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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Les pays europ&#233;ens se sont habitu&#233;s &#224; la violence contre les migrants &#187;</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec le sp&#233;cialiste des migrations et g&#233;ographe Olivier Clochard, qui retrace des d&#233;cennies de faillite g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'Europe concernant l'accueil des migrants. Olivier Clochard est g&#233;ographe au CNRS, sp&#233;cialiste des migrations. Depuis des ann&#233;es, il op&#232;re un travail critique des politiques europ&#233;ennes en la mati&#232;re, et a notamment publi&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 2000 la premi&#232;re carte des morts aux fronti&#232;res de l'Europe. Il a &#233;galement dirig&#233; l'impressionnant travail de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no209-mai-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;209 (mai 2022)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec le sp&#233;cialiste des migrations et g&#233;ographe Olivier Clochard, qui retrace des d&#233;cennies de faillite g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'Europe concernant l'accueil des migrants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4532 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;202&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200clochard1_resultat-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/1200clochard1_resultat-2-9a01f.jpg?1768756852' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photographie de Louis Witter. L&#233;gende : Des jeunes marocains tentent de franchir les barri&#232;res du port de Ceuta, qui m&#232;nent aux ferries &#224; destination de l'Espagne. Le 17 f&#233;vrier 2019 &#224; Ceuta, Espagne.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;O&lt;/span&gt;livier Clochard est g&#233;ographe au CNRS, sp&#233;cialiste des migrations. Depuis des ann&#233;es, il op&#232;re un travail critique des politiques europ&#233;ennes en la mati&#232;re, et a notamment publi&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 2000 la premi&#232;re carte des morts aux fronti&#232;res de l'Europe. Il a &#233;galement dirig&#233; l'impressionnant travail de documentation qu'est l'&lt;i&gt;Atlas des migrants en Europe&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Atlas des migrants en Europe &#8211; Approche critique des politiques migratoires, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Dans cet entretien, il dresse le portrait d'une Europe toujours plus cadenass&#233;e, semant violence et mort &#224; l'encontre des personnes en exil tentant de la rejoindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les politiques europ&#233;ennes en mati&#232;re de migration donnent l'impression d'un processus de durcissement acc&#233;l&#233;r&#233;, tout en s'inscrivant dans un temps long&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette situation s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 1990, avec la mise en place de l'espace Schengen et la communautarisation des politiques d'asile et d'immigration. Il y a eu &#224; partir de cette &#233;poque un renforcement des contr&#244;les, notamment aux fronti&#232;res ext&#233;rieures de cet espace. Une politique qui ne concernait plus seulement l'int&#233;rieur de l'Europe mais &#233;galement l'espace m&#233;diterran&#233;en, provoquant de plus en plus de d&#233;c&#232;s : noyades dans des rivi&#232;res et fleuves frontaliers comme l'&#201;vros &#224; la fronti&#232;re gr&#233;co-turque, morts par hypothermie dans les massifs montagneux ; et puis de nombreux naufrages, devenus malheureusement une banalit&#233;. Cela a men&#233; &#224; cette s&#233;quence terrible en 2015, o&#249; plusieurs bateaux charg&#233;s de centaines de personnes ont sombr&#233; en M&#233;diterran&#233;e. De 2014 &#224; 2016, le bilan dans la partie centrale de cette mer s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 12 000 personnes noy&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;currence des naufrages est d&#233;sormais entr&#233;e dans une forme de normalit&#233;, tr&#232;s inqui&#233;tante. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les pays europ&#233;ens se sont habitu&#233;s &#224; la violence &#224; l'encontre des migrants. Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, c'&#233;tait plus discret mais pas moins violent, &#224; l'image de policiers marocains crevant avec des couteaux des bateaux pneumatiques en pleine mer. Aujourd'hui, nous avons affaire &#224; une violence assum&#233;e. Par exemple avec le cas des 19 migrants morts de froid apr&#232;s avoir &#233;t&#233; refoul&#233;s et d&#233;pouill&#233;s de leurs habits &#224; la fronti&#232;re grecque, en f&#233;vrier dernier. Des cas graves qui ne suscitent pas de r&#233;action &#8211; hormis de la part de certains m&#233;dias, ONG et militants tentant d'interpeller les responsables, sans effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut en tout cas acter qu'il y a d&#233;sormais une certaine acceptation de la brutalit&#233;. Certes, cela ne se voit pas vraiment dans les textes europ&#233;ens, o&#249; la question des renvois et des refoulements s'exprime de mani&#232;re feutr&#233;e, euph&#233;mis&#233;e. Sur le terrain, par contre, &#231;a se d&#233;cline de mani&#232;re tr&#232;s brutale. Il y a de multiples cas. Par exemple les &lt;i&gt;pushbacks&lt;/i&gt; en mer &#201;g&#233;e, o&#249; des agents des forces de l'ordre tapent avec des perches sur les personnes dans les navires. Nous pourrions aussi mentionner ce qui se passe &#224; Calais, avec des expulsions presque quotidiennes et o&#249;, devant l'important renforcement des contr&#244;les frontaliers, les exil&#233;s tentent la travers&#233;e du d&#233;troit sur de fr&#234;les embarcations, conduisant l&#224; aussi &#224; de nombreux naufrages. Ce sont des choses que je croyais impensables jusqu'il y a peu. En 2015 encore, il y avait une certaine attention &#224; ces questions, bien symbolis&#233;e par le film &lt;i&gt;Welcome&lt;/i&gt; de Vincent Lindon (2009), mettant en sc&#232;ne une approche humaniste de la question calaisienne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il semble qu'il aurait pu y avoir un changement de cap en 2015, avec l'Allemagne ouvrant ses portes et la m&#233;diatisation de la mort du petit Aylan Kurdi. Or c'est l'inverse qui s'est pass&#233;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#201;tant donn&#233; la guerre en Syrie qui durait depuis quatre ans, on aurait certes pu penser qu'il y aurait une v&#233;ritable prise de conscience, similaire &#224; ce qu'on a r&#233;cemment vu avec l'Ukraine. &#199;a n'a pas &#233;t&#233; le cas. Et on s'est content&#233; de poursuivre la politique s&#233;curitaire li&#233;e &#224; la communautarisation des politiques europ&#233;ennes d'asile et d'immigration, avec notamment une augmentation importante des barri&#232;res (Ceuta, Melilla, fronti&#232;res entre la Turquie et la Gr&#232;ce ou la Bulgarie, etc.) et des moyens de contr&#244;le technologiques (drones, enregistrement des empreintes digitales, etc.). Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, des entreprises priv&#233;es sont &#224; la man&#339;uvre pour profiter de ce march&#233; juteux. La Commission europ&#233;enne a ainsi propos&#233; d&#232;s 2002 la mise en place d'un groupe de recherche europ&#233;en sur la s&#233;curit&#233;, charg&#233; de travailler sur &#8220;&lt;i&gt;la gestion int&#233;gr&#233;e des fronti&#232;res&lt;/i&gt;&#8221; des &#233;tats membres. Et en 2004, on a fait appel &#224; diverses entreprises comme Airbus et Thales en France, Ericsson en Su&#232;de ou Indra en Espagne, qui participent &#224; la conception des technologies &#233;voqu&#233;es pr&#233;c&#233;demment. Tous participent &#224; ces recherches, promeuvent intens&#233;ment l'id&#233;e de la n&#233;cessit&#233; d'un contr&#244;le renforc&#233;, avec un fort lobbying aupr&#232;s des instances europ&#233;ennes. Et tout cela est men&#233; de mani&#232;re relativement opaque. Cela conduit &#224; un effet boucle, avec application de ces mesures dans tout l'espace europ&#233;en, sans aucune prise en compte des recherches sur les migrations. La critique n'existe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, comme le montre l'exemple de la situation migratoire autour du mur entre la Serbie et la Hongrie, les gens passent quand m&#234;me. Au fond, les murs et leur attirail technologique ne sont pas tr&#232;s efficaces, et contribuent simplement &#224; rendre encore plus dure l'existence des personnes exil&#233;es. Je me souviens d'avoir particip&#233; en 2015-2016 &#224; un groupe de travail diligent&#233; par le ministre de l'Int&#233;rieur Bernard Cazeneuve et cens&#233; proposer des pistes pour am&#233;liorer la situation migratoire &#224; Calais. Avec la sociologue Karen Akoka, nous avions pos&#233; cette question : est-ce qu'il ne faudrait pas commencer par faire un bilan des politiques men&#233;es depuis pr&#232;s de quinze ans, notamment sur le plan financier ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Au fond, les murs et leur attirail technologique ne sont pas tr&#232;s efficaces, et contribuent simplement &#224; rendre encore plus dure l'existence des personnes exil&#233;es. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Notre requ&#234;te n'a pas &#233;t&#233; accept&#233;e. Et c'est pareil dans toute l'Europe : on investit &#233;norm&#233;ment d'argent dans des dispositifs de contr&#244;le sans se soucier des effets, notamment sur les principaux concern&#233;s, mais aussi sur la constitution de r&#233;seaux de passeurs toujours plus puissants &#8211; plus il y a d'obstacles, plus ils sont n&#233;cessaires. On ne prend jamais &#231;a en compte. Ni l'aspect moral, ni l'aspect financier. Et on poursuit la mise en place de ces dispositifs, alors m&#234;me que les gens continuent d'arriver et sont maintenus dans des conditions tr&#232;s difficiles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4533 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;314&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200clochard2_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/1200clochard2_resultat-73b76.jpg?1768756852' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photographie de Louis Witter. L&#233;gende : Dans les blocs de b&#233;ton du port dorment tous ceux qui ne vont ni au centre pour mineurs, ni au centre pour majeurs. Zakaria se r&#233;veille aux alentours de huit heures. Pour se laver un peu, il r&#233;cup&#232;re de l'eau de mer dans un petit seau. Le 22 f&#233;vrier 2019 &#224; Ceuta, Espagne.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derni&#232;re &#233;volution inqui&#233;tante, la d&#233;cision du Royaume-Uni d'externaliser les demandes d'asile au Rwanda...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En fait, c'est une id&#233;e ancienne. En 1986, le Danemark avait d&#233;j&#224; avanc&#233; une proposition similaire devant les Nations unies, reprise en 1994 par les Pays-Bas dans un cadre intergouvernemental. Mais ces deux intentions &#233;taient rest&#233;es &#224; l'&#233;tat de projet. Cette volont&#233; de d&#233;l&#233;guer le traitement de l'asile &#224; d'autres pays que celui o&#249; est la personne trouve aussi ses origines dans la convention de Dublin de 1990, transform&#233;e en r&#232;glement en 2003. Ses dispositions r&#233;pondent &#224; l'obsession des &#201;tats de renvoyer les requ&#233;rants dans le pays par lequel ils sont entr&#233;s en Europe. Cette r&#233;glementation engendre un fort d&#233;s&#233;quilibre entre &#201;tats et prend tr&#232;s peu en compte les projets de vie des personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e, remise &#224; l'ordre du jour par le Royaume-Uni, a &#233;t&#233; plusieurs fois propos&#233;e par le pass&#233;, notamment en 2003, avec d&#233;j&#224; les Britanniques aux manettes, sugg&#233;rant que les migrants soient renvoy&#233;s dans des camps &#224; l'ext&#233;rieur de l'Union europ&#233;enne (UE). En 2004, les ministres italien et allemand de l'Int&#233;rieur ont cherch&#233; eux aussi &#224; externaliser la proc&#233;dure de demande d'asile, en utilisant l'euph&#233;misme &#8220;&lt;i&gt;guichet europ&#233;en de l'immigration&lt;/i&gt;&#8221;. Aucune de ces tentatives n'a &#233;t&#233; suivie. Mais elles correspondaient &#224; des coups de boutoir dans les politiques d'asile, de plus en plus forts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le Rwanda, il y a aussi eu une construction progressive de son r&#244;le. Je vous renvoie notamment &#224; une note d'actualit&#233; du r&#233;seau Migreurop, &#8220;Prot&#233;ger et contr&#244;ler, les deux visages du HCR&#8221; &lt;i&gt;[mai 2020]&lt;/i&gt;. On y montrait que l'Europe n'accueillait pas de r&#233;fugi&#233;s touch&#233;s par le conflit libyen et que le Rwanda jouait un r&#244;le notable dans le dispositif mis en place par l'UE pour accueillir les &#233;trangers en tr&#232;s grande difficult&#233; dans le pays, en &#233;change de millions de dollars. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a de plus en plus d'acteurs impliqu&#233;s et des ramifications d'une complexit&#233; assez effarante...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, les cas sont multiples. De la Libye que l'on paye pour retenir les migrants dans les conditions que l'on sait aux pays dits de &#8220;transit&#8221;, comme la Serbie, somm&#233;s de s'impliquer davantage en &#233;change notamment d'une politique de visas plus favorable pour leurs ressortissants. En tout cas, on s'oriente de plus en plus vers les pays frontaliers de l'UE. Avec une politique europ&#233;enne de voisinage &#224; partir de 2001. Ou les partenariats pour la mobilit&#233; (PPM) mis en place avec la Tunisie, la Moldavie, etc., qui visent &#224; favoriser certaines &#8220;migrations choisies&#8221;, ce qui induit &#233;galement l'id&#233;e de formaliser davantage l'approche europ&#233;enne restrictive des migrations. Ou bien l'enchev&#234;trement d'accords bilat&#233;raux et multilat&#233;raux entre &#201;tats de l'UE et pays africains. L'id&#233;e, c'est qu'on facilite certaine mobilit&#233;s &#8220;choisies&#8221; et que, de l'autre c&#244;t&#233;, on renforce les contr&#244;les migratoires vis-&#224;-vis d'autres personnes qualifi&#233;es d'ind&#233;sirables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ce paysage vient s'ajouter le pacte europ&#233;en sur la migration et l'asile de 2020, que la chercheuse Claire Rodier qualifiait r&#233;cemment d' &#171; usine &#224; gaz &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce pacte fourre-tout vient renforcer l'id&#233;e de mettre en place de grands centres de transit, comme en Gr&#232;ce par exemple avec les &lt;i&gt;hotspots&lt;/i&gt;, pour op&#233;rer des tris entre, d'un c&#244;t&#233;, celles et ceux que les &#201;tats consentent &#224; accepter et, de l'autre, celles et ceux que les autorit&#233;s rejettent, soit en les expulsant de l'UE, soit en laissant les personnes enferm&#233;es dans des situations d&#233;gradantes et inhumaines. Il est certes rappel&#233; dans ce pacte le &#8220;&lt;i&gt;plein respect du principe de non-refoulement&lt;/i&gt;&#8221; ou plus largement le &#8220;&lt;i&gt;respect des droits fondamentaux&lt;/i&gt;&#8221;. Mais dans le m&#234;me temps est annonc&#233; le renforcement des contr&#244;les policiers. Si ce pacte n'est pas encore appliqu&#233;, il s'inscrit en tout cas dans la droite ligne des politiques de ces trente derni&#232;res ann&#233;es. Et il ne va clairement pas vers davantage de simplification&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'on en parle moins depuis le d&#233;but de la guerre en Ukraine, qui a mis en lumi&#232;re la dimension diff&#233;renci&#233;e des politiques men&#233;es &#8211; et le racisme latent des mesures appliqu&#233;es &lt;i&gt;[lire p. VIII]&lt;/i&gt;. Si les dispositifs europ&#233;ens mis en place pour les r&#233;fugi&#233;s ukrainiens soulignent la n&#233;cessit&#233; de venir en aide aux personnes en qu&#234;te de protection, ces m&#233;canismes &#233;voquent &#233;galement des formes de racisme profond&#233;ment ancr&#233;es dans nos soci&#233;t&#233;s. Par exemple &#224; Calais, la maire Natacha Bouchart (ex-LR qui vient de rallier le pr&#233;sident de la R&#233;publique) et la sous-pr&#233;fecture ont mis &#224; disposition l'auberge de jeunesse pour les r&#233;fugi&#233;s ukrainiens, alors qu'ils appliquent depuis des ann&#233;es une politique tr&#232;s restrictive &#224; l'encontre des migrants en transit sur leur territoire (&#233;vacuation de squats, d&#233;mant&#232;lement de camps informels, interdiction &#224; certaines associations de fournir de la nourriture, etc.). On a entendu des d&#233;clarations &#233;c&#339;urantes sur les&lt;i&gt; bons&lt;/i&gt; r&#233;fugi&#233;s ukrainiens. Un journaliste britannique de la BBC a &#233;voqu&#233; &#8220;&lt;i&gt;des gens avec des yeux bleus et des cheveux blonds&lt;/i&gt;&#8221;. En tout cas, la proc&#233;dure de r&#233;ponse &#224; un &#8220;afflux massif&#8221; a &#233;t&#233; mise en place pour l'Ukraine. Ce qui est une tr&#232;s bonne chose. Mais &#231;a n'a pas &#233;t&#233; le cas dans le pass&#233;, par exemple en 2011 avec le Printemps arabe, alors que Malte et l'Italie faisaient des demandes en ce sens. Ni en 2015 avec la crise syrienne ou en 2021 avec l'Afghanistan. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tableau trac&#233; est noir. Y a-t-il des lueurs d'espoirs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il convient d&#233;j&#224; de rappeler qu'il y a beaucoup de gens et d'associations qui m&#232;nent un travail critique et humanitaire. On peut esp&#233;rer qu'&#224; un moment cela produise des effets sur la soci&#233;t&#233;, qu'il y ait une vraie r&#233;flexion. Et l'exemple ukrainien a montr&#233; une chose : quand on veut mettre les moyens d'un v&#233;ritable accueil, on peut. Mais ces questions ne sont pour l'instant pas prises en compte par les responsables politiques, les seuls sans doute &#224; m&#234;me de faire changer de cap les politiques migratoires des pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; L'exemple ukrainien a montr&#233; une chose : quand on veut mettre les moyens d'un v&#233;ritable accueil, on peut. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En attendant, il y a beaucoup d'outils que l'on peut mobiliser. De mon c&#244;t&#233;, c'est la g&#233;ographie. Spatialiser les questions migratoires permet de rassembler des informations et des &#233;l&#233;ments dispers&#233;s dans un texte, de faire prendre conscience d'une situation dont on entend parler par intermittence. Pour la question des morts aux fronti&#232;res, des camps, des accords, &#231;a apporte quelque chose, &#231;a appuie le d&#233;veloppement des analyses critiques. La carte des morts aux fronti&#232;res de l'Europe que j'avais r&#233;alis&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 2000 est toujours actualis&#233;e aujourd'hui, notamment par le g&#233;ographe Nicolas Lambert&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment &#171; Les damn&#233;&#183;es de la mer &#187;, sur le site de Migreurop (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, rappelant le co&#251;t humain terrible des politiques europ&#233;ennes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Atlas des migrants en Europe &#8211; Approche critique des politiques migratoires&lt;/i&gt;, Armand Colin, 2017, sous l'impulsion du r&#233;seau Migreurop.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir notamment &lt;a href=&#034;http://migreurop.org/article3026.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les damn&#233;&#183;es de la mer &#187;&lt;/a&gt;, sur le site de Migreurop (05/02/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Ce cirque qui consiste &#224; voter pour nos ma&#238;tres &#187;</title>
