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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>L'extr&#234;me droite espagnole n'avait pas disparu</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Pendant trois d&#233;cennies, l'absence d'un parti d'extr&#234;me droite au Congr&#232;s a pu laisser penser que l'Espagne &#233;tait pr&#233;serv&#233;e de la mar&#233;e brune. Illusion d'optique : le fascisme se cachait au sein du Parti populaire, qui r&#233;unissait les diff&#233;rentes droites issues du franquisme. D&#233;sormais troisi&#232;me formation parlementaire du pays, Vox assume &#171; sans complexe &#187; l'h&#233;ritage de la dictature, dont de nombreux symboles s'affichent encore impun&#233;ment dans l'espace public. Vomissant le f&#233;minisme, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant trois d&#233;cennies, l'absence d'un parti d'extr&#234;me droite au Congr&#232;s a pu laisser penser que l'Espagne &#233;tait pr&#233;serv&#233;e de la mar&#233;e brune. Illusion d'optique : le fascisme se cachait au sein du Parti populaire, qui r&#233;unissait les diff&#233;rentes droites issues du franquisme. D&#233;sormais troisi&#232;me formation parlementaire du pays, Vox assume &#171; &lt;i&gt;sans complexe&lt;/i&gt; &#187; l'h&#233;ritage de la dictature, dont de nombreux symboles s'affichent encore impun&#233;ment dans l'espace public. Vomissant le f&#233;minisme, les migrants et les ind&#233;pendantistes catalans, les cadres de Vox incarnent aussi un n&#233;oconservatisme autoritaire bien de notre temps. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3289 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH525/-1494-de7d6.jpg?1768656444' width='400' height='525' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Collage 6col
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;ne heure avant l'ouverture de l'enceinte, il est de&#769;ja&#768; la&#768;, dans le matin brumeux. Un nostalgique anonyme. Le premier arrive&#769; de tous ceux qui, en ce jour anniversaire de la mort de Franco, veulent rendre hommage au dictateur. Avec son sac, sa veste militaire et sa gueule de le&#769;gionnaire, il patiente. Puis, quand les grilles s'ouvrent enfin, il se lance a&#768; l'assaut des 6 kilome&#768;tres qui le se&#769;parent de la basilique du Valle de los Cai&#769;dos &#8211; &lt;i&gt;la valle&#769;e de ceux qui sont tomb&#233;s. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au 24 octobre dernier, Franco reposait ici, dans cet imposant e&#769;difice qu'il avait fait construire pour honorer les morts de son camp a&#768; la fin de la guerre civile (1936-1939). Dans la Sierra de Guadarrama, a&#768; cinquante kilome&#768;tres de Madrid, les travaux furent pharaoniques. Parmi les ouvriers, nombre de prisonniers re&#769;publicains, force&#769;s de creuser dans la roche le symbole de leur humiliation&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formule emprunt&#233;e &#224; l'article &#171; Le franquisme d&#233;chire toujours l'Espagne &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Plus tard, quand la dictature voulut adoucir son image a&#768; l'international, elle pre&#769;senta le monument comme un lieu de re&#769;conciliation. Des milliers de corps de re&#769;publicains furent exhume&#769;s de leurs fosses communes puis enterre&#769;s ici, aux co&#770;te&#769;s de soldats nationalistes &#8211; sans que les familles ne soient consulte&#769;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ignominie de plus, pour un symbole rate&#769;. Car aujourd'hui encore, il n'y a rien ici d'une quelconque &#171; re&#769;conciliation &#187;. Sous la croix de 150 me&#768;tres de haut qui domine la colline, les murs de la basilique ne rendent hommage qu'a&#768; ceux qui sont tombe&#769;s &#171; &lt;i&gt;pour Dieu et pour l'Espagne&lt;/i&gt; &#187;. Les emble&#768;mes du franquisme sont partout, dont les cinq fle&#768;ches de la Phalange espagnole, parti fasciste sur lequel s'appuya Franco. Son fondateur, Jose&#769; Antonio Primo de Rivera, exe&#769;cute&#769; apre&#768;s jugement par des re&#769;publicains le 20 novembre 1936, repose au milieu de la nef. Il y a quatre semaines encore, le cadavre de Francisco Franco, mort lui aussi un 20 novembre, se trouvait a&#768; quelques me&#768;tres, juste de l'autre co&#770;te&#769; de l'autel.