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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Tous ensemble, tous ensemble, gr&#232;ve des loyers !</title>
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		<dc:creator>Lucile Dumont</dc:creator>


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&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la crise sanitaire, il y a eu des millions de licenciements aux &#201;tats-Unis. Face &#224; la pr&#233;carisation extr&#234;me de nombreux habitants, les appels &#224; la gr&#232;ve des loyers se multiplient. Des initiatives bienvenues, dans des villes o&#249; la gentrification progresse tandis que beaucoup de logements sont insalubres. En cette fin avril aux &#201;tats-Unis, il y a foule de propri&#233;taires inquiets : leur locataire versera-t-il son loyer d&#233;but mai ? Depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la crise sanitaire, il y a eu des millions de licenciements aux &#201;tats-Unis. Face &#224; la pr&#233;carisation extr&#234;me de nombreux habitants, les appels &#224; la gr&#232;ve des loyers se multiplient. Des initiatives bienvenues, dans des villes o&#249; la gentrification progresse tandis que beaucoup de logements sont insalubres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3332 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH326/-1525-55e8b.jpg?1768659502' width='500' height='326' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En cette fin avril aux &#201;tats-Unis, il y a foule de propri&#233;taires inquiets : leur locataire versera-t-il son loyer d&#233;but mai ? Depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie de coronavirus, de nombreux appels &#224; une gr&#232;ve des loyers circulent sur internet, sous le mot d'ordre &lt;i&gt;#RentStrike2020&lt;/i&gt;. Ils suscitent une importante sympathie en ligne : une p&#233;tition demandant le gel des loyers, des cr&#233;dits immobiliers et des factures domestiques courantes a recueilli pr&#232;s de 1,8 million de signatures. Le mouvement fait &#233;galement flor&#232;s dans les rues, o&#249; de nombreux habitants ont &#233;tendu un drap blanc &#224; leur fen&#234;tre en signe de soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de personnes passeront de l'intention &#224; l'acte ? Impossible de le dire, mais la participation &#224; cette gr&#232;ve pourrait bien &#234;tre massive, tout simplement parce qu'&#224; cause du ralentissement &#233;conomique caus&#233; par la crise sanitaire, des millions de travailleurs ont perdu leur emploi. Ils ne peuvent donc plus payer leur loyer. Cons&#233;quence plut&#244;t r&#233;jouissante : des associations ou des collectifs cr&#233;&#233;s &lt;i&gt;ad hoc&lt;/i&gt; s'organisent pour annuler ce versement et survivre socialement et &#233;conomiquement &#224; la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Damn ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Outre-Atlantique, la question du mal-logement et du prix &#233;lev&#233; des locations ne date pas d'hier. Alors que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e est &#233;rig&#233;e en valeur cardinale, les locataires ne b&#233;n&#233;ficient que de peu d'aides financi&#232;res de la part du gouvernement f&#233;d&#233;ral. Le parc locatif priv&#233;, aux mains de multimilliardaires dans les plus grandes villes, se distingue r&#233;guli&#232;rement par les mauvaises conditions dans lesquelles il accueille ses habitants. Sans surprise, dans les villes-monde, o&#249; la sp&#233;culation immobili&#232;re fait sa loi, les logements sont hors de prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; New York, le Brooklyn Anti-Gentrification Network (BAN), un collectif principalement compos&#233; de personnes racis&#233;es, lutte contre l'expulsion des habitants les plus pauvres dans le quartier de Brooklyn. Lors de ses manifestations, il ne manque pas de rappeler ce constat : &#171; &lt;i&gt;Once I've paid my rent, damn&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/&lt;/i&gt; &lt;i&gt;All my money's