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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Dans l'enfer de la psychiatrie covidienne</title>
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		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer</dc:creator>


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&lt;p&gt;Tout autant que les autres services m&#233;dicaux, l'h&#244;pital psychiatrique est &#224; l'agonie depuis des ann&#233;es. Il n'a pas non plus &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; par le Covid-19. Pourtant, tout au long de la crise sanitaire, il est rest&#233; cantonn&#233; au silence. Pire, les murs de l'asile n'attendaient que cet &#233;pisode pour se redresser, condamnant les patients &#224; encore plus d'enfermement dans l'enfermement. Ce dimanche 14 mars aurait pu avoir un avant-go&#251;t de printemps. Pourtant, l'ambiance est &#233;lectrique. Limite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;188 (juin 2020)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout autant que les autres services m&#233;dicaux, l'h&#244;pital psychiatrique est &#224; l'agonie depuis des ann&#233;es. Il n'a pas non plus &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; par le Covid-19. Pourtant, tout au long de la crise sanitaire, il est rest&#233; cantonn&#233; au silence. Pire, les murs de l'asile n'attendaient que cet &#233;pisode pour se redresser, condamnant les patients &#224; encore plus d'enfermement dans l'enfermement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3368 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH654/-1555-abd77.jpg?1782639171' width='400' height='654' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par JMB
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce dimanche 14 mars aurait pu avoir un avant-go&#251;t de printemps. Pourtant, l'ambiance est &#233;lectrique. Limite anxiog&#232;ne. En v&#233;rit&#233;, il a un sale go&#251;t, ce dimanche. La veille, les bars et les restaurants ont appris qu'ils allaient fermer le lendemain, pr&#233;cipitant les Marseillais dans la rue pour &lt;i&gt;profiter&lt;/i&gt; de leur derni&#232;re soir&#233;e en terrasse. Et ce jour, &#224; la clinique psychiatrique des Quatre Saisons, les patients en r&#233;gime ouvert ont eu le droit &#224; une derni&#232;re sortie pour aller voter. Mathieu, les &#233;lections, il s'en balance. C'est surtout l'occasion pour nous deux d'une papote en bord de mer, o&#249; l'on se demande bien &#224; quelle sauce on va &#234;tre mang&#233;s dans les prochaines semaines. Les deux heures de sortie arrivent vite &#224; leur terme. On se serre fort, on se lance un na&#239;f &#171; &lt;i&gt;&#192; bient&#244;t&lt;/i&gt; &#187; sans savoir que ce confinement aux allures de gros d&#233;lire collectif va durer deux mois. Je regarde Mathieu s'&#233;loigner. Il part se confiner &#224; la clinique.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les grands oubli&#233;s de la crise sanitaire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On le sait, la psychiatrie a toujours &#233;t&#233; le parent pauvre du syst&#232;me de sant&#233;. Et la crise sanitaire n'a fait qu'accentuer ce constat. Tr&#232;s vite, le secteur a d&#251; s'adapter au confinement g&#233;n&#233;ral. Les CMP (centres m&#233;dico-psychologiques)&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centres de consultation regroupant psychiatres, psychologues, infirmi&#232;res, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de quartier ont drastiquement r&#233;duit la voilure, privil&#233;giant les t&#233;l&#233;consultations, tandis que les h&#244;pitaux psychiatriques se sont partiellement vid&#233;s, laissant des milliers de personnes sur le carreau ou &#224; la rue, en rupture de soin et parfois sans traitement. Mathieu m'a confi&#233; que dans son &#233;tablissement, &#171; &lt;i&gt;une bonne moiti&#233; des patients a quitt&#233; la clinique au d&#233;but du confinement, par peur de choper le virus ou d'&#234;tre confin&#233;s &#224; l'int&#233;rieur. Mais il y a aussi ceux, parfois en grande fragilit&#233;, qu'on a pouss&#233;s vers la sortie pour qu'il y ait le moins possible de chambres doubles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres structures, les services ont &#233;t&#233; r&#233;organis&#233;s pour cr&#233;er des &#171; unit&#233;s Covid &#187;, ce qui a parfois provoqu&#233; une surpopulation et une absence d'intimit&#233; terribles pour les patients, comme le confiait &#224; &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; une infirmi&#232;re d'un h&#244;pital psychiatrique du Sud-Ouest : &#171; &lt;i&gt;Des chambres de deux sont pass&#233;es &#224; quatre ou cinq occupants, avec les WC &#224; partager et 1,5 m&#232;tre d'espace entre chaque lit. Le tout sans salle commune d'activit&#233;.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; En psychiatrie, &#8220;avec le confinement, on revient &#224; quelque chose (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; La chambre d' &#187; isolement th&#233;rapeutique &#187;, sa froideur et son mat&#233;riel de contention, devenait alors le seul espace d'intimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;nurie de masques et de mat&#233;riel n'a pas &#233;pargn&#233; la psychiatrie. Fin mars, la Contr&#244;leuse g&#233;n&#233;rale des lieux de privation des libert&#233;s, Adeline Hazan, alertait le minist&#232;re de la Sant&#233; : &#171; &lt;i&gt;Pour les Agences r&#233;gionales de sant&#233;, la psychiatrie n'est pas prioritaire dans la distribution du mat&#233;riel de protection : dans plusieurs r&#233;gions, la r&#233;partition des masques, solutions hydroalcooliques et kits de d&#233;pistage ne pr&#233;voit d&#233;lib&#233;r&#233;ment aucune attribution &#224; la psychiatrie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Quatre Saisons, les patients n'ont donc pas de masque et les infirmi&#232;res n'en portent qu'&#224; la distribution des m&#233;dicaments. Personne n'est test&#233;. Quelques semaines apr&#232;s le d&#233;but du confinement, plusieurs patients, ainsi que des membres du personnel m&#233;dical, seront infect&#233;s par le coronavirus. Pour faire face &#224; la p&#233;nurie de mat&#233;riel de protection, certains soignants s'organisent alors en mode &#171; syst&#232;me D &#187;, comme &#224; l'h&#244;pital psychiatrique marseillais de Valvert o&#249; des infirmi&#232;res r&#233;cup&#232;rent des blouses donn&#233;es par un fabricant de marrons glac&#233;s et un lot de masques Ikea.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la crise sanitaire, la peur de la contamination change de camp : les soignants n'ont plus peur d'&#234;tre contamin&#233;s par la &#171; maladie mentale &#187; et la folie, ils craignent de contaminer les patients, dont certains sont tr&#232;s fragiles&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme l'a expliqu&#233; un article de Vice.com (&#171; Dans l'unit&#233; psychiatrique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Autre appr&#233;hension : si les places en r&#233;animation venaient &#224; manquer, la vie d'une personne en psychiatrie vaudrait moins que celle d'une personne consid&#233;r&#233;e comme saine d'esprit, rentable, r&#233;habilitable.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les pratiques alternatives mises &#224; mal&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les pratiques du quotidien, la crise sanitaire a un double effet sur les &#233;tablissements psychiatriques : elle enferme toujours plus les patients qui y sont hospitalis&#233;s tout en condamnant la minorit&#233; de soignants qui essayent de travailler &lt;i&gt;diff&#233;remment&lt;/i&gt; &#224; bafouer leurs convictions. En une semaine, ces structures deviennent un v&#233;ritable&lt;i&gt; enfer&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le psychiatre Mathieu Bellahsen en a t&#233;moign&#233; dans un post de blog : &#171; De la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; pour ceux et celles qui y sont confin&#233;.es : salles communes ferm&#233;es, temps collectifs et activit&#233;s suspendus, permissions pour des retours &#224; domicile annul&#233;es, promenades et visites interdites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains &#233;tablissements b&#233;n&#233;ficiant de parcs privatifs accorderont aux patients quelques sorties surveill&#233;es pour leur permettre de &#171; prendre l'air &#187;. Mais &#224; la clinique des Quatre Saisons, il n'y a que le bitume du parking qui entoure le b&#226;timent. Les promenades sont donc r&#233;duites et pas franchement agr&#233;ables, comme en t&#233;moigne Mathieu : &#171; &lt;i&gt;Je suis quelqu'un qui aime &#233;norm&#233;ment marcher. L&#224;, je p&#232;te les plombs un jour sur deux et j'ai extr&#234;mement mal au dos &#224; cause du manque d'exercice.&lt;/i&gt; &#187; En dehors des promenades, les sorties &#224; l'ext&#233;rieur et les retours &#224; domicile sont un rep&#232;re pour de nombreux patients admis en r&#233;gime ouvert et permettent &#224; certains de mieux supporter l'hospitalisation. Le confinement les a priv&#233;s de cette pr&#233;cieuse b&#233;quille : &#171; &lt;i&gt;J'ai envie de rentrer chez moi,&lt;/i&gt; m'explique avec r&#233;signation Mathieu au cours d'un de nos coups de fil r&#233;guliers. &lt;i&gt;Mais comme je suis en d&#233;pression, je me dis que je vais p&#233;ter les plombs tout seul chez moi, donc je reste ici.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, tout ce qui concourt &#224; cr&#233;er un peu de lien avec l'ext&#233;rieur est an&#233;anti en quelques jours. &#171; &lt;i&gt;Ce sont les infirmi&#232;res qui allaient r&#233;cup&#233;rer les colis de nos proches au portail d'en bas,&lt;/i&gt; me racontera Mathieu quelques semaines plus tard. &lt;i&gt;On n'avait m&#234;me pas le droit de les voir alors qu'ils se tenaient &#224; 200 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;m&#232;tres, derri&#232;re un portail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le grand renfermement&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par temps de confinement, les &#233;tablissements psychiatriques d&#233;cr&#232;tent donc le grand renfermement : l'isolement psychiatrique se confond avec le confinement sanitaire. Le psychiatre Mathieu Bellahsen va m&#234;me plus loin pour d&#233;crire ce nouvel ordre psychiatrique covidien : &#171; &lt;i&gt;Nous ne parlons plus de barri&#232;res, nous parlons au mieux de prison, au pire d'un camp : le registre de l'exception se d&#233;ploie sans vergogne sous pr&#233;texte sanitaire.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Prot&#233;ger, ce n'est pas s'arroger tous les pouvoirs&lt;/i&gt; &#187;, met en garde une infirmi&#232;re de l'h&#244;pital de Valvert&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Dans un h&#244;pital psychiatrique de Marseille, la crainte de &#8220;l'effet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Pourtant, lors de ces longues semaines de confinement, les actes de maltraitance se sont multipli&#233;s derri&#232;re les murs opaques de la psychiatrie. Un protocole de quarantaine y a &#233;t&#233; mis en place pour isoler toute personne admise pendant le confinement. Le patient, qui arrive en souffrance, sera donc enferm&#233; pendant plusieurs jours &#224; son arriv&#233;e. &#171; &lt;i&gt;J'ai crois&#233; un type que je ne connaissais pas dans les couloirs,&lt;/i&gt; me raconte Mathieu. &lt;i&gt;Il m'a expliqu&#233; que &#231;a faisait deux semaines qu'il &#233;tait hospitalis&#233; &#224; la clinique. Pendant tout ce temps il &#233;tait seul, dans sa chambre, attendant d'&#234;tre parmi les autres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les patients contamin&#233;s par le coronavirus &#224; l'int&#233;rieur, la panique pousse certains soignants &#224; prendre des d&#233;cisions arbitraires, parfois inhumaines. Mathieu explique qu'un patient un peu fi&#233;vreux a &lt;i&gt;illico&lt;/i&gt; &#233;t&#233; envoy&#233; dans l'unit&#233; Covid. La solitude y est terrible, tout comme le d&#233;cor, pour un public d&#233;j&#224; en grande fragilit&#233;. Mathieu s'indigne : &#171; &lt;i&gt;Les infirmi&#232;res n'adressaient m&#234;me pas la parole &#224; une patiente enferm&#233;e dans cette unit&#233; lorsqu'elles lui apportaient son repas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arbitraire psychiatrique se joue aussi en dehors des &#171; unit&#233;s Covid &#187;. Certains &#233;tablissements r&#233;tablissent des serrures aux portes des chambres des patients. Dans un texte r&#233;voltant&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le Covid met &#224; mal notre &#233;thique professionnelle &#187;, Blogs.mediapart.fr (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, M&#233;lina, psychiatre, questionne l'&#233;thique et le sens de son