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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#034;Il y a longtemps que les habitants ont cess&#233; de r&#234;ver &#224; l'&#233;radication des r&#233;seaux&#034;</title>
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		<dc:date>2026-04-17T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Niel Kadereit</dc:creator>


		<dc:subject>Noam Derit</dc:subject>

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&lt;p&gt;Au cours d'une enqu&#234;te de terrain men&#233;e sur plus de dix ans, la chercheuse Pascale Jamoulle a &#233;tudi&#233; les m&#233;canismes d'emprise exerc&#233;s par les r&#233;seaux de trafic de drogue sur certains jeunes, ainsi que la mani&#232;re dont un collectif d'habitant&#183;es des quartiers Nord tente d'en faire reculer l'influence. Entretien. Le 13 novembre 2025, l'assassinat du petit fr&#232;re d'Amine Kessaci, militant engag&#233; contre le trafic de drogue, est venu brutalement rappeler que, dans les quartiers, des habitant&#183;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Noam-Derit" rel="tag"&gt;Noam Derit&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au cours d'une enqu&#234;te de terrain men&#233;e sur plus de dix ans, la chercheuse Pascale Jamoulle a &#233;tudi&#233; les m&#233;canismes d'emprise exerc&#233;s par les r&#233;seaux de trafic de drogue sur certains jeunes, ainsi que la mani&#232;re dont un collectif d'habitant&#183;es des quartiers Nord tente d'en faire reculer l'influence. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 13 novembre 2025, l'assassinat du petit fr&#232;re d'Amine Kessaci, militant engag&#233; contre le trafic de drogue, est venu brutalement rappeler que, dans les quartiers, des habitant&#183;es se battent pour prot&#233;ger les leurs. Pascale Jamoulle a suivi celles et ceux qui, avant Amine Kessaci, portaient d&#233;j&#224; ce combat. Chercheuse en anthropologie, elle travaille sur les m&#233;canismes de l'emprise - dans le cercle intrafamilial, dans le monde du travail, dans les mouvements &lt;i&gt;new age&lt;/i&gt;, mais aussi dans les quartiers populaires, o&#249; elle est exerc&#233;e par les r&#233;seaux de trafic de drogue. &#192; partir de 2010, elle accompagne pendant dix ans les efforts d'un collectif d'habitant&#183;es des quartiers Nord de Marseille, compos&#233; majoritairement de femmes, qui lutte pour desserrer cet &#233;tau. &#171; &lt;i&gt;Il y a longtemps que ses membres ont cess&#233; de r&#234;ver &#224; l'&#233;radication des r&#233;seaux, mais ils veulent gagner du terrain, r&#233;sister aux trafics en renfor&#231;ant les instances socialisatrices - familles, &#233;coles, centres sociaux&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit la chercheuse dans son livre &lt;i&gt;Je n'existais plus : Les mondes de l'emprise et de la d&#233;prise &lt;/i&gt;(La D&#233;couverte, 2021).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez des r&#233;seaux comme de filets qui peuvent se resserrer sur les personnes et leurs lieux de vie. Pouvez-vous d&#233;crire ce m&#233;canisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a toujours un moment o&#249; le trafic para&#238;t &#234;tre une solution : pour rembourser une dette, mettre de l'argent de c&#244;t&#233;, s'offrir l'espoir d'un meilleur avenir lorsque l'on n'a rien &#224; attendre de l'&#233;cole ou des boulots qu'on nous propose. Au d&#233;but, l'embrigadement se fait par les pairs, avec les amis d'enfance. On entre dans des &#233;quipes o&#249; s'exerce une division du travail tr&#232;s pouss&#233;e. En bas de l'&#233;chelle, pour les guetteurs, ce sont de longues heures d'attente et d'ennui, tr&#232;s mal r&#233;mun&#233;r&#233;es. Quand on fait le calcul, on voit que les jeunes gagnent &#224; peine plus d'un SMIC, pour des prises de risques &#233;normes1. S'ils ne font pas bien le taf, ils re&#231;oivent des punitions physiques du gars au-dessus d'eux. Comme d'autres syst&#232;mes d'emprise, les r&#233;seaux de trafic ont aussi des modes op&#233;ratoires violents : l'inf&#233;riorisation et la soumission &#224; une hi&#233;rarchie verticale rigide, l'intimidation, la menace. Et puis si on veut grimper les &#233;chelons, il faut faire ses preuves, ce qui implique souvent d'en passer par la violence. Progressivement, il y a une perte des valeurs morales jusqu'&#224; l'int&#233;gration des valeurs du r&#233;seau. On trouve l&#233;gitime dans le cadre d'une rixe de passer &#224; l'arme blanche et puis de passer &#224; des armes plus cons&#233;quentes. Il y a toujours cette id&#233;e de faire ses preuves, d'exister aux yeux des chefs de r&#233;seaux. C'est cela l'embrigadement, la &lt;i&gt;d&#233;pendance affective&lt;/i&gt;. Le &#8220;nous&#8221; du r&#233;seau prend vraiment la place du &#8220;je&#8221; et vous vous mettez &#224; appartenir au r&#233;seau, &#224; &#234;tre sa chose. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; cela, comment s'organise le collectif d'habitant&#183;es que vous avez suivi ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'emprise a besoin du silence pour se perp&#233;tuer. La douzaine de membres du collectif, majoritairement des m&#232;res, des s&#339;urs et des tantes avec un proche dans le trafic, a donc commenc&#233; &#224; se r&#233;unir tous les mois pour parler ouvertement des trafics. Ensemble, elles ont utilis&#233; ce que j'appelle la &#8220;m&#233;thode quartier&#8221; : se d&#233;culpabiliser et s'entraider, sortir du mutisme, &#233;changer avec les jeunes sur leurs points de deal, se mobiliser collectivement contre l'indiff&#233;rence des pouvoirs publics, harceler les autorit&#233;s d&#233;ficientes&#8230; Elles ont aussi organis&#233; des marches blanches pour les jeunes tu&#233;s dans le quartier et &#233;labor&#233; des programmes de pr&#233;vention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;t&#233;, une rixe intercit&#233;s particuli&#232;rement violente (avec fusillades et meurtres) s'est appropri&#233; la cit&#233;. Le collectif s'est alors organis&#233; pour &#234;tre pr&#233;sent tous les jours sur l'espace public, afin de ne pas l&#226;cher le terrain. Elles voulaient surtout &#233;viter que les r&#233;seaux soient les seuls &#224; occuper l'espace, qu'il y ait le moins de vide possible, car c'est dans le vide politique et social que fleurissent les trafics. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Et vous avez vu certains jeunes sortir de ces r&#233;seaux ? &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, mais c'est toujours un processus lent. Le plus souvent, ils d&#233;crochent parce qu'un jeu d'affects et de contre-affects les en &#233;loigne petit &#224; petit : leur loyaut&#233; au r&#233;seau perd de sa force face aux sentiments qu'ils &#233;prouvent envers leur copine, leur fratrie. Parfois c'est l'arm&#233;e qui les en fait sortir, d'autres fois ce sont les fondamentalistes religieux. Sinon c'est par une aide tr&#232;s forte de la famille et des structures associatives. Ceux qui s'en sortent le plus facilement sont ceux qui gardent des socialisations &#224; l'&#233;cole, dans un club de sport, en somme dans tous les espaces en dehors des r&#233;seaux. Cela explique aussi que ces derniers s'implantent particuli&#232;rement dans les quartiers abandonn&#233;s par les services publics. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Niel Kadereit&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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