<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=1941&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Des m&#232;res col&#232;res</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-meres-coleres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Des-meres-coleres</guid>
		<dc:date>2022-02-25T11:12:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>enfants</dc:subject>
		<dc:subject>quartiers</dc:subject>
		<dc:subject>quartiers populaires</dc:subject>
		<dc:subject>populaires</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>parents</dc:subject>
		<dc:subject>l'institution</dc:subject>
		<dc:subject>m&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Fatima Ouassak</dc:subject>
		<dc:subject>origine sociale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quitter le banc de touche. Si une phrase devait r&#233;sumer un des combats majeurs du Front de m&#232;res ce pourrait &#234;tre celle-l&#224;. Premier syndicat de parents des quartiers populaires, le Front de m&#232;res est n&#233; de la lutte d'habitantes des banlieues, d&#233;termin&#233;es &#224; faire entendre leur voix face &#224; une institution scolaire qui trop souvent les b&#226;illonne. La parole est &#224; Fatima Ouassak, cofondatrice du syndicat. &#171; Pour garantir la r&#233;ussite de tous, l'&#233;cole se construit avec la participation des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no206-fevrier-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;206 (f&#233;vrier 2022)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers" rel="tag"&gt;quartiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers-populaires" rel="tag"&gt;quartiers populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/populaires" rel="tag"&gt;populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole" rel="tag"&gt;l'&#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parents" rel="tag"&gt;parents&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-institution" rel="tag"&gt;l'institution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/meres" rel="tag"&gt;m&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fatima-Ouassak" rel="tag"&gt;Fatima Ouassak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/origine-sociale" rel="tag"&gt;origine sociale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quitter le banc de touche. Si une phrase devait r&#233;sumer un des combats majeurs du Front de m&#232;res ce pourrait &#234;tre celle-l&#224;. Premier syndicat de parents des quartiers populaires, le Front de m&#232;res est n&#233; de la lutte d'habitantes des banlieues, d&#233;termin&#233;es &#224; faire entendre leur voix face &#224; une institution scolaire qui trop souvent les b&#226;illonne. La parole est &#224; Fatima Ouassak, cofondatrice du syndicat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4376 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200front_de_ma_res_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH297/1200front_de_ma_res_resultat-f8b08.jpg?1782829567' width='500' height='297' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de La Force N&#233;e
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; &lt;/span&gt; Pour garantir la r&#233;ussite de tous, l'&#233;cole se construit avec la participation des parents, quelle que soit leur origine sociale. &#187; Cela a beau &#234;tre inscrit dans les textes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus pr&#233;cis&#233;ment dans la &#171; loi Peillon &#187;, &#171; pour la refondation de l'&#233;cole (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la r&#233;alit&#233; est parfois tr&#232;s diff&#233;rente. Fatima Ouassak le dit cash : &#171; Dans les &#233;coles des quartiers populaires, on attend des parents qu'ils rasent les murs. &#187; Politologue de son &#233;tat, elle se tient pourtant &#224; bonne distance des consid&#233;rations hors-sol : c'est de son v&#233;cu qu'elle parle &#8211; celui d'une femme, d'une m&#232;re arabe, habitante de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), o&#249; ses enfants sont scolaris&#233;s. Ces rapports compliqu&#233;s avec l'&#233;cole, elle les raconte et les analyse dans son livre &lt;i&gt;La Puissance des m&#232;res &#8211; Pour un nouveau sujet r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, paru &#224; La D&#233;couverte en 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque sa fille entre &#224; l'&#233;cole, Fatima Ouassak se retrouve face &#224; une institution qui lui fait vite comprendre qu'elle ne la reconna&#238;t pas comme une interlocutrice valable. Sauf que faire profil bas n'est pas vraiment le genre de la maison. Alors en 2016, avec plusieurs autres femmes, elle cr&#233;e le Front de m&#232;res, premier syndicat de parents des quartiers populaires. L'enjeu est clair : instaurer un vrai rapport de force avec l'&#233;cole et revendiquer le droit des parents de ces quartiers &#224; co-construire, avec les acteurs et actrices de l'institution, &#171; un plan d'actions concr&#232;tes en mati&#232;re d'&#233;ducation &#187;, lequel foulerait au pied le racisme syst&#233;mique et donnerait &#224; chaque gamin les m&#234;mes chances de r&#233;ussite scolaire. Des objectifs qui ont amen&#233; le Front de m&#232;res &#224; &#233;laborer des projets avec l'institution, tout en soutenant les lyc&#233;ens en lutte contre des r&#233;formes iniques ou en d&#233;fendant le droit des accompagnatrices de sorties scolaires &#224; porter le foulard. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les quartiers populaires, quelle place l'&#233;cole r&#233;serve-t-elle aux parents ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une place h&#233;rit&#233;e du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &#233;poque &#224; laquelle l'&#233;cole r&#233;publicaine a &#233;t&#233; pens&#233;e pour extraire les enfants de leurs familles : d'abord paysannes, puis ouvri&#232;res et aujourd'hui des quartiers populaires, issues de l'immigration. L'institution continue de batailler pour &#233;manciper les enfants et les sortir de leur condition de classe avec, en toile de fond, l'id&#233;e que l'&#233;cole serait forc&#233;ment lib&#233;ratrice face au parent qui serait enfermant. D&#232;s lors, ce dernier n'a pas sa place &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, d&#232;s qu'une proposition ou une revendication vient de nous, femmes non blanches des quartiers populaires, avec tout ce qu'on repr&#233;sente, ce qu'on incarne, l'&#233;cole consid&#232;re qu'elle n'est pas l&#233;gitime. Un exemple : quand ma fille est entr&#233;e en maternelle, je me suis &#233;tonn&#233;e de ne pas voir proposer d'alternative v&#233;g&#233;tarienne au repas &#224; base de viande servi chaque jour. D'autant que cette alternative existait dans la cr&#232;che d&#233;partementale que mon enfant fr&#233;quentait l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Lorsque j'ai soumis l'id&#233;e &#224; la directrice de l'&#233;cole, puis &#224; la mairie et enfin &#224; la FCPE&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration des conseils de parents d'&#233;l&#232;ves.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, on m'a r&#233;torqu&#233; que ce n'&#233;tait pas envisageable pour des questions de la&#239;cit&#233;. Je n'avais pourtant jamais &#233;voqu&#233; la question de la religion, le mot &lt;i&gt;halal&lt;/i&gt; n'&#233;tait jamais sorti de ma bouche. Sauf que je suis une femme arabe consid&#233;r&#233;e comme musulmane : on m'a reproch&#233; de me servir de la question de l'alternative v&#233;g&#233;tarienne comme cheval de Troie pour islamiser l'&#233;cole. Dans un autre quartier, et si je n'avais pas &#233;t&#233; arabe, on m'aurait certainement d&#233;cern&#233; le prix de la m&#232;re &#233;colo de l'ann&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paradoxalement, l'institution sait aussi faire appel &#224; vous quand elle en a besoin, par exemple en vous demandant d'accompagner les sorties scolaires...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un fait : sans la pr&#233;sence des m&#232;res, il n'y aurait pas de sorties scolaires. Sauf que dans les quartiers populaires, beaucoup d'entre elles sont musulmanes et portent le foulard, qui se retrouve r&#233;guli&#232;rement au centre de pol&#233;miques&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Derni&#232;re en date : celle entourant le projet &#8211; finalement abandonn&#233; &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. J'estime que le probl&#232;me n'est pas tant le fait que ces sorties puissent ou non avoir lieu &#8211; dans nos quartiers, il y a tellement peu de moyens qu'il s'agit souvent de sorties &lt;i&gt;low-cost&lt;/i&gt; qui, &#224; mes yeux, apportent peu aux enfants &#8211; mais qu'il y a en revanche un vrai enjeu politique &#224; dire que chaque parent doit &#234;tre consid&#233;r&#233; et que les enfants n'ont pas &#224; &#234;tre humili&#233;s parce que leur m&#232;re porte un foulard. En 2017, avec le Front de m&#232;res, on avait publi&#233; un texte dans lequel on demandait en quoi interdire le port du foulard aux m&#232;res accompagnatrices &#8211; une mesure d&#233;battue &#224; l'&#233;poque &#8211; allait &#234;tre positif pour l'&#201;ducation nationale ? En quoi provoquer de nouvelles tensions entre &#233;cole et parents des quartiers populaires, mais surtout entre ces parents et leurs enfants, ou entre l'&#233;cole et ces enfants, allait arranger les difficult&#233;s existantes ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un autre registre, plus tard, quand vos enfants entrent au lyc&#233;e, l'institution compte sur vous pour r&#233;guler d'autres tensions&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En effet, on nous demande d'&#234;tre l&#224; pour calmer le jeu, par exemple quand nos enfants lyc&#233;ens manifestent. &#192; Garges-l&#232;s-Gonesse (Val-d'Oise), le 5 d&#233;cembre 2018, la police avait tir&#233; au flash-ball sur les jeunes. C'&#233;tait dans le contexte des manifestations Gilets jaunes et des mobilisations lyc&#233;ennes contre la r&#233;forme du bac et Parcoursup. Ce jour-l&#224;, un jeune a eu la m&#226;choire fractur&#233;e par un tir de flash-ball. Le soir m&#234;me, le lyc&#233;e avait envoy&#233; un mail aux parents en leur demandant de ne pas envoyer leurs enfants en cours le lendemain pour &#233;viter les troubles. Il avait anticip&#233; la solidarit&#233; entre les lyc&#233;ens et demand&#233; aux parents de les garder bien au chaud &#224; la maison. Aller chercher la &#8220;m&#232;re tampon&#8221;, celle qui va apaiser les tensions entre l'enfant et l'institution, chez les m&#232;res que nous sommes est un bon calcul de leur part puisqu'on veut prot&#233;ger nos enfants.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Globalement, d&#232;s qu'une proposition ou une revendication vient de nous, femmes non blanches des quartiers populaires, avec tout ce qu'on repr&#233;sente, ce qu'on incarne, l'&#233;cole consid&#232;re qu'elle n'est pas l&#233;gitime.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Faire en sorte qu'il ne leur arrive rien ne nous a par contre pas emp&#234;ch&#233;es de nous mobiliser pour les soutenir. Au lendemain de l'affaire de Garges, il y a eu celle de Mantes-la-Jolie (Yvelines) o&#249; 150 lyc&#233;ens avaient &#233;t&#233; interpell&#233;s, mis &#224; genoux, les mains sur la t&#234;te. Le soir m&#234;me, on organisait une r&#233;union d'urgence &#224; laquelle &#233;taient invit&#233;s le Comit&#233; Adama, le MIB&lt;i&gt; [Mouvement de l'immigration et des banlieues]&lt;/i&gt;, des avocats, etc., pour r&#233;fl&#233;chir ensemble &#224; la fa&#231;on de prot&#233;ger nos enfants et aux strat&#233;gies pour les soutenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, le Front de m&#232;res avait publi&#233; avec d'autres m&#232;res de lyc&#233;ens un texte pour d&#233;noncer les violences polici&#232;res subies par nos enfants. On y &#233;crivait que la police n'avait rien &#224; faire &#224; l'&#233;cole ni autour, tout en d&#233;non&#231;ant la complicit&#233; de l'institution dans la r&#233;pression, puisqu'elle excluait les lyc&#233;ens qui bloquaient les &#233;tablissements et collaborait avec la police. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinq ans apr&#232;s la cr&#233;ation du Front de m&#232;res, votre organisation a sem&#233; ses graines : des collectifs locaux sont n&#233;s &#224; Rennes, &#224; Strasbourg et m&#234;me en Belgique, pour ne citer que ceux-l&#224;. O&#249; en sont vos rapports avec l'institution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a toujours &#233;t&#233; en lien avec l'&#201;ducation nationale. Goundo Diawara, secr&#233;taire du syndicat depuis ses d&#233;buts, est par exemple CPE &lt;i&gt;[Conseill&#232;re principale d'&#233;ducation]&lt;/i&gt; dans un coll&#232;ge de banlieue. Aujourd'hui, on est parvenues &#224; programmer un temps mensuel entre parents et personnels de l'&#201;ducation nationale pour &#233;voquer ensemble les probl&#232;mes existants. Par exemple, on travaille sur le harc&#232;lement scolaire avec Questions de classe(s), un collectif de profs. On souhaite poser la question de la responsabilit&#233; institutionnelle, avec l'id&#233;e d'&#233;changer ensemble et de cr&#233;er une coop&#233;ration entre les personnels de l'&#201;ducation nationale, les parents et les enfants, afin de mieux comprendre et pr&#233;venir ces violences. Loin du discours du gouvernement et de Jean-Michel Blanquer qui consid&#232;re les enfants comme seuls responsables de leurs actes en les criminalisant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment dans la &#171; loi Peillon &#187;, &#171; pour la refondation de l'&#233;cole de la R&#233;publique &#187;, qui date de 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration des conseils de parents d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Derni&#232;re en date : celle entourant le projet &#8211; finalement abandonn&#233; &#8211; d'inscrire dans la &#171; loi S&#233;paratisme &#187; adopt&#233;e en ao&#251;t dernier l'obligation de neutralit&#233; religieuse pour les accompagnateurs et accompagnatrices de sorties scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Dans les faits, l'&#233;cole n'a toujours pas rouvert &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dans-les-faits-l-ecole-n-a</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Dans-les-faits-l-ecole-n-a</guid>
