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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les lendemains ne chanteront pas tout seuls</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si le monde de la chorale militante a une bible, c'est bien Tue-t&#234;te &#8211; Petit kilo de chansons belles &amp; rebelles. Un recueil de centaines de chansons, allant de &#171; 1er mai &#187; &#224; &#171; Zog nit keyn'mol &#187; (&#171; Chanson du ghetto de Varsovie &#187;), m&#233;ticuleusement class&#233;es, comment&#233;es, &#233;tiquet&#233;es, et traduites le cas &#233;ch&#233;ant. Diffus&#233; hors commerce, c'est le fruit de plus de quinze ans de boulot effectu&#233; par un collecteur passionn&#233;, qui pr&#233;f&#232;re rester anonyme mais a accept&#233; de raconter l'histoire de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no254-juillet-aout-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;254 (juillet-ao&#251;t 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_7_-7-10f27.png?1785677817' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si le monde de la chorale militante a une bible, c'est bien &lt;strong&gt;Tue-t&#234;te &#8211; Petit kilo de chansons belles &amp; rebelles&lt;/strong&gt;. Un recueil de centaines de chansons, allant de &#171; 1er mai &#187; &#224; &#171; Zog nit keyn'mol &#187; (&#171; Chanson du ghetto de Varsovie &#187;), m&#233;ticuleusement class&#233;es, comment&#233;es, &#233;tiquet&#233;es, et traduites le cas &#233;ch&#233;ant. Diffus&#233; hors commerce&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. On peut n&#233;anmoins le trouver dans quelques librairies bien achaland&#233;es. Ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, c'est le fruit de plus de quinze ans de boulot effectu&#233; par un collecteur passionn&#233;, qui pr&#233;f&#232;re rester anonyme mais a accept&#233; de raconter l'histoire de ce recueil. Verbatim.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6613 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/illustration_sans_titre_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH708/illustration_sans_titre_2-6982e.jpg?1785544216' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; J&lt;/span&gt;e commence &#224; collecter des chansons de lutte peu apr&#232;s les manifestations contre le CPE, en 2006. Le d&#233;clic ? Une soir&#233;e avec des copains plus ou moins proches autour d'une bonbonne de cinq litres de vin du Tarn. Au fil des verres, on finit par se mettre &#224; chanter, divis&#233;s en deux bandes. D'un c&#244;t&#233;, il y a mes potes et moi, qui entonnons des morceaux de punk rock ou de Bobby Lapointe, et de l'autre, des amoureux de chants trad'. On se fait clairement laminer, d'autant qu'on a trop bu et qu'on conna&#238;t tr&#232;s mal les paroles.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Recueillir les paroles d'un morceau s'apparente &#224; une qu&#234;te sociale et g&#233;ographique &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Avec ces potes, camarades de concert avec qui je tra&#238;ne le pav&#233; &#224; Lille, on r&#233;agit en se disant qu'on va apprendre des morceaux en entier. Chacun dans notre coin, on glane et on griffonne dans des carnets, avant de se les faire tourner. Si les autres s'arr&#234;tent &#224; cette &#233;tape, moi je continue. Au d&#233;but pour me marrer, puis &#231;a devient s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2006, c'est la pr&#233;histoire : pas de YouTube pour m'aider. Recueillir les paroles d'un morceau s'apparente &#224; une qu&#234;te sociale et g&#233;ographique. D&#232;s que je me rends dans une f&#234;te ou une lutte locale, j'enregistre des versions de chansons que je ne connais pas tout en notant fr&#233;n&#233;tiquement les informations. Au final, ce sont des ann&#233;es de balades &#224; travers la France et l'Europe, souvent en stop. &#199;a d&#233;bouche sur un premier livre imprim&#233; en 2011 gr&#226;ce &#224; une souscription. Il est tr&#232;s artisanal sur la forme&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Ce qui n'est pas du tout le cas du tr&#232;s beau Tue-T&#234;te, &#224; la maquette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et moins exhaustif. Son nom ? &lt;i&gt;Karaok&#233; chorale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'emporte ce premier recueil partout pour que les gens s'en emparent. Il ne dort pas dans un disque dur d'ordi, il se balade. S'il y a une soir&#233;e, je le pose dans un coin et les gens le feuillettent, en discutent, le corrigent. Il a un pouvoir d'attraction, comme du papier tue-mouches, et finit par d&#233;passer les 1 000 pages. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;On a les meilleures chansons&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; R&#233;trospectivement, je me rends compte &#224; quel point la chorale militante et son univers ont &#233;t&#233; indissociables de mon engagement politique. Alors que j'ai fait mes premi&#232;res armes militantes dans des collectifs de d&#233;fense des sans-papiers &#224; Lille, vingt ans plus tard, je m'en souviens d'abord par le biais des morceaux qu'on y chantait. Exactement ce que tu me racontes au sujet de la lutte contre le r&#233;am&#233;nagement de la place Jean Jaur&#232;s &#224; Marseille, la fa&#231;on dont &#8220;Touchez pas &#224; la Plaine&#8221; de Manu Th&#233;ron continue &#224; r&#233;sonner &#224; tes oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, je m'installe &#224; Toulouse et je rejoins un collectif au r&#233;pertoire tr&#232;s &#233;clectique : &#8220;&#192; Las Barricadas&#8221;, &#8220;L'Hymne des femmes&#8221;, des mondines italiennes&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Chants des ouvri&#232;res employ&#233;es dans les rizi&#232;res autour de la vall&#233;e du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, etc. Les entonner en manif permet d'&#234;tre dans un autre registre que le tractage ou la sono de la CGT. Et puis c'est tr&#232;s ouvert : pas de probl&#232;me si tu chantes faux. Et c'est une mani&#232;re de faire un lien qui d&#233;passe les luttes, qui passe aussi par les repas et les f&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu soulignes qu'il y a dans le recueil beaucoup de chansons li&#233;es &#224; la guerre d'Espagne. Logique : c'est un r&#233;pertoire ancr&#233; localement. Toulouse a &#233;t&#233; la base arri&#232;re de l'anti-franquisme. Les petits-enfants de r&#233;fugi&#233;s y sont nombreux et &#231;a flingue jusque dans les ann&#233;es 1970 contre le r&#233;gime de Franco&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. R&#233;f&#233;rence &#224; la lutte des GARI, Groupes d'action r&#233;volutionnaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Personnellement, j'ai &#233;t&#233; berc&#233; par le morceau &#8220;Juillet 1936&#8221; de Ren&#233; Binam&#233;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Notamment le refrain : &#171; Donne-moi ta main camarade / Pr&#234;te ton c&#339;ur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Ceci dit, j'ai alors une vision un peu scolaire et limit&#233;e du conflit, qui s'affine au fil des recherches. C'est une porte d'entr&#233;e vers un pass&#233; foisonnant.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; L'extr&#234;me droite actuelle a un r&#233;pertoire extr&#234;mement pauvre et se fonde sur des m&#233;lodies de type marche militaire &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quand tu te plonges dans une telle masse de chansons historiques, tu d&#233;couvres quantit&#233; de nuances o&#249; se glissent les drames de l'histoire. &#192; Toulouse, il y a encore des anars qui arrachent les affiches du Parti communiste, &#224; cause des purges de la guerre d'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la guerre civile se conclut par une d&#233;faite. Mais il y a une &#233;vidence : on a peut-&#234;tre perdu mais on avait les meilleures chansons. &#199;a s'applique aussi en n&#233;gatif &#224; l'extr&#234;me droite actuelle, dont le r&#233;pertoire est extr&#234;mement pauvre et se fonde sur des m&#233;lodies de type marche militaire. Aucune po&#233;sie. Alors que c'est souvent ce qui donne la force aux chansons de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi &#224; Toulouse que je m'aper&#231;ois de la disparition progressive des lieux d'expression d'une contre-culture politique. Les squats ferment les uns apr&#232;s les autres tandis que la culture punk s'&#233;tiole. Et les chorales plus ou moins militantes remplissent en partie un vide, attirent non seulement des &#8220;vieux cons&#8221; mais aussi des jeunes qui, par ce biais, d&#233;couvrent des pans d'histoire. &#199;a concerne aussi des coins paum&#233;s, o&#249; les nouvelles g&#233;n&#233;rations peuvent d&#233;couvrir d'autres influences musicales que ce que les algorithmes d&#233;versent en ligne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;En canon et sans chapelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'il y a des chansons d'Eddy Mitchell ou de Goldman dans le recueil, c'est parce qu'une chanson d'amour peut &#234;tre politique, transcender l'existant. En fait, &#231;a d&#233;pend des circonstances. On n'entonne pas la m&#234;me chose en manif que dans un appartement ou au coin du feu. Et on ne peut pas se concentrer uniquement sur l'&#226;pret&#233; de la lutte ou les ravages de la r&#233;pression. C'est parfois plus facile de rencontrer des gens et d'&#234;tre dans le plaisir de la f&#234;te avec &#8220;Mourir sur sc&#232;ne&#8221; ou &#8220;Bambino&#8221; de Dalida&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce recueil a &#233;t&#233; con&#231;u de mani&#232;re &#224; englober diverses facettes des luttes. Y cohabitent des chansons qui font l'apologie du droit de vote et d'autres qui appellent &#224; br&#251;ler les urnes. Il y a certes un socle commun, l'anti-autoritarisme, mais ce n'est pas &#224; moi de trancher entre les chapelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;La Java des bons enfants&#8221; est un bon exemple de la mani&#232;re dont une chanson peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e diff&#233;remment selon l'&#233;poque. Elle &#233;voque la bombe pos&#233;e en 1892 par deux anarchistes contre les bureaux parisiens de la soci&#233;t&#233; mini&#232;re de Carmaux, alors en train de r&#233;primer durement une gr&#232;ve de mineurs. Or, la bombe est d&#233;couverte et transport&#233;e au commissariat de la rue des Bons Enfants, o&#249; elle explose&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Extrait : &#171; Dans la rue des Bons Enfants, / On vend tout au plus offrant. