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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Lettre &#224; mes amours p&#233;d&#233;s cisgenres</title>
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		<dc:creator>Mario</dc:creator>


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&lt;p&gt;Mario est un homme trans, assign&#233; au genre f&#233;minin &#224; sa naissance. Sa sexualit&#233; de mec qui aime les hommes est marqu&#233;e par un corps diff&#233;rent. Dans cette lettre qui parle d'amour, de solitude et de violences, Mario aborde son rapport au cruising, l'art de la drague entre hommes dans les lieux publics. Un r&#233;cit intime des bouleversements qui le traversent et de ses questions rest&#233;es pour l'instant sans r&#233;ponse. De toute fa&#231;on, mon rapport &#224; la sexualit&#233; a toujours &#233;t&#233; compliqu&#233;. De toute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/desir" rel="tag"&gt;d&#233;sir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mario est un homme trans, assign&#233; au genre f&#233;minin &#224; sa naissance. Sa sexualit&#233; de mec qui aime les hommes est marqu&#233;e par un corps diff&#233;rent. Dans cette lettre qui parle d'amour, de solitude et de violences, Mario aborde son rapport au cruising, l'art de la drague entre hommes dans les lieux publics. Un r&#233;cit intime des bouleversements qui le traversent et de ses questions rest&#233;es pour l'instant sans r&#233;ponse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3405 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L486xH400/-1590-6ac12.jpg?1782651098' width='486' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sarah Fisthole
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De toute fa&#231;on, mon rapport &#224; la sexualit&#233; a toujours &#233;t&#233; compliqu&#233;. De toute fa&#231;on mon corps est marqu&#233; par le temps, les transitions. De toute fa&#231;on il a v&#233;cu les violences et la coercition. Alors dis-moi, comment on baise&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui baise quoi, qui baise qui et &#231;a change quoi ? Depuis que je prends de la testost&#233;rone, que mon corps habill&#233; est identifi&#233; dans les espaces publics comme masculin et que mes regards me placent du c&#244;t&#233; des p&#233;d&#233;s, je ne cesse de me poser cette question : comment on baise ? Je me mets o&#249; et tu fais quoi ? Car si tout change, rien ne bouge. Comme toujours, mon d&#233;sir va vers les hommes et, pris au pi&#232;ge entre diverses repr&#233;sentations de ce que c'est que de faire du sexe entre mecs, d'&#234;tre un &#171; vrai p&#233;d&#233; &#187;, mon pass&#233; et les angoisses dont mon corps porte encore les stigmates, je ne sais parfois plus vers o&#249; me tourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je te mate dans la rue et que tu me regardes en retour, nous pensons tous les deux &#224; la queue que je n'ai pas. Moi parce que j'ai peur d'&#234;tre d&#233;couvert et toi parce que tu la d&#233;sires. Alors il reste les cages d'escalier et le noir complet. Les soir&#233;es o&#249; bourr&#233;, si tu m'interpelles, je te suivrai sur la pointe des pieds. D'une certaine fa&#231;on le fait de&lt;i&gt; cruiser&lt;/i&gt;, m&#234;me si je ne vais souvent pas plus loin que du flirt, me permet de garder la t&#234;te haute et me fait me sentir moins seul. On se croise et lorsque tu me regardes, je suis homme. Je me sens beau. Je me sens faire partie d'une communaut&#233; secr&#232;te dont nous seuls connaissons les codes. Petit sourire en coin, yeux qui p&#233;tillent. Il est tard et on tra&#238;ne dehors. On tourne dans les rues, on se cherche et j'aime la tension qui s'en d&#233;gage ; le sentiment d'appartenance communautaire et notre d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On ne me baise pas, ou si peu &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; toi, inconnu de la rue, je ne te dirai pas que je suis trans&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Personne dont le genre ressenti diverge de celui assign&#233; &#224; la naissance.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, tu ne le sauras pas, je d&#233;vierai tes mains, je les emp&#234;cherai de savoir, je te ceinturerai pour que tu ne t'aventures pas sur des territoires dangereux. Parce que j'en ai trop entendu. J'ai trop compris. Face &#224; moi, le d&#233;sir est complexe : on doit apprendre &#224; faire avec ma chatte. Cela n&#233;cessite du temps. Je suis d'ailleurs toujours oblig&#233; de le r&#233;p&#233;ter : si tu veux qu'on ait des rapports sexuels chouettes, orgasmiques, consentis, il te faudra prendre le temps et me laisser l'espace d'&#234;tre qui je suis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce temps comme cet espace sont des luxes qui ne me sont que rarement accord&#233;s et je suis trop souvent rel&#233;gu&#233; dans les limbes de l'ambigu&#239;t&#233; ou du platonique. En r&#233;alit&#233; on m'embrasse, on me touche, on se frotte, on dort avec moi, on me c&#226;line comme un joujou mais on ne me baise pas, ou si peu. On me le dit aussi : non, on n'ira pas plus loin. On m'explique. Et on se raisonne, car il est difficile d'&#234;tre p&#233;tri de d&#233;sir pour moi. Je suis le petit fr&#232;re, le gar&#231;on &#224; qui on tient la main, l'&#233;paule disponible, celui que tu vois comme un adolescent alors m&#234;me que je suis plus vieux que toi, et l'ami toujours pr&#233;sent. Mais on ne me retourne pas. Par contre on me serre fort, pour ne pas voir ma douleur et masquer sa g&#234;ne. Et aujourd'hui, je sais, ils veulent ma chaleur mais pas le feu. Alors je cours les rues et cherche des &#233;tincelles dans les regards.