travail et se d&#233;crit comme &#171; &lt;i&gt;maltrait&#233;e et maltraitante&lt;/i&gt; &#187;. Elle raconte qu'un administrateur de garde de son h&#244;pital psychiatrique a chang&#233; d&#233;but mai toutes les serrures des portes pour pouvoir enfermer les personnes hospitalis&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de leur unit&#233;, sans consulter personne, sous pr&#233;texte qu'il y avait un risque de contamination. Le 11 mai, une patiente, transf&#233;r&#233;e dans une unit&#233; ouverte &#224; la h&#226;te par l'administration, s'est d&#233;fenestr&#233;e. Selon M&#233;lina : &#171; &lt;i&gt;Cette patiente &#233;tait enferm&#233;e &#224; cl&#233;, pour une cause sanitaire et donc de mani&#232;re ill&#233;gale, dans une chambre non adapt&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inhumanit&#233; ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Dans certains &#233;tablissements, les personnes qui ne respectent pas les gestes barri&#232;res sont sanctionn&#233;es par un placement en chambre d'isolement, parfois m&#234;me avec usage de moyens de contention. Certains soignants refusant de cautionner ce grand renfermement et ces mesures humiliantes seront eux-m&#234;mes menac&#233;s, voire sanctionn&#233;s pour &#171; non-respect du confinement &#187;. Des mesures disciplinaires qui conduiront &#233;galement &#224; l'exclusion d'une patiente des Quatre Saisons qui avait fait le mur pour retirer de l'argent &#224; un distributeur en face de l'h&#244;pital. Un climat d&#233;l&#233;t&#232;re qui provoque d'&#233;normes tensions &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Psychiatrie sans contact&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour que les soins psychiatriques deviennent r&#233;ellement th&#233;rapeutiques, il faut que les masques du pouvoir tombent et que disparaissent les hi&#233;rarchies ali&#233;nantes, le d&#233;ni du partage d'une m&#234;me humanit&#233;, afin de favoriser l'&#233;change, le contact, le temps&lt;/i&gt; &#187; rappelle le psychiatre Mathieu Bellahsen. Mais comment prendre soin, &#233;couter, partager un quotidien lorsque la psychiatrie covidienne dicte des r&#232;gles diam&#233;tralement oppos&#233;es &#224; ces valeurs ? Quand la distanciation sociale est de mise, quand tout contact humain est proscrit, quand les regards sont fuyants et m&#233;fiants, quand le pouvoir psychiatrique remet sa blouse, sa charlotte, ses gants, son masque, quand &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; psychiatre se d&#233;sinfecte apr&#232;s avoir serr&#233; la main de &lt;i&gt;son&lt;/i&gt; patient ? Les principes de la psychoth&#233;rapie institutionnelle&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouvement critique de la psychiatrie n&#233; au cours de la Seconde Guerre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;, qui vise &#224; donner un r&#244;le plus collectif et moins dominant &#224; l'&#233;quipe soignante vis-&#224;-vis des patients, en consid&#233;rant comme pure folie le fait de &#171; &lt;i&gt;soigner les malades sans soigner l'h&#244;pital&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dixit Jean Oury, fondateur avec d'autres psychiatres de la psychoth&#233;rapie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;, semblent d&#233;finitivement s'effacer au profit d'une psychiatrie purement clinique, froide, distanci&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monde et une psychiatrie sans contact : voil&#224; ce qu'encourage le minist&#232;re de la Sant&#233;, qui appelle les professionnels du secteur &#224; renforcer et &#224; p&#233;renniser la d&#233;mat&#233;rialisation des prises en charge et les plateformes d'&#233;coute &#224; distance. Un effet d'aubaine pour la psychiatrie n&#233;olib&#233;rale et gestionnaire. Un cauchemar pour les patients priv&#233;s du lien et du &lt;i&gt;temps qu'il faut&lt;/i&gt; pour se soigner. &#171; &lt;i&gt;Voir la personne physiquement, serrer une main est extr&#234;mement important, &lt;/i&gt;note F&#233;lix, interne en g&#233;ronto-psychiatrie contraint de pratiquer des t&#233;l&#233;consultations depuis la fermeture de son CMP. &lt;i&gt;Parfois, le contact avec nos patients, c'est le seul qu'ils ont avec des &#234;tres humain&lt;/i&gt;s&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Journal de bord des internes : &#8220;Nos patients ne seront pas pris en r&#233;a&#8221; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La neutralit&#233; et la confidentialit&#233; d'un cabinet jouent un r&#244;le essentiel dans la relation th&#233;rapeutique, comme le note Yannick, en suivi psy depuis une dizaine d'ann&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Il y a le rituel, penser &#224; mon rendez-vous, &#224; ce que je vais exprimer. Quelques heures avant ma t&#233;l&#233;consultation, je me suis aper&#231;ue que je ne pensais qu'&#224; l'aspect technique et je me demandais si &#231;a allait fonctionner.&lt;/i&gt; &#187; En l'absence des expressions corporelles et de toutes les manifestations non verbales qu'emp&#234;che une t&#233;l&#233;consultation, comment parler de soin ? Yannick d&#233;crit le malaise : &#171; &lt;i&gt;Lorsque je vois ma psychiatre au cabinet, il y a un accueil, une voix, une pr&#233;sence, des choses qui se passent sans la parole. La visioconsultation, c'est une voix qui se d&#233;forme, un visage qui se fige parce qu'il y a un bug. Surtout, il y a ta gueule, ton propre visage sur lequel tu vois arriver la vague d'&#233;motion qui va t'emporter, ta cuisine en arri&#232;re-plan&#8230; Cette pi&#232;ce va-t-elle rester associ&#233;e &#224; ce qui est une consultation m&#233;dicale ?&lt;/i&gt; &#187; Yannick conclut : &#171; &lt;i&gt;Pour la premi&#232;re fois je suis rest&#233;e pratiquement muette.&lt;/i&gt; &#187; Pire : sa psychiatre a consacr&#233; plus de la moiti&#233; de la s&#233;ance &#224; la convaincre de l'efficacit&#233; du proc&#233;d&#233; : &#171; &lt;i&gt;Elle m'expliquait qu'on &#233;tait en train d'inventer d'autres fa&#231;ons de faire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce glissement de la psychiatrie covidienne se marie parfaitement &#224; l'ambition des &#171; sant&#233;-mentalistes &#187;&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La sant&#233; mentale &#8211; Vers un bonheur sous contr&#244;le, Mathieu Bellahsen, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt; qui entendent r&#233;duire l'&#234;tre humain &#224; un cerveau et d&#233;veloppent la &#171; sant&#233; connect&#233;e &#187;. La puissante fondation-lobby Fondamental &#8211; qui avait d&#233;j&#224; d&#233;velopp&#233; une application smartphone &#171; d'&#233;valuation, de pr&#233;diction et de pr&#233;vention du risque suicidaire &#187; &#8211; a su profiter de la crise pour d&#233;velopper d'autres applications, notamment Covid&#201;coute : &#171; &lt;i&gt;un service gratuit propos&#233; &#224; toute personne en proie &#224; une d&#233;tresse psychologique li&#233;e &#224; l'&#233;pid&#233;mie de Covid-19 et au confinement.&lt;/i&gt; &#187; L'application pr&#233;tend &#233;valuer sur une &#233;chelle de 1 &#224; 10 le niveau de stress, de col&#232;re, de mal-&#234;tre, d'&#233;puisement et d'id&#233;es suicidaires de la personne, avant de la diriger vers une t&#233;l&#233;consultation via l'application Qare. Elle propose &#233;galement &#171; &lt;i&gt;un guide personnel vers le mieux-&#234;tre&lt;/i&gt; &#187; ridiculement nomm&#233; MonSherpa. Gratuite ces derni&#232;res semaines, l'application MonSherpa co&#251;tera 6 &#8364; par mois une fois la crise sanitaire pass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Infantilisation&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derniers mois, les m&#233;dias ont relay&#233; en boucle les angoisses des personnes confin&#233;es. Dans cet oc&#233;an de &lt;i&gt;storytelling&lt;/i&gt; o&#249; ceux qui prennent la parole vivent souvent dans des conditions mat&#233;rielles confortables, la voix des personnes enferm&#233;es en psychiatrie est rest&#233;e confisqu&#233;e par le pouvoir m&#233;dical. Les rares informations qui filtraient n'&#233;taient incarn&#233;es que par des soignants &#8211; des psychiatres, plus exactement. Certains parlaient de &#171; &lt;i&gt;calme avant la temp&#234;te&lt;/i&gt; &#187;, d'autres affirmaient que &#171; &lt;i&gt;les patients qui souffrent de troubles schizophr&#233;niques se sont souvent bien adapt&#233;s &#224; l'isolement&lt;/i&gt; &#187;. Lesdits patients ? Jamais interrog&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;confinement auquel le reste de la population a enfin pu go&#251;ter reste un beau mirage pour les personnes intern&#233;es en psychiatrie. Aux Quatre Saisons, seules deux sorties hebdomadaires de deux heures sont &#224; ce jour (fin mai) autoris&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Comme les personnes psychiatris&#233;es ne sont pas rentables, n'ont pas de boulot et sont souvent sous tutelle, ils ne sont pas press&#233;s de nous laisser sortir, &lt;/i&gt;analyse Mathieu. &lt;i&gt;Ils nous consid&#232;rent comme incapables de respecter les gestes barri&#232;res.&lt;/i&gt; &#187; De plus, les sorties sont limit&#233;es et ultra-encadr&#233;es : il s'agit de se rendre au supermarch&#233; ou &#224; la banque, par groupe de six, accompagn&#233;s par des infirmi&#232;res parfois rev&#234;tues d'une blouse blanche. &#171; &lt;i&gt;Une humiliation,&lt;/i&gt; proteste Mathieu. &lt;i&gt;Les patients n'ont jamais &#233;t&#233; consult&#233;s pour savoir de quoi ils avaient envie durant ces deux heures de sorties.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un faux d&#233;confinement&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce mardi 12 mai aurait pu avoir un go&#251;t de grandes retrouvailles : Mathieu pouvait enfin recevoir de la visite. En v&#233;rit&#233;, elles ont un sale go&#251;t, ces retrouvailles. Depuis la veille, les Fran&#231;ais ont de nouveau le droit de sortir. Mais en arrivant &#224; la clinique des Quatre Saisons, je comprends vite que le d&#233;confinement n'est pas le m&#234;me pour tous. Des infirmi&#232;res en blouse nous mettent illico du gel sur les mains, nous distribuent des masques, nous font signer une d&#233;charge, et nous laissent une heure pour se revoir. &#192; peine le temps de prendre quelques nouvelles du dedans et de commenter un peu l'&#233;tat du dehors que les infirmi&#232;res nous signalent d&#233;j&#224; que l'heure est pass&#233;e. Cette fois-ci, on ne peut pas se serrer fort dans les bras ; on se lance un na&#239;f : &#171; &lt;i&gt;La prochaine sortie, c'est dehors.&lt;/i&gt; &#187; Mathieu me regarde partir. Et le grand portail des Quatre Saisons se referme.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C&#233;cile Kiefer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Centres de consultation regroupant psychiatres, psychologues, infirmi&#232;res, assistantes sociales...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/060420/en-psychiatrie-avec-le-confinement-revient-quelque-chose-d-asilaire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En psychiatrie, &#8220;avec le confinement, on revient &#224; quelque chose d'asilaire&#8221;&lt;/a&gt; &#187; (06/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme l'a expliqu&#233; un article de &lt;i&gt;Vice.com&lt;/i&gt; (&#171; &lt;a href=&#034;https://www.vice.com/fr/article/qj4dgb/dans-lunite-psychiatrique-destinee-aux-patients-atteints-du-covid-19&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans l'unit&#233; psychiatrique destin&#233;e aux patients atteints du Covid-19&lt;/a&gt; &#187;, 12/05/2020), les personnes psychiatris&#233;es pr&#233;sentent souvent des comorbidit&#233;s 1,5 &#224; 2 fois sup&#233;rieures au reste de la population. Au final, l'h&#233;catombe n'a pas eu lieu et elles ont &#233;t&#233; jusqu'ici 5 &#224; 6 fois moins touch&#233;es par le Covid, contrairement aux soignants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le psychiatre Mathieu Bellahsen en a t&#233;moign&#233; dans un post de blog : &#171; &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/mathieu-bellahsen/blog/160520/de-la-psychiatrie-confinee-la-psychiatrie-renfermee-bas-les-masques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De la psychiatrie confin&#233;e &#224; la psychiatrie renferm&#233;e. Bas les masques !&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Blogs.mediapart.fr&lt;/i&gt; (18/05/2020). &#192; noter qu'il est coauteur, avec la journaliste Rachel Knaebel, du livre &lt;i&gt;La r&#233;volte de la psychiatrie&lt;/i&gt; (La D&#233;couverte, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.sciencesetavenir.fr/sante/dans-un-hopital-psychiatrique-de-marseille-la-crainte-de-l-effet-cocotte-minute_143667&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans un h&#244;pital psychiatrique de Marseille, la crainte de &#8220;l'effet cocotte-minute&#8221;&lt;/a&gt; &#187;, AFP (21/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/violencedutravailcom/blog/160520/le-covid-met-mal-notre-ethique-professionnelle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Covid met &#224; mal notre &#233;thique professionnelle&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Blogs.mediapart.fr&lt;/i&gt; (16/05/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mouvement critique de la psychiatrie n&#233; au cours de la Seconde Guerre mondiale, au sein de l'asile de Saint-Alban-sur-Limagnole (Loz&#232;re), haut-lieu de la R&#233;sistance. Il s'agissait de modifier l'institution soignante selon des principes m&#234;lant psychanalyse et marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dixit&lt;/i&gt; Jean Oury, fondateur avec d'autres psychiatres de la psychoth&#233;rapie institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/270320/journal-de-bord-des-internes-nos-patients-ne-seront-pas-pris-en-rea&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Journal de bord des internes : &#8220;Nos patients ne seront pas pris en r&#233;a&#8221;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mediapart &lt;/i&gt;(27/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La sant&#233; mentale &#8211; Vers un bonheur sous contr&#244;le&lt;/i&gt;, Mathieu Bellahsen, La Fabrique (2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le tribunal a choisi la mort pour les exil&#233;s &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-tribunal-a-choisi-la-mort-pour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-tribunal-a-choisi-la-mort-pour</guid>
