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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>G&#252;nter Wallraff en immersion promo</title>
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		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le journaliste infiltr&#233; dans les mines de sel du salariat moderne &#233;tait &#224; Paris d&#233;but avril pour promouvoir son dernier livre. CQFD lui a tenu compagnie&#8230; &#171; Monsieur Wallraff, est-ce que vous avez l'impression d'&#234;tre un super h&#233;ros ? &#187; Le t&#226;cheron de Fluctuat, le &#171; webzine culturel &#187; du groupe Lagard&#232;re, se reprend &#224; deux fois pour &#226;nonner sa question, griffonn&#233;e sur un bout de papier qu'il peine &#224; d&#233;chiffrer. Wallraff laisse poindre une grimace de d&#233;go&#251;t. Non, soupire-t-il, ce n'est pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Monsieur-Wallraff" rel="tag"&gt;Monsieur Wallraff&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le journaliste infiltr&#233; dans les mines de sel du salariat moderne &#233;tait &#224; Paris d&#233;but avril pour promouvoir son dernier livre. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; lui a tenu compagnie&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Monsieur Wallraff, est-ce que vous avez l'impression d'&#234;tre un super h&#233;ros ? &#187;&lt;/i&gt; Le t&#226;cheron de &lt;i&gt;Fluctuat&lt;/i&gt;, le &#171; webzine culturel &#187; du groupe Lagard&#232;re, se reprend &#224; deux fois pour &#226;nonner sa question, griffonn&#233;e sur un bout de papier qu'il peine &#224; d&#233;chiffrer. Wallraff laisse poindre une grimace de d&#233;go&#251;t. Non, soupire-t-il, ce n'est pas un super h&#233;ros, juste un &lt;i&gt;&#171; privil&#233;gi&#233; &#187;&lt;/i&gt; qui s'ent&#234;te depuis trente ans &#224; documenter &lt;i&gt;&#171; l'inexorable d&#233;gradation du monde du travail &#187;&lt;/i&gt; en partageant ici ou l&#224; quelques semaines de labeur avec les &lt;i&gt;&#171; perdants du capitalisme qui, eux, y passent toute leur vie &#187;&lt;/i&gt;. Mais d&#233;j&#224; l'intervieweur se replonge dans ses anti-s&#232;ches. &lt;i&gt;&#171; Euh, qu'est-ce que je voulais dire&#8230; Qu'est-ce que vous pensez de la pol&#233;mique sur l'&#233;mission de France 2,&#8220;les Infiltr&#233;s&#8221; ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allez G&#252;nter, tiens bon ! En ce d&#233;but avril, &#224; l'occasion de la sortie en France de son dernier livre&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi les perdants du meilleur des mondes, La D&#233;couverte, 2010.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le sp&#233;cialiste allemand du journalisme social par immersion &#8211; auteur en 1986 du livre culte&lt;i&gt; T&#234;te de turc&lt;/i&gt;, r&#233;cit d'un faux travailleur immigr&#233; pris dans la broyeuse du salariat pr&#233;caire, &#233;pongeant les frites de McDonald's ou les fuites d'une centrale nucl&#233;aire &#8211; s'inflige un r&#244;le de composition &#224; peine moins &#233;prouvant : celui de l'auteur en promo dans un h&#244;tel parisien. &lt;i&gt;&#171; Habituellement, je ne fr&#233;quente pas les journalistes, je pr&#233;f&#232;re les gens simples &#187;&lt;/i&gt;, glisse-t-il &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; entre deux interviews. On le comprend. Les soutiers de l'industrie m&#233;diatique qui d&#233;filent sous le nez de l'homme cam&#233;l&#233;on paraissent moins pr&#233;occup&#233;s par le contenu de son ouvrage que par leurs propres moulins &#224; vent. Une question surtout leur br&#251;le les l&#232;vres : que pense la &lt;i&gt;&#171; figure l&#233;gendaire du journalisme d'infiltration &#187;&lt;/i&gt; de ses confr&#232;res de France 2 qui ont balanc&#233; aux flics les r&#233;sultats de leur enqu&#234;te sur un r&#233;seau de p&#233;dophiles du web ? &#192; chaque fois, Wallraff marque un geste de lassitude de plus en plus prononc&#233;. &lt;i&gt;&#171; Je ne connais rien de cette