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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Dans les pas de Murieta</title>
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		<dc:creator>Cheru Corisco</dc:creator>


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&lt;p&gt;DESPERADOS : ce terme am&#233;ricain d&#233;signait les bandes de hors-la-loi qui s&#233;vissaient dans le grand sud-ouest des &#201;tats-Unis au XIXe si&#232;cle. D&#233;formation du castillan desesperados, soit &#171; d&#233;sesp&#233;r&#233;s &#187; : tels &#233;taient probablement ces bandits latinos en cavale permanente devenus &#233;trangers sur leurs terres, sans patrie ni fronti&#232;res, aux prises avec leurs nouveaux conquistadors : les Yankees. En 1823, presque tous les pays d'Am&#233;rique latine ont gagn&#233; leur ind&#233;pendance. Le pr&#233;sident am&#233;ricain James (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;DESPERADOS : ce terme am&#233;ricain d&#233;signait les bandes de hors-la-loi qui s&#233;vissaient dans le grand sud-ouest des &#201;tats-Unis au XIXe si&#232;cle. D&#233;formation du castillan desesperados, soit&lt;i&gt; &#171; d&#233;sesp&#233;r&#233;s &#187;&lt;/i&gt; : tels &#233;taient probablement ces bandits latinos en cavale permanente devenus &#233;trangers sur leurs terres, sans patrie ni fronti&#232;res, aux prises avec leurs nouveaux conquistadors : les Yankees. En 1823, presque tous les pays d'Am&#233;rique latine ont gagn&#233; leur ind&#233;pendance. Le pr&#233;sident am&#233;ricain James Monroe livre alors un message au Congr&#232;s stipulant que d&#233;sormais &lt;i&gt;&#171; le continent est ferm&#233; &#224; toute tentative de colonisation par les Europ&#233;ens &#187;&lt;/i&gt;, et que par cons&#233;quent,&lt;i&gt; &#171; toute intervention europ&#233;enne sera consid&#233;r&#233;e comme une manifestation inamicale &#187;&lt;/i&gt;. Cette d&#233;claration posait d&#233;j&#224; les premiers jalons de l'imp&#233;rialisme yankee. &#192; la lumi&#232;re de la doctrine Monroe appara&#238;t le concept id&#233;ologique de la manifest destiny selon lequel les &#201;tats-Unis, et eux seuls, avaient pour &lt;i&gt;&#171; mission divine &#187;&lt;/i&gt; de r&#233;pandre la civilisation et la d&#233;mocratie sur le continent am&#233;ricain. Accessoirement ils commenceraient par &#233;tendre leur pr&#233; carr&#233; aux rivages du Pacifique, &#224; l'or des Rocheuses et r&#233;introduiraient l'esclavage&#8230; En 1836, le Texas, o&#249; s'&#233;taient install&#233;s des centaines de familles de planteurs esclavagistes am&#233;ricains, fait s&#233;cession du Mexique, abolitionniste depuis 1829. Le Texas rejoint l'Union en 1845, suivi de pr&#232;s par la Californie au terme de la guerre de 1846-1848 toujours contre le Mexique. Quid des Latinos qui vivaient d&#233;j&#224; sur place ? La d&#233;couverte en 1848 d'importants gisements d'or en Californie provoque la grande ru&#233;e vers l'Ouest. Les Mexicains de la r&#233;gion ainsi que de nombreux migrants chiliens et p&#233;ruviens ont une grande exp&#233;rience de l'orpaillage et prospectent d'excellents filons. Mais les Yankees n'entendent pas partager avec les Latinos. Leur rapacit&#233; se pare de tout un arsenal de mesures r&#233;pressives &#224; l'&#233;gard de ces &#233;trangers. Le racisme et la x&#233;nophobie s'exacerbent et les Latinos sont pourchass&#233;s, lynch&#233;s et expuls&#233;s hors des zones aurif&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce climat de violence et d'arbitraire, beaucoup se tournent vers le banditisme. Les plus fameuses bandes, telles que &#171; la Guadalajara &#187;, &#171; la Mariposa &#187;, celle de Narrato Ponce, du bandido Leiva ou de Tiburcio Vasquez sont le cauchemar des colons am&#233;ricains. Vers 1850, les vols de chevaux et les attaques de ranchs et de diligences se g&#233;n&#233;ralisent. Une bande dirig&#233;e par Joaquin Murieta et son compagnon Manuel Garcia, alias Three Finger Jack, se fait remarquer par son audace. Selon la l&#233;gende, la carri&#232;re criminelle de Murieta commence apr&#232;s le viol et le meurtre de sa femme, le lynchage de son fr&#232;re et les s&#233;vices qui lui ont &#233;t&#233; inflig&#233;s par des chercheurs d'or anglo-am&#233;ricains. Dans la plus pure tradition des justiciers qu'Hollywood transformera en ic&#244;nes du western, Murieta traque et ex&#233;cute les cinq hommes responsables de son calvaire avant de se mettre &#224; ran&#231;onner les yanquis. Toutes les actions commises par des bandoleros sont d&#233;sormais attribu&#233;es &#224; Murieta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la t&#234;te qu'il fallait pour servir d'exemple. Insaisissable, elle est mise &#224; prix pour mille dollars. En mai 1853, les gouverneurs de Californie autorisent un certain Harry Love &#224; former une compagnie de rangers afin de pourchasser le desperado avec trois mois d'exclusivit&#233; pour la prime. Peu de jours avant l'expiration du d&#233;lai,la compagnie tombe sur un groupe de Mexicains autour d'un feu. Certains parviennent &#224; s'enfuir mais deux d'entre eux sont tu&#233;s. Harry Love coupe la t&#234;te de l'un et la main de l'autre et ram&#232;ne le tout dans une jarre de brandy comme preuves de son succ&#232;s. Les autorit&#233;s conviennent qu'il s'agit bien de la t&#234;te de Murieta et de la main atrophi&#233;e de Three Finger Jack. Hop, par ici la prime ! Au regard de la loi,Murieta a pay&#233; pour les autres mais aux yeux des Latinos, un symbole &#233;tait n&#233;&#8230; Non content d'avoir touch&#233; la prime, Harry Love exploita la curiosit&#233; morbide de la populace en exhibant dans les saloons ses troph&#233;es de chasse pour un dollar l'entr&#233;e. La relique disparut dit-on dans le tremblement de terre qui ravagea San Francisco en 1906.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, Chiliens et Mexicains se disputent la provenance de Murieta. Pablo Neruda lui a consacr&#233; une sorte de pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, &#233;pique,po&#233;tique et musicale,Victor Jara une chanson. Sa geste est relat&#233;e par les corridos Corridos : chants populaires mexicains relatant la geste des r&#233;volutionnaires et des bandits des ann&#233;es 1909-1920 et aujourd'hui des narcotrafiquants, entre autres. du nord du Mexique. De la Patagonie au Rio Grande si l'on n'a toujours pas de certitude sur son origine, on se r&#233;concilie volontiers sur le fait que Joaquin Murieta n'&#233;tait pas un &lt;i&gt;&#171; maldito gringo &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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