		<dc:date>2019-01-09T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Pole Ka</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Mathieu</dc:subject>
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		<dc:subject>Brian&#231;on</dc:subject>
		<dc:subject>Isabelle Defarge</dc:subject>
		<dc:subject>condamn&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Qu'est-ce qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>Brian&#231;on alors</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En avril, ils avaient particip&#233; &#224; une manifestation contre la militarisation de la fronti&#232;re alpine et l'op&#233;ration anti-migrants d'un groupe d'extr&#234;me droite. &#192; Gap, sept militants solidaires viennent d'&#234;tre condamn&#233;s &#224; des peines de prison. Ce matin-l&#224;, au col de Montgen&#232;vre, il fait &#8211; 10&#176; C. Quelques kilom&#232;tres plus loin, du c&#244;t&#233; italien de la fronti&#232;re, comme chaque jour, des exil&#233;s s'appr&#234;tent &#224; tenter la travers&#233;e dans la neige. D&#233;but 2018, trois d'entre eux ont perdu la vie dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no172-janvier-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;172 (janvier 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pole-Ka" rel="tag"&gt;Pole Ka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/frontiere" rel="tag"&gt;fronti&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu" rel="tag"&gt;Mathieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/exiles" rel="tag"&gt;exil&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Briancon" rel="tag"&gt;Brian&#231;on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Isabelle-Defarge" rel="tag"&gt;Isabelle Defarge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/condamnes" rel="tag"&gt;condamn&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Qu-est-ce-qu-il" rel="tag"&gt;Qu'est-ce qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Briancon-alors" rel="tag"&gt;Brian&#231;on alors&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En avril, ils avaient particip&#233; &#224; une manifestation contre la militarisation de la fronti&#232;re alpine et l'op&#233;ration anti-migrants d'un groupe d'extr&#234;me droite. &#192; Gap, sept militants solidaires viennent d'&#234;tre condamn&#233;s &#224; des peines de prison.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2729 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH574/-987-e233f.jpg?1782645410' width='400' height='574' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pole Ka
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce matin-l&#224;, au col de Montgen&#232;vre, il fait &#8211; 10&#176; C&lt;/strong&gt;. Quelques kilom&#232;tres plus loin, du c&#244;t&#233; italien de la fronti&#232;re, comme chaque jour, des exil&#233;s s'appr&#234;tent &#224; tenter la travers&#233;e dans la neige. D&#233;but 2018, trois d'entre eux ont perdu la vie dans l'aventure. En 2016, Mamadou, jeune Malien, avait eu les deux pieds tellement gel&#233;s qu'il fallut les amputer. Sans les montagnards solidaires qui multiplient les maraudes de secours, le bilan serait beaucoup plus lourd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce matin-l&#224;, Isabelle Defarge y pense-t-elle seulement ?&lt;/strong&gt; Dans quelques heures, la pr&#233;sidente du tribunal de Gap (Hautes-Alpes) prononcera le d&#233;lib&#233;r&#233; du proc&#232;s des &#171; 7 de Brian&#231;on &#187;. Le 22 avril, ces militants solidaires avaient particip&#233; &#224; une manifestation transfrontali&#232;re. Il s'agissait alors de d&#233;noncer la militarisation de la fronti&#232;re (qui pousse les exil&#233;s &#224; emprunter de p&#233;rilleux sentiers) et une op&#233;ration anti-migrants entam&#233;e la veille par le groupe d'extr&#234;me droite G&#233;n&#233;ration identitaire. Parties de Claviere, en Italie, quelque 120 personnes, accompagn&#233;es d'une trentaine d'exil&#233;s, se mettent en marche. Les gendarmes fran&#231;ais tentent de leur bloquer le passage mais, trop peu nombreux, ils renoncent. Le cort&#232;ge parvient donc &#224; rejoindre Brian&#231;on, o&#249; les migrants sont mis &#224; l'abri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le lot des manifestants&lt;/strong&gt;, le procureur n'en poursuivra que sept : Bastien, Theo, Eleonora, Jean-Luc, Beno&#238;t, Mathieu et Lisa. Les trois premiers, des activistes &#233;trangers de passage, passent neuf jours en d&#233;tention provisoire. Les quatre autres vivent dans la r&#233;gion : ce sont des habitu&#233;s des maraudes nocturnes dans la neige.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Douze mois dont quatre ferme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce matin-l&#224;, Mathieu s'est lev&#233; plut&#244;t confiant&lt;/strong&gt;. Lors de l'audience du 8 novembre, le procureur a d&#233;montr&#233; que les &#171; 7 de Brian&#231;on &#187; avaient particip&#233; &#224; la marche (ce qu'ils revendiquent). Mais pour les avocats de la d&#233;fense, il n'a prouv&#233; aucune responsabilit&#233; individuelle constituant le d&#233;lit d'&#171; &lt;i&gt;aide &#224; l'entr&#233;e irr&#233;guli&#232;re d'&#233;trangers&lt;/i&gt; &#187; en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Las, cet apr&#232;s-midi-l&#224;, quand Isabelle Defarge rev&#234;t sa robe de magistrat&lt;/strong&gt;, c'est pour d&#233;clarer les pr&#233;venus coupables. Nous sommes le 13 d&#233;cembre 2018 et les &#171; 7 de Brian&#231;on &#187; viennent d'&#234;tre condamn&#233;s. Les r&#233;quisitions du procureur ont &#233;t&#233; suivies &#224; la lettre : les cinq militants au casier judiciaire vierge &#233;copent de six mois d'emprisonnement avec sursis. Jean-Luc et Mathieu, eux, avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233;s par le pass&#233;. Et dans ce proc&#232;s, ils comparaissaient aussi, respectivement, pour &#171; &lt;i&gt;d&#233;lit d'attroupement &lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;r&#233;bellion&lt;/i&gt; &#187;. Pour ces deux l&#224;, l'addition est plus sal&#233;e : douze mois de prison &#8211; huit avec sursis et quatre ferme. Petit cadeau suppl&#233;mentaire pour Mathieu : le voici condamn&#233; &#224; verser plusieurs milliers d'euros aux policiers qui l'accusent, alors que lui-m&#234;me affirme avoir subi des violences de leur part (avec une &#171; &lt;i&gt;entorse cervicale &lt;/i&gt; &#187; &#224; la cl&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Qu'est-ce qu'il faut faire ? Br&#251;ler des voitures ? &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; la sortie du tribunal, les avocats de la d&#233;fense sont groggy&lt;/strong&gt;. &#171; &lt;i&gt; Hallucinant&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;p&#232;te M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Yassine Djermoune, l'&#339;il hagard. M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; C&#233;cile Faure-Brac est tout aussi estomaqu&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Les grands principes du droit &#8211; l'individualisation de la responsabilit&#233; p&#233;nale et de la peine &#8211; ont &#233;t&#233; balay&#233;s d'un revers de manche au nom d'une politique que l'on conforte avec cette d&#233;cision.&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; J'ai eu l'impression qu'on reprochait &#224; ces sept personnes-l&#224; d'avoir manifest&#233;, alors que c'est un droit fondamental. Les &#233;l&#233;ments intentionnels et mat&#233;riels constitutifs de l'infraction, je ne les ai pas entendus dans la d&#233;cision de la pr&#233;sidente.&lt;/i&gt; &#187; Sa cons&#339;ur M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Maeva Binimelis, elle, se dit &#171; &lt;i&gt; sid&#233;r&#233;e&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, nous ne savons pas ce qu'il en est des poursuites contre les infractions commises par les identitaires&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On les accuse notamment d'avoir traqu&#233;, intimid&#233; et mis en danger des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Mais en attendant, ceux qui aident sont condamn&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les condamn&#233;s, justement, prennent la parole&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, le tribunal de Gap a choisi la mort pour les exil&#233;s qui traversent les fronti&#232;res &lt;/i&gt; &#187;, ass&#232;ne Mathieu. &#171; &lt;i&gt;Par cette condamnation, il prend la responsabilit&#233; politique de dire&lt;/i&gt; &#8220; Ne les aidez pas, laissez-les crever. &#8221; &#187; Beno&#238;t encha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt;L'&#201;tat et la justice ont fait le choix de la mort. Nous, on continuera d'&#234;tre l&#224; pour accueillir la vie qui vient.&lt;/i&gt; &#187; Theo est plus abattu : &#171; &lt;i&gt;Je pensais que c'&#233;tait la fin, qu'on allait pouvoir sortir les bras lev&#233;s, et je me rends compte que ce n'est qu'un d&#233;but. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'il faut faire pour changer les choses ? Br&#251;ler des voitures ?&lt;/i&gt; &#187; Mathieu reprend : &#171; &lt;i&gt; Si l'&#201;tat a d&#233;cid&#233; de taper encore plus fort sur les gens qui sont solidaires aux fronti&#232;res avec les exil&#233;s, c'est une raison de plus pour y aller encore plus nombreux. On appelle tout le monde &#224; venir en montagne nous filer la main, pour que le col de l'&#201;chelle et le col de Montgen&#232;vre ne deviennent pas des cimeti&#232;res. Et peu importe si on a les flics au cul. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Le probl&#232;me, c'est la fronti&#232;re &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#171; 7 de Brian&#231;on &#187; ont d&#233;cid&#233; de faire appel&lt;/strong&gt; : ils devraient donc &#234;tre rejug&#233;s dans de longs mois &#224; Grenoble &#8211; mais restent en libert&#233; d'ici l&#224;. Dans la soir&#233;e, quelques heures apr&#232;s le prononc&#233; du d&#233;lib&#233;r&#233;, trois autres personnes &#233;taient arr&#234;t&#233;es du c&#244;t&#233; de Brian&#231;on alors qu'elles portaient assistance &#224; des migrants par &#8211; 15&#176; C. Dans les mois qui viennent, plusieurs autres montagnards solidaires vont &#234;tre jug&#233;s pour des faits similaires par le tribunal de Gap ; prochain proc&#232;s le 10 janvier&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un rassemblement de soutien est pr&#233;vu &#224; 8h30 devant le tribunal.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais pour Agn&#232;s Antoine&lt;/strong&gt;, de l'association Tous Migrants, le souci n'est pas que l&#224;. Il est aussi et surtout dans les agissements des forces de l'ordre &#8211; des violations des droits des exil&#233;s d&#233;nonc&#233;es &#224; longueur de rapports par de multiples ONG comme par la Commission nationale consultative des droits de l'homme : &#171; &lt;i&gt;Notre probl&#232;me, c'est la fronti&#232;re, qui est devenue une zone de non-droit, o&#249; plus aucune r&#232;gle ne s'applique. Une zone o&#249; on se permet de tabasser, de voler&lt;/i&gt; &#187; de l'argent aux migrants. En somme, &#171; &lt;i&gt;d'infliger des traitements inhumains et d&#233;gradants &#224; des personnes, parce qu'elles sont de couleur noire&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;* Notre compte-rendu du proc&#232;s : &#171; &lt;strong&gt;D&#233;lit de solidarit&#233; &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-7-de-Briancon-ont-ete' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les &#034;7 de Brian&#231;on&#034; ont &#233;t&#233; condamn&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On les accuse notamment d'avoir traqu&#233;, intimid&#233; et mis en danger des migrants, occasionnant des blessures. Le procureur, lui, se contente d'expliquer que son enqu&#234;te &#171; &lt;i&gt;se poursuit&lt;/i&gt; &#187;. En novembre, un activiste de G&#233;n&#233;ration identitaire a publi&#233; sur les r&#233;seaux sociaux une photo d'une convocation en audition libre &#224; la gendarmerie. Il se vante d'avoir refus&#233; de s'y rendre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un rassemblement de soutien est pr&#233;vu &#224; 8h30 devant le tribunal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#171; 7 de Brian&#231;on &#187; ont &#233;t&#233; condamn&#233;s</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-7-de-Briancon-ont-ete</link>
