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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Petites classes, grandes oubli&#233;es</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Assister l'enseignante lors des ateliers, accompagner les enfants dans l'apprentissage de la propret&#233;, nettoyer les salles et les couloirs... Sans les Atsem (agents territoriaux sp&#233;cialis&#233;s des &#233;coles maternelles), les &#233;tablissements fonctionneraient en mode d&#233;grad&#233;. Ce job multit&#226;che et massivement investi par des femmes souffre pourtant d'un vrai manque de reconnaissance. Portrait d'une profession. Atsem. Pour qui est entr&#233; en maternelle avant le d&#233;but des ann&#233;es 1990 et n'y a jamais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no206-fevrier-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;206 (f&#233;vrier 2022)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rosa" rel="tag"&gt;Rosa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ecoles-maternelles" rel="tag"&gt;&#233;coles maternelles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Atsem" rel="tag"&gt;Atsem&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Elzazimut-Atsem" rel="tag"&gt;d'Elzazimut Atsem&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Illustration-d-Elzazimut" rel="tag"&gt;Illustration d'Elzazimut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ecole-maternelle" rel="tag"&gt;&#233;cole maternelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Assister l'enseignante lors des ateliers, accompagner les enfants dans l'apprentissage de la propret&#233;, nettoyer les salles et les couloirs... Sans les Atsem (agents territoriaux sp&#233;cialis&#233;s des &#233;coles maternelles), les &#233;tablissements fonctionneraient en mode d&#233;grad&#233;. Ce job multit&#226;che et massivement investi par des femmes souffre pourtant d'un vrai manque de reconnaissance. Portrait d'une profession.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4350 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200atsem_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH606/1200atsem_resultat-88019.jpg?1782689767' width='500' height='606' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration d'Elzazimut
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Atsem. Pour qui est entr&#233; en maternelle avant le d&#233;but des ann&#233;es 1990 et n'y a jamais remis les pieds depuis, l'acronyme tient du cryptique. Il d&#233;signe pourtant depuis 1992 des actrices incontournables des &#233;tablissements scolaires : les agentes territoriales sp&#233;cialis&#233;es des &#233;coles maternelles. Chevilles ouvri&#232;res des classes de petite, moyenne et grande section, les Atsem &#8211; dans l'&#233;crasante majorit&#233; des femmes &#8211; y partagent l'espace avec l'enseignante&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parce qu'en 2016, 82,6 % des enseignants du premier degr&#233; &#233;taient des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ce sont elles qui, souvent, pr&#233;parent la mise en place des ateliers le matin avant l'accueil des enfants. Elles qui aident les marmots &#224; &#233;taler la gouache bien au centre de leur feuille. Elles encore qui recueillent les r&#233;cits de cauchemars au r&#233;veil de la sieste, qu'elles surveillent. &#171; &lt;i&gt;C'est pour &#231;a, pour ce contact permanent avec les enfants, que j'ai voulu faire ce m&#233;tier.&lt;/i&gt; &#187; Au bout du fil, Rosa&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; raconte les &#233;clats de rire communicatifs des minots, la satisfaction retir&#233;e dans le fait d'accompagner des tout-petits &#224; grandir un peu plus chaque jour, &#171; &lt;i&gt;la spontan&#233;it&#233; des enfants, la simplicit&#233; dans la relation&lt;/i&gt; &#187;. Pendant quatre ans, Rosa a &#233;t&#233; Atsem dans une &#233;cole maternelle d'une petite ville de Bretagne. Elle en garde globalement de bons souvenirs. Ce qui lui plaisait le plus ? &#171; &lt;i&gt;Clairement le r&#244;le d'&#233;ducateur, un des aspects essentiels de ce boulot.&lt;/i&gt; &#187; Rosa se rem&#233;more les moments pass&#233;s au r&#233;fectoire avec les petits. Loin de se r&#233;sumer &#224; de la simple surveillance et au service &#224; table, sur ce temps &#8211; quand les mairies ne ren&#226;clent pas sur les embauches et que les Atsem ne sont pas en sous-effectif &#8211; elles remplissent une vraie mission &#233;ducative : &#171; &lt;i&gt;On s'assoit avec les enfants, on leur coupe leur viande, on les incite &#224; go&#251;ter en leur expliquant ce qu'ils ont dans leur assiette ; on leur pose des questions, on discute.&lt;/i&gt; &#187; Pendant les heures de classe, m&#234;me topo : le r&#244;le de l'Atsem est surtout d'&#233;duquer. &#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r, c'est &#224; l'enseignante de d&#233;cider de la p&#233;dagogie et l'Atsem reste finalement dans l'ex&#233;cution de t&#226;ches, mais elle assiste les enfants dans leur travail et peut aussi parfois mener seule un atelier avec un petit groupe.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Femmes de service &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si sur le papier, les Atsem sont aujourd'hui reconnues comme membres &#224; part enti&#232;re de l'&#233;quipe &#233;ducative&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s le d&#233;cret du 1er mars 2018 &#171; portant diverses dispositions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, &#231;a n'a pas toujours &#233;t&#233; le cas. Dans un article intitul&#233; &#171; &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/lumiere-sur-les-atsem-ces-actrices-de-lombre-des-ecoles-maternelles-163823&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lumi&#232;re sur les Atsem, ces actrices de l'ombre des &#233;coles maternelles&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Conversation (02/09/2021).&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;, la sociologue Fabienne Montmasson Michel revient sur l'&#233;volution de la profession. La pr&#233;sence de ces femmes dans les &#233;coles remonte &#224; la fin des ann&#233;es 1830 &lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; cette &#233;poque, la maternelle telle qu'on la conna&#238;t aujourd'hui n'existe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; : celles qu'on appelait les &#171; femmes de service &#187; &#233;taient alors cantonn&#233;es &#224; l'entretien des locaux. Peu &#224; peu, elles se sont vu confier la garde des enfants en fin de journ&#233;e et les soins relatifs au corps. Leur int&#233;gration au sein des salles de classe arrive bien plus tard, au mitan du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &#233;poque &#224; laquelle &#171; &lt;i&gt;l'introduction d'un abondant mat&#233;riel p&#233;dagogique dans les classes [a rendu] n&#233;cessaires de nouvelles t&#226;ches d'entretien (nettoyage, pr&#233;paration, rangement)&lt;/i&gt; &#187;. Mais ce n'est qu'&#224; la toute fin du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle qu'on les charge d'animer des &#171; &lt;i&gt;activit&#233;s manuelles&lt;/i&gt; &#187;. Cette br&#232;ve histoire du m&#233;tier d'Atsem permet certainement de saisir un de ses aspects actuels : aujourd'hui encore, ce sont elles qui nettoient les pinceaux et les tables tachet&#233;es de colle, elles qui balaient les sols des classes jonch&#233;s de gommettes et lessivent le carrelage de la cantine aux rainures incrust&#233;es d'aliments &#233;cras&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Tous les matins, je commen&#231;ais ma journ&#233;e &#224; 8 heures pour la finir &#224; 18, une fois fait le m&#233;nage de la classe, des parties communes, des sanitaires...&lt;/i&gt; &#187;, raconte Rosa. Elle imagine : &#171; &lt;i&gt;Celles qui ont fait toute leur carri&#232;re en tant qu'Atsem doivent &#234;tre cass&#233;es...&lt;/i&gt; &#187; Des journ&#233;es &#224; rallonge que la pand&#233;mie de Covid-19 et les protocoles sanitaires sont venus alourdir, comme le racontait &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;en juin dernier Pascale, Atsem en Occitanie : &#171; &lt;i&gt;D&#232;s que l'enseignante part [d&#233;jeuner], on d&#233;sinfecte les tables, on dresse, on sert, on red&#233;sinfecte. C'est non-stop &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Atsem en maternelle : &#8220;On n'aurait pas &#233;t&#233; l&#224;, comment les enseignants (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187; Le tout pour une paye d&#233;passant g&#233;n&#233;ralement &#224; peine le Smic, en d&#233;but de carri&#232;re. Si de son c&#244;t&#233;, Rosa a toujours pu boucler les fins de mois, elle pr&#233;cise qu'elle avait la chance &#171; &lt;i&gt;d'avoir un mec qui bossait&lt;/i&gt; &#187;. Avec deux enfants &#224; charge, sans le salaire de leur p&#232;re employ&#233; d'usine, &#171; &lt;i&gt;&#231;a aurait &#233;t&#233; autre chose&lt;/i&gt; &#187;. Rosa n'est pas du genre &#224; se plaindre, mais finit par l&#226;cher : &#171; &lt;i&gt;C'est s&#251;r qu'on ne partait pas en vacances tous les ans...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Des journ&#233;es &#224; rallonge que la pand&#233;mie de Covid-19 et les protocoles sanitaires sont venus alourdir.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans un article paru dans le dernier num&#233;ro de la revue &lt;i&gt;Z&lt;/i&gt; titr&#233; &#171; Cette autre femme derri&#232;re la porte &#187;, la journaliste Na&#239;k&#233; Desquesnes se demande &#171; &lt;i&gt;ce qui explique le d&#233;calage entre, d'un c&#244;t&#233;, l'importance [des] missions fondamentales [des Atsem] aupr&#232;s des jeunes enfants ainsi que la p&#233;nibilit&#233; de ce m&#233;tier et, de l'autre, la non-reconnaissance de celui-ci, effectu&#233; &#224; plus de 99 % par des femmes&lt;/i&gt; &#187;. R&#233;ponse en une manche : &#171; &lt;i&gt;Un m&#233;pris qui pourrait bien trouver sa source dans une hi&#233;rarchie du travail pens&#233;e selon un mod&#232;le masculin et &#233;litiste o&#249; les m&#233;tiers du &lt;/i&gt;care&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En lien avec le soin.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, ceux de la petite enfance, du nettoyage et du soin, ne sont jamais admir&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Former un &#171; vrai bin&#244;me &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si ce m&#233;pris se fait sentir sur la fiche de paye, s'insinue-t-il jusque dans les rapports tiss&#233;s avec l'enseignante ? &#171; &lt;i&gt;J'ai eu du bol, &lt;/i&gt;reconna&#238;t Rosa. &lt;i&gt;Dans l'ensemble, je suis tomb&#233;e sur des femmes avec lesquelles je formais un vrai bin&#244;me. Des personnes conscientes qu'Atsem, agents d'entretien, enseignants, tout le monde est important dans une &#233;cole. C'est aussi une question de rencontre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle marque une pause, r&#233;fl&#233;chit, puis &#233;voque tout de m&#234;me cette enseignante dont elle a partag&#233; la classe pendant un an : &#171; &lt;i&gt;Je me souviens une fois d'avoir organis&#233; des classeurs avec les productions des enfants, de les avoir rang&#233;s pour qu'ils puissent les ramener &#224; la maison. Le lendemain je les avais retrouv&#233;s compl&#232;tement d&#233;sorganis&#233;s. Je ne pouvais rien prouver mais &#231;a ne pouvait &#234;tre qu'elle. Des trucs dans le genre, elle m'en a fait plusieurs dans l'ann&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Une bassesse parmi d'autres que Rosa pr&#233;f&#232;re aujourd'hui &#233;luder, mettant &#231;a sur le coup de la &#171; &lt;i&gt;fatigue&lt;/i&gt; &#187; de sa coll&#232;gue qui &#171; &lt;i&gt;&#233;tait surtout mal dans sa peau&lt;/i&gt; &#187;. D'autres t&#233;moignages font pour leur part &#233;tat d'une v&#233;ritable souffrance au travail. Parmi eux, celui de Catherine, Atsem dans une &#233;cole marseillaise, qui racontait il y a un peu plus d'un an &#224; &lt;i&gt;Marsactu&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Dans les &#233;coles marseillaises, le blues des tatas &#187; (23/11/2020).&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; les rapports complexes entretenus avec les enseignantes &#224; qui elle devait &#171; &lt;i&gt;demander pour aller aux toilettes&lt;/i&gt; &#187;. Na&#239;k&#233; Desquesnes relate quant &#224; elle l'histoire de Katia, une Atsem de l'Is&#232;re &#224; qui la coll&#232;gue enseignante a un jour lanc&#233; : &#171; &lt;i&gt;&#199;a me fait mal de te voir assise &#224; mon bureau.&lt;/i&gt; &#187; Et la journaliste d'en conclure : &#171; &lt;i&gt;Comment ne pas voir ici une forme de lutte de pouvoir entre une femme et une autre, une domin&#233;e et une un peu moins domin&#233;e&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/div&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Parce qu'en 2016, 82,6 % des enseignants du premier degr&#233; &#233;taient des femmes, on prendra ici le parti de les d&#233;signer au f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'apr&#232;s le d&#233;cret du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars 2018 &#171; portant diverses dispositions statutaires relatives aux agents territoriaux sp&#233;cialis&#233;s des &#233;coles maternelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;The Conversation&lt;/i&gt; (02/09/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; cette &#233;poque, la maternelle telle qu'on la conna&#238;t aujourd'hui n'existe pas encore, mais la &#171; salle d'asile &#187; en constitue les pr&#233;mices.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://connexion.liberation.fr/autorefresh?referer=https%3a%2f%2fwww.liberation.fr%2fsociete%2feducation%2fatsem-dans-les-ecoles-maternelles-on-naurait-pas-ete-la-pendant-le-covid-comment-les-enseignants-auraient-pu-faire-classe-20210602_Q3PU7D7STVBY3PY3DCC73JH3HE%2f&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Atsem en maternelle : &#8220;On n'aurait pas &#233;t&#233; l&#224;, comment les enseignants auraient fait classe ?&#8221;&lt;/a&gt; &#187; (02/06/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En lien avec le soin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://marsactu.fr/dans-les-ecoles-marseillaises-le-blues-des-tatas/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans les &#233;coles marseillaises, le blues des tatas&lt;/a&gt; &#187; (23/11/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La gr&#232;ve en France dans le miroir d'un prolo am&#233;ricain</title>
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		<dc:date>2020-07-29T15:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>John Marcotte</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Noirs</dc:subject>
		<dc:subject>marxiste antiautoritaire</dc:subject>