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#161; Viva Franco ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce 20 novembre 2019 est donc un double anniversaire. Quarante-quatre ans que le Caudillo a pass&#233; l'arme &#224; gauche, si l'on peut dire, et les cur&#233;s vont c&#233;l&#233;brer une messe. Parmi les vieux grigous qui font le salut fasciste devant la tombe de Primo de Rivera, notre nostalgique matinal est l&#224;. Silencieux, il d&#233;pose une fleur. Les bancs se remplissent de quelque 400 personnes. &lt;i&gt;&#171; Nous prions pour les d&#233;funts Jos&#233; Antonio et Francisco&lt;/i&gt; &#187;, commencent les pr&#234;tres, avant d'ajouter, prudents : &#171; &lt;i&gt;... et pour tous ceux qui sont tomb&#233;s dans les deux camps&lt;/i&gt; &#187;. &#192; la fin de l'office, c'est la ru&#233;e vers l'ancienne tombe du dictateur. Une femme, puis un homme, baisent le sol. &#171; &lt;i&gt;&#161;Viva Franco !&lt;/i&gt; &#187; crie un exalt&#233;. &#171; &lt;i&gt;&#161;Viva ! &#187;&lt;/i&gt; r&#233;pondent quelques autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apr&#232;s-midi, la pluie tombe sur le cimeti&#232;re d'El Pardo, bourgade de garnison de la banlieue de Madrid. Notre nostalgique poursuit son p&#232;lerinage. Car d&#233;sormais, Franco repose ici. &#192; son arriv&#233;e au pouvoir, en 2018, le gouvernement socialiste de Pedro S&#225;nchez a d&#233;cid&#233; de retirer sa d&#233;pouille du Valle de los Ca&#237;dos &#8211; parce qu'un dictateur criminel ne m&#233;ritait pas pareil &#233;crin. Pendant plus d'un an, la famille de Franco a multipli&#233; les recours juridiques. Beaucoup de ses partisans ont cri&#233; &#224; la &#171; &lt;i&gt;profanation &#187;&lt;/i&gt;. En vain. Au Pardo, le Caudillo n'est toutefois pas &#224; plaindre. Il a droit &#224; une chapelle enti&#232;re, entretenue aux frais du contribuable espagnol. Sous le porche, des dizaines de couronnes de fleurs. Et sur un ruban jaune et rouge, ces mots : &#171; &lt;i&gt;Franco, l'Espagne ne t'oublie pas&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nostalgique a repris le bus pour Madrid. Avant d'arriver &#224; la gare routi&#232;re de Moncloa, la vision d'un arc de triomphe le r&#233;confortera. Grav&#233;es dans la pierre, les inscriptions latines rendent toujours hommage &#171; &lt;i&gt;aux arm&#233;es victorieuses ici&lt;/i&gt; &#187; : celles de Franco.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Impunit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le temps a pass&#233;. Le souvenir du &lt;i&gt;General&#237;simo &lt;/i&gt;ne rameute plus les foules. Mais pour r&#233;siduelle et folklorique qu'elle soit, la nostalgie de la dictature a sem&#233; des graines. Aux l&#233;gislatives du 10 novembre, Vox, jeune parti d'extr&#234;me droite, a obtenu 15,09 % des suffrages. Si son ascension fulgurante s'explique par une multitude de facteurs, l'indigence du traitement de la question m&#233;morielle en fait clairement partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des trois grands fascismes qui ont enflamm&#233; l'Europe occidentale dans les ann&#233;es 1930, le franquisme est le seul &#224; ne pas avoir &#233;t&#233; vaincu par les armes. En 1975, le Caudillo est mort dans son lit. La transition a &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;e entre certaines franges du franquisme et &#171; l'opposition d&#233;mocratique &#187; : le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et le Parti communiste. En &#233;change du changement de r&#233;gime et de leur association au pouvoir, ces derniers ont accept&#233; la monarchie... et l'impunit&#233;. Juste apr&#232;s les premi&#232;res &#233;lections libres, en 1977, socialistes et communistes participent au vote de la loi d'amnistie. Le texte permet la lib&#233;ration des derniers prisonniers politiques, mais offre aussi l'absolution aux tortionnaires et autres assassins de la dictature. Les &#233;lites franquistes restent en place. Dans la police, dans la justice, dans la presse, aucune &#233;puration n'a lieu. Les grandes entreprises ayant b&#226;ti leur fortune gr&#226;ce &#224; Franco ne sont pas inqui&#233;t&#233;es. Les fosses communes, remplies par la f&#233;roce r&#233;pression des premi&#232;res ann&#233;es du r&#233;gime, ne sont pas mises au jour. Les