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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>En mer &#201;g&#233;e : &#171; Le bateau a un trou mais les gardes-c&#244;tes ne nous aident pas &#187;</title>
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&lt;p&gt;Les gardes-c&#244;tes grecs ont pour mission de porter secours aux embarcations en d&#233;tresse, quels qu'en soient les passagers. D&#233;but mars, ils firent l'inverse : tentatives de chavirage, vols de moteurs, remorquages jusqu'aux eaux turques, tirs &#224; balle r&#233;elle... Alors qu'elles pr&#234;taient assistance t&#233;l&#233;phonique &#224; des exil&#233;&#183;es en pleine travers&#233;e, des militantes d'Alarm Phone ont &#233;t&#233; t&#233;moins, &#224; distance, d'exactions d'une ampleur in&#233;dite. Voici leur r&#233;cit. Depuis 2014, le r&#233;seau Alarm Phone (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les gardes-c&#244;tes grecs ont pour mission de porter secours aux embarcations en d&#233;tresse, quels qu'en soient les passagers. D&#233;but mars, ils firent l'inverse : tentatives de chavirage, vols de moteurs, remorquages jusqu'aux eaux turques, tirs &#224; balle r&#233;elle... Alors qu'elles pr&#234;taient assistance t&#233;l&#233;phonique &#224; des exil&#233;&#183;es en pleine travers&#233;e, des militantes d'Alarm Phone ont &#233;t&#233; t&#233;moins, &#224; distance, d'exactions d'une ampleur in&#233;dite. Voici leur r&#233;cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2014, le r&#233;seau Alarm Phone propose une assistance t&#233;l&#233;phonique aux personnes en d&#233;tresse en M&#233;diterran&#233;e, gr&#226;ce &#224; un num&#233;ro joignable 24 h/24. Dans une douzaine de pays, des b&#233;n&#233;voles se relaient pour r&#233;pondre aux appels et tenter de mobiliser les services de secours en mer. Dans les r&#233;cits qui suivent, deux &#233;quipes de militantes racontent leurs permanences des 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt;, 2 et 3 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste avant, le 28 f&#233;vrier, la Turquie avait annonc&#233; l'ouverture de ses fronti&#232;res aux r&#233;fugi&#233;s cantonn&#233;s sur son territoire, cherchant ainsi &#224; faire pression sur l'Europe pour qu'elle intervienne &#224; ses c&#244;t&#233;s en Syrie. &#192; terre, la situation a tr&#232;s vite explos&#233; : des milliers de personnes mass&#233;es &#224; la fronti&#232;re gr&#233;co-turque se sont retrouv&#233;es prises en tenaille dans un &lt;i&gt;no man's land&lt;/i&gt;, emp&#234;ch&#233;es d'avancer par les Grecs, interdites de rebrousser chemin par les Turcs. Et en mer ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Quelque part en Europe, 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars, 15 h-23 h&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme souvent, on s'est retrouv&#233;es plus t&#244;t pour se pr&#233;parer, regarder la m&#233;t&#233;o, prendre le pouls du moment. Aujourd'hui, vu la situation &#224; la fronti&#232;re turque, on s'attend &#224; des travers&#233;es nombreuses en mer &#201;g&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14 h 20.&lt;/strong&gt; On allume les ordinateurs, on branche les t&#233;l&#233;phones. On lit la synth&#232;se de l'&#233;quipe pr&#233;c&#233;dente, tentant de d&#233;blayer les infos pour comprendre ce qui se joue pour chaque&lt;i&gt; cas&lt;/i&gt; ouvert, c'est-&#224;-dire chaque embarcation en d&#233;tresse qui a contact&#233; Alarm Phone (AP). Elles sont cinq en tout depuis ce matin, parties des c&#244;tes turques &#224; destination des &#238;les grecques de Chios et Lesbos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 h 00.