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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Roms &#224; ranger</title>
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&lt;p&gt;Nomadisme, mendicit&#233; agressive, rumeurs diverses sur ces Tziganes voleurs de poules, de ferraille et d'enfants&#8230; Depuis cet &#233;t&#233;, les Roms sont en premi&#232;re ligne du discours s&#233;curitaire : tellement en marge et si id&#233;alement visibles. Reportage &#224; Marseille. Expuls&#233;s le 28 juillet des squats dans lesquels ils s'entassaient &#224; La Blancarde, &#224; Marseille, une vingtaine de Roms, de cinq mois &#224; 70 ans, se retrouvent dehors, Porte d'Aix. M&#234;me si quelques passants leur apportent &#224; boire et &#224; manger, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nomadisme, mendicit&#233; agressive, rumeurs diverses sur ces Tziganes voleurs de poules, de ferraille et d'enfants&#8230; Depuis cet &#233;t&#233;, les Roms sont en premi&#232;re ligne du discours s&#233;curitaire : tellement en marge et si id&#233;alement visibles. Reportage &#224; Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Expuls&#233;s&lt;/strong&gt; le 28 juillet des squats dans lesquels ils s'entassaient &#224; La Blancarde, &#224; Marseille, une vingtaine de Roms, de cinq mois &#224; 70 ans, se retrouvent dehors, Porte d'Aix. M&#234;me si quelques passants leur apportent &#224; boire et &#224; manger, ils campent sous des toiles de fortune dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale. Pire encore, ils continuent de d&#233;ranger et d'attirer certains regards hostiles, avec leurs matelas trou&#233;s et leurs enfants qui jouent comme si tout continuait normalement. Et ces poussettes ! Charg&#233;es de &#171; bordilles &#187; r&#233;cup&#233;r&#233;es, qu'ils gardent soigneusement, ils sont pr&#234;ts &#224; les embarquer &#224; tout moment avec eux dans un avion, &#224; moins qu'un sympathique camion poubelle commandit&#233; et escort&#233; ne les balance entre temps, comme souvent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Excusez-nous on n'a pas pass&#233; l'aspirateur pour vous recevoir &#187;&lt;/i&gt;, annonce en roumain une jeune m&#232;re de sept enfants. Ouf ! Il reste l'humour. &#199;a rassure un peu. En m&#234;me temps, on peut se dire que la place est jolie. De l'herbe, des pins, des fleurs encore ouvertes. Le probl&#232;me c'est l'autoroute en haut, et la route tout autour, enfin, le probl&#232;me c'est que cette tache de verdure n'est qu'un gros rond-point noy&#233; dans les embouteillages &#224; l'entr&#233;e de la ville. Mais il fait encore soleil, alors dormir sous les tentes, qu'ils nomment &#171; villas &#187;, m&#234;me d&#233;chir&#233;es, ou &#224; la belle &#233;toile, &#231;a pourrait donner un air de prolongation de vacances. En fait, tout irait presque bien. Sans cette faim au ventre, sans cette soif aussi. Et sans ce r&#233;veil &#224; l'aube du 26 ao&#251;t, que tous racontent, encore sous le choc. Quatre cond&#233;s propres et bien nourris sont sortis de leur voiture en fanfare, le poste &#224; fond, dansant et riant sous les regards apeur&#233;s des enfants somnolents, une matraque dans une main, une lacrymo dans l'autre, un sourire complice sur les l&#232;vres, et qui s'esclaff&#232;rent en chantant : &lt;i&gt;&#171; Il faut partir, allez, on va partir en Roumanie, lalala ! &#187;&lt;/i&gt; Extrait d'&#171; humour policier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre deux descentes, les femmes peuvent courir vendre en face les trois &#171; estrasses &#187; rep&#234;ch&#233;es des poubelles par les maris partis &#233;changer leurs kilos de cuivre et de fer