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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>BLOCUS</title>
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		<dc:subject>Mona Lobert</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;chec scolaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ? Ce mois-ci, un format plus long qu'&#224; l'accoutum&#233;e, pour nous raconter de l'int&#233;rieur le mouvement lyc&#233;en&#8226;nes-professeur&#8226;es contre les suppressions de postes. Jeudi 5 mars Avant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mona-Lobert" rel="tag"&gt;Mona Lobert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Echec-scolaire" rel="tag"&gt;&#201;chec scolaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L94xH150/mona-a4651.jpg?1776465029' class='spip_logo spip_logo_right' width='94' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ? Ce mois-ci, un format plus long qu'&#224; l'accoutum&#233;e, pour nous raconter de l'int&#233;rieur le mouvement lyc&#233;en&#8226;nes-professeur&#8226;es contre les suppressions de postes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 5 mars&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avant les vacances on se l'&#233;tait dit &#171; &lt;i&gt;il faut qu'on discute d&#232;s la rentr&#233;e, sinon on est mort &lt;/i&gt; &#187;. L'enjeu : 4 000 postes de profs supprim&#233;s en lyc&#233;e dans le budget 2026, trois fois plus que l'an dernier. Justification du minist&#232;re : baisse d&#233;mographique chez les &#233;l&#232;ves. Mais les coupes sont plus importantes que cette baisse, bizarre, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre lyc&#233;e, c'est 67 heures de moins dans la dotation d'heures globales pour septembre prochain, cinq postes en moins donc. Des options vont sauter et des classes jusqu'alors d&#233;doubl&#233;es seront r&#233;unies. Le jeudi de la rentr&#233;e, nous voici une cinquantaine en AG. &#171; &lt;i&gt;Je vous le dis, la gr&#232;ve perl&#233;e c'est mort ! On a d&#233;j&#224; fait en septembre pour Bloquons tout&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire le CQFD n&#176;245 (octobre 2025) consacr&#233; quasi-enti&#232;rement &#224; ce mouvement.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, &#231;a n'a servi &#224; rieeeen ! Il faut qu'on trouve autre chose ! &lt;/i&gt; &#187; se f&#226;che une coll&#232;gue. Le ton est donn&#233; et l'assembl&#233;e semble convaincue. Un autre ajoute : &#171; &lt;i&gt;Il y a des AG qui ont eu lieu dans d'autres lyc&#233;es, eux aussi aimeraient bouger, pour l'instant l'intersyndicale n'appelle &#224; une date que pour le 26 mars... &lt;/i&gt; &#187; Trop tard pour les coll&#232;gues. Il faut agir et vite, mais que faire ? Les joyeux souvenirs de blocages universitaires me reviennent : des barri&#232;res, des palettes, des flics et des paillettes. Comment convaincre, sans brusquer le corps enseignant, plut&#244;t manifs syndicales que feux de poubelle ? Je tente : &#171; &lt;i&gt; Et si on se mettait devant le bahut pour un rassemblement &#233;nergique ? Peut-&#234;tre que &#231;a motivera les &#233;l&#232;ves &#224; se mobiliser avec nous ?&lt;/i&gt; &#187; Certain&#183;es se montrent r&#233;ticent&#183;es mais l'envie de se soulever finit par l'emporter. Une prof convaincue conclut : &#171; &lt;i&gt;Je propose qu'on se mette en gr&#232;ve d&#232;s mardi : on se r&#233;unit &#224; 7 heures 30 pour un rassemblement devant le lyc&#233;e, puis si &#231;a marche on continue ! &lt;/i&gt; &#187; Le consensus est trouv&#233;, le rendez-vous donn&#233;. &#199;a va chier.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mardi 10 mars&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;veil &#224; 6 heures 30 me fait presque regretter d'avoir impuls&#233; l'id&#233;e. Surtout que j'arrive en retard. La honte. &#192; ma grande d&#233;ception, pas de feu de poubelles &#224; l'horizon, mais une quarantaine de coll&#232;gues et des pancartes. &lt;i&gt;Youpi&lt;/i&gt;. La petite masse qu'on forme devant le portail ralentit tout de m&#234;me les entr&#233;es. On prend la parole au m&#233;gaphone pour expliquer les raisons du rassemblement, on discute avec les &#233;l&#232;ves. Une coll&#232;gue distribue des tissus rouges, que profs et &#233;l&#232;ves s'attachent autour du bras, du cou ou en bandeau en signe de ralliement. Pris d'un &#233;lan saccageur, un prof de maths prend la parole : &#171; &lt;i&gt;Allez les jeunes, vous l'aurez votre Bac, de toute fa&#231;on &#231;a sert &#224; rien ! Faut se mobiliser avec nous ! &lt;/i&gt; &#187; Il n'en fallait pas plus pour qu'une joyeuse bande empile des poubelles et des trottinettes &#224; l'entr&#233;e. Tr&#244;nant du haut de l'&#233;difice, une lyc&#233;enne prend la parole : &#171; &lt;i&gt;Si&lt;/i&gt; &lt;i&gt;on bloque aujourd'hui c'est parce qu'ils veulent nous enlever nos profs. On va pas les laisser faire ! &lt;/i&gt; &#187; Touchant. Sa camarade attrape le m&#233;gaphone et scande : &#171; &lt;i&gt;Du fric pour les lyc&#233;es, pas pour l'arm&#233;e ! &lt;/i&gt; &#187; Repris par la foule. Car c'est aussi de &#231;a qu'il s'agit : para&#238;t que le nouveau porte-avion que Macron veut fabriquer &#233;quivaut &#224; la construction de 2 000 &#233;coles. &#192; vouloir faire la guerre, on gratte dans les poches de l'&#233;ducation, et les &#233;l&#232;ves l'ont compris. En fin de matin&#233;e, on d&#233;cide de prolonger la gr&#232;ve mercredi et jeudi, et de se retrouver t&#244;t le matin devant le lyc&#233;e. &#201;mue, une coll&#232;gue prend la parole : &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait quinze ans que je suis au bahut, je n'ai jamais vu un mouvement aussi beau ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir, &#224; la bourse du travail, une AG est organis&#233;e dans le hall du grand b&#226;timent &#224; l'architecture sovi&#233;tique. La majorit&#233; des coll&#232;gues d'autres lyc&#233;es est soumise au m&#234;me r&#233;gime : &#171; &lt;i&gt;moins 50 heures&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;moins 80 heures&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;moins 100 heures&lt;/i&gt; &#187;... Avec une forte tendance &#224; la coupe dans les quartiers Nord. La d&#233;termination dans notre &#233;tablissement impressionne. Pour l'instant, peu d'autres lyc&#233;es bloqu&#233;s et de profs en gr&#232;ve, mais d'apr&#232;s ce que j'entends, &#231;a ne saurait tarder. Un d&#233;but d'auto-organisation qui nous &#233;loigne du train-train syndical et semble booster tout le monde : militant&#183;es d'un jour, syndicalistes de toujours...