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		<dc:date>2018-12-20T14:43:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;En avril, les &#171; 7 de Brian&#231;on &#187; avaient manifest&#233; contre des militants d'extr&#234;me droite venus chasser les migrants &#224; la fronti&#232;re franco-italienne. Accus&#233;s d'avoir aid&#233; des exil&#233;s &#224; p&#233;n&#233;trer en France, ils viennent d'&#234;tre condamn&#233;s &#224; des peines de prison. &#171; O&#249; &#233;tiez-vous le 21 avril ? &#187;, demande la pr&#233;sidente. &#171; J'&#233;tais au refuge de Clavi&#232;re, r&#233;pond Theo, 24 ans. Je faisais &#224; manger et je barricadais les entr&#233;es, parce qu'on s'attendait &#224; une attaque des Identitaires. &#187; Ce jour-l&#224;, dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no171-decembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;171 (d&#233;cembre 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une3_cabrule" rel="tag"&gt;une3_cabrule&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prevenus" rel="tag"&gt;pr&#233;venus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prison" rel="tag"&gt;prison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/frontiere" rel="tag"&gt;fronti&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu" rel="tag"&gt;Mathieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifestation" rel="tag"&gt;manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/procureur" rel="tag"&gt;procureur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Benoit" rel="tag"&gt;Beno&#238;t&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En avril, les &#171; 7 de Brian&#231;on &#187; avaient manifest&#233; contre des militants d'extr&#234;me droite venus chasser les migrants &#224; la fronti&#232;re franco-italienne. Accus&#233;s d'avoir aid&#233; des exil&#233;s &#224; p&#233;n&#233;trer en France, ils viennent d'&#234;tre condamn&#233;s &#224; des peines de prison.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2700 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH653/-960-3cf83.jpg?1782644418' width='500' height='653' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;O&#249; &#233;tiez-vous le 21 avril ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, demande la pr&#233;sidente. &#171; &lt;i&gt; J'&#233;tais au refuge de Clavi&#232;re, &lt;/i&gt;r&#233;pond Theo, 24 ans.&lt;i&gt; Je faisais &#224; manger et je barricadais les entr&#233;es, parce qu'on s'attendait &#224; une attaque des Identitaires.&lt;/i&gt; &#187; Ce jour-l&#224;, dans le Brian&#231;onnais, le petit monde du soutien aux migrants est sens dessus dessous : G&#233;n&#233;ration identitaire, groupe d'extr&#234;me droite, vient de d&#233;barquer &#224; la fronti&#232;re franco-italienne. Son objectif ? Repousser les migrants tentant de franchir les cols enneig&#233;s, pour d&#233;noncer &#171; &lt;i&gt;le laxisme des autorit&#233;s &lt;/i&gt; &#187;. Cela fait pourtant des mois que les b&#233;n&#233;voles solidaires secourent des exil&#233;s en perdition dans la montagne, essayant d'&#233;chapper &#224; la traque des forces de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, que faire ? Dimanche 22 avril, une conf&#233;rence &#233;tait pr&#233;vue de longue date &#224; Clavi&#232;re, dernier village italien avant la fronti&#232;re. &#171; Chez J&#233;sus &#187;, dans le squat o&#249; sont r&#233;unis migrants et militants solidaires, l'id&#233;e d'une manifestation &#233;merge. Sit&#244;t dit, sit&#244;t fait : quelque 120 personnes, accompagn&#233;es d'une trentaine d'exil&#233;s, se mettent en route. Peu apr&#232;s la fronti&#232;re, un cordon de gendarmes fran&#231;ais attend le cort&#232;ge. Mathieu, 35 ans, tout en filmant, invective les pandores : &#171; &lt;i&gt;Vous n'&#234;tes pas form&#233;s pour &#231;a, vous &#234;tes l&#224; pour prot&#233;ger la veuve et l'orphelin. D&#233;missionnez de la gendarmerie, faites autre chose. P&#244;le emploi c'est mieux ! &lt;/i&gt; &#187; Petite bousculade, puis les gendarmes, trop peu nombreux, renoncent. La foule passe et rejoint Brian&#231;on, o&#249; les exil&#233;s sont mis &#224; l'abri.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ils ont sauv&#233; des vies &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Six mois plus tard, au tribunal de Gap (Hautes-Alpes), sept manifestants passent en proc&#232;s. Quatre autochtones (Beno&#238;t, Lisa, Mathieu et Jean-Luc) et deux Genevois de passage (Bastien et Th&#233;o) sont sur le banc des pr&#233;venus. La septi&#232;me, Eleonora, anarchiste italienne, a d&#233;clin&#233; l'invitation. Bien lui a pris : les d&#233;bats vont durer dix-sept heures, ne s'achevant qu'&#224; 1 h 30 du matin. Audience interminable, et pourtant si exp&#233;ditive... Car ce 8 novembre, les &#171; 7 de Brian&#231;on &#187; risquent tout de m&#234;me dix ans de prison. Pour quel d&#233;lit ? &#171; Aide &#224; l'entr&#233;e irr&#233;guli&#232;re &#187; d'&#233;trangers sur le territoire fran&#231;ais, &#171; en bande organis&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, que faire ? D'abord, contextualiser. La fronti&#232;re, la montagne et ses dangers. Le docteur Max Duez t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;En tant que chirurgien, j'ai sauv&#233; des tas de doigts gel&#233;s. Mais si aucun migrant n'a &#233;t&#233; amput&#233; l'hiver dernier, c'est gr&#226;ce aux maraudeurs. Sans eux, il y aurait eu bien plus de trois morts. Ceux qui sont accus&#233;s aujourd'hui sont les m&#234;mes qui ont sauv&#233; des vies. &lt;/i&gt; &#187; Pour la pr&#233;sidente, ce n'est pas le sujet : &#171; &lt;i&gt; Le tribunal est saisi de faits pr&#233;cis, on n'est pas &#224; l'Assembl&#233;e nationale ou au S&#233;nat pour faire un d&#233;bat de soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Les pr&#233;venus insistent : &#171; &lt;i&gt;Il y a trois &#233;l&#233;ments de contexte importants, &lt;/i&gt;r&#233;sume Beno&#238;t, 49 ans.&lt;i&gt; D'abord, la militarisation de la fronti&#232;re, qui fait prendre de nombreux risques aux exil&#233;s ; on a des t&#233;moignages qui attestent de courses-poursuites, de d&#233;laissements de personnes n&#233;cessitant des soins sur la voie publique. Ensuite, il y a G&#233;n&#233;ration identitaire ; on sait tous que ce sont des gens dangereux. On ne pouvait pas leur laisser notre montagne comme &#231;a. Et puis, il y a le rapport de la Commission consultative des droits de l'homme sur la zone de non-droit qu'est devenue cette fronti&#232;re.&lt;/i&gt; &#187; Un texte qui &#233;tablit notamment que &#171; &lt;i&gt;les personnes migrantes&lt;/i&gt; [y]&lt;i&gt; subissent des traitements inhumains et d&#233;gradants &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Fallait-il qu'ils les chassent ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, que faire ? Revendiquer haut et fort la victoire qu'a repr&#233;sent&#233;e la manifestation contre le syst&#232;me des fronti&#232;res ? Les avocats de la d&#233;fense s'y refusent. &#171; &lt;i&gt; Il y a un al&#233;a judiciaire assez consid&#233;rable et de toute fa&#231;on, le proc&#232;s a servi de tribune politique, &lt;/i&gt;justifiera M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Vincent Brengarth apr&#232;s l'audience. &lt;i&gt;En termes d&#233;ontologiques, c'est quand m&#234;me difficile de prendre le risque pour son client d'une d&#233;fense de rupture qui l'expose &#224; une peine d'emprisonnement aussi lourde &#8211; surtout quand vous avez un dossier qui permet juridiquement de plaider la relaxe.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dossier d'accusation, il est vrai, n'est pas franchement accablant. Certes, les vid&#233;os sont formelles : les pr&#233;venus ont particip&#233; &#224; la manifestation. Mais rien ne vient &#233;tayer leur responsabilit&#233; individuelle. &#171; &lt;i&gt;Je ne parviens toujours pas &#224; comprendre pourquoi ces sept-l&#224; ont &#233;t&#233; extraits de la masse&lt;/i&gt; [des manifestants] &#187;, raille d'ailleurs l'avocat. Y a-t-il une preuve qu'un pr&#233;venu en particulier a &#171; forc&#233; &#187; le barrage des gendarmes ? Emp&#234;ch&#233; le contr&#244;le d'un exil&#233; par un gendarme ? Non. D'ailleurs, &#224; part des &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; bas&#233;s sur leur couleur de peau (noire), qu'est-ce qui d&#233;montre que ces &#171; migrants &#187; &#233;taient en situation irr&#233;guli&#232;re ? Pas grand-chose. En tout et pour tout, le procureur n'a pu retrouver qu'un seul sans-papiers ayant pris part &#224; la marche. Pour M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Henri Leclerc, les pr&#233;venus &#171; &lt;i&gt; ont fait une manifestation sans demander les papiers de ceux qui venaient avec eux. Bien s&#251;r qu'il y en avait &lt;/i&gt;[des migrants]&lt;i&gt;. Fallait-il qu'ils les chassent ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; La manifestation &#233;tait spontan&#233;e, &lt;/i&gt;d&#233;crit Beno&#238;t. &lt;i&gt;Elle n'avait que deux objectifs : d&#233;noncer la militarisation de la fronti&#232;re et les actions de G&#233;n&#233;ration identitaire.&lt;/i&gt; &#187; Un brin bancale, cette strat&#233;gie de d&#233;fense vacille par moments. &#171; &lt;i&gt;Si je comprends bien, &lt;/i&gt;questionne le procureur,&lt;i&gt; aucun d'entre vous ne revendique le fait d'avoir voulu ce jour-l&#224; faire entrer des personnes &#233;trang&#232;res sur le territoire national ?&lt;/i&gt; &#187; Silence. Le parquetier encha&#238;ne, ressort des communiqu&#233;s victorieux&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pour une fois, personne n'a &#233;t&#233; oblig&#233; de se cacher dans la nuit et dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; publi&#233;s apr&#232;s la manifestation sur les r&#233;seaux sociaux. &#171; &lt;i&gt; Vous dites &#224; tout le monde que vous n'&#234;tes pas solidaires de &#231;a ? Aucun ? &lt;/i&gt; &#187; Silence g&#234;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le procureur demande du sursis et du ferme&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est l'heure des r&#233;quisitions. Faute d'&#233;l&#233;ments suffisants, le procureur renonce &#224; la circonstance aggravante de &#171; bande organis&#233;e &#187;. Les pr&#233;venus ne risquent &#171; plus que &#187; cinq ans de prison. Cinq d'entre eux n'ont pas de casier judiciaire : le procureur requiert six mois de prison avec sursis&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bastien, Theo et Eleonora avaient d&#233;j&#224; subi neuf jours de d&#233;tention (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Les deux autres manifestants ont des ant&#233;c&#233;dents judiciaires et ne sont pas jug&#233;s uniquement pour &#171; aide &#224; l'entr&#233;e irr&#233;guli&#232;re &#187;. Mathieu est accus&#233; d'avoir r&#233;sist&#233; physiquement &#224; une tentative d'arrestation (&#171; r&#233;bellion &#187;) &#8211; lui, parle de violences polici&#232;res et d'une entorse cervicale. Le procureur demande quatre mois de prison ferme, et huit de sursis. M&#234;me r&#233;quisition contre Jean-Luc, 52 ans, accus&#233; de &#171; &lt;i&gt; &lt;/i&gt;d&#233;lit d'attroupement &#187;. Lors du rassemblement &#171; Passamontagna &#187; &#224; la fronti&#232;re en septembre, il ne se serait pas dispers&#233; de la masse des manifestants apr&#232;s sommations &#8211; lui dit que ce jour-l&#224;, il est toujours rest&#233; en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fense, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Henri Leclerc revient sur les principes. Pour lui, les pr&#233;venus &#171; &lt;i&gt;sont des gens qui se souviennent de l'article 1 de la D&#233;claration universelle des droits de l'homme&lt;/i&gt; &#187;, qui stipule que &#171; &lt;i&gt;les &#234;tres humains&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternit&#233; &lt;/i&gt; &#187;. Aux yeux de l'avocat, les &#171; 7 de Brian&#231;on &#187; &#171; &lt;i&gt;n'ont fait que &#231;a&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le tribunal suit le procureur&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce jeudi 13 d&#233;cembre, le tribunal a finalement rendu son jugement. Les sept pr&#233;venus ont &#233;t&#233; jug&#233;s coupables et condamn&#233;s aux peines demand&#233;es par le procureur. Cinq d'entre eux &#233;copent donc de six mois de prison avec sursis, les deux autres de douze mois d'emprisonnement (huit avec sursis et quatre ferme, mais am&#233;nageables : en toute logique, aucun d'entre eux n'ira r&#233;ellement en prison). Ils ont l'intention de faire appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'enjeu, c'&#233;tait de savoir si la justice allait confirmer l'engagement de l'&#201;tat aupr&#232;s des identitaires et contre les personnes solidaires&lt;/i&gt;, a r&#233;sum&#233; Beno&#238;t, l'un des pr&#233;venus, habitu&#233; des maraudes de secours dans la neige. &lt;i&gt;L'&#201;tat et la justice ont fait le choix de la mort. Nous, on continuera d'&#234;tre l&#224; pour accueillir la vie qui vient. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Mathieu d'adresser ce message &#224; toutes les personnes de bonne volont&#233; : &#171; &lt;i&gt;On appelle tout le monde &#224; venir en montagne nous filer la main, pour que le col de l'Echelle et le col de Montgen&#232;vre ne deviennent pas des cimeti&#232;res. Et peu importe si on a les flics au cul.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#199;a, c'est dit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du banditisme &#224; l'humanitaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Luc : &#171; &lt;i&gt;J'ai fait des braquages, du trafic de stup&#233;fiants et on attend que je me lance dans l'humanitaire pour me coller une &#8220; bande organis&#233;e &#8221; ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les courgettes du RSA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sidente : &#171; &lt;i&gt;Monsieur, vous &#234;tes au RSA ?&lt;/i&gt; &#187; Mathieu : &#171; &lt;i&gt;Oui, je suis au Revenu de solidarit&#233; active, ce qui m'oblige &#224; &#234;tre actif solidairement.&lt;/i&gt; &#187; La pr&#233;sidente : &#171; &lt;i&gt; Et vous, vous &#234;tes au RSA ?&lt;/i&gt; &#187; Jean-Luc : &#171; &lt;i&gt;Euh&#8230; non, euh&#8230; oui, enfin, je devrais l'avoir bient&#244;t. Mais vous savez, je n'ai pas besoin de grand-chose. Je vis en squat, je mange du riz et des courgettes. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Cet article a &#233;t&#233; mis &#224; jour ce jeudi 13 d&#233;cembre, jour du prononc&#233; du jugement. La premi&#232;re version avait &#233;t&#233; publi&#233;e d&#233;but d&#233;cembre sur papier dans le num&#233;ro 171 de &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt;.)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour une fois, personne n'a &#233;t&#233; oblig&#233; de se cacher dans la nuit et dans la neige&lt;/i&gt; &#187; pour franchir la fronti&#232;re, se f&#233;licitait par exemple sur Facebook le refuge-squat &#171; Chez J&#233;sus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bastien, Theo et Eleonora avaient d&#233;j&#224; subi neuf jours de d&#233;tention provisoire au printemps.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Effacer les pauvres</title>
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		<dc:date>2018-04-23T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Six jours sur sept, l'Accueil de jour (ADJ) re&#231;oit ceux et celles qui ont besoin d'une douche, d'un moment calme, de conseils : gal&#233;riens des rues, migrants, personnes en d&#233;rive psy&#8230; Il y a deux ans, CQFD en parlait. Et recommence aujourd'hui pour une bonne raison : malgr&#233; une d&#233;tresse sociale qui s'accentue, l'ADJ est menac&#233; de fermeture. Dr&#244;le d'ambiance sur le Vieux-Port ce 16 mars au matin. &#192; main droite, le &#171; Run in Marseille &#187; (machin pour faire courir des gens) a mont&#233; ses barnums (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no164-avril-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;164 (avril 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mickomix" rel="tag"&gt;Mickomix&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jeremy-Boulard-Le-Fur" rel="tag"&gt;Jeremy Boulard Le Fur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Drole" rel="tag"&gt;Dr&#244;le&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2190-c39bb.jpg?1782965933' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Six jours sur sept, l'Accueil de jour (ADJ) re&#231;oit ceux et celles qui ont besoin d'une douche, d'un moment calme, de conseils : gal&#233;riens des rues, migrants, personnes en d&#233;rive psy&#8230; Il y a deux ans, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Precarite-Une-colere-a-contenir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en parlait&lt;/a&gt;. Et recommence aujourd'hui pour une bonne raison : malgr&#233; une d&#233;tresse sociale qui s'accentue, l'ADJ est menac&#233; de fermeture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dr&#244;le d'ambiance sur le Vieux-Port ce 16 mars au matin. &#192; main droite, le &#171; Run in Marseille &#187; (machin pour faire courir des gens) a mont&#233; ses barnums et &#233;tale sa caravane de sponsors. Les joggeurs en lycra moulant se pressent pour s'inscrire, tandis que des mamans raflent les brioches gratuites &#8211; &#171; &lt;i&gt;L'autre fois, y avait des calissons...&lt;/i&gt; &#187; Les vigiles veillent. &#199;a brille, c'est neuf, &#231;a sent l'oseille. &#192; main gauche arrive soudain un autre attelage, plus bruyant, color&#233; et foutraque : une cinquantaine de personnes derri&#232;re une banni&#232;re &#171; &lt;i&gt;L'ADJ se meurt &#8211; Tous unis contre l'exclusion sociale !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite manif se pose fi&#232;rement face &#224; la mairie. Sono pr&#234;t&#233;e par la CGT, longue table avec caf&#233; et viennoiseries. Une stagiaire de l'ADJ, Keny&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; sa demande, son pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233; en &#171; Keny, comme Keny Arkana. Tu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, explique : &#171; &lt;i&gt;C'est simple, les subventions n'arrivent plus. Que ce soit l'&#201;tat, la CPAM, la r&#233;gion, le d&#233;partement, la ville&#8230; ils ont tous r&#233;duit les sub'.&lt;/i&gt; &#187; L'asso ADJ emploie 38 personnes, qui en ont accueilli 6 500 en 2017. Dont Frost, un rappeur originaire du Burundi : &#171; &lt;i&gt;L'ADJ ? J'y vais, ouais. Ils m'ont aid&#233; pour mes papiers, pour m'orienter. Ce sont des gens s&#233;rieux et accueillants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La baisse des aides a une cons&#233;quence directe : les comptes sont dans le rouge, &#224; tel point que la fermeture d&#233;finitive menace. Ce jour-l&#224;, c'est la troisi&#232;me manif en trois semaines, &#233;paul&#233;e par des &#171; accueillis &#187; et l'UL-CGT La Rose. De palabres en rendez-vous avec l'adjoint au maire ou la d&#233;l&#233;gu&#233;e de la pr&#233;fecture, ils n'ont r&#233;colt&#233; pour l'instant que bonnes paroles et vagues promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Quotidien de l'ADJ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une semaine plus tard, retour &#224; l'ADJ, place Marceau, dans le 2e arrondissement. Le local exigu peine &#224; accueillir les cinquante pr&#233;sents : pas une chaise de libre. Un papy joue aux &#233;checs avec un jeune, certains lisent ou regardent la t&#233;l&#233;, la plupart bavardent. L'ambiance est calme, presque feutr&#233;e. Ce n'&#233;tait pas le cas lundi dernier quand une bagarre g&#233;n&#233;rale, du &#171; &lt;i&gt; jamais-vu&lt;/i&gt; &#187;, a forc&#233; l'&#233;quipe &#224; une fermeture exceptionnelle. Jeune salari&#233;, Mathieu explique que l'incertitude sur l'avenir du lieu exacerbe les tensions et les violences d&#233;j&#224; pr&#233;sentes dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bureau des salari&#233;s, qui fait aussi office de salle de repos et de cantine, je discute avec Le&#239;la, Mathieu et Saliou, respectivement de l'&#233;quipe &#171; r&#233;f&#233;rents &#187;, accueil et nettoyage, qui m'expliquent les fondamentaux de la structure. Ils insistent : l'accueil est inconditionnel. Comprendre : n'importe qui peut venir &#224; l'ADJ. Il n'est demand&#233; ni inscription, ni renseignements. On peut se doucher, laver son linge, passer un coup de fil, etc. Il est aussi possible de se faire domicilier, &#233;tape indispensable pour pr&#233;tendre aux RSA, CMU, retraite, titre de s&#233;jour&#8230; Si les &#171; r&#233;f&#233;rents &#187; s'occupent de la partie assistance sociale et bureaucratie, c'est l'accueil qui est au centre de l'ADJ : recevoir, &#233;couter &#171; &lt;i&gt;des r&#233;cits de vie&lt;/i&gt; &#187;, orienter, rassurer, parler de la m&#233;t&#233;o, des droits, appeler le 115 pour la nuit prochaine, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la derni&#232;re visite de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, le profil des usagers a &#233;volu&#233;. Les vieux chibanis ont laiss&#233; place &#224; de nouveaux arrivants. Beaucoup de migrants, souvent anglophones, d&#233;barquent de la gare St-Charles toute proche : &#171; &lt;i&gt;Ce sont des sans-papiers, dont beaucoup de mineurs et de femmes enceintes&lt;/i&gt;, explique Le&#239;la. &lt;i&gt;On les accueille, mais on ne peut pas s'en occuper, si bien qu'on les oriente vers les structures adapt&#233;es. En th&#233;orie, on ne devrait prendre en charge que des majeurs isol&#233;s en situation r&#233;guli&#232;re, mais on n'est pas des machines.&lt;/i&gt; &#187; En CDI depuis peu, Mathieu a rencontr&#233; l'ADJ il y a trois ans lors d'un stage b&#233;n&#233;vole d'observation qui l'a profond&#233;ment marqu&#233;. Depuis, il fait partie des meubles. &#171; &lt;i&gt;Je suis form&#233; en r&#233;duction des risques en addictologie&lt;/i&gt;, explique-t-il. &lt;i&gt;Cela s'av&#232;re parfois tr&#232;s utile pour parler avec les gens de la rue. Ici, on a tous une sp&#233;cialit&#233; : protection de l'enfance, femmes isol&#233;es, drogues&#8230; C'est la force de l'&#233;quipe.&lt;/i&gt; &#187; Laquelle compte aussi une infirmi&#232;re qui &#171; &lt;i&gt;fait un boulot &#233;norme&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Mathieu, qui sait les sacrifices que cela implique : &#171; &lt;i&gt;Ce travail peut &#234;tre tr&#232;s dur. Il reste dans la t&#234;te m&#234;me quand on rentre &#224; la maison.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2345 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-617-68f2a.jpg?1782685737' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mickomix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faillite des institutions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ADJ a beau accomplir une t&#226;che d'utilit&#233; sociale, elle est m&#233;pris&#233; par les institutions. Comment comprendre cet effondrement des subventions ? Ce d&#233;dain affich&#233; par la ville, le d&#233;partement, la r&#233;gion et l'&#201;tat est d'autant plus dommageable qu'il s'exprime au moment m&#234;me o&#249; le propri&#233;taire des locaux multiplie le loyer par quatre&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ADJ Marceau est situ&#233; dans un quartier en pleine restructuration, due au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s pointent des choix politiques absurdes, tant il est &#233;vident que la fermeture de l'ADJ ne ferait pas dispara&#238;tre l'extr&#234;me pauvret&#233;. Elle la renverrait simplement vers les centres communaux d'action sociale (CCAS), d&#233;j&#224; d&#233;bord&#233;s. Et surtout : vers la rue. Keny pose la question qui f&#226;che : &#171; &lt;i&gt;Il faut &#234;tre riche pour avoir le droit de vivre &#224; Marseille ? Ou alors c'est r&#233;serv&#233; aux touristes ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, l'ADJ est au bord de l'asphyxie. Bient&#244;t, la structure ne pourra plus payer ses employ&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas o&#249; on va&lt;/i&gt; &#187;, s'inqui&#232;te Mathieu. &#171; &lt;i&gt;Beaucoup d'usagers disent que notre fermeture les pousserait vers le c&#244;t&#233; malsain de la rue : buisness, drogues et violences...&lt;/i&gt; &#187; Saliou est plus optimiste : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas possible que &#231;a ferme ! Pas avec tout le travail qu'on a fait !&lt;/i&gt; &#187; Il rigole si franchement qu'on a envie de le croire. &#171; &lt;i&gt;En tout cas, on ne baisse pas les bras.&lt;/i&gt; &#187; Une manif par semaine est pr&#233;vue jusqu'&#224; satisfaction des revendications.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; sa demande, son pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233; en &#171; &lt;i&gt;Keny, comme Keny Arkana. Tu connais ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'ADJ Marceau est situ&#233; dans un quartier en pleine restructuration, due au pharaonique projet Euromed.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dans les deux sens du terme</title>
