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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Jean-Marc Rouillan a test&#233; pour vous la torture &#224; la fran&#231;aise</title>
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		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


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&lt;p&gt;Jann-Marc Rouillan &#233;crivait dans CQFD depuis janvier. Tous les mois, notre &#171; correspondant permanent au p&#233;nitencier &#187; veillait, depuis son &#171; bunker &#187; de Moulins-Yzeure, &#224; nous faire parvenir sa chronique en temps et en heure, bien calibr&#233;e pour tenir dans sa page, un vrai boulot de pro, tel qu'on n'en voit pas chaque jour dans un canard de ch&#244;medus ensoleill&#233;s. Quand son papier nous arrivait par un chemin d&#233;tourn&#233;, on oubliait, le temps de la lecture, que l'auteur de cette prose gorg&#233;e de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Jann-Marc-Rouillan'&gt;Jann-Marc Rouillan&lt;/a&gt; &#233;crivait dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; depuis janvier. Tous les mois, notre &lt;i&gt;&#171; correspondant permanent au p&#233;nitencier &#187;&lt;/i&gt; veillait, depuis son &#171; bunker &#187; de Moulins-Yzeure, &#224; nous faire parvenir sa chronique en temps et en heure, bien calibr&#233;e pour tenir dans sa page, un vrai boulot de pro, tel qu'on n'en voit pas chaque jour dans un canard de ch&#244;medus ensoleill&#233;s. Quand son papier nous arrivait par un chemin d&#233;tourn&#233;, on oubliait, le temps de la lecture, que l'auteur de cette prose gorg&#233;e de vie ne serait une fois de plus pas l&#224; pour l'ap&#233;ro. Ce gars qui survit en taule depuis dix-sept ans, dont les camarades agonisent sous la semelle implacable de l'administration carc&#233;rale, ce gars qui nous soutient plus que nous ne le soutenons et que nous n'avons jamais vus, on s'&#233;tait vite habitu&#233; &#224; le consid&#233;rer comme un coll&#232;gue, un pote. Mais ce mois-ci, pas de Jann-Marc dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Depuis son transfert &#224; la maison d'arr&#234;t de Fleury-M&#233;rogis le 18 mai, et suite aux violences crapuleuses perp&#233;tr&#233;es contre lui par des surveillants encagoul&#233;s, notre collaborateur n'est plus en mesure d'honorer son rendez-vous mensuel : plac&#233; en isolement, priv&#233; de tout moyen de communication, il a de fait &#233;t&#233; r&#233;duit au silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, cette museli&#232;re est peu de choses compar&#233;e &#224; la serviette avec laquelle les &#201;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233; (ERIS) l'ont baillonn&#233; &#224; l'aube de son transfert. Les ERIS, comme nous dit Pierre Ripert, l'avocat de Rouillan, c'est un &lt;i&gt;&#171; corps de mercenaires cr&#233;&#233; pour casser du d&#233;tenu &#187;&lt;/i&gt;. Encagoul&#233;s tels les bourreaux de la place de Gr&#232;ve, pour pouvoir cogner incognito, les membres des ERIS ont donc r&#233;veill&#233; Jann-Marc au petit matin du 18 mai. Ils lui enfoncent une serviette dans la bouche, le frappent, le d&#233;shabillent, le tra&#238;nent nu &#224; travers la taule puis l'obligent &#224; se mettre &#224; genoux, toujours nu, devant le directeur de la centrale, Richard Bauer, qui aurait alors &lt;i&gt;&#171; d&#233;tourn&#233; les yeux &#187;&lt;/i&gt;. Trois autres d&#233;tenus ont subi le m&#234;me sort. &lt;i&gt;&#171; Ces traitements inhumains et d&#233;gradants ressemblent beaucoup &#224; ce qui a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; &#224; la prison