spent&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;(&#171; Une fois pay&#233; mon loyer, bordel ! / J'ai plus un rond &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des luttes en h&#233;ritage&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne est m&#233;connu, mais le concept de gr&#232;ve des loyers s'inscrit dans le temps long de l'histoire am&#233;ricaine. Au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, on peut noter deux vagues importantes : la premi&#232;re, dans les ann&#233;es 1930 &#233;tait en partie li&#233;e aux cons&#233;quences de la Grande D&#233;pression ; la seconde, dans les ann&#233;es 1960, a largement d&#233;bord&#233; les fronti&#232;res des &#201;tats-Unis. Mais qu'on ne n'y trompe pas : &#224; l'exception de quelques mouvements sp&#233;cifiques, toutes ces gr&#232;ves visaient principalement &#224; am&#233;liorer les conditions de l'habitat. Des groupements de locataires d&#233;cidaient ensemble de ne pas payer leur loyer pour faire pression sur le propri&#233;taire &#8211; afin qu'il fasse des travaux, assainisse les espaces ou baisse les tarifs. Dans les ann&#233;es 1930, les autorit&#233;s avaient m&#234;me fini par consid&#233;rer qu'il s'agissait d'un moyen d'action l&#233;gitime dans les cas de mal-logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement actuel est diff&#233;rent : cette fois-ci, il s'agit purement et simplement de faire annuler les versements &#8211; pendant et &#233;ventuellement apr&#232;s la crise. La gr&#232;ve des loyers n'est donc plus seulement un moyen de pression : elle est elle-m&#234;me sa propre fin. &#171; &lt;i&gt;D'ordinaire, une telle gr&#232;ve signifie que vous pouvez payer, mais que vous choisissez de ne pas le faire pour obtenir quelque chose de la part de votre propri&#233;taire. C'est une tactique de n&#233;gociation,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Rob Wohl, militant de la campagne Stomp Out Slumlords (&#171; Virons les marchands de sommeil &#187;), une &#233;manation du parti des Socialistes d&#233;mocrates d'Am&#233;rique (DSA) &#224; Washington. &lt;i&gt;Aujourd'hui, les propri&#233;taires savent tr&#232;s bien que leurs locataires ne peuvent pas payer, donc ils essaient de leur faire signer des papiers pour &#233;chelonner ou retarder les paiements. On encourage les locataires &#224; ne rien signer de la sorte. M&#234;me dans le contexte du confinement, ils ont le pouvoir de renverser le rapport de force avec leur propri&#233;taire : certes ils d&#233;pendent de lui pour leur logement, mais lui aussi est d&#233;pendant de leurs loyers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Qui veut avoir affaire &#224; son propri&#233;taire en ce moment ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res semaines, de nombreux &#201;tats du pays ont mis en place des moratoires interdisant les expulsions pendant la pand&#233;mie. Cette suspension des &#233;victions, &#233;galement d&#233;cid&#233;e par l'Espagne sous la pression des associations de locataires et par le Portugal (o&#249; plusieurs municipalit&#233;s ont par ailleurs suspendu les loyers des logements sociaux), permet de soulager les foyers affect&#233;s par la crise actuelle. Mais elle ne fait que retarder le probl&#232;me : &#224; la fin du moratoire, il faudra bien payer les arri&#233;r&#233;s, sous peine de se retrouver &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela inqui&#232;te et &#233;nerve Corine, une habitante du Bronx, le quartier le plus pauvre de New York. Cette quadrag&#233;naire, coiffeuse ind&#233;pendante, vit aux &#201;tats-Unis depuis plus de quinze ans. Dans son immeuble, les locataires ont d&#233;j&#224; d&#251; s'organiser collectivement pour lutter contre les expulsions, mais aussi les abus, le racisme et le harc&#232;lement du propri&#233;taire et de ses sbires. Avant m&#234;me la crise sanitaire, plusieurs habitants avaient engag&#233; un contentieux pour forcer le &lt;i&gt;landlord&lt;/i&gt; &#224; effectuer les r&#233;parations n&#233;cessaires dans le b&#226;timent, d&#233;grad&#233; : &#171; &lt;i&gt;Le proc&#232;s devait commencer en juin, mais avec la pand&#233;mie les tribunaux sont arr&#234;t&#233;s. L'audience va &#234;tre repouss&#233;e &#224; cet &#233;t&#233;, ou &#224; septembre&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Corine. Avant d'en venir au probl&#232;me des loyers : &#171; &lt;i&gt;Le gouverneur de New York nous a donn&#233; &#8220;90 jours&#8221;, c'est-&#224;-dire trois mois pendant lesquels le propri&#233;taire ne peut pas nous expulser. Mais &#231;a veut dire aussi que d&#232;s le mois de juillet, si on n'a pas pay&#233;, il pourra nous tra&#238;ner au tribunal.