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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Des m&#232;res col&#232;res</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Quitter le banc de touche. Si une phrase devait r&#233;sumer un des combats majeurs du Front de m&#232;res ce pourrait &#234;tre celle-l&#224;. Premier syndicat de parents des quartiers populaires, le Front de m&#232;res est n&#233; de la lutte d'habitantes des banlieues, d&#233;termin&#233;es &#224; faire entendre leur voix face &#224; une institution scolaire qui trop souvent les b&#226;illonne. La parole est &#224; Fatima Ouassak, cofondatrice du syndicat. &#171; Pour garantir la r&#233;ussite de tous, l'&#233;cole se construit avec la participation des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/origine-sociale" rel="tag"&gt;origine sociale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quitter le banc de touche. Si une phrase devait r&#233;sumer un des combats majeurs du Front de m&#232;res ce pourrait &#234;tre celle-l&#224;. Premier syndicat de parents des quartiers populaires, le Front de m&#232;res est n&#233; de la lutte d'habitantes des banlieues, d&#233;termin&#233;es &#224; faire entendre leur voix face &#224; une institution scolaire qui trop souvent les b&#226;illonne. La parole est &#224; Fatima Ouassak, cofondatrice du syndicat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4376 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200front_de_ma_res_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH297/1200front_de_ma_res_resultat-f8b08.jpg?1782829567' width='500' height='297' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de La Force N&#233;e
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; &lt;/span&gt; Pour garantir la r&#233;ussite de tous, l'&#233;cole se construit avec la participation des parents, quelle que soit leur origine sociale. &#187; Cela a beau &#234;tre inscrit dans les textes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus pr&#233;cis&#233;ment dans la &#171; loi Peillon &#187;, &#171; pour la refondation de l'&#233;cole (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la r&#233;alit&#233; est parfois tr&#232;s diff&#233;rente. Fatima Ouassak le dit cash : &#171; Dans les &#233;coles des quartiers populaires, on attend des parents qu'ils rasent les murs. &#187; Politologue de son &#233;tat, elle se tient pourtant &#224; bonne distance des consid&#233;rations hors-sol : c'est de son v&#233;cu qu'elle parle &#8211; celui d'une femme, d'une m&#232;re arabe, habitante de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), o&#249; ses enfants sont scolaris&#233;s. Ces rapports compliqu&#233;s avec l'&#233;cole, elle les raconte et les analyse dans son livre &lt;i&gt;La Puissance des m&#232;res &#8211; Pour un nouveau sujet r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, paru &#224; La D&#233;couverte en 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque sa fille entre &#224; l'&#233;cole, Fatima Ouassak se retrouve face &#224; une institution qui lui fait vite comprendre qu'elle ne la reconna&#238;t pas comme une interlocutrice valable. Sauf que faire profil bas n'est pas vraiment le genre de la maison. Alors en 2016, avec plusieurs autres femmes, elle cr&#233;e le Front de m&#232;res, premier syndicat de parents des quartiers populaires. L'enjeu est clair : instaurer un vrai rapport de force avec l'&#233;cole et revendiquer le droit des parents de ces quartiers &#224; co-construire, avec les acteurs et actrices de l'institution, &#171; un plan d'actions concr&#232;tes en mati&#232;re d'&#233;ducation &#187;, lequel foulerait au pied le racisme syst&#233;mique et donnerait &#224; chaque gamin les m&#234;mes chances de r&#233;ussite scolaire. Des objectifs qui ont amen&#233; le Front de m&#232;res &#224; &#233;laborer des projets avec l'institution, tout en soutenant les lyc&#233;ens en lutte contre des r&#233;formes iniques ou en d&#233;fendant le droit des accompagnatrices de sorties scolaires &#224; porter le foulard. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les quartiers populaires, quelle place l'&#233;cole r&#233;serve-t-elle aux parents ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une place h&#233;rit&#233;e du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &#233;poque &#224; laquelle l'&#233;cole r&#233;publicaine a &#233;t&#233; pens&#233;e pour extraire les enfants de leurs familles : d'abord paysannes, puis ouvri&#232;res et aujourd'hui des quartiers populaires, issues de l'immigration. L'institution continue de batailler pour &#233;manciper les enfants et les sortir de leur condition de classe avec, en toile de fond, l'id&#233;e que l'&#233;cole serait forc&#233;ment lib&#233;ratrice face au parent qui serait enfermant. D&#232;s lors, ce dernier n'a pas sa place &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, d&#232;s qu'une proposition ou une revendication vient de nous, femmes non blanches des quartiers populaires, avec tout ce qu'on repr&#233;sente, ce qu'on incarne, l'&#233;cole consid&#232;re qu'elle n'est pas l&#233;gitime. Un exemple : quand ma fille est entr&#233;e en maternelle, je me suis &#233;tonn&#233;e de ne pas voir proposer d'alternative v&#233;g&#233;tarienne au repas &#224; base de viande servi chaque jour. D'autant que cette alternative existait dans la cr&#232;che d&#233;partementale que mon enfant fr&#233;quentait l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Lorsque j'ai soumis l'id&#233;e &#224; la directrice de l'&#233;cole, puis &#224; la mairie et enfin &#224; la FCPE&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration des conseils de parents d'&#233;l&#232;ves.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, on m'a r&#233;torqu&#233; que ce n'&#233;tait pas envisageable pour des questions de la&#239;cit&#233;. Je n'avais pourtant jamais &#233;voqu&#233; la question de la religion, le mot &lt;i&gt;halal&lt;/i&gt; n'&#233;tait jamais sorti de ma bouche. Sauf que je suis une femme arabe consid&#233;r&#233;e comme musulmane : on m'a reproch&#233; de me servir de la question de l'alternative v&#233;g&#233;tarienne comme cheval de Troie pour islamiser l'&#233;cole. Dans un autre quartier, et si je n'avais pas &#233;t&#233; arabe, on m'aurait certainement d&#233;cern&#233; le prix de la m&#232;re &#233;colo de l'ann&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paradoxalement, l'institution sait aussi faire appel &#224; vous quand elle en a besoin, par exemple en vous demandant d'accompagner les sorties scolaires...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un fait : sans la pr&#233;sence des m&#232;res, il n'y aurait pas de sorties scolaires. Sauf que dans les quartiers populaires, beaucoup d'entre elles sont musulmanes et portent le foulard, qui se retrouve r&#233;guli&#232;rement au centre de pol&#233;miques&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Derni&#232;re en date : celle entourant le projet &#8211; finalement abandonn&#233; &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. J'estime que le probl&#232;me n'est pas tant le fait que ces sorties puissent ou non avoir lieu &#8211; dans nos quartiers, il y a tellement peu de moyens qu'il s'agit souvent de sorties &lt;i&gt;low-cost&lt;/i&gt; qui, &#224; mes yeux, apportent peu aux enfants &#8211; mais qu'il y a en revanche un vrai enjeu politique &#224; dire que chaque parent doit &#234;tre consid&#233;r&#233; et que les enfants n'ont pas &#224; &#234;tre humili&#233;s parce que leur m&#232;re porte un foulard. En 2017, avec le Front de m&#232;res, on avait publi&#233; un texte dans lequel on demandait en quoi interdire le port du foulard aux m&#232;res accompagnatrices &#8211; une mesure d&#233;battue &#224; l'&#233;poque &#8211; allait &#234;tre positif pour l'&#201;ducation nationale ? En quoi provoquer de nouvelles tensions entre &#233;cole et parents des quartiers populaires, mais surtout entre ces parents et leurs enfants, ou entre l'&#233;cole et ces enfants, allait arranger les difficult&#233;s existantes ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un autre registre, plus tard, quand vos enfants entrent au lyc&#233;e, l'institution compte sur vous pour r&#233;guler d'autres tensions&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En effet, on nous demande d'&#234;tre l&#224; pour calmer le jeu, par exemple quand nos enfants lyc&#233;ens manifestent. &#192; Garges-l&#232;s-Gonesse (Val-d'Oise), le 5 d&#233;cembre 2018, la police avait tir&#233; au flash-ball sur les jeunes. C'&#233;tait dans le contexte des manifestations Gilets jaunes et des mobilisations lyc&#233;ennes contre la r&#233;forme du bac et Parcoursup. Ce jour-l&#224;, un jeune a eu la m&#226;choire fractur&#233;e par un tir de flash-ball. Le soir m&#234;me, le lyc&#233;e avait envoy&#233; un mail aux parents en leur demandant de ne pas envoyer leurs enfants en cours le lendemain pour &#233;viter les troubles. Il avait anticip&#233; la solidarit&#233; entre les lyc&#233;ens et demand&#233; aux parents de les garder bien au chaud &#224; la maison. Aller chercher la &#8220;m&#232;re tampon&#8221;, celle qui va apaiser les tensions entre l'enfant et l'institution, chez les m&#232;res que nous sommes est un bon calcul de leur part puisqu'on veut prot&#233;ger nos enfants.