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		<dc:date>2022-04-08T10:05:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simone Sittwe</dc:creator>


		<dc:subject>C&#233;cile Kiefer</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
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		<dc:subject>Francis Dupuis-D&#233;ri</dc:subject>
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		<dc:subject>politiques</dc:subject>
		<dc:subject>C&#233;cile Kiefer</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s Les Black blocs &#8211; La libert&#233; et l'&#233;galit&#233; se manifestent (Lux, 2003) ou L'Anarchie expliqu&#233;e &#224; mon p&#232;re (Lux, 2014), Francis Dupuis-D&#233;ri, chercheur en sciences politiques et auteur prolixe, commet en 2019 un essai vivifiant : Nous n'irons plus aux urnes &#8211; Plaidoyer pour l'abstention (Lux). O&#249; il est question de critique radicale du syst&#232;me &#233;lectoral, de subversion du jeu et de pistes d'&#233;mancipation. Si on ne se hasardera dans ces pages &#224; aucun pronostic quant au r&#233;sultat de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no208-avril-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;208 (avril 2022)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cecile-Kiefer-830" rel="tag"&gt;C&#233;cile Kiefer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/democratie-directe" rel="tag"&gt;d&#233;mocratie directe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Francis-Dupuis-Deri" rel="tag"&gt;Francis Dupuis-D&#233;ri&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vote" rel="tag"&gt;vote&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/democratie" rel="tag"&gt;d&#233;mocratie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politiques" rel="tag"&gt;politiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cecile-Kiefer-227" rel="tag"&gt;C&#233;cile Kiefer&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH106/1200votervomir_2-8ea74.jpg?1768700652' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;i&gt;Les Black blocs &#8211; La libert&#233; et l'&#233;galit&#233; se manifestent &lt;/i&gt;(Lux, 2003) ou &lt;i&gt;L'Anarchie expliqu&#233;e &#224; mon p&#232;re&lt;/i&gt; (Lux, 2014), Francis Dupuis-D&#233;ri, chercheur en sciences politiques et auteur prolixe, commet en 2019 un essai vivifiant : &lt;i&gt;Nous n'irons plus aux urnes &#8211; Plaidoyer pour l'abstention&lt;/i&gt; (Lux). O&#249; il est question de critique radicale du syst&#232;me &#233;lectoral, de subversion du jeu et de pistes d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4481 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200votervomir_resultat-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH707/1200votervomir_resultat-2-63a80.jpg?1768700653' width='500' height='707' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de C&#233;cile Kiefer
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;i on ne se hasardera dans ces pages &#224; aucun pronostic quant au r&#233;sultat de la pr&#233;sidentielle, ce qu'on peut en revanche affirmer sans trop de risque, c'est que Francis Dupuis-D&#233;ri n'ira pas voter les 10 et 24 avril. D'une, parce qu'il est Qu&#233;b&#233;cois ; de deux, parce que mettre un bulletin dans une urne, c'est pas franchement sa came. Chercheur et professeur de sciences politiques et d'&#233;tudes f&#233;ministes &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al (Uqam), ce sp&#233;cialiste des mouvements sociaux est aussi l'auteur d'un essai qui fleure bon la s&#233;dition : &lt;i&gt;Nous n'irons plus aux urnes&lt;/i&gt;, sous-titr&#233; &lt;i&gt;Plaidoyer pour l'abstention&lt;/i&gt;, paru chez Lux en 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on l'interroge sur l'int&#233;r&#234;t politique de s'abstenir, Francis Dupuis-D&#233;ri ne fait pas dans la dentelle : &#171; &lt;i&gt;Pour ne pas participer au choix de nos ma&#238;tres ; ne pas cautionner un syst&#232;me fondamentalement in&#233;galitaire qui maintient au pouvoir un monarque &#233;lu (le pr&#233;sident) et une aristocratie &#233;lue (les parlementaires) ; parce qu'on a si souvent &#233;t&#233; d&#233;&#231;us ; qu'on n'en peut plus de voter &#8220;contre&#8221; ; qu'aucune candidature ne correspond &#224; nos priorit&#233;s, nos valeurs, nos espoirs et nos int&#233;r&#234;ts&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ; parce que la vie est ailleurs...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une diatribe &#224; l'emporte-pi&#232;ce ? On en est loin, l'opuscule de Francis Dupuis-D&#233;ri reposant en grande partie sur des &#233;l&#233;ments d'histoire politique solides et des r&#233;flexions inspirantes, impr&#233;gn&#233;es entre autres de la pens&#233;e de grandes figures de l'anarchisme, de Louise Michel &#224; Errico Malatesta en passant par Voltairine de Cleyre et Pierre Kropotkine. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez du vote comme d'un outil de &#171; &lt;i&gt;d&#233;possession&lt;/i&gt; &#187;, voire &#171; &lt;i&gt;d'usurpation&lt;/i&gt; &#187; de notre pouvoir politique par les &#233;lites. C'est-&#224;-dire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le fait est que les exp&#233;riences de d&#233;mocratie r&#233;elle, ou directe, ne connaissaient pas le vote ni d'&#233;lites &#233;lues. C'&#233;tait vrai &#224; Ath&#232;nes mais aussi chez les Premi&#232;res Nations autochtones en Am&#233;rique du Nord, avant que les puissances coloniales anglaise et fran&#231;aise ne d&#233;truisent leur syst&#232;me politique, et en bien d'autres endroits du monde o&#249; les d&#233;cisions se prenaient collectivement dans des assembl&#233;es de villages, y compris au Moyen &#194;ge en Europe &#8211; et parfois dans des assembl&#233;es non mixtes de femmes, comme chez les Igbo au Nig&#233;ria, avant que le colonisateur anglais ne les interdise au d&#233;but des ann&#233;es 1930. Lors de la fondation des premi&#232;res r&#233;publiques modernes &#224; la fin du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, d'abord aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique apr&#232;s la guerre d'ind&#233;pendance contre l'Angleterre, puis en France et &#224; Ha&#239;ti, les &#233;lites r&#233;volutionnaires n'ont pas propos&#233; d'instaurer la d&#233;mocratie directe et elles ne se d&#233;finissaient m&#234;me pas comme &#8220;d&#233;mocrates&#8221; &#8211; mot repoussoir qui &#233;voquait le chaos et la tyrannie des pauvres. Elles ne visaient qu'&#224; remplacer l'ancienne aristocratie coloniale et monarchiste, en instaurant un r&#233;gime &#233;lectoral, qui n'est rien d'autre qu'une aristocratie &#233;lective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que plus tard, dans les ann&#233;es 1820 aux &#201;tats-Unis et en 1848 en France, que certains candidats vont commencer &#224; se pr&#233;tendre d&#233;mocrates, par pur calcul &#233;lectoral (car c'est un discours qui s&#233;duit le peuple), sans pour autant proposer d'abolir le parlement ni d'instaurer un syst&#232;me de d&#233;mocratie directe dans lequel ils se retrouveraient d'ailleurs au ch&#244;mage ! &#201;videmment, cette aristocratie &#233;lue se gargarise de beaux principes comme &#8220;la souverainet&#233; du peuple&#8221; et &#8220;la d&#233;mocratie&#8221;, mais c'est elle qui d&#233;tient et exerce le v&#233;ritable pouvoir politique, qu'elle partage avec le monarque &#233;lu, le pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, non seulement nous sommes d&#233;poss&#233;d&#233;s du pouvoir politique r&#233;el par une &#233;lite qui pr&#233;tend nous gouverner pour notre bien, mais on nous culpabilise&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Francis Dupuis-D&#233;ri explique cela en d&#233;tail dans son livre D&#233;mocratie : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; si on refuse de participer &#224; ce cirque qui consiste &#224; voter pour nos ma&#238;tres&#8230;. sans parler de l'imbrication entre les &#233;lites politiques, &#233;conomiques et m&#233;diatiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On rappelle souvent aux abstentionnistes que certaines personnes sont mortes pour le droit de vote. Or, vous &#233;crivez que &#171; &lt;i&gt;rendre hommage avec insistance aux personnes mortes pour le droit de vote contribue souvent &#224; occulter la m&#233;moire de celles qui d&#233;fendaient [&#8230;] l'autogestion, l'autonomie, l'anarchie &#187;&lt;/i&gt;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des gens sont morts pour toutes les causes : pour d&#233;fendre la monarchie ou le fascisme et aussi, il est vrai, pour obtenir le droit de vote. Ces derniers ont permis &#224; la nouvelle &#233;lite lib&#233;rale-r&#233;publicaine d'acc&#233;der au pouvoir. Mais une fois instaur&#233;, ce r&#233;gime parlementaire est aussi inflexible que le pr&#233;c&#233;dent et ne permet certainement pas son remplacement par la vraie d&#233;mocratie, la d&#233;mocratie directe. Dans les faits, des d&#233;fenseurs du parlementarisme ont aussi, de leur c&#244;t&#233;, assassin&#233; et massacr&#233; des partisans de la d&#233;mocratie directe, par exemple conseillistes ou anarchistes. M&#234;me les Communes ont &#233;t&#233; &#233;cras&#233;es par le r&#233;gime parlementaire centralisateur, comme vous le savez tr&#232;s bien en France&#8230; Bref, &#224; chacun ses h&#233;ros, &#224; chacun ses martyrs, &#224; chacun ses bourreaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;voquez l'histoire des suffragettes de Grande-Bretagne dont on c&#233;l&#232;bre encore aujourd'hui la victoire, tout en &#233;ludant les modes d'action qui l'ont rendue possible...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mouvement anglais du droit pour les femmes de voter &#8211; et d'&#234;tre &#233;lues &#8211; s'est divis&#233; entre les suffragistes et les suffragettes. Les premi&#232;res ont commenc&#233;, vers la fin du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &#224; pratiquer le lobbying aupr&#232;s de d&#233;put&#233;s favorables &#224; leur cause, &#224; lancer des p&#233;titions, &#224; publier des journaux, &#224; organiser des meetings et &#224; parader avec des banni&#232;res frapp&#233;es du slogan &#171; &lt;i&gt;Law Abiding Suffragists&lt;/i&gt; &#187; [Suffragistes respectueuses de la loi]. Les secondes, apparues au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, ont pour leur part d&#233;cid&#233; de passer &#224; l'action directe apr&#232;s avoir constat&#233; qu'une quarantaine d'ann&#233;es &#224; demander poliment le droit de vote n'avait abouti &#224; rien. Comme en France et ailleurs, les hommes n'avaient pas &lt;i&gt;oubli&#233;&lt;/i&gt; d'accorder aux femmes le droit de voter et d'&#234;tre &#233;lues : ils le leur refusaient r&#233;guli&#232;rement, votant contre des dizaines de projets de lois en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les suffragettes ont donc convenu qu'il fallait d&#233;ranger le plus possible. En 1903, elles forment la &lt;i&gt;Women's Social and Political Union &lt;/i&gt;(WSPU), qui publie un journal (&lt;i&gt;Vote for Women&lt;/i&gt;) et organise des meetings et des manifestations. Elles se mettent aussi &#224; perturber les rassemblements des partis politiques, &#224; tel point que les femmes s'y voient par la suite refoul&#233;es &#224; l'entr&#233;e. Qu'importe, les suffragettes ripostent. En se postant sur les toits avoisinants pour lancer des tuiles sur la foule. Ou bien en organisant des manifestations devant le Parlement, qui virent parfois &#224; l'&#233;meute, certaines militantes parvenant &#224; p&#233;n&#233;trer dans le b&#226;timent. Elles manifestent aussi dans le centre-ville de Londres, o&#249; elles saccagent &#224; coups de marteaux ou de pierres les vitrines de bureaux gouvernementaux, de grands magasins et de journaux antisuffragistes comme le &lt;i&gt;Daily Mail&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Daily News&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Qu'importe, les suffragettes ripostent. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Des centaines d'entre elles sont arr&#234;t&#233;es. Leur dirigeante Emmeline Pankhurst d&#233;clare alors que &#8220;&lt;i&gt;l'argument du carreau bris&#233; est l'argument qui a le plus de valeur en politique moderne&lt;/i&gt;&#8221;. Et elles ne s'arr&#234;tent pas l&#224; : les suffragettes saccagent des terrains de golf, coupent des fils t&#233;l&#233;graphiques et vandalisent des &#339;uvres d'art, si bien que la National Gallery, la Tate Gallery et la Wallace Collection ferment leurs portes et que le British Museum n'accepte les femmes que si elles s'engagent formellement &#224; rester calmes. Des centaines d'entre elles sont ensuite emprisonn&#233;es et entament des gr&#232;ves de la faim avant d'&#234;tre gav&#233;es de force. Elles vont enfin perp&#233;trer plus de 300 attentats &#224; la bombe ou incendies en 1913 et 1914, prenant pour cibles des &#233;glises, des trains, des r&#233;sidences secondaires de ministres antisuffragistes. Raconter cette histoire permet de r&#233;fl&#233;chir &#224; la pertinence de l'action directe et des actions de perturbation, &#224; la l&#233;gitimit&#233; des black blocs&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet : Francis Dupuis-D&#233;ri, Les Black blocs &#8211; La libert&#233; et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un si&#232;cle plus tard, on observe un taux d'abstention &#233;lev&#233; chez les classes populaires ainsi que dans les territoires fran&#231;ais d'Outre-mer, comme chez les populations autochtones du Qu&#233;bec. Comment l'expliquer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En fait, le taux d'abstention est g&#233;n&#233;ralement plus &#233;lev&#233; dans les cat&#233;gories de la population les plus pauvres ou les plus marginalis&#233;es, et on en conclut souvent que cela repr&#233;sente un d&#233;ficit d'int&#233;gration. On pense aussi, &#224; l'inverse, que les cat&#233;gories sup&#233;rieures, chez lesquelles le taux de vote est le plus &#233;lev&#233;, sont plus responsables, mieux &#233;duqu&#233;es, mieux int&#233;gr&#233;es. Le choix des mots est important. Pour ma part, je pr&#233;f&#232;re dire que ces derni&#232;res ont &#233;t&#233; bien &#233;lev&#233;es, qu'elles sont bien endoctrin&#233;es, bien assimil&#233;es au syst&#232;me &#8211; qui d'ailleurs sert tr&#232;s bien leurs int&#233;r&#234;ts, en particulier mat&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; &lt;i&gt;La question importante n'est pas pourquoi les Mohawks refusent de voter, mais pourquoi devraient-ils voter ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A contrario&lt;/i&gt;, il suffit de demander aux cat&#233;gories d&#233;favoris&#233;es pourquoi elles votent si peu pour obtenir des r&#233;ponses tr&#232;s claires : aucune &#233;lite politique ne les repr&#233;sentant vraiment, c'est toujours la m&#234;me mis&#232;re, quelles que soient les promesses. Dans le cas plus sp&#233;cifique d'&#201;tats coloniaux comme le Qu&#233;bec et la France, une part importante des populations indig&#232;nes ne se reconnaissent tout simplement pas dans les institutions coloniales, ni dans les &#233;lites de la m&#233;tropole. Par exemple &lt;i&gt;[lors des &#233;lections g&#233;n&#233;rales qu&#233;b&#233;coises de 2014]&lt;/i&gt;, pr&#232;s de Montr&#233;al, on a observ&#233; dans la communaut&#233; mohawk (iroquoise) un taux d'abstention de 98 % ! Comme le disait Steve Bonspiel, un Mohawk de Kahnawake : &#8220;&lt;i&gt;La question importante n'est pas pourquoi les Mohawks refusent de voter, mais pourquoi devraient-ils voter&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt;&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel regard portez-vous sur les combats de ceux qui veulent r&#233;former le syst&#232;me, &#224; l'instar des Gilets jaunes qui demandent notamment la mise en place du referendum d'initiative citoyenne (RIC) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Plusieurs parmi nous sont &#224; la recherche de solutions pour am&#233;liorer ou refonder le syst&#232;me politique. On pourrait aussi &#233;voquer l'&#233;lection proportionnelle, le tirage au sort, etc. J'admets qu'il y a certainement place &#224; l'am&#233;lioration pour rendre les syst&#232;mes &#233;lectoraux plus participatifs et moins corrompus. Ainsi, il vaut assur&#233;ment mieux avoir un contr&#244;le public sur les d&#233;penses &#233;lectorales, par exemple, ou une dose de proportionnalit&#233;, ou encore la possibilit&#233; de lancer un r&#233;f&#233;rendum populaire, comme en Californie ou en Suisse. Dans ce dernier cas, les autorit&#233;s politiques ont l'obligation de faire approuver par r&#233;f&#233;rendum des projets qui touchent des enjeux fondamentaux, comme une r&#233;vision de la Constitution. La demande peut aussi venir du peuple : il faut alors, selon les cas, 50 000 ou 100 000 signatures pour imposer la consultation du vote populaire sur des sujets aussi diff&#233;rents que la mise en place d'un revenu de base inconditionnel, ou d'une journ&#233;e de r&#233;flexion obligatoire pour les femmes avant un avortement, ou encore l'achat d'avions de combat (il s'agit d'exemples r&#233;cents).