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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La transhumance &#224; Guibert</title>
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		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
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&lt;p&gt;C'est l'agnelage, les pr&#233;s s'irisent de rouge sang avant de se tacheter de blanc. Muriel et Alain Guibert, bergers du Luberon, nous re&#231;oivent autour d'un gigot &#224; faire baver d'envie le plus repu des gros richards qui ont rafl&#233; toutes les vieilles pierres de la r&#233;gion. Ces deux-l&#224; se racontent avec humour et gourmandise. &#171; MON OBSESSION D'ADOLESCENT, c'&#233;tait de sortir avec des filles. J'allais guincher en costume trois pi&#232;ces. Apr&#232;s mai 68, je me suis rendu compte qu'on pouvait avoir du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no60-octobre-2008" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;60 (octobre 2008)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/OBSESSION" rel="tag"&gt;OBSESSION&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est l'agnelage, les pr&#233;s s'irisent de rouge sang avant de se tacheter de blanc. Muriel et Alain Guibert, bergers du Luberon, nous re&#231;oivent autour d'un gigot &#224; faire baver d'envie le plus repu des gros richards qui ont rafl&#233; toutes les vieilles pierres de la r&#233;gion. Ces deux-l&#224; se racontent avec humour et gourmandise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; MON OBSESSION D'ADOLESCENT, c'&#233;tait de sortir avec des filles. J'allais guincher en costume trois pi&#232;ces. Apr&#232;s mai 68, je me suis rendu compte qu'on pouvait avoir du succ&#232;s en portant des jeans, des camarguaises et les cheveux longs. Mais pour devenir hippie, il fallait lire un peu, et en lisant tu devenais gauchiste &#8211; tu commences &#224; partir en biberine et &#231;a te pla&#238;t ! Difficile de renier Marseille,mais entre Marx et Giono, le chemin m'a men&#233; jusqu'ici. &#187;&lt;/i&gt; Alain a grandi entre Saint- Victor et Arenc, deux quartiers populaires du littoral marseillais. Il y a fray&#233; avec le meilleur comme le pire de la culture dockers. &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s l'&#233;cole, on avait form&#233; une esp&#232;ce de communaut&#233; de sept ou huit mecs, entre 18 et 20 ans. Les filles allaient et venaient. On vivait bien, sans trop travailler. Celui qui bossait nourrissait les autres, un peu &#224; tour de r&#244;le. Le samedi, il n'y avait pas de vigile au Sodim d'Endoume, alors on allait faire les courses. En plus on avait une copine caissi&#232;re&#8230; Tranquille. &#187;&lt;/i&gt; L'accent d'Alain s'est arrondi au contact de l'arri&#232;re-pays, mais sa verve est toujours bien sal&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Un jour d'avril 1976, on allait payer un kilo d'herbe achet&#233; &#224; Belsunce et le dealer s'est fait gauler sous nos yeux. On a pris peur, on est venus se mettre au vert chez des potes, &#224; c&#244;t&#233; d'ici. Deux jours apr&#232;s, un berger du coin m'embauchait comme stagiaire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, apr&#232;s un an &#224; l'&#233;cole du Merle, &#224; Salon, le fr&#232;re du berger l'appelle. Il cherche un jeune associ&#233; et met &#224; disposition ses p&#226;turages. &lt;i&gt;&#171; Un de mes buts, c'&#233;tait ne pas &#234;tre employ&#233; toute ma vie. Mais c'&#233;tait quand m&#234;me lui le patron, de fait. &#187;&lt;/i&gt; Finie, l'agitation marseillaise.&lt;i&gt; &#171; &#199;a m'a tout de suite plu. Les copains et les copines venaient me voir. J'avais l'aura de ce m&#233;tier un peu mythique, &#231;a ajoutait &#224; mon charme. &#187;&lt;/i&gt; Mumu sourit d'un air entendu. &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas un boulot, berger, c'est une vie &#187;&lt;/i&gt;, s'enthousiasme Alain. &lt;i&gt;&#171; Mais je n'ai jamais reni&#233; le pass&#233;. Les amis venaient me squatter, soi-disant pour d&#233;crocher des drogues dures&#8230; Ce qui m'a sauv&#233;, c'est ma passion pour les brebis. &#192; la naissance de mon petit, en 1990, j'ai arr&#234;t&#233; la d&#233;fonce. Ceux qui sont rest&#233;s &#224; Marseille ont mal fini&#8230; Sur les sept de la bande, quatre sont morts du sida. &#187;&lt;/i&gt; Mumu se&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_300 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH339/ferri60-d977e.jpg?1768731423' width='500' height='339' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Ferri
