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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La terre rend libre</title>
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		<dc:date>2011-02-10T07:49:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


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&lt;p&gt;La culture de la terre nourrici&#232;re et la civilisation rurale ont gard&#233; une image plut&#244;t marqu&#233;e ultra-r&#233;ac. Avec Barr&#232;s, et sa terre-patrie fertilis&#233;e par les poilus de 1914-1918, ou Maurras et sa pelouse sanctifi&#233;e par le sang des martyrs aristocrates de la R&#233;volution fran&#231;aise, jusqu'&#224; P&#233;tain, sans compter le lobbying de la FNSEA en faveur de l'agriculture industrielle, la cambrousse aurait quelques raisons de nous flanquer la naus&#233;e. Cependant, il existe une autre filiation historique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La culture de la terre nourrici&#232;re&lt;/strong&gt; et la civilisation rurale ont gard&#233; une image plut&#244;t marqu&#233;e ultra-r&#233;ac. Avec Barr&#232;s, et sa terre-patrie fertilis&#233;e par les poilus de 1914-1918, ou Maurras et sa pelouse sanctifi&#233;e par le sang des martyrs aristocrates de la R&#233;volution fran&#231;aise, jusqu'&#224; P&#233;tain, sans compter le lobbying de la FNSEA en faveur de l'agriculture industrielle, la cambrousse aurait quelques raisons de nous flanquer la naus&#233;e. Cependant, il existe une autre filiation historique, carr&#233;ment &#233;clips&#233;e par l'industrialisation et le mouvement ouvrier : l'all&#233;gorie du jardin d'&#201;den et les exp&#233;riences de communaut&#233;s villageoises de paysans libres &#8211; effleur&#233;es en France au XVIe et XVIIe si&#232;cles, puis au XIXe si&#232;cle en Russie avec le &lt;i&gt;mir&lt;/i&gt; ou dans la &lt;i&gt;zadruga&lt;/i&gt; slave &#8211;, ou, plus commun&#233;ment, le r&#234;ve d'une vie rurale harmonieuse o&#249; le paysage est model&#233; par des ploucs associ&#233;s. Tout cela a aussi nourri les imaginaires r&#233;volutionnaires, notamment dans l'Ukraine de Makhno et l'Espagne en 1936. Aujourd'hui, c'est dans nos &#171; m&#233;galo-monstres &#187; m&#233;tropolitains que pourraient s'immiscer de douces gu&#233;rillas potag&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Europe&lt;/strong&gt;, l'irruption de la main verte au sein des villes passe par les jardins ouvriers &#224; la fin du xixe si&#232;cle. Ce sont les chantres du catholicisme social puis les militants du Front populaire qui ont essaim&#233; l'exp&#233;rience de la parcelle individuelle destin&#233;e &#224; am&#233;liorer l'ordinaire du prolo et, par la m&#234;me occasion, son autonomie face aux forces pr&#233;datrices du march&#233;. Dans les ann&#233;es 1950, on ne compte pas moins de 300 000 jardins ouvriers en France, g&#233;r&#233;s par des associations loi 1901, sur un principe de mixit&#233; sociale et avec l'interdiction absolue de tout usage commercial. En 1952, ils prennent le nom de jardins familiaux. M&#234;me si l'extension tentaculaire des p&#233;riph&#233;ries urbaines et la sp&#233;culation immobili&#232;re les ont depuis consid&#233;rablement dig&#233;r&#233;s, ils pourraient revenir plus gaillardement que jamais &#224; la faveur de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le nouveau monde&lt;/strong&gt;, &#224; la fin des ann&#233;es 1960, les Diggers de San Francisco ne s'y sont pas tromp&#233;s, ils ont repris l'h&#233;ritage des communistes agraires anglais du xviie si&#232;cle se battant contre la mainmise des grands propri&#233;taires terriens sur les terres collectives. Leurs activit&#233;s n'avaient qu'en partie &#224; voir avec celles de gentils cultivateurs urbains donnant &#224; manger des l&#233;gumes sains aux pauvres puisqu'ils chapardaient une bonne part des produits qu'ils offraient en partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Puis au d&#233;but des ann&#233;es 1970&lt;/strong&gt;, Liz Christy lance les Green Guerillas dans le Lower East Side &#224; New York. Avec ses bombes &#224; graines lanc&#233;es au-dessus des grillages, elle v&#233;g&#233;talise sauvagement les terrains vagues et autres friches pour le plus grand bonheur des cam&#233;s (&#231;a d&#233;tourne l'attention des flics) et des autorit&#233;s municipales (&#231;a revigore un quartier tout pourri). Avec tr&#232;s peu de moyens et beaucoup d'&#233;nergie, le premier jardin devient un espace de rencontres et d'exp&#233;rimentations en tout genre. Ainsi naissent les community gardens, pr&#232;s de 1 000 aujourd'hui dans la seule Big Apple, qui produisent quelques dizaines de tonnes de l&#233;gumes &#233;coul&#233;s sur les march&#233;s. Ici aussi, le binage est un pr&#233;texte pour nouer des liens sociaux, &#171; communautaires &#187; disent les Ricains, &#171; conviviaux &#187; disent les bobos d'ici. Mais la sp&#233;culation immobili&#232;re veille, avec la complicit&#233; de la mairie qui ne peut laisser des espaces vacants, si socialement utiles soient-ils, et ce sont des dizaines de ces jardins qui sont d&#233;truits chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette tendance au jardin partag&#233;&lt;/strong&gt; ou collectif constitue-
t-elle une alternative &#224; la Grande Catastrophe ? &#192; Detroit, Motor City, ancienne capitale de l'automobile made in America, le tiers de la ville est aujourd'hui convoit&#233; non par des promoteurs immobiliers mais par des associations d&#233;veloppant l'agriculture urbaine. En pleine crise, collectifs et individus tentent de r&#233;cup&#233;rer les milliers de terrains inoccup&#233;s pour b&#234;cher quelques dizaines de dollars. Sous l'&#339;il envieux de financiers et de politiques d&#251;ment avertis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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