		<dc:subject>classe ouvri&#232;re</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Camionneur retrait&#233;, John Marcotte a particip&#233; &#224; un tas de luttes sociales aux &#201;tats-Unis. Depuis une Am&#233;rique fractur&#233;e plus radicalement par le racisme que par la lutte des classes, il exprime l'espoir que lui procure le mouvement social hexagonal contre la r&#233;forme des retraites. Cet extrait de courrier nous vient d'un marxiste antiautoritaire am&#233;ricain investi dans les luttes depuis la guerre du Vietnam. Un jour, John en a eu marre de passer son temps &#224; faire des livraisons dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no185-mars-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;185 (mars 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-marxiste" rel="tag"&gt;d'un marxiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Camionneur retrait&#233;, John Marcotte a particip&#233; &#224; un tas de luttes sociales aux &#201;tats-Unis. Depuis une Am&#233;rique fractur&#233;e plus radicalement par le racisme que par la lutte des classes, il exprime l'espoir que lui procure le mouvement social hexagonal contre la r&#233;forme des retraites.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet extrait de courrier nous vient d'un marxiste antiautoritaire am&#233;ricain investi dans les luttes depuis la guerre du Vietnam. Un jour, John en a eu marre de passer son temps &#224; faire des livraisons dans les rues de New York. Il a fini par prendre sa retraite de camionneur et vit d&#233;sormais dans une cabane qu'il a construite dans les bois, entre le Vermont et le Massachusetts. Il continue &#224; lutter au c&#244;t&#233; de toutes celles et tous ceux qui s'insurgent contre l'&#233;tat du monde et la destruction &#233;cologique. Les mobilisations fran&#231;aises contre la r&#233;forme des retraites lui donnent l'occasion d'&#233;voquer la situation sociale aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui m'a le plus marqu&#233; dans cette lutte [&lt;i&gt;contre la r&#233;forme des retraites&lt;/i&gt;], c'est ce que l'on pourrait appeler son esprit d'ouverture. &#192; savoir qu'il s'agit d'une gr&#232;ve appel&#233;e ou soutenue par les syndicats, mais dont le contr&#244;le leur a &#233;chapp&#233;. D&#233;sormais, toute lutte devrait &#234;tre ouverte &#224; tous ceux qui veulent y participer. C'est une nouvelle &#233;tape tr&#232;s prometteuse, selon moi. Ajoutons &#224; cela l'influence des Gilets jaunes et des nouveaux jeunes travailleurs des banlieues &#8211; on comprend que les syndicats soient largu&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, je vois tout cela depuis les &#201;tats-Unis, depuis notre r&#233;alit&#233; ici. Dans une certaine mesure, les jeunes conducteurs de bus d'origine immigr&#233;e, les chauffeurs et les m&#233;caniciens me rappellent qu'ici aussi, la classe ouvri&#232;re est en grande partie noire, d'origine latino, immigr&#233;e [&lt;i&gt;et/ou&lt;/i&gt;] f&#233;minine. Cela renouvelle l'espoir de renverser la politique raciste, x&#233;nophobe et misogyne qui rend Donald Trump si populaire. J'esp&#232;re que cette ultime tentative de r&#233;inventer un paradis imaginaire de travailleurs masculins blancs est vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Si nous avons suffisamment d'&#233;nergie pour r&#233;sister, la supr&#233;matie blanche pourra &#234;tre d&#233;faite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La race divise plus que la classe&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'un autre c&#244;t&#233;... nous sommes tellement, tellement loin de cette conscience de classe qui affleure en France. Et cela en raison de l'emprise de nos pr&#233;jug&#233;s raciaux et nationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'imaginer que les &#201;tats-Unis poss&#232;dent la classe ouvri&#232;re la mieux arm&#233;e du monde (si les travailleurs espagnols [&lt;i&gt;en 1936&lt;/i&gt;] avaient eu la moiti&#233; des armes qui sont dans les mains des Am&#233;ricains, Franco aurait &#233;t&#233; &#233;cras&#233;). Pourtant, la classe ouvri&#232;re blanche am&#233;ricaine n'est pas organis&#233;e en syndicats anarchistes, ni m&#234;me socialistes... Elle pr&#233;f&#232;re se constituer en milices, en groupes supr&#233;macistes blancs, en Tea Party, tout cela au plus grand b&#233;n&#233;fice du Parti r&#233;publicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las encore, si un r&#233;formiste comme Bernie Sanders &#233;tait &#233;lu pr&#233;sident et d&#233;cidait de s'attaquer &#224; Wall Street, s'il &#233;tait confront&#233; &#224; une paralysie de l'&#233;conomie orchestr&#233;e par le grand Capital comme &#224; l'&#233;poque d'Allende au Chili&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En octobre 1972, pour bloquer la politique de nationalisation du secteur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, et que les travailleurs commen&#231;aient &#224; perdre leur emploi, alors ces milices de la classe ouvri&#232;re blanche soutiendraient Wall Street et se retourneraient certainement contre les travailleurs noirs et latinos. Ici, sauf &#224; quelques exceptions historiques pr&#232;s, la race divise plus profond&#233;ment que la classe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Donnez-moi juste mon argent&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Trump est l'incarnation d'une r&#233;alit&#233; profonde et sombre de ce pays de pionniers et de colonisateurs, mais il n'est, bien s&#251;r, pas le probl&#232;me principal. Les politiques n&#233;olib&#233;rales du Parti d&#233;mocrate ont bel et bien pr&#233;par&#233; le terrain de son &#233;lection. Les &#8220;r&#233;formes&#8221; macronistes, nous les connaissons par c&#339;ur ! Les Am&#233;ricains pensent qu'il est &#8220;normal&#8221; que tu sois p&#233;nalis&#233; si tu prends ta retraite &#224; 62 ans... Et l'&#226;ge pivot &#224; taux plein continue d'augmenter : c'&#233;tait 65, puis 66, maintenant tu dois avoir 67 ans ! Ce sera encore plus tard pour les prochaines g&#233;n&#233;rations. Et tout cela est consid&#233;r&#233; comme normal, parce que &#8220;&#231;a a toujours &#233;t&#233; comme &#231;a&#8221; ! Idem pour le r&#233;gime de pensions priv&#233;es que l'on vend aux travailleurs am&#233;ricains depuis des d&#233;cennies, et l'id&#233;ologie individualiste qui va avec : &#8220;C'est &lt;i&gt;votre&lt;/i&gt; argent, personne ne peut vous l'enlever...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re cette mentalit&#233;, on retrouve un racisme implicite : &#8220;La S&#233;curit&#233; sociale est possiblement un meilleur syst&#232;me, mais... est-ce qu'elle va aussi profiter aux Noirs ? Alors dans ce cas-l&#224;, non, je n'en veux pas, je ne veux pas qu'un seul centime aille aux Noirs, donnez-moi juste mon argent, je suis blanc, je le m&#233;rite !&#8221; Le travailleur blanc part en retraite avec dix cents au lieu de dix dollars, mais au moins il garde son sentiment de sup&#233;riorit&#233;, il est satisfait parce que le Noir n'a rien. C'est ainsi que &#231;a fonctionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi nous n'avons toujours pas de soins de sant&#233; socialis&#233;s et pourquoi les travailleurs blancs pauvres rejettent l'Obamacare&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;forme embl&#233;matique de l'&#232;re Obama ayant permis &#224; des millions d'Am&#233;ricains (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, m&#234;me si ce syst&#232;me leur vient en aide. Il n'y a qu'en Am&#233;rique que les Blancs pauvres pr&#233;f&#232;rent rester sans dents plut&#244;t que de soutenir une proposition de loi pour des soins dentaires gratuits pour tous&#8230; Parce que ce &#8220;tous&#8221; inclurait les Noirs. H&#233;las oui, on en est &#224; ce niveau de stupidit&#233;, de m&#233;chancet&#233; et de racisme. C'est pourquoi ils aiment Trump, qui est le parfait reflet de tout cela. Tout le jeu &#233;lectoral est construit autour des mots cod&#233;s du racisme, non ouvertement exprim&#233;s, mais qui signifient : &#8220;Je vais m'assurer que les Noirs n'obtiennent rien.&#8221; Et on voit bien combien plus les politiques de Trump sont cruelles et stupides, plus il devient populaire : s&#233;parer les enfants migrants de leurs parents &#224; la fronti&#232;re, supprimer la protection environnementale de l'eau et l'air, autoriser les pesticides, etc., tout cela est tr&#232;s populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant dit, rien n'est &#233;crit par avance. Ce que l'on a vu en France me donne du courage, tout comme le soul&#232;vement indig&#232;ne au Canada&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis quelque temps, les peuples autochtones de la Colombie-Britannique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Et les jeunes d'ici me redonnent confiance ! Il y a deux jours, j'ai accompagn&#233; deux amis &#224; une audience du tribunal du New Hampshire. Ils avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, avec 64 autres personnes, pour avoir bloqu&#233; la derni&#232;re centrale &#224; charbon de la Nouvelle-Angleterre. Et d'autres avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s pour avoir bloqu&#233; le train qui tentait de r&#233;approvisionner la centrale. &#192; l'exception de mes deux amis et de quelques autres plus &#226;g&#233;s que moi, les personnes arr&#234;t&#233;es sont tr&#232;s jeunes : elles d&#233;fient le syst&#232;me et sont d&#233;ters, elles cherchent de nouvelles id&#233;es et sont courageuses, s&#233;rieuses, d&#233;vou&#233;es &#224; leur cause. C'est de bon augure pour l'avenir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;John Marcotte (Massachusetts, le 15 f&#233;vrier) / Traduction Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En octobre 1972, pour bloquer la politique de nationalisation du secteur minier engag&#233;e par Salvador Allende, le patronat chilien, avec l'appui de la CIA, chercha &#224; organiser la p&#233;nurie dans le pays en ayant recours &#224; une gr&#232;ve de camionneurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;forme embl&#233;matique de l'&#232;re Obama ayant permis &#224; des millions d'Am&#233;ricains pauvres de disposer d'une assurance sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis quelque temps, les peuples autochtones de la Colombie-Britannique s'opposent &#224; la construction du gazoduc de la compagnie Coastal Gaslink sur leurs terres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sp&#233;culateurs sur la ville</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Speculateurs-sur-la-ville</link>
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		<dc:date>2020-01-02T15:41:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Patxi Beltzaiz</dc:subject>
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		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s Gouverner Marseille en 2005 et Sociologie de Marseille en 2015, Michel Peraldi poursuit son oeuvre de d&#233;mystification de la cit&#233; phoc&#233;enne dans Marseille en r&#233;sistance &#224; para&#238;tre en 2020. Loin des clich&#233;s et des clins d'yeux du marketing territorial, le sociologue aligne les faits et les analyses qui remettent la ville &#224; sa juste place : une cit&#233; provinciale banale dans laquelle les prix tr&#232;s bas du foncier attirent petits et gros investisseurs. Entretien. En 2015, vous insistiez sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Patxi-Beltzaiz-118" rel="tag"&gt;Patxi Beltzaiz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une-ville" rel="tag"&gt;d'une ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classe-moyenne" rel="tag"&gt;classe moyenne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;i&gt;Gouverner Marseille &lt;/i&gt;en 2005 et&lt;i&gt; Sociologie de Marseille&lt;/i&gt; en 2015, Michel Peraldi poursuit son oeuvre de d&#233;mystification de la cit&#233; phoc&#233;enne dans Marseille en r&#233;sistance &#224; para&#238;tre en 2020. Loin des clich&#233;s et des clins d'yeux du marketing territorial, le sociologue aligne les faits et les analyses qui remettent la ville &#224; sa juste place : une cit&#233; provinciale banale dans laquelle les prix tr&#232;s bas du foncier attirent petits et gros investisseurs. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH328/-1400-f7ed3.jpg?1782961346' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Patxi Beltzaiz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2015, vous insistiez sur l'&#233;cart entre ville imagin&#233;e et ville habit&#233;e. Comment ces diff&#233;rentes l&#233;gendes participent-elles &#224; troubler la compr&#233;hension de la ville ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut rester vigilant avec cette histoire de particularisme marseillais car toutes les villes ont une l&#233;gende. Dans le cas de Marseille, on observe une superposition des l&#233;gendes : au cours des si&#232;cles, entre la ville mondiale et la ville provinciale centr&#233;e sur son r&#244;le administratif local, toutes sortes de repr&#233;sentations sont venues se concat&#233;ner. C'est le cas quand on stigmatise le Marseille-Chicago des stups et du stupre. &#199;a l'est aussi quand on chante les r&#233;ussites d'une cit&#233; cosmopolite. Si on regarde la r&#233;alit&#233; actuelle avec les lunettes du sociologue, on peut affirmer que Marseille est bien moins cosmopolite que Paris et peut-&#234;tre moins aussi que certaines villes &#233;tudiantes comme Poitiers ! Ce cosmopolitisme, qui a exist&#233; lorsqu'elle a &#233;t&#233; un aimant, un refuge ou une &#233;tape pour des humanit&#233;s en mouvement, constitue aujourd'hui une part de son capital immat&#233;riel au sens de l'Unesco, un march&#233; pour les professionnels du tourisme, un motif de r&#233;inventions pour toute une classe moyenne intellectuelle. Tous cherchent &#224; se r&#233;approprier cette l&#233;gende. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La banalit&#233;, fil conducteur dans votre travail pour saisir objectivement Marseille, est tristement confirm&#233;e par Euromed. Ce projet m&#233;galo pilot&#233; par l'&#201;tat qui vise &#224; la recr&#233;ation d'une ville de toutes pi&#232;ces en lieu et place des quartiers de la zone portuaire est prolong&#233; par les chantiers du Vieux-Port ou de la Plaine &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour d&#233;signer les premiers am&#233;nagements de la requalification de la place (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;. Trahit-il la volont&#233; des pouvoirs locaux de faire table rase de l'existant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On d&#233;passe ici le seul registre de la banalit&#233; pour se confronter &#224; un travail de normalisation que l'on retrouve dans toutes les grandes m&#233;tropoles. Les urbanistes s'appuient sur des usages st&#233;r&#233;otyp&#233;s de l'espace public, marqu&#233;s par la dimension s&#233;curitaire et la volont&#233; de produire une sorte de r&#233;enchantement touristique &#224; l'instar de ce que j'ai pu observer dans mon livre &lt;i&gt;Marrakech ou le souk des possibles&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La D&#233;couverte, 2018.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Il s'agit aussi de rendre la ville conforme &#224; l'id&#233;al de confort qui serait propre aux classes moyennes. Euromed est l'arch&#233;type de cette variante marseillaise du nulle part que l'on retrouve &#224; la D&#233;fense &#224; Paris ou &#224; la Part-Dieu &#224; Lyon. Mais ce qui me sid&#232;re le plus, c'est le processus de &#8220;conformisation&#8221;, de banalisation du commerce enclench&#233; par les marques franchis&#233;es, transformant des rues enti&#232;res en hall d'a&#233;roport l&#224; o&#249; battait le pouls d'un bazar m&#233;langeant une infinit&#233; de types de relations, commerciales ou non. