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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>L'h&#233;licopt&#232;re, la cam&#233;ra thermique et les &#171; chasseurs de morilles &#187;</title>
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		<dc:creator>Jean-S&#233;bastien Mora</dc:creator>


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&lt;p&gt;Les campagnes et les espaces naturels n'ont pas &#233;chapp&#233; &#224; la surveillance qui a d&#233;ferl&#233; pendant le confinement. Cluster du coronavirus, Izaut-de-l'H&#244;tel a m&#234;me pris des allures de laboratoire r&#233;pressif. Dans ce village du pi&#233;mont pyr&#233;n&#233;en, au motif de l'injonction &#224; &#171; rester chez soi &#187;, les autorit&#233;s ont encore accentu&#233; la militarisation du maintien de l'ordre public. Du pas de leur porte, les voisins se cherchent du regard, interloqu&#233;s, presque t&#233;tanis&#233;s. Tout proche, un h&#233;licopt&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;188 (juin 2020)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les campagnes et les espaces naturels n'ont pas &#233;chapp&#233; &#224; la surveillance qui a d&#233;ferl&#233; pendant le confinement. Cluster du coronavirus, Izaut-de-l'H&#244;tel a m&#234;me pris des allures de laboratoire r&#233;pressif. Dans ce village du pi&#233;mont pyr&#233;n&#233;en, au motif de l'injonction &#224; &#171; rester chez soi &#187;, les autorit&#233;s ont encore accentu&#233; la militarisation du maintien de l'ordre public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3397 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-1582-d398a.jpg?1782829552' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du pas de leur porte, les voisins se cherchent du regard, interloqu&#233;s, presque t&#233;tanis&#233;s. Tout proche, un h&#233;licopt&#232;re militaire kaki surplombe, en vol stationnaire, les tuiles du toit de l'&#233;cole. Pendant ces quelques secondes qui semblent durer des heures, le ronflement sourd des palettes et du rotor envahit le village. Un bruit tellement brutal qu'il ne viendrait &#224; personne l'id&#233;e de sortir dans la rue. Puis soudain, sans que l'on comprenne pourquoi, l'engin de l'arm&#233;e se pr&#233;cipite vers le flanc bois&#233; d'une montagne baptis&#233;e le &#171; Pain de sucre &#187; pour sa forme rectangulaire. Il y reste vingt minutes, tel un frelon devant une ruche, alternant immobilit&#233; et acc&#233;l&#233;rations soudaines, avant de dispara&#238;tre vers l'ouest... jusqu'au lendemain. Le surlendemain, il reviendra encore. Le jour suivant aussi. Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la sc&#232;ne &#233;voque un imaginaire de guerre lointaine, nous sommes bien dans l'Hexagone, plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; Izaut-de-l'H&#244;tel, un petit bourg m&#233;di&#233;val du Pi&#233;mont pyr&#233;n&#233;en. Dans ce tr&#232;s rural sud du d&#233;partement de la Haute-Garonne, compl&#232;tement laiss&#233;-pour-compte par la prosp&#232;re m&#233;tropole toulousaine, certaines communes affichent un taux de pauvret&#233; largement sup&#233;rieur &#224; la moyenne nationale. &#192; l'&#233;vidence, pendant la crise sanitaire du Covid-19, l'&#201;tat est revenu en force &#224; Izaut-de-l'H&#244;tel. Malheureusement, ce n'&#233;tait pas l'&#201;tat-providence, mais bien l'&#201;tat policier et sa violence symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut pr&#233;ciser que, sans que l'on sache pourquoi, le village &#233;tait un cluster, c'est-&#224;-dire un foyer de contamination du coronavirus. Sur 300 habitants, une vingtaine d'Izautois ont &#233;t&#233; diagnostiqu&#233;s positifs &#8211; et encore, en l'absence de tests suffisants, tout le monde n'a pas &#233;t&#233; d&#233;pist&#233;. Au centre hospitalier de Saint-Gaudens, la sous-pr&#233;fecture du coin, les quelques patients sous respirateur &#233;taient presque tous d'Izaut (deux personnes &#226;g&#233;es ont h&#233;las succomb&#233; &#224; la maladie). De quoi alimenter la parano&#239;a des communes voisines, d&#233;j&#224; bien nourrie par BFM-TV et le comptage quotidien du nombre de d&#233;c&#232;s de J&#233;r&#244;me Salomon, le directeur g&#233;n&#233;ral de la Sant&#233;. De quoi, surtout, justifier un &#233;tat d'urgence sanitaire du type &#171; Nous sommes en guerre ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Traquer le &#171; petit libertaire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si un h&#233;licopt&#232;re militaire faisait du vol stationnaire quasi quotidiennement en journ&#233;e, des op&#233;rations se sont aussi d&#233;roul&#233;es en pleine nuit, comme le 23 avril sur les pentes du col de Larrieu : &#171; &lt;i&gt;L'engin &#233;tait tout proche. On ressentait le souffle des h&#233;lices, sans pourtant le distinguer avec l'obscurit&#233;,&lt;/i&gt; raconte Jordi, un b&#251;cheron quadrag&#233;naire. &lt;i&gt;C'&#233;tait tr&#232;s oppressant, les enfants se sont r&#233;veill&#233;s. Nous l'avons tous v&#233;cu comme une agression.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Izaut, des SUV de la gendarmerie nationale sillonnaient les rues devenues d&#233;sertes, mais aussi les petits chemins caillouteux. Un jour de la fin avril, une cinquantaine de gendarmes marchaient furtivement dans les massifs calcaires environnants &#8211; &#171; &lt;i&gt;une grande course d'orientation pr&#233;vue de longue date&lt;/i&gt; &#187;, nous a-t-on expliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les malchanceux qui ont ramass&#233; une amende de 135 &#8364; &#224; Izaut, il y a Thomas, int&#233;rimaire dans le b&#226;timent (et donc sans revenu &#224; cause du confinement). C'est en allant chercher des affaires dans sa voiture, &#224; trois m&#232;tres de sa porte d'entr&#233;e, qu'il a &#233;t&#233; surpris par les gendarmes sans sa fameuse &#171; attestation &#233;crite &#187;. Ubuesque. De fait, les Pyr&#233;n&#233;es d&#233;bordent de ces r&#233;cits de r&#233;pression subjective, infantilisante et improbable &#8211; sans pour autant atteindre l'intensit&#233; des violences polici&#232;res qu'ont subies les quartiers populaires urbains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici comme ailleurs, un gouffre s'est rapidement creus&#233; entre &#171; l'esprit de la loi &#187; &#8211; &#224; savoir limiter les contaminations du Covid-19 &#8211; et l'application concr&#232;te de ladite loi par les forces de l'ordre. Pour preuve, la traque des &#171; &lt;i&gt;chercheurs de morilles&lt;/i&gt; &#187; comme on l'a surnomm&#233;e en Ari&#232;ge. Sur toute la cha&#238;ne pyr&#233;n&#233;enne, des dizaines de gendarmes &#224; pied, en quad ou en VTT ont patrouill&#233; sur les sentiers &#224; la recherche de ces mycologues &#171; irresponsables &#187;. Pour justifier ce dispositif, les autorit&#233;s ont argu&#233; qu'il s'agissait d'&#233;viter que les accidents en montagne ne saturent les urgences hospitali&#232;res. Dans les faits, l'&#233;pid&#233;mie n'ayant que faiblement touch&#233; le Sud-Ouest, les centres hospitaliers &#233;taient en sous-r&#233;gime (moins d'accidents de travail ou sur la voie publique, moins de bless&#233;s des sports de contacts comme le rugby, moins d'amoch&#233;s des rixes de fin de soir&#233;e &#233;m&#233;ch&#233;e&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat, au motif de l'injonction g&#233;n&#233;rale &#224; &#171; rester chez soi &#187; non att&#233;nu&#233;e par la prise en compte en compte de crit&#232;res sanitaires locaux, un bon nombre de libert&#233;s fondamentales ont &#233;t&#233; inutilement pulv&#233;ris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de quoi &#233;mouvoir les gazettes locales : fid&#232;les servantes de l'ordre &#233;tabli, les &#171; pravdas &#187; de la r&#233;gion se sont &#233;merveill&#233;es de l'usage des drones et ont d&#233;fendu mordicus la pertinence des protocoles de surveillance. Le 15 mai, juste apr&#232;s le d&#233;confinement, le quotidien &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt; ironisait m&#234;me sur l'arrestation d'un &#171; &lt;i&gt;parfait petit libertaire&lt;/i&gt; &#187; qui sur Facebook &#171; &lt;i&gt;avait pris coutume de raconter jour apr&#232;s jour ses courses en montagne avec le lyrisme d'un militant anarchiste r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, des d&#233;lateurs se sont soudain r&#233;veill&#233;s, notamment celui que l'on surnomme ici le Marquis, un ancien l&#233;gionnaire grincheux tr&#232;s fier d'avoir pu d&#233;noncer &#171; &lt;i&gt;les po&#232;tes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt; Un laboratoire policier du coronavirus&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Situ&#233;es aux confins des territoires administr&#233;s, les Pyr&#233;n&#233;es ont longtemps constitu&#233; des espaces de libert&#233; et de r&#233;sistance, comme ce fut le cas sous l'occupation nazie. Cette fois-ci, &#171; &lt;i&gt;Izaut a fait office de laboratoire, une mani&#232;re pour nos dirigeants de tester &#224; la fois la docilit&#233; de la population et l'ob&#233;issance des forces de l'ordre&lt;/i&gt; &#187;, analyse Jordi, le b&#251;cheron. Selon les autorit&#233;s, les h&#233;licopt&#232;res qui ont survol&#233; le village &#233;taient munis d'une cam&#233;ra thermique, enregistrant les diff&#233;rents rayonnements infrarouges &#233;mis par les corps. Afin de d&#233;busquer &#224; tout prix les cueilleurs de champignons ? &#171; &lt;i&gt;Il s'agissait surtout de s'entra&#238;ner,&lt;/i&gt; pond&#232;re un gendarme.