre d'enfants se sont fait gazer&#8230; J'aimerais partir d'Esenyurt, mais ailleurs, les loyers sont hors de prix&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;chante Hani.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2139 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;41&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH401/-413-74757.jpg?1779618766' width='400' height='401' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Bijoutier Syrien par Guillaume Cortade.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manipulation et d&#233;solidarisation &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, &#224; l'arriv&#233;e des premiers Syriens sur le territoire turc, le gouvernement AKP d&#233;clarait les accueillir officiellement comme &#171; invit&#233;s &#187;, et ouvrait ses fronti&#232;res au gr&#233; des vagues de bombardement en Syrie. &#171; &lt;i&gt;Sommes-nous suppos&#233;s demander &#224; nos fr&#232;res de ne pas venir en Turquie et de se faire tuer en Syrie ?&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;tait encore &#233;mu l'an dernier le pr&#233;sident Erdogan devant le Parlement. Les autorit&#233;s ont alors essay&#233; de les cantonner dans une vingtaine de camps au sud du pays, mais beaucoup de Syriens ont trouv&#233; refuge dans des villes frontali&#232;res telles Gaziantep ou Mersin, puis Istanbul. &#171; &lt;i&gt;D&#232;s 2011, les r&#233;fugi&#233;s syriens &#233;taient cens&#233;s avoir droit aux soins, &#224; la scolarisation des enfants. Mais c'&#233;tait un statut provisoire, dans l'espoir que la guerre civile finisse rapidement et que les Syriens retournent dans leur pays&lt;/i&gt;, analyse Ufuk Ahiska, militant &#224; G&#246;&#231;men Dayanisma Agi, un collectif de solidarit&#233; envers les migrants. &lt;i&gt;Suite aux printemps arabes, Erdogan a fait la promotion du mod&#232;le islamo-conservateur turc en &#201;gypte aupr&#232;s des Fr&#232;res musulmans, et en Tunisie aupr&#232;s d'Ennahda en tentant de devenir un acteur majeur au Proche-Orient et en M&#233;diterran&#233;e. La Turquie a pris parti en faveur de l'opposition syrienne d&#232;s 2011, en accueillant &#224; Istanbul le Conseil national syrien et les r&#233;fugi&#233;s sur son territoire. L'AKP a voulu ainsi jouer un coup de poker g&#233;opolitique, avec pour objectif d'installer un gouvernement syrien alli&#233; apr&#232;s la guerre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le flou juridique dans lequel stagnent d&#233;sormais les r&#233;fugi&#233;s syriens fait de la question des papiers un de leurs probl&#232;mes primordiaux&#8200;&#8211;&#8200;ce qui les maintient dans une pr&#233;carit&#233; sciemment entretenue par le gouvernement. Ceux qui ont la chance d'avoir un passeport ne veulent pas toujours s'enregistrer aupr&#232;s des autorit&#233;s, car apr&#232;s expiration, ils devront se pr&#233;senter pour une demande de renouvellement au consulat de Syrie, o&#249; ils sont rackett&#233;s et fich&#233;s. D'autres Syriens accomplissent quand m&#234;me les d&#233;marches administratives pour obtenir le droit de travailler l&#233;galement, mais aussi pour avoir un acc&#232;s aux soins, voire un permis de r&#233;sidence aupr&#232;s d'une municipalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le soutien de la population turque envers les r&#233;fugi&#233;s, elle s'est r&#233;duite &#224; peau de chagrin depuis l'an dernier. Les associations institutionnelles se sont d&#233;solidaris&#233;es, notamment suite &#224; la d&#233;couverte d&#233;but 2014 d'un convoi humanitaire d'IHH (fondation humanitaire turque islamique, proche de l'AKP) rempli d'armes &#224; destination de la Syrie&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des journalistes turcs ont d&#233;montr&#233; en janvier 2014 l'implication des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Le gouvernement s'est fait en outre rappeler &#224; l'ordre par l'agence europ&#233;enne Frontex pour sa &#171; mauvaise gestion &#187; des migrants syriens qui partent de Turquie pour rejoindre la Gr&#232;ce. Quant aux organisations de gauche, une r&#233;cente grande collecte de mat&#233;riel &#224; destination des r&#233;fugi&#233;s syriens mise sur pied dans le