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Alors c'est &#231;a aussi d'&#234;tre p&#233;d&#233; ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je te suis, tu me suis, on s'embrasse, je te touche, tu m'entra&#238;nes, je te dis non, tu n'entends pas, tu me pousses, je te d&#233;sire quand m&#234;me, tu ouvres la porte et on entre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la porte se ferme cette fois, voil&#224; que je ne sais plus. Alors je me jette sur ta queue, parce que c'est plus simple de m'agenouiller que de r&#233;fl&#233;chir &#224; mon propre d&#233;sir et mes peurs. Et quand je te retourne contre le mur pour te bouffer le cul et que tu g&#233;mis, je me sens puissant, je suis un homme. Mais quand c'est toi qui me jettes, me plaques et m'encules de force sans capote alors que je dis non, je panique. Qu'est-ce que je fais l&#224; ? Est-ce que tu as vu que je n'avais pas de bite ? Comment est-ce que je me sens ? Voil&#224; que tu ouvres la porte. Il est une heure du matin, tu plantes un baiser humide sur ma joue puis traces ta route dans la nuit tandis que je reste seul avec du sperme d&#233;goulinant de mon short. Je sais ce qu'il faut que je fasse : aller &#224; l'h&#244;pital, prendre un traitement post-exposition&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traitement qui r&#233;duit le risque de contamination par le VIH apr&#232;s une prise (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, dire ce qu'il s'est pass&#233;. Mais raconter quoi et comment ? Est-ce que c'est une agression ? Et qui s'est fait agresser ? Un jeune mec p&#233;d&#233;, une fille biscornue ou tout simplement un mec trans ? Comment en parler ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors c'est aussi &#231;a d'&#234;tre p&#233;d&#233; ? &#199;a existe chez vous aussi ? Mais pourquoi personne n'a rien &#224; en dire ? Et lorsque j'en parle &#224; mes copains les p&#233;dales n&#233;s du bon c&#244;t&#233; du genre, pourquoi me regardent-ils comme si c'&#233;tait une partie de l'apprentissage ? Mais apprentissage de quoi ? De la honte ? Mais nous la connaissons tous d&#233;j&#224;. Finalement mon corps, ses d&#233;sirs, et la vie que nous avons men&#233;e ont-ils leur place quelque part ? Existe-t-il un moyen de vivre ma sexualit&#233; comme je l'entends sans craindre ni rejet, ni f&#233;tichisation, ni agression ? Tant de questions qui restent pour l'instant sans r&#233;ponse, tant et si bien que lorsque je n'y prends pas garde, je m'enferme dans le silence.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On est dans le m&#234;me radeau &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors pour &#233;viter cette mort silencieuse, je voudrais pouvoir vous dire que je vous aime. Vous &#234;tes mes fr&#232;res de gal&#232;re, de sexe, d'amour, d'amiti&#233;, d'affection aussi. Vous m'apportez des choses que je ne pensais pas possibles lorsque j'&#233;tais coinc&#233; dans cette vie h&#233;t&#233;rosexuelle monogame mortif&#232;re qui n'a jamais &#233;t&#233; la mienne. J'ai essay&#233; de toutes mes forces d'&#234;tre la bonne meuf, de celles qui font la bouffe, qui r&#233;confortent leur petit mari et rendent les parents fiers, mais ce n'est pas qui je suis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais ce qu'il en co&#251;te de sortir du placard. Je sais ce qu'il en co&#251;te de ne pas &#234;tre la norme et de savoir que quoi que tu fasses, le moule ne te correspondra pas car il est carr&#233; et tu es rond. Je sais ce que nos vies de&lt;i&gt; queers &lt;/i&gt;nous co&#251;tent, comme je sais qu'elles nous pressurisent jusqu'&#224; nous laisser exsangues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je sais aussi que je ne supporte plus le silence autour de mes diff&#233;rences. Je suis p&#233;d&#233; et trans. Nous sommes sur le m&#234;me radeau, mais on n'y est pas arriv&#233;s de la m&#234;me fa&#231;on. J'ai nag&#233; plus longtemps, dans des eaux plus sombres et contre des courants plus forts et j'aimerais qu'on en parle. Qu'on parvienne &#224; trouver des ponts, des liens entre nous tous qui avons grandi avec ce sentiment de d&#233;viance et de monstruosit&#233; que la soci&#233;t&#233; cis-h&#233;t&#233;ronormative nous fait ressentir.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le patriarcat se retrouve dans les interstices de nos libert&#233;s &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Car moi et mon corps trans sommes fatigu&#233;s. Fatigu&#233;s de parler dans le vide, fatigu&#233;s de se faire rejeter, dominer, agresser et d'&#234;tre renvoy&#233;s aux limites de cette communaut&#233; de&lt;i&gt; freaks&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Monstre humain &#187;. Anglicisme qui d&#233;signe des personnes qui rejettent les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, d&#233;j&#224; marginale. Parfois j'ai l'impression qu'on reproduit la violence que nous nous sommes mang&#233;s et qu'on la vomit dans nos relations. Les douleurs qu'ont subies nos corps, inflig&#233;es par le regard cis-h&#233;t&#233;ro&#8202;sexuel et le patriarcat, se retrouvent dans les interstices de nos libert&#233;s et