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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La chronique judiciaire o&#249; l'on s'interroge sur la conscience</title>
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		<dc:date>2010-11-08T18:53:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


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&lt;p&gt;MARSEILLE , comparutions imm&#233;diates &#8211; &#171; Monsieur A., vous semblez &#234;tre l'organisateur du r&#233;seau, et c'est donc &#224; ce titre que les policiers viennent perquisitionner chez vous. Ils ne trouvent rien, mais l'attitude du chien montre nettement qu'il y a eu des produits stup&#233;fiants, puisqu'il marque l'arr&#234;t pr&#232;s de votre lit. Sous votre matelas, les policiers trouvent une cl&#233; magn&#233;tique. &#187; Trois jeunes gars sont jug&#233;s, M., A. et R., pour trafic de cannabis. A. r&#233;pond sur un ton blas&#233;, s&#251;r de lui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comparutions-immediates" rel="tag"&gt;comparutions imm&#233;diates&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/viennent-perquisitionner" rel="tag"&gt;viennent perquisitionner&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policiers-viennent" rel="tag"&gt;policiers viennent&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;MARSEILLE , comparutions imm&#233;diates &#8211; &lt;i&gt;&#171; Monsieur A., vous semblez &#234;tre l'organisateur du r&#233;seau, et c'est donc &#224; ce titre que les policiers viennent perquisitionner chez vous. Ils ne trouvent rien, mais l'attitude du chien montre nettement qu'il y a eu des produits stup&#233;fiants, puisqu'il marque l'arr&#234;t pr&#232;s de votre lit. Sous votre matelas, les policiers trouvent une cl&#233; magn&#233;tique. &#187;&lt;/i&gt; Trois jeunes gars sont jug&#233;s, M., A. et R., pour trafic de cannabis. A. r&#233;pond sur un ton blas&#233;, s&#251;r de lui : &lt;i&gt;&#171; D&#233;j&#224;, le chien, il s'est arr&#234;t&#233; l&#224; o&#249; dort mon chat. &#8211; Ah je vous arr&#234;te tout de suite ! Ce n'est pas un chien d&#233;tecteur de chats, mais d&#233;tecteur de stup&#233;fiants. &#8211; Et la cl&#233; me servait dans un b&#226;timent o&#249; j'allais avant, mais elle ne me sert plus &#224; rien. &#8211; Si elle vous servait &#224; une activit&#233; honn&#234;te, pourquoi &#233;tait-elle sous le matelas ? Les policiers pr&#233;cisent &#233;galement qu'&#224; l'ext&#233;rieur de votre appartement, il y a un compteur &#233;lectrique dans lequel ils trouvent de la r&#233;sine de cannabis. &#8211; C'est pas chez moi. &#8211; Oui mais c'est &#224; proximit&#233; imm&#233;diate de votre appartement. &lt;/i&gt; &#187; Le procureur regarde A. avec d&#233;go&#251;t : &lt;i&gt;&#171; Il nous prend pour des imb&#233;ciles, ce trafiquant de stup&#233;fiants, il pense qu'il va s'en sortir comme &#231;a. Eh ben non ! &#199;a fait quand m&#234;me beaucoup de co&#239;ncidences plus que troublantes. &#187;&lt;/i&gt; L'avocat de A. fait des phrases : &lt;i&gt;&#171; Dans cette famille, le patriarche est parti, il n'y a plus de commandement direct. Qui est rest&#233; ? Eh bien essentiellement des gar&#231;ons, avec naturellement une ou deux filles. La maman est dans la salle, elle est venue par sympathie pour son fils. Le chien, on ne va pas remettre en doute ses capacit&#233;s, il a d&#251; voir quelque chose, mais ce quelque chose n'apporte pas la preuve que c'est A. le meneur. &#187;&lt;/i&gt; L'avocate de R. plaide en regardant son client d'un air &#233;tonn&#233; : &lt;i&gt;&#171; J'ai