<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=16047&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1779602680</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Il s'appelait Joseph&#8230;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Il-s-appelait-Joseph</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Il-s-appelait-Joseph</guid>
		<dc:date>2011-03-11T07:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mademoiselle</dc:creator>


		<dc:subject>Les entrailles de Mademoiselle</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>Alors</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>filles</dc:subject>
		<dc:subject>puis</dc:subject>
		<dc:subject>right</dc:subject>
		<dc:subject>Revoltosa</dc:subject>
		<dc:subject>s'appelait Joseph</dc:subject>
		<dc:subject>m'appelait</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il m'appelait la Revoltosa. Il s'appelait Joseph, il est mort ce matin. C'&#233;tait mon grand-p&#232;re. Il est n&#233; dans les ann&#233;es vingt, au nord du Maroc, dans une petite ville de la partie espagnole du territoire. Il a fui le franquisme pour se r&#233;fugier sur le territoire marocain, puis en France. Il a quitt&#233; l'&#233;cole &#224; dix ans, pour se mettre &#224; exercer tous les m&#233;tiers imaginables : il a boss&#233; dans une pompe &#224; essence, une usine de riz, aux champs, il a &#233;t&#233; coiffeur, routier, tourneur. En arrivant (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no86-fevrier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;86 (f&#233;vrier 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-entrailles-de-Mademoiselle" rel="tag"&gt;Les entrailles de Mademoiselle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/filles" rel="tag"&gt;filles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/right" rel="tag"&gt;right&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revoltosa" rel="tag"&gt;Revoltosa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-appelait-Joseph" rel="tag"&gt;s'appelait Joseph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/m-appelait" rel="tag"&gt;m'appelait&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_85 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH544/86_Revista_Mujeres_Libres-55e06.png?1779603221' width='400' height='544' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il m'appelait la Revoltosa.&lt;/strong&gt; Il s'appelait Joseph, il est mort ce matin. C'&#233;tait mon grand-p&#232;re. Il est n&#233; dans les ann&#233;es vingt, au nord du Maroc, dans une petite ville de la partie espagnole du territoire. Il a fui le franquisme pour se r&#233;fugier sur le territoire marocain, puis en France. Il a quitt&#233; l'&#233;cole &#224; dix ans, pour se mettre &#224; exercer tous les m&#233;tiers imaginables : il a boss&#233; dans une pompe &#224; essence, une usine de riz, aux champs, il a &#233;t&#233; coiffeur, routier, tourneur. En arrivant en France, c'est &#224; la cha&#238;ne des bo&#238;tes de vitesse qu'il a atterri, chez Citro&#235;n. Il n'a pas tenu longtemps, dans ce qu'il appelait le &lt;i&gt;&#171; sous-marin &#187;&lt;/i&gt;, avec des &lt;i&gt;&#171; lits l'un sous l'autre, avec les tours de nuit et de jour &#187;&lt;/i&gt;. Alors il a essay&#233; autre chose, mais on lui a refus&#233; son premier boulot, parce qu'&lt;i&gt;&#171; il fallait faire la tenue d'une caisse &#187;&lt;/i&gt; et que le patron &lt;i&gt;&#171; avait peur [qu'un immigr&#233;] lui vole son argent &#187;&lt;/i&gt;. Il a ram&#233;, &#233;crit des lettres au maire, frapp&#233; &#224; toutes les portes, et a fini par trouver du boulot dans une usine qui fabriquait des fauteuils pour dentiste. Il y est rest&#233; des ann&#233;es, a pris du grade, est devenu responsable du SAV de l'usine. Et puis il a &#233;t&#233; vir&#233;. L'usine a ferm&#233;, il s'est retrouv&#233; sur le carreau, &#224; 57 ans. Il a fait une grosse d&#233;pression. Son voisin est venu le voir, narquois, pour lui demander s'il comptait repartir chez lui, maintenant qu'il ne travaillait plus. Mon grand-p&#232;re a tiqu&#233;, a demand&#233; &lt;i&gt;&#171; O&#249; &#231;a, chez moi ? &#187;&lt;/i&gt;. Le mec lui a r&#233;pondu, sur le ton de l'&#233;vidence : &lt;i&gt;&#171; En Espagne &#187;&lt;/i&gt;. &#199;a faisait plus de vingt ans que Joseph &#233;tait naturalis&#233;, plus de vingt ans qu'il avait fait le deuil de son pays. Alors il s'est mis &#224; &#233;crire sa vie, ses parents, la dictature, les camions-bennes lav&#233;s au petit matin, d'o&#249; coulait en rigoles le sang des r&#233;sistants abattus par les franquistes. Quand on causait tous les deux, il me disait toujours : &lt;i&gt;&#171; Les fachos peuvent revenir. N'importe quand. &#187;&lt;/i&gt; &#199;a lui foutait les jetons, parce qu'il les avait vus, lui, il savait &#224; quoi ils ressemblaient. Et puis il a &#233;crit sur ses cinq filles. Cinq filles, qu'il a toutes envoy&#233;es &#224; l'universit&#233;, alors que, para&#238;t-il, c'&#233;tait juste bon &#224; marier, des filles. Ma m&#232;re et moi, on lui doit beaucoup. Il m'a laiss&#233; son livre, son t&#233;moignage, pour que je sache ce qu'il a travers&#233;, &#224; quel point il a &#171; bataill&#233; &#187;, jusqu'au bout. Il y a deux semaines, quand je suis all&#233;e le voir, il cherchait encore &#224; se lever, avec cette rage dans les yeux, qui fut celle de ma m&#232;re, et qui, j'esp&#232;re, sera toujours la mienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
