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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Animal de vivre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Laplace</dc:creator>


		<dc:subject>Dans mon salon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un salon. Ce mois-ci, on cherche de la compagnie animale. Dimanche, t&#244;t le matin, le fond de l'air est hiverneux. Mon sentiment de m&#233;lancolie s'accro&#238;t alors que la file s'allonge devant le parc expo de Marseille. &#199;a fait longtemps que j'ai pas v&#233;cu avec un chat. Ou avec qui que ce soit. Je me demande si les gens qui attendent l'ouverture du salon des animaux de compagnie se sentent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no238-fevrier-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;238 (f&#233;vrier 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dans-mon-salon" rel="tag"&gt;Dans mon salon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un salon. Ce mois-ci, on cherche de la compagnie animale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;imanche, t&#244;t le matin, le fond de l'air est hiverneux. Mon sentiment de m&#233;lancolie s'accro&#238;t alors que la file s'allonge devant le parc expo de Marseille. &#199;a fait longtemps que j'ai pas v&#233;cu avec un chat. Ou avec qui que ce soit. Je me demande si les gens qui attendent l'ouverture du salon des animaux de compagnie se sentent comme moi, seuls &#224; crever. Peut-&#234;tre rencontrerai-je ici un &#234;tre avec qui partager mon quotidien ? Espoir vite rabot&#233; : l'odeur qui me saute &#224; la gorge d&#232;s l'entr&#233;e me dissuade de troquer ma libert&#233; contre un bac de liti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Avec mon budget, je pourrais me payer un cochon d'Inde &#224; 30 balles, mais j'ai pas le &lt;i&gt;crush&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D&#233;barrass&#233;e de toute attente, je d&#233;ambule, l&#233;g&#232;re, entre les cages et les enclos. En plus d'&#234;tre une prison, l'amour, ici, s'ach&#232;te. Whitney qui me fait les yeux doux ? 1 500 euros. Avec mon budget, je pourrais me payer un Cavia Porcellus (cochon d'Inde) &#224; 30 balles, mais j'ai pas le &lt;i&gt;crush&lt;/i&gt;. Dans un d&#233;lire plus &lt;i&gt;ol&#233; ol&#233;&lt;/i&gt;, des pythons somnolent dans des barquettes en plastique fa&#231;on traiteur, qu'on peut emporter pour quelques centaines d'euros. Quand on n'a pas un radis, Achatina Fulica, rachitique escargot, 5 euros. Et tout en bas de l'&#233;chelle, reste un lot de blattes &#224; 3,90. Vieux plan. Reste une solution alternative : devenir famille d'accueil. Un membre de l'association Les furets des calanques m'apprend plein de trucs sur ces bestioles. Je retiens que la SNCF a un service sp&#233;cial pour accompagner les animaux de compagnie. Le d&#233;lire me d&#233;passe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5997 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/238_14_salon_serpent.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH399/238_14_salon_serpent-8d231.jpg?1768663989' width='500' height='399' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Au fond, c'est les ma&#238;tres que j'&#233;duque ! &lt;/i&gt; &#187; me confie Maryse qui vend des jeux d'&#233;veil en bois pour chiens et chats qu'on dirait tout droit sortis d'une &#233;cole Mont et souris. Alors qu'autour de nous, des &#171; mon ch&#233;ri &#187;, caresses, l&#233;chouilles et poutous s'&#233;changent all&#232;grement entre humains et non humains, je lui demande si elle consid&#232;re que les animaux sont nos &#233;gaux. Elle m'assure qu'elle ne consid&#232;re pas son fils et son chien de la m&#234;me mani&#232;re. &lt;i&gt;Ouf &lt;/i&gt; ! Je me sens rassur&#233;e. &lt;i&gt;Paf&lt;/i&gt; ! Une gamine prend une claque sur la paluche et se met &#224; pleurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mon mari n'aimait pas les chiens, mais fallait bien trouver un moyen de compl&#233;ter sa retraite &lt;/i&gt; &#187; me raconte Teresa qui garde un stand de Bergers des Pyr&#233;n&#233;es. La vie de salon ? Elle s'y est faite. &#171; &lt;i&gt; J'aime voyager d'une ville &#224; l'autre &lt;/i&gt; &#187; raconte-t-elle du haut de ses 80 ans. Sa moiti&#233; nous rejoint, on papote un moment. Il est sourd, elle a un d&#233;but d'Alzheimer. Ils viennent de mes montagnes natales. Y a quelque chose de familier. &#171; &lt;i&gt; Comment vous faites pour vivre dans cette ville ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;me demandent-ils en &#233;carquillant les yeux. Je sens arriver un la&#239;us s&#233;curitaire. Tout mimi qu'il paraisse, ce couple fa&#231;on perruche bat de l'aile vers la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Y a de ces ratasses ici !&lt;/i&gt; &#187; s'exclame Teresa, choqu&#233;e d'en avoir crois&#233; une ribambelle &#224; la sortie de son h&#244;tel. Je les avais oubli&#233;s ! Pourtant, avec eux, je partage un vaste espace. Qui nous prot&#232;ge des touristes rapaces ? Nos camarades rats, nos anges gardiens poubelles. La plus belle compagnie de tout habitant de Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pauline Laplace&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trump Tower : le dernier bal</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Trump-Tower-le-dernier-bal</link>
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		<dc:date>2024-11-14T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Laplace</dc:creator>