victimes survivantes sont pri&#233;es de se taire &lt;i&gt;(voir ci-apr&#232;s)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Timides avanc&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1982, les socialistes remportent les l&#233;gislatives. Chass&#233;es du gouvernement, les diff&#233;rentes familles de la droite se regroupent au sein du Parti populaire (PP). &#171; &lt;i&gt;C'est un objet politique curieux, &lt;/i&gt;remarque Mario Dom&#237;nguez, historien et sociologue &#224; l'universit&#233; Complutense de Madrid. &lt;i&gt;H&#233;ritier du franquisme &lt;/i&gt;[lui-m&#234;me politiquement h&#233;t&#233;rog&#232;ne], &lt;i&gt;ce parti a &#233;t&#233; capable de rassembler du centre &#224; l'extr&#234;me droite, emp&#234;chant ainsi que cette extr&#234;me droite ait une existence propre au Parlement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant trois d&#233;cennies, le bipartisme r&#232;gne : le PSOE est h&#233;g&#233;monique &#224; gauche, le PP &#224; droite. Tour &#224; tour, les deux partis se succ&#232;dent aux affaires. &#171; &lt;i&gt;Le PP subvient &#224; tous les besoins des franquistes : unit&#233; de l'Espagne, appui &#224; l'&#201;glise catholique, financement de l'enseignement priv&#233;, combat contre l'avortement. Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, le gouvernement de Jos&#233; Mar&#237;a Aznar a m&#234;me financ&#233; la fondation Francisco Franco &lt;/i&gt;[dont l'objet est d'exalter l'&#339;uvre du dictateur] &lt;i&gt;avec de l'argent public&lt;/i&gt; &#187;, rappelle Emilio Silva, cofondateur de l'Association pour la r&#233;cup&#233;ration de la m&#233;moire historique. En face, les socialistes restent ti&#232;des. &#171; &lt;i&gt;Sur les politiques &#233;conomiques n&#233;olib&#233;rales, le march&#233; du travail, l'immigration et le r&#244;le de l'&#201;glise, ils n'ont quasiment rien remis en cause&lt;/i&gt; &#187;, pointe Mario Dom&#237;nguez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, le PSOE fait tout de m&#234;me une timide avanc&#233;e sur la question du pass&#233; franquiste, en votant une &#171; loi de m&#233;moire historique &#187;. Au menu notamment : changement de nom des rues honorant les pontes du r&#233;gime, reconnaissance symbolique des injustices faites aux victimes et subventions pour les associations m&#233;morielles. Mais l'impunit&#233; impos&#233;e par la loi d'amnistie de 1977 n'est pas remise en cause. Pire : au mitan des ann&#233;es 2010, Mariano Rajoy, chef du gouvernement (PP), se vante d'avoir abrog&#233; la loi de m&#233;moire historique &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt;, en ne budg&#233;tisant pas le moindre euro pour la faire appliquer.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La droite sans complexe &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e de la crise &#233;conomique de&lt;i&gt; &lt;/i&gt;2008, l'&#233;quilibre politique en vigueur vole en &#233;clats. Trois nouveaux partis &#233;mergent. Podemos double les socialistes sur leur gauche. Ciudadanos racole au centre droit. En 2013, des dissidents du PP cr&#233;ent Vox, entendant d&#233;passer leur parti-p&#232;re sur sa droite. Le programme est carabin&#233; : abrogation d&#233;finitive de la loi de m&#233;moire historique, interdiction des partis ind&#233;pendantistes catalans et basques, r&#233;duction drastique de l'autonomie des r&#233;gions, expulsion des immigr&#233;s l&#233;gaux ayant commis plusieurs d&#233;lits mineurs, &#233;dification de murailles &#171; &lt;i&gt;infranchissables &#187;&lt;/i&gt; &#224; Ceuta et Melilla, suppression des budgets consacr&#233;s &#224; la lutte contre les violences conjugales machistes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jouant l'opposition au PP qui, en tant que parti de gouvernement, se doit de garder une certaine mod&#233;ration, les cadres de Vox se d&#233;finissent comme &#171; &lt;i&gt;la droite sans complexe&lt;/i&gt; &#187;. Multipliant les d&#233;clarations outranci&#232;res, ils vont surfer sur deux actualit&#233;s br&#251;lantes. D'abord, la question de l'ind&#233;pendance catalane, pour laquelle ils pr&#244;nent la fermet&#233; absolue. Ensuite, l'exhumation de Franco, &#224; laquelle Vox sera le seul parti national &#224; s'opposer frontalement. Une strat&#233;gie payante : de 0,2 % des