si nous voulons respirer il devient urgent de les d&#233;truire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais qu'on se penche sur nos blessures et qu'on r&#233;fl&#233;chisse &#224; ne pas reproduire ces rapports de domination : ceux des mascs&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Abr&#233;g&#233; du mot &#171; masculin &#187;, le terme fait r&#233;f&#233;rence aux st&#233;r&#233;otypes associ&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; sur les fems&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Abr&#233;g&#233; du mot &#171; f&#233;minin &#187;, le terme fait r&#233;f&#233;rence aux st&#233;r&#233;otyp&#233;s associ&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, des blanc.hes sur des racis&#233;. es, des cisgenres sur les transgenres, des s&#233;ronegs sur les s&#233;ropos&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour &#171; s&#233;ron&#233;gatifs &#187; et &#171; s&#233;ropositifs &#187;.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, des p&#233;n&#233;trant.es sur les p&#233;n&#233;tr&#233;.es...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais qu'on en finisse avec la violence de l'h&#233;t&#233;ronormativit&#233; et l'autod&#233;testation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais qu'on soit heureux. Mais pour &#231;a il faudrait qu'on en parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors mes amours, on s'y met quand ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mario&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&gt;&gt;&gt; Cet article est extrait d'un dossier de 17 pages consacr&#233; aux sexualit&#233;s, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet-ao&#251;t 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Personne dont le genre ressenti diverge de celui assign&#233; &#224; la naissance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Traitement qui r&#233;duit le risque de contamination par le VIH apr&#232;s une prise de risque r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Monstre humain &#187;. Anglicisme qui d&#233;signe des personnes qui rejettent les normes de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Abr&#233;g&#233; du mot &#171; masculin &#187;, le terme fait r&#233;f&#233;rence aux st&#233;r&#233;otypes associ&#233;s &#224; la masculinit&#233; h&#233;g&#233;monique et dominante (blanche, h&#233;t&#233;rosexuelle et cisgenre).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Abr&#233;g&#233; du mot &#171; f&#233;minin &#187;, le terme fait r&#233;f&#233;rence aux st&#233;r&#233;otyp&#233;s associ&#233;s &#224; la f&#233;minit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour &#171; s&#233;ron&#233;gatifs &#187; et &#171; s&#233;ropositifs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jouir : avec ou sans entraves ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Jouir-avec-ou-sans-entraves</link>
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		<dc:date>2020-07-17T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Nadia Von Foutre</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>Claire Richard</dc:subject>
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		<dc:subject>Soumission</dc:subject>
		<dc:subject>Claire</dc:subject>
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		<dc:subject>cou enserr&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Charlotte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Peut-on monter au cr&#233;neau contre les violences conjugales et grimper aux rideaux &#224; la moindre fess&#233;e ? D&#233;noncer la culture du viol tout en en faisant un objet de fantasme ? Se dresser contre la domination masculine et &#234;tre excit&#233;e &#224; l'id&#233;e de sentir son corps entrav&#233; ? Bref, peut-on &#234;tre f&#233;ministe et &#171; coucher patriarcal &#187; ? La question reste ouverte. &#171; J'aime bien quand je suis &#224; quatre pattes, que mon mec est derri&#232;re moi et me tient par les cheveux ou me met une fess&#233;e. &#187; Levrettes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no189-juillet-aout-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;189 (juillet-ao&#251;t 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Soumission" rel="tag"&gt;Soumission&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Charlotte" rel="tag"&gt;Charlotte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Peut-on monter au cr&#233;neau contre les violences conjugales et grimper aux rideaux &#224; la moindre fess&#233;e ? D&#233;noncer la culture du viol tout en en faisant un objet de fantasme ? Se dresser contre la domination masculine et &#234;tre excit&#233;e &#224; l'id&#233;e de sentir son corps entrav&#233; ? Bref, peut-on &#234;tre f&#233;ministe et &#171; coucher patriarcal &#187; ? La question reste ouverte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3398 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH564/-1583-f68fd.jpg?1782644164' width='400' height='564' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Collage Nadia Von Foutre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'aime bien quand je suis &#224; quatre pattes, que mon mec est derri&#232;re moi et me tient par les cheveux ou me met une fess&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Levrettes claqu&#233;es, cou enserr&#233;, mains ma&#238;tris&#233;es... Tranquillement install&#233;e chez elle, Julie&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; nous explique comment, &#224; 27 ans, elle commence &#224; savoir ce qui la fait vibrer. Une femme qui assume ses d&#233;sirs et revendique son plaisir tout en le trouvant dans des pratiques qui caressent dans le sens du poil la domination patriarcale ? Assez pour faire &#171; &lt;i&gt;buguer le syst&#232;me du f&#233;minisme&lt;/i&gt; &#187;, comme le dit avec tact la journaliste Claire Richard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, c'est &#224; un sujet aux allures d'impens&#233; qu'elle s'attaque avec &lt;i&gt;Soumission impossible&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; &#233;couter sur Arte Radio.