		<dc:subject>Dans mon salon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un salon. En direct des States, visite de la new-yorkaise Trump Tower quatre semaines avant les &#233;lections. Minuscule au pied des 58 &#233;tages de la Trump Tower, affubl&#233;e d'un justaucorps &#224; paillettes et d'ailes d'anges en plastoc, un petit bout de femme danse. Ou plut&#244;t : elle tangue d'un pied sur l'autre, le regard perdu. La cinquantaine et originaire de la R&#233;publique dominicaine, Ana voue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;235 (novembre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dans-mon-salon" rel="tag"&gt;Dans mon salon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un salon. En direct des States, visite de la new-yorkaise Trump Tower quatre semaines avant les &#233;lections.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5851 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_235_13_salon_trumptower_capt.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/web_235_13_salon_trumptower_capt-bc926.jpg?1769362838' width='500' height='353' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;M&lt;/span&gt;inuscule au pied des 58 &#233;tages de la Trump Tower, affubl&#233;e d'un justaucorps &#224; paillettes et d'ailes d'anges en plastoc, un petit bout de femme danse. Ou plut&#244;t : elle tangue d'un pied sur l'autre, le regard perdu. La cinquantaine et originaire de la R&#233;publique dominicaine, Ana voue un culte au candidat r&#233;publicain &#171; &lt;i&gt;qui ne recule devant rien&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin des ann&#233;es 1970, Trump investit comme un bourrin dans l'immobilier &#224; Manhattan et fait construire ce gratte-ciel pour abriter sa r&#233;sidence principale : un &lt;i&gt;penthouse&lt;/i&gt; estim&#233; &#224; 100 millions de dollars. S'il n'y vit plus depuis sa premi&#232;re victoire aux pr&#233;sidentielles, sa compagnie, The Trump Organization, g&#233;r&#233;e par ses fils et condamn&#233;e plusieurs fois pour fraude, a toujours son si&#232;ge au 26&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tage. Acc&#232;s interdit. Les p&#233;quenots comme moi ont le droit de p&#233;n&#233;trer dans l'&#233;difice, mais sont condamn&#233;s &#224; voir les portes des ascenseurs se fermer devant leurs gueules. Pas de cieux pour les gueux.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;C'est un peu comme Lourdes avec la Vierge, mais napp&#233; de vieux rock en fond sonore.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine, l'endroit devait accueillir des boutiques &#171; super-luxe &#187;. Mais, hormis Gucci, on n'y trouve que des magasins de &lt;i&gt;goodies&lt;/i&gt; &#224; l'effigie du gros rougeaud (casquettes, gourdes, chaussettes, jeux de cartes, fringues pour enfant et autres conneries). C'est un peu comme Lourdes avec la Vierge, mais napp&#233; de vieux rock en fond sonore. On peut aussi bouffer du Trump au Trump Pizza, cramer du Trump au Trump Grill ou boire une tasse de Trump au Trump Caf&#233;. Ici, une famille &lt;i&gt;white trash&lt;/i&gt; s'extasie devant une photo de Donald qui serre la paluche &#224; Kim Jong-Un. L&#224;, une ado choisit un ourson Trump en peluche pour l'offrir &#224; son daron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'enfuis en prenant l'escalator et me cogne &#224; une sorte de plumeau : ce sont les ailes d'Ana. Dans un tourbillon de paroles, elle me raconte ses embrouilles de famille tout en me montrant le site qu'elle a cr&#233;&#233; pour aider le &#171; &lt;i&gt;futur pr&#233;sident&lt;/i&gt; &#187; dans sa campagne. Ana a boss&#233; ici comme femme de m&#233;nage, mais s'est &#171; &lt;i&gt;lib&#233;r&#233;e du travail&lt;/i&gt; &#187;, dit-elle, pour faire ce qui lui pla&#238;t : danser. Chose qu'elle fait b&#233;n&#233;volement et sans qu'on ne lui ait rien demand&#233; : Ana, &#231;a se voit, elle a p&#233;t&#233; les plombs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tous les totems &#224; la gloire de Donald, c'est d'elle que surgit, &#224; mes yeux, toute une symbolique. Ancienne employ&#233;e venue hanter son lieu de travail en serpilli&#232;re essor&#233;e, immigr&#233;e en adoration devant son ex-boss raciste, Ana agite ses ailes en faveur du d&#233;mon. &#192; quatre semaines des &#233;lections, elle incarne &#224; la perfection le r&#232;gne de la confusion : la vie p&#233;t&#233;e des anges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la voil&#224; qui danse &#224; nouveau, dans le sous-sol cette fois, le regard de plus en plus bas, les gestes de plus en plus las. &#171; &lt;i&gt;Si je ne peux pas danser, je ne veux pas prendre part &#224; votre r&#233;volution &lt;/i&gt; &#187;, disait Emma Goldman, f&#233;ministe et libertaire qui agitait les foules sur le sol am&#233;ricain au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Aujourd'hui, on peut se poser la question autrement : sans r&#233;volution, est-ce qu'on aura encore envie de danser ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pauline Laplace&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Yachting : la monstrueuse parade</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Yachting-la-monstrueuse-parade</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Yachting-la-monstrueuse-parade</guid>
		<dc:date>2024-11-07T13:00:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Laplace</dc:creator>


		<dc:subject>Dans mon salon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un Salon. Le Salon du yacht, &#224; Cannes, est l'occasion de c&#244;toyer l'univers stratosph&#233;rique des grandes fortunes de ce monde. Comme si le Festival de cin&#233;ma ne remplissait pas le quota bling-bling de la ville de Cannes, celle-ci accueille aussi le Salon du yacht. Alors que j'en passe les portes, ma propre odeur me g&#234;ne compar&#233;e aux parfums d&#233;licats &#233;manant des corps qui m'entourent, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no234-octobre-2024-234" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;234 (octobre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dans-mon-salon" rel="tag"&gt;Dans mon salon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un Salon. Le Salon du yacht, &#224; Cannes, est l'occasion de c&#244;toyer l'univers stratosph&#233;rique des grandes fortunes de ce monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;omme si le Festival de cin&#233;ma ne remplissait pas le quota bling-bling de la ville de Cannes, celle-ci accueille aussi le Salon du yacht. Alors que j'en passe les portes, ma propre odeur me g&#234;ne compar&#233;e aux parfums d&#233;licats &#233;manant des corps qui m'entourent, envelopp&#233;s dans des tenues vestimentaires qui co&#251;tent trois fois le SMIC. Dents blanches, cheveux doux, taille de gu&#234;pe pour les femmes (les hommes ont le droit d'&#234;tre bedonnants). Avec leurs postures hautaines, et leurs rires forc&#233;s, les riches en font des caisses. Je me sens crasseuse et