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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Des m&#232;res col&#232;res</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Quitter le banc de touche. Si une phrase devait r&#233;sumer un des combats majeurs du Front de m&#232;res ce pourrait &#234;tre celle-l&#224;. Premier syndicat de parents des quartiers populaires, le Front de m&#232;res est n&#233; de la lutte d'habitantes des banlieues, d&#233;termin&#233;es &#224; faire entendre leur voix face &#224; une institution scolaire qui trop souvent les b&#226;illonne. La parole est &#224; Fatima Ouassak, cofondatrice du syndicat. &#171; Pour garantir la r&#233;ussite de tous, l'&#233;cole se construit avec la participation des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-institution" rel="tag"&gt;l'institution&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fatima-Ouassak" rel="tag"&gt;Fatima Ouassak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/origine-sociale" rel="tag"&gt;origine sociale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quitter le banc de touche. Si une phrase devait r&#233;sumer un des combats majeurs du Front de m&#232;res ce pourrait &#234;tre celle-l&#224;. Premier syndicat de parents des quartiers populaires, le Front de m&#232;res est n&#233; de la lutte d'habitantes des banlieues, d&#233;termin&#233;es &#224; faire entendre leur voix face &#224; une institution scolaire qui trop souvent les b&#226;illonne. La parole est &#224; Fatima Ouassak, cofondatrice du syndicat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4376 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200front_de_ma_res_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH297/1200front_de_ma_res_resultat-f8b08.jpg?1782829567' width='500' height='297' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de La Force N&#233;e
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; &lt;/span&gt; Pour garantir la r&#233;ussite de tous, l'&#233;cole se construit avec la participation des parents, quelle que soit leur origine sociale. &#187; Cela a beau &#234;tre inscrit dans les textes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus pr&#233;cis&#233;ment dans la &#171; loi Peillon &#187;, &#171; pour la refondation de l'&#233;cole (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la r&#233;alit&#233; est parfois tr&#232;s diff&#233;rente. Fatima Ouassak le dit cash : &#171; Dans les &#233;coles des quartiers populaires, on attend des parents qu'ils rasent les murs. &#187; Politologue de son &#233;tat, elle se tient pourtant &#224; bonne distance des consid&#233;rations hors-sol : c'est de son v&#233;cu qu'elle parle &#8211; celui d'une femme, d'une m&#232;re arabe, habitante de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), o&#249; ses enfants sont scolaris&#233;s. Ces rapports compliqu&#233;s avec l'&#233;cole, elle les raconte et les analyse dans son livre &lt;i&gt;La Puissance des m&#232;res &#8211; Pour un nouveau sujet r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, paru &#224; La D&#233;couverte en 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque sa fille entre &#224; l'&#233;cole, Fatima Ouassak se retrouve face &#224; une institution qui lui fait vite comprendre qu'elle ne la reconna&#238;t pas comme une interlocutrice valable. Sauf que faire profil bas n'est pas vraiment le genre de la maison. Alors en 2016, avec plusieurs autres femmes, elle cr&#233;e le Front de m&#232;res, premier syndicat de parents des quartiers populaires. L'enjeu est clair : instaurer un vrai rapport de force avec l'&#233;cole et revendiquer le droit des parents de ces quartiers &#224; co-construire, avec les acteurs et actrices de l'institution, &#171; un plan d'actions concr&#232;tes en mati&#232;re d'&#233;ducation &#187;, lequel foulerait au pied le racisme syst&#233;mique et donnerait &#224; chaque gamin les m&#234;mes chances de r&#233;ussite scolaire. Des objectifs qui ont amen&#233; le Front de m&#232;res &#224; &#233;laborer des projets avec l'institution, tout en soutenant les lyc&#233;ens en lutte contre des r&#233;formes iniques ou en d&#233;fendant le droit des accompagnatrices de sorties scolaires &#224; porter le foulard. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les quartiers populaires, quelle place l'&#233;cole r&#233;serve-t-elle aux parents ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une place h&#233;rit&#233;e du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &#233;poque &#224; laquelle l'&#233;cole r&#233;publicaine a &#233;t&#233; pens&#233;e pour extraire les enfants de leurs familles : d'abord paysannes, puis ouvri&#232;res et aujourd'hui des quartiers populaires, issues de l'immigration. L'institution continue de batailler pour &#233;manciper les enfants et les sortir de leur condition de classe avec, en toile de fond, l'id&#233;e que l'&#233;cole serait forc&#233;ment lib&#233;ratrice face au parent qui serait enfermant. D&#232;s lors, ce dernier n'a pas sa place &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, d&#232;s qu'une proposition ou une revendication vient de nous, femmes non blanches des quartiers populaires, avec tout ce qu'on repr&#233;sente, ce qu'on incarne, l'&#233;cole consid&#232;re qu'elle n'est pas l&#233;gitime. Un exemple : quand ma fille est entr&#233;e en maternelle, je me suis &#233;tonn&#233;e de ne pas voir proposer d'alternative v&#233;g&#233;tarienne au repas &#224; base de viande servi chaque jour. D'autant que cette alternative existait dans la cr&#232;che d&#233;partementale que mon enfant fr&#233;quentait l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Lorsque j'ai soumis l'id&#233;e &#224; la directrice de l'&#233;cole, puis &#224; la mairie et enfin &#224; la FCPE&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration des conseils de parents d'&#233;l&#232;ves.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, on m'a r&#233;torqu&#233; que ce n'&#233;tait pas envisageable pour des questions de la&#239;cit&#233;. Je n'avais pourtant jamais &#233;voqu&#233; la question de la religion, le mot &lt;i&gt;halal&lt;/i&gt; n'&#233;tait jamais sorti de ma bouche. Sauf que je suis une femme arabe consid&#233;r&#233;e comme musulmane : on m'a reproch&#233; de me servir de la question de l'alternative v&#233;g&#233;tarienne comme cheval de Troie pour islamiser l'&#233;cole. Dans un autre quartier, et si je n'avais pas &#233;t&#233; arabe, on m'aurait certainement d&#233;cern&#233; le prix de la m&#232;re &#233;colo de l'ann&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paradoxalement, l'institution sait aussi faire appel &#224; vous quand elle en a besoin, par exemple en vous demandant d'accompagner les sorties scolaires...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un fait : sans la pr&#233;sence des m&#232;res, il n'y aurait pas de sorties scolaires. Sauf que dans les quartiers populaires, beaucoup d'entre elles sont musulmanes et portent le foulard, qui se retrouve r&#233;guli&#232;rement au centre de pol&#233;miques&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Derni&#232;re en date : celle entourant le projet &#8211; finalement abandonn&#233; &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. J'estime que le probl&#232;me n'est pas tant le fait que ces sorties puissent ou non avoir lieu &#8211; dans nos quartiers, il y a tellement peu de moyens qu'il s'agit souvent de sorties &lt;i&gt;low-cost&lt;/i&gt; qui, &#224; mes yeux, apportent peu aux enfants &#8211; mais qu'il y a en revanche un vrai enjeu politique &#224; dire que chaque parent doit &#234;tre consid&#233;r&#233; et que les enfants n'ont pas &#224; &#234;tre humili&#233;s parce que leur m&#232;re porte un foulard. En 2017, avec le Front de m&#232;res, on avait publi&#233; un texte dans lequel on demandait en quoi interdire le port du foulard aux m&#232;res accompagnatrices &#8211; une mesure d&#233;battue &#224; l'&#233;poque &#8211; allait &#234;tre positif pour l'&#201;ducation nationale ? En quoi provoquer de nouvelles tensions entre &#233;cole et parents des quartiers populaires, mais surtout entre ces parents et leurs enfants, ou entre l'&#233;cole et ces enfants, allait arranger les difficult&#233;s existantes ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un autre registre, plus tard, quand vos enfants entrent au lyc&#233;e, l'institution compte sur vous pour r&#233;guler d'autres tensions&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En effet, on nous demande d'&#234;tre l&#224; pour calmer le jeu, par exemple quand nos enfants lyc&#233;ens manifestent. &#192; Garges-l&#232;s-Gonesse (Val-d'Oise), le 5 d&#233;cembre 2018, la police avait tir&#233; au flash-ball sur les jeunes. C'&#233;tait dans le contexte des manifestations Gilets jaunes et des mobilisations lyc&#233;ennes contre la r&#233;forme du bac et Parcoursup. Ce jour-l&#224;, un jeune a eu la m&#226;choire fractur&#233;e par un tir de flash-ball. Le soir m&#234;me, le lyc&#233;e avait envoy&#233; un mail aux parents en leur demandant de ne pas envoyer leurs enfants en cours le lendemain pour &#233;viter les troubles. Il avait anticip&#233; la solidarit&#233; entre les lyc&#233;ens et demand&#233; aux parents de les garder bien au chaud &#224; la maison. Aller chercher la &#8220;m&#232;re tampon&#8221;, celle qui va apaiser les tensions entre l'enfant et l'institution, chez les m&#232;res que nous sommes est un bon calcul de leur part puisqu'on veut prot&#233;ger nos enfants.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Globalement, d&#232;s qu'une proposition ou une revendication vient de nous, femmes non blanches des quartiers populaires, avec tout ce qu'on repr&#233;sente, ce qu'on incarne, l'&#233;cole consid&#232;re qu'elle n'est pas l&#233;gitime.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Faire en sorte qu'il ne leur arrive rien ne nous a par contre pas emp&#234;ch&#233;es de nous mobiliser pour les soutenir. Au lendemain de l'affaire de Garges, il y a eu celle de Mantes-la-Jolie (Yvelines) o&#249; 150 lyc&#233;ens avaient &#233;t&#233; interpell&#233;s, mis &#224; genoux, les mains sur la t&#234;te. Le soir m&#234;me, on organisait une r&#233;union d'urgence &#224; laquelle &#233;taient invit&#233;s le Comit&#233; Adama, le MIB&lt;i&gt; [Mouvement de l'immigration et des banlieues]&lt;/i&gt;, des avocats, etc., pour r&#233;fl&#233;chir ensemble &#224; la fa&#231;on de prot&#233;ger nos enfants et aux strat&#233;gies pour les soutenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, le Front de m&#232;res avait publi&#233; avec d'autres m&#232;res de lyc&#233;ens un texte pour d&#233;noncer les violences polici&#232;res subies par nos enfants. On y &#233;crivait que la police n'avait rien &#224; faire &#224; l'&#233;cole ni autour, tout en d&#233;non&#231;ant la complicit&#233; de l'institution dans la r&#233;pression, puisqu'elle excluait les lyc&#233;ens qui bloquaient les &#233;tablissements et collaborait avec la police. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinq ans apr&#232;s la cr&#233;ation du Front de m&#232;res, votre organisation a sem&#233; ses graines : des collectifs locaux sont n&#233;s &#224; Rennes, &#224; Strasbourg et m&#234;me en Belgique, pour ne citer que ceux-l&#224;. O&#249; en sont vos rapports avec l'institution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a toujours &#233;t&#233; en lien avec l'&#201;ducation nationale. Goundo Diawara, secr&#233;taire du syndicat depuis ses d&#233;buts, est par exemple CPE &lt;i&gt;[Conseill&#232;re principale d'&#233;ducation]&lt;/i&gt; dans un coll&#232;ge de banlieue. Aujourd'hui, on est parvenues &#224; programmer un temps mensuel entre parents et personnels de l'&#201;ducation nationale pour &#233;voquer ensemble les probl&#232;mes existants. Par exemple, on travaille sur le harc&#232;lement scolaire avec Questions de classe(s), un collectif de profs. On souhaite poser la question de la responsabilit&#233; institutionnelle, avec l'id&#233;e d'&#233;changer ensemble et de cr&#233;er une coop&#233;ration entre les personnels de l'&#201;ducation nationale, les parents et les enfants, afin de mieux comprendre et pr&#233;venir ces violences. Loin du discours du gouvernement et de Jean-Michel Blanquer qui consid&#232;re les enfants comme seuls responsables de leurs actes en les criminalisant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment dans la &#171; loi Peillon &#187;, &#171; pour la refondation de l'&#233;cole de la R&#233;publique &#187;, qui date de 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration des conseils de parents d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Derni&#232;re en date : celle entourant le projet &#8211; finalement abandonn&#233; &#8211; d'inscrire dans la &#171; loi S&#233;paratisme &#187; adopt&#233;e en ao&#251;t dernier l'obligation de neutralit&#233; religieuse pour les accompagnateurs et accompagnatrices de sorties scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Dans les faits, l'&#233;cole n'a toujours pas rouvert &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dans-les-faits-l-ecole-n-a</link>
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		<dc:date>2020-06-09T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Elzazimut</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>enfants</dc:subject>
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		<dc:subject>protocole sanitaire</dc:subject>
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		<dc:subject>&#233;coles</dc:subject>
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		<dc:subject>parents</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Karim Bacha, directeur de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire Samira-Bellil &#224; l'&#206;le-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et porte-parole du syndicat SNUipp-FSU 93. Quelle &#233;tait la situation de l'&#233;cole primaire juste avant le d&#233;but de la pand&#233;mie ? &#171; La sp&#233;cificit&#233; du premier degr&#233;, c'est que nous avons une totale libert&#233; en termes de choix des m&#233;thodes d'apprentissage &#8211; d'o&#249; par exemple les r&#233;guliers d&#233;bats m&#233;diatiques autour de l'enseignement de la lecture. &#192; son arriv&#233;e au minist&#232;re de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;188 (juin 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Elzazimut" rel="tag"&gt;Elzazimut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sanitaire" rel="tag"&gt;sanitaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Blanquer" rel="tag"&gt;Blanquer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/protocole-sanitaire" rel="tag"&gt;protocole sanitaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole" rel="tag"&gt;l'&#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Education-nationale" rel="tag"&gt;l'&#201;ducation nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ecoles" rel="tag"&gt;&#233;coles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/protocole" rel="tag"&gt;protocole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parents" rel="tag"&gt;parents&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Karim Bacha, directeur de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire Samira-Bellil &#224; l'&#206;le-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et porte-parole du syndicat SNUipp-FSU 93.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3363 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH287/-1550-57309.jpg?1783018703' width='500' height='287' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Elzazimut