quartier central d'Istiklal a &#233;t&#233; durement r&#233;prim&#233;e par la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Squats et r&#233;sidences priv&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le quartier de Tarlabasi, &#224; deux pas des rues branch&#233;es d'Istiklal et de la place Taksim, Ufuk Ahiska organise r&#233;guli&#232;rement avec son collectif des cantines populaires gratuites &#224; destination des r&#233;fugi&#233;s. &#171; &lt;i&gt;C'est un quartier en pleine r&#233;novation urbaine min&#233; par le trafic de drogue et la prostitution&lt;/i&gt;, explique-t-il. &lt;i&gt;Les r&#233;fugi&#233;s syriens les plus pauvres squattent des immeubles insalubres, et de nombreux conflits &#233;clatent avec les autres migrants, comme les Nig&#233;rians par exemple. Le quartier est devenu tr&#232;s violent, alors qu'on est &#224; deux pas du centre-ville&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Pour Zeynep Kivilcim, chercheuse &#224; l'universit&#233; d'Istanbul qui vient d'effectuer un travail de recherche sur les r&#233;fugi&#233;es syriennes, &#171; &lt;i&gt;&#224; Tarlabasi, on retrouve nombre d'enfants syriens sans parents et qui pratiquent la mendicit&#233; ou la vente &#224; la sauvette dans les rues anim&#233;es d'Istiklal, jusque tard le soir. &#192; K&#252;&#231;&#252;kpazar, pr&#232;s du quartier d'Eminomu, le centre historique et touristique d'Istanbul, j'ai rencontr&#233; les r&#233;fugi&#233;s syriens les plus pr&#233;caires qui occupent tant bien que mal des maisons compl&#232;tement d&#233;truites&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2142 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH403/-416-4db85.jpg?1779618766' width='400' height='403' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Quartier K&#252;&#231;&#252;kpazar, par Guillaume Cortade.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette extr&#234;me pr&#233;carit&#233; est tellement visible que l'an dernier la police stambouliote a transf&#233;r&#233; 500&#8200;familles de r&#233;fugi&#233;s syriens contre leur gr&#233; vers des camps au sud-est de la Turquie&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 16 juillet 2014.&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Dans un sinistre squat pr&#232;s du pont Atat&#252;rk, Mahmoud, coiff&#233; d'un keffieh rouge, et Hassan, &#224; la longue barbe blanche, tentent autour d'un th&#233; d'expliquer p&#233;niblement leur arriv&#233;e &#224; Istanbul. Sous l'&#339;il de vieux Anatoliens d'un caf&#233; en face du rez-de-chauss&#233;e occup&#233;, ils racontent avoir fui Alep suite &#224; une vague de bombardements. Pour illustration, ils montrent du doigt une femme, assise au centre du cercle de leur famille. Traumatis&#233;e par les tirs d'artillerie, elle tient r&#233;guli&#232;rement des propos incoh&#233;rents ou pousse des cris d'effroi. Il est 8 h ce matin, et quelques membres de la famille se rendent avec l'un des leurs, bless&#233; &#224; la jambe et port&#233; sur une chaise roulante bricol&#233;e, mendier &#224; la toute proche mosqu&#233;e S&#252;leymaniye et aux alentours du Bazar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand je vois tous ces compatriotes qui mendient en ville, mon c&#339;ur est si triste&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, confie Amir, Syrien de 48 ans vendeur dans une boutique du Bazar d'Istanbul des bijoux et des &#233;toffes de cachemire. Il vit depuis trois ans &#224; Istanbul, apr&#232;s avoir quitt&#233; la Syrie avec sa femme et ses quatre enfants. &#171; &lt;i&gt;J'ai un permis de r&#233;sidence, un permis de travail, et mes enfants sont &#224; l'&#233;cole arabe. Par chance, mon arriv&#233;e s'est effectu&#233;e relativement facilement. Il subsiste une ancienne communaut&#233; de marchands syriens &#224; Istanbul. Nous sommes bijoutiers de p&#232;re en fils, et via ces commer&#231;ants, j'ai pu m'installer rapidement ici.