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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Migrants : &#171; Loin des yeux, loin du c&#339;ur &#187;</title>
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		<dc:date>2016-02-29T06:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Macha Berdoulat</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; La crise dont nous sommes tous t&#233;moins est un test de notre humanit&#233; et de notre responsabilit&#233; &#187;, affirmait Donald Tusk, le pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en face &#224; ce que l'on consid&#232;re comme la plus grave &#171; crise migratoire &#187; depuis la Seconde Guerre mondiale. Pour y r&#233;pondre, l'Europe responsable a choisi la&#8230; sous-traitance, confi&#233;e &#224; la Turquie, tandis que les corps des r&#233;fugi&#233;s s'&#233;chouent toujours par centaines sur les c&#244;tes des &#238;les grecques. Reportage. Le 20 d&#233;cembre, des habitants (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no140-fevrier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;140 (f&#233;vrier 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/distribution-d-aide" rel="tag"&gt;distribution d'aide&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/village-abandonne" rel="tag"&gt;village abandonn&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants-syriens" rel="tag"&gt;enfants syriens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cesme" rel="tag"&gt;&#199;esme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ciftlikkoy" rel="tag"&gt;&#199;iftlikk&#246;y&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La crise dont nous sommes tous t&#233;moins est un test de notre humanit&#233; et de notre responsabilit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, affirmait Donald Tusk, le pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en face &#224; ce que l'on consid&#232;re comme la plus grave &#171; crise migratoire &#187; depuis la Seconde Guerre mondiale. Pour y r&#233;pondre, l'Europe responsable a choisi la&#8230; sous-traitance, confi&#233;e &#224; la Turquie, tandis que les corps des r&#233;fugi&#233;s s'&#233;chouent toujours par centaines sur les c&#244;tes des &#238;les grecques. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 20 d&#233;cembre, des habitants de &#199;esme, dans la province d'Izmir, font leur distribution d'aide humanitaire dans le village abandonn&#233; de &#199;iftlikk&#246;y. &#192; distance du camion o&#249; s'alignent des centaines d'Afghans, Mahmoud, jeune Iranien qui a quitt&#233; son pays deux semaines auparavant, regarde la mer. Au large, l'&#238;le de Chios, destination pour laquelle tant de personnes attendent une mer plus cl&#233;mente pour traverser.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1649 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH372/refugiados_net-3e55e.jpg?1779603864' width='500' height='372' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marco Mendes.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mahmoud &lt;/strong&gt; a d&#233;j&#224; tent&#233; la travers&#233;e. Il &#233;tait alors arriv&#233; &#224; quelques encablures de l'&#238;le grecque. Mais un autre bateau non loin du sien a d&#251; appeler les secours et les embarcations ont &#233;t&#233; intercept&#233;es. Lui et ses compagnons de route ont attendu huit heures &#224; bord du bateau des gardes-c&#244;tes turcs que l'op&#233;ration de contr&#244;le se termine. &#171; &lt;i&gt;Ils voulaient tous les attraper&lt;/i&gt;, dit-il. &lt;i&gt;Pr&#232;s de 400 personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es. Il y avait de 16 &#224; 18 bateaux qui traversaient cette nuit-l&#224;. Ils nous ont conduits au terminal d'autobus et nous ont lib&#233;r&#233;s. Certains sont all&#233;s d&#233;poser leur demande d'asile pr&#232;s du HCR (Haut Commissariat pour les r&#233;fugi&#233;s) &#224; Istanbul. Mais la plupart d'entre nous ont march&#233; &#224; nouveau jusqu'ici. La police a pris nos gilets de sauvetage. On sait qu'elle les revend derri&#232;re. C'est du vol, chaque gilet co&#251;te 160 livres turques &lt;/i&gt; [50 euros] &lt;i&gt;et est vendu plusieurs fois.