&lt;/i&gt; &#187; un bel &#233;t&#233; en perspective : &#171; &lt;i&gt;En plus, comme la hausse des loyers est d&#233;cid&#233;e en juin, on va se retrouver &#224; devoir payer encore plus d'argent pour continuer &#224; vivre dans de mauvaises conditions. En ce moment on n'a pas de chauffage, et il fait encore froid. Dans cet immeuble, on est en train d'essayer de se coordonner. Mais c'est pas facile. Et les locataires ont peur : qui veut avoir affaire &#224; son propri&#233;taire en ce moment&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Personne&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ne pas payer son loyer par solidarit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'engouement de ces derni&#232;res ann&#233;es autour de la question du logement autorise toutefois un peu d'espoir : le nombre d'associations de locataires, sous la forme de &lt;i&gt;councils&lt;/i&gt; (conseils) ou d'&lt;i&gt;unions &lt;/i&gt;(syndicats) &#8211; la plupart du temps autonomes vis-&#224;-vis des grandes organisations politiques &#8211; a augment&#233; dans le sillage de la campagne de Bernie Sanders pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2016. Les victoires remport&#233;es par le L. A. Tenants Union, le syndicat de locataires de Los Angeles, ont largement contribu&#233; &#224; cette dynamique &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pour une gr&#232;ve permanente des loyers &#187;, Jefklak.org (31/01/2020).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. La d&#233;gradation massive des conditions de logement, notamment apr&#232;s la crise financi&#232;re de 2008 et le scandale des saisies immobili&#232;res qu'elle a entra&#238;n&#233;, a bien s&#251;r nourri cette mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps, les &#233;chos qui nous parviennent de Washington sont encourageants : des locataires s'organisent en masse, parfois dans des complexes immobiliers regroupant plusieurs milliers de personnes. &#192; Oakland, pr&#232;s de San Francisco, les responsables des associations indiquent qu'ils ont vu le nombre de membres grimper en fl&#232;che au cours des derniers mois. Les appels &#224; l'annulation des loyers sont relay&#233;s par de grosses coalitions d'associations de locataires et des parlementaires de la gauche du Parti d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans plusieurs cas, des locataires en capacit&#233; de payer acceptent de participer &#224; la gr&#232;ve en solidarit&#233; avec leurs voisins. Et le plus souvent, dans le contexte de la crise, les mobilisations autour du logement sont aussi un important lieu d'entraide et de solidarit&#233; : on ne se croise pas en r&#233;union uniquement pour parler loyer, mais aussi pour &#233;changer des masques, proposer de faire des courses ou maintenir des liens de sociabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cl&#233; de la r&#233;ussite de ce mouvement ? La circulation de l'information. Sur le campus de Columbia, haut-lieu de la mobilisation &#224; New York &lt;i&gt;(lire ci-dessous)&lt;/i&gt;, on apprend sur le tas. &#171; &lt;i&gt;Aucun d'entre nous n'avait vraiment d'exp&#233;rience sur les questions de logement ou les mobilisations de locataires,&lt;/i&gt; confie Lexie Cook, une doctorante impliqu&#233;e dans le mouvement.&lt;i&gt; Mais en ce moment, il y a une tonne de formations en ligne, de brochures propos&#233;es par les organisations, de groupes de discussion. On essaie de suivre tout cela du mieux qu'on peut.