&lt;i&gt; On n'envoie pas le GIGN si l'on rep&#232;re une personne seule &#224; plus d'un kilom&#232;tre de chez elle.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che : le confinement a &#233;t&#233; l'occasion d'une militarisation suppl&#233;mentaire du maintien de l'ordre, d&#233;j&#224; bien d&#233;crite dans les quartiers populaires et lors des grandes mobilisations sociales. Il a l&#233;gitim&#233; des mesures de contr&#244;les incluant les autorisations de d&#233;placement et les barrages policiers, mais aussi le quadrillage du territoire montagnard et des op&#233;rations de grande ampleur en pleine nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Pays basque, au moment o&#249; ces lignes sont &#233;crites (fin mai), la fronti&#232;re entre l'Espagne et la France est toujours ferm&#233;e. Dessin&#233;e en 1659 par Louis XIV et son cousin Philippe IV d'Espagne, elle n'est bien souvent qu'un trait absurde, qui ne suit aucun relief logique ou divise des bassins de vie comme la vall&#233;e de la Bidassoa et le pays de Quint, isolant aussi le village de Zugarramurdi, c&#244;t&#233; espagnol. De fait, des dizaines de couples ou de proches parents restent encore s&#233;par&#233;s, parfois &#224; quelques centaines de m&#232;tres de distance. En pleine montagne, la fronti&#232;re reste f&#233;rocement gard&#233;e par l'arm&#233;e espagnole, comme &#224; l'&#233;poque du franquisme. &#171; &lt;i&gt;C'est compl&#232;tement absurde. Avec les troupeaux nous sommes oblig&#233;s de faire un d&#233;tour d'une heure pour rejoindre l'estive depuis notre cabane, &lt;/i&gt;t&#233;moigne Laurence, une berg&#232;re fromag&#232;re du pays de Quint.&lt;i&gt; Quel est le lien avec le Covid-19 ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois si&#232;cles et demi apr&#232;s le trait&#233; des Pyr&#233;n&#233;es, l'&#233;tat d'urgence sanitaire semble s'inscrire dans une m&#234;me logique d'assujettissement des individus &#224; l'ordre d'un lointain &#201;tat, au m&#233;pris des r&#233;alit&#233;s locales et des liens sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-S&#233;bastien Mora&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alger, ses bars et ses caf&#233;s</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Alger-ses-bars-et-ses-cafes</link>
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		<dc:date>2020-04-02T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


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&lt;p&gt;Dans le centre d'Alger, on trouve un grand nombre de bars et de caf&#233;s. Mais n'allez surtout pas confondre les premiers avec les derniers... Dans le centre d'Alger, on trouve un grand nombre de bars et de caf&#233;s. Mais n'allez pas confondre les premiers avec les derniers. Car cela vous exposerait &#224; quelques d&#233;convenues. Surtout si vous cherchez &#224; entretenir l'image d'un fils ou d'une fille de bonne famille. Consid&#233;rations de base pour &#233;ternels exil&#233;s et &#171; touristes r&#233;volutionnaires &#187;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le centre d'Alger, on trouve un grand nombre de bars et de caf&#233;s. Mais n'allez surtout pas confondre les premiers avec les derniers...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ans le centre d'Alger, on trouve un grand nombre de bars et de caf&#233;s. Mais n'allez pas confondre les premiers avec les derniers. Car cela vous exposerait &#224; quelques d&#233;convenues. Surtout si vous cherchez &#224; entretenir l'image d'un fils ou d'une fille de bonne famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Consid&#233;rations de base&lt;/strong&gt; pour &#233;ternels exil&#233;s et &#171; &lt;i&gt;touristes r&#233;volutionnaires&lt;/i&gt; &#187;, comme on nomme par ici les manifestants arriv&#233;s par voie a&#233;rienne : le bar est un endroit clos, toujours enfum&#233;, essentiellement masculin, o&#249; l'on sert de la bi&#232;re froide en bouteille ; le caf&#233; est un lieu ouvert, souvent enfum&#233;, parfois mixte, o&#249; l'on verse du lait chaud dans un verre. Mais l'int&#233;r&#234;t r&#233;side moins dans ce que l'on peut consommer dans ces espaces de sociabilit&#233; que dans ce que l'on y exp&#233;rimente en soci&#233;t&#233;. Les cinq sens toujours en &#233;veil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ceux qui, le doigt sur la sonnette&lt;/strong&gt;, franchissent la porte m&#233;tallique d'un &#233;tablissement sombre, partagent le sentiment de transgresser une norme, en p&#233;n&#233;trant dans une zone r&#233;serv&#233;e, &#224; l'abri du regard des badauds. &#192; l'int&#233;rieur, les murs exposent ici ou l&#224; des affiches publicitaires des produits mis en vente. Les slogans, tels que &#171; &lt;i&gt;la bi&#232;re de l'homme fort&lt;/i&gt; &#187;, ont de quoi faire bl&#234;mir les f&#233;ministes de toute ob&#233;dience qui s'aventureraient dans ces places fortes de la virilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ceux qui, les mains dans les poches&lt;/strong&gt;, s'approchent d'un comptoir illumin&#233; pour avaler un caf&#233; bien serr&#233; ou du th&#233; maison, ont de grandes chances d'appr&#233;cier au passage un mot d'esprit ou un trait d'humour propres aux vieux citadins. Tandis que les jeunes employ&#233;s s'acharnent sur des percolateurs hors d'&#226;ge, les simples citoyens engloutissent croissants et croquets, en s'abreuvant de Vichy ou de Martinazzi, termes g&#233;n&#233;riques d&#233;signant de l'eau gazeuse et une boisson am&#232;re de couleur rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On observe r&#233;guli&#232;rement un jeu&lt;/strong&gt; qui consiste &#224; feinter son groupe pour payer l'addition, en grand seigneur, m&#234;me quand les moyens viennent &#224; manquer. On apprend aussi &#224; esquiver la climatisation trop forte, &#224; reconna&#238;tre les amis, &#224; distinguer les flics en civil, &#224; &#233;viter de parler de n'importe quoi &#224; n'importe qui, &#224; s'&#233;pargner rumeurs ou th&#233;ories fumeuses, cons&#233;quences de l'endogamie et de la confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'apr&#232;s les textes en vigueur&lt;/strong&gt;, les d&#233;bits de boissons ne peuvent &#234;tre ouverts que par les titulaires d'une licence de moudjahidine, litt&#233;ralement &#171; combattants de la foi &#187;, &#224; savoir les combattants ou militants ind&#233;pendantistes du Front de lib&#233;ration nationale (FLN), ainsi que leurs ayants droit. Une client&#232;le du r&#233;gime. Une ordonnance de 1975 interdit &#224; ces lieux d'employer des femmes, &#171; &lt;i&gt;&#224; l'exception de l'&#233;pouse du d&#233;bitant&lt;/i&gt; &#187;. Un d&#233;cret de 1975 fixe la limite d'un d&#233;bit pour mille habitants. Tel est le legs de feu le pr&#233;sident Houari Boum&#233;di&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis f&#233;vrier&lt;/strong&gt;, les professionnels de la politique, sans oublier les permanents de la contestation, y compris de gauche, obs&#233;d&#233;s par le prisme &#233;lectoral et (l'impasse de) la repr&#233;sentation, s'&#233;puisent &#224; &#233;chafauder des sc&#233;narios destin&#233;s &#224; maintenir leur tutelle sur le peuple. L'essentiel &#233;tant d'&#233;viter les questions s&#233;rieuses comme la pr&#233;sence de dangereux conservateurs dans les breuvages, l'incorporation excessive de sucre dans le caf&#233; par les torr&#233;facteurs eux-m&#234;mes ou l'impossibilit&#233; de boire un jaune sur une terrasse de la ville, &#224; l'air libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se sont-ils inqui&#233;t&#233;s&lt;/strong&gt; de la prolif&#233;ration des capsules de caf&#233; qui multiplient le prix de la consommation par trois ou quatre, acc&#233;l&#233;rant davantage la s&#233;paration entre les d&#233;bits accessibles majoritairement fr&#233;quent&#233;s par les prol&#233;taires et les lieux pris&#233;s par les familles petites bourgeoises ? Quiconque pr&#233;tend chasser le syst&#232;me, son FLN et son personnel, sans toutefois vouloir remettre en cause l'ordre existant, ne m&#233;rite pas que l'on trinque en sa compagnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quant aux autres&lt;/strong&gt;, marcheurs du mardi (comme les &#233;tudiants) ou du vendredi, r&#233;fractaires du dimanche au samedi, ils sauront pr&#233;server ce qui doit encore l'&#234;tre et transformer tout le reste, en refaisant le monde &#224; l'image de leurs d&#233;sirs lib&#233;r&#233;s. Une boisson chaude ou fra&#238;che entre les doigts.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tourn&#233;es jeunesse</title>