&lt;/strong&gt; On prend le relais de L., de permanence depuis la veille. &#201;puis&#233;, il trouve encore la force de nous faire un point d&#233;taill&#233; pour chaque bateau, de nous transmettre conseils et recommandations. De notre c&#244;t&#233;, on se r&#233;partit les t&#226;ches, souvent &#224; la vol&#233;e. L'ambiance est tendue, concentr&#233;e. Aujourd'hui, la m&#233;t&#233;o est bonne, la mer calme. A priori, de bonnes conditions de navigation. Sauf que les travers&#233;es se font sur des bateaux gonflables surcharg&#233;s, avec de mauvais moteurs, sans gilet de sauvetage pour tout le monde. &#192; bord, les passagers ont peu d'eau, de nourriture, de v&#234;tements chauds. Les distances ont beau &#234;tre r&#233;duites en mer &#201;g&#233;e (quelques kilom&#232;tres seulement parfois), les travers&#233;es sont loin d'&#234;tre sans risques : en 2019, 71 personnes y ont perdu la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis aujourd'hui, il se passe autre chose. Sur les cinq embarcations avec lesquelles AP est en contact, trois ont &#233;t&#233; attaqu&#233;es par des hommes masqu&#233;s. Leurs moteurs ont &#233;t&#233; d&#233;truits ou vol&#233;s, l'essence confisqu&#233;e. &#192; Lesbos, des fascistes ont emp&#234;ch&#233; un bateau de d&#233;barquer ; les passagers ont fini par &#234;tre exfiltr&#233;s par les autorit&#233;s grecques. Impossible de les joindre depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 h 36.&lt;/strong&gt; Le t&#233;l&#233;phone sonne. Premier contact avec le bateau n&#176; 5, sur lequel on d&#233;cide de concentrer nos forces. 35 personnes, dont 11 enfants, qui sont en mer depuis des heures. Elles n'ont plus de moteur, il a &#233;t&#233; vol&#233; par un bateau non identifi&#233;. Elles disent avoir &#233;t&#233; ensuite approch&#233;es par des gardes-c&#244;tes grecs, dont la mission n'&#233;tait visiblement pas de les secourir mais de les affoler un peu plus : &#171; &lt;i&gt;Ils ne font que des vagues, ils ne nous aident pas. Nous avons tr&#232;s peur. Maintenant, ils s'&#233;loignent. S'il vous pla&#238;t, nous avons besoin d'aide.&lt;/i&gt; &#187; Nous n'aurons jamais de conversation directe avec les personnes &#224; bord, les &#233;changes se font par messages vocaux, toujours la m&#234;me voix de femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16 h 24.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Nous allons bien mais nous sommes tr&#232;s fatigu&#233;s. Nous dirigeons le bateau avec nos mains. Nous sommes pr&#232;s de l'&#238;le. Le bateau des gardes-c&#244;tes est derri&#232;re nous mais ils ne nous aident pas. Il y a de l'eau dans notre bateau. Le bateau a un trou. S'il vous pla&#238;t, aidez-nous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes &#224; bord voient la terre, de gros bateaux pr&#232;s d'elles, et ne comprennent pas pourquoi personne ne vient les secourir. Nous non plus on ne comprend pas. O&#249; plut&#244;t, on commence &#224; saisir qu'aujourd'hui les r&#232;gles sont diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le matin, les gardes-c&#244;tes grecs refusent de nous donner la moindre information. L&#224; o&#249; d'habitude une coop&#233;ration minimum et polie se met en place, se dresse d&#233;sormais un mur. Ils sont agressifs, sur les dents. Ils nient les situations de d&#233;tresse et s'&#233;nervent quand on exige qu'ils remplissent leur mission : secourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 h 00.&lt;/strong&gt; Par une autre source, on a la confirmation que Frontex (l'agence europ&#233;enne charg&#233;e de contr&#244;ler les fronti&#232;res) et les gardes-c&#244;tes grecs sont sur place. Ils sont donc bien en train de regarder ce bateau surcharg&#233; prendre l'eau sans intervenir. Sont-ils assez pr&#232;s pour entendre les passagers crier ? Parce que nous, oui, et &#231;a nous glace le sang. Toutes les 30 minutes, ils nous envoient des vid&#233;os et des messages vocaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous avons une nouvelle position&lt;/i&gt; [GPS]&lt;i&gt;. Les gardes-c&#244;tes ne nous ont pas pris. Nous dirigeons le bateau avec nos mains. On met les mains dans l'eau et on avance.&lt;/i&gt; &#187; Ils sont &#224; moins de 6 km de Lesbos. Des heures que leur bateau est dans les eaux grecques. Des heures que les gardes-c&#244;tes sont inform&#233;s. Mais il ne se passe rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18 h 58.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Nous avons besoin d'aide. Notre bateau a un trou. Nous sommes si fatigu&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; &#192; 3 km de Lesbos, frigorifi&#233;es, &#233;puis&#233;es, les personnes &#224; bord n'en peuvent plus. Elles ont us&#233; leurs derni&#232;res forces pour faire avancer le bateau trou&#233;. Derri&#232;re, les enfants pleurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 h 18.