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 12 mars &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me jour. Les yeux picotent ce matin encore. J'enfourche mon v&#233;lo et mon m&#233;gaphone en bandouli&#232;re. Sur le trajet, des passant&#183;es me font des pouces d'encouragement. &lt;i&gt;Cimer&lt;/i&gt; les fr&#232;res. J'arrive au lyc&#233;e : une bagnole de flics campe &#224; l'entr&#233;e du parking et trois vilains jouent aux agents de s&#233;curit&#233;. Entre les poubelles, ils maintiennent un corridor pour faire rentrer les lyc&#233;en&#183;nes par un portillon. Les &#233;l&#232;ves mobilis&#233;&#183;es tiennent des pancartes aux slogans bien trouv&#233;s : &#171; Les classes &#224; 35, c'est pas de l'apprentissage, c'est de l'&#233;levage ! &#187; ou &#171; Bient&#244;t 40 par classes, pr&#233;voyez des bureaux superpos&#233;s&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;. Les flics n'ont pas l'air de vraiment savoir ce qu'ils font ici. De temps en temps, ils poussent une poubelle ou embrouillent un&#183;e bloqueur&#183;se. Personne ne r&#233;pond &#224; leur petit jeu : leur corridor finit par &#234;tre d&#233;jou&#233; et le portillon ferm&#233;. La flicaille rentre dans sa voiture, m&#233;dus&#233;e. Lorsqu'ils finissent par ressortir se d&#233;gourdir le manche, une jolie inscription &#171; &lt;i&gt;Nik la &lt;/i&gt; &#187; est apparue &#224; c&#244;t&#233; du &#171; Police nationale&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187; sur le flanc gauche de leur bagnole. Trop tard pour trouver le coupable. L'un d'eux invective les &#233;l&#232;ves : &#171; &lt;i&gt;&#199;a vous choque pas ! ! ? ? &lt;/i&gt; &#187; Tranquillement, un jeune r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Strat&#233;giquement c'est pas malin parce qu'on risque de se faire chopper, mais non non &#231;a nous choque pas&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187; Les cond&#233;s finissent par partir dans un &lt;i&gt;ACAAABeuh&lt;/i&gt; g&#233;n&#233;ral, et on quitte progressivement l'avant-poste pour le repos de fin de semaine. Rendez-vous mardi prochain.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mardi 17 mars&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui c'est &lt;i&gt;big day&lt;/i&gt;. Une dizaine de lyc&#233;es a rejoint le mouvement, et beaucoup profs se sont mis&#183;es en gr&#232;ve. R&#233;uni&#183;es devant le lyc&#233;e, une bonne quarantaine de coll&#232;gues et de nombreux&#183;ses &#233;l&#232;ves bloquent dans la bonne humeur : caf&#233;s, croissants, clopes ou p&#233;tards pour les plus matinaux&#183;les. Vers 10 heures, dix camions se garent, une cinquantaine de CRS viennent s'agglutiner sur le parvis : &#171; &lt;i&gt;On a ordre d'&#233;vacuer. &lt;/i&gt; &#187; Le message est clair : pas moyen de se mobiliser pour de meilleures conditions d'&#233;tudes. &#171; &lt;i&gt;Mais comment comptez-vous proc&#233;der &#224; l'&#233;vacuation ? En fon&#231;ant dans le tas, en frappant des lyc&#233;ens mineurs qui sont calmes devant leur lyc&#233;e ? Faudrait d'abord nous passer dessus ! &lt;/i&gt; &#187; ose-t-on, mi-d&#233;ters, mi-flipp&#233;&#183;es. La ruse fonctionne. Les &#233;l&#232;ves restent calmes et apr&#232;s deux heures de nasse, les CRS-SS rentrent bredouilles aux camions. De notre c&#244;t&#233;, on rejoint la manif interlyc&#233;e pr&#233;vue dans le centre-ville avec une petite bande de lyc&#233;en&#183;nes, de profs et d'AESH en fin de matin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Progressivement, ce sont plus de 1 500 personnes qui se regroupent en haut de la Canebi&#232;re sous un soleil radieux. Les prises de paroles s'encha&#238;nent avec ferveur. Pour r&#233;sumer : non aux coupes budg&#233;taires, non &#224; la guerre. Soutien aussi aux six &#233;l&#232;ves arr&#234;t&#233;&#183;es dans le cadre du mouvement, attrap&#233;&#183;es devant leur lyc&#233;e lors d'un blocus ou carr&#233;ment soulev&#233;&#183;es &#224; l'heure du petit-d&#233;j' pour deux d'entre elleux. Preuve que la jeunesse effraie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la manif, l'ambiance est grisante, tout le monde semble enjou&#233; par ce mouvement construit par la base et qui d&#233;cide lui-m&#234;me de son agenda. Chacun&#183;e semble en &#234;tre l'acteur&#183;ice : ici, des r&#233;unions publiques avec les parents, l&#224;, des ap&#233;ros festifs entre coll&#232;gues, plus loin, des rencontres avec les enseignant&#183;es du primaire pour les inviter &#224; faire gr&#232;ve. Une page Insta, &#171; &#233;duc_en_lutte_13 &#187;, fait fureur par ses m&#232;mes ringards gliss&#233;s entre deux infos s&#233;rieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une inqui&#233;tude : le mouvement est quasi uniquement marseillo-marseillais (&#171; &lt;i&gt;&#192; jamais les premiers !&lt;/i&gt; &#187;) m&#234;me si des fr&#233;missements d&#233;butent &#224; Bordeaux ou en Normandie. Et Paris ? Toulouse ? Lyon ? Vous &#234;tes o&#249; ? Car comment durer sans s'&#233;tendre nationalement ? Et comment faire de la lutte contre le budget de guerre une lutte qui agr&#232;ge tout le monde ? Peuple de g&#244;&#244;&#244;&#244;che, plut&#244;t que de &lt;i&gt;bugger&lt;/i&gt; sur les r&#233;sultats &#233;lectoraux, rejoignez-nous !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lo&#207;c&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire le &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;245 (octobre 2025) consacr&#233; quasi-enti&#232;rement &#224; ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Fusils lasers</title>
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		<dc:subject>Mona Lobert</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;chec scolaire</dc:subject>

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&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ? &#171; Monsieur, c'&#233;tait trop bien la journ&#233;e d'appel ! On a tir&#233; au fusil ! &#187; Mon cerveau fait trois tours dans sa bo&#238;te cr&#226;nienne. Je balbutie : &#171; Attend quoi ? ? &#187; &#171; Naaaaan mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no250-mars-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;250 (mars 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Echec-scolaire" rel="tag"&gt;&#201;chec scolaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_8_-5-d99cc.png?1774267466' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6449 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/m_lobert.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH760/m_lobert-d14b0.jpg?1774049406' width='500' height='760' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Monsieur, c'&#233;tait trop bien la journ&#233;e d'appel ! On a tir&#233; au fusil !&lt;/i&gt; &#187; Mon cerveau fait trois tours dans sa bo&#238;te cr&#226;nienne. Je balbutie : &#171; &lt;i&gt;Attend quoi ? ?&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Naaaaan mais monsieur, c'&#233;tait pas des vrais fusils, c'&#233;tait des fusils lasers&lt;/i&gt;, raconte l'&#233;l&#232;ve, sourire jusqu'aux oreilles.&lt;i&gt; J'ai tir&#233; sur toutes les cibles ! Il m'a dit que je ferai un bon militaire !&lt;/i&gt; &#187; Les quelques autres &#233;l&#232;ves ayant fait leur Journ&#233;e d'appel valident l'information. &#171; &lt;i&gt;Ouais et d'ailleurs t'es arriv&#233; en retard, t'as rat&#233; la lev&#233;e du drapeau&lt;/i&gt; &#187;, se moque un autre, avant d'ajouter, moins emball&#233; : &#171; &lt;i&gt;On a d&#251; chanter La Marseillaise... Pour moi c'&#233;tait comme l'&#233;cole, pas mieux, pas moins bien...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapide tour sur internet me sort de l'ignorance. L'ennuyante JDC (Journ&#233;e de d&#233;fense et citoyennet&#233;) commun&#233;ment appel&#233;e &#171; Journ&#233;e d'appel &#187;, o&#249; l'on s'endormait devant le discours d'un militaire placardis&#233; en apprenant l'alphabet, &#224; laisser place &#224; une nouvelle version plus &#171; &#233;nergique &#187; depuis septembre 2025. Au tir au fusil laser et &#224; la lev&#233;e des drapeaux s'ajoutent des jeux de simulation de prises de d&#233;cisions strat&#233;giques ou des immersions en casques de r&#233;alit&#233; virtuelle sur le front. Le midi : ration militaire ! Dans un reportage de TF1, un militaire explique qu'il s'agit de &#171; &lt;i&gt;se mettre dans la peau des soldats fran&#231;ais et de tous leurs outils &lt;/i&gt; &#187;. En toute d&#233;contraction un vieux chef aux traits serr&#233;s rappelle l'objectif : &#171; &lt;i&gt;Ils appartiennent &#224; une collectivit&#233;, ils sont citoyens de la France et donc contributeurs de sa d&#233;fense. &lt;/i&gt; &#187; L'arm&#233;e ne le cache pas : il s'agit aussi de recruter &#224; bas co&#251;t des militaires dans un contexte d'augmentation des conflits. &lt;i&gt;Youpi&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abasourdi, j'en parle en salle des profs avec une coll&#232;gue renseign&#233;e : &#171; &lt;i&gt;L'arm&#233;e se rapproche de plus en plus de l'&#233;cole. T'as les classes &#171; d&#233;fense &#187; aussi. 