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Globalement, d&#232;s qu'une proposition ou une revendication vient de nous, femmes non blanches des quartiers populaires, avec tout ce qu'on repr&#233;sente, ce qu'on incarne, l'&#233;cole consid&#232;re qu'elle n'est pas l&#233;gitime.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Faire en sorte qu'il ne leur arrive rien ne nous a par contre pas emp&#234;ch&#233;es de nous mobiliser pour les soutenir. Au lendemain de l'affaire de Garges, il y a eu celle de Mantes-la-Jolie (Yvelines) o&#249; 150 lyc&#233;ens avaient &#233;t&#233; interpell&#233;s, mis &#224; genoux, les mains sur la t&#234;te. Le soir m&#234;me, on organisait une r&#233;union d'urgence &#224; laquelle &#233;taient invit&#233;s le Comit&#233; Adama, le MIB&lt;i&gt; [Mouvement de l'immigration et des banlieues]&lt;/i&gt;, des avocats, etc., pour r&#233;fl&#233;chir ensemble &#224; la fa&#231;on de prot&#233;ger nos enfants et aux strat&#233;gies pour les soutenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, le Front de m&#232;res avait publi&#233; avec d'autres m&#232;res de lyc&#233;ens un texte pour d&#233;noncer les violences polici&#232;res subies par nos enfants. On y &#233;crivait que la police n'avait rien &#224; faire &#224; l'&#233;cole ni autour, tout en d&#233;non&#231;ant la complicit&#233; de l'institution dans la r&#233;pression, puisqu'elle excluait les lyc&#233;ens qui bloquaient les &#233;tablissements et collaborait avec la police. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinq ans apr&#232;s la cr&#233;ation du Front de m&#232;res, votre organisation a sem&#233; ses graines : des collectifs locaux sont n&#233;s &#224; Rennes, &#224; Strasbourg et m&#234;me en Belgique, pour ne citer que ceux-l&#224;. O&#249; en sont vos rapports avec l'institution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a toujours &#233;t&#233; en lien avec l'&#201;ducation nationale. Goundo Diawara, secr&#233;taire du syndicat depuis ses d&#233;buts, est par exemple CPE &lt;i&gt;[Conseill&#232;re principale d'&#233;ducation]&lt;/i&gt; dans un coll&#232;ge de banlieue. Aujourd'hui, on est parvenues &#224; programmer un temps mensuel entre parents et personnels de l'&#201;ducation nationale pour &#233;voquer ensemble les probl&#232;mes existants. Par exemple, on travaille sur le harc&#232;lement scolaire avec Questions de classe(s), un collectif de profs. On souhaite poser la question de la responsabilit&#233; institutionnelle, avec l'id&#233;e d'&#233;changer ensemble et de cr&#233;er une coop&#233;ration entre les personnels de l'&#201;ducation nationale, les parents et les enfants, afin de mieux comprendre et pr&#233;venir ces violences. Loin du discours du gouvernement et de Jean-Michel Blanquer qui consid&#232;re les enfants comme seuls responsables de leurs actes en les criminalisant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment dans la &#171; loi Peillon &#187;, &#171; pour la refondation de l'&#233;cole de la R&#233;publique &#187;, qui date de 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration des conseils de parents d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Derni&#232;re en date : celle entourant le projet &#8211; finalement abandonn&#233; &#8211; d'inscrire dans la &#171; loi S&#233;paratisme &#187; adopt&#233;e en ao&#251;t dernier l'obligation de neutralit&#233; religieuse pour les accompagnateurs et accompagnatrices de sorties scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#171; Les policiers sont dress&#233;s &#224; diff&#233;rencier les proies dont ils peuvent ab&#238;mer les corps &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-policiers-sont-dresses-a</link>
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		<dc:date>2020-06-13T13:39:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>police</dc:subject>
		<dc:subject>violences</dc:subject>
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		<dc:subject>populaires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis son premier ouvrage, L'ennemi int&#233;rieur : la g&#233;n&#233;alogie coloniale et militaire de l'ordre s&#233;curitaire dans la France contemporaine , le sociologue Mathieu Rigouste d&#233;cortique les faces cach&#233;es du maintien de l'ordre et des marchands de peur . Dans cet entretien, il replace dans le temps long l'explosion des violences polici&#232;res qui touche les quartiers populaires au temps du Covid-19. La pand&#233;mie semble avoir encore accru les violences polici&#232;res... &#171; Pendant le confinement, il y (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;188 (juin 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/violences" rel="tag"&gt;violences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/violences-policieres-1346" rel="tag"&gt;violences polici&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers" rel="tag"&gt;quartiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policieres" rel="tag"&gt;polici&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers-populaires" rel="tag"&gt;quartiers populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policiere" rel="tag"&gt;polici&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/populaires" rel="tag"&gt;populaires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis son premier ouvrage, &lt;i&gt;L'ennemi int&#233;rieur : la g&#233;n&#233;alogie coloniale et militaire de l'ordre s&#233;curitaire dans la France contemporaine&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La D&#233;couverte, 2009.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le sociologue Mathieu Rigouste d&#233;cortique les faces cach&#233;es du maintien de l'ordre et des marchands de peur&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notamment La domination polici&#232;re : une violence industrielle (La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Dans cet entretien, il replace dans le temps long l'explosion des violences polici&#232;res qui touche les quartiers populaires au temps du Covid-19.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH426/-1551-40434.jpg?1782645475' width='400' height='426' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pand&#233;mie semble avoir encore accru les violences polici&#232;res... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pendant le confinement, il y a eu au moins douze morts li&#233;s &#224; l'activit&#233; de la police. C'&#233;tait &#224; peu pr&#232;s la moyenne annuelle jusqu'en 2015. Ensuite, ce chiffre a plus que doubl&#233;, &#233;voluant ces cinq derni&#232;res ann&#233;es entre vingt-cinq et trente-cinq morts annuels. Ces derni&#232;res semaines, il y a donc clairement eu une nouvelle intensification des violences polici&#232;res. Sachant que l'oppression polici&#232;re en &#233;tat d'urgence sanitaire continue de cibler principalement les prol&#233;taires non blancs. Chasses &#224; l'homme, tabassages, humiliations, usage du pistolet &#233;lectrique et des balles de caoutchouc, gazages et mises &#224; morts... toutes ces pratiques s'inscrivent dans des r&#233;pertoires institu&#233;s historiquement. L&#224; o&#249; il y a nouveaut&#233;, c'est qu'elles ont touch&#233; les femmes des quartiers populaires de mani&#232;re beaucoup plus directe dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette &#233;volution s'inscrit dans la continuit&#233; de la gestion polici&#232;re des quartiers populaires, l'&#233;tat d'urgence est un acte symbolique qui met en sc&#232;ne la suspension de la &#8220;normalit&#233;&#8221; et signifie l'ouverture d'une situation &#8220;d'exception&#8221;. C'est un signal qui dit aux policiers qu'ils doivent y aller plus &#8220;fort&#8221; et qui leur garantit qu'ils seront couverts pour &#231;a. C'est une extension instrumentale de l'arbitraire policier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette intensification des violences d'&#201;tat est aussi li&#233;e &#224; l'affaiblissement des capacit&#233;s d'opposition aux violences polici&#232;res caus&#233;es par le confinement. Dans la rue, l'observation des exactions et la pr&#233;sence physique susceptible de se confronter &#224; la police ont &#233;t&#233; profond&#233;ment r&#233;duites. Cela concerne aussi les collectifs et associations qui participent au quotidien &#224; contenir les violences d'&#201;tat en existant simplement au c&#339;ur de la vie sociale des quartiers populaires. Durant la premi&#232;re s&#233;quence de l'&#233;tat d'urgence, le pouvoir policier s'est retrouv&#233; quasiment sans opposition face &#224; lui. Les forces r&#233;sistantes se sont concentr&#233;es sur Internet, o&#249; elles ont continu&#233; &#224; &#339;uvrer pour montrer et d&#233;noncer ces violences. On a vu le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne dans les prisons, les centres de r&#233;tention ou les foyers de travailleurs migrants &#8211; partout o&#249; s'exerce habituellement la f&#233;rocit&#233; polici&#232;re. Et dans chacun de ces lieux, de multiples pratiques d'entraide et de r&#233;sistance ont vu le jour. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment le maintien de l'ordre &#171; diff&#233;renci&#233; &#187; se construit-il ? Il y a des consignes claires ? Taper fort sur les banlieues et mollo sur le reste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les consignes &#233;voluent selon les &#233;poques, selon la composition et les strat&#233;gies des classes dirigeantes, mais elles interviennent pour r&#233;guler des fonctionnements institu&#233;s depuis des d&#233;cennies et qui structurent le pouvoir de la police en amont des mises en pratique r&#233;elles. Tous les commissariats sont organis&#233;s pour &#8220;faire du chiffre&#8221; en d&#233;ployant leurs unit&#233;s les plus rentables et les plus f&#233;roces sur ce qu'ils appellent les &#8220;zones criminog&#232;nes&#8221;. Cela engendre une concentration de violence sur les habitants des quartiers populaires. Tout le syst&#232;me &#233;conomique, politique et social s'appuie sur la s&#233;gr&#233;gation socio-raciale. Les policiers sont dress&#233;s au quotidien &#224; diff&#233;rencier les proies dont ils peuvent ab&#238;mer les corps et les &#8220;populations l&#233;gitimes&#8221; dont il convient de respecter les corps et les droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La f&#233;rocit&#233; polici&#232;re ne d&#233;coule pas d'une perte de contr&#244;le de l'&#201;tat sur sa police, qui serait, comme on l'entend souvent, &#8220;l&#226;ch&#233;e en roue libre&#8221;. La gestion de la police dans le capitalisme s&#233;curitaire continue d'&#233;voluer par retours d'exp&#233;riences. Les mises en pratique r&#233;elles des r&#233;gimes de police sont toujours tr&#232;s &#233;loign&#233;es des fantasmes de contr&#244;le total qui les animent en amont. La police se trompe souvent, elle se plante parfois magistralement, elle n'arrive jamais &#224; soumettre durablement les opprim&#233;&#8226;es, mais sa violence est globalement g&#233;r&#233;e, administr&#233;e, institu&#233;e par les classes dominantes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un mail, je te parlais de &#171; colonialisme sanitaire &#187;, parce que j'ai en t&#234;te cette approche du maintien de l'ordre que tu d&#233;cryptais dans &lt;i&gt;L'Ennemi int&#233;rieur&lt;/i&gt;, avec la guerre d'Alg&#233;rie comme socle fondateur. C'est une lecture que tu appliques &#224; la s&#233;quence actuelle ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les soci&#233;t&#233;s imp&#233;rialistes ont instrumentalis&#233; l'argument sanitaire tout au long de leur histoire. D'hier &#224; aujourd'hui, cela a permis de justifier la s&#233;gr&#233;gation des colonis&#233;s comme corps contagieux ou les exp&#233;rimentations de vaccins sur ces derniers. La m&#233;taphore m&#233;dico-chirurgicale fonde l'&#201;tat moderne, de Thomas Hobbes jusqu'aujourd'hui, et elle a structur&#233; en profondeur les doctrines de contre-insurrection. Elle impose l'id&#233;e de corps national, dont l'&#201;tat serait la t&#234;te, &#8220;la population&#8221; serait la chair, et tout ce qui le menace serait assimilable &#224; une maladie qu'il faudrait &#233;radiquer. Elle dissimule les rapports de domination et d'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on sait comme la peur est force de suggestion. Lorsqu'on se croit menac&#233; d'un mal mortel, on accepte g&#233;n&#233;ralement les traitements les plus brutaux. L'application de cette &#8220;strat&#233;gie du choc&#8221; permet de pouvoir r&#233;guli&#232;rement justifier des restructurations autoritaires et s&#233;curitaires, en convoquant la survie du corps social. Tous les imaginaires s&#233;curitaires reposent plus ou moins sur cette id&#233;e-l&#224; : vacciner le corps national, le purger, le nettoyer de tout ce que les classes dominantes jugeront mena&#231;ant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Argenteuil, il y a eu plusieurs nuits de r&#233;volte apr&#232;s la mort d'un jeune homme dans des conditions suspectes. Ne serait-on pas au bord d'une nouvelle explosion de col&#232;re ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a eu des r&#233;voltes populaires dans plus d'une vingtaine de villes, pas seulement &#224; Argenteuil, et &#231;a a tenu dans certains endroits pendant plusieurs jours. &#199;a n'a rien d'exceptionnel, il y a toujours eu des formes de r&#233;sistance auto-organis&#233;es face aux violences polici&#232;res dans les quartiers, les prisons, les camps et les campements. Reprendre la rue pour s'opposer &#224; la police constitue avant tout une question de survie. C'est de l'autod&#233;fense, c'est parfois compl&#232;tement spontan&#233; et parfois tr&#232;s pr&#233;par&#233; ; c'est en tout cas profond&#233;ment politique et ce n'est que la partie &#233;merg&#233;e de r&#233;sistances collectives invisibles et quotidiennes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La D&#233;couverte, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire notamment &lt;i&gt;La domination polici&#232;re : une violence industrielle&lt;/i&gt; (La Fabrique, 2012) et &lt;i&gt;&#201;tat d'urgence et business de la s&#233;curit&#233; &lt;/i&gt;(Niet !, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face &#224; l'&#171; &#233;lectorat populaire &#187;, Macron n'a que le racisme &#224; brandir</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Face-a-l-electorat-populaire</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rafik Chekkat</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>racisme</dc:subject>
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		<dc:subject>pr&#233;sident</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un contexte de mobilisations sociales ininterrompues depuis un an et avec le scrutin de 2022 en ligne de mire, le pr&#233;sident multiplie les effets d'annonce sur l'immigration et la s&#233;curit&#233;. Un coup tactique destin&#233; &#224; masquer la r&#233;alit&#233; sociale, &#224; r&#233;orienter la col&#232;re populaire et &#224; draguer l'&#233;lectorat frontiste ? Disons-le d'embl&#233;e, les arguments qui font du racisme une simple man&#339;uvre de diversion ne sont pas totalement satisfaisants. Pas plus que l'id&#233;e d'un racisme qui viendrait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no182-decembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;182 (d&#233;cembre 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kalem" rel="tag"&gt;Kalem&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Macron" rel="tag"&gt;Macron&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classes" rel="tag"&gt;classes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classes-populaires" rel="tag"&gt;classes populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mesures" rel="tag"&gt;mesures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/racisme" rel="tag"&gt;racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/populaires" rel="tag"&gt;populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/question" rel="tag"&gt;question&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/president" rel="tag"&gt;pr&#233;sident&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un contexte de mobilisations sociales ininterrompues depuis un an et avec le scrutin de 2022 en ligne de mire, le pr&#233;sident multiplie les effets d'annonce sur l'immigration&lt;i&gt; et&lt;/i&gt; la s&#233;curit&#233;. Un coup tactique destin&#233; &#224; masquer la r&#233;alit&#233; sociale, &#224; r&#233;orienter la col&#232;re populaire et &#224; draguer l'&#233;lectorat frontiste ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3254 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH486/-1464-09e5a.jpg?1782680521' width='400' height='486' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;isons-le d'embl&#233;e, les arguments qui font du racisme une simple man&#339;uvre de diversion ne sont pas totalement satisfaisants. Pas plus que l'id&#233;e d'un racisme qui viendrait toujours &#171; d'en haut &#187;, th&#233;orie qui &#244;te toute autonomie d'action aux classes populaires, victimes permanentes et historiques de la duperie des classes poss&#233;dantes. Si les gouvernements successifs ont pu aussi ais&#233;ment jouer la carte du racisme, c'est bien parce que les th&#233;matiques du &lt;i&gt;communautarisme&lt;/i&gt;, de l'&lt;i&gt;islamisme &lt;/i&gt;ou de la&lt;i&gt; vague migratoire&lt;/i&gt; sont durablement install&#233;es dans le d&#233;bat public. Mais c'est aussi parce que les &#171; classes populaires blanches &#187; sont r&#233;ceptives et trouvent une r&#233;tribution &#8211; au moins symbolique &#8211; dans ces discours et mesures racistes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le pr&#233;sident des ultra-riches&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ch&#244;meurs, retrait&#233;s, fonctionnaires, cheminots, &#233;tudiants, &#233;trangers, b&#233;n&#233;ficiaires des aides au logement&#8230; Rares sont aujourd'hui les populations qui n'ont pas vu leurs ressources diminu&#233;es ou leur situation d&#233;t&#233;rior&#233;e par les mesures lib&#233;rales adopt&#233;es tambour battant depuis 2017, auxquelles il faut ajouter l'incroyable r&#233;pression men&#233;e contre les Gilets jaunes et la traque incessante des personnes exil&#233;es (renforc&#233;e par la loi &#171; Asile et immigration &#187; de septembre 2018). Une politique aussi violemment antipopulaire a d&#232;s le d&#233;but du quinquennat pos&#233; la question de la base sociale de la majorit&#233; actuelle. La suppression de l'ISF et de l'&lt;i&gt;exit tax&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;flat tax&lt;/i&gt; sur les revenus du capital, les privatisations (A&#233;roports de Paris, Fran&#231;aise des jeux, etc.) et les retomb&#233;es &#233;conomiques des mesures prises depuis plus de deux ans profitent &#224; la fraction la plus riche de la population. Les milliardaires fran&#231;ais sont ceux qui s'enrichissent le plus vite : le &#171; pr&#233;sident des ultra-riches &#187; n'a pas usurp&#233; son surnom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures in&#233;galitaires cr&#233;ent toutefois sans cesse des foyers de contestation sociale et compromettent &#224; terme la possibilit&#233; pour le pr&#233;sident d'&#234;tre reconduit pour un second mandat. Conscient de cela, Macron a d&#233;cid&#233; d'investir pleinement la question raciale.