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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La chronique judiciaire o&#249; tout le monde sourit</title>
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		<dc:date>2010-05-29T11:58:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no77-avril-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;77 (avril 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/indices-graves" rel="tag"&gt;indices graves&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;MARSEILLE, 8E CHAMBRE. Beaucoup de personnes entrent dans la salle jusque l&#224; assez vide &#8211; on reconna&#238;t des militants. La polici&#232;re charg&#233;e de surveiller les bancs du public se chuchote &#224; elle-m&#234;me : &lt;i&gt;&#171; Qu'est-ce que c'est que tout &#231;a ? &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente, une femme d'une quarantaine d'ann&#233;es, appelle P., A. et S., qui est absente. Deux jeunes femmes vont &#224; la barre. &lt;i&gt;&#171; Mademoiselle P., il vous est reproch&#233; d'avoir &#224; Marseille, le 27 juin 2009, alors qu'il existait des indices graves et concordants que vous ayez commis des infractions, refus&#233; de vous soumettre &#224; un pr&#233;l&#232;vement biologique destin&#233; &#224; permettre de faire appara&#238;tre l'analyse et l'identification de votre empreinte g&#233;n&#233;tique. &#187;&lt;/i&gt; L'avocat de P. et A., un homme d'une trentaine d'ann&#233;es, plaide l'annulation :&lt;i&gt; &#171; Je soul&#232;ve deux difficult&#233;s. La premi&#232;re c'est que Mademoiselle P. a demand&#233; &#224; voir un m&#233;decin au d&#233;but de sa garde &#224; vue, et on n'a nulle trace d'examen m&#233;dical. La deuxi&#232;me, c'est qu'au moment de la prolongation de la mesure de garde &#224; vue, la pr&#233;venue a exprim&#233; le d&#233;sir de voir un avocat d&#233;sign&#233;, or je ne vois nulle part dans la proc&#233;dure la recherche d'un avocat. &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente demande l'avis du procureur, un homme grand &#224; la voix forte : &lt;i&gt;&#171; Il semble effectivement que la proc&#233;dure de prolongement de la garde &#224; vue ne soit pas conforme au code de proc&#233;dure p&#233;nale. Pour autant, &#224; partir du moment o&#249; on lui reproche l'infraction de refus de pr&#233;l&#232;vement biologique, cela ne nuit pas &#224; la pr&#233;sente proc&#233;dure. &lt;/i&gt; &#187; L'avocat retourne &#224; sa place, des regards inquiets s'&#233;changent dans le public. La parole est &#224; P. : &lt;i&gt;&#171; Je ne comprends pas pourquoi on m'a demand&#233; mon ADN, c'est totalement disproportionn&#233; parce qu'il n'y avait pas de r&#233;el d&#233;lit qui nous &#233;tait reproch&#233;. &#8211; Quelles &#233;taient les circonstances ? &#8211; On nous reprochait un vol collectif dans un supermarch&#233;, sans preuves. &#187;&lt;/i&gt; Le procureur se l&#232;ve : &lt;i&gt;&#171; Ce dossier pose un probl&#232;me de fond et il est plus int&#233;ressant que le tribunal statue sur le fond, parce qu'en mati&#232;re de pr&#233;l&#232;vements biologiques, on ne peut pas faire n'importe quoi. On est dans une soci&#233;t&#233; qui a tendance &#224; faire des pr&#233;l&#232;vements &#224; tout bout de champ, et c'est pourquoi je vous demanderai la relaxe. &#187;&lt;/i&gt; Des exclamations de surprise surgissent des bancs du public. &lt;i&gt;&#171; On a une interpellation de cinq personnes dont il nous est dit qu'elles &#8220;pourraient correspondre au signalement&#8221;, sachant que le signalement, c'est qu'elles sont habill&#233;es en noir et qu'elles pourraient &#234;tre qualifi&#233;es sous le vocable de &#8220;punk&#8221;&#8230; &#231;a me semble particuli&#232;rement faible. Autre &#233;l&#233;ment d&#233;plac&#233;, c'est qu'on a une fiche de recherche de la DST, de la DST hein,qui indique que la personne &#8220;pourrait appartenir &#224; la mouvance anarcho-autonome&#8221; et qu'elle &#8220;serait susceptible de commettre des actes d&#233;lictueux&#8221;&#8230; il ne faut pas exag&#233;rer. &#187;&lt;/i&gt; Un &lt;i&gt;&#171; Bravo ! &#187;&lt;/i&gt; et des applaudissements fusent du public &#8211; la pr&#233;sidente, tr&#232;s &#233;nerv&#233;e, les interrompt : &lt;i&gt;&#171; NON ! On n'est pas dans une salle de spectacle ! Si vous voulez vous exprimer, vous sortez ! &#187;&lt;/i&gt; Le procureur s'assied en souriant, l'avocat prend la suite : &lt;i&gt;&#171; Je me joins enti&#232;rement aux r&#233;quisitions du minist&#232;re public. Il y a absence d'un &#233;l&#233;ment, qui est cens&#233; &#233;viter le fichage g&#233;n&#233;ralis&#233;, ce sont les &#8220; indices graves ou concordants&#8221;. On ne retrouve aucun objet vol&#233; sur ces jeunes femmes, c'est quand m&#234;me int&#233;ressant. Par ailleurs, on n'a pas la pi&#232;ce de proc&#233;dure qui constate les refus de pr&#233;l&#232;vements, on ne sait pas qui l'a constat&#233;, et on n'a pas l'assurance que c'est un officier de police judiciaire, seul habilit&#233;. &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente appelle A. : &lt;i&gt;&#171; Qu'avez-vous &#224; dire ? &#8211; Je voudrais ajouter que les conditions de la garde &#224; vue &#233;taient particuli&#232;rement p&#233;nibles : interdiction d'aller aux toilettes, interdiction de voir un m&#233;decin, interdiction de manger le lendemain matin. &#8211; Bien, je vous remercie. M. le procureur ? &#8211; M&#234;me r&#233;quisition &#8211; Ma&#238;tre ? &#8211; M&#234;me plaidoirie. &#187;&lt;/i&gt; Dans un sourire la pr&#233;sidente conclut : &lt;i&gt;&#171; M&#234;me d&#233;cision. &#187;&lt;/i&gt; L'audience est suspendue pour les d&#233;lib&#233;r&#233;s, puis au retour, la pr&#233;sidente annonce : &lt;i&gt;&#171; Mesdemoiselles P., A. et S., le tribunal vous relaxe en constatant que la proc&#233;dure ne lui permet pas de constater des indices graves ou concordants justifiant le pr&#233;l&#232;vement biologique. Pour les autres remarques concernant les conditions de garde &#224; vue, le tribunal n'est pas saisi. &lt;/i&gt; &#187; &#192; la sortie du tribunal, devant les personnes venues en soutien, des policiers en tenue gardent la porte. Il y a une banderole et une table avec un infokiosque &#8211; un gars avec un grand chapeau entonne seul un chant de lutte en espagnol, puis crie : &lt;i&gt;&#171; Contre les flics et ce syst&#232;me de merde ! &#187;&lt;/i&gt; Un policier passe devant lui en souriant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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