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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les amis socialistes de Poutine au pays du fado</title>
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		<dc:creator>Charles Reeve</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Seconde &#233;tape d'un retour r&#233;cent sur les rives du Tage, o&#249; l'on plonge dans le pass&#233; colonial refoul&#233; du Portugal, avant d'examiner la l&#233;thargie d'une soci&#233;t&#233; que gouverne toujours le Parti socialiste, d&#233;fenseur historique de l'ordre capitaliste. Mais des &#233;clats d'insubordination brillent ici et l&#224;. Cet article est le deuxi&#232;me pan d'une enqu&#234;te consacr&#233;e aux maux du Portugal contemporain. On peut lire la premi&#232;re partie ICI. *** I. Le Portugal est l'un de ces pays que l'on pense (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no202-octobre-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;202 (octobre 2021)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Seconde &#233;tape d'un retour r&#233;cent sur les rives du Tage, o&#249; l'on plonge dans le pass&#233; colonial refoul&#233; du Portugal, avant d'examiner la l&#233;thargie d'une soci&#233;t&#233; que gouverne toujours le Parti socialiste, d&#233;fenseur historique de l'ordre capitaliste. Mais des &#233;clats d'insubordination brillent ici et l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article est le deuxi&#232;me pan d'une enqu&#234;te consacr&#233;e aux maux du Portugal contemporain. On peut lire la premi&#232;re partie &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Amis-qu-on-cherit' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ICI&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4088 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH514/600px_portugal-510b0.jpg?1782766617' width='500' height='514' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;L.L. De Mars
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;I.&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Le Portugal est l'un de ces pays que l'on pense pouvoir aborder directement au pr&#233;sent, dans l'envo&#251;tement de la douceur de vivre et de la beaut&#233; des lieux. C'est une forme d'aveuglement, car le poids de l'histoire y est tr&#232;s pr&#233;sent dans le refoul&#233; collectif, et lui seul permet v&#233;ritablement d'acc&#233;der au r&#233;el et aux &#234;tres qui y vivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines apr&#232;s la parution de la belle traduction portugaise du livre de Joseph Andras, &lt;i&gt;De nos fr&#232;res bless&#233;s&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paru chez Actes Sud en 2016 avant d'&#234;tre traduit en portugais en 2021 chez (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le journal &lt;i&gt;P&#250;blico&lt;/i&gt; donne un relief inattendu &#224; un autre livre qui aborde la probl&#233;matique des guerres coloniales. En l'occurrence, &lt;i&gt;Nos Meandros da Guerra : O Estado Novo e a &#193;frica do Sul na defesa da Guin&#233;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; &#224; Lisbonne chez Caleidoscopio en 2020, ce livre de Jos&#233; Matos et Lu&#237;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; revient sur la lutte pour l'ind&#233;pendance men&#233;e dans l'ancienne colonie portugaise de Guin&#233;e-Bissau au cours des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant le coup d'&#201;tat militaire, du 25 avril 1974, au Portugal. Le rapport entre les deux livres est &#224; la fois direct et lointain. Dans son roman, Joseph Andras pose comme question sous-jacente &#224; l'histoire tragique de Fernand Iveton en Alg&#233;rie en 1956, le positionnement &#233;thique et politique de chacun face &#224; la question coloniale. Question qui s'est &#233;galement pos&#233;e &#224; toute une g&#233;n&#233;ration de jeunes Portugais, de 1961 &#224; 1974, pendant les treize ans de guerre coloniale dans les trois colonies africaines du Mozambique, de l'Angola et de la Guin&#233;e-Bissau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, ce n'est pas cette probl&#233;matique qui pr&#233;occupe la journaliste de &lt;i&gt;P&#250;blico&lt;/i&gt;. La question est aujourd'hui ensevelie dans le silence pesant de la soci&#233;t&#233; portugaise, toujours incapable d'affronter la dimension coloniale de son histoire, son long cort&#232;ge d'horreurs et de crimes contre l'humanit&#233;. Ce colonialisme a constitu&#233; le socle de l'identit&#233; nationale du pays, de l'id&#233;ologie nationaliste et des courants politiques qui l'ont port&#233;e, du r&#233;publicanisme du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle au salazarisme. Il a contamin&#233; jusqu'au courant communiste staliniste, et seul le faible mais actif courant anarchiste du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en est rest&#233; &#233;loign&#233;. Pourtant, dans le cas portugais, la question du positionnement face au colonialisme a trouv&#233; une r&#233;ponse claire dans le refus massif et collectif de la guerre coloniale par une partie importante de la jeunesse. Attitude qui restera comme un moment &#233;thique exemplaire dans l'histoire contemporaine du pays et au-del&#224;. Aujourd'hui, alors que le petit pays se d&#233;couvre un destin historique bien plus m&#233;diocre que celui dont il a toujours r&#234;v&#233;, celui d'un modeste club de bronzage pour Europ&#233;ens du nord, ce moment de refus collectif n'est absolument pas mis en valeur ; c'est &#224; peine s'il est mentionn&#233;. &lt;i&gt;A&lt;/i&gt; &lt;i&gt;contrario&lt;/i&gt;, les vestiges de l'id&#233;ologie colonialiste retrouvent vie dans la mont&#233;e ouverte du racisme quotidien qui nourrit une nouvelle droite extr&#234;me accroch&#233;e au projet fumeux de d&#233;fense des &#171; valeurs civilisatrices &#187; du Portugal du pass&#233;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les r&#233;centes violences et crimes racistes au Portugal, touchant la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. C'est-&#224;-dire, les valeurs de la barbarie coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est exceptionnel dans le livre de Matos et Barroso &#8211; et c'est avant tout ce que souligne &lt;i&gt;P&#250;blico&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Portugal negociava a 24 de Abril de 1974 a compra de 32 ca&#231;as Mirage para (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#8211;, c'est le fait que les auteurs ont eu un acc&#232;s inattendu &#224; des documents de l'arm&#233;e portugaise de la p&#233;riode. On y apprend, tout d'abord, que, d'apr&#232;s les chefs de l'arm&#233;e coloniale, la situation militaire &#233;tait, d&#233;but 1974, inqui&#233;tante pour les forces portugaises en Guin&#233;e-Bissau, petit territoire de l'Afrique occidentale. L'action de la gu&#233;rilla nationaliste provoquait d'importantes et croissantes pertes en hommes, pas loin d'un mort par jour et plus de 10 000 bless&#233;s par an. La d&#233;faite militaire qui se dessinait expliquait l'&#233;tat de d&#233;moralisation des troupes portugaises et la panique de leur encadrement. Le puissant mouvement contre la guerre dans la jeunesse et l'ampleur des d&#233;sertions furent nourris par cette &#233;volution. Celle-ci a fini par inciter &#233;galement une minorit&#233; de la haute hi&#233;rarchie militaire &#224; soutenir l'aventure du mouvement des jeunes officiers &#224; s'engager dans un coup d'&#201;tat militaire mettant fin au r&#233;gime et &#224; la guerre. Tous ces strat&#232;ges &#233;taient, bien s&#251;r, loin de s'imaginer qu'une telle aventure pouvait ouvrir une bo&#238;te de Pandore, exacerber les conflits de classe dans la soci&#233;t&#233; et d&#233;boucher sur une insurrection sociale. Ce fut pourtant ce qui arriva.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le r&#233;gime salazariste continuait &#224; chercher des alli&#233;s et des fournisseurs d'armes afin de poursuivre la d&#233;fense de son projet colonialiste. Compte tenu de la position prise par les principales puissances mondiales, conscientes de la force des mouvements nationalistes et d&#233;sireuses de redessiner g&#233;opolitiquement la situation africaine, le Portugal se trouvait de plus en plus isol&#233;, avec des soutiens de plus en plus limit&#233;s : l'Afrique du Sud de l'apartheid, l'Espagne franquiste et... la France, &#171; patrie des droits de l'Homme &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, d&#233;but 1974, le gouvernement portugais entama des discussions avec celui de la France afin d'acheter quelques dizaines d'avions Mirage destin&#233;s &#224; renforcer la puissance de l'arm&#233;e coloniale sur le terrain. Le gouvernement fran&#231;ais, qui depuis le d&#233;but du conflit, avait ravitaill&#233; en mat&#233;riel l'arm&#233;e coloniale portugaise, h&#233;sita, craignant une d&#233;stabilisation de sa zone d'influence et d'int&#233;r&#234;ts dans la r&#233;gion, surtout au S&#233;n&#233;gal voisin. Mais il finit par c&#233;der et le contrat entre les deux gouvernements fut sign&#233; le soir du 24 avril 1974, pour le plus grand bonheur de la famille Dassault et des actionnaires. Champagne ! Sauf que, le matin du jour suivant, le coup d'&#201;tat militaire d'une minorit&#233; de l'arm&#233;e, soutenu massivement par le peuple en liesse, poussa vers la sortie un des signataires du contrat. On rangea pr&#233;cipitamment les bouteilles. Une fois de plus, le mouvement spontan&#233; et impr&#233;vu de l'histoire prit le dessus sur la logique planifi&#233;e des int&#233;r&#234;ts capitalistes et de leurs laquais.