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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Entre gestion et subversion : Madrid la rouge ?</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>del Sol</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour Esperanza Aguirre, candidate malheureuse du Partido popular (PP) aux &#233;lections municipales de mai 2015, Madrid est tomb&#233; aux mains des &#171; rouges &#187;, qui vont implanter des soviets dans tous les districts. &#171; Elle n'est pas con, Esperanza, c'est exactement ce que nous voulons faire ! &#187;, goguenardise Pablo Carmona, activiste aujourd'hui en poste &#224; la mairie. Des &#171; rouges &#187; qui, comme en 1936, vont &#171; incendier les &#233;glises et violer les bonnes s&#339;urs &#187;, selon le tweet d'une d&#233;put&#233;e de Valencia (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/egalement-epicentre" rel="tag"&gt;&#233;galement &#233;picentre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une-guerre" rel="tag"&gt;d'une guerre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Patio-Maravillas" rel="tag"&gt;Patio Maravillas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/places-demarre" rel="tag"&gt;places d&#233;marr&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/del-Sol" rel="tag"&gt;del Sol&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour Esperanza Aguirre, candidate malheureuse du Partido popular (PP) aux &#233;lections municipales de mai 2015, Madrid est tomb&#233; aux mains des &#171; &lt;i&gt;rouges&lt;/i&gt; &#187;, qui vont implanter des soviets dans tous les districts. &#171; &lt;i&gt;Elle n'est pas con, Esperanza, c'est exactement ce que nous voulons faire !&lt;/i&gt; &#187;, goguenardise Pablo Carmona, activiste aujourd'hui en poste &#224; la mairie. Des &#171; rouges &#187; qui, comme en 1936, vont &#171; &lt;i&gt; incendier les &#233;glises et violer les bonnes s&#339;urs&lt;/i&gt; &#187;, selon le tweet d'une d&#233;put&#233;e de Valencia le soir des &#233;lections municipales de mai dernier. O&#249; en est-on cent jours plus tard ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Puerta del Sol, c&#339;ur du Madrid touristique, mais &#233;galement &#233;picentre du 15-M, mouvement d'occupation des places d&#233;marr&#233; le 15 mai 2011, porte les stigmates d'une guerre de signes. Ici, ce ne sont pas les chars, mais une mainmise mercantile qui &#233;crase l'espace public. La station de m&#233;tro a subi un &lt;i&gt;naming&lt;/i&gt; bien bourrin : &#171; Vodafone-Sol &#187; &#8211; comme si &#224; Paris la station Champs-&#201;lys&#233;es &#233;tait rebaptis&#233;e McDo-&#201;lys&#233;es. Sur une b&#226;che de 15 m&#232;tres de haut, Gareth Bale, attaquant gallois du Real Madrid, serre le poing et hurle un slogan par-dessus la t&#234;te des passants : &#171; &lt;i&gt;Destroy order&lt;/i&gt; &#187;&#8230; pour le compte d'Adidas. Dans son ombre, la plus typique enseigne T&#237;o Pepe est exil&#233;e sur le toit d'un immeuble nain : transfert op&#233;r&#233; &#224; la demande d'Apple, qui vient d'installer 6 000 m2 de son froid merchandising dans l'&#233;difice le plus imposant de la place, le tr&#232;s mussolinien ex-h&#244;tel de Paris, en fa&#231;ade duquel flotte d&#233;sormais le drapeau noir &#8211; floqu&#233; du logo post-&#233;d&#233;nique de la marque &#224; la pomme. Un peu plus loin, un autre panneau pharaonique fait lever les yeux au ciel, o&#249; un mannequin du centre commercial El Corte Ingl&#233;s minaude en anglais : &#171; &lt;i&gt;Ils ont chang&#233; le monde, pas ma chemise.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2362 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH508/-634-3d65f.jpg?1779603442' width='400' height='508' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Eneko.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le retour &#224; la normale voulu par la classe politique et les multinationales passe par cette r&#233;&#233;criture de la rue, l&#224; o&#249;, deux ans auparavant, des milliers de balcons se paraient de pancartes enflamm&#233;es contre les coupes budg&#233;taires impos&#233;es par l'Europe. Les &lt;i&gt;mareas&lt;/i&gt; &#8211; verte (&#233;ducation), blanche (sant&#233;), orange (services sociaux) ou jaune (biblioth&#232;ques) &#8211; inondaient les carrefours de leurs manifestants. La capitale semblait submerg&#233;e par un tsunami de r&#233;volte. Surtout quand ces mar&#233;es s'unissaient en un arc-en-ciel de r&#233;sistances. Les immenses squats radicaux tenaient bon, comme le Casablanca, et les centres sociaux comme l'embl&#233;matique Patio Maravillas n'avaient pas encore &#233;t&#233; expuls&#233;s. Entre temps, le gouvernement a recul&#233; sur certains aspects les plus scandaleux de son programme d'aust&#233;rit&#233;, mais a tenu bon sur le principal, et la rue s'est fatigu&#233;e. Ahora Madrid est n&#233; de cette vacance, une organisation mont&#233;e &#224; la va-vite. Pas un parti (pas de local, pas de programme), mais un espace de coordination. Des anciens squatteurs autonomes, des activistes du 15-M, la base de partis de gauche radicale, des d&#233;senchant&#233;s de partis moribonds (Izquierda Unida ou les &#233;cologistes d'Equo), rassembl&#233;s d'abord sous la banni&#232;re Ganemos Madrid, puis Ahora Madrid quand quelques partisans de Podemos se sont joints &#224; l'aventure. Avec l'embl&#233;matique juge rouge Manuela Carmena.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des premi&#232;res mesures de la nouvelle municipalit&#233; : lancer un audit de la dette municipale (pr&#232;s de 6 milliards d'euros !), &#224; la recherche de malversations et autres conflits d'int&#233;r&#234;ts commis durant les ann&#233;es PP. Mais la juge Carmena, qui a plus l'habitude des pr&#233;toires que de la rue et manie mieux la balance que le glaive, a tenu &#224; rassurer les cr&#233;anciers : ils seront pay&#233;s quelle qu'en soit la conclusion. R&#233;volution en demi-teinte. La cur&#233;e m&#233;diatique a pourtant &#233;t&#233; lanc&#233;e d&#232;s le premier jour. L'adjoint &#224; la Culture de l'&#233;quipe Carmena, membre de feu le centre social Patio Maravillas, a &#233;t&#233; forc&#233; &#224; d&#233;missionner deux jours apr&#232;s avoir pris ses fonctions, accus&#233; de tweets antis&#233;mites datant de 2012. Accusation qu'un tribunal, saisi &#224; une vitesse record, a rapidement abandonn&#233;e faute de fondement. Dans le m&#234;me registre, la jeune porte-parole de la nouvelle mairie a &#233;t&#233; accus&#233;e d'avoir montr&#233; ses seins dans une chapelle quand elle &#233;tait &#233;tudiante&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, l'&#233;quipe municipale est un dr&#244;le de magma instable, aux histoires diverses. La recherche de cr&#233;dibilit&#233; avant les actes, voil&#224; qui n'est pas du go&#251;t de celles et ceux qui viennent du 15-M. Et les bandes de Traficantes de Sue&#241;os ou du Patio Maravillas, tr&#232;s organis&#233;es malgr&#233; leurs racines plong&#233;es dans l'autonomie des ann&#233;es 1980, a d'autres plans : &#171; &lt;i&gt;La question quand on arrive &#224; la mairie, c'est de savoir si on va avoir une politique de gestion ou de conflit&lt;/i&gt;, explique Fern&#225;n, proche de Traficantes et membre du journal ind&#233;pendant &lt;i&gt;Diagonal&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Nous, on n'est pas l&#224; pour g&#233;rer les probl&#232;mes du pass&#233;, mais pour continuer &#224; nous battre. C'est justement parce que des copains sont &#224; la mairie qu'on va foutre le bordel dans la rue, plus que jamais.