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;souvient bien : &lt;i&gt;&#171; Moi, j'ai jamais touch&#233; &#224; &#231;a. J'avais dix-huit ans, un papillon pos&#233; sur une fleur fan&#233;e. Je l'ai connu l&#224;-haut, dans les alpages. J'avais fait une transhumance avec une copine, depuis le Var. Quelque chose de magique s'est pass&#233; en moi. J'&#233;tais en train de regarder la porte de cette bergerie, o&#249; sont grav&#233;es les noms des bergers pass&#233;s par l&#224;. Et d'un coup, j'ai senti un souffle passer derri&#232;re moi, une odeur, quelque chose de fort, humide, chaud. C'&#233;tait Guibert. Je me suis tourn&#233;e et l&#224;, en trois secondes, j'ai su que j'allais faire un enfant avec lui. &#187;&lt;/i&gt; Alain bougonne : &lt;i&gt;&#171; Dis tout de suite que je puais ! Moi, j'ai juste su que j'allais passer la nuit avec elle ! Et ce soir-l&#224;, elle n'a pas voulu, en plus ! &lt;/i&gt; &#187; Mumu, imperturbable : &lt;i&gt;&#171; Depuis on ne s'est plus quitt&#233;s. Il m'a beaucoup appris. Il a cette tol&#233;rance qui peut changer le monde. Quand tu vois le bon c&#244;t&#233; des &#234;tres humains, &#231;a te porte. Guibert m'a appris &#231;a. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est facile de s'int&#233;grer, dans le coin ? &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;part, je voulais &#234;tre plus paysan que les paysans. Mais j'ai vite compris que je resterais toujours marseillais. Et &#234;tre &#233;tranger, &#231;a a des avantages. Moi, si je n'ai pas besoin de me lever &#224; l'aube, je reste au lit ! Et s'il y a un match de l'OM &#224; 18h, je rentre les b&#234;tes &#224; 17h30&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Mumu ajoute : &lt;i&gt;&#171; Les voisins faisaient disjoncter le transfo pour l'emp&#234;cher de voir son match. Pour le plaisir de l'entendre hurler&#8230; On le traitait d'estranger, mais avec sympathie, parce qu'ils ont vite reconnu son travail et aussi sa g&#233;n&#233;rosit&#233;, la table toujours ouverte&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contrepoint de cette hospitalit&#233;, il y a le rapport vici&#233; avec les nouveaux propri&#233;taires. &lt;i&gt;&#171; On est dans le Luberon, les terres, c'est les riches qui les ont. Et comme en France la propri&#233;t&#233; est sacr&#233;e, des fois je dois faire la pute. Tu peux faire pa&#238;tre tes brebis mais &#224; condition que tu laisses leur pr&#233; comme un terrain de golf. &#187;&lt;/i&gt; Alain s'interrompt pour avaler son caf&#233;. &lt;i&gt;&#171; L'authenticit&#233; devenant &#224; la mode, il y a ce multimillionnaire des cosm&#233;tiques, qui vient en h&#233;licopt&#232;re dans son mas transform&#233; en palais, et qui me pr&#234;te sa garrigue pour le plaisir d'entendre les clochettes de mon troupeau (c'est un pote &#224; Nicolas Hulot, je l'ai vu passer r&#233;cemment dans son 4X4 avec trois blondes &#224; bord). &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mumu nuance : &lt;i&gt;&#171; Guibert sait y faire. Surtout avec leurs femmes. &#192; la marseillaise, il sait les charmer et leur donner ce qui manque le plus aux riches : un peu de chaleur humaine. Il fait de la p&#233;dagogie. La veuve de Cartier- Bresson se plaignait de l'aspect d'une parcelle qu'elle nous pr&#234;te, un terrain de safre, dur &#224; cultiver. On lui a montr&#233; la terre voisine de l'ex-associ&#233; de Guibert, toute &#8220;propre&#8221; parce qu'il utilise des d&#233;sherbants. On lui a expliqu&#233; qu'on pourrait faire pareil, mais que tout un tas de petites fleurs sauvages allaient dispara&#238;tre. Comme elle aime beaucoup les fleurs, elle a fini par comprendre&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Guibert, patient : &lt;i&gt;&#171; Je leur dis que s'ils veulent du gazon, il faut du d&#233;sherbant, mais que &#231;a va s'infiltrer dans leur piscine&#8230; et accessoirement dans la nappe phr&#233;atique. &#187;&lt;/i&gt; Mumu, songeuse : &lt;i&gt;&#171; Avant, les bergers c'&#233;tait comme des Gitans, des gens libres. On &#233;tait herbassiers, &#8220;ceux qui cherchent l'herbe&#8221;&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Berger-pas-moutonnier'&gt;&#171; Berger, pas moutonnier &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Berger, pas moutonnier</title>