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, un documentaire sonore dans lequel elle interroge les rapports complexes entre f&#233;minisme et d&#233;sir de soumission. Un an apr&#232;s la diffusion de sa cr&#233;ation radiophonique, la th&#233;matique a toujours quelque chose du caillou dans la chaussure : &#171; &lt;i&gt;Le f&#233;minisme appelle &#224; la revendication et la conqu&#234;te par les femmes d'une posture active. Et &#231;a, c'est a priori difficilement conciliable avec le fait de se d&#233;pouiller de sa puissance d'agir, d'autant plus quand on la met entre les mains de l'oppresseur historique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une femme h&#233;t&#233;ro qui attend d'un homme qu'il la domine ? On est effectivement bien loin de la port&#233;e potentiellement subversive des jeux de domination entre lesbiennes ou de ceux, tr&#232;s codifi&#233;s, du milieu BDSM&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour &#171; bondage, discipline, sado masochisme &#187;. Dans le sillage de #MeToo, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Pour Manon Garcia, philosophe et autrice de l'essai &lt;i&gt;On ne na&#238;t pas soumise, on le devient&lt;/i&gt; (&#233;d. Climats, 2018), si l'id&#233;e fait grincer, c'est aussi parce qu' &#187; &lt;i&gt;on vit dans une soci&#233;t&#233; lib&#233;rale, d'un point de vue philosophique, dans laquelle la libert&#233; est le plus important. Une soci&#233;t&#233; qui consid&#232;re que c'est une faute morale d'y renoncer&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les paroles de Manon Garcia sont issues d'un entretien r&#233;alis&#233; par Claire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Prise de pouvoir et int&#233;riorisation des normes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais le mot soumission rime-t-il forc&#233;ment avec ali&#233;nation ? &#192; entendre Julie, ce serait plut&#244;t l'inverse : &#171; &lt;i&gt;C'est un peu comme dans un bateau sur lequel le capitaine confierait la barre au matelot : le matelot va pouvoir d&#233;cider d'aller &#224; b&#226;bord ou &#224; tribord mais finalement, s'il est &#224; l'&#233;coute, il m&#232;nera le navire o&#249; le capitaine veut.&lt;/i&gt; &#187; Un sentiment partag&#233; par Charlotte, 37 ans, qui en conna&#238;t un rayon question d&#233;sir de soumission : &#171; &lt;i&gt;Paradoxalement, en me soumettant, c'est moi qui dirige et qui d&#233;finis mes fantasmes. L'autre ne fait que s'y conformer&lt;/i&gt;. &#187; Analyse proche du c&#244;t&#233; de Claire Richard : &#171; &lt;i&gt;Il s'agit finalement de sujets qui d&#233;cident de se remettre entre les mains d'autres sujets.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soumission, une simple prise de pouvoir d&#233;guis&#233;e ? L'id&#233;e est confortable. Sauf que l'histoire est autrement plus complexe, comme le soul&#232;ve la journaliste : &#171; &lt;i&gt;Nos d&#233;sirs sont fa&#231;onn&#233;s par les normes sociales patriarcales qui nous apprennent &#224; d&#233;sirer en fantasmant sur des images de femmes entrav&#233;es.&lt;/i&gt; &#187; Le social, c'est &#233;vident, influe sur la sexualit&#233;. Mais la relation inverse existe-t-elle aussi ? Charlotte le pense : &#171; &lt;i&gt;Se faire traiter de &#8220;petite salope&#8221; dans une chambre a forc&#233;ment une incidence sur l'image que tu as de toi-m&#234;me et donc sur ta vie enti&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Politisation de l'intime&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre longuement pench&#233;e sur son rapport &#224; la soumission, la trentenaire a d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter de faire de ses parties de jambes en l'air des s&#233;ances de lutte. Cette r&#233;solution n'aura tenu qu'un an : avec la plupart de ses amants, Charlotte ressentait moins de plaisir. Alors elle a fait machine arri&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Le plus important &#233;tait quand m&#234;me de bien jouir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que le simple fait qu'une femme jouisse a une dimension s&#233;ditieuse, d&#233;cider que l'essentiel est de prendre du plaisir &#8211; qu'importe ce par quoi nos fantasmes sont fa&#231;onn&#233;s &#8211; serait une mani&#232;re de politiser l'intime. &#171; &lt;i&gt;C'est aussi profond&#233;ment lib&#233;rateur et potentiellement subversif de pleinement habiter son d&#233;sir m&#234;me quand il est d&#233;rangeant. De dire et d'assumer que le mot &#8220;salope&#8221; t'excite&lt;/i&gt; &#187;, estime Claire Richard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suffisant pour faire de &#171; jouir entrav&#233;e &#187; un parti-pris f&#233;ministe ? Char&#8202;lotte rappelle que l&#224; encore, les choses ne sont peut-&#234;tre pas si simple : &#171; &lt;i&gt;Il y a cette th&#233;orie selon laquelle c'est parce qu'en tant que femme on n'a pas le droit de prendre du plaisir qu'on n'est capable d'en prendre que quand on n'est pas responsable : on jouirait dans la soumission parce qu'entrav&#233;e on n'aurait plus le choix. On peut poser la question comme &#231;a... ou on peut aussi d&#233;cider de laisser sa sexualit&#233; tranquille : tu passes toutes tes journ&#233;es &#224; t'&#233;puiser &#224; engueuler le monde, &#224; essayer d'agir contre le patriarcat, et &#224; un moment tu souffles.