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		<dc:date>2019-02-23T19:51:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Paris-Clavel</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; On croit qu'on est des poussi&#232;res dans l'univers, mais on n'est que des mecs au bistrot. &#187; Un anonyme, cit&#233; par Jean-Marie Gourio, dans ses Br&#232;ves de comptoir. *** ** * Y a les caf&#233;s o&#249; l'on s'arr&#234;te le matin, avec son papa et un illustr&#233;, histoire d'avaler une aventure de Spidey et deux tartines beurr&#233;es tremp&#233;es dans un grand chocolat cr&#233;meux avant de pointer &#224; l'&#233;cole faute de mieux. Y a les bistrots o&#249; l'on clape le midi, un sec-beurre, une bavette-frites, un croque-salade, un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grand-chocolat" rel="tag"&gt;grand chocolat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On croit qu'on est des poussi&#232;res dans l'univers, mais on n'est que des mecs au bistrot.&lt;/i&gt; &#187; Un anonyme, cit&#233; par Jean-Marie Gourio, dans ses &lt;i&gt;Br&#232;ves de comptoir&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH567/-1016-c575d.jpg?1782656571' width='400' height='567' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;**&lt;/div&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;*&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a les caf&#233;s o&#249; l'on s'arr&#234;te le matin&lt;/strong&gt;, avec son papa et un illustr&#233;, histoire d'avaler une aventure de &lt;i&gt;Spidey&lt;/i&gt; et deux tartines beurr&#233;es tremp&#233;es dans un grand chocolat cr&#233;meux avant de pointer &#224; l'&#233;cole faute de mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a les bistrots&lt;/strong&gt; o&#249; l'on clape le midi, un sec-beurre, une bavette-frites, un croque-salade, un couscous-merguez, en &#233;changeant des calembours avec le serveur moustachu qui zigzague entre les accros au PMU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a les troquets&lt;/strong&gt; o&#249; l'on se pose vite fait en terrasse devant un ballon de blanc et un cendar design pour absorber les derniers rayons d'un soleil blafard en contemplant la circulation sur le boulevard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a les bars-tabacs&lt;/strong&gt; o&#249; l'on entre juste le temps d'acheter un cancer de Virginie &#224; un sans-papiers de Mandchourie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a les rades&lt;/strong&gt; o&#249; l'on retrouve la ra&#239;a des aminches, encha&#238;nant les tourn&#233;es de bi&#232;re &#233;vent&#233;e devant des combos keupons d&#233;chain&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a les abreuvoirs&lt;/strong&gt; &#224; moiti&#233; clando &#8211; on sait pas trop &#8211; o&#249; la nuit s'&#233;coule en twistant sur les tables quitte &#224; renverser les verres, alternant alcools obscurs et embrouilles pas claires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et puis y a le p'tit estaminet matinal&lt;/strong&gt; o&#249; l'aurore se pointe sans pr&#233;venir, illuminant les gla&#231;ons du 51 au creux de la main&#8230; C'est &#231;ui-l&#224; mon pr&#233;f&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les potes&lt;/strong&gt; sont tous rentr&#233;s se pager depuis un bail. Les &#233;ventuelles ouvertures sentimentalo-sexuelles aussi. On se retrouve accoud&#233;s ou assis en compagnie de parfait(e)s inconnu(e)s issu(e)s de l'abreuvoir pr&#233;c&#233;dent, &#224; &#233;tablir des liens improbables entre des sujets de discussion l'&#233;tant tout autant. Les engueulades, fatigu&#233;es, laissent place &#224; des assauts de g&#233;n&#233;rosit&#233; dans le payage de tourn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On n'est certes pas toujours d'accord&lt;/strong&gt; sur la situation mondiale, mais les vannes remplacent provisoirement les mandales. Le pastis a la couleur du soleil levant. Par magie matinale, son niveau ne semble jamais baisser et, dehors, les passants allant bosser ont parfois m&#234;me une clope &#224; d&#233;panner. Les flics, eux, n'ont pas encore l'oeil suspicieux aux aguets, &#231;a sent la rel&#232;ve r&#233;cente. On peut chanter &lt;i&gt;Cayenne&lt;/i&gt; peinard en bouffant la moiti&#233; des paroles et envahir le trottoir, prolongeant la terrasse en posant un cul sur les bagnoles stationn&#233;es &#224; cet effet. Le juke-box &#233;lectronique, lui, diffuse le r&#233;pertoire nostalgique des vagabonds du ra&#239;. Quelqu'un y d&#233;niche forc&#233;ment un vieux tube rock alternatif des ann&#233;es 80. &#199;a tombe au poil, &#224; cette heure le carrelage glisse bien. Impec' pour quelques pas de danse, voire un dernier gadin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'attente du premier m&#233;tro&lt;/strong&gt;, pr&#233;texte au dernier bistrot, n'est plus d'actualit&#233;. Pas plus que le rendez-vous de 9h30 avec le conseiller P&#244;le emploi de sa banlieue vachement trop loin. En fait, plus rien n'a d'importance si ce n'est la jouissance d'un pr&#233;sent ensoleill&#233; d&#233;valant le gosier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sauf pour le type d'&#224; c&#244;t&#233;&lt;/strong&gt; qui envoie SMS sur SMS &#224; la gonzesse qui l'a quitt&#233; l'an dernier, ne lui laissant qu'un d&#233;sir frustr&#233; et un chien mit&#233;. Il t'a tout racont&#233; quand il arrivait encore &#224; parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais&lt;/strong&gt; au fur et &#224; mesure que les bruits reprennent possession des rues, dans l'estaminet &#233;triqu&#233; comme dans l'&#339;il du cyclone, la bouche emp&#226;t&#233;e, tout le monde se tait. On est &#224; l'aise, tranquilles, hors du temps. Une bulle de mousses partag&#233;es. Un &#233;tat de gr&#226;ce o&#249;, tel le nouveau-n&#233;, nul autre souci que de t&#233;ter. Envol&#233;es &#233;ch&#233;ances, astreintes et responsabilit&#233;s. Plus personne n'a pied dans la banale r&#233;alit&#233;, mais seul le p'tit jaune craint de se noyer. Car si la raison patauge dans le coton, le c&#339;ur d&#233;borde et refait le monde sans pudeurs hypocrites, l'imagination au comptoir ! Et si y a plus de pastis, va pour un Ricard ! On s'en fout, et c'est bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelque part&lt;/strong&gt;, on sait que, plus tard, on ne se souviendra de rien. Pour l'heure, avec un peu de chance, le patron finira enfin par mettre sa tourn&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Daniel &#171; Ch&#233;ri-Bibi &#187; Paris-Clavel&lt;/strong&gt; (&lt;a href=&#034;https://www.cheribibi.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.cheribibi.net&lt;/a&gt;)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Les socialistes tiennent ce qu'ils promettent. &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-socialistes-tiennent-ce-qu-ils</link>
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		<dc:date>2018-04-04T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Fontenelle</dc:creator>


		<dc:subject>Rage dedans</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>noforum</dc:subject>
		<dc:subject>Juste</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;curit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>l'on</dc:subject>
		<dc:subject>Nom</dc:subject>
		<dc:subject>vieux bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>grande virulence</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;lection pr&#233;sidentielle</dc:subject>
		<dc:subject>paru juste</dc:subject>
		<dc:subject>capitalisme sauvage</dc:subject>