32 000 &#233;l&#232;ves y participent. C'est un partenariat entre une unit&#233; militaire et un bahut pour organiser des visites de casernes, rencontrer des militaires actifs, participer &#224; des c&#233;r&#233;monies... Bref, militariser tranquillement les esprits des jeunes !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, je sonde de nouveau les &#233;l&#232;ves de la classe &#224; propos de leur Journ&#233;e d'appel et pour certains la mayonnaise a pris. &#171; &lt;i&gt;Moi, monsieur je suis nul &#224; l'&#233;cole, l&#224;-bas je vais pouvoir passer des dipl&#244;mes gratuitement ! &lt;/i&gt; &#187; Un autre lui rappelle : &#171; &lt;i&gt;Ouais tu vas surtout te faire tirer dessus comme un lapin par Poutine ou Trump ! &lt;/i&gt; &#187; Pas faux. Car l'arm&#233;e comme voie de rel&#233;gation de jeunes en &#233;chec scolaire risque de devenir demain le fossoyeur des jeunesses populaires. Le cours reprend justement sur la Premi&#232;re Guerre mondiale. J'en profite pour montrer comment la propagande guerri&#232;re s'instaure jusque dans les cours d'&#233;cole. On faisait joujou avec des tanks et des petits soldats. Presque d&#233;pit&#233;, je rappelle : &#171; &lt;i&gt;N'oubliez pas, c'est de vos vies qu'il s'agit, la guerre ce n'est jamais un jeu. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lo&#239;c&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Conseil de classe : punir les d&#233;serteurs</title>
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		<dc:date>2026-02-13T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Lo&#239;c</dc:creator>


		<dc:subject>Mona Lobert</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;chec scolaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ? Tout va bien. Ma classe ressemble &#224; un rep&#232;re pour jeunes hyperactifs inadapt&#233;s. On y apprend tant qu'on peut, au rythme qu'on veut. Les s&#233;ances sont ponctu&#233;es de d&#233;bats plus ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no249-fevrier-2026-251" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;249 (f&#233;vrier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mona-Lobert" rel="tag"&gt;Mona Lobert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Echec-scolaire" rel="tag"&gt;&#201;chec scolaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/img_1361.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH441/img_1361-3507c.jpg?1771026194' width='500' height='441' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout va bien. Ma classe ressemble &#224; un rep&#232;re pour jeunes hyperactifs inadapt&#233;s. On y apprend tant qu'on peut, au rythme qu'on veut. Les s&#233;ances sont ponctu&#233;es de d&#233;bats plus ou moins reli&#233;s au cours lanc&#233;s inopin&#233;ment par les &#233;l&#232;ves : &#171; &lt;i&gt;C'est qui le meilleur ami de l'homme ? Le chien ou le cheval ?&lt;/i&gt; &#187; et de concours improvis&#233;s de lecture &#171; &#224; la fran&#231;aise &#187; de po&#232;mes de Victor Hugo : &#171; Demain d&#232;s l'auuuubeuuh, &#224; l'heure o&#249; blanchit la campagnneuh &#187;. Seul &lt;i&gt;hic&lt;/i&gt; de la semaine : j'ai deux conseils de classe. L'occasion d'observer le gouffre qui me s&#233;pare des autres profs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tout va bien. 134 heures d'absence en moyenne par &#233;l&#232;ve. 35 % de la formation manqu&#233;s en moyenne. Que demande le peuple ?&lt;/i&gt; &#187; Projet&#233;e au tableau, la prof principale relit son appr&#233;ciation de la classe. Nous voil&#224; servi&#183;es. &#171; &lt;i&gt;Je sais pas quoi dire de plus. Ils font ce qui veulent, ils viennent quand ils veulent.&lt;/i&gt; &#187;. Les autres profs acquiescent et soufflent. &#171; &lt;i&gt;En m&#234;me temps, ils ne veulent pas &#234;tre dans cette fili&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, rajoute un autre. Le principal embraye pour clore la discussion : &#171; &lt;i&gt;C'est toujours la m&#234;me chose ! Ils veulent aller ailleurs mais ne savent pas o&#249; ! Ils ne font pas les d&#233;marches. On ne peut rien faire.&lt;/i&gt; &#187; Faire reposer sur les &#233;l&#232;ves le manque de sens de l'&#233;cole. Merci chef. On passe ensuite au cas par cas. Pour chaque &#233;l&#232;ve, le d&#233;bat d&#233;marre sur le taux d'absence et les appr&#233;ciations en cons&#233;quence : mise en garde, avertissement ou bl&#226;me. Jamais la discussion ne porte sur les raisons qui poussent ces jeunes des quartiers Nord &#224; s'absenter : les gal&#232;res et les drames du quotidien, ou le d&#233;sint&#233;r&#234;t l&#233;gitime pour un apprentissage pas choisi. Quand j'&#233;voque les motifs d'absence d'un &#233;l&#232;ve en situation d'exil, le prof d'&#233;lec' me regarde avec les yeux ronds : &#171; &lt;i&gt;De toute fa&#231;on, ils les justifient comme ils veulent leurs absences !&lt;/i&gt; &#187;. Bon r&#233;publicain, le CPE temp&#232;re : &#171; &lt;i&gt;C'est important qu'ils justifient. Plus tard, ils devront faire des arr&#234;ts de travail, c'est &#231;a l'apprentissage de la citoyennet&#233;.&lt;/i&gt; &#187; En plus, ils ne travaillent pas assez, et se marrent &#224; l'atelier : &#171; &lt;i&gt;Travailler ? Ils ont supprim&#233; ce mot de leur vocabulaire&lt;/i&gt; &#187;, raille encore le prof d'&#233;lec'. Pour celles et ceux qui souhaitent se r&#233;orienter, c'est souvent le parcours du combattant. Quand, par miracle, un &#233;tablissement a de la place en CFA (Centre de formations d'apprentis), il faut ensuite qu'un patron les prenne : &#171; &lt;i&gt;Il devait commencer avec ce patron mais il n'a plus les subventions&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, raconte le CPE. Du coup, l'&#233;l&#232;ve reste en lyc&#233;e pro. L'auditoire soupire mais ne se r&#233;volte pas. M&#234;me chose quand on discute trouble &#171; dis &#187; : &#171; &lt;i&gt;Il faut un an et demi d'attente pour voir un orthophoniste, un an pour poser un diagnostic. Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse...&lt;/i&gt; &#187;, geint le chef d'&#233;tablissement. Au hasard : des manifs, des grosses gr&#232;ves et des blocages de bahuts peut-&#234;tre, plut&#244;t que de taper sur des &#233;l&#232;ves qui d&#233;sertent une institution d&#233;faillante ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain en classe, je discute avec mes &#233;l&#232;ves : &#171; &lt;i&gt;Monsieur on s'est fait chauffer le cul au conseil !&lt;/i&gt; &#187; rigole l'un deux. Et rajoute &#171; &lt;i&gt;On sera s&#233;rieux, mais APR&#200;S l'&#233;cole&lt;/i&gt; &#187;. Profite va.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lo&#239;c&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Graines d'artistes</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Graines-d-artistes</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lo&#239;c</dc:creator>


