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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La d&#233;brouille en temps de crise</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


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&lt;p&gt;Dans les squats et les bidonvilles de Marseille, pr&#232;s d'un millier de Roms vivotent au rythme des expulsions. D&#233;j&#224; pr&#233;caire, leur quotidien a &#233;t&#233; boulevers&#233; par le confinement. Trente-quatre. C'est le nombre de bidonvilles et de squats marseillais dans lesquels des centaines de Roms &#8211; et des dizaines d'autres personnes originaires d'Europe de l'Est &#8211; se bricolent une vie. Depuis 2003, Caroline Godard, salari&#233;e de Rencontres Tziganes, une association qui lutte pour le respect de leurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les squats et les bidonvilles de Marseille, pr&#232;s d'un millier de Roms vivotent au rythme des expulsions. D&#233;j&#224; pr&#233;caire, leur quotidien a &#233;t&#233; boulevers&#233; par le confinement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3343 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH400/-1533-bcdb9.jpg?1779604394' width='500' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Trente-quatre. C'est le nombre de bidonvilles et de squats marseillais dans lesquels des centaines de Roms &#8211; et des dizaines d'autres personnes originaires d'Europe de l'Est &#8211; se bricolent une vie. Depuis 2003, Caroline Godard, salari&#233;e de Rencontres Tziganes, une association qui lutte pour le respect de leurs droits, tente de tenir les comptes : &#171; &lt;i&gt;Actuellement, 950 personnes sont r&#233;parties sur ces diff&#233;rents sites.&lt;/i&gt; &#187; Elle &#233;num&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Il y a le squat de la place Cazemajou, le plus gros, avec 250 personnes ; le bidonville sous l'&#233;changeur de Frais-Vallon, o&#249; vivent une soixantaine de personnes ; le squat du chemin de la Madrague-Ville o&#249; ils sont une quarantaine. Et puis tous les autres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste est longue et &#224; chaque expulsion, chaque incendie, un bidonville de moins c'est un squat de plus &#8211; et &lt;i&gt;vice versa&lt;/i&gt;. Ici, rien ne se perd, rien ne se cr&#233;e, tout se transforme. Mais quand la pand&#233;mie s'est d&#233;clar&#233;e et que le confinement a &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;, tout le monde &#233;tait inquiet.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un robinet pour 250 personnes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est un peu compliqu&#233; de demander aux gens de se laver les mains quand ils n'ont pas d'eau&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, ironise Caroline Godard. &#192; force de ferrailler dans ce sens, ses coll&#232;gues et elle viennent d'obtenir l'installation de points d'eau sur presque tous les lieux de vie. Au squat de Cazemajou, o&#249; Elena Barsan vit avec son mari et ses trois enfants, il y avait d&#233;j&#224; un robinet : &#171; &lt;i&gt;C'est bien, mais on est 250 et forc&#233;ment tout le monde met ses doigts dessus&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, constate la trentenaire arriv&#233;e de Roumanie en 2014. Pour d&#233;sinfecter les lieux, chacun y va de son huile de coude : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui trois familles ont lav&#233; le sol et le trottoir avec le tuyau d'eau et la javel.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du confinement, Elena Barsan craignait surtout le manque de nourriture : &#171; &lt;i&gt;Ici, plus personne n'a de travail : on ne peut plus r&#233;cup&#233;rer la ferraille ou d'autres objets dans la rue, sinon on risque d'&#234;tre infect&#233;s. De toute fa&#231;on on ne peut plus rien vendre.&lt;/i&gt; &#187; Rapidement, des distributions de colis alimentaires ont &#233;t&#233; organis&#233;es par des associations et des ch&#232;ques-services viennent d'&#234;tre distribu&#233;s par l'&#201;tat : &#171; &lt;i&gt;On peut enfin acheter de la farine, de l'huile et tout ce qu'il faut&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, se r&#233;jouit la r&#233;sidente de Cazemajou.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'adaptation, chacun conna&#238;t&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avant le confinement, les enfants d'Elena Barsan, &#226;g&#233;s de 4, 13 et 16 ans, allaient quotidiennement en classe : &#171; &lt;i&gt;Maintenant, je discute avec les profs sur WhatsApp pour savoir ce qu'il y a &#224; faire&lt;/i&gt; &#187;, raconte leur m&#232;re. Mais &#224; cinq dans la m&#234;me pi&#232;ce, pas toujours simple de se concentrer. Jane Bouvier, fondatrice de l'association L'&#201;cole au pr&#233;sent, qui suit quatre cents enfants dont une grande majorit&#233; de Roms, ne semble pourtant pas inqui&#232;te : &#171; &lt;i&gt;Beaucoup de mamans se d&#233;placent dans les &#233;tablissements pour r&#233;cup&#233;rer les cours quand elles n'ont pas internet et certains professeurs se rendent sur les lieux de vie.&lt;/i&gt; &#187; C'est que les familles en ont vu d'autres : au gr&#233; des expulsions, les enfants ont souvent &#233;t&#233; ballott&#233;s d'&#233;cole en &#233;cole. Alors l'adaptation, chacun conna&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adaptation ? Le concept semble par contre avoir &#233;chapp&#233; &#224; certains policiers. M&#234;me dans cette situation exceptionnelle, il en est qui ne freinent pas leur z&#232;le : &#171; &lt;i&gt;Dans le quartier de Saint-Antoine, la police a demand&#233; &#224; des familles de partir, alors qu'elles vivaient sur un parking&lt;/i&gt; &#187;, rapporte Caroline Godard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de cet &#233;pisode tristement banal, la travailleuse associative s'inqui&#232;te pour les personnes &#224; la sant&#233; vuln&#233;rable vivant sur les bidonvilles et dans les squats : &#171; &lt;i&gt;Des chambres d'h&#244;tel ont parfois &#233;t&#233; mises &#224; disposition, mais d&#232;s qu'il y a une famille avec plus de trois enfants, il n'y a plus rien de pr&#233;vu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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