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Aidez-nous, s'il vous pla&#238;t. Les enfants ont faim et soif. Nous n'avons rien. L'eau entre de plus en plus dans le bateau. Les enfants sont gel&#233;s. Nos v&#234;tements sont tr&#232;s mouill&#233;s. Il fait tellement froid. Nous sommes en train de mourir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voudrait que le monde entier entende leurs voix, alors on fait des tweets. Des tweets pour m&#233;diatiser, pour faire pression, mais aussi parce qu'on ne sait pas quoi faire d'autre. On envoie des mails officiels avec l'UNHCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s) en copie, on s'engueule avec les gardes-c&#244;tes et on tweete. Surtout, on ne sait plus quoi dire aux personnes &#224; bord, &#224; part de tenir bon, qu'on ne peut pas faire plus, mais qu'on est avec elles et qu'on ne les l&#226;chera pas. Aujourd'hui, les r&#232;gles ont chang&#233; et on se demande comment trouver une issue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 h 51.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Maintenant, nous ne pouvons plus continuer. Nous sommes fatigu&#233;s. Il fait trop froid. Il fait tr&#232;s sombre. On ne voit rien. Nous ne pouvons pas continuer.&lt;/i&gt; &#187; Ils crient &#171; &lt;i&gt;Help&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Help&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Help&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; tous ensemble. La nuit est tomb&#233;e. Ils ne savent m&#234;me plus dans quelle direction avancer. Ils se d&#233;couragent, perdent espoir, on le sent. De notre c&#244;t&#233;, il faut combattre le sentiment d'impuissance, contenir la rage, et continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 h 38.&lt;/strong&gt; &#201;ni&#232;me appel aux gardes-c&#244;tes grecs et soudain changement de ton. Une op&#233;ration de secours a &#233;t&#233; lanc&#233;e, disent-ils. M&#233;fiantes, on n'ose pas tout &#224; fait y croire. Une heure plus tard, le sauvetage est confirm&#233; par ces m&#234;mes gardes-c&#244;tes, et on pousse un gros soupir de soulagement. M&#234;me si les personnes &#224; bord ne sont plus joignables, et qu'on aimerait entendre de leur bouche qu'elles vont bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;23 h 00.&lt;/strong&gt; On passe le relais &#224; l'&#233;quipe de nuit, quatre cas toujours ouverts et trois nouveaux appels dans les quinze derni&#232;res minutes. &lt;i&gt;Force et courage&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les jours suivants, les t&#233;moignages gla&#231;ants affluent : agressions et tentatives d'intimidation semblent devenir syst&#233;matiques. Les gardes-c&#244;tes grecs agissent &#224; visage d&#233;couvert : vols et destructions de moteurs, tirs &#224; balles r&#233;elles ; les refoulements violents et ill&#233;gaux s'encha&#238;nent&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Escalating Violence in the Aegean Sea - Attacks and human rights abuses by (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Bien s&#251;r de telles pratiques existaient avant ce basculement&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aegean Regional Analysis, rapport d'Alarm Phone (03/02/2020).&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, mais pas de mani&#232;re aussi d&#233;complex&#233;e. Le maintien de l'Europe-forteresse repose sur les &#233;paules de la Gr&#232;ce, qui re&#231;oit le soutien de tous les dirigeants europ&#233;ens. La fronti&#232;re ne doit pas c&#233;der, quoi qu'il en co&#251;te.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ailleurs en Europe, 2 &amp; 3 mars, 23 h-11 h&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce soir-l&#224;, nous sommes deux &#224; faire la permanence de nuit. Souvent, on les fait &#224; distance, mais cette fois-ci, on a d&#233;cid&#233; de se retrouver physiquement. Pas toujours facile d'&#234;tre seule devant son ordinateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 11.&lt;/strong&gt; Le t&#233;l&#233;phone sonne : une position GPS &#224; la limite de la fronti&#232;re gr&#233;co-turque. 