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mahmoud&lt;/strong&gt; raconte avec ironie qu'il vient de perdre son passeport mais qu'il l'aurait de toute fa&#231;on jet&#233; &#224; la mer avant de rejoindre la Gr&#232;ce. Il est presque impossible pour un Iranien de d&#233;poser une demande d'asile aujourd'hui en Europe, c'est pourquoi il essaiera de se faire passer pour un Afghan. &#192; la fronti&#232;re entre la Mac&#233;doine et la Gr&#232;ce, seuls les Irakiens, Syriens et Afghans sont consid&#233;r&#233;s comme de &#171; vrais &#187; r&#233;fugi&#233;s et peuvent passer la fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La police turque&lt;/strong&gt; veut montrer qu'elle remplit les obligations de l'accord pass&#233; le 29 novembre 2015 avec l'Union europ&#233;enne. Ce dernier inclut le versement de 3,2 milliards d'euros &#224; la Turquie pour am&#233;liorer les conditions de vie des r&#233;fugi&#233;s sur son sol et fermer ses fronti&#232;res. En &#233;change, il sera plus facile pour les Turcs d'obtenir des visas Schengen, et le processus d'entr&#233;e dans l'Union europ&#233;enne est relanc&#233;, m&#234;me si personne n'est dupe de cette carotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#232;s qu'une zone de d&#233;part c&#244;ti&#232;re&lt;/strong&gt; fait l'objet de l'attention des m&#233;dias, elle est &#233;vacu&#233;e de ses r&#233;fugi&#233;s le jour d'apr&#232;s. La Turquie ramasse les r&#233;fugi&#233;s sur la c&#244;te tout en sachant que la r&#233;pression est un jeu sans fin. En effet, il arrive souvent qu'une op&#233;ration de police aboutisse &#224; la lib&#233;ration avec une obligation de quitter le territoire sous 30 jours. C'est que les centres de d&#233;tention ne d&#233;semplissent pas. Il n'est pas possible d'y enfermer et de refouler tous les &#171; candidats au d&#233;part &#187;. Le 11 janvier, Franz Timmermans, vice-pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne, a jug&#233; le flux de migrants encore &#171; &lt;i&gt;beaucoup trop &#233;lev&#233;&lt;/i&gt; &#187; et s'est dit peu satisfait des avanc&#233;es de la Turquie pour emp&#234;cher les d&#233;parts. Ce &#224; quoi le ministre turc des Affaires europ&#233;ennes, Volkan Bozkir, a r&#233;pondu : &#171; &lt;i&gt;Nous capturons quotidiennement 500 candidats &#224; l'immigration clandestine&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Nous allons essayer de r&#233;duire la pression de l'immigration ill&#233;gale en donnant aux Syriens de Turquie des permis de travail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;trangers&lt;/strong&gt; restent six mois (renouvelables) dans les centres de d&#233;tention en attendant d'&#234;tre d&#233;port&#233;s vers leur pays d'origine ou lib&#233;r&#233;s. Obtenir un laissez-passer de la part du pays de provenance et l'examen des demandes de protection, m&#234;me en proc&#233;dure acc&#233;l&#233;r&#233;e, prend des mois. Durant ce temps, quand ils ne sont pas forc&#233;s de signer un programme de retour volontaire, les &#233;trangers se serrent &#224; soixante par cellule dans des conditions parfois pires que l'incarc&#233;ration, et ne laissent ainsi pas la place &#224; de nouveaux venus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un transit permanent &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un caf&#233; &#224; Izmir, Louay a d&#233;j&#224; un pied dans la mer. Cela fait un an qu'il vit en Turquie. Il est toujours menac&#233; par des factions qu'il a fuies en Syrie. Avec sa femme, son b&#233;b&#233;, sa m&#232;re de 80 ans et sa s&#339;ur, ils ont d&#233;j&#224; subi un naufrage. Une nuit de novembre, des naufrageurs masqu&#233;s les ont accost&#233;s en pleine mer. Ils sont rest&#233;s dans l'eau pendant des heures. Louay en parle encore, empreint du traumatisme de cette nuit-l&#224;. Seuls trois d'entre eux savaient nager. Ils ont hiss&#233; les gamins sur la partie encore gonfl&#233;e de l'embarcation pneumatique, l'autre ayant &#233;t&#233; perc&#233;e par le commando qui les avait attaqu&#233;s. