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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Un avion dans votre salon ?</title>
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		<dc:creator>Jean-Manuel Traimond avec le collectif Passerelle</dc:creator>


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		<dc:subject>faut transporter</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au fret a&#233;rien, on peut acheter du raisin chilien en janvier et se faire livrer en quelques jours une babiole en plastique fabriqu&#233;e en Chine. Dans la famille des &#233;metteurs de gaz &#224; effet de serre, le fret a&#233;rien est un secteur des plus absurdes, et des plus m&#233;connus. Les extensions d'a&#233;roports se multiplient partout en France : Nantes, Nice, Marseille, Bordeaux, Lille, Rennes, Montpellier, Caen... Et cela avec la complicit&#233; &#8211; voire au nom &#8211; des collectivit&#233;s locales, alors m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rien-que-pour-le-web" rel="directory"&gt;Rien que pour le web&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/aerien" rel="tag"&gt;a&#233;rien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/extensions-d-aeroports" rel="tag"&gt;extensions d'a&#233;roports&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faut-transporter" rel="tag"&gt;faut transporter&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH87/03-nddl-d190d.jpg?1783086594' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Gr&#226;ce au fret a&#233;rien, on peut acheter du raisin chilien en janvier et se faire livrer en quelques jours une babiole en plastique fabriqu&#233;e en Chine. Dans la famille des &#233;metteurs de gaz &#224; effet de serre, le fret a&#233;rien est un secteur des plus absurdes, et des plus m&#233;connus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4372 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH534/02-nddl-7e0ee.jpg?1783086594' width='500' height='534' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Dessin de Karine Bernadou (CQFD n&#176;106)
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;es extensions d'a&#233;roports se multiplient partout en France : Nantes, Nice, Marseille, Bordeaux, Lille, Rennes, Montpellier, Caen... Et cela avec la complicit&#233; &#8211; voire au nom &#8211; des collectivit&#233;s locales, alors m&#234;me qu'elles affichent des strat&#233;gies de r&#233;duction des &#233;missions de CO2. Ces projets montrent bien la schizophr&#233;nie de nos dirigeants. Loin de r&#233;duire cette pollution, ils l'acc&#233;l&#232;rent. Et le fret a&#233;rien y prend pleinement sa part. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;ter un avion qui vole n'est pas une chose ais&#233;e, l'emp&#234;cher d'agrandir son nid mortif&#232;re est bien plus &#224; la port&#233;e de l'action citoyenne et militante. Les cr&#233;neaux sont satur&#233;s ? Les infrastructures sont insuffisantes pour les pr&#233;visions de croissance ? La r&#233;ponse pragmatique &#224; apporter n'est pas d'augmenter la taille du territoire sacrifi&#233; mais bien de r&#233;duire cette activit&#233;. On critique d&#233;j&#224; &#224; juste titre le projet discutable d'&#233;tendre le glorieux statut de touriste aux 90 % de l'humanit&#233; qui n'en jouissent pas encore. Mais on oublie un autre abus, celui du fret a&#233;rien, r&#233;sum&#233; en une phrase simple : le smartphone moyen a, quelques jours apr&#232;s sa naissance, d&#233;j&#224; parcouru bien plus de kilom&#232;tres en avion que n'importe quel humain moyen. &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; 120 millions de tonnes de CO2 &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parlons d'abus et non d'usage : le fret a&#233;rien nous rend un fier service lorsqu'il faut transporter d'urgence des vaccins souffrant de dates de p&#233;remption, des m&#233;dicaments vers des zones de catastrophes, des pi&#232;ces de rechange pour les blocs des h&#244;pitaux, des organes pour les greffes. Applaudissons. Puis revenons au supermarch&#233; du coin et constatons, Parisienne, Bordelais, ou Strasbourgeoise, qu'en janvier nous pouvons acheter du raisin. Au XIXe si&#232;cle, il fallait la fortune et l'extravagance mondaine de la Pa&#239;va ou