50 &#224; 55 personnes &#224; bord dont une vingtaine d'enfants. Leur moteur est cass&#233;. &#171; &lt;i&gt;Il y a de l'eau dans le bateau, on va couler d'ici une demi-heure&lt;/i&gt; &#187;, nous annonce une voix fataliste, assez calme vu les circonstances. Le monsieur nous explique que des Grecs (gardes-c&#244;tes ? fachos ?) les ont intercept&#233;es, frapp&#233;es, ont d&#233;truit leur moteur et vol&#233; leur essence. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes sur l'eau depuis 4... non 7 heures, le bateau est plein d'eau, on va mourir.&lt;/i&gt; &#187; On propose d'appeler les gardes-c&#244;tes turcs. &#171; &lt;i&gt;Ils ne viendront pas, &#231;a fait une heure qu'on les appelle, mais ils ne viennent pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 18.&lt;/strong&gt; On appelle quand m&#234;me les gardes-c&#244;tes turcs. L'op&#233;rateur nous remercie poliment, mais n'a aucune information &#224; nous donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 53.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Il y a des soldats grecs, ils vont nous tuer. Ils ont attach&#233; une corde &#224; notre bateau et ils nous tirent avec leur bateau. Ils vont nous frapper et nous tuer. Ils crient. On a des enfants &#224; bord. Aidez-nous.&lt;/i&gt; &#187; En fond, bruit de vagues et hurlements, l'horreur. On esp&#232;re que les Grecs les tirent juste vers les eaux turques et que &#231;a n'ira pas plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 59.&lt;/strong&gt; Les personnes &#224; bord nous disent que les Grecs sont partis. Les gardes-c&#244;tes turcs arrivent pour les secourir. Tout le monde est sain et sauf. On respire. On prend le temps de se regarder, de se sourire, soulag&#233;es. Un comble de se r&#233;jouir que des personnes n'aient pas pu atteindre leur but, l'Europe. Mais elles sont sauves et c'est le plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;07 h 10. U&lt;/strong&gt;n bateau nous contacte, 38 personnes dont 20 enfants en route pour Samos. Leur position GPS est clairement dans les eaux grecques. On appelle les gardes-c&#244;tes grecs, le ventre nou&#233; au vu des exactions des jours pr&#233;c&#233;dents. On nous r&#233;pond que ce bateau est en Turquie. S'ensuit une nouvelle histoire kafka&#239;enne de fronti&#232;res maritimes, Grecs et Turcs se renvoyant la balle. Les 38 passagers seront finalement secourus par les Turcs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;09 h 39.&lt;/strong&gt; Le t&#233;l&#233;phone sonne &#224; nouveau. Deux bateaux en route pour Kastell&#243;rizo : les gardes-c&#244;tes grecs ont tir&#233; sur le premier. Une personne &#224; bord, peut-&#234;tre deux, ont &#233;t&#233; bless&#233;es et saignent. Les informations ne sont pas claires, elles viennent du second bateau, qui a assist&#233; &#224; la sc&#232;ne avant de faire demi-tour. On appelle la centrale des gardes-c&#244;tes &#224; Ath&#232;nes, au courant de rien. Ils nient tout acte de violence de leurs coll&#232;gues, disent qu'ils ne sont inform&#233;s d'aucun bateau dans la zone. Nous avons du mal &#224; garder notre calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 h 00.&lt;/strong&gt; La permanence se termine. Malgr&#233; une confiance absolue dans les camarades qui prennent la rel&#232;ve, il est difficile de l&#226;cher. Plus tard, nous apprendrons que les gardes-c&#244;tes grecs ont refus&#233; l'acc&#232;s au port aux personnes bless&#233;es, et que le contact a &#233;t&#233; perdu avec l'embarcation. Vers 23 h, apr&#232;s des heures d'angoisse, l'&#233;quipe de nuit arrivera finalement &#224; la joindre de nouveau. Les passagers sont revenus sur la rive turque. Deux hommes sont bless&#233;s aux jambes et &#224; l'&#233;paule.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des militantes d'Alarm Phone&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4292 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH545/alarm-phone-logo-1-31b19.jpg?1782700257' width='500' height='545' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Escalating Violence in the Aegean Sea - Attacks and human rights abuses by European Coastguards &#187;, communiqu&#233; d'Alarm Phone (04/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Aegean Regional Analysis&lt;/i&gt;, rapport d'Alarm Phone (03/02/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une vigie sur la M&#233;diterran&#233;e</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Une-vigie-sur-la-Mediterranee</link>