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle &#233;tait la situation de l'&#233;cole primaire juste avant le d&#233;but de la pand&#233;mie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La sp&#233;cificit&#233; du premier degr&#233;, c'est que nous avons une totale libert&#233; en termes de choix des m&#233;thodes d'apprentissage &#8211; d'o&#249; par exemple les r&#233;guliers d&#233;bats m&#233;diatiques autour de l'enseignement de la lecture. &#192; son arriv&#233;e au minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale, Jean-Michel Blanquer a tout de suite d&#233;nonc&#233; cette particularit&#233; p&#233;dagogique comme &#8220;une anomalie&#8221;, arguant que si un enfant ne suivait pas certaines m&#233;thodes &#233;ducatives qu'il consid&#232;re comme les seules l&#233;gitimes, il y avait, dixit, &#8220;&lt;i&gt;non-assistance &#224; &#233;l&#232;ve en danger&lt;/i&gt;&#8221;. Une de ses obsessions est le recentrage sur les &#8220;fondamentaux&#8221;, c'est-&#224;-dire nous contraindre &#224; ne faire quasiment que des maths et du fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de sa nomination au minist&#232;re, Blanquer assure qu'il est juste pragmatique. Avec l'aval du conseil scientifique de l'&#201;ducation nationale, il impose des protocoles d'apprentissage tr&#232;s norm&#233;s &#224; coups de grandes &#233;valuations nationales, qui ne sont en r&#233;alit&#233; que des tests de laboratoire g&#233;ants offerts &#224; des entreprises priv&#233;es afin de v&#233;rifier et justifier scientifiquement leurs pratiques d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon &#233;cole, cela a des r&#233;percussions violentes car on oblige soudain aux quatre professeurs de CP d'appliquer b&#234;tement des protocoles &#233;ducatifs et d'&#233;valuation tr&#232;s stricts au d&#233;triment de leur libert&#233; p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En deux ans, les r&#233;formes Blanquer ont &#233;t&#233; un v&#233;ritable rouleau compresseur pour toutes les &#233;coles avec des cons&#233;quences terribles en termes de souffrance au travail. Le suicide en octobre dernier de Christine Renon, directrice d'&#233;cole maternelle &#224; Pantin (Seine-Saint-Denis), a &#233;t&#233; v&#233;cu comme un choc par nos coll&#232;gues.Tous les enseignants du d&#233;partement se sont retrouv&#233;s dans sa lettre o&#249; elle d&#233;non&#231;ait ses conditions de travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est pass&#233;e la fermeture de ton &#233;tablissement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La fermeture a &#233;t&#233; extr&#234;mement brutale. Alors que la pand&#233;mie commen&#231;ait &#224; prendre de l'ampleur, Blanquer a d&#233;clar&#233; le jeudi 12 mars que les &#233;coles n'avaient pas vocation &#224; fermer. L'information a tourn&#233; en boucle toute la journ&#233;e avant que Macron ne prenne la parole le m&#234;me soir &#224; 20 heures. L&#224;, le pr&#233;sident l&#226;che que toutes les &#233;coles seront ferm&#233;es jusqu'&#224; nouvel ordre d&#232;s le lundi. Cela a &#233;t&#233; un coup de massue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain s'annon&#231;ait soudain &#234;tre le dernier jour de cours. Comment faire ? Que dire aux parents d'&#233;l&#232;ves ? Comment les pr&#233;venir ? Les coll&#232;gues ont donn&#233; vendredi quelques devoirs dans la pr&#233;cipitation, histoire de tenir une semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, Blanquer ass&#233;nait dans tous les m&#233;dias que l'&#233;cole &#233;tait pr&#234;te, que gr&#226;ce aux outils num&#233;riques tout allait se passer pour le mieux et que les enseignants feraient un suivi individualis&#233; des &#233;l&#232;ves &#224; distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces cours via le num&#233;rique se sont vite av&#233;r&#233;s inadapt&#233;s &#224; la r&#233;alit&#233; de nos quartiers et les outils p&#233;dagogiques que nous avons re&#231;us du Centre national d'enseignement &#224; distance sont des pav&#233;s compl&#232;tement indigestes pour nos &#233;l&#232;ves. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;As-tu pu mettre en place une &#171; continuit&#233; p&#233;dagogique &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous &#233;tions vraiment tr&#232;s loin de la classe virtuelle. La r&#233;alit&#233; sociale &#224; l'&#206;le-Saint-Denis, c'est un seul smartphone par famille avec plusieurs enfants. C'est impossible de travailler avec &#231;a mais on peut tout de m&#234;me passer un appel ou &#233;changer via Whatsapp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les parents ont des bo&#238;tes mail pour P&#244;le Emploi ou la Caf &lt;i&gt;[Caisse d'allocations familiales]&lt;/i&gt;, ils n'ont cependant pas la culture de l'&#233;change par courrier &#233;lectronique. Les professeurs ont pris un temps fou rien que pour apprendre par t&#233;l&#233;phone aux parents &#224; envoyer une pi&#232;ce jointe ou &#224; ne pas &#233;crire l'ensemble du mail dans l'objet...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanquer a toujours vant&#233; le num&#233;rique sous pr&#233;texte de lutter contre les in&#233;galit&#233;s sociales. Et les entreprises priv&#233;es qui bossent avec l'&#201;ducation nationale comme Agir pour l'&#233;cole &#8211; officine proche de l'Institut Montaigne, &lt;i&gt;think tank&lt;/i&gt; du patronat fran&#231;ais &#8211; distribuent &#224; tout va des tablettes dans les quartiers. Mais on aura beau outiller toutes les familles, si tu n'as pas les pratiques, ce n'est que du vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions donc dans du bricolage total, en sachant que le t&#233;l&#233;phone est vite devenu intrusif dans le quotidien des professeurs et des parents d'&#233;l&#232;ves car nous recevions des appels t&#233;l&#233;phoniques &#224; n'importe quelle heure et le week-end. &#192; ce moment-l&#224;, m&#234;me les parents les plus vindicatifs en termes de continuit&#233; p&#233;dagogique se sont vite rendu compte que l'&#233;cole, c'est avant tout un groupe d'enfants en interaction sociale avec un professeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au syndicat, notre discours a &#233;t&#233; alors de dire que l'urgence &#233;tait sanitaire et pas scolaire. En effet, Blanquer martelait sans cesse dans les m&#233;dias que l'&#233;cole devait continuer malgr&#233; tout. Comme les familles populaires sont tr&#232;s respectueuses de l'institution scolaire, elles &#233;taient paniqu&#233;es et nous avons pass&#233; un mois &#224; les rassurer en tentant de faire cours avec les moyens du bord. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est d&#233;roul&#233;e la reprise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lors du discours de Macron du 13 avril dernier, la date du 11 mai tombe. Sans concertation, ni pr&#233;paration. D&#232;s lors, nous avons &#233;t&#233; obs&#233;d&#233;s chaque jour par la question sanitaire : comment rouvrir l'&#233;cole ? Quel va &#234;tre le protocole sanitaire ? Pourra-t-on l'appliquer ? Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, ce n'est pas l'&#233;cole qui a rouvert mais un accueil &#233;ducatif. Le protocole sanitaire est arriv&#233; tard et est tr&#232;s drastique. Et comme la mairie de l'&#206;le-Saint-Denis manque de moyens, les quelques agents de propret&#233; municipaux disponibles ne peuvent nettoyer que la moiti&#233; de l'&#233;cole&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'aspect mat&#233;riel (locaux, entretien...) de l'enseignement primaire est une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Concr&#232;tement, aujourd'hui je peux accueillir 49 enfants qui viennent deux ou quatre jours par semaine et je me retrouve &#224; enseigner devant des enfants que je ne connais pas car issus de classes tenues par d'autres profs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une mani&#232;re insidieuse pour Blanquer de nous mettre dans la position d'&#234;tre enseignant pour des enfants lambda et non plus pour un groupe d'&#233;l&#232;ves qu'on suit toute l'ann&#233;e. Si la pand&#233;mie se prolonge, on va assister &#224; la fin des classes et &#224; l'individualisation de l'enseignement. Un peu comme on voit aujourd'hui en classe de premi&#232;re : les lyc&#233;ens se font leur enseignement &#224; la carte, comme un sandwich Subway, et les professeurs n'ont plus de classe homog&#232;ne mais des individus qui ont choisi leurs options... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui sont les enfants qui ont actuellement repris le chemin de l'&#233;cole ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En Seine-Saint-Denis, ce sont principalement les enfants des familles les plus ais&#233;es qui sont revenus, les fils et filles des start-uppeurs du d&#233;partement. Ils ont pu se confiner ailleurs ou plus confortablement, sont plus conscients des risques du virus, savent que leurs enfants sont asymptomatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A contrario&lt;/i&gt;, les familles populaires continuent &#224; avoir tr&#232;s peur du Covid-19 car elles ont &#233;t&#233; au plus pr&#232;s des victimes : elles ont par exemple eu des proches qui travaillaient au Carrefour de Saint-Denis o&#249; des salari&#233;s sont tr&#232;s t&#244;t morts du Covid-19, d'autres ont vu en bas de leur immeuble des corps repartir au bled sous des draps blancs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment vois-tu la poursuite de la r&#233;ouverture des &#233;coles avec le d&#233;confinement g&#233;n&#233;ralis&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les annonces de la deuxi&#232;me phase de d&#233;confinement fin mai ne changent quasiment rien pour nous. Nous esp&#233;rions un assouplissement du protocole sanitaire pour pouvoir accueillir plus d'enfants et &#234;tre moins renferm&#233;s sur le sanitaire. En attendant, les questions p&#233;dagogiques commencent &#224; surgir : alors que le gouvernement se targuait de rouvrir les &#233;coles pour &#8220;imp&#233;ratif social&#8221;, nous n'avons toujours pas vu les &#233;l&#232;ves d&#233;crocheurs ou certains issus de milieux plus modestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le protocole sanitaire, nous avons &#233;galement re&#231;u des recommandations p&#233;dagogiques ultra pr&#233;cises et dirig&#233;es. Cela va jusqu'&#224; des &lt;i&gt;verbatim &lt;/i&gt;de ce que doit dire l'enseignant en cours. Les coll&#232;gues n'ont plus aucune identit&#233; professionnelle et sont appr&#233;hend&#233;s comme des robots qui doivent appliquer froidement des m&#233;thodes d'apprentissage &#224; des &#233;l&#232;ves individualis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes virtuelles et le protocole sanitaire ont &#233;t&#233; en quelque sorte un cheval de Troie pour acc&#233;l&#233;rer le projet de Blanquer pour l'&#233;cole. Pour revenir &#224; ce que je disais au d&#233;part, il consid&#232;re le premier degr&#233; comme une anomalie. Et c'est dingue de voir comment, apr&#232;s une pand&#233;mie et avoir &#233;t&#233; maintes fois d&#233;savou&#233; par Macron, il arrive &#224; retomber ses ses pattes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Micka&#235;l Correia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'aspect mat&#233;riel (locaux, entretien...) de l'enseignement primaire est une comp&#233;tence des communes. En Seine-Saint-Denis, de nombreuses municipalit&#233;s ont d&#233;cid&#233; de rouvrir les &#233;coles plus tard, voire de reporter la reprise &#224; septembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Passe d'armes avec le coll&#232;ge connect&#233;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Passe-d-armes-avec-le-college</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Passe-d-armes-avec-le-college</guid>
		<dc:date>2019-11-13T17:15:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathalie Caton</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ruoyi Jin</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>enfants</dc:subject>