voix aux &#233;lections l&#233;gislatives de 2016, il passe &#224; 10,26 % en avril 2019, puis 15,09 % en novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il y a quelque chose de la nostalgie du franquisme dans Vox, mais ce parti a aussi profit&#233; de la perte de r&#233;f&#233;rences r&#233;gnant dans le monde entier, surtout chez des hommes d'un certain &#226;ge, qui ne comprennent pas Internet, qui ont peur de ce qu'on leur montre de l'immigration &#224; la t&#233;l&#233;, qui flippent du mouvement f&#233;ministe, qui pensent qu'on va leur imposer de ne plus utiliser leur voiture du fait du changement climatique, etc. &#187;&lt;/i&gt;, analyse Pablo Elorduy, journaliste au mensuel ind&#233;pendant &lt;i&gt;El Salto&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;&#201;videmment, Vox n'a rien invent&#233; en la mati&#232;re, &lt;/i&gt;reprend le reporter. &lt;i&gt;Il y a un lien avec l'alt-right &lt;/i&gt;[droite alternative] &lt;i&gt;am&#233;ricaine. Au d&#233;but de cette ann&#233;e, un des principaux id&#233;ologues de Vox, Rafael Bardaj&#237;, a rencontr&#233; Steve Bannon &lt;/i&gt;[ancienne &#233;minence grise de Donald Trump] &lt;i&gt;et ils ont discut&#233; de comment introduire ce type de droite en Espagne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Populaire chez les jeunes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, Vox a fait basculer le gouvernement r&#233;gional d'Andalousie &#224; droite en s'alliant au PP et &#224; Ciudadanos. Mais aux derni&#232;res l&#233;gislatives, ces trois partis n'ont pas obtenu assez de si&#232;ges pour former une majorit&#233; au niveau national et l'Espagne s'achemine vers un gouvernement d'union entre le PSOE et Podemos&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Note du webmaster : C'est effectivement ce qui est arriv&#233; quelques semaines (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est toutefois pr&#233;occupante. Vox dispose non seulement d'un fort ancrage au sein de l'arm&#233;e et de la police, mais une enqu&#234;te a en outre montr&#233; que le parti est arriv&#233; en t&#234;te chez les Espagnols de moins de 30 ans lors des derni&#232;res &#233;lections. Pourquoi ? Aux yeux de Pablo Elorduy, les &lt;i&gt;fake news &lt;/i&gt;ayant d&#233;ferl&#233; sur les r&#233;seaux sociaux ont leur part de responsabilit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Mais il y a aussi toutes les vieilles questions laiss&#233;es en suspens. L'Espagne n'a pas surmont&#233; le franquisme ; &#224; l'&#233;cole, on n'a pas correctement enseign&#233; ce qu'a &#233;t&#233; la dictature. On a mis ce pass&#233; sous le tapis, on a essay&#233; de le couvrir de silence sans le toucher pour ne pas qu'il resurgisse. &#187;&lt;/i&gt; En pure perte.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Le franquisme a &#233;t&#233; le crime parfait &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s le Cambodge, l'Espagne est le deuxi&#232;me pays comptant le plus de disparus politiques au monde. Les familles des victimes d&#233;sesp&#232;rent d'obtenir justice.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, la Transition d&#233;mocratique espagnole a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e comme un formidable succ&#232;s, un mod&#232;le &#224; exporter. Pensez donc ! Presque pas une goutte de sang vers&#233;e, une arm&#233;e qui renonce au pouvoir, l'opposition socialiste qui finit par prendre la t&#234;te du gouvernement. Mais cette transformation s'est faite au prix de l'injustice. &#171; &lt;i&gt;Ma grand-m&#232;re est morte vingt-deux ans apr&#232;s Franco, et personne ne lui a jamais demand&#233; si elle voulait ou non que l'on cherche le corps de son mari, que l'on juge ses assassins. Ce fut un accord entre partis politiques, mais pas avec les gens&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce Emilio Silva, cofondateur de l'Association de r&#233;cup&#233;ration de la m&#233;moire historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2000, ce journaliste a retrouv&#233; la fosse o&#249; avait &#233;t&#233; jet&#233; le cadavre de son grand-p&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Il vivait dans un endroit o&#249; les deux arm&#233;es ne se sont jamais affront&#233;es, et un jour quatre &lt;/i&gt;pistoleros&lt;i&gt; de la Phalange ont d&#233;cid&#233; de l'assassiner. On m'a appris &#231;a comme un facteur de honte. Mon p&#232;re me disait qu'il ne fallait pas parler de ces choses-l&#224; &#224; l'ext&#233;rieur de la maison. Cette loi du silence existe toujours.