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&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; de l'&#233;pisode pr&#233;c&#233;dent : n&#233; sur les quais de Marseille, Alain Guibert s'est forg&#233; un destin d'herbassier dans le Luberon. Avec compagne et enfants, il n'a jamais renonc&#233; au r&#234;ve de libert&#233; qui l'a pouss&#233; &#224; changer de vie, malgr&#233; les pi&#232;ges de la politique agricole. O&#249; l'on parle foncier, bio, commerce, primes, puces, mais aussi confiance, air pur et r&#233;volution. UN &#201;T&#201;, PROFITANT DE SON ABSENCE, l'associ&#233; d'Alain Guibert a rompu le contrat qui les liait. Alain doit alors se rabattre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no-62-decembre-2008" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 62 (d&#233;cembre 2008)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; de l'&#233;pisode pr&#233;c&#233;dent&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire CQFD n&#176;60, octobre 2008.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : n&#233; sur les quais de Marseille, Alain Guibert s'est forg&#233; un destin d'herbassier dans le Luberon. Avec compagne et enfants, il n'a jamais renonc&#233; au r&#234;ve de libert&#233; qui l'a pouss&#233; &#224; changer de vie, malgr&#233; les pi&#232;ges de la politique agricole. O&#249; l'on parle foncier, bio, commerce, primes, puces, mais aussi confiance, air pur et r&#233;volution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;UN &#201;T&#201;, PROFITANT DE SON ABSENCE, l'associ&#233; d'Alain Guibert a rompu le contrat qui les liait. Alain doit alors se rabattre sur un lopin qu'un paysan a bien voulu lui pr&#234;ter. Mumu, sa compagne, se souvient : &lt;i&gt;&#171; Les gens du coin qui nous aiment &#8211; et il y en a beaucoup &#8211; se sont mis d'accord avec moi pendant qu'Alain &#233;tait en montagne et on a construit cette bergerie, pas belle, mais qui veut dire beaucoup. Chaque arceau du tunnel, c'est un voisin qui l'a apport&#233;&#8230; &lt;/i&gt; &#187; Et des proprios du coin, comme le photographe Cartier-Bresson, pr&#234;tent des p&#226;turages, permettant ainsi &#224; la famille de survivre. &lt;i&gt;&#171; Ici, on n'est toujours pas chez nous,mais c'est pas notre but, &#234;tre propri&#233;taire. On est simplement dans un endroit o&#249; personne ne peut plus nous mettre dehors. &#187;&lt;/i&gt; Mumu, qui est conseill&#232;re municipale, pointe l'incontournable probl&#232;me du foncier : &lt;i&gt;&#171; &#192; Revest, le maire nous a racont&#233; qu'il y a quatre ans il y avait huit bergers sur sa commune. Il n'en reste plus qu'un. Les jeunes ne peuvent plus s'installer. Les for&#234;ts se referment sur les parcelles, les feux font des ravages. Les maires te le disent : on a les terres pour que les jeunes s'installent, mais on n'a pas de maisons pour les loger. &#187;&lt;/i&gt; Toutes transform&#233;es en r&#233;sidences secondaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_301 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L435xH347/ferri62-3cdc5.jpg?1768659808' width='435' height='347' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Ferri
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Puis on cause commerce : &lt;i&gt;&#171; Je n'ai pas l'&#233;tiquette bio. Je pr&#233;f&#232;re &#234;tre naturel et vendre en circuit court &#224; des gens qui me connaissent. Parce que, bient&#244;t, les Leclerc et les Auchan d&#233;cideront du cahier des charges des labels bio. Si tu n'es pas estampill&#233;, tu n'es pas r&#233;cup&#233;rable. Moi, ce qui me d&#233;sesp&#232;re, c'est que dans ce syst&#232;me tout est r&#233;cup&#233;r&#233; avant m&#234;me d'exister. &#187;&lt;/i&gt; Alain est chaleureux dans ses relations de voisinage, mais les rapports de force impos&#233;s font na&#238;tre en lui une saine col&#232;re. &lt;i&gt;&#171; Il y a des agneaux bio qui ne voient jamais un pr&#233;, ils grandissent en &#233;table. Ils mangent du grain bio qu'on leur am&#232;ne en camion depuis l'Espagne, par exemple. Et &#231;a, c'est peut-&#234;tre bio, mais c'est pas naturel ! Ou le cahier des charges est tr&#232;s strict et les produits deviennent chers, &#233;litistes. Ou alors on devient de moins en moins regardants et &#231;a va devenir une &#233;tiquette