affaire &#187;&lt;/i&gt;, objecte-t-il. Pas grave, la portraitiste de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; se d&#233;voue gentiment pour tout lui expliquer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te de Wallraff sur le &#171; meilleur des mondes &#187; &#8211; un XXIe si&#232;cle en chute libre vers le XIXe &#8211; fournit pourtant assez peu d'&#233;l&#233;ments au &#171; d&#233;bat &#187; sur les p&#233;dophiles d'Internet et leur traque par des journalistes auxiliaires de police. En deux ans, cet ancien fils d'ouvrier s'est gliss&#233; tour &#224; tour dans la peau d'un salari&#233; d'une usine de petits pains sous-traitante de Lidl, d'un employ&#233; de centre d'appels dress&#233; &#224; l'escroquerie marketing, d'un sans-logis en errance par une nuit de No&#235;l ou encore d'un demandeur d'asile somalien en butte &#224; un racisme d&#233;lirant. &lt;i&gt;&#171; Toujours du c&#244;t&#233; des domin&#233;s contre les dominants, sans jamais m'immiscer dans la vie priv&#233;e de quiconque &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;p&#232;tet-il, mani&#232;re de couper court &#224; l'incessante rengaine sur les &lt;i&gt;&#171; probl&#232;mes de d&#233;ontologie &#187;&lt;/i&gt; dont ses intervieweurs font leur miel. &lt;i&gt;&#171; Les salari&#233;s et les exclus dont je raconte la vie quotidienne ne se plaignent jamais quand je d&#233;voile de l'int&#233;rieur leurs conditions de vie. Seuls leurs employeurs, les politiques et la presse de caniveau me cherchent des poux &#224; ce sujet. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Wallraff conna&#238;t la musique. En acceptant de devenir un personnage public et de graver sa bobine sur la couverture de chacun de ses livres, le sp&#233;l&#233;ologue des &#233;gouts capitalistes s'est projet&#233; lui-m&#234;me dans les pleins phares du vedettariat. Comment s'&#233;tonner ensuite que les m&#233;dias tartinent davantage sur ses m&#233;thodes que sur ses r&#233;v&#233;lations ? &lt;i&gt;&#171; C'est vrai, j'aurais pu rester anonyme&lt;/i&gt;, dit-il &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Mais en tant que journaliste ind&#233;pendant qui ne vit que de la vente de ses livres, je suis oblig&#233; de jouer le jeu de la personnalisation. La notori&#233;t&#233; que j'ai acquise en Allemagne me donne une libert&#233; sans laquelle il me serait impossible de poursuivre mon travail. Je ne d&#233;pends d'aucun titre de presse ni d'aucun groupe d'&#233;dition. Je ne veux d&#233;pendre de personne. &#187;&lt;/i&gt; Sauf de ses chiffres de vente&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix strat&#233;gique de la c&#233;l&#233;brit&#233; n'est sans doute pas exempt d'un brin de narcissisme. Invit&#233; sur France Inter &#224; l'&#233;mission d'Isabelle Giordano, Wallraff y re&#231;oit sans d&#233;plaisir les hommages &#233;namour&#233;s de Florence Aubenas, auteur d'un best-seller &#171; en immersion &#187; sur les nettoyeuses pr&#233;caires d'Ouistreham. Mais, contrairement &#224; la journaliste du &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt;, l'auteur de &lt;i&gt;T&#234;te de turc&lt;/i&gt; ne porte pas sa carte de presse en bandouli&#232;re. Pour lui, le monde du travail n'est pas une jungle exotique &#224; visiter entre deux tourn&#233;es promotionnelles, mais un espace de confrontation politique dans lequel il habite de plain-pied. Wallraff, qui se d&#233;m&#232;ne aupr&#232;s des syndicats pour tenter de muscler leur offensive contre la casse sociale en Allemagne, a toujours son nom dans l'annuaire. Chaque jour, des gens sonnent &#224; sa porte pour lui exposer la d&#233;glingue dans laquelle ils se d&#233;battent. &lt;i&gt;&#171; Une bonne moiti&#233; de mon travail consiste non pas &#224; publier des articles ou des livres, mais &#224; prendre connaissance des t&#233;moignages qu'on m'adresse&lt;/i&gt;, explique-t-il. &lt;i&gt;Souvent, quand on me rapporte que des droits sont bafou&#233;s dans une entreprise, j'appelle le patron pour lui