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;II.&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Samedi 22 mai 2021 : &#224; Lisbonne, plusieurs dizaines de personnes bloquent la circulation du rond-point qui donne acc&#232;s au principal terminal de l'a&#233;roport. Le groupe veut par son action alerter sur l'augmentation de la pollution provoqu&#233;e par les avions, et appeler &#224; l'arr&#234;t de la construction de nouveaux a&#233;roports dans le pays et au d&#233;veloppement des transports ferroviaires, moins polluants. C'est une question &#171; clivante &#187;, comme on dit avec style dans le nouveau langage lib&#233;ral moderniste. La d&#233;cision de construire (ou non) un nouvel a&#233;roport pr&#232;s de Lisbonne, report&#233;e pour cause de Covid, n'est toujours pas tranch&#233;e par le gouvernement socialiste, tandis que les anciens a&#233;roports attendent avec angoisse les touristes d&#251;ment vaccin&#233;s. C'est la version lusitanienne du jour d'apr&#232;s comme cauchemar du jour d'avant. L'intervention des robocops d&#233;mocrates portuguais ne s'est pas fait attendre : les activistes ont &#233;t&#233; d&#233;log&#233;s &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt; ; 26 d'entre eux, &#226;g&#233;s de 17 &#224; 28 ans, ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et menac&#233;s de poursuites. Au pays du po&#232;te Fernando Pessoa, la police poss&#232;de des dons d'imagination rares. Son porte-parole aupr&#232;s de la presse, l'inspecteur Nuno Carocha, avance une accusation &#233;tonnante et grave : ces manifestants sont &#171; &lt;i&gt;suspects d'attentat contre la s&#233;curit&#233; routi&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. Il est vrai que chaque pays a le terrorisme qu'il m&#233;rite, mais, tout de m&#234;me, cet &#171; &lt;i&gt;attentat contre la circulation routi&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, il fallait le trouver !&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;*&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Fernando Medina est un gar&#231;on propre sur lui avec une carri&#232;re format&#233;e pour la r&#233;ussite. Maire de Lisbonne, ami d&#233;complex&#233; de l'industrie du tourisme et du b&#233;ton, d&#233;fenseur de pistes cyclables &#224; tout- va dans une ville que la hideuse sp&#233;culation immobili&#232;re a vid&#233;e de son peuple, il est aussi le fils politique pr&#233;f&#233;r&#233; d'Ant&#243;nio Costa, le Premier ministre et actuel patron du puissant Parti socialiste. Les paris donnent Monsieur Medina gagnant dans la course pour la succession de Monsieur Costa, celui-ci &#233;tant pressenti pour une nouvelle carri&#232;re dans la haute bureaucratie de Bruxelles o&#249; son sourire commercial est fort appr&#233;ci&#233;. Mais fin juin 2021, un &#233;v&#233;nement inattendu met ces beaux projets en p&#233;ril. Des r&#233;v&#233;lations prouvent que la mairie de Lisbonne transmet r&#233;guli&#232;rement aux ambassades les donn&#233;es personnelles des activistes qui se mobilisent pour telle ou telle cause devant telle ou telle ambassade : contre Poutine, pour le Tibet ou en soutien &#224; la r&#233;volte hongkongaise, pour les droits du peuple palestinien, contre la r&#233;pression en Angola, etc. Les heureux b&#233;n&#233;ficiaires sont, entre autres, les services russes, angolais ou chinois, le Mossad isra&#233;lien aussi. Parfois, la mairie est d&#233;rout&#233;e. &#192; qui transmettre les donn&#233;es personnelles des militants &#233;cologistes qui ont bloqu&#233; le rond-point de l'a&#233;roport ? Il n'y avait parmi eux pas un seul Palestinien, pas un seul Russe, pas un seul Tib&#233;tain. Les faits, reconnus avec larmes de crocodile par Monsieur Medina, sont vite devenus scandale politique. Le maire socialiste de la capitale passe d&#233;sormais pour un vulgaire &#171; &lt;i&gt;pide&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mot &#171; pide &#187; reste dans le langage populaire au Portugal comme synonyme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187; dans un monde de r&#233;pression globalis&#233;e. Appel&#233; &#224; la rescousse, son camarade et ministre des Affaires &#233;trang&#232;res dit esp&#233;rer que &#171; &lt;i&gt;les autorit&#233;s russes, qui ont re&#231;u des donn&#233;es qu'elles n'auraient jamais d&#251; recevoir, appliquent les lois internationales et les effacent&lt;/i&gt; &#187;. Un comique, cet homme ! La pratique est sans doute g&#233;n&#233;ralis&#233;e