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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>En Ari&#232;ge, le futur c'est maintenant</title>
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		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


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&lt;p&gt;Dans la vall&#233;e du Biros, en Ari&#232;ge, un r&#233;seau autonome d'approvisionnement alimentaire a &#233;t&#233; mis en place par les habitants. L'objectif ? Subvenir aux besoins des personnes les plus fragiles face au coronavirus et &#233;couler les stocks des petits producteurs locaux. &#171; Nous sommes dans une vall&#233;e encaiss&#233;e, un territoire de montagne o&#249; il est dur de faire les choses tout seul. C'est pour cela qu'il existe ici une certaine culture d'entraide &#187;, explique Elsa, boulang&#232;re &#224; Irazein. Depuis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no187-mai-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;187 (mai 2020)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la vall&#233;e du Biros, en Ari&#232;ge, un r&#233;seau autonome d'approvisionnement alimentaire a &#233;t&#233; mis en place par les habitants. L'objectif ? Subvenir aux besoins des personnes les plus fragiles face au coronavirus et &#233;couler les stocks des petits producteurs locaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3331 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH270/-1524-4cb8b.jpg?1768732076' width='500' height='270' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Victor
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous sommes dans une vall&#233;e encaiss&#233;e, un territoire de montagne o&#249; il est dur de faire les choses tout seul. C'est pour cela qu'il existe ici une certaine culture d'entraide&lt;/i&gt; &#187;, explique Elsa, boulang&#232;re &#224; Irazein. Depuis maintenant plus d'un mois, elle fait partie des producteurs et b&#233;n&#233;voles engag&#233;s au sein du r&#233;seau Biros Entraide. Ce syst&#232;me d'approvisionnement local a &#233;t&#233; mis sur pied dans la petite vall&#233;e ari&#233;geoise du Biros apr&#232;s la fermeture, pour cause de pand&#233;mie, du march&#233; de Saint-Girons, la sous-pr&#233;fecture du coin. Chaque samedi matin, des dizaines de paysans de la r&#233;gion y vendaient leurs productions aux habitants des vall&#233;es environnantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tr&#232;s vite, des messages et des mails ont circul&#233; pour faire remonter de la bouffe dans le Biros. Le but est de permettre aux personnes les plus vuln&#233;rables de subvenir &#224; leurs besoins sans se d&#233;placer et d'aider les producteurs du Couserans &lt;/i&gt;[province historique pyr&#233;n&#233;enne, NDLR]&lt;i&gt; &#224; &#233;couler leur stock, &lt;/i&gt;raconte Ruppert, du Relais montagnard, une auberge associative sise &#224; Bonac. &lt;i&gt;D&#233;sormais, des l&#233;gumes, du miel, de la viande, du fromage, des &#339;ufs et m&#234;me des plants potagers sont livr&#233;s chaque semaine en diff&#233;rents points de la vall&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Esprit collectif&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Encaiss&#233;e aux confins des Pyr&#233;n&#233;es ari&#233;geoises et jouxtant la fronti&#232;re espagnole, la vall&#233;e du Biros d&#233;nombre &#224; peine plus de 350 habitants. Le r&#233;seau d'entraide s'est constitu&#233; &#224; partir de la fusion de diff&#233;rentes listes mails : celle qui rassemblait les &#233;lus locaux mobilis&#233;s pour soutenir les personnes &#226;g&#233;es, celle des parents d'&#233;l&#232;ves, celle des organisateurs du carnaval ou encore celle des membres de l'auberge de Bonac. Biros Entraide approvisionne aujourd'hui plus de 112 personnes de tout &#226;ge et de tout horizon social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Notre vall&#233;e est travers&#233;e par une seule route. &#199;a impacte profond&#233;ment tes relations sociales car tu es oblig&#233;e de passer &#224; chaque trajet par tous les hameaux du territoire, &lt;/i&gt;souligne Elsa, la boulang&#232;re. &lt;i&gt;Tout le monde sait donc qui sont les habitants potentiellement les plus fragiles face au coronavirus, ce qui permet plus de bienveillance et de solidarit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis maintenant sept ans, dans le hameau d'Irazein, Elsa g&#232;re avec son compagnon et deux autres salari&#233;s le fournil de l'Oie, qui alimente en pain bio au levain et cuit au feu de bois les villages alentour. En 2014, un collectif a repris sous forme associative le Relais montagnard, une auberge qui, apr&#232;s un an et demi de fermeture, a &#233;t&#233; mise &#224; leur disposition par la mairie de Bonac-Irazein. Aujourd'hui cinq salari&#233;s, quatre saisonniers et une flop&#233;e de b&#233;n&#233;voles font tourner ce joyeux &#233;tablissement. &#171; &lt;i&gt;Il y a trois ans, les parents se sont mobilis&#233;s pour relancer la cantine de l'&#233;cole du coin, &#224; Sentein,&lt;/i&gt; reprend Ruppert. &lt;i&gt;Depuis, le Relais montagnard pr&#233;pare les repas bio et/ou locaux pour ses 25 &#233;l&#232;ves. C'est une petite victoire car cela a particip&#233; au maintien du seul &#233;tablissement scolaire de la vall&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Une micro-brasserie, une meunerie artisanale et deux installations paysannes en ch&#232;vres et vaches laiti&#232;res ont encore r&#233;cemment &#233;clos dans le Biros.