&lt;/i&gt; &#187; Les in&#233;galit&#233;s inh&#233;rentes &#224; la soci&#233;t&#233; syrienne se rejouent dans les conditions de vie de chaque r&#233;fugi&#233; &#224; Istanbul : la bourgeoisie et les grands industriels syriens se sont install&#233;s dans les quartiers cossus de Maltepe, avec leurs r&#233;sidences ferm&#233;es et leurs &#233;coles priv&#233;es, ou &#224; Sulukule, l'ancien quartier gitan stambouliote &#171; r&#233;habilit&#233; &#187; en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reconstruire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les locaux neufs de la radio Sout Raya (litt&#233;ralement &#171; Voix de l'&#233;tendard &#187;) sont situ&#233;s dans une haute tour d'immeuble flanqu&#233;e de bureaux d'avocats, de banques et d'h&#244;tels de luxe, dans Levent, l'ultramoderne quartier des affaires d'Istanbul. Une dizaine de jeunes Syriens, dynamiques et souriants, s'attellent autour des tables de mixage et du studio d'enregistrement. La radio a &#233;t&#233; financ&#233;e par un homme d'affaires syrien et le mat&#233;riel a &#233;t&#233; obtenu notamment gr&#226;ce au soutien d'une radio hollandaise.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2140 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-414-8f70d.jpg?1779618766' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Firas, par Guillaume Cortade.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Firas Fayyad et sa femme Alisar Hasan, couple de trentenaires qui vivaient auparavant &#224; Damas, sont &#224; l'origine du projet de cette radio pirate cr&#233;&#233;e en 2012. &#171; &lt;i&gt;On a fait deux b&#233;b&#233;s &#224; notre arriv&#233;e &#224; Istanbul : notre petite Elona et la radio Sout Raya&lt;/i&gt; &#187;, s'amuse Alisar. D'une voix &#224; la fois douce et lente, Firas raconte leur arriv&#233;e en Turquie : &#171; &lt;i&gt;Je suis r&#233;alisateur de film ind&#233;pendant&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est notamment r&#233;alisateur du film On the Other Side sur Ja'far Haydar, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;et je me suis fait incarc&#233;rer deux fois par le r&#233;gime en 2011. La premi&#232;re pour avoir film&#233; les manifestations anti-Bachar en mars. La seconde, c'&#233;tait &#224; l'a&#233;roport de Damas, en partance pour le festival international du film de Duba&#239;, afin de pr&#233;senter un documentaire critique sur le r&#233;gime d'Assad. Les forces de s&#233;curit&#233; m'ont mis une cagoule sur la t&#234;te et jet&#233; dans une voiture. J'ai &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement tortur&#233; &#224; l'&#233;lectricit&#233; durant cinq mois et accus&#233; &#8220;d'activit&#233;s ill&#233;gales et de conspiration contre le r&#233;gime&#8221;. &#192; ma lib&#233;ration, je me suis enfui avec Alisar en Jordanie, via le camp de r&#233;fugi&#233;s de Zaatari, esp&#233;rant continuer &#224; produire des films contre le r&#233;gime. Mais nous n'&#233;tions pas les bienvenus &#224; Amman, et cinq mois plus tard, fin 2012, nous nous sommes exil&#233;s &#224; Istanbul.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Radio Sout Raya est en &#233;coute sur &lt;a href=&#034;http://www.liveonlineradio.net/fr/syria/sout-raya-fm.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Internet&lt;/a&gt; et &#233;met ill&#233;galement en Syrie en FM dans les r&#233;gions d'Hama, d'Idlib ou encore d'Alep. En plus de la vingtaine de permanents r&#233;fugi&#233;s embauch&#233;s pour animer la radio, Sout Raya dispose d'un r&#233;seau d'une quinzaine de journalistes-activistes qui travaillent clandestinement en Syrie. &#171; &lt;i&gt;Les islamistes nous ont r&#233;cemment vol&#233; notre &#233;metteur pirate &#224; Lattaqui&#233;&lt;/i&gt;, d&#233;plore Firas. &lt;i&gt;Face &#224; toute la propagande issue du r&#233;gime ou des islamistes, nous produisons un v&#233;ritable travail de contre-information ind&#233;pendante pour les gens qui vivent sur place. L'id&#233;e est venue du fait qu'il fallait recr&#233;er du lien au sein m&#234;me de notre pays, et nous n'avions ici que peu de connexions et d'information sur la situation en Syrie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du projet d'information ind&#233;pendante, l'&#233;quipe s'est vite pench&#233;e sur la question culturelle syrienne. &#171; &lt;i&gt;Continuer &#224; faire vivre notre culture, c'est recr&#233;er du lien entre tous les Syriens et pr&#233;parer l'apr&#232;s-guerre&lt;/i&gt;, explique Saer Mussa, lui aussi r&#233;alisateur de films. &lt;i&gt;Nous diffusons chaque jour de la musique syrienne, des contes traditionnels ou des documentaires. Notre objectif, c'est de dire que nous ne sommes pas qu'une communaut&#233; victime d'une guerre civile, mais aussi que nous essayons de penser &#224; notre futur quand nous rentrerons au pays. Nous nous concentrons &#224; Sout Raya sur les histoires de vie des Syriens, leur culture, leur m&#233;moire.