<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=16600&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Esclave, un m&#233;tier d'avenir ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Esclave-un-metier-d-avenir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Esclave-un-metier-d-avenir</guid>
		<dc:date>2010-12-07T08:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Nenn&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Roy</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>famille</dc:subject>
		<dc:subject>jour</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>Mirana</dc:subject>
		<dc:subject>SEULE</dc:subject>
		<dc:subject>PERDUE</dc:subject>
		<dc:subject>D&#201;SERT</dc:subject>
		<dc:subject>D'une voix</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La crise aidant, on h&#233;site moins &#224; exploiter son prochain, surtout s'il est vuln&#233;rable. L'esclavage contemporain est un ph&#233;nom&#232;ne qui traverse tous les milieux et toutes les classes sociales. Avec, toujours, la redoutable volont&#233; d'humilier l'autre. T&#233;moignages . &#171; JE SUIS SEULE, PERDUE DANS LE D&#201;SERT, sans aucun chemin &#224; suivre. Ou alors au milieu de la mer, j'ai froid, et l'horizon est vide. &#187; D'une voix h&#233;sitante, Mirana raconte les cauchemars qui la hantent. Pendant un an, de mars (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no-83-novembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 83 (novembre 2010)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Roy" rel="tag"&gt;Roy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/famille" rel="tag"&gt;famille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jour" rel="tag"&gt;jour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mirana" rel="tag"&gt;Mirana&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/SEULE" rel="tag"&gt;SEULE&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/PERDUE" rel="tag"&gt;PERDUE&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/DESERT" rel="tag"&gt;D&#201;SERT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/D-une-voix" rel="tag"&gt;D'une voix&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise aidant, on h&#233;site moins &#224; exploiter son prochain, surtout s'il est vuln&#233;rable. L'esclavage contemporain est un ph&#233;nom&#232;ne qui traverse tous les milieux et toutes les classes sociales. Avec, toujours, la redoutable volont&#233; d'humilier l'autre. T&#233;moignages
.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; JE SUIS SEULE, PERDUE DANS LE D&#201;SERT, sans aucun chemin &#224; suivre. Ou alors au milieu de la mer, j'ai froid, et l'horizon est vide. &#187;&lt;/i&gt; D'une voix h&#233;sitante, Mirana&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; raconte les cauchemars qui la hantent. Pendant un an, de mars 2008 &#224; janvier 2009, cette jeune Malgache, venue comme fille au pair, a &#233;t&#233; l'esclave d'une riche famille anglaise du Var. Lev&#233;e &#224; 6 h, couch&#233;e &#224; 22 h, emp&#234;ch&#233;e de se laver, de t&#233;l&#233;phoner &#224; sa famille, de recevoir du courrier, priv&#233;e de contacts ext&#233;rieurs, humili&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout avait pourtant commenc&#233; comme un
conte de f&#233;es. Depuis Madagascar, Mirana
s'inscrit sur un site web : aupairworld.net. Elle
veut continuer ses &#233;tudes de commerce en
France. Tr&#232;s vite, une famille la contacte avec &#224;
la cl&#233; un contrat en or : six heures de travail par
jour, deux jours de cong&#233;s par semaine, des
cours de fran&#231;ais pay&#233;s en plus de l'indemnit&#233;
l&#233;gale et quinze jours de cong&#233;s en Angleterre. Ses nouveaux patrons paient m&#234;me le billet d'avion. Les trois premiers mois &#224; l'essai se passent bien : la maison et son parc sont superbes, il y a m&#234;me une piscine. Certes, elle n'a qu'un jour de cong&#233; au lieu des deux pr&#233;vus, l'indemnit&#233; ne lui est pas vers&#233;e et les cours de fran&#231;ais tardent &#224; d&#233;marrer, mais on lui demande poliment d'&#234;tre patiente. Cependant, peu &#224; peu, &#231;a d&#233;g&#233;n&#232;re. La chambre de Mirana ne ferme pas &#224; cl&#233; : un jour, elle constate la disparition de son passeport. Elle n'a toujours pas de carte de s&#233;jour. Les enfants l'espionnent et rendent compte de ses moindres faits et gestes &#224; leurs parents. Remarques d&#233;sobligeantes et menaces se succ&#232;dent. On lui supprime son jour de cong&#233; : &lt;i&gt;&#171; Tu ne travailles pas assez, l'ancienne fille au pair &#233;tait plus courageuse &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; Tu es n&#233;e dans un pays pauvre, tu n'as pas ta place ici, tes dipl&#244;mes ne seront jamais