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, hors le conseil municipal, des doutes persistent. Mar&#237;a Fern&#225;ndez, qui avait particip&#233; activement &#224; tous les mouvements sociaux n&#233;s de la crise, a l&#226;ch&#233; prise quand l'essentiel des forces s'est jet&#233; &#224; corps perdu dans le pari municipaliste. Son amie Sol S&#225;nchez, d'Attac-Madrid, trouve l'adjoint au maire d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; l'&#201;conomie comp&#233;tent, mais Mar&#237;a vitup&#232;re la ti&#233;deur des premi&#232;res mesures : &#171; &lt;i&gt;La seule remunicipalisation de services a &#233;t&#233; celle des pompes fun&#232;bres, le contrat arrivant &#224; terme.&lt;/i&gt; &#187; D'ailleurs, la plateforme intersyndicale des &#233;boueurs est furax : Ahora Madrid avait promis de r&#233;embaucher les 1 200 agents licenci&#233;s en 2013 par l'entreprise sous-traitante suite &#224; un plan social. L'entreprise rechignant &#224; obtemp&#233;rer, la mairie envisage de les rembaucher, mais vu l'&#233;tat des finances, elle annonce un &#233;chelonnement sur plusieurs mois ou ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte du 15-M, des mar&#233;es sociales et des marches pour la dignit&#233;, qui a atteint son z&#233;nith lors de l'encerclement du Congr&#232;s des d&#233;put&#233;s par 40 000 manifestants en septembre 2012, est-elle retomb&#233;e ? Le mouvement social a-t-il fonc&#233; t&#234;te baiss&#233;e dans le chiffon rouge de l'institutionnalisation ? Difficile d'en juger avec si peu de recul. Une chose est s&#251;re, les nouvelles mairies r&#233;alisent ce qui paraissait inimaginable il y a cinq ans : bousculer le socle du bipartisme et de la monarchie sur lequel repose le &#171; syst&#232;me de 1978 &#187; &#8211; pactes de la Moncloa et Transition d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption devenue end&#233;mique&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carlos Solchaga, ex-ministre des Finances de Felipe Gonz&#225;lez, d&#233;clarait avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et le syst&#232;me des &#171; portes-tambour &#187; qui permet aux gouvernants ayant privatis&#233; des entreprises d'y &#234;tre embauch&#233;s apr&#232;s leur mandat, ont d&#233;go&#251;t&#233; les classes populaires et moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discr&#233;dit des Bourbons, dont l'abdication de Juan Carlos Ier est le r&#233;sultat, n'est pas anecdotique. La d&#233;testation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la classe politique, qui explique le coup de tonnerre des derni&#232;res municipales, non plus : &#171; &lt;i&gt;Le PP n'a aucune id&#233;ologie, m&#234;me n&#233;olib&#233;rale. C'est un cartel de caciques corrompus, des petits-fils de pontes franquistes qui consid&#232;rent ce pays comme leur chasse gard&#233;e. Ils m&#233;prisent copieusement le peuple&lt;/i&gt; &#187;, ass&#232;ne Mar&#237;a, assise &#224; la terrasse d'un bar de la place 2-de-Mayo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet pervers, le pari municipaliste aura &#233;t&#233; une v&#233;ritable saign&#233;e pour les mouvements sociaux. Les plus actifs, les plus dou&#233;s pour la communication ou l'organisation collective, celles et ceux au carnet d'adresses bien fourni, se sont impliqu&#233;s dans le processus &#233;lectoral, d&#233;shabillant le front de l'action collective dans les rues. Mais la plupart des personnes rencontr&#233;es, m&#234;me critiques sur la d&#233;rive &#233;lectoraliste et personnaliste (&#171; &lt;i&gt;p&#233;roniste&lt;/i&gt; &#187;, disent certains&#8230;) de Podemos, reconnaissent que le moment est, si ce n'est historique, du moins exceptionnel, riche en enseignements et en exp&#233;riences. Malgr&#233; les divergences, tout le monde souhaite la subversion de l'&#233;tat des choses actuel. Rares sont ceux qui se contentent d'invoquer les m&#226;nes des amis de Durruti. Les id&#233;es libertaires se confrontent au pragmatisme, elles servent d'aiguillon et de garde-fous plus que de surmoi radical. L'urgence sociale est telle que l'heure n'est pas &#224; la crispation sur des postures &#233;rudites. Plut&#244;t &#224; l'intelligence partag&#233;e et affin&#233;e dans l'action.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Carlos Solchaga, ex-ministre des Finances de Felipe Gonz&#225;lez, d&#233;clarait avec fiert&#233; que &#171; &lt;i&gt;l'Espagne est le pays&lt;/i&gt; [europ&#233;en] &lt;i&gt;o&#249; l'on peut s'enrichir le plus rapidement&lt;/i&gt; &#187;. Sa coll&#232;gue &#224; la Culture, Carmen Calvo, pr&#233;f&#233;rait cultiver l'ambig&#252;it&#233; : &#171; &lt;i&gt;Nous g&#233;rons l'argent public et l'argent public n'est &#224; personne.&lt;/i&gt; &#187; &#192; droite, on se l&#226;che : &#171; &lt;i&gt;Je suis entr&#233; en politique pour m'en foutre plein les poches&lt;/i&gt; &#187;, avouait Vicente Sanz, alors pr&#233;sident du Partido popular de Valencia.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Debout partout</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; Ceci n'est pas un exercice &#187; Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016. &#171; Ce n'est pas une crise, c'est un syst&#232;me &#187;, dit un slogan des manifestations d'avril et de mai 2016, appel&#233;es &#224; durer. Uni.e.s contre la loi Travail et le trait&#233; transatlantique en arri&#232;re-plan, beaucoup partagent la m&#234;me d&#233;sillusion : comment a-t-on pu voter PS ? Et face &#224; la proposition carri&#233;riste de devenir fakir &#224; la place du fakir des plus &#171; progressistes &#187; (Front de Gauche, Podemos, Syriza, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ceci n'est pas un exercice &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2302 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH502/-574-04ea8.jpg?1779602900' width='400' height='502' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Eneko.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas une crise, c'est un syst&#232;me&lt;/i&gt; &#187;, dit un slogan des manifestations d'avril et de mai 2016, appel&#233;es &#224; durer. Uni.e.s contre la loi Travail et le trait&#233; transatlantique en arri&#232;re-plan, beaucoup partagent la m&#234;me d&#233;sillusion : comment a-t-on pu voter PS ? Et face &#224; la proposition carri&#233;riste de devenir fakir &#224; la place du fakir des plus &#171; progressistes &#187; (Front de Gauche, Podemos, Syriza, etc.), on ne sent plus que la d&#233;composition de la verticalit&#233;, de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et de la personnalisation du pouvoir. Le d&#233;ferlement des violences polici&#232;res, l'ultralib&#233;ralisme et la malhonn&#234;tet&#233; des &#171; socialistes &#187; ont tellement d&#233;charn&#233; les mots politiques de leur sens, qu'il ne reste plus qu'&#224; tout inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous pensiez vraiment qu'on resterait sur Twitter&lt;/i&gt; &#187;, lisait-on sur des banderoles lyc&#233;ennes de Bourg-en-Bresse. Ce sont les plus jeunes, celles et ceux qu'on croyait r&#233;sign&#233;.e.s &#224; la vie 2.0 et la concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui ont su les premiers d&#233;border le syndicalisme &#224; papa sur sa gauche pour enflammer la rue. Dans cette br&#232;che de jouvence se sont engouffr&#233;s les intermittents, la base syndicale (postiers, femmes de m&#233;nage, restauration, etc.) et toute une frange qu'on pensait endormie ou accabl&#233;e par les r&#233;cents conflits int&#233;rieurs et ext&#233;rieurs : les non organis&#233;.e.s, freelances, stagiaires, auto-entrepreneur.se.s, non syndiqu&#233;.e.s, &#233;tudiant.e.s pauvres, etc. Bref, le pr&#233;cariat qui a su prendre les places en une constellation incertaine de Nuits Debouts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un jour de mai 2016, donc. (Note du webmaster en gr&#232;ve.)