		<dc:subject>Alex Less</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;chec scolaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ? &#171; Tu m'soules ! Bouge de l&#224;, je veux plus te voir ! &#187; Merde, &#231;a y est, c'est sorti. Je ne compte pas le nombre de fois o&#249; je me suis retenu de lui dire &#224; celui-l&#224;. Parfois, je me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6351 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/248_13_echec_alexless.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH717/248_13_echec_alexless-78858.jpg?1768775402' width='500' height='717' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; T&lt;/span&gt;&lt;i&gt;u m'soules ! Bouge de l&#224;, je veux plus te voir ! &lt;/i&gt; &#187; Merde, &#231;a y est, c'est sorti. Je ne compte pas le nombre de fois o&#249; je me suis retenu de lui dire &#224; celui-l&#224;. Parfois, je me vois jeter des marqueurs en pleine face des &#233;l&#232;ves les plus p&#233;nibles ou les insulter encore plus durement. L'&#233;l&#232;ve se l&#232;ve et quitte la salle, abasourdi : &#171; &lt;i&gt;Il m'a dit &lt;/i&gt;&#8220;bouge de l&#224;&#8221;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &#187; Faut dire qu'il l'a bien cherch&#233; non ? Me justifierai-je, apr&#232;s, en salle des profs. &#171; &lt;i&gt;Il dort et comate la moiti&#233; du cours et quand il se r&#233;veille c'est pour faire rire ses camarades de classe !&lt;/i&gt; &#187; Deux ans d'anciennet&#233; et je parle d&#233;j&#224; comme un vieux prof... D'un autre c&#244;t&#233;, peut-&#234;tre que mon cours n'est pas passionnant ? J'improvise difficilement une le&#231;on autour de la page 74 du manuel d'histoire-g&#233;o. Le th&#232;me : &#171; Les plateformes multimodales &#187;. Des camions, des avions, des d&#233;p&#244;ts... Que d'ing&#233;niosit&#233; logistique ! Et m&#234;me si j'adopte un point de vue critique, que je parle d'exploitation et de pollution, la classe dort. Que l'on mente ou que l'on soit honn&#234;te sur l'&#233;tat du monde, parfois, c'est juste ennuyant, morbide...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines plus tard, une coll&#232;gue me propose : &#171; &lt;i&gt;Tu veux pas qu'on monte des ateliers d'&#233;criture ? J'en peux plus de faire de la grammaire. &lt;/i&gt; &#187; J'attrape la perche, peut-&#234;tre l'occasion de faire mieux ? Nous voil&#224; alors &#224; bricoler des s&#233;ances autour du formidable pouvoir des mots. Les faire &#233;crire sur eux, leur rapport au monde, au bonheur, &#224; la souffrance ou la libert&#233;. Pas mal non ? &#171; &lt;i&gt;Monsieur, moi &#233;crire, je d&#233;teste, je hais, j'ai pas envie. &lt;/i&gt; &#187; L'avis semble g&#233;n&#233;ral dans la classe. Je ne d&#233;sesp&#232;re pas : &#171; &lt;i&gt;C'est parce que vous &#233;crivez sous la contrainte. Dans l'atelier, vous serez libre d'&#233;crire ou de ne pas &#233;crire. Prends-le comme un jeu ! Parle-nous de toi !&lt;/i&gt; &#187; Premier atelier : d&#233;crivez minutieusement un aliment que vous adorez. Le m&#234;me &#233;l&#232;ve : &#171; &lt;i&gt;La sauce alg&#233;rienne sillonne ma salive et serpente dans mes silences.&lt;/i&gt; &#187; Graine d'artiste. Deuxi&#232;me atelier : &#233;crivez un po&#232;me ou chaque mot (except&#233; pronoms et d&#233;terminants) commence par vos initiales. Un autre &#233;l&#232;ve : &#171; &lt;i&gt;La lampe arros&#233;e de lumi&#232;re est l'ombre de mon &#226;ge qui agrandit l'avenir. &lt;/i&gt; &#187; Po&#232;te qui s'ignore. Troisi&#232;me atelier : &#233;crivez en &#233;criture automatique, sans r&#233;fl&#233;chir au sens. &#171; &lt;i&gt;Qui a cr&#233;&#233; la Terre ? Qui s'est dit je l'appelle Terre, qui s'est dit qu'elle &#233;tait ronde, qui a cr&#233;&#233; les villes et leur a donn&#233; leur nom ?&lt;/i&gt; &#187; Philosophe en devenir. S&#233;ance apr&#232;s s&#233;ance les langues se d&#233;lient et les &#233;l&#232;ves qui dormaient ou chahutaient prennent go&#251;t, se livrent et s'encouragent. Au dernier cours, l'&#233;l&#232;ve que j'avais vir&#233; quelques semaines plus t&#244;t met spontan&#233;ment une instru pour rapper le texte qu'il vient d'&#233;crire. Avec une aisance certaine, il d&#233;bite : &#171; &lt;i&gt;Le diable a une maison, il m'habite / Je navigue dans ma ville et je vrille ! &lt;/i&gt; &#187; La classe est unanime, &#171; &lt;i&gt;il a &lt;/i&gt;dead&lt;i&gt; &#231;a &lt;/i&gt; &#187;. Je le f&#233;licite. R&#233;concili&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lo&#239;c&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Au boulot les jeunes</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Au-boulot-les-jeunes</link>
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		<dc:date>2025-12-05T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lo&#239;c</dc:creator>


		<dc:subject>Mona Lobert</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;chec scolaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ? &#171; Ennuyeux, p&#233;nible, fatigant, dur physiquement et mentalement &#187;. Les &#233;l&#232;ves de CAP rentrent tout juste de stage. En d&#233;but de cours, je leur demande d'&#233;crire rapidement comment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no247-decembre-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;247 (d&#233;cembre 2025)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mona-Lobert" rel="tag"&gt;Mona Lobert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Echec-scolaire" rel="tag"&gt;&#201;chec scolaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_4_-5-ef687.png?1768681257' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6312 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/247_13_echec_monalobert.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/247_13_echec_monalobert-d2ef9.jpg?1768681258' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; E&lt;/span&gt;&lt;i&gt;nnuyeux, p&#233;nible, fatigant, dur physiquement et mentalement &lt;/i&gt; &#187;. Les &#233;l&#232;ves de CAP rentrent tout juste de stage. En d&#233;but de cours, je leur demande d'&#233;crire rapidement comment s'est pass&#233;e l'exp&#233;rience. Comme &#224; chaque fois, les m&#234;mes r&#233;ponses, &#224; quelques exceptions pr&#232;s. Certains ont ador&#233; : &#171; &lt;i&gt;Franchement meilleur stage ! J'&#233;tais tout le temps dehors et en d&#233;placement chez les clients ! &lt;/i&gt; &#187; Sur leur feuille, les autres pointent la duret&#233; du travail : &#171; &lt;i&gt;On portait des panneaux tout le temps, j'avais hyper mal au dos et si je me plaignais, je me faisais d&#233;foncer &lt;/i&gt; &#187; ; ou plus souvent encore l'ennui : &#171; &lt;i&gt; Je n'ai fait qu'observer pendant un mois. Je n'avais pas le droit de toucher les outils parce que le ma&#238;tre de stage n'&#233;tait jamais l&#224;. Du coup, j'allais me cacher dans les toilettes &lt;/i&gt; &#187;. Pour accueillir les stagiaires dans l'entreprise, aucune qualification particuli&#232;re de formateur n'est attendue, ni m&#234;me de connaissance fine du boulot. La fonction est bien souvent occup&#233;e par le patron de la bo&#238;te, qui n'a parfois de connaissance du m&#233;tier que le volet administratif. &#171; &lt;i&gt;Le chef, il passe en coup de vent. Il juge mon travail mais il n'y conna&#238;t rien, il est toujours dans les bureaux &lt;/i&gt; &#187;, raconte un autre. Et les 35 heures ne sont pas toujours respect&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Moi je bossais de 10 &#224; 18 heures sans pause, on mangeait apr&#232;s &lt;/i&gt; &#187;. Et quelques fois, avec des horaires de nuit &#224; la clef : &#171; &lt;i&gt;Pendant une semaine, sur un chantier o&#249; il fallait aller vite, on finissait &#224; 23 heures &lt;/i&gt; &#187;, m'explique un &#233;l&#232;ve en ma&#231;onnerie. Des patrons qui exploitent des enfants donc, et n'h&#233;sitent pas &#224; en faire des petites mains interchangeables. &#171; &lt;i&gt;Avec lui c'est simple, on est quatre stagiaires. On se r&#233;unit chaque matin et il d&#233;cide qui vient et qui ne vient pas en fonction de ses besoins ! &lt;/i&gt; &#187; raconte un autre jour un &#233;l&#232;ve en plomberie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en pense l'institution ? Silence radio en haut lieu. Chaque r&#233;forme du lyc&#233;e professionnel encourage davantage le rapprochement entre l'&#233;cole et l'entreprise avec, depuis 2023, une r&#233;mun&#233;ration de quelques centaines d'euros par stage pay&#233; par l'&#201;tat, pain b&#233;ni pour le patronat&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; On limite la possibilit&#233; pour ces jeunes de faire des &#233;tudes sup' &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et les profs ? Si nombre d'entre eux dressent des &#171; listes noires &#187; d'entreprises v&#233;reuses vers lesquelles ils refusent d'envoyer leurs &#233;l&#232;ves, d'autres encouragent l'exploitation avec un discours pro-patronal. Un jour, l'un d'entre eux criait sur un &#233;l&#232;ve : &#171; &lt;i&gt;Un patron il fait ce qu'il veut ! S'il ne veut pas &#234;tre &#224; l'atelier, il n'y est pas. Il vous offre du travail ! &lt;/i&gt; &#187; Satisfait, il ironisait : &#171; &lt;i&gt;C'est vraiment l'air du &#8220;p&#233;dagogisme&#8221;, il faudrait &#233;couter le besoin des &#233;l&#232;ves maintenant &lt;/i&gt; &#187;. Pr&#233;cis&#233;ment, cela emp&#234;cherait peut-&#234;tre de d&#233;truire le corps et le moral des ados, au profit d'une formation attentive et &#233;mancipatrice. &#192; son retour, un &#233;l&#232;ve r&#233;sume : &#171; &lt;i&gt;En fait monsieur, l'&#233;cole c'est dur, mais le stage c'est pire ! Je suis content de vous revoir ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lo&#239;c&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; On limite la possibilit&#233; pour ces jeunes de faire des &#233;tudes sup' &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;227, f&#233;vrier 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;cole-usine</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-ecole-usine</link>
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		<dc:date>2025-11-14T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Lo&#239;c</dc:creator>


		<dc:subject>Mona Lobert</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;chec scolaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ? Derni&#232;re semaine avant les vacances. La timide ambiance r&#233;volutionnaire du mois de septembre est retomb&#233;e comme un soufflet. Aux derni&#232;res semaines d'&#233;t&#233;, entrecoup&#233;es par les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no246-novembre-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;246 (novembre 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mona-Lobert" rel="tag"&gt;Mona Lobert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Echec-scolaire" rel="tag"&gt;&#201;chec scolaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6289 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/246_13_echec_monalobert.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH423/246_13_echec_monalobert-b6352.jpg?1768681258' width='500' height='423' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;erni&#232;re semaine avant les vacances. La timide ambiance r&#233;volutionnaire du mois de septembre est retomb&#233;e comme un soufflet. Aux derni&#232;res semaines d'&#233;t&#233;, entrecoup&#233;es par les gr&#232;ves, se succ&#232;dent les longues journ&#233;es d'automne, &#224; regarder tomber les feuilles depuis la salle de classe. Sur les chaises, d&#232;s le matin, certains gigotent, press&#233;s que la Toussaint arrive. D'autres n'attendent m&#234;me plus cinq minutes pour &#233;craser leur t&#234;te sur la table et r&#233;cup&#233;rer les heures de sommeil manquantes. &#171; &lt;i&gt;Vous savez que je dors pas vraiment monsieur ! J'&#233;coute en dormant, j'enregistre mieux !&lt;/i&gt; &#187; ironise l'un d'eux. Je n'ai plus l'&#233;nergie de la rentr&#233;e pour les r&#233;veiller, moi aussi je comate. &#171; &lt;i&gt;En vrai monsieur cette derni&#232;re semaine elle passe lentemeeeeennt&lt;/i&gt; &#187;, geint un &#233;l&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le temps s'&#233;tire pour tout le monde, je d&#233;cide qu'on &#233;tudie un ouvrage &#224; propos. Dans son roman &lt;i&gt;&#192; la ligne&lt;/i&gt; (La Table Ronde, 2019), Joseph Pontus raconte, sous forme de versets, son exp&#233;rience d'ouvrier int&#233;rimaire dans une usine o&#249; il d&#233;pote des crevettes. Il y &#233;crit &#171; &lt;i&gt;l'usine est/plus qu'autre chose/un rapport au temps/qui ne passe/qui ne passe pas/&#201;viter de trop regarder l'horloge/rien ne change des journ&#233;es pr&#233;c&#233;dentes&lt;/i&gt; &#187;. Un des &#233;l&#232;ves endormis entre-ouvre l'&#339;il &#171; &lt;i&gt;Monsieur, c'est pareil qu'en classe, l'usine !&lt;/i&gt; et pointe l'horloge au-dessus du tableau, &lt;i&gt;Faut pas trop la regarder !&lt;/i&gt; &#187; Les autres acquiescent : &#171; &lt;i&gt;Monsieur l'ennui c'est horrible, ya pas pire, je pense qu'&#224; rentrer chez moi toute la journ&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, confie un autre que je vois souvent le regard dans le vide, comme anesth&#233;si&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture continue : &#171; &lt;i&gt;Tu rentres/Tu zones/Tu comates/Tu penses d&#233;j&#224; &#224; l'heure qu'il faudra mettre sur ton r&#233;veil/Peu importe l'heure/Il sera toujours trop t&#244;t&lt;/i&gt; &#187;. Ici, comme &#224; l'usine, l'ennui et la fatigue n'emp&#234;chent pas l'anxi&#233;t&#233;. &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait flipper, m&#234;me quand on est chez nous l'&#233;cole est dans notre t&#234;te, m&#234;me pendant notre temps libre&lt;/i&gt; &#187;, analyse le m&#234;me &#233;l&#232;ve le regard grave. Et la s&#233;ance prend les airs d'une th&#233;rapie collective : &#171; &lt;i&gt;C'est vrai ! Et du coup &#231;a g&#233;n&#232;re du stress, t'y penses tout le temps !&lt;/i&gt; &#187; rench&#233;rit un autre. J'en profite pour rappeler que c'est pareil pour les profs : &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si on passe moins de temps que vous en classe, on stresse aussi&lt;/i&gt;, et je me l&#226;che, &lt;i&gt;Moi aussi j'en peux plus de ces salles toutes blanches !&lt;/i&gt; &#187; Plus personne ne dort. La discussion glisse du manque de compr&#233;hension des parents aux d&#233;nigrements et aux pressions de certains profs, pour retomber sur l'usine o&#249; ils vont parfois faire des stages : &#171; &lt;i&gt;C'est comme l'&#233;cole mais en pire, soit le travail est r&#233;p&#233;titif et &#231;a rend fou, soit il est dur physiquement et &#231;a fait mal, soit carr&#233;ment le patron t'en donne pas et t'attends dans un coin !&lt;/i&gt; &#187; Quand on est prof, on minimise souvent les pressions qu'on fait porter sur les &#233;l&#232;ves et on n'&#233;coute que trop peu les souffrances qu'ils vivent. C'est pourtant l'&#226;ge o&#249; apparaissent souvent les premiers signes de mal-&#234;tre. Selon une &#233;tude de Sant&#233; publique France datant de 2022, 25 % des lyc&#233;ens d&#233;clarent avoir eu des pens&#233;es suicidaires dans la derni&#232;re ann&#233;e. L'&#233;cole-usine n'y serait-elle pour rien ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lo&#239;c&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le fant&#244;me du retour du serpent de mer de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-fantome-du-retour-du-serpent-de</link>