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Si bien que le texte est souvent interpr&#233;t&#233; comme portant sur la haine des flics. Mais les paroles appellent avant tout &#224; d&#233;fendre une gr&#232;ve de mineurs par l'action directe. Et ce type de chanson suscite forc&#233;ment le d&#233;bat. La violence politique est-elle l&#233;gitime ? Si oui, o&#249; placer les bombes ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La lutte &#224; ch&#339;ur&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Beaucoup de gens ont particip&#233; plus ou moins directement &#224; ce recueil, imprim&#233; en 2022. Il a &#233;t&#233; rendu possible gr&#226;ce au r&#233;seau des chorales, qui fonctionne globalement sur le mode autogestionnaire. Il y a beaucoup de tontines&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Caisses collectives d'&#233;pargne.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] et de mises au pot. Et les rencontres entre chorales de toute la France, voire d'Europe, sont aussi centrales dans cet univers. Il y a toujours des nouveaux morceaux &#224; se partager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que le livre est paru, je n'ai pas arr&#234;t&#233; de collecter. Parce que cette qu&#234;te te d&#233;vore. Parfois je m'interroge : est-ce qu'&#224; trop me focaliser l&#224;-dessus je n'ai pas un peu perdu le contact avec le militantisme classique ? Mais je crois qu'il est important de construire une passerelle entre monde militant et festif. Exactement ce que dit cette citation attribu&#233;e &#224; Emma Goldman : &#8220;&lt;i&gt;Si je ne peux pas danser, ce n'est pas ma r&#233;volution&lt;/i&gt;.&#8221; Je remplacerais juste &#8220;danser&#8221; par &#8220;chanter&#8221;&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. On peut n&#233;anmoins le trouver dans quelques librairies bien achaland&#233;es. Ou bien le commander en envoyant un mail &#224; nico.adresse@gmail.com.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Ce qui n'est pas du tout le cas du tr&#232;s beau &lt;i&gt;Tue-T&#234;te&lt;/i&gt;, &#224; la maquette peaufin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Chants des ouvri&#232;res employ&#233;es dans les rizi&#232;res autour de la vall&#233;e du P&#244;, notamment au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. R&#233;f&#233;rence &#224; la lutte des GARI, Groupes d'action r&#233;volutionnaires internationalistes, ayant foment&#233; des attentats &#224; l'explosif contre les int&#233;r&#234;ts franquistes en France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Notamment le refrain : &#171; &lt;i&gt;Donne-moi ta main camarade / Pr&#234;te ton c&#339;ur compagnon / Nous referons les barricades / Comme hier la conf&#233;d&#233;ration&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Extrait : &#171; &lt;i&gt;Dans la rue des Bons Enfants, / On vend tout au plus offrant. / Y'avait un commissariat, / Et maintenant il n'est plus l&#224;. / Une explosion fantastique / N'en a pas laiss&#233; une brique. / On crut qu'c'&#233;tait Fant&#244;mas, / Mais c'&#233;tait la lutte des classes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Caisses collectives d'&#233;pargne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Malv&#233;si, monstre toxique</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Malvesi-monstre-toxique</link>
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		<dc:date>2026-05-02T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Malv&#233;si est un site de traitement de l'uranium qui s&#233;vit depuis sept d&#233;cennies, &#224; deux pas de Narbonne. Une bombe toxique auquel le journaliste S&#233;bastien Navarro, plume occasionnelle de CQFD, a consacr&#233; un ouvrage tout juste publi&#233;, Malv&#233;si. Entretien. 26 f&#233;vrier 1960 : de Gaulle pavoise &#224; Narbonne. Il est l&#224; pour vanter sa politique &#233;nerg&#233;tique en mati&#232;re nucl&#233;aire, notamment dans le Languedoc. Au c&#339;ur de son discours, le tout frais site de Malv&#233;si, &#224; trois kilom&#232;tres de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no252-mai-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;252 (mai 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH126/malvesi-41a9e.png?1782663872' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='126' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malv&#233;si est un site de traitement de l'uranium qui s&#233;vit depuis sept d&#233;cennies, &#224; deux pas de Narbonne. Une bombe toxique auquel le journaliste S&#233;bastien Navarro, plume occasionnelle de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, a consacr&#233; un ouvrage tout juste publi&#233;, &lt;i&gt;Malv&#233;si&lt;/i&gt;. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/malvesi.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH419/malvesi-36631.png?1782663872' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;26 f&#233;vrier 1960 : de Gaulle pavoise &#224; Narbonne. Il est l&#224; pour vanter sa politique &#233;nerg&#233;tique en mati&#232;re nucl&#233;aire, notamment dans le Languedoc. Au c&#339;ur de son discours, le tout frais site de Malv&#233;si, &#224; trois kilom&#232;tres de la sous-pr&#233;fecture de l'Aude, site dont l'activit&#233; n'a depuis jamais cess&#233;. Des myriades de bassins y traitent &#224; grands coups de substances chimiques des quantit&#233;s invraisemblables d'uranium. C'est &#224; ce monstre toxique &#171; &lt;i&gt;aux sept d&#233;cennies de rejets d&#233;gueulasses&lt;/i&gt; &#187; que s'attaque &lt;i&gt;Malv&#233;si &lt;/i&gt;(&#201;ditions du bout de la ville, 2025), de S&#233;bastien Navarro. Il y donne notamment la parole &#224; des militants engag&#233;s dans une lutte isol&#233;e contre les nuisances de ce complexe par o&#249; transite &#171; &lt;i&gt;un quart de la production mondiale d'uranium&lt;/i&gt; &#187;, tout en interrogeant la d&#233;liquescence des luttes antinucl&#233;aires. Un sujet complexe qu'il aborde d'une plume tremp&#233;e dans l'acide, enrobant son enqu&#234;te d'une atmosph&#232;re de polar &#233;cologique. Dissection d'une course vers le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi l'histoire de Malv&#233;si est-elle si m&#233;connue alors que le site tourne depuis 1959 et brasse des quantit&#233;s d'uranium impressionnantes ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand l'usine s'installe dans le coin &#224; la fin des ann&#233;es 1950, Narbonne est un bled c&#244;tier de 30 000 &#226;mes dont le dynamisme &#233;conomique est port&#233; par la viticulture.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Depuis des d&#233;cennies, Malv&#233;si purifie peinard de l'uranium venu des quatre coins du globe &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Le tourisme de masse n'existe pas encore. L'implantation de l'usine est soutenue par Georges Guille (1909-1985), conseiller g&#233;n&#233;ral SFIO et &#233;ph&#233;m&#232;re secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233; de l'&#233;nergie atomique. L'usine est construite sur le site d'une ancienne mine de soufre, comme si une industrie en rempla&#231;ait une autre. Tout se passe dans une certaine discr&#233;tion. Surtout, l'&#233;nergie nucl&#233;aire est vendue comme vectrice de progr&#232;s et cr&#233;atrice d'emplois. On conna&#238;t la rengaine qui perdure aujourd'hui. C'est ainsi que pendant des d&#233;cennies, Malv&#233;si purifie peinard de l'uranium venu des quatre coins du globe. La population locale sait vaguement ce qui s'y passe mais tant qu'il n'y a pas de p&#233;pin s&#233;rieux, le business uranif&#232;re ronronne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que s'est-il pass&#233; le 20 mars 2004 ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pr&#233;cisons d'abord que le processus de purification de l'uranium, un truc bien d&#233;gueulasse consommant des quantit&#233;s ph&#233;nom&#233;nales d'acides nitrique et fluorhydrique, g&#233;n&#232;re des d&#233;chets qui, &#224; l'instar de toute la fili&#232;re du nucl&#233;aire, sont impossibles &#224; traiter. Depuis 1959, tout est donc conserv&#233; sur place dans d'immenses bassins : 350 000 m&#232;tres cubes d'effluents liquides radioactifs. Inutile de pr&#233;ciser qu'au d&#233;part, les d&#233;chets &#233;taient stock&#233;s sans aucune s&#233;curit&#233; ni aucuns travaux d'&#233;tanch&#233;it&#233;, sachant que le coin est farci de canaux qui traversent ensuite Narbonne et que sous l'usine se trouve une nappe phr&#233;atique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2004, suite &#224; de fortes pluies, la digue d'un bassin de r&#233;tention c&#232;de et lib&#232;re dans la nature de fortes