boudin&#233;e. Je ne parlerai &#224; personne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5805 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/web_620px_234_img_0092-e2172.jpg?1768658202' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Vieux-Port et le port Canto sont envahis d'embarcations aux prix mirobolants. L'&lt;i&gt;Audace&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Victoria&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Nirvana&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Dolce Vita&lt;/i&gt;&#8230; Des noms &#233;voquant un mixte entre parfums pour keums et Kama-sutra m&#233;galo. Pour p&#233;n&#233;trer dans un de ces mastodontes (humblement d&#233;nomm&#233; &lt;i&gt;Pegasus&lt;/i&gt;), j'enl&#232;ve mes baskets, les pose &#224; c&#244;t&#233; d'une paire de Louboutin et laisse glisser mes chaussettes trou&#233;es sur un parquet en teck. Les volumes sont immenses, le design subtil, les tables dress&#233;es, les lits impeccablement faits (par d'autres que les proprios, &#233;videmment). Une h&#244;tesse v&#234;tue de blanc vaque sur le pont pour parfaire la d&#233;co. Les six chambres sont toutes &#233;quip&#233;es d'un lit double et d'une salle de bains individuelle, comprenant douche, baignoire et chiottes. Six chiottes pour douze personnes&#8230; J'en d&#233;duis que les membres de cette caste ont un s&#233;rieux probl&#232;me de trous du cul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la jet&#233;e, un type s'embrouille avec sa meuf au t&#233;l&#233;phone et braille une dizaine de fois &#171; &lt;i&gt;Tu me fais perdre mon temps !&lt;/i&gt; &#187; De l'argent, aussi, j'imagine. Dans une file d'attente, deux vieux beaux en costard listent le co&#251;t de tout ce qui nous entoure : tel bateau, tel immeuble sur la croisette, telle compagnie qu'Un tel a revendue &#224; tel autre. Sur un canot pneumatique qui file &#224; toute blinde (une navette reliant les deux ports), un jeune couple d'entrepreneurs fait l'&#233;loge d'un &#171; &lt;i&gt;client russe&lt;/i&gt; &#187; d&#233;crit comme &#171; &lt;i&gt;un homme si simple ! &lt;/i&gt; &#187; On fait des bonds sur les vagues et on prend de l'eau plein la tronche. Tout le monde glousse. Quelle aventure ! Un ado s'extasie : &#171; &lt;i&gt;Le bateau Lamborghini !&lt;/i&gt; &#187; Selfie g&#233;n&#233;ral. Au secours ! Je veux retrouver la terre ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le train retour, contr&#244;le des billets. J'ai oubli&#233; de renouveler ma carte ZOU et prends une douille. &#171; &lt;i&gt;J'ai pass&#233; une journ&#233;e &#233;pouvantable !&lt;/i&gt; &#187; soupirait une femme botox&#233;e tout &#224; l'heure. &#199;a nous fait un point commun. Pour me consoler, je pense avec d&#233;lectation &#224; la disparition de Mike Lynch, magna de la tech, dont le yacht a fait naufrage au large de la Sicile le 22 ao&#251;t dernier. Celui-ci f&#234;tait sa relaxe d'un proc&#232;s pour fraude. Je paye une amende, il garde sa fortune, mais croupit quelque part, dans les fonds marins. &lt;i&gt;Cheh&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Par Pauline Laplace&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En attendant d'en d&#233;coudre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/En-attendant-d-en-decoudre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/En-attendant-d-en-decoudre</guid>
		<dc:date>2024-06-21T10:26:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Laplace</dc:creator>


		<dc:subject>Dans mon salon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un salon. Ce mois-ci, Puget f&#234;te le fil dans le Var. On brode en mode r&#233;sistance. &#171; C'est le nouveau DMC ? &#8212; Exact. &#8212; Je me disais aussi, on le reconna&#238;t direct&#8230; &#187; Non, cet &#233;change ne provient pas du Salon de l'auto. Le DMC d&#233;signe une marque de fil en coton moulin&#233;. Puget f&#234;te le fil, salon tr&#232;s f&#233;minin &#8211; mais pas moins technique &#8211;, r&#233;unissait des passionn&#233;&#183;es de broderie &#224; Puget sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no-231-en-kiosque" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 231 (juin 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dans-mon-salon" rel="tag"&gt;Dans mon salon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un salon. Ce mois-ci, Puget f&#234;te le fil dans le Var. On brode en mode r&#233;sistance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5696 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_2131_12_brode_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH485/web_2131_12_brode_1200px-291d6.jpg?1768835571' width='500' height='485' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Droits r&#233;serv&#233;s &lt;a href=&#034;https://www.creamagic.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.creamagic.com&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; C&lt;/span&gt;'est le nouveau DMC ?
&lt;br /&gt;&#8212; Exact.
&lt;br /&gt;&#8212; Je me disais aussi, on le reconna&#238;t direct&#8230; &#187;
Non, cet &#233;change ne provient pas du Salon de l'auto. Le DMC d&#233;signe une marque de fil en coton moulin&#233;. Puget f&#234;te le fil, salon tr&#232;s f&#233;minin &#8211; mais pas moins technique &#8211;, r&#233;unissait des passionn&#233;&#183;es de broderie &#224; Puget sur Argens (Var), les 17 et 18 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, pas de startup ou d'industriels, l'entr&#233;e est gratuite et l'ambiance familiale. Muriel, organisatrice de l'&#233;v&#233;nement, tient elle-m&#234;me l'accueil entour&#233;e de ses filles. &#171; &lt;i&gt;Ils ont tous essay&#233; la broderie dans la famille, mais il n'y a que moi qui en soit vraiment piqu&#233;e &lt;/i&gt; &#187;, raconte-t-elle, avant d'ajouter qu'en tant que m&#232;re de cinq enfants, le maniement de l'aiguille lui sert de d&#233;stressant : &#171; &lt;i&gt;&#199;a devrait &#234;tre rembours&#233; par la s&#233;cu !&lt;/i&gt; &#187;
