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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>Parcours du combattant</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Lindingre</dc:subject>
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		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
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		<dc:subject>bout</dc:subject>
		<dc:subject>Erik</dc:subject>
		<dc:subject>FOU</dc:subject>
		<dc:subject>patrons</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CE QU'IL Y A DE FOU dans le monde de l'entreprise, c'est qu'il y a toujours quelque chose qui s'y passe. Les patrons sont toujours &#224; l'aff&#251;t et veulent nous faire payer au minimum le fait de travailler, tout comme nous essayons de travailler le moins possible et de monnayer au maximum le temps que nous perdons pour eux. Derni&#232;re trouvaille en date des patrons, le licenciement pour &#171; inaptitude &#187;. &#199;a permet aux patrons et DRH de se sentir les cuisses propres alors qu'ils lourdent sans &#233;tats (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no64-fevrier-2009" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;64 (f&#233;vrier 2009)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lindingre" rel="tag"&gt;Lindingre&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CE QU'IL Y A DE FOU&lt;/strong&gt; dans le monde de l'entreprise, c'est qu'il y a toujours quelque chose qui s'y passe. Les patrons sont toujours &#224; l'aff&#251;t et veulent nous faire payer au minimum le fait de travailler, tout comme nous essayons de travailler le moins possible et de monnayer au maximum le temps que nous perdons pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re trouvaille en date des patrons, le licenciement pour &#171; inaptitude &#187;. &#199;a permet aux patrons et DRH de se sentir les cuisses propres alors qu'ils lourdent sans &#233;tats d'&#226;me, non pas parce qu'ils veulent se d&#233;barrasser de quelqu'un mais parce que ce salari&#233; ne correspond plus &#224; ce que demande la soci&#233;t&#233;, pire, qu'il n'y a plus de place pour lui. Erik est un copain qui a &#233;t&#233; embauch&#233; dans la bo&#238;te,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_409 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L424xH388/100lindingre-79aed.jpg?1782645974' width='424' height='388' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Lindingre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;il y a trente-deux ans. Peut-&#234;tre pas le meilleur &#233;l&#233;ment aux yeux de la hi&#233;rarchie, mais il faisait son taf et &#233;tait plut&#244;t appr&#233;ci&#233; de ses coll&#232;gues. Au bout de quinze ans dans l'usine de Rouen, il a fait une demande afin d'&#234;tre mut&#233; &#224; la raffinerie Total du Havre. Pour toute r&#233;ponse Erik a &#233;t&#233; d&#233;plac&#233; dans un autre atelier de l'usine rouennaise. Le probl&#232;me, c'est que cet atelier &#233;tait ancien et devait fermer un an plus tard. Du coup tout le personnel de ce secteur dut partir,par mesure de pr&#233;retraite ou &#234;tre mut&#233; un peu partout en France. La direction lui proposa Waziers dans le Nord, pr&#232;s de Douai, &#231;'aurait &#233;t&#233; trop simple qu'Erik soit envoy&#233; au Havre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se retrouva dans le Nord, ce qui entra&#238;na son divorce ainsi qu'un certain accommodement avec la bouteille.N'emp&#234;che qu'il bossa (un boulot moins int&#233;ressant) et milita &#224; la CGT. Au bout de dix ans, le site de Waziers ferma, lui aussi. Apr&#232;s des mois de lutte, Erik fit partie des mut&#233;s et retourna en Seine-Maritime, &#224; Oissel, dans une vieille unit&#233;. Nouveau divorce. Et ce n'&#233;tait pas fini : &#231;a faisait &#224; peine cinq ans qu'Erik &#233;tait &#224; Oissel que le site ferma &#233;galement. Il se retrouva affect&#233; de nouveau &#224; son point de d&#233;part : l'usine pr&#232;s de Rouen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que, depuis, son &#233;tat de sant&#233; s'est plut&#244;t d&#233;grad&#233;, qu'il fait de l'hypertension, a des probl&#232;mes de dos et, m&#234;me s'il n'est pas v&#233;ritablement alcoolique,il ne crache pas dessus. Il ne peut plus faire les quarts ni porter de charges lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arrivant sur le site, tout le monde savait (la direction aussi) qu'il ne pouvait pas faire certains travaux. Il fut plac&#233; &#224; la manutention en syst&#232;me 3/8. Le m&#233;decin du travail l'a d&#233;clar&#233; inapte &#224; ce poste. La direction aurait voulu le licencier qu'elle ne s'y serait pas prise autrement, d'autant qu'il y avait des possibilit&#233;s de travail &#224; la journ&#233;e dans d'autres secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de six mois, la direction ne lui proposa qu'un travail &#224; Albertville, en Savoie. Lui qui avait &#233;t&#233; transbahut&#233; sur diverses usines,fallait oser. En d&#233;cembre dernier, Erik a &#233;t&#233; licenci&#233; sans pr&#233;avis, avec un solde de tout compte &lt;i&gt;a minima&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une p&#233;riode de d&#233;pression qui aurait pu faire que je vous aurais encore &#233;crit une histoire qui finit mal, Erik a repris du poil de la b&#234;te et passe &#224; l'attaque avec les Prud'hommes pour licenciement &#171; sans cause r&#233;elle ni s&#233;rieuse &#187;. Il devrait gagner facilement car la direction, par des tas d'irr&#233;gularit&#233;s, lui offre un boulevard. Mais tout cela aboutira dans combien de temps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'&#224; l'usine une nouvelle menace de licenciement pour inaptitude se profile pour un autre copain. &#199;a n'arr&#234;te jamais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