quantit&#233;s de boue. Des riverains ont l'id&#233;e d'en pr&#233;lever un &#233;chantillon et de les faire analyser par la Commission de recherche et d'information ind&#233;pendantes sur la radioactivit&#233; (Criirad). Stupeur, on y d&#233;couvre des trucs bien craignos du type am&#233;ricium et plutonium, qui n'auraient jamais d&#251; se trouver l&#224;, puisque l'usine &#233;tait cens&#233;e traiter uniquement de l'uranium naturel. De fait, Areva admet avoir trait&#233; en douce, pendant une vingtaine d'ann&#233;es, 17 500 tonnes d'uranium appauvri issu de combustibles retrait&#233;s. Un genre d'activit&#233; secondaire totalement opaque et autrement plus dangereuse. On touche l&#224; un des c&#339;urs de l'empire nucl&#233;aire : sa capacit&#233; industrielle &#224; produire du mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'accident de 2004, l'usine appara&#238;t pour la premi&#232;re fois aux yeux du public. Quelques m&#233;dias nationaux s'emparent du sujet. La revue &lt;i&gt;XXI&lt;/i&gt; publie une longue enqu&#234;te critique sous la plume de la journaliste Viviane Thivent. Mais tout cela finit par retomber et l'usine retrouve son rythme de croisi&#232;re. Il faut attendre 2017 et le projet Traitement des nitrates, sorte de m&#233;gafour cens&#233; traiter les d&#233;chets accumul&#233;s, pour que le peuple narbonnais descende et gueule dans la rue. Il faut dire que ce projet pr&#233;voit la construction d'une &#233;norme chemin&#233;e et l'envol des fum&#233;es de calcination directement sur Narbonne. D'o&#249; l'&#233;moi bien compr&#233;hensible de la population. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'un de tes personnages d&#233;crit les Narbonnais comme des &#171; cobayes &#187; de l'industrie nucl&#233;aire. Tu partages cette vision des choses ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est marrant que tu cites ce qualificatif de &#8220; cobayes &#8221; car je l'ai utilis&#233; en mars 2018 pour un article de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sur les mobilisations contre le projet TDN&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; D&#233;chets nucl&#233;aires pr&#232;s de Narbonne : les cobayes de Malv&#233;si &#187;, CQFD n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ! Dans le bouquin, je rencontre entre autres Michel Leclerc, ancien sous-traitant de l'usine, r&#233;compens&#233; de son dur labeur par une leuc&#233;mie. Michel est une force de la nature et il a bataill&#233; pendant des ann&#233;es contre Areva, pour que lui soient allou&#233;s des d&#233;dommagements honorables. Sachant que rien ne peut r&#233;parer une vie bousill&#233;e. Les victimes de l'usine, s'il y a quelques situations document&#233;es, sont un vrai angle mort. Aucune enqu&#234;te sanitaire s&#233;rieuse n'a &#233;t&#233; diligent&#233;e alors que Narbonne enregistre une incidence des cancers du poumon sup&#233;rieure &#224; toutes les villes d'Occitanie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as visit&#233; les installations de Malv&#233;si. Qu'en as-tu retir&#233; ? La propagande est efficace ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui elle l'est. Aujourd'hui et plus que jamais, l'industrie nucl&#233;aire joue la carte de sa normalisation et de son importance strat&#233;gique dans le fameux mix &#233;nerg&#233;tique. Certains &#8220; &#233;colos &#8221; voient m&#234;me l'atome comme une solution d'avenir pour d&#233;carboner l'&#233;conomie. Un type comme Jean-Marc Jancovici participe &#224; cette sombre banalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite de Malv&#233;si n'&#233;tait pas pr&#233;vue au programme, l'id&#233;e &#233;tant plut&#244;t que je tourne autour en la maudissant. Puis l'occas' s'est pr&#233;sent&#233;e et je n'en dirai pas plus pour ne pas d&#233;voiler cet &#233;pisode croustillant si ce n'est qu'Orano&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entreprise d&#233;tenue par l'&#201;tat et charg&#233;e de la gestion de Malv&#233;si, qui a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, l'industriel qui exploite le site, sait la jouer fine : il se pr&#233;sente avant tout comme complexe chimique traitant de l'uranium naturel. Une vaste blague car des panneaux indiquant &#8220; site nucl&#233;aire &#8221; &#233;taient toujours pr&#233;sents au moment de mon enqu&#234;te en 2022. Et les volumes d'uranium trait&#233;s sont tels que, naturel ou non, n'importe quel compteur Geiger&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Appareil qui sert &#224; mesurer la radioactivit&#233;.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; flambe quand on passe le long du site. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi si peu de mobilisations contre les retomb&#233;es toxiques d'une usine situ&#233;e &#224; trois bornes de Narbonne ? Est-ce li&#233; &#224; l'efficacit&#233; de la communication d'Orano ? &#192; une sorte de zone grise o&#249; l'on ne sait plus ce qui est chimique ou nucl&#233;aire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un peu tout &#231;a. Plus le fait qu'&#224; Narbonne comme ailleurs, la pieuvre atomique sait &#234;tre g&#233;n&#233;reuse avec les collectivit&#233;s territoriales abritant ses infrastructures. Sans oublier la sacro-sainte question des emplois. Dans une r&#233;gion &#233;conomiquement tendue comme l'Aude, on fait d'autant plus gaffe &#224; l'outil industriel qu'il est fort rare. Autre &#233;l&#233;ment &#224; prendre en compte : l'acculturation au risque industriel. Les citoyens ont peur ? Pas de souci, on va leur apprendre &#224; cohabiter avec cette industrie de la mort et &#224; adopter les bons gestes. Comme reconna&#238;tre les sir&#232;nes d'alerte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lutte antinucl&#233;aire a longtemps &#233;t&#233; l'une des composantes majeures des mobilisations &#233;cologiques. Elle semble devenue de plus en plus marginale, surtout chez les jeunes g&#233;n&#233;rations&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Effectivement, apr&#232;s les temps forts des ann&#233;es 1970 et 1980, la lutte antinucl&#233;aire est totalement pass&#233;e de mode. Les centrales sont l&#224;, les gens vivent avec et, aucune n'ayant p&#233;t&#233; depuis le lancement du plan Messmer en 1974, l'id&#233;e s'est r&#233;pandue que nous avions l&#224; une &#233;nergie pas pire que les autres. Tchernobyl et Fukushima ont eu beau provoquer de douloureux rappels &#224; l'ordre, &#231;a n'a pas suffi &#224; r&#233;veiller et armer les esprits. &#192; cette tragique indiff&#233;rence se rajoute le besoin d'&#233;lectricit&#233; pour nourrir la fringale des centres de donn&#233;es et des bagnoles &#233;lectriques. Pour sortir de cette nasse intellectuelle, il n'y a pas 36 chemins : il faut un d&#233;crochage radical avec le dogme &#233;nergivore de la soci&#233;t&#233; industrielle. Sinon, si ce n'est pas une centrale qui nous p&#233;tera &#224; la gueule, ce sera le mur &#233;cologique. Et l&#224;, aucune sir&#232;ne d'alerte ne nous sauvera. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; D&#233;chets nucl&#233;aires pr&#232;s de Narbonne : les cobayes de Malv&#233;si &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 163 (mars 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Entreprise d&#233;tenue par l'&#201;tat et charg&#233;e de la gestion de Malv&#233;si, qui a remplac&#233; Areva en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Appareil qui sert &#224; mesurer la radioactivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Corneille chasseuse de MAGA</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-Corneille-chasseuse-de-MAGA</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-Corneille-chasseuse-de-MAGA</guid>
		<dc:date>2026-02-28T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>
		<dc:subject>Nos amis les animaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trump Trump Trump. Infamie ; folie ; moumoute couleur pipi. C'est peu de dire que l'actuel pr&#233;sident ricain squatte &#233;crans et cerveaux. Et s'il y a des courageux et courageuses pour s'opposer &#224; sa d&#233;rive fasciste et &#224; la Gestapo-ICE qui la chapeaute, dur d'entrevoir un avenir radieux au pays des donuts. Chez les gauchistes du monde entier, un m&#234;me constat : c'est la hess. Sentiment bien r&#233;sum&#233; en son temps par le th&#233;&#226;treux Pierre Corneille : &#171; &#212; rage, &#244; d&#233;sespoir [&#8230;], n'ai-je donc tant v&#233;cu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_4_-7-ca51e.png?1782646014' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6408 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/no-trump_exe.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH472/no-trump_exe-12d70.jpg?1782646014' width='500' height='472' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Trump Trump Trump. Infamie ; folie ; moumoute couleur pipi. C'est peu de dire que l'actuel pr&#233;sident ricain squatte &#233;crans et cerveaux. Et s'il y a des courageux et courageuses pour s'opposer &#224; sa d&#233;rive fasciste et &#224; la Gestapo-ICE qui la chapeaute, dur d'entrevoir un avenir radieux au pays des donuts. Chez les gauchistes du monde entier, un m&#234;me constat : c'est la hess. Sentiment bien r&#233;sum&#233; en son temps par le th&#233;&#226;treux Pierre Corneille : &#171; &#212; rage, &#244; d&#233;sespoir [&#8230;], n'ai-je donc tant v&#233;cu que pour cette infamie ? &#187; Hasard de l'homonymie, c'est de corneille dont il est question ici. Oui, le volatile de type Cornus, &#224; la robe noire comme un &lt;i&gt;black bloc&lt;/i&gt;. Car quelques sp&#233;cimens du Midwest ont clairement choisi le camp de la r&#233;sistance. Sous la houlette d'un certain Dave, ces combatifs volatiles ont appris &#224; &#244;ter les casquettes rouges aux yeux et au su des n&#233;andertaliens MAGA. Certes, c'est encore en rodage, mais la machination est en route. Et on peut vraisemblablement s'attendre &#224; une contagion rapide de ce type de comportement, avec suppl&#233;ment picorage de la grosse t&#234;te de Trump. De leurs deux ailes, les corvid&#233;s vont faire du z&#232;le. Banza&#239; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Creuser la folie de l'Am&#233;rique trumpiste en mettant en sc&#232;ne mes propres doutes &#187; </title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Creuser-la-folie-de-l-Amerique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Creuser-la-folie-de-l-Amerique</guid>