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		<dc:date>2015-04-22T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>une_focus</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
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&lt;p&gt;Lanc&#233; par Watch the Med (WTM), r&#233;seau transnational d'activistes et de migrants ancr&#233; sur les deux rives de la M&#233;diterran&#233;e, Alarm phone est un num&#233;ro d'alerte fonctionnant 24h/24 pour faciliter le sauvetage de clandestins perdus en mer. Newroz, jeune Kurde partie prenante de l'aventure, nous raconte sa propre histoire, ses motivations et la mise en place de ce dispositif de solidarit&#233; hors norme. Fin octobre 2014, des garde-c&#244;tes grecs ont sabot&#233; le moteur, crev&#233; la coque et abandonn&#233; &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no130-mars-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;130 (mars 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une_focus" rel="tag"&gt;une_focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emilie-Seto" rel="tag"&gt;Emilie Seto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alarm-Phone" rel="tag"&gt;Alarm Phone&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/trente-trois-refugies" rel="tag"&gt;trente-trois r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lanc&#233; par Watch the Med (WTM), r&#233;seau transnational d'activistes et de migrants ancr&#233; sur les deux rives de la M&#233;diterran&#233;e, Alarm phone est un num&#233;ro d'alerte fonctionnant 24h/24 pour faciliter le sauvetage de clandestins perdus en mer. Newroz, jeune Kurde partie prenante de l'aventure, nous raconte sa propre histoire, ses motivations et la mise en place de ce dispositif de solidarit&#233; hors norme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fin octobre 2014, des garde-c&#244;tes grecs ont sabot&#233; le moteur, crev&#233; la coque et abandonn&#233; &#224; la d&#233;rive un bateau charg&#233; de trente-trois r&#233;fugi&#233;s syriens. Pr&#233;venus par t&#233;l&#233;phone, les garde-fronti&#232;res turcs ont pu leur porter secours &#224; temps. Alarm phone se veut une arme contre cette &#171; guerre aux migrants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1452 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH556/p16-cqfd_seto-4ddd0.png?1782654522' width='400' height='556' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est mon histoire personnelle qui m'a pouss&#233;e &#224; m'impliquer&lt;/i&gt;, clarifie Newroz derri&#232;re l'&#233;cran. &lt;i&gt;Je suis arriv&#233;e sur la c&#244;te italienne &#224; l'&#226;ge de douze ans, &#224; bord d'un bateau parti de Turquie. Nous &#233;tions 700&#8200;passagers &#224; bord, la travers&#233;e a dur&#233; huit jours, dont les deux derniers sans eau ni nourriture. Nous avons d&#233;barqu&#233; en plein midi sur la plage d'une station baln&#233;aire. Un h&#233;licopt&#232;re tournait autour de nos t&#234;tes, la police nous attendait sur le rivage. Dr&#244;le de comit&#233; d'accueil ! Nous avons &#233;t&#233; envoy&#233;s dans un camp. Pendant un mois, nous avons v&#233;cu derri&#232;re des barbel&#233;s, log&#233;s dans des caravanes, avant d'&#234;tre dispers&#233;s en Europe.&lt;/i&gt; &#187; Newroz a aujourd'hui vingt-cinq ans et vit en Allemagne. Elle participe &#224; Alarm Phone, un num&#233;ro d'urgence destin&#233; &#224; recevoir les appels des boat-people en perdition. Avec Christine, qui traduit, nous lui parlons par Skype. &#171; &lt;i&gt;C'est la premi&#232;re fois que je raconte mon histoire. Je le fais parce que je crois qu'il est important de communiquer autour de ce projet.