		<dc:subject>fustigeaient</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis retomb&#233; sur un vieux bouquin, paru juste avant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1981, et dont les auteurs, biberonn&#233;s au crypto-gauchisme, fustigeaient, avec une grande virulence, &#171; l'&#201;tat-Giscard &#187;. L'on y trouve, notamment, dans un chapitre d&#233;di&#233; &#224; la vitup&#233;ration d'une &#171; justice asservie &#187; aux &#171; int&#233;r&#234;ts personnels &#187; et &#171; partisans &#187; de la droite r&#233;gnante, ce rude &#8211; mais juste &#8211; constat : &#171; Les &#8220;op&#233;rations coup de poing&#8221; [&#8230;], les expulsions ill&#233;gales de travailleurs &#233;trangers, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no141-mars-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;141 (mars 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/noforum" rel="tag"&gt;noforum&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Juste" rel="tag"&gt;Juste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Securite" rel="tag"&gt;S&#233;curit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-on" rel="tag"&gt;l'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nom" rel="tag"&gt;Nom&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vieux-bouquin" rel="tag"&gt;vieux bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grande-virulence" rel="tag"&gt;grande virulence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-election-presidentielle" rel="tag"&gt;l'&#233;lection pr&#233;sidentielle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/paru-juste" rel="tag"&gt;paru juste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/capitalisme-sauvage" rel="tag"&gt;capitalisme sauvage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fustigeaient" rel="tag"&gt;fustigeaient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis retomb&#233; sur un vieux bouquin, paru juste avant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1981&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Agression. L'&#201;tat-Giscard contre le secteur public, Paris, Club socialiste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, et dont les auteurs, biberonn&#233;s au crypto-gauchisme, fustigeaient, avec une grande virulence, &#171; &lt;i&gt;l'&#201;tat-Giscard&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on y trouve, notamment, dans un chapitre d&#233;di&#233; &#224; la vitup&#233;ration d'une &#171; &lt;i&gt;justice asservie&lt;/i&gt; &#187; aux &#171; &lt;i&gt;int&#233;r&#234;ts personnels&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;partisans&lt;/i&gt; &#187; de la droite r&#233;gnante, ce rude &#8211; mais juste &#8211; constat : &#171; &lt;i&gt;Les &#8220;op&#233;rations coup de poing&#8221;&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;les expulsions ill&#233;gales de travailleurs &#233;trangers, les interventions&lt;/i&gt; [polici&#232;res] &lt;i&gt;violentes&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;les assignations &#224; r&#233;sidence de r&#233;fugi&#233;s politiques se font toutes au nom de la s&#233;curit&#233;.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Au nom de la s&#233;curit&#233;, c'est-&#224;-dire au nom de l'ins&#233;curit&#233;, du subjectif, de l'irrationnel, au nom de la s&#233;curit&#233; des citoyens, c'est la s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat que l'on cherche &#224; assurer. De l'une, on passe insensiblement &#224; l'autre : le glissement est ais&#233; ; le d&#233;tournement de l'arsenal juridico-policier aussi.&lt;/i&gt; &#187; Cet ouvrage a &#233;t&#233; publi&#233;, en son temps &#8211; l'avais-tu devin&#233; ? &#8211;, par le Parti socialiste (PS), qui proclamait, dans sa pr&#233;face (r&#233;dig&#233;e par l'excellent M. Mitterrand), son intention d'&#171; &lt;i&gt;emprunter&lt;/i&gt; &#187; quant &#224; lui, lorsqu'il serait mis au pouvoir et pour en finir avec la confiscation de la d&#233;mocratie par &#171; &lt;i&gt;le capitalisme sauvage&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;l'individualisme bourgeois&lt;/i&gt; &#187;, de suivre un &#171; &lt;i&gt;autre cours &#8211; celui de l'autogestion&lt;/i&gt; &#187;, et d'&#171; &lt;i&gt;&#233;difier&lt;/i&gt; &#187; un &#171; &lt;i&gt;&#201;tat&lt;/i&gt; &#187; qui permettrait &#171; &lt;i&gt;&#224; des hommes et &#224; des femmes responsables, l&#224; o&#249; ils vivent et travaillent, toute forme de centralisme cass&#233;e, de d&#233;cider ce qui leur semblera bon pour eux et la collectivit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Trente-cinq ans plus tard, des socialistes &#8211; MM. Hollande et Valls - sont aux affaires. Totalement soumis au capitalisme sauvage, vautr&#233;s dans un centralisme que plus rien ou presque ne diff&#233;rencie du caporalisme, ils se sont &#233;galement &#8211; et fort logiquement &#8211; convertis au tout-s&#233;curitaire, dont ils appliquent les recettes, sous le si serviable couvert de la pr&#233;vention du terrorisme, avec bien plus de brutalit&#233; encore que leur parti n'en d&#233;non&#231;ait dans les pratiques de leurs lointains devanciers giscardiens, puisque d&#233;sormais, et pour ne citer que cet exemple, les assignations &#224; r&#233;sidence ciblent, au nom toujours de &#171; &lt;i&gt;la s&#233;curit&#233; des Fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;, des militant(e)s dont les engagements, environnementaux par exemple, sont jug&#233;s dangereux, cependant que les op&#233;rations coups de poing et autres interventions polici&#232;res violentes font d&#233;sormais le quotidien de citoyen(ne)s assign&#233;(e)s, pour leur part, &#224; leur seule identit&#233; religieuse &#8211; et musulmane, en l'occurrence. Ce que voyant, l'on pourra, aussi, se replonger dans la contemplation de certaines affiches, point si anciennes, du m&#234;me PS &#8211; comme celle qui proclamait, il y a quelques ann&#233;es, que : &#171; &lt;i&gt;Les socialistes tiennent ce qu'ils promettent. Ils ne promettent que ce qu'ils peuvent tenir.&lt;/i&gt; &#187; Ou celle, proprement d&#233;licieuse, qui &#224; la veille d'un scrutin, exhortait les &#233;lecteurs &#224; cet engagement un peu fort : &#171; &lt;i&gt;Ne jouez pas avec les tricheurs. Abstenez-vous.&lt;/i&gt; &#187; Chiche ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Agression. L'&#201;tat-Giscard contre le secteur public&lt;/i&gt;, Paris, Club socialiste du livre, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Quand on veut noyer son chien&#8230;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Quand-on-veut-noyer-son-chien</link>
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		<dc:date>2015-05-08T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<dc:subject>centaines d'hommes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;700, 800 ou 900&#8200;morts en un seul naufrage. &#192; la louche. Quelques centaines d'hommes, de femmes, d'enfants ont sombr&#233; en silence, aux portes de l'Europe. Ils ne nous raconteront pas leurs histoires. Ici, on pr&#233;f&#232;re les cantonner dans le champ de la pure statistique, au mieux victimes, au pire d&#233;linquants. &#192; croire que l'on n'a pas envie de les &#233;couter. Ou que l'on pense d&#233;j&#224; tout savoir quant &#224; leur odyss&#233;e. La parole est aux experts et aux politiques, eux savent de quoi ils causent. &#171; Quand (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une_focus" rel="tag"&gt;une_focus&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centaines-d-hommes" rel="tag"&gt;centaines d'hommes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;700, 800 ou 900&#8200;morts en un seul naufrage. &#192; la louche. Quelques centaines d'hommes, de femmes, d'enfants ont sombr&#233; en silence, aux portes de l'Europe. Ils ne nous raconteront pas leurs histoires. Ici, on pr&#233;f&#232;re les cantonner dans le champ de la pure statistique, au mieux victimes, au pire d&#233;linquants. &#192; croire que l'on n'a pas envie de les &#233;couter. Ou que l'on pense d&#233;j&#224; tout savoir quant &#224; leur odyss&#233;e&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut toujours lire l'ouvrage de nos amis Mahmoud Traor&#233; et Bruno Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. La parole est aux experts et aux politiques, eux savent de quoi ils causent. &#171; &lt;i&gt;Quand quelqu'un se noie, on ne lui demande pas ses papiers&lt;/i&gt; &#187;, s'indignait Nathalie Kosciusko-Morizet. &#171; &lt;i&gt; Nous ne pouvons accepter que des centaines de personnes meurent en essayant de traverser la mer pour venir en Europe&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;tranglait le pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en, Donald Tusk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les larmes de crocodile s&#232;chent vite. &#171; &lt;i&gt;Parce qu'il faut savoir que ceux qui font les trafics, qui mettent des personnes sur des bateaux pourris, des vaisseaux qui sont faits pour dispara&#238;tre en mer&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;sont des terroristes&lt;/i&gt; &#187;, gronda Fran&#231;ois Hollande, toujours aussi matamore quand son regard se tourne vers l'Afrique. Il oublie que l'Occident est &#224; l'origine de nombreux d&#233;s&#233;quilibres alimentant cet exode. Il oublie que l'Europe aura besoin de vingt millions d'immigr&#233;s pour compenser une trop faible natalit&#233;. Il oublie que toute prohibition cr&#233;e la mafia qui s'enrichit en la contournant. La guerre aux migrants s'externalise le plus loin possible de nos c&#244;tes. L'Union europ&#233;enne envisage, &#224; l'instar de ce qui se pratique contre les pirates somaliens, la destruction&#8200;&#8211; par des drones ?