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		<dc:date>2015-11-06T19:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;dito</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Je rends hommage &#224; la classe ouvri&#232;re. &#187; La classe, oui, dans les deux sens du terme. Xavier Mathieu, un des rebelles des Contis, cette bo&#238;te qui vira un beau jour 700 de ses ouvriers pour satisfaire &#224; la fringale actionnariale, s'exprime dans Le Grand Journal de Canal Plus le 12 octobre dernier. Le matin m&#234;me, six salari&#233;s d'Air France &#233;taient cueillis au saut du lit par quelques mastards asserment&#233;s de la police de l'air et des fronti&#232;res suite &#224; l'ambiance pugilistique du dernier comit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Edito" rel="tag"&gt;&#201;dito&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classe" rel="tag"&gt;classe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu" rel="tag"&gt;Mathieu&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Air-France" rel="tag"&gt;d'Air France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classe-ouvriere-9257" rel="tag"&gt;classe ouvri&#232;re.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rends-hommage" rel="tag"&gt;rends hommage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Grand-Journal" rel="tag"&gt;Grand Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Xavier-Mathieu" rel="tag"&gt;Xavier Mathieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu-n-est" rel="tag"&gt;Mathieu n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Leny-Escudero" rel="tag"&gt;Leny Escudero&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je rends hommage &#224; la classe ouvri&#232;re.&lt;/i&gt; &#187; La classe, oui, dans les deux sens du terme. Xavier Mathieu, un des rebelles des Contis, cette bo&#238;te qui vira un beau jour 700 de ses ouvriers pour satisfaire &#224; la fringale actionnariale, s'exprime dans Le Grand Journal de Canal Plus le 12 octobre dernier. Le matin m&#234;me, six salari&#233;s d'Air France &#233;taient cueillis au saut du lit par quelques mastards asserment&#233;s de la police de l'air et des fronti&#232;res suite &#224; l'ambiance pugilistique du dernier comit&#233; central d'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est l&#224; le Mathieu, m&#226;choire crisp&#233;e, muscles tendus, b&#234;te de sc&#232;ne propuls&#233;e dans l'ar&#232;ne m&#233;diatique. Venu de son plein gr&#233;, en m&#233;moire d'abord du chanteur Leny Escudero (que &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a eu l'honneur de compter parmi ses abonn&#233;s). &#171; &lt;i&gt;Expliquez-nous&lt;/i&gt; &#187;, demande l'oie peroxyd&#233;e et charg&#233;e de distribuer la parole. &#171; &lt;i&gt;Parce que je rage, je rage depuis quelques jours de ce que je vois, le lynchage&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;que tous les m&#233;dias ont fait envers mes camarades qui se battent.&lt;/i&gt; &#187; La jactance de Mathieu n'est pas toujours acad&#233;mique, bouscul&#233;e par la col&#232;re, le trop-plein. Le &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que je fous-l&#224; ?&lt;/i&gt; &#187; &#224; faire mon num&#233;ro sous les projos de cette &#233;ditocratie qui s'est arrog&#233; le monopole de d&#233;crire le monde tel qu'il va. Pour qui &#171; ouvrier &#187; est un concept aussi p&#233;rim&#233; qu'une boule de naphtaline oubli&#233;e dans l'armoire de mamie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors Mathieu d&#233;cide de filer la m&#233;taphore. Et de nous &#233;laborer une th&#233;orie sur le labrador, ce gentil cl&#233;bard qui encaisse toute sa vie et qui, un jour, finit par mordre comme un forcen&#233; cette main qui l'a flatt&#233; pour un salaire et des conditions de travail de mis&#232;re. Il rappelle que toute sa vie, il a &#233;t&#233; non violent, mais que maintenant c'est fini : &#171; &lt;i&gt;Je suis pour la violence.&lt;/i&gt; &#187; Comment ne pas avoir envie de charger la culasse au regard de l'ardoise laiss&#233;e par la lutte des Contis : 5&#8200;suicides, 200&#8200;types au RSA et des centaines de divorces. De quoi ce barouf m&#233;diatico-politique pour deux chemises arrach&#233;es est-il le nom ? Si ce n'est celui d'une caste dominante piqu&#233;e au vif d'avoir &#233;t&#233; publiquement mise &#224; nu, dans les deux sens du terme. Et qui se plaint de la mauvaise image renvoy&#233;e aupr&#232;s des investisseurs &#233;trangers&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1600 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/161110hulk-7eee3.jpg?1782641171' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux jours plus tard, un ouvrier c&#233;g&#233;tiste de la soci&#233;t&#233; STX &#224; Saint-Nazaire (l&#224; o&#249; commen&#231;a la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 1968 !) refuse de serrer la pogne de Hollande, en solidarit&#233; avec les salari&#233;s d'Air France face &#224; la &#171; violence patronale &#187;. L'autre pantin bafouilla &#171; Moui&#8230; dialogue social, on peut parler &#187;. Pan, bourre pif, on se pr&#234;tait &#224; r&#234;ver&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout cela, c'&#233;tait &#224; la t&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Salade de squats</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Salade-de-squats</link>
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		<dc:date>2012-03-19T06:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;my Comment</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>rue</dc:subject>
		<dc:subject>travailleurs</dc:subject>
		<dc:subject>Mathieu</dc:subject>
		<dc:subject>sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>travailleurs sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Crea</dc:subject>
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		<dc:subject>GPS</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A Toulouse, squatteurs et travailleurs sociaux se sont acoquin&#233;s pour faire vivre des lieux hors-normes o&#249; les sans-logis peuvent trouver un toit. Entre substitut aux carences institutionnelles et exp&#233;rience autog&#233;r&#233;e, cette alliance erroriste casse les briques. Reportage. Au menu, il y a, mazette !, salade p&#233;rigourdine, garbure au confit de canard &#8211; &#171; la sauce avec le vinaigre et les cornichons est excellente ! &#187;, tripe le photographe de CQFD &#8211;, g&#226;teau au chocolat et &#238;les flottantes. Un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no98-mars-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;98 (mars 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Comment" rel="tag"&gt;R&#233;my Comment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rue" rel="tag"&gt;rue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travailleurs" rel="tag"&gt;travailleurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu" rel="tag"&gt;Mathieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sociaux-2220" rel="tag"&gt;sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travailleurs-sociaux" rel="tag"&gt;travailleurs sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Crea" rel="tag"&gt;Crea&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salade-perigourdine" rel="tag"&gt;salade p&#233;rigourdine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/iles-flottantes" rel="tag"&gt;&#238;les flottantes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/GPS" rel="tag"&gt;GPS&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A Toulouse, squatteurs et travailleurs sociaux se sont acoquin&#233;s pour faire vivre des lieux hors-normes o&#249; les sans-logis peuvent trouver un toit. Entre substitut aux carences institutionnelles et exp&#233;rience autog&#233;r&#233;e, cette alliance erroriste casse les briques. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_322 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L354xH533/98CRea3-9a1ab.jpg?1782650883' width='354' height='533' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au menu, il y a, mazette !, salade p&#233;rigourdine, garbure au confit de canard &#8211; &lt;i&gt;&#171; la sauce avec le vinaigre et les cornichons est excellente ! &#187;&lt;/i&gt;, tripe le photographe de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &#8211;, g&#226;teau au chocolat et &#238;les flottantes. Un vrai gueuleton de dimanche midi que nous partageons dans la cour, &#224; l'abri &#8211; il flotte un peu &#8211;, &#224; c&#244;t&#233; des minots qui tapent un baby-foot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes, en ce premier week-end de mars, au squat du &lt;a href=&#034;http://crea-csa.over-blog.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Collectif pour la r&#233;quisition, l'entraide et l'autogestion (Crea)&lt;/a&gt;, all&#233;e des Demoiselles &#224; Toulouse, dans le cadre des &lt;i&gt;&#171; tribulations de la presse ind&#233;pendante &#187; &lt;/i&gt; organis&#233;es par et autour de nos camarades de l'excellent&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sinc&#232;re slurp.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; bimestriel &lt;a href=&#034;https://www.article11.info&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Article 11&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. C'est rassasi&#233;s, et apr&#232;s un semi-roupillon devant &lt;i&gt;Les Sentiers de l'utopie&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isabelle Fremeaux et John Jordan, Les Sentiers de l'utopie, Zones &#8211; La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, que nous &#233;coutons les squatteurs du Crea et les travailleurs sociaux du &lt;a href=&#034;http://gps.midipy.over-blog.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Groupement pour la d&#233;fense du travail social (GPS)&lt;/a&gt; nous d&#233;tailler leur &#233;pop&#233;e commune. Car ici, depuis un an, tout ce petit monde se d&#233;m&#232;ne afin que les personnes &#224; la rue aient un toit &#224; se mettre sur la t&#234;te. Une alchimie surprenante et &#244; combien r&#233;jouissante, dans des sph&#232;res o&#249;, d'ordinaire, les positions th&#233;oriques annihilent toute action commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GPS regroupe des travailleurs sociaux du 115 &#8211; service cens&#233; d&#233;goter des places en centre d'h&#233;bergement d'urgence aux sans-abri qui appellent &#8211; et de l'&#201;quipe mobile sociale (EMS) qui fait des maraudes dans les rues. Aur&#233;lie, &#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e, explique &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Le Groupement s'est cr&#233;&#233; en 2008 en r&#233;action &#224; des coupes claires dans nos budgets et des suppressions de postes. En 2010, le centre d'accueil du centre-ville pour &#8220;grands pr&#233;caires&#8221;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Personnes vivant &#224; la rue depuis cinq, dix, quinze ou vingt ans, et qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;i&gt;a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233; en p&#233;riph&#233;rie, o&#249; les gens en gal&#232;re ne peuvent se rendre facilement. Cet hiver-l&#224;, il y a eu une augmentation du nombre de d&#233;c&#232;s, un enterrement tous les trois jours&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Le GPS a alors mobilis&#233; ses troupes, et s'est mis en cheville avec le milieu des squats toulousains pour ouvrir des lieux inoccup&#233;s o&#249; h&#233;berger leurs prot&#233;g&#233;s, et pallier l'incurie de l'&#201;tat. &lt;i&gt;&#171; En avril 2011, nous avons ouvert le b&#226;timent de la rue Goudouli avec l'aide des squatteurs, m&#234;me si nous n'avons pas les m&#234;mes revendications. Au GPS, nous exigeons que le gouvernement l&#226;che des sous ! &#187;&lt;/i&gt; Ce lieu, appartenant au minist&#232;re des Solidarit&#233;s et de la Coh&#233;sion sociale (sic !), a &#233;t&#233; rebaptis&#233; Maison Goudouli et l&#233;galis&#233; en janvier 2012. Il h&#233;berge actuellement dix-sept personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au Crea, il a pris possession de l'immeuble qui abritait autrefois les locaux de l'Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), situ&#233;&#8230; de l'autre c&#244;t&#233; de la cour ! Les pi&#232;ces communes sont au&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_321 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/98Crea1-fb662.png?1782650883' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;rez-de-chauss&#233;e, et quatre &#233;tages ont &#233;t&#233; transform&#233;s en appartements o&#249; logent squatteurs et gens de la rue, soit trente personnes dont une quinzaine de gosses.