Parmi les stands, des images attendues : canevas de chats mignons, torchons et coussins orn&#233;s du sempiternel &lt;i&gt;home sweet home&lt;/i&gt;. Pourtant, quand on &#233;coute les brodeuses, on r&#233;alise que le sens de leur activit&#233; d&#233;borde largement des murs cernant la prison que peut constituer, pour une femme, l'int&#233;rieur d'une maison. &#171; &lt;i&gt;D&#233;truire, pour mieux reconstruire. &lt;/i&gt; &#187; Vanessa d&#233;finit ainsi la pratique du patchwork : elle&lt;i&gt; &lt;/i&gt;d&#233;chire des tissus pour les r&#233;assembler &#224; son go&#251;t&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#171; &lt;i&gt;Avant je faisais de la peinture, &lt;/i&gt;dit-elle.&lt;i&gt; C'est un peu pareil. Les tissus sont comme une palette de couleurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question artistique revient sur toutes les l&#232;vres. Et le milieu compte des sommit&#233;s. On me recommande la visite du stand de Jean-Marie. Je r&#226;le int&#233;rieurement &#224; l'id&#233;e que l'artiste reconnu soit ici aussi un mec. C'est comme en cuisine. Alors que les femmes se coltinent les fourneaux depuis la nuit des temps, y'a pas masse de cheffes &#233;toil&#233;es&#8230; Je pense aux &#339;uvres vibrantes de Ghada Amer, artiste &#233;gyptienne, f&#233;ministe et d&#233;coloniale, peintre, sculptrice et brodeuse de haut vol. &#199;a me refile la p&#234;che. Jean-Marie est plus classique, mais il se d&#233;brouille sacr&#233;ment bien. Peintre en b&#226;timent &#224; la retraite, &#231;a fait vingt ans qu'il brode 7 h par jour. &#171; &lt;i&gt;Une drogue &lt;/i&gt; &#187;, dit-il, fier d'&#234;tre le fournisseur officiel de la famille princi&#232;re mon&#233;gasque. Sa meilleure came ? Un portrait de Reiner III. &#171; &lt;i&gt;400 heures de travail&lt;/i&gt;, glose-t-il.&lt;i&gt; Mais quand on brode, le temps file et on oublie tout. M&#234;me Macron et sa politique qui nous &#233;trangle. &lt;/i&gt; &#187; Le fil aurait donc cette fonction ? D&#233;nouer la corde qui enserre notre cou ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son amie Fran&#231;oise, on circule entre divers travaux d'aiguille &#8211; expos&#233;s mais pas &#224; vendre. Elle m'explique avec douceur et p&#233;dagogie la diff&#233;rence entre le point compt&#233;, le point lanc&#233; et le &lt;i&gt;blackwork&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;Vous voyez comme la personnalit&#233; de chacun ressort &#224; travers la technique utilis&#233;e ? On nous pousse toujours &#224; &#234;tre rentables, mais quand on se concentre et qu'on a le temps, on se trouve. C'est un acte de r&#233;sistance.&lt;/i&gt; &#187; Est-ce qu'elle n'essaierait pas de faire passer le grand soir par le chas d'une aiguille ? Et pourquoi pas ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Pauline Laplace&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ode aux fourmis</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ode-aux-fourmis</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Ode-aux-fourmis</guid>
		<dc:date>2024-04-04T09:58:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Laplace</dc:creator>


		<dc:subject>Elena Vieillard</dc:subject>
		<dc:subject>Dans mon salon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note. Dans cette &#233;dition sp&#233;ciale au Salon de l'agriculture, on cherche nos racines dans le monde paysan. Salon de l'agriculture, fin f&#233;vrier. Il fait un temps de cochon (normal pour Paris). Telle une poule mouill&#233;e jusqu'&#224; la moelle, je tourne sur moi-m&#234;me, la t&#234;te dodelinante, cherchant &#224; localiser ce fichu coq qui beugle. Je mets cinq bonnes minutes &#224; r&#233;aliser que son cri provient de haut-parleurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no229-avril-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;229 (avril 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Elena-Vieillard" rel="tag"&gt;Elena Vieillard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dans-mon-salon" rel="tag"&gt;Dans mon salon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note. Dans cette &#233;dition sp&#233;ciale au Salon de l'agriculture, on cherche nos racines dans le monde paysan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5580 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_229_29_salonagri_elena_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH299/web_229_29_salonagri_elena_1200px-920ef.jpg?1769362839' width='500' height='299' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration Elena Vieillard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;alon de l'agriculture, fin f&#233;vrier. Il fait un temps de cochon (normal pour Paris). Telle une poule mouill&#233;e jusqu'&#224; la moelle, je tourne sur moi-m&#234;me, la t&#234;te dodelinante, cherchant &#224; localiser ce fichu coq qui beugle. Je mets cinq bonnes minutes &#224; r&#233;aliser que son cri provient de haut-parleurs diss&#233;min&#233;s dans les all&#233;es ext&#233;rieures du Parc des expositions. Oh ! C'est quoi cette reconstitution bidon de la campagne ? Entour&#233;e d'une masse tr&#233;pignante de parigots, j'ai une sensation d'&#233;levage en batterie qui n'arrange pas mon humeur morose. Le mouvement agricole est sur le point d'&#234;tre &#233;touff&#233;, j'ai rat&#233; le passage chahut&#233; de Macron, je sais pas o&#249; aller&#8230; Calme-toi, me dis-je. Reste sur&lt;del&gt; la terre ferme&lt;/del&gt; le b&#233;ton, respire, mais avance quand m&#234;me. Plus que deux heures avant la fermeture et vu l'immensit&#233; des lieux, j'ai int&#233;r&#234;t &#224; me grouiller.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Les politicards y draguent de lointains &#233;lecteurs sans avoir &#224; quitter la capitale et marcher dans la boue !