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec un taux d'homicides li&#233;s au banditisme tr&#232;s &#233;lev&#233;, des quartiers parmi les plus pauvres d'Europe, une concentration de l'habitat insalubre et une classe politique d'une m&#233;diocrit&#233; rare, la singularit&#233; de Marseille serait-elle celle d'une ville laiss&#233;e &#224; l'abandon pour faciliter une vaste op&#233;ration d'&#233;puration sociale &#224; l'encontre des classes populaires, en suivant une strat&#233;gie du choc ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avec Jean-Claude Gaudin, c'est une petite bourgeoisie affairiste qui a pris le pouvoir pour nettoyer la ville et cr&#233;er les conditions d'un capitalisme sp&#233;culatif autour de la valeur du foncier. De m&#234;me, industriels importants et grande bourgeoisie sont pr&#233;sents et actifs sur la cit&#233; phoc&#233;enne pour se livrer &#224; des op&#233;rations de sp&#233;culation immobili&#232;re. Et je tiens &#224; souligner que la ville ne compte pas forc&#233;ment plus de d&#233;c&#232;s li&#233;s &#224; la criminalit&#233; organis&#233;e que la banlieue parisienne ou la Corse. Elle sert de bouc &#233;missaire par rapport &#224; des situations tr&#232;s r&#233;pandues sur tout le territoire avec des modes d'approvisionnement des stup&#233;fiants et des niveaux de consommation similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la m&#233;diocrit&#233; suppos&#233;e du personnel politique local, l&#224; aussi peut-on vraiment parler d'une singularit&#233; ? Gaudin, Martine Vassal &lt;i&gt;[pr&#233;sidente LR du D&#233;partement]&lt;/i&gt; ou Renaud Muselier &lt;i&gt;[pr&#233;sident LR de la R&#233;gion]&lt;/i&gt; sont-ils plus bas de plafond que les Balkany ou Fran&#231;ois Hollande ? Si on veut voir une d&#233;cr&#233;pitude de la classe politique, c'est davantage &#224; l'&#233;chelle nationale qu'il faut regarder. Avec l'&#233;quipe Gaudin, on a assist&#233; &#224; une transformation du profil social des hommes et femmes politiques par rapport &#224; l'&#233;poque de Gaston Defferre &lt;i&gt;[maire &#171; socialiste&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; de 1953 &#224; 1986]&lt;/i&gt;, qui &#233;tait entour&#233; de grands avocats p&#233;nalistes, de professeurs d'universit&#233;, de m&#233;decins renomm&#233;s. &#192; partir de 2000, vient le r&#232;gne des petits commer&#231;ants, promoteurs immobiliers et avocats d'affaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Insistant sur la d&#233;cadence &#233;conomique de la ville, vous affirmez en 2005 que &#171; Marseille est une &#233;toile &#233;conomiquement morte dont la lumi&#232;re continue de briller &#187;. L'attractivit&#233;, surtout touristique, pour laquelle la municipalit&#233;, la M&#233;tropole et le D&#233;partement investissent des capitaux importants, ne serait-elle qu'une l&#233;gende suppl&#233;mentaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le renouveau &#233;conomique marseillais ne profite qu'&#224; une fraction de la population. Cela marque le passage d'une ville industrielle autour de l'activit&#233; portuaire &#224; une ville sp&#233;culative. On peut prendre l'exemple de feu Jacques Saad&#233;, patron de la CMA CGM &#8211; leader mondial du transport maritime en conteneurs &#8211;, qui installe son si&#232;ge dans une tour cens&#233;e inaugurer la &lt;i&gt;skyline&lt;/i&gt; marseillaise. Mais on n'y trouve que 4 % de son personnel alors que l'essentiel de l'activit&#233; de la compagnie se situe &#224; Tanger au Maroc et Port-Sa&#239;d en &#201;gypte. Un autre gratte-ciel va voir le jour avec Bouygues et Sodexo est sur les rangs. Le nerf de cette attractivit&#233; reste la faiblesse des prix du foncier dans la perspective de s'assurer une rente immobili&#232;re car Marseille est encore la moins ch&#232;re des grandes villes d'Europe de l'Ouest. Pour quelles retomb&#233;es &#233;conomiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les quartiers Nord ou &#224; la Belle-de-Mai, cela ne fournit pas d'emploi &#224; ceux qui sont rest&#233;s &#224; quai : la ville red&#233;marre sans la population qui y vit. Dans le domaine de l'&#233;conomie cr&#233;ative, on peut prendre l'exemple de la s&#233;rie &#224; succ&#232;s &lt;i&gt;Plus belle la vie &lt;/i&gt;qui a donn&#233; du boulot &#224; 8 000 personnes depuis sa cr&#233;ation en 2004. Mais la plupart des contrats propos&#233;s sont ultra-pr&#233;caires et flexibles &#224; l'&#233;chelle nationale. Quelques individus des quartiers pourront en b&#233;n&#233;ficier mais ce sera toujours une goutte d'eau dans un oc&#233;an de ch&#244;mage et de pauvret&#233; tant il s'agit d'un march&#233; complexe, reposant sur des r&#233;seaux personnels et prenant une dimension europ&#233;enne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parmi les th&#232;mes qui servent &#224; vendre la ville, il y a donc cette image d'un cosmopolitisme marseillais r&#233;ussi. Qu'en est-il de ce m&#233;lange harmonieux des communaut&#233;s ? De l'h&#233;g&#233;monie d'une d&#233;mocratie chr&#233;tienne plut&#244;t blanche, catholique ou protestante, &#224; la sauce marseillaise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;lectorat captif de Gaudin, ce sont 100 000 personnes concentr&#233;es dans 3 ou 4 arrondissements au sud de la ville. Leur profil type est d'&#234;tre blanc, europ&#233;en, appartenant aux classes moyennes &#8211; commer&#231;ants, fonctionnaires, professions lib&#233;rales. Mais &#231;a ne mange pas de pain d'aller passer une heure avec les communaut&#233;s et &#231;a peut m&#234;me participer &#224; consolider la stature d'un maire soucieux d'&#339;cum&#233;nisme, de rassemblement religieux&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans les documentaires de Michel Samson et Jean-Louis Comolli, on voit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. C'est un message qui satisfait les int&#233;r&#234;ts de la haute hi&#233;rarchie catholique et Gaudin en est tr&#232;s proche. De plus, l'&#233;dile marseillais est un bon acteur, il sait incarner ce r&#244;le. Ce qui renforce ma conviction que plus les soci&#233;t&#233;s se complexifient, travers&#233;es qu'elles sont par des influences nationales, europ&#233;ennes voire mondiales, plus la fonction politique se r&#233;duit &#224; un th&#233;&#226;tre. Et quoi de mieux que la r&#233;f&#233;rence au cosmopolitisme pour soigner d&#233;cor et couleur locale ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous attirez l'attention sur ces couches moyennes qui pourraient jouer un r&#244;le majeur dans la reconfiguration de la ville, dans sa gentrification. Alors que les &#233;lections municipales se profilent et que l'actualit&#233; marseillaise a &#233;t&#233; domin&#233;e par les effondrements du 5 novembre 2018, une reconfiguration politique semble s'amorcer. Signe d'un basculement possible de ces couches moyennes vers une v&#233;ritable alternative sur les d&#233;combres de la d&#233;mocratie chr&#233;tienne (PS-LR) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'importance grandissante de ces couches moyennes trahit les &#233;volutions sociologiques de la population marseillaise en lien avec la transformation de la ville : la disparition de la classe ouvri&#232;re li&#233;e aux activit&#233;s de la zone industrialo-portuaire. Comment faire le portrait de cette classe moyenne compos&#233;e de &#8220;&lt;i&gt;ceux qui montent et de ceux qui descendent&lt;/i&gt;&#8221; selon le sociologue Pierre Bourdieu ? C'est un ensemble tr&#232;s flou avec un groupe d'affairistes autour de commer&#231;ants, d'entrepreneurs, de promoteurs, de consultants que l'on retrouve parmi tous les conseillers municipaux de Gaudin, un groupe de cr&#233;atifs autour des m&#233;tiers artistiques et de la communication, un groupe plus traditionnel enfin autour des fonctionnaires territoriaux, des profs. Ces derniers sont aujourd'hui tr&#232;s &#233;loign&#233;s d'un syst&#232;me politique dans lequel ils ne se reconnaissent plus apr&#232;s la d&#233;composition de la gauche. Ils sont attach&#233;s &#224; un certain format intellectuel du d&#233;bat politique, lequel n'est pas soluble dans la basse politique. D&#232;s lors, une frange non n&#233;gligeable de la classe moyenne se retrouve dans les collectifs, les associations, les grands d&#233;bats autour des questions environnementales ou de l'accueil des migrants mais plus dans les urnes. Par ailleurs, aujourd'hui l'acteur politique majeur c'est l'&#201;tat, sur le logement, la s&#233;curit&#233;, le d&#233;veloppement &#233;conomique, etc. Par exemple, les grands organismes HLM s'inscrivent dans des f&#233;d&#233;rations nationales en lien avec l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la d&#233;mocratie chr&#233;tienne, courant repr&#233;sent&#233; par des partis d&#233;di&#233;s en Italie et en Allemagne mais pas vraiment en France, elle pourrait &#234;tre revitalis&#233;e par le mouvement macroniste. Mais que va-t-il sortir de l'humus r&#233;sultant de la d&#233;composition de la gauche et de la droite ? &#192; bien des &#233;gards, on vit une situation pr&#233;r&#233;volutionnaire avec l'obsolescence du syst&#232;me politique defferro-gaudiniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais concernant la comp&#233;tition &#233;lectorale &#224; venir, il y a assez peu de suspense. D'un c&#244;t&#233;, une gauche qui devrait aller &#224; la bataille en ordre dispers&#233;. De l'autre c&#244;t&#233;, une droite &#233;galement divis&#233;e qui est dans la m&#234;me situation que l'actuel maire de Marseille de 1986 &#224; 1992, c'est-&#224;-dire dans l'obligation de passer par une alliance pour acc&#233;der au pouvoir. Deux possibilit&#233;s s'offrent &#224; Martine Vassal, pr&#233;sidente de la M&#233;tropole et du D&#233;partement et a priori la mieux plac&#233;e pour 2020 : soit elle peut s'allier avec En Marche, d&#232;s lors que le parti pr&#233;sidentiel parvient &#224; se structurer autour d'une candidature consensuelle, soit avec le Rassemblement national. Mais le s&#233;curitaire risque d'&#234;tre l'arbitre des prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales. Et Gaudin avait fini par choisir le soutien du FN pour diriger le conseil r&#233;gional Paca. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la vision de l'&#201;tat pour redynamiser Marseille ? Quel est votre regard sur l'avenir de la ville ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s les effondrements de la rue d'Aubagne, beaucoup de voix se sont exprim&#233;es en faveur d'une mise sous tutelle de la ville par l'&#201;tat. Mais Marseille conna&#238;t d&#233;j&#224; une tutelle de fait ! L'&#201;tat prend la main sur tous les dossiers laiss&#233;s &#224; l'abandon par la Ville et, depuis bien longtemps, les services publics gouvernent ce territoire. Il faut faire avec cette r&#233;alit&#233;. La seule inconnue concerne ce qui peut ressortir de la fonction m&#233;tropolitaine. Pour l'instant, la constitution d'une nouvelle &#233;lite m&#233;tropolitaine est &#233;touff&#233;e par les vieux notables alors que les dossiers cruciaux s'amoncellent : en particulier les transports dans un &#233;tat lamentable mais aussi le logement, l'environnement. Une fois de plus, ce renouvellement ne pourra se faire que dans le dialogue entre ces nouvelles &#233;lites et l'&#201;tat. Il semble peu probable que les collectifs et les associations, issus d'une tradition de luttes y compris dans les mondes immigr&#233;s, se r&#233;concilient avec le syst&#232;me politique local tant leurs mani&#232;res de faire de la politique sont diff&#233;rentes. Et une &#233;ventuelle recomposition de la gauche sera un processus tr&#232;s lent : &#231;a prendra au moins dix ans pour qu'une entente de circonstance entre communistes, socialistes et insoumis &lt;i&gt;[qui tentent de s'unir pour les prochaines municipales sous la banni&#232;re du &#171; Printemps marseillais&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt;] &lt;/i&gt;aboutisse &#224; quelque chose de coh&#233;rent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'id&#233;e de provoquer un changement profond de la population de la ville gr&#226;ce &#224; la politique d'attractivit&#233; et un effet TGV est compl&#232;tement absurde. Certes, nous vivons dans un monde de mobilit&#233;s qui met en mouvement aussi bien des Parisiens, des Lyonnais que des Alg&#233;riens mais on ne renouvelle pas une ville enti&#232;re. &#192; Marseille, persiste un fondement anthropologique, celui d'une ville de propri&#233;taires. Avec un taux de 44 %, la cit&#233; phoc&#233;enne est plus proche de Nice, la ville des retrait&#233;s s&#233;curis&#233;s, et tr&#232;s loin devant Lille ou Lyon. C'est surtout cela qui freine le changement. N&#233;anmoins des &#233;volutions sociologiques sont &#224; l'&#339;uvre sans qu'on puisse encore discerner leur devenir : fin des ouvriers comme classe, fin des services publics &#224; l'ancienne, mont&#233;e en puissance d'un front social entre affairistes et cr&#233;atifs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour d&#233;signer les premiers am&#233;nagements de la requalification de la place Jean-Jaur&#232;s (nom officiel de la Plaine), une habitante du quartier d&#233;clarait : &#171; &lt;i&gt;Cela va rassembler &#224; ce qu'on trouve partout ailleurs&lt;/i&gt; &#187; (France 3, &#233;dition de proximit&#233; 04/10/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La D&#233;couverte, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans les documentaires de Michel Samson et Jean-Louis Comolli, on voit Gaudin portant coiffe traditionnelle faire campagne dans la communaut&#233; comorienne avec de forts relents n&#233;ocoloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Passe d'armes avec le coll&#232;ge connect&#233;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathalie Caton</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#192; l'occasion d'une rencontre publique initi&#233;e par les signataires de l'Appel de Beauchastel, nous faisons connaissance avec C&#233;line. Sa fille, entr&#233;e au coll&#232;ge en septembre 2015, go&#251;te cette ann&#233;e les &#171; bienfaits &#187; de la mise en place du &#171; coll&#232;ge connect&#233; &#187;. C&#233;line, qui a voulu s'investir dans le fonctionnement du coll&#232;ge, fait depuis deux ans partie du conseil d'administration et des d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'association des parents d'&#233;l&#232;ves. Comment se passe l'arriv&#233;e de la tablette au coll&#232;ge ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion d'une rencontre publique initi&#233;e par les signataires de l'Appel de Beauchastel, nous faisons connaissance avec C&#233;line. Sa fille, entr&#233;e au coll&#232;ge en septembre 2015, go&#251;te cette ann&#233;e les &#171; bienfaits &#187; de la mise en place du &#171; coll&#232;ge connect&#233; &#187;. C&#233;line, qui a voulu s'investir dans le fonctionnement du coll&#232;ge, fait depuis deux ans partie du conseil d'administration et des d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'association des parents d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3081 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH569/-1315-a2d27.jpg?1782766614' width='500' height='569' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ruoyi Jin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se passe l'arriv&#233;e de la tablette au coll&#232;ge ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 2015, je suis convoqu&#233;e &#224; mon premier CA. Le repr&#233;sentant du conseil d&#233;partemental s'est d&#233;plac&#233; pour l'occasion. Il se f&#233;licite qu'un nouveau coll&#232;ge fasse partie du projet pilote du tout num&#233;rique et se r&#233;jouit de