de la Belle Otero pour offrir &#224; ses invit&#233;s du raisin en janvier. En 2022, quel Europ&#233;en s'&#233;tonne de pouvoir d&#233;guster une grappe chilienne juste apr&#232;s No&#235;l ? Qui s'&#233;tonne que tel objet indispensable, essentiel &#8211; pantalon fluorescent &#224; haut-parleur incorpor&#233;, presse-quinoa connect&#233;, compteur de calories pour croque-monsieur, taille-crayons &#224; batterie rechargeable &#8212; puisse &#234;tre command&#233; en ligne &#224; un esclavagiste (pardon, un fabricant) chinois, produit en deux heures, empaquet&#233; et mis dans une palette, la palette roul&#233;e dans une soute d'Airbus, et le taille-crayons &#224; batterie rechargeable livr&#233; vingt-quatre heures apr&#232;s avoir &#233;t&#233; command&#233; ? Mais inoffensif taille-crayons &#224; batterie rechargeable et d&#233;licieuse grappe de raisins sont devenus les armes du crime climatique. Parce que les torch&#232;res des avions crachent du CO2. Beaucoup de CO2. Combien ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Ce que nous mangeons, c'est d'abord et avant tout du p&#233;trole.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La nourriture transport&#233;e par avion ne compte que pour 1 % des transports mondiaux de nourriture. Mais d&#232;s 2009 elle &#233;mettait 11 % du CO2 rejet&#233; par tous les transports de nourriture&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le rapport intitul&#233; &#034;Air Freight, the impact&#034;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. En 2021, le fret a&#233;rien &#233;tait en &#171; &lt;i&gt;en pleine forme&lt;/i&gt; &#187;, se r&#233;jouissait r&#233;cemment &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Le fret a&#233;rien en pleine forme &#187;, 12/10/21.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Cette seule ann&#233;e, il aura transport&#233; 66 millions de tonnes de marchandises dans ses soutes&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffre disponible ici.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Ce qui signifie qu'il aura rejet&#233; 120 millions de tonnes de CO2, soit 17 000 fois la masse de la Tour Eiffel, ce qui g&#233;n&#232;re un effet de serre consid&#233;rable. Et quelle obsc&#233;nit&#233; que de rejeter 120 millions de tonnes de CO2 dans l'air pour des si&#232;cles pour des objectifs aussi frivoles que, par exemple, d&#233;guster en quelques secondes des grains de raisin&#8230; qui ont d&#233;j&#224; n&#233;cessit&#233; du p&#233;trole pour leur culture. N'oublions pas qu'en d&#233;finitive, on a tant m&#233;canis&#233; l'agriculture contemporaine que ce que nous mangeons, c'est d'abord et avant tout du p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Transporter vite pour vendre vite &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le fret a&#233;rien parle. Si on l'&#233;coute, il parle autant qu'un marlou un peu l&#226;che qui donne ses comp&#232;res pour sauver sa peau. Le fret a&#233;rien avoue que le capitalisme, en toxicomane du profit et de la croissance, cherche sa came partout, et maintenant dans le double eldorado du &#171; juste-&#224;-temps &#187; et de la mondialisation. Tr&#232;s avantageuse la mondialisation, puisqu'elle gomme les saisons et permet de ne produire que l&#224; o&#249; les salaires sont les plus bas. Mais ensuite, il faut transporter le pantalon fluorescent ou la grappe de raisin d'un bout &#224; l'autre de la plan&#232;te. De nos jours, c'est le bateau qui transporte presque tout, et pour un prix d&#233;risoire. Mais les bateaux, c'est lent. Ce que l'on transporte, on ne le vend pas. Plus tard on vend, moins on gagne, plus t&#244;t on vend, plus on gagne. L'immobilisation par les stocks, voil&#224; l'ennemi du profit ; le &#171; juste-&#224;-temps &#187;, voil&#224; son ami. Bref, si l'on veut vendre dans les d&#233;lais fulgurants auxquels on a rendus les consommateurs accros en les rendant d&#233;pendants aux pixels et aux claviers, il faut transporter toujours plus vite et toujours plus s&#251;r, ce que le transport a&#233;rien accomplit &#224; merveille. D'ailleurs les tarifs d'assurance, plus bas, refl&#232;tent la plus grande s&#233;curit&#233; du transport a&#233;rien, une autre raison de l'utiliser. Sait-on que transporter 450 000 iPhones en avion depuis la Chine jusque dans le Tennessee ne co&#251;tait en 2013 que 250 000 dollars&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#034;It's Cheaper To Send Apple's iPhones By Air Than By Sea&#034;, Forbes, 2013.