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la Suisse est-elle pour autant une soci&#233;t&#233; si diff&#233;rente de celles des autres r&#233;gimes lib&#233;raux-r&#233;publicains ? C'est que les forces de la soci&#233;t&#233; civile et surtout les puissances &#233;conomiques savent influencer ces dispositifs &#8220;d&#233;mocratiques&#8221;, et les parlementaires savent faire tra&#238;ner les projets qui les d&#233;rangent. Cette d&#233;mocratie &#8220;directe&#8221; a aussi un effet pervers : les manifestations sont moins bien per&#231;ues, car on consid&#232;re que le syst&#232;me permet de s'exprimer sans descendre dans la rue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains consid&#232;rent qu'il est important de se rendre aux urnes tout en maintenant la pression sur les politiques en participant aux mobilisations sociales. Une strat&#233;gie du &#171; &lt;i&gt;juste milieu&lt;/i&gt; &#187; qui ne vous convainc pas...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les d&#233;penses de la gauche et de l'extr&#234;me gauche lors de la campagne pr&#233;sidentielle de 2017 se sont &#233;lev&#233;es &#224; pr&#232;s de 30 millions d'euros, avec quasi 1 million pour Lutte ouvri&#232;re et plus de 700 000 euros pour le Nouveau parti anticapitaliste. Voil&#224; des sommes consid&#233;rables pour des candidatures non seulement vaincues, mais qui n'avaient aucune chance de l'emporter. Et je ne prends pas ici en compte les &#233;lections l&#233;gislatives, europ&#233;ennes ou r&#233;gionales. Imaginez tout ce que l'extr&#234;me gauche pourrait faire, concr&#232;tement, avec de telles sommes&#8230; Sachant qu'il y aussi des milliers de militantes et militants mobilis&#233;s pendant des semaines, voire des mois, pour cette campagne &#233;lectorale. Quel gaspillage de temps, d'&#233;nergie et de ressources...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, cette strat&#233;gie du &#8220;juste milieu&#8221; est aussi une &#8220;force n&#233;gative&#8221; car, tr&#232;s souvent, les partis politiques s'invitent plus ou moins ouvertement dans les mouvements sociaux en pr&#233;tendant les aider, alors qu'ils ont la tr&#232;s mauvaise habitude d'essayer de les contr&#244;ler, pour favoriser justement leur prochaine campagne &#233;lectorale. Tout cela au pr&#233;texte que les mobilisations sociales et populaires auraient absolument besoin d'un relais politique. Cette excuse sert en fait selon moi &#224; mieux arrimer les mouvements sociaux, leurs mobilisations, leurs &#233;v&#233;nements, car le parti cherche toujours au final &#224; mettre le mouvement social au service de ses int&#233;r&#234;ts, et non l'inverse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour autant, vous estimez que l'abstention ne peut &#234;tre f&#233;conde que si elle s'articule avec les luttes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous aurez compris que ma position n'est pas celle de l'h&#233;doniste qui vit sur son &#238;le, m&#234;me si cela m'appara&#238;t comme un id&#233;al merveilleux. Je suis pour l'engagement &#8220;citoyen&#8221; ou social ; pour le militantisme au sens noble, les mobilisations collectives, l'action de groupe avec des proches, dans son quartier, au travail, etc. C'est ainsi que nous sommes le plus libres, m&#234;me si je ne suis pas na&#239;f et que je sais bien que ces efforts sont eux aussi souvent vains, que l'on accumule les d&#233;ceptions et les d&#233;faites. Mais c'est seulement l&#224; que se trouve ce que j'appelle la politique &#8211; et m&#234;me la d&#233;mocratie ou l'anarchie, deux termes qui peuvent &#234;tre synonymes, si on les comprend bien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Simone Sittwe&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Francis Dupuis-D&#233;ri explique cela en d&#233;tail dans son livre &lt;i&gt;D&#233;mocratie : histoire politique d'un mot&lt;/i&gt; (Lux, 2013), et plus rapidement dans &lt;i&gt;Nous n'irons plus aux urnes&lt;/i&gt; ainsi que dans son article &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-tumultes-2017-2-page-139.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; D&#233;mocratie m&#233;di&#233;vale &#187;&lt;/a&gt;, paru dans le n&#176; 49 de la revue &lt;i&gt;Tumultes &lt;/i&gt;(2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet : Francis Dupuis-D&#233;ri, &lt;i&gt;Les Black blocs &#8211; La libert&#233; et l'&#233;galit&#233; se manifestent&lt;/i&gt;, Lux, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#192; quelle sauce le Covid-capitalisme va-t-il nous bouffer ?</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;En d&#233;pit des d&#233;clarations socialisantes d'un Macron plus hypocrite que jamais, le n&#233;olib&#233;ralisme, touch&#233; mais pas coul&#233;, est d&#233;j&#224; repass&#233; &#224; l'offensive. Quelles nouvelles formes prendra-t-il ? Peut-on esp&#233;rer infl&#233;chir l'histoire ? Trois chercheurs critiques font leur pronostic. La sortie du confinement poignait &#224; peine &#224; l'horizon que le patron des patrons, Geoffroy Roux de B&#233;zieux, promettait d&#233;j&#224; de nous faire cravacher, afin de r&#233;cup&#233;rer une plus-value gripp&#233;e depuis de longues (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no187-mai-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;187 (mai 2020)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;pit des d&#233;clarations socialisantes d'un Macron plus hypocrite que jamais, le n&#233;olib&#233;ralisme, touch&#233; mais pas coul&#233;, est d&#233;j&#224; repass&#233; &#224; l'offensive. Quelles nouvelles formes prendra-t-il ? Peut-on esp&#233;rer infl&#233;chir l'histoire ? Trois chercheurs critiques font leur pronostic.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3337 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH403/-1529-3bf4f.jpg?1768651647' width='400' height='403' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La sortie du confinement poignait &#224; peine &#224; l'horizon que le patron des patrons, Geoffroy Roux de B&#233;zieux, promettait d&#233;j&#224; de nous faire cravacher, afin de r&#233;cup&#233;rer une plus-value gripp&#233;e depuis de longues semaines : &#171; &lt;i&gt;Il faudra bien se poser t&#244;t ou tard la question du temps de travail, des jours f&#233;ri&#233;s et des cong&#233;s pay&#233;s pour accompagner la reprise &#233;conomique et faciliter, en travaillant un peu plus, la cr&#233;ation de croissance suppl&#233;mentaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cette d&#233;claration du 11 avril, le boss du Medef a choisi de temporiser au nom du &#171; pacte r&#233;publicain &#187;, mais l'agenda patronal a d&#233;j&#224; pris ses marques. Dans un grand &#171; yakafokon &#187;, un chroniqueur des &lt;i&gt;&#201;chos&lt;/i&gt; fustige les syndicats qui &#233;voqueraient le &#171; droit de retrait &#187; face &#224; l'&#233;pid&#233;mie : &#171; &lt;i&gt;Il faut dire aux salari&#233;s fran&#231;ais qu'il faut retourner au travail, que &#8220;le risque z&#233;ro&#8221; n'existe pas, que l'empirisme et le relativisme doivent &#234;tre les nouveaux principes directeurs, bref qu'il faut faire &#8220;au mieux&#8221;.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ric Le Boucher, &#171; D&#233;confinement : la responsabilit&#233; historique des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; Dans le m&#234;me temps, les inspecteurs du travail sont vent debout contre Muriel P&#233;nicaud, leur ministre de tutelle, accus&#233;e d' &#187; &lt;i&gt;organiser la paralysie de l'inspection du travail&lt;/i&gt; &#187;, notamment par la mise &#224; pied, le 15 avril, d'un inspecteur du travail de la Marne qui avait &#171; &lt;i&gt;saisi le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s contre une entreprise d'aide &#224; domicile qui ne respectait pas &#224; ses yeux les mesures de protection&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Erwan Manac'h, &#171; Salari&#233;s expos&#233;s au Covid : &#8220;Le minist&#232;re du Travail (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Et les milieux patronaux, Medef inclus, m&#232;nent un intense lobbying pour que Bruxelles revoie &#224; la baisse les normes concernant la r&#233;duction des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre et les avanc&#233;es en faveur d'une gestion durable des ressources. Bref, rien n'a chang&#233; du c&#244;t&#233; du culte de l'effort et de la course au profit irresponsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe que la crise du Covid-19 ait r&#233;v&#233;l&#233; aux yeux de tous l'inutilit&#233; sociale et la nuisance des &#171; premiers de cord&#233;e &#187; pour rendre enfin visible le r&#244;le indispensable des &#171; premiers de corv&#233;e &#187; &#8211; soignants, agents du nettoyage, facteurs, enseignants, cheminots, routiers, caissi&#232;res, livreurs, manutentionnaires, saisonniers agricoles, etc. &#8211;, en m&#234;me temps qu'&#233;tait expos&#233;e m&#233;diatiquement l'intol&#233;rable pr&#233;carit&#233; de ces petites mains, qui constituent au passage la grande partie du salariat f&#233;minin. Si cette &#171; r&#233;v&#233;lation &#187; a mis un coup &#224; la th&#233;orie du ruissellement, les managers de l'exploitation, eux, voudraient vite reprendre les r&#234;nes par crainte qu'elles ne leur &#233;chappent.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le retour de l'&#201;tat et de son argent magique&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Disruptif dans sa &#171; disruption &#187;, Macron d&#233;clare d&#233;sormais qu'il &#171; &lt;i&gt;est des biens et des services qui doivent &#234;tre plac&#233;s en dehors des lois du march&#233;&lt;/i&gt; &#187; (12 mars) et que &#171; &lt;i&gt;le pays tient tout entier sur des femmes et des hommes que nos &#233;conomies reconnaissent et r&#233;mun&#232;rent si mal&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On vient d'ailleurs d'apprendre par FO et la CFDT qu'Auchan n'octroiera (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; (13 avril). Copiant le lexique m&#233;lenchonien, il parle tout de go de &#171; &lt;i&gt;b&#226;tir une strat&#233;gie o&#249; nous retrouverons le temps long, la possibilit&#233; de planifier, la sobri&#233;t&#233; carbone, la pr&#233;vention, la r&#233;silience qui seules peuvent permettre de faire face aux crises &#224; venir&lt;/i&gt; &#187;. Tandis que Bruno Le Maire, ministre de l'&#201;conomie, avertissait le 10 avril : &#171; &lt;i&gt;Je ne signerai aucun pr&#234;t garanti par l'&#201;tat pour une entreprise qui verserait des dividendes &#224; ses actionnaires.&lt;/i&gt; &#187; Et d'ajouter le 23 avril : &#171; &lt;i&gt;Il va de soi que si une entreprise a son si&#232;ge fiscal ou des filiales dans un paradis fiscal, je veux le dire avec beaucoup de force, elle ne pourra pas b&#233;n&#233;ficier des aides de tr&#233;sorerie de l'&#201;tat.&lt;/i&gt; &#187; Avant de r&#233;trop&#233;daler en moins de 24 heures dans la plus grande confusion. Voil&#224; qui illustre &#224; merveille une des applications concr&#232;tes du n&#233;olib&#233;ralisme pendant la crise de 2008-2009 : privatisation des profits et mutualisation des pertes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ne nous laissons pas avoir par ces soudaines prises de conscience vertueuses &#224; l'&#233;gard des exc&#232;s de la mondialisation capitaliste : si l'interventionnisme d'&#201;tat cherche &#224; emp&#234;cher la banqueroute g&#233;n&#233;ralis&#233;e, garantir la solvabilit&#233; des entreprises et permettre une indemnisation aux travailleurs en ch&#244;mage partiel, il n'augure en rien une meilleure organisation sociale. On sait &#224; quel point les choix strat&#233;giques de l'industrie fran&#231;aise &#8211; priorit&#233; &#224; l'armement au d&#233;triment de la sant&#233;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Serfati, &#171; Les choix industriels amplifient la catastrophe sociale &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#8211; ont amplifi&#233; la catastrophe sanitaire actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, &#224; l'heure o&#249; la r&#233;cession menace des millions de personnes du ch&#244;mage et de la faillite, on entend moins les id&#233;ologues du n&#233;o-lib&#233;ralisme assumer leur darwinisme social en vantant ouvertement la &#171; destruction cr&#233;atrice &#187; induite par le Covid-19, qui permettrait de rebattre les cartes, d&#233;truire les maillons faibles et cr&#233;er encore plus de capital. Les z&#233;lateurs de la main invisible ne font plus secret que la seule option de sauvetage, temporairement du moins, est l'&#233;conomie mixte &#8211; davantage d'intervention &#233;tatique, donc. C'est ce que pr&#244;ne Willem Buiter, ancien &#233;conomiste en chef pour Citigroup (neuvi&#232;me entreprise financi&#232;re mondiale&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon le magazine Forbes (classement 2019).&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;)... quitte &#224; forcer un peu le trait sur le caract&#232;re &#171; socialiste &#187; de ce revirement : &#171; &lt;i&gt;Comme l'indique la trajectoire de la crise Covid-19, les &#233;conomies de march&#233; capitalistes devront c&#233;der la place, au moins temporairement, &#224; une forme improvis&#233;e de socialisme visant &#224; restaurer les flux de revenus des m&#233;nages et des entreprises.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Willem Buiter, &#171; Pandemic Socialism &#187;, Project-Syndicate.org (09/04/2020).&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, quand l'&#233;conomiste social-d&#233;mocrate Thomas Piketty se demande si &#171; &lt;i&gt;la crise &#233;pid&#233;mique Covid-19 va pr&#233;cipiter la fin de la mondialisation marchande et lib&#233;rale et l'&#233;mergence d'un nouveau mod&#232;le de d&#233;veloppement, plus &#233;quitable et plus durable&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas Piketty, &#171; L'urgence absolue est de prendre la mesure de la crise en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &#187;, on se dit plut&#244;t qu' &#187; &lt;i&gt;au bout du compte et en derni&#232;re analyse&lt;/i&gt; &#187;, m&#234;me le plus bal&#232;ze des plans keyn&#233;siens repeint en vert fa&#231;on Green New Deal ne servira qu'&#224; remettre en selle une machine capitaliste r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e, sans doute sur le mode d'une relocalisation des industries et d'un nationalisme &#233;conomique renouvel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Quels possibles malgr&#233; tout ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face au d&#233;sastre annonc&#233; de la pire crise &#233;conomique depuis 1929 (selon le FMI), quelles perspectives s'offrent &#224; nous ? L'historien J&#233;r&#244;me Baschet pr&#233;conise de redoubler nos pratiques &#171; &lt;i&gt;d'entraide et d'auto-organisation&lt;/i&gt; &#187; et aussi de nous poser concr&#232;tement la question de l'autoproduction, notamment alimentaire. Alors, le tissu renforc&#233; de l'autonomie en actes &#171; &lt;i&gt;devrait conduire assez logiquement &#224; amplifier le d&#233;sir de faire &#233;merger des formes d'autogouvernement communal&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, comme avant le virus, se pose l'urgence du choix entre deux mod&#232;les de soci&#233;t&#233; : &#171; &lt;i&gt;Les possibles d'avant deviennent un peu plus possibles qu'avant. Bien s&#251;r, cela vaut tout autant pour le renforcement des formes de domination &#8211; qui pourraient bien ajouter &#224; leur panoplie d&#233;j&#224; fournie l'&#233;tat d'exception sanitaire permanent &#8211; que pour toutes celles et ceux qui sont pr&#234;ts &#224; &#339;uvrer s&#233;rieusement pour retrouver des mondes vivables, d&#233;barrass&#233;s de la tyrannie de l'&#201;conomie.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#244;me Baschet, &#171; Qu'est-ce qu'il nous arrive ? &#187;, Lundi matin (13/04/2020).&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Quand c'est vraiment important, le march&#233; ne sert &#224; rien &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Trois regards crois&#233;s sur la grande d&#233;pression qui vient. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;C&#233;dric Durand&lt;/strong&gt; fait partie du collectif des &#201;conomistes atterr&#233;s et a publi&#233; en 2014 &lt;i&gt;Le capital fictif : comment la finance s'approprie notre avenir&lt;/i&gt; aux &#233;ditions Les Prairies ordinaires. Il y pr&#233;face &#233;galement le classique du g&#233;ographe marxiste David Harvey, &lt;i&gt;Les Limites du capital&lt;/i&gt; (1981), qui sera republi&#233; dans les prochains mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Francine Mestrum&lt;/strong&gt; est une chercheuse en sciences sociales belge, administratrice du Cetri (Centre tricontinental) et membre du Conseil international du Forum social mondial. Elle est l'auteure de la brochure &lt;i&gt;Le commun social &#8211; R&#233;flexions sur une justice sociale post-n&#233;olib&#233;rale&lt;/i&gt; (disponible sur &lt;a href=&#034;http://socialcommons.eu/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Socialcommons.eu&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Christian Laval&lt;/strong&gt; est sociologue et sp&#233;cialiste du lib&#233;ralisme. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages en collaboration avec le philosophe Pierre Dardot, dont &lt;i&gt;Commun &#8211; Essai sur la r&#233;volution au XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt; (2014, La D&#233;couverte) et &lt;i&gt;L'ombre d'Octobre &#8211; La R&#233;volution russe et le spectre des soviets&lt;/i&gt; (2017, Lux &#233;diteur).&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3354 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH563/-1542-bd72e.jpg?1768652366' width='400' height='563' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Fin du n&#233;olib&#233;ralisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Peut-on voir dans l'annonce d'un r&#233;investissement de l'&#201;tat, d'une relocalisation industrielle strat&#233;gique et de la reconsid&#233;ration des services publics de sant&#233;, une inflexion g&#233;n&#233;rale de la politique n&#233;olib&#233;rale men&#233;e depuis une trentaine d'ann&#233;es ?&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;dric Durand :&lt;/strong&gt; &#171; Sans aucun doute. La crise de 2008 a d&#233;finitivement enterr&#233; l'id&#233;e que les march&#233;s financiers pouvaient s'autor&#233;guler. Le choc du coronavirus, c'est la seconde mort du n&#233;olib&#233;ralisme. Et cette fois il ne s'en rel&#232;vera pas. Certes, l'origine virale de l'effondrement &#233;conomique en cours ne peut pas &#234;tre directement imput&#233;e &#224; telle ou telle version du capitalisme &#8211; c'est bien le productivisme en tant que tel qui, du fait de la pression croissante sur la biosph&#232;re, a accru la vuln&#233;rabilit&#233; biologique de notre esp&#232;ce. Cependant, les politiques n&#233;olib&#233;rales n'ont pas arrang&#233; les choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique du z&#233;ro stock qui accompagne la mondialisation n&#233;olib&#233;rale, c'est d'abord un arr&#234;t brutal de toute une s&#233;rie de secteurs d&#232;s les premi&#232;res toux meurtri&#232;res. La secousse suivante est bien pire, puisque cette fois c'est la logique du moindre co&#251;t appliqu&#233;e &#224; la sant&#233; qui expose directement les corps sociaux &#224; l'attaque du Covid-19 : depuis des mois, les personnels m&#233;dicaux d&#233;non&#231;aient la d&#233;gradation des conditions de soin &#224; l'h&#244;pital public. Mais il y a plus : l'absence de stocks de m&#233;dicaments, les semaines de cafouillage sur le gel hydroalcoolique, les masques et les tests ont r&#233;v&#233;l&#233; cr&#251;ment les d&#233;g&#226;ts de d&#233;cennies de d&#233;nigrement et d'&#233;conomies sur le dos de la fonction publique. L'impr&#233;paration, le manque de coordination &#224; tous les niveaux et les retards pour mobiliser l'appareil productif au service de l'urgence sanitaire ont sobrement rappel&#233; que, quand c'est vraiment important, le march&#233; ne sert &#224; rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la gestion du choc &#233;conomique du confinement ne laisse d'autre choix au gouvernement que de mettre en &#339;uvre des politiques aux antipodes de ses hochets id&#233;ologiques habituels : l'argent magique coule &#224; flots et on se rend compte que l'&#201;tat peut sans coup f&#233;rir indemniser du jour au lendemain la moiti&#233; des salari&#233;s du secteur priv&#233;. M&#234;me si le patronat essaie de sauver la face en brandissant la rh&#233;torique des sacrifices pour des lendemains qui d&#233;chantent, le pouvoir macronien a compris qu'il allait falloir inventer autre chose, pour sauver l'essentiel. Le fond de l'air porte un parfum de n&#233;o-dirigisme, une forme de r&#233;gulation dont le capitalisme a d&#233;j&#224; su s'accommoder par le pass&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Laval :&lt;/strong&gt; &#171; Les n&#233;olib&#233;raux ont tellement menti apr&#232;s 2008, jurant que &#8220;rien ne serait plus pareil&#8221;, que nous ne devons pas croire sur parole leur soudaine conversion &#224; l'&#201;tat-providence. Quand l'&#233;conomie capitaliste s'enraye ou s'effondre, l'&#201;tat-pompier fait son travail pour sauver ce qu'il peut de la logique d'accumulation du capital. Vieille histoire. Il y a trente ans, Anicet Le Pors &lt;i&gt;[ancien ministre communiste]&lt;/i&gt; parlait des &#8220;&lt;i&gt;b&#233;quilles du capital&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a plus nouveau, et c'est ce que Pierre Dardot et moi-m&#234;me montrions dans notre livre &lt;i&gt;Le cauchemar qui n'en finit pas &lt;/i&gt;(La D&#233;couverte, 2016) : le n&#233;olib&#233;ralisme, &#233;tant devenu un vrai syst&#232;me mondial cristallis&#233; dans des institutions, des r&#232;gles, des l&#233;gislations, ne peut pas &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une simple id&#233;ologie ou une doctrine qui pourrait dispara&#238;tre d'un coup de vent. En r&#233;alit&#233;, ce &#224; quoi nous avons affaire depuis tr&#232;s longtemps, c'est &#224; un &#8220;gouvernement par la crise&#8221;, c'est-&#224;-dire un mode de renforcement tr&#232;s particulier du syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral &#224; partir des crises qu'il engendre. Ce m&#233;canisme d'autorenforcement s'est bien s&#251;r observ&#233; apr&#232;s 2008, mais aussi &#224; travers les crises sociales et politiques de ces derni&#232;res ann&#233;es. La vraie r&#233;ponse aux Gilets jaunes, &#231;a a &#233;t&#233; quoi ? La r&#233;forme de l'indemnisation ch&#244;mage et la r&#233;forme des retraites. L'enfumage ne va pas durer longtemps : d&#233;j&#224; le Code du travail a explos&#233;, des inspecteurs du travail sont sanctionn&#233;s quand ils d&#233;fendent la s&#233;curit&#233; des salari&#233;s, et la facture sera pr&#233;sent&#233;e d'une mani&#232;re ou d'une autre &#224; la masse des salari&#233;s, des retrait&#233;s, des fonctionnaires. Et surtout pas question d'augmenter les imp&#244;ts sur les plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, il est assez &#233;vident que les lacunes &#233;normes de l'&#201;tat, cons&#233;quences &#233;videntes des politiques d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;es &#224; la sant&#233;, entra&#238;nent une formidable col&#232;re dans la population. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dette&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La pr&#233;sidente de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE), Christine Lagarde, a estim&#233; &#171; &lt;i&gt;totalement impensable&lt;/i&gt; &#187; l'id&#233;e d'une annulation globale des dettes contract&#233;es par les &#201;tats de la zone euro. Peut-on imaginer au contraire une remise &#224; z&#233;ro des compteurs de la dette &#8211; notamment celles des pays africains comme l'a fallacieusement &#233;voqu&#233; Macron &#8211; un &#171; &lt;i&gt;jubil&#233;&lt;/i&gt; &#187;, tel que l'a d&#233;fini l'anthropologue David Graeber ?&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;dric Durand :&lt;/strong&gt; &#171; Le monde croule sous les dettes et celles-ci seront moins soutenables que jamais au sortir de la d&#233;pression actuelle. C'est en particulier le cas pour la dette des entreprises, qui vont donc b&#233;n&#233;ficier d'une perfusion longue dur&#233;e. C'est aussi le cas pour des pays du Sud, &#233;trangl&#233;s par l'effondrement en cours et certains pays europ&#233;ens comme l'Italie. La situation &#233;conomique et financi&#232;re de ce pays est insoluble dans le cadre des institutions actuelles. Nous ne ferons pas l'&#233;conomie d'une nouvelle crise existentielle de la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez bien raison de brandir l'id&#233;e d'un jubil&#233;. Politiquement, il est essentiel de faire tomber le mur de la dette pour couper l'herbe sous le pied de tous ceux qui, &#224; l'instar de Fran&#231;ois Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, commencent d&#233;j&#224; &#224; nous seriner avec la perspective de &#8220;&lt;i&gt;d&#233;penses publiques enfin plus s&#233;lectives&lt;/i&gt;&#8221;&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Il n'y a pas de miracle : nous devrons porter plus longtemps des dettes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment faire ? Il y a principalement trois m&#233;thodes. La moins douloureuse pour le capital, c'est le r&#233;&#233;chelonnement perp&#233;tuel. Et le grand int&#233;r&#234;t d'une telle solution pour les cr&#233;anciers &#8211; en l'occurrence la BCE qui d&#233;tient une part consid&#233;rable et croissante des dettes publiques de la zone euro &#8211;, c'est qu'ils peuvent &#224; tout moment brandir de nouvelles exigences : la dette roule &lt;i&gt;ad vitam &#230;ternam&lt;/i&gt;, elle est inactive financi&#232;rement, mais elle demeure comme arme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde solution, c'est l'inflation. C'est extr&#234;mement efficace et, relativement aux autres solutions, indolore : &#224; 5 ou 10 % de hausse des prix et des revenus, la dette contract&#233;e &#224; des taux proches de z&#233;ro est rapidement ramen&#233;e &#224; des proportions du revenu tr&#232;s raisonnables, comme on l'a vu apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me solution, la plus int&#233;ressante politiquement, serait une r&#233;pudiation unilat&#233;rale de tout ou partie des dettes publiques, accompagn&#233;e &#233;ventuellement d'une mesure directe pour les m&#233;nages jusqu'&#224; un certain montant, 50 000 &#8364; par exemple. &#201;videmment le syst&#232;me financier actuel ne pourrait absorber un tel choc. Mais n'est-il pas d&#233;j&#224; soutenu &#224; bout de bras par les banques centrales ? Ce serait l'occasion de le faire passer sous contr&#244;le public et de saisir l'opportunit&#233; des effets en cha&#238;ne d'une telle mesure pour r&#233;injecter une tr&#232;s s&#233;rieuse dose de d&#233;mocratie dans notre syst&#232;me &#233;conomique, par exemple en donnant les moyens &#233;conomiques d'imposer au capital une planification publique de la transition &#233;cologique et sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pauvret&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Selon un rapport d'Oxfam, la r&#233;cession g&#233;n&#233;ralis&#233;e et les effondrements des PIB li&#233;s au Covid-19 risquent de faire basculer un demi-milliard de personnes de plus dans la pauvret&#233;. Par quelles politiques de justice sociale pourrait-on endiguer l'extr&#234;me d&#233;nuement ?&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Francine Mestrum :&lt;/strong&gt; &#171; La seule fa&#231;on de s'attaquer &#224; la pauvret&#233; est de stopper les processus d'appauvrissement et d'introduire des politiques universelles, ce qui ne signifie pas les m&#234;mes politiques pour tous. Tous ceux qui ne cessent d'attirer l'attention sur les &#8220;plus vuln&#233;rables&#8221; ne font que renforcer les id&#233;ologies et les politiques des n&#233;olib&#233;raux &#8211; Banque mondiale en t&#234;te &#8211; qui veulent seulement une &#8220;protection sociale&#8221; pour les plus pauvres. Or, les pauvres ne sont pas les seules victimes de la crise : les femmes, les handicap&#233;s, les peuples indig&#232;nes le sont &#233;galement. C'est pourquoi il faut des politiques universelles, une protection sociale publique et universelle avec une prise en compte des besoins sp&#233;cifiques de chacun, bas&#233;e sur les droits et sur la solidarit&#233;. La protection sociale indispensable r&#233;sulte de la s&#233;curit&#233; sociale, de l'assistance, du droit du travail et, &#233;l&#233;ment essentiel, des services publics. Dans la crise actuelle, un acc&#232;s aux soins de sant&#233; pour tous, gratuit ou quasi gratuit, est essentiel. Et tout cela, bien entendu, dans un contexte &#233;conomique diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me semble &#234;tre plus important encore est que nous r&#233;examinions les politiques de &#8220;d&#233;veloppement&#8221; et de &#8220;coop&#233;ration&#8221;, car jusqu'ici les pays du Sud n'ont jamais eu une possibilit&#233; de &#8220;se d&#233;velopper&#8221;, ni dans les ann&#233;es 1960 et encore moins dans les d&#233;cennies de la &#8220;mondialisation&#8221;. Si les vieilles th&#233;ories sur le d&#233;veloppement m&#233;ritent d'&#234;tre critiqu&#233;es &#8211; car focalis&#233;es sur la croissance, en l'absence de la dimension &#233;cologique et avec une faible attention pour le social &#8211; ces grands principes restent tout &#224; fait valables. Il doit s'agir dans tous les cas d'une modernisation et d'une diversification des &#233;conomies soutenables, d'une transformation sociale, d'une coresponsabilit&#233; du Nord et du Sud et de solidarit&#233;. Les choix doivent &#234;tre faits par les peuples eux-m&#234;mes, car ni le d&#233;veloppement ni la modernit&#233; ne peuvent &#234;tre impos&#233;s par l'ext&#233;rieur. Ce dont il s'agit, c'est de changer les relations de pouvoir entre le Nord et le Sud et de s'attaquer aux grandes in&#233;galit&#233;s qui rendent toute politique alternative impossible. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;dric Durand :&lt;/strong&gt; &#171; Pour des millions de personnes, la crise du coronavirus signifie une pr&#233;carisation accrue. Dans un tel contexte, toutes les garanties qui pourraient &#234;tre apport&#233;es sont bienvenues : ch&#244;mage partiel int&#233;gral, augmentation des minima sociaux, suspension des loyers et des factures, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette crise est aussi un moment de questionnement des valeurs : qu'est-ce que le travail utile ? Comment est-il reconnu et r&#233;mun&#233;r&#233; ? C'est le moment de tordre d&#233;finitivement le cou au mythe des &#8220;premiers de cord&#233;e&#8221; et de revenir sur les privil&#232;ges exorbitants arrach&#233;s par les tr&#232;s riches au cours de la p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale. Des mesures fortes de justice fiscale et la restauration de m&#233;canismes de contr&#244;le sur la circulation des capitaux seraient un tsunami glac&#233; sur la cupidit&#233; chauff&#233;e &#224; blanc des classes dominantes. &#192; l'inverse, un tel contre-choc pourrait restituer un peu de la confiance perdue des classes populaires dans leur propre puissance politique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3355 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH403/-1543-48f34.jpg?1768652366' width='400' height='403' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Strat&#233;gie du choc&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Faut-il aussi redouter ce que la journaliste et essayiste Naomi Klein d&#233;finit comme une &#171; &lt;/i&gt;strat&#233;gie du choc&lt;i&gt; &#187;, &#224; savoir que la sid&#233;ration provoqu&#233;e par le coronavirus peut servir d'aubaine pour parachever la d&#233;molition des droits sociaux ?&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Laval :&lt;/strong&gt; &#171; L'expression de Naomi Klein est tr&#232;s parlante, m&#234;me si elle a une petite connotation complotiste assez g&#234;nante. Il ne s'agit pas en l'occurrence d'une &#8220;strat&#233;gie&#8221;. Et il ne faut surtout pas tomber dans le d&#233;lire d'un &lt;i&gt;[philosophe tel que Giorgio] &lt;/i&gt;Agamben qui a parl&#233; dans le journal italien &lt;i&gt;Il Manifesto&lt;/i&gt;, puis dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;pid&#233;mie montre clairement que l'&#233;tat d'exception est devenu la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;, d'&#8220;&lt;i&gt;invention de l'&#233;pid&#233;mie&lt;/i&gt;&#8221; ou de &#8220;&lt;i&gt;conspirations pour ainsi dire objectives&lt;/i&gt;&#8221;. Ce qu'on a vu pr&#233;c&#233;demment, c'&#233;tait plut&#244;t une s&#233;rie d'opportunit&#233;s qui n'&#233;taient absolument pas programm&#233;es, et dont surent se saisir les gouvernants pour acc&#233;l&#233;rer des transformations d&#233;j&#224; en cours, et ceci sous pr&#233;texte &#8220;d'adaptation&#8221;, pour que le pays ne &#8220;prenne pas de retard&#8221; ou &#8220;ne perde pas sa comp&#233;titivit&#233;&#8221;, etc. On conna&#238;t maintenant par c&#339;ur cette m&#233;thode de gouvernement, qui renvoie &#224; l'existence d'un syst&#232;me mondial organis&#233; pour la concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e et l'accumulation du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on peut donc craindre un nouveau sc&#233;nario de ce genre, ainsi qu'une d&#233;gradation de la situation des salari&#233;s, il faut aussi rappeler que rien n'est jou&#233; d'avance, qu'un renversement historique est toujours possible. Le n&#233;olib&#233;ralisme n'a pas toujours &#233;t&#233; cette normativit&#233; triomphante, et d'ailleurs, au cours de son d&#233;ploiement mondial, il a toujours rencontr&#233; des obstacles, des r&#233;sistances. Je l'ai dit : je crois immense la col&#232;re contre les politiques n&#233;olib&#233;rales. Et on peut m&#234;me esp&#233;rer que &#8220;&lt;i&gt;l'espace public oppositionnel&lt;/i&gt;&#8221; &lt;i&gt;[titre d'un ouvrage du philosophe Oskar Negt]&lt;/i&gt; sorte consid&#233;rablement renforc&#233; de l'&#233;preuve. Le moins que l'on puisse dire est que la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir est s&#233;rieusement atteinte, et cela ouvre des possibilit&#233;s in&#233;dites &#224; &#8220;l'insurrection des consciences&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Communs&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'urgence &#171; &lt;/i&gt;de l'institution des communs mondiaux&lt;i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Dardot et Christian Laval, &#171; L'&#233;preuve politique de la pand&#233;mie &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt; s'impose face &#224; une crise telle que celle que nous traversons. Que mettez-vous derri&#232;re cette notion et comment les mettre en place afin que cette id&#233;e ne reste pas un v&#339;u pieux ?