&#8200;&#8211; des embarcations susceptibles d'&#234;tre utilis&#233;es par les trafiquants d'&#234;tres humains. On imagine les bavures : Oh, pardon, vous &#233;tiez de vrais p&#234;cheurs ! On sait que des gardes-c&#244;tes grecs ont d&#233;j&#224; sabord&#233; des bateaux bond&#233;s de r&#233;fugi&#233;s syriens. On se souvient de la guardia civil espagnole tirant des balles en caoutchouc sur des clandestins qui tentaient d'atteindre une plage de Ceuta &#224; la nage, le 6&#8200;f&#233;vrier 2014 : quinze noy&#233;s. Si l'op&#233;ration Mare Nostrum, lanc&#233;e apr&#232;s le drame de Lampedusa d'octobre 2013, co&#251;tait neuf millions d'euros par mois &#224; l'Italie et que l'op&#233;ration Triton, g&#233;r&#233;e par l'UE, n'en co&#251;te que trois, c'est parce que l'agence Frontex n'a pas vocation &#224; sauver des vies, mais &#224; surveiller et &#224; refouler, ainsi qu'&#224; sous-traiter son r&#244;le de Cerb&#232;re aux pays de d&#233;part. Ces transferts de comp&#233;tence sont responsables de la trag&#233;die du dimanche 19&#8200;avril 2015 et les pleurs officiels tentent de voiler cette sourde &#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1464 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/couv_traore_ldedantec_hd-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH745/couv_traore_ldedantec_hd-2-15ef4.jpg?1783407198' width='500' height='745' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A relire : Boat people : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Boat-people-Une-vigie-sur-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une vigie sur la M&#233;diterran&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On peut toujours lire l'ouvrage de nos amis Mahmoud Traor&#233; et Bruno Le Dantec, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-lignes.com/DEM-AK-XABAAR-PARTIR-ET-RACONTER.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dem ak xabaar, Partir et raconter&lt;/a&gt; &#8211; R&#233;cit d'un clandestin en route vers l'Europe&lt;/i&gt;, &#233;ditions Lignes, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Culture : La r&#233;volte mus&#233;ifi&#233;e</title>
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		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Culture-La-revolte-museifiee</guid>
		<dc:date>2014-11-20T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Atone Carter</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;De m&#234;me qu'ici les r&#233;volutions occupent volontiers certains rayons de librairie, de l'autre c&#244;t&#233; de la Manche, le Victoria and Albert Museum accueille une collection d'ustensiles &#224; la symbolique &#233;mancipatrice&#8230; Visite de &#173;l'exposition &#173;Disobedient Objects, mise en sc&#232;ne esth&#233;tique et polic&#233;e de quelques-unes de nos r&#233;bellions. Dans le hall monumental,&#8200;rien&#8200;ne laisse transpara&#238;tre le d&#233;fi qu'abritent&#8200;les couloirs du V&amp;A Museum. Coinc&#233;es entre des statues m&#226;les, des butins d'outre-mer et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no125-octobre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;125 (octobre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/objets" rel="tag"&gt;objets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-on" rel="tag"&gt;l'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une-exposition" rel="tag"&gt;d'une exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/hall-monumental" rel="tag"&gt;hall monumental&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/defi-qu-abritent" rel="tag"&gt;d&#233;fi qu'abritent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/laisse-transparaitre" rel="tag"&gt;laisse transpara&#238;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Museum" rel="tag"&gt;Museum&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/objets-desobeissants" rel="tag"&gt;objets d&#233;sob&#233;issants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/laisse" rel="tag"&gt;laisse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De m&#234;me qu'ici les r&#233;volutions occupent volontiers certains rayons de librairie, de l'autre c&#244;t&#233; de la Manche, le Victoria and Albert Museum accueille une collection d'ustensiles &#224; la symbolique &#233;mancipatrice&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exposition jusqu'au 1er f&#233;vrier 2015, entr&#233;e libre.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&#8230; Visite de &#173;l'exposition &#173;Disobedient Objects, mise en sc&#232;ne esth&#233;tique et polic&#233;e de quelques-unes de nos r&#233;bellions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le hall monumental,&#8200;rien&#8200;ne laisse transpara&#238;tre le d&#233;fi qu'abritent&#8200;les couloirs du V&amp;A Museum. Coinc&#233;es entre des statues m&#226;les, des butins d'outre-mer et une collection de robes de mari&#233;es, la petite salle d&#233;di&#233;e aux objets d&#233;sob&#233;issants offre une barricade s&#233;rigraphi&#233;e en guise d'entr&#233;e en mati&#232;re. Derri&#232;re, un enchev&#234;trement &lt;i&gt;arty&lt;/i&gt; de pupitres en agglom&#233;r&#233; et plexiglas &lt;i&gt;cheap&lt;/i&gt; accueille un bric-&#224;-brac dont la coh&#233;rence r&#233;side dans l'usage subversif de ces pin's de &#173;Solidarnosc, de cette application insolente pour Smartphone ou de ce lance-pierre palestinien. Tous ces objets tentent d'illustrer une certaine id&#233;e de la d&#233;sob&#233;issance. L'objectif des commissaires est de leur rendre un hommage qui leur aurait &#233;t&#233; refus&#233;, en c&#233;l&#233;brant leur r&#244;le majeur dans des processus de revendication, tout en y accolant un sens esth&#233;tique qui leur faisait a priori d&#233;faut au d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1237 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH640/p13-gybesrfnrkep-1cd97.jpg?1782652422' width='400' height='640' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les objets ici rassembl&#233;s proviennent de tous les recoins de la plan&#232;te. On croise des petites poup&#233;es zapatistes, des arpilleras&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Petites tapisseries brod&#233;es d&#233;non&#231;ant la dictature.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; du Chili de Pinochet, des masques &#224; gaz artisanaux turcs&#8230; En &#224; peine cinquante m&#232;tres, on fait en quelque sorte un tour du monde de la r&#233;volte depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1970. Nombre de ces objets sont le fruit de d&#233;tournements d'un premier usage plus prosa&#239;que, et donnent &#224; l'ensemble un c&#244;t&#233; joyeusement foutraque de cabinet des curiosit&#233;s insoumises. Il se pourrait m&#234;me que l'on se laisse prendre au tableau surr&#233;aliste des pav&#233;s gonflables rebondissant sur les Mossos d'Esquadra (flics catalans) lors de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 2012&#8230; Cependant, si l'on sourit de certaines audaces, un l&#233;ger malaise s'installe quand une fronde &lt;i&gt;made in&lt;/i&gt; Palestine, p&#233;riode premi&#232;re Intifada, c&#244;toie le &lt;i&gt;bike sound-system&lt;/i&gt; d'un camp climat, et ce sans aucune transition. La forme m&#234;me d'une exposition &#171; artistique &#187; implique sans doute que l'on ne s'embarrasse pas de contextualisation. Le r&#233;sultat imm&#233;diat est de mettre sur un m&#234;me plan la r&#233;sistance palestinienne et les &#233;pisodiques r&#233;voltes de la jeunesse occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oubli, semble-t-il volontaire, de certains objets questionne &#233;galement : pas une allusion au cocktail Molotov, r&#233;current marqueur de l'intensit&#233; d'une r&#233;bellion. Et lorsque le ph&#233;nom&#232;ne du squat est &#233;voqu&#233;, on pr&#233;f&#232;re se r&#233;f&#233;rer &#224; un antique Squatter Handbook, ou &#224; l'expulsion d'un squat n&#233;erlandais, sans que la situation locale du logement et la criminalisation du squat au Royaume-Uni ne soient &#233;voqu&#233;es un seul instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition laisse ainsi la part belle aux qualit&#233;s esth&#233;tiques, comme il est d'usage dans ce genre d'endroit, laissant de c&#244;t&#233; les objets sulfureux, ou trop ancr&#233;s dans une r&#233;alit&#233; qui s'arr&#234;te aux portes du mus&#233;e. Les visiteurs appr&#233;hendent une certaine id&#233;e de la r&#233;volte, parcourant les all&#233;es comme dans n'importe quel mus&#233;e en s'effor&#231;ant de ne laisser para&#238;tre de la r&#233;bellion