&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'entre dans le pavillon &#171; Bovin, ovin, porcin, caprin &#187; (qui me fout &#171; Harder, Better, Faster, Stronger &#187; des Daft Punk dans la t&#234;te) et me coltine des sc&#232;nes vues et revues au JT. &lt;i&gt;Vachement&lt;/i&gt; m&#233;diatis&#233; le Salon de l'agriculture. Forc&#233;ment. Tous les ingr&#233;dients de notre bonne vieille France y sont r&#233;unis : produits du terroir, pinard, agriculteurs et animaux de la ferme. Pratique. Les politicards y draguent de lointains &#233;lecteurs sans avoir &#224; quitter la capitale et marcher dans la boue. Sauf qu'&#224; la t&#233;loche, on ne montre pas les enseignes des entreprises qui se gavent sur le dos des travailleurs agricoles : le stand d'Herta tr&#244;ne derri&#232;re le ring porcin et celui de Lactalis (fort secou&#233;, ces derniers jours&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les militants de la Conf' ont men&#233; des actions au si&#232;ge de Lactalis et sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;), s'impose au rayon vache. &#201;chappant au cynisme ambiant, je me perds dans les yeux de R&#233;elle (c'est son nom), une Gasconne des Pyr&#233;n&#233;es (comme moi !). L'expression &#171; regard bovin &#187; est mensong&#232;re : ses yeux sont magnifiques. Alors que mon reflet y appara&#238;t comme dans un miroir de sorci&#232;re ressurgissent les souvenirs des &#233;t&#233;s chez mamie Lucienne, &#224; gambader parmi les 3 000 porcs de l'&#233;levage intensif initi&#233; par mon oncle. J'ai beau &#233;voquer mes origines paysannes et montagnardes, &#231;a fait longtemps que je vis en ville. La terre, j'y ai tr&#232;s peu plong&#233; les mains. Jamais par n&#233;cessit&#233; en tous cas. Faire des &#233;tudes et fuir une vie de chien, le mouvement a commenc&#233; avec la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente. La mienne a suivi. Rat des villes ? Rat des champs ? Il y a comme un flottement. Un d&#233;calage. Un trou dans la transmission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je traverse, sans m'arr&#234;ter, des kilom&#232;tres de bouffe. Les d&#233;gustations sont payantes, &#231;a me fout le cafard. Au pavillon &#233;quin (tr&#232;s snob, bien s&#251;r), un exposant du rayon cuir me cire les chaussures &#8211; gratos. J'apprends par la pratique qu'un mec &#224; genoux au-dessus de ma bottine, &#231;a ne me remonte pas le moral. Apr&#232;s cette exp&#233;rience aux confins de la haute bourgeoise, je rencontre une chatte Peterbald. Son nom ? P&#233;tronille Du Fort De La Bosse Marini&#232;re. Aussi hideux et pr&#233;tentieux que cette pauvre b&#234;te au poil ras qui doit co&#251;ter un prix mirobolant. D&#233;cid&#233;ment, je pr&#233;f&#232;re les vaches. Dehors, il pleut toujours. Des jeunes, ivres, titubent dans les all&#233;es. Je remonte leur piste, entre dans le pavillon &#171; agricultures du monde &#187; et l&#224; c'est l'explosion. Foule en liesse. Bal populaire. Flonflons. Des types en b&#233;rets (boost&#233;s au rhum qui circule sur les stands des Antilles) sautent en rythme au son du traditionnel &#171; Freed from desire &#187;. L'un d'eux m'attrape par le bras et m'attire &#224; lui. Flash. J'ai 14 ans au bal de Pouyastruc, ma t&#234;te tourne, et &#231;a fait &#171; &lt;i&gt;POOO POLOPOPOPOO POOOO !&lt;/i&gt; &#187; Me d&#233;gageant de son emprise, je r&#233;alise que cette visite tourne au voyage initiatique. C'est un peu mon &lt;i&gt;Into the wild&lt;/i&gt;. Un sursaut de vitalit&#233; me pousse &#224; choisir une fin alternative &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;&#224; l'overdose de champis&lt;/code&gt; au coma &#233;thylique&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Aucun coma &#233;thylique contre 82 l'an pass&#233; &#187;, rapporte La D&#233;p&#234;che du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Je prends mes jambes &#224; mon cou et traverse le salon tout entier, d'un pas rapide et azimut&#233;. Ne pr&#234;tant pas attention aux microscopes de l'Institut national de la recherche agronomique (INRAE), je trace mon chemin vers la lumi&#232;re. &lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; La FNSEA utilise tous les moyens pour &#234;tre l'unique syndicat agricole. Dans certains coins, t'es isol&#233; si t'as pas la carte et tu subis des pressions tr&#232;s fortes &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;H&#233; oui ! C'est le salon de l'agriculture industrielle&lt;/i&gt; &#187;, s'esclaffe Christine qui se tient derri&#232;re le stand de la Conf'. &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes contente d'&#234;tre ici ?&lt;/i&gt; &#187;, je lui demande. Elle r&#233;pond qu'elle trouve &#231;a super tous ces gens qui n'y connaissent rien &#224; l'agriculture, qui sont curieux et viennent se renseigner. Christine fait du raisin de table dans la Dr&#244;me et appr&#233;cie les retours de ceux qui le mangent : &#171; &lt;i&gt;C'est tr&#232;s important pour moi. &#199;a donne du sens &#224; mon travail et c'est &#231;a qui fait que j'y prends du plaisir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la d&#233;l&#233;gation d'EELV d&#233;barque, entour&#233;e de 14 000 cam&#233;ras, Catherine, productrice de lait &#224; Reblochon, nous rejoint. Elle raconte le jour o&#249; elle a d&#233;couvert qu'elle &#233;tait adh&#233;rente &#224; la FNSEA : &#171; &lt;i&gt;C'est la coop&#233;rative qui payait pour nous ! Les adh&#233;sions &#233;taient pr&#233;lev&#233;es sur le prix du lait sans qu'on soit au courant, tu te rends compte ?!&lt;/i&gt; &#187; Elle se marre, fi&#232;re d'avoir d&#233;couvert le pot aux roses et de l'avoir r&#233;v&#233;l&#233; &#224; ses coll&#232;gues. &#171; &lt;i&gt;La FNSEA utilise tous les moyens pour &#234;tre l'unique syndicat agricole. Dans certains coins, t'es isol&#233; si t'as pas la carte et tu subis des pressions tr&#232;s fortes. Est-ce qu'il faudrait qu'on soit offensifs comme &#231;a ? C'est pas nos m&#233;thodes !&lt;/i&gt; &#187; Elle se marre encore. J'en reviens pas de son enthousiasme. &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que tu veux&lt;/i&gt;, me dit-elle, &lt;i&gt;je sais dans quel monde je vis !&lt;/i&gt; &#187; Et Christine de rebondir : &#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r, on est minoritaires, on est petits&#8230; On est tour &#224; tour grain de sable dans le bulldozer et fourmis : on travaille nos id&#233;es pour faire avancer les choses.&lt;/i&gt; &#187; Alors que je quitte les lieux, sous une pluie battante mais le sourire retrouv&#233;, je pense &#224; ma mamie Lucienne. Vers la fin de sa vie, un jour que je pleurais pour un truc futile, elle m'a dit : &#171; &lt;i&gt;On en a perdu des r&#233;coltes, mais on s'en est toujours remis, va.&lt;/i&gt; &#187; Elle &#233;tait toute petite, elle aussi&#8230; Et costaude.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Pauline Laplace &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les militants de la Conf' ont men&#233; des actions au si&#232;ge de Lactalis et sur leur stand, revendiquant des meilleurs salaires pour les producteurs de lait.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Aucun coma &#233;thylique contre 82 l'an pass&#233; &#187;, rapporte &lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che&lt;/i&gt; du 05/03/2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Toucher le fond</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Toucher-le-fond</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Toucher-le-fond</guid>