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; loi &#187; qu'Emilio Silva brise all&#233;grement. Ce 18 novembre 2019, dans un petit bar du quartier p&#233;riph&#233;rique d'Hortaleza, &#224; Madrid, l'homme n'arr&#234;te plus de raconter : &#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me en Espagne, ce n'est pas la guerre, c'est la dictature. Ils ont continu&#233; &#224; tuer des gens, &#224; torturer, &#224; violer des femmes, &#224; mettre les lesbiennes &#224; l'asile psychiatrique, il y avait un camp de concentration pour les homosexuels...&lt;/i&gt; &#187; Plus de 100 000 corps reposent toujours dans des fosses communes &#8211; des opposants au franquisme sommairement ex&#233;cut&#233;s pendant la guerre civile et les ann&#233;es de terribles repr&#233;sailles qui ont suivi.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; S'il y a des victimes, il y a des bourreaux&#8230; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Avec d'autres associations, nous avons exhum&#233; plus de 9 000 corps depuis l'an 2000. L'&#201;tat pourrait r&#233;soudre ce probl&#232;me en quatre &#224; cinq ans. Pourquoi ne l'a-t-il pas fait ? &#187;&lt;/i&gt; questionne Emilio Silva. Et de sugg&#233;rer une r&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;S'il y a des victimes, il y a des bourreaux&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Sans toucher &#224; son caf&#233;, il encha&#238;ne sur les preuves qui ont disparu, les &#171; &lt;i&gt;archives de la Guardia Civil qui ont &#233;t&#233; br&#251;l&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, les t&#233;moins qui meurent les uns apr&#232;s les autres, l'implacable loi d'amnistie qui prot&#232;ge les bourreaux toujours en vie : &#171; &lt;i&gt;Le franquisme a &#233;t&#233; le crime parfait. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis Emilio Silva prend son t&#233;l&#233;phone, montre des courriels re&#231;us. &#171; &lt;i&gt;Regarde. 11 h 06 ce matin : &#8220;J'ai besoin de savoir si mon grand-p&#232;re est enterr&#233; dans la fosse commune du cimeti&#232;re de Pozoblanco. &#192; qui puis-je m'adresser ?&#8221; Autre mail : &#8220;Je suis d'Ourense et mon oncle Constantino est mort &#224; Calatayud. Comment puis-je savoir si ses restes sont au Valle de los Ca&#237;dos ?&#8221; Et &#231;a continue et &#231;a continue. Si les gens s'adressent &#224; nous, c'est parce que quarante-quatre ans apr&#232;s la mort de Franco, l'&#201;tat n'a pas cr&#233;&#233; la moindre structure pour recevoir ces familles. C'est hallucinant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Formule emprunt&#233;e &#224; l'article &#171; &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2019/11/PERRENOT/60929&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le franquisme d&#233;chire toujours l'Espagne&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, novembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Note du webmaster : C'est effectivement ce qui est arriv&#233; quelques semaines apr&#232;s la publication de cet article sur papier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Loi du b&#226;illon, loi du pognon</title>
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&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le souriant Macron veut installer l'&#233;tat d'urgence dans les p&#233;nates du droit commun, l'Espagne &#171; f&#234;te &#187; les deux ans de l'entr&#233;e en vigueur de la loi dite &#171; de s&#233;curit&#233; citoyenne &#187;. Jetons un &#339;il sur son &#233;difiant bilan. Et &#224; bon entendeur&#8230; Une &#233;tudiante de 21 ans condamn&#233;e &#224; un an de prison ferme pour avoir twitt&#233; des blagues sur la mort de l'amiral Carrero Blanco, bras droit de Franco, tu&#233; dans un attentat en 1973. Et des marionnettistes qui ont pass&#233; deux mois derri&#232;re les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le souriant Macron veut installer l'&#233;tat d'urgence dans les p&#233;nates du droit commun, l'Espagne &#171; f&#234;te &#187; les deux ans de l'entr&#233;e en vigueur de la