&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Laval :&lt;/strong&gt; &#171; Cela saute aux yeux. Tous les grands probl&#232;mes qui se posent &#224; l'humanit&#233;, et qui sont en train de la d&#233;truire, au sens strict du terme, ont une dimension mondiale. &#192; commencer par la domination de la finance, le r&#233;chauffement climatique, les migrations, les oc&#233;ans qui s'&#233;l&#232;vent, les for&#234;ts qui br&#251;lent et les pand&#233;mies. Cela veut dire tout simplement : il n'y aura pas de solutions strictement nationales aux enjeux vitaux qui s'imposent &#224; l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#8220;souverainet&#233; de l'&#201;tat&#8221; fait partie du probl&#232;me. Le monde est organis&#233; politiquement en &#201;tats rivaux, en guerre larv&#233;e les uns contre les autres, m&#234;me &#224; l'int&#233;rieur de l'Union europ&#233;enne. Il faut d&#233;passer cette organisation inter&#233;tatique, et c'est maintenant devenu tr&#232;s urgent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple de la sant&#233; publique. La pand&#233;mie nous oblige &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que devrait &#234;tre un commun mondial de la sant&#233;, lib&#233;r&#233; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s et des rivalit&#233;s inter&#233;tatiques, dont la vocation serait la protection de la sant&#233; de tous en ces temps de catastrophe mondiale. Suffira-t-il que dans chaque pays la gauche nationale cherche &#224; renforcer la seule sant&#233; publique locale sans s'occuper de ce qui se passe ailleurs ? Ce serait parfaitement vain. L'utopie au mauvais sens du terme, c'est de croire que l'&#201;tat est un rempart, et que les fronti&#232;res nous prot&#232;gent. L'objectif central de cette nouvelle gauche cosmopolitique doit &#234;tre l'institution de communs mondiaux dans le domaine du climat, de la sant&#233;, de l'alimentation, des migrations, et de beaucoup d'autres &#8220;biens communs&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces communs mondiaux, il faut les inventer, nous n'avons pas la description compl&#232;te de ce qui n'existe pas. Mais qui nous interdit d'imaginer des institutions mondiales permanentes, en lien de type f&#233;d&#233;ratif, contr&#244;l&#233;es par des assembl&#233;es d&#233;mocratiques de citoyens, d'activistes et de professionnels &#233;lues sur des bases r&#233;gionales, nationales ou continentales repr&#233;sentant les int&#233;r&#234;ts de l'humanit&#233; dans son ensemble ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Francine Mestrum :&lt;/strong&gt; &#171; Sans pouvoir entrer dans les d&#233;tails sur le concept des &#8220;communs&#8221;, disons que deux &#233;l&#233;ments essentiels sont n&#233;cessaires en mati&#232;re de protection sociale : une implication des citoyens dans la d&#233;finition, la mise en &#339;uvre et le contr&#244;le des politiques en leur faveur, et l'appropriation citoyenne de ces politiques. C'est-&#224;-dire que les gens sachent que ces politiques sont &#224; eux et ne sont pas un cadeau tomb&#233; du ciel, gentiment mis en place par un gouvernement. C'est tr&#232;s clair dans les politiques de sant&#233; : des centres communautaires et multidisciplinaires sont d&#233;j&#224; mis en place dans diff&#233;rentes villes europ&#233;ennes. Cela va bien au-del&#224; du &lt;i&gt;bottom-up&lt;/i&gt; &lt;i&gt;[approche sociale ascendante de la base vers le sommet]&lt;/i&gt; ou de l'autogestion, car en mati&#232;re de sant&#233;, de m&#233;dicaments, d'infrastructure et autres, il faut une coop&#233;ration entre les autorit&#233;s publiques, les m&#233;decins, pharmaciens et chercheurs, et les citoyens. Cela existe d&#233;j&#224;, notamment en Belgique, et cela marche tr&#232;s bien. C'est une question de d&#233;mocratie et de participation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par M. L.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ric Le Boucher, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/deconfinement-la-responsabilite-historique-des-syndicats-1195733&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;confinement : la responsabilit&#233; historique des syndicats&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Les&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#201;chos&lt;/i&gt; (17/04/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Erwan Manac'h, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/salaries-contamines-covid-inspection-du-travail-deconfinement-masques-depistage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Salari&#233;s expos&#233;s au Covid : &#8220;Le minist&#232;re du Travail organise la paralysie de l'inspection du travail&#8221;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Bastamag &lt;/i&gt;(20/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On vient d'ailleurs d'apprendre par FO et la CFDT qu'Auchan n'octroiera finalement une prime de 1 000 &#8364; d&#233;fiscalis&#233;e qu'aux salari&#233;s ayant travaill&#233; plus de 28 heures par semaine pendant la crise sanitaire. Selon les syndicats, les employ&#233;s ayant trim&#233; moins de 10 heures par semaine ne toucheront que... 50 &#8364; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Claude Serfati, &#171; &lt;a href=&#034;https://alencontre.org/europe/france/france-les-choix-industriels-amplifient-la-catastrophe-sociale-contribution-au-debat-pour-le-plus-jamais-ca.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les choix industriels amplifient la catastrophe sociale&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Alencontre.org&lt;/i&gt; (01/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon le magazine &lt;i&gt;Forbes&lt;/i&gt; (classement 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Willem Buiter, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org/commentary/covid19-pandemic-requires-socialism-by-willem-h-buiter-1-2020-04/french&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pandemic Socialism&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Project-Syndicate.org&lt;/i&gt; (09/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Thomas Piketty, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/10/thomas-piketty-l-urgence-absolue-est-de-prendre-la-mesure-de-la-crise-en-cours-et-de-tout-faire-pour-eviter-le-pire_6036282_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'urgence absolue est de prendre la mesure de la crise en cours et de tout faire pour &#233;viter le pire&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;(10/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;J&#233;r&#244;me Baschet, &#171; &lt;a href=&#034;https://lundi.am/Qu-est-ce-qu-il-nous-arrive-par-Jerome-Baschet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce qu'il nous arrive ?&lt;/a&gt; &#187;,&lt;i&gt; Lundi matin&lt;/i&gt; (13/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/08/il-n-y-a-pas-de-miracle-nous-devrons-porter-plus-longtemps-des-dettes-publiques-plus-elevees_6035976_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Il n'y a pas de miracle : nous devrons porter plus longtemps des dettes publiques plus &#233;lev&#233;es&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (08/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/24/giorgio-agamben-l-epidemie-montre-clairement-que-l-etat-d-exception-est-devenu-la-condition-normale_6034245_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;pid&#233;mie montre clairement que l'&#233;tat d'exception est devenu la condition normale&lt;/a&gt; &#187; (24/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pierre Dardot et Christian Laval, &#171; &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/190320/l-epreuve-politique-de-la-pandemie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;preuve politique de la pand&#233;mie&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Blogs.mediapart.fr&lt;/i&gt;(19/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Commune, &#171; pivot de la vie sociale future &#187; ?</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>Christian Laval</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Submerg&#233;e par l'&#201;tat-nation urbanis&#233; et vou&#233;e au capitalisme, la cit&#233; [...] abrite la m&#233;moire d'une libert&#233; perdue, de l'autogestion d'antan, de la libert&#233; civique d'autrefois pour laquelle les opprim&#233;s ont lutt&#233; pendant des si&#232;cles de d&#233;veloppement social &#187;, &#233;crit Janet Bielh, continuatrice de l'&#339;uvre de Murray Bookchin . Pour &#233;voquer l'exp&#233;rience communaliste, ses perspectives et ses impasses, CQFD propose ne discussion crois&#233;e avec l'historienne libertaire Marianne Enckell et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Submerg&#233;e par l'&#201;tat-nation urbanis&#233; et vou&#233;e au capitalisme, la cit&#233; [...] abrite la m&#233;moire d'une libert&#233; perdue, de l'autogestion d'antan, de la libert&#233; civique d'autrefois pour laquelle les opprim&#233;s ont lutt&#233; pendant des si&#232;cles de d&#233;veloppement social&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Janet Biehl, Le Municipalisme libertaire : la politique de l'&#233;cologie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;, &#233;crit Janet Bielh, continuatrice de l'&#339;uvre de Murray Bookchin&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Les deux come-backs de Murray Bookchin &#187;, page IV de ce m&#234;me num&#233;ro (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pour &#233;voquer l'exp&#233;rience communaliste, ses perspectives et ses impasses, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; propose ne discussion crois&#233;e avec l'historienne libertaire Marianne Enckell et le sociologue Pierre Sauv&#234;tre&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; lire de sa plume : &#171; Ne pas &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;. Gilets jaunes, l'auto-institution&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2958 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH463/-1198-69839.jpg?1768652189' width='400' height='463' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;) :&lt;/strong&gt; &#171; En conclusion de leur ouvrage &lt;i&gt;L'Ombre d'Octobre &lt;/i&gt;(Lux, 2017), Pierre Dardot et Christian Laval enterrent l'id&#233;e du communisme d'&#201;tat et invitent &#224; un &#8220;&lt;i&gt;mouvement de coordination d&#233;mocratique des communs politiques municipaux&lt;/i&gt;&#8221;. Relayant la pens&#233;e de Murray Boockchin, ils rappellent que &#8220;&lt;i&gt;la commune est le commun politique de base. Le projet d'un communisme des communs est en premier lieu celui d'une conf&#233;d&#233;ration des communes&lt;/i&gt;&#8221;. Vous retrouvez-vous dans cette approche ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Sauv&#234;tre :&lt;/strong&gt; &#171; J'en suis venu &#224; m'int&#233;resser au communalisme &#224; partir de la notion de &#8220;communs&#8221;, qui a connu un int&#233;r&#234;t croissant dans le contexte d'un renforcement du n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, qu'est-ce que le commun en politique sinon la Commune ? Non pas au sens affadi et &#233;tatis&#233; des 36 000 &#8220;communes&#8221; de France, mais au sens historique des exp&#233;riences populaires d'auto-gouvernement. Je m'int&#233;resse aux exp&#233;riences du pass&#233; &#8211; comme les cit&#233;s grecques, les communes m&#233;di&#233;vales ou les communes r&#233;volutionnaires des XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles &#8211; en me demandant si elles incarnent ou non un commun en politique qui trancherait avec l'appropriation du pouvoir par une &#233;lite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bookchin s'est pench&#233; sur la &#8220;tradition&#8221; du municipalisme libertaire. Il fait une distinction essentielle entre la politique et l'&#201;tat, mais son projet est celui de la mise en place d'une souverainet&#233; communale sur la soci&#233;t&#233;. Pour des raisons li&#233;es &#224; sa critique de l'anarcho-syndicalisme, il se m&#233;fie de l'auto-gouvernement des activit&#233;s &#233;conomiques et sociales et estime qu'il faut confier tout le pouvoir aux assembl&#233;es populaires, dont les d&#233;lib&#233;rations sont cens&#233;es s'appliquer souverainement aux activit&#233;s &#233;conomiques dans le cadre d'une &#8220;municipalisation de l'&#233;conomie&#8221;. La coupure entre la politique et la soci&#233;t&#233; qu'implique cette souverainet&#233; communale n'est-elle pas une mani&#232;re de reconduire en miniature la forme &#201;tat, et de la d&#233;multiplier &#224; l'&#233;chelle des communes comme autant de micro-&#201;tats ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marianne Enckell :&lt;/strong&gt; &#171; La commune est-elle vraiment aujourd'hui &#8220;le commun politique de base&#8221; ? Chacun.e de nous r&#233;side certes dans une commune, mais quel sentiment d ' appartenance avons-nous ? C'est certes l&#224; qu'on a des droits politiques (et encore, pas tout le monde) ; mais on travaille souvent ailleurs, on a ses amis et sa famille ailleurs, comme son club de foot ou son groupe de musique. Si la vie associative peut &#234;tre riche dans un village ou un arrondissement parisien, cette limite g&#233;ographique est en fait due &#224; la structure politique, aux subventions, aux salles accord&#233;es par la mairie ; mais cela ne suffit pas &#224; en faire une r&#233;alit&#233; tangible &#224; laquelle chacun.e aurait envie de s'identifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Sauv&#234;tre rel&#232;ve avec justesse la coupure subjective qu'op&#232;re Murray Bookchin entre politique et soci&#233;t&#233;. Mais comment r&#234;ver d'une &#8220;municipalisation de l'&#233;conomie&#8221; ? M&#234;me dans les villages horlogers du Jura, il y a cent cinquante ans, les ouvriers qui chantaient &#8220;&lt;i&gt;Vive la Commune libre universelle !&lt;/i&gt;&#8221; savaient bien que le produit de leur travail d&#233;pendait d'une &#233;conomie mondialis&#233;e. Dans le Levant espagnol, les collectivit&#233;s libertaires savaient bien qu'il fallait se coordonner pour exporter des oranges, et champs et vergers ne s'arr&#234;taient pas n&#233;cessairement aux bornes communales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme ne se construit pas n&#233;cessairement sur des cellules de base homog&#232;nes : imaginer une f&#233;d&#233;ration de communes, d'associations de producteurs, de collectifs divers et vari&#233;s me semble un d&#233;fi plus int&#233;ressant que la seule conf&#233;d&#233;ration des communes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard :&lt;/strong&gt; &#171; Historiquement, il y a dans le communalisme une dimension insurrectionnelle &#8211; comme le rappelle l'historien Jacques Rougerie : &#8220;&lt;i&gt;Chaque r&#233;volution qu'on a &#233;cras&#233;e dans le sang a &#233;t&#233; tout naturellement d&#233;sign&#233;e comme une Commune &lt;/i&gt;[de Paris, de Berlin, de Kronstadt, de Budapest, etc.]&#8221; &#8211; mais aussi une dimension r&#233;formiste qui donnera le socialisme municipal. Cette tension &#233;merge dans les d&#233;bats de l'Association internationale des travailleurs apr&#232;s l'&#233;crasement de la Commune de Paris. Le livre de Patrizia Dogliani, &lt;i&gt;Le Socialisme municipal en France et en Europe de la Commune &#224; la Grande Guerre &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions Arbre bleu, 2018.