l'arriv&#233;e des tablettes pour les &#233;l&#232;ves de 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;. &#192; cette &#233;poque-l&#224;, ma fille est en 6&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;. Elle ne va donc pas recevoir de tablette dans l'imm&#233;diat, mais je comprends qu'elle fera partie du lot en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours de Monsieur-le-conseiller me choque tout de suite : j'apprends que la tablette est impos&#233;e &#224; nos familles, et que d'ici trois ans, il n'y aura plus de livres. Le renouvellement des manuels co&#251;te cher, le projet permet, entre autres, de les remplacer par des manuels num&#233;riques. C'est l'un des &#8220;avantages&#8221; de la distribution gratuite des tablettes aux &#233;l&#232;ves. Je r&#233;alise le danger que ce projet pilote pourrait repr&#233;senter pour mes enfants. Je lui demande de quel droit il impose la tablette dans nos maisons. Monsieur-le-conseiller ne se laisse pas d&#233;monter ; l'arriv&#233;e des tablettes chez nous, c'est pour notre bien. Cela va de soi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a partout des idiots et des mal-comprenants. Je dois en faire partie, mais je ne suis pas s&#251;re d'&#234;tre la seule. Alors je d&#233;cide de mener ma petite enqu&#234;te pour savoir si les autres parents savent que leur enfant va recevoir une tablette et que celle-ci sera amen&#233;e le soir &#224; la maison. Je constate que beaucoup ne sont pas au courant. Il y a eu tr&#232;s peu de communication entre le coll&#232;ge et les parents et entre parents concern&#233;s. Je le signale au professeur r&#233;f&#233;rent en informatique, qui propose une r&#233;union d'information. Ce professeur a re&#231;u une formation sp&#233;cifique, c'est un &lt;i&gt;geek&lt;/i&gt; de la premi&#232;re heure. Cette r&#233;union va lui permettre de nous pr&#233;senter la tablette et son fonctionnement, mais surtout, de nous servir la messe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s fier de lui, il nous raconte tout ce que le num&#233;rique va apporter de positif &#224; nos enfants : un jour, &#233;tant en cours dans une classe de 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, il se rend compte, gr&#226;ce &#224; son ordinateur portable reli&#233; &#224; la salle d'&#233;tude, qu'un &#233;l&#232;ve de 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, en train de faire ses devoirs, fait fausse route dans son travail. &#8220;Gr&#226;ce&#8221; &#224; son ordinateur portable interconnect&#233;, il peut lui envoyer un &#8220;tchat&#8221; pour lui signaler la bonne voie &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'ann&#233;e scolaire 2016, on prend les petits nouveaux et on recommence : les veinards qui arrivent en classe de 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; vont &#224; leur tour recevoir leur tablette. Et ma fille, entre-temps pass&#233;e en 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, re&#231;oit naturellement la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que &#231;a me r&#233;vulse, je signe la convention. (Si une maman tente de refuser, on lui fait du chantage &#8220;Votre enfant n'aura pas acc&#232;s aux cours&#8221; ; &#8220;Vous ne pourrez pas recevoir ses notes&#8221; ; etc., elle finit par signer.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la convention, il est &#233;crit que les parents s'engagent &#224; prendre une assurance sp&#233;ciale et qu'ils fournissent le casque et le stylet. La tablette donne droit &#224; cinq jeux t&#233;l&#233;chargeables gratuitement. Cela lui donne l'air d'un cadeau &#8220;fun&#8221;. Un cadeau empoisonn&#233;, en fait : il va de soi que certains enfants trouvent vite le moyen de t&#233;l&#233;charger tous azimuts. Pour nous, les parents, c'est un vrai casse-t&#234;te. Ajoutons que la tablette doit &#234;tre rendue en fin d'ann&#233;e, et qu'&#224; partir de deux unit&#233;s d&#233;t&#233;rior&#233;es, les parents remboursent. &#201;tant donn&#233; que c'est un objet fragile, cela fait peser une lourde responsabilit&#233; sur les &#233;paules des enfants. Parfois trop lourde : plusieurs familles ont d&#233;j&#224; de gros probl&#232;mes. &#192; cause de la casse, ils ont d&#251; faire face &#224; de p&#233;nibles convocations &#224; r&#233;p&#233;tition. Certains enfants, en particulier ceux qui sont en difficult&#233;, comprennent vite que la tablette n'est pas un jouet mais un instrument de travail ; face &#224; l'&#233;chec, ou dans un moment d'&#233;nervement, on a vu certains &#233;l&#232;ves pris d'une crise de rage briser leur tablette. Cette &#8220;innovation&#8221; technique serait une aide pour les plus faibles, nous dit-on. Au bout du compte, ce sont encore ceux-l&#224; qui trinquent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu nous as dit que tu as pu voir comment &#231;a se passe, concr&#232;tement, au coll&#232;ge ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Devant mes r&#233;ticences, et histoire de me calmer, on me propose d'assister en tant qu'observatrice &#224; des heures de cours num&#233;ris&#233;s. On m'octroie deux matin&#233;es pour me rendre compte de ce qu'apporte la fameuse tablette. Ce sont des professeurs pro-num&#233;riques qui me re&#231;oivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me surprend d'abord, c'est de voir comment la classe est organis&#233;e : les &#233;l&#232;ves sont r&#233;partis en &#8220;&#238;lots&#8221;, (en groupes, quoi !), et chacun joue un r&#244;le : il y a un secr&#233;taire (scribe), deux &#233;l&#232;ves &#8220;actifs&#8221; (ils font des recherches, r&#233;pondent &#224; des questions), et un &#233;l&#232;ve charg&#233; de surveiller que tout le monde travaille. Les r&#244;les tournent quand le travail est termin&#233;. Je constate que certains &#233;l&#232;ves sont avachis sur leur chaise, d'autres s'agitent. Quelques-uns sont assis dans un coin, leur casque sur les oreilles, les yeux riv&#233;s sur leur tablette. J'ai appris qu'ils r&#233;visaient leur le&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cours d'histoire, la tablette est utilis&#233;e comme support documentaire. Par exemple, un tableau de Louis XIV &#224; commenter &#224; partir d'une batterie de questions. Or, si toute la classe est sur Internet, il arrive souvent que le r&#233;seau sature. Pendant un quart d'heure, rien ne marche et les &#233;l&#232;ves regardent voler les mouches. &#192; la fin, le professeur est bien oblig&#233; de revenir au papier ! Ce qui m'inqui&#232;te, c'est que nos enfants n'&#233;crivent quasiment plus. Les jours o&#249; la connexion ne marche pas, avec le stylet, on fait comment ? Il y a plus grave : les &#233;l&#232;ves d&#233;sapprennent &#224; organiser leur travail. Les rares cahiers qu'ils ont encore sont de vrais torchons et on peine &#224; s'y retrouver. Quant &#224; d&#233;chiffrer leurs hi&#233;roglyphes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au chapitre des innovations, il y a la &#8220;classe invers&#233;e&#8221; : quand un professeur veut que les &#233;l&#232;ves apprennent une nouvelle le&#231;on, il se filme et il met la vid&#233;o sur Internet. Le cours est ainsi &#8220;encapsul&#233;&#8221; (et pr&#234;t &#224; &#234;tre ingurgit&#233;). Ensuite, le professeur v&#233;rifie en faisant un QCM que chacun a bien appris sa le&#231;on. Malgr&#233; cette nouvelle fa&#231;on de faire, certains d'entre eux n'arrivent pas &#224; retenir leur le&#231;on ; ce sont justement ceux qu'on voit isol&#233;s dans un coin de la classe, le casque sur les oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une anecdote : un jour, un professeur fait irruption dans la classe d'un coll&#232;gue. Gr&#226;ce &#224; la connexion totale au sein de l'&#233;tablissement, il a pu s'apercevoir qu'un m&#244;me regardait une vid&#233;o pendant le cours. C'est pas le r&#234;ve, &#231;a ?! Mouchards, d&#233;lateurs, collabos, les ordinateurs n'ont pas d'&#233;tats d'&#226;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que la tablette a chang&#233; dans ta vie et celle de tes enfants, que ce soit au coll&#232;ge ou ailleurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au quotidien c'est exasp&#233;rant. Il m'arrive de recevoir plus de dix mails par jour du coll&#232;ge : on m'informe de ceci, de cela, des devoirs qui ont &#233;t&#233; faits, et que dans telle mati&#232;re, ma fille a obtenu telle note... Eh oui, je re&#231;ois ses notes en temps r&#233;el ! D'ailleurs cela commence &#224; d&#233;plaire &#224; ma fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les devoirs doivent &#234;tre r&#233;dig&#233;s sur la tablette, mais imprim&#233;s &#224; la maison. Car les profs demandent toujours une version papier. Il est clair que les co&#251;ts d'impression sont d&#233;plac&#233;s vers les familles. Le probl&#232;me, c'est que premi&#232;rement, tous les parents n'ont pas une imprimante ; deuxi&#232;mement, tout imprimer, c'est exorbitant, tout le monde n'a pas les moyens de le faire. Pour moi, il est hors de question d'imprimer les devoirs : ma fille les &#233;crit sur papier, un point c'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce coll&#232;ge, il y a r&#233;guli&#232;rement des r&#233;unions &#8220;informelles&#8221; avec le proviseur. Un jour, il nous informe qu'il a re&#231;u un coup de fil du conseil d&#233;partemental : des tablettes allum&#233;es ont &#233;t&#233; rep&#233;r&#233;es &#224; Paris. Il est malvenu de les faire sortir du d&#233;partement. Cela se passe de commentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'impact sanitaire du WiFi, la question a &#233;t&#233; pos&#233;e mais aucune r&#233;ponse r&#233;elle n'a &#233;t&#233; donn&#233;e, je dirais m&#234;me qu'elle a &#233;t&#233; ignor&#233;e. J'ai bien l'intention d'aller dans les classes avec un appareil pour mesurer la puissance des ondes &#233;lectromagn&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a ce &#224; quoi on ne pense pas : la tablette, il faut la vider pour mieux pouvoir la remplir. Tout comme les t&#234;tes ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Nathalie Caton&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La route du sang de la classe dirigeante chinoise</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-route-du-sang-de-la-classe</link>
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		<dc:date>2019-06-03T01:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Reeve</dc:creator>


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		<dc:subject>loi martiale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1989, les manifestations anti-r&#233;gime de la place Tian'anmen furent &#233;cras&#233;es par l'arm&#233;e chinoise. Trente ans plus tard, un livre, Le Grand Massacre du 4 juin, raconte l'histoire de 202 des nombreuses victimes de cette r&#233;pression. Je prends au hasard, page 86, le cas n&#176; 175 : &#171; Wang Junjing, sexe masculin, 30 ans, technicien &#224; l'usine d&#233;pendant de la Direction des compteurs de P&#233;kin, pr&#232;s du Temple-de-la-Tour-Blanche. Le 5 juin 1989 vers 10 h du matin, alors qu'il se rend au travail, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no176-mai-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;176 (mai 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mortimer" rel="tag"&gt;Mortimer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/juin" rel="tag"&gt;juin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regime" rel="tag"&gt;r&#233;gime&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Grand-Massacre" rel="tag"&gt;Grand Massacre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi-martiale" rel="tag"&gt;loi martiale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1989, les manifestations anti-r&#233;gime de la place Tian'anmen furent &#233;cras&#233;es par l'arm&#233;e chinoise. Trente ans plus tard, un livre, &lt;i&gt;Le Grand Massacre du 4 juin&lt;/i&gt;, raconte l'histoire de 202 des nombreuses victimes de cette r&#233;pression.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2938 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH357/-1181-793a9.jpg?1782766617' width='500' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mortimer
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;J&lt;/span&gt;e prends au hasard, page 86, le cas n&#176; 175 : &#171; &lt;i&gt;Wang Junjing, sexe masculin, 30 ans, technicien &#224; l'usine d&#233;pendant de la Direction des compteurs de P&#233;kin, pr&#232;s du Temple-de-la-Tour-Blanche. Le 5 juin 1989 vers 10&lt;/i&gt; &lt;i&gt;h du matin, alors qu'il se rend au travail, il rencontre la troupe charg&#233;e d'appliquer la loi martiale ; un tir de balles dum-dum l'atteint &#224; un rein et au c&#339;ur. Conduit aux urgences de l'h&#244;pital Xiehe, il meurt sans qu'on ait pu le soigner. Quand sa famille se pr&#233;sente pour l'identifier, il y a d&#233;j&#224; plus de quarante cadavres qui s'entassent dans l'h&#244;pital.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Le Grand Massacre du 4 juin&lt;/i&gt; (traduit et introduit par Herv&#233; Den&#232;s &lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et publi&#233; cette ann&#233;e &#224; L'Insomniaque. Herv&#233; Den&#232;s est aussi l'auteur d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;), sont r&#233;pertori&#233;s 202 cas d'hommes et de femmes, d'enfants et de vieillards, massacr&#233;s par les troupes (200 000 hommes et des chars) venues appliquer la loi martiale pour mettre fin au mouvement d&#233;mocratique de la place Tian'anmen, &#224; P&#233;kin en 1989. La liste fut dress&#233;e par des femmes qui avaient des parents parmi les victimes et qui ont ensuite constitu&#233; un groupe informel appel&#233; &#171; les M&#232;res de Tian'anmen &#187;, en r&#233;f&#233;rence aux m&#232;res des disparus de la dictature argentine. Cette liste &lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle a &#233;t&#233; fournie par le dissident exil&#233; Liao Yiwu, qui a r&#233;alis&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; est loin d'&#234;tre exhaustive, tant la peur et les pressions de l'&#201;tat totalitaire p&#232;sent encore sur la parole. Les chiffres varient : 10 000, 2 700, 3 400 personnes tu&#233;es&#8230; Le vrai bilan restera &#224; jamais inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;Le 4 juin est une date charni&#232;re dans l'histoire de la Chine,&lt;/i&gt; &#233;crit Herv&#233; Den&#232;s dans l'introduction de l'ouvrage. &lt;i&gt;Avant, il restait une lueur d'espoir que le r&#233;gime se d&#233;mocratise. Apr&#232;s [le massacre] sonne le glas de tout espoir d'assouplissement. Le pouvoir absolu de Xi Jinping &#8211; l'actuel empereur &#8211; et le projet clairement totalitaire et belliciste de l'&#201;tat chinois sont les fruits toxiques de cette trag&#233;die.