&lt;/i&gt; &#187; Corine, la coiffeuse du Bronx qui a elle aussi d&#251; apprendre &#224; se d&#233;fendre aupr&#232;s d'associations, insiste sur cette n&#233;cessit&#233; : &#171; &lt;i&gt;C'est un combat de tous les jours. &#199;a prend beaucoup de temps, mais on n'a pas le choix si on ne veut pas se retrouver dehors, parce que l'information ne circule pas. Si tu ne connais pas tes droits, ici, t'es mort. C'est ce que r&#233;sume une expression tr&#232;s simple : &lt;/i&gt;knowledge is power. &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que l'on peut traduire par &#171; le savoir est une arme &#187;.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lucile Dumont&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; l'universit&#233; : &#171; Nous avons ajout&#233; une gr&#232;ve des enseignements &#224; la gr&#232;ve des loyers &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; New York, l'universit&#233; de Columbia est l'un des plus gros propri&#233;taires fonciers de la ville &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Time To Evict The Landlord University &#187;, TheFileMag.org (26/03/2020).&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Cons&#233;quence ? La facult&#233; est &#224; la fois l'employeur et le propri&#233;taire d'une bonne partie du personnel (charg&#233;s de cours, &#233;tudiants en th&#232;se, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de la pand&#233;mie, la direction de l'universit&#233; a invit&#233; tous les r&#233;sidents du campus &#224; quitter leur logement, sous pr&#233;texte d'urgence sanitaire. Ce faisant, elle a mis un grand nombre d'&#233;tudiants dans des situations intenables. &#171; &lt;i&gt;Ils n'ont jamais clairement expuls&#233; les &#233;tudiants, &lt;/i&gt;explique une doctorante mobilis&#233;e, &lt;i&gt;mais ils leur ont mis suffisamment de pression pour les faire partir. Et ce au beau milieu d'un confinement g&#233;n&#233;ral de la population. Ils ont pr&#233;tendu que tous avaient un autre endroit o&#249; aller, alors que ce n'est pas le cas. En plus de cela, l'universit&#233; a menac&#233; de mettre un terme au contrat de travail de certains charg&#233;s de cours pr&#233;caires qui avaient du mal &#224; payer leur loyer. Cela signifie qu'ils perdraient leur emploi, leur assurance maladie, et devraient en plus payer des frais d'inscription exorbitants pour terminer leur th&#232;se&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La riposte ne s'est pas fait attendre : &#171; &lt;i&gt;Nous avons d&#233;cid&#233; d'ajouter une gr&#232;ve des enseignements &#224; la gr&#232;ve des loyers. L'id&#233;e de la mobilisation, c'est aussi de coordonner la gr&#232;ve des loyers sur le campus avec les appels &#224; la gr&#232;ve de loyers qui circulent en ce moment ailleurs &#224; New York.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Pour une gr&#232;ve permanente des loyers &#187;,&lt;i&gt; Jefklak.org&lt;/i&gt; (31/01/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Que l'on peut traduire par &#171; le savoir est une arme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Time To Evict The Landlord University &#187;, &lt;i&gt;TheFileMag.org &lt;/i&gt;(26/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Leur cit&#233; va craquer</title>
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		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
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		<dc:subject>locataires</dc:subject>
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		<dc:subject>b&#226;timent</dc:subject>