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, 180 villes en France et 15 pays dans le monde ont embo&#238;t&#233; le pas de la place de la R&#233;publique parisienne, avant le Global Debout pr&#233;vu le 15 mai, date anniversaire de l'occupation de la Puerta del Sol qui, &#224; partir du constat que les politiciens ne nous repr&#233;sentent pas, avait permis d'organiser de puissants combats contre la crise du logement et les politiques d'aust&#233;rit&#233; de l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Que revive la Commune&lt;/i&gt; &#187;, ce tag tr&#244;ne depuis les d&#233;buts du mouvement sur la bouche de m&#233;tro de la place de la R&#233;publique, et nomme un d&#233;sir qui s'affine et se socialise. Le chemin sera long, mais &#224; travers l'organisation autonome de groupes d'action, l'appui aux r&#233;fugi&#233;.e.s, la place r&#233;affirm&#233;e des femmes ou des quartiers populaires, ce sont des valeurs de solidarit&#233; qui reviennent en force. Sur les places, la parole a &#233;t&#233; prise. Sans &#233;vidence : au milieu des revendications particuli&#232;res et des mises en commun, &#233;mergent des maladresses, des d&#233;saccords, des conflits m&#234;me. Quoi de plus logique quand les murs des chapelles militantes se fissurent ? Au final, les occupations de l'espace public s'ajoutent aux manifestations, ZAD, actions directes, entraides de quartier, repaires associatifs et autres outils de lutte pour fabriquer un monde d&#233;barrass&#233; du capitalisme. &#192; la suite des attentats de 2015, politiciens, journalistes et animateurs nous exhortaient &#224; retourner le plus vite possible &#224; la vie normale. Rat&#233;. Apr&#232;s ce beau mois de mars, nous serons beaucoup &#224; ne plus retourner ni &#224; la normale, ni &#224; l'&#233;tat d'exception. Contre leurs guerres, leurs profits et leur tristesse, continuons de scander : &#171; &lt;i&gt;On est nombreux, on fait ce qu'on veut ! &lt;/i&gt; &#187;
*Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au sommaire :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rennes : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Rennes-La-bataille-du-centre-ville&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La bataille du centre-ville&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lille : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Lille-Convergence-des-nuits&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Convergence des nuits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marseille et la CGT : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Marseille-Un-Pastis-bien-noye&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un Pastis... bien noy&#233; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marseille : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Marseille-Le-S-O-fait-son-chaud&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le S.O. fait son chaud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nuit Debout : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Nuit-Debout-le-mois-le-plus-long&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le mois le plus long&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aubervilliers, Place des F&#234;tes : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/A-l-aube-de-nouvelles-Nuits&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'aube de nouvelles Nuits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analyse : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Tout-le-monde-apprend-avec-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Tout le monde apprend avec la crise &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Un-degre-de-violence-rare&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Un degr&#233; de violence rare &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Nuit-Debout-La-greve-c-est-relever&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La gr&#232;ve, c'est relever la t&#234;te &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/En-bref-mais-debout&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En bref mais debout&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un jour de mai 2016, donc. (Note du webmaster en gr&#232;ve.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nuits debout, de la col&#232;re &#224; l'action</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Nuits-debout-de-la-colere-a-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Nuits-debout-de-la-colere-a-l</guid>
		<dc:date>2016-05-09T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq, L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
		<dc:subject>Eneko</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'on</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
		<dc:subject>Mais</dc:subject>
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		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>loi Travail</dc:subject>
		<dc:subject>nuit</dc:subject>
		<dc:subject>Nuits</dc:subject>
		<dc:subject>Aubervilliers</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans son num&#233;ro 143, actuellement en kiosque, CQFD consacre son dossier &#034;Debout partout&#034; au mouvement social en cours, sur huit pages. En voici l'introduction et un premier article, au sujet de l'aube des Nuits debout d'Aubervilliers et de Place des F&#234;tes &#224; Paris (20e). &#171; Ceci n'est pas un exercice &#187; &#171; Ce n'est pas une crise, c'est un syst&#232;me &#187;, dit un slogan des manifestations d'avril et de mai 2016, appel&#233;es &#224; durer. Uni.e.s contre la loi Travail et le trait&#233; transatlantique en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin-Barzilai-105" rel="tag"&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Eneko" rel="tag"&gt;Eneko&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mais" rel="tag"&gt;Mais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi-Travail" rel="tag"&gt;loi Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nuit" rel="tag"&gt;nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nuits" rel="tag"&gt;Nuits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aubervilliers" rel="tag"&gt;Aubervilliers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no143-special&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;num&#233;ro 143&lt;/a&gt;, actuellement en kiosque, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; consacre son dossier &#034;Debout partout&#034; au mouvement social en cours, sur huit pages. En voici l'introduction et un premier article, au sujet de l'aube des Nuits debout d'Aubervilliers et de Place des F&#234;tes &#224; Paris (20e).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Ceci n'est pas un exercice&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Ce n'est pas une crise, c'est un syst&#232;me&lt;/i&gt; &#187;, dit un slogan des manifestations d'avril et de mai 2016, appel&#233;es &#224; durer. Uni.e.s contre la loi Travail et le trait&#233; transatlantique en arri&#232;re-plan, beaucoup partagent la m&#234;me d&#233;sillusion : comment a-t-on pu voter PS ? Et face &#224; la proposition carri&#233;riste de devenir fakir &#224; la place du fakir des plus &#171; progressistes &#187; (Front de Gauche, Podemos, Syriza, etc.), on ne sent plus que la d&#233;composition de la verticalit&#233;, de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et de la personnalisation du pouvoir. Le d&#233;ferlement des violences polici&#232;res, l'ultralib&#233;ralisme et la malhonn&#234;tet&#233; des &#171; socialistes &#187; ont tellement d&#233;charn&#233; les mots politiques de leur sens, qu'il ne reste plus qu'&#224; tout inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous pensiez vraiment qu'on resterait sur Twitter&lt;/i&gt; &#187;, lisait-on sur des banderoles lyc&#233;ennes de Bourg-en-Bresse. Ce sont les plus jeunes, celles et ceux qu'on croyait r&#233;sign&#233;.e.s &#224; la vie 2.0 et la concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui ont