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;volte de classe&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le document s'av&#232;re intense, bouleversant, mais aussi riche d'informations. En indiquant l'origine sociale des victimes, il permet de mieux cerner la nature de classe de la r&#233;volte provoqu&#233;e par l'intervention militaire. Sans minimiser l'importance du mouvement &#233;tudiant (central dans la contestation), sa lecture vient confirmer ce qu'on savait d&#233;j&#224;. Ce fut l'insurrection des quartiers populaires de P&#233;kin et l'engagement des travailleurs dans la r&#233;volte qui a fait basculer la bureaucratie rouge vers la r&#233;pression sanglante. De la m&#234;me fa&#231;on que Mai 68, le mouvement autour de l'occupation de Tian'anmen fut plus qu'une simple mobilisation &#233;tudiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herv&#233; Den&#232;s rappelle qu'une initiative d'auto-organisation ouvri&#232;re &#233;tait en gestation &#224; Tian'anmen, malgr&#233; le d&#233;dain de classe que la majorit&#233; des &#233;tudiants manifestaient envers les travailleurs et le peuple en g&#233;n&#233;ral. La tentative de cr&#233;ation d'Unions ouvri&#232;res ind&#233;pendantes inqui&#233;ta le pouvoir communiste, troubl&#233; par la r&#233;volte polonaise de&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Solidarnosc et la &lt;i&gt;perestro&#239;ka&lt;/i&gt; sovi&#233;tique &lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On trouvera une analyse de ces tentatives dans le livre co&#233;crit par Hsi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Ainsi, un nombre significatif de victimes sont des membres des classes populaires, des travailleurs, ch&#244;meurs, &#224; c&#244;t&#233; d'&#233;tudiants et de lyc&#233;ens. La quasi-totalit&#233; des individus list&#233;s ont &#233;t&#233; massacr&#233;s, souvent achev&#233;s &#224; bout portant, hors de la place, dans les quartiers de P&#233;kin o&#249; la foule tenta de s'opposer &#224; l'avanc&#233;e des troupes vers Tian'anmen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de l'attitude du pouvoir, tous les r&#233;cits s'accordent pour souligner le c&#244;t&#233; barbare de la r&#233;pression, le m&#233;pris du peuple, le cynisme et l'arrogance. Quelques ann&#233;es apr&#232;s la sanglante &#171; Grande R&#233;volution culturelle &#187;, la nature totalitaire de la classe dirigeante chinoise se confirmait. Son attachement &#224; l'arm&#233;e, qui reste le pilier du r&#233;gime, est le signe de sa fragilit&#233;, incapable qu'elle est de faire usage de formes d&#233;mocratiques de m&#233;diation et de consensus comme dans les soci&#233;t&#233;s de vieux capitalisme. Son seul appui est la force brute, son unique mode de fonctionnement est le rapport de force. Les travailleurs chinois l'ont &#233;prouv&#233;, dans l'horreur, le 4 juin 1989, et ils savent que rien n'a chang&#233; depuis. &#201;lucubrations et sp&#233;culations sur les droits de l'homme et l'&#233;volution possible du r&#233;gime s'effacent devant la v&#233;rit&#233; brutale des faits expos&#233;s. L'avenir restera marqu&#233; par le pass&#233;, par la couleur du sang vers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un objet subversif&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lors de son r&#233;cent passage en Europe, un avocat engag&#233; dans le soutien aux gr&#232;ves sauvages qui ont eu lieu r&#233;cemment en Chine a t&#233;moign&#233; du renforcement actuel de la r&#233;pression d'&#201;tat. R&#233;pression qui touche d&#233;sormais les courants dits &#171; n&#233;omao&#239;stes &#187;, qui ont tent&#233; de s'organiser dans des &#171; clubs marxistes &#187; sous le regard tol&#233;rant du parti et &#224; l'abri de la th&#233;ologie mao&#239;ste et des portraits du despote Mao. Or, m&#234;me ces clubs se font mettre au pas, leurs militants les plus actifs sont emprisonn&#233;s, sous l'argument philosophique imbattable que &#171; &lt;i&gt;&#234;tre marxiste c'est ob&#233;ir au parti&lt;/i&gt; &#187;. Questionn&#233; sur le souvenir du 4 juin dans la m&#233;moire de celles et ceux qui se battent aujourd'hui contre le r&#233;gime, l'avocat en question a r&#233;pondu : &#171; &lt;i&gt;C'est une question que je n'ose m&#234;me pas aborder.&lt;/i&gt; &#187; La peur des repr&#233;sailles continue &#224; rel&#233;guer le souvenir du grand massacre dans les profondeurs de la m&#233;moire. Mais un silence si lourd couvre un oubli refoul&#233;, qui resurgira le moment venu. Cela se passe ainsi dans l'histoire des dictatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; l'importance de ce document bouleversant qui doit &#234;tre connu et diffus&#233;, &#233;gar&#233; et &#171; oubli&#233; &#187; &#224; l'occasion sur les comptoirs des caf&#233;s-tabacs, tables des restaurants et sur les &#233;tag&#232;res des supermarch&#233;s chinois. Il est un objet subversif pour peu qu'il touche l'int&#233;r&#234;t du quidam de passage sensible &#224; la question sociale et &#224; la nature barbare du r&#233;gime chinois.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Charles Reeve&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et publi&#233; cette ann&#233;e &#224; L'Insomniaque. Herv&#233; Den&#232;s est aussi l'auteur d'un t&#233;moignage sensible sur la vie en Chine &#224; la veille de la &#171; R&#233;volution culturelle &#187;, &lt;i&gt;Douceur de l'aube&lt;/i&gt;, L'Insomniaque, 2017. Sous le pseudonyme de Hsi Hsuan-Wou, il a sign&#233; d'autres ouvrages critiques sur la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Elle a &#233;t&#233; fournie par le dissident exil&#233; Liao Yiwu, qui a r&#233;alis&#233; par ailleurs une s&#233;rie d'interviews avec des survivants : &lt;i&gt;Des balles et de l'opium&lt;/i&gt;, trad. Marie Holzman, Globe, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On trouvera une analyse de ces tentatives dans le livre co&#233;crit par Hsi Hsuan-Wou et l'auteur du pr&#233;sent article, &lt;i&gt;Bureaucratie, bagne et business&lt;/i&gt;, L'Insomniaque, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Bobos partout, bobos nulle part</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Un collectif de chercheurs vient de publier Les bobos n'existent pas , solide travail d'enqu&#234;te autour de la figure du &#171; bourgeois-boh&#232;me &#187;. D'une consistance sociologique proche de l'ectoplasme, le concept a plus &#233;t&#233; affaire de diversion que d'information. *** Quartier des Batignolles, 17e arrondissement de Paris. En 2009, la population active compte 52 % de professionnels de l'information et de la communication contre 6 % d'ouvriers. Gentrifi&#233;, le quartier ? Bobo&#239;s&#233; ? Les sociologues (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no168-septembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;168 (septembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Batignolles" rel="tag"&gt;Batignolles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un collectif de chercheurs vient de publier &lt;i&gt;Les bobos n'existent pas &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;dit&#233; en 2018 aux Presses universitaires de Lyon.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, solide travail d'enqu&#234;te autour de la figure du &#171; bourgeois-boh&#232;me &#187;. D'une consistance sociologique proche de l'ectoplasme, le concept a plus &#233;t&#233; affaire de diversion que d'information.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2658 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH292/-918-3e153.jpg?1782962916' width='500' height='292' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Placid.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quartier des Batignolles&lt;/strong&gt;, 17&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris. En 2009, la population active compte 52 % de professionnels de l'information et de la communication contre 6 % d'ouvriers. Gentrifi&#233;, le quartier ? Bobo&#239;s&#233; ? Les sociologues Jean-Yves Authier et Ana&#239;s Collet questionnent un prof d'universit&#233; y habitant depuis 1998 : &#171; &lt;i&gt;Vous nous avez parl&#233; de &#8220; bobos '', est-ce que vous pourriez pr&#233;ciser ce que vous entendez par ce terme ?&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;C'est une cat&#233;gorie qui ne veut rien dire, mais qui permet &#224; chacun de se faire comprendre sans se faire comprendre.&lt;/i&gt; &#187; Voil&#224; qui a le m&#233;rite de la clart&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concept ayant fait flor&#232;s depuis les ann&#233;es 2000, les bobos sont partout. Dans les bars branch&#233;s, au comptoir des Biocoop, dans un ancien entrep&#244;t d'usine relook&#233; en loft. Sous son oxymore, le bourgeois-boh&#232;me est un hypocrite : il a beau kiffer les minorit&#233;s et les m&#339;urs non conventionnelles, sa barbe de hipster n'est l&#224; que pour cacher son sourire carnassier d'inf&#226;me gentrifieur. Le bobo est une cinqui&#232;me colonne. Un bouffeur de prolo. Un morceau de classe moyenne bien garni en capital culturel, tout &#224; son aise dans la fluidit&#233; num&#233;rique et les galeries d'art contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224;. Le bobo a ceci de commun avec l'arc-en-ciel que plus on s'en approche pour en toucher la substance, plus il se d&#233;robe. En croisant &#233;tudes de terrain et revues de presse, analyses statistiques et cartographies &#233;lectorales, une poign&#233;e de sociologues a d&#233;cid&#233; d'investiguer le ph&#233;nom&#232;ne. R&#233;sultat : &#224; part un coup d'&#233;clat s&#233;mantique ayant r&#233;gal&#233; &#233;ditorialistes et autres commentateurs soci&#233;taux pendant une quinzaine d'ann&#233;es, la baudruche finit en bourse plate. Au d&#233;part on a quoi ? Un best-seller sign&#233; du journaliste conservateur am&#233;ricain David Brooks. En 2000, l'homme publie &lt;i&gt;Bobos in Paradise&lt;/i&gt;, dans lequel il &#233;pingle une&lt;i&gt; upper-class&lt;/i&gt; bourr&#233;e d'oseille et &#233;lev&#233;e &#224; la contre-culture hippie. Des enfants g&#226;t&#233;s ayant rompu avec le dogme de la m&#233;ritocratie amerloque. Le concept traverse l'Atlantique et subit une hybridation hexagonale. La &#171; gauche caviar &#187; &#233;tant &#224; bout de souffle, &#171; bobo &#187; est l&#224; qui prend la rel&#232;ve. Import&#233; en France, le bobo est avant tout un cultureux. &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; ironise et cajole la gentille caricature. L'arch&#233;type d'un gauchisme soft, ouvert et tendance. Bobo n'est pas une menace et encore moins une insulte. &#192; la place du couteau entre les ratiches, on lui a fourr&#233; un cure-dent en bambou bio.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Triste tropisme&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 2007, la donne change. La droite d&#233;complex&#233;e sarkozyste fait de la figure du bobo l'homme &#224; abattre. L'identit&#233; nationale drague du c&#244;t&#233; de la France p&#233;riurbaine et conchie ces ultra-citadins adeptes du V&#233;lib' et du pain sans gluten. Bobo bascule du c&#244;t&#233; obscur de la farce &#233;lectorale. Au cour des pr&#233;sidentielles de 2012, les fachos de Riposte La&#239;que d&#233;gainent l'&#233;quation qui dit tout : &#171; &lt;i&gt;Bobos = socialistes = immigrationnistes = pro-islamistes &lt;/i&gt; &#187;. La boucle se boucle pour bobo qui devient un rouage du complot de l'anti-France. Triste tropisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier gros quart de &lt;i&gt;Les bobos n'existent pas&lt;/i&gt; reproduit des &#233;changes entre journalistes et sociologues lors de deux tables rondes. Les premiers ont besoin des seconds pour &#233;tayer leurs analyses, les seconds des premiers pour que leurs travaux sortent des revues d'initi&#233;s et atteignent le populo. Reste que les passerelles entre les deux univers sont parfois branlantes. Les journalistes reprochent aux chercheurs de ne pas s'&#234;tre d&#233;p&#234;tr&#233;s d'une sociologie marxisante, uniquement born&#233;e entre classe poss&#233;dante et prol&#233;tariat, tandis qu'une classe moyenne prot&#233;iforme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;prenait ses aises. Tandis que les sociologues pointent l'addiction de certains plumitifs &#224; un mot-valise sans contenu r&#233;el, sorte de gimmick impos&#233; par une soudaine mode langagi&#232;re. Prenant du champ, la sociologue Sylvie Tissot lie l'utilisation quasi compulsive du &#171; bobo &#187; &#224; une &#171; &lt;i&gt; disqualification plus large du militantisme, notamment dans la production m&#233;diatique &lt;/i&gt; &#187;. V&#233;n&#232;re, la chercheuse Anne Clerval balance une taloche sur la tignasse g&#233;lifi&#233;e d'un concept accus&#233; de n'avoir &#233;t&#233; jamais rien d'autre qu'un pr&#233;texte &#171; &lt;i&gt;au service d'une id&#233;ologie r&#233;actionnaire consistant &#224; pr&#244;ner la fin des classes et &#224; dire en substance : avant, il y avait les bourgeois et les boh&#232;mes, maintenant ils s'entendent, il n'y a plus de classes sociales &lt;/i&gt;[&#8230;]. &lt;i&gt;Et on se sert des bobos pour faire &#233;cran. On s'en prend &#224; eux parce que ceux qu'on d&#233;signe ainsi ont un certain pouvoir symbolique, mais on laisse dans l'ombre les poss&#233;dants, ceux qui tiennent leur pouvoir de la propri&#233;t&#233; du capital &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons enfin qu'un des contributeurs du livre, le g&#233;ographe Mattieu Giroud, a fini sa courte vie dans la mare de sang du Bataclan en novembre 2015. Fin analyste de la gentrification, il concluait : &#171; &lt;i&gt;En d&#233;finitive, on peut penser que le recours abusif &#224; la cat&#233;gorie &#8220; bobos '' dans la sph&#232;re politico-m&#233;diatique a &#233;t&#233; &#224; ce point erratique et stigmatisant qu'il la rend sans doute peu op&#233;ratoire pour retranscrire le v&#233;cu quotidien des individus. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;dit&#233; en 2018 aux Presses universitaires de Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Classes vides, enfants en rade</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Tardif</dc:creator>