&lt;/i&gt; &#187; Elle jette un regard vers sa m&#232;re, assise derri&#232;re elle, le foulard nou&#233; autour de sa t&#234;te. &#171; &lt;i&gt;Je fais des veilles nocturnes une ou deux fois par semaine, par tranches de huit heures. D&#233;but octobre, nous avons effectu&#233; plusieurs appels test. Puis les premiers appels r&#233;els sont arriv&#233;s, la plupart de fa&#231;on indirecte, &#224; travers des amis de migrants en d&#233;tresse, ou de ce pr&#234;tre &#233;rythr&#233;en bas&#233; en Suisse qui les rediffuse aux autorit&#233;s concern&#233;es et aux r&#233;seaux militants.&lt;/i&gt; &#187; Dans les pays de d&#233;part, les associations participantes se chargent de diffuser le num&#233;ro d'urgence aupr&#232;s des migrants candidats &#224; la travers&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Si les migrants disposent &#224; bord d'un GPS et d'un t&#233;l&#233;phone satellitaire, ils peuvent nous indiquer leur situation. &#192; partir de l&#224;, nous consultons le site d'un r&#233;seau professionnel auquel nous nous sommes abonn&#233;s et qui te donne en temps r&#233;el la position des navires qui croisent &#224; proximit&#233;, pour pouvoir les contacter et leur demander de porter secours aux naufrag&#233;s. Nous n'avons pas de flotte &#224; notre disposition, nous ne pouvons que servir de relais, ainsi que soutenir psychologiquement les d&#233;sesp&#233;r&#233;s en attente de secours.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alarm phone a &#233;t&#233; lanc&#233; le 14 octobre 2014. &#171; &lt;i&gt;Quand le t&#233;l&#233;phone sonne, il y a mont&#233;e d'adr&#233;naline. Nous essayons de mettre en place des &#233;quipes avec des personnes compl&#233;mentaires. Il est important d'&#234;tre vif et lucide dans sa r&#233;action, et puis de ma&#238;triser plusieurs langues, ou d'&#234;tre en contact avec des traducteurs. Il faut aussi avoir de l'aplomb pour passer des coups de fil aux autorit&#233;s, qui ne te re&#231;oivent pas toujours bien&#8230;&lt;/i&gt; &#187; La premi&#232;re intervention directe d'Alarm phone a eu lieu le 14 novembre 2014. &#171; &lt;i&gt;Un bateau avec 200&#8200;migrants &#224; bord &#233;tait sur le point de chavirer au large des c&#244;tes libyennes. Le p&#232;re Mussie Zerai les a mis en contact avec nous. Moteur en panne, voie d'eau, une femme morte &#224; bord, une autre en train d'accoucher d'un b&#233;b&#233; mort-n&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Alert&#233;e, la marine a ramen&#233; les survivants en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas du fonctionnariat, on fait &#231;a avec le c&#339;ur. Ce n'est pas &#8220;je fais mes huit heures et apr&#232;s je n'y pense plus&#8221;. Il faut se documenter sur les zones sensibles, la mer &#201;g&#233;e, le d&#233;troit de Sicile, le d&#233;troit de Gibraltar, les courants marins, la distance d'une c&#244;te &#224; une autre, la densit&#233; du trafic maritime&#8230; C'est passionnant, et on ne peut pas faire &#231;a comme un passe-temps, des vies humaines sont en jeu !&lt;/i&gt; &#187; Des &#233;quipes se constituent dans plusieurs pays europ&#233;ens, nord-africains, ainsi qu'en Turquie. &#171; &lt;i&gt;Pour les veilles, un bin&#244;me entre Italie et Libye, par exemple, n'est pas essentiel. La confiance en ton partenaire, c'est plus important que l'endroit o&#249; tu es assis. Il est important de ne pas partir en panique, de garder la t&#234;te froide. Il faut aussi se pr&#233;parer &#224; ne pas tomber en d&#233;pression si on &#233;choue de fa&#231;on dramatique&#8230; C'est fort, et tr&#232;s &#233;mouvant, de mettre en lien ceux qui sont en danger et ceux qui peuvent leur venir en aide.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration italienne Mare Nostrum, qui visait &#224; limiter les d&#233;g&#226;ts apr&#232;s la trag&#233;die de Lampedusa du 3 octobre 2013, quand 366&#8200;migrants p&#233;rirent noy&#233;s, a &#233;t&#233; suspendue. Frontex et son op&#233;ration Triton ont pris la rel&#232;ve. Cette agence europ&#233;enne &#224; caract&#232;re paramilitaire est soup&#231;onn&#233;e d'avoir une volont&#233; de refouler et laisser mourir. &#171; &lt;i&gt;L'Europe fait la guerre &#224; un ennemi qu'elle s'est invent&#233;&lt;/i&gt; &#187;, ont d&#233;clar&#233; des ONG pour d&#233;noncer cette mortelle dynamique, que Claire Rodier documente fort bien dans son livre &lt;i&gt;X&#233;nophobie business&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La D&#233;couverte, 2012.