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; ? 250 000 dollars, c'est beaucoup ? Non, ce n'est que 0,55 dollars par bo&#238;te &#224; hypnose, c'est-&#224;-dire 0,06 % de son prix de vente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; ce cercle vicieux, cette spirale infernale de la temporalit&#233; sans cesse acc&#233;l&#233;r&#233;e du capitalisme. Pour gagner plus, il faut vendre plus, pour vendre plus il faut vendre plus vite, donc produire plus vite. Le temps gagn&#233; par l'employ&#233; qui produit plus vite est aussit&#244;t consacr&#233; &#224; produire encore plus. Paradoxalement, plus on produit vite, moins on a de temps pour vivre. Ironie tragique du capitalisme : l'informatique et le t&#233;l&#233;travail se combinent pour que le temps libre soit d&#233;sormais intol&#233;rable, inacceptable, voire impossible. Les rapidit&#233;s de l'ordinateur, de l'imprimante 3D, de la livraison par Amazon, du fret a&#233;rien sont en train de tuer la saveur de la vie. Encore un peu de litchis au k&#233;ros&#232;ne ?&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Collectif Passerelle&lt;/div&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le rapport intitul&#233; &#034;&lt;a href=&#034;https://www.aef.org.uk/uploads/AirFreightReport.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Air Freight, the impact&lt;/a&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/societes/le-fret-aerien-en-pleine-forme-20211012&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le fret a&#233;rien en pleine forme&lt;/a&gt; &#187;, 12/10/21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chiffre disponible &lt;a href=&#034;https://www.statista.com/statistics/564668/worldwide-air-cargo-traffic/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;https://www.forbes.com/sites/timworstall/2013/09/12/its-cheaper-to-send-apples-iphones-by-air-than-by-sea/?sh=388c043535f7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;It's Cheaper To Send Apple's iPhones By Air Than By Sea&lt;/a&gt;&#034;, &lt;i&gt;Forbes&lt;/i&gt;, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Roms &#224; ranger</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Roms-a-ranger</link>
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		<dc:date>2010-10-28T18:46:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile F&#233;vrier</dc:creator>


		<dc:subject>Alors</dc:subject>
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&lt;p&gt;Nomadisme, mendicit&#233; agressive, rumeurs diverses sur ces Tziganes voleurs de poules, de ferraille et d'enfants&#8230; Depuis cet &#233;t&#233;, les Roms sont en premi&#232;re ligne du discours s&#233;curitaire : tellement en marge et si id&#233;alement visibles. Reportage &#224; Marseille. Expuls&#233;s le 28 juillet des squats dans lesquels ils s'entassaient &#224; La Blancarde, &#224; Marseille, une vingtaine de Roms, de cinq mois &#224; 70 ans, se retrouvent dehors, Porte d'Aix. M&#234;me si quelques passants leur apportent &#224; boire et &#224; manger, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no81-septembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;81 (septembre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Expulses" rel="tag"&gt;Expuls&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nomadisme, mendicit&#233; agressive, rumeurs diverses sur ces Tziganes voleurs de poules, de ferraille et d'enfants&#8230; Depuis cet &#233;t&#233;, les Roms sont en premi&#232;re ligne du discours s&#233;curitaire : tellement en marge et si id&#233;alement visibles. Reportage &#224; Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Expuls&#233;s&lt;/strong&gt; le 28 juillet des squats dans lesquels ils s'entassaient &#224; La Blancarde, &#224; Marseille, une vingtaine de Roms, de cinq mois &#224; 70 ans, se retrouvent dehors, Porte d'Aix. M&#234;me si quelques passants leur apportent &#224; boire et &#224; manger, ils campent sous des toiles de fortune dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale. Pire