dire : changez &#231;a, ou alors je me verrai contraint de publier un article. En g&#233;n&#233;ral, le patron pr&#233;f&#232;re obtemp&#233;rer&#8230; &#201;videmment, il faut v&#233;rifier ensuite que les changements promis ne sont pas cosm&#233;tiques. C'est une goutte d'eau dans l'oc&#233;an, mais si les journalistes &#233;taient un peu plus soucieux du bien public que de leurs avantages, le rapport de forces serait peut-&#234;tre un peu moins d&#233;favorable aux victimes du capitalisme. &#187;&lt;/i&gt; D'accord, monsieur Wallraff, mais revenons &#224; nos moutons : et les p&#233;dophiles, dans tout &#231;a ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Parmi_les_perdants_du_meilleur_des_mondes-9782707160218.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Parmi les perdants du meilleur des mondes&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, La D&#233;couverte, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Picolo pro</title>
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		<dc:date>2008-10-13T07:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;PARFOIS, J'AI L'IMPRESSION d'&#234;tre consid&#233;r&#233; comme un ethnologue qui enqu&#234;te sur le monde ouvrier. &#192; l'usine ou lors de mes d&#233;placements, les gens viennent me raconter les anecdotes marrantes, les coll&#232;gues bizarres. C'est quand m&#234;me plus parlant que de raconter les histoires des h&#233;ros ou des saints de la classe ouvri&#232;re ! Celui dont il va &#234;tre question travaillait &#224; l'usine et c'est un copain, Alain, qui l'a &#233;voqu&#233;. Je l'avais compl&#232;tement oubli&#233;, pourtant il fait partie des derniers &#224; avoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no59-septembre-2008" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;59 (septembre 2008)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde-ouvrier" rel="tag"&gt;monde ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-impression-d-etre" rel="tag"&gt;l'impression d'&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/J-AI-L-IMPRESSION" rel="tag"&gt;J'AI L'IMPRESSION&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-etre-considere" rel="tag"&gt;d'&#234;tre consid&#233;r&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;PARFOIS, J'AI L'IMPRESSION d'&#234;tre consid&#233;r&#233; comme un ethnologue qui enqu&#234;te sur le monde ouvrier. &#192; l'usine ou lors de mes d&#233;placements, les gens viennent me raconter les anecdotes marrantes, les coll&#232;gues bizarres. C'est quand m&#234;me plus parlant que de raconter les histoires des h&#233;ros ou des saints de la classe ouvri&#232;re ! Celui dont il va &#234;tre question travaillait &#224; l'usine et c'est un copain, Alain, qui l'a &#233;voqu&#233;. Je l'avais compl&#232;tement oubli&#233;, pourtant il fait partie des derniers &#224; avoir &#233;t&#233; licenci&#233;s pour cause d'&#233;bri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Louis &#233;tait du genre costaud : 1,90 m&#232;tres, 120 kilos. Pourtant, comme me le r&#233;p&#233;tait Alain, il &#233;tait doux comme un agneau, enfin&#8230; avant de boire. Apr&#232;s la L&#233;gion dans sa jeunesse, il s'&#233;tait recycl&#233; dans un petit &#233;levage de poulets qui n'&#233;tait pas suffisant pour faire vivre sa famille. Donc, en compl&#233;ment, il travaillait aux exp&#233;ditions de l'usine. Un travail de force pour charger les sacs d'engrais. Lors de la pause casse-cro&#251;te, sa gamelle ne changeait jamais :un poulet r&#244;ti accompagn&#233; d'un litron de rouge. Comme il venait en mobylette de sa campagne, il a commenc&#233; &#224; se faire livrer ses bouteilles de vin dans un ancien transformateur &#233;lectrique dont il &#233;tait seul &#224; d&#233;tenir les cl&#233;s, situ&#233; &#224; l'autre bout de l'usine . Donc, avant la pause, il se rendait &#224; sa &#171; cave &#187; pour ramener des munitions. De temps &#224; autre, il devait s'engueuler avec les gardiens pour justifier ses d&#233;placements dans l'usine.
