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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>La police avec nous !</title>
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		<dc:creator>St&#233;phane Goxe</dc:creator>


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&lt;p&gt;On vient dans les contre-sommets internationaux pour chercher des instants de lutte et d'humanit&#233; partag&#233;s. Et puis on y trouve la police, parfois grim&#233;e en casseurs. R&#233;cit d'un tabassage et d'une s&#233;questration, par l'un des r&#233;alisateurs d'&#171; Attention Danger Travail &#187;, venu pr&#233;senter son film au village alternatif anti-G8. Nous &#233;tions assis &#224; l'ombre d'une terrasse de bar, ce 30 mai vers quinze heures, apr&#232;s avoir particip&#233; sous un soleil de plomb &#224; la premi&#232;re manif genevoise contre la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On vient dans les contre-sommets internationaux pour chercher des instants de lutte et d'humanit&#233; partag&#233;s. Et puis on y trouve la police, parfois grim&#233;e en casseurs. R&#233;cit d'un tabassage et d'une s&#233;questration, par l'un des r&#233;alisateurs d'&#171; Attention Danger Travail &#187;, venu pr&#233;senter son film au village alternatif anti-G8.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous &#233;tions assis &#224; l'ombre d'une terrasse de bar, ce 30 mai vers quinze heures, apr&#232;s avoir particip&#233; sous un soleil de plomb &#224; la premi&#232;re manif genevoise contre la tenue du G8 &#224; Evian. Nous &#233;tions l&#224; depuis moins d'un quart d'heure, commentant la marche devant une bi&#232;re, lorsque tout &#224; coup, avec une soudainet&#233; d&#233;sarmante, une dizaine d'hommes surgirent sur la terrasse, bousculant chaises et clients. En un instant ils s'abattirent sur nous, sans que nous ayons pu esquisser d'autres gestes que de stupeur. Imm&#233;diatement pris en tenaille par plusieurs paires de bras, je fus violemment projet&#233; &#224; terre. Ma t&#234;te heurta le trottoir, le poids d'un genou creusant mon dos me maintint au sol, la poitrine &#233;cras&#233;e. Au milieu d'un tumulte de tables renvers&#233;es et de verre bris&#233;, de cris &#233;touff&#233;s et d'ordres aboy&#233;s, je sentis mes bras rejet&#233;s loin derri&#232;re mon dos, une paire de menottes se resserrer sur mes poignets, cinglant les os. Dans un m&#234;me mouvement, plusieurs hommes me soulev&#232;rent, l'un par les bras, l'autre par les pinces, puis un autre encore releva hargneusement mon T-shirt sur ma t&#234;te. On me poussa vers une berline rest&#233;e portes ouvertes au milieu de l'avenue. A peine m'eut-on jet&#233; au fond du v&#233;hicule que celui-ci d&#233;marra en trombe, sir&#232;ne hurlante, et traversa Gen&#232;ve &#224; une allure folle. Quelques crissements de pneus plus loin, la voiture s'engouffra dans un parking en sous-sol. Extirp&#233; de la voiture, encadr&#233; par trois types dont un soigneusement grim&#233; en &#233;meutier, je fus pouss&#233; vers une porte m&#233;tallique sur laquelle on pouvait lire, imprim&#233; sur un autocollant plac&#233; &#224; hauteur de t&#234;te : &#171; Stop la violence &#187;. Que nous voulaient ces hommes ? Dans la confusion des premiers instants, j'ai instinctivement pens&#233; &#224; une attaque d'un commando de nervis fascistes. Les menottes tranchant les poignets, les ordres beugl&#233;s &#224; mes oreilles et le son m&#233;lodieux de la sir&#232;ne me sugg&#233;r&#232;rent une autre hypoth&#232;se : il s'agissait de flics. Trois heures plus tard, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; isol&#233;, fouill&#233;, photographi&#233; et fich&#233;, sans avoir entendu mes droits ni pu les exercer, sans obtenir de r&#233;ponse claire sur le motif de cette &#171; interpellation &#187;, sans aucune information sur mon lieu de d&#233;tention, le service et la fonction des assaillants, sans m&#234;me avoir &#233;t&#233; soumis au moindre interrogatoire ni avoir sign&#233; une quelconque d&#233;position, j'&#233;tais remis en libert&#233; et &#171; raccompagn&#233; en ville &#187;. Manifestement, mon cas ne les int&#233;ressait plus. Ils ne retinrent pas plus longtemps H.,une mention sp&#233;ciale d&#233;cern&#233;e sur la tronche. Le troisi&#232;me gars assis &#224; nos c&#244;t&#233;s fut plac&#233; en garde &#224; vue prolong&#233;e