su les premiers d&#233;border le syndicalisme &#224; papa sur sa gauche pour enflammer la rue. Dans cette br&#232;che de jouvence se sont engouffr&#233;s les intermittents, la base syndicale (postiers, femmes de m&#233;nage, restauration, etc.) et toute une frange qu'on pensait endormie ou accabl&#233;e par les r&#233;cents conflits int&#233;rieurs et ext&#233;rieurs : les non organis&#233;.e.s, freelances, stagiaires, auto-entrepreneur.se.s, non syndiqu&#233;.e.s, &#233;tudiant.e.s pauvres, etc. Bref, le pr&#233;cariat qui a su prendre les places en une constellation incertaine de Nuits Debout. &#192; ce jour, 180 villes en France et 15 pays dans le monde ont embo&#238;t&#233; le pas de la place de la R&#233;publique parisienne, avant le Global Debout pr&#233;vu le 15 mai, date anniversaire de l'occupation de la Puerta del Sol qui, &#224; partir du constat que les politiciens ne nous repr&#233;sentent pas, avait permis d'organiser de puissants combats contre la crise du logement et les politiques d'aust&#233;rit&#233; de l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Que revive la Commune&lt;/i&gt; &#187;, ce tag tr&#244;ne depuis les d&#233;buts du mouvement sur la bouche de m&#233;tro de la place de la R&#233;publique, et nomme un d&#233;sir qui s'affine et se socialise. Le chemin sera long, mais &#224; travers l'organisation autonome de groupes d'action, l'appui aux r&#233;fugi&#233;.e.s, la place r&#233;affirm&#233;e des femmes ou des quartiers populaires, ce sont des valeurs de solidarit&#233; qui reviennent en force. Sur les places, la parole a &#233;t&#233; &lt;i&gt;prise&lt;/i&gt;. Sans &#233;vidence : au milieu des revendications particuli&#232;res et des mises en commun, &#233;mergent des maladresses, des d&#233;saccords, des conflits m&#234;me. Quoi de plus logique quand les murs des chapelles militantes se fissurent ? Au final, les occupations de l'espace public s'ajoutent aux manifestations, ZAD, actions directes, entraides de quartier, repaires associatifs et autres outils de lutte pour fabriquer un monde d&#233;barrass&#233; du capitalisme. &#192; la suite des attentats de 2015, politiciens, journalistes et animateurs nous exhortaient &#224; retourner le plus vite possible &#224; la vie normale. Rat&#233;. Apr&#232;s ce beau mois de mars, nous serons beaucoup &#224; ne plus retourner ni &#224; la normale, ni &#224; l'&#233;tat d'exception. Contre leurs guerres, leurs profits et leur tristesse, continuons de scander : &#171; &lt;i&gt;On est nombreux, on fait ce qu'on veut !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1689 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH502/-11-fe231.jpg?1779603392' width='400' height='502' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Eneko.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dessin r&#233;alis&#233; pour le 15-Mai espagnol en 2011 par le grand Eneko, et solidairement traduit pour ce num&#233;ro de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &amp; Nuit Debout.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La R&#233;daction &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; l'aube de nouvelles Nuits&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Non, la R&#233;publique n'est pas le centre du monde. Les banlieues et les quartiers se l&#232;vent aussi ! Reportage &#224; Aubervilliers en Seine-Saint-Denis&#8232;et sur la place des F&#234;tes, &#224; Paris, o&#249;, loin des grands m&#233;dias, on fait aussi sa Nuit Debout, m&#234;me avec peu de monde.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 23 avril, 15h, Aubervilliers. &#171; &lt;i&gt;Puisqu'on est pas nombreux, on pourrait se rapprocher et se passer de micro, peut-&#234;tre ?&lt;/i&gt; &#187; Pas la peine de proc&#233;der &#224; un vote, comme un seul homme, la petite trentaine de personnes pr&#233;sentes se resserrent dans un coin de la place de la Mairie. Cette apr&#232;s-midi-l&#224;, tout semble d&#233;sert&#233;, m&#234;me le man&#232;ge pour enfants. Un petit vent frais vient donner une touche presque hivernale &#224; ce second rassemblement d'Aubervilliers Debout, mais pas de quoi d&#233;courager la trentaine de courageux militants, travailleurs, profs, ch&#244;meurs ou &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pr&#233;sents (de 6 &#224; 66 ans) semblent se conna&#238;tre, mais pas forc&#233;ment depuis longtemps. Il y a aussi quelques curieux, pas seulement blancs, qui resteront silencieux toute l'apr&#232;s-midi, mais &#233;couteront d'un air particuli&#232;rement studieux : deux femmes portant des voiles aux couleurs chatoyantes, avec leurs enfants qui s'amuseront dans la &#171; cr&#232;che autog&#233;r&#233;e &#187;, deux gars un peu en arri&#232;re, le regard grave, ou encore Sophie&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certains pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, jeune infirmi&#232;re r&#233;cemment install&#233;e &#224; Aubervilliers, &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s contente de participer &#224; cette r&#233;union &lt;/i&gt; &#187;. Comme &#224; Paris, comme partout, on prend les tours de parole et on essaie de respecter l'avis de chacun dans le temps imparti. Ce n'est pas toujours facile ! G&#233;rard a une furieuse envie de parler. Le m&#233;diateur : &#171; &lt;i&gt; Je t'inscris ?&lt;/i&gt; &#187; R&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;Non, non ! &lt;/i&gt; &#187; Ce qui ne l'emp&#234;che pas de s'&#233;tendre un peu longuement sur l'histoire du syndicalisme en France et parle &#224; la place des autres : &#171; &lt;i&gt;Ici, on a tous vot&#233; Hollande et on est tous d&#233;&#231;us. Moi, je suis cheminot syndiqu&#233; CGT, et les Nuits Debout, je suis &#224; fond pour.&lt;/i&gt; &#187; Au moment de partir, il ira chaleureusement serrer la paluche de toutes les personnes pr&#233;sentes. Quelque chose de familial se d&#233;gage du rassemblement o&#249; se disent de belles et fortes choses, dont un attachement pour Aubervilliers et ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier d&#233;bat, sous des airs aust&#232;res et techniques, est en fait un point essentiel qui surgit lors de ces Nuits Debout en p&#233;riph&#233;rie de celle de R&#233;publique &#8211; celle qui passe &#224; la t&#233;l&#233;. Ici, on se demande s'il faut, pour la journ&#233;e de mobilisation nationale du 28 avril, faire une manif &#224; Aubervilliers, puis rejoindre celle de Saint-Denis, puis celle de Paris. Avec ou sans les syndicats ? On craint une &#171; &lt;i&gt;r&#233;cup&#233;ration par les syndicats&lt;/i&gt; &#187;, et aussi &#171; &lt;i&gt;d'&#234;tre assujettis &#224; Paris&lt;/i&gt; &#187;. En r&#233;alit&#233;, on se pose la question de la pertinence d'une d&#233;clinaison albertivillarienne, locale, de la Nuit Debout. Un type y va m&#234;me fort : &#171; &lt;i&gt; Ici, &#224; trois pel&#233;s et un tondu, on ne sert &#224; rien. C'est une mise en sc&#232;ne, le micro, les votes, les affiches... &#192; la limite du ridicule.&lt;/i&gt; &#187; D'ailleurs, il ne restera pas longtemps et n'aura pas la chance d'entendre la r&#233;ponse de C&#233;cile : &#171; &lt;i&gt;C'est pas grave d'&#234;tre ridicule. Il faut bien lancer le mouvement, la mise en sc&#232;ne, &#231;a sert aussi &#224; &#231;a. C'est l&#233;gitime d'&#234;tre ici, m&#234;me peu nombreux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autre ambiance,&lt;/strong&gt; mais m&#234;me question, &#224; la place des F&#234;tes, le soir m&#234;me. Dans ce quartier du 20e arrondissement de Paris, encore populaire, mais soumis &#224; la gentrification g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la capitale. Pourquoi faire une Nuit Debout de quartier ? &#171; &lt;i&gt;Pour &#234;tre plus proches. Pour &#234;tre dans des actions locales plus efficaces. &lt;/i&gt; &#187; Ici, les nuitdeboutistes se sont rassembl&#233;s &#224; une soixantaine dans la fontaine s&#232;che qui forme une ar&#232;ne toute trouv&#233;e. Pas de micro, mais de la soupe maison, du vin, du fromage et un vent glacial. Les tours de parole sont scrupuleusement respect&#233;s, les mots choisis, quelques r&#233;f&#233;rences &#224; tel penseur ou &#224; tel courant d'id&#233;es fusent ici et l&#224;. Studieux, concentr&#233;s, plus &#226;g&#233;s qu'&#224; Aubervilliers&#8230; Quelques visages familiers du mouvement anti-CPE de 2006. Sara : &#171; &lt;i&gt;Si on part sur des grands d&#233;bats comme la la&#239;cit&#233;, les religions, la constitution, tout &#231;a, on va s'engueuler. On est l&#224; parce qu'on partage un sentiment de r&#233;volte et l'envie de faire des choses localement.