		<dc:date>2026-02-21T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard, Thelma Susbielle</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 2024, &#201;milien Bernard est parti couvrir l'&#233;lection pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine &#224; la fronti&#232;re mexicaine, pour le compte de CQFD. Il en a tir&#233; un livre, La t&#234;te dans le mur, dans lequel il raconte &#224; la premi&#232;re personne la violence des politiques migratoires, la folie trumpiste et ses doutes face &#224; un monde qui d&#233;raille. &#192; l'automne 2024, pendant que les &#201;tats-Unis rejouaient leur trag&#233;die &#233;lectorale, CQFD d&#233;p&#234;chait deux envoy&#233;s sp&#233;ciaux chevronn&#233;s longer l'une des lignes les plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no249-fevrier-2026-251" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;249 (f&#233;vrier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd-6-3795a.png?1782663190' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2024, &#201;milien Bernard est parti couvrir l'&#233;lection pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine &#224; la fronti&#232;re mexicaine, pour le compte de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Il en a tir&#233; un livre, &lt;i&gt;La t&#234;te dans le mur&lt;/i&gt;, dans lequel il raconte &#224; la premi&#232;re personne la violence des politiques migratoires, la folie trumpiste et ses doutes face &#224; un monde qui d&#233;raille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6410 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/la_tete_dans_le_mur_illus.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH708/la_tete_dans_le_mur_illus-1c7de.jpg?1782663190' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2024, pendant que les &#201;tats-Unis rejouaient leur trag&#233;die &#233;lectorale, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d&#233;p&#234;chait deux envoy&#233;s sp&#233;ciaux chevronn&#233;s longer l'une des lignes les plus mortif&#232;res du monde occidental : la fronti&#232;re entre les &#201;tats-Unis et le Mexique. De San Diego &#224; Ciudad Ju&#225;rez, &#201;milien Bernard et Pauline Laplace sont all&#233;s documenter ce que le trumpisme fait aux corps, aux t&#234;tes et aux r&#233;cits. De cette travers&#233;e est n&#233; un dossier, publi&#233; dans notre num&#233;ro de d&#233;cembre 2024. Puis &#201;milien Bernard en a tir&#233; un livre : &lt;i&gt;La t&#234;te dans le mur. Un journaliste en d&#233;route au Trumpistan&lt;/i&gt; (Lux, 2026). Un r&#233;cit qui emprunte ses codes au gonzo, o&#249; le journaliste l&#226;che les garde-fous du reportage classique pour mieux raconter un monde devenu fou. Rassemblements trumpistes, d&#233;sert cribl&#233; de cadavres, centres de r&#233;tention, San Diego ravag&#233;e par le fentanyl&#8230; Pendant que Trump promet un &#171; &lt;i&gt;very very big wall &lt;/i&gt; &#187; pour sauver l'Am&#233;rique. Le d&#233;cor est absurde, sordide, inf&#226;me. Dans ce chaos, &#201;milien Bernard se cogne au mur, au sens propre comme au figur&#233; : celui de la fronti&#232;re, celui de la d&#233;mocratie am&#233;ricaine, celui d'un journalisme confront&#233; aux fantasmes s&#233;curitaires et au fascisme d&#233;complex&#233;. On a discut&#233; avec lui de ce choix du gonzo, de ses doutes de journaliste face &#224; la d&#233;tresse des exil&#233;s, de son passage par une ge&#244;le de la police des fronti&#232;res, et de ce qu'il reste, ou non, comme horizon d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contrairement &#224; ton livre pr&#233;c&#233;dent, un r&#233;cit journalistique plus &#171; froid &#187;, tu as pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;crire celui-ci en mode gonzo. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Forteresse Europe&lt;/i&gt; &#233;tait consacr&#233;e &#224; un sujet dont globalement personne ne parle : la mani&#232;re dont les pays de l'Union europ&#233;enne se barricadent face &#224; un pr&#233;tendu p&#233;ril migratoire. Son contenu : des reportages dans des lieux embl&#233;matiques de ce repli sur soi x&#233;nophobe et criminel, comme Lampedusa. Si j'ai essay&#233; de rendre ce livre le plus &#8220;vivant&#8221; possible, il restait dans les clous journalistiques.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; &#192; ma tr&#232;s petite &#233;chelle, j'ai tent&#233; d'aborder cet univers de post-v&#233;rit&#233; de mani&#232;re beaucoup plus libre &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En m'attaquant &#224; la fronti&#232;re USA-Mexique, je savais que le sujet &#233;tait extr&#234;mement m&#233;diatis&#233;. Trump ne cessait de crier en tr&#233;pignant qu'il allait construire son &#8220;beau et magnifique&#8221; mur et les m&#233;dias occidentaux &#233;taient totalement fascin&#233;s par ce discours. C'&#233;tait l'ogre Trump, l'antith&#232;se de nos soci&#233;t&#233;s soi-disant &#8220;civilis&#233;es&#8221;. Mon objectif &#233;tait donc d'aller scruter cette fronti&#232;re, pour ensuite clamer : &#8220;&lt;i&gt;Mais on fait exactement la m&#234;me chose en Europe !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me c'est que le narratif trumpien sur cette question (comme sur les autres) est compl&#232;tement hors-sol et d&#233;lirant. Lors de son premier mandat, les m&#233;dias am&#233;ricains &#8220;de r&#233;f&#233;rence&#8221; se sont cass&#233;s les dents sur cette question. Quand ils publiaient un &lt;i&gt;fact checking&lt;/i&gt;, le champion des MAGA &#233;tait d&#233;j&#224; pass&#233; &#224; un autre mensonge, puis un autre... &#192; ma tr&#232;s petite &#233;chelle, j'ai donc tent&#233; d'aborder cet univers de post-v&#233;rit&#233; de mani&#232;re beaucoup plus libre. Ce que le pape du gonzo Hunter S. Thompson avait pratiqu&#233; d&#232;s les ann&#233;es 1960, insufflant une grande part de subjectivit&#233; et de d&#233;lires narcotiques dans ses &#233;crits. Pour moi, c'&#233;tait davantage li&#233; aux m&#233;docs ou &#224; l'alcool, deux moyens plus ou moins efficaces d'att&#233;nuer mon angoisse... L'objectif : creuser la folie de l'Am&#233;rique trumpiste en mettant en sc&#232;ne mes propres doutes et les murs heurt&#233;s, dans ce territoire o&#249; plus rien ne semble avoir de sens. C'est ainsi que ma camarade de voyage Pauline Laplace appara&#238;t dans le r&#233;cit sous le nom d'Alicia, r&#233;f&#233;rence au terrier d&#233;routant d'&lt;i&gt;Alice au pays des merveilles&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au cours du r&#233;cit, tu &#233;voques tes doutes en tant que journaliste, notamment sur la situation des personnes exil&#233;es... Comment agir face &#224; la d&#233;tresse des gens quand on est dans cette position d'observateur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est compliqu&#233;. &#192; Melilla comme dans le d&#233;sert d'Arizona, j'ai rencontr&#233; les m&#234;mes destins broy&#233;s par la fronti&#232;re. Et toujours cette m&#234;me question : pourquoi nous traite-t-on ainsi ? Terrible... C'est ici que le d&#233;lire gonzo de mon reportage s'arr&#234;te totalement. Face &#224; cette d&#233;tresse, l'id&#233;e d'exag&#233;rer ou d&#233;former ce type de paroles est impensable. Idem pour les personnes les aidant dans le d&#233;sert, ou pour les militants mexicains. Le doute d&#233;coule de la certitude que documenter ce genre de situations n'a aucun impact. Imposer un r&#233;cit objectif face &#224; une d&#233;ferlante politique et m&#233;diatique ultra mensong&#232;re semble vou&#233; &#224; l'&#233;chec. C'est une impasse absolue et terrifiante, un vide dans lequel s'engouffrent aussi bien le complotisme que l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif italien Wu Ming a creus&#233; ces questions, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no242-en-kiosque' class=&#034;spip_in&#034;&gt;abord&#233;es dans un dossier de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; que j'ai coordonn&#233;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire le dossier &#171; Combattre l'imaginaire complotiste &#187; CQFD num&#233;ro 242&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Selon eux, la gauche doit recr&#233;er un r&#233;cit collectif d&#233;sirable, aux antipodes de ses errances actuelles. Mais par o&#249; commencer ? Comment d&#233;sarmer la broyeuse de cerveaux, qui d&#233;sormais s'&#233;tend aux r&#233;seaux sociaux ? Des interrogations qui surgissent &#224; plusieurs reprises dans le livre &#8211; c'est mon obsession. Et l'approche gonzo, r&#233;serv&#233;e aux manifestions trumpistes que j'ai crois&#233;es (meeting de Trump &#224; Albuquerque, r&#233;union de notables trumpistes &#224; San Diego, etc.), permet de compenser ce d&#233;s&#233;quilibre : &#339;il pour &#339;il, moumoute pour moumoute. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je ne veux pas divulg&#226;cher, mais tu as finalement &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233; une semaine dans un centre de r&#233;tention, o&#249; tu d&#233;couvres que la plupart de tes compagnons de chambr&#233;e soutiennent Trump...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cela rejoint par la bande la force du r&#233;cit mensonger trumpiste. Alors que Trump avait pass&#233; son temps &#224; clamer qu'il allait construire le mur et endiguer l'immigration clandestine, au d&#233;but, c'&#233;tait plus ou moins du pipeau. Durant son premier mandat, il avait encore les mains li&#233;es. Et les personnes exil&#233;es enferm&#233;es avec moi, en grande majorit&#233; latinos, savaient que Biden avait construit davantage de portions de mur, ou qu'Obama (surnomm&#233; &#8220;l'expulseur en chef&#8221;) avait men&#233; une politique migratoire plus rude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; cette ambiance surr&#233;aliste devant la t&#233;l&#233; retranscrivant la soir&#233;e &#233;lectorale du 5 novembre 2024, avec des consid&#233;rations telles que &#8220;&lt;i&gt;avec lui, on ne pas croupira pas&lt;/i&gt; &lt;i&gt;trop longtemps ici&lt;/i&gt;&#8221;. &#201;trange mais logique. Mes 60 camarades de chambr&#233;e s'appuyaient simplement sur ce qui &#224; leurs yeux semblait le moins pire. Et ils ne pouvaient pas anticiper la radicalisation monstrueuse de son deuxi&#232;me mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sarroi de ces exil&#233;s enferm&#233;s est en certains points similaire &#224; celui des classes populaires &#233;tatsuniennes. Ici, il faut se d&#233;partir d'une forme de m&#233;pris, qu'on retrouve g&#233;n&#233;ralement dans le discours europ&#233;en : pourquoi les ricains votent-ils Trump ? Ils sont d&#233;biles ou quoi ? Non, c'est le r&#233;sultat logique d'un abandon des classes populaires par le parti d&#233;mocrate depuis 50 ans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand on voit les meurtres commis par l'ICE ces derni&#232;res semaines, est-ce qu'on peut encore avoir de l'espoir pour la soci&#233;t&#233; &#233;tatsunienne ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il me semble (ou je veux croire) que la situation n'est pas totalement d&#233;sesp&#233;r&#233;e. D'abord parce que nombre de personnes se battent pour contrecarrer les politiques migratoires assassines, aux USA comme au Mexique. J'en ai rencontr&#233; beaucoup, de celles et ceux qui d&#233;posent des bidons d'eau dans le d&#233;sert, aux combattantes mexicaines qui s'organisent &#224; Tijuana pour fonder des centres sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la mobilisation collective massive est la seule forme de r&#233;sistance qui a du poids. On en a un exemple saisissant avec la situation &#224; Minneapolis &#224; l'heure actuelle. La milice ICE reste en place, mais il y a une micro-d&#233;faite trumpiste qui a force de symbole, car elle tient &#224; une solidarit&#233; collective. Comme me le disait &lt;a href='https://cqfd-journal.org/8-millions-dans-la-rue-et-apres' class=&#034;spip_in&#034;&gt;un camarade de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;install&#233; dans le Vermont au sujet des manifestations &#8220;No King&#8221;&lt;/a&gt; : &#8220;&lt;i&gt;Il y a une r&#233;sistance collective plus importante qu'on ne le croit en Europe !&lt;/i&gt;&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Thelma Susbielle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire le dossier &#171; Combattre l'imaginaire complotiste &#187; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; num&#233;ro 242&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>le raton laveur punk</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/le-raton-laveur-punk</link>
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		<dc:date>2026-01-24T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je t'apprends rien, fr&#233;rot, s&#339;urette, les temps sont foutrement durs : l'hiver, les r&#233;solutions 2026 d&#233;j&#224; bafou&#233;es, le retour au taf... De quoi p&#233;ter un c&#226;ble. Et pas seulement pour nous autres, foutus bip&#232;des d&#233;pressifs. Anticipant l'arriv&#233;e des f&#234;tes et de l'horrible p&#233;riode qui les suit, un adorable raton laveur s'est ainsi offert un interm&#232;de &#233;thylique pas piqu&#233; des hannetons, s'introduisant nuitamment dans un magasin d'alcool de la ville d'Ashland, en Virginie. Fastoche pour cet Ars&#232;ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no248-janvier-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;248 (janvier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6353 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/248_02_raton_deaguili.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/248_02_raton_deaguili-f6797.jpg?1782641152' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je t'apprends rien, fr&#233;rot, s&#339;urette, les temps sont foutrement durs : l'hiver, les r&#233;solutions 2026 d&#233;j&#224; bafou&#233;es, le retour au taf... De quoi p&#233;ter un c&#226;ble. Et pas seulement pour nous autres, foutus bip&#232;des d&#233;pressifs. Anticipant l'arriv&#233;e des f&#234;tes et de l'horrible p&#233;riode qui les suit, un adorable raton laveur s'est ainsi offert un interm&#232;de &#233;thylique pas piqu&#233; des hannetons, s'introduisant nuitamment dans un magasin d'alcool de la ville d'Ashland, en Virginie. Fastoche pour cet Ars&#232;ne Lupin au &#171; &lt;i&gt;masque noir bord&#233; de blanc&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;dixit&lt;/i&gt; mamie Wikip&#233;dia), qui a bris&#233; la dalle du faux plafond avant de s'offrir une teuf d'enfer en solo. Pour preuve, ces photos publi&#233;es par le refuge de protection des animaux du coin, charg&#233; d'accueillir les bestioles en petite forme. On y voit plusieurs &#233;tag&#232;res d&#233;valis&#233;es et les bouteilles bris&#233;es jalonnant le sol de belles tra&#238;n&#233;es alcoolis&#233;es. Ivre mort, l'h&#233;ro&#239;que raton laveur s'est ensuite tra&#238;n&#233; jusqu'aux toilettes o&#249; il s'est endormi en mode carpette, comme un prince. Cerise sur le baba au rhum, une responsable du refuge a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;C'est la troisi&#232;me fois qu'il s'introduit par effraction.&lt;/i&gt; &#187; Comme l'a &#233;crit l'&#233;crivain britannique Samuel Johnson : &#171; &lt;i&gt; Les grandes &#339;uvres jaillissent non de la force, mais de la pers&#233;v&#233;rance.&lt;/i&gt; &#187; Bravo donc &#224; l'obstin&#233; punk quadrup&#232;de vandale, champion de l'impossible. Et &lt;i&gt;fuck&lt;/i&gt; les bonnes r&#233;solutions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Professeur, je ne veux pas de cet enfant &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Professeur-je-ne-veux-pas-de-cet</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Professeur-je-ne-veux-pas-de-cet</guid>
		<dc:date>2026-01-24T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;tienne Jallot</dc:creator>


		<dc:subject>Morceaux vol&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans Lettres pour un avortement ill&#233;gal, l'association Choisir la cause des femmes a compil&#233; une cinquantaine de lettres &#233;crites entre 1971 et 1974 par des femmes qui souhaitent avorter, adress&#233;es au Professeur Milliez, m&#233;decin pro-avortement. Une archive rare qui rappelle l'imp&#233;ratif de lutter pour disposer librement de nos corps. Un tr&#233;sor historique dormait dans les archives de l'association Choisir la cause des femmes. Entre des rang&#233;es de livres et des piles d'archives, les membres de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no248-janvier-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;248 (janvier 2026)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Morceaux-voles" rel="tag"&gt;Morceaux vol&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Lettres pour un avortement ill&#233;gal, &lt;/i&gt;l'association Choisir la cause des femmes a compil&#233; une cinquantaine de lettres &#233;crites entre 1971 et 1974 par des femmes qui souhaitent avorter, adress&#233;es au Professeur Milliez, m&#233;decin pro-avortement. Une archive rare qui rappelle l'imp&#233;ratif de lutter pour disposer librement de nos corps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6355 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/248_11_ivg_deaguili.