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		<dc:date>2025-10-17T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lo&#239;c</dc:creator>


		<dc:subject>Mona Lobert</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;chec scolaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Ce mois-ci il nous emm&#232;ne dans les AG du secteur de l'&#233;duc' qui peinent &#224; construire une gr&#234;ve reconductible. &#171; Le 10 on bloque tout ! Tout le monde ne parle que de &#231;a ! Ma boulang&#232;re, le mec qui tient le bar en bas de chez moi ! &#187; me raconte presque illumin&#233;e une coll&#232;gue &#224; la pr&#233;rentr&#233;e du lyc&#233;e. Apr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no245-octobre-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;245 (octobre 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mona-Lobert" rel="tag"&gt;Mona Lobert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Echec-scolaire" rel="tag"&gt;&#201;chec scolaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_8_-00b56.png?1768681258' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Ce mois-ci il nous emm&#232;ne dans les AG du secteur de l'&#233;duc' qui peinent &#224; construire une gr&#234;ve reconductible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6262 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/245_07_mona_echecgreve.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH948/245_07_mona_echecgreve-32a95.jpg?1768681259' width='500' height='948' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; L&lt;/span&gt;&lt;i&gt;e 10 on bloque tout ! Tout le monde ne parle que de &#231;a ! Ma boulang&#232;re, le mec qui tient le bar en bas de chez moi !&lt;/i&gt; &#187; me raconte presque illumin&#233;e une coll&#232;gue &#224; la pr&#233;rentr&#233;e du lyc&#233;e. Apr&#232;s avoir &#233;cout&#233; le discours soporifique du proviseur, une cinquantaine de profs se r&#233;unissent en AG pour discuter politique et luttes sociales au lyc&#233;e et au-del&#224;. &#171; &lt;i&gt;Bon, dans l'&#233;tablissement, il manque cinq AED, quatre agents, une assistance sociale, une infirmi&#232;re. Je touche du bois, il ne manque pas de profs !&lt;/i&gt; &#187; introduit un coll&#232;gue. Tr&#232;s vite, la discussion glisse sur le 10 septembre et l'int&#233;r&#234;t de s'en saisir pour r&#233;soudre des probl&#232;mes qui d&#233;passent le lyc&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Dans tous les bahuts c'est pareil ! On arr&#234;tera les coupes budg&#233;taires qu'en virant Macron et pour &#231;a faut rentrer dans le mouvement&lt;/i&gt; &#187;, r&#226;le &#224; grand bruit un coll&#232;gue AESH dans l'approbation g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;La sainte gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale semble dans toutes les bouches militantes&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si les coll&#232;gues pr&#233;sent&#183;es sont unanimes sur l'int&#233;r&#234;t du mouvement, et que fr&#233;mit dans la salle un d&#233;sir (timide) de r&#233;volte, reste l'&#233;pineuse question : comment ? &#171; &lt;i&gt;Pour l'instant seuls la CGT et SUD appellent &#224; la gr&#232;ve le 10, la CFDT et FO appellent seulement pour le 18&lt;/i&gt; &#187;, explique une c&#233;g&#233;tiste. Qu'importe, les membres de l'AG sont d&#233;termin&#233;&#183;es &#224; rentrer en gr&#232;ve le 10, et se rendront en manif ou &#224; des blocages le matin m&#234;me. Devant tant de d&#233;ter&#8250;, j'ose : &#171; &lt;i&gt;Moi, j'ai pas envie d'attendre le 18 pour me remettre en gr&#232;ve. La strat&#233;gie des gr&#232;ves perl&#233;es j'y crois pas du tout. Pourquoi on reconduit pas d&#232;s le 11 ou le 12 ?&lt;/i&gt; &#187; Si les coll&#232;gues semblent bien d'accord qu'une gr&#232;ve tous les dix jours ne sert &#224; rien, la f&#233;brilit&#233; semble de mise dans l'auditoire. Un vieux prof rod&#233; &#224; l'exercice, me r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Il faut attendre le 10 septembre. Si on voit que c'est une r&#233;ussite, qu'on est nombreux, alors on reconduira, &#231;a sert &#224; rien d'y aller &#224; six ou sept.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour venu, apr&#232;s une journ&#233;e mi-flic mi-rien et des blocages marseillais mitig&#233;s, la sainte gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale semble dans toutes les bouches militantes. Mais &#224; l'AG du secteur &#233;duc', il n'y a qu'une quarantaine de personnes pour en discuter. Comment reconduire le mouvement quand les gr&#233;vistes ne viennent pas pour parler de la suite ? &#171; &lt;i&gt;On doit distribuer des papiers en manif pour faire venir du monde aux AG. Elles doivent d&#233;passer notre simple cadre militant&lt;/i&gt;, r&#233;torque une camarade. &lt;i&gt;Et alors on pourra parler de gr&#232;ve reconductible, quand on sera suffisamment nombreux&lt;/i&gt; &#187;. Le 18 septembre, dans les locaux de la CGT, une centaine de personnes est r&#233;unie pour discuter de la suite : &#171; &lt;i&gt;Le nombre de personnes en manif est historique ! Et dans l'&#233;duc c'est 42 % de gr&#233;vistes dans les Bouches-du-Rh&#244;ne !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; On se met &#224; la remorque de l'intersyndicale, c'est une strat&#233;gie d'&#233;chec ! &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; L'AG vote alors comme objectif de construire la reconductible &#224; la prochaine date de l'intersyndicale et d'embarquer avec elle les gr&#233;vistes d'un jour. Seul hic, les syndicats jouent l'attentisme avant d'annoncer une date deux semaines plus tard&#8230; &#171; &lt;i&gt;On se met &#224; la remorque de l'intersyndicale, c'est une strat&#233;gie d'&#233;chec il faut construire la reconductible sans elle !&lt;/i&gt; &#187; s'exclame un camarade qui bouillonne sur sa chaise. Mais lors de la r&#233;union la semaine suivante, les coll&#232;gues semblent toujours moins convaincu&#183;es par la gr&#232;ve reconductible. &#171; &lt;i&gt;Et bien on fera autre chose. Des veill&#233;es devant les &#233;coles pour discuter avec les parents et faire du lien. On peut aussi faire des actions le soir, et pourquoi pas des petits blocages&#8230; En esp&#233;rant &#234;tre assez nombreux pour que la gr&#232;ve reparte&lt;/i&gt; &#187;, ne d&#233;sesp&#232;re pas la coll&#232;gue. Bien difficile, pour l'instant, de la construire en dehors des dates syndicales, m&#234;me si quelques-un&#183;es s'y lanceront co&#251;te que co&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela laisse un peu le sentiment de p&#233;daler dans la semoule. Et une gr&#232;ve reconductible de l'&#233;duc sera-t-elle en mesure d'embarquer tout le pays quand on sait que les classes populaires ne suivent le mouvement qu'&#224; la marge ? Ne faudrait-il pas plut&#244;t s'adresser aux agent&#183;es d'entretiens, cantinier&#183;es et autres pr&#233;caires de l'&#233;duc pour &#233;largir le front ? Car le mouvement aurait bien besoin d'entendre d'autres voix que celle des profs, qui ont parfois du mal &#224; l&#226;cher le m&#233;gaphone&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lo&#207;c&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;union de crise</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Reunion-de-crise</link>
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		<dc:date>2025-10-17T16:41:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lo&#239;c</dc:creator>