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		<dc:subject>professeur</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'occasion d'une rencontre publique initi&#233;e par les signataires de l'Appel de Beauchastel, nous faisons connaissance avec C&#233;line. Sa fille, entr&#233;e au coll&#232;ge en septembre 2015, go&#251;te cette ann&#233;e les &#171; bienfaits &#187; de la mise en place du &#171; coll&#232;ge connect&#233; &#187;. C&#233;line, qui a voulu s'investir dans le fonctionnement du coll&#232;ge, fait depuis deux ans partie du conseil d'administration et des d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'association des parents d'&#233;l&#232;ves. Comment se passe l'arriv&#233;e de la tablette au coll&#232;ge ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ruoyi-Jin" rel="tag"&gt;Ruoyi Jin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cours" rel="tag"&gt;cours&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion d'une rencontre publique initi&#233;e par les signataires de l'Appel de Beauchastel, nous faisons connaissance avec C&#233;line. Sa fille, entr&#233;e au coll&#232;ge en septembre 2015, go&#251;te cette ann&#233;e les &#171; bienfaits &#187; de la mise en place du &#171; coll&#232;ge connect&#233; &#187;. C&#233;line, qui a voulu s'investir dans le fonctionnement du coll&#232;ge, fait depuis deux ans partie du conseil d'administration et des d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'association des parents d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3081 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH569/-1315-a2d27.jpg?1782766614' width='500' height='569' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ruoyi Jin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se passe l'arriv&#233;e de la tablette au coll&#232;ge ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 2015, je suis convoqu&#233;e &#224; mon premier CA. Le repr&#233;sentant du conseil d&#233;partemental s'est d&#233;plac&#233; pour l'occasion. Il se f&#233;licite qu'un nouveau coll&#232;ge fasse partie du projet pilote du tout num&#233;rique et se r&#233;jouit de l'arriv&#233;e des tablettes pour les &#233;l&#232;ves de 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;. &#192; cette &#233;poque-l&#224;, ma fille est en 6&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;. Elle ne va donc pas recevoir de tablette dans l'imm&#233;diat, mais je comprends qu'elle fera partie du lot en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours de Monsieur-le-conseiller me choque tout de suite : j'apprends que la tablette est impos&#233;e &#224; nos familles, et que d'ici trois ans, il n'y aura plus de livres. Le renouvellement des manuels co&#251;te cher, le projet permet, entre autres, de les remplacer par des manuels num&#233;riques. C'est l'un des &#8220;avantages&#8221; de la distribution gratuite des tablettes aux &#233;l&#232;ves. Je r&#233;alise le danger que ce projet pilote pourrait repr&#233;senter pour mes enfants. Je lui demande de quel droit il impose la tablette dans nos maisons. Monsieur-le-conseiller ne se laisse pas d&#233;monter ; l'arriv&#233;e des tablettes chez nous, c'est pour notre bien. Cela va de soi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a partout des idiots et des mal-comprenants. Je dois en faire partie, mais je ne suis pas s&#251;re d'&#234;tre la seule. Alors je d&#233;cide de mener ma petite enqu&#234;te pour savoir si les autres parents savent que leur enfant va recevoir une tablette et que celle-ci sera amen&#233;e le soir &#224; la maison. Je constate que beaucoup ne sont pas au courant. Il y a eu tr&#232;s peu de communication entre le coll&#232;ge et les parents et entre parents concern&#233;s. Je le signale au professeur r&#233;f&#233;rent en informatique, qui propose une r&#233;union d'information. Ce professeur a re&#231;u une formation sp&#233;cifique, c'est un &lt;i&gt;geek&lt;/i&gt; de la premi&#232;re heure. Cette r&#233;union va lui permettre de nous pr&#233;senter la tablette et son fonctionnement, mais surtout, de nous servir la messe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s fier de lui, il nous raconte tout ce que le num&#233;rique va apporter de positif &#224; nos enfants : un jour, &#233;tant en cours dans une classe de 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, il se rend compte, gr&#226;ce &#224; son ordinateur portable reli&#233; &#224; la salle d'&#233;tude, qu'un &#233;l&#232;ve de 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, en train de faire ses devoirs, fait fausse route dans son travail. &#8220;Gr&#226;ce&#8221; &#224; son ordinateur portable interconnect&#233;, il peut lui envoyer un &#8220;tchat&#8221; pour lui signaler la bonne voie &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'ann&#233;e scolaire 2016, on prend les petits nouveaux et on recommence : les veinards qui arrivent en classe de 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; vont &#224; leur tour recevoir leur tablette. Et ma fille, entre-temps pass&#233;e en 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, re&#231;oit naturellement la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que &#231;a me r&#233;vulse, je signe la convention. (Si une maman tente de refuser, on lui fait du chantage &#8220;Votre enfant n'aura pas acc&#232;s aux cours&#8221; ; &#8220;Vous ne pourrez pas recevoir ses notes&#8221; ; etc., elle finit par signer.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la convention, il est &#233;crit que les parents s'engagent &#224; prendre une assurance sp&#233;ciale et qu'ils fournissent le casque et le stylet. La tablette donne droit &#224; cinq jeux t&#233;l&#233;chargeables gratuitement. Cela lui donne l'air d'un cadeau &#8220;fun&#8221;. Un cadeau empoisonn&#233;, en fait : il va de soi que certains enfants trouvent vite le moyen de t&#233;l&#233;charger tous azimuts. Pour nous, les parents, c'est un vrai casse-t&#234;te. Ajoutons que la tablette doit &#234;tre rendue en fin d'ann&#233;e, et qu'&#224; partir de deux unit&#233;s d&#233;t&#233;rior&#233;es, les parents remboursent. &#201;tant donn&#233; que c'est un objet fragile, cela fait peser une lourde responsabilit&#233; sur les &#233;paules des enfants. Parfois trop lourde : plusieurs familles ont d&#233;j&#224; de gros probl&#232;mes. &#192; cause de la casse, ils ont d&#251; faire face &#224; de p&#233;nibles convocations &#224; r&#233;p&#233;tition. Certains enfants, en particulier ceux qui sont en difficult&#233;, comprennent vite que la tablette n'est pas un jouet mais un instrument de travail ; face &#224; l'&#233;chec, ou dans un moment d'&#233;nervement, on a vu certains &#233;l&#232;ves pris d'une crise de rage briser leur tablette. Cette &#8220;innovation&#8221; technique serait une aide pour les plus faibles, nous dit-on. Au bout du compte, ce sont encore ceux-l&#224; qui trinquent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu nous as dit que tu as pu voir comment &#231;a se passe, concr&#232;tement, au coll&#232;ge ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Devant mes r&#233;ticences, et histoire de me calmer, on me propose d'assister en tant qu'observatrice &#224; des heures de cours num&#233;ris&#233;s. On m'octroie deux matin&#233;es pour me rendre compte de ce qu'apporte la fameuse tablette. Ce sont des professeurs pro-num&#233;riques qui me re&#231;oivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me surprend d'abord, c'est de voir comment la classe est organis&#233;e : les &#233;l&#232;ves sont r&#233;partis en &#8220;&#238;lots&#8221;, (en groupes, quoi !), et chacun joue un r&#244;le : il y a un secr&#233;taire (scribe), deux &#233;l&#232;ves &#8220;actifs&#8221; (ils font des recherches, r&#233;pondent &#224; des questions), et un &#233;l&#232;ve charg&#233; de surveiller que tout le monde travaille. Les r&#244;les tournent quand le travail est termin&#233;. Je constate que certains &#233;l&#232;ves sont avachis sur leur chaise, d'autres s'agitent. Quelques-uns sont assis dans un coin, leur casque sur les oreilles, les yeux riv&#233;s sur leur tablette. J'ai appris qu'ils r&#233;visaient leur le&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cours d'histoire, la tablette est utilis&#233;e comme support documentaire. Par exemple, un tableau de Louis XIV &#224; commenter &#224; partir d'une batterie de questions. Or, si toute la classe est sur Internet, il arrive souvent que le r&#233;seau sature. Pendant un quart d'heure, rien ne marche et les &#233;l&#232;ves regardent voler les mouches. &#192; la fin, le professeur est bien oblig&#233; de revenir au papier ! Ce qui m'inqui&#232;te, c'est que nos enfants n'&#233;crivent quasiment plus. Les jours o&#249; la connexion ne marche pas, avec le stylet, on fait comment ? Il y a plus grave : les &#233;l&#232;ves d&#233;sapprennent &#224; organiser leur travail. Les rares cahiers qu'ils ont encore sont de vrais torchons et on peine &#224; s'y retrouver. Quant &#224; d&#233;chiffrer leurs hi&#233;roglyphes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au chapitre des innovations, il y a la &#8220;classe invers&#233;e&#8221; : quand un professeur veut que les &#233;l&#232;ves apprennent une nouvelle le&#231;on, il se filme et il met la vid&#233;o sur Internet. Le cours est ainsi &#8220;encapsul&#233;&#8221; (et pr&#234;t &#224; &#234;tre ingurgit&#233;). Ensuite, le professeur v&#233;rifie en faisant un QCM que chacun a bien appris sa le&#231;on. Malgr&#233; cette nouvelle fa&#231;on de faire, certains d'entre eux n'arrivent pas &#224; retenir leur le&#231;on ; ce sont justement ceux qu'on voit isol&#233;s dans un coin de la classe, le casque sur les oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une anecdote : un jour, un professeur fait irruption dans la classe d'un coll&#232;gue. Gr&#226;ce &#224; la connexion totale au sein de l'&#233;tablissement, il a pu s'apercevoir qu'un m&#244;me regardait une vid&#233;o pendant le cours. C'est pas le r&#234;ve, &#231;a ?! Mouchards, d&#233;lateurs, collabos, les ordinateurs n'ont pas d'&#233;tats d'&#226;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que la tablette a chang&#233; dans ta vie et celle de tes enfants, que ce soit au coll&#232;ge ou ailleurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au quotidien c'est exasp&#233;rant. Il m'arrive de recevoir plus de dix mails par jour du coll&#232;ge : on m'informe de ceci, de cela, des devoirs qui ont &#233;t&#233; faits, et que dans telle mati&#232;re, ma fille a obtenu telle note... Eh oui, je re&#231;ois ses notes en temps r&#233;el ! D'ailleurs cela commence &#224; d&#233;plaire &#224; ma fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les devoirs doivent &#234;tre r&#233;dig&#233;s sur la tablette, mais imprim&#233;s &#224; la maison. Car les profs demandent toujours une version papier. Il est clair que les co&#251;ts d'impression sont d&#233;plac&#233;s vers les familles. Le probl&#232;me, c'est que premi&#232;rement, tous les parents n'ont pas une imprimante ; deuxi&#232;mement, tout imprimer, c'est exorbitant, tout le monde n'a pas les moyens de le faire. Pour moi, il est hors de question d'imprimer les devoirs : ma fille les &#233;crit sur papier, un point c'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce coll&#232;ge, il y a r&#233;guli&#232;rement des r&#233;unions &#8220;informelles&#8221; avec le proviseur. Un jour, il nous informe qu'il a re&#231;u un coup de fil du conseil d&#233;partemental : des tablettes allum&#233;es ont &#233;t&#233; rep&#233;r&#233;es &#224; Paris. Il est malvenu de les faire sortir du d&#233;partement. Cela se passe de commentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'impact sanitaire du WiFi, la question a &#233;t&#233; pos&#233;e mais aucune r&#233;ponse r&#233;elle n'a &#233;t&#233; donn&#233;e, je dirais m&#234;me qu'elle a &#233;t&#233; ignor&#233;e. J'ai bien l'intention d'aller dans les classes avec un appareil pour mesurer la puissance des ondes &#233;lectromagn&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a ce &#224; quoi on ne pense pas : la tablette, il faut la vider pour mieux pouvoir la remplir. Tout comme les t&#234;tes ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Nathalie Caton&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La fabrique de la casse</title>
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		<dc:date>2019-01-13T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;L'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE) n'est pas une habitu&#233;e des projecteurs. Pourtant, certaines affaires en lien avec ce service de l'&#201;tat ont r&#233;cemment fait couler beaucoup d'encre. Du r&#233;cit de l'enfance chaotique des fr&#232;res Kouachi &#224; celui du musellement des &#233;ducateurs, les maux de l'ASE commencent &#224; faire du bruit. &#192; la rencontre de parents et de professionnels, petit tour d'horizon d'un syst&#232;me qui &#171; d&#233;conne &#224; plein tube &#187;. *** &#171; Julie* a &#233;t&#233; arrach&#233;e &#224; notre foyer par sept policiers et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no154-mai-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;154 (mai 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kalem" rel="tag"&gt;Kalem&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Matthieu" rel="tag"&gt;Matthieu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE) n'est pas une habitu&#233;e des projecteurs. Pourtant, certaines affaires en lien avec ce service de l'&#201;tat ont r&#233;cemment fait couler beaucoup
d'encre. Du r&#233;cit de l'enfance chaotique des fr&#232;res Kouachi &#224; celui du musellement
des &#233;ducateurs, les maux de l'ASE commencent &#224; faire du bruit. &#192; la rencontre de parents et de professionnels, petit tour d'horizon d'un syst&#232;me qui &#171; &lt;i&gt;d&#233;conne &#224; plein tube&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2747 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;7&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/0.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH426/0-bde34.jpg?1783149255' width='500' height='426' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Kalem
