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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le chant des partisanes</title>
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		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Nono Kadaver</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; Il y avait une ambiance de foire qui durait toute la nuit. &#187; Pierre Le Van Thu, ancien marin et fervent arpenteur de rues, &#233;voque le temps o&#249; le cours Julien &#233;tait &#171; le ventre de Marseille &#187;, avec son march&#233; de gros drainant mara&#238;chers, &#171; partisanes &#187;, noctambules, putains, petites frappes et autres menus m&#233;tiers&#8230; &#171; Nostalgique mais pas pass&#233;iste &#187;, il compare l'esprit d'hier &#224; celui d'aujourd'hui. &#171; CE QUARTIER, dans les ann&#233;es 50-60, &#233;tait ce qu'on appelait le ventre de Marseille. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il y avait une ambiance de foire qui durait toute la nuit. &#187;&lt;/i&gt; Pierre Le Van Thu, ancien marin et fervent arpenteur de rues, &#233;voque le temps o&#249; le cours Julien &#233;tait &lt;i&gt;&#171; le ventre de Marseille &#187;&lt;/i&gt;, avec son march&#233; de gros drainant mara&#238;chers, &lt;i&gt;&#171; partisanes &#187;&lt;/i&gt;, noctambules, putains, petites frappes et autres menus m&#233;tiers&#8230; &lt;i&gt;&#171; Nostalgique mais pas pass&#233;iste &#187;&lt;/i&gt;, il compare l'esprit d'hier &#224; celui d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; CE QUARTIER, dans les ann&#233;es 50-60, &#233;tait ce qu'on appelait le ventre de Marseille. Tous les locaux de plain-pied servaient d'entrep&#244;ts aux grossistes et aux paysans des alentours. &#187;&lt;/i&gt; Et les caves, immenses et vo&#251;t&#233;es, servaient de chambres froides. C'est d'un air malicieux que Pierre &#233;voque le raffut permanent que cette activit&#233; occasionnait et qui, &#224; l'&#233;poque, ne semblait g&#234;ner personne. &lt;i&gt;&#171; Les riverains se mettaient des boules Quies et se levaient de bonne humeur. Les paysans arrivaient vers 10 h du soir et ils d&#233;chargeaient, c'&#233;tait pittoresque, bruyant. Certains venaient encore en charrette. Tous ces gens-l&#224; se connaissaient, s'interpellaient, s'affairaient. Voil&#224; comment &#233;tait le quartier. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment en arrive-t-on &#224; la m&#233;tamorphose actuelle ? Dans les ann&#233;es 70, le march&#233; de gros a &#233;t&#233; d&#233;m&#233;nag&#233;, comme les Halles au poisson de Noailles et la Cri&#233;e du Vieux-Port, vers le MIN (march&#233; d'int&#233;r&#234;t national) des Arnavaux. Cet exil des march&#233;s, d&#251; &#224; un zonage fonctionnaliste de l'espace urbain, a contribu&#233; &#224; appauvrir le centre historique. Pierre revient sur ce lieu&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_393 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L369xH366/kadaver-75097.jpg?1768650929' width='369' height='366' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nono Kadaver
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;o&#249; il a tra&#238;n&#233; ses espadrilles : &lt;i&gt;&#171; Vers 5h du matin, les partisanes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s Fr&#233;d&#233;ric Mistral, mot du vieux fran&#231;ais d&#233;signant ceux qui manient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;arrivaient. Elles montaient leurs tr&#233;teaux de fruits et l&#233;gumes, quelques-unes avaient leur r&#233;chaud &#224; charbon de bois, pour lutter contre le froid. Le bruit &#233;tait donc permanent. Elles se saluaient, les livreurs les draguaient. Elles ne se laissaient pas faire, on riait beaucoup. Elles avaient la faconde marseillaise. Ce qui me met en col&#232;re, c'est d'entendre se plaindre les nouveaux arrivants pour le moindre petit bruit, alors qu'ils ont tous du double vitrage chez eux ! &#187;&lt;/i&gt; Joliment r&#233;am&#233;nag&#233; en parc arbor&#233; avec plan d'eau, le Cours Ju &#8211; un des rares espaces marseillais lib&#233;r&#233;s de la bagnole &#8211; a &#233;t&#233; investi par une classe moyenne un peu boh&#232;me. Le mercredi matin s'y plante un march&#233; paysan, que Pierre fr&#233;quente. &lt;i&gt;&#171; Il est aussi beaucoup fr&#233;quent&#233; par des &#8220;parle-pointu&#8221; qui font la queue devant les stands comme des Anglais ! &#187;&lt;/i&gt;, se moque son ami Al&#232;ssi Dell'Umbria. Au lieu de jouer des coudes en demandant &#224; la cantonade &lt;i&gt;&#171; Qui va la derni&#232;re ? &#187;&lt;/i&gt;, comme le fait tout le monde civilis&#233; du pourtour m&#233;diterran&#233;en !