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait des Grecs&lt;/i&gt; &#187;, Louay, qui a travaill&#233; dans le tourisme, en mettrait sa main &#224; couper. Les gens s'agrippaient &#224; la bou&#233;e et ceux qui l&#226;chaient prise &#233;taient retenus in extremis par les trois qui savaient nager. Jusqu'au moment o&#249; ils sont parvenus &#224; joindre les autorit&#233;s turques et ont &#233;t&#233; ramen&#233;s sur les c&#244;tes. Mais, malgr&#233; l'&#233;v&#233;nement et devant l'impossibilit&#233; de subvenir aux besoins de sa famille, aujourd'hui, l'Europe reste pour lui la seule possibilit&#233; d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gouvernement turc&lt;/strong&gt; ne reconna&#238;t pas les Syriens comme des r&#233;fugi&#233;s&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la situation des Syriens et des Syriennes en Turquie, nous vous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. La Convention de Gen&#232;ve de 1951 contient une limitation g&#233;ographique : le statut de r&#233;fugi&#233; n'est accord&#233; qu'aux ressortissants europ&#233;ens. D&#232;s lors, les &#233;trangers non europ&#233;ens en demande de protection ne sont consid&#233;r&#233;s que comme des &#171; invit&#233;s &#187; b&#233;n&#233;ficiant de la protection temporaire. Ils n'ont m&#234;me pas l'acc&#232;s l&#233;gal au travail, qui leur assurerait un environnement de vie stable et serait une solution bien plus durable que l'aide humanitaire actuelle, qui a co&#251;t&#233; 8,5&#8239;milliards de dollars &#224; Ankara.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les demandes d'asile&lt;/strong&gt; des Irakiens, Afghans, Iraniens et autres sont consid&#233;r&#233;es aussi sur une base individuelle devant le Haut Commissariat aux Nations unies pour les R&#233;fugi&#233;s, de m&#234;me que leur statut en Turquie. Le gouvernement leur assigne une ville de r&#233;sidence o&#249; ils doivent pointer toutes les semaines. S'ils ratent une signature &#224; trois reprises ou s'ils quittent la ville sans autorisation de l'&#201;tat, leur demande d'asile est suspendue. Il faut d'abord des ann&#233;es pour que leur requ&#234;te soit examin&#233;e, puis d'autres encore pour que le processus de r&#233;installation se concr&#233;tise. Autant d'ann&#233;es d'attente et de gal&#232;re qui poussent au d&#233;part. Beaucoup disent qu'ils pr&#233;f&#232;rent mourir une fois pour toutes en mer que mourir &#224; petit feu en Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; le droit &#224; l'&#233;ducation&lt;/strong&gt; pour les enfants, 70 % des enfants syriens enregistr&#233;s dans le pays ne sont pas scolaris&#233;s. Tout comme l'acc&#232;s &#224; la sant&#233; garanti par la loi, tr&#232;s peu de mesures concr&#232;tes ont &#233;t&#233; mises en &#339;uvre et les non-Turcs se retrouvent face &#224; la barri&#232;re de la langue et &#224; la complexit&#233; de l'administration. La soci&#233;t&#233; civile turque parle de g&#233;n&#233;ration perdue pour ces enfants qui, souvent, travaillent au noir au lieu d'aller &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 5 janvier dernier&lt;/strong&gt;, plus de 34&#8239;corps ont &#233;t&#233; retrouv&#233;s sur les rives de la mer &#201;g&#233;e, s'&#233;chouant sur les plages tout au long de la journ&#233;e. Les douze survivants du naufrage ont &#233;t&#233; amen&#233;s au poste. L&#224;, ils racontent qu'il y avait entre 15 et 20 enfants &#224; bord. Ils auraient appel&#233; les gardes-c&#244;tes, qui ne sont jamais venus les secourir. &#171; &lt;i&gt;On ne veut pas retourner en Alg&#233;rie&lt;/i&gt; &#187;, disent-ils, v&#234;tus de pantalons de sport, telle une &#233;quipe serr&#233;e dans un vestiaire. Mais ces joueurs-l&#224; doivent identifier les corps retrouv&#233;s sur la plage. Quatre copains d'Alg&#233;rie manquent &#224; l'appel et s'ajoutent &#224; la liste des disparus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur la plage&lt;/strong&gt;, les gilets de sauvetage encore imbib&#233;s d'eau sont tout ce qui subsiste du naufrage. Des faux gilets. Les &#171; &lt;i&gt;gilets de la mort&lt;/i&gt; &#187;, selon l'expression locale. Plus de 1 200 ont &#233;t&#233; saisis par la police, deux jours apr&#232;s, dans un atelier qui employait clandestinement deux enfants syriens. La jandarma (gendarmerie) pr&#233;tend qu'elle n'est pas en mesure d'emp&#234;cher le business des passeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dirty deal&lt;/i&gt; de l'Europe &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1650 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH565/refugees2-8fa6a.jpg?1779627466' width='400' height='565' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marco Mendes.