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Julie* a &#233;t&#233; arrach&#233;e &#224; notre foyer par sept policiers&lt;/strong&gt; et deux professionnelles de l'Aide sociale &#224; l'enfance&lt;/i&gt; &#187;, confie H&#233;l&#232;ne, maman de trois enfants. Elle est aussi &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e. En juin 2015, elle vient de souffler ses 40 bougies quand elle apprend que sa fille de 14 ans fait l'objet d'une Ordonnance de placement provisoire. Ce jour-l&#224;, c'est par la force &#8211; et en pr&#233;sence de ses deux autres enfants &#8211; qu'on a retir&#233; &#224; H&#233;l&#232;ne la garde de sa fille. &#171; &lt;i&gt;Dans chaque situation, le premier postulat est la mise en accusation du parent. Quoi que tu fasses ce sera per&#231;u comme &#231;a, &#224; tort ou &#224; raison. De toute fa&#231;on, c'est extr&#234;mement violent &lt;/i&gt; &#187;, explique Matthieu, ancien &#233;ducateur de jeunes enfants qui a boss&#233; plusieurs ann&#233;es dans ce qu'il appelle les foyers &#171; 4-9 &#187; &#8211; des foyers qui accueillent des enfants plac&#233;s &#226;g&#233;s de 4 &#224; 9 ans. Il a aussi tra&#238;n&#233; ses savates dans les couloirs d'un centre maternel de Bretagne. Matthieu ne remet pas en cause la n&#233;cessit&#233; de la plupart des placements. Mais son constat est sans appel en ce qui concerne la prise en charge de ces situations d&#233;licates : l'ASE ? &#8211; &#171; &lt;i&gt;c'est un syst&#232;me qui d&#233;conne &#224; plein tube.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Suppl&#233;ance supplice&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jusque dans les ann&#233;es 1980&lt;/strong&gt;, la mission des services de l'Aide sociale &#224; l'enfance &#233;tait sans &#233;quivoque : la protection d'un enfant en danger passait par l'&#233;loignement pur et simple de son milieu familial. En 1984, un tournant s'op&#232;re. Au terme de &#171; substitution &#187; parentale, on pr&#233;f&#233;rera dor&#233;navant celui de &#171; suppl&#233;ance &#187;. Un revirement juridique et s&#233;mantique cens&#233; rendre aux parents le r&#244;le qui leur revient. Deux d&#233;cennies plus tard, le l&#233;gislateur entend bien r&#233;affirmer ce principe. Les lois du 2 janvier 2002 et du 5 mars 2007 d&#233;finissent plus pr&#233;cis&#233;ment les droits des parents. &#192; savoir, le droit d'&#234;tre inform&#233;, d'&#234;tre consult&#233; et d'&#234;tre accompagn&#233;. C'est donc bien l'enfant et sa famille qui sont au c&#339;ur du dispositif. Bizarrement, la r&#233;alit&#233; ne l'entend pas de cette oreille et semble prendre quelques libert&#233;s vis-&#224;-vis de ce que la loi stipule. &#171; &lt;i&gt;En d&#233;pit de l'h&#233;bergement de Julie dans une famille d'accueil puis en foyer, j'aurais voulu continuer &#224; exercer un maximum de responsabilit&#233;s et de gestes du quotidien&lt;/i&gt;, t&#233;moigne H&#233;l&#232;ne. &lt;i&gt;J'aurais par exemple appr&#233;ci&#233; d'&#234;tre sollicit&#233;e pour subvenir &#224; ses besoins. J'aurais aim&#233; entretenir le linge de ma fille, avoir l'autorisation de porter des affaires au foyer. J'aurais aussi appr&#233;ci&#233; d'&#234;tre avertie de son &#233;tat de sant&#233; ou de ses r&#233;sultats scolaires. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le cas d'H&#233;l&#232;ne&lt;/strong&gt;, obtenir la moindre information a vite pris la tournure d'un v&#233;ritable parcours du combattant. Elle a finalement pu avoir acc&#232;s au bulletin scolaire de son enfant en sollicitant le juge. Mais elle n'a pas gagn&#233; toutes les batailles. Julie s'est vu prescrire des anxiolytiques sans que sa m&#232;re ne soit tenue au courant. Ce genre de situation, Matthieu les conna&#238;t par c&#339;ur. Pour l'ancien &#233;ducateur, les derni&#232;res lois sur la protection de l'enfance sont inop&#233;rantes. &#171; &lt;i&gt;On laisse le parent de c&#244;t&#233;. Il n'y a pas de dispositif concret de prise en charge. &#192; part le d&#233;responsabiliser et le culpabiliser, qu'est-ce qu'on fait ? Pas grand-chose. &lt;/i&gt; &#187; Une aide sociale &#224; l'enfance qui, au quotidien, est bien loin du triptyque consacr&#233; : information, consultation, accompagnement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Carcan normatif&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus de trente ans apr&#232;s la loi de 1984&lt;/strong&gt;, le foss&#233; se creuse encore entre l'institution et les usagers de l'ASE. Professionnels et parents se demandent aujourd'hui qui fournit la pelle. Christian a peut-&#234;tre une partie des r&#233;ponses. La soixantaine grisonnante, l'&#233;ducateur de rue a de la bouteille. Depuis 1974, il roule sa bosse au d&#233;tour des blocs qui forment les quartiers d'une petite ville des C&#244;tes-d'Armor. Christian tient &#224; le dire : &#171; &lt;i&gt;Je n'incrimine pas, j'interroge ! &lt;/i&gt; &#187; Ce qui n'emp&#234;che pas ses critiques de sentir aussi fort que l'essence d'un cocktail Molotov : &#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me, c'est qu'on nous apprend a &#234;tre d&#233;tenteur de v&#233;rit&#233;, &lt;/i&gt;affirme-t-il. &lt;i&gt;Malgr&#233; la loi, l'usager est toujours jug&#233;. On n'a toujours pas compris que tout le monde a droit &#224; l'erreur. Le principal probl&#232;me est donc qu'on est dans le jugement de valeur. On veut tellement que tout soit parfait qu'on se plante. &lt;/i&gt; &#187; Si la machine s'enraye, ce serait donc une question de positionnement moral. Le d&#233;litement du syst&#232;me serait d&#251; au poids que p&#232;se la sacro- sainte norme. D'apr&#232;s Christian, &#171; &lt;i&gt;on se trouve dans une soci&#233;t&#233; dans laquelle on doit avoir une posture. On n'a pas le droit d'&#234;tre &#224; la marge &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Matthieu aussi&lt;/strong&gt; en est certain. Il se rem&#233;more l'histoire d'un p&#232;re qui &#233;l&#232;ve seul ses trois enfants, dans une vieille maison perdue en rase campagne. Lui gal&#232;re un peu. Les enfants dorment dans la m&#234;me chambre. La propret&#233; des lieux laisse franchement &#224; d&#233;sirer. Une situation pr&#233;occupante, mais loin d'&#234;tre alarmante d'apr&#232;s l'assistante sociale qui suit la famille. Pour &#233;viter que les conditions de vie ne se d&#233;gradent, elle a dans l'id&#233;e de proposer un relogement. Un appartement plus grand, moins cher, plus facile &#224; entretenir aussi. Le p&#232;re accepte. Une fois la famille install&#233;e dans son nouveau logement, tout ne se passe pas exactement comme pr&#233;vu. La situation se d&#233;t&#233;riore &#224; vitesse grand V. Au bout de trois mois, les services sociaux n'ont plus d'autre alternative que d'ordonner un placement. Pour Matthieu, l'explication est simple : &#171; &lt;i&gt;Les&lt;/i&gt; a priori &lt;i&gt;bienveillants de l'institution ignorent compl&#232;tement les fonctionnements et les sch&#233;mas familiaux. On calque des m&#233;canismes sans chercher &#224; comprendre quelle est la dynamique et la coh&#233;sion de la famille. Tout explose parce qu'on n'a pas compris que le roman familial et ce qui s'est construit autour fait que chacun a une place dans ce syst&#232;me-l&#224;. Bref, on applique un sch&#233;ma normatif. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est aussi&lt;/strong&gt; ce qu'Emmanuelle pointe du doigt. Ses trois enfants ont &#233;t&#233; plac&#233;s en 2016 &#224; la suite de sept ann&#233;es de suivi social. &#171; &lt;i&gt;D'embl&#233;e je me suis sentie jug&#233;e et condamn&#233;e par les services sociaux&lt;/i&gt;, raconte-t-elle. &lt;i&gt;Pourtant, je m&#232;ne une vie tout &#224; fait conventionnelle ; je n'ose imaginer ce qu'ils doivent dire de ceux qui se d&#233;marquent d'une fa&#231;on ou d'une autre d'un &#233;pisode de &lt;/i&gt;Petit Ours brun&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187; Selon elle, l'ASE s'&#233;carte de sa mission en fabriquant et en imposant &#171; &lt;i&gt;une r&#233;alit&#233; convenue &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Victimes collat&#233;rales&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2745 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH554/-1002-41089.jpg?1782648028' width='400' height='554' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;154 de CQFD, illustr&#233;e par C&#233;cile K.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour les professionnels comme pour la plupart des parents&lt;/strong&gt;, le constat est le m&#234;me : les familles ne sont pas les seules &#224; se prendre des baffes. D'apr&#232;s Matthieu, les travailleurs sociaux sont eux aussi les cibles de cette violence qu'il qualifie d'&#171; intra-institutionnelle &#187;. Une violence qui va &#224; l'encontre, non plus des usagers, mais des professionnels. Pour l'ancien &#233;ducateur, &#171; &lt;i&gt;elle existe &#224; tout point de vue. Elle s'exprime par exemple par l'injonction &#224; &#233;tablir des projets, de marquer dans le temps un accompagnement et de le justifier alors m&#234;me qu'on ne t'en donne pas les moyens. &#199;a, c'est violent. &lt;/i&gt; &#187; Cette pression qui p&#232;se sur les &#233;paules des pros, les parents la sentent aussi. Emmanuelle en est certaine : &#171; &lt;i&gt;Les travailleurs sociaux doivent avoir &#231;a continuellement en t&#234;te : montrer qu'ils sont de bons &#233;ducateurs. Pas aux parents, car notre appr&#233;ciation compte pour du beurre, mais &#224; leurs chefs, au juge, aux autorit&#233;s. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parents&lt;/strong&gt;, enfants et travailleurs sociaux, sont donc les victimes collat&#233;rales d'une ASE qui marche sur la t&#234;te. Un syst&#232;me qui, &#224; chaque r&#233;forme, en demande davantage aux professionnels, sans pour autant que les moyens ne suivent. Un enchev&#234;trement de dysfonctionnements internes &#224; l'institution qui finissent par rejaillir avec perte et fracas sur les parents et leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Migrants : &#171; Se couper d'une langue, c'est amputer un bout de soi &#187;</title>
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		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Morceaux vol&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
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		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans le cadre d'un atelier radiophonique organis&#233; dans un coll&#232;ge marseillais, adultes enseignant.e.s et ados primo-arrivant.e.s ont retrac&#233; leurs biographies langagi&#232;res. La petite s&#233;lection qui suit t&#233;moigne de l'importance des langues dans la construction de la personne, dans ses relations aux autres et au monde. Travailler en tant qu'enseignante de fran&#231;ais en &#171; classe d'accueil &#187; dans un coll&#232;ge implique de c&#244;toyer des jeunes d'&#226;ges et d'origines vari&#233;s qui viennent d'arriver en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no145-juillet-aout-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;145 (juillet-ao&#251;t 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Morceaux-voles" rel="tag"&gt;Morceaux vol&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/francais" rel="tag"&gt;fran&#231;ais&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury-5008" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parle-francais" rel="tag"&gt;parle fran&#231;ais&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre d'un atelier radiophonique organis&#233; dans un coll&#232;ge marseillais, adultes enseignant.e.s et ados primo-arrivant.e.s ont retrac&#233; leurs biographies langagi&#232;res. La petite s&#233;lection qui suit t&#233;moigne de l'importance des langues dans la construction de la personne, dans ses relations aux autres et au monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2449 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH474/-715-1247c.jpg?1782645639' width='400' height='474' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Travailler en tant qu'enseignante de fran&#231;ais en &#171; classe d'accueil &#187; dans un coll&#232;ge implique de c&#244;toyer des jeunes d'&#226;ges et d'origines vari&#233;s qui viennent d'arriver en France. Leur point commun est qu'ils sont &#171; allophones&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Allophone &#187; d&#233;signe quelqu'un qui a une autre langue maternelle que le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; et que l'&#233;cole r&#233;publicaine leur permet d'apprendre le fran&#231;ais dans un dispositif particulier en leur donnant un an (seulement) pour &#171; ma&#238;triser &#187; une langue &#224; l'orthographe complexe et peu logique, puisqu'ils &#233;volueront ensuite dans un syst&#232;me scolaire qui &#233;value principalement &#224; l'&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'entends dire en conseil de classe, &#171; &lt;i&gt;elle est nulle, on devrait l'envoyer en fili&#232;re professionnelle, l&#224; o&#249; il y aura de la place&lt;/i&gt; &#187;, &#224; propos d'une jeune qui conna&#238;t trois langues &#224; l'&#233;crit dans trois alphabets diff&#233;rents, deux autres &#224; l'oral et qui est en cours d'apprentissage du fran&#231;ais, c'est rude. Si la m&#234;me jeune avait, dans son r&#233;pertoire linguistique, autant de langues valoris&#233;es par le syst&#232;me scolaire (anglais, allemand, espagnol, italien, mandarin), je doute que les remarques soient les m&#234;mes. De la m&#234;me mani&#232;re, &#224; l'&#233;cole, on encourage encore bien souvent les parents anglophones &#224; parler anglais avec leurs enfants, tandis que les parents locuteurs de langues minor&#233;es (arabe, turc, swahili, shimaor&#233;, etc&#8230;) sont somm&#233;s de parler fran&#231;ais &#224; la maison. Onze ans apr&#232;s le rapport x&#233;nophobe du d&#233;put&#233; UMP B&#233;nisti&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;dig&#233; en 2004 par la Commission pr&#233;vention du groupe d'&#233;tudes parlementaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, lequel &#233;tablissait, dans un contexte sarkozien de lutte contre la d&#233;linquance d&#232;s le berceau, un lien entre le bilinguisme des enfants de migrants et leur potentielle dangerosit&#233; sociale tout en demandant aux enseignant&#183;e&#183;s d'intervenir afin que les parents cessent de parler &#224; leurs enfants autrement qu'en fran&#231;ais, rien n'a v&#233;ritablement chang&#233; &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christine Karmann&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2451 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH495/-717-572e5.jpg?1782639244' width='400' height='495' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mohamed, 15 ans&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis n&#233; au Maroc, j'ai grandi &#224; Barcelone et je suis venu en France cette ann&#233;e. Ma premi&#232;re langue &#233;tait le berb&#232;re marocain, puis le castillan. &#192; la maison je parle berb&#232;re avec mes parents, castillan avec mes fr&#232;res et parfois avec mon p&#232;re. Mes parents parlent castillan, berb&#232;re et arabe. J'ai appris le catalan &#224; l'&#233;cole &#224; Barcelone. Puis l'anglais. J'apprends maintenant le fran&#231;ais et l'anglais &#224; l'&#233;cole. J'aime bien l'anglais, je voudrais aller vivre &#224; Londres plus tard. J'aime bien &#233;couter le comorien, mais je ne comprends rien. Le berb&#232;re c'est comme le chinois, c'est difficile &#224; comprendre pour ceux qui connaissent pas ; je ne le parle pas dans la rue, je parle plut&#244;t espagnol. Mes parents parlent l'arabe, mais &#231;a m'int&#233;resse pas trop d'apprendre l'arabe, je pr&#233;f&#232;re l'anglais. Il y a des personnes qui se moquent de moi quand je parle fran&#231;ais, mais je leur dis &#8220;&lt;i&gt;Vas-y, parle espagnol !