&lt;/i&gt; &#187; On constate que pour chaque proposition d'action, il faudrait proposer aussi des rendez-vous pour les mettre en place. Khader, emmitoufl&#233; sous sa capuche et grelottant de fi&#232;vre, explique sommairement comment communiquer sur le Web et se propose pour mettre en place des outils : blog, mailing-list... Sara propose une &#171; gratuiteriat &#187; (proposer gratuitement des biens dont on n'a plus besoin).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1690 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-12-a3f11.jpg?1779605223' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Martin Barzila&#239;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais d'Aubervilliers &#224; la place des F&#234;tes, la question r&#233;currente est celle de savoir comment faire en sorte que les habitants du coin s'en m&#234;lent, les jeunes, les familles, les travailleurs et ceux qui gal&#232;rent. Un doute commun : est-on l&#233;gitime ? Les deux assembl&#233;es se trouvent &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; trop blanches, trop intellos, trop classe moyenne, trop masculines. Aubervilliers, 80 000 habitants, est l'une des villes les plus pauvres de la r&#233;gion la plus riche de France. &#171; &lt;i&gt; Il faut qu'on s'interroge sur la repr&#233;sentativit&#233; des gens qui sont l&#224;. On ne ressemble pas vraiment aux habitants d'Aubervilliers.&lt;/i&gt; &#187; Le petit groupe semble pourtant plut&#244;t diversifi&#233;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien plus diversifi&#233; que sur le panneau de la RATP qui annonce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, d'origine comme de genre. Amine n'en d&#233;mord pas : &#171; &lt;i&gt; Les habitants, les jeunes, il faut aller vers eux, les informer, sans l&#226;cher.&lt;/i&gt; &#187; Mais pour H&#233;lo : &#171; &lt;i&gt;Les habitants des quartiers, ils sont d&#233;j&#224; dans l'extr&#234;me pr&#233;carit&#233;, dans des vraies gal&#232;res de survie. Alors, la Loi Travail, &#231;a ne leur parle pas du tout !&lt;/i&gt; &#187; On cause violences polici&#232;res, que les jeunes d'ici vivent au quotidien sans que personne n'en parle, alors que celles que subissent les lyc&#233;ens de Paris font le tour des m&#233;dias. H&#233;lo, encore : &#171; &lt;i&gt;Ce matin, au march&#233;, je tractais en disant &#8220;Mobilisation contre la Loi Travail&#8221;, et personne ne prenait mon tract. Puis j'ai vu que C&#233;cile disait : &#8220;Aubervilliers Debout&#8221;, et que les gens lui prenaient les tracts. Parce que la Nuit Debout, ils connaissent, &#231;a passe &#224; la t&#233;l&#233;, &#231;a les int&#233;resse m&#234;me plus que la loi Travail. Alors, peut-&#234;tre qu'il ne sont pas l&#224; aujourd'hui, mais l'id&#233;e fait son chemin.&lt;/i&gt; &#187; Francis : &#171; &lt;i&gt;On esp&#233;rait que, l'apr&#232;s-midi, les familles viendraient plus. Mais de toute fa&#231;on, on se doutait qu'on serait pas nombreux aujourd'hui. Je crois que le plus important, c'est d'&#234;tre l&#224;, chaque semaine. Les gens passent, ils nous voient, ils s'approchent. La semaine prochaine, on sera plus.&lt;/i&gt; &#187; &#192; ce moment-l&#224;, un mariage sort de la mairie sous les youyous et fr&#244;le la petite assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Place des F&#234;tes, Lucas propose d'aller inviter les sans-papiers d'un foyer voisin pour faire un potager sur la place. D'autres pr&#233;conisent d'aller tracter lors du march&#233;, d'aller causer avec les habitants des tours qui bordent la place&#8230; Une jeune femme fait tout de m&#234;me remarquer qu'il &#171; &lt;i&gt;n'est pas possible de savoir qui est pr&#233;caire et qui ne l'est pas. On ne peut pas en juger simplement sur l'apparence des gens. Moi, aux Nuits Debout de R&#233;publique, je suis bien incapable de juger qui est dans la gal&#232;re ou non, pourtant on entend souvent que c'est un rassemblement de bobos. C'est pas la question ! Si on est l&#224;, c'est qu'on a quelque chose &#224; y faire.&lt;/i&gt; &#187; &#192; Aubervilliers, Francis, jeune homme aux longues dreads rousses, pouvant passer pour un de ces bobos honnis, explique que depuis qu'il a &#233;t&#233; vir&#233; de chez Picard parce qu'il voulait aller pisser, il n'est plus certain de pouvoir payer son loyer : &#171; &lt;i&gt;Je suis pas s&#251;r de ne pas me retrouver &#224; la rue le mois prochain.&lt;/i&gt; &#187; Oui, est l&#233;gitime celui ou celle qui vient. &#171; &lt;i&gt;Mais si les Nuits Debout avaient exist&#233; quand je me suis fait virer, il y a deux ans, peut-&#234;tre qu'on aurait pu faire quelque chose ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'Aubervilliers &#224; Paris 20e, l'inqui&#233;tude &#233;tait palpable quant &#224; l'avenir du mouvement. Une ombre d&#233;sign&#233;e avec quasiment les m&#234;mes mots : &#171; &lt;i&gt;Bon, ce mouvement, on a vu ce que &#231;a pouvait donner en Espagne et en Gr&#232;ce, et &#231;a a d&#233;bouch&#233; sur des partis politiques. C'est s&#251;r que ce n'est pas ce qu'on veut...&lt;/i&gt; &#187; Oubliant toute d&#233;ontologie et devoir de r&#233;serve (qu'il n'a jamais eu), le reporter de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; prend la parole sur la place des F&#234;tes, pour rappeler que le mouvement 15-M et les Indignados &lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le dossier de CQFD no137 &#171; Le pari municipaliste &#187;, par Bruno Le Dantec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; avaient accouch&#233; de bien d'autres choses que Podemos. Julien : &#171; &lt;i&gt;Ce qui est vraiment fort comme action, et surtout localement, c'est l'organisation de groupes de d&#233;fense. Qu'un de vos voisins se fasse expulser, un coup de fil, et il y a 50 personnes motiv&#233;es qui viennent pour le d&#233;fendre. Pareil pour des questions de boulots, de papiers. Puisqu'on parle de construire quelque chose qui dure et qui int&#233;resse vraiment et concr&#232;tement les gens d'ici...&lt;/i&gt; &#187; Les mains se l&#232;vent et gigotent. Emport&#233; par l'&#233;motion, le petit gars de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; s'applaudit lui-m&#234;me, ce qui fait rire l'AG. C'est vrai que ce n'est pas grave d'&#234;tre ridicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julien Tewfiq&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Breaking News :&lt;/strong&gt; Aubervilliers Debout a d&#233;cid&#233;, lors de l'AG du 30 avril, de soutenir les habitants menac&#233;s d'expulsion, comme c'est d&#233;j&#224; le cas pour Sophie et S&#233;bastien. &#192; suivre...