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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>La chronique judiciaire o&#249; tout se passe dehors</title>
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		<dc:date>2011-02-25T10:14:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


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&lt;p&gt;LENDEMAIN DE MANIF. Le TGI de Marseille semble &#233;tonnamment vide. Devant la salle d'audience, un tract est placard&#233;, mentionnant des revendications syndicales interprofessionnelles concernant la dur&#233;e maximale des audiences. On y lit la circulaire Lebranchu qui tentait en 2001 d'encadrer le temps de travail des magistrats, suivi d'un appel &#224; boycotter les audiences qui durent plus de six heures. L'huissier sort, guilleret : &#171; On a pris du retard. Et puis le service des avis &#224; victimes &#233;tait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LENDEMAIN DE MANIF. Le TGI de Marseille semble &#233;tonnamment vide. Devant la salle d'audience, un tract est placard&#233;, mentionnant des revendications syndicales interprofessionnelles concernant la dur&#233;e maximale des audiences. On y lit la circulaire Lebranchu qui tentait en 2001 d'encadrer le temps de travail des magistrats, suivi d'un appel &#224; boycotter les audiences qui durent plus de six heures. L'huissier sort, guilleret : &lt;i&gt;&#171; On a pris du retard. Et puis le service des avis &#224; victimes &#233;tait en gr&#232;ve hier, alors si les victimes ne sont pas l&#224;, vos dossiers vont &#234;tre report&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Une heure plus tard, un policier ouvre la porte. De nombreuses personnes s'engouffrent dans la salle. Quatre jeunes gars entrent dans le box des pr&#233;venus, ils sont jug&#233;s pour trafic de cannabis : &lt;i&gt;&#171; M. A. mettez-vous en premier, M. P. en deuxi&#232;me,M. I. en troisi&#232;me,M. S. en quatri&#232;me. Le tribunal, pour juger sereinement de cette affaire, va la renvoyer, parce que &#231;a va prendre au moins 1 h 30. Donc on ne va juger ce soir que de votre maintien ou non en prison. &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente interroge d'abord A., puis passe rapidement &#224; P. :&lt;i&gt; &#171; Alors, vous &#234;tes d&#233;serteur. Vous &#234;tes toujours pay&#233; par l'arm&#233;e ? &#8211; Non. &#187;&lt;/i&gt; Dans le public une femme boulevers&#233;e se l&#232;ve et crie : &lt;i&gt;&#171; Si ! Pourquoi il dit &#231;a ? Ils vont le mettre en prison ! &#187;&lt;/i&gt;. La pr&#233;sidente hurle : &lt;i&gt;&#171; Le public se tait, sinon je fais &#233;vacuer la salle ! &#187; La femme se rassied, confuse, et sa fille s'emporte : &#171; Tu le contredis devant la juge ! &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente observe P. avec insistance :&lt;i&gt; &#171; Vous avez eu de nombreux absent&#233;ismes scolaires, monsieur. &#187; &lt;/i&gt; Tout &#224; coup, un grand bruit se fait entendre : c'est A. qui s'est effondr&#233; dans le box. Les proches se pr&#233;cipitent mais les policiers leur bloquent le passage et font sortir tout le monde.Une femme dit : &lt;i&gt;&#171; Il n'a pas mang&#233; depuis 4 jours. &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s une demi-heure, l'audience est rouverte. A. est assis, tr&#232;s p&#226;le. I. et S. sont rapidement interrog&#233;s. Le procureur r&#233;clame le maintien des quatre en d&#233;tention : &lt;i&gt;&#171; L'enqu&#234;te de police a &#233;t&#233; admirablement men&#233;e. &#201;tant donn&#233;es les peines encourues,il n'est pas du tout garanti qu'ils daignent nous honorer de leur pr&#233;sence &#224; l'audience. &#187;&lt;/i&gt; Les avocats d&#233;filent : &lt;i&gt;&#171; Je ne pense pas qu'il ait l'aura d'un d&#233;linquant pour arriver &#224; nier devant des policiers pendant les 4 jours de sa garde-&#224;-vue ! &#8211; C'est un gar&#231;on qui est d&#233;serteur, on insiste toujours l&#224;-dessus mais enfin avant &#231;a, il a un parcours quasi sans fautes. Ce sont des copains de cit&#233; qui fument des p&#233;tards ensemble. Ils n'ont aucun train de vie. &#187;&lt;/i&gt; L'audience est suspendue pour les d&#233;lib&#233;r&#233;s. Quatre poli- ciers suppl&#233;mentaires arrivent et se positionnent de mani&#232;re strat&#233;gique pr&#232;s d'un groupe de jeunes gars. L'un d'eux leur dit : &lt;i&gt;&#171; C'est parce qu'on vient d'une cit&#233; qu'il y a du renfort ? &#187;&lt;/i&gt; &#192; la reprise d'audience, la pr&#233;sidente annonce le mandat de d&#233;p&#244;t pour A. et P., et la mise en libert&#233; sous contr&#244;le judiciaire pour I. et S. Les jeunes gars du public et ceux du box se crient des phrases, chacun partant de son c&#244;t&#233;. Une polici&#232;re z&#233;l&#233;e ordonne &#224; tout le monde de sortir alors que l'audience se poursuit. Deux minutes plus tard, elle fait entrer sans plus d'explication les quelques personnes qui veulent assister &#224; la suite. O. est jug&#233; pour outrage et r&#233;bellion envers des policiers : &lt;i&gt;&#171; &#192; 23 h, les policiers passent devant le b&#226;timent J et ils constatent qu'un groupe d'individus commence &#224; jeter des &#339;ufs et des pierres dans leur direction. Les policiers stoppent la progression du v&#233;hicule et mettent pied &#224; terre. Un individu, c'est vous, crache dans leur direction et veut visiblement en venir aux mains avec eux. Ils vont proc&#233;der &#224; votre interpellation mais vous donnez des coups de poing. Vous &#233;tiez &#233;m&#233;ch&#233;. Vous, vous dites qu'ils vous ont frapp&#233; d'abord et que vous avez crach&#233; apr&#232;s. Mais avant il n'y avait pas lieu de vous interpeller, alors pourquoi vous auraient-ils donn&#233; des coups de matraque ? &#187;&lt;/i&gt; Le procureur annonce : &lt;i&gt;&#171; Pour les voyous comme celui-ci, je requiers 6 mois d'emprisonnement. &#187;&lt;/i&gt; Dans le hall, pendant les d&#233;lib&#233;r&#233;s, une jeune fille dit : &lt;i&gt;&#171; Dans le quartier, c'est pas du tout &#231;a qu'on raconte. On dit que les policiers sont tomb&#233;s sur un gars et que tout le monde est parti sauf O., qui a voulu intervenir. Il vient de revenir d'Alg&#233;rie, il n'avait pas bu d'alcool pendant 4 mois. Pour eux, on est de la merde de toutes fa&#231;ons. &#187;&lt;/i&gt; Une femme plus &#226;g&#233;e, venue pour une autre affaire, lui r&#233;pond : &lt;i&gt;&#171; Ils nous traitent comme des illettr&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Un homme ajoute : &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, ils se croient tout permis. &#187;&lt;/i&gt; O. prend 3 mois ferme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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