contre quelques pi&#232;ces&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le prix du cuivre et du fer passe du simple au double selon qu'on est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Vite, vite, on traverse, vite on d&#233;balle, l&#224;, sur ce qui reste du &#171; march&#233; aux voleurs &#187;, vite, 50 centimes, y a pas les flics, faut acheter du pain, du lait pour les b&#233;b&#233;s, du jus pour les grands, de l'eau&#8230; Mais les cond&#233;s sont d&#233;j&#224; l&#224;-bas, tout pr&#232;s des tentes&#8230; trop tard&#8230; encercl&#233;s, les enfants qui dormaient dedans, r&#233;veill&#233;s par des grosses chaussures qui tapent au hasard. &#171; Pschhiiiit &#187;, fait la gazeuse&#8230; Les enfants hurlent, toussent, pleurent, et sortent. Les m&#232;res courent en criant, affol&#233;es. Alors on d&#233;m&#233;nage. Quelques m&#232;tres plus loin. Et tout le monde se resserre. Mais profil bas. Ils sont en tort. Ils sont roms, de Roumanie. Tziganes. Et dans toute leur histoire finalement, toujours en tort. Face &#224; la peur d'&#234;tre s&#233;par&#233;s, jet&#233;s en prison, &#233;loign&#233;s des enfants, ils se taisent et passent leur journ&#233;e sur la pointe des pieds, et pourtant tellement visibles. Ils demeurent ces figures de mis&#232;re inassimilables &#224; la soci&#233;t&#233; moderne de 2010 ; comme &#224; celle de 1940 o&#249; les nomades fran&#231;ais furent assign&#233;s &#224; r&#233;sidence &#171; par mesure de s&#233;curit&#233; nationale &#187; puis, pour certains, intern&#233;s dans des camps jusqu'en 1946 ; ou encore celle de 1666 quand Louis XIV d&#233;cida de les envoyer sans autre forme de proc&#232;s aux gal&#232;res &#224; perp&#233;tuit&#233;, de raser les cheveux de leurs femmes et de placer leurs enfants dans des hospices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'avion vient lundi &#187;&lt;/i&gt; (le 6 septembre), leur a-t-on dit. Et l&#224;, ils ne savent plus trop ce qui est mieux. Rentrer au milieu des Roumains et avoir faim : &lt;i&gt;&#171; L&#224;-bas, y a rien&lt;/i&gt;, dit Costel, 28 ans, qui multiplie les allers et retours Marseille/Blaj depuis 7 ans et parle fran&#231;ais. &lt;i&gt;Aucun travail pour nous. Tous les patrons, ils pr&#233;f&#232;rent pas les Roms. Et puis il faut donner un cochon, ou une poule au patron, et nous on peut pas. &#199;a marche comme &#231;a l&#224;-bas. Alors on vit de l'allocation enfant. 35 euros par mois. Mais c'est rien 35 euros par mois pour une famille. &#187;&lt;/i&gt; D'un autre c&#244;t&#233;, rester en France cela signifie veiller jour et nuit sur les enfants, sous des regards m&#233;prisants, avec ces acc&#232;s de violence x&#233;nophobe et polici&#232;re. Andr&#233;, la quarantaine, explique en d&#233;sossant des fils de cuivre r&#233;cup&#233;r&#233;s sur un appareil &#233;lectrom&#233;nager : &lt;i&gt;&#171; Nous les Tziganes, on reste jamais au m&#234;me endroit, on change toujours de lieu, tous les 3 ans, comme &#231;a&#8230; on est un peu comme des touristes&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Des campeurs loqueteux, qui ne passent pas l'aspirateur sur le rond-point de la Porte d'Aix, et sur qui les flics vident leurs stocks de lacrymo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le prix du cuivre et du fer passe du simple au double selon qu'on est fran&#231;ais ou roumain. Ainsi le taux d'&#233;change du fer est de 8 centimes le kilo si le vendeur est roumain (soit 80 euros pour une tonne de ferraille, ce qui veut dire un sacr&#233; tas de poubelles !), et de 1,60 euro pour un Fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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