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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Multi-gr&#232;ve &#224; Monoprix</title>
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		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


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&lt;p&gt;Alors que le pays fr&#233;mit autour des enjeux de la r&#233;forme des retraites et que les terminaux p&#233;troliers de Fos sont paralys&#233;s, &#224; Marseille, le magasin Monoprix du Prado est en gr&#232;ve depuis le 17 septembre et celui de la Canebi&#232;re depuis le 21. Au blocage des camions de livraison par les caissi&#232;res et les magasiniers, un juge et un pr&#233;fet z&#233;l&#233;s ont h&#233;ro&#239;quement r&#233;pondu par l'envoi des gardes mobiles. Chronique d'une r&#233;volte. LE BRASERO ALLUM&#201; dans un bidon m&#233;tallique, une tente (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que le pays fr&#233;mit autour des enjeux de la r&#233;forme des retraites et que les terminaux p&#233;troliers de Fos sont paralys&#233;s, &#224; Marseille, le magasin Monoprix du Prado est en gr&#232;ve depuis le 17 septembre et celui de la Canebi&#232;re depuis le 21. Au blocage des camions de livraison par les caissi&#232;res et les magasiniers, un juge et un pr&#233;fet z&#233;l&#233;s ont h&#233;ro&#239;quement r&#233;pondu par l'envoi des gardes mobiles. Chronique d'une r&#233;volte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE BRASERO ALLUM&#201; dans un bidon m&#233;tallique, une tente plant&#233;e-perch&#233;e sur l'unique espace vert &#8211; une pauvre touffe de romarin &#8211;, des corps fatigu&#233;s pris en sandwich entre couverture et chaise longue, le mot &#171; r&#233;volte &#187; badigeonn&#233; sur une planche pos&#233;e sous l'enseigne du magasin, des piles de palettes, des files de chariots que le mistral pousse malencontreusement en travers de l'entr&#233;e du parking chaque fois qu'un camion de livraison fait mine d'approcher&#8230; Voil&#224; une sc&#232;ne inhabituelle sur l'avenue du Prado, dans des quartiers Sud plut&#244;t hupp&#233;s, plut&#244;t &#171; cul serr&#233; &#187;, o&#249; le riverain travestit honteusement son accent du midi pour ne pas faire &#171; trop vulgaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;par Nono KadaverLinda, elle, n'a rien &#224; cacher, &#224; part ses cheveux sous le foulard, surtout pas sa tchatche arabo-marseillaise. Ce vendredi 1er octobre, avec son bambin au bout du bras, elle empoigne le m&#233;gaphone de sa main libre pour remonter le moral des troupes : &lt;i&gt;&#171; On l&#226;che rien, les filles, on l&#226;che rien ! &#187;&lt;/i&gt; Julien, jovial buveur de bi&#232;re et voisin solidaire, ex-l&#233;gionnaire et ancien ferrailleur &#224; grande gueule (&lt;i&gt;&#171; ferrailleur, ferrailleur, avec ton cul je fais mon beurre ! &#187;&lt;/i&gt;), met lui aussi l'ambiance. Un ma&#231;on, qui bosse dans le magasin &#224; la r&#233;fection d'un stand, s'approche et tend 20 euros au vieux briscard belge, &#171; en soutien &#187;. Fier de la confiance qu'on lui t&#233;moigne, Julien brandit le billet avant de le glisser dans la main de Florence, la tr&#233;sori&#232;re improvis&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Ils ont eu un million de pertes en quinze jours de gr&#232;ve. Avec les rayons vides et le d&#233;but des &#8220;9 jours&#8221; de promotion (deux articles achet&#233;s, un troisi&#232;me offert&#8230;), ils vont sentir leur douleur ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 1er semestre 2010, le groupe Monoprix a fait 7,8 milliards d'euros de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce magasin, longtemps le plus grand de France chez cette enseigne de supermarch&#233;s de proximit&#233; appartenant au groupe Casino et Galeries&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_288 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH296/82nono_kadaver-de876.png?1768653944' width='300' height='296' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lafayette, conna&#238;t sa toute premi&#232;re gr&#232;ve. &lt;i&gt;&#171; C'est parti d'un profond ras-le-bol &#187;&lt;/i&gt;, explique Florence. Travail sous pression, temps partiel impos&#233;, salaire &lt;i&gt;&#171; pour de rire &#187;&lt;/i&gt;&#8230; &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s huit ans de bo&#238;te, je marine toujours &#224; 33 heures par semaine et 800 euros par mois. Et mon mari est bient&#244;t au ch&#244;mage. Quand je suis mont&#233;e demander une augmentation, le directeur m'a r&#233;pondu que j'&#233;tais la quinzi&#232;me &#224; venir le tanner et que &#231;a commen&#231;ait &#224; l'agacer ! &#187;&lt;/i&gt; R&#233;sultat : cette quinzaine de d&#233;bout&#233;es est devenue le noyau dur de la gr&#232;ve. &lt;i&gt;&#171; Selon la convention collective, tu dois passer &#224; l'&#233;chelon sup&#233;rieur au bout de 18 mois. Moi, je commande les produits qui manquent dans mon rayon, mais je suis toujours &#224; l'&#233;chelon 2.2, comme une d&#233;butante. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 5 octobre. La direction laisse pourrir le conflit. Apr&#232;s avoir exig&#233; la fin de la gr&#232;ve pour examiner les demandes &#171; au cas par cas &#187;, elle propose un protocole de sortie de conflit qui exclut de la discussion les revendications essentielles. Elle a ensuite beau jeu de taxer les gr&#233;vistes d'intransigeants. Et l'inspection du travail, qui devrait servir de m&#233;diateur, se laisse berner. Mme Daniel, nouvellement bombard&#233;e &#224; la t&#234;te de la direction d&#233;partementale du travail (DDT), t&#233;l&#233;phone &#224; la d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale : &lt;i&gt;&#171; Le directeur vient de m'appeler, il est pr&#234;t &#224; n&#233;gocier. &#187; &#171; Parfait, nous aussi, on vous attend. &#187; &#171; Ah mais nos bureaux ferment dans quelques minutes. J'ai une vie familiale, moi ! &#187;&lt;/i&gt; Les m&#232;res-courage pr&#233;sentes sur le piquet voient rouge : &lt;i&gt;&#171; Et notre vie familiale &#224; nous, depuis dix-neuf jours ?! &#187;&lt;/i&gt; La fonctionnaire accepte alors de se d&#233;placer, mais souligne que la direction insiste sur le protocole initial. Hors d'elle, la d&#233;l&#233;gu&#233;e arpente la contre-all&#233;e du Prado en mena&#231;ant de bloquer &#224; nouveau l'entr&#233;e du magasin. Retour &#224; la case d&#233;part. Une caissi&#232;re, cheveux courts et bras tatou&#233;, explose :&lt;i&gt; &#171; On s'en doutait, mais l&#224;, on a la confirmation que ces gens-l&#224; sont toujours du c&#244;t&#233; des patrons. Comme la justice ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 1er, apr&#232;s qu'un juge eut prononc&#233; un r&#233;f&#233;r&#233; ordonnant la lev&#233;e du piquet pour &#171; entrave &#224; la libert&#233; du travail &#187;, avec 300 euros d'astreinte par jour et par effraction constat&#233;e, les gardes mobiles ont expuls&#233; les gr&#233;vistes du parking. Sous leur protection, deux camions ont pu r&#233;alimenter une partie des rayons qui ressemblaient depuis quelques jours aux lin&#233;aires d'un magasin d'&#201;tat de l'&#232;re sovi&#233;tique&#8230; Mais lundi 4, le mistral &#8211; encore lui ! &#8211; entasse une centaine de chariots devant l'entr&#233;e principale. Le directeur pr&#233;f&#232;re alors tirer les rideaux. Dehors, le piquet ressuscit&#233; re&#231;oit le soutien des gr&#233;vistes du centre des imp&#244;ts tout proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la Canebi&#232;re, o&#249; la tension entre cadres et gr&#233;vistes a fr&#244;l&#233; l'agression physique, les marques de soutien de la client&#232;le et des passants ne tarissent pas. Un papi, remont&#233; comme un coucou :&lt;i&gt; &#171; Tenez bon, faut pas plier. Apr&#232;s le 12, on remet &#231;a ! Il faut faire un mai 68 puissance 5, pour faire chuter l'empereur ! &#187;&lt;/i&gt; Mardi, un contingent d'instituteurs en gr&#232;ve tournante p&#233;n&#232;tre dans le magasin au son des sifflets :&lt;i&gt; &#171; Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ! Aujourd'hui, &#224; Monoprix, tout est gratuit ! &#187;&lt;/i&gt; Les vigiles baissent les rideaux sous les quolibets de la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le Prado, au matin du mercredi 29 septembre, un camionneur avait tent&#233; de forcer le barrage, manquant de peu renverser six personnes. Bien qu'arm&#233; d'une barre de fer, il fut ramen&#233; &#224; la raison et avoua qu'il avait p&#233;t&#233; les plombs, que le directeur l'avait manipul&#233;. On aimerait voir un jour la directrice de la DDT, le juge et le pr&#233;fet avouer eux aussi avoir subi la m&#234;me mauvaise influence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot de la fin, c'est Florence qui l'a : &lt;i&gt;&#171; Quoi qu'il arrive, on aura au moins gagn&#233; &#231;a. Maintenant, on se conna&#238;t, on sait ce chacune a dans le ventre. Avant, on ne faisait que se croiser. &#187;&lt;/i&gt; Et puis Ali, jeune magasinier en gr&#232;ve, qui bafouille dans le m&#233;gaphone : &lt;i&gt;&#171; Je vous aime toutes ! Vous &#234;tes les plus belles femmes du monde mondial ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 1er semestre 2010, le groupe Monoprix a fait 7,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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