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&lt;p&gt;Si vous allez &#224; Air Bel, on vous racontera l'eau contamin&#233;e, l'habitat plus qu'indigne, les bailleurs sociaux qui camouflent les probl&#232;mes et la mairie qui s'en fout. 6 900 habitants, 1 200 logements sociaux, une pauvret&#233; structurelle mais une furieuse envie de prendre les choses en main. Reportage dans les quartiers Est de Marseille. Ce matin encore, les habitants se sont r&#233;veill&#233;s au milieu des flaques d'eau. Il a plu &#8211; m&#234;me dans les halls d'immeuble et les appartements. La veille, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si vous allez &#224; Air Bel, on vous racontera l'eau contamin&#233;e, l'habitat plus qu'indigne, les bailleurs sociaux qui camouflent les probl&#232;mes et la mairie qui s'en fout. 6 900 habitants, 1 200 logements sociaux, une pauvret&#233; structurelle mais une furieuse envie de prendre les choses en main. Reportage dans les quartiers Est de Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3136 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH299/-1363-f410a.jpg?1768673541' width='500' height='299' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yohanne Lamoul&#232;re
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;e matin encore, les habitants se sont r&#233;veill&#233;s au milieu des flaques d'eau. Il a plu &#8211; m&#234;me dans les halls d'immeuble et les appartements. La veille, c'&#233;tait la purge des radiateurs qui avait provoqu&#233; d'&#233;normes fuites. &#192; Air Bel, d&#233;dale de b&#226;timents domin&#233; par quatre tours de 18 &#233;tages, l'habitat est largement d&#233;grad&#233;, insalubre. Construite au d&#233;but des ann&#233;es 1970, la cit&#233; a &#233;chapp&#233; &#224; tous les grands plans de r&#233;novation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mardi 22 octobre, Djamila Haouache revient d'un rendez-vous avec Logirem, l'un des trois bailleurs sociaux de la r&#233;sidence : &#171; &lt;i&gt;Les probl&#232;mes s'accumulaient, il fallait r&#233;agir et se d&#233;fendre.&lt;/i&gt; &#187; Djamila est la pr&#233;sidente de l'association &#171; Il fait bon vivre dans ma cit&#233; &#187;, qui lutte pour les habitants depuis 2013, au c&#244;t&#233; de l'Amicale des locataires. Sur son bureau, des piles de dossiers s'entassent. Et sur son planning, les rendez-vous s'encha&#238;nent : &#171; &lt;i&gt;Ce matin, on m'a appel&#233;e parce que de l'eau s'infiltre dans les murs du b&#226;timent 65. &#199;a p&#232;te de partout dans les parties communes. Alors je signale, encore et toujours&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Djamila court apr&#232;s le temps. Elle pr&#233;vient : &#171; &lt;i&gt;&#192; 14 h, je dois m'occuper de l'installation de Madame Timolis dans son nouvel appartement.&lt;/i&gt; &#187; Pour cette discr&#232;te sexag&#233;naire d'origine ha&#239;tienne, c'est un jour important : elle va enfin quitter son sous-sol humide, o&#249; grouillent rats et champignons. L'insalubrit&#233; du logement avait &#233;t&#233; constat&#233;e depuis belle lurette, mais les bailleurs ont fait tra&#238;ner le dossier. Ces derni&#232;res ann&#233;es, &#171; &lt;i&gt;elle &#233;tait tellement mal qu'elle &#233;tait devenue grise, cette dame. Tu te rends compte&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?!&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Traquer les bailleurs sociaux&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Air Bel, les bailleurs savent faire la sourde oreille. Pour les locataires, chaque dol&#233;ance est une bataille. &#171; &lt;i&gt;En novembre 2018, une dalle a boug&#233; dans un b&#226;timent, &#233;crasant le conduit d'une colonne et provoquant une fuite importante. Dans un cas normal, on aurait enclench&#233; un plan d'urgence pour que les gens puissent au moins se chauffer et faire la cuisine. Mais ici non, les habitants sont rest&#233;s sans gaz pendant un mois.&lt;/i&gt; &#187; Il a fallu trois semaines pour que les bailleurs consentent &#224; fournir des plaques &#233;lectriques de d&#233;pannage, que Djamila est elle-m&#234;me all&#233;e chercher : &#171; &lt;i&gt;Si je ne l'avais pas fait, personne ne les aurait apport&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le boulot &#8211; b&#233;n&#233;vole &#8211; de Djamila et ses deux complices, Kader et Idah : pallier les carences des bailleurs. &#171; &lt;i&gt;Je m'occupe des mutations de locataires, pour des questions d'insalubrit&#233; ou de surpopulation, ou les deux en m&#234;me temps&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, reprend