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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Bosnie : &#171; Plus jamais &#231;a &#187; (bis repetita)</title>
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		<dc:creator>Laurent Perez</dc:creator>


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&lt;p&gt;Suite de notre excursion en Bosnie-Herz&#233;govine, o&#249; les nationalistes sont en roue libre. Face au spectre d'une nouvelle guerre, les grandes puissances occidentales, fid&#232;les &#224; elles-m&#234;mes, regardent ailleurs. C'est un bruit de fond, une sorte de rumeur, qui parcourt les r&#233;seaux sociaux et les conversations en Bosnie-Herz&#233;govine. Une inqui&#233;tude un peu incr&#233;dule, qui l'emporte parfois sur la lassitude &#233;norme des Bosniens devant le marasme o&#249; est plong&#233; leur pays . Des graffitis au pochoir : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite de notre excursion en Bosnie-Herz&#233;govine, o&#249; les nationalistes sont en roue libre. Face au spectre d'une nouvelle guerre, les grandes puissances occidentales, fid&#232;les &#224; elles-m&#234;mes, regardent ailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;'est un bruit de fond, une sorte de rumeur, qui parcourt les r&#233;seaux sociaux et les conversations en Bosnie-Herz&#233;govine. Une inqui&#233;tude un peu incr&#233;dule, qui l'emporte parfois sur la lassitude &#233;norme des Bosniens devant le marasme o&#249; est plong&#233; leur pays&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article , CQFD n&#176; 205 (janvier 2022).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Des graffitis au pochoir : &#171; &lt;i&gt;Je suis pour la paix&lt;/i&gt; &#187; sur les murs de Ferhadija, la principale rue commer&#231;ante de Sarajevo. Le niveau de violence des discours politiques qui augmente soudain, et les nationalistes qui passent progressivement des points de non-retour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les touristes qui pi&#233;tinent le pont de Mostar reconstruit, ou zigzaguent d'un pub de Sarajevo &#224; l'autre, en ont peu conscience, mais les progr&#232;s ont &#233;t&#233; maigres depuis la fin de la guerre en 1995. Et la lassitude a peu &#224; peu &#233;teint les espoirs de r&#233;conciliation. Le pays reste en effet soumis &#224; l'usine &#224; gaz ethnocratique n&#233;e des accords de paix de Dayton, qui ent&#233;rinent sur le terrain les conqu&#234;tes de l'agresseur serbe (orthodoxe) et le &#171; nettoyage ethnique &#187; des Bosniaques (musulmans). La Bosnie est ainsi partag&#233;e en deux &#171; entit&#233;s &#187; &lt;i&gt;(voir carte ci-dessous)&lt;/i&gt; : la Republika Srpska, (serbe), et la F&#233;d&#233;ration de Bosnie-Herz&#233;govine (bosniaque et croate). Ennemis jur&#233;s d'une Bosnie multiethnique, les nationalistes &#224; la t&#234;te de la Republika Srpska n'ont pas renonc&#233; &#224; leur but de guerre : l'ind&#233;pendance et le rattachement &#224; la Serbie. Sur cette partie du territoire bosnien, une autre vision du monde s'est mise en place sous l'influence des m&#233;dias &#224; la botte du r&#233;gime, tourn&#233;e vers la Serbie et la Russie, fantasmant les Bosniaques comme une improbable tribu djihadiste. Vingt-cinq ans que la question se pose : combien de temps &#231;a dure, l'apr&#232;s-guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;tricoter les accords de Dayton&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis cet automne, le leader nationaliste de la Republika Srpska Milorad Dodik, arriv&#233; au pouvoir en 2006 et habitu&#233; des rodomontades s&#233;cessionnistes, a brusquement chang&#233; de braquet. Il faut dire que l'environnement s'y pr&#234;te&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la crise actuelle et son contexte international, lire le remarquable (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Autour du Premier ministre hongrois Viktor Orb&#225;n, une n&#233;buleuse de kleptocrates ultrar&#233;acs se ferait bien les dents sur la Bosnie, petit &#201;tat &#224; majorit&#233; musulmane, faible et sans alli&#233;s. En premi&#232;re ligne, le pr&#233;sident de Serbie Aleksandar Vu&#269;i&#263;, qui s&#232;me la zizanie dans les pays voisins au nom de la d&#233;fense des minorit&#233;s serbes ; la Croatie se tient en embuscade, toujours pr&#234;te &#224; r&#233;cup&#233;rer un os qui tomberait de la table &#8211; quitte &#224; l'aider &#224; tomber.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Autour du Premier ministre hongrois Viktor Orb&#225;n, une n&#233;buleuse de kleptocrates ultrar&#233;acs se ferait bien les dents sur la Bosnie, petit &#201;tat &#224; majorit&#233; musulmane, faible et sans alli&#233;s.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, Dodik est aux abois apr&#232;s une gamelle aux &#233;lections municipales de 2020 et une lourde d&#233;faite symbolique, &#224; l'&#233;t&#233; 2021, lorsque le Haut repr&#233;sentant international&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus haute autorit&#233; constitutionnelle en Bosnie-Herz&#233;govine, le Haut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; Valentin Inzko a interdit la n&#233;gation du g&#233;nocide de Srebrenica, refrain favori des nationalistes serbes. Le satrape contre-attaque en octobre et r&#233;clame le retour &#224; la lettre de Dayton, c'est-&#224;-dire le d&#233;tricotage de toutes les mesures prises depuis 1995 pour rapprocher les deux &#171; entit&#233;s &#187;. En jeu, la r&#233;cup&#233;ration par la Republika Srpska de son administration fiscale et de ses biens forestiers et agraires (par ici la monnaie...), et surtout de son syst&#232;me judiciaire et de son arm&#233;e. L'inqui&#233;tude est r&#233;elle. Dodik roule des m&#233;caniques, &#233;voque la mise en place de contr&#244;les de police autour de Sarajevo et l'expulsion par la force des troupes f&#233;d&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre, il passe la seconde. Le parlement de la Republika Srpska ouvre une p&#233;riode de six mois au terme de laquelle le gouvernement devra pr&#233;senter les lois n&#233;cessaires &#224; son projet. La population ne sait pas sur quel pied danser : la rh&#233;torique nationaliste est si routini&#232;re que peu croient &#224; la guerre &#8211; mais beaucoup rappellent qu'en 1992 non plus, personne n'y croyait. Pendant les f&#234;tes du No&#235;l serbe, d&#233;but janvier, la tension explose. Dans le Sand&#382;ak, r&#233;gion &#224; majorit&#233; bosniaque de la Serbie voisine, des bandes d&#233;filent en chantant &#171; &lt;i&gt;Tirons sur les