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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>Afghan connection</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;Alain Tarrius, universitaire sp&#233;cialiste des flux de l'&#233;conomie souterraine, revient pour CQFD sur le commerce clandestin aliment&#233; par des dizaines de milliers d'Afghans. Cette mondialisation bis assurant la survie de populations enti&#232;res est aujourd'hui r&#233;cup&#233;r&#233;e par les r&#233;seaux mafieux &#224; la t&#234;te du trafic d'opium. Analyse. ILS SONT A PEU PRES 65 000 chaque ann&#233;e &#224; quitter l'Afghanistan pour venir se fournir en mat&#233;riel &#233;lectronique en G&#233;orgie ou dans les ports turcs de la mer Noire. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alain Tarrius, universitaire sp&#233;cialiste des flux de l'&#233;conomie souterraine, revient pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sur le commerce clandestin aliment&#233; par des dizaines de milliers d'Afghans. Cette mondialisation bis assurant la survie de populations enti&#232;res est aujourd'hui r&#233;cup&#233;r&#233;e par les r&#233;seaux mafieux &#224; la t&#234;te du trafic d'opium. Analyse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;ILS SONT A PEU PRES 65 000 chaque ann&#233;e &#224; quitter l'Afghanistan pour venir se fournir en mat&#233;riel &#233;lectronique en G&#233;orgie ou dans les ports turcs de la mer Noire. Ordinateurs, appareils photos, montres, CD, autant de produits fabriqu&#233;s dans le Sud-Est asiatique et pass&#233;s par Duba&#239; ou Kowe&#239;t City. Avec leurs paquets sur le dos, les trabendistes afghans vont transiter jusqu'en Bulgarie o&#249; ils vont fourguer leur matos &#224; d'autres relais commerciaux turcs, polonais ou bulgares &#224; des prix entre 40 et 50 % inf&#233;rieurs &#224; ceux du march&#233;. Se dessine ainsi un commerce du poor to poor, revers clandestin de notre bienheureuse mondialisation, qui permet aux populations les plus pauvres d'avoir acc&#232;s &#224; des biens dont elles auraient &#233;t&#233; exclues par les r&#232;gles classiques du march&#233; international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui sont ces transmigrants afghans ? Alain Tarrius r&#233;pond : &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;part ce sont des Baloutches, habitant entre Erat (pr&#232;s de l'Iran) et des provinces iraniennes. Ils disent qu'ils sont afghans quand ils traversent l'Iran parce que les Iraniens ne veulent pas laisser passer d'Iraniens baloutches. Quand ils arrivent en Turquie, tous disent qu'ils sont iraniens parce qu'ils n'y a pas besoin de visa pour traverser la Turquie. Et donc leur visa touristique, valable 3 mois dans toute l'Europe, d&#233;marre d&#232;s lors qu'ils se pr&#233;sentent &#224; la fronti&#232;re bulgare. Ils n'ont pas besoin de plus de temps que &#231;a pour &#233;couler la marchandise et puis ils s'en retournent. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transmigration. Un nouveau type de migration qui n'a plus rien &#224; voir avec les flux de populations plus ou moins organis&#233;s &#224; l'&#232;re coloniale ou fordiste. Celle concernant les Afghans, on la doit en grande partie &#224; la guerre contre le terrorisme d&#233;clench&#233;e en 2001. Confirmation par Tarrius : &lt;i&gt;&#171; Avec l'amplification et l'enlisement de la guerre, le trafic est devenu &#233;norme, notamment la voie passant par Duba&#239;, l'Azerba&#239;djan et la G&#233;orgie. Juste pour donner une id&#233;e : le passage de produits &#233;lectroniques via Duba&#239; par les transmigrants est &#233;valu&#233; &#224; six milliards de dollars. Faut voir les avions cargos qui portent la marchandise de Kowe&#239;t City &#224; Bakou. Et puis en observant ces