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'autonomie chevill&#233;e au corps&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il ne faut pas oublier que nous sommes dans un coin o&#249; beaucoup sont venus pour vivre autrement. Par ailleurs, ces initiatives sont ancr&#233;es dans une longue tradition de faire-ensemble, dans la lign&#233;e de celles et ceux qui se sont install&#233;s ici d&#232;s les ann&#233;es 1970-1980 avec cette culture des chantiers collectifs, de mise en commun d'exp&#233;riences et de savoir-faire,&lt;/i&gt; insiste Elsa. &lt;i&gt;Nous marchons aussi sur les pas de ceux qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'il y a longtemps d&#233;j&#224; que les habitants de ces &#233;troites vall&#233;es pyr&#233;n&#233;ennes cultivent farouchement leur autonomie et le sens du collectif. Le Biros a &#233;t&#233; en effet un des th&#233;&#226;tres de la guerre des Demoiselles, une r&#233;bellion paysanne qui s'est d&#233;roul&#233;e au d&#233;but du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. En 1827, un nouveau Code forestier est r&#233;dig&#233; pour restreindre les droits d'usages locaux en termes de ramassage de bois, de cueillette, de p&#234;che ou de p&#226;turage. D&#232;s son entr&#233;e en vigueur &#224; l'&#233;t&#233; 1829, les paysans biroussans, d&#233;guis&#233;s en femmes (d'o&#249; le nom de l'&#233;pisode historique), attaquent les charbonniers venus couper les for&#234;ts au profit des propri&#233;taires terriens et de l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard et jusqu'en 1950, les hauteurs du Biros sont exploit&#233;es pour le zinc et le plomb argentif&#232;re sur les sites du Bentaillou et du Bulard &#8211; parmi les plus hautes mines d'Europe, situ&#233;es &#224; 2 500 m&#232;tres d'altitude. EDF construit pour sa part des centrales hydrauliques en vall&#233;e. Les paysans de la r&#233;gion se muent en mineurs et travailleurs industriels, empreignant la vall&#233;e de culture ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;R&#233;seau social&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#232;s le d&#233;but du confinement, il y a eu comme un &#233;lan collectif et solidaire pour constituer ce r&#233;seau d'entraide, &lt;/i&gt;constate Ruppert. &lt;i&gt;Ce sont des b&#233;n&#233;voles, majoritairement des femmes, qui s'investissent au jour le jour afin que le syst&#232;me d'approvisionnement puisse exister.&lt;/i&gt; &#187; Un volontaire r&#233;f&#233;rent pour chaque producteur local s'occupe en amont de la commande sur papier ou sur Framacalc, un tableur en ligne libre et collaboratif. Pour respecter les principes de distanciation sociale, des points de distribution ont &#233;t&#233; mis en place dans chaque village : &#224; Bonac dans l'auberge, &#224; Irazein dans l'ancienne forge ou &#224; Sentein dans un local associatif. Chaque producteur dispose de sa propre cassette pour son paiement. &#171; &lt;i&gt;Une habitante a mis une affichette sur la cabine t&#233;l&#233;phonique d'Antras pour savoir qui veut du pain. Puis elle me passe commande, &lt;/i&gt;d&#233;taille Elsa.&lt;i&gt; Je viens ensuite livrer trois fois par semaine sous le porche de la place du village et je r&#233;cup&#232;re l'argent laiss&#233; dans une bo&#238;te.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La premi&#232;re semaine, la ferme du Champ Boule, par exemple, a vendu en cinq jours ce qu'elle &#233;coulait habituellement en un mois&lt;/i&gt; &#187;, s'enthousiasme Ruppert. Loin des queues monstres au drive du McDonald's, le Relais montagnard propose m&#234;me d&#233;sormais une fois par semaine son &#171; Mac Izard &#187; &#224; emporter, le burger bio et local du Biros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;S&#251;r qu'il en restera quelque chose apr&#232;s,&lt;/i&gt; pronostique Elsa. &lt;i&gt;Des gens qui ne se parlaient jamais se sont mis &#224; &#233;changer, d'autres ont d&#233;couvert les productions des paysans locaux vers qui ils ne seraient jamais all&#233;s auparavant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour c&#233;l&#233;brer le retour du printemps, un carnaval est traditionnellement organis&#233; dans le Biros mi-mars. Mais ce moment collectif important pour la vall&#233;e a &#233;t&#233; annul&#233; &#224; cause du coronavirus. Ironie de l'histoire, cette ann&#233;e le th&#232;me devait &#234;tre le futur. Et si dans le Biros, le futur c'&#233;tait maintenant ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l Correia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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