Apr&#232;s son repas, Jean-Louis n'&#233;tait plus le m&#234;me, devenait irascible et, question boulot, n'&#233;tait plus au top. Il faisait tomber des palettes de sacs d'engrais, r&#233;pandait du produit, &#233;ventrait du mat&#233;riel, etc. Il fut m&#234;me l'un des seuls &#224; faire un tonneau avec son chariot &#233;l&#233;vateur. La plupart du temps, les copains le couvraient, mais, certaines fois, c'&#233;tait plus compliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait pas qu'&#224; l'usine qu'il picolait. Il eut m&#234;me droit &#224; un sermon de la part du cur&#233; du village, lors de la messe. La femme de Jean-Louis, tr&#232;s pieuse, revint en pleurs de l'&#233;glise.Jean-Louis se vengea le dimanche suivant, en d&#233;versant un tombereau de fumier devant l'&#233;glise, avant la messe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Louis eut m&#234;me les honneurs de la presse r&#233;gionale : une ann&#233;e, avec les primes et les heures sup qu'il faisait, il s'acheta une caravane pour se payer des vacances comme tout le monde. Le probl&#232;me c'est qu'il n'avait pas le permis de conduire. Ni une, ni deux, il tira la caravane avec son tracteur.Il fut arr&#234;t&#233; sur l'autoroute au bout d'une cinquantaine de kilom&#232;tres. L'action qui entra&#238;na son licenciement ne fut pas une action d'&#233;clat, &#233;videmment. 21 heures, Jean-Louis sort de l'atelier compl&#232;tement bourr&#233;. Et m&#234;me un peu plus que d'habitude. Il ne trouve pas sa mobylette qu'il est certain d'avoir gar&#233; &#224; la m&#234;me place que d'habitude.Il cherche partout, mais ne trouve rien. Il alerte le gardien qui, connaissant l'individu, ne veut rien faire. Sans surprise, Jean-Louis entre dans une col&#232;re &#233;norme et menace le gardien. Celui-ci ne se d&#233;monte pas et sachant que le directeur est exceptionnellement encore pr&#233;sent sur l'usine, propose &#224; Jean-Louis de l'appeler.
Le dirlo se pointe quelques minutes plus tard avec son adjoint. Les voyant arriver, Jean-Louis fait dans la d&#233;mesure. Il la joue ogre avin&#233; et attrape aussit&#244;t le directeur par le colback. &lt;i&gt;&#171; C'est toi qui m'a vol&#233; ma mob. Tu t'en fous toi, que je rentre &#224; pied. Rends-moi ma mob. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t le gardien, auquel s'est joint un pompier alert&#233; par les cris, se jette sur Jean-Louis et le ceinture. Il est vite ma&#238;tris&#233;. Le patron s'&#233;poussette et ne dit rien. C'est le surlendemain que Jean-Louis re&#231;oit une lettre lui annon&#231;ant son licenciement. Depuis, il n'a plus jamais travaill&#233; en usine. Il s'occupe seulement de sa petite ferme. Sa femme, pour faire l'appoint, a travaill&#233; comme femme de m&#233;nage chez un riche propri&#233;taire du coin, puis elle est partie. Aujourd'hui Jean-Louis s'occupe juste de ses poulets et de ses litres de rouge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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