nouveaux r&#233;seaux de circulation, on remarque des choses &#233;tranges : entre autres, comme par hasard, la banque HSBC qui s'installe partout o&#249; il y a des trafics&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Challenge du transmigrant : transporter des marchandises d&#233;tax&#233;es en &#233;vitant les dispositifs frontaliers cens&#233;s les contr&#244;ler. Alors, invisibles, les caravanes baloutches ? Peut-&#234;tre mais pas pour tout le monde. &lt;i&gt;&#171; Pour &#234;tre plus pr&#233;cis, ils ne sont pas invisibles mais invisibilis&#233;s&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Tarrius. &lt;i&gt;De la m&#234;me mani&#232;re que sont rendues invisibles les juteuses pratiques douani&#232;res (polici&#232;res, consulaires, commerciales) &#224; leur &#233;gard. Il y a des pays o&#249; les flics revendent des visas authentiques permettant de traverser l'Europe ou des autorisations vis&#233;es par le Consulat g&#233;n&#233;ral fran&#231;ais de rejoindre la Grande-Bretagne ! Qu'est-ce que cela prouve si ce n'est une porosit&#233; transfrontali&#232;re organis&#233;e par les &#201;tats ? Au final, ce sont des populations pour lesquelles on n'a aucune statistique, les autorit&#233;s ne se prononcent pas car ces gens rentrent par une fronti&#232;re et sortent par l'autre, autant que possible en &#233;tant ill&#233;gaux. Comment les politiques peuvent-ils r&#233;cup&#233;rer &#231;a, id&#233;ologiquement ? Ce n'est pas tr&#232;s bon, &#231;a serait m&#234;me un probl&#232;me emmerdant, surtout pour le FN, et &#231;a ne sert pas beaucoup Sarko. Eux, leur int&#233;r&#234;t c'est plut&#244;t de nous montrer des migrants mis&#233;rables, vivant dans des cabanes, histoire de dire aux populations : regardez le danger dont il faut vous sauver, plut&#244;t que des transmigrants autonomes et circulant de chez-eux &#224; chez-eux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, ces Afghans-l&#224; n'ont rien &#224; voir avec ceux, mis&#233;rables et traqu&#233;s, que l'on a l'habitude de voir, par exemple, dans le bourbier calaisien. L&#224;, on parle de types qui partent en sachant qu'ils vont revenir au pays avec, pour certains, un petit pactole de 20 000 euros. Sauf que les remous de la crise &#233;conomique ont aussi affect&#233; ces trabendistes. Nombre d'Afghans se retrouvent d&#233;sormais oblig&#233;s de s'employer dans la culture du pavot en Turquie ou en G&#233;orgie pour arriver &#224; financer leur voyage &#224; cause des effets pervers de la r&#233;gulation du syst&#232;me financier. &lt;i&gt;&#171; Depuis l'accord Sarkozy/Gordon Brown sur la &#8220;moralisation&#8221; &lt;/i&gt; [du capitalisme]&lt;i&gt; de 2008, explique Tarrius, les banques leur refusent les 40 % de fric n&#233;cessaires &#224; l'achat des produits &#233;lectroniques, du coup les Afghans ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de se tourner vers les mafias italo-turques pour avoir le pognon. L'int&#233;r&#234;t pour les mafias, c'est qu'avec ce proc&#233;d&#233; elles blanchissent leur argent. C&#244;t&#233; Afghans, la contrepartie c'est qu'ils doivent accepter de bosser aux pavots : plantation des graines, s&#233;lection des plants, &#8220;saignage&#8221; et r&#233;colte de l'opium, et ce tous les 3 mois pendant neuf mois. C'est ainsi que sous couvert de &#8220;moralisation&#8221;, environ soixante mille Afghans transmigrants du commerce se trouvent otages-complices des r&#233;seaux dits &#8220;criminels&#8221; turco-italiens. Alors qu'auparavant leur trafic relevait de d&#233;lits douaniers (amendes), d&#233;sormais ils rel&#232;vent de crimes, p&#233;nalement r&#233;prim&#233;s par la prison. Merci Sarko, le purificateur ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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