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;En Europe, on ne peut pas accepter une solution bas&#233;e sur les droits de l'homme pour r&#233;gler le probl&#232;me des r&#233;fugi&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, affirmait un repr&#233;sentant de l'UE lors d'une rencontre avec des acteurs associatifs &#224; Izmir, deux jours avant la signature de l'accord. L'Europe pr&#233;f&#232;re externaliser ses politiques migratoires en Turquie et dans les pays dits de &#171; transit &#187;. Un pays de transit qui accueille d&#233;j&#224; plus de 2,2 millions de Syriens et des centaines de milliers d'Afghans, Irakiens, Iraniens et personnes en provenance de pays d'Afrique. &#171; &lt;i&gt;La question en Europe est politique, tandis qu'en Turquie, elle est &#233;conomique&lt;/i&gt; &#187;, ajoute un autre intervenant d'Izmir, en apart&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; la pression&lt;/strong&gt; europ&#233;enne pour contenir les arriv&#233;es en Gr&#232;ce, la Turquie a repris &#224; son compte le jargon distinguant les migrants &#233;conomiques des &#171; vrais &#187; r&#233;fugi&#233;s pour fermer ses fronti&#232;res. Pour emp&#234;cher les d&#233;parts vers l'Europe, mais pas uniquement. Sous pr&#233;texte de lutte contre les faux passeports et contre la venue de Syriens qui ne seraient pas des r&#233;fugi&#233;s fuyant la guerre, Ankara requiert depuis le 8 janvier des visas pour tous les Syriens arrivant par avion et bateau en Turquie. Un nouveau plan de facilitation des permis de travail a &#233;t&#233; annonc&#233; en parall&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le m&#234;me jour&lt;/strong&gt;, &#224; Beyrouth, 400&#8239;Syriens qui avaient un billet pour la Turquie se sont vus refoul&#233;s vers Damas. Pas de bol, le billet &#233;tait dat&#233; de la veille mais la mauvaise m&#233;t&#233;o avait bloqu&#233; les avions au sol. Les Syriens devront d&#233;sormais regagner leur pays par la fronti&#232;re nord, que les soutiens aux migrants sur place disent ferm&#233;e. &#192; l'ouest, sur plus d'un tiers de la fronti&#232;re, on a d&#233;j&#224; h&#233;riss&#233; des murs et des cl&#244;tures barbel&#233;es pour emp&#234;cher l'approvisionnement de l'&#201;tat islamique en Syrie. Human Rights Watch, dans un rapport du 23&#8239;novembre 2015, fait &#233;tat de refoulements r&#233;guliers des r&#233;fugi&#233;s et de la quasi-fermeture des deux postes frontaliers officiels, o&#249; ne passent que quelques bless&#233;s. Les r&#233;fugi&#233;s doivent avoir recours aux passeurs et aux routes les plus dangereuses pour atteindre la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rapporteur&lt;/strong&gt; sp&#233;cial de l'ONU sur les droits de l'homme des migrants, Fran&#231;ois Cr&#233;peau, d&#233;nonce : &#171; &lt;i&gt;Les pays europ&#233;ens devraient aussi &#234;tre tenus pour responsables : ils comptent sur de telles violations par les pays de transit&#8239;&#8211;&#8239;sur lesquels ils font pression et incitent &#224; adopter des mesures r&#233;pressives&#8239;&#8211;&#8239;pour servir de moyens de dissuasion pour de potentiels futurs migrants. Le fait que cette dissuasion n'ait jamais &#233;t&#233; efficace ne freine pas l'enthousiasme de l'Europe &#224; encourager des m&#233;canismes de confinement par procuration.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, mais&lt;/strong&gt; l'Union europ&#233;enne se d&#233;responsabilise. C'est ce qu'on appelle l'externalisation. Loin des yeux, loin du c&#339;ur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur la situation des Syriens et des Syriennes en Turquie, nous vous renvoyons au &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;136 et &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Tragedies-syriennes-Revolution&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son dossier&lt;/a&gt;&#171; Syrie, r&#233;volution vol&#233;e &amp; exil &#187;. Notamment &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Refugiees-syriennes-a-Istanbul&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Istanbul l'exil syrien&lt;/a&gt; &#187; de notre reporter Micka&#235;l Correia et l'interview de la juriste Zeynep Kivilcim &#171; Les r&#233;fugi&#233;es syriennes sont juridiquement captives du gouvernement turc &#187; [NdlR].&lt;/p&gt;
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