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Certains pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bien plus diversifi&#233; que sur le panneau de la RATP qui annonce triomphalement l'arriv&#233;e du m&#233;tro &#224; la mairie d'Aubervilliers : dans un Photoshop immonde, digne d'un enfant de 12 ans, on ne voit que des Blancs de moins de 30 piges, riant, &#224; v&#233;lo ou au t&#233;l&#233;phone&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le dossier de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; no137 &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Au-dela-de-Podemos-le-pari&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le pari municipaliste&lt;/a&gt; &#187;, par Bruno Le Dantec et Ferdinand Cazalis, &#224; t&#233;l&#233;charger librement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Espagne : Apoyo Mutuo</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s plus d'un demi-million d'expulsions locatives et hypoth&#233;caires en cinq ans, la question du logement en Espagne est br&#251;lante. La Plataforma de afectados por la hipoteca (PAH), avec ses 240 regroupements, est devenue un puissant mouvement populaire, riche en exp&#233;riences. Impressionn&#233;, CQFD a assist&#233; &#224; une assembl&#233;e de la PAH de Vallecas, l'un des districts les plus pauvres et turbulents de Madrid. Le train de banlieue nous laisse un arr&#234;t avant Legan&#233;s, &#224; Zarzaquemada. Le nom, &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Eneko" rel="tag"&gt;Eneko&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Miguel-Brieva" rel="tag"&gt;Miguel Brieva&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/PAH-occupe" rel="tag"&gt;PAH occupe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s plus d'un demi-million d'expulsions locatives et hypoth&#233;caires en cinq ans, la question du logement en Espagne est br&#251;lante. La Plataforma de afectados por la hipoteca (PAH), avec ses 240 regroupements, est devenue un puissant mouvement populaire, riche en exp&#233;riences. Impressionn&#233;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a assist&#233; &#224; une assembl&#233;e de la PAH de Vallecas, l'un des districts les plus pauvres et turbulents de Madrid.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le train de banlieue nous laisse un arr&#234;t avant Legan&#233;s, &#224; Zarzaquemada. Le nom, &#171; ronce-br&#251;l&#233;e &#187;, &#233;voque les landes aust&#232;res que traversait le h&#233;ros du &lt;i&gt;Manuscrit trouv&#233; &#224; Saragosse&lt;/i&gt;. Pourtant, c'est une zone urbaine tr&#232;s contemporaine qu'on d&#233;couvre depuis le quai : des barres rouge brique de cinq ou six &#233;tages s'&#233;tirent &#224; perte de vue, reli&#233;es entre elles par des rues trac&#233;es au cordeau, pratiquement d&#233;sertes en cette matin&#233;e d'octobre ensoleill&#233;e. C'est ici que vit Iv&#225;n, publicitaire h&#233;berg&#233; par ses parents, et membre de la PAH&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association de familles ruin&#233;es et expuls&#233;es de leur logement par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de Vallecas. Piercing au nez et pantalon port&#233; bas, la corpulence et la gouaille d'un Sancho Pansa plut&#244;t que le lyrisme d&#233;sesp&#233;r&#233; du chevalier &#224; la Triste Figure, il s'est impliqu&#233; dans les assembl&#233;es de quartier anti-expulsions depuis le mouvement du 15-M&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A partir du 15 mai 2011 et pendant plusieurs semaines, des milliers de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marketing de la mis&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1618 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH504/15-10-09infinito.eneko-cc9cd.jpg?1779604761' width='400' height='504' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Eneko.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; La PAH est l&#224; pour obtenir ce que l'&#201;tat est incapable d'offrir : le droit &#224; un logement digne pour tous.&lt;/i&gt; &#187; Iv&#225;n, que ses camarades surnomment &#171; Power Ranger &#187;, a l'&#233;locution rapide de celui qui conna&#238;t son sujet sur le bout des doigts. Il manie volontiers l'ironie et d&#233;crit la banlieue o&#249; il vit comme &#171; &lt;i&gt;un quartier familial, tranquille, trop tranquille&lt;/i&gt; &#187;, mais s'&#233;meut lorsqu'il parle d'une famille gitane mise r&#233;cemment sur le trottoir. &#171; &lt;i&gt;Je travaille dans la pub et je peux te vendre ce que je veux&lt;/i&gt;, l&#226;che Iv&#225;n sur un ton provocateur. &lt;i&gt;Surtout si t'es un p&#233;quenot de Legan&#233;s. Mais dans les agences de pub qui bossent pour les banques, c'est des vingtaines, des centaines de mecs comme moi qui se sont &#233;chin&#233;s &#224; faire passer le message : &#8220;Endettez-vous !&#8221;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Payer un loyer, c'est jeter l'argent par les fen&#234;tres&lt;/i&gt; &#187;, &#233;tait l'un des slogans les plus martel&#233;s. Les directeurs d'agence proposaient des cr&#233;dits group&#233;s pour acheter maison, voiture neuve et, pourquoi pas, payer les &#233;tudes des enfants. Mais ces hypoth&#232;ques &#233;taient assorties de clauses abusives&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Commission europ&#233;enne pr&#233;conise le d&#233;dommagement des victimes de ces (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, ainsi que de taux d'int&#233;r&#234;t exponentiels. Lorsque la bulle&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B&#233;tonnage fr&#233;n&#233;tique du territoire (aujourd'hui, 3 millions d'appartements (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; a explos&#233; avec la crise financi&#232;re de 2008, des milliers de ces petits propri&#233;taires ont perdu leur emploi et les moyens de payer leur cr&#233;dit. L'Espagne, comme toutes les nations d&#233;velopp&#233;es, a renflou&#233; avec de l'argent public ces m&#234;mes banques pour leur &#233;viter la ruine apr&#232;s le krach financier de 2008. Et ces derni&#232;res en ont profit&#233; pour faire main basse sur des dizaines de milliers de logements, tout en r&#233;clamant le paiement du cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi, lorsque la PAH occupe des &#233;difices vides appartenant aux banques, les activistes parlent de &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187;, puisque ces immeubles ont &#233;t&#233; doublement pay&#233;s par la soci&#233;t&#233;. &#171; &lt;i&gt;Pendant les ann&#233;es de la bulle immobili&#232;re, ce pays a v&#233;cu dans une illusion. Si on te fait croire que tu n'es que ce que tu poss&#232;des, tu veux logiquement poss&#233;der au moins autant que ton voisin. Tu veux avoir un appartement et une voiture neuve, emmener ta famille en vacances, sortir dans les bars pour t'empiffrer de gambas... Et puis d'un coup, pfffuit ! Ce mensonge s'&#233;croule et tu te retrouves une main devant et l'autre derri&#232;re. Ce jour-l&#224;, le pouvoir te fait la morale en te disant que tu as v&#233;cu au-dessus de tes moyens. Mais en attendant, certains se sont enrichis sur ton dos. Tout &#231;a, ce n'est pas une crise, c'est une m&#233;ga-arnaque !&lt;/i&gt; &#187;, continue Power Ranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur son iPhone, l'activiste nous montre un graphique. Depuis la crise de 2008, 579 000 &#171; ex&#233;cutions hypoth&#233;caires &#187; (entendez &#171; expulsions &#187;) ont &#233;t&#233; men&#233;es &#224; &#171; bien &#187; dans l'&#201;tat espagnol, et nombre de leurs victimes ont d&#251; se r&#233;fugier chez leur famille ou dans des squats &#8211; o&#249; elles ont c&#244;toy&#233; des expuls&#233;s locatifs. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s le 15-M, tout en conservant son nom, la PAH s'est ouverte aux ex-locataires, et m&#234;me aux squatteurs pur jus, devenant un mouvement transversal pour le droit &#224; un logement digne pour tous et toutes&lt;/i&gt; &#187;, explique Iv&#225;n. Si 71 000 expulsions pour non-paiement d'un cr&#233;dit immobilier ont &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;es depuis 2013, 94 000 expulsions locatives ont eu lieu dans le m&#234;me laps de temps. &#171; &lt;i&gt;Pour forcer le gouvernement &#224; l&#233;gif&#233;rer, nous avons d&#251; aller jusqu'&#224; mettre en avant le suicide d'un couple de personnes &#226;g&#233;es le jour o&#249; il allait &#234;tre expuls&#233; de son appartement&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Iv&#225;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis sous pression par une situation sociale explosive, le gouvernement du Partido popular (PP)&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Droite de gouvernement, antisociale et corrompue.