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Appara&#238;tre comme &#187; le pr&#233;sident des Blancs &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le pensionnaire de l'&#201;lys&#233;e a fait part aux &#233;lu&#183;es de sa majorit&#233; r&#233;uni&#183;es en septembre dernier de sa volont&#233; de durcir le ton en mati&#232;re d'immigration&lt;i&gt; et &lt;/i&gt;de s&#233;curit&#233;, th&#232;mes jug&#233;s &#171; r&#233;galiens &#187; qu'il faudrait &#171; &lt;i&gt;affronter en face&lt;/i&gt; &#187; et ne pas abandonner &#224; l'extr&#234;me droite : &#171; &lt;i&gt;La question est de savoir si nous voulons &#234;tre un parti bourgeois ou pas,&lt;/i&gt; d&#233;clare Emmanuel Macron. &lt;i&gt;Les bourgeois n'ont pas de probl&#232;mes avec cela&lt;/i&gt; [l'immigration] &lt;i&gt; : ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec. &#187;&lt;/i&gt; M&#234;me si la traque faite aux personnes exil&#233;es n'avait jamais cess&#233; et que les interventions de ministres pour amplifier quantit&#233; de pol&#233;miques racistes &#233;taient d&#233;j&#224; r&#233;guli&#232;res, le changement d'orientation pr&#233;sidentielle est notable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sireux d'appara&#238;tre comme un candidat consensuel, Macron s'est fait &#233;lire sur la base d'un programme lib&#233;ral, mais non ouvertement raciste. Alors qu'il s'&#233;tait prononc&#233; pour une &#171; la&#239;cit&#233; apais&#233;e &#187;, son silence sur le sujet une fois &#224; l'&#201;lys&#233;e a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; comme une &lt;i&gt;ambigu&#239;t&#233;&lt;/i&gt; sur laquelle il devait s'expliquer. Ce qu'il fit en avril 2018, jugeant que le foulard islamique n'&#233;tait &#171; &lt;i&gt;pas conforme &#224; la civilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; fran&#231;aise. Lors d'une allocution t&#233;l&#233;vis&#233;e cons&#233;cutive au d&#233;clenchement du mouvement des Gilets jaunes, le pr&#233;sident a &#233;voqu&#233; l'id&#233;e de la tenue d'un d&#233;bat o&#249; il serait question notamment d'identit&#233; nationale, id&#233;e qu'il a pr&#233;cis&#233;e dans sa lettre aux Fran&#231;ais en janvier dernier. Le discours sans &#233;quivoque sur l' &#187; &lt;i&gt;hydre islamiste &#187;&lt;/i&gt; apr&#232;s l'attaque perp&#233;tr&#233;e &#224; la pr&#233;fecture de police de Paris ne laisse gu&#232;re de doute sur le positionnement que souhaite adopter Macron dans la perspective de la pr&#233;sidentielle de 2022.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le racisme comme in&#233;puisable ressource politique&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Savoir si la violente campagne sur le voile et l'islam que nous venons de vivre &#233;tait destin&#233;e &#224; masquer les probl&#232;mes sociaux cache en r&#233;alit&#233; une autre question, toute simple : pourquoi &#231;a marche ? Pourquoi c'est justement le racisme &#8211; et notamment l'islamophobie &#8211; qui permet d'occuper l'espace politique et m&#233;diatique et pas une autre question ? La facilit&#233; avec laquelle les majorit&#233;s successives peuvent utiliser la carte raciale nous montre que mobiliser l'identit&#233; blanche permet d'unifier des strates tr&#232;s diff&#233;rentes de la population. En agitant les chiffons rouges de l'immigration et de l'islam, le gouvernement entend ainsi rassurer &#171; les Blancs &#187; qui craignent sans cesse le d&#233;classement social. Le message qu'il leur adresse est celui-ci : quoi qu'il puisse vous arriver, aussi brutales que puissent &#234;tre les mesures que nous prenons, vous ne perdrez jamais votre blanchit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que les oppressions de classe et de race se renforcent mutuellement, la lutte contre les politiques lib&#233;rales ne peut se faire sans une lutte concomitante contre les politiques racistes qui les accompagnent.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rafik Chekkat&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mathieu Rigouste : &#171; La r&#233;pression conditionne la vie quotidienne des gens dans les quartiers s&#233;gr&#233;gu&#233;s &#187;</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
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		<dc:subject>quartiers populaires</dc:subject>
		<dc:subject>populaires</dc:subject>
		<dc:subject>Adama Traor&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est peu de dire que le maintien de l'ordre &#224; la fran&#231;aise a &#233;t&#233; bouscul&#233; ces derniers mois : r&#233;pression accrue, blessures en rafales, discours guerrier voire martial... Si cela ne comble pas le foss&#233; avec les banlieues en mati&#232;re de terreur polici&#232;re, un glissement s'est ind&#233;niablement op&#233;r&#233;. On le d&#233;crypte avec Mathieu Rigouste, auteur notamment de La domination polici&#232;re : une violence industrielle et d'&#201;tat d'urgence et business de la s&#233;curit&#233; . Une digue semble avoir saut&#233; en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no175-avril-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;175 (avril 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est peu de dire que le maintien de l'ordre &#224; la fran&#231;aise a &#233;t&#233; bouscul&#233; ces derniers mois : r&#233;pression accrue, blessures en rafales, discours guerrier voire martial... Si cela ne comble pas le foss&#233; avec les banlieues en mati&#232;re de terreur polici&#232;re, un glissement s'est ind&#233;niablement op&#233;r&#233;. On le d&#233;crypte avec Mathieu Rigouste, auteur notamment de &lt;i&gt;La domination polici&#232;re : une violence industrielle&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(2012, La Fabrique)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et d'&lt;i&gt;&#201;tat d'urgence et business de la s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(2016, Niet)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2966 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1206.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH205/-1206-f1e94.jpg?1782930902' width='500' height='205' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une digue semble avoir saut&#233; en mati&#232;re de r&#233;pression. Comme si l'on appliquait aux centres-villes ce qu'on r&#233;servait jusqu'ici aux banlieues...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce n'est pas pareil, ce ne sont pas les m&#234;mes situations. Dans les quartiers populaires, les violences polici&#232;res assurent un syst&#232;me de s&#233;gr&#233;gation en m&#234;me temps qu'un r&#233;gime d'&#233;crasement quotidien et permanent. Ce sont des quartiers entiers qui sont occup&#233;s jour et nuit. Toutes les g&#233;n&#233;rations subissent ces violences qui constituent un v&#233;ritable mode de gouvernement. Dans le mouvement des Gilets jaunes, il y a des importations de dispositifs (chasses &#224; l'homme, grenades de d&#233;sencerclement en mode offensif, en tir tendu, ciblages de la t&#234;te avec les LBD, corps-&#224;-corps, &#233;tranglements et passages &#224; tabac, notamment au sol...) qui viennent effectivement du r&#233;pertoire de la police des cit&#233;s mais qui sont alors r&#233;agenc&#233;s. Et il y a des techniques qui ne passent pas de l'une &#224; l'autre (tirs &#224; balle r&#233;elle, pare-chocages, dynamiques de pers&#233;cution quotidienne&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si on se demande chaque samedi comment la r&#233;pression n'a pas fait plus de morts, l'usage des techniques mortelles est contenu par la police dans le mouvement des Gilets jaunes, alors qu'il conditionne la vie quotidienne dans les quartiers s&#233;gr&#233;gu&#233;s, dans les prisons et au travers des fronti&#232;res. M&#234;me si le gouvernement pr&#233;pare le terrain pour r&#233;duire le co&#251;t m&#233;diatico-politique d'un mort lors d'une manifestation &#8220;Gilets jaunes&#8221;, &#231;a n'a rien &#224; voir avec la quinzaine de personnes tu&#233;es par la police chaque ann&#233;e dans les quartiers populaires, dont les corps semblent sans valeur pour les institutions et pour une partie de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mouvement des Gilets jaunes subit des formes de f&#233;rocit&#233; polici&#232;re, c'est parce qu'il s'est rendu incontr&#244;lable. Et il exp&#233;rimente aussi des choses jamais vues, des amoncellements de dispositifs souvent incoh&#233;rents et mis en &#233;chec par la cr&#233;ativit&#233; collective. L&#224; o&#249; ces situations se ressemblent, c'est qu'il s'agit dans les deux cas pour la police d'interdire la rue en ab&#238;mant les corps et de briser des formes d'autonomie collective. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gouvernement a &#171; mobilis&#233; &#187; l'arm&#233;e samedi 23 mars (acte XIX) pour compl&#233;ter le dispositif de maintien de l'ordre. Une r&#233;gression consid&#233;rable en mati&#232;re de maintien de l'ordre, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&#171; Ce n'est pas tellement une r&#233;gression. Comme disait Marx, les appareils militaires restent, &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt;, toujours disponibles pour &#234;tre envoy&#233;s &#224; l'int&#233;rieur contre le peuple. Leur emploi n'a &#233;t&#233; restreint au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle qu'&#224; l'int&#233;rieur des m&#233;tropoles imp&#233;riales et dans certaines situations o&#249; l'&#201;tat est capable de maintenir l'ordre social sans y avoir recours, comme lorsque le mouvement ouvrier est encadr&#233; par des structures syndicales et politiques qui font le travail de &#8220;pacification&#8221; en amont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais des r&#233;gimes de guerre polici&#232;re ont &#233;t&#233; employ&#233;s contre des luttes ouvri&#232;res qui s'&#233;taient rendues incontr&#244;lables dans les ann&#233;es 1950, 1960, 1970 et 1980. Des unit&#233;s militaro-polici&#232;res comme la gendarmerie ont &#233;t&#233; employ&#233;es et ont tu&#233; en Guadeloupe en 1967, en Kanaky au milieu des ann&#233;es 1980, mais aussi dans les quartiers populaires o&#249; ce sont des gendarmes qui ont &#233;touff&#233; Adama Traor&#233;. L'infanterie n'a pas &#233;t&#233; envoy&#233;e pour r&#233;primer dans les quartiers populaires mais des d&#233;tachements de Sentinelle y patrouillent et sont parfois m&#234;me employ&#233;s &#224; titre de d&#233;monstration de force symbolique, comme lorsqu'une patrouille militaire est venue contr&#244;ler un rassemblement du Comit&#233; Adama Traor&#233; &lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mont&#233; pour obtenir justice et v&#233;rit&#233; &#224; la suite de la mort d'Adama Traor&#233; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; en 2018. La gendarmerie est en pointe dans le transfert et l'adaptation de dispositifs de contre-insurrection entre les guerres n&#233;ocoloniales, la r&#233;pression des r&#233;voltes dans les quartiers populaires et en dehors. L'&#232;re s&#233;curitaire se caract&#233;rise par une sorte de &lt;i&gt;continuum&lt;/i&gt; entre le contr&#244;le et la guerre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si la r&#233;pression des Gilets jaunes fait couler plus d'encre que celle des banlieues, il semble que les choses commencent a changer, notamment sous l'impulsion du comite Adama Traor&#233;. Tu vois un tournant&lt;/strong&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Comit&#233; Adama m&#232;ne un travail intense de construction de solidarit&#233;s avec une grande diversit&#233; de secteurs du mouvement social. La lutte paie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a sans doute de nouvelles prises de conscience parce qu'il y a aussi de nouvelles formes d'alliances entre diff&#233;rentes luttes. &#199;a s'inscrit dans la continuit&#233; de d&#233;cennies de r&#233;sistances et de tentatives pour s'organiser et construire des ponts, de la part des luttes des quartiers et des immigrations. D'un autre c&#244;t&#233;, il y a des prises de conscience parce qu'il y a un partage d'exp&#233;rience de la f&#233;rocit&#233; polici&#232;re. Mais je ne vois pas vraiment de tournant &#224; ce niveau-l&#224;. La s&#233;gr&#233;gation socio-raciste continue de structurer la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise dans chacun de ces recoins et &#224; la moindre occasion, les r&#233;alit&#233;s et les enjeux des luttes des quartiers populaires passent &#224; la trappe. On l'a vu avec le S&#233;nat o&#249; certains ont argu&#233; qu'il fallait interdire les lanceurs de balles de d&#233;fense uniquement dans le cadre des manifestations publiques et en conserver l'emploi dans les quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but, le mouvement des Gilets jaunes voit se croiser, se rencontrer et s'organiser diff&#233;rentes franges des classes populaires urbaines et rurales, ainsi que de la petite bourgeoisie pr&#233;caris&#233;e. Et c'est directement l&#224;, sur le champ de bataille, que des intelligences collectives se forment &#224; l'intersection des gal&#232;res et des oppressions. Il en &#233;merge de nouveaux imaginaires, des pratiques d'autod&#233;fense et de contre-attaque. Des forces s'associent et trouvent les moyens de se rendre incontr&#244;lables. C'est un long processus historique qui est all&#233; boire des coups au Fouquet's. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;(2012, La Fabrique)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;(2016, Niet)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mont&#233; pour obtenir justice et v&#233;rit&#233; &#224; la suite de la mort d'Adama Traor&#233; &#224; la gendarmerie de Persan apr&#232;s son interpellation &#224; Beaumont-sur-Oise (Val d'Oise) en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les damn&#233;s de la ville</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-damnes-de-la-ville</link>
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		<dc:date>2011-02-16T07:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet, Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Suppl&#233;ment</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
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&lt;p&gt;Dans le discours consensuel, l&#233;nifiant et b&#234;tifiant de la sociologie officielle, la ville serait le lieu par excellence du &#171; vivre ensemble &#187;. Avec l'apartheid urbain croissant, non reconnu comme tel mais bien r&#233;el, qui marque l'urbanisation contemporaine, elle n'est m&#234;me plus le lieu o&#249; les citadins pourraient vivre c&#244;te &#224; c&#244;te. Et elle pourrait bien devenir celui du face &#224; face. Jean-Pierre Garnier, sociologue dissident, nous en livre quelques facettes . CQFD : &#171; L'air de la ville rend (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no85-janvier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;85 (janvier 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classes" rel="tag"&gt;classes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classes-populaires" rel="tag"&gt;classes populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/populaires" rel="tag"&gt;populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/libre" rel="tag"&gt;libre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-air" rel="tag"&gt;l'air&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/couches-populaires" rel="tag"&gt;couches populaires&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/medieval-allemand" rel="tag"&gt;m&#233;di&#233;val allemand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/proverbe-medieval" rel="tag"&gt;proverbe m&#233;di&#233;val&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le discours consensuel, l&#233;nifiant et b&#234;tifiant de la sociologie officielle, la ville serait le lieu par excellence du &#171; vivre ensemble &#187;. Avec l'apartheid urbain croissant, non reconnu comme tel mais bien r&#233;el, qui marque l'urbanisation contemporaine, elle n'est m&#234;me plus le lieu o&#249; les citadins pourraient vivre c&#244;te &#224; c&#244;te. Et elle pourrait bien devenir celui du face &#224; face. Jean-Pierre Garnier, sociologue dissident, nous en livre quelques facettes&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Garnier, Une violence &#233;minemment contemporaine Essais sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : &#171; L'air de la ville rend libre &#187;, disait un proverbe m&#233;di&#233;val allemand. Qu'en est-il aujourd'hui ? Et &#233;tait-ce vraiment le cas par le pass&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Garnier :&lt;/strong&gt; L'air de la ville est de plus en plus asphyxiant. Pas seulement &#224; cause de la pollution de l'air, mais parce qu'il y existe un conditionnement massif, notamment par le biais de la publicit&#233;, sous ses diff&#233;rentes formes. Les gens sont v&#233;ritablement model&#233;s, format&#233;s par le matraquage que permettent les nouveaux moyens dits de communication.