que des cendres froides et inoffensives. Mais que reste-il de la revendication et de ces processus de cr&#233;ation quand les banni&#232;res sont surveill&#233;es par des vigiles, ou que l'on fabrique des &lt;i&gt;book blocs&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Boucliers en forme de couverture de livres, utilis&#233; lors de manifestations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; pour les besoins d'une exposition ? Quand rien, ou si peu, ne fait &#233;cho &#224; l'actualit&#233; des luttes sociales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vendredis soirs, l'exposition se pare de br&#232;ves performances afin de rendre compte de la vivacit&#233; des dissidences, &#224; un jet de pav&#233; du palais royal. L'occasion pour quelques activistes, comme on les nomme, d'investir &#224; leur tour cet espace : apr&#232;s s'&#234;tre d&#233;hanch&#233; sur les lourdes basses de Dissident Island, on a pu s'adonner &#224; quelque activit&#233; r&#233;volutionnaire d'avant-garde, comme &#233;couter les digressions de penseurs de renom alors qu'ils se font masser ou couper les cheveux. &#201;trange spectacle &#224; l'ombre des &#233;ph&#232;bes de marbre&#8230; Un peu plus loin, une table solitaire fait &#233;cho aux &#233;meutes de 2012 qui avaient embras&#233; Londres, pr&#233;sentant les marchandises vol&#233;es par des manifestants. Une bouteille d'eau, deux chaussures d&#233;pareill&#233;es, un cubi de vin, objets auxquels sont accol&#233;es les dur&#233;es impressionnantes d'embastillement des pillards arr&#234;t&#233;s. Sans une ligne sur les raisons d'une telle fronde, ou sur la r&#233;ponse autoritaire qui y fut apport&#233;e&#8230; &#192; la fin de l'exposition, un carr&#233; dessin&#233; au mur invite &#224; y apposer les stickers contestataires qui trouveront peut-&#234;tre leur place dans la rue demain. Des mains peu ob&#233;issantes s'attachent &#224; aur&#233;oler ce carr&#233; d'autocollants mal plac&#233;s, hors-cadre&#8230; Tout n'est peut-&#234;tre pas perdu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.vam.ac.uk/content/exhibitions/disobedient-objects/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Exposition&lt;/a&gt; jusqu'au 1er f&#233;vrier 2015, entr&#233;e libre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Petites tapisseries brod&#233;es d&#233;non&#231;ant la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Boucliers en forme de couverture de livres, utilis&#233; lors de manifestations &#233;tudiantes londoniennes de 2010 et recr&#233;&#233;s pour les besoins de l'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Un cri de naissance, un cri d'agonie et un cri de rage &#187;</title>
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		<dc:date>2013-12-23T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>Pierrick Starsky</dc:subject>
		<dc:subject>OVNI</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fin octobre, c'&#233;tait No&#235;l avant l'heure. Faisant claquer sa mandibule endiabl&#233;e, la revue AAARG ! d&#233;boulait sur les &#233;tals des libraires. Aux manettes du projet, Pierrick Starsky, sorti indemne de sa baignoire de spaghettis, a accept&#233; de raconter le d&#233;but de l'&#233;pop&#233;e. CQFD : Comment tu d&#233;finirais cet OVNI litt&#233;raire ? Pierrick Starsky : Je n'ai jamais trop su &#234;tre laconique&#8230; Mais si l'on doit donner dans le mot clef : AAARG ! est une revue bimestrielle de bandes dessin&#233;es et cultures (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no116-novembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;116 (novembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Page-dessinee" rel="tag"&gt;Page dessin&#233;e&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/culture-959" rel="tag"&gt;culture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bande-dessinee" rel="tag"&gt;bande dessin&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/OVNI-litteraire" rel="tag"&gt;OVNI litt&#233;raire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/AAARG" rel="tag"&gt;AAARG&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pierrick-Starsky" rel="tag"&gt;Pierrick Starsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/OVNI" rel="tag"&gt;OVNI&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fin octobre, c'&#233;tait No&#235;l avant l'heure. Faisant claquer sa mandibule endiabl&#233;e, la revue &lt;i&gt;AAARG !&lt;/i&gt; d&#233;boulait sur les &#233;tals des libraires. Aux manettes du projet, Pierrick Starsky, sorti indemne de sa baignoire de spaghettis, a accept&#233; de raconter le d&#233;but de l'&#233;pop&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Comment tu d&#233;finirais cet OVNI litt&#233;raire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_862 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH551/p12-aaarg-lois2-acaed.jpg?1782649388' width='400' height='551' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierrick Starsky&lt;/strong&gt; : Je n'ai jamais trop su &#234;tre laconique&#8230; Mais si l'on doit donner dans le mot clef : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.aaarg.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;AAARG !&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; est une revue bimestrielle de bandes dessin&#233;es et cultures populaires. Enfin, nous, on dit &#171; &lt;i&gt;culture &#224; la masse&lt;/i&gt; &#187;, vu qu'on horripilera les gardiens du temple, du bon go&#251;t, de la Culture majuscule, qui nous trouveront &#224; la masse, et qu'on aime l'id&#233;e de casser les murs ; &#224; la masse, toujours. Question menu, y en a pour tout le monde : de la bande dessin&#233;e, pour les trois quarts du bouzin, en r&#233;cits courts, semi-courts, mais aussi des nouvelles, des dossiers, des articles et des p'tites surprises. Et comme on aime casser les murs, on m&#233;lange les genres, du polar &#224; l'humour, en passant par l'intimiste, le fantastique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'ambition de la revue, son gros tirage, sa distribution fournie, on est compl&#232;tement ind&#233;pendants. Non pas qu'on soit kamikazes, mais moyennement adeptes du compromis, et pas adeptes du tout de la compromission. &#199;a nous semblait important d'&#234;tre libres dans notre ton et notre ligne &#233;ditoriale, d'autant que l'on cherche &#224; se d&#233;marquer des produits des groupes &#233;ditoriaux, qui &#339;uvrent souvent dans le tout-balis&#233; et le pr&#233;m&#226;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du coup, &lt;i&gt;AAARG !&lt;/i&gt;, projet iconoclaste ou continuateur d'une certaine tradition, si oui laquelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La tradition &#187;, &#231;a n'a jamais &#233;t&#233; un mot que je porte dans mon c&#339;ur. Mais bon, disons qu'on a lu, vu, &#233;cout&#233; et dig&#233;r&#233; beaucoup de choses diff&#233;rentes, que l'on pourrait inscrire dans la culture populaire, la culture bis, les contre-cultures, etc. Nos influences, donc, sont multiples, et on peut citer, en vrac, parmi nos lectures d'antan : &lt;i&gt;M&#233;tal hurlant&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Pilote&lt;/i&gt; (deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration), &lt;i&gt;Mad&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;RAW&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Hara Kiri&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Fluide glacial&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Psiko&lt;/i&gt;, mais aussi des canards plus r&#233;cents comme &lt;i&gt;Ferraille&lt;/i&gt; ou encore &lt;i&gt;Jade&lt;/i&gt;. Cependant, et d&#232;s le d&#233;part, on voulait faire quelque chose &#224; nous, qui corresponde &#224; tout ce que l'on a pu ing&#233;rer de bon depuis l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre tradition, si on en a une, est celle d'un boulot artisanal que l'on con&#231;oit pour rester dans les biblioth&#232;ques de nos lecteurs d'aujourd'hui, et &#234;tre lu demain par leurs gosses ; comme nous avons lu les canards de nos parents. Et on r&#233;agit &#224; celle, h&#233;g&#233;monique, de la culture sous vide &#224; consommer et &#224; jeter apr&#232;s utilisation, qui ne sert ni &#224; r&#233;fl&#233;chir, ni &#224; r&#233;agir, ni &#224; r&#234;ver. La tradition du &#171; produit-culturel &#187; vendu par des commerciaux qui sortent d'HEC et qui vendent du livre comme de la bagnole. On ne vend pas un produit. On vend un putain de livre, une revue, un canard et on l'a r&#234;v&#233; sans &#233;tude de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_864 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH241/aaarg-place1-2-6f482.jpg?1783108044' width='500' height='241' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pierre Place pour AAARG !