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; a improvis&#233; un d&#233;hanch&#233; de torero esquivant le coup de corne : il a fait voter une loi qui permet &#224; certaines familles nombreuses en difficult&#233; de b&#233;n&#233;ficier d'un moratoire de deux ans sur le paiement de leur cr&#233;dit. Moratoire durant lequel les int&#233;r&#234;ts de la dette continuent de gonfler&#8230; D'autre part, dans certains cas extr&#234;mes, il existe aujourd'hui la possibilit&#233; d'abandonner son bien &#224; la banque et que celle-ci &#171; pardonne &#187; la dette&#8230; 5 000 foyers ont pu ainsi rendre les cl&#233;s de leur appartement sans devoir continuer &#224; payer leur cr&#233;dit, op&#233;ration joliment baptis&#233;e &#171; &lt;i&gt;daci&#243;n en pago&lt;/i&gt; &#187; (donation &#224; titre de paiement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;changes de bons proc&#233;d&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vallecas, district (arrondissement) populaire de Madrid, petites maisons basses, blanches et grises, aux airs d'Am&#233;rique latine, immeubles d&#233;fra&#238;chis, en contraste avec le centre-ville. La PAH occupe cinq &#233;difices pour y loger des familles sans toit. Le jour de notre arriv&#233;e, onze d'entre elles viennent d'&#234;tre relog&#233;es par la Sareb &#224; force de pressions. La Sareb, c'est &#171; &lt;i&gt; el banco malo&lt;/i&gt; &#187;, une soci&#233;t&#233; financi&#232;re dont le capital, majoritairement priv&#233;, est garanti par l'&#201;tat. Grosse lessiveuse l&#233;gale cr&#233;&#233;e en 2012 pour racheter les actifs toxiques accumul&#233;s par les banques et les caisses d'&#233;pargne, elle g&#232;re un parc immobilier cons&#233;quent et, de ce fait, se trouve souvent confront&#233;e &#224; la PAH : on vous rend les immeubles qu'on occupe si vous relogez leurs habitants. &#192; interlocuteur foireux, n&#233;gociations forc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le centre social autog&#233;r&#233; La Villana de Vallekas, en ce mercredi 7 octobre, a lieu une assembl&#233;e. Une centaine de participants se sont install&#233;s dans une pi&#232;ce en L trop &#233;troite. Malgr&#233; l'exig&#252;it&#233;, la r&#233;union se d&#233;roule sans accroc, entre &#233;motion, appui mutuel (&lt;i&gt;apoyo mutuo&lt;/i&gt;)&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reprise d'un principe d'organisation du XIXe si&#232;cle popularis&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, projets et r&#233;solutions. Une m&#232;re de famille colombienne remercie les pr&#233;sents : &#171; &lt;i&gt;Gr&#226;ce &#224; vous, gr&#226;ce &#224; nous, mes enfants et moi avons un toit aujourd'hui.&lt;/i&gt; &#187; Elle a du mal &#224; retenir ses larmes et les gens l'applaudissent &#224; tout rompre. &#171; &lt;i&gt;&#161; S&#237; se puede ! &#161; S&#237; se puede !&lt;/i&gt; &#187;, scande-t-on en ch&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle venue expose son cas, et quelqu'un lui r&#233;pond sur la base de sa propre exp&#233;rience : &#171; &lt;i&gt;Tu dois d'abord aller voir ton banquier pour qu'il mette un coup de tampon sur ce formulaire qui confirme que tu n&#233;gocies l'&#233;chelonnement du paiement de ta dette. &#199;a te prot&#232;gera d'une expulsion imm&#233;diate. S'il le faut, je t'accompagnerai pour une deuxi&#232;me visite, il n'a pas le droit de refuser. Et s'il fait encore la forte t&#234;te, on lui dira que la prochaine fois, on reviendra &#224; dix, puis &#224; vingt.&lt;/i&gt; &#187; Au bout de cinq ans d'actions directes, de harc&#232;lement verbal et de communiqu&#233;s-chocs, les banquiers savent que la PAH ne plaisante pas. Sa capacit&#233; de mobilisation est telle qu'en moins de deux, elle peut organiser un pique-nique sauvage pour bloquer une agence ou transformer leur si&#232;ge en guinguette avec bal populaire ! &#171; &lt;i&gt;Il faut que tu sois patiente. Moi &#231;a a pris un an avant qu'on me trouve o&#249; dormir. Mais n'oublie pas : jamais une banque ne nous a intimid&#233;s ! Elle va c&#233;der, elles c&#232;dent toujours face &#224; nous&lt;/i&gt; &#187;, insiste une m&#232;re de famille africaine relog&#233;e. Voil&#224; la nouvelle venue bien arm&#233;e pour entamer la p&#233;nible ascension des d&#233;m&#234;l&#233;s administratifs post-expulsion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assembl&#233;e fait preuve d'une capacit&#233; d'accueil et d'&#233;coute exemplaire, tout en restant ferme sur le d&#233;roul&#233; des d&#233;bats. La mod&#233;ratrice de s&#233;ance n'h&#233;site pas &#224; couper la parole &#224; celui qui s'&#233;gare : &#171; &lt;i&gt;Paco, tu as d&#233;j&#224; racont&#233; ton histoire la derni&#232;re fois, garde ta salive pour le travail en commission !&lt;/i&gt; &#187; L'assistance, attentive, est h&#233;t&#233;roclite : prolos espagnols, femmes de m&#233;nage sud-am&#233;ricaines, Antillaises, Maghr&#233;bins, une vieille dame permanent&#233;e, quelques Subsahariens, un ou deux avocats sp&#233;cialis&#233;s en droit du logement, une poign&#233;e d'activistes &#224; dreadlocks, des enfants courant entre les jambes des adultes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et une jeune Scandinave, Lotta, tomb&#233;e amoureuse du pays lors du mouvement d'occupation des places du 15-M, alors qu'elle &#233;tait &#233;tudiante Erasmus. Depuis, elle vit ici et conna&#238;t les m&#234;mes difficult&#233;s que beaucoup. Dans l'impossibilit&#233; de payer sa part de loyer dans une coloc' sans bail l&#233;gal, elle a rejoint la PAH et occupe un immeuble avec quatre familles. Juste avant l'AG, sur le toit-terrasse, Lotta &#233;tait pendue &#224; son portable, d'o&#249; elle venait d'envoyer un communiqu&#233; de presse annon&#231;ant la victoire de onze familles relog&#233;es. &#171; &lt;i&gt; Nous avons n&#233;goci&#233; des loyers calcul&#233;s par rapport aux revenus de chaque foyer, ne pouvant pas d&#233;passer 10% de ces revenus s'ils se situent en dessous du salaire minimum. Mais comme avec la loi de 2013 les baux sont de trois ans, les gens restent membres de la PAH en pr&#233;vision de possibles augmentations &#224; la fin du bail. &#192; terme, comme ces situations risquent de se g&#233;n&#233;raliser, nous allons finir par devenir un syndicat de locataires des banques !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre congratul&#233;e pour le relogement des onze familles, l'assembl&#233;e se divise en quatre commissions : la premi&#232;re n'est pas ouverte, car elle pr&#233;pare en secret l'occupation d'un nouvel immeuble pr&#233;vue pour le mardi suivant ; la seconde, baptis&#233;e ironiquement &lt;i&gt;Obras sociales&lt;/i&gt; (en souvenir des &#339;uvres sociales et des patronages culturels des caisses d'&#233;pargne&#8230;), s'occupe des n&#233;gociations avec les banques autour des immeubles d&#233;j&#224; occup&#233;s ; la troisi&#232;me, &#171; &lt;i&gt;hipoteca&lt;/i&gt; &#187;, aborde aujourd'hui l'&#233;pineux sujet de la relation avec la nouvelle mairie et son tout nouveau &#171; Bureau de m&#233;diation hypoth&#233;caire &#187; ; la derni&#232;re commission s'occupe des multiples d&#233;m&#234;l&#233;s avec Bankia.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH374/1579-naufragios-miguel-brieva-58740.jpg?1780240221' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Miguel Brieva.