		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Ubuesque ! En Seine-Saint-Denis, des enfants attendent des mois avant de pouvoir rejoindre leur classe. Pendant ce temps, leurs professeurs font cours dans des salles presque vides. Alice Groult, enseignante au coll&#232;ge Jean-Moulin d&#8216;Aubervilliers, revient pour CQFD sur la scandaleuse situation de ces classes d'accueil. Qu'est-ce qu'une classe d'accueil ? &#171; Il s'agit d'un dispositif sp&#233;cial pour les enfants qui arrivent de pays &#233;trangers (Maghreb, Proche-Orient, Asie, Afrique noire, etc.) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no159-novembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;159 (novembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-une-classe" rel="tag"&gt;qu'une classe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Afrique-noire" rel="tag"&gt;Afrique noire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ubuesque ! En Seine-Saint-Denis, des enfants attendent des mois avant de pouvoir rejoindre leur classe. Pendant ce temps, leurs professeurs font cours dans des salles presque vides. Alice Groult, enseignante au coll&#232;ge Jean-Moulin d&#8216;Aubervilliers, revient pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sur la scandaleuse situation de ces classes d'accueil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1951 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH576/-241-c0b08.jpg?1782657596' width='400' height='576' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qu'une classe d'accueil ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'agit d'un dispositif sp&#233;cial pour les enfants qui arrivent de pays &#233;trangers (Maghreb, Proche-Orient, Asie, Afrique noire, etc.) et qui ont besoin d'apprendre notre langue avant de pouvoir suivre une scolarit&#233; en classe &#8216;&#8216; traditionnelle ''. &#192; la cl&#233;, des cours de fran&#231;ais bien s&#251;r, &#224; raison de 10 &#224; 12 heures par semaine. Mais aussi des &#233;quipes motiv&#233;es pour accueillir des enfants souvent marqu&#233;s par un parcours migratoire difficile. Et une r&#233;flexion sur l'int&#233;gration de ces &#233;l&#232;ves au sein d'autres classes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Seine-Saint-Denis, ce dispositif ne fonctionne pas comme il devrait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que ce soit &#224; Aubervilliers, Stains, Saint-Denis ou &#224; Montreuil, nous dressons aujourd'hui un m&#234;me constat : les classes d'accueil dans les coll&#232;ges du 93 sont quasiment vides. Et les &#233;l&#232;ves migrant.e.s qui devraient y &#234;tre inscrits attendent depuis plusieurs mois chez eux. Ce n'est pas nouveau, malheureusement. L'an pass&#233; d&#233;j&#224;, un mouvement de gr&#232;ve des professeurs de classes d'accueil avait &#233;t&#233; lanc&#233;, pour d&#233;noncer cette situation scandaleuse. Il s'agissait de protester contre le d&#233;lai d'attente impos&#233; aux enfants avant leur scolarisation &#8211; de six &#224; huit mois en moyenne. Et de s'opposer &#224; la volont&#233; de l'institution scolaire de les transformer en &#8216;&#8216; dispositif UPE2A '' (Unit&#233; p&#233;dagogique pour &#233;l&#232;ve allophone arrivant), lequel signifie moins d'heures et de moyens pour les &#233;l&#232;ves. Ce dispositif fait aussi voler en &#233;clats la notion de groupe-classe, pourtant essentielle dans la coh&#233;rence p&#233;dagogique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En filigrane se dessine un affrontement entre deux visions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des tenants d'une p&#233;dagogie nouvelle posent en effet que ces &#233;l&#232;ves devraient directement rejoindre les classes &#8216;&#8216; ouvertes ''. C'est-&#224;-dire qu'ils suivraient certains cours en classe traditionnelle, sans que des moyens suppl&#233;mentaires ou des formations sp&#233;cifiques ne soient accord&#233;s &#224; leurs professeurs. D'autant plus illusoire qu'il s'agit de coll&#232;ges plac&#233;s en REP ou REP+ (R&#233;seaux d'&#233;ducation prioritaire, concernant les &#233;tablissements dont beaucoup &#233;l&#232;ves sont issus de familles en difficult&#233; financi&#232;re), avec des effectifs d&#233;j&#224; lourds. &#192; en croire le discours institutionnel, il ne s'agirait pas de faire des &#233;conomies sur le dos des &#233;l&#232;ves migrant.e.s. Ni de profiter de ce que leurs familles ne peuvent de toute &#233;vidence pas r&#233;agir comme le feraient des parents du centre-ville bourgeois de Paris &#8211; oh non, surtout pas ! Ce m&#234;me discours fait carr&#233;ment passer les professeurs hostiles &#224; cette triste &#233;volution pour des r&#233;fractaires &#224; l'&#233;ducation pour les migrant.e.s version XXIe si&#232;cle. Nous n'aurions rien compris, en somme. Et peu importe les multiples &#8216;&#8216; couacs '' constat&#233;s. &#192; l'image de cette UPE2A qui a ouvert en catastrophe au milieu de l'ann&#233;e derni&#232;re. Pour salle de classe, le foyer des &#233;l&#232;ves. Et pour enseignante, une professeure contractuelle non form&#233;e... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous aviez pourtant obtenu quelques garanties apr&#232;s le mouvement de gr&#232;ve ?&lt;/strong&gt;
&#171; Nous pensions en effet avoir &#233;t&#233; un peu entendus, apr&#232;s trois audiences aupr&#232;s des grands pontes de l'inspection acad&#233;mique. D'autant que nous n'&#233;tions pas les seuls &#224; nous inqui&#233;ter : le D&#233;fenseur des droits avait lui aussi fait conna&#238;tre ses pr&#233;-occupations &#224; propos du temps d'attente. Et puis, on nous avait promis quelques ouvertures de classe &#8211; c'&#233;tait d&#233;j&#224; &#231;a, m&#234;me s'il s'agissait de contrats de 20 heures, et non 26. Bref, nous avons cru que le droit &#224; une m&#234;me &#233;ducation pour tou.te.s, quel que soit le pays d'origine, n'&#233;tait pas totalement enterr&#233;. Erreur ! &#192; la rentr&#233;e, la plupart d'entre nous ont d&#233;couvert des classes quasiment vides. &#192; l'exception des maintiens (&#233;l&#232;ves arriv&#233;s en cours d'ann&#233;e derni&#232;re), presque aucun nouvel enfant n'a &#233;t&#233; affect&#233; &#224; nos classes. Alors m&#234;me que les directrices des Centres d'information et d'orientation font &#233;tat &#8211; &#231;&#224; et l&#224; &#8211; de chiffres aberrants : dans certaines villes, pr&#232;s de 100 enfants auraient pass&#233; les tests pour &#234;tre scolaris&#233;s et se trouveraient sur liste d'attente. Ils ne rejoindront les salles de classe qu'en f&#233;vrier ou mars ! Ils se retrouvent donc &#224; attendre chez eux (quand il y a un &#8216;&#8216; chez eux '') pendant que nous ne faisons cours que pour cinq ou six &#233;l&#232;ves. C'est compl&#232;tement idiot. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous en avez parl&#233; aux repr&#233;sentants de l'institution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bien s&#251;r. Mais l'inspection acad&#233;mique reste muette. Et ne r&#233;pond pas &#224; notre proposition de former un groupe de travail pour aider le personnel administratif dans l'affectation des &#233;l&#232;ves. Elle se contente d'&#233;voquer un &#8216;&#8216; changement de personnel '' et pr&#233;tend que &#8216;&#8216; la nouvelle inspectrice '' doit prendre connaissance des dossiers. Une justification l&#233;g&#232;re, voire grotesque. Mais qui r&#233;v&#232;le le m&#233;pris total de notre hi&#233;rarchie quant &#224; la scolarisation des &#233;l&#232;ves &#233;trangers, &#224; leur accueil et &#224; leur int&#233;gration. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dans les deux sens du terme</title>
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		<dc:date>2015-11-06T19:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;dito</dc:subject>
		<dc:subject>classe</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; Je rends hommage &#224; la classe ouvri&#232;re. &#187; La classe, oui, dans les deux sens du terme. Xavier Mathieu, un des rebelles des Contis, cette bo&#238;te qui vira un beau jour 700 de ses ouvriers pour satisfaire &#224; la fringale actionnariale, s'exprime dans Le Grand Journal de Canal Plus le 12 octobre dernier. Le matin m&#234;me, six salari&#233;s d'Air France &#233;taient cueillis au saut du lit par quelques mastards asserment&#233;s de la police de l'air et des fronti&#232;res suite &#224; l'ambiance pugilistique du dernier comit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Air-France" rel="tag"&gt;d'Air France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classe-ouvriere-9257" rel="tag"&gt;classe ouvri&#232;re.&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Grand-Journal" rel="tag"&gt;Grand Journal&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Leny-Escudero" rel="tag"&gt;Leny Escudero&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je rends hommage &#224; la classe ouvri&#232;re.&lt;/i&gt; &#187; La classe, oui, dans les deux sens du terme. Xavier Mathieu, un des rebelles des Contis, cette bo&#238;te qui vira un beau jour 700 de ses ouvriers pour satisfaire &#224; la fringale actionnariale, s'exprime dans Le Grand Journal de Canal Plus le 12 octobre dernier. Le matin m&#234;me, six salari&#233;s d'Air France &#233;taient cueillis au saut du lit par quelques mastards asserment&#233;s de la police de l'air et des fronti&#232;res suite &#224; l'ambiance pugilistique du dernier comit&#233; central d'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est l&#224; le Mathieu, m&#226;choire crisp&#233;e, muscles tendus, b&#234;te de sc&#232;ne propuls&#233;e dans l'ar&#232;ne m&#233;diatique. Venu de son plein gr&#233;, en m&#233;moire d'abord du chanteur Leny Escudero (que &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a eu l'honneur de compter parmi ses abonn&#233;s). &#171; &lt;i&gt;Expliquez-nous&lt;/i&gt; &#187;, demande l'oie peroxyd&#233;e et charg&#233;e de distribuer la parole. &#171; &lt;i&gt;Parce que je rage, je rage depuis quelques jours de ce que je vois, le lynchage&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;que tous les m&#233;dias ont fait envers mes camarades qui se battent.&lt;/i&gt; &#187; La jactance de Mathieu n'est pas toujours acad&#233;mique, bouscul&#233;e par la col&#232;re, le trop-plein. Le &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que je fous-l&#224; ?&lt;/i&gt; &#187; &#224; faire mon num&#233;ro sous les projos de cette &#233;ditocratie qui s'est arrog&#233; le monopole de d&#233;crire le monde tel qu'il va. Pour qui &#171; ouvrier &#187; est un concept aussi p&#233;rim&#233; qu'une boule de naphtaline oubli&#233;e dans l'armoire de mamie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors Mathieu d&#233;cide de filer la m&#233;taphore. Et de nous &#233;laborer une th&#233;orie sur le labrador, ce gentil cl&#233;bard qui encaisse toute sa vie et qui, un jour, finit par mordre comme un forcen&#233; cette main qui l'a flatt&#233; pour un salaire et des conditions de travail de mis&#232;re. Il rappelle que toute sa vie, il a &#233;t&#233; non violent, mais que maintenant c'est fini : &#171; &lt;i&gt;Je suis pour la violence.&lt;/i&gt; &#187; Comment ne pas avoir envie de charger la culasse au regard de l'ardoise laiss&#233;e par la lutte des Contis : 5&#8200;suicides, 200&#8200;types au RSA et des centaines de divorces. De quoi ce barouf m&#233;diatico-politique pour deux chemises arrach&#233;es est-il le nom ? Si ce n'est celui d'une caste dominante piqu&#233;e au vif d'avoir &#233;t&#233; publiquement mise &#224; nu, dans les deux sens du terme. Et qui se plaint de la mauvaise image renvoy&#233;e aupr&#232;s des investisseurs &#233;trangers&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1600 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/161110hulk-7eee3.jpg?1782641171' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux jours plus tard, un ouvrier c&#233;g&#233;tiste de la soci&#233;t&#233; STX &#224; Saint-Nazaire (l&#224; o&#249; commen&#231;a la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 1968 !) refuse de serrer la pogne de Hollande, en solidarit&#233; avec les salari&#233;s d'Air France face &#224; la &#171; violence patronale &#187;. L'autre pantin bafouilla &#171; Moui&#8230; dialogue social, on peut parler &#187;. Pan, bourre pif, on se pr&#234;tait &#224; r&#234;ver&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout cela, c'&#233;tait &#224; la t&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le printemps a la vie dure</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-printemps-a-la-vie-dure</link>
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		<dc:date>2012-11-13T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Steeve Stiv</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Cl&#233;ment Baudet</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>police</dc:subject>
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		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>loi sp&#233;ciale</dc:subject>
		<dc:subject>sp&#233;ciale</dc:subject>

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&lt;p&gt;Vous vous souvenez dudit &#171; Printemps &#233;rable &#187; au Qu&#233;bec le printemps dernier ? De la gr&#232;ve &#233;tudiante puis des manifs de casseroles qui perturbaient la routine de Montr&#233;al tous les jours ? Les m&#233;dias en parlaient d&#232;s juillet avec nostalgie, insistant sur l'expression &#171; printemps dernier &#187; pour s'assurer que justement ce soit bien le dernier. L'article &#171; Sous les pav&#233;s, l'&#233;rable &#187;, dans le CQFD de juin 2012 (n&#176; 101), examinait les causes et d&#233;crivait les assembl&#233;es de quartier contre la &#171; loi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no103-septembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;103 (septembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Clement-Baudet" rel="tag"&gt;Cl&#233;ment Baudet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi" rel="tag"&gt;loi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cours" rel="tag"&gt;cours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classe" rel="tag"&gt;classe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Quebec" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi-speciale" rel="tag"&gt;loi sp&#233;ciale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/speciale" rel="tag"&gt;sp&#233;ciale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vous vous souvenez dudit &#171; Printemps &#233;rable &#187; au Qu&#233;bec le printemps dernier ? De la gr&#232;ve &#233;tudiante puis des manifs de casseroles qui perturbaient la routine de Montr&#233;al tous les jours ? Les m&#233;dias en parlaient d&#232;s juillet avec nostalgie, insistant sur l'expression &#171; printemps dernier &#187; pour s'assurer que justement ce soit bien le dernier. L'article &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Sous-les-paves-l-erable'&gt;&#171; Sous les pav&#233;s, l'&#233;rable &#187;&lt;/a&gt;, dans le &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; de juin 2012 (n&#176; 101), examinait les causes et d&#233;crivait les assembl&#233;es de quartier contre la &#171; loi Matraque &#187; du 18 mai. Depuis, l'&#233;t&#233; est pass&#233; par l&#224;, l'application de la loi sp&#233;ciale et les &#233;lections du 4 septembre ont accompagn&#233; la fin des gr&#232;ves. La Classe &#8211; organisation regroupant de nombreuses associations &#233;tudiantes &#8211; aurait pr&#233;f&#233;r&#233; continuer la bataille, mais la pause s'est impos&#233;e. Fa&#231;on carte postale de Montr&#233;al, on vous raconte ici les &#233;v&#233;nements qui ont agit&#233; l'&#233;t&#233; et marqu&#233; une rentr&#233;e scolaire suspendue &#224; l'&#233;ch&#233;ance &#233;lectorale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_464 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/quebec1-b35cb.jpg?1782680821' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Cl&#233;ment Baudet