		<dc:subject>C&#233;leste Maurel</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;chec scolaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais contractuel dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses gal&#232;res au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie o&#249; devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ? &#171; Je vous le dis, je vais pas tenir trois ans avec eux ! &#187; s'exclame un coll&#232;gue &#224; propos des &#233;l&#232;ves de la seconde &#171; ma&#231;onnerie &#187;. Le CPE nous a donn&#233; rendez-vous entre midi et deux pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no237-janvier-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;237 (janvier 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Celeste-Maurel" rel="tag"&gt;C&#233;leste Maurel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Echec-scolaire" rel="tag"&gt;&#201;chec scolaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH101/237_13_celeste_macon_1200px-1baeb.jpg?1768681259' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais contractuel dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses gal&#232;res au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie o&#249; devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5956 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH337/237_13_celeste_macon_620px-8f363.jpg?1768681259' width='500' height='337' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;C&#233;leste Maurel
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; J&lt;/span&gt;&lt;i&gt;e vous le dis, je vais pas tenir trois ans avec eux ! &lt;/i&gt; &#187; s'exclame un coll&#232;gue &#224; propos des &#233;l&#232;ves de la seconde &#171; ma&#231;onnerie &#187;. Le CPE nous a donn&#233; rendez-vous entre midi et deux pour discuter de cette classe particuli&#232;rement chahuteuse. &#192; voir les tronches d&#233;pit&#233;es, personne ne semble tr&#232;s convaincu de l'utilit&#233; de cette rencontre. La premi&#232;re proposition du conseiller d'&#233;ducation ? Traverser la liste des &#233;l&#232;ves et donner notre avis sur chacun d'eux. Il faut trouver &#171; &lt;i&gt;le mouton noir &lt;/i&gt; &#187;. L'ennui c'est que dans cette classe d'une douzaine d'&#233;l&#232;ves, la moiti&#233;, au bas mot, ne joue pas le jeu. &#171; &lt;i&gt;Ils viennent en cours, ils foutent le bordel et ceux qui ont envie d'apprendre peuvent pas bosser ! &lt;/i&gt; &#187; r&#226;le le prof de ma&#231;onnerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CPE propose de mettre en place des fiches de suivi individuelles sur lesquelles sera consign&#233;e l'attitude de l'&#233;l&#232;ve lors de chaque cours. Alors qu'il bouillonnait dans un coin de la classe, le prof de Maths s'enflamme :&#171; &lt;i&gt;Mais &#231;a sert &#224; rien vos fiches ! Vous comprenez pas qu'on est, nous-m&#234;mes, en souffrance ? Il y a quelques ann&#233;es un compas est pass&#233; &#224; deux centim&#232;tres de ma t&#234;te ! &lt;/i&gt; &#187; Une commission &#233;ducative alors ? On convoque les parents, le conseil d'administration et on leur remonte les bretelles ? Chahut et brouhaha dans l'assembl&#233;e : &#171; &lt;i&gt;On en a fait plein l'an dernier !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;&#231;a sert &#224; rien ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'impasse, chacun y va de sa technique disciplinaire : &#171; &lt;i&gt;Moi s'ils bossent pas je les vire et leur donne des coloriages que j'affiche au mur. Ils ont pas fait le coloriage ? Je leur mets un z&#233;ro ! &lt;/i&gt; &#187; Le CPE serre les dents : &#171; &lt;i&gt;Faudrait pas que la direction voit &#231;a...&lt;/i&gt; &#187; et le coll&#232;gue de r&#233;pondre &#171; &lt;i&gt;J'en ai plus rien &#224; foutre ! Qu'ils viennent, je leur laisse ma place !&lt;/i&gt; &#187; Pas la premi&#232;re fois que je vois un prof s'&#233;nerver contre une direction d&#233;connect&#233;e. Le CPE renvoie la balle : &#171; &lt;i&gt;Je crois comprendre que certains d'entre vous acceptent les &#233;l&#232;ves en retard&#8230; Sachez que &#231;a n'aide pas non plus !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On regarde ce ping-pong avec peu d'entrain. La grande majorit&#233; de mes coll&#232;gues semble ailleurs. Dans le fond, le sur-disciplinaire ne fait r&#234;ver personne et violente tout le monde : les &#233;l&#232;ves comme ceux qui l'exercent. Je repense aux mots du youtubeur et militant antiraciste Wissam Xelka, qui a grandi en quartier d&#233;favoris&#233; : &#171; &lt;i&gt; &#192; 14 ans, ils sont d&#233;j&#224; envoy&#233;s dans les mauvaises fili&#232;res ! Si les &#233;l&#232;ves foutent le bordel, c'est presque une question de dignit&#233; ! Ils sauvent l'honneur ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de la pause d&#233;jeuner. Retour en classe, amer. On travaille sur l'autobiographie et la discussion porte sur nos choix individuels. Sont-ils libres ou contraints ? Subtil, un &#233;l&#232;ve demande : &#171; &lt;i&gt;Monsieur, vous avez choisi d'&#234;tre prof par vous-m&#234;me ou c'est comme nous, vous avez pas envie d'&#234;tre l&#224; ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Lo&#207;c&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sous contrat</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Sous-contrat</link>
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		<dc:date>2025-09-21T14:27:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lo&#239;c</dc:creator>


		<dc:subject>Mona Lobert</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;chec scolaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ? &#171; D&#233;sol&#233;e mais j'ai 300 mails auxquels je n'ai pas r&#233;pondu, je vous rappelle dans la semaine. &#187; On est le 18 ao&#251;t, et la responsable des contractuel&#183;les en Lettres-Histoire au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no244-septembre-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;244 (septembre 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mona-Lobert" rel="tag"&gt;Mona Lobert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Echec-scolaire" rel="tag"&gt;&#201;chec scolaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6231 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/244_13_echec_mona_1_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH329/244_13_echec_mona_1_-ca091.jpg?1768681260' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; D&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#233;sol&#233;e mais j'ai 300 mails auxquels je n'ai pas r&#233;pondu, je vous rappelle dans la semaine. &lt;/i&gt; &#187; On est le 18 ao&#251;t, et la responsable des contractuel&#183;les en Lettres-Histoire au rectorat de Marseille n'est pas capable de me dire si je suis r&#233;embauch&#233; &#224; la rentr&#233;e. Pourtant, apr&#232;s deux ann&#233;es dans le m&#234;me &#233;tablissement, et un avis favorable du proviseur, j'ai de l'espoir. &#171; &lt;i&gt;&#199;a ne d&#233;pend pas que de &#231;a, il faut qu'aucun titulaire ni contractuel avec plus d'anciennet&#233; ne demande le poste. Mais comme ton &#233;tablissement est dans les quartiers nord, t'as tes chances ! &lt;/i&gt; &#187; m'explique une coll&#232;gue renseign&#233;e. Depuis fin juin je poirote et attends en vain des nouvelles du rectorat. Faut dire que devant la p&#233;nurie de profs et le recours massif aux contractuel&#183;les, la responsable doit avoir la t&#234;te sous l'eau. Puis, on est s&#251;rement beaucoup &#224; patienter en croisant les doigts, avec la perspective du ch&#244;mage technique au mois de septembre qui pointe le bout de son nez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du