		<dc:date>2024-03-01T08:55:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Laplace</dc:creator>


		<dc:subject>Dans mon salon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un salon. Ce mois-ci, plongeon dans les bassins ass&#233;ch&#233;s du Salon piscine et jardin. La France compte 3,4 millions de piscines priv&#233;es, occupant la 2e place du march&#233; mondial de la pistoche derri&#232;re les USA. Pourtant, le 17 f&#233;vrier &#224; Marseille, les exposants du Salon piscine et jardin affichent un air f&#233;brile. &#171; L'an dernier, on &#233;tait deux fois plus nombreux &#187;, confie Adrien, commercial (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no228-mars-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;228 (mars 2024) &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dans-mon-salon" rel="tag"&gt;Dans mon salon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un salon. Ce mois-ci, plongeon dans les bassins ass&#233;ch&#233;s du Salon piscine et jardin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5506 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_228_visuel-piscine_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/web_228_visuel-piscine_1200px-9419e.jpg?1769362839' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a France compte 3,4 millions de piscines priv&#233;es&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon une &#233;tude men&#233;e par le cabinet Decryptis pour la F&#233;d&#233;ration des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, occupant la 2e place du march&#233; mondial de la pistoche derri&#232;re les USA. Pourtant, le 17 f&#233;vrier &#224; Marseille, les exposants du Salon piscine et jardin affichent un air f&#233;brile. &#171; &lt;i&gt;L'an dernier, on &#233;tait deux fois plus nombreux&lt;/i&gt; &#187;, confie Adrien, commercial chez Piscine plage&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;regrettant que certaines entreprises mettent la cl&#233; sous la porte. Dommage. Moi qui pensais &lt;i&gt;Bal des Sir&#232;nes&lt;/i&gt; en venant ici, j'observe un univers exclusivement masculin o&#249; il n'y a, en effet, pas foule. Serait-ce la fin de la &lt;i&gt;pool party&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Encore mieux que Le Bal des Sir&#232;nes de George Sidney (1944), voir et revoir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les ventes ont baiss&#233; &lt;/i&gt; &#187;, avoue un type de chez Diffazur. Alors qu'il &#233;voque l'inflation la larme &#224; l'&#339;il, des cascades d&#233;ferlent autour de villas luxueuses sur des &#233;crans dans son dos. &#171; &lt;i&gt;En s'attaquant aux piscines, on croit faire la guerre aux riches, alors que certaines co&#251;tent seulement 15 000 euros&lt;/i&gt; &#187;, s'insurge un repr&#233;sentant de Desjoyaux, exc&#233;d&#233; par mon emploi du mot &lt;i&gt;&#171; ind&#233;cence &#187;&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous avez un lave-vaisselle ?&lt;/i&gt; &#187; m'interroge-t-il. Comme je r&#233;ponds par la n&#233;gative, il encha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt;Bon ben pour les gens qui en ont un, sachez que leur consommation d'eau &#224; l'ann&#233;e est &#233;quivalente.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que l'&#233;t&#233; dernier, une pol&#233;mique a surgi tel un geyser. De&lt;i&gt; Reporterre&lt;/i&gt; &#224; BFMTV, partout, on s'est demand&#233; : est-ce que nager dans son jardin, c'est &#233;colo ? La r&#233;ponse est non. Et miracle, les politiques ont l'air de suivre. Depuis le 1er avril 2019, un d&#233;cret de loi interdit le remplissage de piscines priv&#233;es en cas de s&#233;cheresse. Et certaines communes du Var ont fait le grand saut (&lt;i&gt;plouf !&lt;/i&gt;) : des arr&#234;t&#233;s pr&#233;fectoraux interdisent la construction de nouveaux bassins (&lt;i&gt;a&#239;e !&lt;/i&gt;). En cons&#233;quence, les piscinistes int&#232;grent &#224; leur discours des arguments choc pour &lt;i&gt;greenwasher&lt;/i&gt; leur commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Philippe, patron de l'entreprise LEA composites, m'arrose pendant pr&#232;s de trois quarts d'heure d'un d&#233;bit de parole si rapide que mon cerveau est comme une turbine prise dans un torrent.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt;La piscine est le seul &#233;quipement &#233;tanche de la maison ! Son eau est enti&#232;rement recycl&#233;e ! Creus&#233;e, elle est bien plus &#233;conome que hors sol ! Nous ne sommes pas vertueux, soit, mais alors que fait-on des stations de ski ?&lt;/i&gt; &#187; Philippe a &lt;i&gt;&#171; conscience du r&#233;chauffement climatique &#187; &lt;/i&gt;et a surtout r&#233;ponse &#224; tout. Il encha&#238;ne les propositions : &lt;i&gt;&#171; On devrait taxer l'eau au-del&#224; d'un certain volume utilis&#233; ! Il faudrait remplacer le b&#233;ton &lt;/i&gt;[qui fuit]&lt;i&gt; par des coques polyester &lt;/i&gt;[qu'il vend]&lt;i&gt; ! &#187; &lt;/i&gt;Comme il se dit &#171; &lt;i&gt;militant pour une transition douce&lt;/i&gt; &#187;, je demande : &lt;i&gt;&#171; Vous &#234;tes &#233;colo Philippe ? &#8211; Plut&#244;t centre droit.&lt;/i&gt; &#187; Sans dec ! J'insiste : &#171; &lt;i&gt;&#199;a serait pas chouette, Philippe, un monde &#233;quip&#233; exclusivement de piscines municipales ? &#8211; L'homme a des besoins qu'il doit satisfaire. &#202;tre les pieds dans l'eau, dans son jardin, entour&#233; de ses enfants et avec un verre de martini &#224; la main pour madame, c'est un plaisir diff&#233;rent de celui de la piscine tournesol.&lt;/i&gt; &#187; Ha... Philippe ! Tu vends du r&#234;ve, mais c'est la goutte (r&#233;ac) de trop.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Pauline Laplace&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon une &#233;tude men&#233;e par le cabinet Decryptis pour la F&#233;d&#233;ration des professionnels de la piscine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Encore mieux que &lt;i&gt;Le Bal des Sir&#232;nes&lt;/i&gt; de George Sidney (1944), voir et revoir &lt;i&gt;The Party&lt;/i&gt; de Blake Edwards (1969), excellent film de f&#234;te et de piscine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des cailloux plein les poches</title>