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH461/248_11_ivg_deaguili-5acdd.jpg?1782647472' width='500' height='461' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;n tr&#233;sor historique dormait dans les archives de l'association Choisir la cause des femmes&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fond&#233;e notamment par Gis&#232;le Halimi et Simone de Beauvoir en 1971, apr&#232;s la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Entre des rang&#233;es de livres et des piles d'archives, les membres de l'association ont retrouv&#233; une chemise cartonn&#233;e portant la mention &#171; Histoire d'A &#187;. &#201;pingl&#233;e &#224; la pochette, une feuille en papier jauni : &#171; dossier &#8220;Avortement&#8221; remis par le Pr. Milliez. Int&#233;r&#234;t historique &#187;. &#192; l'int&#233;rieur, 51 lettres &#233;crites entre 1971 et 1974 par des femmes d&#233;sireuses d'avorter dans les plus brefs d&#233;lais. Elles sont destin&#233;es au Professeur Paul Milliez, un m&#233;decin rendu c&#233;l&#232;bre pour ses positions pro-avortements lors du proc&#232;s de Bobigny en 1972&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Proc&#232;s historique o&#249; Marie-Claire Chevalier, 17 ans, est jug&#233;e pour avoir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Compil&#233;es par l'association au sein de l'ouvrage &lt;i&gt;Lettres pour un avortement ill&#233;gal&lt;/i&gt; (Libertalia, 2025) elles t&#233;moignent de l'insupportable condition dans laquelle &#233;taient plong&#233;es ces femmes interdites d'avorter. Celles qui &#233;crivent ont entre 16 et 50 ans, souffrent de pr&#233;carit&#233; et vivent souvent loin des grandes villes. N'ayant pas les moyens d'avorter dans les r&#233;seaux clandestins ou &#224; l'&#233;tranger, elles se tournent vers le Professeur Milliez comme dernier espoir. Dans une correspondance avec l'association, l'&#233;crivaine Annie Ernaux y voit &#171; &lt;i&gt;la preuve absolue, aveuglante que les femmes pauvres n'avaient aucun moyen d'avorter [...] les plus riches et celles qui avaient des relations trouvaient facilement des solutions &lt;/i&gt; &#187;. Entre l'angoisse et l'urgence, on lit dans ces lettres le d&#233;sir assum&#233; de disposer librement de son corps. &#171; &lt;i&gt;Leur choix d'&#233;crire [&#8230;] nous appara&#238;t moins comme un acte de supplication que comme un acte de r&#233;bellion et de d&#233;sob&#233;issance face &#224; l'injustice de la loi qui p&#233;nalise l'avortement &lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Choisir la cause des femmes, en postface de l'ouvrage. &#192; l'heure o&#249; les fascistes au pouvoir, en Pologne ou aux &#201;tats-Unis plongent des milliers de femmes dans les dangers de l'avortement ill&#233;gal, ces lettres rappellent &#224; tous&#183;tes qu'il est imp&#233;ratif de ne jamais cesser de lutter pour d&#233;cider librement de faire na&#238;tre ou de ne pas faire na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;tienne Jallot&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;12 novembre 1972 &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le Professeur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je me permets de vous &#233;crire c'est parce que vous seul pouvez m'aider. Je suis mari&#233;e j'ai deux enfants en bas &#226;ge. J'en ai un le plus jeune en nourrice. Je suis oblig&#233;e de travailler depuis le mois de mars comme vendeuse. Car le salaire de mon mari n'est pas suffisant. De plus je m'occupe de mes fr&#232;res c'est-a&#768;-dire deux, car je suis la plus vieille et que nous sommes rest&#233;s tous les trois orphelins assez jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; que je viens de m'apercevoir que je suis enceinte de trois semaines : je prenais des pilules mais j'avais arr&#234;t&#233; le mois dernier pour me reposer. Je ne sais vraiment pas comment faire. Je suis d&#233;sesp&#233;r&#233;e car je ne voudrai pas cet enfant. Et mon mari est d'accord. Pouvez-vous m'aider ? Pouvez-vous faire quelque chose pour moi ? J'esp&#232;re que oui. Je mets tout mon espoir en vous. Puis-je aller vous voir, que pourrais-je faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'attente d'une r&#233;ponse de votre part. Recevez Monsieur le Professeur mes sinc&#232;res salutations.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;22 novembre 1972&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Monsieur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'excuse de vous d&#233;ranger mais peut-&#234;tre &#234;tes-vous mon salut mon seul refuge de vous d&#233;pend ma vie. Voici : je suis enceinte et ne veux absolument pas de cet enfant en ayant d&#233;j&#224; cinq et un mari malade du c&#339;ur. J'ai fait tout ce que je pouvais pour faire une fausse couche mais rien n'y fait. J'ai donc pris une assurance-vie et ainsi je pourrai me suicider sans laisser mon mari et mes enfants dans le besoin du moins dans l'imm&#233;diat car n'&#233;tant pas riche je n'ai pu prendre une assurance de plus de 3 200 000 j'&#233;cris en anciens francs. Mais ce qui m'ennuie dans ce projet c'est mon petit gar&#231;on de trois ans. Il est toujours derri&#232;re moi et d&#232;s qu'il ne me voit plus m'appelle et me cherche partout, m&#234;me la nuit en dormant il m'appelle je lui fais deux ou trois chuts et il se rendort paisiblement. Ce sera pour lui plus dur. J'ai longuement h&#233;site&#769; pour lui. Mais il n'y a rien a&#768; faire je ne veux pas de cet autre enfant aussi je vous demanderai si vous pouvez quelque chose pour moi S.V.P. ou si vous ne pouvez ce que je comprends tr&#232;s bien a&#768; cause de la loi pouvez-vous me donner l'adresse et le montant d'une clinique en Angleterre S.V.P. Je vous en prie Professeur &#8211; essayez. La deuxi&#232;me question serait m&#234;me tr&#232;s bonne et je puis vous jurer que personne ne saura que c'est vous qui me l'avez donn&#233;e. Seulement je vous demanderai de me r&#233;pondre vite S.V.P. car la 24&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; semaine se termine le 10 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous remercie a&#768; l'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En esp&#233;rant que vous pourrez peut-&#234;tre quelque chose pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous prie de croire Monsieur le Professeur a&#768; l'expression de mes sentiments les plus distingu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;2 juin 1973&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le Professeur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous voudrez bien me pardonner de venir vous importuner mais je ne sais a&#768; qui je pourrais confier mon probl&#232;me actuel, si ce n'est a&#768; vous : je vous l'avoue brutalement, je suis enceinte de cinq semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier soir, j'ai consult&#233; un gyn&#233;cologue qui ne &#171; peut rien faire &#187;. Il m'a seulement propose&#769; de me diriger en Angleterre, ceci pour 2 000 francs. C'est beaucoup trop cher, car je serai pratiquement seule pour financer cette somme, mon fiance&#769; &#233;tant &#233;tudiant ing&#233;nieur et de plus loin de moi en ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant ,a&#768; moi, je travaille, il est vrai, [en tant que] secr&#233;taire m&#233;dicale mais je tiens cela en secret et j'ai l'impression de vivre &#171; au ralenti &#187;. Cette situation devient de plus en plus insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pensais aller a&#768; [Pr&#233;fecture de Province] mais je ne sais si ce mouvement n'a pas &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233; et surtout si je peux me mettre en rapport avec ses membres car je crains qu'ils ne soient surveill&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai suivi depuis le d&#233;but cette pol&#233;mique sur l'avortement. Je sais que vous avez pris courageusement position en face de ce probl&#232;me que les hommes de loi abordent avec l&#226;chet&#233; car il ne fait nul doute qu'eux s'en servent sans scrupule et surtout sans probl&#232;me financier. Va-t-on le laisser devenir un privil&#232;ge de la bourgeoisie hypocrite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi je m'en r&#233;f&#232;re a&#768; vous afin que vous me donniez des conseils. [&#8230;] J'esp&#232;re tr&#232;s vivement que vous allez pouvoir me guider et trouver une solution a&#768; mon &#233;tat qui m'accable chaque jour un peu plus. Je vous remercie de ce que vous ferez et je vous prie de croire Monsieur le Professeur a&#768; l'assurance de mes sentiments les plus respectueux&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;2 Avril 1974&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le Professeur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En toute simplicit&#233; je viens me confier a&#768; vous. Voici mon histoire, mes ennuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis sage-femme DE, &#226;g&#233;e de 60 ans exer&#231;ant a&#768; [lieu] dans le [d&#233;partement], m&#232;re de trois gar&#231;ons que j'ai du&#770; &#233;lever toute seule, mon mari m'avait abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui m'arrive aujourd'hui est grave. J'ai avorte&#769; une femme en d&#233;tresse qui avait d&#233;j&#224; quatre enfants, milieu mis&#233;rable. N'ayant pas l'argent n&#233;cessaire pour se faire avorter dans un pays voisin et tr&#232;s proche, car on demande 3 000 francs suisses, cette pauvre m&#232;re avait tellement insiste&#769;, j'ai eu piti&#233; d'elle et j'ai aid&#233; l'interruption de cette grossesse non d&#233;sir&#233;e. Apr&#232;s quinze jours elle est morte dans un h&#244;pital de [m&#233;tropole], congestion pulmonaire, reins bloqu&#233;s. Je suis accus&#233;e de cette mort et j'&#233;tais inculp&#233;e durant quinze jours en prison pour violences volontaires ayant entrain&#233; la mort sans intention de la donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pardonnez-moi si je vous ennuie avec ma confession, mais je vous ai entendu parfois a&#768; la t&#233;l&#233;vision, votre bont&#233;, votre compr&#233;hension pour les femmes malheureuses et sans d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis us&#233;e par le travail et souffre d'une angine de poitrine, le proc&#232;s aura lieu prochainement, ma carri&#232;re est bris&#233;e, ma vie de femme humili&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout c&#339;ur, Monsieur le Professeur, je vous envoie mes salutations angoiss&#233;es et respectueuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une malheureuse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fond&#233;e notamment par Gis&#232;le Halimi et Simone de Beauvoir en 1971, apr&#232;s la publication du &#171; Manifeste des 343 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Proc&#232;s historique o&#249; Marie-Claire Chevalier, 17 ans, est jug&#233;e pour avoir avorter &#224; la suite d'un viol.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bloqu&#233;s dans les limbes de l'administration</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Bloques-dans-les-limbes-de-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Bloques-dans-les-limbes-de-l</guid>