tent&#233; de le comprendre et je ne l'ai pas tr&#232;s bien compris, d'autant que vous nous avez rappel&#233;, Madame la Pr&#233;sidente, avec beaucoup d'indignation que je partage, qu'il a une maman qui s'occupe de lui. Je dirais qu'au fond de cet &#234;tre, il n'y a pas que du mauvais. Je lui ai fait passer cinq bonnes minutes tr&#232;s tr&#232;s dures, et je crois qu'il a compris la gravit&#233; de ce qu'il a fait. &lt;/i&gt; &#187; L'avocat de M. cl&#244;t le dossier : &lt;i&gt;&#171; Comme disait ma cons&#339;ur, on a affaire &#224; de jeunes gar&#231;ons, on ne sait pas s'ils sont conscients ou pas. &#187;&lt;/i&gt; Suivent deux affaires trait&#233;es rapidement : S., &#224; peine majeur, accus&#233; d'un vol &#224; l'arrach&#233; rat&#233;, qui a du mal &#224; se concentrer sur son proc&#232;s parce qu'il ne peut pas d&#233;tacher les yeux d'une jeune fille venue le soutenir. Ils s'envoient des sourires. La pr&#233;sidente s'agace : &lt;i&gt;&#171; Je ne sais pas &#224; qui tu t'int&#233;resses l&#224;-bas, mais c'est ici que &#231;a se passe. &#187;&lt;/i&gt; Puis vient T., tout jeune lui aussi, l'air perdu. On lui reproche d'avoir frapp&#233; sa compagne. Il r&#233;pond &#224; c&#244;t&#233; des questions, il dit : &lt;i&gt;&#171; J'ai des soucis avec la femme du syndic qui m'a dit qu'elle savait tout sur moi, que j'&#233;tais un enfant maltrait&#233;, que j'avais un gros casier judiciaire, mais j'ai laiss&#233; couler. &lt;/i&gt; &#187; La pr&#233;sidente l'observe et demande autour d'elle s'il ne faudrait pas une expertise psychiatrique. L'avocat de T. annonce : &lt;i&gt;&#171; Je signale qu'un maintien en d&#233;tention serait catastrophique. &#187;&lt;/i&gt; La salle est &#233;vacu&#233;e pour les d&#233;lib&#233;r&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Monsieur T., votre proc&#232;s est report&#233; en octobre, jusque- l&#224; vous &#234;tes maintenu en d&#233;tention. On dira &#224; M. le Procureur de faire attention &#224; votre &#233;tat de sant&#233;. &#187;&lt;/i&gt; T. pleure, il quitte le box sans attendre la suite, en criant : &lt;i&gt;&#171; Je suis fini ! C'est un complot ! Je serai plus l&#224; quand vous plaiderez ma cause ! &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente chuchote : &lt;i&gt;&#171; Demandez une surveillance particuli&#232;re en raison de propos suicidaires. &#187;&lt;/i&gt; S. s'avance, prend six mois ferme. Constern&#233; puis furieux, il regarde la jeune fille dans le public, ils se crient des rendez-vous au parloir pendant que les policiers l'emm&#232;nent. La pr&#233;sidente annonce ensuite six mois fermes pour R., deux ans ferme pour A. et pour M. six mois avec sursis. Un fr&#232;re de A. quitte la salle en hurlant : &lt;i&gt;&#171; Allez tous vous faire enculer ! &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente hurle aussit&#244;t : &lt;i&gt;&#171; Arr&#234;tez cet homme ! &#187;&lt;/i&gt; Des policiers sautent par-dessus le muret du box. La m&#232;re de A., affol&#233;e, crie : &lt;i&gt;&#171; C'est &#224; moi qu'il parlait, madame, je vous jure, laissez-moi parler &#224; la dame, madame, je vous en supplie, vous prenez ma vie ! &#187;&lt;/i&gt; Elle s'effondre, se rel&#232;ve, retombe, sa robe se d&#233;fait, sa fille tente de couvrir la poitrine nue de la m&#232;re. A. observe, fou de rage, depuis le box, il tape du poing sur le muret, les policiers le serrent. La pr&#233;sidente crie : &lt;i&gt;&#171; Taisez-vous, madame ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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