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#233;tudiante a commenc&#233; contre la hausse des frais de scolarit&#233; d&#233;cid&#233;e par les lib&#233;raux au pouvoir sous Jean Charest. Elle fit imm&#233;diatement face &#224; une r&#233;pression assez brutale. D&#232;s le 7 mars, lors d'une action de blocage du si&#232;ge d'Hydro-Qu&#233;bec &#8211; fournisseur public d'&#233;lectricit&#233; &#8211;, la police tirait au flashball et Francis Grenier, &#233;tudiant gr&#233;viste, perdait un &#339;il. La version polici&#232;re accuse un &#233;clat d'asphalte, sans expliquer comment l'asphalte a vol&#233; ainsi dans les airs&#8230; La violence a fait grand d&#233;bat, dans l'opinion et parmi les gr&#233;vistes. Beaucoup de manifestants, en r&#233;ponse &#224; la non-violence, entonnaient une chanson &#233;crite au lendemain du 7 mars par le groupe Mise en demeure &#8211; voix du mouvement &#233;tudiant : &lt;i&gt;&#171; C'est pas des pacifistes qui vont changer l'histoire ! On pitch des pav&#233;s et puis on br&#251;le des chars ! &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve a dur&#233; longtemps. Fin mars a eu lieu une semaine d'action de perturbation &#233;conomique avec trois ou quatre actions par jour &#8211; blocage de ponts, du port, d'usines&#8230; &#8211;, et de m&#234;me en avril, avec notamment la journ&#233;e de manif &#233;meute contre le Salon du plan Nord le 20 avril, suivi du 4 mai &#224; Victoriaville &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Sous-les-paves-l-erable'&gt;Cf. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;101&lt;/a&gt;. Il y eut ensuite des lettres de policiers publi&#233;s dans les journaux o&#249; ils se justifiaient de n'avoir pu faire autrement, d'&#234;tre en butte &#224; trop de jets de pierres et de haine &#233;tudiante&#8230; Ils cherchaient &#224; se faire plaindre. L'opinion publique condamnait la violence. Argumentaire auquel r&#233;pondait en mars la chanson de Mise en demeure : &lt;i&gt;&#171; Ils nous envoient des flash bombes/Qui nous explosent dans yeules/Nos ami-e-s se font p&#233;ter des membres/ Y en a m&#234;me un qui perd un &#339;il. &#187;&lt;/i&gt; Refrain : &lt;i&gt;&#171; On d&#233;range rien de rien, on reste pacifiques/On casse rien, on veut pas troubler l'opinion publique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement tenta alors d'aiguiller la haine en direction des jeunes en offrant en p&#226;ture &#224; l'opinion publico-m&#233;diatique la cible id&#233;ale des m&#233;chants terroristes qui s'en prennent gratuitement &#224; tout le monde. Le 12 mai, quatre personnes sont arr&#234;t&#233;es et expos&#233;es aux m&#233;dias, soup&#231;onn&#233;es d'avoir jet&#233; des fumig&#232;nes dans plusieurs stations de m&#233;tro, bloquant ainsi toute la ville le matin du 10 mai. Arrestations assorties la semaine suivante d'une loi sp&#233;ciale &#8211; vite connue sous le sobriquet de &#171; loi Matraque &#187; &#8211; pour &#234;tre bien s&#251;r d'imposer le calme. Tout le monde sort de sa cuisine, casseroles en main et tapant de la cuill&#232;re pour continuer l'&#233;bullition. La loi sp&#233;ciale a fait d&#233;border les marmites populaires dans tous les quartiers de la ville. &lt;i&gt;&#171; La gr&#232;ve est &#233;tudiante, la lutte est populaire &#187;&lt;/i&gt;, hurle-t-on alors. On r&#234;ve d'explosion sociale sans en trouver la recette. Il y a des manifs du soir tr&#232;s agit&#233;es, des casserolades le jour, et ce jusqu'&#224; la mi-juin. Chez les dirigeants de la ville, &#231;a commence &#224; sentir la trouille et le maire en appelle au calme pour pr&#233;server la saison touristique. Ils veulent rire en paix pendant les festivals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin, on leur accorde que la perturbation se poursuit bel et bien &#224; l'occasion du Grand prix de Formule 1 qui annule sa c&#233;r&#233;monie d'ouverture par crainte des perturbations. Les manifestants courent encore dans les rues, dispers&#233;s en plusieurs manifs dont l'une est une manif &#224; poil&#8230; La bonne soci&#233;t&#233; des porteurs de cocktails et costards pr&#233;f&#232;re fuir ou en appeler &#224; la police en armure. Le centre-ville a des allures de territoire occup&#233;. La chasse &#224; tout individu porteur d'un carr&#233; rouge (symbole de la gr&#232;ve) est ouverte. L'ennemi est partout, jusque dans les casseroles de cuisine, du coup la police panique. C&#244;t&#233; gr&#233;vistes, on esp&#232;re qu'apr&#232;s le Grand prix, l'&#233;t&#233; sera aussi chaud que le mois de mai, que les festivals seront effectivement perturb&#233;s, et qu'&#224; la reprise des cours pr&#233;vue par la loi sp&#233;ciale pour le 13 ao&#251;t dans les Coll&#232;ges d'enseignements g&#233;n&#233;raux et professionnels (C&#201;GEP)&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les C&#201;GEPS sont des &#233;tablissements d'enseignement se situant entre le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et au 27 pour les universit&#233;s, la gr&#232;ve repartira. Mais l'&#233;t&#233; venu, la r&#233;action a regonfl&#233; suffisamment ses muscles pour pr&#233;tendre &#233;radiquer tout regain de combativit&#233; en ravivant opportun&#233;ment contes d'ind&#233;pendance et histoires &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s juillet, alors qu'il n'y a quasi plus de manifs et encore moins d'actions (en partie &#224; cause de la menace d'application de la loi sp&#233;ciale), on entend dans les m&#233;dias et parmi les militants des appels &#224; la tr&#234;ve au nom des &#233;lections pr&#233;vues pour septembre. Les vieux gauchistes et les ind&#233;pendantistes ressortent leurs drapeaux du Qu&#233;bec et appellent &#224; voter pour le Parti qu&#233;b&#233;cois &lt;i&gt;&#171; afin d'avoir un pays, un vrai &#187;&lt;/i&gt;. Ils essaient de troquer le carr&#233; rouge pour le carr&#233; bleu souverainiste au nom des &#233;lections et de la d&#233;mocratie. Ils n'esp&#232;rent plus qu'une explosion du nombre d'&#233;lecteurs quand d'autres voudraient plut&#244;t faire sauter les urnes. On apprend que le&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_465 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/quebec02-df042.jpg?1782680821' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Cl&#233;ment Baudet
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;mouvement aurait gagn&#233; en provoquant du d&#233;bat et surtout les &#233;lections &#8211; la date des &#233;lections au Qu&#233;bec varie, elles sont d&#233;cid&#233;es par le parti au pouvoir, le plus souvent tous les quatre ans, comme c'est ici le cas. On ignorait jusqu'&#224; pr&#233;sent qu'un mouvement de gr&#232;ve p&#251;t &#234;tre victorieux, quand ce qui devait arriver arriva, un peu d'enthousiasme en plus. Lors des manifs nationales du 22 juin et 22 juillet, on voit des dizaines de milliers de manifestants dans les rues, mais les slogans les plus largement repris deviennent &lt;i&gt;&#171; Sortons les lib&#233;raux &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; Charest dehors ! On t'a trouv&#233; une job dans le Nord ! &#187;&lt;/i&gt; &#8211; en r&#233;f&#233;rence au plan Nord d'extraction mini&#232;re au nord du Qu&#233;bec. Le reste du temps, la ville est au calme, les gr&#233;vistes sont en vacances, beaucoup sont en repos forc&#233; parce qu'apr&#232;s avoir &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, les contr&#244;les judiciaires leur interdisent de r&#233;sider &#224; Montr&#233;al, d'approcher un b&#226;timent universitaire, de voir leurs amis arr&#234;t&#233;s eux aussi, et encore moins d'aller &#224; une manifestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Assembl&#233;es populaires autonomes de quartier (APAQ)&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Assembl&#233;es populaires autonomes de quartiers ont &#233;merg&#233; &#224; la suite de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; , qui rassemblent moins de monde qu'en juin, on organise des barbecues et des discussions locales et on pr&#233;pare des manifs de soutien aux blocages de la rentr&#233;e. Un appel est lanc&#233; &#224; l'international pour venir pr&#234;ter main-forte lors de la semaine du 13 ao&#251;t &#224; la rentr&#233;e des C&#201;GEPS. Tous ceux qui portent un carr&#233; rouge s'attendent &#224; ce que la gr&#232;ve reparte, on n'imagine pas l'avenir imm&#233;diat sans la gr&#232;ve &#233;tudiante. La loi sp&#233;ciale emp&#234;chant la Classe&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Classe, Coalition large de l'ASS&#201; (Association pour une solidarit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; d'appeler &#224; des actions, depuis le site Internet Bloquons la hausse, on passe &#224; Bloquons la rentr&#233;e. En attendant, la Classe, port&#233;e par l'&#233;lan des mois pass&#233;s sur la br&#232;che, part en tourn&#233;e dans toutes les villes du Qu&#233;bec pour pr&#233;senter son manifeste, Nous sommes avenir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Notre vision, c'est celle d'une d&#233;mocratie directe sollicit&#233;e &#224; chaque instant. C'est celle d'un Nous qui s'exprime dans les assembl&#233;es : &#224; l'&#233;cole, au travail et dans les quartiers. Notre vision, c'est celle d'une prise en charge permanente de la politique par la population, &#224; la base, comme premier lieu de la l&#233;gitimit&#233; politique. C'est une possibilit&#233; pour ceux et celles que l'on n'entend jamais prendre la parole. Une occasion pour les femmes de parler &#224; titre d'&#233;gales, de soulever des enjeux qui, trop souvent, sont n&#233;glig&#233;s ou simplement oubli&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte dans leurs valises, les membres de la Classe organisent des discussions publiques &#224; travers tout le Qu&#233;bec, autour de la d&#233;mocratie directe, du r&#233;investissement public dans l' &#233;ducation et, plus largement, d'une autre soci&#233;t&#233;. La Classe finit sa tourn&#233;e en grande fanfare le 10 ao&#251;t &#224; Montr&#233;al, en compagnie de profs et d'artistes, dans une salle de spectacle. Mais l'attente n'en est pas moins longue&#8230; On ne commence &#224; retrouver le chemin de la gr&#232;ve qu'au 1er ao&#251;t, avec des manifs de casseroles qui partent de tous les quartiers pour se rejoindre en centre-ville &#224; 20 h pour le d&#233;part de la &lt;i&gt;&#171; centi&#232;me Ostie d'grosse manif' de soir &#187;&lt;/i&gt;. Il y a des milliers de personnes et du mobilier urbain renvers&#233; sur la route, de joie et &#224; force &#224; arpenter de nouveau les rues en criant sans cesse des slogans &#8211; &lt;i&gt;&#171; Charest dans un coffre de char/est dans un coffre de char &#187;&lt;/i&gt;. On d&#233;ambule devant le bureau dudit Charest et on surgit au beau milieu du show &#224; paillettes du festival de la mode et du design, sous les yeux courrouc&#233;s du public. Puis les jours suivants sont de nouveau amorphes, jusqu'&#224; la semaine de rentr&#233;e des C&#201;GEPS, mais &#231;a ressemble d'abord &#224; une succession de catastrophes, quand le 13 ao&#251;t trois C&#201;GEPS sur quatre votent pour un retour en classe, parfois sous pr&#233;texte de tr&#234;ve &#233;lectorale &#8211; jusqu'&#224; cent jours apr&#232;s les &#233;lections pour tester un nouveau gouvernement&#8230; Les jours suivants idem, sauf le C&#201;GEP du Vieux-Montr&#233;al et de Saint-Laurent qui reconduisent la gr&#232;ve, faisant alors rena&#238;tre tous les espoirs. Les Canadiens et &#201;tatsuniens venus aider, les banderoles des APAQ &#224; l'entr&#233;e des C&#201;GEPS, les casseroles sous le bras &#8211; &lt;i&gt;&#171; Mile-End solidaire de la gr&#232;ve &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; Ramenons la gr&#232;ve dans nos quartiers &#187;&lt;/i&gt; &#8211;, tout ce monde est l&#224; un peu d&#233;sempar&#233;, &#231;a a des allures de d&#233;faite &#233;clair, imm&#233;diate. En plus, les carr&#233;s verts (&#233;tudiants contre la gr&#232;ve) s'organisent et par p&#233;tition obtiennent la tenue d'une autre assembl&#233;e au Vieux-Montr&#233;al, le vendredi 17 ao&#251;t, pour revoter la gr&#232;ve. R&#233;sultat : 1 200 contre, 260 pour. Cela finit par une AG sans discussion, personne n'est venu pour &#231;a, c'est plut&#244;t pour&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_466 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/quebec03-b3c8c.jpg?1782680821' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Cl&#233;ment Baudet
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;un enterrement. &lt;i&gt;&#171; J'aimerais bien que &#231;a finisse au plus criss', je veux aller voir la course de char &#224; soir &#187;&lt;/i&gt;, provoque un carr&#233; vert au micro pendant l'assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les espoirs se d&#233;placent alors vers la rentr&#233;e des universit&#233;s, le 27 ao&#251;t. Quelques facult&#233;s &#8211; la semaine du 20 &#224; l' Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al (UQAM) et &#224; l' Universit&#233; de Montr&#233;al (UdeM) &#8211; votent la poursuite de la gr&#232;ve. On craint l'application de la loi sp&#233;ciale, certains profs aussi, ceux du collectif profs contre la hausse ont &#233;crit un texte pendant l'&#233;t&#233; : &lt;i&gt;&#171; Sous pr&#233;texte de prot&#233;ger le droit d'acc&#232;s aux cours, cette loi, d'une incroyable f&#233;rocit&#233;, institue ainsi un mode de gouvernance fond&#233; sur une r&#233;pression administrative, judiciaire et polici&#232;re &#224; l'&#233;gard de tous ceux et celles qui organiseraient leurs forces pour contester ses principes et son application ou pour d&#233;fendre toute position adopt&#233;e en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, notamment sur l'accessibilit&#233; &#224; l'&#233;ducation sup&#233;rieure. [&#8230;] Nous refusons un tel d&#233;tournement de notre travail. Nous refusons de contribuer &#224; la fabrication d'un monde marqu&#233; par la guerre de tous contre tous, la logique marchande, la surveillance mutuelle, la d&#233;lation, l'autocensure, la peur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'UQAM, le lundi 27, pour la rentr&#233;e des facult&#233;s d'Arts et de Sciences humaines, la police n'est pas l&#224;, on y fait des lev&#233;es de cours. Certains profs se sont radicalis&#233;s : &lt;i&gt;&#171; Si vous m'emp&#234;chez de donner mon cours, je fais appel &#224; la police, il y a la loi sp&#233;ciale, c'est la r&#233;alit&#233; maintenant, vous risquez 5 000 dollars d'amende et des accusations criminelles. &#187;&lt;/i&gt; L'administration, craignant des d&#233;bordements ou des affrontements avec les trois cents gr&#233;vistes pr&#233;sents, ne fait pas appel &#224; la police. Dans ces cours anti-gr&#232;ve, on entre alors &#224; trente ou quarante en tapant dans des casseroles, pour les perturber. Une bonne part des gens est masqu&#233;e pour &#233;viter les repr&#233;sailles. &#192; l'UdeM par contre, les militants sont moins nombreux et ceux qui bloquent l'entr&#233;e d'une salle de classe sont s&#233;questr&#233;s par les vigiles, puis accus&#233;s sous le coup de la loi sp&#233;ciale. Comble de l'humiliation, d'autres sont s&#233;questr&#233;s dans la salle de classe qu'ils voulaient perturber, d'abord par les vigiles, puis par la police, qui leur &#233;nonce leurs droits avant de les arr&#234;ter, pendant que les autres &#233;tudiants sont assis &#224; attendre que le cours commence, dans la m&#234;me salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois les gr&#233;vistes embarqu&#233;s par les flics anti-&#233;meute, le prof entame son cours de primatologie. D'autres profs en pleurent presque, forc&#233;s de donner un cours &#224; un seul &#233;l&#232;ve pr&#233;sent, sur quatre-vingts absents, parce que la police bien arm&#233;e est aux portes de la salle. Du coup, les syndicats de profs menacent d'entrer en gr&#232;ve ill&#233;gale si cela continue et le lendemain, l'universit&#233; suspend d'elle-m&#234;me les cours. Depuis, la fac est carr&#233;ment ferm&#233;e, annulant par l&#224; m&#234;me la session de beaucoup d'&#233;tudiants, comme pour se venger. &#192; l'UQAM, ce n'est pas l'administration, mais une autre AG, encore une fois convoqu&#233;e sur p&#233;tition, qui vote le retour en classe&#8230; Mardi 4 septembre au soir, c'est &#8211; pour certains &#8211; les &#233;lections. Le Parti qu&#233;b&#233;cois (PQ) est &#233;lu &#224; une toute petite majorit&#233;. Jean Charest &#8211; maigre victoire, pauvre consolation &#8211; n'est pas r&#233;&#233;lu, pas m&#234;me dans son comt&#233;. Il y a quelques f&#234;tes et c&#233;l&#233;brations, une tentative de manif trop entour&#233;e par la police, une &#233;trange ambiance de conflit en suspens. La faible avance du PQ suppose de nouvelles &#233;lections dans un an et quelques mois. Le soir m&#234;me du discours de la nouvelle Premi&#232;re ministre, Pauline Marrois, un anglophone commet un attentat en direct &#224; la t&#233;l&#233;, avec mitraillette et fumig&#232;nes. Soi-disant anim&#233; par la crainte d'une possible souverainet&#233; du Qu&#233;bec, il tue un homme et en blesse gri&#232;vement un autre. Cela semble compl&#232;tement fou. Le lendemain, Marrois annonce qu'elle va annuler par d&#233;cret la hausse des droits de scolarit&#233; et abroger &#233;galement la loi sp&#233;ciale, la sinistre loi Matraque. Apr&#232;s six mois de gr&#232;ve, c'est une victoire au go&#251;t amer, beaucoup voudraient continuer jusqu'&#224; la gratuit&#233; totale, jusqu'&#224; obtenir beaucoup plus, et y compris, la rage au ventre, continuer pour le plaisir de la gr&#232;ve elle-m&#234;me. Mais &#231;a sent la fin. Certaines assembl&#233;es ne se r&#233;signent pas et votent en faveur d'un jour de gr&#232;ve tous les 22 du mois, tout en cherchant comment poursuivre le mouvement, quelle organisation construire pour maintenir la pression ainsi que les liens qui se sont tiss&#233;s pendant six long mois de fronde. Le printemps revient toujours, alors on esp&#232;re que la gr&#232;ve aussi reviendra bien vite. La lutte a bourgeonn&#233; et on attend les r&#233;coltes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les C&#201;GEPS sont des &#233;tablissements d'enseignement se situant entre le secondaire et l'universit&#233;. Il est divis&#233; en deux fili&#232;res. La fili&#232;re pr&#233;-universitaire sur deux ans (&#233;quivalent de la premi&#232;re et de la terminale en France), et la fili&#232;re professionnelle sur trois ans, dispensant une formation technique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les Assembl&#233;es populaires autonomes de quartiers ont &#233;merg&#233; &#224; la suite de l'adoption de la Loi sp&#233;ciale 78. Elles sont n&#233;es en soutien &#224; la r&#233;pression du mouvement &#233;tudiant dans douze quartiers montr&#233;alais (Centre-Sud, C&#244;tes-des-Neiges, Hochelaga-Maisonneuve, Mile-End, Notre-Dame-de-Gr&#226;ce, Plateau, Pointe-Saint-Charles, Rosemont- Petite-Patrie, Saint-Henri, Trois-Rivi&#232;res, Verdun, Villeray).