&lt;/i&gt; &#187; Une fameuse actrice du pays, Azza al-Bahra, vient m&#234;me r&#233;guli&#232;rement lire des com&#233;dies dramatiques qui se focalisent sur l'histoire et la r&#233;alit&#233; sociale de Syriens anonymes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Notre programme d'information tente de clarifier la situation en Syrie&lt;/i&gt;, ajoute Feras. &lt;i&gt;Nous sommes dans un r&#233;gime qui se sent en danger et qui r&#233;agit en tuant sa propre population. &#192; cela s'ajoute des djihadistes qui d&#233;tournent le regard des atrocit&#233;s du r&#233;gime. En face, l'opposition est tr&#232;s affaiblie : certaines figures historiques ne sont que de vieux politiciens, en exil depuis une trentaine d'ann&#233;es.&lt;/i&gt; &#187; En revenant sur l'histoire de la r&#233;volution syrienne, tous s'accordent : plus le r&#233;gime se maintiendra, plus le terrorisme islamiste sera pr&#233;gnant en Syrie. &#171; &lt;i&gt;La seule solution au conflit, c'est bien la fin totale du r&#233;gime d'Assad&lt;/i&gt;, conclut, fatigu&#233;, Feras. &lt;i&gt;Je ne dors parfois que deux heures par nuit. Depuis que je vis &#224; Istanbul, je n'ai m&#234;me pas pris le temps d'arpenter la ville, car toute ma t&#234;te est l&#224; bas, en Syrie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2141 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-415-37f7c.jpg?1779618766' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Samer, devant la librairie. Par Guillaume Cortade.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire communaut&#233; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; l'ouest du quartier de Fatih, dans une maison de bois &#224; la fa&#231;ade verte, deux Syriens s'&#233;chinent &#224; &#233;tiqueter un &#233;norme tas de bouquins fra&#238;chement livr&#233;s. Samer al-Kadri, entre deux sollicitations de la part de ses amis et trois coups de t&#233;l&#233;phone, est fier de pr&#233;senter la collection de livres en langue arabe et en turque qui ornent les rayons de &lt;a href=&#034;http://www.pagesbookstorecafe.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pages&lt;/a&gt;, le caf&#233;-librairie qu'il vient d'ouvrir en juin dernier avec d'autres r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous avons une grande diversit&#233; d'ouvrages, autant des romans que de la philosophie, de la po&#233;sie, ainsi qu'un &#233;tage entier d&#233;di&#233; aux enfants&lt;/i&gt;, explique Samer. &lt;i&gt;&#192; la base du projet, nous sommes trois r&#233;fugi&#233;s syriens ainsi qu'une amie d'Oman qui vit &#233;galement ici. La moiti&#233; des livres sont &#224; moi, les autres viennent du Liban, d'&#201;gypte, de Jordanie, du Maroc. Mais nous ne faisons aucun b&#233;n&#233;fice en vendant ces livres : nous voulons avant tout &#234;tre un espace culturel et d'&#233;change entre la litt&#233;rature syrienne, arabe et turque.&lt;/i&gt; &#187; La librairie ne d&#233;semplit pas : Syriens, Turcs, mais aussi &#201;gyptiens ou Libyens viennent r&#233;guli&#232;rement boire un th&#233; et bouquiner. N'importe qui peut venir consulter les livres sans les acheter et en emprunter une quinzaine par mois pour une somme modique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; en septembre 2013 &#224; Istanbul avec sa femme, Gulnar, et ses deux filles, Samer, 41&#8200;ans, vivait auparavant &#224; Damas. Graphiste et artiste peintre, il a fond&#233; une maison d'&#233;dition sp&#233;cialis&#233;e dans la litt&#233;rature jeunesse en arabe. &#171; &lt;i&gt;J'ai quitt&#233; la Syrie en 2012&lt;/i&gt;, raconte-t-il. &lt;i&gt;Alors que je participais &#224; un salon du livre &#224; Abou Dabi, les services de s&#233;curit&#233; du r&#233;gime sont venus &#224; mon bureau de Damas et ont interrog&#233; deux employ&#233;s &#224; mon sujet. J'&#233;tais juste connu pour mon opinion critique sur le r&#233;gime, sans &#234;tre affili&#233; &#224; une organisation politique quelconque. J'ai d&#233;cid&#233; de ne pas rentrer et de rester quelques mois en Jordanie. Le gouvernement ne m'a pas menac&#233; directement : c'&#233;tait, je pense, un coup de pression, une menace latente, comme il le faisait &#224; l'&#233;poque pour beaucoup d'intellectuels et d'artistes. Le message &#233;tait clair : tu as la chance d'avoir un passeport, quitte le pays pendant qu'il en est encore temps.