mosqu&#233;es&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; et des flics en vacances sont film&#233;s en train de brailler des chants appelant &#224; infliger aux musulmans locaux le sort des victimes de Srebrenica. Juste apr&#232;s No&#235;l, le 9 janvier, c'est aussi la &#171; f&#234;te nationale &#187; (et ill&#233;gale) de la Republika Srpska. &#171; &lt;i&gt;Pour la plupart des Serbes de Bosnie, ce n'est qu'une f&#234;te populaire, une sorte de 14-Juillet&lt;/i&gt; &#187;, raconte la photographe Jeanne Frank, qui y assistait cette ann&#233;e &lt;i&gt;(voir photo).&lt;/i&gt; Cette fois, cependant, Dodik met en sc&#232;ne dans sa capitale Banja Luka une d&#233;monstration de force, et la t&#233;l&#233; locale retransmet un flippant d&#233;fil&#233; de v&#233;hicules blind&#233;s et d'uniformes rutilants, survol&#233;s par des h&#233;licopt&#232;res. L'&#233;v&#233;nement est abondamment relay&#233; par une multitude de fils Twitter abasourdis. Aux c&#244;t&#233;s des dignitaires locaux, le d&#233;put&#233; europ&#233;en du Rassemblement national (RN) Thierry Mariani a emmen&#233; une d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise. La nuit venue, une horde de hooligans manifeste bruyamment en hommage au &#171; boucher des Balkans &#187;, Ratko Mladi&#263;. Idem dans la petite ville de Prijedor, dont le nom &#233;voque certaines des pires exactions commises par l'arm&#233;e serbe dans les ann&#233;es 1990, et habit&#233;e par une importante minorit&#233; bosniaque. La guerre est-elle in&#233;luctable ? &#192; cette question, Aline Cateux, correspondante du&lt;i&gt; Courrier des Balkans&lt;/i&gt; &#224; Sarajevo, rappelle volontiers qu'elle n'est pas Madame Irma. Ce que, d'apr&#232;s elle, on peut raisonnablement craindre en revanche, c'est une escalade sporadique, des provocations de la police serbe, surarm&#233;e et compos&#233;e de nombreux v&#233;t&#233;rans de l'arm&#233;e g&#233;nocidaire, et des attaques isol&#233;es de membres de la minorit&#233; bosniaque de Republika Srpska, par exemple dans la r&#233;gion &#233;minemment symbolique de Srebrenica&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LTFkODEzMzI5IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgwTXpVeklITndhWEJmWkc5amRXMWxiblFnYzNCcGNGOWtiMk4xYldWdWRITWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5cGJXRm5aU0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGMxOWpaVzUwWlhJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjlqWlc1MFpYSWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5aGRtVmpYMnhsWjJWdVpHVW5DaUFnWkdGMFlTMXNaV2RsYm1SbExXeGxiajBpTXpjNUlpQmtZWFJoTFd4bFoyVnVaR1V0YkdWdWVEMGllSGg0ZUNJS1BnbzhabWxuZFhKbElHTnNZWE56UFNKemNHbHdYMlJ2WTE5cGJtNWxjaUkrQ2dvZ1BHRWdhSEpsWmowaVNVMUhMMnB3Wnk4eE1qQXdNakF5TWpBeE1EbGZibUYwYVc5dVlXeGtZWGxmY0hKaGRtUmhlbUZrWVhacFpHRXRNVFpmY21WemRXeDBZWFF1YW5CbklpQWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algyeHBaVzRnYldWa2FXRmliM2dpSUhSNWNHVTlJbWx0WVdkbEwycHdaV2NpUGdvSkNUeHBiV2NnYzNKalBTZEpUVWN2YW5Cbkx6RXlNREF5TURJeU1ERXdPVjl1WVhScGIyNWhiR1JoZVY5d2NtRjJaR0Y2WVdSaGRtbGtZUzB4Tmw5eVpYTjFiSFJoZEM1cWNHY25JSGRwWkhSb1BTSXhNakF3SWlCb1pXbG5hSFE5SWpnd01DSWdZV3gwUFNjbklDOCtQQzloUGdvOFptbG5ZMkZ3ZEdsdmJpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOZmJHVm5aVzVrWlNjK0Nna2dQR1JwZGlCamJHRnpjejBuYzNCcGNGOWtiMk5mZEdsMGNtVWdJQ2MrUEhOMGNtOXVaejVDWVc1cVlTQk1kV3RoTENBNUptNWljM0E3YW1GdWRtbGxjaUF5TURJeUxpQkd3NnAwWlNCdVlYUnBiMjVoYkdVZ1pHVWdiR0VnVW1Wd2RXSnNhV3RoSUZOeWNITnJZUzRnUlc0Z01qQXhOU3dnYkdVZ1ZISnBZblZ1WVd3Z1kyOXVjM1JwZEhWMGFXOXVibVZzSUdSbElFSnZjMjVwWlMxSVpYSjZ3NmxuYjNacGJtVWdZU0JrdzZsamJHRnl3NmtnWTJWMGRHVWdZOE9wYk1PcFluSmhkR2x2YmlCcGJHekRxV2RoYkdVc0lHUmxJRzNEcW0xbElIRjFaU0JzWlNCeXc2bG13Nmx5Wlc1a2RXMGdZMjl1ZG05eGRjT3BJR3dtSXpneU1UYzdZVzV1dzZsbElITjFhWFpoYm5SbElIQmhjaUJzWVNCU1V5QndiM1Z5SUdOdmJtWnBjbTFsY2lCemIyNGdiM0puWVc1cGMyRjBhVzl1TGlCTVlTQlNVeUJqYjI1MGFXNTFaU0JrSmlNNE1qRTNPMjl5WjJGdWFYTmxjaUJqWlhSMFpTQm13NnAwWlNCamFHRnhkV1VnWVc1dXc2bGxMQ0JsYmlCa3c2bHdhWFFnWkdVZ2MyOXVJR05oY21GamRNT29jbVVnYVc1amIyNXpkR2wwZFhScGIyNXVaV3d1Q2p3dmMzUnliMjVuUGp3dlpHbDJQZ29KSUFvSklEeGthWFlnWTJ4aGMzTTlKM053YVhCZlpHOWpYMk55WldScGRITWdJQ2MrVUdodmRHOGdaR1VnU21WaGJtNWxJRVp5WVc1ckNqd3ZaR2wyUGdvOEwyWnBaMk5oY0hScGIyNCtQQzltYVdkMWNtVStDand2WkdsMlBnPT0iPg=='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il y a g&#233;nocide et g&#233;nocide &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Citoyens et commentateurs essaient de d&#233;crypter cette vaste partie de billard &#224; mille bandes, o&#249; les acteurs tiennent leur jeu couvert. La Serbie et la Croatie d&#233;fendent officiellement l'int&#233;grit&#233; territoriale de la Bosnie tout en soutenant les s&#233;cessionnistes sur le terrain. En Serbie, les m&#233;dias proches du r&#233;gime feignent d'observer de loin une situation qui ne les concernerait pas vraiment. En Croatie, le pr&#233;sident Zoran Milanovi&#263; accumule les d&#233;clarations provocatrices (du genre : &#171; &lt;i&gt;Il y a g&#233;nocide et g&#233;nocide&lt;/i&gt; &#187;), dont la presse fait ses choux gras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Sarajevo, les Bosniaques livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes esp&#232;rent l'intervention de grandes puissances divis&#233;es et attentistes. Comme aux pires heures de la guerre. Les m&#233;dias et les r&#233;seaux sociaux relaient et d&#233;cryptent les moindres d&#233;clarations des diplomates qui se succ&#232;dent dans les Balkans et soufflent le chaud et le froid. En visite en Bosnie en d&#233;cembre, le copr&#233;sident des Verts au Parlement europ&#233;en, Thomas Waitz, affirme avoir re&#231;u l'assurance de l'Otan qu'en cas de besoin, 6 000 hommes pouvaient &#234;tre d&#233;ploy&#233;s sur le terrain en 24 heures. L'Allemagne et le Royaume-Uni condamnent clairement Dodik et le menacent de sanctions. Mais la France s'en tient au service minimum et l'Union europ&#233;enne persiste &#224; s'appuyer sur les diff&#233;rents leaders nationalistes au nom de la &#171; stabilit&#233; r&#233;gionale &#187;, tandis que son commissaire &#224; l'&#201;largissement, le Hongrois Oliv&#233;r V&#225;rhelyi, soutient Dodik en douce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux observer la situation, on prend un peu de recul dans les mus&#233;es de Sarajevo. &#192; la Vije&#263;nica, l'ancienne biblioth&#232;que nationale incendi&#233;e en 1992 par les Serbes, des aquarelles du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle montrent la vie quotidienne d'une ville cosmopolite, o&#249; les paysans orthodoxes f&#234;tent P&#226;ques sur la place du bazar, sous les yeux placides de bourgeois autrichiens. Dans la