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fonction sociale du logement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bankia est n&#233;e en 2010 de la fusion de sept caisses d'&#233;pargne, avec une participation de l'&#201;tat &#224; hauteur de 45%. Son pr&#233;sident, Rodrigo Rato, ancien ministre de l'&#201;conomie du gouvernement Aznar et directeur g&#233;n&#233;ral du FMI de 2004 &#224; 2007, l'a fait entrer en bourse en 2012, obligeant peu apr&#232;s l'&#201;tat &#224; y injecter 24 milliards pour &#233;viter la faillite. Rato est actuellement poursuivi pour blanchiment de capitaux, fraude fiscale, escroquerie, faux et usage de faux, ainsi que pour avoir &#171; consenti, favoris&#233; et accept&#233; &#187; l'usage de cartes de cr&#233;dit de complaisance &#8211; appel&#233;es &#171; &lt;i&gt;tarjetas black&lt;/i&gt; &#187; &#8211; g&#233;n&#233;reusement distribu&#233;es aux dirigeants de Bankia et &#224; des hommes politiques. &#192; Vallecas, nombreuses sont les familles expuls&#233;es par cette mafia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;unie dans le bar du centre social, la commission Bankia se penche sur des histoires personnelles, au cas par cas, et cherche &#224; trouver des solutions pratiques &#224; des probl&#232;mes souvent dramatiques. Une Dominicaine et son fils adolescent expliquent que leur logement, achet&#233; &#224; cr&#233;dit, tombe en ruine. &#171; &lt;i&gt;Regardez cette photo, le plafond est fissur&#233; de part en part, on a d&#251; poser six &#233;tais autour de la table du salon ! Comme le sinistre est d'origine structurelle et affecte tout l'immeuble, la copropri&#233;t&#233; va engager un gros chantier, mais vu que j'ai d&#233;j&#224; du mal &#224; payer mon cr&#233;dit, je vais me retrouver dans une situation impossible. Et mon garant, c'est ma patronne, une vieille dame invalide dont je m'occupe. Je ne peux pas la trahir !&lt;/i&gt; &#187; Comme &#224; chaque intervention, les pr&#233;sents &#233;tudient le dossier en commun et partagent leurs exp&#233;riences. Certaines se proposent &#224; l'accompagnement dans les d&#233;marches administratives. Une autre femme, sud-am&#233;ricaine, raconte que son mari, avec qui elle avait contract&#233; le cr&#233;dit de sa maison, a disparu. Un avocat lui explique qu'elle devra tout tenter pour le recontacter, car aucune n&#233;gociation avec la banque ne pourra se faire sans lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;union, on boit des bi&#232;res et on fume sur le trottoir. Ismael, jeune du quartier mari&#233; &#224; une Colombienne avec qui il a un gar&#231;onnet, fait partie du groupe communication, avec Lotta. Il est vigile au Corte Ingl&#233;s, supermarch&#233; haut de gamme, et avoue ne pas faire trop de z&#232;le quand il voit des clients escamoter de quoi manger dans les rayons. &#171; &lt;i&gt; On fait partie des onze familles relog&#233;es, mais on ne va pas s'arr&#234;ter l&#224; : &#8220;Aujourd'hui pour moi, demain pour toi&#8221;, voil&#224; ce que veut dire l'appui mutuel. La PAH-Vallecas, c'est devenu une grande famille. Quand on organise des f&#234;tes, les Bukaneros, un gros club de supporters antifascistes, viennent nous soutenir. Ce quartier a une longue histoire de luttes ouvri&#232;res, de campements gitans, de comit&#233;s de quartier&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la relation avec la nouvelle mairie ? Moue dubitative. &#171; &lt;i&gt;Des amis qui sont &#224; l'int&#233;rieur nous disent que nous ne sommes pas en odeur de saintet&#233; aupr&#232;s des plus ti&#232;des du conseil municipal. Selon eux, nous agissons en marge de la l&#233;galit&#233;, et ils pr&#233;f&#232;rent nous laisser nous d&#233;merder avec les banques&#8230; D'ailleurs, jusqu'ici, Manuela Carmena s'est r&#233;unie avec les banquiers, mais pas avec nous. Elle a d&#233;clar&#233; Madrid &#8220;ville anti-expulsions&#8221;, or les expulsions locatives continuent bel et bien.&lt;/i&gt; &#187; Ismael tire sur sa cigarette, le regard fix&#233; sur un point invisible, au-del&#224; de cette ruelle bord&#233;e de maisons d&#233;caties. &#171; &lt;i&gt;On verra, on jugera sur pi&#232;ce.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lotta ne dit pas autre chose : &#171; &lt;i&gt;La promesse d'Ahora Madrid&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Liste de convergence, avec &#224; sa t&#234;te la juge &#171; rouge &#187; Manuela Carmena, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;i&gt;d'exproprier les logements aux mains des banques avait fait na&#238;tre un grand espoir. Maintenant, ils disent que ce n'est pas de leur comp&#233;tence. Leurs mesures nous paraissent insuffisantes. Le bureau de m&#233;diation n&#233;gocie un &#233;chelonnement de la dette, quand nous nous battons pour sa suppression. Et puis les expulsions pour hypoth&#232;que ne constituent que 15% du total des expulsions. L'id&#233;e n'est pas de se battre pour le droit &#224; la propri&#233;t&#233; de la classe moyenne, mais pour un droit universel au logement.&lt;/i&gt; &#187; En fin de soir&#233;e, Ismael et sa compagne nous raccompagnent en voiture au m&#233;tro, pour que la lourde porte automatique d'acc&#232;s aux quais ne se ferme pas sur notre nez.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association de familles ruin&#233;es et expuls&#233;es de leur logement par les banques. Elle s'est &#233;largie aux locataires et squatteurs expuls&#233;s. Pr&#233;sente dans plus de 240 quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;A partir du 15 mai 2011 et pendant plusieurs semaines, des milliers de personnes sans drapeau ni parti occupent les places au cri de &#171; &lt;i&gt;Ils ne nous repr&#233;sentent pas !&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;D&#233;mocratie r&#233;elle maintenant ! &lt;/i&gt; &#187;, exprimant une d&#233;fiance radicale vis-&#224;-vis de la classe politique. Le mouvement, au d&#233;part fragile, a &#233;t&#233; fondateur pour l'engagement politique de toute une jeunesse espagnole touch&#233;e par un fort taux de ch&#244;mage (18% en 1996, 8% en 2006, 22% en 2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Commission europ&#233;enne pr&#233;conise le d&#233;dommagement des victimes de ces clauses abusives, ce qui supposerait le paiement de 20 milliards d'euros par les banques, soit 1,5% du PIB espagnol (eldiario.es, 28 octobre 2015). la PAH pose la question : combien de milliers d'expulsions &#233;taient donc ill&#233;gales ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;B&#233;tonnage fr&#233;n&#233;tique du territoire (aujourd'hui, 3 millions d'appartements vides) dop&#233; par les banques et le blanchiment d'argent. Entre 1996 et 2007, le taux de propri&#233;taires dans le pays passait &#224; 80%. Des centaines de milliers de familles seront ruin&#233;es par l'explosion de la bulle. Entre 2007 et 2008, les constructions chutent de 25%, 2 millions de personnes se retrouvent au ch&#244;mage du jour au lendemain. Ne pouvant plus payer leur cr&#233;dit ou leur loyer, 600 000 familles ont &#233;t&#233; depuis expuls&#233;es de leur logement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Droite de gouvernement, antisociale et corrompue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Reprise d'un principe d'organisation du XIXe si&#232;cle popularis&#233; par Kropotkine dans &lt;i&gt;La morale anarchiste&lt;/i&gt;. Ce principe d'action se r&#233;pand aujourd'hui comme une tra&#238;n&#233;e de poudre dans les mouvements et centres sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Liste de convergence, avec &#224; sa t&#234;te la juge &#171; rouge &#187; Manuela Carmena, ayant remport&#233; la mairie de Madrid en mai 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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