&lt;/i&gt; &#187; Samer a perdu l'ensemble de son stock de livres suite &#224; un bombardement, et la guerre a d&#233;truit son r&#233;seau de libraires &#224; travers le pays. Il revend alors les rares exemplaires qu'il poss&#233;dait pour partir &#224; Istanbul. &#171; &lt;i&gt;Les premiers six mois ont &#233;t&#233; tr&#232;s durs, j'avais parfois &#224; peine de quoi manger&#8230; Mais j'aime beaucoup cette ville, elle est entre la Syrie et l'Europe, et certaines de ses rues me rappellent Damas. Je n'aurais pas pu vivre en Europe : Istanbul poss&#232;de une part orientale que je ne peux renier.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; son arriv&#233;e, Samer travaille comme maquettiste pour un &#233;diteur turc, &#233;conomise pour r&#233;imprimer quelques bouquins pendant qu'au fur et &#224; mesure germe l'id&#233;e de cr&#233;er une librairie g&#233;r&#233;e par des Syriens. Avec ses amis, il rach&#232;te alors une vieille maison qu'ils retapent durant dix&#8200;mois. S'affichant comme une librairie financi&#232;rement et politiquement ind&#233;pendante, la petite &#233;quipe organise des discussions autour de la litt&#233;rature et de la po&#233;sie syriennes, des concerts, et r&#233;cemment une exposition de caricatures anti-Bachar. &#171; &lt;i&gt;Au pays, les auteurs devaient payer une fortune aux &#233;diteurs pour &#234;tre publi&#233;s&lt;/i&gt;, ajoute Samer. &lt;i&gt;D&#233;sormais, ils sont plus libres, et une nouvelle sc&#232;ne de jeunes &#233;crivains &#233;merge ici, d&#233;crivant la r&#233;alit&#233; sociale syrienne. Nous publions ces nouveaux auteurs et allons bient&#244;t les traduire en turc et en allemand. Inversement, nous avons pour projet de publier des traductions d'auteurs turcs et allemand en arabe.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis peu, l'exil a ainsi paradoxalement refait vivre la culture syrienne qui, d'apr&#232;s Samer, &#233;tait &#233;touff&#233;e avec Bachar al-Assad au pouvoir. &#192; Damas, il ne subsistait que deux th&#233;&#226;tres et peu de films syriens sortaient chaque ann&#233;e. Il n'existait pas de r&#233;elles salles d'expositions ni de salles de concert, et seule une dizaine d'&#233;crivains syriens arrivaient &#224; &#234;tre publi&#233;s. Toute activit&#233; culturelle, pour exister, devait &#234;tre en lien avec le pouvoir. &#171; &lt;i&gt;Avec la guerre, le silence de la gauche europ&#233;enne et arabe, j'avoue n'avoir plus foi en l'humanit&#233;&lt;/i&gt;, confie l'&#233;diteur. &lt;i&gt;Mais nous avons quand m&#234;me pour projet d'&#233;tablir en Syrie un r&#233;seau de centres culturels &#224; travers le pays, qui diffuserait de nombreux livres. Pour reb&#226;tir notre communaut&#233;, il nous faut de bons &#233;crivains, et l'on doit d&#232;s aujourd'hui autant reconstruire notre pays que nos id&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2143 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH395/-417-60810.jpg?1779618766' width='400' height='395' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Guillaume Cortade.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Des journalistes turcs ont d&#233;montr&#233; en janvier 2014 l'implication des services de renseignement turcs et de responsables de l'IHH dans l'acheminement d'armes aux rebelles islamistes syriens du Front al-Nosra.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 16 juillet 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il est notamment r&#233;alisateur du film &lt;i&gt;On the Other Side&lt;/i&gt; sur Ja'far Haydar, po&#232;te dissident syrien exil&#233; &#224; Prague.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