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Classe, Coalition large de l'ASS&#201; (Association pour une solidarit&#233; syndicale &#233;tudiante), regroupe soixante-sept associations &#233;tudiantes (Au Qu&#233;bec, une association &#233;tudiante est cens&#233;e repr&#233;senter tous les &#233;tudiants d'une discipline) pr&#233;sentes dans les C&#201;GEPS et six universit&#233;s qu&#233;b&#233;coises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sous les pav&#233;s, l'&#233;rable</title>
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		<dc:date>2012-07-27T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; Notre bonbon, c'est de fesser dans le tas &#187;, jubile le flic qu&#233;b&#233;cois en ces temps de fronde sociale. Sauf qu'&#224; force de coups de b&#226;ton et de lois sc&#233;l&#233;rates, la lutte, loin de se tarir, s'arroge des ambitions rimant avec s&#233;dition : la r&#233;volte &#233;tudiante a pris ses aises, et c'est toute la soci&#233;t&#233; qui s'agite. CQFD a contact&#233; quelques erroristes d'outre-atlantique. Ils sont cent cinquante &#224; s'&#234;tre r&#233;unis dans le quartier de Rosemont La-Petite-Patrie &#224; Montr&#233;al, ce samedi 26 avril, pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Notre bonbon, c'est de fesser dans le tas &#187;&lt;/i&gt;, jubile le flic qu&#233;b&#233;cois en ces temps de fronde sociale. Sauf qu'&#224; force de coups de b&#226;ton et de lois sc&#233;l&#233;rates, la lutte, loin de se tarir, s'arroge des ambitions rimant avec s&#233;dition : la r&#233;volte &#233;tudiante a pris ses aises, et c'est toute la soci&#233;t&#233; qui s'agite. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a contact&#233; quelques erroristes d'outre-atlantique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils sont cent cinquante &#224; s'&#234;tre r&#233;unis dans le quartier de Rosemont La-Petite-Patrie &#224; Montr&#233;al, ce samedi 26 avril, pour cette premi&#232;re assembl&#233;e populaire autonome de quartier. L'espace de parole se veut &#171; &#233;galitaire &#187;, &#171; non-sexiste &#187; et &#171; non-raciste &#187;. En toile de fond, bien s&#251;r, le conflit social qui secoue le Qu&#233;bec depuis f&#233;vrier 2012. D'autres assembl&#233;es du m&#234;me type sont pr&#233;vues dans la ville. Pour le quartier de la Pointe Saint-Charles, l'invitation au populo se r&#233;sumait &#224; : &lt;i&gt;&#171; Vous &#234;tes tann&#233;s du syst&#232;me politique actuel ? Vous voulez en sortir, vous organiser sur des bases diff&#233;rentes ? Avoir voix au chapitre, avoir prise sur les d&#233;cisions qui vous affectent ? Venez vous organiser avec des gens qui partagent des valeurs d'autogestion, d'&#233;galit&#233; et d'autonomie. &#187;&lt;/i&gt; Surtout, on rappelait aux participants de ne pas oublier leurs casseroles parce qu'aussit&#244;t la r&#233;union termin&#233;e, on part en manif !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je me suis souvent demand&#233; comment pouvaient survenir des dynamiques de mobilisation comme mai 1968 &#224; Paris, ou les grandes mobilisations en Argentine ou en Gr&#232;ce qui comptaient des rassemblements, des manifestations et des &#233;meutes en boucle pendant des jours ou m&#234;me des semaines&lt;/i&gt;, analyse Francis Dupuis-D&#233;ri, professeur de science politique &#224; l'universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Auteur de Les Black Blocs : la libert&#233; et l'&#233;galit&#233; se manifestent, Lux, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Or, c'est ce qui se passe pr&#233;sentement au Qu&#233;bec, et le rythme ne fait que s'acc&#233;l&#233;rer. Si, au d&#233;part, il s'agissait d'une gr&#232;ve &#233;tudiante, la lutte est maintenant r&#233;ellement populaire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mars 2011, Raymond Bachand, ministre des Finances, annonce une hausse des frais de scolarit&#233; universitaire de 325 dollars canadiens (252 euros) par an. &#201;tal&#233;e sur cinq ans, la douloureuse doit atteindre au final 3 793 dollars (2 942 euros), somme jug&#233;e plus proche de la moyenne pratiqu&#233;e par les universit&#233;s nord-am&#233;ricaines. Moins d'un an plus tard, les universit&#233;s du Qu&#233;bec (Montr&#233;al) et Laval (Qu&#233;bec) se mettent en gr&#232;ve, et le mouvement s'&#233;tend &#224; l'ensemble du milieu &#233;tudiant. La Classe (Coalition large de l'association syndicale pour une solidarit&#233; &#233;tudiante) est cr&#233;&#233;e au cours de l'hiver, et deviendra le fer de lance de la contestation. Le collectif fonctionne sur les bases de la d&#233;mocratie directe, par le biais d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales souveraines. &lt;i&gt;&#171; La Classe regroupe soixante-cinq associations &#233;tudiantes en gr&#232;ve et &#224; peu pr&#232;s cent mille &#233;tudiants. Notre but c'est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et illimit&#233;e. Nous sommes contre la hausse des frais de scolarit&#233;, dans une perspective de gratuit&#233; scolaire &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume une militante. Cependant, affleure rapidement l'id&#233;e d'&#233;largir les revendications port&#233;es par&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_418 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH512/101sury-d2d26.jpg?1782761112' width='400' height='512' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;les gr&#233;vistes. D&#232;s le soir du 22 mars, les porte-parole de la Classe donnent le la. Jeanne Reynolds : &lt;i&gt;&#171; Partout sur la plan&#232;te, en Angleterre, en Gr&#232;ce, en R&#233;publique Tch&#232;que, en Colombie, les &#233;tudiantes et &#233;tudiants se battent contre la hausse des frais de scolarit&#233;, toujours en solidarit&#233; avec les travailleurs et les travailleuses qui se battent aussi contre les mesures d'aust&#233;rit&#233;. Nous rappelons notre solidarit&#233; avec les &#233;tudiantes et les &#233;tudiants du Chili qui ont fait la gr&#232;ve pendant huit mois ! &#187;&lt;/i&gt; Gabriel Nadeau-Dubois : &lt;i&gt;&#171; La lutte contre la hausse des frais de scolarit&#233; ne doit plus jamais &#234;tre d&#233;peinte comme une lutte &#233;tudiante, [mais] doit &#234;tre nomm&#233;e par son nom : c'est une lutte populaire, c'est une lutte de classe ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la ligne de mire des manifestants : &lt;i&gt;&#171; Les &#233;lus de cette oligarchie qui ne nous repr&#233;sente pas, analyse Le&#239;la, organisatrice communautaire dans le quartier sud-ouest de Montr&#233;al. Alors que l'Am&#233;rique du Nord est connue pour sa mollesse politique, ce mouvement semble sonner le r&#233;veil de la gauche. Les jeunes et les manifestants se radicalisent, avec une critique plus vive de cette soci&#233;t&#233; de vendus qui travaille pour une &#233;lite. &#187;&lt;/i&gt; Le 20 avril, environ deux mille manifestants perturbent le Salon d'emploi du Plan Nord, projet d'exploitation du nord qu&#233;b&#233;cois au programme pl&#233;thorique : constructions mini&#232;res (nickel, cobalt, diamants, or, uranium, etc.), d&#233;veloppement hydro&#233;lectrique, coupes dans la for&#234;t bor&#233;ale, b&#233;tonnage touristique de sites uniques en biodiversit&#233;&#8230; On en oublierait presque les populations indiennes &#8211; Innus et Inuits &#8211; d&#233;j&#224; parqu&#233;es dans des r&#233;serves et promises &#224; un nouveau d&#233;placement&#8230; encore plus au nord ! Francis Dupuis-D&#233;ri n'h&#233;site pas &#224; parler de projet &#171; n&#233;o-colonial &#187; et de poursuivre :&lt;i&gt; &#171; Le gouvernement est connu pour &#234;tre tr&#232;s corrompu, recevant de l'argent pour la caisse du parti [le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec] en provenance des entreprises de g&#233;nie-conseil et de la construction, et entretenant des liens avec la mafia. Une commission d'enqu&#234;te sur la corruption a d&#233;but&#233; d'ailleurs en mai. Traditionnellement, ce parti est &#233;lu principalement par l'&#233;lectorat anglophone, riche et plus &#226;g&#233;. Bref, l'exact oppos&#233; du mouvement &#233;tudiant, qui repr&#233;sente une part de la population qui vote peu, ou qui vote surtout pour le Parti qu&#233;b&#233;cois [centre et souverainiste] et pour Qu&#233;bec solidaire [gauche et souverainiste aussi]. &#187;&lt;/i&gt; Le 4 mai, les manifestants s'invitent &#224; Victoriaville au conseil g&#233;n&#233;ral du Parti lib&#233;ral, et la manif vire rapidement &#224; la bataille rang&#233;e. Lacrymos, grenades assourdissantes, tir de balles en caoutchouc &#8211; &lt;i&gt;&#171; 260 km/h&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Le&#239;la,&lt;i&gt; ces balles sont m&#234;me interdites aux &#201;tats-Unis ! Et l'on craint encore pour la vie de plusieurs manifestants qui ont &#233;t&#233; matraqu&#233;s par la police. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aura fallu un coup de pouce suppl&#233;mentaire pour que le mouvement bascule dans la fronde sociale g&#233;n&#233;rale. Il aura lieu le 18 mai. Alors que la ville de Montr&#233;al vote son r&#232;glement contre le port de la cagoule pendant les manifestations, le Premier ministre Charest fait adopter sa fameuse loi 78, rapidement surnomm&#233;e &#171; loi matraque &#187;. Cette derni&#232;re, si elle suspend officiellement les sessions universitaires, est une v&#233;ritable attaque contre le droit de manifester et de se rassembler. Cens&#233;e faire rentrer les manifestants dans le rang, elle a l'effet contraire. &lt;i&gt;&#171; La loi est &#224; peine vot&#233;e &#224; l'Assembl&#233;e nationale que des mouvements de d&#233;sob&#233;issance civile se sont r&#233;pandus. Le 22 mai, plus de trois cent mille personnes se sont r&#233;unies pour la plus importante manif de l'histoire du Qu&#233;bec&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le trajet n'ayant pas &#233;t&#233; communiqu&#233; &#224; la police, la manif &#233;tait de fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, avec des slogans scand&#233;s rageusement tels que : &#8220;Charest, ta loi on s'en caliss !&#8221;, et ce malgr&#233; les rafles polici&#232;res. On a compt&#233; sept cents arrestations ! &#187;&lt;/i&gt; explique Marcel S&#233;vigny, militant du groupe de la Pointe libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le crescendo se voulant aussi sonore, les batteries de cuisine sont d&#233;sormais de mise dans les cort&#232;ges, v&#233;ritable clin d'&#339;il aux caceroladas latino-am&#233;ricaines. &lt;i&gt;&#171; Des milliers de personnes descendent dans la rue avec leurs casseroles pour rejoindre la manif de soir &#233;tudiante au centre-ville. Certaines vont m&#234;me d&#233;ranger les bourgeois dans leur quartier &#224; Outremont &#187;&lt;/i&gt;, raconte Alexandre, de la Classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e aux Qu&#233;b&#233;cois est sans commune mesure avec la cure impos&#233;e aux Grecs, la liste est longue des motifs d'indignation venus gonfler la col&#232;re populaire : des 200 dollars (155 euros) li&#233;s &#224; la taxe sant&#233; &#224; la hausse de tarif d'Hydro-Qu&#233;bec (fournisseur public d'&#233;lectricit&#233;), en passant par les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par les exploitations de gaz de schiste. Le&#239;la : &lt;i&gt;&#171; Au niveau f&#233;d&#233;ral, la liste s'allonge encore : recul de l'&#226;ge de la retraite, reforme de l'assurance emploi, restriction de l'acc&#232;s au statut de r&#233;fugi&#233; pour les demandeurs d'asile, fin de financement de logements sociaux... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'issue de l'assembl&#233;e de Rosemont La-Petite-Patrie, plusieurs comit&#233;s ont vu le jour. L'un d'eux, d&#233;di&#233; &#224; la mobilisation, a propos&#233; que les manifestations de casseroles marchent vers les quartiers plus d&#233;favoris&#233;s, comme Parc-Extension ou St-Michel, alors que le comit&#233; &#171; pression &#187;, dans un &#233;lan &#339;cum&#233;nique, a d&#233;cid&#233; de lancer un appel &#224; une gr&#232;ve sociale le 22 juin tout en demandant aux &#233;glises de sonner les cloches lors des manifestations de casseroles. Alexandre : &lt;i&gt;&#171; On est loin des r&#233;volutions arabes, &#233;videmment, mais m&#234;me les chroniqueurs des m&#233;dias de masse ne parlent plus d'une gr&#232;ve &#233;tudiante, mais d'un conflit social. L'expression &#8220;Printemps &#233;rable&#8221;, souvent ridiculis&#233;e dans les derniers mois, revient dans l'espace public qu&#233;b&#233;cois. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Auteur de &lt;a href=&#034;http://www.luxediteur.com/lesblackblocs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Black Blocs : la libert&#233; et l'&#233;galit&#233; se manifestent&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Lux, 2007, et &lt;a href=&#034;http://www.editionsboreal.qc.ca/catalogue/livres/altermondialisme-1660.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Altermondialisme&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Bor&#233;al, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le trajet n'ayant pas &#233;t&#233; communiqu&#233; &#224; la police, la manif &#233;tait de fait ill&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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