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, d&#233;crit pr&#233;cis&#233;ment cette bataille sourde entre une vision qui pr&#244;ne l'autonomie communale, le mouvement coop&#233;ratif, l'organisation &#224; la base et une autre qui s'appuie sur un programme centraliste &#224; partir du mod&#232;le du Parti-&#201;tat. Ainsi, le socialiste &#8220;int&#233;gral&#8221; Beno&#238;t Malon veut faire de l'administration communale &#8220;&lt;i&gt;le pivot de la vie sociale future&lt;/i&gt;&#8221;. Tandis que pour les socialistes &#233;tatistes , comme Jules Guesde, le &#8220;&lt;i&gt;terrain municipal ne peut &#234;tre qu'un champ de man&#339;uvre &lt;/i&gt;[pour] &lt;i&gt;pr&#233;parer les grands services collectivistes de la soci&#233;t&#233; de demain&lt;/i&gt;&#8221;. La banlieue rouge&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle d&#233;signe la trentaine de municipalit&#233;s d'&#206;le-de-France remport&#233;es par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; est en quelque sorte l'illustration de cet &#233;cartement. En d&#233;pit de son r&#244;le de vitrine de propagande pour le Parti &#8211; qui garde le monopole en toutes choses &#8211;, la gestion municipale par les communistes avait acquis la r&#233;putation d'un laboratoire mod&#232;le qui r&#233;pondait aux besoins de services n&#233;glig&#233;s par l'&#201;tat et le capitalisme : logements, scolarit&#233;, maisons de la culture, colonies de vacances, sport, loisirs, sant&#233;, aide aux personnes &#226;g&#233;es, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose frappe cependant : le mot &#8220;communalisme&#8221; va quasiment dispara&#238;tre du champ lexical politique du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#8211; alors qu'il figure par exemple dans le titre de l'ouvrage de Gustave Lefran&#231;ais, &lt;i&gt;&#201;tude sur le mouvement communaliste &#224; Paris en 1871&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Sauv&#234;tre :&lt;/strong&gt; &#171; Je crois que si le communalisme a pu r&#233;sonner si fort dans les ann&#233;es 1870, c'est parce qu'il y avait cette conviction dans une partie du mouvement ouvrier que l'auto-gouvernement, dans les associations ouvri&#232;res comme dans les institutions politiques municipales, &#233;tait la seule mani&#232;re de r&#233;soudre la &#8220;question sociale&#8221;. La bataille entre autonomie communale et socialisme municipal est d&#233;cisive et permet sans doute d'analyser encore aujourd'hui les limites du &#8220;municipalisme&#8221;. Dans ce d&#233;bat, chez les guesdistes puis aussi chez les broussistes &#8211; avec la brochure de Paul Brousse sur &lt;i&gt;La Propri&#233;t&#233; collective et les services publics &lt;/i&gt;en 1883 &#8211;, c'est la th&#232;se qui veut faire reposer le socialisme sur la g&#233;n&#233;ralisation des services publics qui va l'emporter. Or les services publics, &#233;manant d'une autorit&#233; contr&#244;lant des agents charg&#233;s d'en appliquer les directives, sont par nature &#233;tatiques, car la notion de &#8220;service&#8221; implique un rapport hi&#233;rarchique entre l'agent fonctionnaire et l'usager. Cette notion a pr&#233;cipit&#233; l'h&#233;g&#233;monie de l'&#233;tatisme &#224; gauche, et est rentr&#233;e en contradiction avec l'auto-gouvernement, ce qui peut expliquer la disparition progressive du lexique communaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, il me semble que l'impasse &#233;tatiste et gestionnaire des services publics n'est pas limit&#233;e aux services publics nationaux, mais affecte aussi les conceptions et les pratiques des &#8220;municipalistes&#8221; contemporains. Dans quelle mesure ne sont-ils pas les h&#233;ritiers de la conception de la &#8220;gestion municipale&#8221; dont tu parles pour les communistes fran&#231;ais &#224; partir des ann&#233;es 1930 ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marianne Enckell :&lt;/strong&gt; &#171; La dimension insurrectionnelle et la dimension r&#233;formiste s'opposent en effet depuis la Premi&#232;re Internationale. James Guillaume &#233;crivait que &#8220;&lt;i&gt;la calotte de conseiller municipal, de conseiller d'&#201;tat ou de conseiller f&#233;d&#233;ral, pos&#233;e sur la t&#234;te du socialiste le plus intelligent et le plus sinc&#232;re, c'est un &#233;teignoir qui &#233;touffe &#224; l'instant la flamme r&#233;volutionnaire &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, L'Internationale, Paris, 1905, t. III.&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&#8221;. Autre Suisse, membre de la F&#233;d&#233;ration jurassienne, Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel estimait que &#8220;&lt;i&gt;l'autonomie communale pourrait devenir le point de d&#233;part d'une agitation populaire g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;&#8221;. Il d&#233;clarait : &#8220;&lt;i&gt;Nous sommes donc pour la r&#233;volte des communes contre l'&#201;tat.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi je plussoie &#224; la remarque pr&#233;c&#233;dente sur l'implication hi&#233;rarchique de la notion de services publics : les usagers ne savent plus o&#249; se situer. Cela ressort de mani&#232;re criante dans la d&#233;claration de l'Assembl&#233;e des assembl&#233;es [des Gilets jaunes] de Commercy, fin janvier : &#8220;&lt;i&gt;Partageons la richesse et pas la mis&#232;re ! Finissons-en avec les in&#233;galit&#233;s sociales ! Nous exigeons l'augmentation imm&#233;diate des salaires, des minimas sociaux, des allocations et des pensions, le droit inconditionnel au logement et &#224; la sant&#233;, &#224; l'&#233;ducation, des services publics gratuits et pour tous.&lt;/i&gt;&#8221; &#8220;&lt;i&gt;Partageons, finissons-en&lt;/i&gt;&#8221; &#8211; et puis : &#8220;&lt;i&gt;Nous exigeons !&lt;/i&gt;&#8221; Comment n'ont-ils pas vu la contradiction criante ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard :&lt;/strong&gt; &#171; L'&#233;mergence actuelle d'un municipalisme connect&#233;, &#224; travers les sommets et les plateformes &lt;i&gt;Fearless cities &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;lire ci-dessous&lt;/strong&gt;, laisse finalement plus entrevoir des techniques de gouvernance &#8220;participatives et inclusives&#8221; clefs en main que des formes r&#233;elles d'auto-organisation. &#192; Barcelone, un militant des quartiers jugeait que les candidatures citoyennes qui avaient amen&#233; la liste d'Ada Colau au pouvoir &#8220;&lt;i&gt;avaient saut&#233; l'&#233;tape cruciale de la coop&#233;ration, de l'articulation avec une base territoriale forte. Elles se sont davantage servies des mouvements sociaux comme tremplin vers le pouvoir, pour obtenir un puissant &#233;lectorat et gagner les institutions afin de mettre en place des id&#233;es de gauche r&#233;formiste &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Diego Miralles Buil, &#171; Les &#8220;nouveaux municipalismes&#8221; de Madrid et Barcelone (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Sauv&#234;tre :&lt;/strong&gt; &#171; Le municipalisme des &lt;i&gt;Fearless cities&lt;/i&gt; me semble globalement pris dans les travers de la vieille politique. Je crois qu'apr&#232;s le cycle du &#8220;mouvement des places&#8221; les choses ont &#233;t&#233; envisag&#233;es essentiellement &#224; travers l'angle de la &lt;i&gt;d&#233;mocratisation de la politique&lt;/i&gt;, construit essentiellement autour des deux p&#244;les d'une &#8220;repr&#233;sentation &#233;thique&#8221; &#8211; avec la d&#233;nonciation de la corruption des gouvernants traditionnels et la mise en place de &#8220;codes &#233;thiques&#8221; &#8211; et d'une incitation &#224; la participation citoyenne active. Cet angle me semble aujourd'hui tr&#232;s largement insuffisant. De ce point de vue, il ne faut pas sous-estimer le r&#244;le, n&#233;gatif selon moi, que joue la r&#233;f&#233;rence au populisme &#8211; lui-m&#234;me contradictoire avec un projet d'auto-gouvernement &#8211; d'Ernesto Laclau et Chantal Mouffe&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Couple post-marxiste qui a th&#233;oris&#233; le populisme &#224; destination des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; dans le municipalisme espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui prime dans ces exp&#233;riences, comme celles des &lt;i&gt;Fearless cities&lt;/i&gt;, c'est la remunicipalisation des services publics : les municipalismes espagnols ont beaucoup pari&#233; sur les &#8220;droits sociaux fondamentaux&#8221; et les &#8220;mesures d'urgence&#8221; qui devaient &#234;tre prises pour rallier l'&#233;lectorat populaire &#224; leur programme. Cette logique essentiellement &#8220;servicielle&#8221; est ensuite compl&#233;t&#233;e par un ensemble de dispositifs participatifs (plateformes de propositions, budgets participatifs, assembl&#233;es ouvertes) pour inciter la population &#224; prendre part &#224; la d&#233;mocratie. Sauf que ces deux logiques sont contradictoires : on a des &#233;quipes municipales d&#233;vou&#233;es qui travaillent jour et nuit pour satisfaire les &lt;i&gt;desiderata &lt;/i&gt;sociaux d'une population que la logique &#233;lectorale met bien davantage dans la position de ceux qui exigent des r&#233;sultats que de ceux qui pourraient &#234;tre d&#233;sireux de prendre part &#224; un projet d'auto gouvernement. La division entre professionnels municipaux de la politique et citoyens profanes invit&#233;s &#224; &#8220;participer&#8221; dans le temps que ne leur laisse pas leur travail salari&#233; n'est pas r&#233;ellement effac&#233;e. Joan Subirats&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Joan Subirats est chercheur en science politique et porte-parole de la liste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt; a beau invoquer la &#8220;proximit&#233;&#8221; permise par une politique municipaliste, celle-ci ne suffit pas &#224; r&#233;duire cet &#233;cart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bilans mitig&#233;s des exp&#233;riences municipalistes r&#233;centes &#8211; qui restent bien s&#251;r &#224; &#233;tablir dans le d&#233;tail &#8211; incitent &#224; privil&#233;gier aujourd'hui les exp&#233;rimentations d&#233;velopp&#233;es en dehors de l'&#201;tat et du jeu &#233;lectoral, comme ce qui s'est tent&#233; &#224; Notre-Dame-des-Landes, qui aurait pu &#234;tre une exp&#233;rimentation communaliste au sens fort du terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est sans doute utile d'&#233;tablir de ce point de vue une distinction forte entre le &lt;i&gt;municipalisme&lt;/i&gt;, entendu au sens de cette &#8220;gestion municipale&#8221;, et le &lt;i&gt;communalisme &lt;/i&gt;qui reste encore sans doute tr&#232;s largement &#224; construire. Si l'on pose la question du communalisme seulement comme question d'&#233;largissement de la d&#233;mocratie sans l'int&#233;grer au probl&#232;me de la confrontation du capitalisme, on a toutes les chances de se planter. C'est le m&#234;me probl&#232;me que celui de Gustave Lefran&#231;ais et des communalistes du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Ils ont parl&#233; parfois de &#8220;commune sociale&#8221; parce que le d&#233;veloppement de l'association ouvri&#232;re dans le domaine &#233;conomique et de la commune politique &#233;taient ins&#233;parables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard :&lt;/strong&gt; &#171; Marianne, dans plusieurs textes, dont &#8220;La d&#233;mocratie mise &#224; mort par ses institutions m&#234;mes : l'exemple de la Suisse&#8221; (1990), tu fais la critique du mode de d&#233;mocratie suisse, qui est parfois pris en mod&#232;le pour sa &#8220;d&#233;mocratie directe&#8221;. Contre quelles illusions mettrais-tu en garde un mouvement qui en appellerait au syst&#232;me des votations par exemple ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marianne Enckell :&lt;/strong&gt; &#171; L'initiative populaire est l'axe dynamique de la d&#233;mocratie helv&#233;tique : chaque citoyen ou groupe de citoyens peut proposer un nouvel article constitutionnel ou une modification. Il suffit pour cela de r&#233;colter 100 000 signatures en 18 mois. Si ce nombre est atteint, l'initiative passera en votation populaire, et en cas de majorit&#233; du peuple et des cantons la Constitution sera modifi&#233;e. La Conf&#233;d&#233;ration &#233;laborera alors une loi d'application qui devra &#234;tre adopt&#233;e &#8211; pour l'assurance maternit&#233;, il a fallu pas moins de soixante ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la Suisse se caract&#233;rise aussi par son syst&#232;me de &#8220;milice&#8221; : les d&#233;put&#233;s conservent leurs activit&#233;s professionnelles, les s&#233;ances ont lieu le soir ou, au niveau f&#233;d&#233;ral, pendant des sessions de quelques semaines par an. Et chaque projet de loi passe par une proc&#233;dure de consultation des principales associations &#233;conomiques, syndicales, politiques, voire d'int&#233;r&#234;ts, en sus des entit&#233;s politiques. Rouages multiples, qui refl&#232;tent et valident la multiplicit&#233; des all&#233;geances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme renforce de fait le syst&#232;me de compromis, de consensus, ce qui est par nature conservateur et contribue &#224; tuer dans l'&#339;uf toute vell&#233;it&#233; de changement. Les d&#233;bats peuvent &#234;tre riches et instructifs au cours de la proc&#233;dure ; mais lorsqu'on passe au vote, c'est l'option la plus neutre qui est syst&#233;matiquement choisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me point, c'est l'autonomie des communes en Suisse. Elles l&#232;vent des imp&#244;ts ; elles accordent le droit de cit&#233; avant que les candidats obtiennent la nationalit&#233; suisse (principe rigoureux du droit du sang, contrairement &#224; la France) ; elles d&#233;cident librement de fusionner ou non avec leurs voisines ; ce n'est que si elles ne peuvent s'acquitter d'une t&#226;che que le canton intervient (principe dit de subsidiarit&#233;). Mais cela ne veut pas dire qu'elles peuvent s'autog&#233;rer, ni faire s&#233;cession, ni se f&#233;d&#233;rer avec n'importe qui. Ni m&#234;me ouvrir une cr&#232;che qui n'observe pas &#224; la lolette pr&#232;s toutes les prescriptions officielles. Il faut que je me renseigne sur leurs comp&#233;tences en mati&#232;re de ronds-points&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par M. L. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Villes sans peur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;L&lt;/petitelettrine&gt;e r&#233;seau des &#171; Fearless cities &#187; est en quelque sorte la vitrine internationale du projet Barcelona en Com&#250;. Plus de 700 participants du monde entier se sont r&#233;unis &#224; Barcelone d&#233;but juin 2018 pour porter l'&#233;mergence d'un municipalisme connect&#233;. Depuis lors, plusieurs sommets r&#233;gionaux ont eu lieu dans des villes comme Varsovie, New York, Bruxelles et Valparaiso, et la plateforme entend &#171; &lt;i&gt;appuyer la construction d'un r&#233;seau de &#8220;villes rebelles&#8221; afin de transformer l'Europe depuis la base &#187;&lt;/i&gt;. Un guide intitul&#233; &lt;i&gt;Comment remporter la ville en commun&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T&#233;l&#233;chargeable en PDF en fran&#231;ais sur le site de Barcelona en Com&#250;.&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt; appelle &#224; la &#171; &lt;i&gt;r&#233;bellion d&#233;mocratique&lt;/i&gt; &#187; et &#224; la &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution citoyenne&lt;/i&gt; &#187; en prodiguant des modes de gouvernement participatifs et transparents.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Janet Biehl, &lt;i&gt;Le Municipalisme libertaire : la politique de l'&#233;cologie sociale&lt;/i&gt; (1998), &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-deux-come-backs-de-Murray' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les deux come-backs de Murray Bookchin&lt;/a&gt; &#187;, page IV de ce m&#234;me num&#233;ro 174 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, mars 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; lire de sa plume : &#171; &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/pierre-sauvetre/blog/201218/ne-pas-etre-recupere-gilets-jaunes-lauto-institution-du-peuple&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ne pas &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;. Gilets jaunes, l'auto-institution du peuple&lt;/a&gt; &#187;, Blogs.mediapart.fr (20/12/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ditions Arbre bleu, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Elle d&#233;signe la trentaine de municipalit&#233;s d'&#206;le-de-France remport&#233;es par le Parti communiste dans les ann&#233;es 1930-1950.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale&lt;/i&gt;, Paris, 1905, t. III.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Diego Miralles Buil, &#171; &lt;a href=&#034;https://antreautre.hypotheses.org/649&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les &#8220;nouveaux municipalismes&#8221; de Madrid et Barcelone&lt;/a&gt; &#187;, revue &lt;i&gt;S !lence &lt;/i&gt;(09/08/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Couple post-marxiste qui a th&#233;oris&#233; le populisme &#224; destination des mouvements de gauche notamment au sein de Podemos.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Joan Subirats est chercheur en science politique et porte-parole de la liste Barcelona En Com&#250;. Il a &#233;crit &lt;i&gt;El poder de lo pr&#243;ximo. Las virtudes del municipalismo&lt;/i&gt;, Catarata, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;T&#233;l&#233;chargeable &lt;a href=&#034;https://barcelonaencomu.cat/sites/default/files/-gagner-la-ville.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en PDF&lt;/a&gt; en fran&#231;ais sur le site de Barcelona en Com&#250;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Tout le monde apprend avec la crise &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Tout-le-monde-apprend-avec-la</link>
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		<dc:date>2018-04-11T15:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Duccio Scotini, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
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		<dc:subject>politiques</dc:subject>
		<dc:subject>Refus</dc:subject>