&lt;/i&gt; &#187; Mettre parfois son militantisme sur pause le temps d'un orgasme ? Une libert&#233; que Char&#8202;lotte revendique.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le d&#233;sir est aussi en lien avec la transgression &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s Julie, le plaisir pris dans la soumission a aussi une dimension cathartique : &#171; &lt;i&gt;C'est de l'ordre du jeu de r&#244;le qui me permet d'&#233;vacuer quelque chose &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;C'est une mani&#232;re de surjouer ces rapports de domination et donc de les faire exploser ou de les pervertir&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Charlotte. Claire Richard : &#171; &lt;i&gt;Le d&#233;sir est aussi en lien avec la transgression et en tant que f&#233;ministe, quand tu te soumets &#224; un mec, tu es pile-poil dedans : une sexualit&#233; pas casher politiquement, je constate que je trouve &#231;a tr&#232;s excitant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; Charlotte, Julie ou Claire, Lisa d&#233;barque tout juste dans le &#171; &lt;i&gt;game&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#224; 33 ans. Il lui a d'abord fallu nourrir son f&#233;minisme avant que son d&#233;sir de soumission apparaisse : &#171; &lt;i&gt;Quand j'avais vingt ans, ce n'&#233;tait pas possible pour moi de me soumettre, dans la mesure o&#249; je subissais une forme de domination dans mes relations qui s'exer&#231;ait bien au-del&#224; de mon lit. Aujourd'hui, j'y trouve du plaisir parce que je montre bien aux mecs que je ne me r&#233;sume pas &#224; cette image de femme soumise.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Injonctions contradictoires&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les chambres de Julie et Lisa, la donne change au rythme des envies et des partenaires : il arrive aussi que ce soient elles qui dominent et eux qui se soumettent. Des jeux de r&#244;le avec lesquels Charlotte a plus de mal : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai pas envie de m'au&lt;/i&gt;&#8202;&lt;i&gt;to-convaincre que &#231;a m'excite de dominer ou de p&#233;n&#233;trer un mec parce que politiquement c'est bien. Pour moi, c'est tout aussi asphyxiant que les magazines f&#233;minins qui te disent qu'il faut que tu fasses attention &#224; ce dont tu as l'air pendant que tu baises.&lt;/i&gt; &#187; Claire Richard fait un constat similaire : &#171; &lt;i&gt;Faire circuler l'acte de p&#233;n&#233;tration, se d&#233;focaliser de cette pratique... je suis d'accord, sauf que chez moi &#231;a a tendance &#224; se transformer en nouvelle injonction. C'est certainement mieux si ces injonctions viennent du c&#244;t&#233; &lt;/i&gt;queer&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Terme anglais qui d&#233;signe l'ensemble des minorit&#233;s sexuelles et de genres.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;i&gt;que du patriarcal, mais je pr&#233;f&#232;re suivre la pente de mon d&#233;sir plut&#244;t que d'essayer de le r&#233;former &#224; la machette.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journaliste met tout de m&#234;me un b&#233;mol : &#171; &lt;i&gt;Peut-&#234;tre qu'on a tellement appris &#224; fantasmer sur des trucs patriarcaux que ce que tu prends pour un manque de d&#233;sir face &#224; des pratiques qui cassent ces sch&#233;mas est en fait un moment de transition : peut-&#234;tre que le d&#233;sir reviendrait une fois la soumission des hommes &#233;rotis&#233;e. On touche l&#224; encore &#224; la question de l'int&#233;riorisation des normes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Dilemme impossible &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je n'ai pas l'impression de laisser le patriarcat ouvrir mes cuisses mais il y a sans doute du patriarcat dans mes draps : c'est une n&#233;gociation permanente de toute fa&#231;on&lt;/i&gt; &#187;, soupire Lisa. &#171; &lt;i&gt;Moi, je passe mon temps &#224; me dire &#8220;Laisse tomber, tu seras jamais assez radicale, jamais assez f&#233;ministe !&#8221;, j'ai tendance &#224; culpabiliser&lt;/i&gt; &#187;, explique Claire Richard. Avant de conclure : &#171; &lt;i&gt;C'est bien le propre du patriarcat que de mettre les femmes dans des situations de dilemme impossible.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; &#233;couter sur &lt;i&gt;Arte Radio&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour &#171; bondage, discipline, sado masochisme &#187;. Dans le sillage de #MeToo, des r&#233;v&#233;lations ont mis en lumi&#232;re de fr&#233;quentes entorses au consentement dans ce milieu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les paroles de Manon Garcia sont issues d'un entretien r&#233;alis&#233; par Claire Richard dans le cadre de son travail sur &lt;i&gt;Soumission impossible&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Terme anglais qui d&#233;signe l'ensemble des minorit&#233;s sexuelles et de genres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dissidences intellectuelles arabes</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dissidences-intellectuelles-arabes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Dissidences-intellectuelles-arabes</guid>