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Penser la maquette, trouver le pognon, d&#233;nicher les auteurs (et les payer !), choisir le diffuseur, qu'est-ce que tu peux nous dire du travail en amont qui a pr&#233;c&#233;d&#233; la sortie de ce premier num&#233;ro ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en a chi&#233; ! (rires) &#199;a fait deux ans qu'on bosse sur &lt;i&gt;AAARG !&lt;/i&gt;, et deux ans qu'on nous dit que nous allons nous planter, que nous sommes suicidaires, que nous sommes fous. On nous a dit mille fois, la main sur l'&#233;paule, et le regard triste, la bouche d&#233;form&#233;e par un sourire forc&#233; : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes courageux&#8230;&lt;/i&gt; &#187; comme si on nous disait adieu. Cingl&#233;s, &#224; la rigueur, vu la crise du livre et le marasme dans lequel se noie le monde de la bande dessin&#233;e depuis quelques ann&#233;es, je le con&#231;ois. Le courage, c'est aller au-del&#224; de sa peur. De quoi aurions-nous peur ? On suce d&#233;j&#224; des cailloux. Se planter ? La belle affaire. Le simple fait de brandir ce premier num&#233;ro est pour nous une victoire. On bosse sur trois num&#233;ros d'avance, on attaque d&#233;j&#224; le quatri&#232;me. Maintenant, il faut qu'il se vende, qu'on trouve notre lectorat. Le potentiel, la qualit&#233;, on a tout &#231;a. Mais tout peut arriver. Le plus dur, pour nous, est d'avoir de la visibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La vie sentimentale de Carmen &amp; Jorge&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Mingus Soledad&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Eternam&lt;/i&gt;, les planches propos&#233;es sont de v&#233;ritables bijoux, comment tu expliques ce foisonnement de la b&#233;d&#233; actuel ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des auteurs de talent, il y en a toujours eu. Je pense qu'on pourrait plus causer du probl&#232;me de la libert&#233; de ton, qui heureusement n'est pas inexistante, mais se r&#233;duit comme peau de chagrin. Il ne faut plus prendre de risques. L'avantage des formats courts et semi-courts est de permettre &#224; des auteurs de s'aventurer ailleurs que sur leurs plates-bandes habituelles, de tester de nouvelles choses, ou de radicaliser une envie. D'y aller &#224; fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La superbe illustration de couverture de Pierre Place met en sc&#232;ne un cow-boy &#224; la sauce mexicaine en train de faire rendre gorge &#224; un banquier en plein Wall Street. &lt;i&gt;AAARG !&lt;/i&gt; est-il le cri des masses ali&#233;n&#233;es et d&#233;pouill&#233;es par le grand capital ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;AAARG !&lt;/i&gt; est &#224; la fois un cri de naissance, un cri d'agonie et un cri de rage. C'est un &#171; triple A &#187; auto-octroy&#233;. C'est le hurlement que poussera le grand capital en s'effondrant sous la ferveur populaire. Ou le cri des banquiers &#224; qui on demandait un pr&#234;t pour lancer le projet. C'est une onomatop&#233;e qui nous colle &#224; la peau. C'est beaucoup de choses, en fait. Un peu aussi ce que tu dis. Et vive la r&#233;volution !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_863 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH576/p12-aaarg-witko-c183c.jpg?1782649388' width='400' height='576' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nikola Witko pour AAARG !
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Absence de pub (hormis pour quelques &#233;diteurs ind&#233;pendants) et de subvention politique, principales mamelles de la presse &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;AAARG !&lt;/i&gt; ne compte que sur ses lecteurs pour survivre. Ce lectorat justement, quel est-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;clames pr&#233;sentes dans la revue (et oui, &#171; r&#233;clames &#187;, encore de la mauvaise foi s&#233;mantique) sont des espaces de visibilit&#233; que l'on offre ou &#233;change (contre des livres) &#224; des &#233;diteurs que l'on aime. Mais effectivement, on compte sur les lecteurs pour survivre ou m&#234;me, soyons fous, pour vivre, tout simplement. Le lectorat, de ce que l'on en sait, est ultravari&#233;. Certains ont les moyens et s'abonnent pour deux ans ; on a m&#234;me deux abonnements &#224; vie. Puis il y a ceux qui ont du mal &#224; joindre les deux bouts qui s'abonnent via le pr&#233;l&#232;vement mensuel (4,90 euros), et beaucoup de curieux ou de lecteurs classiques qui nous ach&#232;tent en librairie. On a autant de femmes que d'hommes, et &#231;a nous ravit ! Merde aux &#233;diteurs qui raisonnent en lectorat masculin et cantonnent &#171; les filles &#187; &#224; la BD &lt;i&gt;girly&lt;/i&gt;. Qu'ils cr&#232;vent. En gros, notre lectorat, ce sont les gens. Les gens bien. Les gens comme nous, quoi. Miam.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dure &#224; avaler</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dure-a-avaler</link>
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		<dc:date>2013-02-22T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Queen Kong</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>pilules</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La chance de bien des jeunes femmes d'aujourd'hui, c'est d'avoir eu une m&#232;re f&#233;ministe. Elle les a emmen&#233;es d&#232;s leurs quinze ans chez un gyn&#233;cologue, qui leur a prescrit sans tarder la pilule avec un grand P. La pilule, c'est formidable, leur expliqua la blouse blanche en fron&#231;ant un sourcil concern&#233;, &#231;a n'&#233;vite pas que les b&#233;b&#233;s, mais aussi les cancers de l'ut&#233;rus et des ovaires, l'an&#233;mie, l'acn&#233;, les r&#232;gles douloureuses, et peut-&#234;tre m&#234;me les mauvaises notes et les tsunamis. Elles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH521/107-melodia-sury-eecf5.png?1782641397' width='400' height='521' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La chance de bien des jeunes femmes d'aujourd'hui, c'est d'avoir eu une m&#232;re f&#233;ministe. Elle les a emmen&#233;es d&#232;s leurs quinze ans chez un gyn&#233;cologue, qui leur a prescrit sans tarder la pilule avec un grand P.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pilule, c'est formidable, leur expliqua la blouse blanche en fron&#231;ant un sourcil concern&#233;, &#231;a n'&#233;vite pas que les b&#233;b&#233;s, mais aussi les cancers de l'ut&#233;rus et des ovaires, l'an&#233;mie, l'acn&#233;, les r&#232;gles douloureuses, et peut-&#234;tre m&#234;me les mauvaises notes et les tsunamis. Elles prirent alors bravement quelques kilos et l'habitude d'ing&#233;rer des hormones tous les jours &#224; la m&#234;me heure. Elles se gargaris&#232;rent de ma&#238;triser leur corps, de profiter d'une libert&#233; arrach&#233;e par leurs a&#238;n&#233;es et de le faire forc&#233;ment mieux qu'elles, puisque leurs pilules &#233;taient &#171; minidos&#233;es &#187; et de &#171; troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration &#187;, portant des noms aussi inoffensifs et pleins de promesses que Melodia ou Jasminelle. Las, une dizaine d'ann&#233;es plus tard, le temps sans doute de grandir et de constater qu'aucun tsunami n'avait &#233;t&#233; &#233;vit&#233;, bien des belles &#224; l'ut&#233;rus dormant se r&#233;veill&#232;rent comme d'un mauvais r&#234;ve. L'on se mit &#224; arr&#234;ter la pilule et &#224; en parler. L'on vit mycoses et autres ennuis gyn&#233;cologiques subitement cesser. L'on v&#233;cut enfin agr&#233;ablement ses r&#232;gles, &#171; vraies &#187; r&#232;gles qu'on sentait arriver comme on se sentait ovuler. Et surtout, l'on eut beaucoup plus envie de faire l'amour. Alors se r&#233;pandit le sentiment d'avoir &#233;t&#233; &#171; mise sous pilule &#187; comme on est mis sous tutelle, curatelle ou protection judiciaire&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette prise de conscience a &#233;t&#233; r&#233;cemment relay&#233;e, entre autres, par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'invoquerons pas de complot international contre la sexualit&#233; des femmes, ni ne nous attarderons sur la r&#233;cente mise au jour des effets n&#233;fastes des pilules les plus &#233;volu&#233;es sur le syst&#232;me cardio-vasculaire. Nous n'&#233;voquerons pas plus la menace que repr&#233;sente le st&#233;rilet (pourtant jusqu'&#224; vingt fois plus efficace que la pilule, selon une &#233;tude publi&#233;e en mai dernier par le &lt;i&gt;New England Journal of Medicine&lt;/i&gt;) pour les b&#233;n&#233;fices de l'industrie pharmaceutique, et encore moins la psychose g&#233;n&#233;ralis&#233;e quant &#224; la &#171; banalisation &#187; de l'avortement qu'il-faut-&#233;viter-&#224;-tout-prix. Sans doute &#233;tait-ce par simple &#233;tourderie que la blouse blanche au sourcil concern&#233; omit de pr&#233;ciser &#224; sa patiente adolescente qu'outre son &#233;quilibre corporel et ses cycles menstruels, son d&#233;sir se verrait lui aussi forc&#233;ment transform&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tout de m&#234;me curieux de constater qu'alors qu'on parvient &#8211; enfin &#8211; &#224; mettre au point une pilule contraceptive masculine, les effets secondaires qui continuent d'emp&#234;cher sa mise sur le march&#233; demeurent 1) la r&#233;duction de la taille des testicules et 2) le risque de baisse de libido&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard J&#233;gou, directeur de l'Institut de recherche sur la sant&#233;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; . Un effet secondaire aujourd'hui av&#233;r&#233; chez de tr&#232;s nombreuses femmes et qui n'a jamais emp&#234;ch&#233; personne de commercialiser, de prescrire et de pr&#233;senter la pilule f&#233;minine comme incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la chance de bien des jeunes femmes d'aujourd'hui, c'est qu'elles sont f&#233;ministes. Elles pourront toujours dire &#224; leurs filles d'envoyer leur partenaire chez un gyn&#233;cologue&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette prise de conscience a &#233;t&#233; r&#233;cemment relay&#233;e, entre autres, par &lt;a href=&#034;http://www.acontrario.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ga&#235;lle-Marie Zimmermann&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://martinwinckler.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Martin Winckler&lt;/a&gt; sur leurs sites respectifs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bernard J&#233;gou, directeur de l'Institut de recherche sur la sant&#233;, l'environnement et le travail, d&#233;clare ainsi en toute simplicit&#233; &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, le 20 ao&#251;t 2012, que la difficult&#233; avec la pilule contraceptive pour hommes est de ne pas alt&#233;rer leur libido &#8211; et qu'il s'agit l&#224; d'un enjeu &lt;i&gt;&#171; soci&#233;tal &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La montagne qui hurle</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-montagne-qui-hurle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-montagne-qui-hurle</guid>