		<dc:subject>loi Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Exil&#233; en France apr&#232;s les mouvements italiens des ann&#233;es 1970, auteur de Gouvernement par la dette et de Marcel Duchamp et le refus du travail, le philosophe Maurizio Lazzarato accompagne la lutte des Intermittents depuis les ann&#233;es 1990. Il aborde ici la crise de la dette, la g&#233;n&#233;ralisation&#8232;du pr&#233;cariat et le renouvellement des formes de lutte internationales, notamment autour des occupations de places et de leurs transversalit&#233;s. En quoi la question des intermittents permet-elle de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-etat" rel="tag"&gt;l'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Refus" rel="tag"&gt;Refus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi-Travail" rel="tag"&gt;loi Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Exil&#233; en France apr&#232;s les mouvements italiens des ann&#233;es 1970, auteur de &lt;i&gt;Gouvernement par la dette&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Marcel Duchamp et le refus du travail&lt;/i&gt;, le philosophe Maurizio Lazzarato accompagne la lutte des Intermittents depuis les ann&#233;es 1990. Il aborde ici la crise de la dette, la g&#233;n&#233;ralisation&#8232;du pr&#233;cariat et le renouvellement des formes de lutte internationales, notamment autour des occupations de places et de leurs transversalit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2308 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-580-aa1d4.jpg?1768695253' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi la question des intermittents permet-elle de penser l'organisation du travail en g&#233;n&#233;ral ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1992, la Coordination des intermittents de Lyon avait dit deux choses importantes : 1. l'intermittence allait se g&#233;n&#233;raliser pour devenir un mode de travail adopt&#233; par tous et toutes, 2. leur r&#233;gime propre de protection sociale devrait alors &#234;tre la r&#232;gle pour tout le monde. Ces intuitions se v&#233;rifient aujourd'hui : l'emploi discontinu, les r&#233;mun&#233;rations variables et la d&#233;pendance &#224; plusieurs employeurs deviennent la norme. L'intermittence ou la pr&#233;carit&#233; &#8211; d&#233;sormais quasiment &#233;quivalents &#8211; qualifient l'ensemble de l'emploi. Nous sommes pass&#233;s du &#171; plein emploi &#187; de l'apr&#232;s-guerre au &#171; plein emploi pr&#233;caire &#187;. Et m&#234;me les gens qui ne sont pas pr&#233;caires sont affect&#233;s, car ils partagent la m&#234;me peur : &#234;tre pr&#233;caris&#233;s &#224; leur tour, licenci&#233;s ou requalifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on red&#233;finir un sujet politique et r&#233;volutionnaire fond&#233; sur le pr&#233;cariat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des pr&#233;caires n'a pas vocation &#224; remplir le vide laiss&#233; par le mouvement ouvrier. On assiste &#224; un processus mobilisation beaucoup plus large, qui s'est mis en &#339;uvre depuis les sommets de Seattle et G&#234;nes. Dans nombre de pays, de nouvelles formes de lutte ont &#233;merg&#233;, avec une communaut&#233; des modes d'organisation : 1. la capacit&#233; d'occuper un espace &#171; public &#187; (en r&#233;alit&#233; privatis&#233;, la ville n'est d&#233;sormais qu'un lieu de circulation pour se d&#233;placer d'un emploi &#224; un autre, d'un achat &#224; un autre) qui devient un lieu d'organisation, 2. la r&#233;appropriation de la politique &#224; travers la parole et l'action 3. la non-s&#233;paration de l'activit&#233; politique et de la vie quotidienne, 4. une organisation horizontale et le refus de la personnalisation de la lutte politique. C'est de l&#224; que peuvent surgir des nouvelles subjectivit&#233;s politiques, avec toutes ses modalit&#233;s &#8211; luttes des races, des sexes, des classes, des pr&#233;caires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on ainsi en finir avec l'individualisation construite par le patronat en r&#233;action au mouvement ouvrier ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1999 et du contre-sommet de Seattle (faisant suite aux soul&#232;vements zapatistes au Mexique), on a assist&#233; &#224; une resubjectivation de la r&#233;sistance et &#224; une r&#233;appropriation de la parole politique. C'est ce qu'on retrouve aujourd'hui en France avec le mouvement contre la loi Travail et Nuit Debout : un renversement total de la logique de l'&#233;tat d'urgence, en reprenant la rue, qui avait &#233;t&#233; vol&#233;e par le pouvoir, notamment quand les quarante chefs d'&#201;tat y avaient d&#233;fil&#233; &#8211; ceux-l&#224; m&#234;mes qui sont directement responsables des attentats et des conflits mondiaux. La chape de peur et d'angoisse qui pesait sur la France est repouss&#233;e : il s'agit de rouvrir l'espace politique, d'occuper l'espace public. Peu importent les frictions &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la place : de nouvelles possibilit&#233;s apparaissent. Si l'on prend la France d'il y a un mois et celle d'aujourd'hui, on commence d&#233;j&#224; &#224; respirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un enjeu de taille demeure n&#233;anmoins : le rapport avec les banlieues, donc avec l'histoire du colonialisme et du capitalisme &#8211; c'est au fond la m&#234;me chose, puisque depuis la conqu&#234;te de l'Am&#233;rique, le capitalisme est fond&#233; sur le colonialisme. Il s'agit d&#233;sormais de r&#233;fl&#233;chir &#224; la fa&#231;on dont on peut r&#233;agencer cette question, compl&#232;tement neutralis&#233;e et mystifi&#233;e par le d&#233;bat fran&#231;ais sur la la&#239;cit&#233;. L'organisation de la division du travail est travers&#233;e par les divisions sexuelles (le travail de reproduction assum&#233; par les femmes) et raciales. Les habitants des banlieues appartiennent au niveau le plus bas du prol&#233;tariat, mais &#231;a va &#234;tre tr&#232;s difficile de les impliquer avec le seul discours &#171; &#233;conomique &#187;. Ils sont bien entendu directement touch&#233;s par la loi Travail, mais ce qu'il importe aussi de penser, c'est qu'ils se voient domin&#233;s (et de longue date) par les Blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mouvements d'occupation des places comme Nuit Debout peuvent-ils inqui&#233;ter le pouvoir ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste &#224; une radicalisation des r&#233;ponses du pouvoir, car il sent que quelque chose lui &#233;chappe. Il n'est absolument pas dispos&#233; &#224; changer sa ligne politique ; il ne consid&#232;re aucune alternative et ne souhaite pas mettre en &#339;uvre de politique r&#233;formiste sur le mod&#232;le du New Deal. &#192; l'&#233;poque, l'existence de l'Union sovi&#233;tique, la puissance des luttes sociales, la guerre d'Espagne, etc. les ont contraints &#224; l&#226;cher du lest. Mais aujourd'hui, cela n'est plus possible : on va vers des formes de gestion autoritaires de la situation sociale et &#233;conomique, vers une g&#233;n&#233;ralisation de l'&#233;tat d'urgence comme forme de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH428/-581-08d74.jpg?1768649170' width='400' height='428' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu crois &#224; des sc&#233;narios de guerre civile ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t &#224; diff&#233;rentes formes de guerre civile. La dynamique de la guerre au niveau mondial est en train de ressurgir. Il y a un continuum de guerres qui se d&#233;veloppent entre l'Europe et le Moyen-Orient, passant par la Gr&#232;ce qui couple la crise de la dette et celle des r&#233;fugi&#233;s. Le terrain de la lutte des classes s'est d&#233;plac&#233; avec les politiques de la dette (finance) qui agissent &#224; un niveau d'abstraction beaucoup plus &#233;lev&#233; que celui de l'organisation du travail. Quand on demande la s&#233;paration du Medef et de l'&#201;tat comme dans les manifs de ces jours-ci, on oublie que la France doit emprunter, rien que cette ann&#233;e, 200 milliards de dollars pour pouvoir faire fonctionner l'&#201;tat. Les cr&#233;anciers qui ach&#232;tent la dette sont ceux qui d&#233;cident et posent les conditions (dont la loi Travail fait s&#251;rement partie). Gattaz et l'&#201;tat ne sont pas seuls aux commandes. En r&#233;alit&#233; ils ne sont que des articulations de la machine de financiarisation transnationale qui d&#233;cide les niveaux de salaire, d'emploi, ou de ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, tout le monde apprend avec la crise. Elle permet au mouvement de s'attaquer davantage &#224; la racine des probl&#232;mes. En Gr&#232;ce, par exemple, personne n'ignore plus que ce ne sont ni le gouvernement ni le patronat grec qui d&#233;cident, mais des agents de la machine financi&#232;re. Aussi, de nouvelles pistes de lutte se dessinent, on exp&#233;rimente, notamment depuis 2008, des modalit&#233;s d'organisation, mais les &#171; gouvern&#233;s &#187; n'ont pas encore invent&#233; de machine de guerre capable de renverser le rapport de forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu d&#233;fends par ailleurs que m&#234;me les droits sociaux ont &#233;t&#233; transform&#233;s en dette... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout un travail id&#233;ologique de culpabilisation a &#233;t&#233; conduit pour que les allocations ne soient plus vues comme quelque chose que l'on te doit parce que tu as cotis&#233; ou parce que c'est un droit social, mais comme quelque chose qu'on te &#171; pr&#234;te &#187; dans le cadre d'une dette. En &#233;change, tu dois fournir de la loyaut&#233;, des responsabilit&#233;s et surtout de la disponibilit&#233; &#224; chaque &#233;tape du circuit de production. C'est toi qui es coupable d'&#234;tre au ch&#244;mage, et tu dois &#234;tre &#171; disponible &#187; pour racheter ta faute. Au fond, cela revient &#224; contr&#244;ler ton temps. Les exemples sont nombreux : du contrat de travail &#171; z&#233;ro heure &#187; en Grande-Bretagne jusqu'au job &#224; un euro en Allemagne en passant par les contr&#244;les RSA en France : &#234;tre disponible tout le temps. Pour un travail et un salaire de merde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le lien entre refus du travail et mouvement social ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus d'&#234;tre soumis &#224; la logique du travail salari&#233; traverse toute l'histoire des r&#233;sistances politiques, car il exprime le refus de la subordination : il faut cette capacit&#233; &#224; dire &#171; non &#187;, cette rupture subjective, pour interrompre la domination et ouvrir &#224; d'autres possibilit&#233;s politiques. L'interruption des flux de la production dans une usine, ou des flux de la vie normalis&#233;e (comme avec l'occupation des places) font sauter les cha&#238;nes de commandement dans le travail et la vie sociale. De quoi favoriser le d&#233;ploiement de logiques &#233;galitaires. C'est seulement dans cet espace-temps ouvert par le refus, qu'on peut s'organiser et op&#233;rer une &#171; reconversion &#187; de la subjectivit&#233;. Le refus, l'interruption, l'arr&#234;t de flux de production, de consommation et de communication est un pr&#233;alable au changement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Il faut repolitiser les conflits africains &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Il-faut-repolitiser-les-conflits</link>
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		<dc:date>2015-05-06T02:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de l'action humanitaire depuis les ann&#233;es 1970 coupl&#233; aux &#171; guerres justes &#187; contre le terrorisme a gomm&#233; la dimension politique des conflits arm&#233;s en Afrique.&#8200;Marielle Debos, chercheuse en science politique, nous &#233;claire sur la n&#233;cessit&#233; de renouer avec une pens&#233;e du politique. CQFD : Quel sens donnez-vous aux conflits qui ont &#233;clat&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es en Afrique ? Marielle Debos : Les discours dominants tendent &#224; les d&#233;politiser. Ces conflits sont trait&#233;s soit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no130-mars-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;130 (mars 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de l'action humanitaire depuis les ann&#233;es 1970 coupl&#233; aux &#171; guerres justes &#187; contre le terrorisme a gomm&#233; la dimension politique des conflits arm&#233;s en Afrique.&#8200;Marielle Debos, chercheuse en science politique, nous &#233;claire sur la n&#233;cessit&#233; de renouer avec une pens&#233;e du politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1458 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH397/pxx-plonk-guerres-d_amazonie-697d2.jpg?1768652137' width='500' height='397' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk et Replonk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quel sens donnez-vous aux conflits qui ont &#233;clat&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es en Afrique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marielle Debos : &lt;/strong&gt; Les discours dominants tendent &#224; les d&#233;politiser. Ces conflits sont trait&#233;s soit comme des questions s&#233;curitaires&#8200;&#8211;&#8200;&#171; il faut s'y int&#233;resser parce qu'ils repr&#233;sentent une menace au-del&#224; du continent africain &#187; &#8211;, soit comme des questions humanitaires &#8211; &#171; il faut s'y int&#233;resser parce qu'il faut aller sauver les Africains &#187; &#8211;, beaucoup plus rarement comme des questions politiques. Or, si l'on veut cr&#233;er les conditions d'une solidarit&#233; internationale qui ne fonctionne pas uniquement sur le mode de la charit&#233;, il faut rendre ces conflits lisibles et restituer leur dimension politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre article &#171; Milices et sous-traitance de l'(in)s&#233;curit&#233;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nouvelles guerres, La D&#233;couverte, 2014.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; vous soulignez les dangers des grilles de lecture exclusivement ethniques ou religieuses. Quelle place faites-vous aux questions identitaires dans votre analyse ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, les conflits africains &#233;taient d'embl&#233;e &#233;tiquet&#233;s &#171; ethniques &#187;. Aujourd'hui, la violence est pr&#233;sent&#233;e comme un probl&#232;me avant tout religieux. Par exemple, les affrontements qui ont &#233;clat&#233; en Centrafrique en 2013 ont &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;s comme inter-religieux, alors m&#234;me que les lignes de clivage entre les forces politiques et les groupes arm&#233;s &#233;taient plus complexes qu'une simple opposition entre chr&#233;tiens et musulmans. Cette vision du conflit r&#233;ifie les identit&#233;s et n&#233;glige le r&#244;le des entrepreneurs politiques qui jouent la carte de la religion : les rebelles de la S&#233;l&#233;ka, les milices dites anti-balaka, mais aussi, avant eux, l'ancien pr&#233;sident Fran&#231;ois Boziz&#233;. La religion est un registre de la mobilisation politique, mais elle n'est pas la cause du conflit&#8200;&#8211; encore moins sa cause unique. Expliquer le conflit par la religion revient &#224; le d&#233;politiser : la focalisation sur les questions identitaires cr&#233;e un &#233;cran de fum&#233;e sur les ressorts &#233;conomiques et politiques de la violence. La Centrafrique est l'un des pays les plus pauvres du monde en d&#233;pit de l'exploitation des diamants, les ressources sont concentr&#233;es dans la capitale laissant les zones rurales dans des conditions d'extr&#234;me aust&#233;rit&#233;. Les services publics, qui n'ont jamais bien fonctionn&#233;, ont &#233;t&#233; affaiblis par les programmes d'ajustement structurel impos&#233;s par les institutions financi&#232;res internationales. Ces &#233;l&#233;ments sont cruciaux si l'on veut comprendre la violence politique qui a marqu&#233; l'histoire du pays et le conflit extr&#234;mement violent qui a &#233;clat&#233; en 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si la religion ne peut &#224; elle seule tenir lieu d'explication, comment faut-il appr&#233;hender le d&#233;veloppement des groupes djihadistes comme Boko Haram au Nigeria ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boko Haram a un discours djihadiste. Sa communication s'inspire de celle de l'&#201;tat islamique m&#234;me si les deux groupes se sont d&#233;velopp&#233;s dans des situations tr&#232;s diff&#233;rentes. La radicalisation religieuse n'est cependant pas un processus qui se d&#233;roulerait uniquement sur le plan de la religion ou des id&#233;es. Pour comprendre comment des gens finissent par s'enr&#244;ler (ou par &#234;tre enr&#244;l&#233;s) dans de tels groupes, il faut prendre en compte leurs trajectoires sociales et le poids des contextes. S'int&#233;resser &#224; l'histoire des gens ordinaires qui &#224; un moment de leur vie s'engagent dans des groupes violents permet une compr&#233;hension plus fine de la dynamique de ces groupes que la seule hypoth&#232;se d'une adh&#233;sion &#171; id&#233;ologique &#187; au &#171; projet djihadiste. &#187; On a besoin d'analyses qui consid&#232;rent la religion comme un fait social comme un autre et qui prennent en compte les processus multiples qui participent de la cr&#233;ation et du d&#233;veloppement des groupes arm&#233;s. Dans le cas du Nigeria, il faut notamment r&#233;fl&#233;chir &#224; la position des populations qui se retrouvent prises au pi&#232;ge entre la violence de Boko Haram et celle de la contre-insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre ouvrage, &lt;i&gt;Le m&#233;tier des armes au Tchad&lt;/i&gt; (Karthala, 2013), vous montrez que l'arm&#233;e tchadienne a un fonctionnement milicianis&#233; et qu'elle est connue au Tchad pour ses pratiques ill&#233;gales et violentes. Pourtant, elle ne cesse d'&#234;tre salu&#233;e par les politiques et les m&#233;dias occidentaux pour son efficacit&#233; au Mali et plus r&#233;cemment au Nig&#233;ria. &#192; quoi ressemble cette arm&#233;e ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a effectivement un d&#233;calage entre les discours tr&#232;s positifs tenus sur l'arm&#233;e tchadienne &#224; l'ext&#233;rieur du pays et l'exp&#233;rience v&#233;cue par les civils. Au Tchad, l'arm&#233;e n'a pas bonne r&#233;putation. Elle est gouvern&#233;e par l'impunit&#233; : les exactions des officiers les plus puissants ne sont jamais sanctionn&#233;es. Il ne s'agit pas d'un simple dysfonctionnement