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		<dc:date>2024-01-18T14:39:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Laplace</dc:creator>


		<dc:subject>Dans mon salon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un salon. Dans ce quatri&#232;me &#233;pisode, balade du dimanche au salon des min&#233;raux et fossiles. Est-ce que c'est parce qu'ils sont pr&#232;s du sol que les enfants aiment les cailloux ? Ils sont nombreux, galopant sur le lino des all&#233;es du salon des min&#233;raux et fossiles. L'un d'eux observe un bout de d&#233;fense de Mammouth avec fascination. Alors que sa m&#232;re l'embarque &#224; la recherche de dents de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no226-janvier-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;226 (janvier 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dans-mon-salon" rel="tag"&gt;Dans mon salon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH85/hunter_3_-b2d96.png?1768976723' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un salon. Dans ce quatri&#232;me &#233;pisode, balade du dimanche au salon des min&#233;raux et fossiles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5428 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/hunter_3_.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH282/hunter_3_-003f8.png?1768976723' width='500' height='282' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;st-ce que c'est parce qu'ils sont pr&#232;s du sol que les enfants aiment les cailloux ? Ils sont nombreux, galopant sur le lino des all&#233;es du salon des min&#233;raux et fossiles&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 47e Salon des Min&#233;raux, Fossiles, Gemmes et Bijoux de Marseille se tenait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. L'un d'eux observe un bout de d&#233;fense de Mammouth avec fascination. Alors que sa m&#232;re l'embarque &#224; la recherche de dents de spinosaures, je demande &#224; Maurizio ce qui l'a amen&#233; &#224; r&#233;unir cette collection. Derri&#232;re son stand aux mille tr&#233;sors, il &#233;voque d'une voix enthousiaste sa &#171; &lt;i&gt;passion d'enfance&lt;/i&gt; &#187; pour les grandes b&#234;tes qui vivaient sur terre avant l'arriv&#233;e des hommes. L'enfance et l'&#232;re glaciaire : des &#233;poques r&#233;volues, des mondes disparus. On ne s'en remet pas, Maurizio, comme je te comprends.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacqueline, retrait&#233;e, se tient &#224; une b&#233;quille devant un bout de m&#233;t&#233;orite tomb&#233; en Arizona. &#171; &lt;i&gt;Avant j'&#233;tais terrienne, maintenant je suis c&#233;leste et je sens les ondes &lt;/i&gt; &#187;, confie-t-elle. Jacqueline d&#233;balle sa vie pas facile en quelques secondes. Orpheline, atteinte d'une maladie incurable qu'elle a refil&#233;e &#224; ses enfants, elle croit au pouvoir des pierres et vote Rassemblement national. Oups. Difficile pourtant d'en vouloir &#224; Jacqueline. Prise dans sa toile d'araign&#233;e, elle tisse des fils entre tout et rien pour s'accrocher aux branches. Alors elle peint des galets en bleu-blanc-rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raymonde, rencontr&#233;e un peu plus tard, me dit carr&#233;ment que les pierres lui parlent. Voyant mes yeux s'&#233;carquiller, elle se marre. Ouf, un peu de recul, &#231;a fait pas de mal. Me montrant un homme pench&#233; au-dessus d'une roche violette &#224; la forme in&#233;dite, elle se livre : &#171; &lt;i&gt;Mon mari est scientifique ; moi je suis un peu foldingue. On a pas le m&#234;me caract&#232;re, mais on se rejoint gr&#226;ce aux pierres &lt;/i&gt; &#187;. Tous deux ont un jeu : fermer les yeux, poser un caillou dans la main l'un de l'autre et se raconter ce qu'ils entendent. Pourquoi pas.
S'ils sont un peu barr&#233;s, les visiteurs du salon des min&#233;raux ne font de mal &#224; personne. Je les trouve m&#234;me assez touchants. C'est alors que je pose aux exposants la question qui f&#226;che : d'o&#249; viennent ces pierres ? J'apprends que l'extr&#234;me majorit&#233; d'entre eux se fournissent &#224; l'&#233;tranger : Pakistan, Maroc, Liban, Argentine&#8230; Certains poss&#232;dent leurs propres mines, comme ce type, nig&#233;rian, qui me montre une vid&#233;o de ses employ&#233;s. Coinc&#233;s dans une br&#232;che rocheuse &#224; l'autre bout du monde, ceux-ci s'&#233;puisent &#224; extraire de la fluorite &#224; coup de burins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Taraud&#233;e par l'envie de fuir le pays des cristaux, je tombe sur un bonhomme aux cheveux &#233;bouriff&#233;s, les yeux tout ronds derri&#232;re de grandes lunettes carr&#233;es. Alain est &#171; &lt;i&gt;artiste lapidaire&lt;/i&gt; &#187; (titre qui contraste avec la douceur qu'il d&#233;gage) et se fournit en se baladant le long de la Durance. Pas vraiment branch&#233; lithoth&#233;rapie&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;thode th&#233;rapeutique qui consiste &#224; soigner au moyen de cristaux.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, il se soigne autrement : &#171; &lt;i&gt;Quand on tranche une pierre, c'est toujours un plaisir de d&#233;couvrir ce qu'il y a &#224; l'int&#233;rieur &lt;/i&gt; &#187;. Des formes qui se r&#233;v&#232;lent &#224; lui, il fabrique des objets. Des bijoux, surtout. Pas trop chers. Avec patience. Comme un enfant, tout pr&#232;s du sol et la t&#234;te dans les &#233;toiles, Alain s'applique &#224; son travail, partant d'un geste simple : se promener, trouver de beaux cailloux et les mettre dans sa poche.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Pauline Laplace&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 47e Salon des Min&#233;raux, Fossiles, Gemmes et Bijoux de Marseille se tenait les 16 et 17 d&#233;cembre &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#233;thode th&#233;rapeutique qui consiste &#224; soigner au moyen de cristaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#202;tre chez soi partout</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Etre-chez-soi-partout</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Etre-chez-soi-partout</guid>