		<dc:date>2020-06-09T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Elzazimut</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>sanitaire</dc:subject>
		<dc:subject>enfants</dc:subject>
		<dc:subject>Blanquer</dc:subject>
		<dc:subject>protocole sanitaire</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#201;ducation nationale</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;coles</dc:subject>
		<dc:subject>protocole</dc:subject>
		<dc:subject>parents</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Karim Bacha, directeur de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire Samira-Bellil &#224; l'&#206;le-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et porte-parole du syndicat SNUipp-FSU 93. Quelle &#233;tait la situation de l'&#233;cole primaire juste avant le d&#233;but de la pand&#233;mie ? &#171; La sp&#233;cificit&#233; du premier degr&#233;, c'est que nous avons une totale libert&#233; en termes de choix des m&#233;thodes d'apprentissage &#8211; d'o&#249; par exemple les r&#233;guliers d&#233;bats m&#233;diatiques autour de l'enseignement de la lecture. &#192; son arriv&#233;e au minist&#232;re de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;188 (juin 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Elzazimut" rel="tag"&gt;Elzazimut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sanitaire" rel="tag"&gt;sanitaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Blanquer" rel="tag"&gt;Blanquer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/protocole-sanitaire" rel="tag"&gt;protocole sanitaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole" rel="tag"&gt;l'&#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Education-nationale" rel="tag"&gt;l'&#201;ducation nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ecoles" rel="tag"&gt;&#233;coles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/protocole" rel="tag"&gt;protocole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parents" rel="tag"&gt;parents&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Karim Bacha, directeur de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire Samira-Bellil &#224; l'&#206;le-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et porte-parole du syndicat SNUipp-FSU 93.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3363 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH287/-1550-57309.jpg?1783018703' width='500' height='287' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Elzazimut
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle &#233;tait la situation de l'&#233;cole primaire juste avant le d&#233;but de la pand&#233;mie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La sp&#233;cificit&#233; du premier degr&#233;, c'est que nous avons une totale libert&#233; en termes de choix des m&#233;thodes d'apprentissage &#8211; d'o&#249; par exemple les r&#233;guliers d&#233;bats m&#233;diatiques autour de l'enseignement de la lecture. &#192; son arriv&#233;e au minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale, Jean-Michel Blanquer a tout de suite d&#233;nonc&#233; cette particularit&#233; p&#233;dagogique comme &#8220;une anomalie&#8221;, arguant que si un enfant ne suivait pas certaines m&#233;thodes &#233;ducatives qu'il consid&#232;re comme les seules l&#233;gitimes, il y avait, dixit, &#8220;&lt;i&gt;non-assistance &#224; &#233;l&#232;ve en danger&lt;/i&gt;&#8221;. Une de ses obsessions est le recentrage sur les &#8220;fondamentaux&#8221;, c'est-&#224;-dire nous contraindre &#224; ne faire quasiment que des maths et du fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de sa nomination au minist&#232;re, Blanquer assure qu'il est juste pragmatique. Avec l'aval du conseil scientifique de l'&#201;ducation nationale, il impose des protocoles d'apprentissage tr&#232;s norm&#233;s &#224; coups de grandes &#233;valuations nationales, qui ne sont en r&#233;alit&#233; que des tests de laboratoire g&#233;ants offerts &#224; des entreprises priv&#233;es afin de v&#233;rifier et justifier scientifiquement leurs pratiques d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon &#233;cole, cela a des r&#233;percussions violentes car on oblige soudain aux quatre professeurs de CP d'appliquer b&#234;tement des protocoles &#233;ducatifs et d'&#233;valuation tr&#232;s stricts au d&#233;triment de leur libert&#233; p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En deux ans, les r&#233;formes Blanquer ont &#233;t&#233; un v&#233;ritable rouleau compresseur pour toutes les &#233;coles avec des cons&#233;quences terribles en termes de souffrance au travail. Le suicide en octobre dernier de Christine Renon, directrice d'&#233;cole maternelle &#224; Pantin (Seine-Saint-Denis), a &#233;t&#233; v&#233;cu comme un choc par nos coll&#232;gues.Tous les enseignants du d&#233;partement se sont retrouv&#233;s dans sa lettre o&#249; elle d&#233;non&#231;ait ses conditions de travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est pass&#233;e la fermeture de ton &#233;tablissement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La fermeture a &#233;t&#233; extr&#234;mement brutale. Alors que la pand&#233;mie commen&#231;ait &#224; prendre de l'ampleur, Blanquer a d&#233;clar&#233; le jeudi 12 mars que les &#233;coles n'avaient pas vocation &#224; fermer. L'information a tourn&#233; en boucle toute la journ&#233;e avant que Macron ne prenne la parole le m&#234;me soir &#224; 20 heures. L&#224;, le pr&#233;sident l&#226;che que toutes les &#233;coles seront ferm&#233;es jusqu'&#224; nouvel ordre d&#232;s le lundi. Cela a &#233;t&#233; un coup de massue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain s'annon&#231;ait soudain &#234;tre le dernier jour de cours. Comment faire ? Que dire aux parents d'&#233;l&#232;ves ? Comment les pr&#233;venir ? Les coll&#232;gues ont donn&#233; vendredi quelques devoirs dans la pr&#233;cipitation, histoire de tenir une semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, Blanquer ass&#233;nait dans tous les m&#233;dias que l'&#233;cole &#233;tait pr&#234;te, que gr&#226;ce aux outils num&#233;riques tout allait se passer pour le mieux et que les enseignants feraient un suivi individualis&#233; des &#233;l&#232;ves &#224; distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces cours via le num&#233;rique se sont vite av&#233;r&#233;s inadapt&#233;s &#224; la r&#233;alit&#233; de nos quartiers et les outils p&#233;dagogiques que nous avons re&#231;us du Centre national d'enseignement &#224; distance sont des pav&#233;s compl&#232;tement indigestes pour nos &#233;l&#232;ves. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;As-tu pu mettre en place une &#171; continuit&#233; p&#233;dagogique &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous &#233;tions vraiment tr&#232;s loin de la classe virtuelle. La r&#233;alit&#233; sociale &#224; l'&#206;le-Saint-Denis, c'est un seul smartphone par famille avec plusieurs enfants. C'est impossible de travailler avec &#231;a mais on peut tout de m&#234;me passer un appel ou &#233;changer via Whatsapp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les parents ont des bo&#238;tes mail pour P&#244;le Emploi ou la Caf &lt;i&gt;[Caisse d'allocations familiales]&lt;/i&gt;, ils n'ont cependant pas la culture de l'&#233;change par courrier &#233;lectronique. Les professeurs ont pris un temps fou rien que pour apprendre par t&#233;l&#233;phone aux parents &#224; envoyer une pi&#232;ce jointe ou &#224; ne pas &#233;crire l'ensemble du mail dans l'objet...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanquer a toujours vant&#233; le num&#233;rique sous pr&#233;texte de lutter contre les in&#233;galit&#233;s sociales. Et les entreprises priv&#233;es qui bossent avec l'&#201;ducation nationale comme Agir pour l'&#233;cole &#8211; officine proche de l'Institut Montaigne, &lt;i&gt;think tank&lt;/i&gt; du patronat fran&#231;ais &#8211; distribuent &#224; tout va des tablettes dans les quartiers. Mais on aura beau outiller toutes les familles, si tu n'as pas les pratiques, ce n'est que du vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions donc dans du bricolage total, en sachant que le t&#233;l&#233;phone est vite devenu intrusif dans le quotidien des professeurs et des parents d'&#233;l&#232;ves car nous recevions des appels t&#233;l&#233;phoniques &#224; n'importe quelle heure et le week-end. &#192; ce moment-l&#224;, m&#234;me les parents les plus vindicatifs en termes de continuit&#233; p&#233;dagogique se sont vite rendu compte que l'&#233;cole, c'est avant tout un groupe d'enfants en interaction sociale avec un professeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au syndicat, notre discours a &#233;t&#233; alors de dire que l'urgence &#233;tait sanitaire et pas scolaire. En effet, Blanquer martelait sans cesse dans les m&#233;dias que l'&#233;cole devait continuer malgr&#233; tout. Comme les familles populaires sont tr&#232;s respectueuses de l'institution scolaire, elles &#233;taient paniqu&#233;es et nous avons pass&#233; un mois &#224; les rassurer en tentant de faire cours avec les moyens du bord. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est d&#233;roul&#233;e la reprise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lors du discours de Macron du 13 avril dernier, la date du 11 mai tombe. Sans concertation, ni pr&#233;paration. D&#232;s lors, nous avons &#233;t&#233; obs&#233;d&#233;s chaque jour par la question sanitaire : comment rouvrir l'&#233;cole ? Quel va &#234;tre le protocole sanitaire ? Pourra-t-on l'appliquer ? Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, ce n'est pas l'&#233;cole qui a rouvert mais un accueil &#233;ducatif. Le protocole sanitaire est arriv&#233; tard et est tr&#232;s drastique. Et comme la mairie de l'&#206;le-Saint-Denis manque de moyens, les quelques agents de propret&#233; municipaux disponibles ne peuvent nettoyer que la moiti&#233; de l'&#233;cole&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'aspect mat&#233;riel (locaux, entretien...) de l'enseignement primaire est une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Concr&#232;tement, aujourd'hui je peux accueillir 49 enfants qui viennent deux ou quatre jours par semaine et je me retrouve &#224; enseigner devant des enfants que je ne connais pas car issus de classes tenues par d'autres profs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une mani&#232;re insidieuse pour Blanquer de nous mettre dans la position d'&#234;tre enseignant pour des enfants lambda et non plus pour un groupe d'&#233;l&#232;ves qu'on suit toute l'ann&#233;e. Si la pand&#233;mie se prolonge, on va assister &#224; la fin des classes et &#224; l'individualisation de l'enseignement. Un peu comme on voit aujourd'hui en classe de premi&#232;re : les lyc&#233;ens se font leur enseignement &#224; la carte, comme un sandwich Subway, et les professeurs n'ont plus de classe homog&#232;ne mais des individus qui ont choisi leurs options... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui sont les enfants qui ont actuellement repris le chemin de l'&#233;cole ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En Seine-Saint-Denis, ce sont principalement les enfants des familles les plus ais&#233;es qui sont revenus, les fils et filles des start-uppeurs du d&#233;partement. Ils ont pu se confiner ailleurs ou plus confortablement, sont plus conscients des risques du virus, savent que leurs enfants sont asymptomatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A contrario&lt;/i&gt;, les familles populaires continuent &#224; avoir tr&#232;s peur du Covid-19 car elles ont &#233;t&#233; au plus pr&#232;s des victimes : elles ont par exemple eu des proches qui travaillaient au Carrefour de Saint-Denis o&#249; des salari&#233;s sont tr&#232;s t&#244;t morts du Covid-19, d'autres ont vu en bas de leur immeuble des corps repartir au bled sous des draps blancs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment vois-tu la poursuite de la r&#233;ouverture des &#233;coles avec le d&#233;confinement g&#233;n&#233;ralis&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les annonces de la deuxi&#232;me phase de d&#233;confinement fin mai ne changent quasiment rien pour nous. Nous esp&#233;rions un assouplissement du protocole sanitaire pour pouvoir accueillir plus d'enfants et &#234;tre moins renferm&#233;s sur le sanitaire. En attendant, les questions p&#233;dagogiques commencent &#224; surgir : alors que le gouvernement se targuait de rouvrir les &#233;coles pour &#8220;imp&#233;ratif social&#8221;, nous n'avons toujours pas vu les &#233;l&#232;ves d&#233;crocheurs ou certains issus de milieux plus modestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le protocole sanitaire, nous avons &#233;galement re&#231;u des recommandations p&#233;dagogiques ultra pr&#233;cises et dirig&#233;es. Cela va jusqu'&#224; des &lt;i&gt;verbatim &lt;/i&gt;de ce que doit dire l'enseignant en cours. Les coll&#232;gues n'ont plus aucune identit&#233; professionnelle et sont appr&#233;hend&#233;s comme des robots qui doivent appliquer froidement des m&#233;thodes d'apprentissage &#224; des &#233;l&#232;ves individualis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes virtuelles et le protocole sanitaire ont &#233;t&#233; en quelque sorte un cheval de Troie pour acc&#233;l&#233;rer le projet de Blanquer pour l'&#233;cole. Pour revenir &#224; ce que je disais au d&#233;part, il consid&#232;re le premier degr&#233; comme une anomalie. Et c'est dingue de voir comment, apr&#232;s une pand&#233;mie et avoir &#233;t&#233; maintes fois d&#233;savou&#233; par Macron, il arrive &#224; retomber ses ses pattes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Micka&#235;l Correia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'aspect mat&#233;riel (locaux, entretien...) de l'enseignement primaire est une comp&#233;tence des communes. En Seine-Saint-Denis, de nombreuses municipalit&#233;s ont d&#233;cid&#233; de rouvrir les &#233;coles plus tard, voire de reporter la reprise &#224; septembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cha&#239;ma, d&#233;log&#233;e puis menac&#233;e de mort</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Chaima-delogee-puis-menacee-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Chaima-delogee-puis-menacee-de</guid>
		<dc:date>2019-12-11T15:55:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Isnard-Dupuy</dc:creator>


		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>Cha&#239;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Legendarme</dc:subject>
		<dc:subject>Cha&#239;ma Belkhiria</dc:subject>
		<dc:subject>br&#251;ler Cha&#239;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Marseillais</dc:subject>
		<dc:subject>Capelette</dc:subject>
		<dc:subject>menaces</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Parce qu'elle d&#233;nonce l'insalubrit&#233; de son logement, dont elle a re&#231;u le plafond sur la figure, Cha&#239;ma Belkhiria est menac&#233;e de mort, de viol et agress&#233;e. De qui viennent ces pressions ? R&#233;guli&#232;rement, Maia, 7 ans, se confie &#224; sa m&#232;re : &#171; Quand je pars &#224; l'&#233;cole, j'ai peur que tu ne reviennes pas vivante &#224; la maison. &#187; &#192; l'&#233;cole, la petite n'y va plus tous les jours, depuis que sa maman et le reste de la famille font l'objet de menaces de mort. Ceux qui s'en prennent &#224; Cha&#239;ma Belkhiria, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no182-decembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;182 (d&#233;cembre 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pierre" rel="tag"&gt;Pierre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole" rel="tag"&gt;l'&#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chaima" rel="tag"&gt;Cha&#239;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pierre-Legendarme" rel="tag"&gt;Pierre Legendarme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chaima-Belkhiria" rel="tag"&gt;Cha&#239;ma Belkhiria&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bruler-Chaima" rel="tag"&gt;br&#251;ler Cha&#239;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseillais" rel="tag"&gt;Marseillais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Capelette" rel="tag"&gt;Capelette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/menaces" rel="tag"&gt;menaces&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parce qu'elle d&#233;nonce l'insalubrit&#233; de son logement, dont elle a re&#231;u le plafond sur la figure, Cha&#239;ma Belkhiria est menac&#233;e de mort, de viol et agress&#233;e. De qui viennent ces pressions ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;R&lt;/span&gt;&#233;guli&#232;rement, Maia, 7 ans, se confie &#224; sa m&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Quand je pars &#224; l'&#233;cole, j'ai peur que tu ne reviennes pas vivante &#224; la maison.&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'&#233;cole, la petite n'y va plus tous les jours, depuis que sa maman et le reste de la famille font l'objet de menaces de mort. Ceux qui s'en prennent &#224; Cha&#239;ma Belkhiria, 41 ans, veulent la contraindre &#224; ne plus d&#233;noncer sa situation de victime du mal-logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cha&#239;ma et sa famille font partie des pr&#232;s de 4 000 Marseillais &#233;vacu&#233;s en catastrophe de leur appartement, dans la foul&#233;e de l'effondrement de deux immeubles de la rue d'Aubagne, ayant caus&#233; huit morts le 5 novembre 2018. Le 9 d&#233;cembre 2018, Cha&#239;ma faisait la cuisine dans son appartement du 289 de l'avenue de la Capelette (10&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement), quand le plafond lui est tomb&#233; dessus.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On viendra te br&#251;ler, toi et tes enfants &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme trop de Marseillais, Cha&#239;ma, son oncle de 75 ans, son fils de 17 ans et Maia ont d'abord &#233;t&#233; h&#233;berg&#233;s &#224; l'h&#244;tel, avant d'obtenir un appartement provisoire. Au printemps, les services de la mairie ont lev&#233; l'arr&#234;t&#233; de p&#233;ril de l'immeuble de l'avenue de la Capelette, alors que les indispensables travaux de r&#233;habilitation n'avaient pas &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s. Le 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; avril, refusant de r&#233;int&#233;grer leurs logements, Cha&#239;ma et une de ses voisines d&#233;butent une gr&#232;ve de la faim. Cha&#239;ma tiendra 68 jours, &#224; l'issue desquels, consid&#233;rablement affaiblie, elle aura perdu une vingtaine de kilos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'elle d&#233;nonce sa situation dans la presse, des menaces de mort et de viol r&#233;currentes arrivent sur sa messagerie vocale. Par exemple le 6 avril : &#171; &lt;i&gt;On viendra te br&#251;ler, toi et tes enfants, la sale Arabe. Si on perd notre logement, c'est &#224; cause de toi, hein, sale pute&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; &#192; d'autres occasions, on l'accuse d'avoir &#233;t&#233; pay&#233;e par des journalistes et on lui ordonne de donner l'argent ainsi gagn&#233; au pr&#233;sident du syndic de son immeuble. Dans d'autres messages, on lui propose 15 000 &#8364; en &#233;change de son silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 avril, alors qu'elle se rend au 289 de l'avenue de la Capelette avec des journalistes, son avocate et la d&#233;put&#233;e LREM Alexandra Louis venue s'enqu&#233;rir de sa situation, Cha&#239;ma est violemment agress&#233;e par une voisine. Trois jours plus tard, la m&#234;me voisine, Rachida K., laisse Cha&#239;ma pour morte sur le trottoir. Le parquet ne retiendra que la premi&#232;re agression, qu'il d&#233;f&#232;re devant le tribunal de police, comme s'il s'agissait d'une vulgaire querelle de voisinage &#8211; le tribunal de police s'occupe des petites affaires relevant de la contravention ; les d&#233;lits, plus graves, sont jug&#233;s par le tribunal correctionnel. Les s&#233;quelles physiques dont souffre Cha&#239;ma, touch&#233;e &#224; l'&#339;il et &#224; la m&#226;choire, sont pourtant irr&#233;m&#233;diables.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une menace depuis une ligne t&#233;l&#233;phonique de la mairie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les mois suivants, d'autres menaces de Madame K. et de ses proches se produisent &#224; l'encontre de la famille Belkhiria. &#192; chaque fois, Cha&#239;ma porte plainte. Le 14 octobre, l'agresseuse est condamn&#233;e pour son premier m&#233;fait &#224; 1 000 &#8364; d'amende avec sursis et 800 &#8364; de dommage moral. &#192; la sortie de l'audience, dans le couloir, &#171; &lt;i&gt;Madame K. et sa fille ont hurl&#233; en disant qu'elles allaient br&#251;ler Cha&#239;ma et sa famille&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Pierre Legendarme, psychanalyste et pr&#233;sident de l'association Sant&#233; Sans Fronti&#232;re, qui soutient la d&#233;log&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; novembre, une nouvelle menace t&#233;l&#233;phonique, &#233;trange : &#171; &lt;i&gt;Si tu refuses les 15 000 &#8364;, on va envoyer ton fils en Syrie, on va venir te violer et te tuer&lt;/i&gt; &#187;, dit une voix d'homme. Lorsque l'on rappelle le num&#233;ro, c'est le standard de la ville de Marseille qui r&#233;pond. Est-ce le fait de quelqu'un qui a acc&#232;s &#224; une ligne t&#233;l&#233;phonique municipale ? un piratage informatique ? Pour l'heure, le myst&#232;re reste entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle fois, Cha&#239;ma part porter plainte au commissariat du 10&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, cette fois-ci accompagn&#233;e de Pierre Legendarme. Alors qu'elle retourne au guichet d'accueil pour demander quand elle sera re&#231;ue, un agent surgit et lui intime de partir. Il lui fait une cl&#233; de bras en lui donnant des coups aux tibias. &#171; &lt;i&gt;Il me prend par le bras avec une grosse haine&lt;/i&gt; &#187;, se souvient-elle. Pierre Legendarme crie qu'ils porteront plainte pour violence. Le bruit de la pagaille fait descendre le commissaire, qui d&#233;cide de recevoir Cha&#239;ma dans son bureau afin qu'elle d&#233;pose sa plainte. Selon M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &#201;ric M&#233;ry, l'avocat de Cha&#239;ma, Rachida K. aurait finalement &#233;t&#233; plac&#233;e sous contr&#244;le judiciaire en novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses questions restent sans r&#233;ponse. Comment expliquer cette longue apathie polici&#232;re et judiciaire ? Qu'est-ce qui motive la violence de Rachida K. ? une peur sinc&#232;re de perdre son logement ? une personne tierce ? Qui sont les auteurs des menaces ? Des marchands de sommeil ? &#171; &lt;i&gt;Moi tout ce que je demande, c'est d'avoir mes droits, d'avoir la paix&lt;/i&gt; &#187;, dit Cha&#239;ma, qui n'oublie pas le sort des milliers de Marseillais d&#233;log&#233;s. Et de tacler plus g&#233;n&#233;ralement les responsables politiques de la crise du logement &#224; Marseille : &#171; &lt;i&gt;Pour eux, on n'est pas des humains. De Macron jusqu'&#224; la mairie : ils sont en train de nous enterrer vivants&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pierre Isnard-Dupuy (Collectif Presse-Papiers)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dans l'&#233;ducation nationale, silence on meurt</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dans-l-education-nationale-silence</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Dans-l-education-nationale-silence</guid>
		<dc:date>2019-11-30T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Loez</dc:creator>


		<dc:subject>Gautier Ducatez</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>Blanquer</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>Christine Renon</dc:subject>
		<dc:subject>Christine</dc:subject>
		<dc:subject>Renon</dc:subject>
		<dc:subject>enseignant</dc:subject>