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		<dc:subject>Havre</dc:subject>
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		<dc:subject>Erik</dc:subject>
		<dc:subject>FOU</dc:subject>
		<dc:subject>patrons</dc:subject>
		<dc:subject>qu'ils veulent</dc:subject>

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&lt;p&gt;CE QU'IL Y A DE FOU dans le monde de l'entreprise, c'est qu'il y a toujours quelque chose qui s'y passe. Les patrons sont toujours &#224; l'aff&#251;t et veulent nous faire payer au minimum le fait de travailler, tout comme nous essayons de travailler le moins possible et de monnayer au maximum le temps que nous perdons pour eux. Derni&#232;re trouvaille en date des patrons, le licenciement pour &#171; inaptitude &#187;. &#199;a permet aux patrons et DRH de se sentir les cuisses propres alors qu'ils lourdent sans &#233;tats (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no64-fevrier-2009" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;64 (f&#233;vrier 2009)&lt;/a&gt;

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&lt;p&gt;Derni&#232;re trouvaille en date des patrons, le licenciement pour &#171; inaptitude &#187;. &#199;a permet aux patrons et DRH de se sentir les cuisses propres alors qu'ils lourdent sans &#233;tats d'&#226;me, non pas parce qu'ils veulent se d&#233;barrasser de quelqu'un mais parce que ce salari&#233; ne correspond plus &#224; ce que demande la soci&#233;t&#233;, pire, qu'il n'y a plus de place pour lui. Erik est un copain qui a &#233;t&#233; embauch&#233; dans la bo&#238;te, il y a trente-deux ans.Peut-&#234;tre pas le meilleur &#233;l&#233;ment aux yeux de la hi&#233;rarchie, mais il faisait son taf et &#233;tait plut&#244;t appr&#233;ci&#233; de ses coll&#232;gues.Au bout de quinze ans dans l'usine de Rouen,il a fait une demande afin d'&#234;tre mut&#233; &#224; la raffinerie Total du Havre. Pour toute r&#233;ponse Erik a &#233;t&#233; d&#233;plac&#233; dans un autre atelier de l'usine rouennaise. Le probl&#232;me, c'est que cet atelier &#233;tait ancien et devait fermer un an plus tard. Du coup tout le personnel de ce secteur dut partir,par mesure de pr&#233;retraite ou &#234;tre mut&#233; un peu partout en France. La direction lui proposa Waziers dans le Nord, pr&#232;s de Douai, &#231;'aurait &#233;t&#233; trop simple qu'Erik soit envoy&#233; au Havre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se retrouva dans le Nord, ce qui entra&#238;na son divorce ainsi qu'un certain accommodement avec la bouteille.N'emp&#234;che qu'il bossa (un boulot moins int&#233;ressant) et milita &#224; la CGT. Au bout de dix ans, le site de Waziers ferma, lui aussi. Apr&#232;s des mois de lutte, Erik fit partie des mut&#233;s et retourna en Seine-Maritime, &#224; Oissel, dans une vieille unit&#233;. Nouveau divorce. Et ce n'&#233;tait pas fini : &#231;a faisait &#224; peine cinq ans qu'Erik &#233;tait &#224; Oissel que le site ferma &#233;galement. Il se retrouva affect&#233; de nouveau &#224; son point de d&#233;part :l'usine pr&#232;s de Rouen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que, depuis, son &#233;tat de sant&#233; s'est plut&#244;t d&#233;grad&#233;, qu'il fait de l'hypertension, a des probl&#232;mes de dos et, m&#234;me s'il n'est pas v&#233;ritablement alcoolique,il ne crache pas dessus. Il ne peut plus faire les quarts ni porter de charges lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arrivant sur le site, tout le monde savait (la direction aussi) qu'il ne pouvait pas faire certains travaux. Il fut plac&#233; &#224; la manutention en syst&#232;me 3/8. Le m&#233;decin du travail l'a d&#233;clar&#233; inapte &#224; ce poste. La direction aurait voulu le licencier qu'elle ne s'y serait pas prise autrement, d'autant qu'il y avait des possibilit&#233;s de travail &#224; la journ&#233;e dans d'autres secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de six mois, la direction ne lui proposa qu'un travail &#224; Albertville, en Savoie. Lui qui avait &#233;t&#233; transbahut&#233; sur diverses usines,fallait oser. En d&#233;cembre dernier, Erik a &#233;t&#233; licenci&#233; sans pr&#233;avis, avec un solde de tout compte a minima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une p&#233;riode de d&#233;pression qui aurait pu faire que je vous aurais encore &#233;crit une histoire qui finit mal, Erik a repris du poil de la b&#234;te et passe &#224; l'attaque avec les Prud'hommes pour licenciement &#171; sans cause r&#233;elle ni s&#233;rieuse &#187;. Il devrait gagner facilement car la direction,par des tas d'irr&#233;gularit&#233;s, lui offre un boulevard. Mais tout cela aboutira dans combien de temps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'&#224; l'usine une nouvelle menace de licenciement pour inaptitude se profile pour un autre copain. &#199;a n'arr&#234;te jamais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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