encore, ils continuent de d&#233;ranger et d'attirer certains regards hostiles, avec leurs matelas trou&#233;s et leurs enfants qui jouent comme si tout continuait normalement. Et ces poussettes ! Charg&#233;es de &#171; bordilles &#187; r&#233;cup&#233;r&#233;es, qu'ils gardent soigneusement, ils sont pr&#234;ts &#224; les embarquer &#224; tout moment avec eux dans un avion, &#224; moins qu'un sympathique camion poubelle commandit&#233; et escort&#233; ne les balance entre temps, comme souvent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Excusez-nous on n'a pas pass&#233; l'aspirateur pour vous recevoir &#187;&lt;/i&gt;, annonce en roumain une jeune m&#232;re de sept enfants. Ouf ! Il reste l'humour. &#199;a rassure un peu. En m&#234;me temps, on peut se dire que la place est jolie. De l'herbe, des pins, des fleurs encore ouvertes. Le probl&#232;me c'est l'autoroute en haut, et la route tout autour, enfin, le probl&#232;me c'est que cette tache de verdure n'est qu'un gros rond-point noy&#233; dans les embouteillages &#224; l'entr&#233;e de la ville. Mais il fait encore soleil, alors dormir sous les tentes, qu'ils nomment &#171; villas &#187;, m&#234;me d&#233;chir&#233;es, ou &#224; la belle &#233;toile, &#231;a pourrait donner un air de prolongation de vacances. En fait, tout irait presque bien. Sans cette faim au ventre, sans cette soif aussi. Et sans ce r&#233;veil &#224; l'aube du 26 ao&#251;t, que tous racontent, encore sous le choc. Quatre cond&#233;s propres et bien nourris sont sortis de leur voiture en fanfare, le poste &#224; fond, dansant et riant sous les regards apeur&#233;s des enfants somnolents, une matraque dans une main, une lacrymo dans l'autre, un sourire complice sur les l&#232;vres, et qui s'esclaff&#232;rent en chantant : &lt;i&gt;&#171; Il faut partir, allez, on va partir en Roumanie, lalala ! &#187;&lt;/i&gt; Extrait d'&#171; humour policier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre deux descentes, les femmes peuvent courir vendre en face les trois &#171; estrasses &#187; rep&#234;ch&#233;es des poubelles par les maris partis &#233;changer leurs kilos de cuivre et de fer contre quelques pi&#232;ces&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le prix du cuivre et du fer passe du simple au double selon qu'on est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Vite, vite, on traverse, vite on d&#233;balle, l&#224;, sur ce qui reste du &#171; march&#233; aux voleurs &#187;, vite, 50 centimes, y a pas les flics, faut acheter du pain, du lait pour les b&#233;b&#233;s, du jus pour les grands, de l'eau&#8230; Mais les cond&#233;s sont d&#233;j&#224; l&#224;-bas, tout pr&#232;s des tentes&#8230; trop tard&#8230; encercl&#233;s, les enfants qui dormaient dedans, r&#233;veill&#233;s par des grosses chaussures qui tapent au hasard. &#171; Pschhiiiit &#187;, fait la gazeuse&#8230; Les enfants hurlent, toussent, pleurent, et sortent. Les m&#232;res courent en criant, affol&#233;es. Alors on d&#233;m&#233;nage. Quelques m&#232;tres plus loin. Et tout le monde se resserre. Mais profil bas. Ils sont en tort. Ils sont roms, de Roumanie. Tziganes. Et dans toute leur histoire finalement, toujours en tort. Face &#224; la peur d'&#234;tre s&#233;par&#233;s, jet&#233;s en prison, &#233;loign&#233;s des enfants, ils se taisent et passent leur journ&#233;e sur la pointe des pieds, et pourtant tellement visibles. Ils demeurent ces figures de mis&#232;re inassimilables &#224; la soci&#233;t&#233; moderne de 2010 ; comme &#224; celle de 1940 o&#249; les nomades fran&#231;ais furent assign&#233;s &#224; r&#233;sidence &#171; par mesure de s&#233;curit&#233; nationale &#187; puis, pour certains, intern&#233;s dans des camps jusqu'en 1946 ; ou encore celle de 1666 quand Louis XIV d&#233;cida de les envoyer sans autre forme de proc&#232;s aux gal&#232;res &#224; perp&#233;tuit&#233;, de raser les cheveux de leurs femmes et de placer leurs enfants dans des hospices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'avion vient lundi &#187;&lt;/i&gt; (le 6 septembre), leur a-t-on dit. Et l&#224;, ils ne savent plus trop ce qui est mieux. Rentrer au milieu des Roumains et avoir faim : &lt;i&gt;&#171; L&#224;-bas, y a rien&lt;/i&gt;, dit Costel, 28 ans, qui multiplie les allers et retours Marseille/Blaj depuis 7 ans et parle fran&#231;ais. &lt;i&gt;Aucun travail pour nous. Tous les patrons, ils pr&#233;f&#232;rent pas les Roms. Et puis il faut donner un cochon, ou une poule au patron, et nous on peut pas. &#199;a marche comme &#231;a l&#224;-bas. Alors on vit de l'allocation enfant. 