		<dc:subject>Pantin</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole M&#233;hul</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le suicide de la directrice d'&#233;cole Christine Renon a &#233;t&#233; un triste r&#233;v&#233;lateur des conditions de travail difficiles des enseignants. Mais leur hi&#233;rarchie botte en touche. Le week-end des 21 et 22 septembre, Christine Renon, 58 ans, enseignante chevronn&#233;e et directrice de l'&#233;cole maternelle M&#233;hul &#224; Pantin (Seine-Saint-Denis) depuis plusieurs ann&#233;es, d&#233;cide de mettre fin &#224; ses jours au sein de l'&#233;cole. Comme pour marquer les lieux de son sacrifice. Car son geste n'est pas qu'un acte de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gautier-Ducatez" rel="tag"&gt;Gautier Ducatez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Blanquer" rel="tag"&gt;Blanquer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole" rel="tag"&gt;l'&#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Christine-Renon" rel="tag"&gt;Christine Renon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Christine" rel="tag"&gt;Christine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Renon" rel="tag"&gt;Renon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enseignant" rel="tag"&gt;enseignant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pantin" rel="tag"&gt;Pantin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole-Mehul" rel="tag"&gt;l'&#233;cole M&#233;hul&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le suicide de la directrice d'&#233;cole Christine Renon a &#233;t&#233; un triste r&#233;v&#233;lateur des conditions de travail difficiles des enseignants. Mais leur hi&#233;rarchie botte en touche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH524/-1361-4a6f1.jpg?1782645543' width='400' height='524' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Gautier Ducatez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e week-end des 21 et 22 septembre, Christine Renon, 58 ans, enseignante chevronn&#233;e et directrice de l'&#233;cole maternelle M&#233;hul &#224; Pantin (Seine-Saint-Denis) depuis plusieurs ann&#233;es, d&#233;cide de mettre fin &#224; ses jours au sein de l'&#233;cole. Comme pour marquer les lieux de son sacrifice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car son geste n'est pas qu'un acte de d&#233;sespoir, c'est surtout un geste politique. Avant de se jeter dans le vide, celle qui est d&#233;crite par toutes et tous comme une figure du quartier, une femme de conviction &#171; &lt;i&gt;solide comme un roc&lt;/i&gt; &#187;, a pris le soin d'adresser un courrier&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette lettre est consultable &#224; l'adresse suivante : www.cafepedagogique.net/lexp&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#224; son inspecteur et aux autres directrices et directeurs de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, je me suis r&#233;veill&#233;e &#233;pouvantablement fatigu&#233;e, &#233;puis&#233;e apr&#232;s seulement trois semaines de rentr&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, commence-t-elle, avant de d&#233;noncer sa charge de travail grandissante, le manque de moyens, les rythmes scolaires qui ne respectent pas le rythme des enfants et qui surchargent les enseignant&#8226;es, les pressions et l'absence de soutien de la hi&#233;rarchie. Face &#224; tout cela, dit-elle, &#171; &lt;i&gt;les directeurs sont seuls&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je remercie l'institution de ne pas salir mon nom&lt;/i&gt; &#187;, conclut-elle en une ultime demande, pr&#233;monitoire. Car &#224; peine l'administration apprend-elle le suicide et l'existence des lettres, qu'elle fait tout pour emp&#234;cher la diffusion de celles-ci en enjoignant aux destinataires de les remettre &#224; la police, tentant de les museler en faisant appel &#224; l'article 1 de la r&#233;cente loi Blanquer qui permet de punir les personnels qui l'ouvriraient trop. Par contre, rien n'est fait pour prendre en charge les coll&#232;gues de Christine, durement &#233;branl&#233;s par la nouvelle, les parents choqu&#233;s et les &#233;l&#232;ves d&#233;sempar&#233;s. Elles et ils sont laiss&#233;&#8226;es seul&#8226;es face &#224; leur deuil, &#224; se demander comment annoncer la nouvelle aux enfants. La hi&#233;rarchie acad&#233;mique pousse tout le monde &#224; reprendre un fonctionnement &#171; normal &#187; au plus vite &#8211; circulez, y a rien &#224; voir. Il faut attendre plusieurs jours pour que le ministre Jean-Michel Blanquer se fende d'un tweet dans lequel il ne cite m&#234;me pas le nom de Christine Renon. Il ira ensuite accuser les journalistes du malaise des enseignant&#8226;es&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Blanquer aimerait que les journalistes arr&#234;tent d'amplifier le malaise des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi suivant la mort de l'enseignante, pr&#232;s de 500 personnes, &#233;motion &#224; fleur de peau, se rassemblent devant l'&#233;cole M&#233;hul pour rendre hommage &#224; Christine, mais aussi dire leur col&#232;re et leurs interrogations face &#224; la situation. Le 3 octobre, jour o&#249; l'intersyndicale au grand complet a obtenu la tenue d'un CHSCT-D (Comit&#233; d'hygi&#232;ne, de s&#233;curit&#233; et des conditions de travail d&#233;partemental) extraordinaire, plus de 200 &#233;coles sont ferm&#233;es dans le d&#233;partement, avec 65 % de gr&#233;vistes selon les syndicats. &#192; Bobigny, pr&#232;s de 3 000 enseignant&#8226;es se rassemblent sous les fen&#234;tres de la Direction des services d&#233;partementaux de l'&#201;ducation nationale (DSDEN) pour dire leur d&#233;sarroi, leur col&#232;re, attendant une r&#233;ponse de l'institution aux questions soulev&#233;es par Christine Renon dans sa lettre. Un slogan prend de l'ampleur et s'&#233;l&#232;ve jusqu'au sixi&#232;me &#233;tage : &#171; &lt;i&gt;Blanquer d&#233;mission&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le &#187; new management &#187; tue&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le CHSCT dure plusieurs heures. &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas sourd ni aveugle&lt;/i&gt; &#187;, y aurait dit le Directeur acad&#233;mique de Seine-Saint-Denis, Antoine Chaleix. Mais s' ils promettent la stabilisation du poste d'inspecteur sur Pantin, les chefaillons de l'institution rejettent en bloc toute responsabilit&#233; de celle-ci dans la d&#233;gradation des conditions de travail qui ont pouss&#233; Christine Renon au suicide, se d&#233;faussant sur le minist&#232;re, sur la ville de Pantin... &#171; &lt;i&gt;2 h&lt;/i&gt; &lt;i&gt;30 de CHSCT-D pour rien&lt;/i&gt; &#187; d&#233;noncent les syndicats dans leur compte-rendu. Par contre, les pontes de l'&#233;ducation nationale en profitent pour ressortir un vieux projet de refonte des &#233;coles primaires, abandonn&#233; quelques mois plus t&#244;t devant la lev&#233;e de boucliers des enseignant&#8226;es du premier degr&#233;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agirait de regrouper plusieurs &#233;coles et de doter le directeur de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un acte de m&#233;pris de plus de la part de ceux qui mettent en &#339;uvre depuis des ann&#233;es la casse du service public d'&#233;ducation, qui nient la souffrance des personnels et dont les m&#233;thodes de &lt;i&gt;new management&lt;/i&gt; tuent : r&#233;formes qui s'encha&#238;nent, multiplication des injonctions et des t&#226;ches administratives chronophages, pressions hi&#233;rarchiques, absence d'&#233;coute, d&#233;cisions unilat&#233;rales, d&#233;shumanisation des proc&#233;dures avec un usage accru du num&#233;rique dans des &#233;coles sous-&#233;quip&#233;es, recours massif &#224; des contractuels pr&#233;caires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour que Christine Renon, un enseignant de SVT de Nice, Fr&#233;d&#233;ric Boul&#233;, &#226;g&#233; &#233;galement de 58 ans, mettait lui aussi fin &#224; ses jours, une semaine apr&#232;s avoir consult&#233; la m&#233;decine du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que r&#233;pondre aux interrogations des personnels de l'&#201;ducation sur leur souffrance et la d&#233;gradation de leurs conditions de travail, Blanquer a d&#233;ploy&#233; ses &#233;crans de fum&#233;e &#224; tour de m&#233;dias, usant et abusant d'une rh&#233;torique sexiste et islamophobe, appelant &#224; d&#233;noncer les enfants qui pr&#233;senteraient des signes de &#171; &lt;i&gt;radicalisation&lt;/i&gt; &#187; et s'en prenant aux m&#232;res qui portent le foulard &#8211; &#171; &lt;i&gt;Le voile n'est pas souhaitable dans notre soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Sacr&#233;e diversion ; l'extr&#234;me droite elle-m&#234;me n'en demandait pas tant...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Loez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette lettre est consultable &#224; l'adresse suivante : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/docsjoints/renon.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/docsjoints/renon.pdf&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/direct/element/blanquer-aimerait-que-les-journalistes-arretent-damplifier-le-malaise-des-services-publics_103445/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Blanquer aimerait que les journalistes arr&#234;tent d'amplifier le malaise des services publics&lt;/a&gt; &#187;, site de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (03/10/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il s'agirait de regrouper plusieurs &#233;coles et de doter le directeur de l'ensemble d'un statut de sup&#233;rieur hi&#233;rarchique des enseignants. C'est une l&#233;g&#232;re variation d'un projet port&#233; un temps par la loi Blanquer promulgu&#233;e cet &#233;t&#233;, mais finalement abandonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;tranger, l'art &#231;a se paye !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Etranger-l-art-ca-se-paye</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Etranger-l-art-ca-se-paye</guid>
		<dc:date>2019-03-05T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas de La Casini&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;tudiants</dc:subject>
		<dc:subject>plaque chauffante</dc:subject>
		<dc:subject>banderole clamant</dc:subject>
		<dc:subject>galettes fument</dc:subject>
		<dc:subject>Ignor&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Guin&#233;en Na&#239;ny</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;n&#233;galais Brahim</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En novembre, le gouvernement a annonc&#233; pour la rentr&#233;e prochaine une forte hausse des frais d'inscription &#224; l'universit&#233; pour les &#233;tudiants extra-europ&#233;ens. Aux Beaux-Arts de Nantes, ce &#171; tri s&#233;lectif &#187; a &#233;t&#233; mis en place d&#232;s septembre. Et il ne passe pas. Sur une plaque chauffante, des galettes fument dans le hall sous une banderole clamant &#171; Ignor&#233;e, donc r&#233;volt&#233;e, voici la jeunesse &#187;. Lyc&#233;ens et Gilets jaunes sont l&#224;, &#233;tudiants de la fac aussi. Faut pas chercher d'&#233;tudiant africain aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no172-janvier-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;172 (janvier 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole" rel="tag"&gt;l'&#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etudiants" rel="tag"&gt;&#233;tudiants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plaque-chauffante" rel="tag"&gt;plaque chauffante&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/banderole-clamant" rel="tag"&gt;banderole clamant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/galettes-fument" rel="tag"&gt;galettes fument&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ignoree" rel="tag"&gt;Ignor&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Guineen-Nainy" rel="tag"&gt;Guin&#233;en Na&#239;ny&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Senegalais-Brahim" rel="tag"&gt;S&#233;n&#233;galais Brahim&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En novembre, le gouvernement a annonc&#233; pour la rentr&#233;e prochaine une forte hausse des frais d'inscription &#224; l'universit&#233; pour les &#233;tudiants extra-europ&#233;ens. Aux Beaux-Arts de Nantes, ce &#171; tri s&#233;lectif &#187; a &#233;t&#233; mis en place d&#232;s septembre. Et il ne passe pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;ur une plaque chauffante, des galettes fument dans le hall sous une banderole clamant &#171; &lt;i&gt; Ignor&#233;e, donc r&#233;volt&#233;e, voici la jeunesse&lt;/i&gt; &#187;. Lyc&#233;ens et Gilets jaunes sont l&#224;, &#233;tudiants de la fac aussi. Faut pas chercher d'&#233;tudiant africain aux Beaux-Arts, y en a pas. Mais ceux de la fac, le Guin&#233;en Na&#239;ny, le S&#233;n&#233;galais Brahim, sont venus d&#233;noncer la &#171; &lt;i&gt;s&#233;lection par le ch&#233;quier et la nationalit&#233;, non par le dossier ou les projets&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;le contr&#244;le des flux migratoires par cette logique financi&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. En Guin&#233;e, le Smic est &#224; 42 euros. Avec les hausses annonc&#233;es par le Premier ministre, l'inscription &#224; la fac co&#251;tera l'an prochain 2 770 &#8364; en licence, soit 65 fois ce salaire minimum. En master (3 770 &#8364;), presque 90 fois...