&lt;i&gt; &#171; Il y a longtemps que nous pensions ouvrir un centre social autog&#233;r&#233; &#187;&lt;/i&gt;, explique Mathieu, membre du Crea. Leur objectif ? Accueillir des familles en gal&#232;re, mais sans hi&#233;rarchie, sans usager, sans professionnel, et en s'organisant de fa&#231;on autonome. &lt;i&gt;&#171; Il y a plusieurs cercles&lt;/i&gt;, pr&#233;cise un autre Mathieu, &#224; qui l'on doit cette magnifique garbure. &lt;i&gt;Certains, qui ne logent pas ici, s'occupent du ravitaillement, d'autres animent des ateliers : boxe, art plastique, musique, alphab&#233;tisation, cours de fran&#231;ais&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Ce sont des gaziers, chauffagistes, &#233;lectriciens professionnels &#8211; membres des Robins des bois &#8211; qui sont venus rebrancher l'eau et l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est fort de cette dynamique que le Crea a lanc&#233; cet hiver sa campagne Z&#233;ro enfant &#224; la rue, r&#233;quisitionnant pas moins de quatre lieux suppl&#233;mentaires dans la ville rose afin d'h&#233;berger d'autres gal&#233;riens. Car les centres d'accueil toulousains manquent toujours cruellement de place, et &lt;i&gt;&#171; les travailleurs sociaux, tous les soirs, refusent cent &#224; cent quinze personnes faute de lits &#187;&lt;/i&gt;, souligne Thomas, du Crea. &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;but, le 115 nous envoyait des gens de fa&#231;on officieuse&lt;/i&gt;, poursuit-il. &lt;i&gt;Mais maintenant, m&#234;me les institutionnels nous appellent ! Le Secours catholique a demand&#233; si nous avions des chambres &#224; louer. Quant aux travailleurs sociaux du 115, ils orientent ouvertement les familles vers nos squats, et le revendiquent. Ils disent ne pas avoir d'autres solutions. &#187; &#171; Pour &#231;a, ils risquent un bl&#226;me &#187;&lt;/i&gt;, souligne Aur&#233;lie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au quotidien, squatteurs et &#233;ducateurs cassent un entre-soi toujours confortable, parfois exigu. &lt;i&gt;&#171; Nous nous confrontons tous les jours &#224; nos postures politiques &#8211; &#8220;Ne pas parler aux m&#233;dias bourgeois&#8221;, &#8220;Les travailleurs sociaux sont des socio-flics&#8221;. Or, nous communiquons avec cette presse, et nous bossons avec le GPS. Nous assumons ces contradictions pour pouvoir faire des choses ensemble&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Mathieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_320 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH602/98crea2-2a42c.jpg?1782648151' width='400' height='602' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;M&#234;me si nous n'avons pas les m&#234;mes logiques : dans les communiqu&#233;s du Crea, nous martelons un discours offensif contre l'&#201;tat. On ne veut pas passer pour des humanitaires ! &#187;&lt;/i&gt; Pour Aur&#233;lie, &lt;i&gt;&#171; cette rencontre enrichit [leurs] r&#233;seaux en les mettant en commun. &#187;&lt;/i&gt; Des id&#233;es commencent m&#234;me &#224; se diffuser d'un groupe &#224; l'autre : &lt;i&gt;&#171; Des travailleurs sociaux se mettent &#224; critiquer le taf et, inversement, des gens du milieu squat, allergiques au boulot, s'int&#233;ressent au travail social ! &#187;&lt;/i&gt;, plaisante Mathieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diane, pr&#233;sente dans l'assembl&#233;e, s'enthousiasme : &lt;i&gt;&#171; Bravo, car vous vous r&#233;appropriez la vie et le monde de fa&#231;on collective, avec des points d'entr&#233;e tr&#232;s diff&#233;rents. &#187;&lt;/i&gt; Mais Mathieu n'id&#233;alise pas : &lt;i&gt;&#171; Les gens qui viennent se loger ici ne sont pas militants&#8230; D'une certaine mani&#232;re, nous avons impos&#233; l'autogestion ! Mais, dans les familles, quelques-uns s'impliquent totalement dans le projet. Il faudrait discuter avec eux, que vous restiez trois jours ici pour les rencontrer, et qu'ils vous expliquent ce qu'ils vivent&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour lire des t&#233;moignages d'occupants de la Maison Goudouli : Anne Dhoquois, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est entendu, et &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; reviendra tra&#238;ner ses gu&#234;tres plus longuement si la mar&#233;chauss&#233;e nous en laisse le temps : le Crea a &#233;t&#233; assign&#233; en justice, et pourrait bien &#234;tre expuls&#233;. Les pouvoirs publics aimeraient installer un&#8230; centre d'accueil pour SDF. Mais &lt;i&gt;&#171; pas autog&#233;r&#233; &#187;&lt;/i&gt;, a pr&#233;cis&#233; la pr&#233;fecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Infos : &lt;a href=&#034;http://crea-csa.over-blog.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://crea-csa.over-blog.com&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://gps.midipy.over-blog.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://gps.midipy.over-blog.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sinc&#232;re slurp.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Isabelle Fremeaux et John Jordan, &lt;a href=&#034;http://editions-zones.fr/spip.php?article122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Sentiers de l'utopie&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Zones &#8211; La D&#233;couverte, 2011. Livre accompagn&#233; d'un film &#233;ponyme disponible gratuitement sur Internet. &lt;a href=&#034;http://www.article11.info/?_Lemi_&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;milien Bernard&lt;/a&gt;, d'&lt;i&gt;Article 11&lt;/i&gt;, semblait terriblement d&#233;&#231;u : il pensait assister &#224; la projection des &lt;i&gt;Sentiers de la gloire&lt;/i&gt;, film de guerre de Stanley Kubrick de 1957.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Personnes vivant &#224; la rue depuis cinq, dix, quinze ou vingt ans, et qui souffrent le plus souvent de pathologies diverses.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour lire des t&#233;moignages d'occupants de la Maison Goudouli : Anne Dhoquois, &#171; SDF, des travailleurs sociaux innovent &#187;, mensuel &lt;a href=&#034;http://www.regards.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Regards&lt;/a&gt;, f&#233;vrier 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Saturday fever</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Saturday-fever</link>
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		<dc:date>2011-07-19T07:16:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Fontenelle</dc:creator>


		<dc:subject>Rage dedans</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le samedi (4 juin) matin, dans Lib&#233;ration, un certain Mathieu Lindon-que-son-nom-donne-envie-de-chercher-quelques-riches-rimes narre tranquillement qu'il redoute assez fort que &#171; l'affaire Strauss-Kahn &#187; et &#171; le cas Georges Tron &#187; n'aient pour effet (tu vas voir comme c'est pe(n)s&#233;) que &#171; la campagne 2012 soit : &#8220;Je te tiens, tu me tiens par la bistouquette&#8221; &#187;. (Si, si, je te promets : il dit &#171; bistouquette &#187;.) M&#234;me : il craint, non moins, qu'on ne voie d&#233;sormais &#171; des hommes politiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no90-juin-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;90 (juin 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rage-dedans" rel="tag"&gt;Rage dedans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu" rel="tag"&gt;Mathieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tranquillement-qu-il" rel="tag"&gt;tranquillement qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liberation" rel="tag"&gt;lib&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Georges-Tron" rel="tag"&gt;Georges Tron&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cas-Georges" rel="tag"&gt;cas Georges&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-affaire-Strauss-Kahn" rel="tag"&gt;l'affaire Strauss-Kahn&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/narre-tranquillement" rel="tag"&gt;narre tranquillement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il-redoute" rel="tag"&gt;qu'il redoute&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tron" rel="tag"&gt;Tron&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le samedi&lt;/strong&gt; (4 juin) matin, dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, un certain Mathieu Lindon-que-son-nom-donne-envie-de-chercher-quelques-riches-rimes narre tranquillement qu'il redoute assez fort que &#171; l'affaire Strauss-Kahn &#187; et &#171; le cas Georges Tron &#187; n'aient pour effet (tu vas voir comme c'est pe(n)s&#233;) que &lt;i&gt;&#171; la campagne 2012 soit : &#8220;Je te tiens, tu me tiens par la bistouquette&#8221; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Si, si, je te promets : il dit &lt;i&gt;&#171; bistouquette &#187;&lt;/i&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me : il craint, non moins, qu'on ne voie d&#233;sormais &lt;i&gt;&#171; des hommes politiques vierges de toute imputation sexuelle insult&#233;s par leurs &#233;lecteurs : &#8220;Pisse-froid, impuissant&#8221; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lit &#231;a, on se pince, et on va pour le relire, non par plaisir, &#233;videmment (y a pour &#231;a le dernier SAS), mais pour v&#233;rifier qu'on l'a bien lu la premi&#232;re fois&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je sais que c'est un peu technique, comme explication : j'esp&#232;re que tu suis ?&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, et que le triste mec a bien &#233;crit tout &#231;a &#8211; mais voil&#224; qu'il est d&#233;j&#224; 14 heures de l'apr&#232;s-midi, et que nous arrive chez le kiosque Le Monde, o&#249; une certaine &lt;i&gt;&#171; Sylviane Agacinski, philosophe &#187; &lt;/i&gt; (dont nous allons tout de suite v&#233;rifier qu'elle est de fait agacinskante), r&#233;dige que dans cette si p&#233;nible &lt;i&gt;&#171; affaire &#187;&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;&#171; l'accusation port&#233;e contre DSK &#187;&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;&#171; plaignante &#187;&lt;/i&gt; est, certes (force est de constater), la &lt;i&gt;&#171; pr&#233;sum&#233;e victime d'une tentative de viol &#187;&lt;/i&gt; (veuillez agr&#233;er l'expression de notre pareillement pr&#233;sum&#233;e compassion), mais que, s'il te pla&#238;t Ren&#233; : &lt;i&gt;&#171; prenons garde toutefois de ne pas sacrifier la vie priv&#233;e, &#224; laquelle chacun a droit, sur l'autel d'une transparence redoutable &#187;&lt;/i&gt;, parce que &#231;a, vraiment (et comme nous avons coutume de constater, nous autres philosophes d'haut niveau), &#231;a serait pas bien du tout, vu que &lt;i&gt;&#171; faire tomber toute limite entre la sph&#232;re priv&#233;e et la sph&#232;re publique rel&#232;ve d'une logique totalitaire &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, bon, dans la vraie vie, bien s&#251;r : nul(le) n'a encore enfil&#233;, qu'on sache, un brassard nazi pour exiger qu'on abolisse d&#232;s cette nuit la fronti&#232;re entre les sph&#232;res &#8211; mais va-t-on se laisser corseter le philosophage pour de si petits riens ? (Si petits que m&#234;me &#201;ric Ciotti les d&#233;passe d'une t&#234;&#8230; D'une demi-t&#234;te ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Of course que non, m&#226;me Dupont : &#231;a serait g&#226;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis l'important, nespa, reste qu'au soir d'un samedi de presse (de r&#233;f&#233;rence) ordinaire, nous ayons successivement lu, sans vomir plus que de raison, qu'une plainte pour viol relevait de la cat&#233;gorie des &lt;i&gt;&#171; imputations sexuelles &#187;&lt;/i&gt; (et non criminelles, comme on aurait pu tr&#232;s b&#234;tement supposer), puis que si que ton &#233;lu de proximit&#233; n'a pas mis sa teub sur quelqu'un(e) qui n'y consentait gu&#232;re, faut pas non plus que le gars s'&#233;tonne de se faire traiter d'atrophi&#233; de la gonade, puis enfin, et pour conclure sur une note un peu soutenue, qu'il ne faut tout de m&#234;me pas trop en faire, avec ces affaires de pr&#233;sum&#233;es victimes, hein.