Djamila. Deux ans de bagarre pour qu'une dame, qui a tout quitt&#233; pour &#233;chapper aux coups de son mari, soit log&#233;e dans un T3 vacant du b&#226;timent 41. Apr&#232;s avoir sollicit&#233; plusieurs fois le bailleur, elle se serait entendu r&#233;pondre : &#171; &lt;i&gt;D&#233;sol&#233;e, Madame, on ne sait pas qui vous &#234;tes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du m&#233;pris, Djamila parle aussi de &#171; &lt;i&gt;filouterie&lt;/i&gt; &#187;. Et raconte l'histoire d'une jeune femme &#224; la recherche d'un appartement. Un employ&#233; d'un des bailleurs sociaux lui aurait dit sans d&#233;tour : &#171; &lt;i&gt;Tu veux ce T4 ? T'as qu'&#224; me glisser des biftons sous la table.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;David contre Goliath&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il fait bon vivre dans ma cit&#233; &#187; recense tous les maux du quartier et fait pression, autant que possible. &#171; &lt;i&gt;Dans ce b&#226;timent,&lt;/i&gt; d&#233;signe Djamila, &lt;i&gt;les habitants se plaignent que les murs ont boug&#233;. Une des locataires n'arrive m&#234;me plus &#224; fermer sa fen&#234;tre. Logirem lui avait promis de la muter dans un autre appartement en f&#233;vrier 2019&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bailleurs et services municipaux se d&#233;placent rarement pour constater les probl&#232;mes. Cons&#233;quence : quand ils peuvent, les habitants les r&#232;glent eux-m&#234;mes. Cet &#233;t&#233;, des locataires ont ainsi d&#233;broussaill&#233; les ronds-points de la cit&#233;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Marseille : la Ville laisse Air Bel en friche, les locataires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. En un mois, plus de dix accidents s'y &#233;taient produits, faute de visibilit&#233;, avec des herbes de plus de deux m&#232;tres de haut... M&#234;me inaction lorsqu'une invasion de punaises de lit a pouss&#233; des habitants &#224; quitter leur appartement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur combat titanesque, Djamila, Kader et Idah ont une alli&#233;e. Lisa, membre du collectif d'audiovisuel Primitivi, intervient dans diff&#233;rentes associations de d&#233;fense de locataires et notamment ici, &#224; Air Bel. Son mode d'action : filmer les dysfonctionnements du b&#226;ti et pr&#233;ciser point par point les attentes des locataires. &#171; &lt;i&gt;Les bailleurs suivent de pr&#232;s ces vid&#233;os diffus&#233;es sur le Facebook de l'association,&lt;/i&gt; affirme Lisa. &lt;i&gt;Ils engagent des travaux de surface pour &#233;viter que les affaires sortent dans la presse...&lt;/i&gt; &#187; T&#233;moin privil&#233;gi&#233; de la lassitude des locataires, elle recueille aussi leurs inqui&#233;tudes : &#171; &lt;i&gt;Beaucoup me parlent de cas de cancers.&lt;/i&gt; &#187; Pour en avoir le c&#339;ur net, Lisa a tent&#233; de convaincre le seul centre m&#233;dical de la cit&#233; de rendre publics des documents attestant de probl&#232;mes de sant&#233; li&#233;s &#224; l'insalubrit&#233;. Sur la liste des accus&#233;s : champignons pathog&#232;nes pr&#233;sents dans l'eau froide et responsables de gastros ou de probl&#232;mes pulmonaires, eau chlor&#233;e pouvant provoquer irritations, psoriasis, voire cancers de la vessie, et surtout, dans l'eau chaude, des l&#233;gionelles &#8211; bact&#233;ries pouvant entra&#238;ner une affection pulmonaire mortelle. Lisa raconte que deux jours apr&#232;s lui avoir donn&#233; son accord, le centre s'est r&#233;tract&#233;, sans doute par peur de perdre ses locaux, lou&#233;s par Logirem.