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 d&#233;cembre, quand il apprend que ses &#233;tudiants ont convi&#233; lyc&#233;ens et Gilets jaunes &#8211; quelle horreur ! &#8211;, Pierre-Jean Galdin, directeur de l'&#233;cole des Beaux-Arts de Nantes, annule son conseil d'administration et ferme l'&#233;tablissement. Il s'&#233;vite ainsi la quinzaine de peu esth&#233;tiques cars de flics promis par le pr&#233;fet. Par crainte d'une contamination, il octroie un jour de cong&#233; au personnel administratif, aux techniciens et aux profs, ne conservant sur place que les agents de s&#233;curit&#233;. La faute &#224; sa belle id&#233;e de hausse des tarifs d'inscription, entr&#233;e en vigueur en septembre dernier, et cr&#233;ant trois cat&#233;gories : France, Europe et au-del&#224;. Et Nantes devint l'&#233;cole publique d'art la plus ch&#232;re de France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la rentr&#233;e, les &#233;tudiants fran&#231;ais n'ont subi que 3,45 % de malus, pour un total de 600 &#8364; &#224; l'ann&#233;e. Mais c'est 200 % d'augmentation pour les &#233;trangers d'Europe. Et 300 % pour les &#171; non-ressortissants &#187;, ceux et celles qui ont le tort d'&#234;tre d'une nationalit&#233; hors Union europ&#233;enne : 1 200 &#8364; par an en licence, 1 800 &#8364; en master. Les Beaux-Arts ne relevant pas de l'universit&#233;, l'explosion des droits d'entr&#233;e n'est m&#234;me pas coordonn&#233;e avec les facs. Si Olivier Laboux, pr&#233;sident de l'universit&#233; nantaise, s'affirme publiquement oppos&#233; &#224; la hausse des frais de scolarit&#233; pour les &#233;trangers, aux Beaux-Arts, o&#249; il si&#232;ge comme administrateur, il a valid&#233; sans broncher la sanction financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; La porte ouverte &#224; la logique ultralib&#233;rale &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole vante ses trois campus annexes &#8211; &#224; Dakar, S&#233;oul et dans le d&#233;sert du Texas &#8211;, et m&#232;ne le programme de recherche &#171; &lt;i&gt;Penser depuis la fronti&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, qui se demande &#171; &lt;i&gt;quels dialogues entretenons-nous avec les outils des intellectuels des Suds ?&lt;/i&gt; &#187; On s'y goberge aussi sur les &#171; &lt;i&gt; circulations et migrations des id&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. Le ronflant dispositif p&#233;dagogique se r&#233;clame du philosophe italien Sandro Mezzadra, sp&#233;cialiste des immigrations, du post-colonialisme, du capitalisme contemporain, de l'op&#233;ra&#239;sme&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tendance marxiste italienne de l'ouvri&#233;risme.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ces frais d'inscription, c'est la porte ouverte &#224; la logique ultralib&#233;rale&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne John, ancien &#233;tudiant en art devenu enseignant en Angleterre, puis cofondateur du Laboratoire d'imagination insurrectionnelle&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif &#171; qui allie art et activisme &#187; : artlabo.org/0/ ?page_id=367&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et zadiste permanent : &#171; &lt;i&gt;Quand j'ai commenc&#233; &#224; l'&#233;cole d'art de Sheffield, tout &#233;tait gratuit, pas de frais d'inscription. Aujourd'hui, les &#233;tudiants payent 11 000 &#8364; par an et finissent leurs &#233;tudes angoiss&#233;s, avec de 30 000 &#224; 50 000 &#8364; de dettes... Pr&#232;s d'un tiers ont des probl&#232;mes de sant&#233; mentale.&lt;/i&gt; &#187; Ce qui m&#232;ne directement &#224; la logique de soumission &#224; l'&#233;conomie, conforme au march&#233; de l'art aseptis&#233;, sans transgression sociale ou politique, seul moyen de s'esp&#233;rer &lt;i&gt;bankable&lt;/i&gt; aux yeux d'investisseurs, institutions et autres riches collectionneurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inaugur&#233;e en novembre 2017, l'&#233;cole de Nantes, n&#233;e du d&#233;sir d'effectuer des &#171; &lt;i&gt; &#233;conomies d'&#233;chelle&lt;/i&gt; &#187; en regroupant plusieurs sites, pr&#233;tend incarner une &#171; &lt;i&gt;ouverture sur le monde&lt;/i&gt; &#187;. L'esprit est plut&#244;t &#224; la fermeture. Des badges exig&#233;s &#224; toutes les portes filtrent tout visiteur non agr&#233;&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour justifier ses nouveaux tarifs, le directeur se drape dans un euph&#233;misme officiel : &#171; &lt;i&gt; Prise en compte de la r&#233;alit&#233; des co&#251;ts p&#233;dagogiques &lt;/i&gt; &#187;, pour un co&#251;t &#171; &lt;i&gt; tr&#232;s faible par rapport &#224; la concurrence internationale&lt;/i&gt; &#187;, ajoute-t-il. Mais il est parfois plus cash : &#171; &lt;i&gt;Les &#233;tudiants &#233;trangers... On va se dire les choses, aujourd'hui pour les collectivit&#233;s, y a pas de fric.&lt;/i&gt; &#187; Mieux : gr&#226;ce &#224; ces tarifs dop&#233;s, ces &#233;trangers soutiendraient le projet international de l'&#233;cole, et contribueraient &#224; financer le surco&#251;t du nouveau b&#226;timent, notamment en s&#233;curit&#233; et gardiennage. Autre argument, les parents des non-Europ&#233;ens ne paient pas d'imp&#244;ts en France &#8211; un &#233;tudiant &#233;tranger paye pourtant taxe d'habitation, TVA... Dans une telle &#233;cole d'art, la pauvret&#233;, c'est une faute de go&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nicolas de la Casini&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tendance marxiste italienne de l'ouvri&#233;risme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Collectif &#171; &lt;i&gt;qui allie art et activisme&lt;/i&gt; &#187; : &lt;a href=&#034;http://artlabo.org/0/?page_id=367&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;artlabo.org/0/ ?page_id=367&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Peur sur l'&#233;cole : &#171; C'est un avertissement &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Peur-sur-l-ecole-C-est-un</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Peur-sur-l-ecole-C-est-un</guid>
		<dc:date>2018-08-18T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>enseignants</dc:subject>
		<dc:subject>Parisien</dc:subject>
		<dc:subject>assurance</dc:subject>
		<dc:subject>MAIF</dc:subject>
		<dc:subject>Offre</dc:subject>
		<dc:subject>Offre M&#233;tiers</dc:subject>
		<dc:subject>Gary M&#233;naudau</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans la presse, le coll&#232;ge est pr&#233;sent&#233; comme un lieu de violence, les maternelles comme des cibles. Illustration avec Le Parisien et l'assurance OME de la MAIF. Le saviez-vous ? La France avait peur avant les attentats du 13 novembre 2015, notamment gr&#226;ce &#224; la savante mise en sc&#232;ne du Parisien. Dans son &#233;dition du 12 octobre, il nous informe que les enseignants souscrivent de plus en plus &#171; une assurance particuli&#232;re &#187; contre les violences faites aux hussards noirs de la R&#233;publique. &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no140-fevrier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;140 (f&#233;vrier 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole" rel="tag"&gt;l'&#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enseignants" rel="tag"&gt;enseignants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parisien" rel="tag"&gt;Parisien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/assurance" rel="tag"&gt;assurance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/MAIF" rel="tag"&gt;MAIF&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Offre" rel="tag"&gt;Offre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Offre-Metiers" rel="tag"&gt;Offre M&#233;tiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gary-Menaudau" rel="tag"&gt;Gary M&#233;naudau&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la presse, le coll&#232;ge est pr&#233;sent&#233; comme un lieu de violence, les maternelles comme des cibles. Illustration avec &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; et l'assurance OME de la MAIF.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le saviez-vous ? La France avait peur avant les attentats du 13 novembre 2015, notamment gr&#226;ce &#224; la savante &lt;a href=&#034;http://m.leparisien.fr/societe/insultes-menaces-plus-d-un-prof-sur-deux-s-assure-contre-les-agressions-12-10-2015-5177483.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mise en sc&#232;ne du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Dans son &#233;dition du 12 octobre, il nous informe que les enseignants souscrivent de plus en plus &#171; &lt;i&gt;une assurance particuli&#232;re&lt;/i&gt; &#187; contre les violences faites aux hussards noirs de la R&#233;publique. &#171; &lt;i&gt; Insultes, menaces, plus d'un professeur sur deux s'assure contre les agressions.&lt;/i&gt; &#187; Diffamation, r&#233;putation mise &#224; mal sur Facebook, etc., d&#233;sormais il y a une garantie contre tout &#231;a !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la MAIF, assurance majoritaire chez les personnels de l'&#201;ducation nationale, propose le contrat OME (Offre M&#233;tiers de l'&#201;ducation) pour deux euros par mois. C'est cool la MAIF et comme c'est mon assurance, on est sympa avec moi, j'ai rapidement la personne cit&#233;e dans l'article du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt;. En &#233;coutant mon interlocuteur, on comprend rapidement l'enflure m&#233;diatique du propos. &#171; &lt;i&gt;Il y a vingt ans, on consid&#233;rait l'&#233;cole comme un lieu de paix&lt;/i&gt; &#187;, m'explique Gary M&#233;naudau. Rackets, bandes, tout cela &#233;tait d&#233;nonc&#233; par les m&#234;mes ap&#244;tres de la s&#233;curit&#233; avant que les &#233;tablissements scolaires ne soient un concentr&#233; de violence, un p&#233;ril jeune. Le sanctuaire de l'&#233;cole est une fausse id&#233;e. Pourquoi l'&#233;cole serait hors de la soci&#233;t&#233; et de la famille ? Comment la violence ou la mis&#232;re familiale pourrait-elle rester &#224; la porte de l'&#233;cole ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le papier du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; cite la Seine-Saint-Denis, taux de pauvret&#233; sup&#233;rieure &#224; 20&#8202;%, c'est que l'on y envoie souvent les enseignants pour leur premier poste. Leur profil ? Tr&#232;s jeunes, provinciaux et na&#239;fs. Arriv&#233;s l&#224;, ils sont confront&#233;s aux &#171; affreux, sales et m&#233;chants &#187; du regrett&#233; Ettore Scola, second&#233;s par les rel&#233;gu&#233;s de &#171; &lt;i&gt;l'apartheid social&lt;/i&gt; &#187; du regrettable Valls et renforc&#233;s par les &#171; &lt;i&gt;barbares&lt;/i&gt; &#187; djihadistes de Hollande, remplissant toutes les tours, &#224; Aulnay comme &#224; Saint-Denis.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2103 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L354xH500/gif-ce7af.gif?1782643808' width='354' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'assurance OME : &#171; &lt;i&gt;Tous la voient comme l'arme de d&#233;fense indispensable des enseignants attaqu&#233;s par un &#233;l&#232;ve ou un parent&lt;/i&gt; &#187;, annonce fi&#232;rement &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;. Le vocabulaire guerrier est &#233;videmment outrancier dans ces propos, mais c'est d&#233;sormais la mode dans les m&#233;dias que de d&#233;truire patiemment l&#8216;&#233;cole publique en la d&#233;crivant comme le lieu privil&#233;gi&#233; de la violence&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le film de Gilles Balbastre, Un cas d'&#233;cole. Nada productions. 2015&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Gilles Balbastre a remont&#233; le fil des &#233;v&#233;nements m&#233;diatiques en interrogeant les enseignants d'un coll&#232;ge class&#233; en &#233;ducation prioritaire, o&#249; une &#233;l&#232;ve s'est suicid&#233;e en 2012. Mensonges, montages et r&#233;cits cousus de fil blanc avec interviews au ras du trottoir furent le quotidien m&#233;diatique de cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La moiti&#233; des professeurs ne souscrit donc pas &#224; cette offre pour ce que veut nous vendre &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, mais parce qu'elle est une offre globale. &#171; La r&#233;v&#233;lation &#187; du journal prolonge l'&#233;ventail de la propagande s&#233;curitaire des m&#233;dias. Et fournit en prime une d&#233;fiance envers un &#201;tat qui ne d&#233;fend &#233;videmment pas ses ouailles contre les parents d'&#233;l&#232;ves agressifs et leurs m&#244;mes d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s. Les parents flipp&#233;s se tournent vers le priv&#233;, r&#233;put&#233; plus encadr&#233; et surtout exempt de mouvements de gr&#232;ve. Mais l'assurance &#171; sans gr&#232;ve &#187; n'existe pas encore. Ce sera bient&#244;t au programme des socialistes, sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 d&#233;cembre 2015, rebelote, les doutes du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; sont confirm&#233;s par un fait divers dans une &#233;cole maternelle. Un enseignant y a &#233;t&#233; la victime d'un agresseur arm&#233; d'un cutter, au cri de : &#171; &lt;i&gt;C'est Daech, cela ne fait que commencer, c'est un avertissement&lt;/i&gt;. &#187; Les journaux ont alors expliqu&#233; que Daech en voulait aux enseignants, fatwatis&#233;s &#171; ennemis d'Allah &#187;. La ministre de l'&#201;ducation s'est empress&#233;e de prendre des mesures avant m&#234;me que l'enqu&#234;te ne soit boucl&#233;e. Dans le m&#234;me temps, la nouvelle patronne de l'Ile-de-France, Val&#233;rie P&#233;cresse, annonce qu'elle va d&#233;bloquer des fonds pour s&#233;curiser les lyc&#233;es. Priorit&#233; absolue pour &#233;viter les intrusions dans les &#233;tablissements. Des sanctuaires doivent na&#238;tre partout.