porte-monnaie, ces recrutements de derni&#232;re minute sans formation jouent sur la qualit&#233; de l'enseignement et mettent profs et &#233;l&#232;ves dans la panade. Lors de ma prise de poste, il y a deux ans, l'inspectrice m'avait d&#233;clar&#233; &#171; &lt;i&gt;notre discussion me fait penser que vous &#234;tes fiable, vous commencez la semaine prochaine ! &lt;/i&gt; &#187; apr&#232;s un appel de seulement dix minutes. S'il est obligatoire de disposer d'un bac +3 pour &#234;tre recrut&#233;&#183;e, devant l'urgence, les recruteur&#183;ices mettent cette exigence de c&#244;t&#233;. Au d&#233;triment des &#233;l&#232;ves qui devront se coltiner de longues heures devant des profs non form&#233;&#183;es, qui cherchent &#224; exercer un m&#233;tier qui ne s'invente pas. Alors que les titulaires, jouissent de deux ans de formations, pour les contractuel&#183;les, le rectorat de Marseille avait r&#233;ussi &#224; d&#233;gotter deux jours. &#171; &lt;i&gt;Vous avez de la chance avant c'&#233;tait z&#233;ro &lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait le formateur. L'enjeu de cette formation reposait moins sur l'apprentissage p&#233;dagogique que sur notre propre survie &#224; moyen terme. On y apprenait comment &#234;tre autonome plus rapidement sans trop d&#233;ranger&lt;i&gt; &lt;/i&gt;l'administration, ou encore comment &#171; tenir &#187; sa classe tout le long de l'ann&#233;e. Le tout m&#234;l&#233; d'esprit d'entreprise et de paternalisme : &#171; &lt;i&gt;Dans le travail, il y a des patrons, il en faut. Dans la classe c'est pareil ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son enqu&#234;te &#171; Les enseignants contractuels sont-ils des enseignants comme les autres ? &#187;, la chercheuse C&#233;lestine Lohier confirme que cette exp&#233;rience pr&#233;caire creuse un foss&#233; avec les titulaires. Derni&#232;re roue du carrosse dans les zones et les &#233;tablissements que les titulaires fuient, comme les lyc&#233;es pro ou les coll&#232;ges de banlieue, les contractuel&#183;les ont un salaire moins &#233;lev&#233;s que leurs coll&#232;gues. D'autant qu'ils subissent les al&#233;as du march&#233; de l'emploi scolaire : pauses non r&#233;mun&#233;r&#233;es entre deux contrats ou temps partiels non souhait&#233;s. Rendez-vous le 10 septembre ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lo&#239;c&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'ils mangent de la brioche du pain-pizza</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Qu-ils-mangent-de-la-brioche-du</link>
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		<dc:date>2025-08-01T22:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lo&#239;c</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Mona Lobert</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;chec scolaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ? &#171; Monsieur, vous venez manger pain-pizza ce midi ? &#187; Interloqu&#233; je demande : &#171; C 'est pas d&#233;j&#224; du pain, la pizza ? &#187; &#8211; &#171; Non monsieur, c'est pas juste une pizza ! C'est un sandwich (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no243-juillet-aout-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;243 (juillet-ao&#251;t 2025)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mona-Lobert" rel="tag"&gt;Mona Lobert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Echec-scolaire" rel="tag"&gt;&#201;chec scolaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L149xH150/243_d09_mona_cantine-92f0b.jpg?1768675327' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6191 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/243_d09_mona_cantine-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH504/243_d09_mona_cantine-2-b4ec7.jpg?1768675328' width='500' height='504' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; M&lt;/span&gt;&lt;i&gt;onsieur, vous venez manger pain-pizza ce midi ? &lt;/i&gt; &#187; Interloqu&#233; je demande : &#171; &lt;i&gt;C 'est pas d&#233;j&#224; du pain, la pizza ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;Non monsieur, c'est pas juste une pizza ! C'est un sandwich avec une part de pizza fromage &#224; l'int&#233;rieur ! C'est trop bon !&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;C'est seulement 2 euros monsieur, on a pas beaucoup d'argent, et le pain-pizza &#231;a remplit &lt;/i&gt; &#187; r&#233;torque un autre, moins convaincu par la prouesse culinaire. Le manque de thunes des &#233;l&#232;ves appara&#238;t fort lorsqu'il s'agit de grailler. Lors du traditionnel go&#251;ter de pr&#233;-vacances certain&#183;es &#233;l&#232;ves n'ont pas les moyens de ramener &#224; manger ou &#224; boire. &#171; &lt;i&gt;Monsieur, Akim, il va apporter l'eau !&lt;/i&gt; &#187; se moquent ses camarades, pas beaucoup plus riches que lui. &#192; la caf&#232;t', certains ne se permettent qu'une part de pizza et un soda pour le repas. En m&#234;me temps, l'offre se limite &#224; des sandwichs peu garnis, des salades industrielles, quelques viennoiseries et, depuis peu, des fruits ! &#171; &lt;i&gt;Ils les avaient enlev&#233;s il y a quelques ann&#233;es, sous pr&#233;texte que &#231;a ne rapportait pas. Mais une banane ou une pomme ne co&#251;tent que 15 centimes&lt;/i&gt;, raconte une coll&#232;gue syndicaliste. &lt;i&gt;J'ai d&#251; batailler pour les r&#233;introduire ! La caf&#232;t' ne doit pas &#234;tre une entreprise priv&#233;e !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et manger &#224; la cantine, qu'on vante souvent pour ses repas &#233;quilibr&#233;s, ne serait-ce pas une meilleure option ? Dans leur bouquin &lt;i&gt;Les Cuisines de la Nation&lt;/i&gt; (WildProject, 2025), les sociologues Genevi&#232;ve Zo&#239;a et Laurent Visier en d&#233;cortiquent le fonctionnement. Ils d&#233;crivent une organisation calqu&#233;e sur le mod&#232;le industriel o&#249; la production est rationalis&#233;e autour des Unit&#233;s de production culinaire (UPC) : sortes de cuisines-usines (publiques ou priv&#233;es) qui produisent &#224; la cha&#238;ne des repas livr&#233;s ensuite aux &#233;coles. Sur place, les &#233;l&#232;ves peuvent se d&#233;lecter de plats r&#233;chauff&#233;s mais &#171; traditionnels &#187; de la cuisine fran&#231;aise, soi-disant gages d'une alimentation saine. La diversit&#233; culinaire est limit&#233;e et le v&#233;g&#233; ou le hallal sont combattus au nom de l'unit&#233; de la nation dans l'assiette. Autant de raisons qui poussent les &#233;l&#232;ves hors des cantines, comme le raconte un &#233;l&#232;ve :&#171; &lt;i&gt;J'y vais pas, on peut pas manger de viandes hallal et l'omelette qu'ils mettent &#224; la place, c'est du plastique !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le site de l'&#201;ducation nationale, on apprend que l'&#233;cole serait l'espace o&#249; les &#171; &lt;i&gt;enfants acqui&#232;rent leurs premi&#232;res habitudes alimentaires&lt;/i&gt; &#187;, reniant comme &#224; son habitude la place des parents dans l'&#233;ducation. Car ce sont bien les plats familiaux qui r&#233;veillent l'app&#233;tit des &#233;l&#232;ves lorsqu'on parle de popotte : le pilao comorien, le bor&#235;k turc ou les g&#226;teaux marocains des mamans que l'on d&#233;guste pour &#233;chapper quelques instants &#224; l'univers aseptis&#233; de la salle de classe. &#171; &lt;i&gt;Monsieur, il faudrait vraiment que vous veniez manger chez nous, vous verrez ce que c'est la vraie cuisine !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lo&#207;C&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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