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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>C'est pas l'moment</title>
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		<dc:date>2006-04-10T07:49:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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&lt;p&gt;L'AMBIANCE est toujours pourrie &#224; l'usine, &#231;a ne peut pas changer d'un mois sur l'autre. Total annonce des b&#233;n&#233;fices immoraux, mais sa filiale engrais est carr&#233;ment d&#233;ficitaire (moins 55 millions d'euros pour 2006) et l'ann&#233;e 2007 commence tr&#232;s mal. Total ne veut plus &#233;ponger les dettes. Sans doute que la multinationale va garder sa filiale Grande-Paroisse jusqu'&#224; la fin du futur proc&#232;s d'AZF et apr&#232;s basta ! L'ambiance n'est pas due uniquement &#224; ce d&#233;ficit - on est habitu&#233; -, mais surtout (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no43-mars-2006" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;43 (mars 2006)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'AMBIANCE est toujours pourrie &#224; l'usine, &#231;a ne peut pas changer d'un mois sur l'autre. Total annonce des b&#233;n&#233;fices immoraux, mais sa filiale engrais est carr&#233;ment d&#233;ficitaire (moins 55 millions d'euros pour 2006) et l'ann&#233;e 2007 commence tr&#232;s mal. Total ne veut plus &#233;ponger les dettes. Sans doute que la multinationale va garder sa filiale Grande-Paroisse jusqu'&#224; la fin du futur proc&#232;s d'AZF et apr&#232;s basta ! L'ambiance n'est pas due uniquement &#224; ce d&#233;ficit - on est habitu&#233; -, mais surtout avec les restructurations et le vieillissement du mat&#233;riel, rien ne va. Tout le monde a du travail par-dessus la t&#234;te, tout le monde a la pression&#8230; &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s &#231;a ira mieux &#187;&lt;/i&gt;, nous dit-on, mais personne n'y croit plus. Dans l'atelier d'ammoniac o&#249; je bosse (qui est le coeur de l'usine rouennaise), &#231;a ne marche pas bien. Le mat&#233;riel casse souvent, c'est dangereux et &#231;a nous donne un surcro&#238;t de travail et de stress. Les copains l'ont fait savoir &#224; la direction, en envoyant plusieurs p&#233;titions demandant, entre autres, des contreparties financi&#232;res. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, la direction a fait la sourde oreille, ce qui n'a pas arrang&#233; le climat. M&#234;me pas une petite r&#233;ponse, m&#234;me pas un &#171; Non ! &#187;. Comme si on n'existait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re et l'exasp&#233;ration sont mont&#233;es d'un cran lorsqu'au niveau du groupe a eu lieu une r&#233;union paritaire sur l'augmentation annuelle des salaires. Comme celle-ci ne va se monter qu'&#224; 1,8 % pour l'ann&#233;e (mieux que pour les fonctionnaires, mais beaucoup moins que pour les autres salari&#233;s de Total, 3,5 %, et encore moins que pour les actionnaires, 33 %), les copains ont trouv&#233; qu'on nous prenait pour des moins-que-rien. C'est Total qui d&#233;cide quand fermer nos bo&#238;tes mais nous ne sommes pas trait&#233;s &#224; &#233;galit&#233;. Jean-Mi, Manu, Djamel, quelques autres et moi-m&#234;me, nous nous retrouvons dans le r&#233;fectoire. Il y a longtemps que je n'avais vu autant de col&#232;re : &lt;i&gt;&#171; Il faut qu'on marque le coup &#187;, &#171; on fait un vrai cahier de revendications &#187;, &#171; avec un ultimatum &#187;, &#171; on s'est trop laiss&#233; avoir &#187;, &#171; y en a marre &#187;, &#171; profitons que l'atelier va red&#233;marrer &#187;&lt;/i&gt;&#8230; En trois jours, un cahier de revendications est &#233;labor&#233; par le personnel des cinq &#233;quipes travaillant dans l'atelier. &#199;a discute ferme. Une trentaine de revendications &#233;parses en sortent qui vont de demandes de formation &#224; une prime mensuelle suppl&#233;mentaire de 200 euros, en passant par la retraite &#224; 55 ans. . Mission est donn&#233;e &#224; deux d&#233;l&#233;gu&#233;s, un CGT et un CFDT, de d&#233;poser les revendications. Le jeudi, lorsque le DRH re&#231;oit le texte, il le prend avec d&#233;dain, pensant sans doute que les gars n'iront pas &#224; la gr&#232;ve. Le lendemain, les syndicats redemandent l'ouverture de n&#233;gociations avant conflit. La direction propose de ne retrouver les organisations syndicales que le lundi. L'atelier &#233;tant encore &#224; l'arr&#234;t, c'est pas facile de passer outre. Le lundi, la r&#233;union dure de 10h00 &#224; 18h30, en trois phases Outre les d&#233;l&#233;gu&#233;s CGT et CFDT, ce sont plus d'une quinzaine de coll&#232;gues de l'atelier qui s'invitent (sur cinquante personnes qui y travaillent). &#199;a discute tr&#232;s fort, les gars disent vraiment ce qu'ils pensent et ce qu'ils veulent au DRH. Il n'y a qu'&#224; les laisser parler. L'ambiance est tr&#232;s chaude. Au bout du compte, la direction ne propose que d'augmenter une prime