Le mensonge est d&#233;mont&#233; le lendemain apr&#232;s interrogatoire de l'enseignant qui a tout invent&#233;. Un peu comme &lt;i&gt;Le Parisien.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le film de Gilles Balbastre, &lt;i&gt;Un cas d'&#233;cole&lt;/i&gt;. Nada productions. 2015&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Migrants : &#171; Se couper d'une langue, c'est amputer un bout de soi &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Migrants-Se-couper-d-une-langue-c</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Migrants-Se-couper-d-une-langue-c</guid>
		<dc:date>2018-06-14T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Morceaux vol&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>fran&#231;ais</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>parents</dc:subject>
		<dc:subject>langue</dc:subject>
		<dc:subject>langues</dc:subject>
		<dc:subject>parler</dc:subject>
		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>parle</dc:subject>
		<dc:subject>parle fran&#231;ais</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le cadre d'un atelier radiophonique organis&#233; dans un coll&#232;ge marseillais, adultes enseignant.e.s et ados primo-arrivant.e.s ont retrac&#233; leurs biographies langagi&#232;res. La petite s&#233;lection qui suit t&#233;moigne de l'importance des langues dans la construction de la personne, dans ses relations aux autres et au monde. Travailler en tant qu'enseignante de fran&#231;ais en &#171; classe d'accueil &#187; dans un coll&#232;ge implique de c&#244;toyer des jeunes d'&#226;ges et d'origines vari&#233;s qui viennent d'arriver en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no145-juillet-aout-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;145 (juillet-ao&#251;t 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Morceaux-voles" rel="tag"&gt;Morceaux vol&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/francais" rel="tag"&gt;fran&#231;ais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole" rel="tag"&gt;l'&#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parents" rel="tag"&gt;parents&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/langue" rel="tag"&gt;langue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/langues" rel="tag"&gt;langues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parler" rel="tag"&gt;parler&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury-5008" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parle" rel="tag"&gt;parle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parle-francais" rel="tag"&gt;parle fran&#231;ais&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre d'un atelier radiophonique organis&#233; dans un coll&#232;ge marseillais, adultes enseignant.e.s et ados primo-arrivant.e.s ont retrac&#233; leurs biographies langagi&#232;res. La petite s&#233;lection qui suit t&#233;moigne de l'importance des langues dans la construction de la personne, dans ses relations aux autres et au monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2449 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH474/-715-1247c.jpg?1782645639' width='400' height='474' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Travailler en tant qu'enseignante de fran&#231;ais en &#171; classe d'accueil &#187; dans un coll&#232;ge implique de c&#244;toyer des jeunes d'&#226;ges et d'origines vari&#233;s qui viennent d'arriver en France. Leur point commun est qu'ils sont &#171; allophones&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Allophone &#187; d&#233;signe quelqu'un qui a une autre langue maternelle que le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; et que l'&#233;cole r&#233;publicaine leur permet d'apprendre le fran&#231;ais dans un dispositif particulier en leur donnant un an (seulement) pour &#171; ma&#238;triser &#187; une langue &#224; l'orthographe complexe et peu logique, puisqu'ils &#233;volueront ensuite dans un syst&#232;me scolaire qui &#233;value principalement &#224; l'&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'entends dire en conseil de classe, &#171; &lt;i&gt;elle est nulle, on devrait l'envoyer en fili&#232;re professionnelle, l&#224; o&#249; il y aura de la place&lt;/i&gt; &#187;, &#224; propos d'une jeune qui conna&#238;t trois langues &#224; l'&#233;crit dans trois alphabets diff&#233;rents, deux autres &#224; l'oral et qui est en cours d'apprentissage du fran&#231;ais, c'est rude. Si la m&#234;me jeune avait, dans son r&#233;pertoire linguistique, autant de langues valoris&#233;es par le syst&#232;me scolaire (anglais, allemand, espagnol, italien, mandarin), je doute que les remarques soient les m&#234;mes. De la m&#234;me mani&#232;re, &#224; l'&#233;cole, on encourage encore bien souvent les parents anglophones &#224; parler anglais avec leurs enfants, tandis que les parents locuteurs de langues minor&#233;es (arabe, turc, swahili, shimaor&#233;, etc&#8230;) sont somm&#233;s de parler fran&#231;ais &#224; la maison. Onze ans apr&#232;s le rapport x&#233;nophobe du d&#233;put&#233; UMP B&#233;nisti&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;dig&#233; en 2004 par la Commission pr&#233;vention du groupe d'&#233;tudes parlementaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, lequel &#233;tablissait, dans un contexte sarkozien de lutte contre la d&#233;linquance d&#232;s le berceau, un lien entre le bilinguisme des enfants de migrants et leur potentielle dangerosit&#233; sociale tout en demandant aux enseignant&#183;e&#183;s d'intervenir afin que les parents cessent de parler &#224; leurs enfants autrement qu'en fran&#231;ais, rien n'a v&#233;ritablement chang&#233; &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christine Karmann&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2451 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH495/-717-572e5.jpg?1782639244' width='400' height='495' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mohamed, 15 ans&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis n&#233; au Maroc, j'ai grandi &#224; Barcelone et je suis venu en France cette ann&#233;e. Ma premi&#232;re langue &#233;tait le berb&#232;re marocain, puis le castillan. &#192; la maison je parle berb&#232;re avec mes parents, castillan avec mes fr&#232;res et parfois avec mon p&#232;re. Mes parents parlent castillan, berb&#232;re et arabe. J'ai appris le catalan &#224; l'&#233;cole &#224; Barcelone. Puis l'anglais. J'apprends maintenant le fran&#231;ais et l'anglais &#224; l'&#233;cole. J'aime bien l'anglais, je voudrais aller vivre &#224; Londres plus tard. J'aime bien &#233;couter le comorien, mais je ne comprends rien. Le berb&#232;re c'est comme le chinois, c'est difficile &#224; comprendre pour ceux qui connaissent pas ; je ne le parle pas dans la rue, je parle plut&#244;t espagnol. Mes parents parlent l'arabe, mais &#231;a m'int&#233;resse pas trop d'apprendre l'arabe, je pr&#233;f&#232;re l'anglais. Il y a des personnes qui se moquent de moi quand je parle fran&#231;ais, mais je leur dis &#8220;&lt;i&gt;Vas-y, parle espagnol !&lt;/i&gt;&#8221; [&#8230;] Ils ne sont pas int&#233;ressants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Christine, 39 ans, enseignante en classe d'accueil&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2450 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH345/-716-49a9f.jpg?1782645639' width='400' height='345' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai grandi en Moselle, dans un village frontalier avec l'Allemagne. Mes parents parlent tous deux le francique rh&#233;nan du Saargeminnerland, transmis depuis des g&#233;n&#233;rations dans les familles. En 1945, le fran&#231;ais est devenue la langue unique et obligatoire (apr&#232;s 5 ans d'occupation et l'allemand standard comme langue unique). Mes parents ont d&#233;couvert le fran&#231;ais &#224; l'&#233;cole, ce qui n'a pas &#233;t&#233; sans violence. Ils ont par la suite tacitement &#8211; de m&#234;me que quasi tous les parents de leur g&#233;n&#233;ration &#8211;, &#233;lev&#233; leurs enfants en fran&#231;ais, afin de ne pas nous p&#233;naliser &#224; l'&#233;cole ; leur repr&#233;sentation du francique est celle d'un patois sans valeur qu'il n'&#233;tait pas n&#233;cessaire de transmettre car il ne nous servirait &#224; rien. Apr&#232;s avoir appris le fran&#231;ais, on m'a vite pouss&#233;e &#224; &#233;tudier l'allemand standard puis l'anglais, l'espagnol. Le fran&#231;ais et l'allemand standard &#233;taient l&#233;gitimes, le francique parl&#233; depuis des g&#233;n&#233;rations, plus du tout. Petite, je parlais avec un accent lorrain prononc&#233;. &#192; l'adolescence, apr&#232;s des remarques m&#233;prisantes sur notre accent lorsqu'on sortait de Moselle, j'en ai eu honte et fait des efforts pour parler fran&#231;ais comme &#224; la t&#233;l&#233;. J'ai perdu mon accent, et je dois aujourd'hui le singer pour le retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai commenc&#233; &#224; prendre conscience de tout cela lorsque je suis all&#233;e vivre quelques ann&#233;es en Polyn&#233;sie, et que j'entendais souvent dire &#171; &lt;i&gt;J'ai honte de parler, je parle mal fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;. &#192; 20 000 km de mon village natal, je retrouvais cette m&#234;me politique d'assimilation linguistique qui a fait croire aux personnes qu'elles ne sont pas en mesure de s'exprimer en fran&#231;ais, ni m&#234;me en tahitien. Dans mon entourage, que ce soit en Lorraine ou en Polyn&#233;sie, combien de fois ai-je entendu dire &#171; &lt;i&gt;Je parle trop mal pour pouvoir dire en public ce que je pense&lt;/i&gt; &#187;. Comme Philippe Blanchet, je crois que &#231;a doit bien arranger les gouvernants : un peuple muet est un peuple qui ne se r&#233;volte pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 8 ans, j'enseigne le fran&#231;ais en classe d'accueil. J'essaie de rendre toutes les langues de la classe visibles, de les l&#233;gitimer. J'aime bien le concept d'hospitalit&#233; langagi&#232;re, les langues sont inh&#233;rentes aux &#234;tres que nous sommes, se couper d'une langue c'est amputer un bout de soi. Un copain amput&#233; d'un bras disait que ce bras continuait &#224; le faire souffrir bien apr&#232;s l'op&#233;ration. De la m&#234;me mani&#232;re, j'ai mal &#224; la langue qu'on ne m'a pas transmise, mais qui fait partie de moi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Fatima, 14 ans&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je parle l'arabe alg&#233;rien depuis mon enfance. J'ai appris un peu de fran&#231;ais en Alg&#233;rie, et beaucoup depuis la rentr&#233;e ; maintenant je comprends bien, mais &#233;crire c'est trop difficile. &#192; la maison on parle surtout en arabe avec la famille. Au coll&#232;ge je parle fran&#231;ais dans presque tous les cours. Dans la cour je parle arabe avec les copines qui parlent aussi l'arabe et fran&#231;ais avec les autres. J'ai d&#233;couvert l'allemand au coll&#232;ge, j'aime beaucoup cette langue. J'aimerais bien aller visiter l'Allemagne. Ma prof parle parfois en francique, j'aimerais bien apprendre cette langue plus tard, je trouve &#231;a joli. Je dois apprendre l'anglais au coll&#232;ge, et j'aime pas beaucoup, c'est trop bizarre &#224; prononcer. Personne ne me corrige quand je parle fran&#231;ais dans la rue, et quand je parle arabe, c'est pas g&#234;nant parce qu'il y a beaucoup d'Arabes &#224; Marseille. Parfois les gens se retournent dans la rue pour demander si je suis de Tlemcen, parce qu'ils ont reconnu mon parler. C'est dr&#244;le de trouver des gens qui reconnaissent ma ville juste en m'entendant. Des fois je parle en fran&#231;ais avec ma m&#232;re dans la rue, elle me r&#233;pond en arabe, et &#231;a m'&#233;nerve, elle pourrait essayer de r&#233;pondre en fran&#231;ais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2452 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH357/-718-ddc95.jpg?1782645639' width='400' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Aslan, 39 ans, intervenante atelier radio&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis n&#233;e en France, en Alsace. Ma premi&#232;re langue &#233;tait le turc. Ma m&#232;re venait d'un village voisin de celui de mon p&#232;re. J'avais et j'ai encore l'accent et les expressions du paysan turc d'Anatolie. L'apprentissage de la langue fran&#231;aise s'est fait &#224; partir du moment o&#249; je suis rentr&#233;e &#224; l'&#233;cole. De mes trois ans &#224; mes sept ans, je n'ai pas dit un mot en situation de scolarit&#233;. Je refusais de parler dans l'institution scolaire, j'&#233;tais vraiment muette, mais en dehors, je restais sur la langue turque avec le fran&#231;ais qui s'y m&#234;lait petit &#224; petit pour ensuite ne parler exclusivement plus que le fran&#231;ais. Ceci dit, je restais sur l'usage du turc quand je m'adressais aux parents et aux adultes de ma famille qui ne s'exprimaient qu'en cette langue. Dans mon quartier, j'ai v&#233;cu au milieu de plusieurs langues parl&#233;es par des personnes, adultes et enfants, issus de cultures multiples. On peut d'une certaine mani&#232;re parler d'une masse d'&#233;trangers dans un quartier o&#249; la langue dominante, le fran&#231;ais, &#233;tait minoritaire. C'est &#224; partir du moment o&#249; j'ai acc&#233;d&#233; au lyc&#233;e g&#233;n&#233;ral que j'ai compris ma diff&#233;rence au niveau de la langue fran&#231;aise. J'avais donc plusieurs niveaux de langues : le turc, le fran&#231;ais de mon quartier (avec une note de cr&#233;olisation) et le fran&#231;ais. Je n'ai ni l'accent alsacien, ni l'accent turc lorsque je parle fran&#231;ais, et je pense que l'&#233;cole et la t&#233;l&#233;vision ont bien influenc&#233; ma prononciation. Il m'arrive encore aujourd'hui de recevoir des remarques de certaines personnes s'&#233;tonnant de me voir parler un fran&#231;ais correct et sans accent alors que j'ai grandi dans une cit&#233; et que je n'ai eu comme langue familiale que le turc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La bio langagi&#232;re&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2453 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH788/-719-d54c0.jpg?1782645639' width='400' height='788' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La biographie langagi&#232;re est une t&#226;che narrative consistant &#224; raconter sa vie en lien avec les langues. Elle est propos&#233;e en formation d'enseignant&#183;e&#183;s de langue, et parfois dans des dispositifs d'apprentissage linguistique destin&#233;s aux adultes migrant&#183;e&#183;s et aux enfants. La consigne invite &#224; utiliser le &#171; je &#187;, donc &#224; se dire, &#224; r&#233;v&#233;ler un bout de son histoire et &#224; op&#233;rer un retour sur soi pour raconter comment les langues de son r&#233;pertoire linguistique ont &#233;t&#233; apprises, qu'elles soient parl&#233;es ou seulement comprises. La mise en perspective suscit&#233;e par la r&#233;daction de sa biographie langagi&#232;re am&#232;ne les scripteur&#183;e&#183;s &#224; prendre plus de distance vis-&#224;-vis de leurs repr&#233;sentations des langues et &#224; saisir de fa&#231;on plus profonde les liens entre langues et estime de soi, langues et construction de soi, langues et identit&#233;s, langues et savoirs, langues et soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;St&#233;phanie Clerc Conan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Morceaux vol&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; La langue populaire, se pla&#238;t-on &#224; r&#233;p&#233;ter, ignore l'abstraction, ridiculise les grands sentiments, rabaisse tout ce qui est noble, tout ce qui est pur, tout ce qui est beau. &#8220;Le peuple est incapable d'admirer la Grandeur ; il rit de ce qu'il ne comprend pas, de ce qui le d&#233;passe&#8230;&#8221; Oui sans doute, il en rit. Pr&#233;f&#232;rerait-on qu'il en pleur&#226;t ? Ou que, las d'en faire les frais, il ne se mit en col&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en fait, ce bon peuple ne fait en se comportant ainsi que rendre la monnaie de la pi&#232;ce &#224; une haute soci&#233;t&#233; qui, de tout temps, a su inventer pour le d&#233;signer des &#233;pith&#232;tes aussi flatteuses que &#8220;populace&#8221;, &#8220;racaille&#8221;, &#8220;canaille&#8221;, &#8220;lie&#8221;, &#8220;tourbe&#8221;, &#8220;boue&#8221;, &#8220;fange&#8221;&#8230; pour ne citer que les moins m&#233;prisantes ! [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la langue populaire qui corrompt le sens des mots : ce sont les mots eux-m&#234;mes qui, &#224; l'usage, perdent peu &#224; peu leur signification premi&#232;re. A mesure qu'ils s'enrichissent de nouvelles acceptions, leur sens originel s'estompe, se dilue&#8230; puis passe dans d'autres mots, des mots tout neufs, qui conna&#238;tront plus tard le m&#234;me sort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Robert Edouard, &lt;i&gt;Dictionnaire des injures&lt;/i&gt;, Tchou &#233;diteur, 1973.