salle voisine, d'immenses photos de charniers documentent le travail du tribunal p&#233;nal international de La Haye. Pour relier ces deux s&#233;ries d'images, on se d&#233;place au mus&#233;e historique, o&#249; une photo montre les regards stup&#233;faits de ces manifestants pacifistes, au premier jour de la guerre, qui constatent qu'on est en train de leur tirer dessus. Dans une autre salle, cet appel des Saraj&#233;viens assi&#233;g&#233;s aux Occidentaux : &#171; En 1945, vous disiez &#8220;&lt;i&gt;Plus jamais &#231;a&#8221;. Mais en Bosnie, c'est &#8220;&#231;a&#8221; qui se passe !&lt;/i&gt; &#187; &#171; &#199;a &#187; menace, &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Laurent Perez&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LTFkODEzMzI5IiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgwTXpVNElITndhWEJmWkc5amRXMWxiblFnYzNCcGNGOWtiMk4xYldWdWRITWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5cGJXRm5aU0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGMxOWpaVzUwWlhJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjlqWlc1MFpYSWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5aGRtVmpYMnhsWjJWdVpHVW5DaUFnWkdGMFlTMXNaV2RsYm1SbExXeGxiajBpTWpRaUlHUmhkR0V0YkdWblpXNWtaUzFzWlc1NFBTSWlDajRLUEdacFozVnlaU0JqYkdGemN6MGljM0JwY0Y5a2IyTmZhVzV1WlhJaVBnb0tJRHhoSUdoeVpXWTlJa2xOUnk5cWNHY3ZNVEl3TUdOaGNuUmxZbTl6Ym1sbExXUmxabDl5WlhOMWJIUmhkQzVxY0djaUlDQmpiR0Z6Y3owaWMzQnBjRjlrYjJOZmJHbGxiaUJ0WldScFlXSnZlQ0lnZEhsd1pUMGlhVzFoWjJVdmFuQmxaeUkrQ2drSlBHbHRaeUJ6Y21NOUowbE5SeTlxY0djdk1USXdNR05oY25SbFltOXpibWxsTFdSbFpsOXlaWE4xYkhSaGRDNXFjR2NuSUhkcFpIUm9QU0l4TWpBd0lpQm9aV2xuYUhROUlqRXlNREFpSUdGc2REMG5KeUF2UGp3dllUNEtQR1pwWjJOaGNIUnBiMjRnWTJ4aGMzTTlKM053YVhCZlpHOWpYMnhsWjJWdVpHVW5QZ29KSUFvSklBb0pJRHhrYVhZZ1kyeGhjM005SjNOd2FYQmZaRzlqWDJOeVpXUnBkSE1nSUNjK1EyRnlkR1VnWkdVZ1E4T3BZMmxzWlNCTGFXVm1aWElLUEM5a2FYWStDand2Wm1sblkyRndkR2x2Ymo0OEwyWnBaM1Z5WlQ0S1BDOWthWFkrIj4='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'article &lt;span class='base64LIENS' title='PGEgaHJlZj0iU2FyYWpldm8tcmVzdGVyLXJlc2lzdGVyIiBjbGFzcz0ic3BpcF9pbiI+JiMxNzE7Jm5ic3A7U2FyYWpldm8mbmJzcDs6IHJlc3RlciwgcsOpc2lzdGVyJm5ic3A7JiMxODc7PC9hPg=='&gt;&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 205 (janvier 2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur la crise actuelle et son contexte international, lire le remarquable rapport d'Aline Cateux et Lo&#239;c Tr&#233;gour&#232;s&lt;span class='base64LIENS' title='PGEgaHJlZj0iaHR0cHM6Ly93d3cuamVhbi1qYXVyZXMub3JnL3B1YmxpY2F0aW9uL2Jvc25pZS1oZXJ6ZWdvdmluZS12ZXJzLXVuLWVjbGF0ZW1lbnQtZHUtcGF5cy8iIGNsYXNzPSJzcGlwX291dCIgcmVsPSJleHRlcm5hbCI+JiMxNzE7Jm5ic3A7Qm9zbmllLUhlcnrDqWdvdmluZSZuYnNwOzogdmVycyB1biZuYnNwO8OpY2xhdGVtZW50IGR1IHBheXMmbmJzcDs/Jm5ic3A7JiMxODc7PC9hPg=='&gt;&lt;/span&gt;, sur le site de la Fondation Jean-Jaur&#232;s (13/01/2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus haute autorit&#233; constitutionnelle en Bosnie-Herz&#233;govine, le Haut repr&#233;sentant international dispose de pouvoirs discr&#233;tionnaires, qui l'autorisent &#224; d&#233;mettre tout responsable et &#224; annuler toute loi qui menacerait la paix ainsi qu'&#224; prendre toute d&#233;cision n&#233;cessaire &#224; sa mise en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
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