		<dc:date>2019-02-04T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>Groupe</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;sir libertaire</dc:subject>
		<dc:subject>Farid Lariby</dc:subject>
		<dc:subject>Maroine Dib</dc:subject>
		<dc:subject>Ghazi Younes</dc:subject>
		<dc:subject>Mohammed Awadh</dc:subject>
		<dc:subject>Ali Fenjan</dc:subject>
		<dc:subject>Abdul Kader</dc:subject>
		<dc:subject>arabe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a une quarantaine d'ann&#233;es, de jeunes intellectuels du monde arabe &#233;ditaient une revue surr&#233;aliste : Le D&#233;sir libertaire. Un recueil de textes audacieux, brocardant patrie, arm&#233;e, famille et religion, vient d'&#234;tre traduit en fran&#231;ais. *** Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, de jeunes exil&#233;s en dialogue avec les diff&#233;rents courants d'avant-garde se retrouv&#232;rent &#224; Paris pour fonder Le D&#233;sir libertaire, une revue qui avait l'ambition d'&#234;tre &#171; l'organe central du mouvement surr&#233;aliste arabe &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maroine-Dib" rel="tag"&gt;Maroine Dib&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ghazi-Younes" rel="tag"&gt;Ghazi Younes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ali-Fenjan" rel="tag"&gt;Ali Fenjan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Abdul-Kader" rel="tag"&gt;Abdul Kader&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/arabe" rel="tag"&gt;arabe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a une quarantaine d'ann&#233;es, de jeunes intellectuels du monde arabe &#233;ditaient une revue surr&#233;aliste : &lt;i&gt;Le D&#233;sir libertaire&lt;/i&gt;. Un recueil de textes audacieux, brocardant patrie, arm&#233;e, famille et religion, vient d'&#234;tre traduit en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2777 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH707/-1032-1316e.jpg?1782652506' width='500' height='707' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fac-simil&#233; &#034;Le d&#233;sir libertaire&#034;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970&lt;/strong&gt;, de jeunes exil&#233;s en dialogue avec les diff&#233;rents courants d'avant-garde se retrouv&#232;rent &#224; Paris pour fonder &lt;i&gt;Le D&#233;sir libertaire&lt;/i&gt;, une revue qui avait l'ambition d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;l'organe central du mouvement surr&#233;aliste arabe&lt;/i&gt; &#187;. Ses membres s'appelaient Farid Lariby, Ghazi Younes, Mohammed Awadh, Ali Fenjan, Maroine Dib ou Abdul Kader El Janabi qui, gr&#226;ce &#224; ses traductions, vient de mettre &#224; disposition du lectorat francophone un recueil de textes aussi jouissifs que subversifs&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le D&#233;sir libertaire. Le surr&#233;alisme arabe &#224; Paris, 1973-1975, textes r&#233;unis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les bornes chronologiques&lt;/strong&gt; de la premi&#232;re s&#233;rie du &lt;i&gt;D&#233;sir libertaire&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les cinq num&#233;ros de la premi&#232;re s&#233;rie du D&#233;sir libertaire ont &#233;t&#233; publi&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; renvoient &#224; deux conflits majeurs pour la r&#233;gion : la guerre du Kippour (1973) et le d&#233;but de la guerre civile libanaise (1975). Le num&#233;ro inaugural comprenait d'ailleurs un texte intitul&#233; &#171; Contre les illusions nationalistes, pour une alternative internationaliste &#187;, sign&#233; par l'Organisation socialiste isra&#233;lienne Matzpen, le groupe arabe Le Pouvoir des conseils et le Groupe alg&#233;rien pour la propagation du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;C'est aux audaces du pass&#233; que l'on mesure les inhibitions du pr&#233;sent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le&lt;i&gt; Manifeste&lt;/i&gt; de 1975&lt;/strong&gt;, r&#233;dig&#233; &#224; la demande de Franklin Rosemont, fondateur du groupe surr&#233;aliste de Chicago, exprima un rejet total du nationalisme arabe, de l'ordre bourgeois et de la domination religieuse : &#171; &lt;i&gt;Les grandes valeurs des classes dominantes (la patrie, la famille, la religion, l'&#233;cole, les casernes, les &#233;glises, les mosqu&#233;es et autres pourritures) nous font rire. Nous pissons joyeusement sur leurs tombes.