		<dc:date>2013-01-25T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>l'on</dc:subject>
		<dc:subject>right</dc:subject>
		<dc:subject>roman</dc:subject>
		<dc:subject>Yucca Mountain</dc:subject>
		<dc:subject>Vegas</dc:subject>
		<dc:subject>D'Agata prend</dc:subject>
		<dc:subject>D'Agata</dc:subject>
		<dc:subject>John D'Agata</dc:subject>
		<dc:subject>Yucca</dc:subject>
		<dc:subject>Mountain</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On ne sait pas tr&#232;s bien, au d&#233;part, o&#249; l'on se trouve : roman, autobiographie, reportage ? Et moins encore vers o&#249; l'on va. On est &#224; Las Vegas en mai 2005, le jour du centi&#232;me anniversaire de sa fondation. Il y a la foule, la t&#233;l&#233;, des n&#233;ons qui clignotent et des d&#233;clarations enthousiastes. John D'Agata, prof d'&#233;criture, vient d'arriver pour aider sa m&#232;re &#224; emm&#233;nager. Il ignore tout, lui aussi, de ce qui deviendra le v&#233;ritable objet de son voyage : la d&#233;couverte incr&#233;dule d'un projet (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vegas" rel="tag"&gt;Vegas&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/D-Agata" rel="tag"&gt;D'Agata&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/John-D-Agata" rel="tag"&gt;John D'Agata&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yucca" rel="tag"&gt;Yucca&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mountain" rel="tag"&gt;Mountain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_517 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH662/106yuccamountain-4473e.png?1782638250' width='400' height='662' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas tr&#232;s bien, au d&#233;part, o&#249; l'on se trouve : roman, autobiographie, reportage ? Et moins encore vers o&#249; l'on va. On est &#224; Las Vegas en mai 2005, le jour du centi&#232;me anniversaire de sa fondation. Il y a la foule, la t&#233;l&#233;, des n&#233;ons qui clignotent et des d&#233;clarations enthousiastes. John D'Agata, prof d'&#233;criture, vient d'arriver pour aider sa m&#232;re &#224; emm&#233;nager. Il ignore tout, lui aussi, de ce qui deviendra le v&#233;ritable objet de son voyage : la d&#233;couverte incr&#233;dule d'un projet d'enfouissement des d&#233;chets nucl&#233;aires de tous les &#201;tats-Unis, &#224; Yucca Mountain, &#224; une centaine de kilom&#232;tres de Las Vegas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la fiction, &#231;a n'en est pas. Pas plus qu'Onkalo, ce long tunnel &#224; 500 m&#232;tres sous terre, que les Finlandais creusent &#224; 300 kilom&#232;tres d'Helsinki pour y stocker aussi des poubelles radioactives &#8211; Michael Madsen y avait consacr&#233; &lt;a href=&#034;http://www.intoeternitythemovie.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un documentaire&lt;/a&gt; en 2010. On trouve dans les deux &#339;uvres, le livre et le film, un traitement proche, au croisement du grand reportage et de l'imaginaire : on est &#224; ce moment pr&#233;cis o&#249; l'humanit&#233; se retrouve pi&#233;g&#233;e par ses propres rebuts devenus monstrueux, et elle ne sait pas y faire face autrement qu'en construisant de nouveaux monstres &#8211; ici une montagne, l&#224; une caverne, am&#233;nag&#233;es, high-tech, futurs sanctuaires de sarcophages dernier cri, cens&#233;ment inviolables. D'Agata prend les techniciens &#224; leur propre jeu : c'est fantastique, mais au fait, en quelle mati&#232;re fabriquer les fameux sarcophages, puisqu'on n'en a jamais test&#233;s sur une dur&#233;e de 10 000 ans ? Et la pancarte d'avertissement, qui devra rester lisible tout ce temps-l&#224;, dans quel langage, avec quels signes la r&#233;diger, o&#249; la placer ? Et les g&#233;ologues, que pensent-ils de l'imperm&#233;abilit&#233; de la montagne ? Combien de convois radioactifs passeront chaque mois en plein c&#339;ur de Vegas ? Et comment fera-t-on en cas d'accident sur une des voies rapides de la ville ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te s'entrem&#234;le avec un r&#233;cit du Las Vegas contemporain, de la vie comme elle va au d&#233;but du xxie si&#232;cle, de cette orgie d'enseignes, de chiffres, de listes, de lumi&#232;res, de grandes certitudes et de petits arrangements, qui visent tous &#224; nous emp&#234;cher de penser le non-sens o&#249; nous sommes. D'Agata prend certaines libert&#233;s avec les faits, il concasse, il synth&#233;tise, il t&#233;lescope, pour mieux dire ce non-sens, mais il prend soin de lister ces arrangements &#224; la fin du bouquin (BHL n'y avait pas pens&#233; !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la parution du livre, le site de Yucca Mountain a &#233;t&#233; retoqu&#233; &#8211; le site, mais pas le projet : il ne s'agit que de chercher un nouveau lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John D'Agata, &lt;a href=&#034;http://www.zones-sensibles.org/index.php?mod=auteurs&amp;a=04&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Yucca Mountain&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Zones sensibles, 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;dito du 99</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Edito-du-99</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Edito-du-99</guid>
		<dc:date>2012-04-14T07:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;dito</dc:subject>
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		<dc:subject>hommes</dc:subject>
		<dc:subject>Plaisir</dc:subject>
		<dc:subject>d'&#234;tre</dc:subject>
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		<dc:subject>plaisir d'&#234;tre</dc:subject>
		<dc:subject>femmes politiques</dc:subject>
		<dc:subject>s&#233;duire</dc:subject>
		<dc:subject>convoit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quel plaisir d'&#234;tre ainsi convoit&#233; par tous ces hommes et femmes politiques qui ne cessent de surench&#233;rir pour nous s&#233;duire. Habitu&#233;s &#224; &#234;tre oubli&#233;s ou m&#233;pris&#233;s, nous voil&#224;, pour quelques semaines, objets de toutes les minauderies et bouches en c&#339;ur, pendant que les pr&#233;tendants s'&#233;charpent pour passer ne serait-ce qu'une br&#232;ve nuit &#233;lectorale avec nous &#8211; fuck and run. Comment ne pas c&#233;der &#224; cette petite excitation ? Qu'elle se d&#233;cline dans les solennels d&#233;bats &#171; pour &#187; ou &#171; contre &#187; le geste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no99-avril-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;99 (avril 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/hommes" rel="tag"&gt;hommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plaisir" rel="tag"&gt;Plaisir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-etre" rel="tag"&gt;d'&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-on" rel="tag"&gt;l'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politiques" rel="tag"&gt;politiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plaisir-d-etre" rel="tag"&gt;plaisir d'&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes-politiques" rel="tag"&gt;femmes politiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/seduire" rel="tag"&gt;s&#233;duire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/convoite" rel="tag"&gt;convoit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quel plaisir d'&#234;tre ainsi convoit&#233; par tous ces hommes et femmes politiques qui ne cessent de surench&#233;rir pour nous s&#233;duire. Habitu&#233;s &#224; &#234;tre oubli&#233;s ou m&#233;pris&#233;s, nous voil&#224;, pour quelques semaines, objets de toutes les minauderies et bouches en c&#339;ur, pendant que les pr&#233;tendants s'&#233;charpent pour passer ne serait-ce qu'une br&#232;ve nuit &#233;lectorale avec nous &#8211; fuck and run. Comment ne pas c&#233;der &#224; cette petite excitation ? Qu'elle se d&#233;cline dans les solennels d&#233;bats &#171; pour &#187; ou &#171; contre &#187; le geste &#233;lectoral, ou dans la superficielle &#233;motion d'un instant, impossible d'&#233;chapper &#224; cette grande partie de bingo national. Qui sera la tronche de cake que l'on va se supporter pendant cinq ans ? Combien mesure-t-elle ? Qui l'imitera le mieux ? etc., sont s&#251;rement les quelques questions les plus fondamentales que sugg&#232;re cette kermesse. Finalement, que l'on fasse la fine bouche, que l'on prenne un petit air m&#233;prisant ou que l'on suive assid&#251;ment l'affaire, nous assistons &#224; un joli moment de divertissement sportif et populaire. L'arbitre &#8211; celui qui sera finalement &#233;lu &#8211;, pourra peut-&#234;tre am&#233;nager la r&#232;gle du jeu, mais il ne changera pas fondamentalement la taille du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant le jour o&#249; le public envahira enfin la pelouse&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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