		<dc:date>2023-11-24T11:35:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Laplace</dc:creator>


		<dc:subject>Dans mon salon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un salon. Ce mois-ci, on circule entre v&#233;hicules de loisirs, r&#234;ves d'&#233;vasion et in&#233;galit&#233;s de classe. Devant le stand du magazine Van Life, deux vieux copains commentent des photos du mythique combi Volkswagen. Vont-ils en acheter un ? &#171; On n'a pas les moyens, on est l&#224; pour r&#234;ver &#187;, me r&#233;pond Roger. R&#234;ve. &#201;vasion. Libert&#233;. Ces mots courent sur toutes les l&#232;vres et panneaux publicitaires (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no224-novembre-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;224 (novembre 2023) &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dans-mon-salon" rel="tag"&gt;Dans mon salon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trottiner d'un stand &#224; l'autre, se glisser parmi les exposants, observer et prendre note, s'approprier un salon. Ce mois-ci, on circule entre v&#233;hicules de loisirs, r&#234;ves d'&#233;vasion et in&#233;galit&#233;s de classe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5359 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/hunter_2_.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH325/hunter_2_-0b153.png?1768776779' width='500' height='325' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par CQFD et Pixabay
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;evant le stand du magazine &lt;i&gt;Van Life&lt;/i&gt;, deux vieux copains commentent des photos du mythique combi Volkswagen. Vont-ils en acheter un ? &#171; &lt;i&gt;On n'a pas les moyens, on est l&#224; pour r&#234;ver&lt;/i&gt; &#187;, me r&#233;pond Roger. R&#234;ve. &#201;vasion. Libert&#233;. Ces mots courent sur toutes les l&#232;vres et panneaux publicitaires du Salon des v&#233;hicules de loisirs qui se tenait au parc expo de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, du 7 au 15 octobre. &#171; &lt;i&gt;&#192; 57 ans, j'ai fait le tour d'Europe en 6 mois&lt;/i&gt; &#187;, me raconte Laurence qui cherche dans ses voyages &#171; &lt;i&gt;un mode de vie simple&lt;/i&gt; &#187;. Son van lui a co&#251;t&#233; 60 000 euros. &#171; &lt;i&gt;C'est clair que la plupart des gens, ici, ont du pognon&lt;/i&gt; &#187;, rit-elle. Solution pour les autres, l'organisme de cr&#233;dit Loisirs Finance vend ses services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;Allez l&#224; o&#249; personne ne va&lt;/i&gt; &#187;, lit-on sur leurs brochures. Visitant des camping-cars flambant neufs, je croise un jeune couple s'inspirant des mod&#232;les expos&#233;s pour am&#233;nager leur camion &#224; peu de frais. Trouvent-ils des lieux o&#249; personne ne va ? &#171; &lt;i&gt;C'est rare, tous les spots sont r&#233;f&#233;renc&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, me r&#233;pond Flavie. &#171; &lt;i&gt;Certains sites sont satur&#233;s &#224; la haute saison, surtout depuis le Covid, on est en plein boom&lt;/i&gt; &#187;, m'explique Marie, assistante de direction chez Park4Night. L'appli met en lien 6 millions d'utilisateurs dans le monde &#224; la recherche d'un &#171; &lt;i&gt;coin sympa o&#249; passer la nuit&lt;/i&gt; &#187;. S&#233;curit&#233; ? Confort ? Nature ? La start-up garantit une aventure &#171; &lt;i&gt; responsable &lt;/i&gt; &#187; selon des crit&#232;res pr&#233;d&#233;finis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des caravanes, Christophe, retrait&#233; de La Poste, a les boules : &#171; &lt;i&gt;On est venus de Wimereux avec ma femme et mon fils pour visiter une B&#252;rstner qu'on veut acheter d'occasion, mais ils n'exposent que les mod&#232;les les plus chers.&lt;/i&gt; &#187; D'un signe du menton, il m'indique une sorte de bus noir et or, dont le coffre ouvert abrite une Porsche. Dans la file d'attente pour visiter le mastodonte, une ado s'emballe : &#171; &lt;i&gt;Avec 3 000 euros par an pendant 21 ans, on peut se le payer !&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'int&#233;rieur, son petit fr&#232;re s'affole : &#171; &lt;i&gt;Y a qu'un lit pour les grands, comment on va faire ? &#8212; T'inqui&#232;te, c'est pas pour nous&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond leur m&#232;re. &#171; &lt;i&gt;On appelle &#231;a un v&#233;hicule de croisi&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, me dit un type en costard alors que je descends les marches feutr&#233;es reliant les firmaments du luxe au sol en lino de la terre ferme. Cr&#226;neur, il me raconte sa derni&#232;re vente : &#171; &lt;i&gt;Un million cinq. C'&#233;tait un couple de trentenaires. Des bosseurs. Ce qu'ils cherchent ? Voyager en faisant du t&#233;l&#233;travail. Pourquoi ils vont pas &#224; l'h&#244;tel ? Parce qu'ils veulent &#234;tre chez eux partout.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Y a les riches et y a les pauvres&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume G&#233;raldine. Avec son mari, ils font partie d'un caravaning club dans l'Essonne. Chaque ann&#233;e, ils quittent les &#171; &lt;i&gt;quatre murs de leur HLM&lt;/i&gt; &#187; et s'installent huit mois sur un terrain de camping dans lequel leur caravane est plant&#233;e1. De l&#224;, ils ne bougent pas ! Et le r&#234;ve ? L'&#233;vasion ? La libert&#233; ? &#192; ces injonctions, G&#233;raldine r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s avoir trim&#233; toute ma vie et suite &#224; deux cancers, je voulais &#234;tre dans un carr&#233; de verdure, entour&#233;e de bons copains. Mon r&#234;ve, je l'ai.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Pauline Laplace&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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