&lt;/i&gt;&#8221; [&#8230;] Ils ne sont pas int&#233;ressants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Christine, 39 ans, enseignante en classe d'accueil&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2450 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH345/-716-49a9f.jpg?1782645639' width='400' height='345' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai grandi en Moselle, dans un village frontalier avec l'Allemagne. Mes parents parlent tous deux le francique rh&#233;nan du Saargeminnerland, transmis depuis des g&#233;n&#233;rations dans les familles. En 1945, le fran&#231;ais est devenue la langue unique et obligatoire (apr&#232;s 5 ans d'occupation et l'allemand standard comme langue unique). Mes parents ont d&#233;couvert le fran&#231;ais &#224; l'&#233;cole, ce qui n'a pas &#233;t&#233; sans violence. Ils ont par la suite tacitement &#8211; de m&#234;me que quasi tous les parents de leur g&#233;n&#233;ration &#8211;, &#233;lev&#233; leurs enfants en fran&#231;ais, afin de ne pas nous p&#233;naliser &#224; l'&#233;cole ; leur repr&#233;sentation du francique est celle d'un patois sans valeur qu'il n'&#233;tait pas n&#233;cessaire de transmettre car il ne nous servirait &#224; rien. Apr&#232;s avoir appris le fran&#231;ais, on m'a vite pouss&#233;e &#224; &#233;tudier l'allemand standard puis l'anglais, l'espagnol. Le fran&#231;ais et l'allemand standard &#233;taient l&#233;gitimes, le francique parl&#233; depuis des g&#233;n&#233;rations, plus du tout. Petite, je parlais avec un accent lorrain prononc&#233;. &#192; l'adolescence, apr&#232;s des remarques m&#233;prisantes sur notre accent lorsqu'on sortait de Moselle, j'en ai eu honte et fait des efforts pour parler fran&#231;ais comme &#224; la t&#233;l&#233;. J'ai perdu mon accent, et je dois aujourd'hui le singer pour le retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai commenc&#233; &#224; prendre conscience de tout cela lorsque je suis all&#233;e vivre quelques ann&#233;es en Polyn&#233;sie, et que j'entendais souvent dire &#171; &lt;i&gt;J'ai honte de parler, je parle mal fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;. &#192; 20 000 km de mon village natal, je retrouvais cette m&#234;me politique d'assimilation linguistique qui a fait croire aux personnes qu'elles ne sont pas en mesure de s'exprimer en fran&#231;ais, ni m&#234;me en tahitien. Dans mon entourage, que ce soit en Lorraine ou en Polyn&#233;sie, combien de fois ai-je entendu dire &#171; &lt;i&gt;Je parle trop mal pour pouvoir dire en public ce que je pense&lt;/i&gt; &#187;. Comme Philippe Blanchet, je crois que &#231;a doit bien arranger les gouvernants : un peuple muet est un peuple qui ne se r&#233;volte pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 8 ans, j'enseigne le fran&#231;ais en classe d'accueil. J'essaie de rendre toutes les langues de la classe visibles, de les l&#233;gitimer. J'aime bien le concept d'hospitalit&#233; langagi&#232;re, les langues sont inh&#233;rentes aux &#234;tres que nous sommes, se couper d'une langue c'est amputer un bout de soi. Un copain amput&#233; d'un bras disait que ce bras continuait &#224; le faire souffrir bien apr&#232;s l'op&#233;ration. De la m&#234;me mani&#232;re, j'ai mal &#224; la langue qu'on ne m'a pas transmise, mais qui fait partie de moi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Fatima, 14 ans&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je parle l'arabe alg&#233;rien depuis mon enfance. J'ai appris un peu de fran&#231;ais en Alg&#233;rie, et beaucoup depuis la rentr&#233;e ; maintenant je comprends bien, mais &#233;crire c'est trop difficile. &#192; la maison on parle surtout en arabe avec la famille. Au coll&#232;ge je parle fran&#231;ais dans presque tous les cours. Dans la cour je parle arabe avec les copines qui parlent aussi l'arabe et fran&#231;ais avec les autres. J'ai d&#233;couvert l'allemand au coll&#232;ge, j'aime beaucoup cette langue. J'aimerais bien aller visiter l'Allemagne. Ma prof parle parfois en francique, j'aimerais bien apprendre cette langue plus tard, je trouve &#231;a joli. Je dois apprendre l'anglais au coll&#232;ge, et j'aime pas beaucoup, c'est trop bizarre &#224; prononcer. Personne ne me corrige quand je parle fran&#231;ais dans la rue, et quand je parle arabe, c'est pas g&#234;nant parce qu'il y a beaucoup d'Arabes &#224; Marseille. Parfois les gens se retournent dans la rue pour demander si je suis de Tlemcen, parce qu'ils ont reconnu mon parler. C'est dr&#244;le de trouver des gens qui reconnaissent ma ville juste en m'entendant. Des fois je parle en fran&#231;ais avec ma m&#232;re dans la rue, elle me r&#233;pond en arabe, et &#231;a m'&#233;nerve, elle pourrait essayer de r&#233;pondre en fran&#231;ais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2452 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH357/-718-ddc95.jpg?1782645639' width='400' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Aslan, 39 ans, intervenante atelier radio&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis n&#233;e en France, en Alsace. Ma premi&#232;re langue &#233;tait le turc. Ma m&#232;re venait d'un village voisin de celui de mon p&#232;re. J'avais et j'ai encore l'accent et les expressions du paysan turc d'Anatolie. L'apprentissage de la langue fran&#231;aise s'est fait &#224; partir du moment o&#249; je suis rentr&#233;e &#224; l'&#233;cole. De mes trois ans &#224; mes sept ans, je n'ai pas dit un mot en situation de scolarit&#233;. Je refusais de parler dans l'institution scolaire, j'&#233;tais vraiment muette, mais en dehors, je restais sur la langue turque avec le fran&#231;ais qui s'y m&#234;lait petit &#224; petit pour ensuite ne parler exclusivement plus que le fran&#231;ais. Ceci dit, je restais sur l'usage du turc quand je m'adressais aux parents et aux adultes de ma famille qui ne s'exprimaient qu'en cette langue. Dans mon quartier, j'ai v&#233;cu au milieu de plusieurs langues parl&#233;es par des personnes, adultes et enfants, issus de cultures multiples. On peut d'une certaine mani&#232;re parler d'une masse d'&#233;trangers dans un quartier o&#249; la langue dominante, le fran&#231;ais, &#233;tait minoritaire. C'est &#224; partir du moment o&#249; j'ai acc&#233;d&#233; au lyc&#233;e g&#233;n&#233;ral que j'ai compris ma diff&#233;rence au niveau de la langue fran&#231;aise. J'avais donc plusieurs niveaux de langues : le turc, le fran&#231;ais de mon quartier (avec une note de cr&#233;olisation) et le fran&#231;ais. Je n'ai ni l'accent alsacien, ni l'accent turc lorsque je parle fran&#231;ais, et je pense que l'&#233;cole et la t&#233;l&#233;vision ont bien influenc&#233; ma prononciation. Il m'arrive encore aujourd'hui de recevoir des remarques de certaines personnes s'&#233;tonnant de me voir parler un fran&#231;ais correct et sans accent alors que j'ai grandi dans une cit&#233; et que je n'ai eu comme langue familiale que le turc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La bio langagi&#232;re&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2453 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH788/-719-d54c0.jpg?1782645639' width='400' height='788' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La biographie langagi&#232;re est une t&#226;che narrative consistant &#224; raconter sa vie en lien avec les langues. Elle est propos&#233;e en formation d'enseignant&#183;e&#183;s de langue, et parfois dans des dispositifs d'apprentissage linguistique destin&#233;s aux adultes migrant&#183;e&#183;s et aux enfants. La consigne invite &#224; utiliser le &#171; je &#187;, donc &#224; se dire, &#224; r&#233;v&#233;ler un bout de son histoire et &#224; op&#233;rer un retour sur soi pour raconter comment les langues de son r&#233;pertoire linguistique ont &#233;t&#233; apprises, qu'elles soient parl&#233;es ou seulement comprises. La mise en perspective suscit&#233;e par la r&#233;daction de sa biographie langagi&#232;re am&#232;ne les scripteur&#183;e&#183;s &#224; prendre plus de distance vis-&#224;-vis de leurs repr&#233;sentations des langues et &#224; saisir de fa&#231;on plus profonde les liens entre langues et estime de soi, langues et construction de soi, langues et identit&#233;s, langues et savoirs, langues et soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;St&#233;phanie Clerc Conan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Morceaux vol&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; La langue populaire, se pla&#238;t-on &#224; r&#233;p&#233;ter, ignore l'abstraction, ridiculise les grands sentiments, rabaisse tout ce qui est noble, tout ce qui est pur, tout ce qui est beau. &#8220;Le peuple est incapable d'admirer la Grandeur ; il rit de ce qu'il ne comprend pas, de ce qui le d&#233;passe&#8230;&#8221; Oui sans doute, il en rit. Pr&#233;f&#232;rerait-on qu'il en pleur&#226;t ? Ou que, las d'en faire les frais, il ne se mit en col&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en fait, ce bon peuple ne fait en se comportant ainsi que rendre la monnaie de la pi&#232;ce &#224; une haute soci&#233;t&#233; qui, de tout temps, a su inventer pour le d&#233;signer des &#233;pith&#232;tes aussi flatteuses que &#8220;populace&#8221;, &#8220;racaille&#8221;, &#8220;canaille&#8221;, &#8220;lie&#8221;, &#8220;tourbe&#8221;, &#8220;boue&#8221;, &#8220;fange&#8221;&#8230; pour ne citer que les moins m&#233;prisantes ! [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la langue populaire qui corrompt le sens des mots : ce sont les mots eux-m&#234;mes qui, &#224; l'usage, perdent peu &#224; peu leur signification premi&#232;re. A mesure qu'ils s'enrichissent de nouvelles acceptions, leur sens originel s'estompe, se dilue&#8230; puis passe dans d'autres mots, des mots tout neufs, qui conna&#238;tront plus tard le m&#234;me sort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Robert Edouard, &lt;i&gt;Dictionnaire des injures&lt;/i&gt;, Tchou &#233;diteur, 1973.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2448 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH559/-714-54490.jpg?1782645639' width='400' height='559' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elles disent, malheureuse, ils t'ont chass&#233;e du monde des signes, et cependant ils t'ont donn&#233; des noms, ils t'ont appel&#233;e esclave, toi malheureuse esclave. Comme des ma&#238;tres ils ont exerc&#233; leur droit de ma&#238;tre. Ils &#233;crivent de ce droit de donner des noms qu'il va si loin que l'on peut consid&#233;rer l'origine du langage comme un acte d'autorit&#233; &#233;manant de ceux qui dominent. Ainsi ils disent qu'ils ont dit, ceci est telle ou telle chose, ils ont attach&#233; &#224; un objet et &#224; un fait tel vocable et par l&#224; ils se les sont pour ainsi dire appropri&#233;s. Elles disent, ce faisant ils ont gueul&#233; hurl&#233; de toutes leurs forces pour te r&#233;duire au silence. Elles disent, le langage que tu parles t'empoisonne la glotte la langue le palais les l&#232;vres. Elles disent le langage que tu parles est fait de mots qui te tuent. Elles disent, le langage que tu parles est fait de signes qui &#224; proprement parler d&#233;signent ce qu'ils se sont appropri&#233;s. Ce sur quoi ils n'ont pas mis la main, ce sur quoi ils n'ont pas fondu comme des rapaces aux yeux multiples, cela n'appara&#238;t pas dans le langage que tu parles. Cela se manifeste juste dans l'intervalle que les ma&#238;tres n'ont pas pu combler avec leurs mots de propri&#233;taires et de possesseurs, cela peut se chercher dans la lacune, dans tout ce qui n'est pas la continuit&#233; de leurs discours, dans le z&#233;ro, le O, le cercle parfait que tu inventes pour les emprisonner et pour les vaincre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monique Wittig, &lt;i&gt;Les Gu&#233;rill&#232;res&lt;/i&gt;, &#201;ditions de Minuit, 1969.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Allophone &#187; d&#233;signe quelqu'un qui a une autre langue maternelle que le fran&#231;ais (ou la langue du pays d'accueil).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;dig&#233; en 2004 par la Commission pr&#233;vention du groupe d'&#233;tudes parlementaire sur la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enfants &#224; la rue, profs sur le pont</title>
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		<dc:date>2018-04-17T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margo Chou</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
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		<dc:subject>Accoules</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce mercredi 10 mai 2017, rendez-vous est donn&#233; &#224; l'&#233;cole primaire des Accoules, situ&#233;e dans le quartier du Panier, &#224; Marseille. Laurent fait le portier. C'est l'un des huit instits de l'&#233;tablissement. On entre dans le b&#226;timent class&#233; monument historique. Escalier en large colima&#231;on, hauteur incroyable et odeur de grillades. On arrive sous le pr&#233;au. Au service ce midi, instits et parents d'&#233;l&#232;ves : saucisses, quiches familiales et sodas. Les enfants en furie piaillent de partout. Ambiance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no155-juin-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;155 (juin 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce mercredi 10 mai 2017, rendez-vous est donn&#233; &#224; l'&#233;cole primaire des Accoules, situ&#233;e dans le quartier du Panier, &#224; Marseille. Laurent fait le portier. C'est l'un des huit instits de l'&#233;tablissement. On entre dans le b&#226;timent class&#233; monument historique. Escalier en large colima&#231;on, hauteur incroyable et odeur de grillades. On arrive sous le pr&#233;au. Au service ce midi, instits et parents d'&#233;l&#232;ves : saucisses, quiches familiales et sodas. Les enfants en furie piaillent de partout. Ambiance champ&#234;tre de fin d'ann&#233;e scolaire. Une conf&#233;rence de presse est annonc&#233;e, les m&#233;dias locaux sont l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux semaines, trois enfants roms scolaris&#233;s ici, membres d'une m&#234;me famille, &#233;taient expuls&#233;s de leur squat rue Fl&#233;gier. En l'apprenant, la directrice de l'&#233;cole, Corine Lefort, d&#233;cidait de pousser une gueulante et de m&#233;diatiser l'histoire. Et d'annoncer gaillardement qu'en l'absence de d&#233;cision pr&#233;fectorale pour reloger la famille, elle ouvrirait une salle de classe pour lui offrir un toit. &#171; &lt;i&gt;On a vu les enfants arriver &#224; l'&#233;cole, le visage tr&#232;s fatigu&#233; ; c'est comme &#231;a qu'on a appris qu'ils avaient &#233;t&#233; expuls&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; C'&#233;tait juste apr&#232;s le 31 mars et la fin de la tr&#234;ve hivernale. &#199;a ne loupe jamais : chaque ann&#233;e, la p&#233;riode voit les expulsions s'encha&#238;ner. Vider les squats sans offrir d'autre perspective que la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Accoules, enseignants, parents, anciens parents d'&#233;l&#232;ves et commer&#231;ants se sont organis&#233;s &#8211; caisse de solidarit&#233;, repas et concert de soutien. Leur urgence : que la famille soit log&#233;e ! L'argent r&#233;colt&#233; a permis de payer quelques nuits d'h&#244;tel, avant que les soutiens ne d&#233;gottent un petit appartement. Deuxi&#232;me urgence : en appeler aux diff&#233;rents services institutionnels (Ville, pr&#233;fecture et inspection acad&#233;mique). En vain. Seule r&#233;ponse, celle du Samu social, qui a propos&#233; un quota de dix jours d'h&#233;bergement &#8211; rien de plus. En contactant &#224; r&#233;p&#233;tition le 115, le collectif a appris que la famille avait &#233;puis&#233; &#171; &lt;i&gt;ses droits&lt;/i&gt; &#187; au logement. &#171; &lt;i&gt;Et puis, &#224; Marseille, il n'y a pas de centre d'h&#233;bergement pour familles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce midi, des instits des &#233;coles primaires avoisinantes sont pr&#233;sentes. R&#233;guli&#232;rement confront&#233;es au m&#234;me probl&#232;me, elles &#233;changent entre elles au quotidien. &#171; &lt;i&gt;Quand on scolarise les enfants d'une m&#234;me famille, on se tient au courant.