D'un c&#244;t&#233;, le publicitaire fait que le citoyen-citadin se croit libre parce qu'il peut choisir entre diff&#233;rentes marchandises. Mais de l'autre, le s&#233;curitaire tous azimuts assure le contr&#244;le des individus. Je ne pense pas que l'air de la ville contemporaine rende libre. Au contraire, il rend les gens de plus en plus conformistes, soumis aussi bien au r&#232;gne de la marchandise qu'&#224; l'omnipr&#233;sence polici&#232;re. Dans les ann&#233;es 1960, Louis Chevalier&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Louis Chevalier, historien et d&#233;mographe, &#233;tait sp&#233;cialiste du milieu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; croyait encore que ce qui faisait l'identit&#233; de Paris &#233;tait la m&#233;fiance du petit peuple vis-&#224;-vis des autorit&#233;s, sa propension &#224; critiquer et &#224; moquer les pouvoirs en place, voire &#224; se soulever contre eux. Il pensait que, malgr&#233; les transformations subies par la capitale sous l'effet de l'urbanisme pompidolien, subsisterait cet esprit de r&#233;bellion. Vingt ans plus tard, ce n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus valable : une partie des couches populaires avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; rejet&#233;e en p&#233;riph&#233;rie &#8211; &#224; l'&#233;poque, il ne s'agissait pas de &#171; r&#233;habilitation &#187; pour les bobos, mais de &#171; r&#233;novation urbaine &#187;, plus brutale encore, on l'appelait &#171; r&#233;novation bulldozer &#187; car on faisait carr&#233;ment table rase de l'habitat ancien et de ses habitants pour implanter des bureaux, des immeubles dits &#171; de standing &#187;, des &#233;quipements &#171; haut de gamme &#187;. Il y avait &#233;galement un autre ph&#233;nom&#232;ne, de dimension internationale : l'&#171; am&#233;ricanisation &#187; du mode de vie. De plus en plus, les nouvelles g&#233;n&#233;rations de Parisiens, influenc&#233;es par la radio, la t&#233;l&#233;, le cin&#233;ma, les disques, se tournaient vers l'&lt;i&gt;american way of life&lt;/i&gt;, sa musique, ses v&#234;tements&#8230; Or, ce qui faisait la sp&#233;cificit&#233; d'une ville comme Paris, c'&#233;taient les particularit&#233;s de chacun de ses quartiers h&#233;rit&#233;es de l'histoire. Peu &#224; peu, on a assist&#233; &#224; leur banalisation, leur normalisation. L'air de la ville rend libre ? Non. Sauf pour ces sociologues align&#233;s qui nous expliquent qu'aujourd'hui, il y a une d&#233;massification de la soci&#233;t&#233;, que les gens ne sont plus d&#233;termin&#233;s par leur groupe social, qu'ils deviennent des individus non r&#233;ductibles &#224; leurs appartenances de classe. Ils appartiendraient de mani&#232;re transitoire &#224; des &#171; tribus &#187; multiples et changeantes, comme le pr&#233;tend le sociologue branchouille Michel Maffesoli. D'autres discernent sans rire l'av&#232;nement d'une &#171; &lt;i&gt;m&#233;tropole des individus&lt;/i&gt; &#187;. Pour ces sociologues de march&#233;, le citadin serait plus libre que jamais. En fait, il est libre comme un client dans un libre-service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que les gens &#233;chappaient au monde rural lors de l'industrialisation et de l'urbanisation au XIXe si&#232;cle explique le succ&#232;s de cette expression. On &#233;tait libre par rapport au poids de la religion, de la morale traditionnelle, des us et coutumes, du regard des voisins. Les gens arrivaient en ville, ils y &#233;taient inconnus. Ils &#233;taient devenus des individus, mais regroup&#233;s par classes sociales. Dans certains quartiers se formait alors une nouvelle identit&#233; qui &#233;tait, parall&#232;lement &#224; celles des bourgeois dans les &#171; beaux quartiers &#187;, celle de la classe ouvri&#232;re, avec ses valeurs, ses utopies, ses programmes, ses leaders, ses organisations. Organisations qui n'&#233;taient pas seulement politiques et syndicales, cela pouvait aussi &#234;tre des communaut&#233;s de toutes sortes, form&#233;es dans des clubs de jeux, les bals, lors des f&#234;tes&#8230; On se retrouvait dans les caf&#233;s, ces lieux de s&#233;dition comme disaient les ministres de la police. C'est en partie en r&#233;action &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne qu'&#233;mergea, &#224; la fin du xixe si&#232;cle, une politique du logement social : pour &#233;viter que les prolos &#171; tra&#238;nent dans la rue &#187;, se r&#233;unissent dans des &#171; mauvais lieux &#187;, discutent entre eux, complotent et s'organisent. Et, en incitant les ouvriers &#224; vivre en famille, &#224; se replier sur le logement, pour privatiser le mode de vie et effriter le sentiment de solidarit&#233; collective. N&#233;anmoins, jusque vers les ann&#233;es 1920-1930, l'identit&#233; ouvri&#232;re n'avait cess&#233; se s'affirmer comme identit&#233; de r&#233;sistance, voire de contre-offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vois-tu un lien entre cet affaiblissement de la &#171; libert&#233; des villes &#187; et l'arriv&#233;e massive d'urbains dans les campagnes, appel&#233;e aussi rurbanisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y vois surtout l'effet du march&#233; du logement. La concentration urbaine, qui va de pair avec la concentration du capital, fait que les classes dirigeantes ont besoin de plus en plus d'espaces bien situ&#233;s pour accueillir les si&#232;ges sociaux, les palais des congr&#232;s, les services li&#233;s aux activit&#233;s directionnelles (&#171; conseil &#187;, publicit&#233;&#8230;), les &#233;quipements de prestige, les r&#233;sidences pour cadres dirigeants, etc. Il y a une accumulation au centre des agglom&#233;rations de la force de travail qualifi&#233;e. C'est cette &#233;lite urbaine internationalis&#233;e qui pousse &#224; un &#233;talement urbain. La p&#233;riph&#233;rie s'&#233;tend sans fin. &#192; propos des banlieues, on disait &#171; sub-urbain &#187;. On parle maintenant de &#171; p&#233;ri-urbain &#187; ou m&#234;me de &#171; rurbain &#187;, car les zones rurales sont phagocyt&#233;es par des n&#233;o-citadins. Il faut distinguer deux cat&#233;gories. D'un c&#244;t&#233;, les exil&#233;s volontaires qui, appartenant aux couches ais&#233;es, vont habiter en maisons individuelles avec de l'espace et de la verdure pour les enfants. Dans ces banlieues dites r&#233;sidentielles, r&#233;sident aussi les jeunes cadres et techniciens qui veulent se mettre au large vu le prix des logements en ville. De l'autre c&#244;t&#233;, il y a les couches populaires, ouvri&#232;res et employ&#233;es, &#233;ject&#233;es des parties centrales des agglom&#233;rations par la sp&#233;culation, la gentrification et les politiques de &#171; renouvellement urbain &#187; qui visent &#224; r&#233;server les espaces &#171; requalifi&#233;s &#187; &#224; des gens &#171; de qualit&#233; &#187;. Mais on trouve aussi les franges inf&#233;rieures de la petite bourgeoisie intellectuelle (enseignants, travailleurs sociaux, infirmi&#232;res, artistes&#8230;), avec des jobs mal pay&#233;s et plus ou moins intermittents, qui ne peuvent s'offrir le centre des villes, devenu trop cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste donc &#224; un exode urbain des couches inf&#233;rieures et moyennes qui migrent vers la lointaine p&#233;riph&#233;rie. Certains vont s'&#233;tablir dans un habitat rural ou semi-rural d&#233;grad&#233; parce que d&#233;laiss&#233; par une population locale vieillissante. Mais ces nouveaux venus tirent le diable par la queue. Beaucoup n'ont pas trouv&#233; de travail car la ville est trop loin, &#224; vingt, trente voire quarante kilom&#232;tres. On peut parler d'une prol&#233;tarisation de ces n&#233;o-citadins exil&#233;s dans les zones rurales, tr&#232;s diff&#233;rents de leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, les n&#233;o-ruraux &#171; babas &#187; des ann&#233;es 1970. Des &#233;tudes montrent d'ailleurs que la majeure partie des couches populaires ne vit pas dans les &#171; cit&#233;s &#187;. Il n'y a que 3,8 millions d'habitants dans les 750 &#171; zones urbaines sensibles &#187; qui d&#233;fraient la chronique m&#233;diatico-polici&#232;re, alors que les classes populaires repr&#233;sentent environ 54 % de la population ! La majorit&#233; vit soit dans le sub-urbain, soit dans le p&#233;ri-urbain ou les zones rurales. Au XIXe si&#232;cle, le clivage de classes se traduisait par une coexistence plus ou moins pacifique des couches populaires et des couches bourgeoises. Aujourd'hui, il prend la forme du s&#233;paratisme. Les bourgeois ne voient m&#234;me plus les prolos ! Et r&#233;ciproquement. L'expansion urbaine s'&#233;tend sur des territoires de plus en plus vastes. Pour parfaire le tout, si l'on peut dire, il n'y a pas de communication entre ce qui reste de la culture rurale et celle de ces nouveaux arrivants. Ces derniers sont isol&#233;s, sans contact, sinon exceptionnellement comme, par d'exemple, dans les &#171; march&#233;s bio &#187; et les foires &#224; la brocante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi les classes dominantes ont-elles besoin de se r&#233;approprier les centres-villes ? N'aurait-il pas &#233;t&#233; plus &#233;conomique pour elles de s'installer autour, dans des friches, des zones d'activit&#233;s&#8230; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs types d'activit&#233;s. Effectivement, certaines, dites de pointe, peuvent &#234;tre d&#233;centralis&#233;es et d&#233;concentr&#233;es. Elles sont le support du d&#233;veloppement du capitalisme actuel : les laboratoires et centres de recherche, &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur. C'est pour &#231;a qu'on a fait des &#171; campus &#187; ou des &#171; technop&#244;les &#187;. Mais en ce qui concerne les activit&#233;s directionnelles et strat&#233;giques, la n&#233;cessit&#233; demeure, malgr&#233; les nouvelles techniques de communication, de ce que les patrons et les managers &#233;tasuniens appellent le&lt;i&gt; face to face contact&lt;/i&gt;. Et cela ne peut se faire n'importe o&#249;. Il faut des endroits tr&#232;s facilement accessibles, o&#249; l'on trouve sur place tout et tous ceux qui participent &#224; la prise de d&#233;cision. Par exemple, les salles de conf&#233;rences, bureaux d'avocats, les bo&#238;tes de publicit&#233;, les caf&#233;s et restaurants o&#249; l'on se retrouve. Il faut qu'il y ait un lieu central pour ces activit&#233;s, r&#233;unissant toutes ces conditions, financi&#232;res, juridiques, m&#233;diatiques, culturelles. On a m&#234;me cr&#233;&#233; des centres directionnels bis un peu p&#233;riph&#233;riques pour d&#233;sengorger les centres des m&#233;tropoles, comme La D&#233;fense &#224; Paris ou Canary Wharf &#224; Londres&#8230; Mais l'interconnexion des relations d'affaires et mondaines exige la concentration d'&#233;quipements qui concourt &#224; la reproduction de cette classe dirigeante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais quels sont alors aujourd'hui les projets des urbanistes ? Am&#233;nager les centres-villes pour les seuls int&#233;r&#234;ts des classes dirigeantes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la majeure partie des urbanistes, des architectes, des paysagistes qui travaillent pour le secteur priv&#233; ou pour les collectivit&#233;s territoriales se pr&#233;occupent tr&#232;s peu du sort des couches populaires. La mission impartie &#224; certains am&#233;nageurs urbains, c'est de contribuer &#224; &#233;viter les troubles &#8211; les pr&#233;tendues violences urbaines &#8211; engendr&#233;s par la rel&#233;gation des classes domin&#233;es dans un habitat d&#233;grad&#233; et d&#233;gradant. Autrement dit, rendre la s&#233;gr&#233;gation sociospatiale supportable par ceux qui la subissent. Mais, l'essentiel, pour les responsables politiques, &#233;lus locaux en t&#234;te, est de donner la priorit&#233; aux r&#233;alisations qui attirent les &#171; d&#233;cideurs &#187;, banquiers et patrons de firmes, ainsi que leurs servants : ing&#233;nieurs, chercheurs, universitaires de haut rang, la &#171; mati&#232;re grise &#187;, comme ils disent. Il faut donc aussi des b&#226;timents embl&#233;matiques, monumentaux, images de marque de la &#171; m&#233;tropole &#187;, comme la tour de la CMA-CGM &#224; Marseille&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette tour torsad&#233;e, situ&#233;e dans le quartier d'affaires Eurom&#233;diterran&#233;e, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. C'est un urbanisme qui a, sur le plan politique, pour projet et pour but de d&#233;poss&#233;der les couches populaires du droit &#224; la ville, du droit &#224; la centralit&#233; urbaine pour laisser la place aux &#233;lites. On peut r&#233;sumer les principes de cet urbanisme exclusif et excluant par les cinq H : haute technologie en ce qui concerne les activit&#233;s &#233;conomiques, hautes qualifications pour les cerveaux, hauts revenus, &#233;quipements haut de gamme et haute qualit&#233; environnementale. Ce sont les cinq piliers de la sagesse urbanistique d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, aux classes populaires parqu&#233;es dans les &#171; cit&#233;s &#187;, on r&#233;serve l'architecture dite de pr&#233;vention situationnelle ou &lt;i&gt;defensible space&lt;/i&gt;. Import&#233;e des &#201;tats-Unis, l'id&#233;e est d'&#171; am&#233;nager les lieux afin de pr&#233;venir le crime &#187;. Avec un double objectif : que les configurations spatiales soient dissuasives pour des fauteurs de troubles potentiels, mais facilitent aussi la r&#233;pression. On supprimera ainsi les toits-terrasses, les culs-de-sac, les recoins, les halls traversants, les auvents. On encouragera la &#171; r&#233;sidentialisation &#187; des HLM en transformant une partie de l'espace public au pied des immeubles en jardinets semi-privatifs avec des cl&#244;tures et des haies pour les prot&#233;ger des intrus, o&#249; l'on pourra introduire des barbel&#233;s ou des plantes v&#233;n&#233;neuses. Tout cela est officiel. Ce qui ne l'est pas, ce sont tous les dispositifs pr&#233;ventifs ou plut&#244;t pr&#233;paratifs militaropoliciers de &#171; guerre civile de basse intensit&#233; &#187;, dont traite le sociologue Mathieu Rigouste, pour &#233;craser les r&#233;voltes des damn&#233;s de la ville dans l'avenir&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mathieu Rigouste, L'Ennemi int&#233;rieur, La D&#233;couverte, 2009.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jean-Pierre Garnier, &lt;a href=&#034;http://atheles.org/agone/contrefeux/uneviolenceeminemmentcontemporaine/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Une violence &#233;minemment contemporaine Essais sur la ville, la petite bourgeoisie intellectuelle et l'effacement des couches populaires&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Agone, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Louis Chevalier, historien et d&#233;mographe, &#233;tait sp&#233;cialiste du milieu parisien. Il a notamment publi&#233; : &lt;a href=&#034;http://www.editions-perrin.fr/fiche.php?F_ean13=9782262027148&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Classes laborieuses et classes dangereuses &#224; Paris pendant la premi&#232;re moiti&#233; du XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#233;ditions Perrin, 1958, r&#233;&#233;dition Plon, 2002, et &lt;i&gt;Les Parisiens&lt;/i&gt;, Hachette, 1967, r&#233;&#233;d. Hachette, Coll. Pluriel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette tour torsad&#233;e, situ&#233;e dans le quartier d'affaires Eurom&#233;diterran&#233;e, est la plus haute de Marseille. Elle abrite le si&#232;ge social de la compagnie de transport maritime CMA-CGM.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mathieu Rigouste, &lt;a href=&#034;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-L_ennemi_interieur-9782707153968.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Ennemi int&#233;rieur&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, La D&#233;couverte, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Morceaux vol&#233;s du 84</title>
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&lt;p&gt;Tout s'explique &#171; Les m&#233;dias populaires d'aujourd'hui sont des m&#233;dias commerciaux qui parviennent &#224; toucher les ressorts de la sensibilit&#233; et de lecture populaire du monde mais qui n'ont pas d'autres logiques que celles du profit et de la rentabilit&#233;. Quant aux m&#233;dias &#8220;engag&#233;s&#8221; qui cherchent &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des classes populaires, ils sont justement peu lus par ceux dont ils s'affirment les porte-parole : la logique de la l&#233;gitimit&#233; politique les conduit &#224; adopter des mots, des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no84-decembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;84 (d&#233;cembre 2010)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tout s'explique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les m&#233;dias populaires d'aujourd'hui sont des m&#233;dias commerciaux qui parviennent &#224; toucher les ressorts de la sensibilit&#233; et de lecture populaire du monde mais qui n'ont pas d'autres logiques que celles du profit et de la rentabilit&#233;. Quant aux m&#233;dias &#8220;engag&#233;s&#8221; qui cherchent &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des classes populaires, ils sont justement peu lus par ceux dont ils s'affirment les porte-parole : la logique de la l&#233;gitimit&#233; politique les conduit &#224; adopter des mots, des repr&#233;sentations et des sch&#232;mes qui ne sont pas ceux de leurs lecteurs [&#8230;].
Depuis Le Cri du peuple de Jules Vall&#232;s, qui au XIXe si&#232;cle avait r&#233;ussi &#224; conqu&#233;rir une v&#233;ritable audience dans les milieux populaires, aucun journal (sauf peut-&#234;tre L'Humanit&#233; apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, mais d'abord parce qu'il s'appuyait sur l'influence du Parti communiste), n'a r&#233;ussi &#224; &#234;tre &#224; la fois engag&#233; et populaire. Alors que le champ m&#233;diatique est en pleine restructuration, s'engager dans l'aventure de la construction d'un tel m&#233;dia supposerait de rompre avec tout pr&#233;jug&#233; intellectualiste, de prendre au s&#233;rieux les faits divers, le sport, les potins pour ce qu'ils rec&#232;lent d'une forme de conscience politique pour les articuler de fa&#231;on plus souple avec les discours programmatiques et le jeu politique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vincent Goulet, &lt;i&gt;M&#233;dias et classes populaires. Les usages ordinaires des informations&lt;/i&gt;, INA &#233;ditions, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La ville en rose&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous entend&#238;mes alors le ronflement du Canadair, au loin. Il rasait les arrondissements. Momo riait nerveusement. L'avion passa au-dessus de nous en vrombissant, et largua ses trois mille litres de peinture rose sur le Sacr&#233;-C&#339;ur. Le plan du si&#232;cle. Quelle jouissance ! L'appareil tourna une fois autour de l'&#233;glise r&#233;actionnaire et disparut vers l'ouest. Momo et moi pass&#226;mes deux heures extra-humaines &#224; voir le soleil couchant &#233;clairer de ses feux de plus en plus maigres la meringue mal&#233;fique qui tr&#244;nait au-dessus de Paris.