&lt;/i&gt; &#187; C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette audace du pass&#233; que l'on mesure les inhibitions du pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il ne faudrait toutefois pas r&#233;duire cet &#233;lan libertaire&lt;/strong&gt; &#224; de simples interventions politiques, quoique r&#233;volutionnaires. Car, dans le sillage de Michel Leiris, il s'agissait aussi d'aller &#171; &lt;i&gt;vers la lib&#233;ration du langage&lt;/i&gt; &#187; en jouant avec les mots, en arabe ou en fran&#231;ais, contre toutes les formes de censure. Ainsi, &#171; &lt;i&gt; al hizb &lt;/i&gt; &#187; (&#171; le parti&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;) devient &#171; &lt;i&gt;hzzou ezzeb&lt;/i&gt; &#187; (&#171; trancher le zob &#187;). Parmi les anti-proverbes, compos&#233;s sur le principe du cadavre exquis et envoy&#233;s aux intellectuels arabes alors en vogue, on peut mentionner : &#171; &lt;i&gt;Jouis dans des rues peu fr&#233;quent&#233;es. &lt;/i&gt; &#187; On ignore cependant si ces conseils furent suivis par leurs destinataires, qui m&#233;dit&#232;rent peut-&#234;tre cet aphorisme : &#171; &lt;i&gt;Tant que la radicalit&#233; s'exprimera par l'&#233;criture, la nostalgie en sera sa cicatrice. La praxis n'est qu'une fable racont&#233;e aux enfants ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Outre les po&#232;mes&lt;/strong&gt; de Farid Lariby et d'Abdul Kader El Janabi, on retrouve dans ce recueil richement illustr&#233;, un lumineux &#171; Guide touristique de l'architecture et de l'urbanisme arabes &#187; publi&#233; en 1983 par Maroine Dib, qui critiqua le &#171; &lt;i&gt;droit de regard&lt;/i&gt; &#187; masculin qui poursuivait les femmes du Caire, Beyrouth ou Damas : &#171; &lt;i&gt;La prol&#233;tarisation qui s'&#233;tend de plus en plus aux femmes dans les villes arabes ne les lib&#232;re, pour un temps, de leur famille que pour les soumettre &#224; un esprit de famille qui persiste partout dans les regards. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le D&#233;sir libertaire&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; rendit hommage &#224; Georges Henein qu'Abdul Kader El Janabi rencontra dans les locaux de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; fin 1972. L'importance du groupe &#233;gyptien Art et Libert&#233;, qui adopta le manifeste de la F&#233;d&#233;ration internationale de l'art r&#233;volutionnaire ind&#233;pendant, cr&#233;&#233;e sous l'&#233;gide d'Andr&#233; Breton et L&#233;on Trotski, est rappel&#233;e dans cet ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais d'autres figures&lt;/strong&gt; furent convoqu&#233;es par les exil&#233;s arabes dans leur qu&#234;te d'une g&#233;n&#233;alogie de la dissidence comme Korrat al-A&#239;n, lapid&#233;e &#224; T&#233;h&#233;ran vers 1860 et qui d&#233;clara, devant l'assembl&#233;e de la secte Baha'i : &#171; &lt;i&gt;Que les uns partagent les biens avec les autres, que la pauvret&#233; soit supprim&#233;e parmi vous et que le malheur disparaisse, que votre pauvre soit l'&#233;gal de votre riche. Ne voilez pas vos &#233;pouses devant vos amis, car il n'y a plus ni interdit, ni punition, ni prohibition, ni obligation, ni emp&#234;chement. Prenez donc votre part dans ce monde, car il n'y a rien apr&#232;s la mort. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le D&#233;sir libertaire. Le surr&#233;alisme arabe &#224; Paris, 1973-1975&lt;/i&gt;, textes r&#233;unis et annot&#233;s par Abdul Kader El Janabi, Toulouse, &#233;ditions de L'Asym&#233;trie, 2018, 206 pages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les cinq num&#233;ros de la premi&#232;re s&#233;rie du &lt;i&gt;D&#233;sir libertaire &lt;/i&gt;ont &#233;t&#233; publi&#233;s entre le 25 d&#233;cembre 1973 et 1975. Les trois num&#233;ros de la seconde s&#233;rie l'ont &#233;t&#233; entre 1980 et 1981.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Il n'y a pas de consentement sans d&#233;sir</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Il-n-y-a-pas-de-consentement-sans</link>
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		<dc:date>2018-03-08T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Ces derniers mois, on a bien avanc&#233;. L'&#233;crasante industrie cin&#233;matographique am&#233;ricaine est dans un sale &#233;tat, Catherine Deneuve a enfin montr&#233; son vrai visage, les plaintes pour viol et agressions sexuelles ont explos&#233;, le seuil de tol&#233;rance face aux comportements sexistes a visiblement chut&#233; et une petite lib&#233;ration de la parole a d&#233;ferl&#233; du Pakistan au Niger en passant par le Br&#233;sil ou le Maroc. La fatigue que nous exprimions dans ces pages il y a quelques mois a &#233;t&#233; (au moins (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/derniers" rel="tag"&gt;derniers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L109xH150/arton2098-0ba3e.jpg?1783162224' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces derniers mois, on a bien avanc&#233;. L'&#233;crasante industrie cin&#233;matographique am&#233;ricaine est dans un sale &#233;tat, Catherine Deneuve a enfin montr&#233; son vrai visage, les plaintes pour viol et agressions sexuelles ont explos&#233;, le seuil de tol&#233;rance face aux comportements sexistes a visiblement chut&#233; et une petite lib&#233;ration de la parole a d&#233;ferl&#233; du Pakistan au Niger en passant par le Br&#233;sil ou le Maroc. La fatigue que nous exprimions dans ces pages il y a quelques mois&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; S'il se passe quelque chose... &#187;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; 159 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; (au moins temporairement) chass&#233;e par un regain d'enthousiasme et le sentiment vertigineux que le f&#233;minisme traversait un moment historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les questions que ces bouleversements soul&#232;vent, il y a celle, &#233;pineuse, du consentement. S'il faut incontestablement une mauvaise foi d'actrice pour feindre de ne pas