mais plut&#244;t d'un mode de gouvernement : octroyer l'impunit&#233; &#224; certains individus est un moyen de remercier les affid&#233;s et de freiner les vell&#233;it&#233;s de r&#233;volte des autres. L'impunit&#233; et les ill&#233;galismes d'&#233;tat participent du contr&#244;le de la population. On parle beaucoup des actions des militaires tchadiens au Mali (ils se sont battus aux c&#244;t&#233;s des militaires fran&#231;ais dans le cadre de l'op&#233;ration Serval) et dans le bassin du lac Tchad o&#249; ils affrontent Boko Haram. Mais on parle moins du r&#244;le de la m&#234;me arm&#233;e en Centrafrique : en avril 2014, les soldats tchadiens ont d&#251; se retirer du pays apr&#232;s avoir &#233;t&#233; accus&#233;s par l'ONU d'avoir tir&#233; sur des civils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous vous &#234;tes int&#233;ress&#233;e au lien entre justification humanitaire et ing&#233;rence occidentale. Vous mettez en cause la rh&#233;torique de la &#171; stabilit&#233; &#187;. D'o&#249; vient cette rh&#233;torique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons le cas du Tchad. Le pays est consid&#233;r&#233; depuis quelques ann&#233;es comme un &#201;tat stable amen&#233; &#224; jouer un r&#244;le stabilisateur dans la r&#233;gion. Or, on peut douter du degr&#233; de &#171; stabilit&#233; &#187; d'un r&#233;gime qui &#233;tait sur le point d'&#234;tre renvers&#233; il y a seulement sept ans et dont la gestion des revenus p&#233;troliers a surtout permis d'enrichir une nouvelle classe d'entrepreneurs et d'alimenter les m&#233;contentements. Parier sur son r&#244;le stabilisateur dans la r&#233;gion, c'est ensuite oublier un peu rapidement son r&#244;le dans la d&#233;stabilisation de son voisin centrafricain. Ce qui a permis au Tchad d'obtenir aussi rapidement ce nouveau statut d'&#201;tat stable, ce sont moins les r&#233;alit&#233;s politiques et sociales du pays que le contexte de la &#171; guerre contre le terrorisme &#187;&#8200;&#8211;&#8200;une expression invent&#233;e par l'administration Bush et que Fran&#231;ois Hollande a utilis&#233;e &#224; propos de l'intervention arm&#233;e au Mali. Le pr&#233;sident tchadien, Idriss D&#233;by, a bien compris ce qu'il avait &#224; gagner de ce nouveau r&#244;le d'alli&#233;, comme son pr&#233;d&#233;cesseur Hiss&#232;ne Habr&#233; avait su tirer les b&#233;n&#233;fices de sa position anti-libyenne au temps de la Guerre froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi l'interventionnisme occidental en Afrique peut provoquer l'aggravation des violences existantes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut faire de g&#233;n&#233;ralit&#233;s : ces interventions ne se d&#233;roulent pas toutes dans les m&#234;mes contextes politiques, n'ont pas toutes les m&#234;me cadres juridiques, ni les m&#234;mes effets sur le terrain. Mais elles peuvent effectivement avoir des effets d&#233;sastreux. On a atteint des sommets d'aventurisme en 2011 avec l'intervention arm&#233;e en Libye, quand Nicolas Sarkozy a mobilis&#233; une coalition internationale pour acc&#233;l&#233;rer la chute de Kadhafi&#8200;&#8211;&#8200;quatre ann&#233;es apr&#232;s avoir re&#231;u le m&#234;me Kadhafi avec faste &#224; Paris. Cette intervention a des cons&#233;quences lourdes en Libye mais aussi dans le Sahara et le Sahel : la Libye est en guerre et cette situation a profit&#233; aux groupes arm&#233;s djihadistes de la r&#233;gion. Et la r&#233;ponse &#224; la prolif&#233;ration de ces groupes est &#224; nouveau militaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-guerre-vue-du-ciel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre vue du ciel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Dossier-Rumeurs-de-Guerre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rumeurs de Guerre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Guerres-Bilans-macabres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerres : Bilans macabres&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeremy Scahill : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Jeremy-Scahill%E2%80%88-Pietiner-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pi&#233;tiner la propagande&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/BHL-En-Libye-J-ai-interet-a-ne-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;BHL : En Libye&lt;/a&gt;, &#171; J'ai int&#233;r&#234;t &#224; ne pas m'&#234;tre tromp&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-guerre-tout-contre-nous&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre tout contre nous&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horloge de l'&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-horloge-de-l-Apocalypse&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apocalypse nucl&#233;aire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/American-Sniper-Kill-them-all&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;American Sniper&lt;/a&gt; : Kill them all&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Des-chiffres-et-des-guerres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chiffres&lt;/a&gt; et des guerres&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Nouvelles guerres&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Vers une intifada des r&#233;fugi&#233;s ? &#187;</title>
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		<dc:date>2014-03-18T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Dany&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>A. B.</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#192; Dheisheh, un camp au sud de Bethl&#233;em, plus de 10 000 personnes ont v&#233;cu, durant plus de trois semaines, au milieu des poubelles et au rythme des manifestations des enfants priv&#233;s d'&#233;cole . Nous avons rencontr&#233; Mahmoud, l'un des 150 travailleurs pour l'ONU dans le camp, en gr&#232;ve de la faim . Entretien. Deux mois de lutte. Dans le silence et l'indiff&#233;rence. D&#233;but f&#233;vrier, la gr&#232;ve des travailleurs de l'UNRWA (l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no119-fevrier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;119 (f&#233;vrier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/A-B" rel="tag"&gt;A. B.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lutte" rel="tag"&gt;lutte&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Dheisheh, un camp au sud de Bethl&#233;em, plus de 10 000 personnes ont v&#233;cu, durant plus de trois semaines, au milieu des poubelles et au rythme des manifestations des enfants priv&#233;s d'&#233;cole . Nous avons rencontr&#233; Mahmoud, l'un des 150 travailleurs pour l'ONU dans le camp, en gr&#232;ve de la faim . Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_963 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p05-palestine-enfants-cqfd119-e631c.jpg?1768816154' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par A. B.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux mois de lutte. Dans le silence et l'indiff&#233;rence. D&#233;but f&#233;vrier, la gr&#232;ve des travailleurs de l'UNRWA (l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s de Palestine dans le Proche-Orient) a pris fin dans les territoires palestiniens. Une demi-victoire, bien s&#251;r, pour les milliers d'employ&#233;s palestiniens de l'ONU qui assurent l'essentiel des services sociaux, d'&#233;ducation et de sant&#233; aupr&#232;s des r&#233;fugi&#233;s, au nombre de plus de 700 000 en Cisjordanie. Les gr&#233;vistes ont sign&#233; fin janvier un accord-cadre avec leur administration, qui devrait r&#233;soudre le contentieux sur leurs salaires, sans toutefois satisfaire leurs exigences politiques, &#224; propos de l'avenir des r&#233;fugi&#233;s et l'&#233;ternelle revendication du &#171; droit au retour &#187;. Mahmoud, travailleur social gr&#233;viste, rencontr&#233; d&#233;but janvier dans le camp de Dheisheh, nous raconte les raisons de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Pourquoi avoir commenc&#233; cette lutte ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mahmoud :&lt;/strong&gt; L'ONU pr&#233;tend actuellement conna&#238;tre une crise financi&#232;re qui l'emp&#234;che d'appliquer correctement la r&#233;solution 302 [qui a cr&#233;&#233; l'UNRWA en d&#233;cembre 1949 &#224; la suite de la guerre de 1948, acte de naissance de l'&#201;tat d'Isra&#235;l, ndlr]. Cette crise financi&#232;re est un mensonge, un &#233;cran de fum&#233;e destin&#233; &#224; masquer des raisons politiques, des probl&#232;mes de corruption et des pressions internationales pro-isra&#233;liennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous r&#233;clamez de meilleurs salaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnels de l'UNRWA qui travaillent en Cisjordanie sont moins bien pay&#233;s que ceux qui travaillent dans les camps au Liban ou en Jordanie par exemple. Une enveloppe de 22 millions de dollars avait &#233;t&#233; d&#233;bloqu&#233;e par l'ONU mais n'a jamais &#233;t&#233; revers&#233;e ici. Nous voulons informer et tenter de d&#233;faire la pression du gouvernement isra&#233;lien sur l'ONU. Nous souhaitons non seulement une &#233;quivalence de salaire, mais une meilleure reconnaissance de notre statut, l'arr&#234;t des contrats int&#233;rimaires et des licenciements pour raisons politiques. Comme partout, il y a beaucoup de ch&#244;mage ici. Il faudrait se contenter d'avoir du travail, quelle que soit sa r&#233;mun&#233;ration. C'est le principal argument de l'ONU pour ne pas accorder d'importance &#224; nos revendications. Pour le &#171; machin &#187; sis &#224; New York, nous employer, c'est d&#233;j&#224; nous faire une faveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez parl&#233; de licenciements pour raisons politiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police palestinienne et l'arm&#233;e isra&#233;lienne passent dans notre camp au moins deux fois par semaine, vers trois heures du matin, pour pratiquer des arrestations arbitraires, qu'ils justifient par une lutte contre le terrorisme. L'ONU remercie les travailleurs s'ils sont arr&#234;t&#233;s ou s'ils ont des tendances politiques trop radicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est organis&#233;e la gr&#232;ve &#224; travers toute la Cisjordanie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par le biais d'Internet, de quelques podcasts et d'un journal qui a circul&#233; entre les camps. Il y a eu &#233;galement des assembl&#233;es de l'Union des travailleurs et des meetings afin de tenir inform&#233;e la population des camps des initiatives et des directions prises par le mouvement. Sur les dix-neuf camps, dix ont cr&#233;&#233; un centre d'organisation et de rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les rares &#233;chos m&#233;diatiques sur votre lutte se sont uniquement r&#233;sum&#233;s &#224; la demande de revalorisation des salaires. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, cette gr&#232;ve ne concernait que les droits de travailleurs palestiniens de l'ONU. Tr&#232;s rapidement, ces revendications ont gagn&#233; un terrain beaucoup plus g&#233;n&#233;ral, c'est-&#224;-dire celui de l'avenir des r&#233;fugi&#233;s dans les camps. Les enfants et toute une partie des camps se sont &#233;galement mobilis&#233;s, bloquant des rues, revendiquant l'acc&#232;s &#224; l'&#233;cole, de l'espace pour jouer et des conditions de vie d&#233;centes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous &#233;t&#233; entendus sur ces sujets ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, &#224; Dheisheh, personne n'est venu se pr&#233;occuper de notre sort. Personne ne nous a donn&#233; la parole. Aucune des revendications n'a &#233;t&#233; entendue, ni par les repr&#233;sentants de l'autorit&#233; palestinienne, ni bien entendu par le gouvernement isra&#233;lien. Tout se d&#233;cide derri&#232;re le mur. Depuis les accords d'Oslo et le pr&#233;tendu projet d'un double &#201;tat, les plus r&#233;fractaires &#224; cette politique, c'est-&#224;-dire les r&#233;fugi&#233;s qui ont tout perdu, sont largement ignor&#233;s. L'essentiel est de les &#233;touffer, de laisser la situation se d&#233;grader au maximum. Cette strat&#233;gie-l&#224; est aussi celle de la nouvelle bourgeoisie affairiste de Ramallah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment voyez-vous l'avenir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus grande question que posent les r&#233;fugi&#233;s, et que personne ne veut entendre, concerne le droit au retour. La r&#233;solution 194 de l'ONU, prise en d&#233;cembre 1948, affirme &#171; &lt;i&gt;qu'il y a lieu de permettre aux r&#233;fugi&#233;s qui le d&#233;sirent, de rentrer dans leurs foyers le plus t&#244;t possible et de vivre en paix avec leurs voisins &lt;/i&gt; &#187;. Je viens d'un petit village et j'esp&#232;re pouvoir y rentrer un jour pour cultiver la terre qui a &#233;t&#233; vol&#233;e &#224; ma famille. Je crois que les r&#233;fugi&#233;s ne sont pas pr&#232;s d'abandonner ce combat. M&#234;me les enfants se retrouvent sur cette position, ils br&#251;lent des ordures et organisent eux-m&#234;mes des manifestations. D&#233;but janvier, un enfant de six ans a voulu s'immoler. D&#232;s lors, il y a une seule et grande question &#224; se poser : combien de temps reste-t-il avant de grandes &#233;meutes ? Autrement dit, combien de temps avant une intifada des r&#233;fugi&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_964 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p05-palestine-cqfd119-9c159.jpg?1768816155' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par A. B.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;ternel retour&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ils sont la blessure irr&#233;parable. Les r&#233;fugi&#233;s palestiniens ont perdu leurs terres et leurs habitations pendant la guerre de 1948-49 &#224; l'origine de la cr&#233;ation de l'&#201;tat d'Isra&#235;l. Contraints &#224; l'exode &#8211; d&#233;part dont les conditions sont l'objet d'innombrables d&#233;bats d'historiens &#8211;, ils vivent en Jordanie, au Liban, en Syrie, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Leur statut, reconnu par l'UNRWA, a la particularit&#233; unique d'englober les victimes directes de la Nakba, la catastrophe de 1948, mais aussi leurs descendants. De presque 800 000 &#224; l'&#233;poque, ils sont d&#233;sormais plus de 5 millions de r&#233;fugi&#233;s, en ajoutant les exil&#233;s de la guerre des Six Jours en 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#171; camps de r&#233;fugi&#233;s &#187; constituent des quartiers pauvres et tr&#232;s denses, des petites villes dans la ville. Cr&#233;&#233; en 1949 pour assister temporairement les r&#233;fugi&#233;s, l'UNRWA, pr&#233;sent dans 59 camps, n'a jamais cess&#233; de voir son mandat renouvel&#233;. Pourtant, d&#232;s 1948, l'ONU avait reconnu le droit pour les &#171; &lt;i&gt; r&#233;fugi&#233;s qui le d&#233;sirent, de rentrer dans leurs foyers le plus t&#244;t possible&lt;/i&gt; &#187;. Ce &#171; droit au retour &#187; cristallise depuis cette &#233;poque les conflits avec le gouvernement isra&#233;lien. Son ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, Avigdor Liberman, d&#233;clarait encore en janvier dernier qu'il ne permettrait pas le retour &#171; &lt;i&gt;m&#234;me d'un seul&lt;/i&gt; &#187; r&#233;fugi&#233; palestinien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;dito du 99</title>
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		<dc:date>2012-04-14T05:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;Quel plaisir d'&#234;tre ainsi convoit&#233; par tous ces hommes et femmes politiques qui ne cessent de surench&#233;rir pour nous s&#233;duire. Habitu&#233;s &#224; &#234;tre oubli&#233;s ou m&#233;pris&#233;s, nous voil&#224;, pour quelques semaines, objets de toutes les minauderies et bouches en c&#339;ur, pendant que les pr&#233;tendants s'&#233;charpent pour passer ne serait-ce qu'une br&#232;ve nuit &#233;lectorale avec nous &#8211; fuck and run. Comment ne pas c&#233;der &#224; cette petite excitation ? Qu'elle se d&#233;cline dans les solennels d&#233;bats &#171; pour &#187; ou &#171; contre &#187; le geste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quel plaisir d'&#234;tre ainsi convoit&#233; par tous ces hommes et femmes politiques qui ne cessent de surench&#233;rir pour nous s&#233;duire. Habitu&#233;s &#224; &#234;tre oubli&#233;s ou m&#233;pris&#233;s, nous voil&#224;, pour quelques semaines, objets de toutes les minauderies et bouches en c&#339;ur, pendant que les pr&#233;tendants s'&#233;charpent pour passer ne serait-ce qu'une br&#232;ve nuit &#233;lectorale avec nous &#8211; fuck and run. Comment ne pas c&#233;der &#224; cette petite excitation ? Qu'elle se d&#233;cline dans les solennels d&#233;bats &#171; pour &#187; ou &#171; contre &#187; le geste &#233;lectoral, ou dans la superficielle &#233;motion d'un instant, impossible d'&#233;chapper &#224; cette grande partie de bingo national. Qui sera la tronche de cake que l'on va se supporter pendant cinq ans ? Combien mesure-t-elle ? Qui l'imitera le mieux ? etc., sont s&#251;rement les quelques questions les plus fondamentales que sugg&#232;re cette kermesse. Finalement, que l'on fasse la fine bouche, que l'on prenne un petit air m&#233;prisant ou que l'on suive assid&#251;ment l'affaire, nous assistons &#224; un joli moment de divertissement sportif et populaire. L'arbitre &#8211; celui qui sera finalement &#233;lu &#8211;, pourra peut-&#234;tre am&#233;nager la r&#232;gle du jeu, mais il ne changera pas fondamentalement la taille du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant le jour o&#249; le public envahira enfin la pelouse&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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