Le merdier avait quand m&#234;me ses bons c&#244;t&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Bernard Pouy, &lt;i&gt;Spinoza encule Hegel&lt;/i&gt;, Gallimard &#8211; Folio Policier, 1999 (&#201;ditions Baleine, 1996).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Oh, une chanson&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&#171; Voil&#224; que des animalcules&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui ont un cerveau minuscule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf pour leur argent qui les br&#251;le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cident de qui vit qui s'annule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces rois sans nom &#224; particule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Font leur parade comme des consuls&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour leur pognon qui s'accumule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et leurs profits qui nous enculent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils assassinent comme des pit-bulls&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'inutile de leurs bidules&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terre engraisse un groupuscule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cr&#232;ve de faim sous canicule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont tout seuls et on pullule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur fin du monde et leurs calculs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous leurs arguments sont nuls&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les id&#233;es toujours circulent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le bon sang dans les veinules&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles se construisent et se modulent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans manifeste en fascicule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas des matricules
Des moutons bouffeurs de pilules&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes surtout des t&#234;tes de mules&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour notre vie brisons nos bulles. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel H&#233;lin, &#171; Les bulles &#187;, &lt;i&gt;Les bulles&lt;/i&gt;, Label T&#244;t ou tard, 2001.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand le peuple s'y mettra&#8230;</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;Peu connue, la r&#233;volution de Juillet 1830 ! Pourtant, c'est bien lors de ces journ&#233;es que le peuple de Paris pose les premiers jalons d'une classe ouvri&#232;re en devenir. Contexte : cela fait maintenant plus d'une dizaine d'ann&#233;es que la France &#8211; avec l'Angleterre &#8211; est parcourue par des mouvements de r&#233;sistance &#224; la m&#233;canisation. Les typographes parisiens sont en premi&#232;re ligne et ont d&#233;j&#224; exprim&#233; leur col&#232;re en 1827. Pour tenter de regonfler sa cote de popularit&#233; et le moral de la nation, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une-classe" rel="tag"&gt;d'une classe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peu connue&lt;/strong&gt;, la r&#233;volution de Juillet 1830 ! Pourtant, c'est bien lors de ces journ&#233;es que le peuple de Paris pose les premiers jalons d'une classe ouvri&#232;re en devenir. Contexte : cela fait maintenant plus d'une dizaine d'ann&#233;es que la France &#8211; avec l'Angleterre &#8211; est parcourue par des mouvements de r&#233;sistance &#224; la m&#233;canisation. Les typographes parisiens sont en premi&#232;re ligne et ont d&#233;j&#224; exprim&#233; leur col&#232;re en 1827. Pour tenter de regonfler sa cote de popularit&#233; et le moral de la nation, Charles X vient de lancer les troupes fran&#231;aises &#224; la conqu&#234;te de l'Alg&#233;rie. Rat&#233; : en juin 1830, l'opposition lib&#233;rale gagne les &#233;lections. Le roi, d&#233;pit&#233;, r&#233;plique par une s&#233;rie d'ordonnances qui suppriment la libert&#233; de presse, dissolvent la Chambre et augmentent le cens. Pour m&#233;moire, c'est une &#233;poque o&#249; les minots triment jusqu'&#224; quatorze heures par jour pour un salaire de 45 centimes. Femmes et hommes bossent des journ&#233;es de 18 heures et touchent respectivement 1 et 2 francs. Les effets du krach de la bourse de Londres en d&#233;cembre 1825 ont encore aggrav&#233; les conditions de vie des classes populaires. Le pain est hors de prix. On mange de la mauvaise farine, les &#233;pid&#233;mies pullulent. Quand le populo ouvre sa gueule, des cours pr&#233;v&#244;tales, v&#233;ritables juridictions d'exception, l'assomment de peines d&#233;lirantes de travaux forc&#233;s ou de prison. Aussi, quand tombent les ordonnances, le peuple devient tout col&#232;re. Le 26 juillet, des &#233;tudiants et des ouvriers regroup&#233;s dans l'Association des patriotes, rassemblant environ 10 000 membres&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette soci&#233;t&#233; secr&#232;te cr&#233;&#233;e en janvier 1830 va dans les mois pr&#233;c&#233;dant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, clament les textes royaux dans les rues de la capitale. Au soir, certains vont casser les t&#233;l&#233;graphes Chiappe assurant le lien entre Paris et la province, pendant que d'autres d&#233;truisent l'&#233;clairage public. Au matin du 27, quatre journaux sortent malgr&#233; l'interdiction. Intervention de la police. Premiers affrontements. Dans le Faubourg Saint-Antoine, plus de 5 000 artisans pillent les armureries. Une colonne d'insurg&#233;s file vers le centre-ville. &#192; onze heures, le tocsin appelle &#224; l'insurrection qui va durer trois jours. Dans les quartiers populaires, sur les deux rives du fleuve, on dresse des barricades. Il y en aura plus de 4 000. Tout est bon pour monter sa redoute : pav&#233;s, charrettes, charpentes, omnibus, cadavres de chevaux. Claquemur&#233;s dans leur logis, les bourgeois observent avec frayeur les &#233;v&#232;nements, pendant que, lanc&#233;s du haut des immeubles, pav&#233;s, tuiles et meubles font des d&#233;g&#226;ts consid&#233;rables dans les rangs de la garde royale. Tout le monde prend part &#224; l'&#233;meute : artisans, ouvriers, anciens des campagnes napol&#233;oniennes, femmes, enfants. Dans sa chronique de juillet 1830, Rozet relatera : &lt;i&gt;&#171; Un homme du peuple qui combattait avait pour lui tout le monde ; un soldat avait contre lui tout le monde. D&#232;s qu'un homme du peuple avait tir&#233; son coup de fusil, une porte s'ouvrait pour le recevoir, et se refermait sur-le-champ, pour qu'il p&#251;t recharger son arme en s&#251;ret&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans Laurent Louessard, La R&#233;volution de Juillet 1830, &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; Le 29 juillet, le ch&#226;teau des Tuileries tombe. La famille r&#233;gnante a mis les bouts et la garde royale s'est repli&#233;e sur Saint-Cloud. On pose son cul sur le tr&#244;ne. On f&#234;te ! On a gagn&#233;, apr&#232;s tout ! Mais pas pour longtemps : les d&#233;put&#233;s lib&#233;raux font leur retour. Une commission, rapidement &#233;lue, s'installe &#224; l'h&#244;tel de ville. On f&#233;licite le peuple, bien s&#251;r, mais, maintenant, il doit passer la main aux professionnels. Car en fait de r&#233;publique appel&#233;e de ses v&#339;ux par la populace, les &#233;lus n'en veulent pas vraiment. Pas du tout m&#234;me. Alors, on trouve un palliatif qui devra contenter son monde dans cette &#233;poque o&#249; les id&#233;aux de la R&#233;volution fran&#231;aise sont encore dans les esprits : on va remplacer Charles X, membre de cette caste des Bourbons d&#233;test&#233;e par tous, par un Valois, le duc d'Orl&#233;ans, futur Louis-Philippe, qui sous les traits d'un opposant mod&#233;r&#233; aux ultras royalistes va sans tarder favoriser la bourgeoisie manufacturi&#232;re et plonger dans la mis&#232;re les ouvriers. Infecte embrouille qui ne fera que retarder de peu les prochains embrasements populaires&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette soci&#233;t&#233; secr&#232;te cr&#233;&#233;e en janvier 1830 va dans les mois pr&#233;c&#233;dant l'insurrection se consacrer au recrutement et &#224; l'entra&#238;nement de plusieurs milliers de personnes de tous &#226;ges et de toutes professions. Son projet : &lt;i&gt;&#171; faire tourner au profit du peuple les tentatives qu'on pourrait oser contre lui. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233; dans Laurent Louessard, &lt;a href=&#034;http://www.atheles.org/spartacus/livres/larevolutiondejuillet1830/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La R&#233;volution de Juillet 1830&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#233;ditions Spartacus, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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