et pas sp&#233;cifique au Portugal, mais le faire de fa&#231;on si ouverte et brutale traduit l'arrogance d'une classe politique s&#251;re d'un rapport de force qui lui est favorable. N&#233;anmoins, Monsieur Medina a perdu son poste de maire aux toutes r&#233;centes &#233;lections locales du 26 septembre, qui ont vu le taux d'abstention monter &#224; presque 50%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont que de vulgaires socialistes &#224; la man&#339;uvre. D&#233;fenseur acharn&#233; de l'ordre capitaliste, le Parti socialiste portugais garde n&#233;anmoins quelques traits originaux. Il ne s'agit pas d'un appareil politique de vieille exp&#233;rience, avec un long &#233;tat de services comme le SPD allemand ou le PS fran&#231;ais, partis chauvins qui ont cautionn&#233; de successives boucheries guerri&#232;res et coloniales pour se dissoudre finalement dans le n&#233;olib&#233;ralisme. Si le vieux parti portugais a une histoire remontant &#224; 1875, ann&#233;e de sa fondation, ce n'est qu'en 1973 que le parti actuel a &#233;t&#233; fond&#233; dans l'exil et &#224; l'aide de fonds du SPD. Pendant un si&#232;cle, les quelques militants socialistes ont vivot&#233; tant bien que mal en minorit&#233; dans la soci&#233;t&#233;, &#224; l'ombre des forts courants anarcho-syndicalistes et anarchistes, puis, pendant la p&#233;riode fasciste, &#224; la tra&#238;ne du rigide Parti communiste stalinien clandestin. La nature du Parti socialiste portugais actuel puise ses racines dans deux moments forts de l'histoire r&#233;cente du pays. Tout d'abord, le r&#244;le d&#233;terminant que le parti a jou&#233; dans l'action contre-r&#233;volutionnaire de novembre 1975, mettant un terme &#224; la p&#233;riode d'insurrection sociale qui suivit la chute de l'ancien r&#233;gime salazariste ; puis la place active du parti dans la &#171; normalisation &#187; de l'ordre capitaliste, en particulier la destruction de la R&#233;forme agraire et des exp&#233;riences d'autogestion sociales. Au moment de la r&#233;volution portugaise de 1974-75, le Parti socialiste portugais a ainsi pris la place unique d'une formation politique qui rompait avec le pass&#233; salazariste tout en s'&#233;rigeant comme un rempart contre &#171; le danger communiste &#187;, &#233;pousant les valeurs du capitalisme de march&#233;. La d&#233;fense inconditionnelle de la variante priv&#233;e du capitalisme a &#233;t&#233; suivie par la gestion du processus d'int&#233;gration du pays dans l'espace capitaliste europ&#233;en. P&#233;riode caract&#233;ris&#233;e par un investissement massif de fonds europ&#233;ens qui a fond&#233; le consensus social d&#233;mocratique et cr&#233;&#233; un climat de corruption g&#233;n&#233;ralis&#233; dont ont profit&#233; l'appareil du parti et la plupart de ses cadres. Il faut avoir pr&#233;sent &#224; l'esprit cette origine particuli&#232;re du Parti socialiste portugais pour comprendre ce qu'il est devenu aujourd'hui : un puissant appareil &#233;lectoral et client&#233;liste, f&#233;rocement accroch&#233; au pouvoir de l'argent&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un bref retour sur l'histoire r&#233;cente du Portugal et quelques-uns de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Les actes de Monsieur Medina sont en phase avec cette nature, avec l'esprit bureaucratique r&#233;pressif qui en d&#233;coule.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;*&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Sous le soleil et la douceur de vivre, il y a un pays triste, forc&#233;ment, car &#233;cras&#233; par un destin de soumission. Une soci&#233;t&#233; qui peine &#224; se projeter dans l'avenir, qui vit dans un pr&#233;sent fataliste, o&#249; l'on a du mal &#224; percevoir des signes d'avenir. Un air de fado, dites-vous ? Le po&#232;te surr&#233;aliste portugais Mario Cesariny r&#233;suma nagu&#232;re dans une phrase ironique le carcan qui, au Portugal, &#233;touffe le r&#234;ve et l'espoir d'un autre futur : &#171; &lt;i&gt;Demain, il y aura encore du foot&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais laissons le pessimisme pour des temps meilleurs, disaient les anars portugais du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ! Sous les d&#233;combres de la tristesse folklorique, dans une soci&#233;t&#233; vid&#233;e de son &#233;nergie vitale, ici et l&#224;, l'esprit contestataire refait surface. Dans le silence du consensus moderniste vendu par les monstres du capital et ses politiciens, des cris se font entendre, des signes lumineux d'insubordination indiquent un chemin diff&#233;rent. L'action de quelques jeunes sur un rond-point d'a&#233;roport n'est pas une initiative isol&#233;e. Plus au