d&#233;j&#224; existante de 25 euros. On est loin des revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que le d&#233;l&#233;gu&#233; CFDT sort : &lt;i&gt;&#171; Attention, il va y avoir la gr&#232;ve et il ne faut pas qu'il y ait de gr&#232;ve. &#187;&lt;/i&gt; Il propose m&#234;me &#224; la direction d'augmenter la prime de 40 euros plut&#244;t que de 25, et que ce sera suffisant pour &#233;viter le conflit. On le regarde tous, interloqu&#233;s. De quoi se m&#234;le-t-il ? Tout le monde quitte la salle et une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale se d&#233;roule dans l'atelier en phase de pr&#233;d&#233;marrage. La gr&#232;ve est vot&#233;e et lanc&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas le bon moment &#187;&lt;/i&gt;, dit le DRH.&lt;i&gt; &#171; C'est ce que vous nous dites &#224; chaque fois. Comme si on ne faisait gr&#232;ve que lorsque &#231;a vous convient. &#187; &#171; Non&lt;/i&gt;, r&#233;pond le DRH, &lt;i&gt;ce n'est pas la bonne p&#233;riode, vu la conjoncture. &#187;&lt;/i&gt; Tout le monde rigole. Il part. La gr&#232;ve s'organise et c'est plut&#244;t euphorisant. Le ras-le-bol est tel qu'on ne peut pas faire l'impasse sur une gr&#232;ve. Le mardi, le mouvement est bien parti mais la direction ne se manifeste pas. Par contre elle convoque toute la hi&#233;rarchie pour un briefing. Et c'est comme &#231;a que &#231;a se passe maintenant : les ing&#233;nieurs ne sont plus que la caisse de r&#233;sonance de la direction. Ces jeunes ing&#233;nieurs ont d&#251; &#234;tre form&#233;s pour &#231;a, pour croire tout ce que dit le patron et transmettre sa parole partout dans l'usine. Une v&#233;ritable campagne de contre-information contre les gr&#233;vistes se met en place. Dans toute l'usine (et m&#234;me dans ce qu'il reste du groupe), il est dit que les gr&#233;vistes sont des suicidaires qui veulent fermer l'usine. L'&#233;p&#233;e de Damocl&#232;s est si pr&#232;s des t&#234;tes que tous les autres services et ateliers de l'usine voient la gr&#232;ve d'un mauvais oeil. La peur de la fermeture est bien pr&#233;sente. En m&#234;me temps, il y en a qui disent que les gr&#233;vistes doivent aller au bout s'il le faut, m&#234;me si la bo&#238;te doit fermer. Ceux qui disent &#231;a ont souvent d&#233;pass&#233; la cinquantaine et souhaitent qu'un nouveau plan de pr&#233;retraite tombe, ou ce sont les plus jeunes qui en ont marre et qui voudraient aller voir ailleurs. Sp&#233;cial comme climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT sort un tract expliquant les revendications et, &#224; contre-courant, appelle les autres secteurs de l'usine &#224; d&#233;poser leurs revendications et &#224; faire gr&#232;ve. La gr&#232;ve semblant s'installer pour durer, la direction g&#233;n&#233;rale convoque toutes les organisations syndicales &#224; la D&#233;fense, le jeudi. La DG appelle les syndicats pour qu'ils fassent reprendre le travail. Elle explique que l'&#233;tat de la soci&#233;t&#233; est tel qu'une gr&#232;ve va la conduire &#224; une &lt;i&gt;&#171; situation encore plus pr&#233;caire &#187;&lt;/i&gt;. Comme si une gr&#232;ve, m&#234;me longue, condamnait une bo&#238;te qui, de toute fa&#231;on, marche mal &#224; cause du manque d'investissement. Les syndicats sont convaincus par le directeur g&#233;n&#233;ral. En rentrant sur Rouen, ils convoquent les gr&#233;vistes pour voter si continuer ou pas. La CGC et la CFDT veulent &#224; tout prix que l'atelier d&#233;marre et que la gr&#232;ve s'arr&#234;te. Le repr&#233;sentant de la CGT a le cul entre deux chaises, car il a trop &#233;cout&#233; et trop cru les propos de la direction. Un vote est organis&#233; qui donne un r&#233;sultat &#224; 50 %. C'est l&#224; que le repr&#233;sentant de la CFDT appelle par t&#233;l&#233;phone ceux qui ne sont pas venus et qui sont plut&#244;t timor&#233;s, et impose qu'on prenne en compte leur avis (par t&#233;l&#233;phone !). Du coup la reprise du travail est &#171; vot&#233;e &#187;. Et c'est dans l'amertume qu'on reprend le boulot avec juste cette petite augmentation de prime. Ah oui ! Un fait positif : la CFDT n'a plus le droit de cit&#233; dans l'atelier, mais on se pose la question de savoir si &#231;a vaut vraiment le coup d'utiliser les syndicats quand ceux-ci (m&#234;me la CGT) tombent dans le panneau du discours patronal&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : quelques jours apr&#232;s, c'est dans une autre usine du groupe (&#224; Mazingarbe, pr&#232;s de Lens) qu'un conflit se d&#233;clenche. L&#224;, les ing&#233;nieurs lancent directement une p&#233;tition contre les gr&#233;vistes et, au bout de deux jours, la CGT appelle &#224; reprendre le travail, &lt;i&gt;&#171; vu la situation de l'entreprise, ce n'est pas le moment &#187;&lt;/i&gt;. La direction remercie alors les organisations syndicales qui ont fait preuve de &#171; responsabilit&#233; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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