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Si on compare nos maigres moyens avec ceux de Frontex, qui traite les migrants en ennemis, c'est peanuts. Mais nous avons la possibilit&#233; de d&#233;noncer publiquement leurs agissements. Nous leur faisons savoir que ces gens ne sont plus seuls, qu'ils ne vont pas dispara&#238;tre corps et &#226;mes sans que personne ne le sache, comme cela arrive trop souvent.&lt;/i&gt; &#187; N'est-il pas &#224; craindre, dans la logique de criminalisation des soutiens aux clandestins, que les autorit&#233;s accusent les activistes de WTM d'&#234;tre les idiots utiles des r&#233;seaux de passeurs ? &#171; &lt;i&gt;Oui, on peut imaginer que ces porcs tentent un jour de nous pr&#233;senter comme collaborant de fait avec les &#8220;mafias&#8221;. Ils accusent bien les p&#234;cheurs et autres sauveteurs spontan&#233;s d'&#234;tre des trafiquants d'&#234;tres humains ! Pour moi, les passeurs, m&#234;me s'ils ne sont pas des anges, sont avant tout des &#8220;assistants &#224; la fuite&#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un seul jour, le samedi 24 d&#233;cembre, les garde-c&#244;tes italiens ont r&#233;cup&#233;r&#233; 1 300&#8200;migrants en mer en quatre op&#233;rations de la marine nationale. Selon les chiffres du gouvernement de Rome, 167&#8200;462 personnes auraient atteint les c&#244;tes italiennes en 2014. Deux fois plus qu'en 2013. Combien ont disparu en mer ? En 2013, 700&#8200;morts ont &#233;t&#233; recens&#233;s en M&#233;diterran&#233;e par l'Office international des migrations (OIM). En 2014, 3 000&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et depuis ce d&#233;but d'ann&#233;e 2015, une s&#233;rie noire de naufrages en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Combien sont morts sans laisser de traces ?&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qu'est-ce que 160 000 migrants frappant &#224; la porte de l'Europe qui compte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 2014, en l'espace de deux mois, douze interventions ont eu lieu &#224; la suite d'appels &#224; l'aide r&#233;percut&#233;s par Alarm phone, avec diff&#233;rents niveaux de d&#233;tresse et d'abus contre les droits humains. Le 5 d&#233;cembre 2014, l'association Caminando fronteras, membre de WTM, alerte les sauveteurs espagnols de la d&#233;rive d'un zodiac charg&#233; de cinquante-sept personnes au large d'Almer&#237;a. Les secours ont r&#233;ussi &#224; ramener vingt-neuf survivants. Huit des neuf enfants pr&#233;sents &#224; bord &#233;taient d&#233;j&#224; d&#233;c&#233;d&#233;s &#224; leur arriv&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Nous ne pouvons pas abandonner nos fr&#232;res et s&#339;urs seuls face &#224; l'hypocrisie d'une Europe qui les attire tout en les repoussant&lt;/i&gt; &#187;, conclut Newroz d'une voix claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'initiative Alarm Phone vient de personnes participant &#224; WTM dans le cadre du r&#233;seau boats4people, et qui en avaient assez de compter les morts et de d&#233;noncer en vain. &#192; la demande de migrant-e-s, des &#233;quipes de diff&#233;rents pays ont boss&#233; pendant un an pour tout mettre en place. Le dispositif manque encore de bras (ou plut&#244;t d'oreilles !) pour les veilles t&#233;l&#233;phoniques. Avis aux amateur-e-s. wtm-alarm-phone@antira.info.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La D&#233;couverte, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et depuis ce d&#233;but d'ann&#233;e 2015, une s&#233;rie noire de naufrages en M&#233;diterran&#233;e a emport&#233; des centaines de vie. (Note du webmaster.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que 160 000 migrants frappant &#224; la porte de l'Europe qui compte 500&#8200;millions d'habitants compar&#233; au Liban, petit pays g&#233;n&#233;reux de 4,5 millions d'habitants, qui donne asile &#224; un million de r&#233;fugi&#233;s syriens ?&lt;/i&gt; &#187; Tribune de William L. Swing, directeur g&#233;n&#233;ral de l'OIM, dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 16/12/2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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