		<dc:date>2025-05-10T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Romain K.</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En France, pour demander ou renouveler leur titre de s&#233;jour, les &#233;trangers doivent r&#233;aliser la plupart de leurs d&#233;marches en ligne, sur le site de l'Anef. Une plateforme dont les nombreux blocages engendrent des cons&#233;quences d&#233;vastatrices sur la vie des usagers. Ao&#251;t 2024, Amir* est soulag&#233; : apr&#232;s plus de trois ans de proc&#233;dure, la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le reconna&#238;t comme r&#233;fugi&#233;. Pour ce quadrag&#233;naire afghan, c'est l'aboutissement d'un long calvaire administratif. Il va (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no241-mai-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;241 (mai 2025)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En France, pour demander ou renouveler leur titre de s&#233;jour, les &#233;trangers doivent r&#233;aliser la plupart de leurs d&#233;marches en ligne, sur le site de l'Anef. Une plateforme dont les nombreux blocages engendrent des cons&#233;quences d&#233;vastatrices sur la vie des usagers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6107 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/241_08_deaguili_anef.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH680/241_08_deaguili_anef-50c76.jpg?1782664297' width='500' height='680' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;o&#251;t 2024, Amir* est soulag&#233; : apr&#232;s plus de trois ans de proc&#233;dure, la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le reconna&#238;t comme r&#233;fugi&#233;. Pour ce quadrag&#233;naire afghan, c'est l'aboutissement d'un long calvaire administratif. Il va enfin pouvoir se reconstruire une vie ici en France. Du moins, c'est ce qu'il croit. Neuf mois plus tard, il n'a toujours pas le droit de travailler, pas de titre de s&#233;jour, pas de carte vitale, aucune prestation sociale, pas le droit de conduire et surtout pas le droit de demander le regroupement familial pour son unique fils, &#224; peine majeur, rest&#233; seul au pays. La raison de cette situation tient en quatre lettres : Anef (Administration num&#233;rique des &#233;trangers en France).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Depuis que l'utilisation de l'Anef a &#233;t&#233; impos&#233;e, les r&#233;clamations relatives aux droits des &#173;&#233;trangers re&#231;ues par le D&#233;fenseure des droits ont augment&#233; de 400 %&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est par ce site qu'Amir doit passer pour obtenir un titre de s&#233;jour et transformer une d&#233;cision de justice en une vraie carte. Une simple formalit&#233;, en th&#233;orie. Probl&#232;me, lorsqu'il entame les d&#233;marches, un message d'erreur s'affiche sur l'&#233;cran de son ordinateur : &#171; &lt;i&gt;Demande invalide. [...] Vous n'&#234;tes pas reconnu b&#233;n&#233;ficiaire de la protection internationale. &lt;/i&gt; &#187; Tomb&#233; dans les limbes de l'administration, cet ancien chauffeur de taxi qui a fui les pers&#233;cutions en Afghanistan est priv&#233; de tout droit, sans pour autant &#234;tre en situation irr&#233;guli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;mat&#233;rialisation qui fait mal&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Introduit progressivement &#224; partir de 2019 dans le cadre d'un vaste plan &#233;tatique de d&#233;mat&#233;rialisation, l'Anef est devenue incontournable pour tout &#233;tranger non europ&#233;en depuis 2021. R&#233;fugi&#233;s, parents d'enfants r&#233;fugi&#233;s, conjoints de Fran&#231;ais, travailleurs saisonniers, &#233;tudiants, titulaires d'un visa long s&#233;jour, d'une carte de s&#233;jour pluriannuelle, d'un passeport talent, d'une carte de s&#233;jour salari&#233;&#8230; la majorit&#233; doivent passer par ce site pour demander ou renouveler leur titre de s&#233;jour. Mais plus de cinq ans apr&#232;s son d&#233;ploiement, on ne peut pas dire que c'est un cadeau pour les millions de personnes confront&#233;es &#224; la plateforme.
Depuis que son utilisation a &#233;t&#233; impos&#233;e, les r&#233;clamations relatives aux droits des &#233;trangers re&#231;ues par le D&#233;fenseure des droits ont augment&#233; de 400 %. Et pour cause, les blocages sur la plateforme sont nombreux. Le D&#233;fenseur des droits en dresse une liste non exhaustive : impossibilit&#233; de renouveler un titre de s&#233;jour au motif qu'une demande serait d&#233;j&#224; en cours ; pi&#232;ces transmises mais jamais re&#231;ues par le service pr&#233;fectoral ; impossibilit&#233; de pouvoir modifier, compl&#233;ter ou annuler une demande une fois d&#233;pos&#233;e ; ou encore des d&#233;lais de traitement tr&#232;s longs, privant les usagers de leurs droits sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Veuillez patienter...&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce genre de situation, l'administration pr&#233;voit deux possibilit&#233;s. La premi&#232;re : &#233;crire au service d'assistance. C'est ce qu'a fait Amir d&#232;s le mois de septembre 2024. S'ensuivent de longs et p&#233;nibles &#233;changes par mails avec des t&#233;l&#233;conseillers dont la froideur et l'incomp&#233;tence concurrenceraient presque celles des robots conversationnels premi&#232;re g&#233;n&#233;ration. Dans un premier message, il envoie une capture d'&#233;cran du blocage qu'il rencontre accompagn&#233; de la d&#233;cision lui reconnaissant le statut de r&#233;fugi&#233;. Deux semaines plus tard, il re&#231;oit une r&#233;ponse par mail l'invitant &#224; &#171; &lt;i&gt;attendre et r&#233;essayer r&#233;guli&#232;rement &lt;/i&gt; &#187;. Un mois plus tard, il les relance. M&#234;me r&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;Patientez et r&#233;essayez r&#233;guli&#232;rement. &#187;&lt;/i&gt; En novembre, il re&#231;oit un nouveau courrier &#233;lectronique : &#171; &lt;i&gt;Votre dossier est toujours en cours de traitement. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Pour les blocages li&#233;s &#224; l'Anef, les &#233;trangers qui pour beaucoup n'ont pas une ma&#238;trise parfaite du fran&#231;ais, doivent venir seuls&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au mois de janvier cette fois, et apr&#232;s une cinqui&#232;me relance, le service &#171; d'assistance &#187; innove et lui demande d'envoyer &#8211; &#224; nouveau &#8211; une copie d'&#233;cran du blocage et son attestation de d&#233;cision d'admission au statut de r&#233;fugi&#233;. Il s'ex&#233;cute. En f&#233;vrier, il re&#231;oit une nouvelle r&#233;ponse &#233;nigmatique : &#171; &lt;i&gt;Les pi&#232;ces fournies sont manquantes. &lt;/i&gt; &#187; Amir renvoie la capture d'&#233;cran et la d&#233;cision de la Cour nationale du droit d'asile. En mars on lui r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Nous constatons que vous faites face &#224; un blocage lors du d&#233;p&#244;t de votre demande de titre de s&#233;jour. Si le probl&#232;me perdure, envoyez-nous par mail votre attestation de d&#233;cision d'admission au statut de r&#233;fugi&#233;. &lt;/i&gt; &#187; De quoi devenir dingue.
Une erreur isol&#233;e ? A priori, non. Dans son rapport, le D&#233;fenseure des droits constate que les t&#233;l&#233;conseillers proc&#232;dent &#224; &#171; &lt;i&gt;de nombreuses reformulations sans para&#238;tre comprendre r&#233;ellement quel type de probl&#232;me rencontre l'usager &lt;/i&gt; &#187;. On serait presque tent&#233; de croire que cela fait partie des consignes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;fec-dure&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La seconde option pr&#233;vue par l'administration en cas de probl&#232;me avec l'Anef, c'est de prendre un rendez-vous en pr&#233;fecture. Parler directement avec un humain, un vrai cette fois. Enfin, pour ceux qui arrivent &#224; obtenir un rendez-vous en ligne. &#192; Marseille, les cr&#233;neaux sont post&#233;s le vendredi. Mais jamais &#224; la m&#234;me heure. Alors pour &#234;tre s&#251;r d'&#234;tre connect&#233; au bon moment, il faut actualiser la page toute la journ&#233;e. En cinq minutes, les quelques dizaines d'horaires disponibles sont complets. Amir a d&#251; s'y prendre &#224; trois fois avant d'obtenir un rendez-vous. &#192; chaque fois, c'est une nouvelle semaine qui s'&#233;coule &#224; vivre sans ressources.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Les personnes &#233;trang&#232;res apparaissent comme les usagers les plus durement mis &#224; l'&#233;preuve par la d&#233;mat&#233;rialisation des proc&#233;dures administratives &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le 4 avril, v&#234;tu de son habituel blazer et d'une chemise rentr&#233;e dans son pantalon, il arrive avec 30 minutes d'avance devant les grilles de l'administration rue Saint-S&#233;bastien. Il esp&#232;re en ressortir avec un r&#233;c&#233;piss&#233; de titre de s&#233;jour, qui l'autoriserait &#224; travailler et &#224; entamer les d&#233;marches pour retrouver son fils. Mais, nouveau stop : l'agent de s&#233;curit&#233; ne laisse pas entrer le traducteur qui accompagne Amir. Pour les blocages li&#233;s &#224; l'Anef, les &#233;trangers, qui pour beaucoup n'ont pas une ma&#238;trise parfaite du fran&#231;ais, doivent venir seuls.