Parce que bon, la distance de s&#233;curit&#233;, okay, tr&#232;s bien, &#231;a peut m&#234;me faciliter le vivre ensemble, mais faut pas non plus en abuser &#8211; ou alors si, mais dans ce cas-l&#224; faudra pas s'&#233;tonner quand les phalanges de l'ordre noir viendront toquer &#224; l'huis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Je sais que c'est un peu technique, comme explication : j'esp&#232;re que tu suis ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qui cuisine ce soir ?</title>
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		<dc:date>2011-02-04T07:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Resto de quartier le midi, resto des associations le soir, La R&#244;tisserie &#8211; c'est le nom du lieu &#8211; se d&#233;double afin d'offrir des repas copieux et un espace de solidarit&#233;. Les ma&#238;tres mots : petits prix, proximit&#233;, sociabilit&#233;. Tout ce qu'on aime ! Une trentaine de m&#232;tres carr&#233;s. Du carrelage blanc sur les murs. Des tables en bois avec leurs bancs. Trente-sept couverts et trois services successifs. Les propositions &#233;crites &#224; la craie sur un tableau. Un resto banal ? La R&#244;tisserie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no85-janvier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;85 (janvier 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rotisserie-Sainte-Marthe" rel="tag"&gt;R&#244;tisserie Sainte-Marthe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Resto de quartier le midi, resto des associations le soir, &lt;a href=&#034;http://larotisserie.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La R&#244;tisserie&lt;/a&gt; &#8211; c'est le nom du lieu &#8211; se d&#233;double afin d'offrir des repas copieux et un espace de solidarit&#233;. Les ma&#238;tres mots : petits prix, proximit&#233;, sociabilit&#233;. Tout ce qu'on aime !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une trentaine de m&#232;tres carr&#233;s. Du carrelage blanc sur les murs. Des tables en bois avec leurs bancs. Trente-sept couverts et trois services successifs. Les propositions &#233;crites &#224; la craie sur un tableau. Un resto banal ? La R&#244;tisserie Sainte-Marthe a une autre id&#233;e derri&#232;re la t&#234;te, peut-&#234;tre inspir&#233;e par cette &#233;vidence qui veut que les pierres aient une m&#233;moire. Faits marquants de ce quartier populaire historiquement r&#233;fractaire, c'est &#224; la distance de quelques coups de canon de cette rue Sainte-Marthe, dans le Xe arrondissement de Paris, qu'ont r&#233;sist&#233; les derni&#232;res barricades des soul&#232;vements parisiens du xixe si&#232;cle. C'est dans ce m&#234;me quartier qu'en 1924, syndicalistes anarchistes et communistes d'ob&#233;dience bolchevique &#233;chang&#232;rent des coups de feu lors d'un meeting, rue de la Grange-aux-Belles. Et c'est aussi dans cette rue Sainte-Marthe que la libertaire Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail (CNT) aura des locaux o&#249; se rencontreront ex-combattants de la r&#233;volution espagnole, militants anarcho-syndicalistes et r&#233;fractaires de 68.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On est sur la ligne de front de la gentrification du Nord-Est parisien &#187;&lt;/i&gt;, dit Mathieu, membre de l'assoc' qui s'occupe de La R&#244;tisserie. &lt;i&gt;Dans cet espace Oberkampf-Saint-Martin sont arriv&#233;s un grand nombre de nouveaux habitants aux looks cool et ayant de bons revenus, avec, en cons&#233;quence, l'ouverture de caf&#233;s branch&#233;s, la disparition des petits commerces remplac&#233;s par des magasins branch&#233;s, etc. &#187;&lt;/i&gt; Dans ce quartier, rest&#233; pour quelque temps encore populaire, La R&#244;tisserie conserve l'esprit du restaurant ouvrier traditionnel, avec plats copieux et tarifs bas. &#192; midi, des habitants et des salari&#233;s du coin s'y retrouvent autour de repas &#233;labor&#233;s dans l'esprit de la cantine de quartier. Ce sont alors les salari&#233;s en contrats aid&#233;s de l'association qui s'affairent en cuisine et dans la salle. &lt;i&gt;&#171; Le soir, le resto passe aux mains des associations qui cherchent un peu d'argent pour mener &#224; bien leurs projets &#187;&lt;/i&gt;, poursuit Mathieu. Car l'association qui g&#232;re La R&#244;tisserie ouvre ses portes &#224; plus de 130 autres qui, apr&#232;s avoir pay&#233; une cotisation de vingt euros &#224; l'ann&#233;e, organisent enti&#232;rement des soir&#233;es et participent, lors des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, aux d&#233;cisions concernant le lieu. Pour un soir ces assoc' versent de 60 &#224; 70 euros &#224; La R&#244;tisserie, afin de couvrir les frais d'&#233;lectricit&#233;, d'entretien et pour contribuer aux salaires des sept contrats aid&#233;s. Tous les b&#233;n&#233;fices sont conserv&#233;s par ceux qui font la bouffe et le service. Conditions : le menu ne doit pas d&#233;passer 10 euros et le plat 5 euros. La soir&#233;e n'est pas priv&#233;e et reste ouverte &#224; tous. &#192; tour de r&#244;le, chorales, collectifs d'artistes d&#233;sargent&#233;s, associations de quartier, salari&#233;s en gr&#232;ve, comit&#233;s de soutien &#224; des inculp&#233;s et des emprisonn&#233;s, et autres collectifs s'activent aux fourneaux. &lt;i&gt;&#171; On a comme politique de ne pas faire de s&#233;lection. Elle se fait d'elle-m&#234;me d&#232;s l'instant o&#249; on a compris qu'on n'est pas des prestataires de service,&lt;/i&gt; dit Mathieu.&lt;i&gt; Ce qu'on fait s'inscrit dans une remise en cause de la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt; La lutte continue ! &#192; table !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; On n'est pas des faibles ! &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/On-n-est-pas-des-faibles</link>
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		<dc:date>2010-03-19T14:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Mathieu</dc:subject>
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		<dc:subject>plan social</dc:subject>
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		<dc:subject>Sarreguemines</dc:subject>
		<dc:subject>demande d'annulation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour changer, il pleut sur la Picardie. Une centaine de personnes pi&#233;tinent dans l'attente du verdict de la cour d'appel d'Amiens. Six ouvriers de Continental, accus&#233;s d'avoir saccag&#233; la sous-pr&#233;fecture de Compi&#232;gne, sont l&#224; pour que justice soit rendue. Sans baisser la t&#234;te. LE 21 AVRIL 2009, apr&#232;s le rejet par le tribunal de Sarreguemines de leur demande d'annulation du plan social, les 1 120 ouvriers de l'usine Continental de Clairoix se retrouvent sur la paille. Ils avaient pourtant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no75-fevrier-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;75 (f&#233;vrier 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lutte" rel="tag"&gt;lutte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu" rel="tag"&gt;Mathieu&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour changer, il pleut sur la Picardie. Une centaine de personnes pi&#233;tinent dans l'attente du verdict de la cour d'appel d'Amiens. Six ouvriers de Continental, accus&#233;s d'avoir saccag&#233; la sous-pr&#233;fecture de Compi&#232;gne, sont l&#224; pour que justice soit rendue. Sans baisser la t&#234;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_746 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH249/img_art_2197_1-c55cf.jpg?1782974310' width='500' height='249' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par LL de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;LE 21 AVRIL 2009, apr&#232;s le rejet par le tribunal de Sarreguemines de leur demande d'annulation du plan social, les 1 120 ouvriers de l'usine Continental de Clairoix se retrouvent sur la paille. Ils avaient pourtant accept&#233;, un an plus t&#244;t, de repasser aux 40 heures pour garantir leurs emplois et permettre &#224; la bo&#238;te de g&#233;n&#233;rer un b&#233;n&#233;fice annuel de 17 millions d'euros. Furieux d'avoir &#233;t&#233; roul&#233;s, une partie d'entre eux gagnent la sous-pr&#233;fecture. Devant le refus du haut fonctionnaire de les recevoir, la col&#232;re monte et quelques fournitures de bureau et autres &#233;crans plats volent par les fen&#234;tres. Ce coup de force leur permet d'&#234;tre enfin entendus et de n&#233;gocier des conditions d&#233;centes de licenciement. 50 000 euros d'indemnit&#233;s de d&#233;part et deux ann&#233;es de cong&#233;s formation pour chaque gus. Soit sept ann&#233;es peinardes pour ceux qui ne voudraient pas rempiler tout de suite. Une belle victoire pour les Contis,mais la loi ne tarde pas &#224; prendre sa revanche. En septembre 2009, le tribunal de Compi&#232;gne condamne six d'entre eux &#224; des peines de prison avec sursis et de lourdes amendes. Face &#224; une condamnation qui repose sur une pi&#232;tre vid&#233;o offerte aux magistrats par un journaliste de TF1, les Contis d&#233;cident de faire appel. Ce vendredi 5 f&#233;vrier 2010, mines tendues, muets, les pr&#233;venus entrent dans le palais de justice. De l'autre c&#244;t&#233; des grilles, des ouvriers gueulent leur soutien. Avant m&#234;me l'annonce du verdict, ils seront repouss&#233;s par les gendarmes mobiles g&#233;n&#233;reusement d&#233;ploy&#233;s. Apr&#232;s le portique de s&#233;curit&#233; et la palpation matinale, un des inculp&#233;s regarde par la fen&#234;tre et voit les copains aux prises avec la flicaille : &lt;i&gt;&#171; Si seulement on &#233;tait plus nombreux, on les renverrait vite au poulailler. &#187;&lt;/i&gt; Autour de lui, les porte-paroles de la cause prol&#233;taire se sont lev&#233;s t&#244;t pour ne pas rater la photo. Mais on ne distingue pas l'ombre d'un ponte de la CGT. Pas la moindre coupe au bol &#224; l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les condamnations p&#233;nales et financi&#232;res prononc&#233;es contre ces six salari&#233;s par le tribunal de Compi&#232;gne sont un acte de vengeance contre la lutte victorieuse des 1 120 travailleurs de Continental Clairoix&lt;/i&gt;, enrageait Didier Bernard, un des piliers du comit&#233; de lutte, apr&#232;s l'audience du 13 janvier. &lt;i&gt;C'est une condamnation pour l'exemple qui s'adresse &#224; l'ensemble des travailleurs du pays, destin&#233;e &#224; faire r&#233;gner un climat de peur parmi tous ceux qui refuseraient l'arbitraire patronal et gouvernemental. &#187;&lt;/i&gt; La pressante demande d'une sanction exemplaire par Alliot-Marie ne dit pas autre chose. Il ne faudrait pas qu'une justice trop cl&#233;mente donne des id&#233;es aux autres bo&#238;tes en lutte. Pourtant, cette fois-ci, la cour d'Amiens ne lui donnera pas raison. Les peines de prison avec sursis sont &#233;cart&#233;es et les six de l'usine Clairoix &#233;copent finalement de &#171; simples &#187; amendes. 4 000 euros pour Xavier Mathieu, le leader des Contis devenu c&#233;l&#232;bre pour avoir tax&#233; Bernard Thibault de &#171; racaille &#187;. 2 000 euros pour ses cinq camarades. Ils n'en esp&#233;raient pas tant. Xavier Mathieu en perd son allure gaillarde et fond en larmes dans les bras de Me Marie-Laure Dufresne-Castets, l'avocate des Contis. &lt;i&gt;&#171; Putain, je m'attendais pas &#224; &#231;a ! &#187;&lt;/i&gt;, l&#226;che-t-il en relevant la t&#234;te. &#192; la sortie, apr&#232;s les photographes, c'est au tour des p&#233;tards de sonner la victoire : bisons,mammouths, tigres et autres clameurs accueillent les six rescap&#233;s. &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait un bras de fer entre l'&#201;tat et les travailleurs de Conti, mais aussi de la France enti&#232;re, et le fait que la prison saute, qu'il n'y ait pas d'inscription au casier ni de TIG [1], c'est une victoire pour nous &#187;&lt;/i&gt;, l&#226;che Christian, du comit&#233; de lutte. Pour Franck, un des six inculp&#233;s, ce verdict est &lt;i&gt;&#171; presque une relaxe &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Xavier Mathieu, qui a retrouv&#233; sa gouaille, prend le m&#233;gaphone : &lt;i&gt;&#171; La vraie victoire aujourd'hui c'est de voir que quand on se bat, on peut gagner ! Le seul hic, c'est qu'on va peut-&#234;tre se quitter, les Contis. Mais les gars, je vous pr&#233;viens, on garde nos vestes. En 2010, il va falloir continuer &#224; se battre. On n'a pas baiss&#233; la t&#234;te jusque-l&#224;, on va pas commencer maintenant. Il va falloir soutenir les autres bo&#238;tes qui luttent encore. Goodyear &#224; Amiens, Total, et les autres. &#187;&lt;/i&gt; Et pour un Conti, transmettre son exp&#233;rience aux autres castagnes, ce n'est pas rien. Organis&#233;s en comit&#233; de lutte, balayant les d&#233;l&#233;gations syndicales par des prises de d&#233;cision en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, ces gars-l&#224; ont de bonnes combines de d&#233;mocratie directe &#224; refiler aux copains. Et c'est peut-&#234;tre parce qu'il a compris que pendant la lutte sa voix valait autant que celle des 1119 autres que Xavier Mathieu, ren&#233;gat de la CGT, peut clore la journ&#233;e avec panache : &lt;i&gt;&#171; Il faut arr&#234;ter que les usines aillent se battre les unes &#224; la suite des autres, le priv&#233; d'un c&#244;t&#233;, le public de l'autre, il faut y aller et tous ensemble ! On n'est pas des faibles. Tous ensemble on est bien plus puissants que n'importe quelle arm&#233;e ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_747 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH275/img_art_2197_2-7bf8d.jpg?1782974310' width='500' height='275' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par LL de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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