&lt;/i&gt; &#187; Parmi elles, Marie, directrice &#224; mi-temps de l'&#233;cole Parmentier de Belsunce &#8211; 30 ans qu'elle y enseigne. Elle fait partie du R&#233;seau &#233;ducation sans fronti&#232;res depuis sa cr&#233;ation en 2004. Pour Marie, impossible de rester insensible quand disparaissent des &#233;l&#232;ves qu'elle accompagne depuis des mois. &#171; &lt;i&gt;C'est toujours angoissant quand on voit qu'un enfant ne vient plus. Parfois, il dispara&#238;t totalement ; parfois aussi, il finit par revenir, les traits tir&#233;s, et on apprend qu'il dort dans une voiture&#8230; On ne peut pas laisser faire &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces &#233;coles, il y a un mouvement permanent. &#171; &lt;i&gt;Cette ann&#233;e, 40 enfants sont partis, tandis que trente autres ont &#233;t&#233; inscrits en cours d'ann&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; C'est qu'au fil du temps, certaines familles quittent le centre-ville pour habiter ailleurs &#8211; soit parce qu'elles le peuvent, soit par obligation. Quant &#224; la plupart des r&#233;inscriptions, elles sont fragiles et concernent des demandeurs d'asile. Les instits font tout pour nouer un lien pr&#233;cieux avec ces familles, afin de r&#233;agir vite en cas de r&#233;ponse n&#233;gative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, la situation a empir&#233; : les demandeurs d'asile sont de plus en plus nombreux. Avant, quand les familles recevaient une Obligation de quitter le territoire fran&#231;ais, les &#233;coles parvenaient &#224; se mobiliser pour contraindre la pr&#233;fecture &#224; r&#233;viser les dossiers. Aujourd'hui, c'est devenu presque impossible &#8211; le temps du soutien est consacr&#233; aux n&#233;cessit&#233;s vitales : se loger et manger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deuil : Lola, le crabe et les perdants magnifiques</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Deuil-Lola-le-crabe-et-les</link>
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		<dc:date>2014-12-29T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>Lola demandait</dc:subject>
		<dc:subject>Lola puisse</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Octobre&#8200;2012,&#8200;Toulouse. Le neurochirurgien de l'h&#244;pital Purpan a &#233;t&#233; tr&#232;s ferme, sans y mettre les formes : il n'est pas question d'op&#233;rer. La saloperie de gliome de grade 3 qui a pris racine dans la petite t&#234;te blonde de Lola est mal plac&#233;e. Et trop grosse d&#233;j&#224;. Mais plus gros encore sont le courage, l'&#233;nergie, et la force dont Lola et ses parents&#8200;&#8211;&#8200;ainsi que leur fils cadet, alors polichinelle dans le tiroir maternel&#8200;&#8211;&#8200;feront preuve pendant neuf mois. Ils ont combattu ardemment, &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lola-puisse" rel="tag"&gt;Lola puisse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Octobre&#8200;2012,&#8200;Toulouse. Le neurochirurgien de l'h&#244;pital Purpan a &#233;t&#233; tr&#232;s ferme, sans y mettre les formes : il n'est pas question d'op&#233;rer. La saloperie de gliome de grade 3 qui a pris racine dans la petite t&#234;te blonde de Lola est mal plac&#233;e. Et trop grosse d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1291 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH487/p09-aquarelle-lola-373df.jpg?1782639305' width='400' height='487' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais plus gros encore sont le courage, l'&#233;nergie, et la force dont Lola et ses parents&#8200;&#8211;&#8200;ainsi que leur fils cadet, alors polichinelle dans le tiroir maternel&#8200;&#8211;&#8200;feront preuve pendant neuf mois. Ils ont combattu ardemment, &#224; grands coups de chimio, de rayons et de vie partag&#233;e cette foutue tumeur, ce crabe assez vil pour s'attaquer toutes pinces dehors &#224; une puce de trois&#8200;ans et demi. &#199;a a &#233;t&#233; une guerre, longue, &#244; combien douloureuse, joyeuse aussi parfois, contre la maladie. &#199;a a &#233;t&#233; une guerre&#8230; Et nous l'avons perdue, h&#233;las, le 27 mai 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste le souvenir de Lola, mais aussi celui d'un immense mouvement de solidarit&#233; exprim&#233; spontan&#233;ment, en dehors de toute structure officielle. Et qui, selon les dires de ses parents, leur a permis de mener au mieux cette lutte acharn&#233;e, ext&#233;nuante, terrible &#8211;&#8200;mais belle et courageuse aussi, &#224; l'image de la gamine. Il ne nous a manqu&#233; qu'un peu de chance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a eu quelques gestes maladroits, qui nous feront marrer encore longtemps. Comme cet oncle qui, apr&#232;s avoir pass&#233; quelques jours &#224; Toulouse en compagnie de Lola et de ses darons, est rentr&#233; dans ses p&#233;nates avec, en poche, la carte Vitale de la minote. Ballot, quand on a un rendez-vous quotidien &#224; l'hosto. Un autre tonton, &#224; qui Lola demandait par t&#233;l&#233;phone de lui chanter une chanson, a entonn&#233; pour d&#233;conner &lt;i&gt;L'Internationale&lt;/i&gt;. Sauf que le refrain d&#233;bute, comme chacun sait, par : &#171; C'est la lutteuuuu finaaaleuuu&#8230; &#187; C'est surtout la boulette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, avant tout, resteront en m&#233;moire tous ces soutiens ind&#233;fectibles, vari&#233;s, parfois saugrenus, qui ont permis de lutter et tenir jour apr&#232;s jour : ceux qui ont envoy&#233; courriers, mails et cadeaux sans compter ; ceux qui ont rendu moult visites ; les amis de parents d'amis qui ont pr&#234;t&#233; une maison &#224; Toulouse pour que Lola puisse suivre ses soins quotidiens ; ceux qui ont astiqu&#233; et am&#233;nag&#233; cette bicoque ; ceux qui ont pri&#233; et fait prier dans leurs &#233;glises ; ceux qui ont termin&#233; les travaux dans la maison ari&#233;geoise de Lola ; ce copain artisan qui gonflait ses devis pour pr&#233;lever un &#171; imp&#244;t &#187; revers&#233; ensuite aux parents de la gamine ; ceux qui ont &#233;crit depuis l'autre bout du monde ; ceux qui sont venus manger, boire et blaguer ; ceux qui, tous les soirs, imploraient d'hypoth&#233;tiques ondes telluriques ; ceux qui ont cuisin&#233; et apport&#233; des mets ; ceux qui ont envoy&#233; des ch&#232;ques &#224; deux, trois, voire quatre chiffres ; ceux qui ont pleur&#233; et ceux qui ont retenu leurs larmes ; ceux qui ont pass&#233; l'aspirateur ; ceux qui ont jou&#233; et rigol&#233; avec Lola ; ceux qui lui ont tenu la main ; ceux qui ont tent&#233; de la soigner sans compter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a &#233;t&#233; une guerre, longue, &#244; combien douloureuse, joyeuse aussi parfois, contre la maladie. &#199;a a &#233;t&#233; une guerre, et nous l'avons perdue. Lola est morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous sommes, tous ensemble, des perdants magnifiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le dossier &#034;La mort qui tue&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Y-a-t-il-une-vie-avant-la-mort&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Y-a-t-il une vie avant la mort ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Transhumanisme-La-mort-dans-l-ame&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Transhumanisme : La mort dans l'&#226;me&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'&#233;cole alternative&#8230;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/De-l-ecole-alternative</link>
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		<dc:date>2014-11-05T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>terre</dc:subject>
		<dc:subject>enfants</dc:subject>
		<dc:subject>ici</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>parents</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Toscane auvergnate</dc:subject>
		<dc:subject>Terre d'&#233;veil</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;liz</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;ducation conditionne nos vies. Nous avons tent&#233; de savoir modestement &#224; quoi pouvait ressembler une &#233;cole diff&#233;rente, hors des notes, des &#233;valuations, des programmes, une &#233;cole qui apprendrait la libert&#233;. A Terre d'&#233;veil dans le Puy-de-D&#244;me, nous avons rencontr&#233; une exp&#233;rience sociale d&#233;butante autour de la citoyennet&#233; et de l'environnement. Alors, lecteur de CQFD, pose ta bi&#232;re et range ton ballon&#8230; on retourne en cours jusqu'en septembre. Le ch&#226;teau de la Peyrouse se dessine au milieu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;ducation conditionne nos vies. Nous avons tent&#233; de savoir modestement &#224; quoi pouvait ressembler une &#233;cole diff&#233;rente, hors des notes, des &#233;valuations, des programmes, une &#233;cole qui apprendrait la libert&#233;. A Terre d'&#233;veil dans le Puy-de-D&#244;me, nous avons rencontr&#233; une exp&#233;rience sociale d&#233;butante autour de la citoyennet&#233; et de l'environnement. Alors, lecteur de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, pose ta bi&#232;re et range ton ballon&#8230; on retourne en cours jusqu'en septembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le ch&#226;teau de la Peyrouse se dessine au milieu de la Toscane auvergnate. A droite des chevaux, &#224; gauche des p&#226;querettes sous un grand soleil de printemps. Nous sommes &#224; quelques kilom&#232;tres de Clermont-Ferrand dans la nouvelle &#233;cole Terre d'&#233;veil. Ce jour-l&#224;, Christelle, une &#233;ducatrice, me re&#231;oit tandis que les enfants jouent dans une cour qui ferait p&#226;lir d'envie les &#171; sardines marseillaises &#187; tant elle est grande. Ils sont quatre gar&#231;ons pour onze filles mais, pour l'instant, aucune ne joue au foot !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1193 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/p10-eveil-4-70edd.jpg?1782684486' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole poss&#232;de un immense jardin o&#249; les enfants jouent avec de la terre et de l'eau. Ici un enfant peut faire son coin. C'est &#233;trangement calme. Isabelle Delfaut, une parent d'&#233;l&#232;ves, me l'explique : &#171; &lt;i&gt;Il y a des moments o&#249; l'on a envie d'&#234;tre seul.&lt;/i&gt; &#187; La taille du lieu le permet, les salles sont impressionnantes ; larges, presque vides avec des grands po&#234;les &#224; bois. &#171; &lt;i&gt;C'est une ancienne &#233;cole ici. Nous sommes deux &#233;ducatrices pour 15 enfants.&lt;/i&gt; &#187; Un r&#234;ve, quand une classe &#224; Marseille d&#233;borde avec 30 moutards surexcit&#233;s dans des locaux con&#231;us pour loger des bidasses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hors contrat, l'&#233;cole ne per&#231;oit aucune aide de l'&#233;tat, ni aucun salaire pour les &#233;ducateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A droite de l'entr&#233;e, une tisanerie est pr&#233;vue pour les parents. Virginie Tailhardat et Mika Dambrun ont travaill&#233; trois ans sur le projet avant qu'il ne se concr&#233;tise : &#171; &lt;i&gt;C'est exp&#233;rimental et&#8230; &#233;prouvant&lt;/i&gt; &#187;, me l&#226;che cette professeure de coll&#232;ge qui fait 40 minutes de voiture pour emmener ses enfants. Les parents ont r&#233;nov&#233; le b&#226;timent et construit le mat&#233;riel p&#233;dagogique. Christelle, l'&#233;ducatrice, pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes entre les m&#233;thodes Montessori et Freinet, l'enfant va travailler l&#224; o&#249; il en est.&lt;/i&gt; &#187; Les apprentissages fondamentaux tels que le langage, les math&#233;matiques et la g&#233;ographie sont enseign&#233;s comme la vie pratique avec une attention particuli&#232;re pour le corps et les sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marc vient d'emmener son fils de six ans, F&#233;liz : &#171; &lt;i&gt;J'ai pas l'impression qu'il s'agit d'un troupeau de moutons&lt;/i&gt; &#187;, m'explique ce technicien du spectacle qui insiste sur le collectif. &#171; &lt;i&gt;Un collectif mais avec des individualit&#233;s. Et puis F&#233;liz est heureux ici, lui qui a besoin de se d&#233;fouler, il a de la place.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se construit au jour le jour pour cette premi&#232;re ann&#233;e : &#171; &lt;i&gt;On est dans une d&#233;marche o&#249; on tente, on r&#233;ajuste&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Christelle tandis que F&#233;liz croque dans une pomme pourrie. &#171; &lt;i&gt; Va plut&#244;t la donner aux poules !&lt;/i&gt; &#187; lui indique-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce d&#233;but d'apr&#232;s-midi une petite r&#233;union commence dans une autre salle o&#249; chauffe un gros po&#234;le &#224; granul&#233;s. On s'installe par terre pour &#233;voquer les lancers de cailloux du matin. Les filles t&#233;moignent des pierres re&#231;ues. &#171; &lt;i&gt;Qui a lanc&#233; des cailloux ? &#8211; C'est Zian. &#8211; &#231;a peut faire tr&#232;s mal !&lt;/i&gt; &#187; Tout le monde prend la parole en m&#234;me temps. Christelle tranche : &#171; &lt;i&gt;On en reparlera en conseil.&lt;/i&gt; &#187; Le conseil a lieu chaque jeudi. C'est lors de ce moment qu'on peut faire &#233;voluer les r&#232;gles dans la perspective d'une communication non violente, jamais acquise de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les enfants sont moteurs ici. Il n'y a pas d'&#233;chec scolaire car pas d'&#233;valuation, ni de notes&lt;/i&gt; &#187;, raconte Virginie. Donc pas de punitions, ni de brimades&#8230; Pour Jean-Marc, la d&#233;marche n'&#233;tait pas frapp&#233;e du sceau de l'&#233;vidence : &#171; &lt;i&gt;On se sent d&#233;stabilis&#233; par rapport aux apprentissages.&lt;/i&gt; &#187; Avec sa fille, rest&#233;e dans le public, &#171; &lt;i&gt;on a des notes, des retours, les cahiers&lt;/i&gt;. &#187; Par contre, elle apprend et oublie aussi vite. &#171; &lt;i&gt;Elle ne veut pas savoir autre chose que la le&#231;on. Je me fiche qu'elle soit dans les meilleurs. Curieuse soci&#233;t&#233; o&#249; on apprend &#224; &#234;tre libres et &#233;gaux et, dans le m&#234;me temps, &#224; &#234;tre le meilleur.