loi dite &#171; de s&#233;curit&#233; citoyenne &#187;. Jetons un &#339;il sur son &#233;difiant bilan. Et &#224; bon entendeur&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;ne &#233;tudiante de 21 ans condamn&#233;e &#224; un an de prison ferme pour avoir twitt&#233; des blagues sur la mort de l'amiral Carrero Blanco, bras droit de Franco, tu&#233; dans un attentat en 1973. Et des marionnettistes qui ont pass&#233; deux mois derri&#232;re les barreaux pour avoir int&#233;gr&#233; &#224; l'un de leurs spectacles une pancarte en basque, sur laquelle les juges ont cru reconna&#238;tre (&#224; tort) un slogan pro-ETA. Voil&#224; deux exemples grotesques des effets de cette loi sc&#233;l&#233;rate, dite &#171; de s&#233;curit&#233; citoyenne &#187;. Deux parmi tant d'autres : ils sont en effet nombreux (rappeurs, conseillers municipaux, syndicalistes&#8230;) &#224; avoir eu maille &#224; partir avec l'arbitraire et la subjectivit&#233; r&#233;pressive de juges aux ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette &#171; loi b&#226;illon &#187;&lt;/strong&gt;, entr&#233;e en vigueur le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 2015, a &#233;t&#233; fagot&#233;e par la droite au pouvoir pour criminaliser le mouvement social. Comme bient&#244;t en France, des sanctions administratives sont directement verbalis&#233;es par la police, faisant fi des proc&#233;dures judiciaires. Et c'est au contrevenant d'introduire un recours, &#224; ses frais, s'il trouve la sanction injuste. Sont ainsi vis&#233;s la r&#233;sistance pacifique, l'escalade d'un &#233;difice pour y pendre une banderole, l'opposition collective &#224; une expulsion, le fait de photographier la police ou de manifester devant le Parlement&#8230; Selon Amnesty International, qui &#233;voque un v&#233;ritable attentat contre les libert&#233;s, l'effet dissuasif de la loi touche, au-del&#224; des sanctionn&#233;s, l'ensemble de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il existe aussi un aspect financier&lt;/strong&gt;. En deux ans, l'&#201;tat a palp&#233; 131 millions d'euros d'amendes. Pas moins de 19 497 amendes ont &#233;t&#233; inflig&#233;es pour &#171; manque de respect et consid&#233;ration pour les forces de l'ordre &#187; (&#233;quivalent du gaulois &#171; outrage &#224; agent &#187;) et 12 094 pour &#171; d&#233;sob&#233;issance &#187; ou &#171; r&#233;sistance &#187;. Un homme a &#233;t&#233; sanctionn&#233; pour avoir parl&#233; catalan &#224; un policier de l'a&#233;roport de Barcelone. Un autre, qui avait &#171; lik&#233; &#187; une vid&#233;o montrant un flic ventripotent sem&#233; par un d&#233;linquant, a d&#251; d&#233;bourser 600 &#8364;. Une femme, qui avait diffus&#233; sur les r&#233;seaux sociaux la photo d'un v&#233;hicule de police gar&#233; sur un emplacement handicap&#233;, a l&#226;ch&#233; 800 &#8364;. Pire encore, 35 activistes de la cause animale se sont r&#233;cemment vus assener jusqu'&#224; 6 000 &#8364; par t&#234;te de pipe pour avoir manifest&#233; contre une corrida. Motif : &#171; Atteinte &#224; la s&#233;curit&#233; d'un &#233;v&#233;nement public &#187;&#8230; Et ainsi de suite. Appeler les flics municipaux de son village &#171; bande de planqu&#233;s &#187; sur Facebook a co&#251;t&#233; 600 &#8364; &#224; un ado. Fumer un joint sur la voie publique revient tr&#232;s cher : en moyenne, 364 amendes de 600 &#8364; ont &#233;t&#233; distribu&#233;es chaque jour pour ce d&#233;lit &#8211; ce qui a rapport&#233; 93 millions &#224; l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce d&#233;lire punitif s'abat sur le pays&lt;/strong&gt; alors que le parti au pouvoir (Partido Popular) compte plus de 800 membres impliqu&#233;s dans des affaires de corruption, dont plusieurs anciens ministres et l'ex-tr&#233;sorier du parti. Au m&#234;me moment, le gouvernement annonce que 60 milliards d'euros d'argent public inject&#233; dans le syst&#232;me bancaire lors de la crise de 2008 ne seront jamais r&#233;clam&#233;s &#224; ces pauvres banquiers. Et la caisse de retraite est oblig&#233;e de qu&#233;mander un cr&#233;dit de 6 milliards &#224; ces m&#234;mes banques pour payer les pensions. Ne riez pas, &#231;a nous pend au nez ici aussi !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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