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il y avait une continuit&#233; entre ce march&#233;, Noailles et Belsunce, reli&#233;s par la rue d'Aubagne, puis la rue Longue, se souvient Pierre. Aujourd'hui, Noailles est rest&#233; populaire,mais le nouveau cours Julien lui tourne le dos. Il y a ici des petits malins qui pensent que bient&#244;t on va tout raser, et qu'en prenant pied ici, ils feront de bonnes affaires. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re &#233;tape du lissage en cours : la mont&#233;e des branch&#233;s adeptes de l'ordre. Acoquin&#233;e avec la mairie de secteur, les chefs de la police et le quotidien &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, une &#171; association des commer&#231;ants de la butte &#187; (au vrai chic parisien !) r&#233;clame un &#171; nettoyage &#187; de l'esplanade. Docilement, les flics harc&#232;lent les jeunes, les clochards, les d&#233;soeuvr&#233;s et tout ce qui ne consomme pas aux terrasses, dans une claire volont&#233; de privatiser l'espace public. &lt;i&gt;&#171; Quand j'&#233;tais adolescent, on allait faire la bringue &#224; Belsunce. Il y avait des bo&#238;tes de nuit, avec des entra&#238;neuses et des clients souvent prostr&#233;s. Nous, les jeunes, nous entrions pour animer tout &#231;a. Notre fortune ne nous permettait pas de nous offrir de l'alcool. Nous dansions un peu,nous chahutions, et au bout d'un moment, on nous jetait dehors et nous allions dans un autre &#233;tablissement poursuivre notre cirque&#8230; Jusqu'&#224; la fermeture, &#224; 2h du matin. Nous grimpions alors en direction du cours Julien et de la place Notre- Dame-du-Mont, o&#249; il y avait une pizzeria, qui existe toujours d'ailleurs. Nous y retrouvions les entra&#238;neuses,qui venaient comme nous manger un bout, et l'ambiance &#233;tait plus d&#233;contract&#233;e, parce que l&#224; elles n'essayaient plus de nous faire boire du mousseux ! Les bars et les restaurants, gr&#226;ce au march&#233;, avaient le droit de rester ouverts toute la nuit. Comme sur le cours d'Estienne-d'Orves, o&#249; se trouvaient le si&#232;ge et les imprimeries des trois quotidiens locaux. &#187;&lt;/i&gt; Pierre, qui fut d&#233;port&#233; avec sa famille en train &#224; bestiaux sur Fr&#233;jus, lors de l'op&#233;ration franco-allemande de dynamitage du quartier Saint-Jean, en 1943, sait ce qu'il aime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans les bars du port, on croisait les nocturnes, les journalistes, les employ&#233;s des quotidiens qui faisaient le va-et-vient et ceux qui venaient chercher les &#233;ditions r&#233;gionales pour Manosque, Aix&#8230; Et puis tout au fond il y avait les joueurs de cartes&#8230; S'ils voyaient quelqu'un de suspect entrer, quelqu'un qui pouvait &#234;tre un flic, ils laissaient pendre leur main avec les cartes sous la table, ne laissant que l'autre, qui tenait la cigarette, en vue. Parce qu'ils jouaient de l'argent. C'&#233;tait Marseille, c'&#233;tait vivant, &#224; la fois populaire et intellectuel, s&#251;rement plus anim&#233; que le Marseille 2013 qu'ils nous pr&#233;parent. Il y avait, je crois,beaucoup plus de culture en ce temps-l&#224;. L'Alcazar, avec l'op&#233;rette marseillaise et aussi de l'art lyrique. Il y a toujours eu beaucoup d'amateurs d'art lyrique, ici. On ne le dit jamais, mais il y avait encore plus d'abonn&#233;s &#224; l'op&#233;ra qu'au stade ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 3 mars, &#224; la brasserie des Dana&#239;des, Pierre assistait &#224; la premi&#232;re r&#233;union d'une coordination d'associations luttant contre le b&#233;tonnage de Marseille&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Laisse b&#233;ton &#187;, contacts : Annick Leroy, au 0675242528 ; ou Paul (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;i&gt; &#171; Ma nostalgie n'est pas pass&#233;iste. J'accepte les changements, mais l&#224; o&#249; je m'insurge, c'est quand on emp&#234;che les gens de vivre. On est en train de momifier la vie. Je trouve &#231;a anormal que certains emp&#234;chent les autres de faire la f&#234;te dans leur quartier. Maintenant, les progr&#232;s de l'informatique, je trouve &#231;a tr&#232;s bien, mais je n'aime pas l'exc&#232;s dans l'app&#226;t du gain, et la voiture qui nous tue, ou les tomates sans saveur du mois de janvier. &#187;&lt;/i&gt; Ceux qui d&#233;nigrent la nostalgie aimeraient bien nous voler cette m&#233;moire-l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'apr&#232;s Fr&#233;d&#233;ric Mistral, mot du vieux fran&#231;ais d&#233;signant ceux qui manient l'argent ; int&#233;gr&#233; au parler marseillais pour d&#233;signer les vendeuses des halles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Laisse b&#233;ton &#187;, contacts : Annick Leroy, au 0675242528 ; ou Paul Piccirilo, sur paulpiccirilo @ free.fr.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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