nord, vers le pays galicien, dans les montagnes du parc naturel du Ger&#234;s/Xur&#234;s, l'opposition &#224; l'exploitation toute proche de la plus grosse mine de lithium &#224; ciel ouvert d'Europe par une multinationale vorace s'installe et s'affermit depuis 2018 &lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet &#171; Covas de Barroso : le plus grand projet d'exploitation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;. Tout n'est pas perdu dans le pays de &#171; &lt;i&gt;Gr&#226;ndola, Vila Morena&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Compos&#233;e par Zeca Afonso, cette chanson, censur&#233;e par le r&#233;gime salazariste, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Charles Reeve *&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;* &lt;i&gt;Charles Reeve, pseudonyme de Jorge Valadas, a &#233;crit plusieurs ouvrages sur la soci&#233;t&#233; portugaise.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;.&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Opus 1 : &#034;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Amis-qu-on-cherit' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le variant asiatique du fado portugais&lt;/a&gt;&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Paru chez Actes Sud en 2016 avant d'&#234;tre traduit en portugais en 2021 chez Antigona par Lu&#237;s Leit&#227;o sous le titre &lt;i&gt;Dos Nossos Irm&#227;os Feridos, De nos fr&#232;res bless&#233;s&lt;/i&gt; est un roman revenant sur l'histoire de Fernand Iveton, ouvrier et militant de l'ind&#233;pendance alg&#233;rienne, guillotin&#233; pour avoir tent&#233;, en novembre 1956, un sabotage &#224; la bombe dans l'usine o&#249; il travaillait.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Publi&#233; &#224; Lisbonne chez Caleidoscopio en 2020, ce livre de Jos&#233; Matos et Lu&#237;s Barroso n'a pas (encore) de version francophone. Son titre peut se traduire par : &#171; Dans les m&#233;andres de la guerre : l'Estado Novo et l'Afrique du Sud dans la d&#233;fense de la Guin&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur les r&#233;centes violences et crimes racistes au Portugal, touchant la jeunesse d'origine africaine et les immigr&#233;s de l'Est, lire&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-Portugal-face-a-son-passe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Le Portugal face &#224; son pass&#233; colonial &lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 191 (octobre 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publico.pt/2021/05/17/politica/noticia/portugal-negociava-24-abril-1974-compra-32-cacas-mirage-guerra-guine-1962437&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Portugal negociava a 24 de Abril de 1974 a compra de 32 ca&#231;as Mirage para a guerra na Guin&#233; &#187;&lt;/a&gt; (17/05/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le mot &#171; &lt;i&gt;pide&lt;/i&gt; &#187; reste dans le langage populaire au Portugal comme synonyme de mouchard, celui qui d&#233;nonce, qui fait de la d&#233;lation. La Pide (Pol&#237;cia internacional e de defesa do estado) &#233;tait la police politique de l'ancien r&#233;gime salazariste de facture fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour un bref retour sur l'histoire r&#233;cente du Portugal et quelques-uns de ses moments &#233;mancipateurs, on peut lire ce livre de l'auteur du pr&#233;sent article : &lt;i&gt;La M&#233;moire et le feu &#8211; Portugal, l'envers du d&#233;cor de l'Euroland&lt;/i&gt;, L'Insomniaque, 2006. Sur la r&#233;volution portugaise : Phil Mailer, &lt;i&gt;Portugal 1974-75, r&#233;volution manqu&#233;e&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; (trad. C. Lamoureux, &#201;. Lesourd, D. Pr&#233;vost), Les Nuits rouges, 2019. Ainsi que Raquel Varela, un &lt;i&gt;peuple en r&#233;volution &#8211; Portugal, 1974-1975 &lt;/i&gt;(trad. H&#233;l&#232;ne Melo), Agone, 2018, un travail historique avec une riche documentation pr&#233;sent&#233;e dans une perspective avant-gardiste trotskiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet &lt;a href=&#034;https://lundi.am/Covas-de-Barroso-le-plus-grand-projet-d-exploitation-de-lithium-d-Europe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Covas de Barroso : le plus grand projet d'exploitation de lithium d'Europe &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Lundi Matin&lt;/i&gt; (20/09/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Compos&#233;e par Zeca Afonso, cette chanson, censur&#233;e par le r&#233;gime salazariste, est un embl&#232;me de la r&#233;volution des &#338;illets.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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