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'eau contamin&#233;e et le fant&#244;me d'Air Bel&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand on aborde la pr&#233;sence de l&#233;gionelles dans les canalisations d'Air Bel, la voix de Djamila se fait plus fragile. En 2011, sa s&#339;ur a &#233;t&#233; infect&#233;e &#224; son domicile par ces dangereuses bact&#233;ries. Elle en garde encore de s&#233;rieuses s&#233;quelles. Six ans plus tard, c'est son fr&#232;re Hamid, p&#232;re de famille de 45 ans, qui a &#233;t&#233; contamin&#233;. Il en est mort en ao&#251;t 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite au d&#233;c&#232;s d'Hamid Haouache, les trois bailleurs engagent enfin une campagne de chloration, font poser de filtres antibact&#233;riens et r&#233;nover des canalisations. &#171; &lt;i&gt;Pour moi, rien n'a &#233;t&#233; fait, ou alors de fa&#231;on tr&#232;s superficielle avec du mat&#233;riel de mauvaise qualit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce Djamila. Du reste, certains ouvriers auraient confi&#233; aux habitants que les travaux men&#233;s &#233;taient insuffisants, leur conseillant m&#234;me de ne pas boire l'eau du robinet. Pourtant, se souvient Djamila, le 25 octobre 2017, les locataires ont re&#231;u une note lapidaire du bailleur Unicil, qui leur jurait que &#171; &lt;i&gt;l'eau du robinet peut &#234;tre consomm&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Mais en 2018, des pr&#233;l&#232;vements r&#233;v&#232;lent des taux 80 fois sup&#233;rieurs &#224; la norme dans le b&#226;timent 5, o&#249; une certaine Mme Grima a subi trois contaminations aux l&#233;gionelles. Djamila refuse toujours de boire l'eau du robinet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Slimani, l'avocate de l'association, a r&#233;uni plus de 250 plaintes de locataires contre les bailleurs sociaux. Le 28 juin 2018, un expert judiciaire est d&#233;sign&#233; pour contr&#244;ler la qualit&#233; de l'eau. Les derniers r&#233;sultats en date sont n&#233;gatifs &#8211; pas de l&#233;gionelles. Les locataires attendent de nouveaux tests.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les cache-mis&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur le mod&#232;le de la campagne de ravalements de fa&#231;ades que la mairie de Marseille a poursuivie dans le centre-ville malgr&#233; le drame de la rue d'Aubagne, &#224; Air Bel on r&#233;alise des travaux pour planquer la mis&#232;re. Lisa montre un faux plafond en plastique install&#233; sous les coursives d'un b&#226;timent. Infiltr&#233; par l'eau, il s'effrite et se d&#233;lite. M&#234;me camouflage avec l'installation de dalles carr&#233;es sur les murs de certains appartements : les fissures qu'elles dissimulent commen&#231;aient &#224; s&#233;rieusement inqui&#233;ter les habitants. Pas s&#251;r qu'ils soient rassur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une jeune femme d'une association d'architectes fait son entr&#233;e dans le local. &#171; &lt;i&gt;On est de retour le 22 octobre&lt;/i&gt; &#187;, titre l'affiche A4 qu'elle vient poser sur la porte. Chouette. L'id&#233;e de l'intervention : prendre des pinceaux et rendre la signal&#233;tique plus &#171; jolie &#187; dans la cit&#233;. Les gens qui financent cette intervention ? Les m&#234;mes qui ignorent constamment les locataires : Logirem, Unicil, Erilia, la Ville, la R&#233;gion, la M&#233;tropole. Si la jeune femme en question semble avoir ses faveurs, Djamila prend un ton plus dur pour parler de toutes les associations qu'elle qualifie de &#171; &lt;i&gt;bidons&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Ils viennent ici faire des missions de &#8220;civisme&#8221;... En r&#233;alit&#233;, ils veulent juste &#233;couler leurs subventions.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est 14 h. Mme Timoulis, toute coquette, arrive au local, sourire aux l&#232;vres et le teint moins gris. Djamila doit lui faire signer les papiers pour qu'elle int&#232;gre son nouvel appartement. Le bon d'entr&#233;e est pr&#234;t &#224; &#234;tre imprim&#233;. &#171; &lt;i&gt;Et merde, l'imprimante marche plus...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C&#233;cile Kiefer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Marseille : la Ville laisse Air Bel en friche, les locataires d&#233;broussaillent &#187;, &lt;i&gt;La Marseillaise &lt;/i&gt;(15/07/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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