commerciale vide de sens. Nous, on veut pas entrer l&#224;-dedans. &#187; &lt;/i&gt; Mumu abonde : &lt;i&gt;&#171; C'est mon fils Mathias qui fait la vente directe. Il s'est branch&#233; avec des AMAP d'Aix, de Marseille&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Alain : &lt;i&gt;&#171; Nous, on a 300 ou 400 agneaux par an. &#192; cette &#233;chelle, tu peux privil&#233;gier la confiance. Guibert, c'est pas Tapie, moi je suis un homme de parole. Je pr&#233;f&#232;re vivre avec la confiance. Et j'aimerais que &#231;a soit universel. Tant qu'on est oblig&#233;s d'&#234;tre m&#233;fiant, on s'en sortira pas. Pour des raisons de sant&#233;, on a r&#233;duit le troupeau de moiti&#233;, mais on a aussi abandonn&#233; les maquignons. La part du grossiste, elle est r&#233;partie entre l'acheteur et nous. Du coup, on gagne autant qu'avant en travaillant moins. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la d&#233;pendance aux primes. &lt;i&gt;&#171; L&#224;, il faudra une r&#233;volution pour reprendre notre libert&#233;. Les prix n'ont pas chang&#233; depuis vingt ans. C'est comme si le SMIC n'avait pas augment&#233; non plus et que Bruxelles paie la diff&#233;rence &#224; tous les prolos europ&#233;ens pour qu'ils puissent grailler&#8230; C'est dingue, mais pr&#232;s de la moiti&#233; de nos salaires est assur&#233;e par les primes. &#187;&lt;/i&gt; Et ce n'est pas fait pour r&#233;jouir Alain : &lt;i&gt;&#171; J'ai pas choisi ce m&#233;tier pour devoir me refoutre le nez dans le syst&#232;me. Je ne suis pas du genre &#224; aller manifester pour plus de primes, plus d'argent. &#187;&lt;/i&gt; Mumu nuance : &lt;i&gt;&#171; On pourrait vivre sans les primes. Certains se battent pour &#231;a. On les accepte parce que c'est facile et qu'on est fatigu&#233;s. Guibert, ne me dis pas que, pour pouvoir refuser les primes, on doit retourner vivre dans une grotte ! Mathias vise une fa&#231;on de faire ce m&#233;tier en se passant des subventions. Il r&#233;fl&#233;chit avec d'autres jeunes &#224; comment privil&#233;gier les &#233;changes extramon&#233;taires, le troc, l'entraide. Il avance par rapport &#224; nous. &#187;&lt;/i&gt; Alain hausse les &#233;paules : &lt;i&gt;&#171; C'est tout le syst&#232;me qu'il faut tomber. Comme le pu&#231;age : c'est un probl&#232;me d'&#233;thique. Puces ou &#233;tiquettes, je m'en fous. Ce qui est grave, c'est ce qui vient apr&#232;s : la banalisation d'un flicage high-tech pour les &#234;tres humains aussi. Mais ce combat est difficile. D'ici la fin de l'ann&#233;e &#231;a devrait &#234;tre mis en place, et si tu refuses ils peuvent te sucrer les primes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure de la sieste est propice &#224; la pens&#233;e : &lt;i&gt;&#171; En fait, il faudrait qu'on se d&#233;merde pour &#234;tre encore plus heureux que ce qu'on est. Bien vivre, bien manger, partager, faire l'amour, y a rien de plus subversif ! Il faut que tu montes nous voir l&#224;-haut en &#233;t&#233;. Tu verras comme c'est apaisant, ce rythme, cette immobilit&#233;, le changement d'&#233;chelle entre toi et le monde. Tu es assis sur une pierre, il ne se passe rien. Tes traumatismes d'enfance et tes points retraite te paraissent lointains, tout d'un coup. &#187;&lt;/i&gt; Mumu sourit : &lt;i&gt;&#171; Ce qui fait la force de Guibert, c'est sa stabilit&#233;, qui est s&#251;rement due &#224; son rapport aux b&#234;tes, &#224; la nature. Il ne bouge pas. &#187; &#171; C'est &#231;a, dis que j'ai pas &#233;volu&#233; ! &lt;/i&gt; &#187;, grommelle Alain. &lt;i&gt;&#171; Il a les m&#234;mes id&#233;es et la m&#234;me g&#233;n&#233;rosit&#233; depuis que je le connais. Ce n'est pas un homme &#224; d&#233;nigrer les autres. C'est un sage. &#187;&lt;/i&gt; Alain, encourag&#233; : &lt;i&gt;&#171; La vie, c'est pas une question de d&#233;tails. C'est LA vie. Tant qu'on accepte de marcher dans leur sens, on nourrit leur syst&#232;me et on se fait baiser. Il faut les renverser. &#187;&lt;/i&gt; Et Mumu de conclure : &lt;i&gt;&#171; C'est &#231;a, l'utopie de 68. Que tout le monde se l&#232;ve un beau matin en se disant : aujourd'hui ma vie va changer. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-transhumance-a-Guibert'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;60&lt;/a&gt;, octobre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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