reconnus &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; Si tu parles &#224; quelqu'un, je
t'embarque directement &#224; l'a&#233;roport et je
te renvoie chez toi, je suis h&#244;tesse de l'air, je
peux acheter un billet tout de suite &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L318xH337/esclavage-66414.png?1768656494' width='318' height='337' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Roy
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mirana ne peut pas rentrer Madagascar sans avoir &#171; r&#233;ussi &#187; et elle
n'ose rien dire &#224; ses parents. &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait un
chantage permanent. J'essayais toujours
de trouver une solution amiable, mais ils
disaient toujours non. Je me sentais coupable de tout, d'&#234;tre venue, de rester. Je
me sentais redevable, car ils avaient pay&#233;
mon billet. D&#233;poser plainte ? J'aurais eu
l'impression de les trahir. &#187;&lt;/i&gt; Un jour pourtant, Mirana se confie aux membres de
l'&#233;glise adventiste qu'elle fr&#233;quente. Sa
&#171; lib&#233;ration &#187; est organis&#233;e avec l'aide
des autorit&#233;s et elle est prise en charge
par l'association &lt;a href=&#034;http://www.esclavage-stop.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Esclavage tol&#233;rance z&#233;ro (ETZ)&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'association ETZ &#171; prend en charge globalement toutes les victimes de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, bas&#233;e &#224; Marseille. Avec la crise, l'esclavage est devenu une
tendance lourde : les signalements ont doubl&#233; depuis l'ann&#233;e derni&#232;re, environ deux cents &#224; ETZ, qui pourtant n'en re&#231;oit que 10 %. La tr&#232;s grande majorit&#233; des victimes sont des femmes et elles viennent &#224; 60 % d'Afrique, surtout du Maghreb. Un tiers d'entre elles sont arriv&#233;es mineures. Le recrutement est aussi bien intrafamilial que par Internet, ou par annonce directement en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hitesh Patel, lui, a &#233;t&#233; exploit&#233; par un
compatriote. En 2002, il arrive en France avec un visa touriste. Il trouve du travail dans un restaurant indien de Manosque, au noir, &#233;videmment. &lt;i&gt;&#171; Je devais &#234;tre pay&#233; 500 euros par mois,
nourri et log&#233;. Le patron m'avait dit qu'avec cet argent, il allait m'acheter un titre de s&#233;jour en Espagne. Puis il m'a dit que l'interm&#233;diaire l'avait arnaqu&#233;, qu'il avait vol&#233; mon passeport. J'&#233;tais coinc&#233;, j'avais peur. Je travaillais sept jours sur sept, midi et soir. Je n'avais droit qu'&#224; une douche par semaine, alors que je travaillais en cuisine. Pour &#233;conomiser l'&#233;lectricit&#233;, le patron refusait qu'on branche la hotte aspirante. Plusieurs fois, j'ai fait des malaises &#224; cause des gaz br&#251;l&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; En 2005, un contr&#244;le de l'inspection du travail met fin &#224; son calvaire. Hitesh porte plainte aux prud'hommes et obtient une carte de s&#233;jour temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aujourd'hui, il travaille &#224; Emma&#252;s et attend son proc&#232;s au p&#233;nal, pour travail dissimul&#233;. &lt;i&gt;&#171; Bien que la notion de traite des &#234;tres humains ait &#233;t&#233; introduite dans le Code p&#233;nal en 2003, elle n'a jamais &#233;t&#233; utilis&#233;e lors d'un proc&#232;s. Les faits sont toujours requalifi&#233;s en travail dissimul&#233;, maltraitance ou aide au s&#233;jour irr&#233;gulier. D'ailleurs, la traite n'est qu'un d&#233;lit, m&#234;me pas un crime &#187;&lt;/i&gt;, explique Nagham Hriech, directrice d'ETZ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mirana aussi a fini par d&#233;poser plainte et l'enqu&#234;te est en cours. Elle est toujours accompagn&#233;e par l'association et a repris une formation en droit. &lt;i&gt;&#171; C'est important pour moi qu'il y ait un proc&#232;s et que je sois reconnue victime, sinon, je n'arriverai pas &#224; tourner la page. J'avance, j'ai un boulot, je commence &#224; avoir des amis, mais c'est dur. Le soir surtout... M&#234;me pour des petites choses, j'ai peur de dire oui, j'ai peur de dire non. Parfois, je ne sais plus comment me comporter avec les autres. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'association ETZ &lt;i&gt;&#171; prend en charge globalement toutes les victimes de la traite des &#234;tres humains sous toutes ses formes (servitudes &#233;conomiques diverses, prostitution,mendicit&#233; contrainte,mariages forc&#233;s,esclavage
domestique...) dans une optique de reconstruction de l'identit&#233; de la personne et de sa dignit&#233;. Cette prise en charge est sociale, m&#233;dico-psychologique, juridique et administrative. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