&lt;/i&gt; &#187; La m&#233;ritocratie r&#233;publicaine n'est pas, ici, en odeur de saintet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un groupe, uniquement compos&#233; de filles, part dehors avec l'intervenante &#171; Chant &#187;. Elles entonnent un air cr&#233;ole &#224; l'ombre d'un laurier. Un gecko se chauffe au soleil. &#171; &lt;i&gt;C'est un peu dur&lt;/i&gt; &#187;, dit l'une d'entre elles. On apprend le rythme : un geste &#233;gale un son. Moyan fait l'oiseau, Nina le cheval et Cl&#233;mence la voiture ! Rest&#233;s dans la salle, les gar&#231;ons parlent d'oiseau noir, d'avion et de guerre. Le papy de l'un d'entre eux a fait la guerre dans un char. Feliz raconte que sa ma&#238;tresse le mettait au coin mais pas ici. Ici, on fait un &#171; &lt;i&gt;Parlons-en !&lt;/i&gt; &#187; Mais d'autres s&#233;quences existent comme le &#171; &lt;i&gt;Quoi de neuf ?&lt;/i&gt; &#187;, un moment o&#249; chacun peut pr&#233;senter un objet, une id&#233;e. De nombreuses &#233;coles du syst&#232;me scolaire classique fonctionnent avec ces m&#233;thodes aujourd'hui. &#171; &lt;i&gt;On peut &#233;voquer les dinosaures, on n'est pas coup&#233;s du monde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre matin du mois de juin, la classe est encore calme : douze enfants sont avec &#201;lodie, une enseignante en disponibilit&#233; qui ne voulait plus &#171; &lt;i&gt;des programmes &#224; terminer, de la concurrence, de l'&#233;litisme, des enfants sur la touche et puis de cette inspection qui passe son temps &#224; &#233;valuer.&lt;/i&gt; &#187; Alors qu'&#201;lodie trace avec le doigt des lettres sur des carr&#233;s en bois avec Maitan&#233;, F&#233;liz vient me montrer des tritons. Les crayons et les r&#232;gles sont &#224; disposition. Rien n'est hors de port&#233;e. Morgane rentre avec trois &#339;ufs qu'elle a trouv&#233;s dans la cabane. Elle les marque avec la date et les range. Ils sont vendus aux parents. &#171; &lt;i&gt;Il y a la caisse des sous. Je sais combien il y a : 59 euros quatorze cents.&lt;/i&gt; &#187; Maitan&#233; a mis de c&#244;t&#233; les lettres connues puis elle range seule le mat&#233;riel p&#233;dagogique. &#171; &lt;i&gt;L'enseignante ne transmet pas de connaissances ici &lt;/i&gt; &#187;, me glisse Virginie. M&#234;me symboliques ? Au moins dans la posture et l'accompagnement. &#171; &lt;i&gt;Le bien-&#234;tre&lt;/i&gt; &#187; c'est s&#251;rement cela, le plus petit d&#233;nominateur commun des familles. &#201;tonnamment, il ne r&#232;gne aucun d&#233;sordre dans les salles. Les enfants rangent les objets dont ils se servent. Morgane r&#233;alise une reproduction en p&#226;te &#224; modeler d'apr&#232;s une image. Sur le tableau on peut inscrire son pr&#233;nom si on est all&#233; voir la brebis, les t&#234;tards ou les poules. Dans un environnement pr&#233;serv&#233;, il semble plus facile de d&#233;terminer des valeurs f&#233;d&#233;ratrices pour le projet comme pour le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les enfants n'ont pas tous le m&#234;me parcours. Cl&#233;mence a fait &#171; l'&#233;cole &#224; la maison &#187; depuis qu'elle a cinq ans, Morgane aussi, tandis que Nina &#233;tait &#224; l'&#233;cole du village, &#224; Beauregard- L'&#201;v&#234;que. Mais c'est &#233;videmment dans la volont&#233; des parents que se trouve la raison d'&#234;tre de cette &#233;cole. Pour Isabelle, &#171; &lt;i&gt; c'est une d&#233;marche spirituelle, une d&#233;marche non violente&lt;/i&gt; &#187;. Cela a commenc&#233; d&#232;s la naissance avec du chant pr&#233;natal, puis avec le &#171; co-dodo &#187;&#8230; leur fille a dormi avec eux jusqu'&#224; dix-huit mois. Une situation plus r&#233;pandue que l'on ne le croit mais que peu de parents avouent. Tous rejettent &#171; &lt;i&gt;la gestion des &#233;motions ou des conflits qui sont dans l'&#233;cole classique trait&#233;s de mani&#232;re autoritaire&lt;/i&gt; &#187;. Par la suite, ils ont particip&#233; au caf&#233; des familles, une association Parents-Enfants sur Saint-Dier-d'Auvergne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais une excellente &#233;l&#232;ve, ma m&#232;re &#233;tait institutrice mais ma scolarit&#233; ne m'a pas ouvert &#224; la cr&#233;ativit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, regrette Isabelle, devenue tout de m&#234;me enseignante de yoga. Par contre Emmanuel, son compagnon, est dyslexique. &#171; &lt;i&gt;Il a un rapport difficile avec l'&#233;cole. C'est un autodidacte. Ce sont ses passions qui l'ont fait avancer dans la vie.&lt;/i&gt; &#187; Alors, l'&#233;cole exp&#233;rimentale serait&#8211;elle un refuge pour parents inadapt&#233;s ? Plut&#244;t des parents qui cherchent des pistes pour une autre vie. &#171; &lt;i&gt; Cela marginalise de se retirer de l'&#233;cole&lt;/i&gt; &#187;, avoue-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est une &#233;cole alternative, pourtant je ne suis pas fondamentalement contre l'&#233;cole publique, mais il n'y a pas assez de remise en question. Les instits font ce qu'ils peuvent avec leurs moyens&lt;/i&gt; &#187;, constate Jean-Marc dont la m&#232;re fut une institutrice mod&#232;le Jules Ferry. Virginie ajoute : &#171; &lt;i&gt;Je viens du public et dans le public, les projets innovants, c'est lourd !&lt;/i&gt; &#187; Enseignante elle-m&#234;me, elle ajoute : &#171; &lt;i&gt;Je ne supporte pas les &#233;l&#232;ves sur le carreau et j'ai 30 % d'entre eux perdus &#224; chaque cours. Ma limite c'est 16 &#233;l&#232;ves.&lt;/i&gt; &#187; Un r&#234;ve concr&#233;tis&#233; &#224; Terre d'&#233;veil que doivent envier ses coll&#232;gues du public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isabelle explique que si la chose est p&#233;dagogiquement &#233;panouissante, elle est financi&#232;rement assez difficile &#224; mettre en &#339;uvre. &#171; &lt;i&gt;C'est plut&#244;t des fauch&#233;s qui mettent leurs enfants &#224; Terre d'&#233;veil.&lt;/i&gt; &#187; Il vous en co&#251;tera 230 euros en moyenne par mois et 140 quand on est d&#233;sargent&#233;. Jean-Marc r&#232;gle 230 euros tous les mois. &#171; &lt;i&gt; Un gros effort mais ce n'est pas un sacrifice. Le jeu en vaut la chandelle. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;cole se veut diff&#233;rente, les horaires sont semblables mais am&#233;nag&#233;s autrement. Ce qui saute aux yeux, c'est la faiblesse de l'effectif m&#234;me si l'&#233;cole doit atteindre une vingtaine d'&#233;l&#232;ves &#224; la rentr&#233;e prochaine. Les demandes sont essentiellement pour des gar&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1194 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/p10-eveil-5-b89e3.jpg?1782643513' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A Terre d'&#233;veil, pas de tableau num&#233;rique mais est-ce pour autant une &#233;cole &#171; comme jadis &#187; ? Difficile de r&#233;pondre pour cette premi&#232;re ann&#233;e d'exp&#233;rimentation. Certes, on y vit comme si l'&#233;cole &#233;tait ouverte sur le monde. &#171; &lt;i&gt;Je les sens heureux&lt;/i&gt; &#187;, me dit Jean-Marc. &#171; &lt;i&gt;Un soir, au coucher, mon fils m'a demand&#233; : &#8220;y a &#233;cole demain ?&#8221; Oui ! et il a explos&#233; de joie. Pour moi, chez qui l'&#233;cole &#233;tait source d'angoisse, c'&#233;tait merveilleux. &lt;/i&gt; &#187; Son fils F&#233;liz ne sait pourtant pas lire &#224; six ans. Alors Jean-Marc, baba cool ? Il s'en d&#233;fend. Les choses viendront quand elles seront m&#251;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole Terre d'&#233;veil vient de vivre sa premi&#232;re ann&#233;e d'existence. Nombre de choses ont &#233;t&#233; recadr&#233;es. Les &#233;ducatrices et les parents ont eu fort &#224; faire. Situ&#233;e en dehors de l'&#233;ducation nationale, elle peut repr&#233;senter un passage entre l'instruction &#224; la maison et le syst&#232;me scolaire plus classique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier &#201;cole :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Vive-la-rentree-des-classes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vive la rentr&#233;e des classes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Ecole-reac-vs-ecole-libre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;cole r&#233;ac vs &#233;cole libre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au sommaire du 124</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-124</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-124</guid>
		<dc:date>2014-07-17T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Cynicom</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>Mais</dc:subject>
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		<dc:subject>Nouvelle Droite</dc:subject>
		<dc:subject>Cynicom</dc:subject>
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		<dc:subject>D&#233;stockage massif</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;stockage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CQFD n&#176;124, en kiosque &#224; partir du 17 juillet 2014. Num&#233;ro d'&#233;t&#233;, avec un suppl&#233;ment de 16 pages : b&#233;d&#233;s, nouvelles, fiches cuisines, playlists... Tout pour passer un &#233;t&#233; &#224; l'abri de l'ennui ! Les articles sont mis en ligne au fil de l'eau apr&#232;s la parution du CQFD d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... En Une : D&#233;stockage massif par Cynicom. Dossier &#233;cole Vivement la rentr&#233;e des classes ! &gt; &#171; &#201;duquer, ce n'est pas remplir un vase (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L115xH150/arton1307-43388.jpg?1783591195' class='spip_logo spip_logo_right' width='115' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;124, en kiosque &#224; partir du 17 juillet 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Num&#233;ro d'&#233;t&#233;, avec un suppl&#233;ment de 16 pages : b&#233;d&#233;s, nouvelles, fiches cuisines, playlists... Tout pour passer un &#233;t&#233; &#224; l'abri de l'ennui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles sont mis en ligne &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no124-juillet-aout-septembre'&gt;au fil de l'eau&lt;/a&gt; apr&#232;s la parution du &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Une : D&#233;stockage massif par &lt;a href=&#034;http://www.cynicom.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cynicom&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier &#233;cole&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vivement la rentr&#233;e des classes !&lt;/strong&gt; &gt; &#171; &lt;i&gt;&#201;duquer, ce n'est pas remplir un vase ,c'est allumer un feu&lt;/i&gt; &#187;, disait un certain Montaigne (un rappeur sans doute ?). Enseignant depuis 1995, Gr&#233;gory Chambat participe &#224; la revue &lt;i&gt;N'Autre &#233;cole&lt;/i&gt;, publi&#233;e par la CNT &#201;ducation qui explore les chemins buissonniers d'une &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution sociale, &#233;ducative et p&#233;dagogique&lt;/i&gt; &#187;, et plus r&#233;cemment au site &lt;a href=&#034;http://www.questionsdeclasses.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Question de classe(s)&lt;/a&gt; qui fonctionne comme une agence de presse afin de donner des outils &#224; une p&#233;dagogie socialement critique, ancr&#233;e dans le quotidien des enseignants, des agents de l'&#233;ducation, des parents et des &#233;l&#232;ves. Oral de rattrapage pour les cancres de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; avec un p&#233;dagogue de combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'&#233;cole alternative&#8230;&lt;/strong&gt; &gt; L'&#233;ducation conditionne nos vies. Nous avons tent&#233; de savoir modestement &#224; quoi pouvait ressembler une &#233;cole diff&#233;rente, hors
des notes, des &#233;valuations, des programmes, une &#233;cole qui apprendrait la libert&#233;. &#192;Terre d'&#201;veil dans le Puy-de-D&#244;me, nous avons rencontr&#233; une exp&#233;rience sociale d&#233;butante autour de la citoyennet&#233; et de l'environnement. Alors, lecteur de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, pose ta bi&#232;re et range ton ballon&#8230; on retourne en cours jusqu'en septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230;&#224; l'alternative &#224; l'&#233;cole&lt;/strong&gt; &gt; Il y a aussi ces parents qui prennent la d&#233;cision de faire l'&#233;cole &#224; la maison. D'affreux cathos qui conditionnent leurs m&#244;mes &#224; longueur de journ&#233;e ? Des contestataires un peu perch&#233;s qui rejettent tout ce qui vient de la soci&#233;t&#233; capitaliste ? Ou des parents jaloux de l'&#233;panouissement de l'enfant &#224; l'int&#233;rieur du cocon familial ? Quelques rencontres en Haute-Loire avec ces &#171; autres &#187; parents d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les articles &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chiapas : Marcos est mort&#8230; Vive l'autonomie zapatiste !&lt;/strong&gt; &gt; Le 24 mai 2014, le sous-commandant Marcos a annonc&#233; sa propre fin : &#171; &lt;i&gt; Je d&#233;clare que je cesse
d'exister.&lt;/i&gt; &#187; Ultime pirouette d'une ic&#244;ne altermondialiste ou r&#233;elle avanc&#233;e du sentiment collectif aux d&#233;pens d'un culte de la personnalit&#233; r&#233;siduel ? Quel sens donner &#224; cette mort symbolique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Culture : De la monoculture en Avignon&lt;/strong&gt; &gt; &#192; qui profite le festival d'Avignon ? Aux Avignonnais ? Aux compagnies ? Aux saisonniers de la restauration ? De la m&#234;me mani&#232;re que les nouveaux accords Unedic nuisent &#224; tous, le festival repose sur une d&#233;bauche de pr&#233;carit&#233;. Par ricochet, une gr&#232;ve des com&#233;diens met en lumi&#232;re combien la ville est pieds et poings li&#233;s &#224; l'industrie touristique. &#171; &lt;i&gt;Ce que nous d&#233;fendons, nous le d&#233;fendons pour tous&lt;/i&gt; &#187;, disent les gr&#233;vistes. Pensent-ils si bien dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Greenwashing : Des assises de la biodiversit&#233; en b&#233;ton&lt;/strong&gt; &gt; Tout oppose le rouleau compresseur des am&#233;nageurs de territoire au fragile &#233;quilibre des milieux naturels. Lors des quatri&#232;mes Assises nationales de la biodiversit&#233; les 23 et 24 juin