35 euros par mois. Mais c'est rien 35 euros par mois pour une famille. &#187;&lt;/i&gt; D'un autre c&#244;t&#233;, rester en France cela signifie veiller jour et nuit sur les enfants, sous des regards m&#233;prisants, avec ces acc&#232;s de violence x&#233;nophobe et polici&#232;re. Andr&#233;, la quarantaine, explique en d&#233;sossant des fils de cuivre r&#233;cup&#233;r&#233;s sur un appareil &#233;lectrom&#233;nager : &lt;i&gt;&#171; Nous les Tziganes, on reste jamais au m&#234;me endroit, on change toujours de lieu, tous les 3 ans, comme &#231;a&#8230; on est un peu comme des touristes&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Des campeurs loqueteux, qui ne passent pas l'aspirateur sur le rond-point de la Porte d'Aix, et sur qui les flics vident leurs stocks de lacrymo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le prix du cuivre et du fer passe du simple au double selon qu'on est fran&#231;ais ou roumain. Ainsi le taux d'&#233;change du fer est de 8 centimes le kilo si le vendeur est roumain (soit 80 euros pour une tonne de ferraille, ce qui veut dire un sacr&#233; tas de poubelles !), et de 1,60 euro pour un Fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Armement : bon anniversaire, petit code !</title>
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&lt;p&gt;Vite ! Il ne reste plus que quinze jours pour f&#234;ter comme il se doit l'anniversaire du Code de bonne conduite de l'Union europ&#233;enne en mati&#232;re d'exportation d'armements. Adopt&#233; en 1998, le petit a eu dix ans cette ann&#233;e ! Bonne conduite, c'est le gentil de la bande, celui qui essaye de faire le dur sans y parvenir, de s'imposer pour avoir l'air, mais qui ne reste aux yeux de tous qu'un pauv'demi-sel. Qu'importe, pour l'occasion, il a invit&#233; tous ses potes. Enfin, ses potes&#8230; Il y a le petit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no-62-decembre-2008" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 62 (d&#233;cembre 2008)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vite ! Il ne reste plus que quinze jours pour f&#234;ter comme il se doit l'anniversaire du Code de bonne conduite de l'Union europ&#233;enne en mati&#232;re d'exportation d'armements. Adopt&#233; en 1998, le petit a eu dix ans cette ann&#233;e ! Bonne conduite, c'est le gentil de la bande, celui qui essaye de faire le dur sans y parvenir, de s'imposer pour avoir l'air, mais qui ne reste aux yeux de tous qu'un pauv'demi-sel. Qu'importe, pour l'occasion, il a invit&#233; tous ses potes. Enfin, ses potes&#8230; Il y a le petit D&#233;localisation de la production &#224; l'&#233;tranger, un roublard celui-l&#224;, qui entourloupe Bonne conduite &#224; la premi&#232;re occase. Comme sa frangine, la perfide Production sous licence &#233;trang&#232;re, qui banane sans vergogne le pauvre petit. Mais pas autant que cette faux-derche de Livraison de simples composants qui lui sourit par-devant et lui file des coups de pied de l'&#226;ne par-derri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Fournir la technologie de production, toujours loquace, elle ne lui raconte rien que des salades. Mais le pire est peut-&#234;tre le paternel, monsieur Tous les pays de l'union europ&#233;enne. C'est le genre de gars qui cajole son niston devant les vieilles tantines de la presse, mais qui lui colle des torgnoles d&#232;s qu'un int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur sonnant et tr&#233;buchant se radine. Malgr&#233; les sanglots r&#233;probateurs de Bonne conduite, son papa a livr&#233;, lors des dix derni&#232;res ann&#233;es et avec tous les tampons ad&#233;quats, de l'armement l&#233;ger comme lourd en Inde comme au Pakistan, ainsi qu'en Chine, Arabie Saoudite, Irak, Isra&#235;l, Afrique du Sud&#8230; Chiale pas, mon gars, c'est maman Profit maximum qui veut &#231;a.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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