et est poursuivi pour &#171; atteinte &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187;. Ainsi donc, en Suisse, une bande d'ordures anonymes et bien dress&#233;es peut sans sommation vous attaquer en pleine apr&#232;s-midi &#224; la terrasse d'un caf&#233;, vous brutaliser, vous exp&#233;dier en un endroit tenu secret, et quelques heures plus tard vous rel&#226;cher dans la nature sans m&#234;me qu'un semblant de proc&#233;dure ne vienne habiller cet enl&#232;vement suivi de s&#233;questration. Comme si de rien n'&#233;tait. &#171; Circulez citoyens, vous n'&#234;tes pas les casseurs que nous soup&#231;onnions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_765 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L196xH260/deguisements-bd272.gif?1768650113' width='196' height='260' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Y verrait-on une bavure, au pr&#233;texte que nous n'&#233;tions effectivement pas les &#171; casseurs &#187; suspect&#233;s, que l'on se fourvoierait. Quels crimes aurions-nous pu commettre qui puissent justifier en r&#233;ponse l'emploi de m&#233;thodes barbouzardes ? Les jours suivants, les exactions de la police &#224; l'encontre de tout ce qui ressemblait &#224; un manifestant vont se multiplier. L&#224; aussi, ce serait une erreur de parler de &#171; d&#233;rapages &#187;. Des t&#233;moignages nombreux et accablants [1], qu'on ne lira pas dans la presse, viendront confirmer que ces violences polici&#232;res n'&#233;taient pas envisag&#233;es comme d'ultimes recours dans un climat de relative tension, mais pens&#233;es, planifi&#233;es et, sans doute, &#233;rig&#233;es en syst&#232;me. Comme &#224; chacun des contre-sommets, il fut mis en place un plan de gestion lourdement r&#233;pressif : fichage ill&#233;gal et clandestin, r&#233;activation des fronti&#232;res sur des espaces transnationaux, militarisation de l'espace public, suspension de certaines libert&#233;s publiques, notamment de circulation et de r&#233;union, s&#233;rieuses restrictions des droits et libert&#233;s individuelles, interpellations massives, proc&#233;dures judiciaires sc&#233;l&#233;rates, sur&#233;quipement de la police, usage d'armes non r&#233;glementaires et, bien s&#251;r, syst&#233;matisation de la violence polici&#232;re. Bref, &#224; chaque fois se dessinent les contours d'un &#201;tat d'exception qui ne dit pas son nom, et qui par contestation entend criminalit&#233;. L'instrumentalisation de l'image du &#171; casseur &#187; - nouvelle figure du d&#233;mon agit&#233;e par les m&#233;dias, les cliques au pouvoir et les r&#233;formistes &#224; vue basse - en est l'expression la plus frappante. Il est d'ailleurs significatif que l'une des m&#233;thodes polici&#232;res les plus remarqu&#233;es ces jours-l&#224; dans les rues de Gen&#232;ve fut le recours &#224; l'infiltration et &#224; la provocation. La flicaille helv&#232;te, peut-&#234;tre lass&#233;e de quotidiennement serrer le train des sans-papiers, a pris plaisir &#224; s'accoutrer en &#233;meutiers (avec cagoule ou casque de pr&#233;f&#233;rence), pour s'infiltrer dans les cort&#232;ges, rep&#233;rer et photographier, exacerber les tensions et, enfin, dans un de ces moments d'extase polici&#232;re, frapper &#224; coup de matraque ou de barre de fer manifestants, journalistes ou badauds. Ces dispositifs ne peuvent avoir pour seul objet d'emp&#234;cher les manifestants les plus enrag&#233;s de s'en prendre &#224; quelques symboles du capitalisme. Il s'agit aussi d'instiller la peur au sein de toutes les populations r&#233;fractaires ou susceptibles de remettre en question de mani&#232;re plus radicale leurs conditions d'existence. En ce sens, la psychose orchestr&#233;e par les m&#233;dias aux ordres rejoint et relaie la violence organis&#233;e par l'Etat. A cette entreprise de terreur et d'intimidation, il faut r&#233;sister, avec un go&#251;t retrouv&#233; pour la transgression. Celles et ceux qui, tout en revendiquant dans la rue pour ne trimer que 37,5 ann&#233;es, scandent en ch&#339;ur &#171; la police avec nous ! &#187; dans un sordide &#233;lan de solidarit&#233;, oublient qu'&#224; la premi&#232;re occasion, au premier ordre donn&#233;, la police se fera un plaisir de participer, &#224; sa fa&#231;on, au d&#233;fil&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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