d'Abu Ghra&#239;b &#224; Bagdad &#187;&lt;/i&gt;, observe Pierre Ripert. Selon lui, en pr&#232;s de vingt ans de cabane, Rouillan n'avait jamais v&#233;cu &#231;a. Pour la premi&#232;re fois, il portera donc plainte pour &#171; coups et violence &#187;. Sans le moindre espoir qu'elle aboutisse, mais pour forcer les donneurs d'ordre &#224; se donner au moins la peine de tricoter une explication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration carc&#233;rale justifie le transfert de Jann-Marc par une imputation qui a toutes les apparences d'une dinguerie : notre collaborateur aurait affr&#233;t&#233; un h&#233;lico depuis sa cellule de Moulins-Yzeure&#8230; Si elle &#233;tait fond&#233;e, une telle accusation visant un homme malade, vraisemblablement atteint d'un cancer aux poumons, aurait de quoi forcer le respect. D'autant qu'au moment o&#249; il &#233;tait suppos&#233; fomenter son plan d'&#233;vasion, Jann-Marc s'appr&#234;tait &#224; d&#233;poser une demande de lib&#233;ration - en se doutant, il est vrai, qu'elle finirait dans la m&#234;me poubelles que celles d&#233;j&#224; formul&#233;es par les presque mourantes Nathalie M&#233;nigon et Jo&#235;lle Aubron. De toute fa&#231;on, pour s'&#233;chapper de la centrale ultra-s&#233;curis&#233;e de Moulins-Yzeure, un h&#233;licopt&#232;re seul ne suffit pas : il y faut aussi un fabuleux tr&#233;sor d'imagination. Enti&#232;rement recouverte de filins de s&#233;curit&#233;, &#233;quip&#233;e d'un double mur d'enceinte de six m&#232;tres de haut et dot&#233;e de cent cinquante surveillants, ce bunker est r&#233;guli&#232;rement vant&#233; par l'administration carc&#233;rale comme &#171; la prison la plus s&#251;re d'Europe &#187;. Quiconque se retrouve dans ce cul de basse-fosse &#233;prouve tr&#232;s certainement le d&#233;sir d'en sortir. Mais du d&#233;sir au projet, puis du projet &#224; sa mise en &#339;uvre, il y a toute les marges qui s&#233;parent un r&#234;ve de libert&#233; d'un forfait punissable de torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour du transfert, les autorit&#233;s p&#233;nitentiaires affirmaient d&#233;tenir des &lt;i&gt;&#171; preuves s&#233;rieuses confirmant les soup&#231;ons &#187;&lt;/i&gt; port&#233;s contre Rouillan. Pourquoi ces preuves n'ont-elles pas &#233;t&#233; communiqu&#233;es &#224; la justice ? Il est loufoque qu'aujourd'hui, quand le moindre citoyen ayant affaire &#224; la force publique encourt des poursuites pour outrage &#224; agents, aucune information judiciaire n'a &#233;t&#233; ouverte &#224; l'encontre d'un d&#233;tenu &#171; dangereux &#187; soup&#231;onn&#233; de vouloir griller la politesse &#224; une citadelle en b&#233;ton arm&#233;. Sa mise au secret &#224; Fleury, dans une maison d'arr&#234;t parfaitement inadapt&#233;e aux longues peines (&#224; supposer qu'existent des lieux susceptibles de s'adapter &#224; une perp&#233;tuit&#233; sous les verrous), ach&#232;ve le tableau. Voici Rouillan en quartier d'isolement, dans les murs de l'ex-QHS remis en fonction il y a seulement trois mois. Jusqu'&#224; quand ? Pas moyen de savoir. En quelques mots qu'il a pu nous faire glisser, Jann-Marc nous rassure n&#233;anmoins : &lt;i&gt;&#171; Dans ce QI disciplinaire, au moins, question environnement, on respire ! &#187;&lt;/i&gt; Quant &#224; l'interdiction faite &#224; notre correspondant de s'exprimer : &lt;i&gt;&#171; Je n'ai vu aucune intervention de Reporters sans fronti&#232;res&#8230; Bizarre, non ? &#187;&lt;/i&gt; Parce qu'en plus, ce con a de l'humour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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