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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le chom' d&#251;</title>
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		<dc:date>2011-02-25T10:16:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ra&#250;l Guill&#233;n</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ing&#233;nieur en hydraulique et m&#233;canique, Charles s'&#233;panouit aujourd'hui derri&#232;re le comptoir d'une cantine-&#233;picerie-librairie &#224; Grenoble, bien content d'avoir laiss&#233; tomber son CDI chez Siemens. T&#233;moignage d'un ch&#244;meur heureux &#8211; et indemnis&#233; ! &#8211; en ces temps de souffrance au travail. &#171; &#171; Mon boulot, c'&#233;tait plut&#244;t peinard &#187;, raconte Charles. J'&#233;tais &#224; dix minutes &#224; v&#233;lo de chez moi, le taf &#233;tait plut&#244;t int&#233;ressant, mes coll&#232;gues plut&#244;t sympathiques, la cantine pas trop d&#233;gueulasse et, quand (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no82-octobre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;82 (octobre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ing&#233;nieur en hydraulique et m&#233;canique, Charles s'&#233;panouit aujourd'hui derri&#232;re le comptoir d'une cantine-&#233;picerie-librairie &#224; Grenoble, bien content d'avoir laiss&#233; tomber son CDI chez Siemens. T&#233;moignage d'un ch&#244;meur heureux &#8211; et indemnis&#233; ! &#8211; en ces temps de souffrance au travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &#171; Mon boulot, c'&#233;tait plut&#244;t peinard &#187;, raconte Charles. &lt;i&gt;J'&#233;tais &#224; dix minutes &#224; v&#233;lo de chez moi, le taf &#233;tait plut&#244;t int&#233;ressant, mes coll&#232;gues plut&#244;t sympathiques, la cantine pas trop d&#233;gueulasse et, quand t'as 28 ans et que tu touches 1 800 euros par mois, la vie est plut&#244;t chouette. &#187;&lt;/i&gt; Pour autant, il ne laisse pas son cerveau au vestiaire apr&#232;s le boulot, et certains sujets &#8211; le nucl&#233;aire, les nanotechnologies&#8230; &#8211; commencent &#224; lui poser souci. Il rencontre Antoine, bac plus huit en micro-&#233;lectronique et auteur du texte &#171; Pourquoi j'ai quitt&#233; le CEA &#187;, qui a tout bazard&#233; pour monter l'&#233;picerie qu'ils cog&#232;rent actuellement. &lt;i&gt;&#171; &#192; force, &#231;a devenait un peu schizophr&#233;nique, je me retrouvais &#224; differ des tracs contre le r&#233;acteur EPR le week-end et &#224; en dessiner les pi&#232;ces la semaine. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution ? La d&#233;mission ! Mais Charles pr&#233;f&#232;rerait bidouiller une sortie permettant de toucher des indemnit&#233;s ch&#244;mage, lesquelles seraient imm&#233;diatement r&#233;investies dans sa nouvelle activit&#233;. Il met donc son chef au parfum de ses projets, plut&#244;t confiant puisqu'&lt;i&gt;&#171; ils arrivent &#224; licencier 3 000 personnes qui ne demandent rien,alors une personne qui le demande, ils vont bien r&#233;ussir ! &lt;/i&gt; &#187; Mais non, la bo&#238;te fait la sourde oreille et laisse tra&#238;ner le dossier. Charles d&#233;laisse alors peu &#224; peu ses t&#226;ches, et sa hi&#233;rarchie, pensant sa d&#233;mission prochaine, lui en confie de moins en moins. Jusqu'&#224; le mettre au placard&#8230; Exc&#233;d&#233;, le DRH du site finit par le convoquer dans son bureau. Il commence par lui faire la morale, &lt;i&gt;&#171; mais l&#224;,je me rappelle, je m'en foutais, je n'avais qu'une envie : qu'il m'explique comment je pouvais faire pour me barrer. &#187;&lt;/i&gt; Tout vient &#224; point&#8230; &lt;i&gt;&#171; Il me dit qu'il ne va pas s'amuser &#224; me licencier pour de faux [de peur de se retrouver aux prud'hommes] et qu'il ne voit qu'une solution :&#8220;Vous vous en allez, vous ne revenez plus et ce sera un abandon de poste, c'est une faute grave mais pas une faute lourde, on vous licenciera et vous aurez vos indemnit&#233;s&#8221;. Je m'&#233;tais renseign&#233;, je savais que c'&#233;tait le cas. Vraiment tr&#232;s content, je me suis lev&#233; et me suis cass&#233; ! &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s quelques recommand&#233;s auxquels il ne r&#233;pond pas, il re&#231;oit enfin sa lettre de licenciement, o&#249; un proc&#232;s verbal, tr&#232;s soigneusement r&#233;dig&#233; dans l'impayable style bureaucratique, fait &#233;tat de son attitude lors de sa rencontre avec l'homme de main de la direction : &lt;i&gt;&#171; &#192; l'issue de cet entretien, vous entrez dans le bureau de M. X, votre chef, avec une attitude euphorique, en disant &#8220;&#199;a y est, je m'en vais&#8221;. Vous lui pr&#233;cisez ensuite que &#8220;C'est fini, j'arr&#234;te&#8221;et que la meilleure fa&#231;on d'arr&#234;ter de travailler, c'&#233;tait de ne plus r&#233;pondre aux lettres qui vous seraient adress&#233;es. Selon les termes de M. X, vous quitteriez son bureau enthousiaste, en le saluant,ainsi que vos coll&#232;gues. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Charles d'ajouter : &lt;i&gt;&#171; J'invite tout le monde &#224; faire de m&#234;me. Je r&#234;ve que tous ceux qui veulent en finir avec leur boulot n'y aillent tout simplement plus, qu'ils restent chez eux et se disent : on a mis de l'argent de c&#244;t&#233;, &#231;a s'appelle pr&#233;cis&#233;ment &#8220;l'assurance ch&#244;mage&#8221;. Mais, maintenant &#8211; pas si b&#234;tes &#8211;, ils ne l'appellent plus comme &#231;a, ils l'appellent &#8220;P&#244;le emploi&#8221;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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