&#224; Montpellier, les bonimenteurs de l'ing&#233;nierie &#233;cologique ont tent&#233; de muer b&#233;tonneurs en sauveurs des petites b&#234;tes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extr&#234;mes droites : La Nouvelle Droite dans la face&lt;/strong&gt; &gt; Depuis pr&#232;s de quarante ans la &#8211; plus tellement &#8211; Nouvelle Droite voudrait brouiller les sch&#233;mas classiques de l'extr&#234;me droite &#224; force de puiser des arguments dans la critique socialiste, anti-industrielle et &#233;cologique. Elle va jusqu'&#224; titrer un num&#233;ro de sa revue &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;La Nouvelle Droite est-elle de gauche ?&lt;/i&gt; &#187;, profitant des faiblesses de la gauche l&#226;che et moribonde pour pr&#233;tendre la doubler&#8230; sur sa gauche. Mais en grattant le vernis de la complexit&#233; intellectuelle r&#233;apparaissent vite les vieilles lunes anti-&#233;galitaires et identitaires. St&#233;phane Fran&#231;ois qui a publi&#233; &lt;i&gt;Au-del&#224; des vents du
Nord : L'extr&#234;me droite fran&#231;aise, le p&#244;le Nord et les Indo-Europ&#233;ens&lt;/i&gt; (PUL, 2014) revient sur l'influence r&#233;elle de ce courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sc&#232;ne : Les artistes ne sont pas tous autistes, mais tous les autistes sont des artistes&lt;/strong&gt; &gt; Ce &lt;i&gt;Blanche Neige&lt;/i&gt; est un spectacle que peu verront. Jou&#233; en grande partie par des acteurs en situation de handicap mental, peu de salles lui ouvriront leurs portes. Rencontre avec &lt;a href=&#034;http://www.artsenfolies.org/theatreducristal/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le th&#233;&#226;tre du Cristal&lt;/a&gt;, une compagnie pas comme les autres, certes, mais qui voudrait l'&#234;tre un peu plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fret SNCF : &#171; &lt;i&gt;On regarde travailler la concurrence&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt; &gt; Ouvert &#224; la concurrence depuis 2005, le fret ferroviaire aiguise les app&#233;tits de soci&#233;t&#233;s priv&#233;es peu regardantes sur le droit du travail et les normes de s&#233;curit&#233;. &#192; Cerb&#232;re (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), la gare de fret prend des allures de cimeti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les chroniques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;dia : Radio Canut tisse son futur&lt;/strong&gt; &gt; La Lyonnaise des ondes n'est pas pr&#234;te &#224;
raccrocher apr&#232;s une trentaine d'ann&#233;es au service de la radio ind&#233;pendante et autog&#233;r&#233;e. &#192; l'occasion d'une campagne de lev&#233;e de fonds, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a discut&#233; avec Alex, animateur d'une &#233;mission sur les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faux amis : &#192; quoi servent les &#233;conomistes ?&lt;/strong&gt; &gt; &#192; gauche, l'heure est aux reculs et aux pleurs. Le mouvement social n'a jamais &#233;t&#233; aussi faible. Malgr&#233; tout, des &#233;conomistes critiques, &#171; &lt;i&gt;h&#233;t&#233;rodoxes&lt;/i&gt; &#187;, arrivent parfois &#224; s'immiscer dans le d&#233;bat en opposition &#224; la pens&#233;e orthodoxe lib&#233;rale. Mais a-t-on vraiment besoin d'&#233;conomistes ? &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; jette un coup de projecteur sur les perspectives sid&#233;rantes
du cofondateur des &#201;conomistes atterr&#233;s, Henri Sterdyniak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je vous &#233;cris de l'usine : Management &#224; l'ancienne&lt;/strong&gt; &gt; Ce mois-ci, Jean-Pierre Levaray nous raconte l'histoire du foot &#224; l'usine... une histoire du &lt;i&gt;management&lt;/i&gt;, l&#224; aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les vieux dossiers de Mat&#233;o : 1914 : Le naufrage de l'internationalisme&lt;/strong&gt; &gt; On comm&#233;more le centenaire de la mort de Jaur&#232;s. Une occasion pour les politiciens
de tout bord de cannibaliser la m&#233;moire du tribun du Tarn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cap sur l'utopie&lt;/strong&gt; &gt; &#171; &lt;i&gt;Envoyez vos vaisseaux sur les mers inexplor&#233;es&lt;/i&gt; &#187; (Nietzsche)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>On puce bien les moutons</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/On-puce-bien-les-moutons</link>
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		<dc:date>2013-01-07T06:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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&lt;p&gt;Utilis&#233; en lyc&#233;e et coll&#232;ge, le logiciel Pronote est surtout connu pour sa fonctionnalit&#233; d'agenda des devoirs en ligne. Mais, derri&#232;re le c&#244;t&#233; pratique de l'outil, se cachent une batterie de mouchards, v&#233;ritables jalons d'une philosophie orwellienne &#224; l'&#339;uvre dans toute la soci&#233;t&#233;. &#171; Vous cherchez un logiciel de gestion de vie scolaire qui fait l'adh&#233;sion de tous ? Choisissez l'environnement de r&#233;f&#233;rence, dont 5 800 chefs d'&#233;tablissement ne peuvent plus se passer. &#187; Ainsi plastronne la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no105-novembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;105 (novembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/logiciel" rel="tag"&gt;logiciel&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parents" rel="tag"&gt;parents&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Index-edition" rel="tag"&gt;Index &#233;dition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/notes" rel="tag"&gt;notes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/collegien" rel="tag"&gt;coll&#233;gien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Utilis&#233; en lyc&#233;e et coll&#232;ge, le logiciel Pronote est surtout connu pour sa fonctionnalit&#233; d'agenda des devoirs en ligne. Mais, derri&#232;re le c&#244;t&#233; pratique de l'outil, se cachent une batterie de mouchards, v&#233;ritables jalons d'une philosophie orwellienne &#224; l'&#339;uvre dans toute la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Vous cherchez un logiciel de gestion de vie scolaire qui fait l'adh&#233;sion de tous ? Choisissez l'environnement de r&#233;f&#233;rence, dont 5 800 chefs d'&#233;tablissement ne peuvent plus se passer&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://www.index-education.com/fr/l....&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt; Ainsi plastronne la soci&#233;t&#233; Index &#233;dition sur son portail Internet. Voil&#224; plus de dix ans qu'elle d&#233;veloppe son produit phare, Pronote, un logiciel qui r&#233;unit sur la m&#234;me interface enseignants, administration scolaire, &#233;l&#232;ves et parents. Et comme le dit la pub : &lt;i&gt;&#171; Tout le monde est d'accord ! Les parents : &#8220;On consulte son relev&#233; de notes sur Internet.&#8221; Les enseignants : &#8220;On peut saisir les notes chez soi par Internet.&#8221; Les surveillants : &#8220;Plus d'erreurs dans le suivi des absences.&#8221; Le principal adjoint : &#8220;Tous les relev&#233;s de notes et bulletins sont imprim&#233;s en quelques minutes.&#8221; Les &#233;l&#232;ves : &#8220;Avec ma moyenne sur Internet, je sais toujours o&#249; j'en suis.&#8221; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vrai bonheur de convivialit&#233;. Papa et maman qui peuvent suivre en temps r&#233;el le parcours de leur coll&#233;gien ou lyc&#233;en de rejeton. Un fardeau en moins pour les ados qui ne stressent plus pour savoir comment annoncer une banane en maths ou deux heures de colle, puisque les darons sauront d&#233;j&#224; tout avant que la sonnerie de cinq heures ne retentisse. Enseignante, Josiane boude cependant le progr&#232;s : &lt;i&gt;&#171; Que veux-tu que les enfants te racontent le soir ? Tu sais tout. Les notes en direct, les punitions, le repas de la cantine, les sorties, les &#233;v&#232;nements du bahut. Ce n'est plus la peine de leur demander ce qui se passe au coll&#232;ge. Au final, le coll&#233;gien en tant qu'&#234;tre autonome est supprim&#233;, il n'existe plus dans la cha&#238;ne de communication et d'information. &#187;&lt;/i&gt; Sentiment partag&#233; par Sam, coll&#233;gien en 5e : &lt;i&gt;&#171; Quand tu rentres en cours, le prof fait l'appel sur son ordi et un projecteur montre un tableau avec le nom des &#233;l&#232;ves et les colonnes des observations, retards, exclusions&#8230; Du coup on voit tous ce qui est not&#233; pour tout le monde. On a l'impression d'&#234;tre fliqu&#233; par le coll&#232;ge, c'est comme s'il savait tout &#224; l'avance. Comme si on voulait nous foutre tous dans le m&#234;me moule ! &#187;&lt;/i&gt;
Dans Pronote, le coll&#233;gien ou lyc&#233;en est d&#233;coup&#233;, scann&#233; et trac&#233; comme une cuisse de poulet sous Cellophane. Un gros mot l&#226;ch&#233; en classe ? L'affaire fait l'objet d'une observation. Un retard de deux minutes ? Un texto avertit fissa les parents. Fut une &#233;poque o&#249; ces micro-&#233;v&#232;nements &#233;taient rapidement dissous par les m&#233;canismes normatifs d'une vie scolaire d&#233;j&#224; suffisamment cod&#233;e et hi&#233;rarchis&#233;e. Avec Pronote, l'incident mineur se grave d&#233;sormais dans le marbre des atypies comportementales. Sam : &lt;i&gt;&#171; Pronote se rappelle des vieilles choses. Par exemple, t'es &#224; la fin de l'ann&#233;e et les heures de colle et observations du premier trimestre sont encore inscrites. &#187; &#171; Au niveau de la r&#233;ception par les parents, toutes ces observations produisent un effet d'accumulation, constate Raymond, enseignant. &#199;a coupe le vrai lien avec eux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs, c'est l'onglet &#171; profil &#187; qui permet au gamin d'&#233;valuer quotidiennement sa performance scolaire via des graphes et des histogrammes. Transparence, comp&#233;titivit&#233; : c'est tr&#232;s t&#244;t qu'on injecte, en douceur, toute la doxa capitaliste du moment. Enseignante, Anne fait ce constat : &lt;i&gt;&#171; Pour certains profs, Pronote est devenu sacro-saint. Si l'&#233;l&#232;ve n'a pas Internet chez lui, tant pis, il n'avait qu'&#224; se renseigner au CDI. &#187;&lt;/i&gt; Et les &#233;l&#232;ves ne sont pas les seuls &#224; faire les frais du logiciel espion. &lt;i&gt;&#171; &#192; tout moment le proviseur sait ce que tu fais, explique Raymond. La derni&#232;re fois, j'ai &#233;t&#233; absent suite &#224; une convocation pour une mission p&#233;dagogique. Or Pronote mentionnait absence personnelle et non pas administrative. Rien de m&#233;chant, mais j'ai d&#251; aller au bureau me justifier. Ce type d'outil renforce le sentiment de m&#233;fiance entre direction et enseignants. &#187;&lt;/i&gt; Anne va plus loin : &lt;i&gt;&#171; Pronote, en tant qu'enseignant, il faut le remplir. Le plus possible. Sinon on dit que tu es feignant. C'est l&#224;-dessus que tu seras jug&#233; par l'inspecteur. &#192; la limite, c'est pas grave si tes cours sont de mauvaise qualit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Maxime&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, surveillant en lyc&#233;e professionnel, t&#233;moigne : &lt;i&gt;&#171; Ces syst&#232;mes automatis&#233;s peuvent avoir des bugs. Une ann&#233;e, on a eu des courriers g&#233;n&#233;r&#233;s par Pronote qui sont partis par erreur. Des courriers-types pr&#233;vus en cas d'absences r&#233;p&#233;t&#233;es et qui pr&#233;venaient les familles qu'elles encourraient des suppressions d'allocations de la CAF. Avec ce genre de gaffe, on perd toute cr&#233;dibilit&#233; vis-&#224;-vis des parents ! &#187;&lt;/i&gt; Et de poursuivre : &lt;i&gt;&#171; Avant pour faire l'appel, il y avait un pion qui faisait le tour des classes, un autre qui rentrait les donn&#233;es dans l'ordi. Depuis Pronote, les absences sont rentr&#233;es directement par les profs. Du coup, les administrations ont pu soit supprimer des postes de surveillants, soit comme dans mon bahut, nous affecter &#224; la surveillance de la cour. Au final, les &#233;l&#232;ves se retrouvent doublement fliqu&#233;s. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce tableau &#224; charge, il est &#233;tonnant de constater le peu de r&#233;actions critiques du corps enseignant ou des parents d'&#233;l&#232;ves. Si des dispositifs outrageusement liberticides du style Base &#233;l&#232;ves&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Application informatique, utilis&#233;e depuis 2007 en maternelle et &#233;l&#233;mentaire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; ont pu provoquer une saine bronca chez certains profs, les derni&#232;res innovations technologiques entrant dans le champ des Espaces num&#233;riques de travail se diffusent comme un lent poison indolore&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#171; La fin du tableau noir ? &#187; in CQFD n&#176; 92.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Rien n'est plus ais&#233; que d'offrir des gages de s&#233;curit&#233; &#224; une population abasourdie par une multiplicit&#233; de discours anxiog&#232;nes. Aussi ne faut-il pas s'&#233;tonner que les actions de r&#233;sistance restent circonscrites &#224; un registre individuel. &lt;i&gt;&#171; Si tu as acc&#232;s aux codes, tu peux t'amuser un peu&lt;/i&gt;, confesse Maxime. &lt;i&gt;Une fois, j'ai m&#233;lang&#233; les pseudos des surveillants. J'ai attribu&#233; du travail &#224; des gens qui n'avaient rien foutu. C'&#233;tait rigolo : tout d'un coup, un mec qui faisait du z&#232;le se retrouvait gros glandeur dans les stats. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nostalgique, Josiane se souvient :&lt;i&gt; &#171; Je m'imagine quand j'&#233;tais en seconde et que je signais les mots &#224; la place de mon p&#232;re pour retrouver mes potes et refaire le monde&#8230; &lt;/i&gt; &#187; Refaire le monde, m&#234;me en pens&#233;e. Y a-t-il plus grand danger pour nos &#233;lites ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.index-education.com/fr/logiciel-gestion-vie-scolaire.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.index-education.com/fr/l...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Application informatique, utilis&#233;e depuis 2007 en maternelle et &#233;l&#233;mentaire, conduisant &#224; un fichage des &#233;l&#232;ves en fonction de divers crit&#232;res. Suite &#224; une large contestation, l'&#201;tat a supprim&#233; des champs sensibles (relatifs &#224; la nationalit&#233; et &#224; la culture d'origine par exemple) en 2008. On peut suivre les r&#233;centes mobilisations ici : &lt;a href=&#034;http://retraitbaseeleves.wordpress.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://retraitbaseeleves.wordpress.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-fin-du-tableau-noir'&gt;&#171; La fin du tableau noir ? &#187;&lt;/a&gt; in &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 92.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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