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2448 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH559/-714-54490.jpg?1782645639' width='400' height='559' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elles disent, malheureuse, ils t'ont chass&#233;e du monde des signes, et cependant ils t'ont donn&#233; des noms, ils t'ont appel&#233;e esclave, toi malheureuse esclave. Comme des ma&#238;tres ils ont exerc&#233; leur droit de ma&#238;tre. Ils &#233;crivent de ce droit de donner des noms qu'il va si loin que l'on peut consid&#233;rer l'origine du langage comme un acte d'autorit&#233; &#233;manant de ceux qui dominent. Ainsi ils disent qu'ils ont dit, ceci est telle ou telle chose, ils ont attach&#233; &#224; un objet et &#224; un fait tel vocable et par l&#224; ils se les sont pour ainsi dire appropri&#233;s. Elles disent, ce faisant ils ont gueul&#233; hurl&#233; de toutes leurs forces pour te r&#233;duire au silence. Elles disent, le langage que tu parles t'empoisonne la glotte la langue le palais les l&#232;vres. Elles disent le langage que tu parles est fait de mots qui te tuent. Elles disent, le langage que tu parles est fait de signes qui &#224; proprement parler d&#233;signent ce qu'ils se sont appropri&#233;s. Ce sur quoi ils n'ont pas mis la main, ce sur quoi ils n'ont pas fondu comme des rapaces aux yeux multiples, cela n'appara&#238;t pas dans le langage que tu parles. Cela se manifeste juste dans l'intervalle que les ma&#238;tres n'ont pas pu combler avec leurs mots de propri&#233;taires et de possesseurs, cela peut se chercher dans la lacune, dans tout ce qui n'est pas la continuit&#233; de leurs discours, dans le z&#233;ro, le O, le cercle parfait que tu inventes pour les emprisonner et pour les vaincre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monique Wittig, &lt;i&gt;Les Gu&#233;rill&#232;res&lt;/i&gt;, &#201;ditions de Minuit, 1969.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Allophone &#187; d&#233;signe quelqu'un qui a une autre langue maternelle que le fran&#231;ais (ou la langue du pays d'accueil).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;dig&#233; en 2004 par la Commission pr&#233;vention du groupe d'&#233;tudes parlementaire sur la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enfants &#224; la rue, profs sur le pont</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Enfants-a-la-rue-profs-sur-le-pont</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Enfants-a-la-rue-profs-sur-le-pont</guid>
		<dc:date>2018-04-17T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margo Chou</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>famille</dc:subject>
		<dc:subject>enfants</dc:subject>
		<dc:subject>familles</dc:subject>
		<dc:subject>mai</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>parents</dc:subject>
		<dc:subject>Panier</dc:subject>
		<dc:subject>instits</dc:subject>
		<dc:subject>Accoules</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce mercredi 10 mai 2017, rendez-vous est donn&#233; &#224; l'&#233;cole primaire des Accoules, situ&#233;e dans le quartier du Panier, &#224; Marseille. Laurent fait le portier. C'est l'un des huit instits de l'&#233;tablissement. On entre dans le b&#226;timent class&#233; monument historique. Escalier en large colima&#231;on, hauteur incroyable et odeur de grillades. On arrive sous le pr&#233;au. Au service ce midi, instits et parents d'&#233;l&#232;ves : saucisses, quiches familiales et sodas. Les enfants en furie piaillent de partout. Ambiance (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no155-juin-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;155 (juin 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/famille" rel="tag"&gt;famille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/familles" rel="tag"&gt;familles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mai" rel="tag"&gt;mai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole" rel="tag"&gt;l'&#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parents" rel="tag"&gt;parents&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Panier" rel="tag"&gt;Panier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/instits" rel="tag"&gt;instits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Accoules" rel="tag"&gt;Accoules&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce mercredi 10 mai 2017, rendez-vous est donn&#233; &#224; l'&#233;cole primaire des Accoules, situ&#233;e dans le quartier du Panier, &#224; Marseille. Laurent fait le portier. C'est l'un des huit instits de l'&#233;tablissement. On entre dans le b&#226;timent class&#233; monument historique. Escalier en large colima&#231;on, hauteur incroyable et odeur de grillades. On arrive sous le pr&#233;au. Au service ce midi, instits et parents d'&#233;l&#232;ves : saucisses, quiches familiales et sodas. Les enfants en furie piaillent de partout. Ambiance champ&#234;tre de fin d'ann&#233;e scolaire. Une conf&#233;rence de presse est annonc&#233;e, les m&#233;dias locaux sont l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux semaines, trois enfants roms scolaris&#233;s ici, membres d'une m&#234;me famille, &#233;taient expuls&#233;s de leur squat rue Fl&#233;gier. En l'apprenant, la directrice de l'&#233;cole, Corine Lefort, d&#233;cidait de pousser une gueulante et de m&#233;diatiser l'histoire. Et d'annoncer gaillardement qu'en l'absence de d&#233;cision pr&#233;fectorale pour reloger la famille, elle ouvrirait une salle de classe pour lui offrir un toit. &#171; &lt;i&gt;On a vu les enfants arriver &#224; l'&#233;cole, le visage tr&#232;s fatigu&#233; ; c'est comme &#231;a qu'on a appris qu'ils avaient &#233;t&#233; expuls&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; C'&#233;tait juste apr&#232;s le 31 mars et la fin de la tr&#234;ve hivernale. &#199;a ne loupe jamais : chaque ann&#233;e, la p&#233;riode voit les expulsions s'encha&#238;ner. Vider les squats sans offrir d'autre perspective que la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Accoules, enseignants, parents, anciens parents d'&#233;l&#232;ves et commer&#231;ants se sont organis&#233;s &#8211; caisse de solidarit&#233;, repas et concert de soutien. Leur urgence : que la famille soit log&#233;e ! L'argent r&#233;colt&#233; a permis de payer quelques nuits d'h&#244;tel, avant que les soutiens ne d&#233;gottent un petit appartement. Deuxi&#232;me urgence : en appeler aux diff&#233;rents services institutionnels (Ville, pr&#233;fecture et inspection acad&#233;mique). En vain. Seule r&#233;ponse, celle du Samu social, qui a propos&#233; un quota de dix jours d'h&#233;bergement &#8211; rien de plus. En contactant &#224; r&#233;p&#233;tition le 115, le collectif a appris que la famille avait &#233;puis&#233; &#171; &lt;i&gt;ses droits&lt;/i&gt; &#187; au logement. &#171; &lt;i&gt;Et puis, &#224; Marseille, il n'y a pas de centre d'h&#233;bergement pour familles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce midi, des instits des &#233;coles primaires avoisinantes sont pr&#233;sentes. R&#233;guli&#232;rement confront&#233;es au m&#234;me probl&#232;me, elles &#233;changent entre elles au quotidien. &#171; &lt;i&gt;Quand on scolarise les enfants d'une m&#234;me famille, on se tient au courant.&lt;/i&gt; &#187; Parmi elles, Marie, directrice &#224; mi-temps de l'&#233;cole Parmentier de Belsunce &#8211; 30 ans qu'elle y enseigne. Elle fait partie du R&#233;seau &#233;ducation sans fronti&#232;res depuis sa cr&#233;ation en 2004. Pour Marie, impossible de rester insensible quand disparaissent des &#233;l&#232;ves qu'elle accompagne depuis des mois. &#171; &lt;i&gt;C'est toujours angoissant quand on voit qu'un enfant ne vient plus. Parfois, il dispara&#238;t totalement ; parfois aussi, il finit par revenir, les traits tir&#233;s, et on apprend qu'il dort dans une voiture&#8230; On ne peut pas laisser faire &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces &#233;coles, il y a un mouvement permanent. &#171; &lt;i&gt;Cette ann&#233;e, 40 enfants sont partis, tandis que trente autres ont &#233;t&#233; inscrits en cours d'ann&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; C'est qu'au fil du temps, certaines familles quittent le centre-ville pour habiter ailleurs &#8211; soit parce qu'elles le peuvent, soit par obligation. Quant &#224; la plupart des r&#233;inscriptions, elles sont fragiles et concernent des demandeurs d'asile. Les instits font tout pour nouer un lien pr&#233;cieux avec ces familles, afin de r&#233;agir vite en cas de r&#233;ponse n&#233;gative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, la situation a empir&#233; : les demandeurs d'asile sont de plus en plus nombreux. Avant, quand les familles recevaient une Obligation de quitter le territoire fran&#231;ais, les &#233;coles parvenaient &#224; se mobiliser pour contraindre la pr&#233;fecture &#224; r&#233;viser les dossiers. Aujourd'hui, c'est devenu presque impossible &#8211; le temps du soutien est consacr&#233; aux n&#233;cessit&#233;s vitales : se loger et manger.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les br&#232;ves du n&#176;162</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-breves-du-no162</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Les-breves-du-no162</guid>
		<dc:date>2018-03-16T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Chien m&#233;chant</dc:subject>
		<dc:subject>En bref</dc:subject>
		<dc:subject>Soulci&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Aurel</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>chasse</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>pr&#233;sident</dc:subject>
		<dc:subject>Fake news</dc:subject>
		<dc:subject>chasses pr&#233;sidentielles</dc:subject>
		<dc:subject>chasses</dc:subject>
		<dc:subject>Fake</dc:subject>
		<dc:subject>news</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;dacteur</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chasse ton pr&#233;sident Voil&#224; : la boucle est boucl&#233;e. Apr&#232;s la chasse aux &#233;lecteurs, la chasses aux pauvres et la chasse aux migrants, Macron a annonc&#233; vouloir r&#233;tablir cette chouette tradition des chasses pr&#233;sidentielles. Soit, si on a bien compris : la chasse au pr&#233;sident. Belle initiative. Une question nous taraude, cependant : c'est o&#249; qu'on s'inscrit ? R&#233;forme du bac : &#233;preuve de g&#233;o &#192; partir des &#233;l&#233;ment suivants &#8211; pollution g&#233;n&#233;ralis&#233;e des nappes phr&#233;atiques du fait de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no162-fevrier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;162 (f&#233;vrier 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chien-mechant-7" rel="tag"&gt;Chien m&#233;chant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/En-bref" rel="tag"&gt;En bref&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Soulcie-34" rel="tag"&gt;Soulci&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aurel" rel="tag"&gt;Aurel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chasse" rel="tag"&gt;chasse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole" rel="tag"&gt;l'&#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/president" rel="tag"&gt;pr&#233;sident&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fake-news" rel="tag"&gt;Fake news&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chasses-presidentielles" rel="tag"&gt;chasses pr&#233;sidentielles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chasses" rel="tag"&gt;chasses&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fake" rel="tag"&gt;Fake&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/news" rel="tag"&gt;news&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/redacteur" rel="tag"&gt;r&#233;dacteur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Chasse ton pr&#233;sident&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; : la boucle est boucl&#233;e. Apr&#232;s la chasse aux &#233;lecteurs, la chasses aux pauvres et la chasse aux migrants, Macron a annonc&#233; vouloir r&#233;tablir cette chouette tradition des chasses pr&#233;sidentielles. Soit, si on a bien compris : la chasse au pr&#233;sident. Belle initiative. Une question nous taraude, cependant : c'est o&#249; qu'on s'inscrit ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;forme du bac : &#233;preuve de g&#233;o&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des &#233;l&#233;ment suivants &#8211; pollution g&#233;n&#233;ralis&#233;e des nappes phr&#233;atiques du fait de l'exploitation des gaz de schiste, d&#233;vastation