Une fois arriv&#233; dans la grande salle bond&#233;e de monde au premier &#233;tage de la pr&#233;fecture, Amir s'installe devant un petit guichet. Derri&#232;re la vitre, une agente charg&#233;e de traiter sp&#233;cifiquement ces types de probl&#232;mes. Au bout de cinq minutes, elle lui annonce qu'il s'agit d'une erreur technique que son service n'a pas la comp&#233;tence de r&#233;soudre. Son conseil : envoyer un mail&#8230; au service d'assistance. En huit mois, la situation d'Amir n'a pas avanc&#233; d'un pouce.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Sans carte de s&#233;jour, tout s'arr&#234;te &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les personnes &#233;trang&#232;res apparaissent comme les usagers les plus durement mis &#224; l'&#233;preuve par la d&#233;mat&#233;rialisation des proc&#233;dures administratives&lt;/i&gt; &#187;, pointe le D&#233;fenseur des droits. Pertes d'emplois, de formations, de logements, arr&#234;ts d'&#233;tudes : pour eux, les cons&#233;quences sont lourdes. Ibrahim S., lui, s'est vu suspendre les versements du RSA et des allocations familiales durant trois mois. Arriv&#233; du Soudan avec sa femme et son fils, il obtient l'asile en 2014. Dix ans plus tard, il habite un HLM dans les quartiers Nord de Marseille. Entre-temps il a eu trois autres enfants, le plus vieux n'a pas neuf ans. Toute la famille vit du boulot d'int&#233;rimaire d'Ibrahim, quand sa sant&#233; lui permet de travailler. Le reste du temps, ils s'en sortent gr&#226;ce au RSA et &#224; la CAF. En f&#233;vrier 2024, alors qu'il souhaite renouveler sa carte de s&#233;jour arriv&#233;e &#224; expiration, il se retrouve bloqu&#233;. L'Anef ne peut pas r&#233;cup&#233;rer ses donn&#233;es suite &#224; un changement de syst&#232;me informatique.
Au mois d'avril, m&#234;me si la pr&#233;fecture soutient que le probl&#232;me est r&#233;gl&#233;, il n'a toujours pas de titre de s&#233;jour. Toutes ses prestations sociales sont suspendues. M&#233;caniquement, il perd aussi l'autorisation de travailler. Seuls les ch&#232;ques alimentaires, 80 euros pour six personnes toutes les trois semaines, et la solidarit&#233; de leurs proches, leur permettent de survivre &#224; cette p&#233;riode. Gr&#226;ce &#224; l'intervention d'une avocate et d'une d&#233;cision du tribunal administratif, il a finalement pu reprendre sa vie en novembre dernier. &#171; &lt;i&gt; Pour nous, la vie ne d&#233;pend que d'une seule chose, la carte de s&#233;jour, alors, quand on ne peut pas la renouveler, tout s'arr&#234;te &lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Ibrahim.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Roman K.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;*Les pr&#233;noms, nationalit&#233;s et dates ont &#233;t&#233; l&#233;g&#232;rement modifi&#233;s &#224; la demande des personnes, craignant des r&#233;percussions sur leur situation administrative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Minots : br&#251;ler l'uniforme (plut&#244;t que la plan&#232;te)</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Minots-bruler-l-uniforme-plutot</link>
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		<dc:date>2024-11-07T14:00:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;a Guili</dc:subject>

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&lt;p&gt;Militant passionn&#233; de l'&#233;ducation comme bien commun et outil &#233;mancipateur, Raymond Millot est parti cet &#233;t&#233;, laissant derri&#232;re lui un dernier livre, qui se r&#233;clame d'une utopie concr&#232;te : Bifurquer&#8230; Changer l'ordre mill&#233;naire (Massot, 2024). C'est davantage un livret qu'un ouvrage cons&#233;quent. Une cinquantaine de pages, o&#249; sont r&#233;sum&#233;s sans fioriture les axes concrets de la r&#233;volution &#233;ducative &#224; laquelle Raymond Millot a &#339;uvr&#233; une bonne partie de sa vie. Publi&#233; juste avant son d&#233;c&#232;s &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no234-octobre-2024-234" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;234 (octobre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dea-Guili" rel="tag"&gt;D&#233;a Guili&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Militant passionn&#233; de l'&#233;ducation comme bien commun et outil &#233;mancipateur, Raymond Millot est parti cet &#233;t&#233;, laissant derri&#232;re lui un dernier livre, qui se r&#233;clame d'une utopie concr&#232;te : &lt;i&gt;Bifurquer&#8230; Changer l'ordre mill&#233;naire &lt;/i&gt;(Massot, 2024).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;'est davantage un livret qu'un ouvrage cons&#233;quent. Une cinquantaine de pages, o&#249; sont r&#233;sum&#233;s sans fioriture les axes concrets de la r&#233;volution &#233;ducative &#224; laquelle Raymond Millot a &#339;uvr&#233; une bonne partie de sa vie. Publi&#233; juste avant son d&#233;c&#232;s &#224; l'&#226;ge de 98 ans, &lt;i&gt;Bifurquer&#8230; Changer l'ordre mill&#233;naire&lt;/i&gt; constitue une base de travail sur laquelle s'appuyer, un legs &#224; tous ceux qui voient dans l'&#233;ducation une possibilit&#233; d'&#233;mancipation plut&#244;t que de reproduction des in&#233;galit&#233;s et de la mortif&#232;re course en avant n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5811 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L437xH620/web_620px_234_234_13_bifurquer_leaguidi-a1089.jpg?1782643927' width='437' height='620' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;D&#233;a Guili
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il nous propose de bifurquer, passer du statut d'objet &#224; celui de sujet&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume le journaliste Denis Robert, en pr&#233;face. &#171; &lt;i&gt;De combattre les formatages et les pr&#233;suppos&#233;s qui cadenassent nos vies, celles - surtout - de nos enfants.&lt;/i&gt; &#187; Pour Raymond Millot, cet imp&#233;ratif est d'autant plus criant &#224; l'heure du r&#233;chauffement climatique et des d&#233;fis &#224; venir. Dans son pr&#233;c&#233;dent ouvrage &lt;i&gt;L'&#201;ducation, un bien commun&lt;/i&gt; (Massot, 2021), il appelait d&#233;j&#224; &#224; ne pas dissocier questions environnementales et &#233;ducatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour cause : en mati&#232;re de formatage &#233;ducatif, le ver est dans le fruit depuis longtemps. Hormis quelques tentatives - &#171; l'&#233;ducation nouvelle &#187; sous la Commune (1871), les exp&#233;rimentations concr&#232;tes de militants tels que C&#233;lestin Freinet ou Francisco Ferrer - l'enfant a toujours &#233;t&#233; vu comme un objet (familial, &#233;conomique, sexuel), appel&#233; &#224; perp&#233;tuer un ordre social o&#249; les uns seront &#171; &lt;i&gt;premiers de cord&#233;e&lt;/i&gt; &#187; et les autres ne &#171; &lt;i&gt;seront rien&lt;/i&gt; &#187;. Ce pur formatage, inculqu&#233; d&#232;s l'&#233;cole par le syst&#232;me de notation, place les minots dans une situation o&#249; ils sont &#171; &lt;i&gt;in&#233;vitablement influenc&#233;s par la conception dominante de la r&#233;ussite sociale et par le souci de &lt;/i&gt;[leur]&lt;i&gt; insertion dans le syst&#232;me &#233;conomique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appelant de ses v&#339;ux &#171; &lt;i&gt;une convention citoyenne sur l'&#233;ducation&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;lude &#224; des changements plus profonds, il se projette m&#234;me en fin d'ouvrage dans un sc&#233;nario futur, purement imaginaire. En 2030, confront&#233;s aux effets d&#233;l&#233;t&#232;res du r&#233;chauffement climatique (feux de for&#234;t notamment), les &#233;quipes &#233;ducatives de deux &#233;coles et un coll&#232;ge de Nouvelle-Aquitaine mettent en place une nouvelle p&#233;dagogie plac&#233;e sous le sceau de la &#171; mobilisation g&#233;n&#233;rale &#187; et d'instances novatrices telles que l'Institut r&#233;gional de l'&#233;mancipation et de l'&#233;ducation (IREE). Au programme : cr&#233;ation de journaux, sorties exploratoires et mise en lien avec les pompiers du coin pour les plus petits. Mais aussi, pour tous, la cr&#233;ation de &#171; &lt;i&gt;temps de f&#234;te, de production artistique, d'expositions, pour ne pas enfermer les enfants dans le seul projet mat&#233;riel de lutte contre les effets du r&#233;chauffement et ne pas alimenter la peur de l'avenir d&#233;j&#224; implant&#233;e dans les esprits&lt;/i&gt; &#187;. Un petit bout de bifurcation, concret, avec en t&#234;te un grand tournant possible - ouvrez, ouvrez la cage aux minots !&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;par &#201;milien Bernard&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		
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