saisir l'ab&#238;me qui s&#233;pare la s&#233;duction du harc&#232;lement, ces moments o&#249; une femme dit oui alors qu'elle pense non sont autrement plus &#233;quivoques&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;voqu&#233; entre autres par Blandine Grosjean dans un bel article titr&#233; &#171; De la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, m&#234;me en dehors d'une situation d'emprise caract&#233;ris&#233;e ou de viol avec violence, peut-on consentir en apparence &#224; une relation qu'au fond on ne souhaite pas ? D'abord, &#233;videmment, parce que nombre de femmes ont int&#233;gr&#233; tr&#232;s profond&#233;ment l'interdiction de vexer, de blesser voire de mettre mal &#224; l'aise l'homme &#224; qui elles ont affaire&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une fois de plus, cela s'entend surtout dans une relation h&#233;t&#233;rosexuelle.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Elles peuvent aussi redouter d'&#234;tre &#233;tiquet&#233;es &#171; allumeuses &#187;, vouloir se rassurer quant &#224; leur valeur sur le &#171; &lt;i&gt;march&#233; &#224; la bonne meuf&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#169; Virginie Despentes.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, rechercher une tendresse et une &#233;coute dont elles sentent qu'elles ne les obtiendront qu'avec un rapport, s'auto-convaincre que l'app&#233;tit vient en mangeant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, dans un environnement o&#249; nous est martel&#233; en permanence que notre d&#233;sir est ill&#233;gitime, sale et dangereux&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour illustration, la d&#233;claration de Nathalie Portman &#224; la Women's March de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, il n'est pas ais&#233;, avant m&#234;me de l'assumer, de simplement le reconna&#238;tre et d'en saisir les limites. S'efforcer de rester &#224; l'&#233;coute du moindre sentiment de malaise et s'y fier, questionner les r&#233;elles motivations d'un rapport, peuvent contribuer &#224; se sentir plus s&#251;re de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons maintenant de &#171; consentement actif &#187;, c'est-&#224;-dire du fait que pour coucher avec une personne, il ne faut pas seulement qu'elle ne soit pas en train de se d&#233;battre et d'appeler &#224; l'aide, mais aussi qu'elle ait visiblement envie d'avoir un rapport. Il peut souvent suffire de guetter chez sa partenaire les manifestations de son d&#233;sir (attention, &lt;i&gt;breaking news&lt;/i&gt;, mais il n'est visiblement pas inutile de le rappeler : lubrification vaginale, dilatation des pupilles, corps d&#233;tendu, prise d'initiatives, soupirs, g&#233;missements) et de se/lui poser des questions en cas d'absence de ces signes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons aussi de &#171; consentement renouvel&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire du fait qu'une personne qui consent au d&#233;but d'un rapport peut l&#233;gitimement changer d'avis par la suite. Certes, aucun d'entre nous n'a envie de signer des formulaires &#224; chaque nouvelle pratique sexuelle ou &#224; chaque changement de position pour s'assurer de l'accord des parties impliqu&#233;es. Mais il existe tant de fa&#231;ons excitantes de demander &#224; quelqu'un s'il a envie qu'on lui fasse ci ou &#231;a, sans rien sacraliser ni pour autant nier, par exemple, le fait qu'introduire un corps &#233;tranger dans un autre n'est pas toujours d&#233;nu&#233; d'implications...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, la question &#171; Est-ce que je peux entrer en toi ? &#187; peut devenir joyeuse, orgasmique, complice ; elle peut aussi permettre d'&#233;viter une g&#234;ne, un malentendu... ou un traumatisme. Pos&#233;e m&#234;me de fa&#231;on non syst&#233;matique, elle peut d&#233;tendre l'ensemble des rapports, simplement en installant l'id&#233;e qu'au-del&#224; du consentement, c'est bel et bien de d&#233;sir qu'il est question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/S-il-se-passe-quelque-chose&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S'il se passe quelque chose... &lt;/a&gt; &#187;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; 159 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (novembre 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;voqu&#233; entre autres par Blandine Grosjean dans un bel article titr&#233; &#171; De la r&#233;signation au consentement, le probl&#232;me de la &#8220; zone grise &#8221; entourant les rapports sexuels &#187; (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 26 janvier 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une fois de plus, cela s'entend surtout dans une relation h&#233;t&#233;rosexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#169; Virginie Despentes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour illustration, la d&#233;claration de Nathalie Portman &#224; la Women's March de Los Angeles le 21 janvier : l'actrice a expliqu&#233; qu'elle s'&#233;tait sentie oblig&#233;e de se construire une image puritaine pour se prot&#233;ger de la sexualisation &#224; laquelle avait proc&#233;d&#233; une partie des m&#233;dias et de son public apr&#232;s la sortie de son premier film, alors qu'elle n'avait que 13 ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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