des for&#234;ts par des incendies infernaux, multiplication des tueries de masse -, saurez-vous placer ce &#171; pays de merde &#187; sur la carte du monde ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Fake news&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait encore au moins quatre personnes au PS, toutes candidates au poste de chef des derniers pachydermes. Probablement une rumeur sans fondement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2215 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH441/-488-89561.jpg?1782646030' width='400' height='441' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Soulci&#233;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Vivre de sa plume en 2018&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur le site Slate, l'article &#171; Dans la t&#234;te d'un r&#233;dacteur de &lt;i&gt;fake news&lt;/i&gt; &#187; (mis en ligne le 26 janvier) d&#233;crit la vie d'un jeune &#233;tudiant britannique pr&#233;caire, pas sp&#233;cialement r&#233;ac, devenu par hasard r&#233;dacteur sur les forums Internet de &lt;i&gt;fake news&lt;/i&gt; r&#233;mun&#233;r&#233;es pour le compte de partisans de l'alt-right am&#233;ricaine. Il y fait notamment la promotion des armes &#224; feu&#8230; sans rien conna&#238;tre aux flingues. Un (sale) boulot qui rapporte : &#171; &lt;i&gt; De 20 dollars pour 1 000 mots, il est bient&#244;t pass&#233; &#224; 60, le site g&#233;n&#233;rant de plus en plus d'audience, et d'argent. Pour quinze heures de travail par semaine, il gagne aujourd'hui l'&#233;quivalent de 2 400 &#163; par mois (environ 2 745 &#8364;)&#8230;&lt;/i&gt; &#187; C'est l&#224; que l'int&#232;gre et vertueux r&#233;dacteur de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, pay&#233; &#224; peine des clopinettes depuis tant d'ann&#233;es, se dit que le combat pour la V&#233;rit&#233; et le Bien n'est pas gagn&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Business Pin&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ils ont de la chance, les &#233;tudiants du campus de Luminy, &#224; Marseille : leur fac se trouve au c&#339;ur du Parc national des Calanques, &#224; deux pas de la mer. L'endroit r&#234;v&#233;. Que l'&#233;cole de management priv&#233;e Kedge Business School se pique de g&#226;cher pour agrandir ses immondes locaux formatant les futurs soldats du d&#233;sastre &#233;conomique. Elle a ainsi d&#233;cid&#233; d'abattre pr&#232;s de 300 pins d'Alep (dont des centenaires) et d'araser 11 000 m&#232;tres carr&#233;s de bois et de garrigue. Alors que les incendies sont en passe de d&#233;sertifier toutes les environs de la ville, ni la municipalit&#233; ni la pr&#233;fecture n'y ont trouv&#233; &#224; redire. Le pr&#233;fet a m&#234;me exempt&#233; l'&#233;cole d'&#233;tude d'impact ! &#192; quand une Zad-les-Pins ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Police partout... partout !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Christian Estrosi, le maire de Nice veut placer un flic municipal (non arm&#233;) dans chaque &#233;cole de sa riante ville car... &#231;a pourrait servir en cas d'intrusion (de qui, pourquoi, comment ? Myst&#232;re et boule de gomme). Jean-Michel Blanquer, ministre de l'&#201;ducation nationale, lui a donn&#233; son feu vert, en expliquant que &#231;a pourrait &#234;tre &#171; &lt;i&gt;une tr&#232;s bonne id&#233;e, y compris pour cette relation entre la police et la population qui doit toujours &#234;tre une bonne relation et qui peut passer par l'&#233;cole&lt;/i&gt; &#187; (sur France Inter le 28 janvier). Sans compter que ces uniformes pourront rep&#233;rer les &#233;l&#232;ves sans-papiers, les futurs islamo-gauchistes, les profs radicalis&#233;s et les voleurs de billes &#224; la recr&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Drame de la solitude &#224; Paris&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un vieux chien incontinent a &#233;t&#233; aper&#231;u Place Beauvau, se frottant de mani&#232;re ind&#233;cente &#224; tout ce qui porte un uniforme et mordant les mollets de tous ceux qui ont le teint un peu basan&#233;. Que fait V&#233;t&#233;rinaires sans fronti&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A Bordeaux &lt;i&gt;punk's not dead&lt;/i&gt; &lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2216 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH628/-489-db76c.jpg?1782654878' width='400' height='628' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Aurel.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;cole Montessori espionnait les anars !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-ecole-Montessori-espionnait-les</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/L-ecole-Montessori-espionnait-les</guid>
		<dc:date>2018-03-06T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>octobre</dc:subject>
		<dc:subject>juin dernier</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>dispositif</dc:subject>
		<dc:subject>Discordia</dc:subject>
		<dc:subject>Lilas</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;cole Montessori</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tablissement</dc:subject>
		<dc:subject>d'un immeuble</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans une indiff&#233;rence quasi g&#233;n&#233;rale, une biblioth&#232;que anarchiste est mise sous surveillance depuis les locaux d'une &#233;cole. La NSA ? Les services nord cor&#233;ens ? Le FSB russe ? Non pas, plut&#244;t de myst&#233;rieux barbouzes made in France aid&#233;s par des p&#233;dagogues bobos. Paris, 19e arrondissement, &#224; quelques pas de la porte des Lilas, la biblioth&#232;que La Discordia a ouvert ses portes en juin dernier (2015) au rez-de-chauss&#233;e d'un immeuble. Outre des brochures &#224; prix libre et quelques bouquins en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/octobre" rel="tag"&gt;octobre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/juin-dernier" rel="tag"&gt;juin dernier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ecole" rel="tag"&gt;l'&#233;cole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dispositif" rel="tag"&gt;dispositif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Discordia" rel="tag"&gt;Discordia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lilas" rel="tag"&gt;Lilas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ecole-Montessori" rel="tag"&gt;&#233;cole Montessori&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-etablissement" rel="tag"&gt;l'&#233;tablissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-immeuble" rel="tag"&gt;d'un immeuble&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans une indiff&#233;rence quasi g&#233;n&#233;rale, une biblioth&#232;que anarchiste est mise sous surveillance depuis les locaux d'une &#233;cole. La NSA ? Les services nord cor&#233;ens ? Le FSB russe ? Non pas, plut&#244;t de myst&#233;rieux barbouzes &lt;i&gt;made in France&lt;/i&gt; aid&#233;s par des p&#233;dagogues bobos.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paris, 19e arrondissement, &#224; quelques pas de la porte des Lilas, la biblioth&#232;que La &lt;a href=&#034;https://ladiscordia.noblogs.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discordia&lt;/a&gt; a ouvert ses portes en juin dernier (2015) au rez-de-chauss&#233;e d'un immeuble. Outre des brochures &#224; prix libre et quelques bouquins en pr&#234;t et consultation, le local propose r&#233;guli&#232;rement des discussions : &#171; Contre Syriza et son monde &#8211;&#8200;Contre toute autorit&#233; &#187;, &#171; Allende, ou comment la social-d&#233;mocratie chilienne a pr&#233;f&#233;r&#233; le putsch militaire &#224; la r&#233;volution &#187; ou encore &#171; Sociobiologie : quand la science justifie la domination sociale &#187;. On l'aura devin&#233;, le collectif qui tient la boutique n'est pas vraiment dans la ligne des Amis du Diplo, mais plut&#244;t dans une perspective anarchiste &#171; anti-organisatrice &#187;. Une permanence est ouverte aux gens du quartier, tous les lundis de 16 h &#224; 20 h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233; de la chauss&#233;e, se dresse un grand b&#226;timent abritant les 1 250&#8200;m2 de &#171; Plaisir d'enfance &#187;, une &#233;cole Montessori qui accueille plus d'une centaine de minots de 3 mois &#224; 11&#8200;ans, &#224; raison de plus de 600&#8200;euros par mois pour chaque enfant inscrit, dans une approche de p&#233;dagogie &#171; ouverte &#187; destin&#233;e &#171; &#224; favoriser l'autonomie de l'enfant &#187;, selon les principes &#233;labor&#233;s par la p&#233;dagogue italienne Maria Montessori au d&#233;but du XXe&#8200;si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH302/-438-79d13.jpg?1782664706' width='400' height='302' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'attention des membres de La Discordia a &#233;t&#233; attir&#233;e par une fen&#234;tre de l'&#233;cole, situ&#233;e au premier &#233;tage, et derri&#232;re laquelle ils soup&#231;onnaient un dispositif de surveillance. Le 6&#8200;octobre, apr&#232;s avoir obtenu un rendez-vous, certains se rendent dans l'&#233;tablissement. Dans un communiqu&#233; dat&#233; du 7 octobre, ils d&#233;crivent la sc&#232;ne : &#171; [La directrice de l'&#233;cole], &lt;i&gt;dans un premier temps, nie, mais accul&#233;e, elle finit par reconna&#238;tre (&#224; demi-mot) l'existence du dispositif dans son &#233;cole (et donc l'autorisation/collaboration de la direction). Apr&#232;s de longues &#8220;n&#233;gociations&#8221; avec elle et son sup&#233;rieur, et de lourds efforts de leur part de temporisation (pour pouvoir &#8220;appeler son contact&#8221;), nous finissons, apr&#232;s la sortie des classes, par obtenir l'acc&#232;s au cagibi. Prenant nos responsabilit&#233;s, nous d&#233;cidons rapidement de nous emparer du dispositif par la force.&lt;/i&gt; &#187; Dans une bo&#238;te en carton, ils trouvent &#171; &lt;i&gt;du mat&#233;riel technologique de pointe&lt;/i&gt; &#187;, branch&#233; sur les prises secteur de l'&#233;cole, d'une valeur comprise entre 4 000 et 6 000&#8200;euros. Le dispositif t&#233;l&#233;phonique avec carte SIM reli&#233;e au processeur de la cam&#233;ra, t&#233;l&#233;commandable &#224; distance, atteste que les all&#233;es et venues film&#233;es depuis ce fameux cagibi &#233;taient transmises en direct &#224; une &#171; &lt;i&gt;myst&#233;rieuse&lt;/i&gt; &#187; source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jointe par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; mais souhaitant garder l'anonymat, la personne au standard de l'&#233;cole nous r&#233;pond dans un premier temps que l'&#233;tablissement a d&#233;j&#224; tout dit &#224; &#173;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;. Dans l'article dat&#233; du 10&#8200;octobre, on lit que &#171; &lt;i&gt;d&#233;but juillet, deux individus de sexe masculin, se pr&#233;sentant comme des policiers en civil, se rendent &#224; l'&#233;cole, rue du Pr&#233;-Saint-Gervais&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;Les policiers ne laissent pas leur nom ni celui de leur service, mais un num&#233;ro de portable &#8220;en cas d'urgence&#8221;. Ils ne disent rien de l'enqu&#234;te qui les am&#232;ne et installent le dispositif dans le cagibi de l'&#233;cole&lt;/i&gt; &#187;. Au t&#233;l&#233;phone, l'employ&#233;e de l'&#233;tablissement, insiste sur le fait que le personnel, bien qu'inform&#233; de la pr&#233;sence du dispositif, &#171; &lt;i&gt;n'&#233;tait pas au courant de la cible&lt;/i&gt; &#187;. Elle affirme ne pas avoir eu souvenir de la pr&#233;sentation d'une commission rogatoire de la part des policiers. &#171; &lt;i&gt;Je pensais que c'&#233;tait pour filmer des dealers&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait l'un des professeurs &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, avant de reconna&#238;tre que, d'&#233;vidence, il s'agissait bien &#171; &lt;i&gt;de la surveillance politique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est bien connu, les dealers commencent par ouvrir des biblioth&#232;ques pour couvrir leurs activit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, commente ironiquement un visiteur, rencontr&#233; au local de La Discordia, le lundi 12&#8200;octobre. Ce jour-l&#224;, les membres du collectif avaient d&#233;cid&#233; d'afficher des tracts pour informer le voisinage, les salari&#233;s de l'&#233;cole et les parents d'&#233;l&#232;ves des curieuses pratiques d'espionnage que tol&#233;rait &#171; Plaisir d'enfance &#187; en son sein. &#192; la sortie des classes, une m&#232;re d'&#233;l&#232;ve, accompagn&#233;e de ses deux fils, vient leur apporter son soutien : &#171; &lt;i&gt;On n'imaginait pas &#231;a de la part d'une &#233;cole Montessori ! Apr&#232;s avoir lu Lib&#233; ce week-end, on est compl&#232;tement estomaqu&#233;s et scandalis&#233;s. Au sein de l'&#233;cole, on n'en a pas beaucoup parl&#233; pour l'instant. Il se trouve qu'en ce moment, il y a des remous suite au d&#233;part un peu soudain de l'ancienne directrice p&#233;dagogique. En tout cas, que l'&#233;cole devienne un relais des flics, cela t&#233;moigne d'une fermeture d'esprit qui n'est pas celle qu'on a envie de voir &#224; Montessori&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-439-e921e.jpg?1782664706' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On nous taxe souvent de paranos, mais l&#224; on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de quoi !&lt;/i&gt; &#187;, confie un anarchiste pourtant rod&#233; &#224; subir diff&#233;rentes formes de harc&#232;lement policier. L'affaire n'a pour l'heure pas fait plus de vagues que cela, &#224; se demander si le flicage n'est pas en passe d'&#234;tre dig&#233;r&#233; dans le grand concert de propagande antiterroriste. L'&#233;tablissement n'a ni donn&#233; suite &#224; sa menace de plainte &#171; &lt;i&gt;pour intrusion de personnes &#233;trang&#232;res &#224; l'&#233;tablissement&lt;/i&gt; &#187;, ni pr&#233;sent&#233; d'excuses &#224; ses voisins biblioth&#233;caires qu'il a permis d'&#233;pier. Du c&#244;t&#233; des barbouzes et de leurs commanditaires suppos&#233;s, la discr&#233;tion est &#233;galement de mise : un embarras &#224; mettre sur le compte d'une absence apparente de cadre l&#233;gal et de la perte s&#232;che d'un co&#251;teux mat&#233;riel. Seuls les membres de La Discordia sont totalement transparents dans leur communiqu&#233; : &#171; &lt;i&gt;Pour la DGSI et leurs amis : si vous cherchez votre mat&#233;riel, vous le retrouverez, en pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es, &#224; quelques m&#232;tres de profondeur, dans le canal de l'Ourcq, au niveau de la rue de Nantes. Bonne p&#234;che !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
